23 septembre 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2315 du 23.09.2006

 archives : www.tunisnews.net


AP:  Attentat de Djerba – Le procès en appel du complice présumé de Nizar Nawar fixé au 16 octobre Islamonline: Hijab-Clad Fulla ‘Wanted’ in Tunisia Omar Khayyam: Les stocks de rire ne risquent pas de se tarir pendant le mois du repentir… Middle East Media Center: Jewish rabbi calls for extermination of all Palestinian males Libération:Rencontre: Abdelwahab Meddeb –  L’islamisme est la maladie de l’islam, mais les germes sont dans le texte Zizou de Djerba: Le sénateur George Allen – Polémique sur ses origines « tunisiennes »

 
 

Cliquez ici pour accéder au reportage exceptionnel de l’AISPP sur la catastrophe humanitaire des prisonniers politiques Tunisiens 


   

 

 

POUR NOS LECTEURS RESIDANT à PARIS

 

Retrouvez tous les jours du mois de Ramadan

 

Dr. Mohamed MESTIRI :

 

Emission « Islam et Valeurs universelles »

 

Sur Radio Orient 94.3 à peu près 40 min avant la rupture du jeûne


 

Attentat de Djerba:

Le procès en appel du complice présumé de Nizar Nawar fixé au 16 octobre

 

Associated Press, le 23 septembre 2006 à 16h13

TUNIS (AP) — Condamné en première instance à 20 ans de réclusion en juin dernier, Belgacem Nawar, le complice présumé de Nizar Nawar dans l’attentat de Djerba, comparaîtra le 16 octobre devant la cour d’appel de Tunis à la demande de ses avocats, a-t-on appris samedi auprès de l’un d’eux, Me Samir Ben Amor.

 

Revendiqué par un dirigeant de l’organisation terroriste Al-Qaïda d’Oussama ben Laden, l’attentat avait été perpétré en avril 2002 devant la synagogue de la Ghriba, sur l’île de Djerba dans le sud tunisien, causant la mort de 21 personnes (14 Allemands, cinq Tunisiens et deux Français).

 

Belgacem Nawar, âgé de 44 ans, était accusé de « complicité d’assassinat avec préméditation », de « participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre une agression sur les personnes et les biens » et de « participation à la détention et la fabrication de matières explosives sans autorisation légale », des charges qui lui faisaient encourir la peine capitale.

 

Selon l’acte d’accusation, il aurait aidé son neveu, le kamikaze Nizar Nawar, mort carbonisé dans l’explosion volontaire d’un camion-citerne de gaz devant la synagogue.

 

Lors de sa comparution devant le tribunal de première instance de Tunis, il avait clamé son innocence, niant les faits qui lui étaient reprochés.

 

Ses avocats s’étaient retirés en début d’audience pour s’être vu refuser une nouvelle demande de renvoi du procès pour étudier « le volumineux dossier » de l’affaire.

 

Me Ben Amor avait alors dénoncé « un procès expéditif et inéquitable », tandis que son confrère, Me Béchir Essid, déplorait « l’absence de garanties légales et constitutionnelles« .

 

Durant son incarcération, Belgacem Nawar avait été interrogé par des enquêteurs allemands ainsi que par le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière.

 

Associated Press


Hijab-Clad Fulla ‘Wanted’ in Tunisia

 

By Mohammad Al-Hamroni & Ukba Al-Humaidy, IOL Correspondents

 

TUNIS — No sooner had as the new academic year begun in Tunisia than security forces raided soft-toy shops across the country to withdraw Fulla, the doll, which inspired millions of Muslim girls worldwide, eclipsing the American and world’s best-selling Barbie.

 

« Security forces have cracked down on shops and confiscated all goods bearing Fulla’s photo, » Tunisian shoppers and merchants told IslamOnline.net Friday, September 22, on condition of anonymity.

 

« Authorities claim that the hijab-clad doll invokes sectarian feud, » they added.

 

« In addition to being quizzed, we have sustained heavy losses. »

 

Fulla has become a household name basically in the Muslim world since it was first introduced in 2003 as an alternative to the curvaceous flashy Barbie.

 

With long-sleeved dresses, hijab and a prayer mate, the dark-eyed doll provides an ideal role model for little Muslim girls and reflects the flourishing of Islamic values.

