18 mai 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2187 du 18.05.2006

 archives : www.tunisnews.net


AP: Tunisie: les autorités démentent toute agression contre des avocates AFP: Les autorités tunisiennes démentent des agressions contre des avocates ACAT-France: Cas du prisonnier Elies Ben Béchir Ben Mohammed Romdhane – Letre au Ministre de l’intérieur AFP: Sept Africains qui tentaient de gagner l’Italie meurent noyés (presse) Mokhtar Yahyaoui: Réflexions et lumières sur la notion du « POUVOIR » Texte envoyé au Dr Sahbi Amri par Philippe LEGLISE, Journaliste au Progrés (Lyon) Houcine Ghali: Hrag parce qu’il étouffe Reveil Tunisien: Réponse à l’article : « Le peuple tunisien a-t-il les moyens de faire sa révolution ? » AFP: Maroc: Les châtiments corporels courants à l’école et en famille (UNICEF) ATS: Tsahal présente ses excuses à Karin Wenger La Presse (Montréal) : Skype bouleverse la téléphonie nord-américaine

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La rédaction d eTUNISNEWS

15 mai ‏2006


Tunisie: les autorités démentent toute agression contre des avocates

 

Associated Press, le 18 mai 2006 à17h50

TUNIS (AP) — Les autorités tunisiennes ont rejeté jeudi les accusations d’avocates qui affirmaient la veille avoir été agressées par la police.

 

« Aucune agression, ni verbale ni physique, n’a eu lieu contre un quelconque avocat en Tunisie. Toute allégation contraire est fallacieuse et relève de la désinformation », selon une source officielle.

 

Mercredi, 32 avocates avaient publié un communiqué dans lequel elles déclaraient avoir observé une journée de grève de la faim pour dénoncer « la violence physique et verbale » dont plusieurs d’entre elles disaient avoir été victimes.

 

Selon le communiqué, ces incidents auraient eu lieu devant la Maison du barreau à Tunis où des avocats poursuivent un sit-in pour protester contre l’adoption par le Parlement d’un projet de loi controversé prévoyant la création d’un institut de formation des avocats.

 

« La prétendue grève de la faim pour protester contre des ‘agressions’ fictives est sans objet et s’apparente davantage à une opération médiatique concoctée par une minorité infime d’avocats pour manipuler l’opinion, à des fins n’ayant rien à voir avec la profession », a-t-on estimé de source officielle.

 

Par ailleurs, les autorités se sont inscrites en faux contre les allégations du Conseil de l’ordre des avocats selon lequel le texte de loi a été élaboré de façon « unilatérale ».

 

« Le Conseil a pris part à l’élaboration du projet et a été pleinement associé à la gestion de l’institut et à la conception des programmes de formation, et continue d’exercer ses prérogatives en matière d’inscription au barreau », avançait la même source.

 


 

Les autorités tunisiennes démentent des agressions contre des avocates

 

AFP, le 18 mai 2006 à15h52

TUNIS, 18 mai 2006 (AFP) – Les autorités tunisiennes ont démenti jeudi que des agressions aient été commises contre des avocates qui protestaient contre la création d’un institut de formation professionnelle.

 

« Aucune agression, ni verbale, ni physique n’a eu lieu contre un quelconque avocat en Tunisie », a-t-on indiqué de source officielle, après la publication, mercredi, d’un communiqué signé de trente-deux avocates dénonçant des « agressions » envers certaines d’entre elles par des policiers.

 

Elles avaient indiqué qu’elles observaient une journée de grève de la faim pour protester et rappeler leur opposition à la création d’un Institut de formation du barreau votée par le parlement.

 

« La prétendue grève de la faim pour protester contre des +agressions+ fictives est sans objet et s’apparente davantage à une opération médiatique concoctée par une infime minorité d’avocats pour manipuler l’opinion », a-t-on ajouté de source officielle.

 

Selon cette source, cette « action de désinformation » a été organisée après « l’échec des manœuvres démagogiques autour de la création de l’Institut de formation du barreau ».

 

Les avocates protestataires estiment que leur corporation n’a pas été consultée, ce que démentent les autorités qui soulignent que le Conseil national de l’ordre des avocats a été associé à la rédaction du projet de loi sur la création de cet organisme.


TUNISIE • La répression reprend son cours tranquille

Clément Prunières 

 

Cinq mois après l’embellie du Sommet mondial sur la société de l’information, le couvercle est retombé sur l’opposition tunisienne. A quelques pas des plages, la police veille. Chronique de l’autoritarisme ordinaire.

