20 janvier 2011

TUNISNEWS 10 ème année, N° 3894 du 20.01.2011 archives : www.tunisnews.net

Mouvement d’Unité Populaire: Communiqué

Parti du Travail Patriotique et Démocratique: Déclaration

Slim Mrad: La Révolution Tunisienne ne doit pas être confisquée

Karim BEN SLIMANE: Les pieds dans le tebsi : Que signifie un gouvernement de transition ?

RABAM: NON  À  DES  BEN ALI  BIS

Ahmed Ben Amor : Reprendre gout pour la vie

Abd Raouf ChouikhaD:  Ne pas laisser voler la victoire du peuple tunisien !

Nour Chabbi: Les imposteurs

Reuters: Tunisie: le gouvernement doit organiser une transition démocratique (USA)

Reuters: Le dissident Ben Brik se rêve en prochain président tunisien

AFP: Un ministre tunisien s’engage à démissionner s’il n’y a pas d’élections (BBC)

AFP: Tunisie: le président promet une « rupture totale », les manifestations se poursuivent

ANSA: Tunisia: nominato nuovo governatore della banca centrale

Reuters: Jospin défend son attitude passée à l’égard de la Tunisie

AFP: Tunisie: arrestation de 33 membres de la famille de Ben Ali

AFP: Tunisie: Paris informé de « mouvements suspects » sur les avoirs de Ben Ali

ANSA: Tunisia: in Libia stop tasse universitarie studenti tunisini

AFP: France/Tunisie: des ministres s’expliquent sur leurs relations avec Ben Ali

AFP: Tunisie: 33 membres de la famille Ben Ali arrêtés, premier Conseil des ministres ANSA: Tunisia: espatrio vietato a presidente Senato Reuters: Tunisia ministers resign from ruling party ANSA: Tunisia: UE valuta congelamento beni famiglia ben ali ATS: Fin de la protestation d’exilés à l’ambassade de Tunisie à Berne Reuters: La Banque centrale de Tunisie cherche à rassurer ses créanciers AFP: Tunisie: UGTT, le syndicat qui a politisé la « Révolution du jasmin » AFP: Tunisie: répercussions dans le monde arabe, mais « effet domino » incertain AFP: La révolte tunisienne véhiculée par les médias inspire les autres Arabes Reuters: Tunisia to recover all Ben Ali family assets: minister AFP: Tunisie: Washington espère une stabilisation avant des élections « crédibles » AFP: Tunisie: les blagues sur la « Révolution du jasmin » AFP: Tunis: le sigle de l’ancien parti au pouvoir arraché de son siège national Reuters: Police fire shots to disperse new Tunis protest AFP: Tunisie: l’Etat va prendre possession des biens du parti de Ben Ali AFP: Tunisie: un projet de loi adopté par le gouvernement de transition Tunisie: Liste des membres du comité central du RCD (rapportée par une dépêche de la TAP le samedi 2 Août 2008)  


REVUE DE PRESSE


MOUVEMENT D’UNITE POPULAIRE

TUNISIE


Après des années de répression et d’exclusion, le Mouvement d’Unité Populaire décide de recouvrir son droit à l’existence et à l’activité publique avec toutes les forces démocratiques et progressistes pour réaliser les aspirations de notre peuple à la liberté, à la justice et considère que la révolution populaire a largement ouvert la porte pour une profonde révisiondes situations politique et économique ; ce qui signifie l’instauration d’un gouvernement de Salut National pour concrétiser la volonté de notre société au renouvellement, en concordance avec les appels des martyrs et des manifestants et la réalisation d’élections authentiques pour créer une Assemblée Constituante de laquelle émane une Nouvelle Constitution , expression des aspirations de la révolution populaire

Nous lançons un appel à toutes les forces politiques et sociales pour un travail en commun répondant aux importantes demandes de notre société.

 

                                                      Pour la Direction du Mouvement d’Unité Populaire

                                                                           Ahmed BEN SALAH

 

 

NB: Texte traduit de l’arabe, paru  à Tunis au journal Echourouk le 18/01/2011


 
Parti du Travail Patriotique et Démocratique: Liberté   Justice   Progrès   Egalité Déclaration

Le Parti du Travail Patriotique et Démocratique a reçu dans l’après-midi du mercredi 19 janvier 2011 un agrément pour l’activité légale. Le Parti dédie sa légalisation au martyr Mohamed Bouazizi et aux autres martyrs de la Révolution tunisienne en marche; il la dédie aux centaines de milliers de Tunisiens qui ont affronté avec courage et enthousiasme le système dictatorial et mafieux de Ben Ali; il la dédie plus particulièrement à la jeunesse de notre pays. Le Parti félicite ses militants et ses partisans pour leur détermination face à la répression et aux difficultés de toutes sortes, depuis le 29 avril 2005. Il a une pensée pour tous nos camarades qui ont engagé ce combat depuis les années 60 du siècle dernier, et en particulier à ceux qui nous ont quitté, tel le martyr Hamadi Zalouz. Il remercie tous ceux qui ont soutenu son action, en Tunisie, dans le monde arabe et partout le monde. Il réitère sa volonté de poursuivre le combat pour une République Démocratique à caractère Social; dans la voie de l’émancipation nationale et sociale. Tunis, le 20 Janvier 2011. Parti du Travail Patriotique et Démocratique de Tunisie.


La Révolution Tunisienne ne doit pas être confisquée

Par un courage admirable, de jeunes Tunisiens se sont immolés par le feu et électrocutés pour manifester leur profonde désespérance. D’autres jeunes Tunisiens se sont soulevés, puis le sang a coulé. L’ensemble de la population s’est alors révolté et le sang a coulé davantage encore. Mais les Tunisiens qui avaient troqué leur résignation intrinsèque pour la contestation, ont voulu arriver au bout de leur irrésistible mouvement populaire. Et puis, comme une chose irréelle, inconcevable, le général Ben Ali s’est enfui avec sa famille. Le peuple a réussi  à chasser leur despote et sa smala, pilleuse boulimique inassouvie des richesses leur beau pays. Spectaculaire ! Formidable !

Un gouvernement de « désunion nationale »

C’est alors que la formation d’un gouvernement d’union nationale fut annoncée par le Premier Ministre Mohamed Ghannouchi, après avoir été Président de la République par intérim durant quelques heures et contraint d’appliquer le bon article de la Constitution qui devait écarter définitivement le dictateur Ben Ali du siège de Président. Tout naturellement, la formation du gouvernement après la révolution nourrissait donc de grandes attentes de la part du peuple. Les premiers signes clairs de cet extraordinaire bouleversement devaient apparaître. C’était une évidence. D’ailleurs comment aurait-il pu en être autrement ?

Et l’annonce tant attendue du Premier Ministre qui devait ouvrir le second chapitre de l’histoire du peuple Tunisien libre et enfin souverain arriva : le gouvernement d’union nationale n’en n’est pas un, c’est un gouvernement d’ouverture qui a été constitué. Une ouverture à l’opposition reconnue sous l’ancien régime, au syndicat des travailleurs ainsi qu’à deux personnes issues de la société civile est concédée. Aucune concertation en revanche, avec des personnalités de l’opposition jusqu’alors dissidente. Et comme une audace formidable, l’ensemble des ministères régaliens sont attribués aux ministres de Ben Ali, qui sont reconduits à leur fonction, même si ils sont présentés comme des technocrates tenus éloignés des « sales affaires ».

Déception ? Le mot est bien trop faible. C’est à se demander si une révolution a bien eu lieue quelques jours auparavant. Car, même si le général Ben Ali n’est plus à la tête du pays, la machine qu’est le parti-Etat demeure toujours. La conviction des cadres du RCD à se considérer comme légitimes pour exercer les responsabilités du pays persiste encore. Le Parti a montré qu’il disposait de réflexes inébranlables et qu’il n’est pas prêt à les perdre. D’ailleurs, de nombreux membres du comité central du parti de Ben Ali, véritable organe de pilotage de l’appareil de l’Etat, composent le gouvernement de « désunion nationale ». 

 

Une volonté de démocratie ?

Le Premier Ministre aurait dû se montrer responsable et à la hauteur de la tâche historique qui lui incombe. D’autant plus que les ministres de ce gouvernement n’auront pas à entreprendre de réformes au cours des quelques mois avant sa dissolution, ce qui justifie encore moins leur place et renforce le signe de l’emprise du RCD. Nul message que celui de nommer à la tête des postes régaliens de l’Etat Tunisien des membres de l’opposition, n’aurait été aussi limpide sur sa volonté d’instaurer une vrai transition démocratique. Certes, le ministère de l’information a été supprimé, certains prisonniers politique ont été libérés, les opposants exilés ont pu rentrer et une agréable bouffée d’air semble souffler sur la Tunisie. Mais des éléments apparaissent particulièrement préoccupants. Les partis politiques dissidents pourront être légalisés si et seulement si, ils en formulent la demande. Et une demande et généralement suivie d’un réponse mais aussi d’un délai qui peut être une variable d’ajustement en vue de prochaines échéances électorales. Alors que le Premier Ministre évoque tout azimut, la possibilité pour tout les candidats de se présenter à l’élection présidentielle, il répond de manière surprenante à une question de Jean-Pierre Elkabbach sur ce point : il précise que seuls ceux qui répondent aux critères requis par la loi électorale pourront être candidats sans jamais évoqué une prochaine révision. Or que prévoit cette loi électorale taillée sur mesure pour le despote fuyard ? Rien de moins que d’avoir le soutient d’au moins trente députés et d’être le secrétaire général de son parti depuis au moins deux ans.

 

 

Le peuple Tunisien qui a montré sa maturité en réalisant l’impensable, redoute de se faire confisquer sa révolution. Tout ce chemin parcouru, tout ce sang versé, toutes ces aspirations revendiquées pour commencer par une mascarade. Cela fait plus de vingt-trois ans que le peuple Tunisien vit au rythme des différentes mascarades. Cela suffit ! Ne pas avoir su répondre honnêtement à la volonté de toute une Nation est une erreur politique de la part du Premier Ministre et du Président par intérim et s’apparente même à une insulte à l’intelligence des Tunisiens. Aussi, l’apparente concession que ces derniers ont donné en démissionnant du RCD, est un leurre ridicule. Le peuple Tunisien n’est plus dupe. Les différentes manifestations pour protester contre cette tentative de confiscation ainsi que les ministres démissionnaires prouvent cela. Le peuple veut être souverain, le peuple veut être acteur de l’édification de la démocratie. La logique du parti-Etat doit être mise à néant. Car s’il ne s’agit pas de purger entièrement toute l’administration de l’Etat Tunisien, les membres de l’ancien régime doivent s’en aller. Nous devons continuer la mobilisation, rester attentifs et intransigeants. La construction d’une démocratie ne se fait pas en un jour mais elle demande chaque jour un effort de tous les citoyens.

 

Vive le peuple Tunisien, vive la Tunisie !

 

Slim Mrad


 

Les pieds dans le tebsi : Que signifie un gouvernement de transition ?


Par Karim BEN SLIMANE.   Le premier ministre auto désigné Mohammed Ghannouchi a réussi un coup miraculeux en créant un consensus, même s’il reste mou et fragile  pour le moment, dans la nouvelle classe politique tunisienne sur sa droiture, son intégrité et ses qualités de grand commis de l’Etat et technocrate né. Mr Ghannouchi a cru bon de précipiter la nomination d’un gouvernement de transition légitimé par la participation de trois ténors connus de l’opposition tunisienne ( Chebbi, Brahim et Ben Jaafar), de trois ministres apparentés UGTT et de quelques figures de la société civile connus pour leur intégrité et leur probité. Par contre le coup de la nomination du blogueur Slim Amamou a fait pchitt on ne peut en effet pas dire que cette nomination a fait sursauté de joie les facebookers. Mr Ghannouchi présente sa nouvelle équipe comme un gouvernement de gestion d’affaires courantes en d’autres termes il faut faire tourner la boutique en attendant que la commission sur la réforme politique présidée par Yiadh Ben Achour fasse son travail et redessine le nouvel espace de jeu politique en Tunisie. Mais que signifie un gouvernement de transition ou un gouvernement de gestion d’affaires courantes ? Tout simplement tenir la maison pour ne pas paralyser le pays. Une telle logique peut donc expliquer le maintien de certains ministres technocrates qui tiennent des dossiers et des affaires urgentes. Cependant est-ce le cas pour toutes les nominations faites par le premier ministre ? Est-ce que tous les nouveaux ministres ont été nommés pour éviter la discontinuité de l’Etat et pour combler le vide ? Comme j’ai décidé de mettre dans les pieds dans le tebsi je répondrais non. Non Mr le Premier Ministre, ce gouvernement n’est pas qu’un gouvernement de gestion d’affaires courantes puisqu’il est aussi un gouvernement de pré campagne pour beaucoup et à forte connotation symbolique qui laisse présager qu’on a déjà commencé à creuser le sillon dans le lequel  tunisiens vont s’abreuver après l’ère Ben Ali. Celui qui a le mieux tiré son épingle du jeu se voit déjà vadrouiller et sillonner le pays de Bizerte et Ben Gerden. Ainsi Mr Nejib Chebbi leader du PDP se voit déjà en pré campagne, de plus est financée par les deniers publics. Il ira à la rencontre d’un peuple qui ne le connait pas encore en tant que ministre mais aussi en tant que candidat à la présidentielle. Mais le pot aux roses a été découvert et Mr Ben Jaafar qui hérite d’un ministère sans enjeu se voit obligé de réviser sa position en prétextant une solidarité nouvelle et artificieuse avec l’UGTT. Pour Ahmed Brahim et le parti Ettajdid la pilule est avalée non sans amertume et sans douleurs. Après tout l’ancien parti communiste a toujours compté sur une base militante forte d’enseignants et d’intellectuels et le portefeuille de l’enseignent supérieur peut lui permettre de se repositionner par rapport à sa cible de prédilection. Ainsi, il ne faut pas être surpris de l’alliance entre le PDP et Ghannouchi et moins de la ferveur que dégage Mr Nejib Chebbi quand il défend le nouveau gouvernement et ses anciens bourreaux les ministres RCD restés au pouvoir. Maintenant quid des nouveaux arrivés ? Il y a des nominations qui ne peuvent pas passer inaperçues et pour les comprendre il faut faire preuve de beaucoup de mauvaise foi.  Deux arrivées sont pour le moins intrigantes celles de Moncer Roussi et celle de l’enfant prodige Mohammed Jegham. A première vue il y a une étrange ressemblance dans le parcours des deux hommes. Tous les deux ils sont tombés en disgrâce de l’ancienne première dame Leila Trabelsi. Chacun a eu sa traversée du désert et a vécu ces dernières années dans l’ombre. Mais pourquoi ce retour de l’Arlésienne ? Mohammed Jegham est très apprécié par les cadres du RCD de la première décade Ben Ali et des anciens destouriens. Il est aussi originaire de Hammam Sousse et peut donc compter sur le lobby sahelien dans le parti RCD qui a vu sa main mise se réduire en peau de chagrin sous l’influence du clan Trabelsi. Donc Mohammed Jegham sera l’homme qui va incarner le renouveau et la refonte du RCD et qui va sans doute préparer le recyclage et l’intégration de ses idées et de ces cadres dans le nouveau jeu politique. En revanche le retour de Moncer Rouissi parait moins évident à comprendre. Cet ancien MDS (mouvement des démocrates socialistes), débauché par Ben Ali avec Dali El Jazi et d’autres, a joué le rôle de l’idéologue du président déchu et le théoricien politique de la première décade avant de tomber en disgrâce et d’être nommé ambassadeur à Paris puis médiateur en en sous-marin de Ben Ali dans plusieurs dossier épineux concernant la société civile et des syndicats professionnels (Magistrats en l’occurrence). D’autres nominations ne sont pas moins symboliques pour un gouvernement de gestion d’affaires courantes. Ainsi Moufida Tlatli à la culture est un pied de nez aux islamistes et un signal fort pour tranquilliser l’establishment culturel tunisois acquis aux valeurs de la gauche libérale voir libertaire et aux valeurs laïques voir laïcardes. Ainsi Elteatro (Taoufiq Jebali), Familia (Fadhel Ejjaïbi) et Nouri Bouzid peuvent continuer leur sacro saint combat contre l’obscurantisme et l’intégrisme. Petite parenthèse pour ceux qui sont restés aux manettes. Il y a donc les technocrates dont Mr Ghannouchi et Mr Chebbi défendent l’intégrité et la probité qui tiennent des dossiers en cours. Mohmmed Nouri Jouini à la coopération, Afif Chelbi à l’industrie, Ridha Chalghoum à la finance, et Moncef Bouden à la fiscalité entrent dans cette catégorie. Le maintien d’autres ministres cache quant à lui des desseins politiques qui contredisent encore une fois l’idée d’un gouvernement de gestion d’affaires courantes. Les cas les plus notoires sont Kamel Morjane aux affaires étrangères, Ridha Grira à la défense et Ahmed Friaa à l’intérieur. Evacuons le cas le moins polémique celui de Ahmed Friaa qui résiste mal à l’argument de la compétence et de la technocratie tant il est novice et profane dans ce poste qu’il n’a jamais occupé auparavant. Le maintien de Friaa est donc un acte politique pour maintenir un homme lige et servile à la façade du ministère de l’intérieur et laisser l’armée et les hauts gradés de la police gérer les affaires courantes et mener leurs purges. Je laisse le cas de kamel Morjane pour la fin car il est à mon sens le plus intéressant.  Rifha Grira est une pièce dans la nouvelle alliance sacrée qui va beaucoup peser les prochains jours sur le jeu politique en Tunisie. Il s’agit de l’alliance entre Kamel Morjane avec le général et le chef de l’armée de terre Rachid Ammar. Les deux se sont liés d’amitiés quand Morjane a été aux commandes du ministère de la défense. Les deux homes sont aussi très proches des Américains. kamel Morjane porte la double nationalité alors que Rachid Ammar à l’instar de tous les gradés de l’armée a des liens forts avec l’AFRICOM (United States African Command). L’armée a joué un rôle très important dans la précipitation du départ de Ben Ali qui n’est pas uniquement du à la très forte mobilisation du 14 janvier et qui a fait suite au troisième discours du président déchu. Kamel Morjane était pressenti depuis son retour en Tunisie (2005) comme le successeur de Ben Ali voulu par les Américains pour qui la situation du pays et les sévices du clan des Trablesi commençaient à  exaspérer. Si Kamel Morjane reste c’est désormais une garantie et une volonté politique de l’armée. Quant au futur de Mr Morjane la question est plus compliquée car ce dernier part déjà avec deux handicaps majeurs. Le premier consiste dans le retour de Mohammed Jegham qui jouit d’une assise populaire chez les sahéliens et auprès des cadres du RCD et anciens destouriens. Le deuxième handicape réside dans sa relation maritale avec le clan des Ben Ali. En conclusion ce gouvernement est tout sauf un gouvernement de gestion d’affaires courantes. Affaires à suivre avec beaucoup d’attention.    


 
 

NON  À  DES  BEN ALI  BIS.

                


 
   Les tapirs de Zinochet et Zinochette, continuent de pratiquer les mêmes exactions. Mohamed GHANNOUCHI et sa répugnante clique maffieuse du RCD (Rassemblement Constitutionnel Démocratique), qui n’a jamais été ni rassembleur, ni constitutionnel, ni démocratique, persistent encore de la manière la plus abjecte, à vouloir nous imposer leur tronche et les pratiques  des anciennes pratiques, coûte que coûte, mais en travestis, puisque maintenant ayant démissionné de leur formation « politique ». Quand on vide partiellement une poubelle, ce qui y reste ne peut que sentir la même odeur. Il FAUT TOUJOURS NETTOYER À FOND, à l’eau de Javel. « BENAVI », avant sa lâche fuite, nous a lâché une déjection, dont il est l’un des rares à en avoir le secret. Il prétend que durant les 23 ans de sa tortiocratie, il n’était pas au courant de ses exactions et celles de sa maudite traînée, alors que celles de sa famille élargie, celles de ses « beaux » parents agrandie, du parti pléthorique de la CAMORRA : le RCD, de nombre d’acolytes et d’arrivistes de tous bords, ont été et sont toujours légion. Ainsi donc, le pauvre « président », plus patriote que lui tu meurs, ne savait rien, ni même qu’on le trempait.  De suite, après la débandade de son maître, monsieur Mohamed GHANNOUCHI, autoproclamé 1er ministre, nous assène qu’il n’était pas au courant des faits, lui qui est au pouvoir depuis 1999.  Mettre un quart de siècle pour se rendre compte qu’on a commis l’irréparable, cela mérite stupéfaction.    De la déclaration de ces personnalités clés du passé récent de la Tunisie, on peut tirer les suppositions suivantes :  1) Soit ils sont les plus cons parmi nous, et on n’a que la prière à leur offrir.  2) Soit ils sont débiles mentaux, et il faudrait les soigner.  3) Soit encore, ils prennent vraiment les gens pour des arriérés cérébraux, et c’est encore plus grave, parce qu’on serait tenté de croire qu’on n’est pas parmi la race humaine, vue le quotient intellectuel de ces individus.   N’en déplaise donc aux tunisiens (même ceux dont la nationalité a été retirée), le « 1er ministre », le «  président de la chambre des députés », Foued MEBAZZA et nombreux caciques maffieux, semblent, d’un coup magique, avoir acquis la sympathie d’arrivistes qui, naguère, se présentaient dans l’« opposition » politique, pour prétendent-ils, former un « Gouvernement d’Union Nationale ».
 
   Il parait que 5000 miliciens du despote déchu, ont trouvé refuge chez LEVRES de CHAMEAU, KADHAFI. Comme je l’ai signalé précédemment, il va probablement les gaver, leur gratter le cervelet et les armer, en attendant la venue de leur parrain, son ami ZINOCHET. Ces criminels notoires, attendraient le moment opportun, pour attaquer la révolution, par l’est, et tenter de faire le hold up. La tache serait d’autant moins ardue, qu’il y ait un « gouvernement » affidé sur place.
 
    Je dis et je répète : la place de tout ce petit monde est la prison, tôt ou tard.
 
Faisons gaffe ! Ne laissons plus jamais ces machiavels nous berner ! Il faut les chasser du pouvoir, tout de suite et à jamais.    Un gouvernement de Salut, doit être formé dans l’urgence. Ses éléments doivent être des personnalités compétentes de tous les domaines, et n’appartenant à aucun parti politique.      Sa Tache serait de : 1) Gérer les affaires courantes. 2) Superviser la formation d’une assemblée constituante, dont le rôle sera de rédiger une nouvelle constitution. 3) Organiser des élections législatives et présidentielle, libres et transparentes, dans une période de six (6) mois, sous la surveillance d’Organisations Non Gouvernementales (ONG), nationales et internationales. 4)  Superviser les élections des organisations professionnelles et syndicales, des collectivités locales (municipalités, etc.) : régionales et nationales : …,dans les mêmes conditions.   D’autre part, il faut aussi et tout de suite imposer le rétablissement de la justice. Des procès iniques et des jugements maffieux, rendus sous la corruption et la criminalité, continuent à être appliqués, par huissiers notaires interposés. Il faut que cela s’arrête sans plus tarder, en attendant que l’état de droit soit réellement rétabli. Et que chaque dossier suspect soit rouvert et réexaminé.  Tout juge corrompu, comme tout criminel, doit arrêter le massacre, avant d’être jugé.
 
    Le célèbre sociologue tunisien IBNOU KHALDOUN, nous le rappelle : « La justice est le fondement de l’urbanité ».   Le fonctionnement de la justice, comme de toute institution publique ne peut plus être autorisé, que sous surveillance de comités  juridiques indépendants, à constituer dans les plus brefs délais.   RABAM, un allergique à l’arrivisme.

REPRENDRE GOUT POUR LA VIE


Hier on n’avait pas le goût pour lire les journaux, pour militer, pour  espérer .  bref  pour vivre.  Tout paraît  lourd. Aujourd’hui  on respire. Tout est possible. On prend goût pour vivre. On est fier d’être tunisien.  Tout le monde nous donne de  Mabrouk alikom. On a envie de pleurer, de crier,  de « vider » nos cœurs et  creuver  l’abcès.   Rien ne sera comme avant. Le peuple ne fait plus confiance aux promesses. La dholma baada alyaom : respect  des citoyens ici et  maintenant . On va commencer par respecter les  feux de la circulation. Chacun attendra son tour.  On va payer nos impôts. Et surtout on participera  aux élections. En contre partie on attend une transparence d’information, des statistiques non falsifiées.   Un esprit de dévouement  et de bonne gouvernance. Une gestion honnête des deniers publics.  Chacun est récompensé selon ses mérites. On va prouver que ce peuple  mérite de vivre pleinement le 21eme  siècle.  On rentre  à l’ère des lumières .  L’émotion est intense, la volonté de changer est sans limite.  Il ne faut pas perdre le sens des réalités. Demain le pays  n’aura pas l’odeur du jasmin, tellement le mal infligé est sans borne.  On était en coma intellectuel et politique. Le réveil est brutal.   Ce pays, qui n’intéressait aucun journaliste, occupe aujourd’hui la une de tous les médias. La Tunisie existe. L’espoir est grand. Ahmed BEN AMOR   Paris le 19/01/2011 


Ne pas laisser voler la victoire du peuple tunisien !


Abd Raouf Chouikha

 

Le peuple tunisien a fait preuve d’une témérité et d’un courage inoui en menant un combat sans faille pour recouvrir sa liberté et sa dignité longtemps bafouées par un système tyrannique. Il a réussi à mettre à genoux un pouvoir autoritaire et corrompu. Les évènements de ces derniers jours se sont bousculés à une rapidité telle que bon nombre de politologues et de journalistes ont été pris de court.

Mais a-t-on vraiment mis fin à 55 années de dictature ? Difficile de répondre de manière positive car la constitution tunisienne doit être profondèment amendée, la transparence des élections assurée et surtout ne pas reitérer les erreurs du passé.