 

« I fear that female students would be questioned by police for having schoolbags bearing the photo of Fulla, » said Abdullah al-Zawari, a journalist.

 

He said authorities could « stretch » law no. 108, which bans Tunisian women from donning the hijab, and accuse those students of violating the law.

 

The law was ratified in 1981 by late Tunisian president Habib Bourguiba (1956-1987).

 

Samira, a teacher, also lashed out at the security oppressive policy.

 

« It is tarnishing the image of Tunisia and a blatant violation of civil liberties, » she fumed

 

Systematic Campaign

 

Authorities in the North African country are used to launching a campaign every academic year against hijab-clad female students and their bearded male peers.

 

« It is unbearable to have thousands of Tunisian families living the same nightmare every academic year because of hijab and beards, » human rights activist Saida al-Akrami told IOL.

 

« Authorities, which boast about personal freedoms in Tunisia, do not practice what they preach, » she added.

 

She blasted the campaign as illegal and unconstitutional, saying she filed a lawsuit against the government to revoke the controversial law.

 

« But the court has not considered the lawsuit though it was filed four years ago, » she said.

 

Samira, the teacher, said the president adopts a double-standard policy.

 

« It is amazing that authorities target hijab-clad women and girls, while the president’s wife and family members wore hijab when they performed hajj, » she said.

 

Nightmare

 

Tunisian Religious Affairs Minister Aboubaker Akhzouri had slammed hijab as running counter to the country’s « cultural legacy, » considering the Islamic dress as a « foreign phenomenon » in society.

 

Islam sees Hijab as an obligatory code of dress, not a religious symbol displaying one’s affiliations.

 

« I have been living a nightmare. I don’t know how to cope with such an atmosphere, » complained Fatima, who was kicked out of school because she wore a hijab.

 

« My colleagues and I were not allowed to join classes until we take off our headscarves, » she added with a heavy heart.

 

Fatima has found herself between a rock and a hard place.

 

« I’m not ready to give up my education. However, I will not take off my hijab, which is a religious duty, » she averred.

 

(Source : le site « Islamonline.net », le 22 septembre 2006)

Lien : http://www.islamonline.net/English/News/2006-09/22/05.shtml

 


 

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DÉSIGNE YOUSSEF MAHMOUD (DE LA TUNISIE) AU POSTE DE REPRÉSENTANT SPÉCIAL ADJOINT POUR LE BURUNDI

 

Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, a annoncé aujourd’hui la nomination de Youssef Mahmoud de la Tunisie au poste de Représentant spécial adjoint pour le Burundi.

 

M. Mahmoud, qui exercera également les fonctions de Coordonnateur résident et de Coordonnateur de l’action humanitaire, ainsi que de Représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a effectué une longue et remarquable carrière aux Nations Unies.  Plus récemment, il fut Coordonnateur résident au Guyana.  Auparavant, il a travaillé avec les Nations Unies à divers titres, y compris en tant que Directeur de la Division de l’Afrique II du Département des affaires politiques, à l’Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge (APRONUC) et au Bureau de la gestion des ressources humaines à New York.

 

Avant d’entrer aux Nations Unies en 1981, M. Mahmoud fut maître-assistant en linguistique à l’Université de Tunis et Président de l’Institut Bourguiba de langues modernes en Tunisie.

 

 

 

M. Mahmoud, qui est né en août 1947, est titulaire d’un doctorat en linguistique de l’Université de Georgetown et d’une maîtrise d’études américaines et britanniques de l’Université de Tunis.

 

M. Mahmoud est marié et père de deux enfants.

 

(Source : le site de l’ONU, le 22 septembre 2006)

Lien : http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/SGA1021.doc.htm

 

 


 

 

Ramadan et ses stocks de rire

Les stocks de rire ne risquent pas de se tarir pendant le mois du repentir…

 

Candide et Panglosse visitent un grand centre d’achats à Tunis. Une foule immense, qui se bouscule, est en train de remplir d’immenses chariots par des quantités immenses de nourriture.

Candide est interloqué: 

– Dis-moi, Panglosse, il y a des nouvelles d’une guerre imminente en Tunisie?

 

– Non. Les gens ont peur qu’il y ait une pénurie de nourriture pendant le mois de ramadan.

 

– Et pourquoi y a-t-il risque de pénurie pendant le ramadan?

 

– A cause des stocks énormes de nourriture que les gens accumulent quelques jours avant le début du ramadan.