 

(La suite de l’article n’est pas disponible sur le web…)

 

(Source : Le Journal hebdomadaire (Maroc), N° 254 du 5 au 12 Mai 2006)


 

 

ACAT-France

7 rue Georges Lardennois – 75019 Paris

Tel : 01 40 40 42 43 – Fax : 01  40 40 42 44

 

Monsieur Rafik Belhaj Kacem

Ministère de l’intérieur

Avenue Habib Bourguiba

1001 Tunis

Tunisie

Fax : 00 216 71 354  331

Le                     2006

 

Monsieur le Ministre,

La famille du prisonnier Elies Ben Béchir Ben Mohammed Romdhane, qui effectue une peine de longue durée, dont il a déjà purgé dix ans, n’a pu lui rendre visite depuis plus d’un mois et demi.   Leur dernier contact avec lui remonte à la période où il était à la prison de Borj El Amri. Il avait alors été privé de visite au prétexte qu’il était puni. La semaine suivante, ses proches ont été informés qu’il avait été transféré à la prison d’El Hawareb, à plus de 200 km du domicile de sa famille, où il a été soumis à une nouvelle interdiction de visite pour les même motifs. Ses frères, Rached et Tarek, ainsi que sa sœur Rachida ont tout de même tenté de lui rendre visite le 6 mai 2006, mais ont été refoulés.   Il convient de mentionner que le père du prisonnier est né en 1918, que sa mère est née en 1926, et qu’ils ont à cœur de revoir leur fils. Leur santé est fragile et les trajets qu’ils sont obligés d’effectuer pour lui rendre visite, de Jendouba où ils habitent, jusqu’à Kairouan les fatiguent énormément.   L’ACAT vous demande de faire ce qu’il est en votre pouvoir pour que les proches de M. Romhane puisse lui rendre visite. De même je vous demande que ce dernier soit transféré dans une prison proche du domicile de sa famille. En effet, la distance de plus de 200 km qui sépare la prison d’El Hawareb du domicile de sa famille est contraire à la loi tunisienne en matière d’incarcération.     Nous vous remercions de nous lire et nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l ‘_expression de notre plus haute considération.     Pour le pôle actions Nicole Pignon Péguy   CC : Copie à l’ambassade de Tunisie, 25 rue Barbet de Jouy, 75 007 Paris, Fax : 01 45 56 02 64   L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) France est affiliée à la Fédération Internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, ayant statut consultatif auprès des Nations unies et du Conseil de  l’Europe.


Sept Africains qui tentaient de gagner l’Italie meurent noyés (presse)

 

AFP, le 18 mai 2006 à 12h10

TUNIS, 18 mai 2006 (AFP) – Sept clandestins africains ont trouvé la mort et 38 autres ont été secourus dans une tentative d’immigration illégale en Italie depuis le littoral libyen, a indiqué jeudi le quotidien Assabah.

 

Les émigrants clandestins, de nationalités ivoirienne, nigériane et somalienne notamment, étaient partis de la plage de Zouara, en Libye, pour tenter de se rendre en Italie, a ajouté le journal sans précision de date.

 

Cinq cadavres ont été repêchés par une unité de la garde maritime, tandis que deux enfants de quatre ans ont trouvé la mort dans un établissement hospitalier à Sfax à 270 km au Sud de Tunis. Huit autres personnes se trouvent dans un état « très critique », a ajouté le journal.

 

Les naufragés, parmi lesquels des femmes et des enfants, ont préféré rebrousser chemin en raison d’une panne de carburant à quelques kilomètres de l’Ile de Lampedusa situées entre la Tunisie, la Sicile et Malte.

 

« Pris dans une violente tempête et après onze jours d’errance, leur embarcation a dérivé jusqu’aux eaux tunisiennes, au large de la ville de Sfax », a précisé le journal.

 

Le littoral tunisien et surtout de la Libye voisine sont souvent le point de départ ou de transit des clandestins tentant de rallier les côtes italiennes proches, principalement les îles de Lampedusa et Linosa.

 

Les forces tunisiennes de sécurité, dont l’activité s’étend sur 1.300 km de côtes, font fréquemment échec à ces tentatives d’immigration illicite.

 

La Tunisie et l’Italie sont liées par des accords d’assistance en matière de lutte contre l’immigration clandestine.

 

AFP


Mondial-2006 – Tunisie: la sélection avec numéros des maillots

 

AFP, le 18 mai 2006 à 15h52

TUNIS, 18 mai 2006 (AFP) – Liste des 23 joueurs tunisiens retenus pour le Mondial-2006 de football qui aura lieu du 9 juin au 9 juillet en Allemagne (avec numéros des maillots communiqués jeudi par la Fifa):

 

Gardiens:

1. Ali Boumnijel (Club Africain Tunis)

16. Adel Nefzi (US Monastir)

22. Hamdi Kasraoui (Espérance Sportive Tunis)

 

Défenseurs:

3. Karim Haggui (FC Strasbourg/FRA)

4. Alaeddine Yahia (Saint-Etienne/FRA)

6. Hatem Trabelsi (Ajax Amsterdam/PBS)

7. Mehdi Meriah (Etoile du Sahel)

15. Rahdi Jaïdi (Bolton/ENG)

18. David Jemmali (Bordeaux/FRA)

19. Anis Ayari (Samsunspor/TUR)

21. Karim Saïdi (Lecce/ITA)

 

Milieux de terrain:

8. Mehdi Nafti (Birmingham/ENG)

10. Kaïs Ghodhbane (Samsunspor/TUR)

12. Jaouhar Mnari (Nuremberg/GER)

13. Riadh Bouazizi (Kayseri Erciyesspor/TUR)

14. Adel Chedli (Nuremberg/GER)

20. Hamed Namouchi (Glasgow Rangers/SCO)

23. Sofiane Melliti (Gaziantepspor/TUR)

 

Attaquants:

