25 juin 2009

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TUNISNEWS

9 ème année, N° 3320 du 25.06.2009

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AFP: Tunisie: un troisième cas de grippe porcine détecté (officiel) AFP: Tunisie: la condition des femmes au menu d’une réunion de premières dames AFP: Le niqab s’invite à une réunion de premières dames arabes en Tunisie AFP: Le PS, le maire de Paris et le PRG rendent hommage à Saïd Bouziri Xinhua: La Branche d’Al Qaida dans le Maghreb islamique revendique le meurtre d’un coopérant américain à Nouakchott Associated Press: TV: Al-Qaida says it killed American in Mauritania AFP: Maroc: le gouvernement lance un vaste programme de mise à niveau des imams AFP: Le voile à l’école allemande: d’accord, mais sans cacher tout le visage AFP: Mosquée de Marseille: présentation du projet aux pays appelés à contribuer AFP: G8 de Trieste: Rome fait le pari d’une position « dure » sur l’Iran AFP: Moussavi: les menaces ne m’empêcheront pas d’obtenir les droits des Iraniens Libération: Nétanyahou et Sarkozy s’accordent sur l’Iran, pas sur les colonies Reuters: Q+A-What might happen next in Iran? Politis: Politis: L’extravagante affaire Geisser


Liste actualisée des signataires de l’initiative du Droit de Retour : http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l’initiative : manfiyoun@gmail.com

Tunisie: un troisième cas de grippe porcine détecté (officiel)

 
AFP, le 25 juin 2009 à 00h38 TUNIS, 25 juin 2009 (AFP) – Un troisième cas de grippe A(H1N1) a été détecté en Tunisie sur une femme de 38 ans de retour d’un voyage en Arabie saoudite, a annoncé mercredi soir la télévision d’Etat TV-7. La personne contaminée est une Tunisienne arrivée mardi en provenance d’Arabie saoudite, où elle effectuait une mission professionnelle, a indiqué la télévision citant l’Observatoire national des maladies nouvelles et émergentes. Des prélèvements nasopharyngés ont permis de confirmer une atteinte du virus A(H1N1), a indiqué cette même source, ajoutant que la personne contaminée et les membres de sa famille sont l’objet de mesures curatives et préventives. La femme, dont l’identité n’a pas été révélée, a été mise sous surveillance médicale à son domicile et son état de santé est « bon », a-t-on précisé. Il s’agit du troisième cas de grippe A(H1N1) enregistré en Tunisie après l’annonce lundi dernier de deux premiers cas découverts sur deux étudiantes arrivées des Etats-Unis. Pays touristique fragilisé par la crise, la Tunisie a mis en place un « dispositif de veille et de surveillance épidémiologiques » dès l’apparition de la grippe porcine A(H1N1) déclarée pandémie mondiale par l’organisation mondiale de la Santé.


Tunisie: la condition des femmes au menu d’une réunion de premières dames

AFP / 25 juin 2009 19h30
TUNIS – Une réunion de l’Organisation de la Femme arabe (OFA) s’est tenue jeudi sous la présidence de Leila Ben Ali, épouse du chef de l’Etat tunisien, qui a plaidé la promotion de la condition des femmes. Succédant à Cheikha Fatima Bin Mubarak des Emirats arabes unis à la tête de l’OFA, Mme Ben Ali a préconisé une nouvelle vision « qui consacre les droits de la femme (…) et incite à faire évoluer les mentalités, les attitudes et les comportements ». Elégante en bleu turquoise, Mme Ben Ali s’adressait à la 4è réunion du Conseil supérieur de l’OFA, une organisation composée des premières dames de 14 pays parmi les 22 membres de la Ligue arabe. Le programme de l’OFA vise à consolider la place des femmes « au niveau de la législation et de la pratique », a dit Mme Ben Ali, avançant la création d’un « observatoire des législations sociales et politiques » sur la condition des femmes arabes. Elle a souhaité un meilleur accès aux circuits économique et financier et exprimé le souci de « préserver la dignité » de femmes, contre « toutes formes de marginalisation et de discrimination ». Mme Ben Ali a proposé une « commission de droit international humanitaire » pour défendre la cause des femmes dans les conflits armés, contre l’insécurité. Dans le même sens, Lalla Salma, épouse du roi Mohamed VI du Maroc a appuyé « la protection des femmes victimes de détention arbitraire, d’exil forcé et de conflits, notamment en Palestine ». En robe rouge à la broderie typique, Amina, épouse du président palestinien Mahmoud Abbas, a évoqué le sort de milliers de prisonniers palestiniens, hommes et femmes, détenus dans les prisons israéliennes. La réunion préparatoire au congrès de l’OFA en 2010 à Tunis, a été marquée par une participation discrète de sa présidente sortante, voilée du niqab, et se refusant à toute prise d’image. La tenue vestimentaire de Cheikha Fatima, la mère du président émirati, illustrait la disparité des moeurs sociales dans les pays arabo-musulmans d’Orient et du Maghreb.