Ces derniers jours, le peuple tunisien a montré sa capacité et sa ténacité à prendre en main son destin, en se débarrassant d’un tyran grâce au sang de ses martyrs et au sacrifice d’une jeunesse assoiffée de liberté. Mohammed Bouazizi a montré que l’arbitraire, la tyrannie et l’injustice n’ont qu’un pouvoir et un impact limités. En sacrifiant sa vie, ne se doutait-il pas que ce système dont sont victimes bon nombre de jeunes exclus comme lui aller s’écrouler comme un château de cartes ?

Le peuple tunisien vient d’écrire une des plus belles pages de l’histoire de son pays. Il a fait preuve d’un degré de courage et de maturité qui honore notre pays, longtemps humilié et dénigré par ces 55 années de dictature. Ce peuple très hospitalier s’est maintes fois distingué dans l’histoire par sa profonde tolérance, son ouverture d’esprit et ses potentialités que ce soit sur les plans culturels, littéraires, scientifiques,…

A titre d’exemples :

  • · L’esclavage a été aboli le 23 janvier 1846 par Ahmed Bey (en France il a été aboli de manière définitive en 1948, aux Etats-Unis il a fallu attendre 1865).
  • · l’adoption en 1861 d’une constitution qui reconnaît le droit, la liberté de culte et l’égalité de tous les sujets sans distinction de religion, de nationalité ou de race (article 1), devant la loi et l’impôt (articles 2 et 3).

 

 

Première page de la constitution de 1861M’hamed al Khidr Hussein

  • · M’hamed al Khidr Hussein natif de Nafta avait occuper le prestigieux poste de shaykh al-Azhar (1952-1954),
  • · En 1936 la première femme docteur du monde arabe estTawhida Ibn Cheikh, nièce de Tahar Ben Ammar celui qui a signé les protocoles pour l’indépendance
  • · Bien d’autres personnalités (musulmanes et juives) avaient contribué au rayonnement de cette Tunisie, montrant ainsi que le potentiel créatif des tunisiens était intact.

Un tournant historique :  

Le peuple tunisien vit donc des moments cruciaux de son existence, et l’avenir de notre démocratie naissante se joue aujourd’hui même, dans la rue, dans les cafés, dans les universités,…. Le pragmatisme et la clairvoyance ne doivent pas céder la place à l’engouement général ni au populisme ni à la démagogie.

Cette fois-ci le peuple a tranché : il veut de réels changements et pas seulement des réajustements ou des colmatages. Il nous a adressé plusieurs signaux.

 

Son message est clair et sans appel :

  • – On ne veut plus d’un pouvoir centralisé et autoritaire
  • – On ne veut plus de la mainmise du parti sur l’appareil d’état
  • – On veut de vrais représentants élus à la tête de l’état, de l’Assemblée et des instances dirigeantes.
  • – On veut une transparence totale dans les élections et dans les décisions.
  • – Il faut lutter et réprimer toutes formes de corruption, de clientélisme, et de favoritisme.
  • – On exige des poursuites pénales à l’encontre des corrompus.

Pour concrétiser ces objectifs et répondre aux aspirations il faut entre autre :

 

Eviter les dérives autoritaires qui sont les prémisses d‘une dictature répressive en instaurant un contre-pouvoir qui contrôle.

Créer une véritable opposition et non une façade non représentative des couches populaires pouvant être utilisée comme épouvantail au gré d’un pouvoir central

Amorcer une réforme urgente de la constitution afin d’évoluer vers un régime moins présidentiel ; le futur président devra rendre des comptes au peuple et à ses représentants de l’Assemblée. Répartir les pouvoirs entre le législatif et l’exécutif, afin qu’un contrôle rigoureux puisse s’établir.

 

Comment éviter les erreurs du passé !

Il est très important de prendre du recul, d’avoir un regard éclairé sur l’évolution des faits afin d’éviter les nombreuses erreurs du passé. Il faut « puiser dans les cendres du passé la flamme de l’avenir » disait Jean Jaurès. Il est important de rafraîchir les mémoires et de remonter à la période pré-Bourguiba.

Cela avait débuté au lendemain de l’indépendance le 20 mars 1956, dans l’allégresse générale d’un peuple qui retrouvait sa fierté et sa dignité, une assemblée constituante avait été élue démocratiquement. Bien que le parti libérateur le Destour remporte tous les sièges, il n’en demeurait pas moins que cette assemblée réunissait en son sein pratiquement toutes les sensibilités syndicales, politiques et religieuses. Elle avait pour fonction de doter ce jeune pays d’une constitution moderne. Les débats étaient passionnés, parfois houleux mais francs. Mais dès les premières réunions, Bourguiba voulut orienter le débat; il dénonça vigoureusement la monarchie constitutionnelle et voulut axer le débat essentiellement sur la nature du régime.

Il faut saluer au passage la promulgation du code du statut personnel qui donne aux femmes des droits, une révolution dans le monde arabo-musulman.

Mais dès le 30 mai 1956, la Constituante votait l’abolition des privilèges de la famille royale. Relégué dans son palais de La Marsa, Lamine bey ne s’était jamais associé aux grandes décisions qui engageaient le pays. En visite officielle à Tunis, en février 1957, Abdelaziz Ibn Saoud, le roi d’Arabie, fut choqué par le peu d’égards avec lequel est traité son homologue maghrébin. Bourguiba se comportait en véritable chef d’État, alors qu’il venait d’être nommé ministre par le…bey.

Bourguiba avec Lamine Bey, Tahar Ben Ammar, Mongi Slim et Aziz Jellouli

 

Naissance d’une dictature :

Dans la salle du Trône du palais du Bardo le 25 juillet 1957, devant un auditoire acquis à sa cause, Bourguiba chargea durant deux heures contre la dynastie régnante, dénonçant ses «bassesses » et ses « trahisons ».

Il s’acheva par ces phrases : « Le peuple tunisien a atteint un degré de maturité suffisant pour assumer la gestion de ses propres affaires. Je sais toute l’affection qu’il me porte. Certains ont pensé que je pourrais prendre en charge ses destinées. Mais j’ai un tel respect pour le peuple tunisien que je ne lui souhaite pas de maître et que le seul choix que je puisse lui indiquer est le choix de la République. »

Ce discours contrastait évidemment avec son déni pour les aspirations populaires et le peu de respect pour le peuple. En effet, il aimait se comparer à Massinissa qui lui n’avait pas réussi à rassembler les peuplades de tribus berbères.

 

Le 25 juillet au soir après une journée particulièrement chaude, profitant de l’absence de nombreux députés et devant un auditoire acquis à sa cause Bourguiba faisait voter à la hâte:

  • la destitution de la monarchie
  • la proclamation de la république
  • se fait « élire » président

Un régime autocratique etait donc né en Tunisie et, le pouvoir était désormais entièrement à la merci d’un seul homme. Celui-ci vite dériva vers une dictature avec tous ses corollaires (culte de la personnalité, répression, corruption, injustice,…). Le peuple se fit volé sa victoire fruit de sa lutte pour l’indépendance. Les espoirs et l’engouement des tunisiens s’estompèrent vite.

Le bey, déclaré simple citoyen, fut aussitôt arrêté ainsi que ses proches. Ils furent assignés à résidence à la Manouba. En août, les biens de sa famille étaient confisqués par l’État. Les husseinites sombrèrent dans l’oubli, et, pour beaucoup, dans la pauvreté. L’épouse du bey resta handicapée à cause des mauvais traitements voire aux tortures qu’elle aurait subies.

http://www.jeuneafrique.comArticle/LIN20073bourgeuqilb0/edition_digitale.php

Voilà comment furent traités de manière inhumaine et impitoyable les acteurs qui ont marqué bon gré mal gré l’histoire de notre pays pendant 350 ans. Comme le seront d’ailleurs traités plus tard les opposants ou les réfractaires à la doctrine bourguibienne. C’est un système autocratique et répressif qui s’édifiera progressivement et perdurera pendant 55 longues années.

Les premières années du règne de Bourguiba commencèrent d’abord par la chasse aux opposants et surtout par l’épuration du mouvement de Salah Ben Youssef, des dizaines voire des centaines de morts jonchèrent les rues de la capitale et des autres villes. Jusqu’à la liquidation de leur chef le 12 aout 1961.

Que pense Habib Bourguiba des du peuple tunisien ?

« il n’a pas les aptitudes nécessaires à la compréhension des affaires de l’Etat, ni même un discernement suffisant pour choisir des hommes capables de remplir leur mission. »

Le masque était tombé ! Le peuple tunisien qui avait montré sa capacité à défendre courageusement sa dignité, se retrouvait être méprisé, relégué à être servile et surtout infantilisé par un « combattant suprême » omniprésent.

La répression des yousséfistes

 

Le différend qui avait opposé Habib Bourguiba à Salah Ben Youssef fut capital pour comprendre  l’histoire de la Tunisie et toutes les conséquences qui en découlèrent (Assassinat, Procès politiques, censure, torture, culte de la personnalité…).Dans leur Ouvrage, «  le syndrome autoritaire » V. Geisser et M. Camau ont utilisé l’expression de «  le crime fondateur » en évoquant l’assassinat de Salah Ben Youssef par les hommes de Bourguiba.

 

On citera le livre de Omar Khlifi (pages 140 et suivantes) : « Un cycle infernal commence. (..) des enlèvements sont opérés par des milices, les comités, dit comités de vigilance, sévissent en plein jour sous prétexte de soutenir l’action de la police…telles sont les dérives graves auxquelles se livrent le secrétariat général de Salah Ben Youssef et le Néo-Destour de Habib Bourguiba à l’aube de l’émancipation de leur patrie. (..) Des dizaines de mort, un grand nombre de blessés, des attaques quotidiennes contre les locaux des deux mouvements antagonistes. Des militants yousséfistes sont suppliciés dans des prisons privées illégales, comme celles de Beni Khaled, créée par Amor Chachia (qui siégea par la suite en tant que commissaire du gouvernement auprès de la haute Cour) ».

 

Sous Taieb Mhiri, premier Ministre de l’intérieur de 1956 à 1965, la Tunisie a connu une des périodes noires de son Histoire. Répression des opposants de Bourguiba, torture et assassinat.  Noura Borsali (Le complot de décembre 1962 : Fallait-il les tuer ?) rappelle les conditions de détention des youssefistes dans les prisons tunisiennes :«Pendant plus de sept ans, nous avons vécu dans l’obscurité de jour comme de nuit », confie un détenu. Borsali rapporte un autre témoignage: « Azzeddine Azouz, lui-même, arrêté sans avoir été jugé, raconte sa détention dans les locaux de la brigade de la Sûreté de l’Etat, dans son récit « L’Histoire ne pardonne pas. Tunisie 1938-1969 » (L’Harmattan/Dar Ashraf Editions, 1988). « Je fus éveillé par d’atroces cris de douleurs  provenant de pièces avoisinantes. Je réalisai promptement que l’interrogatoire nocturne commençait… Je peux décrire ici ce que j’ai entendu ce soir-là : tortures, supplices, cris inhumains, coup de cravache, étouffements à l’eau, brûlures à la cigarette et à l’électricité, supplice de la bouteille…Je ne pouvais en croire mes oreilles et m’imaginer vivre en plein vingtième siècle, dans une Tunisie moderne et indépendante sous la présidence de Bourguiba. Un policier de stature colossale fit irruption dans la pièce où j’étais, une cravache à la main et tout en sueur à forcer de frapper les détenus » Ils ont reçu la visite de quelques personnalités politiques comme Taïeb Mhiri, Béji Caïd Essebsi, Mohamed Farhat, Hédi Baccouche, Tahar Belkhodja, Fouad Mbazaa, le gouverneur de Bizerte à l’époque, et l’actuel président en remplacement de Ben Ali.…  

 Omar Khlifi, auteur de l’Assassinat de Salah Ben Youssef (p 180. « L’assassinat de Salah Ben Youssef », de Omar Khlifi, MC Editions , avril 2005), écrit au sujet de Taieb Mhiri : « Certaines sources publiées et jamais démenties avancent que les protagonistes du projet d’élimination physique de Ben Youssef furent Bourguiba en personne, son épouse Wassila, Mohamed Masmoudi, Hassen Belkodja, Tayeb Mhiri, ainsi que l’inévitable Béchir Zarg Layoun ».

Bourguiba lui-même s’était enorgueilli et avait même revendiqué, dans un discours télévisé, tous les détails de l’exécution, et décoré les assassins, qui n’avaient fait que « rendre justice », disait-il.

Des conditions inhumaines décrites par feu Nouredine Ben Khedr, arrêté dans le cadre des procès politiques dont fût  victime  le groupe perspectives et l’extrême gauche tunisienne:

«En prison, nous avons découvert la Tunisie moyenâgeuse : les caves, la tonte, les uniformes, les besoins faits à même le sol. Il y avait dans les caves des prisonniers quasiment aveugles qui étaient là depuis la répression du coup d’État de 1962. Nous avons aussi été privés pendant des mois des droits les plus élémentaires comme la visite des parents, la lecture et la correspondance ce qui nous a poussé à faire grève sur grève de la faim afin d’imposer aux geôliers le respect ».

 

Tous les opposants au régime (qu’ils soient politiques ou syndicalistes) ont dû subir des exactions de ce type, mais le pire des traitements furent réservés aux islamistes, dès les années 1980 dont les tortures décrites ci-dessus ne donnent qu’un lointain aperçu.

 

Le coup d’état du 7 novembre 1987, après une courte période en trompe l’œil, n’a fait que confirmer le pouvoir autocratique voire même policier de Ben Ali, avec toutes les dérives sécuritaires que l’on connait et cela dans une ambiance de corruption généralisée.

 

Il faut que tout cela cesse, tourner ces pages sombres des 55 années de l’histoire de cette Tunisie à la fois surprenante et attachante. Il faut revenir à l’esprit de la constitution de 1861, se mobiliser pour bâtir une Tunisie nouvelle où toutes les sensibilités politiques, religieuses, sociales pourront s’exprimer librement sans avoir à s’inquiéter.

Avec ce gouvernement de transition dont les postes ont été attribués aux ministres du parti honni le RCD, on ne peut s‘attendre à aucun changement de nature à satisfaire les attentes de la population qui espèrent vraiment une amélioration de leur quotidien.

Cependant, pour la grande majorité de nos concitoyens, la montagne a, accouché d’une souris. Quelle grande déception ; tous ceux, qui s’attendaient à un remaniement de fond, afin d’opérer un véritable changement ont déchanté. Une question, qu’on lit souvent dans les banderoles des dernières manifestations : comment peut on faire du neuf avec du vieux ?

 

(Source: « Lepost.fr » le 20 janvier 2011) lien: http://www.lepost.fr/article/2011/01/20/2377110_ne-pas-laisser-voler-la-victoire-du-peuple-tunisien.html

 


LES IMPOSTEURS

NOUR CHABBI
 
1- La politique n’est pas faite pour eux de chair et de sang : c’ est un commerce lucratif , leurs anathèmes érigeaient en théorie , de toutes les façons et dans toutes les positions du monde , in toléraient leur grande impuissance à s’évader du dilettantisme antisocial , petit bourgeois et liberticide , ils en sont détraqués pour la vie .névrose , paralysie ou tout simplement choix de vie. Qu’est ce que la politique et la démocratie viennent faire dans cette psychiatrie ?un public de snobs et de petits -bourgeois intellectuels usés avant l’heure , fatigués , complètement lessivés . L’intimité florissante et vénale de leur suffisance pour ne pas dire,  trahison, est tout ce qu’il leur reste de vie intérieure…
 
2- il faut aimer à en mourir le peuple,  celui qui croit aux émotions du bonheur et de l’amour comme de la vie , et qui le ressent avec une âme vierge de toutes forfaitures , de toutes trahisons , de toutes lâchetés, mensonges et hypocrisies , nous devrions être en son sein attiré par le nouveau monde promis par le sacrifice de nos martyrs et de nos frères emmurés , que les imbéciles et les idiots du roi , aliénés englués dans leur désespoir et leur manque de savoir vivre , et leur manque d’amour et leur stupidité délétère. 3- il faut avoir la compassion indulgente aux imbéciles, un peu gauche, un peu ridicule,  leur médiocrité ne me choque pas autant que leur misère humaine, ces chacals se croient dégagés de la pièce qu’ils jouent , et ils ne s’aperçoivent pas que peu à peu ils se laissent prendre et aller à leur propre infamie,  ils pensent n’être que des rassembleurs qui voient passer le vent. Déjà le vent les avait touché et les entraîne dans son remous de poussière et de décadence . 4- la dictature , cette entité monstrueuse qui fabriquait des paumés et des handicapés de la simple vie , des Hommes -tubes digestifs , voilà ou nous en sommes face à deux calamités , la dictature cette abstraction morte et morbide qui nous tue à petit feux et l’individualisme infécond et stupide des imposteurs qui nous poussent, tous les deux , objectivement , à cet émiettement d’énergies , cette dispersion des forces démocratiques en faiblesses particulières , la grande misère de notre exil , dont les imposteurs sont en partie responsable.
 
5- nous avons le devoir de défendre la vérité , la justice et l’équité nous ne devons pas les enrôler au service d’un clan ou d’un parti , même s’ils sont les nôtres , , je sais qu’en ces derniers temps,  des arrivistes lâches et ambitieux , poussés par un désir de popularité malsaine , ont donné le mauvais exemple. Vraiment il ne me semble pas qu’ils aient beaucoup servi la cause ; mais ils ont trahi les principes et ses accords. Sauver la lumière de la solidarité et de l’intelligence : c’est désormais notre rôle à nous .Qu’ils n’aillent pas la mêler à leurs petits calculs d’usuriers. Il faut qu’il y ait toujours des volontaires occupés à entretenir le feu de la machine , tendis qu’on se bat sur le pont du navire .Tout comprendre sans jamais haïr ou s’abaisser à l’ordure .Le vrai patriote , l’amoureux de la Tunisie est la boussole qui , pendant les déferlantes de l’infamie et de l’ignominie , marque toujours le nord. 6- je pleure ceux qui sont tombés , je sais qu’ils tomberont bien des fois encore , nos hommes et nos femmes , les vrais de vrais , mais je sais aussi qu’infatigablement ils remonteront dans le feu des entrailles de la terre , chantant sa bénédiction , qui parle à ceux qui sont en bas de la lumière des cieux , les imposteurs. 7 J’apporte aux choses de la liberté,  et surtout de la liberté dans les actes, un sérieux tragique, je hais la légèreté de ces politiciens, dont l’activisme se fait adultère. L’adultère de sa culture, de son histoire de sa terre m’inspire une répulsion, où se combinent ma révolte plébéienne et sa hauteur morale. La promiscuité de chiens où vit une certaine «élite » tunisienne de lâches et d’imposteurs me soulève le cœur.
 
8 Sous la triple laisse de l’aliénation, la dictature et la réaction, leur esprit et leurs âmes ont été ficelés, une déchéance choisie et cachée comprimait les caractères,  et bonifiait la suffisance et les dérégulations des traumatisés et des faibles , ceux là qui jouissent de la faiblesse comme d’autres des vapeurs éthyliques réconfortantes, et la chute ne sera que plus dure dans la réalité , ainsi la plus part des imposteurs et des brasseurs de vent fonctionnaient depuis l’aube des temps; et ils la trouvaient douce et saine cette laisse; ils eussent jugés malséant et révoltant et arbitraire de se passer de ses contraintes.
 
Le miracle est partout comme le feu dans la pierre disent les sages soufis. Ne soupçonnez pas les démons qui dorment en vous.
 
9 Nous sommes des milliers et des milliers de par le monde et si nous parlons, si nous crions, si nous refusons, si nous aimons ce que nous sommes et ce que nous avons été et ce que nous voulons être, c’est parce que nous sommes les forces vives de la nation! mais vous qui cherchez les honneurs des tabloïds , la fringale des discours et les salons feutrés des négociations et des dessous de table, vous à l’image de la tyrannie et de l’horreur, vous n’êtes puissants et riches que de nos souffrances et nos agonies. Vous vous en moquez, vous ne manquerez jamais de sophismes qui vous rassurent : la responsabilité historique, guerre contre l’extrémisme religieux, intérêt supérieur de la nation, la prise en charge pédagogique du peuple et le progrès mondialiste, ce mieux problématique auquel on sacrifie le bien général, notre bien, notre histoire, notre culture et notre religion, il n’en reste pas moins ceci : Nous sommes plus nombreux que vous,  et nous valons pour nous même mieux que vous. Si l’imposture vous va à ravir, gare que demain elle ne se retourne contre vous !
 
10 Nous ne sommes pas des hâbleurs de la violence gratuite,  ou du mot qui blesse et qui tue et encore moins de l’insulte et de la grossièreté des incubes et des paumés (e). Nous perçons à jour la lâcheté, l’hypocrisie et le mensonge des imposteurs,  et nous jouons à la terroriser seulement par la grandeur d’âme, nos idées, notre intégrité, notre amour, notre morale et notre fraternité de la bonté et de l’équité.
 
La victoire de notre cause ne sera jamais comme vous les imposteurs sacrifiés à l’orgueil de nos principes.
 
Vous avez des illusions immenses,  mais elles ne reposent sur rien, parce que vous ne les avaient pas conquises ou crées vous mêmes, vous les avaient reçu toute faites, par cette aliénation du moindre effort.
 
11 la conscience de notre faiblesse foncière et ce qui limite notre révolution et lui coupe ses jarrets devient de jours en jours plus cuisante. On passe notre temps à nous accuser mutuellement (je ne parle pas ici des gens grossiers, malades congénitaux et autres perverses qui ne sont là que pour exprimer leur mal être et leur suffisance par l’agressivité et l’ordure, là je parle des personnes normales), nous échouons toujours et aveuglément par les dissentiments perpétuels entre les fausses réputations,  et ceux qui ignorent les petits calculs partisans et n’ont pour seul objectif que de participer à la libération de leur pays, entre les réactionnaires et les réformistes, entre les révolutionnaires et les usuriers et épiciers, tout y passe, de l’insulte profonde, les menaces stupides, l’anathème, l’excommunication, la diffamation, et le comble, les tenants de ce genre de pratiques donnent l’impression de le faire par une sorte d’hérédité moutonnière (pardon) qui, à la première sommation bureaucratique de la dictature, au premier clin d’œil feraient renter sous le joug ces apprentis sorciers, ces mondains déguisés en révoltés, ainsi s’exprime leur lâche égoïsme et leur bassesse qui les font profiter de nos révoltes pour se pousser auprès de leurs maîtres, en faisant payer très cher leur fidélité vénale et intéressée.
12 Le désordre inhérent aux imposteurs, de leur esprit usurpatoire rend la situation beaucoup moins complexe qu’elle ne paraît, les imposteurs même sans aucun lien avec le système sont en quelque sorte l’avant -garde de la dictature, ils ont tout à perdre de la défaite de cette dernière, la ruine et la faillite de tous ces fonds de commerce et de vente à la sauvette. Ces imposteurs n’ont rien de révolutionnaire, ils n’ont aucun goût pour les matraques et les barricades, ils eussent voulu battre l’omelette sans casser des œufs, ces hommes sont inférieurs à l’idéal que nous voulons réaliser.
 
