14 juin 2009

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TUNISNEWS

9 ème année, N° 3309 du 14.06.2009

 archives : www.tunisnews.net  


TTU Monde Arabe: Tunis exaspère Washington TTU Monde Arabe: Tunisie : l’opposition s’active Réalités: Tunisie Menaces sur des intellectuels tunisiens : Des acteurs de la société civile réagissent Le Matin: Le « bouteflikisme » veut s’installer pour longtemps en Algérie  – 1. Le plan de Bouteflika 20minutes: Emeutes à Téhéran après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad The New York Times: Protests Flare in Tehran as Opposition Disputes Vote


Liste actualisée des signataires de l’initiative du Droit de Retour : http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l’initiative : manfiyoun@gmail.com


 

TUNIS EXASPÈRE WASHINGTON

Un an avant de quitter le Département d’Etat américain, Condoleezza Rice, avait suggéré au Président tunisien, Zind el-Abidine Ben Ali, de ne pas briguer un cinquième mandat. Sans doute sans se faire d’illusion sur le sujet. Aujourd’hui, Washington manifeste une certaine exaspération devant le simulacre électoral attendu pour le 24 octobre 2009. Et l’actuelle responsable de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, manifeste quelques appréhensions concernant la situation du pays. Lorsqu’elle n’était que “First Lady”, en 1999, elle avait rencontré à Tunis l’épouse du Président, Leïla Ben Ali, et a pu mesurer son influence. Elle se souvient sans doute que son avion avait dû tourner près de trois quarts d’heure dans le ciel tunisien avant d’atterrir, car Leïla Ben Ali n’était pas à l’heure pour l’accueillir à l’aéroport. Et durant son séjour, elle avait dû se résoudre à réduire au minimum ses rencontres avec des femmes démocrates tunisiennes. Depuis quelques semaines, une nouvelle affaire jette de l’ombre sur les relations diplomatiques américano-tunisiennes. Leïla Ben Ali et son frère Belhassen Trabelsi, qui gèrent une école privée, le Lycée international, ont demandé une homologation pour que le diplôme de ce lycée permette l’accès aux universités américaines. Demande néanmoins rejetée. D’autant plus qu’une école homologuée outre Atlantique existe déjà, créée par des parents d’élèves dans le cadre d’une association à but non lucratif, subventionnée par les Etats-Unis. Or, suite à cette affaire, l’association a été l’objet d’un redressement fiscal. Et ses efforts pour se justifier auprès du secrétariat d’Etat aux Finances sont demeurés vains. En outre, les agents de la sécurité postés jusque-là devant cette école ont disparu du jour au lendemain. Craignant un acte malveillant contre l’établis sement, l’ambassade des Etats-Unis a dépêché aussitôt ses propres vigiles pour le garder. A noter qu’il y a trois ans, le Lycée Louis Pasteur, qui dispensait un enseignement selon le programme français, avait dû fermer ses portes, sous l’effet de certaines pressions. Peu avant la création du Lycée international de Carthage…

(Source: « TTU Monde Arabe » (LETTRE HEBDOMADAIRE D’INFORMATIONS STRATÉGIQUES) nr 606 du 4 juin 2009)

 


 

TUNISIE : L’OPPOSITION S’ACTIVE

 
A l’approche des élections législatives et présidentielle du 24 octobre prochain en Tunisie, qui semblent déjà verrouillées, un groupe de personnalités de l’opposition s’activent pour tenter de porter le dossier tunisien devant des tribunaux étrangers. Mettant en avant les détournements de fonds publics et l’endettement sans précédent du pays, tandis que d’importantes liquidités vont s’investir à l’étranger, en particulier dans les paradis fiscaux. Ainsi, l’investissement dans l’immobilier de la Côte d’azur par la nomenklatura tunisienne aurait atteint des niveaux inégalés, notamment suite à la visite officielle du prince Albert de Monaco à Tunis, en août dernier. Un observateur local note que le consul général de Tunisie à Nice et à Monaco, Mohamed Lamine Maherzi, qui est le beau-frère de l’épouse du président, Leïla Ben Ali, est “très actif” dans la région, alors que la ville de Nice (dont le maire est Christian Estrosi, conseiller politique de l’UMP) a proclamé 2009 “année de la Tunisie”. Ce groupe d’opposants agirait discrètement à Tunis, ayant réussi à nouer des contacts avec des informateurs exerçant des fonctions très sensibles dans l’administration, en particulier au ministère des Finances. En même temps, ces personnalités ont pris langue avec des juristes spécialisés à l’étranger (notamment en France), afin d’étudier les moyens de freiner la fuite des capitaux de Tunisie.
 
