18 janvier 2012

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TUNISNEWS
11 ème année, N°4220 du 19.01.2012


AP: Tunisie: la contestation sociale atteint le palais présidentiel de Carthage

L´Humanité: An I d’une révolution : le peuple tunisien assoiffé de justice sociale

Les Echos: La Tunisie et « l’édification de la République de demain »

Le Parisien: Imed Trabelsi : «Je ne suis pas un ange

Espace Manager: Tunisie: témoignage de Ghannouchi et Belhaj Kacem au tribunal militaire du Kef

Business News: Jendouba, une nouvelle fois, en effervescence

Slate Afrique: Gafsa, berceau d’une autre révolution tunisienne?

Investir en Tunisie: Ben Jaafar a refusé d’accueillir Ismaïl Haniyeh

Business News: L’UGTT annonce une grève touchant 35.000 personnes


Tunisie: la contestation sociale atteint le palais présidentiel de Carthage


 
 

Publié par Associated Press le mardi 17 janvier 2012 à 11h59.

La contestation sociale prend de l’ampleur en Tunisie malgré l’appel à la trêve lancé par le nouveau président Moncef Marzouki. Elle a atteint mardi le palais présidentiel de Carthage, près de Tunis, un an après la chute du régime de l’ancien président Zine el Abidine ben Ali.

L’onde des grèves, sit-ins et coupures de route s’est propagée en quelques jours dans plusieurs régions du nord au sud en passant par le centre du pays, entravant la circulation et paralysant l’activité économique dans plusieurs localités.

La contestation, comme sous Ben Ali, est alimentée par le chômage et la précarité des conditions de vie. A Siliana, une région pauvre du centre tunisien, une grève générale se poursuit ainsi depuis cinq jours dans la localité de Makthar, dont les habitants qui réclament des emplois et l’amélioration de leurs conditions de vie.

Selon l’agence de presse officielle TAP et des images diffusées par la télévision publique, les établissements scolaires étaient fermés et les accès de la ville étaient bloqués par des troncs d’arbre et des pneus en flammes empilés par des groupes de chômeurs.

Les mêmes revendications sous-tendaient des actions similaires au Kef et Jendouba (nord-ouest), où les protestataires ont coupé des routes et perpétré des actes de vandalisme visant des commerces, des écoles et des parkings municipaux notamment dans la localité de Ghardimaou, selon la TAP.

Des troubles ont été enregistrés également à Grombalia (nord-est) où le siège de la délégation (sous-préfecture) et à Gafsa, chef-lieu du bassin phosphatier, où 40 personnes ont entamé une grève de la faim, rapporte radio Mosaïque FM.

Lundi soir, un groupe d’une douzaine de contestataires venus pour la plupart de Thala et de Kasserine campait devant le palais présidentiel de Carthage.

Ces deux villes du centre-ouest tunisien ont payé un lourd tribu lors du soulèvement populaire qui a fait chuter le régime Ben Ali, en enregistrant un grand nombre de morts et de blessés.

Assise sous un arbre à même le sol par un temps particulièrement froid, une jeune femme tenait son bébé d’un an et trois mois enveloppé dans un drap.

« Mon fils a été touché à la tête par du gaz lacrymogène lors d’une manifestation à Kasserine. Avec le salaire de 104 dinars (environ 52 euros) que je perçois dans le centre de santé de base où je travaille, je ne peux pas le soigner. Je veux que l’Etat prenne en charge les soins et améliore ma situation professionnelle », a déclaré à l’Associated Press Thouraya Ghodbani, âgée d’une trentaine d’années.

« Lorsque le président Marzouki s’était déplacé dernièrement à Kasserine, il nous a assuré que sa porte était ouverte et qu’on pouvait venir lui présenter nos doléances. Mais voilà que nous sommes venus à Carthage depuis vendredi et personne ne nous a prêté attention », a protesté Abed Gassoum, 19 ans, en montrant une main déformée, consécutive à une blessure reçue pendant le soulèvement, selon lui.

« Je réclame qu’on apporte une solution urgente à ma situation et qu’on me soigne », a-t-il lancé, affirmant avoir à sa charge un père handicapé et une mère atteinte d’une maladie chronique.