 

– Et pourquoi accumulent-ils des stocks de nourriture avant le ramadan?

 

– Car les gens savent que la consommation augmente de façon vertigineuse pendant le ramadan.

 

– Et pourquoi la consommation augmente-t-elle pendant le ramadan?

 

– Car les gens mangent plus que d’habitude pendant le mois du ramadan.

 

– Et pourquoi mangent-ils plus que d’habitude pendant le mois du ramadan?

 

– A cause du jeûne…

 

O.K.

 

(Source : le blog de O. Khayyam, le 22 septembre 2006)

Lien: http://omarkhayyam.blogsome.com/2006/09/22/ramadan-et-ses-stocks-de-rire/

 


 

Jewish rabbi calls for extermination of all Palestinian males

IMEMC & Agencies – Monday, 18 September 2006, 14:29

   

A Jewish rabbi living in the West Bank has called on the Israeli government to use their troops to kill all Palestinian males more than 13 years old in a bid to end Palestinian presence on this earth.

 

Extremist rabbi Yousef Falay, who dwells at the Yitzhar settlement on illegally seized Palestinian land in the northern part of the West Bank, wrote an article in a Zionist magazine under the title « Ways of War », in which he called for the killing of all Palestinian males refusing to flee their country, describing his idea as the practical way to ensure the non-existence of the Palestinian race.

 

« We have to make sure that no Palestinian individual remains under our occupation. If they (Palestinians) escape then it is good; but if anyone of them remains, then he should be exterminated », the fanatic rabbi added in his article.

 

Falay is not the first to have called for such extreme measures.  Rabbi Meir Kahane, founder of the Kach movement, called for « the transfer of Israel’s Arab population to Arab (or other) lands. » (As it states on the group’s website).  Followers of Kahane have been connected to a number of murders of Palestinians, particularly in the Hebron area in the southern West Bank.  In the most well-known of such attacks, 29 Palestinians praying in the Ibrahimi Mosque in Hebron were gunned down by Baruch Goldstein, a follower of Kahane, in 1994, with Israeli soldiers looking on and allowing the gunman to reload his automatic machine gun and continue killing innocent civilians.  In response to that massacre, the Israeli authorities punished the Palestinian victims by taking over the Ibrahimi mosque and turning half of it into a synagogue, where Israeli settlers go to pray each week.  And each year, on the anniversary of the massacre, Israeli settlers in Hebron dress up like Baruch Goldstein and parade through the streets of Hebron, firing guns in the air.

 

The Kach movement recognizes the ‘transfer’ of 750,000 Palestinians that took place in 1948 in order for the state of Israel to be created on their land, but argues on their website that this ‘transfer’ was incomplete, and that all Palestinians must be sent away, or killed, in order for Israel to remain a ‘Jewish state’.  Their platform reads, « In a genuinely ‘JEWISH State’, how can an Arab be an equal when that State has an Independence Day celebrating his defeat. Its flag isn’t that of its people. He isn’t trusted to serve in the army. His cousin born in Haifa [sic] and fled during the 1948 War of Independence cannot return… yet any Jew who never lived there before is welcomed with open arms. In short, Israel is his enemy’s country, not his. So how can an Arab truly be a loyal citizen in a Jewish State? Simply, they cannot, and they must go! »

 

The idea of extermination of Palestinians, or their ‘transfer’ into other countries, is not only a view held by extremists on the fringes of society.  Prominent Israeli politicians have also made calls for a ‘transfer’, or ethnic cleansing, based on race.  Just last week, on September 11, 2006, an Israeli member of Parliament called explicitly for the transfer of Palestinians (whow he referred to as ‘Arabs’) from the West Bank (which he referred to as ‘Judea and Samaria’, the biblical name for the region where the majority of Palestinians now live).

 

« We have to expel most Arabs from Judea and Samaria, » Eitam said at a memorial service for Lt. Amihai Merhavia, a soldier who was killed in South Lebanon in July.  « We can’t deal with all these Arabs, and we can’t give up the territory, because we’ve already seen what they do there. Some of them might have to stay under certain conditions, but most of them will have to go. »  Despite a law that would strip Israeli parliament members of their immunity to prosecution if they are found make explicitly racist statements, no investigation of Eitam has occurred on this matter, and there was no condemnation of his statement by the Israeli government.