13 Notre combat est un énorme courant de ferveurs, d’idéaux, de passions et de foi qui doivent se fondre dans une démarche salutaire et unique, singulière avec ses particularismes et ses remous contradictoires, le plus grand nombre de nous, je suis sûre croit à la fraternité des armes quand le courant ira à ces seules attentes définies, nous croyons au besoin d’action, au besoin d’exister par le nombre et le sacrifice. Nous croyons par la logique raisonneuse que certains méprisent et qui est le sens commun, nous croyons par amour pour notre pays et la bonté et nous nous servons de nos dissemblables idées comme d’armes pour la bataille. Je vous le dis nous nous briserons encore et encore contre les digues du vieux monde,  et notre résistance atteindra ses fins autant par les défaites que par les victoires, car les tyrans ne déposent les armes que lorsque les opprimés les terrorisent. Nous devons être le groupe des vrais patriotes et croyants, les imposteurs des élites perverties auront beau à se disculper, à vouloir se mêler à la plèbe qu’ils ont trahi et qu’ils méprisent, ils iront toujours à l’élite et seront tenté par la carrière et le clan, ils ne seront jamais des nôtres, nous portons le feu et notre devoir sacré est de veiller à ce que le feu ne s’éteigne jamais.
14 Nul n’a le droit dans notre terrible situation de l’absurde de sacrifier ses devoirs à son cœur, oui et c’est absurde de s’en scandaliser, nous n’avons pas le droit dans notre confort de se réfugier dans la larme et le jansénisme, et de ne pas prêter attention aux souffrances des autres, des nôtres et TOUS les autres, les imposteurs, souvent, vivent comme des rats enfermés en eux, égoïstes,  dans la torpeur maladive des utopies, l’odeur et la pensée populaires et citoyennes leur répugnaient, le plus atroce dans leur infamie n’est pas la misère et la pauvreté mais la cruauté de ces hommes les uns envers les autres, il suffit de lever ce voile qui cachait l’enfer humain pour sentir monter la clameur de tous nos opprimés, nos persécutés, nos emmurés notre pauvre pays livré en curée aux charognards mondialistes. Oui devant ces horreurs tant d’imposteurs, petites choses dilettantes et roués, s’érigent en apôtres et leurs discours frelatés pavent notre enfer de bonnes intentions. Faisons bien ce que nous faisons, d’être juste intègres et moraux,  et aller toujours vers la vérité qui redonne du sang et met en nous le soleil. 15 Pour répandre le bonheur de vouloir être et exister sur les autres, il faut l’avoir en soi, les imposteurs forcément en manquent, ils ne sont pas assez bons pour rayonner la bonté, ils ne sont pas assez justes pour rayonner la justice, pas assez clairs pour rayonner la clarté, ils ne sont pas assez forts et volontaires  pour rayonner la force et la volonté, ils rivalisent tous entre eux d’intolérance et d’étroitesse. Dés qu’ils ont un statut c’est pour en abuser. Nous marchons désormais ailleurs dans l’espace défini de la passion sans aucune complaisance, pour notre histoire, notre culture et notre patrie, tous en elle et tous à elle ! On doit combattre les injustices prochaines,  celles qui nous entourent dont nous sommes plus ou moins responsables. Nous avons des sens désormais dressés par le népotisme qui vibrent à tous les souffles de la vie, on est libre et si léger dans nos corps et nos cœurs et nos esprits,  et nous pourrons transformer la terre entière avec des rêves et des cris, nous sommes comme des vigiles en attente, nous frémissons aux rumeurs du monde. La moindre injustice commise à l’autre bout de la terre nous fera toujours hurler,  parce que nous connaissons le goûte du sang, la rage et l’impuissance. 16 Notre passé est détruit notre présent banni dans l’arbitraire et la discordance, notre futur spolié de l’espoir qui fait vivre et exulter les générations, nous sommes tous des internautes de Zarzis et de l’Ariana; il y’a tant d’injustices différentes qui nous taraudent et nous épuisent, que chaque courant choisit la sienne celle qu’il combat et celle qu’il favorise, au grand bonheur des usurpateurs, sans nous rendre compte dans nos fétides dépressions,  et nos insignifiantes et vulgaires divisions, nous nous fixons sur la seule injustice qui nous frappe et nous visions pour notre malheur et bêtement inconsciemment à en préparer des nouvelles. Mais toutes les injustices sont lourdes et s’étalent à nos yeux,   comme notre destinée programmée par nos oppresseurs et les imposteurs que nourrit le système. Ce pouvoir est désormais déclinant en dépit des déclamations de ses tribuns et ses bardes. 17 Les générations tunisiennes d’aujourd’hui sont l’âme et le miroir de ce peuple violé, la nouveauté et la force de leurs idées, son besoin de liberté et de justice et leurs vitalités pourront déplacer des montagnes. Toutes les libertés et les justices et les simples raisons de vivre sont violées dans notre pays,  sans que le monde ne s’en est jamais émût. Nous survivons grâce aux imposteurs entre autre des lambeaux de contre vérités travesties, ramassées dans les bas-fonds de la désespérance, et ajustées à la taille d’un petit pays simple et pacifique, aux dépends de toute logique, de toute raison. Nous subissons jusqu’au dégoût de tout,  des credo criminels comme tous les credo: Droit du plus fort, infaillibilité du dictateur et de ses clans, règne du népotisme, trucage des élections, chauvinisme thuriféraires, nationalisme poujadiste totalement absurde,  au delà toute valeur de cœur et de raison et non moins l’arbitraire et la violence aveugle qui les animent. 18 la plus sublime des idées, la plus belle, la plus simple restera tout simplement une idée, jusqu’à l’instant où elle devient parlante, incisive, contagieuse, non pas seulement par son ingéniosité et ses propres mérites mais par ceux des citoyens libres qui l’incarnent,  et lui transfusent leur propre souffle de vie, leur propre sang. Alors les déserts seront déridés, les terres arides seront accueillantes, la rose de Jéricho tout d’un coup fleurit, remplit l’air de son arôme des fonds des âges. Ces idées anoblies par la souffrance des opprimés mèneront le peuple à l’assaut des remparts de la barbarie et de la décadence. Ces idées tant que le peuple ne les ai pas fait siennes,  elles sont mortifères, des bizarreries de musée, des momies emmaillotés dans des solitudes isolée par l’amertume et les désillusions de l’impuissance, mais aussitôt que le peuple souverain s’en empare, il les fait PEUPLE, il les booste de sa réalité fiévreuse, il lui donne ses formes et les anime, soufflant dans ces rages abstraites tous ses espoirs hallucinés, un vent brûlant d’Hégire. 19 Le refus citoyen et responsable, sacrificatoire même de notre pauvre et calamiteuse condition, doit se propager de l’un à l’autre des tunisiens pour savoir sans aucune sujétion, par qui et comment ont été touchées et mobilisées les consciences et les volontés. et dans cette nouvelle approche , dans ces nouvelles démarches et formes stratégiques , qui s’inspirent par le bas sans les contingences des appareils et des courants , ces systèmes qui dans leur immense majorité sont arrivés à leurs limites, les individualités ne doivent guère compter , ni les particularismes ni les menées partisanes , l’épidémie morale doit s’étendre sur l’ensemble du corps social et il se pourrait , c’est même probable , que des profanes armés de leur seule volonté et les malheurs accumulés la communiquassent par un retour de bâton paradoxal à des êtres attentistes, quand ils ne sont pas bornés , des  » sommités » qui ont toujours prétendus être l’âme de toute révolte .Cette épidémie morale en Tunisie la plupart des citoyens en sont porteurs à leur insu , car elle est au fond d’eux-mêmes , la seule force qui puisse faire face aux discours superfétatoires et aliénants d’un régime criminel et d’une opposition sublunaire, quand elle n’est pas carrément ethnocide .Cette contagion doit se faire sentir même dans les castes fermées , elle doit envahir tout le corps social briser les barrières entre ceux qui prétendent à l’élitisme et le peuple, cette élite de fait ou autoproclamée une fois contaminée en dépit de son orgueil , sa roublardise et son intelligence prébendier sera obligée, au même titre que la dictature,  de s’en remettre aux jugements de l’ordre nouveau .Car comme la dictature , elle est bien plus faible qu’elle ne le pense , et son historique prête pour beaucoup à discussion. 20 L’unité d’action des tunisiens peut se passer de l’unité de cœur,  à partir du moment où leur passion commune est la libération et l’instauration de la démocratie dans leurs pays. C’est même salutaire et porteurs de tous les espoirs que de la première étape et jusqu’à la dernière , dans l’unité de l’action pour faire table rase du passé, on puisse distinguer que les véritables réalités toutes extérieures et transitoires quelles soient , correspond à la distinction des courants et des différences, l’expression des vieux antagonismes doivent être seulement ajournés,  et mis en veilleuse pour être efficace face à la dictature et aux atermoiements des imposteurs, mais dans une Tunisie libérée,  ils seront sans aucun doute la marque d’une vitalité civilisée, et d’un progrès humain qui ne laisse aucune place au doute .Nous devons élever nos enfants dans le culte de la liberté, à n’importe quel prix ,tous remplis de leurs droits , de leurs passions , de leur amour de la justice et de la paix et prêts surtout à en abuser sans aucune restriction ni mesure , ne plus laisser cette notion de liberté à une élite sans action sur la Tunisie et qui une véritable machine à fabriquer des impostures , la liberté est piétinée , chez nous,  tout en nous , les gens d’en haut proscrivent la lumière de la seule raison , tout en eux éteins jusqu’à la lumière du ciel , celle des yeux et des âmes , partout la violence se donne à cœur joie :violence théocratique de la dictature , violence idéologique et aliénées des imposteurs , violence mercantile et mystique d’un clergé fonctionnarisée dans l’éloge du dictateur , violence bureaucratique des officines de l’abject…mais à regarder de prés le choix le plus visible aujourd’hui n’est pas entre la liberté et le népotisme , le choix qu’on nous donne pour engager notre existence et notre jeunesse,  c’est entre une guilde d’imposteurs et la théocratie qui saigne le pays. 21 Les abus de pouvoirs que d’un côté la dictature et de l’autre la forfaitures des thuriféraires et des imposteurs prêchent et pratiquent , comme ces «élections 2004 » de toutes les hontes , nous poussent à mépriser tous ceux là qui participent à cette comédie,  et qui veulent la justifier par l’hypocrisie et le mensonge , il faut dénoncer et exclure de nos cœurs et de nos combats au même titre que la tyrannie, ceux là qui refusent de souffrir pour la cause commune et qui en plus la trahissent. Nous inspirer de notre histoire et de nos anciens qui sont toujours debout et arborent des opinions écarlates qui ne souffrent d’aucun renoncement pour elle. Ils ont tout simplement sacrifiés leurs vies , subissent la haine de la dictature et les hérésies ignobles des imposteurs et des petits voyous , des resquilleurs qui se prennent pour Ali la pointe, et qui n’ont même pas l’étoffe d’un mondain pervers comme un Habouba , un Abou Nawas ou un Lamine Nehdi , notre combat doit être un assemblage cohérant de raisons et de passions et de faits à établir , un espace défini d’objectifs à atteindre , cette espace de notre unique vie qui est noyé d’ombres malfaisantes et prédatrices , mais tremblant de lumière et traversée,  malgré sa nuit permanente de grands coups d’ailes ensoleillés de la jeunesse et de l’espoir , de l’optimisme et de l’amour infini de la vie entre les crocs de la mort même. 22-Belle espérances , espérance de la liberté et de la justice , qui luira demain sur nous tous comme la bonté d’ALLAH , déjà tu luis dans nos cœurs , nos tripes , nos esprits et nos âmes , tout est si bon, si beau dans notre Amour , dans notre passion fraternelle les uns pour les autres !on est vivant , on est libre ,on est fort , on aime d’un mot et son chant funèbre…on vit ! On aime ! On exulte, j’aime, j’aime tous et tous m’aiment !!Qu’on sera bien, demain d’après la bête immonde !… Notre optimisme doit être perpétuel et cinglant et ordonner aux choses qu’elles soient comme nous voulons qu’elles soient ! Nous de la parole et du verbe, nous de l’extrême onction, nous des insomnies et de la terreur, nous du silence et de l’oubli, ainsi soit-il !!! Les imposteurs 23 L’unité de la vie est sans aucune limite , elle est l’amour de Dieu pour son univers , les milliards de milliards d’instants et les milliards de milliards de créatures ne sont que la lumière de l’unique soleil .la métempsycose des idées et la succession des formes et des couleurs innombrables , où l’esprit coule et se filtre de sa propre sève .il est dans la vie des situations historiques décisives où il faut forcer son destin,  pour que s’allume dans l’âme obscure la flamme éternelle de la liberté , aussi le peuple Tunisien est un dogme où se perdent les tumultes du passé et d’où ressortent les échos de l’avenir, qui,  à ne pas en douter,  sont souvent les mêmes , il faut voir en lui en ce siècle merveilleux le travail formidable d’incurvation fiévreuse qui s’opère dans ses profondeurs ,il faut l’écouter et l’entendre , le servir et se fondre dans ses priorités et ses urgences,  sans calculs et sans à priori. Tout est disposé au dépassement et au sacrifice .Tout, l’amour de la liberté et la haine du népotisme qui le réduit et son génie latent à survivre à tout, rendait un autre son. 24 Des rumeurs diffamantes et vicieuses parcourent le microcosme tunisien où l’honneur des individus ne vaut même pas le poids de son abstraction, les matamores de l’ordre ancien et les sicaires de la dictature contribuent largement à les répandre .Nos petit thuriféraires de l’absurde comme leur aînés du calamiteux 7 nov. de la honte prendrait bien le mois d’octobre 2004 in petto le premier dictateur venu pour soi-disant balayer une bonne fois pour toute , le spectre islamiste qui se débat encore , qui dans les geôles de ben Ali et qui dans le subconscient collectif d’énormément de tunisiens .mais il n’y’a pas à s’en faire de cette misérable poltronnerie , rien de tout cela ne se produira et nous repartirons pour un tour sous la botte ferme de l’imbécile de Carthage .Nous avons peur des coups , la peur est partout en nous , dans le peuple , dans la nation , dire que pour nous , hâbler c’est déjà commencer d’agir , c’est d’un commun soporifique et si tous nos malheurs ne tenait qu’à cela , nous serons au bout de nos peines , écoutez les vomir , écoutez les éructer , palabrer à ne plus en finir à brasser du vent , à désespérer l’âme des morts au carrousel des imposteurs la dictature est en orbite.
 
je redonne à la vie , tout ce que dieu m’a donné 25 Qu’importent les démarches, l’activisme et les idées des imposteurs ? Mais ces idées ne prétendent pas conquérir la Tunisie en tant qu’idées, mais en tant que forces légitimées par la négation et l’horreur du mensonge et de la terreur. Elles ne prennent pas les citoyens par leur contenu culturel, humain et intellectuel ou par le rayonnement vital et absolu, qui, à certaines heures de l’histoire s’en dégage, mais par la valorisation méthodique et résolu de ses bas instincts et ses déviances les plus abouties.
 
26 la citoyenneté est un idéal absolu pour les tunisiens , qui à ce niveau de la confrontation avec la dictature et ses scribes pupitreurs primesautiers , doivent voir en elle et avant la base à toute dérive démagogique ou partisanes , pour s’inscrire dans cet idéal c’est à nous de nous extraire de nos certitudes , nos appartenances premières et des fois nos préjugés , et considérer dans ce combat à mort pour la citoyenneté le seul sujet de raison , ce qui doit absolument éliminer les conduites émotionnelles mais également et surtout les postures partisanes et idéologiques , nous devons pour se faire , pour résister efficacement , pour parfaire nos défenses et imposer la rigueur de nos prétentions à instaurer la citoyenneté et la démocratie , nous dégager au jour d’aujourd’hui et illico presto , sous peine d’être balayé par le vent mauvais de la dictature , de nos affects , de nos intérêts personnels et de nos liens ataviques .Notre cohésion résidera alors dans le fait que nos singularités au lieu d’être gommées , sont affirmées , revendiquées par le consensus et l’affirmation de leur contenu se transformeront dans la seule action homogène et solidaire même , cette affirmation conquise pourra constituer la substance du débat culturel et politique, en conséquence nous gagnerons à être plus réalistes et nos identités initiales et propres seront l’unique socle identitaire pour se mobiliser à la seule réalité du terrain et du quotidien des Tunisiens , et briser ainsi ces fallacieuses frontières entre ceux qui savent et ceux vivent la situation , entre ceux qui veulent organiser et ceux qui sont abandonnés à eux même par manque de volonté et d’organisation.

 

INVITATION SOIREE DE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE TUNISIEN


JEUDI 27 JANVIER à 18 heures Siège du Parti communiste français Coupole de l’Espace Oscar Niemeyer 2, Place du Colonel Fabien – 75019 Paris – métro Colonel Fabien) En Tunisie, une grande mobilisation populaire courageuse et très déterminée, une «révolution du Jasmin», a permis, en dépit d’une répression criminelle, un changement politique de grande portée pour ce pays… mais aussi pour le monde arabe. La jeunesse et le peuple tunisiens ont remporté une victoire en chassant le Président Ben Ali et son clan. Le mouvement continue. Le PCF vous invite à une rencontre pour entendre les acteurs principaux, les militants qui ont concrètement coordonné les initiatives unitaires de solidarité en France pour le «Collectif de solidarité avec les luttes des habitants de Sidi Bouzid»: Mouhieddine Cherbib, Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie Tarek Ben Hiba, Président de la Fédération tunisienne pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), ancien Conseiller régional Adel Thabet, Parti communiste des ouvriers de Tunisie Nous écouterons aussi Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH Intervention de Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF. Contact : mparmigiani@pcf.fr Merci de bien vouloir confirmer votre participation. Tel : 01 40 40 12 93

Après le rassemblement devant le Consulat rue de Lubeck M° Iéna du 21/01/2011 de 11h à 13h

auquel nous vous appelons nous nous rendons au Rassemblement populaire

devant l’Ambassade de Tunisie à Paris le

Vendredi 21 janvier 2011 de 14h à 23h

Métros : Varenne ou St François Xavier

sous le mot d’ordre :

Raouf Najar dégage !

T’as pas compris:

La Tunisie est libre!!


 

Tous unis jusqu’à la libération pacifique de l’Ambassade encore occupée par la maffia

des Trabelsi et de Ben Ali

 

Appel à Tous les Tunisiens en France à venir nombreux pour participer à la libération de l’Ambassade des mains criminelles de l’ancien régime, comme celle de Raouf Najar connu pour ses liens avec Leila Trabelsi et son clan!

C’est une honte pour la communauté tunisienne de se soumettre encore aux autorités de cette maffia alors que le peuple tunisien a dit son mot :

Le régime de Ben Ali et de la dictature, Dégage !

Mobilisons nous tous pacifiquement jusqu’à l’éviction totale de tous les représentants de l’ancien régime encore actifs ou en poste sur tout le territoire français qui sont connus pour leur soutien actif à la maffia et au RCD.

Signé : Al Thawra al-Tounisiyya Hatta al Nasr

Paris le 20 janvier 2011 – Contact : 06 60 06 59 98


Reuters, le 20 janvier 2011 à 00h12 GMT

Tunisie: le gouvernement doit organiser une transition démocratique (USA)


WASHINGTON, 19 Jan 2011 (AFP) – Le gouvernement tunisien doit organiser la transition vers la démocratie, a affirmé mercredi le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley, ajoutant que les Etats-Unis comptent aider la Tunisie à atteindre cet objectif. « Le peuple tunisien s’est exprimé », a dit le porte-parole dans un message envoyé sur son compte Twitter. « Le gouvernement intérimaire doit organiser une véritable transition vers la démocratie », a-t-il ajouté. « Les Etats-Unis vont apporter leur aide ». Le président tunisien de transition, Foued Mebazaa, s’est engagé mercredi à « une rupture totale avec le passé », alors que des milliers de Tunisiens ont de nouveau exigé le retrait des figures de l’ancien régime du gouvernement provisoire, affaibli par le départ d’un parti d’opposition. Foued Mebazaa assure l’intérim de la présidence après la fuite du président déchu Zine El Abidine Ben Ali en Arabie saoudite, après un mois de révolte populaire sans précédent.


Reuters, le 20 janvier 2011 à 00h24 GMT

Le dissident Ben Brik se rêve en prochain président tunisien


TUNIS, 19 janvier (Reuters) – Le journaliste et écrivain tunisien Taoufik Ben Brik, incarcéré six mois dans les geôles du régime de Ben Ali, rêve de devenir bientôt « le premier président de la Tunisie révolutionnaire ». Ben Brik, qui était exilé en France depuis sa libération en avril dernier, avait déjà annoncé sa candidature à l’élection présidentielle prévue en 2014 mais réaffirme dans un entretien à Reuters qu’il sera candidat à l’élection anticipée prévue d’ici le mois de mars. Le journaliste considère également qu’il en sera le favori, même si plusieurs dissidents ont annoncé leur candidature ou devraient le faire d’ici l’élection. « J’étais le seul à poser des problèmes à (Zine) Ben Ali », président déchu de la Tunisie, a-t-il dit. « Je serai le premier président de la Tunisie révolutionnaire, je serai le président le plus moderne et le plus démocratique du monde arabe », a-t-il ajouté. Ben Brik a passé six mois en prison entre novembre 2009 et avril 2010 pour faits de violence. Une femme l’avait accusé d’agression, d’atteinte aux bonnes moeurs et de dégradation de biens. Ses partisans avaient évoqué une affaire montée de toutes pièces en raison de ses articles critiques du régime. Le journaliste, collaborateur de plusieurs médias français, réclame aujourd’hui le départ du gouvernement des membres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti jadis tout-puissant du président déchu. Quatre membres du gouvernement l’ont quitté au bout de 24 heures en raison du maintien de membres du gouvernement de Ben Ali à la tête des ministères régaliens. « Je dis que le RDC devrait partir et je dis aussi que ces marionnettes de Ben Ali devraient le rejoindre en Arabie Saoudite », où l’ex-président s’est réfugié vendredi dernier. « Le départ de Ben Ali a été un moment de joie et de jubilation pour moi. C’était une grande victoire pour la liberté », a dit Ben Brik. « J’ai ouvert le champagne pour célébrer l’instant. » Dans une chronique publiée lundi sur le site internet Slate.fr, Ben Brik dénonce la « révolution trahie » du peuple tunisien : « Il est vrai qu’on s’est débarrassé de Ben Ali mais son legs est toujours resplendissant. On a coupé la tête mais le canard court toujours, vif. Le système bâti minutieusement par le général des services de Renseignements, Ben Ali, perdure à travers ses PPP. Pègre, Parti, Police. »


AFP, le 20 janvier 2011 à 02h18 GMT

Un ministre tunisien s’engage à démissionner s’il n’y a pas d’élections (BBC)


LONDRES, 20 Jan 2011 (AFP) – Un ministre tunisien, qui était un des chefs de l’opposition sous le régime déchu, s’est engagé mercredi à démissionner si des « élections libres et justes » n’étaient pas organisées dans les prochains mois. « Bien sûr que je démissionnerai si je commence à douter de la tenue d’élections libres et justes dans six ou sept mois », a déclaré à la BBC Ahmed Nejid Chebbi, nommé lundi ministre du Développement rural. « Je ne suis pas le seul qui démissionnera. Tous ceux qui sont entrés dans ce gouvernement d’union nationale démissionneront si les élections ne sont pas libres et justes, ou si les mesures que nous avons prises ne sont pas appliquées immédiatement », a assuré M. Chebbi, chef historique du Parti démocratique progressiste (PDP). Il s’est en outre prononcé en faveur de l’introduction d’un islam modéré dans la vie politique tunisienne. Selon lui, le Premier ministre a eu des entretiens avec le principal parti islamiste, Ennahdha, qui est interdit. « Regardez le Maroc. Ils ont intégré un Islam politique modéré et ils connaissent la stabilité. Un Islam politique modéré a sa place en Tunisie », a expliqué le nouveau ministre. Vivant actuellement en exil en Grande-Bretagne, le chef du Ennahdha, Rached Ghannouchi, a d’ores et déjà annoncé son prochain retour en Tunisie. Selon M. Chebbi, d’autres pays arabes suivent les évènements en Tunisie et « pensent qu’ils pourraient suivre l’exemple tunisien ». « Quelque chose se passe dans le monde arabe, et c’est pourquoi nous voulons réussir et appliquer notre programme de transition vers la démocratie en Tunisie parce que nous n’avons pas le droit d’échouer », a-t-il conclu.


AFP, le 20 janvier 2011 à 03h19 GMT

Tunisie: le président promet une « rupture totale », les manifestations se poursuivent


Par Najeh MOUELHI et Kaouther LARBI TUNIS, 20 Jan 2011 (AFP) – Le président de transition, Foued Mebazaa, s’est engagé mercredi à « une rupture totale avec le passé », alors que des milliers de Tunisiens ont de nouveau exigé le retrait des figures de l’ancien régime du gouvernement provisoire, affaibli par le départ d’un parti d’opposition. Quatre ministres –trois syndicalistes et le président du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL)– ont démissionné du gouvernement d’union nationale, formé lundi, en raison de la présence de caciques du parti du président déchu Zine El Abidine Ben Ali aux postes clés du gouvernement. « Je m’engage à ce que le gouvernement de transition conduise une rupture totale avec le passé », a déclaré mercredi soir M. Mebazaa à la télévision d’Etat. Il s’agissait de sa première intervention publique depuis qu’il assure l’intérim de la présidence. Le président s’est engagé à « satisfaire toutes les aspirations légitimes du soulèvement pour que se réalise cette révolution de la liberté et de la dignité ». Il a notamment promis une prochaine « amnistie générale », la « liberté totale d’information », « l’indépendance de la justice » et « la séparation entre l’Etat et le parti », en référence au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Ben Ali, symbole de corruption et de répression dont des manifestants exigent chaque jour depuis vendredi le bannissement de la vie politique. La mainmise de membres du RCD sur les postes clés du gouvernement (Intérieur, Défense, Affaires étrangères, Finances, notamment) avait provoqué la démission mardi des trois ministres issus de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), puis celle mercredi d’un chef de l’opposition. « Il nous est impossible de participer à un gouvernement qui intègre des symboles de l’ancien régime », a répété mercredi le secrétaire général de la centrale, Abdessalem Jrad. Le nouveau ministre tunisien du Développement rural s’est de son côté engagé mercredi à démissionner si des « élections libres et justes » n’étaient pas organisées dans les prochains mois. Dans une interview à la BBC, Ahmed Nejid Chebbi, chef historique du Parti démocratique progressiste (PDP), s’est en outre prononcé en faveur de l’introduction d’un islam modéré dans la vie politique tunisienne.. A Washington, le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley, a affirmé que le gouvernement tunisien doit organiser la transition vers la démocratie, ajoutant que les Etats-Unis comptent aider la Tunisie à atteindre cet objectif. A Tunis, des unités anti-émeutes de la police ont étroitement encadré une manifestation de quelque 2.000 personnes, dont des islamistes, dans le centre ville, mais ne sont pas intervenus pour les disperser, selon des journalistes de l’AFP. « Nous voulons un nouveau Parlement, une nouvelle constitution et nouvelle République », ont scandé les manifestants, qui s’en sont pris au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti du président déchu Ben Ali. « RCD out », proclamait une banderole. Des manifestations identiques ont rassemblé des milliers de personnes en province, notamment à Sidi Bouzid, Regueb, Kasserine, et Thala. Ces localités, dans le centre du pays, ont été au coeur de la « Révolution du jasmin » qui en un mois d’émeutes populaires a balayé le régime autocratique de Ben Ali. Ce soulèvement a fait, selon le gouvernement, 78 tués et 94 blessés. Mais le Haut commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Navi Pillay, a donné mercredi un bilan d’au moins 100 morts. Trois partis d’opposition non reconnus sous le régime du président déchu ont par ailleurs été légalisés durant les trois derniers jours: Tunisie Verte (écologique), le Parti socialiste de gauche et le Parti du travail patriotique et démocratique tunisien. Le journaliste et opposant tunisien emprisonné Fahem Boukadous, condamné le 6 juillet à quatre ans de prison ferme, a aussi été libéré mercredi. Dans le même temps, l’Arabie Saoudite où l’ancien dictateur a trouvé refuge lui a interdit toute activité politique liée à la situation en Tunisie qu’il a fuie le 14 janvier après 23 ans de règne sans partage. La justice tunisienne a par ailleurs ouvert une enquête judiciaire contre Ben Ali et sa famille pour des transactions financières « illégales ». La Suisse, emboîtant le pas à la France, a décidé de bloquer les éventuels fonds en Suisse de l’ex-président et de sa famille, qui avaient mis la Tunisie en coupe réglée. Un sommet de la Ligue Arabe, qui s’est ouvert en Egypte, devait se pencher sur les suites de la révolte populaire en Tunisie mais le ministre tunisien des Affaires étrangères Kamel Morjane a quitté Charm el-Cheikh sans y prendre part. En Algérie, en Egypte, et en Mauritanie, des tentatives d’immolation par le feu se sont multipliées, suivant le précédent du suicide d’un jeune Tunisien le 17 décembre dans le centre du pays, qui avait marqué le début des émeutes.