A peine installé dans ses nouvelles fonctions, le président Marzouki avait demandé aux Tunisiens une trêve politique et sociale de six mois pour permettre au gouvernement de mener les réformes nécessaires et répondre aux préoccupations urgentes de la population, notamment dans les régions déshéritées. « Passé ce délai, vous pourrez alors nous demander des comptes et je suis prêt à démissionner en cas d’échec », avait-il promis. AP

 


An I d’une révolution : le peuple tunisien assoiffé de justice sociale


 

Tunis, correspondance. Un an après avoir mis à bas la dictature de Ben Ali, les Tunisiens ont le sentiment de se retrouver à la case départ. 
Le droit au travail et la liberté restent toujours au cœur de leur lutte pour une démocratie effective.

Une année après, jour pour jour, ce 14 janvier de cette année 2012, l’avenue Habib-Bourguiba, principale artère de la ville de Tunis, qui a vu la fuite de Ben Ali, était au rendez-vous. Seul changement de paysage : les absents le jour J, islamistes et Frères salafistes, étaient présents. Les slogans qui prônent les valeurs de dignité et de citoyenneté ont été perturbés, par conséquent, par d’autres slogans à caractère passéiste et hégémonique. L’occasion fut, en tout cas, pour les déçus du début d’un processus transitionnel, de dénoncer une trahison politique et de rappeler le droit au travail et à la liberté.

On l’aura compris ! Les droits humains, la sécularisation et les libertés demeurent encore et toujours les principales revendications de la lutte pour une démocratie effective en Tunisie. Nous sommes face à un régime islamiste et à une troïka (CPR-Ennahdha-Ettakattol) qui ont du mal à rassurer un peuple assoiffé de justice sociale. Le chômage, on s’en souvient, était la principale revendication. 47 % à Gafsa, pour une moyenne nationale de 19 %. Taux qui ne cesse de progresser, touchant toujours ces mêmes chômeurs diplômés, fer de lance de la révolution du peuple. Or, les promesses ressassées en l’absence d’un programme économique n’ont pas convaincu l’électorat.

« L’arme » du religieux

Dans un contexte d’impunité et d’insécurité encore fortement ressenties par une population de plus en plus déçue par une troïka qui a du mal à fonctionner en harmonie, les Tunisiens ont le sentiment de se retrouver à la case départ. Un an après, on en est à lutter pour la préservation d’acquis précarisés, plutôt qu’à revendiquer les droits pour lesquels on a mis à bas une dictature. Et les déclarations des déçus du nouveau gouvernement provisoire, essentiellement ceux de Ennahdha, exprimés dans des vidéos qui circulent à travers les sites sociaux, n’en sont que l’ultime illustration.

Criante est l’amertume de cette catégorie sociale à qui on a promis monts et merveilles pendant la campagne électorale, avant de se détourner d’elle après coup. Fort aussi est ce sentiment d’avoir été trahis, par un « viol de voix électorales », chez des Tunisiens qui se trouvent aujourd’hui embourbés dans un leurre « identitaire », qui les classe entre bons musulmans et les autres, aux dépens, surtout, des droits des femmes. On tente alors de se protéger contre ce qui s’apparente à une nouvelle dictature. Une dictature avec les mêmes instruments que ceux de l’ancien régime déchu, sur le plan structurel et institutionnel, mais, avec, en prime, l’« arme » du religieux qui empêche, ou du moins, dans cette phase transitoire, rend compliqué, en tout cas, l’ancrage des véritables fondements d’une république plurielle, différente, unie et homogène, et socialement digne par le biais de droits économiques et sociaux d’abord et avant tout.

Et pour achever l’œuvre, voilà que Ennahdha récupère l’héritage médiatique de Ben Ali en nommant d’une façon unilatérale des seconds couteaux de l’ancien régime à la tête des médias publics. Parallèlement, une tentative de musellement des journalistes indépendants, sur les réseaux sociaux, fleurit sur les pages, où l’intimidation le dispute à la haine, allant parfois jusqu’aux menaces de mort. C’est pour cela qu’en l’an I, d’une révolution, le peuple revendique toujours sa révolution sociale.