2. Karim Essediri (Rosenborg/NOR)

5. Ziad Jaziri (Troyes/FRA)

9. Yassine Chikhaoui (Etoile du Sahel)

11. Silva Dos Santos (Toulouse/FRA)

17. Issam Jomâa (Lens/FRA)

 

AFP


Réflexions et lumières sur la notion du « POUVOIR »

  Mokhtar Yahyaoui

Le pouvoir, ce terme qui suscite en nous des réactions contradictoires, d’attrait, de répugnance, de crainte et de défit sans savoir pour autant le véritable sens de la notion qui peut prendre suivant le cas le symbole de l’absolutisme et de l’oppression comme elle peut devenir le moyen de la délivrance et de l’émancipation. La série de textes suivant sous le titre de « réflexions et lumières sur la notion du Pouvoir » cherche à appréhender cette notion dans les conditions et les circonstances par lesquels est en train de passer notre pays. Si le pouvoir politiquement cerné renvoie à l’enjeu dont il est l’objet. Dans les systèmes traditionnels avec son aspect despotique absolus il devient cet outil de domination qui assujetti les peuples dans la soumission et qui ne laissent aucun espoir de délivrance que par l’insurrection et la révolution. Ce même pouvoir dans les pays libres devient l’objet d’une compétition transparente, contradictoire et ouverte pour tous ou des structures appropriés « partis politique » disposent de tous les moyens nécessaires et des bases populaires pour lui accéder dans l’alternance et en toute sécurité sans que l’ordre social ne soit atteint ou définitivement renversé. Ce pouvoir devient dans les pays en phases transitoire entre un pouvoir traditionnel classique et un pouvoir moderne d’état de droit l’objet d’une lutte acharnée entre ceux qui le détiennent et cherchent désespérément à nier l’existence de toute substance de pouvoir en dehors de leur autorité et ceux qui ouvrent des champs de contestation sur tous les fronts pour démontrer que le pouvoir absolu à perdu son unité… Aujourd’hui si les partis classique sont en difficulté à se mettre à l’avant du mouvement et à se débarrasser définitivement de leurs réflexes de soumission et de dépendance de l’autorité les avocats, les magistrats, les journalistes, les enseignants pour ne citer que ceux là sont entrain de signifier à la dictature ouvertement qu’ils ne cadrent plus avec ses plans… ce texte tente de poser la problématique du passage démocratique que notre pays(La Tunisie) est entrain de vivre aujourd’hui

I – INTRODUCTION

01 « L’homme est un être social par nature » disait Ibn Khaldoun[1] depuis six siècles déjà. Cette nature qui condamne l’homme à vivre en communauté lui a imposé en même temps l’obligation de se soumettre aux règles qui régissent son organisation. Cette soumission consentie ou forcée n’est jamais laissée à l’évaluation discrétionnaire des individus. L’ordre social a toujours et partout prévalu sur les considérations de liberté des particuliers. Des structures de commandement et de coercition sont instaurées pour l’assurer de tout temps. C’est LE POUVOIR. Indépendamment de sa nature, de sa légitimité et de tout autre élément qui peut le définir, c’est lui qu’on trouve dans tout rassemblement humain et à qui il échoue le rôle modérateur des rapports entre individus. 02 Aujourd’hui nous distinguons selon la situation et le niveau de développement de chaque pays trois types de pouvoir qui coexistent parallèlement : • Le pouvoir traditionnel qui se fond sur « des coutumes sanctionnées par leur validité immémoriale et par l’habitude enracinée en l’homme de les respecter » suivant la formule de Weber. Le pouvoir est identifié à une autorité « naturelle » que ni l’origine ni les fondements ne sont remises en question. Les monarchies sont l’exemple de cette catégorie. • Le pouvoir légal rationnel dont l’Etat moderne est la manifestation la communauté est fondée sur l’adhésion contractuelle et l’égalité juridique. Les dirigeants comme les gouvernés se trouvent soumis à des règles claires fondées sur le droit. • Le pouvoir charismatique qui repose sur une « communauté émotionnelle » autour d’un leader politique ou religieux se fondant sur un régime plébiscitaire aboutissant à la suspension de l’application normale des règles juridiques. 03 A coté de cette classification en types de base du pouvoir on trouve une autre distinction tenant au cycle dans lequel se situe tout pouvoir indépendamment de son type. Construit sur le cycle de dégénérescence du pouvoir élaboré par Ibn Khaldoun autour du concept de l’Asabiah[2]. En distingue aujourd’hui trois phases dans lesquels on peut classer tout pouvoir indépendamment de toute autre norme ou du pays où il est exerçait. Le pouvoir qui part d’un « pouvoir régulier » se transforme en « un pouvoir de fait » pour se terminer en « un pouvoir d’usurpation ». Ce modèle de classification permet aux juristes de mesurer aujourd’hui la nature de la relation de commandement/obéissance dans le rapport entre gouvernants et gouvernés. La combinaison des critères des deux modèles de classement sur n’importe quel pays permet de mesurer le stade de son évolution et le degrés de stabilité du pouvoir qui le gouvernait. 04 Ainsi la particularité de l’homme avant d’être un être social par nature est celle d’un être gouverné par définition. Toute l’histoire de l’humanité peut être retracer dans cette contradiction vécue par chaque être humain entre son besoin d’affirmer sa spécificité et celui de s’insérer dans sa communauté. Sa particularité ne se distingue que par la position qu’il réussi à atteindre au sein de sa société et la fonction qu’il occupe dans son organisation. Le rôle social de l’individu peut être assumer de deux façons complètement opposé : par sa contribution à l’affirmation de l’ordre établi ou par sa contestation, il contribue à le faire progresser ou à le faire changer. Suivant la nature de la société, son importance et son degré d’évolution sa structure prend des configurations plus complexes en sous catégories hiérarchisées en classes, ethnies et groupements diverses qui évoluent en sous communautés dominées par les mêmes critères de compétions. Le pouvoir en tant que moyen d’ordre social est la dynamo de cette compétition au progrès et au surpassement au sein de la société avant d’être l’outil d’écrasement de l’individu et de sa sujétion. C’est sous cette acception que la notion de pouvoir est abordée dans cet essai. 05 La force du pouvoir n’a jamais été dans le pouvoir de la force même si la force est le dernier recours du pouvoir. Quand la contrainte exercée sur la société au nom de l’ordre social parvient à perturber les règles naturelles de compétitions entre ses membres le pouvoir cesse d’être le moteur de son progrès et de son évolution mais devient l’obstacle de sa réalisation. C’est la raison pour laquelle la notion de pouvoir n’a jamais pu être dissocier de celle de légitimité qui prévoit des règles préétablies applicable à tous de la même façon dans son exercice sans lesquels tout pouvoir n’est que despotisme et tyrannie. « La légitimité fait apparaître aux yeux des acteurs concernés les injonctions émanant des autorités comme des obligations qui leur incombent : l’obéissance requise change pour eux de visage et par là même de signification ». …à suivre : II – LE BONUS D’AUTORITE __________________________