(Source: « TTU Monde Arabe » (LETTRE HEBDOMADAIRE D’INFORMATIONS STRATÉGIQUES) nr 607 du 11 juin 2009)


Tunisie Menaces sur des intellectuels tunisiens : Des acteurs de la société civile réagissent

 

 Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les menaces de mort perpétrées dernièrement (évoquées et commentées dans le numéro 1221 de Réalités) par des extrémistes contre des intellectuels tunisiens n’ont pas eu le même impact auprès des quelques personnes éclairées que nous avons, à l’occasion, interpellées. Nous en avons sollicité plus d’une dizaine en vue de recueillir leurs réactions à ces menaces. Les uns ont exprimé leur ignorance totale de l’affaire, les autres voulaient en savoir plus pour pouvoir se prononcer… Pourtant, ils sont tous, comme la grande majorité des acteurs de la société civile, connectés sur les nouvelles technologies de l’information (Internet, Facebook…) Quelle interprétation devrait-on donc donner à ce manque de promptitude sur une affaire qui, de l’avis de certains observateurs, est gravissime ? S’agit-il réellement d’un manque d’informations ou plutôt d’une banalisation et sous-estimation de ce genre de pratiques ? Une situation qui laisse perplexe, si ce n’était les réactions lucides de certains acteurs de la Société Civile que nous publions ci-dessous. Salah Zghidi, militant associatif et membre du Bureau Directeur de la LTDH

Titre : Inconscience ou irresponsabilité ?