 

L’émir du Qatar en invité d’honneur à Tunis. Des milliers de Tunisiens se sont rassemblés, samedi, sur l’emblématique avenue Bourguiba à Tunis pour fêter le premier anniversaire de la chute de Ben Ali, tandis qu’une cérémonie officielle avait lieu au palais des congrès. Parmi les invités d’honneur, figurait notamment l’émir qatari, Hamad ben Khalifa Al Thani. L’émir Al Thani est connu comme le fidèle soutien des rebelles libyens pendant la guerre. Sa présence a suscité un tollé chez certains Tunisiens, car le Qatar est suspecté d’être un des principaux soutiens financiers du parti islamiste Ennahdha. Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, et le chef du Conseil national de transition libyen, Moustapha Abdeljalil, avaient également fait le déplacement à Tunis. À l’ouverture des festivités, le président tunisien, Moncef Marzouki, a assuré que son pays poursuivrait sa « marche vers la liberté » et estimé que, le 14 janvier, marquait « la fin d’une période sombre, d’un régime autoritaire et corrompu ».

Source : « L’humanite » Le 17-01-2012

La Tunisie et « l’édification de la République de demain »


Après la « fête républicaine » de samedi pour célébrer le premier anniversaire de la révolution du 14 janvier 2011 et la fuite en Arabie saoudite de Zine el-Abidine Ben Ali, la Tunisie entre dans une phase nouvelle : celle de l’édification de la République. Pour le quotidien francophone « La Presse », la fête a inauguré « les voies d’une fructueuse coexistence pacifique entre les multiples expressions que dégage la société [tunisienne] enfin libérée de la pensée unique ». Et le quotidien qui fut jusqu’au 14 janvier 2011 proche du pouvoir, insiste désormais sur la nécessité de la « diversité de débats et de réflexions plurielles » pour construire ce qu’il appelle la « République de demain ».

Cette « République nouvelle » doit être édifiée au sein de la Constituante née des « élections transparentes du 23 octobre mais aussi dans les espaces publics que la révolution démocratique a libérés de la peur, de l’unicité stérile du parti unique, de la langue de bois et de la terreur de la mafia familiale » (des Ben Ali et des Trabelsi).

Le journal lance ainsi un véritable appel à l’unité, non seulement à tous les partis politiques mais aussi à tous les syndicats et associations, « penseurs, artistes et intellectuels » avec l’espoir de construire la République « dans l’interaction de tous ». Mais l’éditorial du journal ne mentionne pas directement les grands défis de la Tunisie comme la relation entre islamistes et démocratie ou encore la lutte contre la corruption.

Source : « Les Echos » Le 17-01-2011

Imed Trabelsi : «Je ne suis pas un ange


C’est sa première interview depuis son arrestation le 14 janvier 2011, jour de la chute du régime Ben Ali. Imed Trablelsi, 37 ans, le neuveu du dictateur tunisien déchu et de son épouse Leila, est emprisonné depuis un an dans la caserne de l’Aouina, tout près de l’aéroport de Tunis-Carthage. Il est détenu au côté de plusieurs personnalités et anciens ministres tombés après la révolution.