Le niqab s’invite à une réunion de premières dames arabes en Tunisie

 

Jeudi 25 juin 2009 TUNIS (AFP) — Le niqab a éclipsé la présence de son Altesse Cheikha Fatima Bin Mubarak des Emirats arabes unis à une réunion jeudi à Tunis de l’Organisation de la Femme arabe (OFA) consacrée à la condition des femmes et dont elle assurait la présidence. Aucune image, aucun son n’ont pu être captés de sa présence en Tunisie, ni à la 4e réunion du Conseil supérieur de l’OFA inaugurée par Leila Ben Ali, épouse du chef de l’Etat tunisien. La presse suivant sur des écrans l’ouverture de cette réunion au Palais des congrès de Tunis, est restée sur sa faim et les photographes et cameramen ont dû quitter les lieux avant l’arrivée de Cheikha Fatima. A son apparition, celle-ci portait le niqab, un voile noir couvrant son corps de pied en cap, ne laissant paraître que le regard, selon des témoins. « C’est la tradition, son Altesse ne se montre pas à la presse », a expliqué une spécialiste des réunions de l’OFA, organisation gouvernementale composée des premières dames de 14 pays parmi les 22 membres de la Ligue arabe. Cheikha Fatima devait remettre le relais de la présidence à Mme Ben Ali durant la réunion, à laquelle participaient notamment Lalla Salma et Amina Abbas, épouses du roi Mohamed VI du Maroc et du président palestinien Mahmoud Abbas. La réunion, qui devrait enregistrer une adhésion de l’Irak, adoptera des résolutions pour le prochain congrès de l’Organisation prévu en 2010 à Tunis. AFP.


Le PS, le maire de Paris et le PRG rendent hommage à Saïd Bouziri

AFP 25.06.09 | 17h59  Le Parti socialiste, le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë et les Radicaux de gauche (PRG) ont rendu hommage à Saïd Bouziri, « militant infatigable des libertés publiques et du droit des étrangers » disparu mardi à Paris. « C’est avec une vive émotion que les socialistes ont appris la disparition de Saïd Bouziri, militant infatigable des libertés publiques et du droit des étrangers », a déclaré le PS jeudi, dans un communiqué.   « Comme toutes les organisations membres du collectif Votation Citoyenne, le Parti socialiste perd avec Saïd Bouziri un animateur et un militant exceptionnel », ajoute le communiqué. « Ce militant infatigable de la dignité humaine, généreux, ardent, désintéressé, nous manquera à tous », écrit Bertrand Delanoë, exprimant sa « très grande émotion ». « Il était le président de l’association Génériques, qui met admirablement en valeur la mémoire de l’immigration. Je connaissais ses immenses qualités d’intelligence et de coeur, son dévouement, son exigence intellectuelle et morale », ajoute le maire de la capitale. Le PRG et les Jeunes Radicaux de gauche (JRG) ont rappelé le « combat partagé » avec Saïd Bouziri « pour la reconnaissance du droit de vote des étrangers aux élections locales ». Saïd Bouziri était militant de longue date des droits des étrangers et membre du bureau national de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) dont il était le trésorier.

 

Au revoir Saïd

Notre camarade et ami Saïd Bouziri nous a quittés hier mardi 23 juin 2009. Cette disparition brutale nous laisse désemparés, elle nous prive d’un frère et d’un camarade  qui a été de tous les combats de l’immigration pour la dignité et l’égalité des droits. Les engagements de Saïd Bouziri, Trésorier de la Ligue française des droits de l’homme et président de « Génériques », ont  été innombrables depuis son arrivée en France en 1966 : –          Membre des Comités Palestine –          Gréviste et principal animateur de la Grève de la faim des sans papiers de 1972. –          Un des fondateurs du journal quotidien « libération » –          Un des animateurs du Mouvement des Travailleurs Arabes. –          Fondateur des journaux « Sans frontières »  puis « baraka ». –          Un des fondateurs de Radio Soleil. –          Un des initiateurs de la marche des beurs avec Christian Delorme. –          Animateur des Comité des droits civiques –          Porte parole de la compagne votation citoyenne –          Animateur du collectif « associations en danger » Etc. En ces moments difficiles, les  pensées des militants et adhérents de la FTCR, vont à Faouzia, sa femme, Jihad, sa fille et sa petite fille, Jasmine, à Hamza, Raja et Raoudha, son frère et ses sœurs en France, à ses parents et ses autres frères en Tunisie et à tous ses camarades et amis. Saïd.. repose en paix, nous ne t’oublierons jamais. Pour la FTCR Le Bureau Fédéral

 

La Branche d’Al Qaida dans le Maghreb islamique revendique le meurtre d’un coopérant américain à Nouakchott

