24 janvier 2012

TUNISNEWS
11 ème année, N°4225 du 24.01.2012
archives : www.tunisnews.net
 


Business News: Procès Nessma : Caïd Essebsi à la défense et les Salafistes à la défonce

Business News: Procès Nessma TV reporté au 19 avril : « Ce procès n’a pas lieu d’être », déclare Fethi Mouldi

Le Monde: Tunisie : le procès « Persepolis » reporté au 19 avril

Rue 89:Tunisie : Nessma TV, symbole ambigu pour un procès test

Kapitalis: Tunisie. Allo le gouvernement ? Ici c’est la rue qui vous appelle !

Les Afriques: Moncef Marzouki, le laïc qui pactise avec les islamistes

Business News: Tunisie, comment éviter cette chronique d’une déliquescence annoncée

Investir en Tunisie: Tunisie : H. Hammami tire à boulets rouges sur la coalition du pouvoir

 


Petition for missing Tunisian migrants

 
http://www.zalab.tv/appello-per-i-migranti-tunisini-dispersi#firma


Procès Nessma : Caïd Essebsi à la défense et les Salafistes à la défonce

 
Le procès de la liberté d’expression en Tunisie, officiellement nommé procès Nessma TV, sera repris aujourd’hui. Devant le tribunal, on enregistre un bon nombre d’avocats et de défenseurs des Droits de l’Homme et de la liberté d’expression en Tunisie.
 
Bien en vue, Béji Caïed Essebsi, l’ancien Premier ministre, qui figure parmi les avocats de la chaîne de télévision. On enregistre également la présence de Iyadh Ben Achour, ancien président de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, ou encore Kamel Jendoubi.
 
À son arrivée devant le Tribunal, Nabil Karoui a déclaré : « Le monde entier nous regarde, et toute la presse étrangère est présente, voyez la piètre image que l’on donne ! »
 
En parallèle, se sont rassemblés devant le palais de justice des dizaines de salafistes brandissant des slogans haineux et des drapeaux noirs, criant « Dégage », accusant les défenseurs de Nessma d’être des ennemis de Dieu et promettant l’extinction de la chaîne dès aujourd’hui.
Autres slogans significatifs de ces salafistes, sur fond de takbir, « Al Jazeera est nationaliste » et Sebsi est sioniste » ou encore « Sebsi tu fais honte ! »
 
Source: ”Business News” Le 23-01-2012
Lien: http://www.businessnews.com.tn/Proc%C3%83%C2%A8s-Nessma–Ca%C3%83%C2%AFd-Essebsi-%C3%83%C2%A0-la-d%C3%83%C2%A9fense-et-les-Salafistes-%C3%83%C2%A0-la-d%C3%83%C2%A9fonce,520,28911,1
 
 


Procès Nessma TV reporté au 19 avril : « Ce procès n’a pas lieu d’être », déclare Fethi Mouldi

 
Des manifestations de salafistes, des agressions de journalistes, et un report… voilà en substance comment se résume cette journée du 23 janvier 2012 marquant la courte reprise du procès Nessma TV, poursuivie pour avoir diffusé le film Persepolis en octobre dernier.
 
Fethi Mouldi, un des avocats de la défense, a déclaré sur Nessma TV que les quelques minutes du procès s’étaient très bien déroulées, avec un respect mutuel de part et d’autre. Il annonce cependant que le procès a été reporté au 19 avril prochain, soit un report de près de trois mois. Il déclare ainsi qu’un report, selon la loi en vigueur dans ce type d’affaires, ne devrait pas dépasser 15 jours. Me Mouldi ajoute, par ailleurs, que ce type de débats sur la liberté d’expression ne devrait pas se dérouler dans un tribunal mais dans les médias, et insiste sur le fait que ce procès intenté contre la chaine de télévision privée n’a pas lieu d’être.
 
Il faudra donc patienter pour connaître l’issue du procès dont les conséquences dépassent la seule chaine Nessma TV, mais sera, pour beaucoup, un précédent quant à l’avenir de la liberté d’expression en Tunisie.
 
Source:”Business News” Le 23-01-2011
 
Lien: http://www.businessnews.com.tn/Proc%C3%83%C2%A8s-Nessma-TV-report%C3%83%C2%A9-au-19-avril–%C3%82%C2%AB-Ce-proc%C3%83%C2%A8s-n%C3%82%E2%80%99a-pas-lieu-d%C3%82%E2%80%99%C3%83%C2%AAtre-%C3%82%C2%BB,-d%C3%83%C2%A9clare-Fethi-Mouldi,520,28912,3
 
 


Tunisie : le procès « Persepolis » reporté au 19 avril

 
Le procès du patron de la chaîne tunisienne Nessma, poursuivi pour « atteinte aux valeurs du sacré » après la diffusion l’an dernier du film Persepolis, qui avait entraîné des violences d’extrémistes islamistes, a brièvement repris lundi 23 janvier à Tunis dans une ambiance électrique. A l’issue d’une matinée totalement chaotique, le procès a finalement été reporté au 19 avril, repoussant encore l’épilogue de cette affaire explosive.
 