[1] – Ibn Khaldoun introduit cette affirmation comme une citation en référence aux houkama, terme qui renvoie dans la terminologie classique aux philosophes grecs de l’antiquité, pour expliquer le titre de son chapitre concernant la nécessité de la vie en société pour l’homme. Al moukaddima, tome 1, page 77 édition STD, Tunis 1984 [2] – Ibn Khaldoun : Al moukaddima, tome 1, page 221 et 227 édition STD, Tunis 1984

(Source: Le blog du juge Mokhtar Yahyaoui le 18-05-2006)

http://www.yahyaoui.blogspot.com/2006/05/rflexions-et-lumires-sur-la-notion-du.html


 

Texte envoyé au Dr Sahbi Amri par Philippe LEGLISE, Journaliste au Progrés (Lyon)

 

Cher Docteur Amri

Cher Sahbi

vous permettez que je vous appelle Sahbi ?

 

Mon nom est Philippe Léglise, je suis journaliste, ami d’Abdelaziz Agoubi depuis 1991 et très fier de l’être. C’est d’ailleurs chez lui, que nous nous sommes rencontrés lors de votre passage en France avec M. Hamadi Ferjaoui.

 

Je vous avoue que cette visite, m’avait un peu interpellé. Je ne comprenais pas très bien ce qu’Abdelaziz Agoubi venait faire dans cette mission, dont je ne comprenais pas très bien la finalité et dont l’enjeu, plutôt mystérieux me dépassait. Mais si, en France, on dit que l’amour est aveugle, l’amitié, elle, sait regarder du côté du cœur.

 

C’est à ce titre de l’amitié que j’ai d’ailleurs toujours soutenu aussi bien professionnellement (quand ça le valait) que personnellement,  mon ami Abdelaziz. Depuis 15 ans que je le connais, je l’ai toujours vu rencontrer des dizaines de gens de la société civile tunisienne, de Tunisie ou de la diaspora, dialoguer avec ceux qui ne pensaient pas forcément comme lui, s’enflammer pour des thèses, puis ouvrir d’autres pistes avec le même enthousiasme.

 

Parce qu’il a toujours œuvré pour la paix et la réconciliation dans ce beau pays qui est le votre et qui m’a si souvent accueilli à bras ouverts. Et pour qu’il ne devienne pas un champ de ruines après les années Ben Ali. il l’a toujours fait dans une recherche vraie, sincère et authentique. Cette volonté de ne jamais baisser les bras, et cette honnêteté intellectuelle permanente sont plus que des qualités. Ce sont de vrais atouts.

 

Lorsqu’il m’a invité à vous rencontrer vous qu’il m’a présenté comme une ancienne victime du régime tunisien ainsi que M.Hamadi Ferjaoui,qu’il m’a annoncé comme « émissaire » du président Ben Ali, j’ai été quelque peu étonné. Vu d’ici, ce grand écart intellectuel avait quelque chose d’incongru. Mais il était intéressant de voir…

 

Il est vrai qu’il y a une dizaine d’années, j’avais rencontré en Albanie d’anciens opposants au dictateur qui étaient très fiers qu’à la chute de ce régime autoritaire, il y ait eu, dans le pays moins d’une centaine de morts, ce qui certes était encore trop mais qui compte-tenu des atrocités commises durant des décennies était finalement très peu. Et que dès lors je comprend bien que chacun, pour son pays puisse souhaiter ce type de réconciliation après des années de souffrances.

 

C’est aussi à ce titre de l’amitié (pour Abdelaziz Agoubi) que je vous écris aujourd’hui.