C’est la question qui s’impose lorsque l’on examine l’attitude des partis de l’opposition dite démocratique et progressiste face à cette montée des périls de l’intégrisme et de l’obscurantisme que tout un chacun peut observer à l’œil nu dans notre pays tout au long de ces trois ou quatre dernières années. Extension considérable du port du hijab/eljidar elfaçel dans nos institutions scolaires,nos entreprises et nos rues, recours de plus en plus fréquent aux fataoui, y compris celles émanant de chouyoukh «à quatre sous», attaques de plus en plus ouvertes, de plus en plus violentes contre les acquis de notre pays en matière de droits des femmes, appel (lancé dans un journal étranger de langue arabe, mais par un islamiste tunisien travaillant en Tunisie même, depuis plusieurs années, pour l’hebdomadaire Al Maoukef) à «la vindicte populaire» contre la professeure et chercheure musulmane Olfa Youssef, intrusion de la religion d’une manière plus voyante qu’auparavant dans les affaires et les rouages de l’Etat, apparition de médias spécifiquement et exclusivement religieux etc… Il s’agit d’un véritable phénomène social et politique de première importance et d’une extrême gravité.. Et la boucle vient d’être bouclée : c’est une «Commission tunisienne de lutte contre les mécréants ou les apostats» qui vient de lancer, à partir de Tunis, un véritable appel au meurtre contre plusieurs intellectuels tunisiens qualifiés par ces gardiens de l’orthodoxie islamiqued’apostats qui méritent le châtiment suprême, tel qu’indiqué dans le Coran. M. Abdelmajid Charfi, Raja ben Slama et d’autres chercheurs sont ainsi livrés à la vindicte des exécuteurs testamentaires, du genre de ceux qui ont assassiné Frej Fouda et blessé gravement Néjib Mahfoudh en Egypte…De tout ce que je viens de décrire, et qui a soulevé la colère et l’indignation dans plusieurs milieux, quelqu’un a-t-il trouvé un écho dans les prises de position et les discours des dirigeants de cette opposition dite démocratique et progressiste ? .Lors du récent Congrès du Forum démocratique tenu vendredi dernier, j’ai pu écouter trois discours de Mustapha B. Jâafar, Ahmed Brahim et Meya Jeribi.. Dans ces trois discours, pas un mot, je dis bien pas un mot sur tout ce que j’ai indiqué ci-dessus, même pas sur les appels au meurtre contre plus d’une vingtaine d’intellectuels nommément désignes ! Que dire et que penser de ce silence ? Des calculs sinistres ? La peur qu’inspirent ces «commandeurs des croyants»? La crainte de «se retrouver du même côté» que le pouvoir ? Rien ne justifie ce «positionnement» qui fait que ces partis réagissent «au quart de tour» par des communiqués de protestation et de dénonciation et des articles de presse virulents sur des évènements d’importance somme toute secondaire, et deviennent muets comme des carpes quand il s’agit de phénomènes sociaux et politiques majeurs qui sont en train de tirer notre société et notre pays vers l’abîme de la régression… Il faut être politiquement myope ou alors physiologiquement aveugle pour ne pas voir ce qui se passe, ou pour considérer cela comme «un détail» pour reprendre une expression très prisée par un dirigeant de l’un des trois partis cités plus haut.. Il est temps, pour ces partis, de se reprendre .La lutte contre l’intégrisme et l’obscurantisme, la nécessaire et vigoureuse riposte contre les menaces que font peser sur nos acquis et sur nos vies ces oiseaux de malheur venus de cieux qui ne sont pas les nôtres, cela est aussi le combat de ces partis, et c’est un combat essentiel…Il faut comprendre une fois pour toutes ceci : la lutte contre le système politique qui nous gouverne ne peut avoir aucune crédibilité démocratique et progressiste si elle ne s’accompagne pas,en permanence, tactiquement et stratégiquement, d’un combat sans concession contre les forces intégristes et obscurantistes porteuses de régression politique, sociale,culturelle et civilisationnelle… Il n’y a pas de rassemblement des forces démocratiques contre le pouvoir si ce rassemblement n’est pas aussi, en même temps et avec au moins la même force et la même détermination, contre les projets intégristes et obscurantistes…C’est ainsi,et pas autrement ! Faudra-t-il perdre encore quatre ou cinq ans pour que certains en prennent conscience et encore deux ans pour qu’ils en conviennent, comme ils l’ont malheureusement fait à plusieurs reprises au cours de ces quinze ou vingt dernières années ? Iqbal Al Gharbi, Professeur à l’Université Zaytuna

Titre : «Aucun Musulman n’a le droit de mettre en cause la croyance d’autres Musulmans»