« Procès test pour la démocratie et la liberté d’expression » pour les partisans de Nessma, « défense du sacré et des croyances religieuses » pour ses détracteurs : la ligne d’affrontement est sans nuance dans ce dossier. Le patron de la chaîne, Nabil Karoui, et deux autres personnes sont poursuivies pour « atteinte aux valeurs du sacré, atteintes aux bonnes moeurs et troubles à l’ordre public » pour avoir diffusé un film contenant une scène montrant Dieu, représentation proscrite par l’islam. La diffusion le 7 octobre par Nessma TV de Persepolis, film d’animation franco-iranien racontant la révolution iranienne et le régime Khomeiny à travers les yeux d’une fillette, avait suscité une vague de violences et de colère, quinze jours avant les élections en Tunisie.
 
Des groupes d’extrémistes avaient tenté d’attaquer le 9 octobre le siège de la chaîne à Tunis puis la maison de Nabil Karoui quelques jours plus tard. « Je suis triste d’être là aujourd’hui, c’est un procès politique », a déclaré à son arrivée le patron de Nessma. L’audience a commencé pendant quelques minutes avant d’être suspendue en raison de la cohue et des altercations entre avocats, tandis qu’à l’extérieur pro et anti Nessma s’étaient mobilisés dès le matin. « Le peuple veut la fermeture de Nessma ! » « Vous, médias, lâches, sachez que la religion ne doit pas être diffamée! », « le peuple est musulman et ne cèdera pas! » criaient de jeunes salafistes.
 
« DÉFENDRE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION »
 
La défense de la chaîne Nessma avait de son côté mobilisé des ténors du barreau, des représentants d’ONG, et d’anciennes figures politiques, tel l’ancien premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi, ovationné et salué par l’hymne national tunisien par la foule des partisans de Nessma. « Je suis venu apporter mon soutien moral pour défendre la liberté d’expression, c’est important car la Tunisie est à la croisée de chemins », a déclaré M. Caïd Essebsi, qui avait revêtu symboliquement sa robe d’avocat. Autre responsable politique, le dirigeant du parti Ettajdid (gauche) Ahmed Brahim, s’était déplacé pour protester contre « l’instrumentalisation des sentiments religieux ». « Le pays connaît aujourd’hui des problèmes immenses, sociaux, économiques, et la solidarité nationale est nécessaire, pas ce clivage factice »autour des sentiments religieux, a-t-il dit.
 
« Les enjeux vont au-delà de M. Karoui et de Nessma », a déclaré Olivia Gré, représentante de Reporters sans frontières en Tunisie, reconnaissant que « certains Tunisiens s’étonnent de voir M. Karoui érigé en héraut de la liberté d’expression »alors que sa chaîne avait été pour le moins conciliante avec l’ancien régime de Ben Ali. Nessma TV, une chaîne satellitaire lancée en mars 2007, compte dans son capital les groupes Quinta Communications du producteur de cinéma tunisien Tarak Ben Ammar et Mediaset de Silvio Berlusconi, et était à l’origine essentiellement consacrée au divertissement. Elle s’est ouverte aux débats politiques après la révolution, et a souvent été accusée de faire de la « provocation ». En octobre 2011, les responsables politiques avaient mollement condamné les violences entraînées par la diffusion de Persepolis.
 
Source: “Le Monde.fr” le 23-01-2012
Lien: http://www.lemonde.fr/tunisie/article/2012/01/23/tunisie-le-proces-persepolis-reporte-au-19-avril_1633221_1466522.html
 
 
 


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Tunisie : Nessma TV, symbole ambigu pour un procès test

 
Ce lundi, l’affaire de la diffusion de Persepolis, le 7 octobre dernier, reviendra (après un premier report début novembre) devant le tribunal correctionnel de Tunis. La polémique déclenchée par quelques séquences durant laquelle la petite fille, héroïne du film, s’adresse à Dieu, a donné lieu à une poursuite judiciaire pour « atteinte aux valeurs du sacré, atteinte aux bonnes mœurs et trouble à l’ordre public » contre Nabil Karoui, directeur de la chaine Nessma, la responsable de la traduction du film en arabe dialectal, ainsi que le responsable du visionnage. Les peines encourues peuvent aller jusqu’à cinq ans de prison.
 