Xinhua: jeudi 25 juin Le meurtre du coopérant américain Christopher Logest, commis mardi à Nouakchott, a été revendiqué par la Branche d’Al Qaida dans le Maghreb islamique (BAQMI), selon la chaine de télévision satellitaire du Qatar, Al Jazeera. Cette chaine a diffusé un enregistrement sonore dans lequel le responsable de l’information de la BAQMI déclare que « deux cavaliers du Maghreb islamique ont réussi mardi (…) à tuer l’infidèle américain Christopher Logest, connu pour ses activités de prêche pour le christianisme ». Le ministère mauritanien de l’Intérieur et de la Décentralisation avait indiqué dans un communiqué, mardi, que la victime est un « citoyen américain né en 1961 aux Etats-Unis d’Amérique, travaillant dans l’organisation caritative non gouvernementale, engagée dans l’encadrement des associations féminines dans notre pays, connue sous le non de Noura ». Le communiqué qui n’avait exclu aucun mobile à ce meurtre a précisé que le « crime a été perpétré par deux jeunes, arrivés à bord d’un véhicule, et qui ont tiré des coups de feu mortels sur la tête de la victime ». Selon des témoignages concordants recueillis sur le lieu du crime, les coupables ont, dans un premier temps, tenté d’immobiliser leur victime dans le but de l’enlever et de s’en servir comme otage. Mais que face à la farouche opposition de M. Logest, les agresseurs ont tiré les coups de feu dans sa tête avant de disparaître dans la nature. Ils n’ont toujours pas été arrêtés. Le 24 décembre 2007, trois salafistes mauritaniens avaient assassiné 4 touristes français près d’Aleg (260 kilomètres au sud de Nouakchott) mais ils ont été rapidement arrêtés et ils se trouvent actuellement dans une prison à Nouakchott dans l’attente de leur procès.  

TV: Al-Qaida says it killed American in Mauritania

     Associated Press:  foreign, Thursday June 25 2009 AHMED MOHAMED Associated Press Writer= NOUAKCHOTT, Mauritania (AP) — Al-Jazeera TV said Al-Qaida’s North Africa branch claimed responsibility Thursday for the killing of an American aid worker who was shot dead this week in Mauritania’s capital. The Arab satellite TV station said it had received an audio statement from al-Qaida of the Islamic Maghreb in which the group said 39-year-old Christopher Ervin Leggett was killed Tuesday for allegedly trying to convert Muslims to Christianity. « Two knights of the Islamic Maghreb succeeded Tuesday morning at 8 a.m. to kill the infidel American Christopher Leggett for his Christianizing activities, » the group said. The statement’s authenticity could not be independently verified. Mauritania’s Interior Ministry said Thursday it was investigating the death and security forces were doing « all they can to catch the criminals. » Extremist violence in Mauritania, a moderate Muslim nation, has increased in recent years. In 2007, a group of French picnickers was killed. The gunmen were believed to be linked to al-Qaida’s north Africa branch and the incident prompted organizers of the famous Dakar Rally to cancel the trans-Sahara car race. Leggett was shot several times by at least two unidentified gunmen who rushed up to him on a Nouakchott street, witnesses said. An AP correspondent at the scene saw officials from the U.S. Embassy arrive as the body lay on the pavement. U.S. officials have so far declined to comment. Legget grew up in Cleveland, Tennessee, and taught at a center specializing in computer science and languages in El Kasr, a lower-class neighborhood in Nouakchott, according to his neighbors in the United States. The Rev. Jim Gibson, co-pastor of First Baptist Church of Cleveland, said Leggett was a church member and attended on return trips, but worked independently in the African nation. Gibson said Leggett had lived for six years in Africa with his wife and four children.

 

Maroc: le gouvernement lance un vaste programme de mise à niveau des imams

AFP / 25 juin 2009 13h44 RABAT, 25 juin 2009 (AFP) -Le Maroc a lancé jeudi un vaste programme de « mise à niveau » des imams, qui s’inscrit dans le cadre d’une réforme du champ religieux annoncé par le roi Mohammed VI du Maroc en 2008. Ce programme coutera 200 millions de dirhams (environ 19 millions d’euros), a annoncé le ministre des Affaires islamiques Ahmed Tawfiq, lors d’un point de presse. « Les imams sont un élément essentiel de la réforme du champ religieux. Ils sont responsables de l’encadrement des croyants et exercent dans les villes et les campagnes éloignées », a-t-il indiqué. « Nous avons 45.000 imams et les statistiques de 2006 ont démontré que 82% d’entre eux n’ont aucune formation de base. Ils ont juste appris le coran par coeur », a affirmé Ahmed Tawfiq. « C’est une opération de grande envergure, qui n’a pas d’égale dans le monde. Ce programme aspire à donner à la société marocaine un encadrement religieux en phase avec l’air du temps et soucieux de la préservation de l’identité nationale » a ajouté le ministre. Un total de 1.432 centres de formation (et autant de formateurs) ont été sélectionnés dans ce but parmi les lieux de culte du royaume, a-t-il précisé. Depuis 2006, « nous formons déjà chaque année, pendant 12 mois, 150 imams parmi les lauréats des universités. Dorénavant, chaque nouvel imam qui prendra ses fonctions devra être choisi dans cette catégorie », a expliqué Ahmed Tawfiq. Le module de mise à niveau des imams comprend, entre autres, la doctrine malékite (rite officiel de l’islam sunnite au Maroc), l’éducation spirituelle, la fonction de la mosquée et le droits de la commanderie des croyants, selon un document du conseil supérieur des oulémas. Les oulémas sont les théologiens officiels et constituent la plus haute instance organisationnelle des imams à côté du roi, commandeur des croyants. Mohammed VI avait lancé en septembre 2008 un vaste plan de réforme du champ religieux, concernant le conseil supérieur des oulémas, les imams, les mosquées ainsi que la communauté marocaine établie à l’étranger. En 2004, un premier plan de réforme du champ religieux avait porté sur la mise à niveau du ministère des Affaires islamiques, la révision de la législation pour les lieux de culte ainsi que la modernisation de l’enseignement religieux dans le royaume.