Le communiqué qui excommunie un groupe de chercheurs et d’islamologues de l’Université tunisienne, et dont l’authenticité reste à vérifier, est une première en Tunisie. Certes , la structure du texte , la terminologie utilisée , les concepts employés ne sont pas intégralement similaires aux cris de guerre lancés par les prédicateurs salafistes qui font figure de redresseurs de torts. Donc tout porte à croire que c’est un médiocre canular . Toutefois, ces imitations maladroites de pratiques hideuses et célèbres nous poussent à clarifier les énormes enjeux politiques qui s’expriment à travers ce type d’incidents et qui ne seront visibles et lisibles qu’en prenant du recul vis-à-vis du conjoncturel pour voir les processus dans lesquels s’inscrivent ces épisodes.. L’anathème et le ton choisi par l’auteur ou les auteurs de l’appel s’imposent comme seul mode de communication et ne laissent aucune place au «dialogue», à la «libre discussion» au «débat». Tout le monde est sommé de prendre position: avec ou contre l’Islam ou plutôt avec ou contre une lecture de l’Islam avec ou contre les libertés académiques! À la manière des fatwas tristement célèbre, il mêle les invectives et les larmes, l’émotion et la colère et multiplie les insultes et les anathèmes à l’encontre des chercheurs de la liste noire. Le texte est conçu comme une exhortation destinée à exciter la colère et l’indignation populaires et par là-même à mettre les autorités universitaires et les pouvoirs politique dans l’embarras L’émotion créée par ces fatwas reflète la misère du politique en terre d’Islam où les logiques despotiques qui ont imposé la Pensée Unique étouffent le débat public, bloquent le développement social, culturel et humain, et font obstacle à la citoyenneté. L’émoi des foules manipulées, les déclarations enflammées des maîtres de la censure qui mobilisent les haines et les ignorances reflètent l’annihilation de l’individu en tant que sujet et être singulier. La censure qu’ils revendiquent, les limites qu’ils imposent réduisent les différents aspects de l’activité humaine au juridique et au religieux. Ils prônent la confusion entre le sacré et le profane, l’individuel et le collectif, l’imaginaire et le réel, la religion et la science. Pourtant l’islam ne connaît pas et ne reconnaît pas de caste cléricale ou d’institution chargée de dire le dogme ; personne n’a le droit d’exclure de la communauté un individu qui se dit Musulman, et même les mécréants doivent être renvoyés au jugement de Dieu ; aussi aucun Musulman n’a le droit de mettre en cause la croyance des autres Musulmans qui ont leur propre lecture des textes sacrés et du message du Prophète. L’incroyance est une affaire entre l’homme et son Créateur. L’intemporalité de la punition dans la religion a toujours fait que les Musulmans disposaient d’une liberté d’expression relative. C’est ainsi que la culture musulmane a traduit et étudié les philosophies les plus athéistes et argumenté face aux idéologies les plus redoutables, destructrices et semeuses de doutes. La poésie hautaine et sceptique de Al Maarri, l’érotisme et la sensualité de Omar Ibn Abi Rabia , les poèmes bacchiques de Abu Nawas, les vers rebelles d’El Mutanabbi , l’ésotérisme de Abu bakr El Razi , la singularité de Rabia El Adawiya sont sa fierté et ses plus admirables ornements Le Prophète lui-même a subi les affres et les injures les plus humiliantes. Déprimé, une sourate splendide “El Kawther” lui énonce : « Nous t’avons certes, accordé l’Abondance. Accomplis la Salat pour ton Seigneur et sacrifie. Celui qui te hait sera certes, sans postérité» Lorsque les polythéistes de son époque le qualifiaient de fabulateur et d’imposteur, de magicien et de poète, il leur a répondu, sage et serein : “Dieu sera juge entre nous le jour de la rétribution.” Me Mohamed El Aid Al Adab, avocat à la Cour de Cassation et ancien chercheur à l’Ecole Nationale d’Administration Titre : « La société civile doit serrer ses rangs » «Pour ce qui est de la publication de l’e mail de menace anonyme, cherchant à nuire à certains intellectuels tunisiens et appelant au meurtre, je pense qu’il faut réagir de façon claire et nette. La Tunisie, qui a une tradition de tolérance et d’ouverture sur toutes les autres civilisations, religions et nations, et en l’occurrence la Tunisie du 7 novembre, celle des Droits de l’Homme et des libertés publiques, ne peut pas tolérer de telles exactions et de telles menaces moribondes. Pour ce qui est du point de vue juridique, de tels actes sont anti-islamiques et incriminés par la loi. Anti-islamiques puisque Dieu dans l’un des versets du Coran dit au Prophète : « Tu n’es qu’un simple messager et non un despote». De surcroît, ces menaces sont incriminées par la loi en ce sens que l’Article 2 du Code Pénal punit d’emprisonnement toute personne qui, par quelque moyen que ce soit, menace autrui d’un attentat. Cette peine est portée au double si les menaces sont faites sur ordres et sous conditions, quand bien même elles seraient verbales. Il convient aussi de rappeler que la Constitution de 1959 garantit les droits fondamentaux et les libertés propres à l’homme, notamment son droit à la libre croyance et la libre pensée. De ce fait, la société civile doit serrer ses rangs et se solidariser avec les penseurs et écrivains visés par cet e mail. Par la même occasion, j’appelle les autorités publiques à faire face à de telles menaces pour que celles-ci ne puissent pas se propager dans notre société tolérante, ouverte et acquise aux idéaux des Droits de l’Homme et des libertés publiques. Il faudrait ouvrir les mass média et notamment la télévision et la radio nationale à ces intellectuels et à tous les intellectuels épris des Droits de l’Homme et des idéaux de la tolérance et de l’ouverture. Le fanatisme religieux guette toujours les occasions pour se propager parmi nos jeunes et parmi les couches ouvrières de notre société. Après le Changement du 7 Novembre, l’Islam a été réhabilité. Mais il faut faire attention à ceux qui veulent faire de la religion leur cheval de Troie pour des raisons politiques évidentes. Dénoncer de telles pratiques et démasquer ces soi-disant religieux est un devoir de l’Etat en tant que garant des Droits de l’Homme et de toutes les forces vives de la Nation ». (Source: « Réalités » (Hebdomadaire – Tunisie) le 4 juin 2009)