 

Parce qu’il m’a envoyé vos déclarations parues dans Tunisnews.

 

Vos déclarations « politiques » ne m’ont pas surpris. Même si aujourd’hui elles contredisent grandement et gravement toutes ces choses que vous m’avez racontées alors que nous étions seuls à l’Eden ( ce café, finalement si bien nommé) de  Villefranche-sur-Saône, tandis que MM. Agoubi et Hamadi Ferjaoui étaient partis faxer des dossiers et attendre des réponses, ou lorsque nous dinions tous les deux tandis que MM. Agoubi et Hamadi Ferjaoui étaient sur internet).

 

Mais je ne vous emmènerai pas sur ce terrain du « il a dit… non je n’ai pas dit… il a fait… non je n’ai pas fait ».

 

Il n’est pas le mien. Parce que je ne possède pas toutes les cartes pour en comprendre tous ces enjeux que vous m’avez vous même exposés, et qui me dépassent encore, même si depuis 15 ans et des dizaines de rencontres toujours passionnantes, je commence à me faire une idée approfondie de la question.

 

Je n’appartiens à aucun appareil, je ne milite dans aucune association (même pas sportive) parce que je veux rester un homme libre de mes pensées, de mes choix, de mes actes. Et parce que je sais d’expérience que toute appartenance à  un groupe permet aux détracteurs de s’en servir contre vous.

 

Par contre vos déclarations et vos accusations contre Abdelaziz Agoubi m’ont choqué sur un plan strictement personnel.

 

Je ne suis pas arabe, ni musulman, ni tunisien. Je n’y peux rien, c’est comme ça. Le poète l’a écrit, on ne choisit pas ses trottoirs pour apprendre à marcher.

 

Mais après avoir sillonné votre pays à maintes reprises, je m’étais fait une double idée forte de ce qu’est un arabe, musulman et tunisien. D’un côté quand il reçoit, c’est un homme qui offre généreusement l’hospitalité, qui ouvre sa porte, donne le gîte et le couvert sans compter. Même quand ça lui coûte. Et quand il est reçu, il se montre reconnaissant, et surtout respectueux de cette hospitalité qu’on vient de lui offrir.

 

Alors lorsqu’après avoir été reçu, hébergé et nourri chez Abdelaziz Agoubi (je vous ai vu y embrasser son petit dernier) vous « crachez dans le couscous »en l’accusant de mille maux,  et qu’enfin vous affirmez (si les documents que j’ai lu sont exacts) « Je  dis et je redis haut et fort en toute fierté que je suis digne d’être arabe, musulman et Tunisien « , je me dis que là non plus, après ne pas avoir été convaincu par votre manière de faire, je n’ai sans doute pas tout compris à votre manière de penser.

 

Mais je me rassure en me disant qu’elle ne casse en rien l’image que j’ai de l’arabe, musulman et tunisien.

 

Philippe LEGLISE

 

(Remarque: ce texte nous a été transmis le 18 mai 2006 par M. Abdelaziz Agoubi)

 


HRAG PARCE QU’IL ETOUFFE

 
Originaire de la Louza, une bourgade sur le littoral de la délégation de Jebeniana et du gouvernorat de Sfax, Hamda Boulakmouta a essayé dix fois de quitter le pays par la mer vers Lampadousa. La onzième fut la bonne. Issu d’une famille de pêcheurs, Hamda ne manque de rien bien qu’il n’aime pas travailler car il trouve que le métier de pêcheur est très dur pour un adolescent nourri au yagourt et au pain « italien ». Il ne mange plus de la bsissa et de la kesra d’orge avec l’huile d’olive comme ses parents et refuse tout emploi que celui de fonctionnaire bien qu’il n’ait que le niveau de la troisième année secondaire!
Hamda n’a jamais vêcu la misère et a toujours mangé à sa fin. Il n’est donc pas pressé de trouver un travail ou de donner un sens à son existence. Sa mère lui file discrètement 1 dinar par jour pour passer son temps au café à critiquer le monde entier, à faire des commantaires sur les passants, à jouer aux cartes et à philosopher sur le problème palestinien, la crise en Irak, la démocratie en Tunisie et les querelles entre les familles de son quartier.
Après un mois en Italie, il a la chance de rencontrer une suisse allemande en vacances dans la Pénisule. Le coup de foudre fut immédiat car Hamda, beau garçon bronzé de 22 ans et assouffé de sexe, n’a trouvé aucune peine à innonder la Suissesse de sa sexsualité débordante et explosive. Elle a fini par l’amener à Fribourg, ville catholique et paysanne où le travail compte beaucoup plus que l’attraît sexuel.
Rencontré par hasard lors d’une fête à Neuchâtel, il m’a expliqué le pourquoi de son hargane : « En Tunisie, pour les jeunes comme moi, je vous assure qu’il ne s’agit nullement de travail ou d’argent. Avant tout, nous cherchons de l’air, car nous étouffons. Dans un village comme le mien, et même à Sfax distante de trente kms, il n’y a rien à faire. On se sent épié, surveillé, traqué par la police et les gens du pouvoir. Il n’y a pas de structures pour nous les jeunes pour nous distraire. Même pour le sport, il n’ y a que le terrain de foot pour l’équipe du village, et c’est pareil partout ailleurs, mais rien pour la pratique du sport. On est réduit à être toujours spectateurs mais jamais acteurs. Si on veut créer une association, le délégué nous refuse l’autorisation parce qu’on n’est pas du RCD. Si on veut faire la fête, calmement et sans emmerder personne, la police vient nous embarquer. Parfois, je bois des bières avec des copains au bord de la mer à la Louza et tout d’un coup la police qui passe et qui nous confisque notre boisson sous le prétexte qu’il est interdit de boire de l’alcool! Nous sommes donc dans un pays où on peut acheter de la bière librement mais on n’a pas le droit de la boire!
Oui, Monsieur, je suis parti de Tunisie seulement parce que j’étouffe, dans tous les sens du terme. Ecrivez le s’il vous plait.
 