Le Procureur adjoint de Tunis, chargé des affaires de presse qui avait pris l’initiative d’ouvrir une enquête dès le lendemain de la diffusion, n’a été ému par aucune des incitations à la violence ou les innombrables diffamations qui prolifèrent notamment sur les réseaux sociaux depuis un an. Notamment celles dirigées contre Nessma et dont l’agression de l’un de ses journalistes, Sofiane Ben Hamida, le 11 janvier, est probablement l’une des conséquences.
 
1% d’audience
 
Alors même que la chaine n’avait fait ce soir là que 1% d’audience, la polémique s’était enflammée à quelques jours des élections de l’Assemblée colstituante. Le surlendemain de la diffusion une manifestation de militants islamistes devant les locaux administratifs de la chaine avait dégénéré en affrontement avec les forces de l’ordre.
 
Le vendredi suivant, des milliers de personnes avaient défilé pour protester contre Nessma TV. Le soir, une centaine de personnes avaient fait irruption au domicile de Nabil Karoui, molestant une des employées de maison qu’ils avaient prise pour son épouse, saccagé le piano, avant de commencer à casser les bouteilles de vin.
 
Les auteurs des violences contre les locaux de la chaine ont été condamnés à 9 dinars d’amende (4,50 euros) et l’instruction est toujours en cours pour ceux qui ont saccagé la maison.
 
200 000 signatures contre Nessma
 
Sur un plan strictement juridique, l’affaire pourrait se plaider simplement : NessmaTV, chaine autorisée, a diffusé un film disposant d’un visa d’exploitation en Tunisie où il a été déjà été projeté plusieurs fois sans provoquer de réaction, et aucun élément n’atteste la volonté d’inciter au trouble à l’ordre public. Par ailleurs, l’atteinte à la foi ou au sacré n’est pas pénalisée en Droit tunisien qui ne sanctionne que l’atteinte au culte (c’est à dire notamment aux lieux ou à la pratique).
 
Mais l’affaire a pris valeur de symbole et de test des limites de la liberté d’expression après la victoire des islamiste et le procès a toutes le chances de donner lieu à l’un des débats les plus sensibles du moment.
 
Pour défendre Nessma, un collectif d’une quarantaine d’avocats, coordonné par deux grandes figures du combat pour les droits de l’Homme, Mokhtar Trifi (ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, LTDH ) et Radhia Nasraoui (opposante virulente à Ben Ali et présidente de l’association contre la torture), sera appuyé par la FIDH (Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme) représentée par son vice-président, l’avocat iranien Karim Lahidji (proche de Shirin Ebadi), Amnesty International, Reporter sans frontières, Human Rights Watch, le Syndicat des journalistes tunisiens…
 
En face, huit mille plaignants, représentés par plusieurs centaines d’avocats (263 connus à la veille de l’audience), une pétition ayant réuni au moins 200 000 signatures (on parle même d’un million) appelant à
 
« nettoyer la terre sacrée, des impies et des blasphémateurs »,
 
autrement dit à la fermeture de NessmaTV.
 
Nessma assimilée au régime Ben Ali
 
Car, autant que le film, la chaine elle-même cristallise le rejet, assimilée à la corruption financière et morale de l’ancien régime, à l’affairisme de ses fondateurs et aux forces hostiles au nationalisme tunisien, sionisme en tête.
 
Beaucoup mettent en cause aussi la tonalité provocatrice de la traduction, notamment dans la scène incriminée, où la petite Marjane interpelle Dieu, et qui a servi de teaser à la diffusion du film sur les réseaux sociaux. Pour la plupart des gens hostiles à la chaine, c’est la seule chose qu’ils ont vu de Persepolis.
 
Même ses soutiens, ne cachent pas leurs réserves, comme la blogueuse Emna El Hammi :
 
« Les frères Karoui ont soutenu Ben Ali sans réserve. Pour l’élection présidentielle de 2009, la chaine faisait sa campagne. Ils n’ont retourné leur veste que dans les tout derniers jours de la révolution. Ce sont des opportunistes. Mais ce n’est pas le problème. Si Nessma est condamnée, l’affaire fera jurisprudence et la liberté d’expression sera menacée. »
 
Les quatre enjeux de l’affaire Persepolis
 
iberté d’expression et religion
 
Tout d’abord, l’affaire pourrait être décisive pour savoir si la liberté de création et d’expression est soumise à une conception stricte de la norme religieuse. Même si les juges parviennent à esquiver une décision de principe, c’est ce débat de société qu’a déclenché l’affaire.
 