Le voile à l’école allemande: d’accord, mais sans cacher tout le visage

 

 
AFP, Le 25 juin 2009 à 15h18 BERLIN, 25 juin 2009 (AFP) – L’école allemande doit accepter des musulmanes voilées mais celles-ci ne doivent pas cacher tout leur visage, a recommandé jeudi un forum gouvernemental, dans un pays qui compte environ 4 millions de musulmans. « Au nom de la liberté de culte (…) le port du voile ne peut être interdit » à l’école, a estimé la Conférence islamique allemande, un organe créé en 2006 par le gouvernement pour améliorer l’intégration des musulmans en Allemagne et qui réunit une trentaine de représentants de l’Etat et de la communauté musulmane. « Mais le voilage intégral du visage n’est pas compatible avec la communication ouverte qui régit les cours et le processus d’éducation à l’école », a jugé la Conférence, qui se réunissait jeudi a priori pour la dernière fois. « Dans certains cas, comme lors du travail avec du feu en sciences naturelles » ou en cours de sport, le renoncement au voile peut être demandé à l’écolière pour des raisons de sécurité, a souligné la Conférence. L’éducation relevant de la compétence des Länder (Etats régionaux), ces recommandations n’ont aucune valeur contraignante. Mais la Conférence islamique n’a pas cette vocation: elle vise à fournir pour la première fois « un cadre de dialogue » entre l’Etat et la communauté musulmane, dans le « respect mutuel », a souligné jeudi le ministre de l’Intérieur Wolfgang Schäuble, en estimant devant la presse que l’objectif avait été rempli. Une étude commandée par son ministère et présentée jeudi a révélé que l’Allemagne comptait entre 3,8 et 4,3 millions de musulmans –un chiffre très supérieur à la fourchette haute de 3,4 millions de musulmans évoquée jusque-là– et qu’ils étaient globalement mieux intégrés dans la société qu’on ne le pensait. Les musulmans représentent ainsi 5% de la population, selon cette première étude représentative réalisée au niveau fédéral.

 
 

Mosquée de Marseille: présentation du projet aux pays appelés à contribuer

 

 
AFP, Le 25 juin 2009 à 16h03 MARSEILLE (France), 25 juin 2009 (AFP) – Le projet de la Grande mosquée qui doit voir le jour à Marseille (sud-est) d’ici 2011 a été présenté jeudi à plusieurs pays appelés à financer le chantier, a constaté un journaliste de l’AFP. Pour réunir les 22 millions d’euros de budget nécessaires à la réalisation de la mosquée qui doit être édifiée sur le site d’anciens abattoirs dans le 15e arrondissement de Marseille (nord), l’association Grande Mosquée de Marseille qui conduit le projet, compte en effet solliciter les pays musulmans. Jeudi, les consuls généraux de l’Algérie, du Maroc, de la Tunisie, du Sénégal, de la Mauritanie, des Comores et de la Turquie étaient présents, lors de la présentation du projet architectural. L’Arabie Saoudite devait également être représentée mais n’était finalement pas à la réunion, en raison d’un problème d’agenda, selon un membre de l’association. « Nous avons déjà un engagement de financement de la part de l’Algérie, du Maroc et des Comores », a indiqué à l’AFP Makhete Cissé, vice-président de l’association, sans préciser les montants promis par ces différents pays. Selon Abou Diarra, trésorier de l’association, l’Algérie a d’ores et déjà versé environ 170.000 euros à l’association pour lui permettre de fonctionner. La part de chaque pays ne pourra pas dépasser les « 20 à 25% » du budget global du projet, a précisé M. Cissé. Deux appels à souscription à destination de la communauté musulmane et plus largement de la population marseillaise vont également être lancés, « sans doute à partir de septembre », a précisé M. Diarra. L’association a déposé sa demande de permis de construire le 15 mai et espère l’obtenir « au plus tard en octobre », selon la même source.