Houcine Ghali, Genève

 


Réponse à l’article :

« Le peuple tunisien a-t-il les moyens de faire sa révolution ? »

 

16 mai 2006 à 20h29min / Vinc

 

Je suis un non-musulman, j’ai lu la plupart des posts de cette discussion.

 

J’apprécie le respect de la liberté de penser qui seul mène au débat, et à la compréhension.

 

Je voudrais simplement noter qu’il me semble dangereux d’opposer systématiquement Orient et Occident (je l’ai retrouvé dans beaucoup de posts). Le contexte mondial (et médiatique) est aujourd’hui centré sur cette opposition comme une « guerre pour gérer le monde ». Mais il faut également aller chercher dans le détail les points de rencontres de ces deux peuples du monde, et prendre pour socle une base de compréhension de modes de pensée, d’actions, de philosophie, et même de goûts esthétiques, artistiques qui sont motivés par des histoires, des besoins, et des aspirations différentes, pour construire les richesses culturelles de demain. Aucune uniformité n’amène au progrès. C’est des différences (et parfois des différents) que naît l’énergie de croître, de changer, d’avancer.

 

Pour ma part je n’ai pas de dieu qui représente ma spiritualité, mais si j’en avais un je sais qu’il ne me prescrirait jamais de prendre possession de ce qu’il a créé, de conquérir même avec le plus pieux des peuples ce qui est sa création. L’homme ne peut corriger le travail de son dieu n’est-ce pas ? se serait un outrage.

 

L’occident est malade notamment à l’image des états unis d’Amérique qui effectivement se trouve dans une misère intellectuelle et culturelle patente et qui pourtant déverse par son l’économie et par les mass media, ses modes de vie, ses préceptes, comme nourriture du monde, qui cache son vide derrière sa puissance militaire jusqu’à enfreindre les lois internationales. Le monde arabe est malade de trop être contraints par cet ascendant économique, et par la mise en exergue qui est opéré sur. Et ce contexte laisse émerger des maîtres du monde en herbe. Le monde est fait de zones d’influences diverses mues par des identités différentes et fiers.

 

Sachez que tout non-musulman ne rejette pas l’Islam. Beaucoup d’entre nous côtoyons et comprenons l’Islam à force de côtoyer et comprendre les musulmans que nous aimons. Mes amis ne sont pas à mon identique, et c’est mon amitié pour eux qui me permet de passer sur les différences (pas seulement culturelles) qui me gênent. J’ai des amis tunisiens, marocains, burkinabais, un libanais, tous musulmans, et nous sommes proches parce que nous avons des visions sur le monde communes et d’autres compatibles, l’amour, la justice, le respect de l’autre et tant d’autres thèmes qui me sont chers… Je suis français, et je ne ferme PAS ma porte à une manière de penser, à une appartenance à un clan. Ma culture m’a appris la valeur de la liberté de pensée, d’agir, et de choix. Si j’avais à fermer la porte, ce serait à un individu méprisant d’autrui ou de moi-même, un individu qui chercherait à contraindre de telle ou telle manière ou interdire des pratiques qui sont pourtant respectueuses d’autrui, je pourrais fermer la porte à un individu pour des actes ou des pensées qui sont autoritaires ou injuste, pas pour la philosophie qui l’anime.

 

Je sais qu’à l’heure actuelle les populations non-musulmanes et musulmanes ont une tendance à la méfiance, et le mouvement naturel est de se regrouper entre semblables pour combattre le changement.

 

Le monde que j’imagine pour demain a besoin de toutes les influences. S’ouvrir à une culture, l’admettre, voire la comprendre, l’embrasser même ne signifie pas renier son origine. C’est même parfois une belle manière d’aimer une deuxième fois sa culture à la lumière d’un autre. L’héritage européen et l’héritage arabe en l’occurrence ont beaucoup à partager. Je pense même que si nous parvenons à dépasser la crise qui s’annonce (et qui je pense est loin d’arriver à son terme) qui oppose deux des piliers majeurs de notre monde culturel à savoir le monde arabe et le monde dit occidental, nous aurons enfin autre chose que des dollars et des intérêts financiers comme base de communication, comme monnaie d’échange.