 

(Source: le site « Middle East Media Center », le 18 septembre 2006)

Lien : http://www.imemc.org/content/view/21527/1/

 


 

 

Rencontre

 L’islamisme est la maladie de l’islam, mais les germes sont dans le texte

 

Abdelwahab Meddeb, écrivain et universitaire, revient sur le discours du pape qui a déchaîné la violence, expliquant que s’il y a eu dans l’histoire des interprétations très différentes du Coran, l’intégrisme aujourd’hui remet la guerre sainte sur le devant de la scène.

 

Abdelwahab Meddeb se dit prêt à jouer le rôle d’un Voltaire arabe. Né en 1946 à Tunis, il enseigne la littérature comparée à l’université Paris-X-Nanterre.

Ecrivain et poète, il revisite inlassablement l’islam, ressuscite la richesse de ses premiers débats et met ses dogmes à l’épreuve pour mieux combattre le simplisme de ses trop nombreux séides.

Contre-Prêches, son dernier ouvrage (Le Seuil) inspiré de ses chroniques dominicales sur France Culture, voyage à travers un Orient compliqué et son double, l’Occident, se veut une réponse à tous les fanatismes.

 

 

Par Christophe BOLTANSKI, Marc SEMO

 

Avez-vous été surpris par l’ampleur de la protestation suscitée les propos du pape sur islam et violence ?

Oui et non. Non, je ne comprends pas pourquoi ils ont suscité une telle réaction et, en même temps, on a l’impression que l’on est désormais face à un schème dramaturgique bien établi qui correspond parfaitement à ce que recherchent les médias, avec du spectaculaire et de l’histoire dans le spectaculaire. Ce qui s’est passé dans ce cas précis est très grave. On est en face d’un discours académique plutôt fondé sur le raisonnement qui participe, certes, d’une apologétique où l’on dit que le christianisme est meilleur que l’islam. C’est une adresse aux chrétiens, notamment sur le problème du retrait de Dieu dans un monde de raison. Dans ce texte, le pape avance aussi l’idée que le Dieu des musulmans et des chrétiens est le même, même si l’approche que l’on a de ce Dieu n’est pas la même. Ce qui concerne l’islam était simplement introductif pour montrer que le Dieu chrétien et le christianisme n’ont aucun lien avec la violence, à la différence de l’islam. C’est au Moyen Age, peu avant les croisades, que se forgea en Occident cette représentation de la religion d’un Prophète guerrier. Signe de l’imposture dans une vision chrétienne qui oubliait d’ailleurs la tradition de violence dans la Bible, même si celle-ci vient plus des rois que des prophètes.

 

Dans ce texte, n’y a-t-il pas une identification entre l’Europe et le catholicisme ? 

Il y a en lui l’idée que le christianisme, et le Dieu chrétien, est grec, et donc que ce n’est pas un hasard si le christianisme a crû en Occident et en Europe. D’où sa crainte d’une déshellinisation avec l’ouverture du christianisme à d’autres cultures, africaines, latino-américaines ou océaniennes. Le pape laisse la porte ouverte tout en recommandant que cette adaptation n’occulte pas le lien avec l’hellénisme et l’Europe. Le même pape, quand il n’était que cardinal, s’était déclaré contre l’entrée de la Turquie en Europe, pour préserver les fondements judéo-chrétiens et helléniques de sa culture. Je pense, en revanche, que Bagdad et Cordoue ont participé tout autant que Jérusalem, Rome et Athènes, à la formation de l’Europe. Ce lien de l’islam avec l’hellénisme connaît son point de synthèse dans le personnage le plus connu en Occident, le philosophe arabe du XIIe siècle, Averroès. Face à l’exclusivisme judéo-chrétien, il y a une sorte d’islamo-judéo-christianisme et il ne faut pas oublier que les références en dernière instance de l’Europe sont les principes des Lumières avec le dépassement sinon la pulvérisation de la référence religieuse.

 

 

Mais le choix par le pape d’une citation d’un empereur byzantin et homme d’épée n’est-il pas paradoxal pour illustrer cette question du rapport entre la foi et la violence ? 