 

ANSA, le 20 janvier 2011 à 06h03 GMT

Tunisia: nominato nuovo governatore della banca centrale


TUNISI (ansa) È stato nominato il nuovo governatore della Banca Centrale di Tunisia. Si tratta di Mustapha Kamel Nabli, docente universitario, per breve tempo già ministro del Piano e dello sviluppo regionale (1990) e dello Sviluppo economico (gennaio- settembre 1995). La nomina è stata annunciata proprio nel giorno in cui l’agenzia Moody’s ha abbassato il rating dei titoli di Stato della Tunisia cambiando l’outlook da stabile a negativo a causa delle incertezze politiche create dal cambio di governo. Esperto di questioni economiche presso la Commissione economica europea e della Lega degli Stati arabi, Kamel Nabli ha diretto la direzione Medio Oriente-Africa del Nord presso la Banca Mondiale.

Reuters, le 20 janvier 2011 à 08h03 GMT

Jospin défend son attitude passée à l’égard de la Tunisie


PARIS, 20 janvier (Reuters) – L’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin s’est défendu jeudi de toute complaisance envers les ex-dirigeants de la Tunisie, où il a refusé de se rendre lorsqu’il était à Matignon. Repoussant des critiques de l’actuel chef du gouvernement François Fillon, Lionel Jospin a jugé en outre « extrêmement choquante » la proposition de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie d’aider à former la police tunisienne. Critiqué à l’Assemblée nationale par les socialistes pour l’attitude jugée trop timorée de la France vis-à-vis du régime de Zine ben Ali, chassé du pouvoir par la rue la semaine dernière, François Fillon a répondu en ironisant sur « le très beau discours » prononcé par Lionel Jospin lorsqu’il avait reçu le président tunisien à Matignon en 1997. Une « comparaison absolument insupportable » aux yeux de l’intéressé. « Je déteste la malhonnêteté intellectuelle », a déclaré l’ancien dirigeant socialiste sur RTL. « M. Fillon a essayé de faire un amalgame entre une allocution protocolaire que j’ai faite en recevant, comme Jacques Chirac, le président Ben Ali en octobre 1997 hors de tout trouble en Tunisie, même si le régime était déjà un régime autoritaire, et une déclaration insensée de la ministre des Affaires étrangères, Mme Alliot-Marie, proposant une coopération policière à un pouvoir qui était en train de réprimer son peuple lui-même en mouvement », a-t-il ajouté. En recevant Zine Ben Ali, Lionel Jospin estime avoir fait « le minimum syndical ». « Dans un tête-à-tête avec ce président, je décline la proposition qu’il me fait de faire une visite officielle en Tunisie. Pendant cinq ans, je n’irai jamais en Tunisie », a-t-il raconté. « Je n’ai jamais fait preuve, dès l’époque de M. (Habib) Bourguiba, et je pourrais en citer beaucoup d’exemples, de complaisance à l’égard des dirigeants tunisiens. J’ai toujours aimé ce peuple et distingué ses dirigeants quand c’était nécessaire », a insisté Lionel Jospin, dont les interventions médiatiques sont rares depuis son retrait de la vie politique après sa défaite à l’élection présidentielle de 2002. Pour l’ancien dirigeant, « il ne faut pas confondre les temps, il ne faut pas confondre l’attitude qu’on adopte en routine diplomatique face à des Etats qui sont de toute nature et une proposition extrêmement choquante alors que le peuple s’est mis en mouvement en Tunisie ». « Il y a des moments, quand les peuples font irruption, où nos choix doivent être clairs, et c’est là que le gouvernement a pêché », a-t-il estimé. Michèle Alliot-Marie a répondu aux critiques en affirmant que ses propos avaient été mal interprétés. Dans ses voeux à la presse mercredi, elle a dénoncé une « petite polémique politicienne sans aucun fondement ». 

 

AFP, le 20 janvier 2011 à 08h07 GMT

Tunisie: arrestation de 33 membres de la famille de Ben Ali


TUNIS, 20 Jan 2011 (AFP) – Trente-trois membres de la famille du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, soupçonnés de « crimes contre la Tunisie », ont été arrêtés ces derniers jours, a indiqué jeudi la télévision nationale, citant une source officielle non-identifiée. La chaîne publique n’a pas précisé les noms des personnes interpellées ni leur degré de parenté avec l’ex-président qui a fui le pays pour l’Arabie Saoudite vendredi après un mois de révolte populaire sans précédent. Une enquête va être ouverte pour que ces proches de l’ancien président soient traduits en justice, a ajouté cette source. La télévision tunisienne a diffusé des images de très nombreux bijoux, montres et cartes bancaires internationales saisis lors des arrestations dont les circonstances n’ont pas été précisées. Des stylos permettant de tirer des balles réelles ont également été saisis. « Il n’a pas tout emporté », titrait jeudi le quotidien La Presse qui soutenait le régime de Ben Ali il y a encore peu de temps. Le journal qui publie les photos des objets saisis, cite également le président du Comité tunisien des musées qui a lancé un appel aux autorités pour ordonner « la saisie des pièces archéologiques dont regorgent les palais et maisons appartenant aux membres les plus en vue de l’entourage de l’ancien président ». Une enquête judiciaire pour « acquisition illégale de biens », « placements financiers illicites à l’étranger » et « exportation illégale de devises » a été ouverte mercredi par la justice tunisienne contre le président déchu et sa famille. Elle vise nommément l’ancien chef d’Etat, sa femme Leila Trabelsi, ainsi que « les frères et gendres de Leila Trabelsi, les fils et les filles de ses frères, et toute personne dont l’enquête prouvera l’implication dans ces crimes ». Avant cette décision du procureur de la République tunisienne, la France avait annoncé avoir pris « les dispositions nécessaires » pour bloquer d’éventuels « mouvements financiers suspects concernant des avoirs tunisiens en France », quelques heures après l’annonce de la fuite du chef de l’Etat. La Suisse a emboîté le pas mercredi en décidant de bloquer d’éventuels fonds de l’ex-président tunisien et de son entourage dans la Confédération helvétique. En France, les organisations non gouvernementales Transparency International et Sherpa, ainsi que la Commission arabe des droits humains, ont annoncé avoir déposé plainte contre X pour « corruption, blanchiment et recel d’abus de biens sociaux ». Sherpa affirme que l’ex-président tunisien « possède au moins une propriété dans Paris évaluée à elle seule à 37 millions d’euros ». Mais il ne s’agirait que d’une goutte d’eau dans l’océan de la fortune des Ben Ali et consorts. Le journal Le Figaro évoquait lundi des appartements dans les beaux quartiers parisiens, des propriétés en région parisienne, un chalet dans la station de ski alpine de Courchevel et des villas sur la Côte d’Azur. Le président Ben Ali, sa seconde épouse, Leila Trabelsi, et la famille de cette dernière, se sont accaparés les richesses de la Tunisie, usant d’alliances, de corruption, de menaces, et mettant le pays en coupe réglée depuis 23 ans. Depuis vendredi, les membres du clan sont pourchassés en Tunisie et de somptueuses villas leur appartenant ont été saccagées.


AFP, le 20 janvier 2011 à 08h11 GMT

Tunisie: Paris informé de « mouvements suspects » sur les avoirs de Ben Ali


PARIS, 20 Jan 2011 (AFP) – Le ministre français du Budget François Baroin a indiqué jeudi avoir été « informé » de « mouvements suspects » sur des avoirs en France du clan de l’ex-président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, mais a refusé de parler « d’évasion ou de sortie » de fonds. Tracfin, la cellule du ministère des Finances chargée de traquer les mouvements d’argent suspects, « m’a informé d’une signalisation de mouvements suspects, pas forcément d’évasion ou de sortie », a déclaré M. Baroin, interrogé sur la chaîne de télévision LCI sur un éventuel blocage des comptes de la famille Ben Ali par la France. « Une banque constate un mouvements au-delà des plafonds », a-t-il laconiquement ajouté, sans livrer plus de détails. Il appartient, a dit le ministre, à Tracfin, de saisir l’autorité judiciaire compétente. « A ce stade, il n’y a pas encore de procédure engagée par Tracfin mais il y a désormais des procédures judiciaires engagées par des tiers », a-t-il dit. Après la chute du régime Ben Ali, Tracfin a demandé en début de semaine à l’ensemble des établissements financiers français de lui signaler « sans délai » tout mouvement de fonds suspect, « retraits substantiels en espèces, achat de métaux précieux, envois de fonds vers l’étranger, etc. » A partir de là, le ministère peut bloquer administrativement pendant 48 heures toute opération présumée douteuse, avant que la justice ne prenne éventuellement le relais.


08:59  

Tunisia: in Libia stop tasse universitarie studenti tunisini


   TRIPOLI (ansa) Gli studenti tunisini presso l’Università Al Fatah di Tripoli sono esentati dall’obbligo di pagare le tasse universitarie. Lo ha deciso il Leader libico Muhammar Gheddafi per completare il « pacchetto » di decisioni in favore dei vicini di casa tunisini.    Inoltre lo scorso 29 dicembre il governo libico ha reso esecutive la decisione del colonnello Gheddafi di togliere tutte le restrizioni concernenti l’entrata dei tunisini nel territorio libico.    Le frontiere fra Libia e Tunisia sono infatti aperte anche se una nota dell’ambasciata italiana a Tripoli riporta che « per i cittadini stranieri che attraversano la frontiera i controlli sono stati notevolmente intensificati, in particolare sul lato tunisino e in linea con quanto indicato dalla nostra Ambasciata a Tunisi, si sconsigliano tutti i viaggi in Tunisia ».

AFP, le 20 janvier 2011 à 10h27 GMT

France/Tunisie: des ministres s’expliquent sur leurs relations avec Ben Ali


PARIS, 20 Jan 2011 (AFP) – Plusieurs ministres français ont de nouveau dû s’expliquer jeudi sur leur bienveillance à l’égard de l’ancien régime tunisien, notamment le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand qui a reconnu avoir obtenu la nationalité tunisienne dans les années 90. « J’ai obtenu la nationalité tunisienne. On me l’a donnée », a reconnu sur la radio France Inter le ministre, qui a expliqué que cela faisait suite à l’organisation d’une année de la Tunisie en France, une série de manifestations culturelles qui a été un « très grand succès ». « Il se trouve que, sans doute peut-être, le régime a essayé de me récupérer en me donnant la nationalité, mais je n’ai pas fait de compromis, aucun », a assuré M. Mitterrand M. Mitterrand avait été critiqué pour avoir jugé le 9 janvier « tout à fait exagérée » l’opinion selon laquelle le pays serait une « dictature univoque » en réponse à une question sur la répression, déjà en cours, des manifestations. « Jusqu’au bout, presque au bout, juste avant les massacres, j’ai pensé, comme pas mal de gens, que la meilleure manière de protéger ceux auxquels j’étais attaché -et ça représentait tout le peuple tunisien et notamment les opposants- était de ne pas braquer un régime dont je connaissais parfaitement l’autorité », s’est-il justifié. « Toute ma vie j’ai essayé de protéger les artistes et les intellectuels tunisiens », a encore dit le ministre. Mais la principale cible des critiques depuis plusieurs jours est la chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, qui avait suggéré une coopération policière avec le régime pour maintenir l’ordre, trois jours avant la fuite du président Zine el Abidine Ben Ali. « C’est vraiment odieux » a déclaré à ce sujet la socialiste Ségolène Royal dans le journal le Parisien. Elle a estimé que la ministre a été rendue « aveugle » par « ses liens très personnels avec la Tunisie ». Ségolène Royal, qui espère être une nouvelle fois candidate à la présidentielle en 2012, demande à ce qu’on éclaircisse les « connivences » entre le gouvernement de Nicolas Sarkozy et le régime Ben Ali. Enfin, l’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin a lui accusé François Fillon de « malhonnêteté intellectuelle » pour avoir comparé un discours « protocolaire » qu’il avait prononcé en 1997 en recevant le président Ben Ali à Paris et les propos « insensés » de Michèle Alliot-Marie sur la Tunisie. Mardi à l’Assemblée nationale, l’actuel Premier ministre avait pris la défense de Michèle Alliot-Marie en renvoyant à ce discours de Lionel Jospin.


AFP, le 20 janvier 2011 à 09h30 GMT

Tunisie: 33 membres de la famille Ben Ali arrêtés, premier Conseil des ministres


Par Najeh MOUELHI et Kaouther LARBI TUNIS, 20 Jan 2011 (AFP) – Trente-trois membres de la famille du président tunisien déchu Ben Ali ont été interpellés ces derniers jours et devront répondre de « crimes contre la Tunisie » selon la télévision, alors que le gouvernement de transition doit tenir jeudi son premier Conseil des ministres. Les huit ministres du gouvernement de transition appartenant à l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), ont par ailleurs démissionné de cette formation, mais la rue et une partie de l’opposition exigent leur départ pur et simple de l’exécutif provisoire. La chaîne publique, citant une « source officielle » non identifiée, n’a pas précisé les circonstances des arrestations ni les noms des 33 membres du clan Ben Ali interpellés, pas plus que leur degré de parenté avec l’ex-président qui a fui le pays pour l’Arabie Saoudite vendredi, après un mois de révolte populaire sans précédent. La télévision tunisienne a diffusé des images de très nombreux bijoux, montres et cartes bancaires internationales saisis lors des arrestations, ainsi que de stylos permettant de tirer des balles réelles. Cette annonce fait suite à l’ouverture mercredi par la justice tunisienne d’une enquête pour « acquisition illégale de biens », « placements financiers illicites à l’étranger » et « exportation illégale de devises », contre le président déchu Zine El Abidine Ben Ali et sa famille. L’information judiciaire vise nommément l’ancien chef d’Etat, sa femme Leila Trabelsi, « les frères et gendres de Leila Trabelsi, les fils et les filles de ses frères ». Le clan Ben Ali-Trabelsi est accusé d’avoir mis en coupe réglée le pays depuis 23 ans. De nombreuses villas et palais de l’ancien clan présidentiel ont été pillés ces derniers jours par une foule vengeresse. La France avait annoncé mercredi avoir pris « les dispositions nécessaires » pour bloquer d’éventuels « mouvements financiers suspects concernant des avoirs tunisiens en France » du clan Ben Ali-Trabelsi. La Suisse a fait de même. Dans une tentative apparente d’appaiser la rue, les huit ministres de l’ex-parti au pouvoir au sein du gouvernement de transition ont démissionné du RCD, a annoncé à l’AFP une source officielle sous couvert de l’anonymat. « Tous les ministres RCD du gouvernement ont démissionné du parti », a indiqué cette source. L’Agence tunisienne de presse (TAP), elle, a annoncé qu’ils avaient « démissionné de leurs responsabilités au sein du parti », ce qui laisse planer une ambiguïté. Le gouvernement de transition, affaibli par les démissions de quatre ministres (trois syndicalistes et un opposant) qui ont dénoncé l’emprise des technocrates du RCD au sein de l’équipe, doit tenir son premier Conseil des ministres jeudi à Tunis. « La réunion aura lieu en fin de matinée », a déclaré à l’AFP le ministre du Développement régional et local, Ahmed Nejib Chebbi (Parti démocratique progressiste, PDP, opposition). Cette réunion abordera essentiellement la question de la séparation de l’Etat et du tout-puissant ancien parti au pouvoir qui contrôle l’administration, ainsi qu’un projet de loi d’amnistie générale. Le président de transition, Foued Mebazaa, s’est engagé mercredi soir dans une allocution solennelle à la télévision d’Etat à « une rupture totale avec le passé » et à veiller à ce que le gouvernement de transition réponde « à toutes les aspirations légitimes de la révolution de la liberté et de la dignité » qui a mis fin à 23 ans de règne autoritaire et répressif du régime Ben Ali. De nouvelles manifestations étaient attendues jeudi en Tunisie pour exiger le bannissement pur et simple de l’ancien parti au pouvoir de la vie politique. Un important dispositif policier était de nouveau visible jeudi matin sur l’avenue Habib Bourguiba, au coeur de la capitale, qui poursuivait son retour progressif à la normalité. Des milliers de Tunisiens avaient encore manifesté mercredi dans tout le pays aux crise de « RCD out ! ». Washington a appelé mercredi le gouvernement provisoire tunisien à mener à bien « une véritable transition démocratique ». « Le peuple tunisien s’est exprimé (…), le gouvernement intérimaire doit organiser une véritable transition vers la démocratie » et « les Etats-Unis vont apporter leur aide », a affirmé le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley.


ANSA, le 20 janvier 2011 à 11h26 GMT

Tunisia: espatrio vietato a presidente Senato


TUNISI (ansa) Espatrio vietato ad Abdallah Kallel, dal 2005 presidente della Camera dei Consiglieri (Senato) e ai suoi familiari. La sua intenzione era di imbarcarsi su un volo diretto in Francia, ma la cosa é stata loro impedita una volta giunti all’aeroporto di Tunisi-Cartagine. Kallel era una delle figure di spicco del sistema di potere instaurato da Ben Ali. Ha ricoperto gli incarichi di ministro della Difesa (1988-1991 e ancora 1996-1997) e dell’Interno (1991-1994 e 1999-2001). Nel 2001 fu denunciato da un oppositore del regime, Abdenaccer Nait-Liman, che lo accusava di essere stato torturato nella sede del ministero dell’Interno dove era stato rinchiuso dal 22 aprile all’ 1 giugno 1992. Secondo Eric Sottas, direttore dell’Organizzazione mondiale contro la tortura (Omct), che ha sede a Ginevra, Kallel sarebbe « responsabile della tortura di migliaia di persone ».


Reuters, le 20 janvier 2011 à 11h23 GMT

Tunisia ministers resign from ruling party


* Ministers quit ruling party * Protests in Tunis and other cities * Bank belonging to Ben Ali family seized By Lin Noueihed TUNIS, Jan 20 (Reuters) – Ministers in Tunisia’s interim government have resigned from the ruling party as street protesters renewed demands for an end to its influence after the overthrow of President Zine al-Abedine Ben Ali. The resignations announced on state television on Thursday could go some way to restoring credibility in the government after four opposition ministers quit the cabinet this week, saying ruling RCD party ministers must go. The prime minister and caretaker president left the party this week, but street protesters in Tunis and elsewhere kept up pressure on Thursday for a government free of ties with the old guard. Between 3,000 and 4,000 people gathered in the town of Gafsa, 350 km (220 miles) south of Tunis, to protest about the presence in the government of ministers who worked for Ben Ali, union activist Hedi Radaoui told Reuters. State television said there was also an anti-government protest in the town of Kef, about 180 km south-west of Tunis. It was the first time that major anti-government protests have been reported outside the capital since Ben Ali fled the country on Friday, faced with violent unrest over poverty and unemployment which unsettled autocrats across the Arab world. Several hundred people also started protesting against the government on Avenue Bourguiba, the main thoroughfare in the centre of Tunis, a Reuters cameramen said. In further moves to seize the assets of the former ruling family, a bank owned by Ben Ali’s son-in-law was placed under the control of the central bank, state TV said. A day earlier, 33 of Ben Ali’s clan were arrested for crimes against the nation. State television showed what it said was seized gold and jewellery. Switzerland froze Ben Ali’s family assets. Shooting and looting on the streets have declined in recent days, but a resident in the Mouroudj neighbourhood, 5 km (3 miles) from Tunis city centre, said police and military intervened on Wednesday night after gunmen began shooting. Helicopters flew overhead and security forces used loud-hailers to tell people to stay indoors, the resident said. In Sidi Bouzid, the hardscrabble central Tunisian town where the revolt against Ben Ali erupted after a vegetable seller set himself on fire after being insulted by police, residents said the changes at the top had not gone far enough. « We want the dissolution of this party. This is the solution, and we want to hold its members responsible for their corruption, » Lazhar Gharbi, a head teacher and trade unionist told Reuters. JOURNALIST SAYS TO RUN FOR PRESIDENT Taoufik Ben Brik, a journalist who spent six months in jail over assault charges which his supporters, including international rights groups, said were trumped up to punish him for writing articles critical of Ben Ali, announced he would run for president. « Ben Ali’s departure was a moment of jubilation and joy for me. It was a big victory for freedom, » Ben Brik said in an interview on Wednesday. « I opened the champagne to celebrate that moment. » The last of Ben Ali’s political prisoners went free on Wednesday, including members of a banned Islamist group, said Najib Chebbi, an opposition figure named to the cabinet. The United Nations said it would send human rights advisers to Tunisia next week.  AFP, le 20 janvier 2011 à 12h42 GMT UE/avoirs du clan Ben Ali: Paris veut une liste de noms fin janvier PARIS, 20 Jan 2011 (AFP) – La France veut que l’Union européenne adopte d’ici à la fin janvier une liste nominative des personnalités liées au clan de l’ex-président tunisien Ben Ali qui pourront être visées par un gel de leurs avoirs, a annoncé jeudi le ministère des Affaires étrangères. « Dans les enceintes compétentes de l’Union européenne, la France a appelé à un gel européen des avoirs (…), en plaidant pour qu’une liste des personnes visées puisse être adoptée par le prochain Conseil Affaires étrangères, fixé au 31 janvier », a déclaré son porte-parole, Bernard Valero. Le porte-parole a indiqué qu’il faisait référence aux avoirs de l’ancien président Zine el Abidine Ben Ali, de sa famille et de son entourage. Bernard Valero a également rappelé que la France avait pris « à titre national toutes les mesures nécessaires pour obtenir le blocage de toute transaction suspecte ». De plus, sur signalement de Tracfin, la cellule du ministère des Finances chargée de traquer les mouvements d’argent suspects ou après dépôt de plainte, « il appartient au procureur de la République de Paris d’ouvrir une enquête judiciaire afin notamment de permettre un gel des avoirs qui seraient identifiés dans ce cadre », a-t-il précisé. Trois organisations non-gouvernementales (ONG) ont déposé une plainte mercredi à Paris, visant des faits présumés de corruption et de détournement de fonds contre l’ex-président Ben Ali et sa famille. La France insiste beaucoup sur cette question du gel des avoirs du clan Ben Ali, depuis qu’elle a apporté son soutien au soulèvement populaire tunisien samedi, au lendemain de la chute de l’ex-président. En France, l’attitude de l’exécutif français a été très vivement critiquée pour son attentisme et sa froideur face à la Révolution du jasmin.


ANSA, le 20 janvier 2011 à 12h46 GMT

Tunisia: UE valuta congelamento beni famiglia ben ali


   

BRUXELLES (ansa) Tra le opzioni sul tavolo dell’Ue c’è anche il congelamento dei beni della famiglia del deposto presidente tunisino Ben Ali. Lo ha detto oggi Maja Kocijancic, portavoce del ‘ministro degli Esterì Ue Catherine Ashton. « L’Unione ha gli strumenti per procedere al congelamento dei beni » ha aggiunto la portavoce, la quale ha ricordato come da parte della Commissione sia già stato sottolineato che il nuovo governo deve essere il più « inclusivo » possibile dando un « ruolo chiaro » all’opposizione. Il dibattito tra i Paesi Ue sulle misure – sanzioni e quant’altro – da prendere contro Ben Ali e in favore del processo di democratizzazione – è in corso. Sarà il Consiglio Esteri Ue fissato per il 31 gennaio prossimo a prendere le dovute decisioni.

ATS, le 20 janvier 2011 à 13h54 GMT

Fin de la protestation d’exilés à l’ambassade de Tunisie à Berne


Berne (ats) La trentaine de Tunisiens qui protestait à l’ambassade de Tunisie à Berne depuis mercredi a quitté les lieux jeudi, a indiqué à l’ATS l’ambassade. Tous ont obtenu gain de cause, soit leur passeport, qu’ils s’étaient vus dans un premier temps refuser, selon leurs dires. « Les derniers manifestants ont quitté les locaux jeudi en début d’après-midi. Tous ont obtenu leurs documents de voyage », a précisé l’ambassade de Tunisie dans la capitale fédérale. Ces Tunisiens exigeaient depuis lundi d’obtenir un passeport des autorités de leur pays. Devant le peu d’avancée de la procédure, ils avaient décidé mercredi d’employer les grands moyens en refusant de s’en aller de l’ambassade. Des couvertures leur avaient alors été apportées afin d’y passer la nuit, avait constaté un journaliste de l’ATS. « Les ressortissants tunisiens ayant déposé leur demande jeudi, ainsi que ceux qui le feront vendredi pourront retirer leur passeport dès lundi », a précisé l’ambassade. Celle-ci a assuré « que tout citoyen tunisien a le droit absolu à un passeport » et que ses « services consulaires ne ménagent aucun effort pour satisfaire les demandes avec célérité ».  


Reuters, le 20 janvier 2011 à 14h34 GMT

La Banque centrale de Tunisie cherche à rassurer ses créanciers


TUNIS, 20 janvier (Reuters) – La Banque centrale de Tunisie s’est efforcée jeudi de rassurer les créanciers du petit pays du Maghreb secoué par une grave crise politique en faisant valoir qu’elle disposait d’assez de réserves en devises pour honorer ses obligations internationales. Les échanges interbancaires internationaux se poursuivent « normalement », déclare la BCT dans un communiqué, qui précise disposer, avec 8,8 milliards de dollars, de suffisamment de réserves pour assurer 143 jours d’importations. « Cette somme suffit largement à honorer pleinement les obligations financières et économiques, y compris les échéances de sa dette internationale de 450 millions d’euros le 7 avril 2011 et de 15 milliards de yens le 27 septembre 2011 », dit-elle.  