De la peur au débat
 
Si elle déchaine les passions, c’est qu’elle se situe à l’épicentre des angoisses identitaires tunisiennes. D’un côté, peur de voir la victoire électorale des islamistes remettre en question la liberté d’expression. De l’autre, peur de voir la liberté dévoyée par une conception importée de la liberté, contraire aux valeurs islamiques. La question est de savoir si la société tunisienne peut dépasser cette fracture et conduire un débat serein.
 
Liberté = immoralité
 
Le risque est, dans l’immédiat, de voir s’approfondir le divorce entre la conception universelle des droits de l’Homme et la société civile qui s’est opposée à Ben Ali, et l’idée que se font une partie des Tunisiens de leur libération.
 
Par un retournement assez surprenant, qui est une des clés de compréhension de la situation politique actuelle, la liberté d’expression est assimilée dans une partie de l’opinion à l’immoralité et les défenseurs des droits de l’homme aux profiteurs de l’ancien régime.
 
Le rôle de la pression sociale
 
Enfin, on verra si le pouvoir pourraient laisser à la pression de la partie la plus vindicative de l’opinion, le soin de définir la norme sociale à partir des références religieuses. Comme le souligne Emna El Hammi :
 
« [Cette affaire montre] un désengagement de l’Etat et l’absence d’une prise de position ferme et tranchée contre toute atteinte à la liberté d’expression, se contentant de laisser la pression sociale agir et l’appareil judiciaire indépendant utiliser l’éventail de lois liberticides encore en vigueur. »
 
Source: ”Rue 89” Le 23-01-2012
Lien: http://blogs.rue89.com/tunisie-libre/2012/01/23/tunisie-nessma-tv-symbole-ambigu-pour-un-proces-test-226346
 
 
 


Tunisie. Allo le gouvernement ? Ici c’est la rue qui vous appelle !

 
Par Ali Gargouri*
 
Tout va bien et «le pays fonctionne à 90%», comme l’a affirmé le président de la République par intérim Moncef Marzouki sur une radio française. Sauf que les contestations ne baissent pas dans tout le pays.
 
 
 
Depuis les élections, et dans l’attente de la formation du gouvernement qui a pris plus que deux mois, les Tunisiens, en attente de solutions radicales et de messages rassurants sur leur avenir, ont entrepris plusieurs actions de contestation en région comme dans la capitale, et cela se poursuit, voire s’accélère depuis que la nouvelle composition du gouvernement a pris fonction il y a bientôt un mois.
 
Depuis le lundi 16 janvier 2012, la situation du pays est très préoccupante, et voici quelques éléments alarmants recueillis à travers les titres de médias électroniques tunisiens :
 
1. Affrontements entre étudiants Uget et milices Ennahdha à la Faculté de Sousse (3 blessés) ;
 
2. A la Faculté de la Manouba, on annonce le début d’une grève de la faim conduite par des étudiantes en niqab pour demain ;
 
3. Des chômeurs bloquent la route menant de Soliman au niveau de Borj Cedria ;
 
4. Poursuite du sit-in des familles de blessés de la révolution à la Kasbah ;
 
5. Grève générale à Makthar, Kesra et Sidi Bourouis en protestation contre l’exclusion et la marginalisation de la région ;
 
6. A Jebeniana la population manifeste devant chez les parents du ministre de la Justice pour la grâce accordée à son frère qui est condamné pour des faits de pédophilie sous l’ère de Ben Ali ;
 
7. Redeyef : fermeture des écoles et des lycées en protestation contre le désintérêt des autorités des 9 grévistes de la faim… ;
 
8. Une vague de protestations à Jendouba et des actes de violence à Ghardimaou ;
 
9. 15e jour de grève des éboueurs à La Marsa avec risques d’épidémies ;
 
10. Frontière tuniso-algérienne bloquée ;
 
11. Sit-in des familles de prisonniers devant le ministère de la Justice ;
 
12. Djerba : Un sit-in paralyse les bacs à El Jorf & Immolations, augmentation du chômage, fuite des investisseurs, faillite du tourisme…
 
Et, entre temps, le prolongement de l’état d’urgence sans date, ce qui n’encourage pas les touristes à venir, les Etats-Unis qui ne lèvent pas l’alerte voyage vers la Tunisie pour ses concitoyens.
 
Les voyages à l’étranger de Rached Ghannouchi, président du parti Ennahdha, qui nous parle d’islamisation du pays, et de Moncef Marzouki, président de la République par intérim, qui nous sort la fusion de la Tunisie avec la Libye, une sortie de piste en matière de communication qui n’est pas la seule de notre président qui n’arrête pas ses déboires à chaque apparition et nous met en conflit avec nos partenaires étrangers.
 