 

Voilà pour résumer : à travers l’opposition c’est la question de l’autre qui est soulevée. Et quiconque méprise, minimise ou nie simplement l’existence de l’autre est, me semble-t-il dangereusement en train de déraper vers un désire de toute puissance qui fait concurrence à toutes les conceptions d’un Divin. Je le répète, je ne pense pas que ni le dieu chrétien, ni Allah tolère cet affront qui consisterait à corriger le monde qu’il a créé. Je pense par ailleurs que tout laïc ayant de telles ambitions serait dans un affront fait à lui-même et aux siens.

 

Il existe des alternatives à l’opposition, sachons les mettre en lumière puis en pratique.

 

(Source : , reveiltunisien.org, le 17 mai 2006)

URL : http://www.reveiltunisien.org/article.php3?id_article=2179


Maroc: Les châtiments corporels courants à l’école et en famille (UNICEF)

 

AFP, le 18 mai 2006 à 06h57

RABAT, 18 mai 2006 (AFP) – Les châtiments corporels sont largement pratiqués à la maison et dans les écoles primaires marocaines en dépit de leur interdiction, affirme un rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) rendu public jeudi.

 

Selon l’étude réalisée lors du second semestre 2004 par l’Ecole supérieure de psychologie de Casablanca à la demande de l’Unicef, 73% des enseignants affirment avoir eu recours à des châtiments corporels, 54% disent avoir frappé les enfants avec une règle, un tuyau ou un bâton, et 29% avec leurs mains et leurs pieds. Par ailleurs, 61% des parents reconnaissent frapper leurs enfants, 38% les sermonnent et 27% ont recours à la privation.

 

L’étude a été réalisée lors du second semestre 2004 grâce à des entretiens réalisés avec un groupe de 1.411 enfants et des questionnaires auprès de 194 écoles primaires: plus de 5.000 élèves, de 1.800 enseignants, 800 parents et 194 directeurs d’écoles ont été interrogées dans les différentes régions du royaume.

 

L’Algérie, Djibouti, le Maroc, la Palestine, la Syrie, la Tunisie et le Yemen se sont engagés dans la réalisation d’études sur le thème de la violence en milieu scolaire, phénomène reconnu mais abordé avec difficulté dans chacun de ces pays, explique l’Unicef. Le bonnet d’âne n’a pas disparu car 27% des enfants marocains disent en avoir été affublés et 29% déclarent avoir vu leurs camarades les porter.

 

Les filles sont moins frappées que les garçons: 64% disent avoir été frappés contre 54% des filles.

 

« L’enquête relatives aux violences sexuelles subies par les élèves relève que ce problème n’est pas absent des écoles marocaines, cependant la fréquence doit être considérée avec prudence », ajoute l’Unicef.

 

Le principal motif des punitions sont les devoirs non faits: 54% des enseignants déclarent punir pour cette raison. Les autres raisons comme le manque de respect aux adultes, les retards, les disputes, les matériels cassés ou volés, les absences varient entre 6 et 10%.

 

Les élèves (34%) reconnaissent aussi que la première cause des punitions sont les devoirs non faits, suivie des retards (29%), des absences (26%) et des motifs vestimentaires (24%).

 

En outre, 52% des parents et la moitié des enfants estiment que frapper est « indispensable à l’éducation », mais ils ne sont que 33% des enseignants et 15% des directeurs à partager cet avis.

 

Battre les enfants est un moyen de dominer la classe, estiment 46,3% des enfants, 37,6% des enseignants, et 11% des directeurs. 52% des directeurs, 36% des enfants, 30% des enseignants et seulement 27% des parents déclarent que frapper est interdit.

 

Au total, la moitié des élèves punis affirment que cela crée un sentiment de peur ou d’injustice alors que 38% concèdent qu’ils le méritent. Pour 20% des élèves, les châtiments créent une haine de l’école.

 

La grande majorité des directeurs d’établissement et enseignants déclarent regretter d’avoir frappé les élèves après s’être emportés.

 

Pour régler le problème, l’Unicef avance 37 recommandations, notamment la révision des manuels scolaires pour que soient mises en exergue les valeurs de tolérance plutôt que d’incitation à la violence, l’application stricte des règles juridiques sur la question des châtiments, l’instauration d’un débat à chaque rentrée scolaire sur les droits et les devoirs des uns et des autres, l’établissement d’une autodiscipline dans les classes et la suppression des  devoirs à la maison avant l’âge de 10 ans.

 

AFP

 


Proche-Orient: journaliste suisse humiliée par des soldats israéliens

Tsahal présente ses excuses à Karin Wenger

 

ATS, le 18 mai 2006 à 16h25

Jérusalem/Berne (ats) L’armée israélienne a présenté ses excuses jeudi à la journaliste suisse Karin Wenger, humiliée vendredi dernier à Erez par des soldats de Tsahal. Un porte-parole de l’armée a imputé l’incident aux « craintes d’attentats terroristes » à la frontière entre Gaza et Israël.

 

Interrogé par l’ATS, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a indiqué ne pas être au courant de ces excuses, rapportées jeudi par la radio nationale israélienne.

 

Karin Wenger, journaliste à la « Neue Zürcher Zeitung » (NZZ), a été contrainte vendredi dernier de se mettre en sous-vêtements à plusieurs reprises à chacun de ses passages devant un appareil de détection d’armes et d’explosifs au poste frontière d’Erez, entre la bande de Gaza et Israël.