AFP, le 20 janvier 2011 à 14h39 GMT

Tunisie: UGTT, le syndicat qui a politisé la « Révolution du jasmin »


Par Mohamed HASNI TUNIS, 20 Jan 2011 (AFP) – Les cadres de second rang de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) ont joué un rôle crucial dans la chute du président Ben Ali en politisant la « Révolution du jasmin », au départ une fronde populaire aux revendications sociales partie de l’intérieur pauvre du pays. « Les structures régionales et locales de l’UGTT ont non seulement encadré et organisé la contestation sociale, mais lancé la manifestation du vendredi 14 janvier, qui a abouti au départ de Ben Ali », a expliqué à l’AFP, Hachémi Troudi, analyste et auteurs d’ouvrages sur le mouvement syndical. Son analyse est corroborée par de nombreux témoignages de syndicalistes qui ont été aux premières loges du mouvement de contestation et organisé effectivement les manifestations à partir de la Place Mohamed Ali, le siège de la centrale syndicale à Tunis. « Au moment où Abid Briki, le secrétaire général adjoint de l’UGTT lançait du balcon de notre siège un appel à des grèves régionales, j’ai demandé avec d’autres syndicalistes la chute de Ben Ali et conduit une marche qui le demandait clairement dans l’avenue Bourguiba », a déclaré à l’AFP, de son lit d’hôpital, un syndicaliste de base, Fethi Ben Ali D’bak. « C’était jeudi (à la veille de la chute de Ben Ali) et la police politique m’a tabassé avant de disperser violemment la manifestation », ajoute M. D’bak hospitalisé pour une fracture du bras et une côte cassée. Sous le régime de Ben Ali, l’UGGT a été plutôt sage en continuant à demander des relèvements de salaires et des avantages sociaux. « La première fois qu’on a réalisé qu’il fallait donner un autre souffle au mouvement et revendiquer la chute de Ben Ali, c’était le 8 janvier lorsque des tireurs postés sur des toits ont abattu par balle des manifestants à Kasserine », dans le centre-ouest, a poursuivi M. D’bak. « C’est la gauche syndicale qui a animé le mouvement et l’a encadré », analyse Chedli Laajimi, un intellectuel connaisseur des arcanes de l’UGGT où il a longtemps milité. « La direction à Tunis était divisée sur la marche à suivre mais ce sont les unions régionales et locales qui ont canalisé la vague de colère », dit-il. L’UGGT, qui revendique 350.000 adhérents, de toutes tendances idéologiques, est « la seule force dotée d’une implantation nationale avec le Rassemblement constitutionnel démocratique », le RCD de l’ex-président Ben Ali, rappelle-t-il. Depuis la naissance du syndicalisme tunisien, dans les années 1920, le mouvement a entretenu un rapport d’alliances et de conflit avec le grand mouvement du Destour, de l’ancien président Habib Bourguiba, qui a pris le nom de RCD sous le régime de Ben Ali. « Mais il y a toujours eu des velléités d’indépendance au sein de l’UGTT, où les militants de différents courants de l’opposition qui n’avaient pas la possibilité de s’organiser au sein de partis politiques trouvaient un espace pour militer », a rappelé M. Laajimi. « L’UGTT a toujours gardé une capacité de mobilisation et n’a pas étouffé en son sein les voix discordantes, contrairement au RCD qui pratiquait la politique de la voix unique », relève Nasreddine Sassi, ancien journaliste d’Echaab, le journal de la centrale syndicale. « Il ne faut pas oublier que les cadres régionaux et locaux de l’UGTT ont encadré ces deux dernières années le mécontentement social dans la bassin minier de Gafsa, (sud-ouest) », rappelle Mounir Kilani, chef d’entreprise originaire de cette région. La population de Gafsa et de sa région, l’une des places fortes du syndicalisme tunisien, s’est soulevée en 2008 contre des favoritismes dans la désignation à des postes d’emploi de la société minière qui extrait les phosphates. L’UGTT continue de jouer un rôle important dans les manifestations hostiles à la présence de membres du RCD dans le gouvernement de transition qu’elle n’a pas reconnu et dont elle a retiré trois de ses membres.  


AFP, le 20 janvier 2011 à 15h10 GMT

Tunisie: répercussions dans le monde arabe, mais « effet domino » incertain


Par Christophe de ROQUEFEUIL LE CAIRE, 20 Jan 2011 (AFP) – Les événements de Tunisie se répercutent dans plusieurs pays arabes, inspirant des manifestations sociales et des revendications politiques, mais un « effet domino » à court terme sur d’autres régimes de la région reste incertain, estiment des spécialistes. Du sultanat d’Oman à la Jordanie, en passant par le Soudan et l’Egypte, le renversement il y a une semaine du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a fourni slogans et arguments à nombre d’opposants et syndicalistes, ou à l’homme de la rue. Pour Rabab el-Mahdi, professeur de sciences politiques à l’université américaine du Caire (AUC), la révolte populaire tunisienne « aura des répercussions sur la mémoire collective des peuples de la région » et va leur « donner confiance en eux-mêmes ». Mais elle ne s’attend pas à ce que que cela « ait un impact à court terme, ou soit contagieux de manière directe » car « les mêmes ingrédients ne donnent pas nécessairement le même résultat » et « la Tunisie était un exemple extrême de dictature ». Les répercussions du soulèvement tunisien sont de fait très contrastées. En Jordanie, une manifestation doit encore avoir lieu vendredi, après des rassemblements anti-gouvernementaux ces derniers jours pour protester contre le chômage et l’inflation. A Mascate, une manifestation contre la vie chère a rassemblé quelque 200 Omanais lundi, un défilé modeste mais rare pour une monarchie du Golfe. Au Soudan, l’opposition a appelé à la « fin du régime totalitaire » du président Omar el-Béchir, invoquant le précédent tunisien. En Algérie, en Egypte et en Mauritanie, des individus se sont immolés par le feu, reproduisant de manière spectaculaire le geste du jeune Tunisien qui avait déclenché la révolte mi-décembre. Au Yémen, l’exemple tunisien a inspiré des rassemblements étudiants, mais aussi des manifestations du Mouvement sudiste, qui réclame la sécession du sud du pays. Le Maroc n’a de son côté pas enregistré de manifestation particulière liée à la situation tunisienne. Rabat vient toutefois, à l’instar d’autres pays de la région, de lancer des appels d’offre pour l’achat d’importantes quantités de céréales, afin d’éviter des pénuries pesant sur le climat social. Le secrétaire général de la Ligue arabe, l’Egyptien Amr Moussa, a fait sensation mercredi en déclarant que « les citoyens arabes sont dans un état de colère et de frustration sans précédent ». Le rapport 2010 de l’ONU sur les « objectifs du millénaire pour le développement », confirme que les racines du malaise sont profondes, malgré les progrès économiques de nombreux pays ou l’opulence des pétromonarchies du Golfe. Le document fait état d’un taux de chômage de 12% en moyenne dans cette région sur la période 2005-2008, atteignant 30% chez les jeunes. Il parle de « graves préoccupations » concernant l’impact de hausses des prix alimentaires, également en cause dans les manifestations récentes qui ont touché plusieurs pays arabes. Amr al-Chobaki, du centre d’études politique al-Ahram du Caire, souligne toutefois qu’en Egypte par exemple, le fait que le régime, contrairement à la Tunisie de Ben Ali, tolère certaines manifestations et laisse une marge aux médias, « atténue les risques de voir une révolution ». Pour Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes de Paris, l’impact des événements de Tunisie dépendra beaucoup de l’évolution de ce pays. « Si la phase de transition en Tunisie se passe bien, cela produira un exemple à suivre. Par contre si le pays tombe dans le chaos, les régimes en place ailleurs dans la région s’en serviront pour présenter cette expérience comme un repoussoir », souligne-t-il.  


AFP, le 20 janvier 2011 à 15h14 GMT

La révolte tunisienne véhiculée par les médias inspire les autres Arabes


Par Taieb MAHJOUB DUBAI, 20 Jan 2011 (AFP) – Le soulèvement tunisien est suivi jour après jour sur la Toile et dans les médias dans les pays arabes où les images de cette révolte pourraient constituer une source d’inspiration pour des populations elles-mêmes en quête de réformes, selon des experts. « Le soulèvement tunisien inspire les autres peuples arabes, et les médias, notamment les télévisions satellitaires comme Al-Jazira et Al-Arabiya, y jouent un rôle », déclare à l’AFP l’universitaire émirati Abdel Khaleq Abdallah. Par leur couverture, « les médias encouragent les Arabes qui aspirent à des réformes et sont exaspérés par l’injustice », des facteurs symptomatiques du malaise social, économique et politique à l’origine de la révolte en Tunisie, ajoute-t-il. « Mais inspiration ne veut pas dire contagion », souligne cet expert après la chute du président Zine El Abidine Ben Ali, malgré les similitudes entre la Tunisie et d’autres pays arabes qui « souffrent du chômage, de la corruption et de la pression sécuritaire ». Sur les 300 millions d’habitants que compte le monde arabe, quelque 50 millions sont confrontés au chômage, ce fléau qui avait poussé le jeune Tunisien Mohamed Bouazizi à s’immoler par le feu le 17 décembre à Sidi Bouzid (centre), provoquant ainsi l’étincelle de la révolte, a-t-il averti. Ce jeune chômeur tunisien, dont l’acte de désespoir a été largement relayé sur internet, « a créé un mode de protestation qui, véhiculé par les médias, a été aussitôt suivi notamment en Algérie, en Egypte et en Mauritanie », a noté l’analyste saoudien Jamal Khashoqgi. Signe du rôle joué par les médias, le régime de Ben Ali avait, aux premiers jours de la révolte, accusé des médias étrangers, dont Al-Jazira, d’exagérer le mouvement social en Tunisie. « Les Tunisiens, dont la colère a conduit à l’explosion, continuent à utiliser les réseaux sociaux sur l’internet et les médias pour obtenir un démantèlement du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de Ben Ali », afin de rompre avec le passé, a-t-il ajouté. Redoutant l’impact de cette révolte, certains régimes arabes tentent désormais d’ouvrir des canaux de communication avec leur opposition, a-t-il indiqué citant le Yémen où se sont multipliées les manifestations de solidarité avec le peuple tunisien. L’expert tunisien en communication Larbi Chouikha souligne quant à lui le rôle primordial joué par les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter. C’est grâce à ces réseaux « que des jeunes en Tunisie et dans la diaspora ont réussi pour la première fois à transposer la Tunisie verrouillée sous ben Ali vers une autre Tunisie: la Tunisie réelle », dit-il. Jusqu’à la chute de Ben Ali, le 14 janvier, « les chaînes satellitaires puisaient leurs informations et leurs vidéos dans le réseau Facebook, qui a déclenché une prise de conscience et a favorisé la circulation de l’information » sur le mouvement social, a-t-il rappelé. « Al-Jazira et Al-Arabiya, les chaînes les plus suivies dans le monde, véhiculent ce message: que les peuples prennent en charge leur destin mais de manière pacifique », a-t-il estimé. Mais pour l’universitaire algérien Sadok Rabah, basé aux Emirats arabes unis, les deux chaînes ont des « lignes éditoriales différentes » qui s’expriment dans leur couverture des événements en Tunisie. La première est « accusée d’être un porte-voix des islamistes » alors qu' »Al-Arabiya n’est pas très appréciée car elle avait été lancée (en 2003) pour contrecarrer Al-Jazira », sept ans après les débuts de cette dernière, a-t-il rappelé, dénonçant « une dramatisation » de l’actualité par certains médias « pour vendre ».  


Reuters, le 20 janvier 2011 à 15h21 GMT

INTERVIEW-Tunisia to recover all Ben Ali family assets: minister


By Christian Lowe and Tarek Amara TUNIS, Jan 20 (Reuters) – The Tunisian state will recover all shares, real estate and other assets belonging to the family of ousted president Zine al-Abidine Ben Ali, a government minister told Reuters on Thursday. Industry and Technology Minister Mohamed Afif Chelbi also said Tunisia’s long-standing policy of being open to investment would not change, and that the local operations of foreign firms were now getting back to normal. A wave of unrest forced Ben Ali, in power for over 23 years, to flee to Saudi Arabia last week. Tunisia’s new coalition government has announced an investigation into how relatives of Ben Ali and his wife accumulated substantial business interests. « What is clear is that the state will recover all the assets belonging to the family, » Chelbi told Reuters. « The state is recovering all the assets, whether they are shares in (companies’) equity or real estate assets … and will ensure, of course, in one form or another, the management of these companies. » He would not say if this would amount to a nationalisation of the assets, of if they would later be privatised. Chelbi was a government minister under the old administration but said unlike others in the cabinet he was never a member of Ben Ali’s RCD party, the focus of anger for protesters who want a clean break with the past. Despite Ben Ali’s authoritarian rule, Tunisia has been one of the region’s most open economies, attracting steady interest from foreign investors. Chelbi said this would not change. « I think Tunisia has a policy which has always been very clear, which is a policy open to investment, » he said. « I think this is a constant which has made Tunisia a place today of investment and technology. It is a fixed point which characterises Tunisia, » he added. « Our main preoccupation is to create more businesses to create jobs and to be more attractive for national and international investment. This is a clear and firm direction. » After Ben Ali’s departure there were several days of looting and lawlessness which prompted some major foreign companies to pull out their expatriate staff. The minister said those executives would be returning in the next few days. « The message that I address to companies and investors is one of confidence, » Chelbi said.   


AFP, le 20 janvier 2011 à 15h33 GMT

Tunisie: Washington espère une stabilisation avant des élections « crédibles »


WASHINGTON, 20 Jan 2011 (AFP) – Les Etats-Unis ont dit jeudi espérer la stabilisation de la Tunisie après la chute du régime autoritaire de Zine El Abidine Ben Ali, condition essentielle selon eux à un processus électoral « crédible ». « La stabilité politique et sociale est un ingrédient essentiel d’élections crédibles, au moment où le peuple tunisien trace un avenir différent », a déclaré Philip Crowley, le porte-parole du département d’Etat, dans un message envoyé sur Twitter. L’administration américaine, discrète pendant la plus grande partie de la crise qui a mené au départ du président déchu, avait proposé mercredi l’aide des Etats-Unis au gouvernement intérimaire, afin qu’il « organise une véritable transition vers la démocratie ». Le premier Conseil des ministres du gouvernement de transition tunisien, lui-même contesté, a débuté jeudi à Tunis en présence du président par intérim, Foued Mebazaa.    


AFP, le 20 janvier 2011 à 16h09 GMT

Tunisie: les blagues sur la « Révolution du jasmin »


TUNIS, 20 Jan 2011 (AFP) – Florilège de plaisanteries sur la « révolution du jasmin », à l’origine de la chute de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali: CORRUPTION « Ali Baba est parti mais pas les 40 voleurs! » PETITE ANNONCE « Offre d’emploi N°140111: On cherche un nouveau président pour la Tunisie, Expérience: débutant accepté. Type de contrat: CDD. Qualités requises: orphelin, fils unique, stérile, et surtout chauve pour qu’il ne fréquente pas les salons de coiffures. (La famille de l’épouse du président déchu Leïla Trabelsi, une ancienne coiffeuse, a mis la Tunisie en coupe réglée). NOUVEAUX VERBES « Hier je suis allé chez le coiffeur pour me faire Leïler (coiffer) les cheveux. J’ai voulu Trabelsier (voler) le coiffeur, mais il s’est Tunisié (défendu), alors je me suis Benalisé (enfui) ». IVRESSE « Après l’ivresse du changement, Tunis se réveille avec une gueule de bois nationale! La démocratie c’est comme l’alcool, ça se consomme avec modération… Mais en tant que peuple alcoolique, on a vite fait d’ingurgiter toute la bouteille cul sec. Résultat: Le pays sombre dans un coma démocratique ». BANQUE Ben Ali a créé une Banque de solidarité… il s’est enfui avec la banque mais il a laissé la solidarité » (Ben Ali avait fait de cette banque de micro-crédits pour les démunis un motif de fierté) PRESIDENT On avait un président tous les vingt-trois ans, maintenant on a un tous les  jours » (du 14 au 16 janvier: Ben Ali, l’actuel Premier ministre de transition Mohamed Ghannouchi, puis l’ancien président du Parlement et actuel président par intérim Foued Mbazaâ) COMMENTATEURS « Avant, en Tunisie, on avait 10 millions de commentateur sportifs, maintenant on a dix millions de commentateurs politiques » KHADAFI: « Tant que nous sommes chauds, rendez-vous demain à Tripoli vers 09h00. On fait tomber Kadhafi vers 09H30, maximum 10h00, puis on rentre  continuer notre révolution ». (Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a regretté le départ de Ben Ali qu’il considère toujours comme le « président légal ») RIRA BIEN « En 1987 Ben Ali a fait un coup d’Etat contre Habib Bourguiba. En 2011, c’est (l’Avenue) Habib Bourguiba qui lui rend la monnaie (allusion à la manifestation du 14 janvier, avenue Habib Bourguiba à Tunis, qui a précipité le départ de Ben Ali) CHASSEZ LE NATUREL « Urgent: En se réveillant ce matin, le roi d’Arabie saoudite a découvert qu’il lui manquait de l’argent » (L’ancien président Ben Ali a trouvé refuge en Arabie Saoudite) EMPLOIS « Ben Ali nous avait promis 300.000 emplois. Ils nous a offert 10 millions de postes… de gardien de quartier », (en allusion aux comités de vigilance formés par les Tunisiens pour défendre les quartiers des milices armées de Ben Ali) LA MECQUE Ben Ali appelle le président égyptien Hosni Moubarak depuis l’avion à bord duquel il fuit la Tunisie: « Allo Hosni, regarde ce qu’ils m’ont fait. Tu peux m’héberger cette nuit »? Moubarak répond: « Bien sûr que non. Tu es cinglé? Regarde dans quel pétrin tu nous a tous mis. Vas en Arabie Saoudite et dit-leur que je pourrais bien faire un pèlerinage anticipé cette année ». IRAN « L’Iran en a rêvé, la Tunisie l’a fait » (A propos des manifestations pacifiques de masse contre la réélection contestée du président iranien Mahmoud Ahmadinejad en 2009, réprimés avec violence par le pouvoir islamique qui est resté en place).    


                               AFP, le 20 janvier 2011 à 16h20 GMT

Tunis: le sigle de l’ancien parti au pouvoir arraché de son siège national


TUNIS, 20 Jan 2011 (AFP) – Des fonctionnaires tunisiens déboulonnaient jeudi l’inscription « Rassemblement constitutionnel démocratique », qui décorait en grandes lettres dorées la façade du siège de l’ancien parti au pouvoir, à Tunis, devant lequel étaient réunis plus d’un millier de manifestants. Devant le bâtiment, des Tunisiens contemplaient la scène en la comparant à la statue de l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein, déboulonnée à Bagdad après la chute de son régime en 2003. A l’aide d’un gros câble passé entre le mur et l’inscription, un fonctionnaire en civil faisait sauter l’une après l’autre les lettres écrites en arabe, a constaté un photographe de l’AFP. La foule était maintenue à distance de l’entrée du bâtiment par un cordon de militaires, qui procédaient ponctuellement des tirs de sommation pour dissuader des manifestants d’escalader le mur d’enceinte. « Le peuple veut la démission du gouvernement », ont scandé les manifestants, qui brandissaient des pancartes proclamant « On n’a plus peur de vous, traîtres » et « RCD out! », en référence au parti du président déchu Zine El Abidine Ben Ali. La police, en première ligne lors de la répression de la révolte populaire qui a fait au moins 100 morts en un mois selon les Nations unies, se tenait jeudi à l’écart. « Je suis avec vous. On ne va pas tirer sur vous, l’essentiel c’est que le rassemblement soit pacifique », a déclaré à la foule devant le siège du RCD un colonel de l’armée qui tentait de calmer les manifestants. Ceux-ci l’ont applaudi et certains ont cueilli des fleurs dans les massifs alentours pour les déposer dans les canons des chars postés là, devant des militaires qui souriaient. La rue tunisienne conteste fortement la présence aux postes clés du gouvernement d’union nationale de membres de l’équipe sortante qui a régné sans partage sur le pays pendant 23 ans. Le nouvel exécutif, qui tenait jeudi après-midi son premier Conseil des ministres, a été formé trois jours après la chute du régime de Ben Ali, contraint vendredi à l’exil en Arabie Saoudite par la Révolution du jasmin.   


Reuters, le 20 janvier 2011 à 16h16 GMT

Police fire shots to disperse new Tunis protest


* Police fire in air to disperse protesters * Protests in Tunis and other cities * Ministers quit ruling party * Freed political prisoners leave jail By Lin Noueihed and Christian Lowe TUNIS, Jan 20 (Reuters) – Tunisian police fired shots into the air on Thursday to try to disperse hundreds of protesters demanding that ministers associated with the rule of ousted president Zine al-Abidine Ben Ali leave the government. The protesters, who gathered outside the Tunis headquarters of the RCD, Tunisia’s ruling party for several decades, refused to move back when police fired shots from behind a metal fence. For the first time since the fall of Ben Ali last week, there were also protests in other towns across Tunisia. The protesters on Mohamed V Avenue near the centre of Tunis, chanted: « After Ben Ali and his wife, we want to bring down his thieves! » They also burned the logo of the party and carried banners saying: « Government out! » One of the protesters, who gave his name as Aymen, said: « We are here, we are not going to move until the RCD falls. We will come every hour and every day. » At the RCD headquarters, workmen were removing the large plaque from the outside of the building bearing the party’s name, a Reuters reporter said. A moustachioed military officer whose unit was guarding the building told the crowd: « Translate this as you wish: the RCD is going away. » The protesters responded with rapturous applause and began embracing members of the security forces. It was not clear if the officer had meant the RCD was simply leaving the headquarters building or that it was relinquishing power. Ben Ali fled to Saudi Arabia on Friday after weeks of violent unrest spurred by anger over poverty, unemployment and repression. The popular revolt was seen as sending shockwaves through autocratic governments across the Arab world. The central committee of Ben Ali’s RCD power base has been dissolved, state television reported. It said the decision was taken as many committee members, who were also government ministers, had quit the party under opposition pressure. The party itself will continue to operate, the report said. MINISTER QUIT PARTY The ministers in the interim government resigned from the RCD party in a bid to restore credibility after four opposition ministers quit the cabinet, saying ministers belonging to the RCD party must go. In a new blow to the government, a junior minister stepped down on Thursday, the official news agency said. « I am stepping down for the higher interests of the country in this delicate situation to try to bring the country out of crisis and ensure a democratic transition, » Zouheir M’Dhaffar, Minister of State in the Prime Minister’s office, was quoted as saying by the official TAP news agency. The prime minister and caretaker president left the RCD party this week, but protesters in Tunis and other cities kept up pressure on Thursday for a government free of ties with Ben Ali and the old guard. Between 3,000 and 4,000 people gathered in the town of Gafsa, 350 km (220 miles) south of Tunis, to protest about the presence in the government of ministers who worked for Ben Ali, union activist Hedi Radaoui told Reuters. State television said there was also an anti-government protest in the town of Kef, about 180 km southwest of Tunis. There were also protests in Sfax. Shooting and looting on the streets have declined in recent days but a resident in the Mouroudj neighbourhood, 5 km from Tunis city centre, said police and military intervened on Wednesday night after gunmen began shooting. Helicopters flew overhead and security forces used loud-hailers to tell people to stay indoors, the resident said. With the police lacking public credibility after its role in cracking down on unrest before Ben Ali’s departure, the interim government is heavily dependent on the army to maintain order. The military has, in public at least, stayed out of politics but some analysts say it wields influence behind the scenes. At the Borj Lamary prison, just outside Tunis, a bus emerged carrying inmates released under a government order to free all political prisoners. Families of the released prisoners hugged them when the bus stopped and let them out nearby. Among those freed was Sameer Hagouba, who said he had been studying at the Islamic Al Azhar University in Egypt when he was deported on terrorism-related charges and imprisoned in his native Tunisia. « Does this look like the face of terrorism? » asked Hagouba, a young man with a light and carefully trimmed beard. « We call now for all political prisoners to be released… » In further moves to seize the assets of the former ruling family, a bank owned by Ben Ali’s son-in-law was placed under the control of the central bank, state TV said. Tunisia’s central bank on Thursday moved to reassure international creditors, saying it held enough foreign currency reserves to meet financial and commercial obligations. It said it held 12.6 billion dinars ($8.8 billion) in foreign reserves, enough to cover 143 days of import needs. 