Considéré comme l’homme le plus détesté de Tunisie, symbole d’un régime corrompu, il est soupçonné d’avoir profité de son nom pour s’enrichir au travers de différentes sociétés, usant parfois de méthodes d’intimidation. Sans véritablement s’amender, le « neveu préféré » du clan Ben Ali reconnaît du bout des lèvres « ne pas être un ange », et admet même certains abus du régime de son oncle. Réalisée avec l’aide de son épouse Sarah, qui lui rend visite chaque semaine en prison, et avec l’accord de sonavocattunisien, Me Saidi, l’interview a été rédigée à la main et en français par Imed, depuis sa cellule, et retranscrite sans intermédiare. Comprenez-vous les raisons qui ont poussé le peuple tunisien à se soulever contre le régime de votre oncle ? IMED TRABELSI.J’ai suivi les événements à travers les médias tunisiens comme la majorité des citoyens. Ce soulèvement était une grande surprise pour moi. La situation ne me semblait pas explosive au point d’imaginer une révolution. Il est vrai que les conditions de vie pour certaines couches de la population étaient difficiles, aggravées par unchômageimportant et unecriseéconomique internationale. Il est vrai aussi que certains proches, ou qui se faisaient passer comme tels, profitaient de leurs relations pour faire des affaires. Mais pour cela, il fallait l’accord des responsables politiques en charge des secteurs économiques concernées. En ce qui concerne Ben Ali, au début de son accession au pouvoir, je trouve qu’il remplissait bien son rôle. Au fil du temps, beaucoup de nouveaux éléments se sont accumulés, favorisant sa chute : la crise économique, mais aussi les restrictions envers les libertés et les opposants politiques. Il s’est peu à peu éloigné du peuple. Un an après, quel regard portez-vous sur ce soulèvement ? La révolution n’est pas encore complètement achevée et n’a pas atteint tous ses objectifs. Pour être démocratique, un régime politique doit s’appuyer sur une justice équitable et des médias libres et indépendants. Ces deux conditions ne sont pas encore réunies pour le moment. Quel est votre situation actuelle sur le plan judiciaire ? Je suis victime d’un acharnement. Je n’ai pas bénéficié de la grâce générale accordée au cours du mois de mars 2011. A ce jour, j’ai été condamné à 33 ans de prison, notamment pour avoir émis des chèques sans provision. Ces chèques provenaient des comptes de mes sociétés dans le cadre de mon activité professionnelle, et n’étaient pas destinés à me payer des voitures ou des costards ! Le problème, c’est que ces chèques ont été encaissés après le gel de l’ensemble de mes comptes. Je suis donc insolvable, mais les créanciers continuent de déposer ces chèques sans que je puisse les honorer. J’ai également été condamné à 4 ans de prison pour avoir consommé du cannabis. On m’a fait des analyses soi-disant positives 14 jours après mon arrestation, alors que je n’ai pas touché à ça depuis 10 ans. Dans sa décision, le juge écrit que cette peine très lourde était justifiée « compte tenu de la personnalité de l’accusé ». J’ai aussi été condamné à deux ans de prison pour avoir tenté de fuir la Tunisie, alors que je n’étais frappé d’aucune interdiction de quitter le territoire. J’ai fait une grève de la faim pour attirer l’attention des associations humanitaires sur mon cas. Je l’ai suspendue après 28 jours car je dois survivre pour ma fille. Pourquoi avoir voulu échapper à la justice française qui avait engagé des poursuites contre vous après le vol d’un yacht en Corse en 2006 ? Je n’ai pas tenté de me soustraire à la justice française. Un mandat d’arrêt a été émis contre moi avant même que je sois convoqué chez le juge pour m’expliquer sur ces faits. La vérité, c’est que c’est un autre membre de ma famille qui était coupable. On a voulu m’impliquer dans cette affaire pour nuire à ma tante Leila Trabelsi [NDLR, l’un des cousins d’Imed, Moez, a été condamné à 6 mois de prison avec sursis en Tunisie, dans le cadre de l’entraide judiciaire franco-tunisienne. Imed a bénéficié d’un non lieu]. Avez-vous eu le sentiment d’avoir profité de votre position pour vous enrichir durant le règne de votre oncle, notamment dans l’affaire Bricorama [NDLR, il est soupçonné d’avoir voulu faire main basse sur la filiale tunisienne de l’enseigne en usant de méthodes d’intimidation] ? Je ne suis pas un ange. Mais je travaillais 14 heures par jour, et la plupart de mes sociétés n’étaient pas bénéficiaires à leurs débuts. Je n’ai par ailleurs jamais tenter de saisir les biens d’autrui. Quel message souhaitez-vous faire passer aux Tunisiens ? Le peuple tunisien est dotée d’un intelligence innée. Un jour, la vérité sera connue, et chacun pourra juger l’histoire de façon claire et équitable. D’ici là, j’espère que cette révolution atteindra ses objectifs, en remettant sur pied le système judiciaire, administratif et médiatique. La Tunisie a toujours joué un grand rôle dans l’histoire. Aujourd’hui, je souhaite surtout le meilleur pour ma fille [NDLR, âgée de 2 ans]. C’est une Trabelsi, même si ce nom est désormais connoté négativement au regard de l’histoire. Un jour, elle se fera sa propre opinion.