G8 de Trieste: Rome fait le pari d’une position « dure » sur l’Iran

De Françoise MICHEL  jeudi 25 juin 2009 TRIESTE, Italie (AFP) — Les ministres des Affaires étrangères du G8, se retrouvent jeudi soir Trieste (Italie) pour une réunion largement dominée par la crise iranienne qui devrait déboucher sur une condamnation ferme du régime de Téhéran, selon Rome. « Nous adopterons une position particulièrement dure et claire devant le monde » sur ce qui se passe en Iran, a affirmé, en arrivant à Trieste, le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini, dont le pays préside le G8 (Italie, Grande-Bretagne, Allemagne, France, Etats-Unis, Canada, Japon, Russie). Il s’est dit convaincu que la Russie « apportera son soutien » à cette position. La Russie a jusqu’à présent adopté une ligne beaucoup moins dure que les Occidentaux sur la crise iranienne qu’elle considère comme « une affaire intérieure ». « La valeur de la vie est plus importante que d’éventuels accords bilatéraux avec l’Iran et je crois que la Russie n’aura pas de difficulté à appuyer une position commune », a cependant estimé M. Frattini. Le secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires politiques William Burns, numéro trois du département d’Etat, qui remplace Hillary Clinton blessée, doit avoir une rencontre bilatérale avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov jeudi soir à Trieste, selon une source américaine. La communauté internationale qui a donné « plusieurs signes de sa volonté de tendre la main, doit être ferme aujourd’hui dans sa condamnation », a insisté M. Frattini. « La main tendue des Etats-Unis, que nous avons soutenue, ne peut nous revenir ensanglantée », a-t-il lancé. Au moins 17 Iraniens ont été tués et plusieurs centaines arrêtés depuis le début des troubles qui ont suivi la réélection contestée du président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad. Le ministre italien a également souhaité une position commune de l’Union européenne sur l’accueil par les ambassades des « personnes en fuite et qui ont besoin de soins médicaux » à la suite de la répression en Iran. Javier Solana, haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, et le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Kohout, doivent assister à la réunion qui devait à l’origine être largement consacrée à l’Afghanistan. L’Iran, pays voisin de l’Afghanistan, avait été invitée à Trieste par l’Italie avec le feu vert de Washington avant que les troubles n’éclatent. Las d’attendre une réponse à son invitation, Rome l’a finalement retirée avant que le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki ne confirme qu’il ne ferait pas le voyage à Trieste. Le G8 consacrera vendredi une session de sa réunion à l’Afghanistan autour de cinq thèmes : la sécurité des frontières, le trafic de drogue, le développement des infrastructures, les réfugiés et la sécurité alimentaire.   La situation au Proche-Orient où les négociations entre Israéliens et Palestiniens n’ont toujours pas repris depuis la victoire de la droite aux élections sera aussi discutée à Trieste au cours d’une réunion vendredi du Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU). M. Frattini a souhaité que cette réunion soutienne « la conférence sur le Proche-Orient que Moscou a proposé d’accueillir » afin de relancer le processus de paix. Le G8 de Trieste se terminera samedi à mi-journée par une déclaration finale.


Moussavi: les menaces ne m’empêcheront pas d’obtenir les droits des Iraniens

 
AFP / 25 juin 2009 13h56 TEHERAN, 25 juin 2009 (AFP) – – Le principal rival du président Mahmoud Ahmadinejad, Mir Hossein Moussavi, a déclaré jeudi que les menaces ne l’empêcheraient pas d’obtenir des droits pour les Iraniens. « Rien ne pourra m’empêcher d’obtenir des droits pour le peuple iranien (…) à cause d’intérêts personnels ou de la peur des menaces », a-t-il déclaré sur le site internet de son journal Kalemeh. « Je suis prêt à faire la démonstration que les délinquants de l’élection se sont tenus aux côtés des instigateurs des récentes émeutes et ont versé le sang », a-t-il déclaré, sans toutefois préciser s’il faisait allusion au ministère de l’Intérieur qui a organisé le scrutin du 12 juin. L’ancien Premier ministre et conservateur modéré avait déclaré auparavant qu’il faisait l’objet de « pressions » pour retirer sa demande d’annulation de la présidentielle du 12 juin, qui s’est soldée par la victoire du président Mahmoud Ahmadinejad. L’opposition accuse le pouvoir de fraude électorale. M. Moussavi a également renouvelé son appel à la poursuite du mouvement de contestation dans le calme. « La principale stratégie qui permettra d’atteindre vos objectifs est de poursuivre la contestation dans le cadre de la loi et de l’observance des principes de la révolution islamique », a-t-il dit dans son communiqué adressé au peuple d’Iran. Depuis le début des manifestations, au moins 17 personnes ont été tuées et plus d’une centaine ont été blessées, selon les médias officiels iraniens.


Libération: Nétanyahou et Sarkozy s’accordent sur l’Iran, pas sur les colonies

Diplomatie. Le Premier ministre israélien était reçu hier par le président français.  

Par CHRISTOPHE AYAD,DELPHINE MATTHIEUSSENT Jérusalem, de notre correspondante

Arrivé hier à Paris, Benyamin Nétanyahou a été reçu dans la foulée par Nicolas Sarkozy. Mais cette première visite officielle en France du Premier ministre israélien ne parviendra pas à éclipser un autre rendez-vous, autrement plus important et manqué celui-ci : «Bibi» ne verra pas George Mitchell, l’émissaire américain pour le Proche-Orient, lors de son séjour parisien. Selon la presse israélienne, cette annulation serait le premier geste d’humeur de Washington envers Israël en réaction à la décision de Nétanyahou de ne pas geler la colonisation en Cisjordanie, comme le réclame Obama. L’entourage du Premier ministre israélien, lui, s’est empressé d’expliquer que le report était l’initiative de Nétanyahou…