 

Tunisie: l’Etat va prendre possession des biens du parti de Ben Ali


TUNIS – L’Etat va prendre possession des « biens mobiliers et immobiliers du Rassemblement constitutionnel démocratique » (RCD), le parti du président déchu Ben Ali, a annoncé jeudi le porte-parole du gouvernement, à l’issue du premier conseil des ministres du cabinet d’union nationale. « Il a été décidé de restituer à l’Etat tous les biens mobiliers et immobiliers du Rassemblement constitutionnel démocratique », a déclaré Taieb Baccouche, en lisant le communiqué du conseil des ministres. Cette décision entre dans le cadre de la prommesse du « gouvernement d’union nationale » formé lundi par le Premier ministre Mohammed Ghannouchi de procéder à la séparation de l’Etat et du RCD, qui après 23 ans de règne sans partage sur la vie politique du pays contrôle tous les rouages de l’administration. Des milliers de Tunisiens manifestent chaque jour depuis la chute du président Ben Ali, qui a fui le pays le 14 janvier, pour exiger la bannissement pur et simple du RCD, symbole honni de répression et de corruption. Aux cris de « RCD out », les manifestants réclament aussi la démission du gouvernement de transition en raison de la forte présence en son sein de membres de l’équipe sortante du président déchu, qui ont tous démissionné jeudi du parti, par souci d’apaisement. (©AFP / 20 janvier 2011 19h27)  


Tunisie: un projet de loi adopté par le gouvernement de transition


Le gouvernement tunisien de transition a adopté jeudi un projet de loi d’amnistie générale. Dans le même temps, des milliers de manifestants ont protesté contre le maintien à des postes-clés de membres de l’ancienne équipe du président déchu Ben Ali. « Le ministre de la Justice a présenté un projet de loi d’amnistie générale, qui a été adopté par le Conseil des ministres, qui a décidé de le soumettre au Parlement », a déclaré le ministre du Développement, Ahmed Néjib Chebbi. Ce projet concernera aussi les islamistes du parti interdit Ennahdha, ont précisé deux ministres. Le Conseil des ministres a également décrété un « deuil national de trois jours » pour les victimes de la « révolution du jasmin ». De plus, l’Etat va prendre possession des « biens mobiliers et immobiliers du Rassemblement constitutionnel démocratique » (RCD), le parti du président déchu, a également annoncé le porte-parole du gouvernement, Taieb Baccouche. Le Conseil des ministres qui s’est réuni pour la première fois jeudi après-midi se trouve affaibli par les démissions de cinq ministres. Il s’agit de trois syndicalistes, un opposant, et un ministre de l’ancien régime, Zouheir M’dhaffer. L’insatisfaction demeure Dans le même temps, les manifestants rassemblés devant le siège du RCD dans la capitale scandaient: « le peuple veut la démission du gouvernement ». Contrairement aux derniers jours, ils avaient réussi à atteindre le ministère de l’Intérieur et à poursuivre leur marche jusqu’au siège du RCD. Par ailleurs, les pays européens sont tombés d’accord jeudi sur le principe d’un gel des avoirs du président tunisien déchu et de ses proches, a indiqué une source diplomatique européenne. L’UE attend à présent que les nouvelles autorités tunisiennes lui transmettent une liste précise des personnes à cibler pour ces sanctions, selon le diplomate. (ats / 20 janvier 2011 21:28)


UN RAPPEL UTILE… ON PEUT PARDONNER MAIS ON N’OUBLIERA RIEN !!


Tunisie: Liste des membres du comité central du RCD (rapportée par une dépêche de la TAP le samedi 2 Août 2008)

(TAP) – Voici la liste de la nouvelle composition du comité central du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), issue du 5ème congrès du Défi du RCD : 01- Hamed Karoui 02- Hédi Baccouche 03- Rachid Sfar 04- Chedli Klibi 05- Taieb Sahbani 06- Mohamed Ghannouchi 07- Ali Chaouch 08- Abdallah Kallel 09- Foued Mebazaa 10- Abdelaziz Ben Dhia 11- Abderrahim Zouari 12- Hédi M’henni 13- Sadok Chaâbane 14- Sadok Rabeh 15- Mondher Zenaidi 16- Ahmed Iyadh Ouederni 17- Béchir Tekkari 18- Moncer Rouissi 19- Ridha Grira 20- Taoufik Baccar 21- Chedli Laroussi 22- Habib Haddad 23- Abdelwaheb Abdallah 24- Rafik Bel Haj Kacem 25- Mohamed Gueddiche 26- Sadok Fayala 27- Kamel Haj Sassi 28- Néziha Escheikh 29- Abdelhamid Slama 30- Abdallah Kaabi 31- Zouheir M’dhaffar 32- Faouzi Aouam 33- Abderrahman Bouhrizi 34- Abdelwaheb Jemel 35- Mohamed Ghariani 36- Alifa Farouk 37- Abdelkarim Azaiez 38- Salem El Mekki 39- Hédi Djilani 40- Mabrouk El Bahri 41- Aziza Htira 42- Mohamed El Jéri 43- Mohamed Mehdi Mlika 44- Abderrazek Kéfi 45- Sadok Ben Jemaa 46- Mustapha Bouaziz 47- Abbès Mohsen 48- Mekki Aloui 49- Tijani Haddad 50- Ahmed Friâa 51- Slaheddine Mestaoui 52- Amor Bejaoui 53- Abdelmajid Bédoui 54- Mohamed Troudi 55- Habiba Mosaabi 56- Ryadh Chaâbouni Zghal 57- Abdallah Abâab 58- Béchir Akremi 59- Saida Agrebi 60- Samira Zarrouk 61- Hatem Ben Othman 62- Rafaa Dkhil 63- Nassima Ghannouchi Soussi 64- Saida Rahmouni 65- Mohamed Aouini 66- Said Gombra 67- Lotfi Hamdi 68- Najet Nouri 69- Najeh Drissi 70- Salah Tbarki 71- Afifa Salah 72- Faouzia Khaldi 73- Habib Ammar 74- Naziha Zarrouk 75- Mongi Safra 76- Hamed Mlika 77- Taoufik Cheikhrouhou 78- Sahbi Karoui 79- Tahar Rejeb 80- Ghoulam Debbech 81- Hayet Hamdouni 82- Hajer Sari 83- Raja Klaii 84- Hayet Aloui 85- Olfa Touil 86- Rachid Ben Yedder 87- Abdelwaheb Ben Ayed 88- Hamadi Bousbiaa 89- Belhassen Trabelsi 90- Aziz Miled 91- Abdelkader Hamrouni 92- Moncef Mzabi 93- Lazhar Bououni 94- Mohamed Raouf Khammassi 95- Ali Hafsi El Jedai 96- Mohamed Salah Gharbi 97- Hamadi Ben Hammed 98- Mongi Zidi 99- Foued Gargouri 100-Moncef Ben Fraj 101- Mahmoud Saied 102- Mahmoud Mhiri 103- Foued Daghfous 104- Ryadh Saada 105- Kamel Morjène 106- Boubaker El Akhzouri 107- Hatem Ben Salem 108- Tarak Zribi 109- Souheila Laouini 110- Mohamed Amine Chouchane 111- Olfa Hannafi 112- Hichem Khalsi 113- Nouha Dammak 114- Mohamed Zied Mokrani 115- Imen Essid 116- Karim Zarrouk 117- Rym Chérif 118- Maysa Bent Slimane Zerzeri 119- Mohamed Anouar Ben Kbila 120- Tarek Farjaoui 121- Moufida Bouzidi 122- Kheireddine Jouini 123- Mehrezia Ouni 124- Hédi Ben Khelifa 125- Olfa Ben Mesallem 126- Mohamed Abdelwahed 127- Yosra Kanzari 128- Linda Bent Abderrazek Mouli 129- Béchir Ben Mohamed Ben Hrid 130- Samir Rezgui 131- Nadia Jabri 132- Akram Karoui 133- Saloua Triki 134- Heythem Ouertani 135- Kaouther Missaoui 136- Mohamed Ali Arfaoui 137- Hanen Mastouri 138- Walid Mhiri 139- Rania Gahbiche Hamdane 140- Mohamed Chatti 141- Faten Bellamine 142- Anis Sfar 143- Monia Ben Nasr 144- Hanen Hemadi 145- Aymen Nagra 146- Anouar Saidaoui 147- Latifa Mbarki 148- Wassim Jamoussi 149- Faten Hafiyen 150- Hichem Ben Mohamed Salah Amri 151- Rym Bent Mohamed Ben Hassan Ghanem 152- Karim Amid 153- Asma Kadhi 154- Ahmed Habib Hajjej 155- Radhia Bent Magtouf Larbi 156- Chawki Touati 157- Haifa Sandid 158- Dalila Bent Mohamed Ben Ahmed 159- Aymen Sghaier 160- Mohamed Ben Hédi El Hendaz 161- Najet Mars Kerchid 162- El Fateh Mlihi 163- Massouda Najeh 164- Samah El Ouni 165- Fares Haydar 166- Chayma Ben Soltane 167- Abdelmottalab Ben Salem Hamad 168- Sonia Kadri 169- Lamia Mlaieh 170- Mahmoud Meftah 171- Mohamed Habib Thameur 172- Mohamed Mounir Ben Miled 173- Leila Degnou 174- Massouda Hellali épouse Battikh 175- Jalel Yaakoubi 176- Naceur Chouikh 177- Néji Jarrahi 178- Hayet Ayed 179- M’henni Mezdari 180- Salah Haydri 181- Mansour Belhaj 182- Latifa Touati Ben Saida 183- Fatma Barrani 184- Mohamed Jamel El Ouafi 185- Mounir Ferchichi 186- Ali Chefii 187- Néziha Zouabi 188- Fahd Mohamed Sakhr El Materi 189- Ali Khalifa 190- Mounir Hamdi El Balti 191- Raja El Bouladi 192- Hala Hafsa 193- Chedlia Mahfoudh 194- Hassen Kharrazi 195- Mohamed Oueslati 196- Abdelmajid Souii 197- Manoubia Zouaoui 198- Hédi Jelassi 199- Dalil Ouahbi 200- Rafik Touiti 201- Hamadi Trabelsi 202- Ryadh Hamzaoui 203- Ilhem Nograq Labidi 204- Sadok Negati 205- Najoua Moumen 206- Abdallah Maacha 207- Béchir Jenan 208- Besma Ben Toumine 209- Anjim Ali 210- Ezzeddine Alaya 211- Azzouz Laroussi 212- Mahmoud Mbarek 213- Amel Echouk 214- Hamadi Souissi 215- Nabila Saad Bannani Hrichi 216- Raja Gritli Ennemer 217- Ahmed Jalel Ben Fadhl 218- Jedidi Younès 219- Kamel Daddech 220- Intidhar Snoussi 221- Mahjoub Ben Abderrahman Idriss 222- Lilia Bent Salah Chouchène 223- Chakib Ben Mohamed Larbi Dhaouadi 224- Said Tahar Ben Gueddour Lassoued 225- Fayza Bent Khemais Zaiem 226- Ali Ben Mohamed Tayachi 227- Rafika Massoudi 228- Néji Ben Abdelkrim El May 229- Saloua Guizani 230- Abderrahman Kouki 231- Latifa Béji 232- Amor Bahri 233- Mokhtar Bouabsa 234- Moncef Saabi 235- Khemaies El Bouali 236- Monia Bouslimi 237- Naima Zaghdoudi 238- Ali El Ouji 239- Hamadi Tissaoui 240- Mohamed Naceur Hemissi 241- Hassen Mersni 242- Mejid Khammassi 243- Imededdine Sdiri 244- Ridha Ben Gaddour Bouajina 245- Habiba Bent Mohamed Khalfaoui 246- Mokhtar Ben Younès 247- Jamila Bent El Aid Haouami 248- Rafika Lakhdar 249- Mohamed Dridi 250- Habib Ben Mabrouk Dridi 251- Kheireddine Zahi 252- Salah Toumi 253- Rachida Jelassi 254- Sihem Hmissa Belhaj Salah 255- Samira Baazig Slama 256- Hechmi Ouahchi 257- Khadija Khalfi Fayala 258- Mohamed Moncef Ben Cherifa 259- Bouraoui Ben Hassine 260- Abdellatif Lazreg 261- Ali Belhaj Mbarek 262- Fethia Jallad 263- Nabila Kraiem 264- Nabil Jelassi 265- Fethi Betbout 266- Slimane Hassioun 267- Moncef Haj Salem 268- Jamila Brahim 269- Najoua Salah 270- Mabrouk Laayouni 271- Abderrazak Fekih Hassen 272- Mohamed Ghallab 273- Mehri Ben Fraj 274- Mohamed Moncef Ben Mosbah 275- Rached Ben Hammouda Saoudi 276- Houda Azizi 277- Raoudha Hmizi 278- Souad Najjar Melki 279- Mohamed Mehdwani 280- Hamda Kenani 281- Abdelhamid Jebili 282- Salem Khemili 283- Noura Bouhlali 284- Aicha Mahfoudhi 285- Amara Hajji 286- Mohamed Lamine Dhahri 287- Rachid Daoudi 288- Taoufik Yahyaoui 289- Mohamed Hatem Hassine 290- Fayçal Felhi 291- Leila Chelli Bouazzi 292- Heythem Jebeniani 293- Ikram Makni 294- Hajer Enneifer Chakroun 295- Mahmoud Abid 296- Raouf El Menif 297- Thouraya Chakroun Akrout 298- Tahar Guizani 299- Mohamed Karim Mastouri 300- Amel Klabi 301- Mounira Akrimi 302- Zina Hajlaoui 303- Amel Saibi 304- Faouzi Khachnaoui 305- Hassine Souissi 306- Hamda El Ifi 307- Mohamed Mehdi Kouba 308- Lazhar Dhifi 309- Fethi Amara 310- El Aicha Rkioua 311- Amel Menasri Issa 312- Boujemaa Fourati 313- Wahida Afdhal 314- Lotfi Ali 315- Mohamed Béchir Essai 316- Ismail Bouguerra 317- Samir Dinari 318- Oumeima Bent Abdelhamid Talmoudi 319- Aicha Bent Béchir Souilah 320- Sassia Bent Mabrouk Sanhajia 321- Kamel Ben Ahmed Dadi 322- Chokri Meddeb Hamrouni 323- Mohamed Ben Khalifa Saada 324- Ahmed Ben Abdallah Khalfalli 325- Sassi Ben Amor Yahia 326- Khamsa Bent Hamed Ouerghemmi 327- Abderraouf Jaziri 328- Néjib Bachraoui 329- Amel Karouia Kassir 330- Béchir Ben Amor 331- Jamel Chiouchiou 332- Manoubia Ettaibia 333- Mohamed Hédi El Amairi 334- El Kouni Haffef 335- Mohamed Siouti Meddeb 336- Abderrahman Ben Badr Rouissi 337- Belgacem Ben Mohamed Ameur Jeridi 338- Mohamed Ben Salah Bessaidi 339- Shahrazède Jibs, épouse Walha 340- Abdelkader Ben Said 341- Najeb Belhaj 342- Hassine Ghiloufi 343- Ali Bessghaier (Alias Lahwal) 344- Ali Dhaouadi 345- Hebara Jaffel 346- Salem Lounissi 347- Ezzeddine Zeribi 348- Sami Ben Abdelali 349- Salwa Zahhar, épouse Dalhoum 350- Naceur Mehdouani Conformément à la décision du congrès du RCD, les membres du Conseil des résistants et des grands militants seront ipso facto membres du comité central. (Source : babnet.com)

 

Le Canard Enchaîné soutient la thèse de l’implication US derrière la fuite de Ben Ali


 

Publié par Neil le 20 janvier 2011 à 12h12 (heure de Tunis)

Selon le Canard Enchaîné, les Américains seraient impliqués dans le départ de Ben Ali. L’information a été reprise par la chaine française de news France24 et évoquée dans sa revue de presse de ce matin.

Donc selon France24.com, le Canard rapporte des propos tenus par la ministre française des Affaires étrangères des propos, Michèle Alliot-Marie, qui laisse savoir que « …ce sont les Américains qui ont pris les choses en main. Ils étaient convaincus que le maintien par la force du régime ne pouvait que faire le lit, à terme, des islamistes ».

Aussi, elle ajoute que « les militaires américains ont parlé avec leurs homologues tunisiens, et Ben Ali a été prié de quitter, sans plus attendre, le territoire. Inutile de préciser que les Américains n’ont pas pris la peine de nous tenir au courant ».

Cette thèse s’ajoute à celle annoncée, lundi 17 janvier, par BFM.TV qui soutient le scénario de la pression américaine derrière la fuite de Ben Ali.

BFM.TV a rapporté, selon des spécialistes , que le départ du dictateur s’était déroulé sous la « protection » américaine qui avait transféré le despote par un hélicoptère sur l’île de Malte où l’attendait un avion prêt à décoller mis à sa disposition par le ministère saoudien de l’Intérieur. Ensuite l’avion s’est dirigé vers Dubaï afin que Ben Ali récupère sa femme pour rejoindre enfin Jeddah.

Lire aussi: Les Américains derrière la fuite de Ben Ali ?

(Source: http://www.webdo.tn/, le 20 janvier 2011) 


L’attitude de la Libye suscite la méfiance des Tunisiens


 

Griffonné à la va-vite sur un morceau de carton, un slogan se distinguait des autres, mercredi 19 janvier, dans la manifestation qui a rassemblé à Tunis, la capitale, plusieurs centaines de personnes dans un climat très calme. « La Tunisie aux Tunisiens. Non à l’intervention étrangère », pouvait-on lire.

Depuis les déclarations deMouammar Kadhafi, au lendemain de la chute de l’ancien présidentZine El-AbidineBen Ali, le 15 janvier, le sujet est pris très au sérieux.

« La Tunisie vit désormais dans la peur », avait souligné le dirigeant libyen, dans un discours relayé par l’agence de presse Jana. « Des familles peuvent être attaquées et massacrées dans leurs lits, et les citoyens dans la rue tuent comme s’il s’agissait de la révolution bolchevique ou américaine », avait-il affirmé avant d’ajouter : « A quoi cela sert-il ? A renverser Zine El-Abidine ? Ne vous a-t-il pas dit qu’il s’effacerait dans trois ans ? Soyez patients pendant trois ans et vos enfants resteront en vie. »

La « leçon » du « Guide de la révolution » a été perçue comme une menace à peine voilée. « Cette inquiétude est légitime, observe l’économiste Mahmoud Ben Romdhane, membre du parti Ettajdid (ex-communiste), car il détient des leviers de pression. »

Pour beaucoup, la réaction du chef de l’Etat libyen pourrait ne pas se limiter aux aspects économiques mais prendre la forme de représailles directes, avec l’envoi d’armes et de mercenaires. Prenant la parole à l’aéroport de Tunis-Carthage, le président du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme, Kamel Jendoubi, de retour en Tunisie le 17 janvier après un exil de dix-sept ans en France, avait lancé : « Kadhafi risque de mettre le paquet pour créer le chaos en Tunisie. Il ne faut surtout pas qu’il déstabilise le pays. »

L’inquiétude est partagée. « Il suffirait qu’il ferme sa frontière et cela poserait un grave problème économique pour la Tunisie », dit-on de source diplomatique américaine. « Si j’étais tunisien, mon principal souci, ce serait la Libye », acquiesce un diplomate occidental.

L’ancien président tunisien, si l’on en croit son ambassadeur à l’Unesco, Mezri Haddad, démissionnaire quelques heures avant sa chute, « a sollicité l’aide de la Libye pour qu’elle intervienne ».

L’arrestation d’Ali Seriati, le chef de la garde présidentielle de M. Ben Ali, à Ben Gardane, près de la frontière tuniso-libyenne, a renforcé les craintes de ceux qui dénoncent la présence massive, de l’autre côté, de fidèles de l’ancien chef de l’Etat réfugiés sur un « territoire sûr ».

Combien seraient-ils ? Plusieurs centaines, assurent certains. A posteriori, l’hommage appuyé de l’ex-chef de l’Etat tunisien à son homologue libyen, dans l’un des discours prononcés avant sa fuite, pour le « remercier » d’avoir proposé d’accueillir les jeunes chômeurs tunisiens sur son sol, a été réinterprété comme un message de soutien, presque un code, entre les deux dirigeants.

« Ce qui s’est passé en Tunisie, analyse Souhayr Belhassen, la présidente de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), c’est la chute du mur de Berlin dans le monde arabe, avec des conséquences partout. »

Comme en écho, Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, réunie mercredi soir à Charm-El-Cheikh, en Egypte, sur le développement économique et social des pays arabes, est revenu sur le sujet. « Ce qui arrive en Tunisie, a déclaré M. Moussa, (…) n’est pas sans rapport avec les sujets discutés lors de cette réunion : le citoyen arabe en est arrivé à un niveau d’exaspération jusqu’ici inégalé. »

Pour Mme Belhassen, cette préoccupation affichée est à double tranchant : « Cela révèle l’irréversibilité de la révolution tunisienne mais également la véritable haine qu’elle suscite, notamment en Libye. » L’Europe et la France, conclut-elle, « devraient ouvrir les yeux sur ce danger ».

Forte, selon les estimations les plus optimistes, de 45 000 hommes, l’armée tunisienne, devenue populaire depuis la chute de l’ancien régime, apparaît plus que jamais comme un rempart aux yeux de la population.

Bien que mobilisée pour protéger les sites sensibles de la Tunisie depuis le départ de M. Ben Ali, notamment dans la capitale, elle se serait gardée, cependant, de dégarnir sa frontière dans le Sud-Est.

Source:”Le Monde.fr” Le 20-01-2011

La brutale vérité sur la Tunisie

Du sang, des larmes, mais pas de démocratie. Une crise sanglante ne fait pas nécessairement présager l’avènement de la démocratie.

Est-ce la fin de l’époque des dictateurs dans le monde arabe ? Certes, ils tremblent dans leurs bottes au Moyen-Orient, les cheiks bien nantis et les émirs et les rois, dont un très âgé en Arabie saoudite et un jeune en Jordanie, et les présidents – un autre très âgé en Egypte et un jeune en Syrie – car ce qui s’est passé en Tunisie n’était pas censé se produire.

Émeutes à cause des prix alimentaires en Algérie… Manifestations contre la hausse des prix à Amman. Sans parler des dizaines de morts en Tunisie, dont le despote a cherché refuge à Riyad – exactement dans la même ville où un nommé Idi Amin [Dada] a une fois trouvé refuge.

Si cela peut arriver dans la destination de vacances qu’est la Tunisie, cela peut arriver n’importe où, n’est-ce pas ? [La Tunisie] a été félicitée par l’Occident pour sa « stabilité » à l’époque où Zine el-Abidine Ben Ali la dirigeait. Les Français, les Allemands et les Britanniques, osons le dire, ont toujours fait l’éloge du dictateur – un « ami » de l’Europe civilisée – qui gardait une main de fer sur tous ces islamistes.

Les Tunisiens n’oublieront pas cette petite histoire, même si nous aimerions qu’ils l’oublient. Les Arabes avaient l’habitude de dire que les deux tiers de la totalité de la population tunisienne – sept millions sur 10 millions, soit pratiquement la population adulte – travaillait d’une façon ou d’une autre pour la police secrète de M. Ben Ali.

Ils doivent avoir été dans la rue aussi, alors, pour protester contre l’homme que nous avons tant aimé jusqu’à la semaine dernière. Mais ne vous excitez pas trop. Oui, les jeunes Tunisiens ont utilisé l’Internet pour se rallier entre eux – et en Algérie, aussi – et la jeunesse en explosion démographique (née dans les années 80 et 90, sans emplois après l’université) est dans la rue.

Mais un gouvernement « d’unité » doit être formé par Mohamed Ghannouchi, un satrape de M. Ben Ali durant près de 20 ans, une paire de bras sans danger qui aura nos intérêts particuliers à coeur plutôt que ceux de son peuple.

Car je crains que cela ne soit la même vieille histoire. Oui, nous aimerions avoir une démocratie en Tunisie – mais pas trop de démocratie. Rappelez-vous combien nous voulions la démocratie en Algérie dans les années 90 ? Puis, quand il est apparu que les islamistes pouvaient gagner le deuxième tour de scrutin, nous avons appuyé son gouvernement, soutenu par l’armée, pour qu’il suspende les élections et écrase les islamistes, générant une guerre civile dans laquelle il y a eu 150 000 morts.

Non, dans le monde arabe, nous voulons l’ordre et la stabilité. Même dans l’Egypte corrompue du corrompu Hosni Moubarak, c’est ce que nous voulons. Et nous y parviendrons.

La vérité, bien sûr, est que le monde arabe est tellement désorganisé, sclérosé, corrompu, humilié et sans pitié – et n’oubliez pas que M. Ben Ali a été jusqu’à qualifier les manifestants tunisiens de « terroristes » la semaine dernière – et donc totalement incapable de tout progrès social ou politique, que les chances qu’une série de démocraties émerge du chaos au Moyen-Orient se situent autour de 0%.

Le travail des potentats arabes sera ce qu’il a toujours été – c’est-à-dire « gérer » leurs peuples, les contrôler, maintenir le couvercle, aimer l’Occident et haïr l’Iran.

En effet, que faisait Hillary Clinton la semaine dernière alors que la Tunisie brûlait ? Elle expliquait aux princes corrompus du Golfe que leur travail consistait à soutenir les sanctions contre l’Iran, pour faire face à la République islamique, pour se préparer à une nouvelle guerre contre un Etat musulman après les deux guerres catastrophiques que les États-Unis et le Royaume-Uni ont déjà infligées à la région.

Le monde musulman – du moins, la partie de celui-ci située entre l’Inde et la Méditerranée – est un endroit rien de moins que désolé. L’Irak a une sorte de gouvernement qui est à présent un satellite de l’Iran, Hamid Karzaï n’est rien de plus que le maire de Kaboul, le Pakistan est au bord d’une catastrophe sans fin, l’Égypte vient de sortir d’une autre élection complètement trafiquée.

Et le Liban … Eh bien, le pauvre vieux Liban n’a même plus de gouvernement. Le sud-Soudan – si les élections sont justes – sera peut-être une petits chandelle, mais ne parions pas trop sur lui.

C’est le même vieux problème pour nous en Occident. Nous avons à la bouche le mot « démocratie » et nous sommes tous pour des élections justes – à condition qu’au moment du vote les Arabes choisissent ceux pour qui nous voulons qu’ils votent.

En Algérie il y a 20 ans, ils n’ont pas joué le jeu. En « Palestine » non plus. Et au Liban, en raison de l’accord dit de Doha, ils ne l’ont pas fait non plus. Alors nous les sanctionnons, les menaçons et les mettons en garde à propos de l’Iran et attendons d’eux qu’ils se taisent quand Israël vole encore plus de terres palestiniennes pour ses colonies en Cisjordanie.