Célébrer le 14 janvier en invitant une brochette de dictateurs et gaspiller de l’argent pour des festivités à la Ben Ali alors que le peuple attend une reconnaissance des différents efforts menés contre l’ancien régime, surtout envers les martyrs et blessés, et envers les chômeurs…
 
Allons-nous continuer dans cette direction pour aller vers un vrai KO ?
 
Le gouvernement va-t-il arrêter de blâmer les quelques médias qui dénoncent cette situation ?
 
Quand est-ce que nos représentants à l’Assemblée constituante vont-ils s’activer pour réaliser ce pourquoi nous les avons élus, à savoir la rédaction de la Constitution ?
 
Que nous proposent les nouveaux dirigeants pour mener à son terme cette fragile phase transitoire ?
 
Nous attendons toujours… la déception déjà ressentie va-t-elle mener à une révolution bis ?
 
Bref tout va bien et «le pays fonctionne à 90%», comme l’a affirmé M. Marzouki sur une radio française.
 
Reste à savoir où va vraiment notre pays ?
 
 
* Entrepreneur tunisien basé en France, investi dans des projets sociaux et politiques en tant que citoyen indépendant..
 
Source: “Kapitalis” Le 23-01-2012
Lien: http://www.kapitalis.com/afkar/68-tribune/7944-tunisie-allo-le-gouvernement-ici-cest-la-rue-qui-vous-appelle.html
 
 
 


Moncef Marzouki, le laïc qui pactise avec les islamistes

 
 
Par WALID KÉFI,
 
L’ardent défenseur des droits de l’Homme et de la laïcité, Moncef Marzouki, est devenu le quatrième président de la République tunisienne. Mais ses pouvoirs limités risquent d’en faire une simple marionnette de ses puissants alliés islamistes.
 
Légende : Si son positionnement de gauche n’a jamais varié, Marzouki a très tôt pactisé avec les islamistes d’Ennahda.
 
 
 
Militant des droits de l’homme réputé pour son intégrité et son intransigeance, Moncef Marzouki savoure depuis le 12 décembre dernier une belle revanche sur l’histoire. Ce jour là, l’opposant historique au président déchu Ben Ali et ancien prisonnier politique a succédé à son geôlier. Les membres de l’Assemblée nationale constituante l’ont élu président de la République tunisienne, par 153 voix sur 202 exprimées. Marzouki est devenu ainsi le quatrième chef de l’État tunisien après Habib Bourguiba (1956-1987), Ben Ali (1987-2011) et Fouad Mebazâa (2011, provisoire).
Lors de son discours d’investiture, l’ancien opposant de gauche n’a pas pu s’empêcher de sangloter comme un enfant lorsqu’il évoqua les milliers de victimes des vingt-trois années de règne de Ben Ali. Vêtu d’un burnous traditionnel recouvrant une veste bleue et une chemise blanche, il a ensuite rendu hommage aux «martyrs de la Révolution» qui a chassé Ben Ali. «Sans leur sacrifice, je ne serais pas là à cet endroit», a-t-il dit. Il a également promis d’être le «président de tous les Tunisiens» et de «n’épargner aucun effort pour améliorer la vie de ses compatriotes, créer des emplois et protéger les femmes en niqab comme les non voilées».
L’électionde ce médecin de 66 ans à la magistrature suprême constitue le couronnement de plusieurs décennies d’engagement militant et de lutte implacable contre la dictature. «J’ai le formidable honneur de devenir premier président de la première République libre du monde arabe», a-t-il déclaré.
 
Candidature à la présidence en 1994
Visage brun taillé à la serpe, grosses lunettes, Moncef Marzouki est devenu «contestataire par la force des choses». Originaire de Douz, une petite ville du sud, aux portes du désert, mais né à Grombalia, non loin de Tunis, le jeune Marzouki a été contraint à faire ses études à Tanger, où son père, partisan de l’arabiste Salah Ben Youssef, l’ennemi juré de Bourguiba, s’était réfugié. Il a ensuite entamé des études de neurologie à Strasbourg à la faveur d’une bourse d’État. C’est dans cette ville française qu’il se convertit à la cause des droits de l’Homme, suite à une émouvante rencontre avec professeur Marc Klein, un rescapé des camps nazis.
Doctorat en neurologie en poche, il rentre en 1980 en Tunisie, où il a été recruté comme professeur de médecine à l’Université de Sousse. Parallèlement, il rejoint la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), dont il deviendra président neuf ans plus tard. A cette époque, Marzouki ne se percevait pas encore comme un opposant au régime. Mais la répression féroce qui s’abat sur les islamistes à partir de 1990 le pousse à franchir la ligne rouge. «On se croirait dans les années 1970 sous la dictature argentine ou dans le Chili de Pinochet», écrit-il dans une lettre adressée à Abdallah Kallel, le ministre de l’Intérieur de l’époque. Le président de la doyenne des organisations de défense des droits humains dans le monde arabe et en Afrique a été déboulonné au Congrès de la Ligue de février 1994 à la faveur d’un « putsch » orchestré par les partisans du parti au pouvoir.
Tout juste chassé de la LTDH, Marzouki descend dans l’arène politique et annonce sa candidature à la présidentielle d’octobre 1994 contre Ben Ali. Crime de lèse-majesté ! Le militant des droits de la personne humaine a été aussitôt arrêté et placé en isolement total pendant quatre mois. Il n’en sortira qu’après l’intervention personnelle de Nelson Mandela. Il est, cependant, resté interdit de voyage et maintenu en résidence surveillée dans sa maison.
 