Ligne dure. Avec Nicolas Sarkozy, le Premier ministre israélien devrait avoir la partie moins difficile. Les deux hommes partagent la même ligne «dure» sur l’Iran et en particulier sur le dossier nucléaire, face à une administration américaine soupçonnée d’être trop encline au compromis. Mais les diplomaties occidentales restent pour l’instant suspendues au bras de fer en cours à Téhéran. «Il y a en Israël, l’espoir d’un changement de gouvernement à Téhéran. Si les modérés l’emportent, le programme nucléaire iranien sera moins menaçant pour l’Etat hébreu, car très probablement destiné à de seules fins civiles», souligne Raphael Israeli, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem. «Paradoxalement, l’intérêt immédiat d’Israël est une poursuite de la répression et un maintien des conservateurs au pouvoir. Dans ces conditions, la poursuite du programme nucléaire iranien pourrait pousser la communauté internationale à adopter une ligne beaucoup plus dure à l’égard de Téhéran.»

En dehors de l’Iran, «Bibi» et Sarkozy ont aussi évoqué les sujets qui fâchent : la colonisation, le processus de paix, l’avenir de la bande de Gaza… Et ceux qui fâchent moins : le sort du soldat franco-israélien Gilad Shalit, retenu depuis trois ans, jour pour jour, à Gaza ; et la reprise des activités de l’Union pour la Méditerranée, gelées par le boycott des pays arabes depuis la guerre de Gaza en janvier. Tout comme Barack Obama, et tout comme il l’avait fait il y a un an en Israël, Nicolas Sarkozy a demandé hier un «gel total» de la colonisation dans les Territoires palestiniens. Son «amitié» pour Israël n’aura, sur ce point, pas plus d’effet que les exhortations d’Obama. Quant au processus de paix, Nétanyahou s’est contenté du service minimum en prononçant les mots, jusqu’ici tabous pour lui d’«Etat palestinien». Mais il les a assortis de telles conditions que les Palestiniens dénoncent cette «avancée» – saluée par les Occidentaux – comme vide de sens. Surtout, il s’est gardé de se prononcer sur la proposition sarkozienne d’une conférence internationale de paix, qui ne plaît ni aux Israéliens ni aux Américains. Seule la Russie l’appuie pour l’instant.

Absence de progrès. Enfin, Sarkozy, qui s’est beaucoup impliqué pour obtenir un cessez-le-feu à Gaza en janvier, puis pour organiser une conférence des donateurs, ne peut que constater l’absence de progrès de la reconstruction, mais aussi de la réouverture des points de passages. Quant à Gilad Shalit, Sarkozy s’est dit «prêt à toute initiative utile pour aider» à sa libération. Mais le temps des émissaires plus ou moins discrets envoyés à Damas pour débloquer le dossier est bel et bien révolu. La Syrie et le Hamas n’ont plus d’yeux que pour Washington désormais.

(Source: « Libération » (Quotidien – France) le 25 juin 2009)

Lien:http://www.liberation.fr/monde/0101576074-netanyahou-et-sarkozy-s-accordent-sur-l-iran-pas-sur-les-colonies


Q+A-What might happen next in Iran?