Source: «Le Parisien» Le 17-01-2012

 

Tunisie: témoignage de Ghannouchi et Belhaj Kacem au tribunal militaire du Kef


 

L’ancien premier ministre, Mohamed Ghannouchi, a repris ce qu’il avait précédemment dit à la télévision tunisienne affirmant que Ben Ali « était prêt à plus de morts » durant la révolte populaire et qu’il préférait les solutions sécuritaires à celles politiques. Au cours de son témoignage, lundi, devant le tribunal militaire permanent du Kef, dans l’affaire des martyrs de Thala et Kasserine, Mohamed Ghannouchi a déclaré avoir informé l’ancien président, lors d’une conversation téléphonique qui a eu lieu le 14 janvier et qu’il a qualifiée de déterminante, de l’augmentation du nombre des morts, et que Ben Ali lui a répliqué que : « le nombre de morts importe peu, qu’ils soient mille tunisiens tués ou plus ». L’ancien premier ministre a également nié connaître l’état psychologique dans lequel se trouvait le président déchu lorsqu’il a prononcé cette phrase. Il a ajouté qu’en tant que premier ministre, il n’avait pas en charge le dossier sécuritaire qui était du ressort du ministère de l’Intérieur et de la présidence de la République et que ses prérogatives se limitaient aux dossiers à caractère économique et social. L’ancien ministre de l’Intérieur, Rafik Belhaj Kacem, a confirmé une partie du témoignage de Mohamed Ghannouchi, précisant que Ben Ali privilégiait « les solutions sécuritaires répressives pour le traitement des crises au détriment des autres solutions », y compris celles à caractère économique et social. Il a déclaré que Ben Ali blâmait les dirigeants sécuritaires « pour leurs manquements dans l’accomplissement de leur devoir », réclamant l’arrestation de tous les chefs syndicaux, politiques et opposants dont les islamistes. Il a conclut en indiquant que Ben Ali soutenait que les tirs à balles réelles s’inscrivaient dans le cadre de la « légitime défense ». La cour du tribunal militaire permanent de première instance du Kef a décidé de reporter, au 8 février prochain, l’examen de l’affaire des martyrs de Thala et de Kasserine.

Source : « Espace Manager » Le 17-01-2011

Jendouba, une nouvelle fois, en effervescence


Une nouvelle vague de protestation balaie plusieurs localités de Jendouba (Jendouba-Nord, Ghardimaou, Fernana, Tabarka et Ain Drahem). Les revendications s’articulent autour de l’emploi et l’amélioration des conditions de vie, à travers des projets de développement dans la région. Des débordements ont été relevés lors de ces mouvements. A Tabarka, un groupe de sit-inneurs ont bloqué la route nationale N°7, reliant la ville à Tunis. Des travailleurs des chantiers dans la délégation de Fernana, ont fermé la route nationale N°17 au centre ville menant à Ain Draham. Ils ont incendié des pneus et pris d’assaut le siège de la délégation. A Ghardimaou, des actes de vandalisme ont touché quelques commerces, établissements scolaires et parkings municipaux. Dix neuf suspects ont été arrêtés par la police qui a intensifié ses patrouilles au cours des deux derniers jours. Des sources sécuritaires dans la région, estiment nécessaires aujourd’hui, l’envoi de renforts. Un état de panique a envahi les citoyens qui se sont rassemblés devant le poste de police, pour demander aux agents de l’ordre d’assurer la sécurité de la région.

Source : « Business News » Le 17-01-2011

Mohamed Abbou, toujours pas en poste


Mohamed Abbou, membre du CPR et nommé dans le nouveau gouvernement en tant que Ministre d’Etat auprès du Premier ministre chargé de la Réforme administrative avait annoncé son intention de quitter le gouvernement si le chef du gouvernement persiste à ne pas lui attribuer les compétences qui lui ont été promises lors des pourparlers de la constitution du gouvernement. M. Abbou exprimant son refus d’occuper une place de figurant, n’a pas rejoint son bureau depuis le jeudi 12 janvier 2012, affirmant attendre la décision du chef du gouvernement la fin de la semaine, faute de quoi, il présenterait sa démission le lundi 16 janvier. Or, la réponse de Hammadi Jebali, Premier ministre, tarde à venir. M. Abbou n’a toujours pas regagné son poste jusqu’à ce matin mardi 17 janvier, selon un membre de son cabinet contacté par Business News qui nous précise ne rien savoir à propos de cette éventuelle démission et que l’on attend encore son retour. Par ailleurs, le journal « Le Maghreb » a annoncé que des sources auprès du parti Ennahdha ont sollicité encore un délai de deux jours, soit jusqu’au mercredi 18 janvier, afin d’arriver à un compromis. Mohamed Abbou n’a donc pas démissionné, mais n’a pas rejoint son poste tout en demeurant injoignable sur son téléphone. Le suspense continue …

Source: «Business News» Le 17-01-2012

Gafsa, berceau d’une autre révolution tunisienne?