Le « bouteflikisme » veut s’installer pour longtemps en Algérie :

1. LE PLAN DE BOUTEFLIKA

 
    le 14 Juin, 2009 Tout n’est pas faux dans les rumeurs qui circulent : le président Abdelaziz Bouteflika veut régner sur l’Algérie même après sa mort ! Cela peut paraître incroyable, mais c’est ainsi que fonctionnent les créatures du despotisme arabe : elles considèrent le pouvoir comme un butin de guerre acquis à jamais, incessible même après la mort, transmissible aux seuls membres de la « famille » qui seront chargés d’immortaliser la dynastie pour les décennies à venir. La dynastie, ses idées, son prestige et son chef ! Il y a eu le nassérisme, l’assadisme, la khadafisme… Il y aura le bouteflikisme ! Bouteflika tient en otage un pays, maquillé en fausse république, et ne compte pas le lâcher. Comme les créatures du despotisme arabe, il voit grand et veut aller vite en besogne pour inscrire son nom dans l’Histoire. Sa stratégie pour installer puis pérenniser le bouteflikisme, ne repose pas seulement sur la succession à son frère Said. Ce point est indiscutable. Abdelaziz Bouteflika veut surtout laisser à Said et à « la famille » les garanties d’un exercice tranquille du pouvoir total et hégémonique. Laisser à Said et à « la famille » les garanties d’un exercice tranquille du pouvoir total et hégémonique suppose débarasser de leur chemin la double rivalité qui pourrait les menacer : – La rivalité du clan d’en face, c’est à dire cette grande tribu qu’on appelle les décideurs (hiérarchie militaire mais surtout services de renseignements…) – La rivalité intégriste et terroriste Le plan de Bouteflika consiste en deux grandes idées : Primo :  « casser » les services de sécurité puis les avaler en les plaçant définitivement sous la coupe d’un homme de la « famille » bouteflikienne : Yazid Zerhouni. C’est une vieille obsession de Bouteflika. Une obsession compréhensible : contrairement à ses homologues dictateurs des autres joumloukias, contrairement à Saddam Hussein,  Khadafi, Hafedh El-Assad ou Ben Ali, il ne dispose pas de la réalité du pouvoir. Sur ce chantier, Bouteflika a déjà bien avancé. Pour museler la tribu, s’affranchir de sa tutelle et s’assurer un pouvoir à vie, il a soigneusement démembré la tribu. En trois temps. D’abord en remplaçant la génération des généraux «janviéristes» par de nouveaux chefs militaires que nous pourrions appeler des «guerriers professionnels», éliminant ainsi toute source possible de contestation de sa démarche à partir des forces armées. Ensuite, en mélangeant les prérogatives entre responsables du ministère de la Défense nationale de manière que leurs influences s’annulent réciproquement. Enfin, en procédant au découplage entre les services de renseignement et les forces armées. Maintenant, c’est l’estocade ! Deuxio : signer l’armistice avec les islamistes en capitulant sur le point central : la réhabilitation politique ! Le retour à décembre 1991 ! C’est le but du second chantier de Bouteflika avant 2011 : l’amnistie ! Sans l’amnistie, point de réhabilitation politique pour les islamistes. Et sans réhabilitation politique, pas de « paix » pour le règne bouteflikiste. « Dès sa réélection en 2009, Kaiser Moulay prononcera une amnistie générale et permettra au FIS de retourner sur la scène politique ; oui, le champ sera rouvert aux enfants du Front dans le cadre d’un parti politique », avait déjà révélé, en décembre 2007, Ahmed Benaïcha, l’ancien émir de la branche armée du FIS, dans les colonnes du journal arabophone El Bilad. L’ancien chef terroriste reconnaît l’existence d’un projet politique clairement défini: « Il y a en ce moment plusieurs initiatives pour donner corps à cette solution politique qui va faire l’objet d’un consensus entre les nationalistes et les islamistes. » Cette solution politique, Benaïcha l’appelle « solution finale », celle qui solderait le contentieux de 1992 né de l’annulation des législatives remportées par les islamistes et de la dissolution du FIS. Elle prévoit une réhabilitation totale et publique du parti dissous et un progressif transfert de pouvoir. Ceci va être développé en deux prochains articles : – Le « bouteflikisme » veut s’installer pour longtemps en Algérie : 2. ZERHOUNI, A LA PLACE DE TOUFIK ? – Le « bouteflikisme » veut s’installer pour longtemps en Algérie : 3. L’URGENCE DE L’AMNISTIE GENERALE L.M.
(Source: « Le Matin » (Quotidien – Algerie) le 14 juin 2009)
 