Il y a une ironie terrible que ce soit le vol par la police d’un étal de fruits d’un ex-étudiant – et son suicide qui a suivi – qui ait déclenché tout cela, M. Ben Ali faisant une tentative infructueuse de gagner le soutien du public en visitant le jeune qui se mourait à l’hôpital.

Pendant des années, ce pauvre [Ben Ali] avait parlé d’une « libéralisation lente » de son pays. Mais tous les dictateurs savent qu’ils se retrouvent plus en danger quand ils commencent à libérer de leurs chaînes leurs compatriotes emprisonnés.

Et les Arabes se comportent en conséquence. A peine Ben Ali s’est-il envolé en exil que les journaux arabes qui lui avaient caressé le poil, ciré les chaussures et reçu son argent pendant tant d’années, ont été jusqu’à vilipender l’homme. « Anarchie », « corruption », « règne autoritaire », « un manque total de droits de l’homme », disent à présent les journalistes. Rarement les mots du poète libanais Khalil Gibran n’ont retenti de façon si douloureusement percutante : « Pitié pour les pays qui se félicitent de leur nouveau maître avec fanfares, puis lui font ses adieux sous les huées, pour seulement en accueillir un nouveau avec des trompettes. » Mohamed Ghannouchi, peut-être ?

Bien sûr, tout le monde veut désormais réduire les prix – ou promettre de le faire. L’huile pour la cuisine et le pain sont les aliments de base des peuples. Ainsi, les prix vont baisser en Tunisie, en l’Algérie et en Egypte. Mais pourquoi devaient-ils être si élevés auparavant ?

L’Algérie devrait être aussi riche que l’Arabie saoudite – elle a le pétrole et le gaz – mais elle possède l’un des pires taux de chômage au Moyen-Orient, sans sécurité sociale, sans retraite, sans rien pour son peuple parce que ses généraux ont détourné la richesse de leur pays loin en Suisse.

Et la brutalité policière… Les chambres de torture vont continuer. Nous allons maintenir nos bonnes relations avec les dictateurs. Nous allons continuer à les armer et leur dire de rechercher la paix avec Israël.

Et ils feront ce que nous voulons. Ben Ali a fui. Nous cherchons maintenant un dictateur un peu plus souple en Tunisie – un « homme fort et bienveillant » comme les agences de presse aiment bien nommer ces affreux individus.

Et le spectacle continuera – comme il l’a fait hier en Tunisie – jusqu’à ce que « la stabilité » ait été restaurée.

Non, tout compte fait, je ne pense pas que l’âge des dictateurs arabes soit terminé. Nous verrons…

 Source : « Info-Palestine.net » Le 20-01-2011

Ben Ali et la liste des 65 flatteurs


 

Petite histoire de l’appel, en août 2010, de personnalités en faveur d’un sixième mandat du président tunisien.

 

Au mois d’août 2010, le quotidien arabophone Echourouq publie un appel de 65 personnalités tunisiennes (médecins, avocats, personnalités de la culture, etc.) de divers horizons, au président Ben Ali, l’exhortant à se représenter pour un nouveau mandat présidentiel (le sixième) de 2014 à 2019. Quelque temps plus tard, le nombre des signataires passe à 100 puis à 1000. Cette prose atteint un rare niveau de flagornerie. 

Pour leur défense, les signataires (ou leurs proches) expliquent qu’ils n’ont « jamais lu le texte pour lequel ils auraient soit disant pétitionné. Quand ils l’ont été, ils ont été contactés par la présidence avec pour seule question: – On veut que M. le Président se représente en 2014, êtes-vous avec ou contre le président? », rapporte un internaute de LEXPRESS.fr. Si cette réserve vaut pour les listes de 100 et de 1000 qui ont suivi la première mouture, nombre d’observateurs mettent en doute le fait que les 65 premiers signataires aient totalement ignoré leur présence sur cette liste. 

Extraits:

« La Tunisie a choisi, sous votre conduite, la voie de la réforme et de la modernisation et le défi aujourd’hui est de poursuivre sur cette voie, après que vous ayez enrichi, d’un capital sans équivalent, notre expérience nationale en matière de changement social et de construction civilisationnelle, un capital qui vous a valu la confiance de votre peuple, et dont témoignent la prospérité de notre peuple et son bien-être, ainsi que le progrès du pays et son développement qui lui a valu d’occuper les meilleurs positions dans son environnement régional et international ».  

Le texte et la liste sont consultables sur le portail tunisienKapitalis: « Les signataires, dont de nombreux anciens ministres, médecins, universitaires, hommes d’affaires et artistes, concluent leur appel en disant: ‘Toutes les mutations importantes autour de nous et celles à venir soulignent la nécessité pour la Tunisie d’un commandement de la valeur de celui du président Zine El Abidine Ben Ali, avec tout son poids et toute sa sagesse’.  

De rares réactions

Au moment de la parution de la pétition, Yahyaoui Mokhtar s’étranglait sur le site d’oppositionTunisiaWatch: « En lisant le texte de l’appel, on dirait que le président Ben Ali est réticent à ‘poursuivre la direction de la Tunisie’. Or, ce n’est pas le cas, tout le monde sait à l’intérieur comme à l’étranger que le président Ben Ali ne lâchera jamais le pouvoir de son propre gré. »  

« J’aimerais sincèrement croire que ces personnes eussent été manipulées, voire forcées à signer cette ignoble missive, mais mon petit doigt me dit (excusez la petitesse de ma source) que cette « élite » qui a toujours brillé par son silence durant 22 ans de dictature, a simplement confondu son besoin à ELLE de Ben Ali avec celui de l’ensemble de la Tunisie », se moque un auteur sur le blog collectifNawaat.

Rebondissements

Si l’affaire a fait peu de bruit à l’époque, censure oblige, elle rebondit aujourd’hui sur la toile, alors que plusieurs des signataires ont été pris en flagrant délit de retournement de veste.  

Ainsi, le cinéaste et producteur tunisien Tarek Ben Ammar, qui explique sur Europe 1 que le peuple tunisien a courageusement tourné cette page et combien cette « révolution » est salutaire. Notre confrèreRenaud Revela rappellé sur son blog qu’il est signataire de la fameuse liste.  

Une autre personnalité célèbre du « renouveau tunisien » fait partie de cette liste, il s’agit de la ministre de la CultureMoufida Tlatli, comme nous l’indiquions le 18 janvier.  

Par ailleurs, cette fameuse liste semble mettre dans l’embarras ceux qui l’avaient mise en ligne. Ainsi, le blogueurSami Ben Abdallah révélait, ce 19 janvier au matin que le site Leaders dirigé par l’homme d’affaires Taoufik Habaieb venait de retirer la liste de son site, et rappellait que ce dernier « avait exprimé son souhait publiquement de rejoindre » les pétitionnaires. La liste étaità nouveau accessible sur Leaders quelques heures plus tard.

Source : « L’express » Le 20-01-2011

Jeunes de Tunisie : « C’est aux partis de venir nous chercher »


 

 Jusqu’à présent, personne ne s’était véritablement soucié de savoir ce qu’ils pensaient, ce qu’ils voulaient, à quoi ils aspiraient. Aujourd’hui, avec la perspective de la tenue d’un scrutin présidentiel à l’issue de latransition – dans six mois selon le Premier ministre – les jeunes se retrouvent, de facto, au cœur de l’équation politique.

Problème : ils n’ont personne à qui s’identifier, hormis le tout nouveau ministre de la Jeunesse et blogueur Slim Amamou, connu pendant les émeutes sous le nom de@slim404 sur Twitter.

Divorce ? Le terme est mal choisi. Car en réalité, le mariage n’a jamais été célébré. La jeunesse tunisienne et la classe politique ne se sont tout simplement pas encore rencontrés.

L’opposition ne dispose d’aucun relais auprès des jeunes

La révolution tunisienne est d’abord la révolution de la jeunesse. Elle a été initiée par le sacrifice de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant de 26 ans. Et les moins de 30 ans, qui forment 53% de la population, en ont été les fers de lance. Dans la rue et sur leWeb.

Attitudes et réflexes d’apparatchiks, discours formatés, manquant de spontanéité, absence totale d’émotions : les pontes du RCD, tout au long des 23 ans de régime de Ben Ali, n’ont rien fait pour donner une image incarnée de la politique. Ils n’ont jamais eu à se vendre ou à faire campagne, les élections étant toutes jouées d’avance.

Le tableau est à peine plus réjouissant côtéopposition. Certes, ses leaders ne pratiquent pas – ou beaucoup moins – la langue de bois. Mais ils sont âgés : Moncef Marzouki a 65 ans, Ahmed Brahim 66, Néjib Chebbi 67 et Mustapha Ben Jaâfar approche des 70. Et leurs références politiques sont souvent datées, idéologiquement parlant.

Mais le principal handicap de l’opposition réside ailleurs : dans son déficit de notoriété. Totalement muselée, privée d’antenne, interdite de journaux et de réunions publiques, l’opposition démocratique a surtout cherché à survivre sous Ben Ali. Aujourd’hui, elle ne dispose pratiquement d’aucun relais auprès des jeunes.

« La faillite du régime est aussi un peu celle de l’opposition »

Khaled, 37 ans, ancien syndicaliste étudiant, tempère :

« Il y a des raisons objectives à cela : Ben Ali a cassé l’Uget [Union générale des étudiants tunisiens, ndlr], il a implanté des postes de police dans l’enceinte des universités et a transformé les campus en casernes. Les gens de ma génération sont les derniers à avoir reçu une éducation militante à la faculté. »

Emna, employée dans une société de services informatiques implantée dans la banlieue de Tunis et cybermilitante, résume assez bien le sentiment qui anime la jeunesse tunisienne : pas de chèque en blanc.

« Le RCD doit dégager, comme Ben Ali. J’aimerais faire confiance à l’opposition. Mais je n’y arrive pas. Je sais que ces gens ont été courageux, qu’on les a brimés et parfois persécutés. Mais cela ne les exonère pas. Car en un sens, la faillite du régime est aussi un peu la leur, car ils n’ont pas été capables de l’abattre. »

Fayçal, 24 ans, étudiant aux beaux-arts, à Tunis, avoue qu’il ne connaît pas grand-chose à la politique, et ne demande qu’à s’y intéresser. Mais il ne veut pas faire le premier pas :

« Les partis souhaitent que les jeunes s’engagent. Moi, j’estime que c’est d’abord à eux de faire des gestes en notre direction. Maintenant, ma voix compte, elle peut faire la différence, elle a un prix. J’ai envie d’être dragué ! C’est aux partis de venir nous chercher, pas l’inverse. A eux de trouver les moyens de venir à notre rencontre, et d’utiliser les moyens modernes de communication, Internet, Facebook, ou la télévision… »

Source : « rue89 » Le 20-01-2011

La révolution tunisienne met les régimes arabes à l’épreuve


 

La chute du régime du président Ben Ali, en Tunisie, inspire les opposants de plusieurs pays arabes, sans pour autant menacer à court terme leurs régimes.

S’il est de notoriété publique que le jeu de dominos est fort prisé dans les pays arabes, on ne peut en tirer de conséquences sur la politique de ces États. Même si le premier « domino » tunisien vient de tomber, rien ne dit que l’Algérie, le Maroc, l’Égypte ou la Jordanie seront emportés par des manifestations.

L’inquiétude est de mise au sein des régimes arabes. Le sommet des dirigeants de la Ligue arabe, qui se tenait hier en Égypte, a été largement consacré aux événements en Tunisie. Le chef de la diplomatie koweïtienne avait résumé dès mardi l’état d’esprit qui prévaut chez les dirigeants arabes : « Des peuples mènent des insurrections et les citoyens arabes se demandent : est-ce que les régimes arabes peuvent répondre à ces défis de manière dynamique ? »

Si l’on peut dresser des parallèles en matière de pauvreté, de corruption et de verrouillage politique, les réalités propres à tous ces pays font qu’il serait extrêmement hasardeux de voir la « Révolution de jasmin » répandre un parfum démocratique sur des pays totalitaires.

À en juger par les premiers résultats de la révolte tunisienne, seul le désespoir est en train de triompher au-delà des frontières de ce petit pays. Une série de gestes extrêmes a été observée, ces derniers jours, en Égypte et en Algérie. Un autre cas a été recensé en Mauritanie. Les malheureux qui en sont arrivés à commettre de tels actes étaient plus souvent poussés par la misère que par une revendication politique, comme le firent, voici près de cinquante ans, les moines du Vietnam.

Les slogans ont suivi

La crise économique et le renchérissement des denrées de première nécessité ont davantage fait pour entraîner la chute du régime tunisien que les aspirations à davantage de démocratie. Même si celles-ci sont réelles. Les slogans appelant à la liberté ont suivi et fait que les responsables politiques de l’opposition sont apparus pour canaliser ce mécontentement.

En Algérie, un mouvement de ce type est en train de naître, mais plus timidement. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), parti politique d’opposition, appelle à une mobilisation pour samedi. La manifestation a été interdite. Des étudiants sont aussi descendus dans la rue, mais sans que leur mouvement n’atteigne les mêmes proportions que chez leurs voisins. Il n’est pas sûr que les Algériens soient massivement prêts à se révolter. Les 200 000 morts de la guerre civile, née de la percée islamiste qui avait annexé l’expérience démocratique après les émeutes de 1988, explique cette prudence. Par ailleurs, le pays est solidement quadrillé par les forces de sécurité dont les chefs sont accrochés à leur pouvoir politico-militaire. Pour parer aux fortes hausses prévues du prix du blé sur le marché mondial, le gouvernement algérien fait actuellement d’énormes achats de précaution. Il s’agit, évidemment, d’éviter des émeutes de la faim plus violentes que celles de ces derniers jours.

Au Maroc, la situation sociale est tendue. Un fort courant islamiste agite les plus défavorisés. Mais, la personnalité du roi, commandeur des croyants, fait qu’il est encore très respecté. Là aussi, il ne faudrait pas que la misère atteigne le stade de l’insoutenable.

Le conflit au Proche-Orient

L’Égypte d’Hosni Moubarak est tout aussi fragile. Le gouvernement, à l’instar de son homologue algérien, est revenu sur des hausses des prix de denrées indispensables à la survie des plus pauvres. Mais l’opposition extrêmement forte des fondamentalistes, notamment des Frères musulmans, représente un réel danger pour le président Moubarak, que l’on dit malade.

Le roi de Jordanie est plus jeune que le raïs égyptien, mais il est, lui aussi, à la tête d’un pays fragile. La pauvreté y alimente des courants protestataires.

Un autre élément peut générer une explosion, à Amman comme au Caire : le conflit israélo-palestinien. La politique modérée de ces deux États à l‘égard d’Israël est mal vécue par une bonne partie de leur population. Mais dans ces deux pays, la loyauté des forces de sécurité est garante de la survie des régimes.

Si elle venait à basculer, ils seraient emportés rapidement.

Source: ”L’Alsace.fr” Le 20-01-2011

Tunisie : une « bataille de com » sur le web


 

TEMOIGNAGE – Il a 30 ans, est tunisien, vit en France et veut poursuivre la révolution sur le web.

Que retiendra-t-on des événementsqui ont emporté le régime de Ben Ali en Tunisie ? Nul ne le sait encore, mais ceux qui ont participé au mouvement de protestation entendent bien se battre pour que leur « révolution » ne soit pas réécrite, réinterprétée par leurs opposants. C’est en tout cas l’objectif de Mohamed Dhaoui, Tunisien de 30 ans, vivant en France depuis une dizaine d’années et fondateur du collectif Action tunisienne.

Le 14 janvier dernier, le soir même où a été décrété l’état d’urgence en Tunisie, le jeune homme s’est planté devant son ordinateur pour réserver trois noms de sites internet : « action.tunisienne.org,revolution.tunisienne.com etrevolutionjasmin.com« , explique-t-il à Europe1.fr.

« Il faut couper l’herbe sous le pied des contre-révolutionnaires »

Le système Ben Ali renversé, « le web reste encore un enjeu » pour ceux qui se sentent liés à ce mouvement de contestation, estime Mohamed Dhaoui.

Le jeune homme le martèle : « Il est évident qu’il fautêtre encore présent sur internet et aller vite ». « Moi, j’ai rapidement déposé ces noms de sites pour couper l’herbe sous le pied des contre-révolutionnaires », ajoute-t-il. En somme, pour lui, le web est toujours un lieu de lutte, celui « d’une bataille de la communication ».

Dans ce contexte, Mohamed Dhaoui estime qu’il est primordial d’occuper le terrain, de ne pas se laisser déposséder du net qui a été, pour eux, un allier précieux. Leur mouvement doit se poursuivre sur les réseaux sociaux – comme Facebook et Twitter – et investir de nouveaux sites.

Révolutiondejasmin.com

Pour ces raisons, il entend faire de son futur site « revolutionjasmin.com« , un territoire où les intellectuels, les anonymes ou les militants viendront raconter ce qu’ils ont vu lors du mois de janvier en Tunisie. « Ce sera un espace pour qu’ils donnent leurs points de vue, postent leurs photos ou des vidéos », assure-t-il.

Ses deux autres sites seront, eux, des plateformes consacrées aux associations, pour qu’elles puissent s’unir, s’organiser et échanger des services. La premièreaction.tunisienne.org devrait voir le jour dans les semaines qui viennent.

Source : « europe1 » Le 20-01-2011

La Tunisie, sous la menace islamiste?


 

Le parti intéressé, Enhanda, s’en défend, et se définit comme plutôt proche de l’AKP, le parti turc au pouvoir.

Avant que le régime Ben Ali ne s’effondre, le député français Christian Vanneste faisait remarquer qu’il valait mieux un régime autoritaire qu’islamiste.Remarque partagée par pas mal de partisans du « moindre mal ». Or, si l’influence islamiste est réelle en Egypte par exemple, avec les Frères Musulmans, qu’en est-il de la Tunisie? Le parti Enhanda se défend Dans une interview au Parisien, son porte-parole, Hamadi Djebali, affirme que son mouvement « n’a pas l’intention d’organiser un retour à la Khomeiny » pour Rached Ghannouchi (homonyme du premier ministre, mais sans lien de parenté), le leader du parti (Khomeiny était revenu pour déposer le Shah d’Iran en 1979). « Enhanda revendique avant tout la reconnaissance du multipartisme et son droit légitime à participer à la construction d’un nouvel échiquier politique. Nous ne cherchons pas la confrontation ». D’après L’Express, le leader des islamistes tunisiens est même mal vu par la chaîne extrémiste libanaise Al Manar. Le New York Times l’a même qualifié de « progressiste ». Cela dit, la méfiance demeure Le parti n’est pas représenté dans le gouvernement mort-né-en coma dépassé d’union nationale, où sont représentées d’autres forces de l’opposition. Et ce alors qu’il en avait fait la demande. Enhanda, combien de divisions? Quand ils ont été autorisés à participer aux élections législatives, en 1989, le parti avait recueilli 15% des voix. Mais il a subi un coup terrible en 1991 quand Ben Ali a fait emprisonner 30.000 de ses membres. Depuis, « le mouvement islamiste semble désorganisé » explique le chercheur français Pierre Vermeuren à L’Express. Et très isolé: d’après un article de Libération datant de 2004, pour les formations d’opposition, l’islamisme fait office de repoussoir. Ils n’ont pris part que de façon marginale à la révolution, note Slate: « pour le moment, la révolte a été remarquablement exempte de relents théocratiques ». Une seule fois un de leurs leaders a pris la tête d’un cortège, précise Jeune Afrique. Pourtant, dans le même journal, le leader Rached Ghannouchi parle « d’intifada » pour qualifier la révolution.

Source: “Le Post” Le 20-01-2011

L’Autorité palestinienne interdit une manifestation de soutien à la Tunisie


 

L’Autorité palestinienne a empêché la tenue d’un rassemblement de soutien à la révolution tunisienne, qui devait avoir lieu mercredi 19 janvier, à Ramallah, la capitale politique de la Cisjordanie. Les quelque dizaines de manifestants qui ont bravé l’interdiction des autorités, se sont heurtés, lorsqu’ils sont arrivés sur le Manara, la grande place de la ville, à un rassemblement de militants du Fatah, le parti du président palestinien,Mahmoud Abbas

Organisé pour défendre la cause des prisonniers palestiniens en Israël, cet évènement est tombé à point nommé pour servir de contre-manifestation. Le cordon de policiers autour du Manara et la présence parmi les manifestants de nombreux agents des moukhabarrat (services secrets) ne laissaient guère de doute quant à l’intention de l’Autorité palestinienne d’empêcher toute expression de solidarité avec la « révolution du jasmin ».

A peine un jeune Palestinien a-t-il commencé à agiter un drapeau tunisien, qu’un officier de police a arraché l’étendard, au motif qu’il perturbait la manifestation en l’honneur des prisonniers. « C’est incroyable, explique Omar Barghouti,l’une des figures de proue de la société civile palestinienne, qui était présent sur place. La police est en train de confirmer l’accusation selon laquelle l’Autorité palestinienne est du côté deBen Ali [l’ex-président tunisien, chassé par la révolution] et qu’elle a aussi peur que lui du peuple et de la rue. Ben Ali est parti, mais il y a encore plein de Ben Ali au pouvoir dans le monde arabe et l’Autorité palestinienne ne veut surtout pas les froisser. »

« UNE DÉCISION PRÉSIDENTIELLE »

Joint par Le Monde,Ghassan Khattib, le porte-parole du gouvernement palestinien, a appelé la police pour demander des précisions sur ce qui s’était passé. La police a répondu qu’« un tel incident ne devrait pas arriver, et s’il est arrivé, nous le déplorons. Si nous recevons une plainte, nous enquêterons’.’

La décision de manifester en faveur de la Tunisie avait été prise par une poignée de jeunes Palestiniens, dont certains ont fait des études dans ce pays. Il s’agissait d’une initiative spontanée, en dehors de tout cadre partisan ou institutionnel. Le gouvernorat de Ramallah, responsable pour les questions d’ordre public, avait initialement donné son feu vert.

« Mais un contre-ordre est tombé cinq minutes plus tard, en provenance de la Moqata’a, le siège de la présidence palestinienne, interdisant la manifestation et tout usage du drapeau tunisien », affirme Shawan Jabarin, le directeur d’Al Haq, une ONG de défense des droits de l’homme auprès de qui les organisateurs étaient venus chercher conseil. « Des contacts au sein du gouvernement m’ont confirmé qu’il y a une décision présidentielle pour interdire toute manifestation en dehors du cadre du Fatah, assure un organisateur qui requiert l’anonymat. Ils ont la trouille que la moindre étincelle mène à un soulèvement contre Israël ou bien que les gens demandent des comptes à l’Autorité palestinienne. »

Hasard ou non, le régime de Ramallah avait décidé entretemps d’autoriser une manifestation pour les prisonniers, à la même heure et au même emplacement que le rassemblement pour la Tunisie. Il s’agissait d’une réunion de soutien à la famille d’un détenu, victime d’un empoisonnement dans sa cellule en Israël. C’est ainsi que les manifestants pro-Tunisie qui avaient décidé de passer outre l’interdiction de la Moqata’a, ont vu leur voix étouffer par la sono et les slogans des Fatahwis, venus en nombre bien plus grand.

« NOUS SOUHAITONS LE MEILLEUR POUR LA CHÈRE TUNISIE »

« Je ne sais pas s’il s’agit d’une manœuvre délibérée », explique un autre organisateur, qui demande lui aussi l’anonymat et qui se dit soucieux d’éviter toute confrontation avec l’Autorité palestinienne. « Nous n’avons pas voulu détourner l’attention de la question des prisonniers, qui est une priorité plus importante. C’est pour cela que nous avons accepté de reporter notre manifestation. Je ne sais pas si nous aurons un permis. L’Autorité palestinienne donne l’impression de ne pas vouloir prendre de position sur la question tunisienne. »

Au lendemain du départ du président Ben Ali, un communiqué de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) avait rendu hommage au« courage sans précédent » et au « sacrifice héroïque » du peuple tunisien. Mais ce texte publié par Yasser Abed Rabbo, le secrétaire général de la centrale palestinienne, avait été désavoué peu après par un conseiller de Mahmoud Abbas, Ahmed Abdel Rahmane. « Nous souhaitons le meilleur pour la chère Tunisie et présentons nos condoléances aux familles des victimes et affirmons que nous maintiendrons les meilleurs relations avec la Tunisie », affirmait ce dernier dans une mise au point très prudente.

Après avoir été chassé du Liban en 1982 par une offensive israélienne,Yasser Arafat, alors chef de l’OLP, avait trouvé refuge en Tunisie. La direction du mouvement palestinien était restée dans ce pays jusqu’en 1994, date de son installation à Gaza. Durant cette période, elle avait noué de très bonnes relations avec le président tunisien Habib Bourguiba et son successeur, Zine El Abidine Ben Ali, aujourd’hui réfugié en Arabie saoudite.

Source: “Le Monde.fr” Le 20-01-2011

Lien:http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/01/20/l-autorite-palestinienne-interdit-une-manifestation-de-solidarite-avec-la-tunisie_1467948_3218.html

Obama to Mubarak: Forget Tunisia


 

Tunisia’s popular revolution should have been a wake-up call to the rotting autocracy of Egypt’s Hosni Mubarak and his supporters in the Obama administration. Instead, Cairo is moving to retrench, with the tacit blessing of President Obama. Aged Tunisian president Zine al-Abidine Ben Ali had barely reached exile in Saudi Arabia when Egypt’s foreign minister, Ahmed Aboul Gheit, proclaimed that any notion that Ben Ali’s 23-year-old regime resembled the 29-year-old reign of Mubarak was « pure nonsense. » Suggestions that the 82-year-old Mubarak’s repression of peaceful secular opposition could lead to an uprising by Egypt’s own massive class of young and underemployed people were « fantasies, » he insisted.