Le message évangélique a constitué véritablement une rupture par rapport aux écritures antérieures en privilégiant l’amour sur la loi. L’aspect persuasif l’emporte sur l’aspect coercitif. C’était une révolution. Les musulmans actuels correspondent à la parabole biblique et coranique de ceux qui ont des yeux et qui ne voient pas, de ceux qui ont des oreilles et n’entendent pas et il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. L’un des pays musulmans censé être le défenseur de l’islam de la manière la plus forte, l’Arabie Saoudite, a sur son drapeau la profession de foi islamique, avec des lettres tellement allongées qu’elles deviennent des lances agressives, et en dessous le glaive. Pour construire un monde en commun dans le respect de la diversité, il faut un dialogue, qui ne doit pas être de complaisance. La question de la violence de l’islam est une vraie question.

 

La violence dans l’islam est-elle une réalité ? 

Les musulmans doivent admettre que c’est un fait, dans le texte comme dans l’histoire telle qu’ils la représentent eux-mêmes, en un mode qui appartient plus à l’hagiographie qu’à la chronique. Nous avons à faire à un Prophète qui a été violent, qui a tué et qui a appelé à tuer. La guerre avec les Mecquois fut une guerre de conversion. Il y a eu aussi la guerre avec les juifs et le massacre des juifs à Médine, décidé par le Prophète. Il y avait un jeu d’alliances, une opération politique qui se continue par le militaire.

 

Que dit précisément le Coran ? 

Il est ambivalent. Il y a le verset 256 de la deuxième sourate qui dit «point de contrainte en religion». Mais aussi les versets 5 et surtout 29 de la sourate 9, «le verset de l’épée», où il est commandé de combattre tous ceux qui ne croient pas à «la religion vraie». L’impératif qâtilû, que l’on traduit par «combattez»,  utilise une forme verbale dont la racine qatala veut dire «tuer». Le verset 5 est explicitement contre les païens et les idolâtres, aménageant, en revanche, une reconnaissance aux scripturaires, aux gens de l’écriture. Le verset 29, lui, englobe dans ce combat les scripturaires désignant nommément les juifs et les chrétiens. C’est le verset fétiche de ceux qui ont établi la théorie de la guerre contre les judéo-croisés. L’islamisme est, certes, la maladie de l’islam, mais les germes sont dans le texte lui-même.

 

D’où des interprétations opposées ? 

L’interprétation traditionnelle reconnaît cette contradiction et n’a jamais dit que «le verset de l’épée» abolit «le verset de la tolérance», comme le font les intégristes aujourd’hui. Pour eux, «le verset de l’épée» annule plus de 100 versets de toute autre teneur, appelant par exemple à discuter de «la meilleure manière», c’est-à-dire argument contre argument et dans le respect de l’autre avec ceux avec qui on n’est pas d’accord, Il est dit aussi dans un verset (XVI, 125) très aimé par les libéraux de l’islam : en dernière instance, vous ne savez pas où est la religion vraie. Dieu seul le sait. Mais les intégristes balayent les versets de ce type. La théorie de l’abrogeant et de l’abrogé dans l’islam est très complexe. Eux optent pour l’idée la plus simple : le principe chronologique. Le verset mecquois sur la tolérance émane d’un Prophète de pure spiritualité, qui n’est pas encore dans l’exercice du pouvoir politico-militaire. Il est donc abrogé par celui qui vient après, fait à Médine. Mais le raisonnement peut être renversé comme pour le fameux théologien, Mohammed Mahmoud Taha, le Soudanais, Il dit : l’éternel du Coran, c’est ce qui nous vient de La Mecque, parce qu’il est pur de toute contingence politique. En outre, la guerre sainte avait une codification extrêmement précise qui n’a rien à voir avec la manière avec laquelle le jihad est invoqué aujourd’hui. Il est question du respect profond des vieillards, des enfants, des femmes, de ne jamais, dans l’attaque contre des ennemis chrétiens, toucher à des moines qui sont des gens de paix. Il y a même un rapport écologique, un appel à faire attention aux arbres, aux récoltes. 

 

Qu’est-ce qui a changé ensuite ? 