Reuters, le 25 juin 2009 à 13h07 By Samia Nakhoul LONDON, June 21 (Reuters) – Iran’s presidential election, in which hardliner Mahmoud Ahmadinejad overwhelmingly beat moderate rival, Mirhossein Mousavi, has set off the broadest internal unrest since the 1979 Islamic revolution. Iranian protesters have flooded the streets of Tehran and other cities over the past week in defiance of a stern warning by Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei. Iranian authorities on Sunday blamed « terrorists » and rioters for clashes and Ahmadinejad told the United States and Britain on Sunday to stop interfering in the Islamic Republic’s internal affairs. Iran state television said 10 people were killed and 100 others injured in protests held in Tehran on Saturday. A separate report put the number of deaths at 13. Here are some questions and answers on what could happen next in the Islamic Republic, the world’s fifth biggest oil exporter, whose nuclear programme has alarmed the West. ARE IRANIANS LIKELY TO OBEY KHAMENEI’S ORDERS TO STOP THE DEMONSTRATIONS? Based on what happened on Saturday night, just a day after Khamenei’s speech, street protests will continue unless Iran imposes a state of emergency or martial law. Now that students and women are involved, it seems a bit unlikely that the establishment can end demonstrations by force. Anoush Ehteshami of Durham University told Reuters: « I don’t think the protest will end. The demonstrations are going to evolve into different things. Much will depend on whether Mr Mousavi is going to lead from the front. If he is, he will make sure that the demonstrations are peaceful, orderly and with one political objective which is the annulment of the election result. But if he is not at the helm of the demonstrations, the danger is that the protest movement will fragment, elements of it will turn to violence which is not something you want in this crisis. » If Mousavi is arrested, he said, that would raise the scale of the crisis to a whole new level and other national figures would be called on to intervene such as Grand Ayatollah Hossein Ali Montazeri, former presidents Mohammad Khatami and Akbar Hashemi Rafsanjani, who also heads the powerful assembly of experts, a clerical body that supervises, appoints and can sack the supreme leader. Baqer Moin, a London-based Iran commentator, said the protests will continue but on a smaller scale because of the heavy presence of security and militias and the arrest of key personalities, activists and strategists from the opposition. « I don’t think there is a security solution for this issue. There has to be a compromise by the authorities to satisfy at least the most loyal people to the Islamic Republic — that there hasn’t been any malpractices because we even have some clergymen among the demonstrators. » « In terms of law enforcement the government has sufficient security power at its disposal to prevent street demonstrations, however, it won’t be able to stop civil disobedience, » he said. HAS THE REGIME LOST LEGITIMACY AND IF SO CAN IT REGAIN IT? The street protests, in open defiance to Khamenei, have undermined the establishment’s legitimacy. Before the election, protesters aimed to encourage Iranians to unseat Ahmadinejad but now, the whole system and the leader himself are implicated. That is unprecedented. The only possible way for the leader to get out of the crisis and regain legitimacy is to follow the path of late leader Ayatollah Ruhollah Khomeini and drink the « poison chalice » and order a fresh vote. In that case, he may lose the support of some of his loyalists but he can calm the situation and also repair Iran’s image around the globe. « The legitimacy of the regime is now an open question. So long as the masses of the people, young and old, remain discontented about the electoral results, the legitimacy of the regime will remain under question, » Ehteshami said. By accepting the result too soon and by supporting Ahmadinejad so openly the Supreme Leader has put himself in a very precarious situation, Moin said. « From now on any criticism of Ahmadinejad, his government and practices will be reflected on Khamenei. He sided openly with one faction within the Islamic Republic instead of remaining above all sides as was the practice in the past ». KHAMENEI’S MESSAGE WAS BACKDOWN OR CRACKDOWN, BUT CAN THEY AFFORD THE REPERCUSSIONS OF A CRACKDOWN? If a crackdown is the only way to preserve the system, that is what will be done. In 1999 university unrest, the crackdown was efficient. If the choice is between accepting the demands of the protesters or repressing them, the system is likely to opt for the harsher method. « They are all in unchartered waters, » Ehteshami said. « Neither side can predict how this crisis will evolve. While a crackdown might bring some temporary respite, calm achieved through bloodshed will have its own massive consequences. » « This will affect the position of the leadership. The longer this goes on, more divisions will appear within the establishment and the clergy itself, » said Moin. WILL THESE EVENTS FORCE U.S. PRESIDENT BARACK OBAMA TO ABANDON HIS POLICY OF ENGAGEMENT WITH IRAN? Iranian leaders’ reaction to Obama’s remarks hints that there will be no engagement in the near future. The supreme leader on Friday for the first time said his views were more similar to the anti-Western president than others who seek a policy of detente with the West. More than ever, Iran needs a foreign enemy to blame. Since the start of protests, Iranian state media have focused on the « involvement » of the United States and Britain in the turmoil. It will be difficult for Obama to engage with a country that so publicly oppresses its own people. « Obama now has a major crisis on his hand to manage rather than initiating a dialogue because the consequences of political development in Iran will dramatically affect the rest of the region, » said Ehteshami. Moin said, « I don’t think it is an option to abandon it altogether. They may limit the engagement but abandoning it is not an option. They have mutual interests in peace in Afghanistan and Iraq. They need Iran on Afghanistan and Iraq. » DOES KHAMENEI HAVE THE SUPPORT OF SENIOR IRANIAN CLERICS? There is a clear rift among high-ranking clerics over the disputed election. Former president Akbar Hashemi Rafsanjani, a supporter of Mousavi, is very influential and respected among clerics and he is also known as one of the leading figures of the 1979 Islamic revolution because he was a very close aide to Khomeini. Ehteshami said « Khamenei would have said what he said with some assurances from the Guardian Council, Iran’s top legislative body which groups clerics and judiciary experts and has the power to endorse or annul the vote. » « He’s got only the support of a section not the entire clerical establishment. He relies more on political and military power rather than consensus, » Moin added. (Editing by Louise Ireland)


 

Politis: L’extravagante affaire Geisser

 

jeudi 25 juin 2009, par Denis Sieffert

Où l’on découvre, avec stupéfaction, que les chercheurs du CNRS sont sous la surveillance étroite d’un général qui s’arroge le droit de juger leurs travaux.  