Désobéissance civile et pacifique
En juillet 2000, il a été révoqué définitivement de la fonction publique. C’est alors que ce père de deux filles fonda avec une poignée de militants de gauche son propre parti, le Congrès Pour la République (CPR). Mot d’ordre : la «désobéissance civile et pacifique» pour faire abattre le système. L’appel à la révolte pacifique lancé par ce parti ne trouva, toutefois, aucun écho dans la société tunisienne. En décembre 2001, Marzouki s’exile volontairement en France.
Quant il rentre en Tunisie, trois jours seulement après la fuite de Ben Ali, il se déclare candidat à la présidence de la République. Mais personne ne donne cher de ses chances. Son parti interdit sous le règne de Ben Ali ne comptait qu’une douzaine d’avocats et de journalistes opposants. «Les généraux étaient plus nombreux que les soldats, comme dans l’armée mexicaine», ironise Marzouki.
Légalisé au lendemain de la chute de Ben Ali, le CPR a été très vite rejoint par des milliers d’adhérents, notamment des jeunes attirés par le parcours d’opposant irréductible de Marzouki et sa volonté de rupture définitive avec l’ancien régime. La formation, qui a fait campagne pour l’élection de l’assemblée Constituante avec un budget de 50 000 dinars (25 500 euros) seulement, a également séduit les chômeurs, les laissés pour compte et toutes les catégories sociales qui ne se reconnaissaient ni dans l’activisme parfois radical des islamistes, ni dans les programmes trop pragmatiques de la gauche. Tout au long de la campagne, Marzouki a, cependant, fustigé la «vieille gauche francophone, totalement déconnectée des vrais problèmes de la société tunisienne».
 
Rapprochement avec les islamistes
Si son positionnement de gauche n’a jamais varié, Marzouki a très tôt pactisé avec les islamistes d’Ennahda. «Il ne faut pas prendre Ennahda pour les talibans de la Tunisie, c’est quand même une fraction modérée de l’islamisme», déclarait-il en pleine campagne électorale, tout en soulignant qu’il y avait «des lignes rouges» sur lesquelles il ne transigerait pas: les libertés publiques, les droits de l’Homme et les droits de la femme. L’alchimie s’est révélée électoralement payante. Avec 29 sièges, le CPR est arrivé en deuxième position, derrière Ennahdha (89 sièges) et devant le parti social- démocrate Ettakatol (20 sièges). Ces trois partis ont formé une coalition disposant d’une majorité confortable (138 sièges sur 217) et qui s’est réparti les rôles comme suit : Moncef Marzouki du CPR à la présidence de la République, Hamadi Jebali d’Ennahdha à la primature et Mustapha Ben Jaafar d’Ettakatol à la présidence de l’Assemblée Constituante. Dans le camp laïc et moderniste, l’alliance du CPR avec Ennahdha est vécue comme une trahison suprême. «Je suis navré parce que Marzouki a trahi les espérances des Tunisiens qui ont porté beaucoup d’espoir sur lui», a déclaré Ahmed Néjib Chebbi, le leader du Parti Démocratique Progressiste. D’autres estiment que Marzouki risque d’être une simple marionnette de ses puissants alliés ou, du moins, un faire-valoir pour les islamistes. D’autant plus que le véritable chef de l’exécutif est le Premier ministre dont la formation, Ennahda, truste tous les postes de souveraineté, à la faveur du régime parlementaire qu’elle avait imposé.
Même au sein du CPR, le pacte conclu entre Marzouki et les islamistes suscite des inquiétudes. «J’espère qu’il ne subira pas le même sort que les laïcs iraniens qui furent aux côtés de l’imam Khomeiny au premiers temps de la République islamique», lâche l’un des fondateurs du parti du président.
 