A partir du XIXe siècle, on a essayé d’aborder l’islam dans une visée de modernisation. Au Caire, l’Egyptien Mohammed Abdou estimait que le temps de la référence au jihad était révolu, bien que les pays musulmans étaient déjà colonisés ou en voie de colonisation. Il aurait pu évoquer le jihad comme défense comme beaucoup le font aujourd’hui, par exemple à propos des Palestiniens, pour les distinguer des gens d’Al-Qaeda. Mohammed Abdou partait d’un point de vue assez simple, formulé de façon très minoritaire par certains penseurs cairotes dès le XVIIIe siècle : chaque fois que, dans la question de la loi, la raison prime sur la tradition, il faut suivre la raison. C’est pour rompre avec l’esprit de Mohammed Abdou que dans l’atmosphère des années 20, Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans, a remis en avant le jihad comme arme de combat contre ce qu’on pourrait appeler la déculturation des sociétés islamiques par l’occidentalisation. Avec Sayed Qotb, qui est le grand théoricien arabe de l’intégrisme militant actif et violent, le jihad devient l’instrument de la réislamisation puisque les sociétés musulmanes sont considérées elles-mêmes comme des sociétés devenues impies.

 

La critique dans l’islam n’est-elle pas bloquée par le fait que le Coran est un texte immuable ? 

Dans la doctrine maximaliste, le Coran, c’est la parole même de Dieu dans sa lettre. Ce qui est pure folie. Là aussi, c’est un immense débat qui a eu lieu pendant les quatre premiers siècles de l’islam pour décider si c’est un Coran créé ou incréé. Opter de nouveau pour la thèse du Coran créé appartient au combat démocratique. Ces débats ont été, depuis, occultés et il faut les ressortir. C’est ce qu’essayent de faire un peu mes chroniques, sortir les saillies qui ont pu être pensées dans la tradition islamique.

 

Un Coran créé, c’est un Coran forcément traduit en langage humain, donc imparfait ? 

C’est une interprétation. Il est dit dans le Coran, dans un verset célèbre (verset XIV, 39) : ce que vous avez entre les mains n’est pas le livre mais seulement une copie, parce que la mère du livre, c’est-à-dire l’archétype ­ là encore le Coran se fait platonicien ­, reste dans les cieux. Certes, on ne doute pas qu’il s’agisse d’une parole révélée, mais elle est interprétée dans un langage humain. Même les plus littéralistes étaient très nuancés : le passage par l’art du calligraphe, le passage par l’encre, par le papier, obligent nécessairement de tenir compte de la médiation humaine. Trop de musulmans aujourd’hui figent tout. En poussant jusqu’à l’absurde, il vaudrait mieux ne pas connaître l’arabe pour croire dans ce Coran parole de Dieu. Mais, en terme mythique, cette idée que le Coran serait la parole même de Dieu est très belle. Un peintre de Herat au XIVe siècle montre le Prophète recevant pour la première fois l’Ange qui lui dit : «Lis au nom de Dieu.»  «Je ne sais pas lire», répond-il. Ce peintre montre la fondation coranique dans une scène iconographiquement très proche de l’Annonciation. La réception du Verbe par Marie engendrera le corps et la réception du Verbe par Mohammed engendrera le Livre. D’une certaine manière, le Livre est donc une forme d’incarnation. Mais les musulmans actuels n’admettent pas cette image.

 

Pour eux, c’est l’Ange qui donne le Livre ? 

Oui. Il est donné et appartient à l’incréé. Il a été toujours là dans sa lettre et en toute éternité. Je voulais que cette miniature fût l’illustration de la couverture des Contre-Prêches . Elle figure seulement dans le rabat, parce que la bibliothèque de l’université d’Edimbourg a refusé de donner les droits pour la couverture, craignant de susciter l’ire de certains musulmans. Je trouve insensé que des Européens dans une institution européenne censurent dans le sens de l’obscurantisme islamique.

 

Il est de plus en plus risqué de parler de l’islam ? 

Moins que jamais il faut se taire. Il faut contrer ces gens-là de toutes nos forces. A mes yeux, l’islamisme est un fascisme. Certes, Bush a, lui aussi, utilisé ce terme, mais cela ne veut pas dire qu’il est faux. L’Europe peut, enfin, en tant qu’acteur historique, être en cohérence avec les principes qu’elle a créés.

 

Vous vous définissez comme un Voltaire et vous rappelez volontiers que Zadig veut dire le véridique, en arabe. 

Absolument. Le premier calife s’appelle d’ailleurs Abou Bakr Zadig (je reprends à dessein la transcription voltairienne). Il y a vingt ans, jamais je n’aurais imaginé que le monde vivrait une telle régression.