Emeutes à Téhéran après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad

 

IRAN – Des milliers de partisans de Moussavi, principal opposant, dénoncent des irrégularités dans le scrutin présidentiel… «Dictature, dictature!» Des milliers de partisans en colère de Mir Hossein Moussavi, battu à la présidentielle, ont provoqué des émeutes ce samedi dans le centre de Téhéran, lançant des pierres contre des policiers qui répliquaient à coup de gaz lacrymogène. La capitale n’avait pas connu de telles violences depuis les émeutes estudiantines de juillet 1999. «A bas le dictateur! Moussavi, récupère nos votes!», scandaient les partisans de l’ancien Premier ministre, qui n’a obtenu que 33,75% des voix au premier tour de l’élection vendredi, contre 62,63% des voix pour le président sortant, Mahmoud Ahmadinejad. Lancers de pierres et coups de matraque Les manifestants se sont rassemblés spontanément dans le centre de la capitale après les accusations d’«irrégularités» lancées par Hossein Moussavi. Ils ont incendié plusieurs motos de la police et allumé des feux sur la chaussée en arrachant des branches des arbres, alors que la police faisait largement usage de gaz lacrymogène. Les vitres de nombreuses voitures étaient brisées. Place Vanak, une foule furieuse lançait des pierres sur les policiers, qui répliquaient à coups de matraque et de pierres. Au carrefour Jahan Koudak, d’autres manifestants lançaient des pierres sur la police et mettaient le feu à des poubelles. La police, qui avait ordre d’empêcher toute manifestation, a chargé plusieurs fois les manifestants à la matraque sans toutefois réussir à les disperser. «Le temps des danses et des chants est terminé» Des manifestants, parmi lesquels des femmes, ont également été frappés à coups de matraque rue Vali Asr tandis que des policiers à moto tentaient de disperser des protestataires réunis devant le quartier général de Hossein Moussavi. Un policier, frappé par les manifestants, le visage ensanglanté, a tenté de se réfugier dans une maison mais ses habitants l’ont repoussé au dehors. Des manifestants fuyant les gaz lacrymogènes et les charges des policiers ont en revanche pu trouver refuge chez des habitants. D’autres ont été rattrapés par les policiers et frappés. Sur la grande artère, l’ambiance est tendue et la police a demandé aux gérants de magasins des environs de fermer boutique. «Le temps des danses et des chants est terminé, il vont vous casser les jambes si vous restez là», a dit aux manifestants un responsable de la police. «Révolution de velours» Les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime qui a apporté son soutien à l’ultraconservateur Ahmadinejad, ont averti qu’ils ne permettraient pas l’avènement d’une «révolution de velours», en allusion aux thèses de campagne de Hossein Moussavi, partisan d’une ouverture vers l’Occident. Une fois la nuit tombée, les violences se poursuivaient et de nombreux curieux se joignaient de plus ou moins loin aux manifestants. Avec AFP
(Source: 20minutes.fr le 13 juin 2009)