Une nouvelle révolution pourrait partir du bassin minier de Gafsa. Les habitants de la région ne tirent toujours pas profit du phosphate.

Un homme s’est immolé par le feu jeudi 5 janvier à Gafsa dans le centre de la Tunisie. Ce geste, le jour d’une visite ministérielle dans la ville, pourrait à priori être associé à celui de Mohammed Bouazizi, à Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010. Les parallèles sont évidents : même méthode, même désespoir dans des régions géographiquement et socialement proches et surtout à un an et quelques jours seulement d’intervalle. Mais c’est plus à la date du 5 janvier 2008 qu’il faudrait associer le suicide public de ce père de famille au chômage (ilsuccombera à ses blessuresquelques jours plus tard).

Quatre ans auparavant donc, à quelques kilomètres de Gafsa, dans ce bassin minier riche en phosphate, des chômeurs, suivis par des syndicalistes, entamaient à Redeyef un soulèvement contre le système et pour plus d’emplois. Près de six mois de protestations, une répression policière sévère qui coutera la vie à deux personnes et descondamnationsà la prison pour finalement n’obtenir que quelques mesures.

Mais aujourd’hui dans une ville comme Mdhila, à cinq heures au sud de Tunis, quand on demande si la chute de Ben Ali a changé la vie des jeunes attablés aux cafés de l’unique avenue, on nous fait comprendre que cette «fameuse» révolution de 2011 a commencé bien avant l’immolation de Bouazizi et qu’il n’y a qu’à regarder autour de soit, elle dure encore.

Le Far West de Mdhila

A 15 kilomètres de Gafsa, la ville de Mdhila «vit» du phosphate. 13.000 habitants qui n’auraient rien à faire là si à la fin du XIXème siècle, le Français Philippe Thomas n’avait pas découvert à quelques kilomètres ce qui fera la richesse du pays, le phosphate.

«Cela fait des mois que la situation est la même ici. Rien ne bouge»,Thamer, 30 ans, est comme les autres hommes de Mdhila, à la terrasse d’un café sur l’avenue traversant la ville, sans boulot.

«Il y a un sentiment d’injustice ici. Tout le monde regarde la capitale mais les autres villes, Gafsa, Kasserine, rien. On est desêtres humains ici aussi. Il faut rétablir l’équilibre. Et vite!»

Ici, Thameur et ceux qui l’entourent dans le café, ne demandent qu’à travailler. Mais de préférence pour celle qui exploite les terres de leur région.

«La Compagnie fait partie de notre religion, explique un jeune, chichaàla bouche. Nos pères, nos grands-pères y ont travaillé, c’est notre histoire.»

La Compagnie, c’est la Compagnie des phosphates de Gafsa, la CPG. Avec le Groupe chimique tunisien (GCT), les deux sociétés dirigées par le même conseil d’administration constituent le principal employeur du bassin minier. Environ 11.000 salariés environ dans des carrières à ciel ouvert ou des usines de transformation comme celle à l’entrée de Mdhila. Un monticule de terre de la taille d’un grand immeuble, avec à ses pieds des trains aux wagons vides et à l’arrêt depuis que la colère a une fois de plus grondé l’an dernier.

Il y a eu la révolution qui a couté son trône à Ben Ali, puis des blocages dès janvier 2011, jusqu’auxrésultatsd’un concours d’embauche lancé par la CPG et le GCT et qui ont pour ainsi dire déplu à la population.