 

Vous prenez même dans Contre-Prêches la défense de sa pièce, le Fanatisme ou Mahomet le Prophète, qui est pourtant très violent. 

Ma chance est de m’inscrire dans une généalogie à la fois arabe, islamique, maghrébine, tunisienne, européenne, française. Je pense que nous vivons à une époque où nous n’avons pas le droit de dire que nous ne sommes pas au courant. Voltaire a, dans l’une de ses lettres, une remarque fabuleuse : «Nous parlons de l’islam mais ça reste entre nous.» A l’époque comme aujourd’hui, parler de l’islam est aussi un détour pour parler de nous-mêmes. C’est exactement l’enjeu de la pièce de Voltaire qui évoque en fait Ravaillac, l’assassin d’Henri IV, personnage fourvoyé par le message fanatique. Nous pouvons mener une étude apaisée de ce que c’est que ce Mahomet de Voltaire au lieu d’essayer de l’interdire, comme l’avaient fait les frères Ramadan, à partir de Genève. Ce Mahomet de fiction ne correspond pas au personnage historique. Et je crois que Voltaire le savait. La vocation première de cette pièce est la dénonciation du fanatisme quel qu’il soit. Il y a ce vers : «Le glaive et l’Alcoran dans mes sanglantes mains imposeraient silence au reste des humains.» C’est le programme de l’intégrisme «ben-ladenien».

 

(Source : Libération (France), le 23 septembre 2006) 

 


Le sénateur George Allen:

Polémique sur ses origines « tunisiennes »

 

 Le mot « Tunisia » est cité sur CNN, Fox et le reste des chaînes d’info continue américains, Je me suis dit que ça mérite un petit post…

 

George Allen est le sénateur républicain de Virginie. Il est candidat a sa réélection et les sondages le placent au coude a coude avec un autre candidat démocrate.

 

Lors d’un récent débat télévisé, une journaliste lui a posé la question sur ses origines juives tunisiennes. Le sénateur candidat ne s’attendait apparemment pas à cette question et s’est emmêlé les pinceaux. La presse nationale toute entière s’est jetée sur l’affaire et la question est devenue une polémique qui risque de lui coûter son siège de sénateur. Il suffit d’ailleurs de chercher le nom du sénateur dans google news ou technorati pour avoir une idée sur le degré qu’a pris cette histoire.

 

En quelques mots, notre cher George Allen est juif du côté de sa mère qui est une Tune livournaise de la famille Lumbroso. Il est candidat dans un état conservateur et chrétien. Il a caché ses origines juives qui risquent de lui faire perdre un capital substantiel de voix (qui ne voteraient jamais pour un juif surtout qu’il est républicain). Il a été rattrapé par les médias et pour calmer la crise il a pris la parole sur toutes les télés nationales.

 

Son explication (grossière et nullement gobable) consiste dans le fait qu’il vient découvrir ses origines récemment et qu’il avait promis à sa mère de ne pas les révéler. Il explique que sa mère a gardé le secret parce qu’elle avait peur des Nazis puisque ces derniers ont emprisonné son père et que c’était la coutume à l’époque de cacher ses origines. Il insiste pour dire qu’il a été éduqué selon la tradition chrétienne anglicane.

 

Cette polémique s’ajoute à une autre puisque notre cher gouverneur a traité un des volontaires

de son challenger de MACACA (mot qui ne veut rien dire en anglais mais qui ressemble étrangement à macaque). Pour se défendre de cette accusation de racisme il a dit qu’il a crée ce terme et que MACACA n’avait aucune consonance raciste.

 

C’est vraiment malheureux de voir ce politicien mentir de cette manière, de renier ses origines de la sorte et surtout maquiller la réalité des juifs en Afrique du nord puisqu’il laisse croire que leurs situations étaient équivalentes a ceux qui ont vécu en Europe (même s’il y a eu des punitions collectives, les nazis ne sont restés en Tunisie que 6 mois et que le nombre de juifs tués n’a pas dépassé 50 (moins que les musulmans)). En plus il réclame que sa mère est française alors que les Livournais se sont installés en Tunisie dès les années 1600.

 

(Source : le blog « Zizou de Djerba », le 22 septembre 2006)

Lien : http://zizoufromdjerba.blogspot.com/)

 

Pour lire les réactions des internautes : http://www.blogger.com/comment.g?blogID=12019251&postID=115889764116198459

 


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