Source: “Les Afriques” Le 23-01-2012
 
Lien: http://www.lesafriques.com/actualite/moncef-marzouki-le-laic-qui-pactise-avec-les-islamistes.html?Itemid=89?articleid=30719
 
 
 
 


Tunisie, comment éviter cette chronique d’une déliquescence annoncée

 
La Tunisie est au creux des vagues. La situation est critique, tempèrent les optimistes. Nous sommes au bord du précipice, assènent les pessimistes. L’économie dégringole, les investissements marquent le pas, la croissance est en rade, le chômage s’amplifie…le mal tunisien est profond, et l’antidote tarde à être prescrit.
 
En ces moments durs, l’espoir des Tunisiens qui est né un certain 14 janvier 2011 est en train de s’évanouir, peu à peu. Le nouveau modèle tunisien, qu’on a rêvé collectivement, paraît on ne peut plus lointain. Bien évidemment, qu’une transition démocratique est toujours rude, et que le passage d’une dictature à une démocratie ne se fait pas par un simple tour de prestidigitation. D’autant plus que les Tunisiens ont découvert au lendemain de la chute du régime, un pays délesté de ses richesses, des poches de pauvreté rampantes, une économie miné par la corruption et les malversations…autant dire, que le travail de sape mené au cours de ces dernières décennies, laisse un legs lourd, et une situation inextricable, et difficilement gérable.
 
A ce jour, tout le monde est d’accord sur l’urgence. Il faut sans plus tarder remettre la machine économique en marche. Un objectif inatteignable, si les sit-in, les grèves anarchiques, les opérations de blocage de route, et toute cette agitation qui rattrape différentes régions du territoire, ne s’arrête net.
 
Le gouvernement doit sonner la fin de la récréation. Il doit prendre ses responsabilités, faire appliquer la loi, et accélérer la reprise des unités de production, en recourant, si nécessaire, à la force publique. Car, il y a péril en la demeure, être dans la démarche dilatoire et la tergiversation, aura des conséquences irréparables, et le le temps joue aux dépens de notre intérêt national.
 
L’autre mission dévolue au gouvernement est de rassembler toutes les forces vives du pays pour un projet commun à même de nous sortir de l’impasse. L’esprit partisan doit céder la place à un esprit de groupe ; les faits prouvent chaque jour, qu’à ce stade, la logique de majorité et de minorité, de pouvoir et d’opposition mènera inévitablement à une situation de blocage à même d’aggraver davantage les difficultés, et de les rendre insolubles. Seule une classe politique soudée peut, à l’heure qu’il est, affronter l’imbroglio tunisien, et garantir l’apaisement et la paix sociale, sans lesquels aucun redécollage de l’économie ne sera possible.
 
L’unité ne veut pas dire que les différences soient effacées, mais qu’il soit mis fin aux clivages politiciens. Elle signifie que chacun apporte sa vision, et ses propositions, et que la quintessence en soit tirée pour élaborer un projet de synthèse global et national.
 
La deuxième république démocratique à laquelle nous tendons, ne sera pas possible, sans une phase transitoire et constitutive, pendant laquelle chacun apportera sa pierre à l’édifice. C’est le sens même de cette période. Si les politiques et les forces vices du pays arrivent à s’engager ensemble dans cette démarche avec sincérité, dévouement, et humilité, ils sauront envoyer des signes rassurants à la population, particulièrement à nos compatriotes des régions intérieures dont le ras-le-bol est poussé, à raison, à ses limites.
 
Moralité de l’histoire, si vous aimez vraiment la Tunisie, si vous craignez pour son présent et son avenir, si vous êtes soucieux de ne pas la voir s’enliser davantage dans la crise, il y a un seul mot qui a prouvé, de tout temps, son efficacité, l’unité. Haro sur les tiraillements idéologiques, et sur les luttes partisanes, qui ne feront que fragiliser encore plus le système socio-économique déjà mal-en-point.
 
Le Peuple tunisien dont le monde entier salue le courage, le génie et la dignité, mérite une classe politique qui transcende ses intérêts étriqués, et qui ne se laisse pas piéger dans des rivalités de mauvais acabit, à même de nuire au pays, et à son invulnérabilité.
 
Entretenez le rêve tunisien, et ne le transformez pas en cauchemar. Soyez au rendez-vous avec l’histoire, faites de la Tunisie une grande nation, malgré sa petite taille ; et œuvrez à lui éviter cette chronique d’une déliquescence programmée.
 
Source:”Business News” Le 23-01-2012
 
Lien: http://www.gnet.tn/temps-fort/tunisie-comment-eviter-cette-chronique-dune-deliquescence-annoncee/id-menu-325.html
 
 


Tunisie : H. Hammami tire à boulets rouges sur la coalition du pouvoir

 
M.BELLAKHAL
 
M. Hamma Hammami, secrétaire général du parti ouvrier communiste de Tunisie (POCT) a accordé une interview fleuve au journal « Al Maghreb ». Il y expose en long et en large, ses impressions voire ses convictions, sur le paysage politique, socio-économique, sécuritaire du pays.
 