3000 postes, 17 000 candidats

Courant 2011, les deux entreprises d’état annoncent un recrutement d’envergure: 3.000 postes ouverts pour 17.000 candidats. De quoi donner une idée de la situation sociale de la région touchée à 40% par le chômage. Résultats de ces concours: dessoulèvements, blocages de la production ou destruction des sites. Dans la nuit du 23 au 24 novembre 2011, à Mdhila, les protestataires ont incendié les bureaux locaux de la CPG, rendant toute activité impossible et incitant les autorités à protéger militairement le siège à Tunis.

Les mêmes effets qu’en 2008 pour les mêmes causes. A l’époque, un concours sembable à Redeyef (à environ 90 km) proposait 81 postes. Un millier de candidats et des résultats qui auraient, selon les protestataires, favorisés certains, ne respectant pas la règle qui veut que soient privilégiés les fils de mineurs accidentés ou les orphelins.

Cette fois-ci, encore, les résultats ont été jugés frauduleux par la population. Kaïs Daly, le PDG de la CPG et du GCT se défend:

«Des critères sociaux devaient être pris en compte mais il y a eu des erreurs dans la sélection et le gouvernement s’est précipité pour annoncer les résultats. Je n’étais pas pour. On ne m’a pas écouté.»

Ainsi certains candidats très jeunes ont été reçus alors que d’autres plus agés et père de famille, non. Une révision des résultats a été entamée mais pour autant il y aura des déçus.

«Dans les années 80, avant que nous fassions des programmes de restructuration du groupe importants, explique Kaïs Daly, il y avait à peu près 15 000 salariés rien qu’à la CPG. Aujourd’hui, nous en avons 5500 environ. Mais pour les gens, tous fils de mineurs, leur rêve c’est de travailler à la CPG, c’est culturel. Aujourd’hui n’est plus possible et donc il faut qu’ils apprennent et acceptent de se tourner vers d’autres emplois. Mais comme les programmes de développement tardent à aboutir, les gens préfèrent se raccrocher à la Compagnie.»

Mdhila, vache à lait

«La Compagnie » offrirait selon son président des salaires correspondant à trois ou quatre fois le smic tunisien (le salaire minimum en Tunisie est d’environ 130 euros, ndlr). Mais, c’est surtout ressenti comme un droit vu ce qu’apporte cette industrie à l’ensemble du pays.

«Mdhila est comme une vache. Elle donne le lait aux autres et nous on ne garde que les déchets»,sourit Jallal. Animateur dans le foyer des jeunes de la ville —«le garage»corrige-t-il—, Jallal occupe les jeunes en chantant des chansons populaires sur son synthé aux sonorités arabes, en jouant au baby-foot ou au ping-pong sur une table branlante. Son père a laissé sa santé à la mine, son frère y travaille. Lui, à 31 ans, espère être embauché comme chauffeur dans le recrutement en cours. Le«lait»de Mdhila, ce phosphate, fait du pays le 5e producteur mondial en quantité mais le 3e en matière de produit transformé. 2011 aurait pu être une année blanche au niveau production mais le GCT a tourné à 45% de ses capacités habituelles et la CPG à 30%. Malgré tout:

«Compte-tenu d’un contexte international très favorable et malgréces chiffres très bas, explique Kaïs Daly. Nous avons pu dégager des bénéfices.»

Surprenant. Nous n’avons pris connaissance de cette information qu’après notre visite dans le bassin minier et n’avons pu faire réagir les gens sur place. Mais nul doute que cela conforterait leur sentiment d’être exploité.

«C’est un choix de l’ancienne direction que de ne pas réinvestir dans la région,se défend Kaïs Dély. En 2008 lorsqu’il y a eu une flambée des prix, les dividendes du phosphate ont servi à combler la caisse de compensation. Toute la Tunisie en a profité. Les gens ont pu continuer à payer leurs aliments de base au même prix. L’an dernier quand j’ai été nommé à la tête des deux groupes, j’ai proposé au gouvernement de Béji Caïd Sebssi un réinvestissement régional.»

Une enveloppe de 400 millions de dinars (environ 200 millions d’euros) de la part de la CPG, une autre de 250 millions de dinars (125 millions d’euros) du GCT. Cetargentdevrait permettre la création dans le bassin minier d’une banque, d’une cimenterie ou d’une société spécialisée dans le télétravail. Kaïs Daly attend la réponse du nouveau gouvernement formé fin décembre, seul apte à décider. A Mdhila, Redeyef ou Moularès, pas sûr que les gens soient assez patients.