 

Dimanche, le ministère israélien de la défense avait déjà exprimé ses « regrets pour la détresse morale causée à Mme Wenger » et a promis d’ouvrir une enquête. Il avait déjà expliqué que des mesures de sécurité draconiennes avaient été prises au poste frontière d’Erez en raison de « craintes d’attentats terroristes ».

 

Incident « inacceptable »

 

Lundi, les services de Micheline Calmy-Rey avaient officiellement demandé aux autorités israéliennes d’ouvrir une enquête sur l’humiliation subie par la journaliste suisse.

 

Israël doit prendre les mesures nécessaires pour empêcher qu’un tel incident « inacceptable » ne se reproduise, avait notamment déclaré un porte-parole du DFAE.

 

L’Association de la Presse étrangère en Israël avait vivement protesté et dénoncé « l’humiliation subie par la journaliste suisse ». L’association faisait aussi remarquer que Karin Wenger était en possession d’une carte de presse règlementaire délivrée par le GPO (Government Press Office) israélien.

 

(Source: www.edicom.ch, le 18 mai 2006)

 


Skype bouleverse la téléphonie nord-américaine

Moalla, Taïeb Collaboration spéciale

Depuis lundi, il est possible d’appeler gratuitement n’importe quel téléphone fixe ou cellulaire au Canada et aux États-Unis. Détrompez-vous, il ne s’agit nullement d’une annonce racoleuse qui camoufle divers frais d’installation et d’activation.

En effet, la dernière version du logiciel de téléphonie Skype est en train de faire les beaux jours des consommateurs. Une rude bataille commerciale, imposée aux exploitants classiques, se profile.

Le son n’est pas de première qualité et l’offre n’est valide que pendant sept mois et demi. Pourtant, la gratuité offerte par Skype constitue une petite révolution dans le monde de la téléphonie.

Du côté des fournisseurs téléphoniques, on dit ne pas trop s’en inquiéter. Isabelle Dessureault, directrice générale des communications chez Vidéotron, souligne que  » la consommation téléphonique des Québécois diffère de celles des autres nord-américains. Ici, 75 % des interurbains sont réalisés à l’intérieur du Québec « . Cette spécificité fait dire à Mme Dessureault que l’offre de Skype  » pourrait séduire une certaine clientèle « , mais que les clients resteront fidèle à des  » opérateurs plus fiables ».

Chez Telus Mobilité, on dit suivre la situation de près.  » Nous regardons avec attention les nouveaux produits de nos concurrents. Mais il n’y a aucun changement à notre stratégie. La nouvelle offre de Skype s’adresse à un marché particulier. Et ce n’est pas tout le monde qui a les compétences techniques pour appeler d’un ordinateur vers un téléphone « , mentionne le directeur du service de développement, Jim Johannsson. Ce dernier ajoute que  » Skype n’a pas eu la même popularité en Amérique par rapport au reste du monde, car les communications locales y sont d’ores et déjà gratuites « .

Pas de changement immédiat

Dans l’immédiat, le prix des appels téléphoniques  » classiques  » ne devrait donc pas baisser. Mais un succès foudroyant de Skype pourrait changer la donne et obliger les exploitants réguliers à réduire leurs tarifs.

André Caron est professeur titulaire au département de communication de l’Université de Montréal. Selon lui,  » la tendance forte chez les consommateurs- particulièrement chez les jeunes- est celle de tolérer les dégradations de son. La priorité va à l’échange et à la communication, mais il y a également une grande sensibilité à la dimension économique « . Skype cherche donc à créer un effet d’accoutumance chez ses utilisateurs. Habitués à la gratuité des appels, certains d’entre eux seraient prêts à payer pour garder le service (appelé SkypeOut) au-delà du 31 décembre.

Sur les forums de discussion, ils étaient nombreux à exprimer leur satisfaction. Un Montréalais remerciait Skype de lui permettre d’épargner le coût  » ridicule  » des appels téléphoniques. Un New-Yorkais se félicitait de  » la haute qualité et de l’absence de distorsion « , lors d’une conversation avec des amis canadiens. Pour les besoins de cet article, l’auteur de ces lignes a également opté pour SkypeOut. Outre l’économie réalisée sur les appels interurbains, la possibilité de garder la ligne téléphonique régulière libre ne manquait pas d’attrait.

Depuis février 2004, l’entreprise du Luxembourg permet à ses utilisateurs de discuter gratuitement d’ordinateur à ordinateur. Peu importe que votre interlocuteur habite le Vieux-Montréal ou qu’il se trouve en Australie, la qualité de son est aussi bonne que celle d’une communication téléphonique locale. À condition, bien sûr, de posséder une connexion (la haute vitesse est préférable) et d’être muni d’un casque d’écoute et d’un haut-parleur.

En deux ans et demi, le logiciel a été téléchargé par 100 millions d’internautes venant des quatre coins du monde. Il est l’oeuvre du Suédois Niklas Zennström et du Danois Janus Friis qui sont également connus pour être les fondateurs de KaZaA, le célèbre réseau d’échange de musique en ligne.

En septembre dernier, Skype a été racheté par le site d’enchères en ligne eBay pour la colossale somme de 2,6 milliards US.

 Pour plus d’informations: www.skype.com

(Source : La Presse (Montréal), jeudi 18 mai 2006)


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