Such stonewalling could have been expected from the 68-year-old Abould Gheit, one of Mubarak’s most faithful retainers. Nor is it surprising that Mubarak and his court would ignore the alarming signs that Egypt is producing the same sparks that ignited Tunisia: In the last ten days nine Egyptian protesters have either set themselves on fire or attempted to, in imitation of the self-immolation that triggered the Tunisian revolution.

More surprising is the Obama administration’s defacto suport for Mubarak’s immobility. On Tuesday, Obama called Mubarak; according to a White House « readout, » they discussed « a broad range of issues, to include the New Year’s attack on a Coptic Christian church in Alexandria, developments in Tunisia and Lebanon, and how best to advance Middle East peace. »

According to both the statement and my own sources, here is what the two did not discuss: the need for change of any kind in Egypt. This in spite of the fact that Mubarak just staged a rigged parliamentary election in which his opposition was systematically and sometimes brutally suppressed and has scheduled a similar presidential « election » for later this year that would extend his term in office — and Egypt’s political stasis — for another six years.

By failing to mention reform, Obama effectively placed a public U.S. bet on Mubarak’s ability to prevent any spread of Tunisia’s unrest. According to the White House statement, the president « shared with President Mubarak that the United States is calling for calm and an end to violence… » The statement went on to repeat U.S. support for democracy in Tunisia — a position the administration adopted only after Ben Ali’s overthrow. But observers in Egypt and across the Middle East were quick to get the message: Obama’s support for « free and fair elections » does not extend to Egypt.

In one sense this is unsurprising: For two years the administration has soft-pedaled the cause of reform in Arab autocracies and above all in Egypt. The thinking seems to be that Mubarak’s help is needed in the Arab-Israeli peace process, which Obama has futilely focused on at the expense of other issues; that there is no alternative to Mubarak, despite the emergence of a mass reform movement behindNobel peace prize winner Mohammed ElBaradei; and that there is no possibility of a popular revolution in Egypt.

That analysis may be correct — but it ignores the lessons that Middle East experts are drawing from Tunisia. The Carnegie Endowment’s Michelle Dunne cites three: « First, widespread economic grievances such as youth unemployment can indeed quickly translate into specific demands for political change, and second, this can happen even in the absence of strong opposition organizations. »

« The third lesson of Tunisia’s Jasmine Revolution was perhaps the most memorable of all: When long-postponed change finally comes, it is often startling how relatively little effort and time it can take. »

These lessons apply to a number of Arab autocracies, including Algeria, Libya, Jordan and Syria. But for United States, the stakes are highest in Egypt. In that respect, Obama’s silence on the need for Egyptian reform isn’t just short-sighted. It’s dangerous.

Source: “The Washington Post” Le 20-01-2011

Lien: http://voices.washingtonpost.com/postpartisan/2011/01/obama_to_mubarak_dont_change.html

Lessons of Tunisia “Leaderless” Revolution

The collapse of the 23+ year reign of Tunisia’s autocratic leadership was the result of a revolt in the streets without apparent political leadership. 21st Century technology enabled discontented citizens to interact and organize, in a kind of spontaneous combustion across the entire country. In spite of government security efforts to impede interaction across Twitter, Facebook, the internet, and cell phones, individual discontent assisted in multiplying and aggregating public demonstrations.

The process was said by some analysts to have been sparked by Wikileaks confirmation of US State Department appraisals that the political leadership was corrupt and operated in mafia style, thus confirming rumors and impressions of ordinary people. Some analysts attributed the sudden, massive revolution as the product of Twitter.

A more comprehensive assessment is that discontent was intensified by food inflation, generating combined food and anti-corruption demonstrations and riots. Demonstrators were enabled to coordinate and reinforce one another through cell phones, blogs, Facebook, Twitter and YouTube, and other digital tools.

This process took the form of what has been described by computer-communication scientists (at Mi2g in the UK) as self-assembling dynamic networks enabled in digital space. Food riots in many dispersed population centers clearly were a powerful accelerant.

This process took the form of what has been described by computer-communication scientists (at Mi2g in the UK) as self-assembling dynamic networks enabled in digital space. Food riots in many dispersed population centers clearly were a powerful accelerant.

The speed and comprehensive effect of this revolution in the streets has already been widely covered throughout the Islamic world in real time, through the functioning of al Jazeera. Warnings have already emanated from politicians and commentators in a number of Islamic countries that the same thing could happen to any other autocratic regime. Within a couple of days of the Tunisian government upheaval, Algeria appears to be suffering outbreaks of unrest, and political figures in Egypt are calling for fundamental change in the post-Mubarak transition. Riots have appeared in Yemen.

At first, this phenomenon of “leaderless revolution” seems primarily to threaten long entrenched autocratic families in Islamic countries. Businesses deeply involved in oil production and trading have become concerned on how this kind of spontaneous upheaval could work its way through to Libya, which does produce oil, primarily for Italy’s ENI, and to royal families in the Persian Gulf area who are related through birth and marriage with Yemen’s leadership.

However, Egypt seems vulnerable to growing sentiment in Egypt that the transition of leadership after Mubarak should not take the form of transfer of power to President Mubarak’s son, but instead should be democratized in a transition to parliamentary government.

The intellectual center of the Islamic world is in Cairo, and Egypt is full of well-educated but jobless youths who want to bring about “modernization” and an end to the dominance of a corrupt and autocratic regime. Upheaval in Egypt would likely have a chain reaction effect in other Islamic countries, and would catch Israel in a new, unbalanced predicament in relations with its neighbors.

But Tunisia has also posed a prototype for revolution from below in other countries — including in European debt-troubled nations suffering under what are perceived as Berlin-imposed austerity budgets and curtailment of national autonomy. Tunisia is a prototype for upheaval in Latin American nations, which have long histories of abrupt revolutions, even though there have been few such incidents in recent years.

Source: “Second line of defense” Le 19-01-2011

Tunisian Jews flee upheaval for Israel

 Twenty Jews from Tunisia have come to Israel amid the political upheaval and violence in the African nation.

Ten of the Tunisian Jews who came to Israel this week are members of one extended family and have officially made aliyah, according to a Jewish Agency spokesman. Another 10 are young people who have arrived to participate in an Israel experience program; it is not clear if they are planning to make Israel their permanent home.

Several hundred of the 1,500 Jews living in Tunisia also are considering making aliyah to escape the current political situation in the country, according to reports. About 1,100 Tunisian Jews live in Djerba, with the rest in the capital city of Tunis.

The Jewish Agency in a statement on its website said tha it was closely monitoring events on the ground in Tunisia.

« According to our latest information, the Jewish community remains unharmed, although the political situation is developing rapidly and it is unclear what tomorrow may bring, » the statement said. « We note with optimism tinged with concern that the Tunisian military has deployed forces specifically charged with protecting the Jewish community in Djerba and elsewhere, a sign of both Tunisia’s continued commitment to the safety of its Jews and the very real threats faced by the community in these uncertain times.

« In addition, the Jewish Agency has succeeded in enabling any Tunisian Jew who wishes to do so to leave the country for Israel. A few dozen have chosen to make the move and are currently being assisted in their first steps in Israel by JAFI personnel. »

The immigration of the Tunisian Jews to Israel required the assistance of the Jewish Agency, several Israeli ministries and other countries, according to the Yediot Achronot newspaper.

Source: “JTA” Le 20-01-2011

Tunisia violence: not best place to be Jewish

The word on the street: keep your head down and don’t mention Israel

It’s not hard to find Jews in Tunisia, even while there is a revolution on. Head down to the Avenue de Liberte in Tunis in time for shacharit and you can find worshippers leaving the main synagogue. And it’s not hard to see that they have reason to be worried.

As one man leaving the shul, in his 60s and wearing a black beret, said: « It’s a good time to be quiet and put your head down. »

Curfew had been lifted an hour before, but most of the shops on the normally bustling street were not open and were to remain shut during the day. A couple of policemen stood languidly nearby the house of prayer, but it was not clear whether they were stationed there to guard the place or, like hundreds of other police and security force personnel stationed around the city centre, they were waiting for the daily demonstrations to start again.

« Some of my friends have flown to Paris until the trouble is over, » said the man, walking briskly towards his home. « It certainly doesn’t pay to speak out as a Jew in a country like this. »

When asked about his feelings regarding the departure of former President Zein el-Abbadin Bin Ali, he smiles and remains silent.

Souhail Ftouh, a Muslim blogger who writes extensively on Jewish and Israeli ties with Tunisia, is more vocal on the situation of the Jews in the country. « They are afraid of their own shadows, » he says, « they fear that if they support Israel, they will be attacked. »

He agrees that there is no overt antisemitism in the country but says that it exists beneath the surface. « The government protects the Jews and many of them have business contacts with Bin Ali’s circle. But Jews who have emigrated find that any property they still own is taken over and they are powerless to act. In the end, they are still considered as guests, not equal citizens. »

Mr Ftouh is an admirer of Israel, which he calls « the best democracy in the world », and is critical of the Jewish community for not being more Zionist.

It is unclear how many Jews there are in Tunisia. Seven decades ago, there were over 100,000, but almost all have since emigrated to Israel or France. There are now estimated to be between 1,200 and 2,000.

Two thirds live on the island of Djerba, in a closely-knit community around what is claimed by some to be the oldest shul in the world. The rest are split between the capital, Tunis, and city of Sfax. They live a quiet and comfortable, middle-class life.

« Since independence in 1956, President Habib Bourghiba and his successor, Bin Ali, always made sure that minorities would be respected and defended, » says one Jewish businessman in Tunis.

« In 1967, when there were attacks and riots against Jews in other Arab countries like Morocco, Bourghiba made certain that we would be defended and we have not suffered any open antisemitism since.

« But we always remember that our position here is uncertain. For now, the demonstrations and the revolution are very secular and the Islamists are still weak, but who knows what will happen in the future. »

Source: “The JC.com” Le 20-01-2011

Tunisian Dominoes?

Liberated Tunisia has done away with its Ministry of Communications, really the Ministry of Censorship, and also seems to have dispensed with all but the most cursory immigration controls, to judge by the relaxed, wave-you-on-your-way scene at the airport. These are heady days in the Arab world’s fragile democratic bridgehead.

An independent “republic” was born here 54 years ago. Since then there have been just two presidents, both of whom applied an iron fist and neither of whom left office voluntarily, so a touch of Tunisian giddiness at finding themselves sans strongman and free to speak out is understandable.

I breezed from the airport to downtown in 10 minutes. Tanks stood at the entrance to Boulevard Bourguiba (known wistfully as the Champs-Élysées of Tunis) where several hundred protesters had gathered to hurl abuse at the deposed dictator’s party — the neither constitutional nor democratic Constitutional Democratic Rally party — and tell this misnomer to get the heck out of government.

I breezed from the airport to downtown in 10 minutes. Tanks stood at the entrance to Boulevard Bourguiba (known wistfully as the Champs-Élysées of Tunis) where several hundred protesters had gathered to hurl abuse at the deposed dictator’s party — the neither constitutional nor democratic Constitutional Democratic Rally party — and tell this misnomer to get the heck out of government.

Two high school teachers spoke to me, one in French, the other in English, and their message was identical: the thieves must go, blood had not been shed only for some of the same ministers to endure. A chant rose, using the French acronym for the hated party, “We’ll accept bread and water but never the R.C.D!”

The atmosphere was relaxed, with baton-wielding police looking on from a distance, but political tensions are sharp. The frayed interim authorities, headed by a holdover, Mohamed Ghannouchi, are scrambling for credibility, promising a “clean break” and investigations of the vast wealth of the ousted Ben Ali family. Police have shown new restraint, curfew has been pushed back and the press operates unshackled as Ghannouchi’s crew engage in the usual post-revolutionary rush to don new clothes.

Unseemly, perhaps, but a lot is at stake. If Tunisia can become the Arab world’s Turkey, a functioning democracy where Islamism is part of the electoral mosaic rather than a threat to it, the tired refrain of all the Arab despots that they are the only bulwark against the jihadists will be seen for the self-serving lie it has become.

No wonder the Libyan leader Muammar el-Qaddafi has lost it, raving about Bolshevik and American revolutions in the streets of Tunis. No wonder anxiety is high in Egypt, where the distinguished Nobel prize winner and potential game changer, Mohamed ElBaradei, tweeted on the lesson of Tunisia: “Regime in Egypt must understand that peaceful change is only way out.”

I can’t see President Hosni Mubarak, who’s headed that regime for three decades, facing less than upheaval if he tries to hand power to his son, Gamal, in the current environment. There’s more than a touch of “We’re all Tunisians now” among misruled Arabs right now. They’re talking Tunisian domino effect.

That’s cause for Tunisia to take great care to get this right — as I believe it can. Sure, it’s tempting to go with the baying crowd: off with all their heads! But Iraq showed the dangers of overnight dismantlement of a system — party, security forces and all. The hundreds of thousands of people affected don’t disappear; they nurse vengeance. And Tunisia, like Saddam Hussein’s Iraq, if with milder veneer, was a police state under Zine el-Abidine Ben Ali, as subtly ferocious as Syria.

So I’d bear with Ghannouchi so long as his government works for rapid presidential and then legislative elections. As Slim Amamou, a former dissident blogger released from jail a week ago and now youth minister, put it to the BBC: “Not everybody can be a novice in politics in government like me.”

That’s right: chaos cannot prepare a credible vote. This is a nation where the most significant legal opposition group, the Progressive Democratic Party, boasts 1,000 members. Ahmed Bouazzi, a member of its executive committee, said, “We are walking on eggs:” the interior minister has blood on his hands, the defense minister once did sweet deals for the former first lady, the P.D.P. underplayed its hand in joining the government with a single minister — for regional economic development. Should the party now push for more?

Through an open window a shout came up accusing the P.D.P. of selling out. “That’s good — free speech!” said a party member. There are going to have to be painful trade-offs if Tunisia is to demonstrate — finally — that nothing in the Arab genome means one dictator must follow another.

Tunisia has a lot going for it in this quest: high levels of education, emancipated women encouraged over decades to use birth control, manageable size, and an Islamist movement that Michael Willis, a North Africa expert at St. Antony’s College, Oxford, described as “perhaps the mildest and most pragmatic around.” Their exiled leader, Rached Ghannouchi, has been multiplying conciliatory statements. A democratic Tunisia can do the Turkish thing.

There will, in coming weeks, be agents provocateurs bent on the worst, and the usual Muslim-hating naysayers. Arab democracy is threatening to a host of vested interests and glib clichés. It is also the only way out of the radicalizing impasse of Arab klepto-gerontocracies and, as such, a vital American interest.

Source: “The New York Times” Le 20-01-2011

Tunisia: how does it compare to other countries in the region?


 

Is the uprising in Tunisia likely to happen in other similar countries?

The protests over unemployment, food inflation and corruption inTunisia have effectively ousted the PresidentZine al-Abidine Ben Ali after 23 years of rule. Most remarkably the political pressure has brought with it a more democratic system, albeit withtrouble along the way.

We ask: how similar are Tunisia’s neighbouring countries? This is an important question as it gives a clue about whether actions in Tunisia will inspire other countries, in a similar situations, to do the same.

We look at key statistics that show howEgypt,Algeria,Libya,Morocco andSyria compare to Tunisia on population, labour force, unemployment and GDP per capita.

With this very brief analysis you can see that Libya is the only country with a higher unemployment rate than Tunisia, and a similar population size. However the GDP per capita is lower than Tunisia in every country compared except Libya, where GDP per capita is running at a relatively healthy $14,000.

Other clues about uprisings come from the Transparency Internationalcorruption index, which ranks Tunisia as the 59th most corrupt country in the world, while Morocco is ranked 85, Egypt 98, Syria 127, Algeria 105 and Libya 146.

Here is the data, how would you expand on it to compare these countries more accurately?

Source: “The Guardian” Le 20-01-2011

                                                         

Tunisia: The fragrance of change


 THE United States is celebrating the 82nd birth anniversary of Martin Luther King Jr, the legendary black civil rights champion and a true visionary and reformer.

Considered America’s answer to Gandhi, King has inspired generations of Americans, including President Barack Obama, and others around the world, with his liberating vision. His famous words like « I have a dream » and his soaring rhetoric have become so common in the speeches of US politicians, including those of Obama, and others around the world that we seldom realize the extent of his influence beyond America’s shores.

If African-Americans and other minorities are today able to go to same schools and churches and live and vote in dignity as their white counterparts, the credit largely goes to the revolution sparked by the savant called King. Indeed, without his sacrifices, White House today wouldn’t have a black president with a Muslim father. So the Americans have enough reasons to remember and celebrate the charismatic civil rights champion.

But would King be equally proud of his nation? America may be “the land of the free” and greatest democracy for its people, but is it promoting the same freedom and democracy beyond its borders? Far from it. No matter what Uncle Sam would have you believe, America in its policies and actions remains the biggest supporter of oppression, injustice and tyrants and tin pot dictators of all kinds and sizes.

King warned injustice anywhere is a threat to justice everywhere. And why King alone? America’s Founding Fathers, from Thomas Jefferson to Benjamin Franklin to Abe Lincoln, subscribed to the same noble ideals and values such as freedom, human rights and justice and equality for all men. But America has always supported men who trample on these very values and beliefs.

Ben Ali is not the first to have enjoyed total and absolute power for the quarter of a century with the blessings of Uncle Sam. And he will not be the last. After Ben Ali fled Tunisia, driven out by unprecedented popular protests, the self-styled champion of democracy woke up to salute the « brave and determined struggle for the universal rights » and « the courage and dignity of the Tunisian people. »

The White House called on the Tunisian government « to respect human rights, and to hold free and fair elections in the near future that reflect the true will and aspirations of the Tunisian people »! Secretary of State Hillary Clinton speaking in Doha warned of regimes whose « foundations are sinking in sand. »

Who created, perpetuated and protected these regimes all these years though? In fact, even as the Tunisians were braving the regime’s bullets and tanks over the past couple of weeks, Madam Secretary was going around the Middle East on yet another Israel-inspired mission, warning the Arabs for a millionth time about the clear and present danger of Iran’s mythical, nonexistent nukes.

Not a word about Mohamed Bouazizi, who torched himself in protest against poverty and unemployment, sparking this revolution. Or about millions of other young men who have brought down one of the most powerful, ruthless and stable regimes in the region like a house of cards with their democratic protests. While Tunisia turned into a large Russian gulag with most of its resident being forced to spy on each other, Washington praised the regime for its « stability, secularism and liberal market policies. »

In the name of secularism and fighting « Islamic terrorism, » the regime crushed every voice of dissent and independence. In fact, Tunisia is a classic, text book model of tyranny in the world: Infinitely obedient and pliable to the West and its market forces while crushing its own people’s legitimate rights and spirit of freedom.

And it is not just Tunisia. Next door in Algeria, when the Islamists swept a democratic election considered free and fair by Western observers in the 1990s, they were not just denied power, they were thrown behind the bars and persecuted, sparking a civil war that has killed more than 150,000 people. All this was, of course, done with the active support and cooperation of the democratic West.

In so many countries favored by the US, opposition simply doesn’t exist. It’s banned from taking part in carefully choreographed elections. Yet they remain the biggest recipients of US aid and praise.  

In fact, the whole of Maghreb — and beyond — is a veritable paradise for the capitalist West even as its people reel under poverty, corruption and the vilest form of tyranny known to man. This is a black hole where notions like democracy, freedom, human rights, free elections and justice do not exist — things that are taken for granted by the rest of the world today.

Is it a coincidence that in the 21st century, there are regions and countries in the whole wide world that are yet to experience these simple things — basics about which the Americans have long preached to the world yet never allowed some people to make the same choices?

Colonialism and imperialism may have ended for much of the world in the last century of the last millennium. However, it still remains a reality in much of the Arab and Muslim world. Even though our colonial masters have departed, their legacy, policies and clout remain in some form or the other in this part of the world, ruling by proxy. It’s no coincidence that most men in power for decades today once served in uniform in colonial armies.

This is why even when the West lectures the Arabs and Muslims on the virtues of democracy and free elections, it doesn’t mean it really desires the same for them. As Robert Fisk says, in the Arab world, we (West) want law and order and stability and we will get it. « It’s the same old problem for us in the West. We mouth the word ‘democracy’ and we are all for fair elections — providing the Arabs vote for whom we want them to vote for. »

This is why in many parts of the world dictators are always chosen over democrats. This suits the West and their long-term geopolitical interests. Besides, unlike their tried and tested friends, democrats are troublesome and ask too many inconvenient questions. However, what happened in Tunisia has changed everything. Totally unarmed protesters fearlessly facing down the dictator’s big guns. When was the last time you saw something like this? The people of Tunisia have spoken and people everywhere are listening. More important, by throwing out Ben Ali, they have not just sent a loud and clear message to people everywhere, they have also served an ultimatum to their Western masters. The empire’s game is up.

Change has finally come to the region with Tunisia’s Jasmin revolution. And if this can happen in the friendly, secure and stable Tunisia, it can happen anywhere. The US and its friends and allies would ignore this message from the Arab street at their own peril. As Martin Luther King warned, one who condones evil is just as guilty as the one who perpetrates it. And no one can stop an idea whose time has come.

Source: “Arabnews” Le 20-01-2011

The Lessons of Tunisia

This moment, always astounding, when the power we thought eternal vacillates, cracks, crumbles like a castle made of sand. Did the army precipitate things? Did General Rachid Ammar gave Ben Ali a gentle shove, to get him on the plane? Yes. But it wasn’t even necessary any more. For one may have the finest generals in the world, the cruellest police–or, as French Foreign Affairs Minister Michèle Alloit-Marie put it, the most effective–on the planet. There is no State that carries enough weight when faced with a people who, one fine morning, in solidarity with a little vendor of Sidi Bouzid who immolates himself, have decided they’ve had enough. Courage. The power of greatness and heroism. Once more, the tyrants found strength only in the weakness of the tyrannized. There is no despotism–we have known this since French author Etienne de La Boétie wrote Discours de la servitude volontaire, but the Tunisians have reminded us–that can hold its own against a people that is no longer afraid. Twenty-three days of demonstrations for twenty-three years of terror. It is not, as has been said, a miracle; it is logical, mechanical, and beautiful like the purest, the most implacable of mechanisms.

2. An Arab insurrection. Yes indeed. Remember those who said there are peoples who are made to revolt and others who are not. Remember those apostles of the war of civilizations for whom the very idea of a Muslim, and in particular, Arab country, open to human rights was a contradiction in terms. How do they look today? They don’t seem so clever now, these tenants of culturalism who criticize us for tacking ideals foreign to them on these countries. What the Tunisian people have taught us is that, contrary to the perception of these racists, democratic principles are universal principles. And that, contrary to what these defeatists profess, one can smother these principles, shrink them, crush them, discourage those who uphold them–they remain invincible. Today Tunisia. Tomorrow Khadafi’s Libya. The Assad family’s Syria. Perhaps Ahmadinejad’s Iran. It took a good deal of scorn to believe this region of the world was filled only with peoples who were flunkeys, servants meant to live in exotic torpor. It took the calm audacity of the Tunisian people to spurn, one would hope, a prejudice of which it is hard to say if it is more stupid than insulting–or the inverse.

3. The motor of this revolution was, obviously, not the proletariat. Nor was it the new or the long-standing poor. It was not even exclusively these famous middle class citizens with diplomas to spare, who felt betrayed by Ben Ali. No. It was the internauts, the web surfers, users of Twitter, Facebook, YouTube and others. They are the men and women who, armed with a smartphone, covered the streets of Tunis to film the repression, the insurrection. They are the Anonymous, this group of hackers supported by my review, La Règle du jeu, who, when they realized the cyberpolice were about to reduce the space of this cyberresistance to nothing, attacked the regime’s official sites and blocked the State machine. Revolution within the revolution. Yesterday they took over the television. The day before, the Winter palaces. The time has come for an e-revolution, the first of its kind, which the young people of Tunisia have awarded its letters of nobility. Thanks to them also, for having developed this new form of resistance to such a degree of excellence.

4. There is revolution, and then there is revolution, of course. And we, the French, are well placed to realize that the shadow of ’93 may be lurking behind ’89. Will the same thing happen in Tunisia ? Will the perfume of jasmin be overcome by that of intolerance or, worse, radical Islamism, from which Ben Ali claimed to shield the country? Anything is possible, naturally. The militia who favor the old regime who, as I write these words, are still roaming the capital, trying to spread terror, are capable of every possible provocation. But, for the time being, what is striking is the maturity of the rebels. The restraint of their slogans. The calm with which they confront the organized groups in the neighborhoods. And as for the leader of the Islamist party Hizb Ennahda, exiled in London, one has only to read the timid declarations he has made since Ben Ali’s flight to understand that he is far from becoming a new Khomeini. And so, there as well, why not give up our preconceived ideas? Why not allow ourselves to be carried along by the event and by the lesson in Arab democracy which Tunisia, for now, is unequivocably offering? 5. One last word. On the strange reflex of part of the international community and, in particular, of France. We should be used to it, of course, nonetheless– This Minister of Foreign Affairs who offers a dictatorship in its last gasp the « savoir-faire » of France’s « security forces ». The same minister who, believing she is apologizing, protests three times, in an interview with the Journal du dimanche, declaring her commitment to « non-interference » in the affairs of the Tunisian people. And the Elysée that states, in a fine communiqué issued Saturday, that it has « taken steps » so that Ben Ali’s « Tunisian assets » will be « administratively frozen » in France. Meaning? We knew, then, that these assets existed? We saw that Ben Ali had been systematically bleeding and pillaging his country? And we were just waiting for him to lose power to say so? In that there is, worse than a reflex, a confession, and one which speaks volumes about the moral standards upon which the foreign policy of a great country is based. A crook in power is still a friend. Should he fall, chased by the people, then, yes, it’s a wake-up call for virtue, down with the bandit!

Source:”The huffington post” Le 19-01-2011

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