Protests Flare in Tehran as Opposition Disputes Vote

 

By ROBERT F. WORTH and NAZILA FATHI

Published: June 14, 2009

 

TEHRAN — The streets of Iran’s capital erupted in the most intense protests in a decade on Saturday, with riot police officers using batons and tear gas against opposition demonstrators who claimed that President Mahmoud Ahmadinejad had stolen the presidential election.

Dozens of reformist politicians were said to have been arrested at their homes overnight, according to news reports on Sunday and a witness who worked with the politicians. There were also reports of politicians and clerics being placed under house arrest.

Reuters quoted a judiciary spokesman on Sunday as saying that the reformists had not been arrested but had been summoned, “warned not to increase tension” and released.

Meanwhile, some foreign journalists were apparently being told to leave the country.

Witnesses reported that at least one person had been shot dead on Saturday in clashes with the police in Vanak Square in Tehran. Smoke from burning vehicles and tires hung over the city late Saturday.

The Interior Ministry said Saturday afternoon that Mr. Ahmadinejad had won 62.6 percent of the vote, with Mir Hussein Moussavi, the top challenger, taking just under 34 percent. Turnout was a record 85 percent.

Mr. Moussavi, a former prime minister who had promised to reverse Mr. Ahmadinejad’s hard-line policies, declared himself the winner by a wide margin Friday night, charged widespread election irregularities and called on Ayatollah Ali Khamenei, Iran’s supreme leader, to intervene.

The landslide victory for Mr. Ahmadinejad, an intensely divisive figure here and abroad, came as a powerful shock to opposition supporters, who had cited polls showing that Mr. Moussavi had a strong lead in the final days of the campaign.

Interior Minister Sadegh Mahsouli said Saturday that such a lead was a misimpression based on Mr. Moussavi’s higher levels of support in the capital, and that he had less backing elsewhere.

Mr. Moussavi made clear in statements on Saturday that he rejected the results and called on supporters and fellow clerics to fight them. But there were no reports of any public appearances by him through the day, leading to rumors that he might have been arrested or placed under house arrest.

In a statement posted on his campaign Web site, Mr. Moussavi said: “Today the people’s will has been faced with an amazing incident of lies, hypocrisy and fraud. I call on my Iranian compatriots to remain calm and patient.”

But Ayatollah Khamenei closed the door to any appeals for intervention in a statement issued on state television on Saturday afternoon, congratulating Mr. Ahmadinejad on his victory and pointedly urging the other candidates to support him.

In a televised address to the nation Saturday night, Mr. Ahmadinejad called on the public to respect the results, and he denounced foreign diplomatic and journalistic criticism.

“All political and propaganda machines abroad and sections inside the country have been mobilized against the nation,” he said.

Mr. Ahmadinejad scheduled a news conference for Sunday afternoon, and his supporters planned celebrations Sunday in Tehran.

Mr. Moussavi’s defiance seemed to fuel street resistance by his supporters — a coalition including women, young people, intellectuals and members of the moderate clerical establishment — who had united in opposition to Mr. Ahmadinejad’s erratic economic stewardship, confrontational foreign policy and crackdown on social freedoms.

“Death to the coup d’état!” chanted a surging crowd of several thousand protesters, many of whom wore Mr. Moussavi’s signature bright green campaign colors, as they marched in central Tehran on Saturday afternoon. “Death to the dictator!”