En fait, tout y passe et M. Hammami y va de ses critiques acerbes vis-à-vis de la coalition au pouvoir en gros et en détail, des partis, du gouvernement, de la Constituante, de certains ministres, de la situation sociale des Tunisiens et économique du pays ainsi que de « menus » épisodes de la vie publique.
Il trouve la vidéo sur M. Ali Laarayedh abjecte, l’affaire de Moncef Laajimi manquant de transparence. La performance du gouvernement de M. Caïd Essebsi est un échec retentissant, car n’ayant pas su déterminer les priorités alors que l’actuel ne semble pas disposer d’un programme clair et fiable et navigue à vue avec un navire tunisien qui tangue dangereusement. Quant au président de la République, au Chef du gouvernement et au président de l’Assemblée constituante, M. Hammami déplore les attributions congrues du premier, conseille au second de surveiller son langage et espère pour le dernier qu’il joue un vrai rôle lors de sa présidence de la commission d’élaboration de la constitution.
Evoquant les grèves, les sit-in et leur impact sur la vie socioéconomique du pays, le SG du POCT a indiqué que ces manifestations sont spontanées et légitimes. Il s’agit, dit-il, pour les partis au pouvoir d’abandonner « la théorie du complot » dont ils se disent être victimes et de se pencher avec tout le sérieux requis sur les problèmes que vit le pays. M. Hammami rejette évidemment l’orientation anarchique que prennent ces mouvements, mais soutient leur tenue pacifique comme étant les seuls moyens aux mains du peuple pour exprimer ses attentes et revendications. M. Hammami suggère des solutions : gel des prix des matières de première nécessité, régulation des prix des denrées soumises à spéculation, instauration d’une prime de chômage, unification des salaires minimums garantis à 400D mensuels, outre la titularisation des travailleurs occasionnels, l’amélioration de la situation des étudiants, diminution des prix de l’électricité et du gaz. Il appartient au gouvernement en place, a-t-il dit, de demander une suspension du paiement de la dette ou son rééchelonnement, l’instauration d’un impôt sur les fortunes, la maîtrise des dépenses publiques, la lutte contre la fraude et la fuite fiscales. Tout en refusant d’admettre que les solutions soient sécuritaires, M. Hammami souligne que l’inconsistance du programme présenté par le gouvernement doit être considéré comme la principale cause de ces manifestations et appelle à l’arrêt des accusations portées contre les partis d’extrême gauche arguant que ces partis que l’on qualifie de « zéro virgule »sont sans grande influence sur l’opinion publique et sont par contre incapables d’une telle mobilisation de personnes.
Par contre, le SG du POCT se montre particulièrement virulent envers « Ennahdha » qui, elle, a tous les moyens de mobiliser ses milices que l’on remarque en nombre considérable sur les lieux des manifestations. La présence d’importants contingents de contre manifestants « nahdhaouistes » suscite l’inquiétude générale et les agressions perpétrées contre les journalistes, les professeurs, les étudiants sont à condamner avec vigueur. Alors que par ailleurs, accuse-t-il, on choisit de fermer les yeux sur nombre d’événements graves comme la prolifération des groupes salafistes en différents lieux du pays. M. Hammami met Ennahdha face à ses responsabilités et la somme de prendre une position sans ambiguïté sur ce genre de comportements.
La politique étrangère du pays est également décriée par M. Hammami qui considère comme autant de bévues l’invitation de M. Haniyeh, l’annonce d’intégration tuniso-libyenne, l’inféodation au Qatar, l’ingérence dans les affaires algériennes. Ces incuries dénotent, selon lui, une navrante inconscience diplomatique et pourrait nuire à l’image du pays et à ses intérêts. Prié de donner son avis sur le devenir de la coalition au pouvoir, le SG du POCT lui prédit un avenir incertain puisqu’elle a été faite sur le seul objectif d’un partage du pouvoir.
M. Hammami a terminé ses propos en indiquant que la situation du pays est délicate mais que le POCT est toujours là pour défendre les intérêts des Tunisiens mais qu’il dénonce les tentatives visant à faire endosser les erreurs commises à d’autres et d’utiliser les événements de toutes sortes pour faire régresser le pays.
 
Source:”Investir en Tunisie” Le 23-01-2012
 
Lien: http://www.investir-en-tunisie.net/index.php?option=com_content&view=article&id=13053

 

 

 

 

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