La manie des visites

«J’espère qu’il y aura une deuxième révolution » lance provocateur le franco-tunisien Cyril Grislain Karraï. Consultant, conseiller et observateur de la société tunisienne il a tout laissé derrière lui au Maroc où il vivait pour vivre dans cette nouvelle Tunisie où tout est à construire. « Après cette révolution économique, il aurait fallu une page blanche. En un an on a rien fait ! Dans le bassin minier de Gafsa, ça fait 40 ans que les gens attendent…Ils n’en peuvent plus.»

Les différents gouvernements qui se succèdent depuis le 14 janvier 2011 ont prisla mesure de la situation.

«Tout le monde est au courant, s’énervesur la terrasse d’un café de Mdhila,Hammid, 30 ans, il n’a jamais travaillé. Ils sont tous venus ici. Le ministre de l’emploi était là il n’y a pas longtemps, le président Marzouki aussi, mais on en a marre des visites, on veut des décisions.»

En attendant, les seuls dividendes récupérés par Jallal, Thameur, Hammid et les autres de Mdhila ce sont les émanations de produits toxiques nécessaires à la transformation du phosphate.

«Regardez les dents des jeunes, s’écrie Jallal dans sa MJC locale, elles sont toutes jaunes, les maisons aussi, jaunes! Et mon père il est malade à cause du phosphate, il est touché au niveau de l’appareil respiratoire. Et ses os aussi sont fragiles.»

Des cancers également seraient provoqués par l’industrie du phosphate.

«C’est vrai que dans l’environnent immédiats des usines de transformation il y a un impact sur la santé, reconnaît Kaïs Daly. Mais nous affrontons des problèmes de survie de l’entreprise, donc face aux blocages des sites, le maintien de l’activité est notre priorité. Nos cadres n’ont plus beaucoup de temps à consacrer à la santé ou à l’environnement.»

Le père de Jallal devra donc se contenter de sa maigre retraite et se soigner du mieux qu’il pourra. Mais à 72 ans, il ne représente plus de danger pour les nouvelles autorités tunisiennes. En revanche une jeunesse désoeuvrée et déconsidérée a déjà prouvé qu’elle pouvait, elle, soulever des montagnes.

Source : « Slate Afrique » Le 17-01-2012

Ben Jaafar a refusé d’accueillir Ismaïl Haniyeh


M. Mustapha Ben Jaafar, président de l’Assemblée nationale constituante, a refusé d’accueillir M. Ismail Haniyeh, secrétaire général du mouvement Hamas et Premier ministre de l’Autorité palestinienne démissionnaire.

Le président de l’ANC a expliqué ce refus par son attachement aux « rituels diplomatiques internationaux », d’une part, et de la qualité non-officielle de M. Haniyeh, d’autre part. Rappelons que M. Ismail Haniyeh a reçu une invitation des nouvelles autorités islamistes du pays. Il est arrivé, jeudi 5 janvier 2012, à Tunis, dans une visite officielle de deux jours, première en son genre en Tunisie et surtout après l’élection du nouveau gouvernement. Il a été accueilli par M. Hamadi Jebali, Chef du gouvernement et M. Rached Ghannouchi, leader du mouvement Ennahdha.

Source : « Investir en Tunisie »Le 17-01-2012

L’UGTT annonce une grève touchant 35.000 personnes


 

L’UGTT a annoncé avoir déposé un préavis de grève pour le mercredi 25 janvier 2012, en signe de protestation contre la non-application d’un accord conclu le 22 avril 2011, entre l’UGTT et le gouvernement de Béji Caïd Essebsi, dans lequel il n’y aurait plus recours à l’intérim, selon une déclaration de Mouldi Jendoubi, secrétaire général adjoint responsable de la législation auprès de l’UGTT, à Business News. Ainsi, environ 35.000 ouvriers des différents secteurs privé et public seront concernés, sachant que les entreprises, ayant respecté ledit accord, ne sont pas concernées par ce préavis de grève.

Source : « Business News » Le 16-01-2012

Lien :http://www.businessnews.com.tn/Tunisie–L%C3%82%E2%80%99UGTT-annonce-une-gr%C3%83%C2%A8ve-touchant-35.000-personnes,

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