Farther down the street, clusters of young men hurled rocks at a phalanx of riot police officers, and the police used their batons to beat back protesters. There were reports of demonstrations in other major Iranian cities as well.

The authorities closed universities in Tehran, blocked cellphone transmissions and access to Facebook and some other Web sites, and for a second day shut down text-messaging services.

As night settled in, the streets in northern Tehran that recently had been the scene of pre-election euphoria were lit by the flames of trash fires and blocked by tipped trash bins and at least one charred bus. Young men ran through the streets throwing paving stones at shop windows, and the police pursued them.

Earlier in the day, hurried meetings were reported among Iran’s leading political figures and clerics; some were said to be trying to influence Ayatollah Khamenei to intervene in a situation that could stain public confidence in the integrity of Iran’s elections.

But Saeed Leylaz, an economist and political analyst, said he believed that Ayatollah Khamenei’s statement would bring a resolution, even if demonstrations persisted for a few days. “This has put an end to political negotiations from above,” Mr. Leylaz said.

For the moment, Ayatollah Khamenei’s admonition did nothing to calm the opposition’s rage.

“The results of the 10th presidential election are so ridiculous and so unbelievable that one cannot write or talk about it in a statement,” said Mehdi Karroubi, a reformist cleric and candidate.

Mr. Karroubi came in last with 300,000 votes — far fewer than analysts had predicted. “It is amazing that the people’s vote has turned into an instrument for the government to stabilize itself,” he said.

The other candidate, Mohsen Rezai, got 680,000 votes, Interior Ministry officials said.

In 2005, when Mr. Karroubi was also a candidate for president, he accused the government of rigging the vote in Mr. Ahmadinejad’s favor. In that election, the government announced when polls closed that there would probably be a runoff between two of three candidates, a reform candidate and a former police chief.

But by 7 a.m. the next day, a spokesman for the Guardian Council, a clerical oversight panel that is not supposed to be involved in vote counting, announced that Mr. Ahmadinejad was in first place. Mr. Karroubi’s charges were never investigated.

The turmoil on Saturday followed an extraordinary night in which the Iranian state news agency announced that Mr. Ahmadinejad had won by a vast margin just two hours after the polls closed. The timing alone provoked deep suspicion here, because the authorities have never before announced election results until the following morning. Mr. Moussavi also announced Friday night that he believed he had won by a wide margin.

Mr. Moussavi also complained about irregularities and unfairness in the election, saying there had been a lack of ballots in many areas and that some of his campaign offices had been attacked and his Web sites shut down.

The official results prompted further skepticism, in part because Mr. Ahmadinejad was said to have won by large margins even in his opponents’ hometowns. Mr. Rezai’s hometown, for example, gave him less than a tenth of Mr. Ahmadinejad’s total there, the Interior Ministry said.

The issue of vote-rigging has often been raised in Iranian elections, but analysts have generally said the authorities can manipulate the results by only a few percentage points, leaving room for genuine democratic movements.

Iran’s clerical leaders often point to past reformist victories as proof of the Islamic Republic’s democratic legitimacy. Many reformists have boycotted votes in the past to avoid giving the clerics that satisfaction. Those reformists voted in large numbers this time, inspired by a vast popular movement that rose up to support Mr. Moussavi.

Their bitterness on Saturday at the unexpected results was correspondingly severe.

“We are not disposable things to be thrown away,” said Mahshid, 20, a student who declined to give her last name because she feared repercussions from the authorities. “From now on, we won’t vote. They have insulted our feelings of patriotism.”

Meanwhile, the working-class areas of southern Tehran where Mr. Ahmadinejad is popular were largely quiet, despite rumors of wild victory celebrations.

“There might be some manipulation in what the government has done,” said Maliheh Afrouz, 55, a supporter of Mr. Ahmadinejad clad in a black chador. “But the other side is exaggerating, making it seem worse than it really is.”

(Source: « The New York Times »  (Daily – USA) June 14, 2009)

Link:http://www.nytimes.com/2009/06/15/world/middleeast/15iran.html?hp

 

 

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