Dans quel pays vivons-nous ? On peut se le demander quand on prend connaissance de l’étrange histoire qui accable actuellement un chercheur du CNRS. Ce chercheur, Vincent Geisser, spécialiste de l’islam et du monde arabe, est convoqué le 29 juin devant une commission administrative paritaire du CNRS à titre disciplinaire, pour avoir « utilisé des termes diffamatoires d’une grande violence » à l’encontre d’un personnage dont la fonction même devrait poser problème : le fonctionnaire « Sécurité-Défense » (FSD) du CNRS. Première surprise pour beaucoup de chercheurs : l’existence de ce militaire de carrière qui, du haut de son improbable statut, juge de la pertinence de travaux scientifiques. Deuxième motif d’étonnement : ce qui est présenté comme une diffamation est tiré d’un courriel strictement privé que l’intéressé ne destinait nullement à la publication. Mais un prétexte pouvant en cacher un autre, Vincent Geisser fait l’objet d’une seconde accusation : « Le manquement grave […] à l’obligation de réserve » à laquelle il serait tenu « en tant que fonctionnaire ». Ou l’on apprend cette fois – et toujours avec étonnement, sinon stupéfaction – qu’un sociologue peut être soumis, comme un militaire, à l’obligation de réserve, puisque ce motif figure également dans la lettre de convocation au conseil de discipline. En résumé, on reproche au chercheur un certain nombre de prises de position publiques, notamment critiques à l’égard de l’association Ni putes ni soumises. Diffamation ? Manquement à l’obligation de réserve ? Est-ce vraiment tout ? Non, évidemment.

L’affaire est un peu comme une valise à double ou à triple fond. Elle est en réalité beaucoup plus ancienne sans même que le chercheur en ait eu immédiatement conscience. Car c’est peu dire que Vincent Geisser est, depuis des années, dans le collimateur de ce fonctionnaire Sécurité-Défense du CNRS, Joseph Illand, un général en retraite, qui s’intéresse à son cas depuis plus de quatre ans. À l’époque, Vincent Geisser entamait une enquête sociologique sur l’itinéraire des chercheurs originaires du Maghreb, et leur contribution au rayonnement de la recherche française. À plusieurs reprises, le général intervient pour demander que l’enquête, qui pouvait à la rigueur, et avec une certaine dose de mauvaise foi, renvoyer à la délicate question des statistiques ethniques, reçoive l’imprimatur de la Commission nationale informatique et liberté (Cnil). « À l’époque, avoue Vincent Geisser, je n’avais nullement été choqué par cette démarche. » Le général avait justifié sa demande par le fait que le laboratoire de recherche et d’études sur le monde arabe et musulman était « classé sensible ». « Je m’étais tout juste étonné que ces demandes viennent d’un fonctionnaire de Défense et non d’un service juridique », se souvient Vincent Geisser. La procédure de « régularisation » de l’enquête, formalité qui vise à mettre en conformité les travaux des chercheurs avec la loi, se passe bien. Malgré cela, une « rumeur lancinante » lui revient aux oreilles. Il y aurait derrière tout cela d’autres considérations. Il en reçoit confirmation quand il apprend que des renseignements ont été demandés par écrit sur son compte au Cevipof (Centre d’études sur la vie politique française). Cette fois, la question du général est sans détours : Vincent Geisser est suspecté de «  constituer un lobby musulman au sein du CNRS ». Bigre ! Le fonctionnaire fait même le voyage d’Aix-en-Provence pour rencontrer le chercheur, qui se souvient : « J’ai eu droit à un interrogatoire en règle, avec des références à des textes de conférence que j’avais parfois moi-même oubliés. »

Puis, plus rien. Alors que l’approbation du Cnil était attendue, aucune information, ni aucune critique ne parvenait à l’auteur de l’enquête. Quand, stupéfaction, après six mois sans nouvelles, Vincent Geisser reçoit un courrier de la secrétaire générale du CNRS lui donnant l’ordre de détruire toute son enquête. La décision vient-elle de la Cnil ? Pas même. Le secrétariat général du CNRS avoue que l’enquête, pourtant enrichie des précisions demandées par la Cnil, n’a même pas été transmise à la Commission. Au total, et au-delà des prétextes avancés, il apparaît de plus en plus clairement que l’on reproche à Vincent Geisser non pas une enquête mais tout le travail qui est le sien sur l’islam depuis de nombreuses années. C’est l’auteur de la Nouvelle Islamophobie (2004) qui est visé. En quelques semaines, la mobilisation s’est organisée dans les milieux de la recherche et de l’université. Quelque 4 200 signatures ont été collectées. L’émotion est très vive parmi les chercheurs : « Depuis quand, et au nom de quel principe, demandent les auteurs de la pétition, un fonctionnaire de Défense aurait-il le droit de juger les travaux d’un chercheur ou d’un universitaire ? De quelle compétence peut-il se prévaloir pour le faire ? » Dans un texte publié sous le titre « Quelques raisons pour défendre Vincent Geisser et raison garder », Olivier Roy, directeur de recherche au CNRS, rappelle que « les sciences sociales ne doivent pas être considérées comme un domaine sensible sur le plan de la Défense nationale ». Il qualifie de « soviétique » cette vision du savoir. « Si on est en désaccord avec Vincent Geisser, note encore Olivier Roy, il suffit de le dire et d’écrire, pas de le faire taire. » Ce n’est pas l’avis de l’inévitable Caroline Fourest, qui choisit opportunément cette veille de conseil de discipline pour attaquer Geisser dans une violente tribune parue dans le Monde datée de samedi. La France intellectuelle ne manque ni de généraux ni de procureurs.

Pour signer la pétition de soutien à Vincent Geisser :http://petition.liberteintellectuel…  

Source: « Politis » (Hebdomadaire- France) le 25 juin 2009)

Lien:http://www.politis.fr/article7477.html

 

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