9 novembre 2008

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TUNISNEWS

8 ème année, N° 3092 du 09.11.2008

 archives : www.tunisnews.net  

 


CCTE: Zakia Dhifaoui violée et torturée – Ben Ali doit être jugé par la Cour Pénale Internationale Bakchich: Le Quai d’Orsay s’alarme de la mainmise de Ben Ali sur l’internet tunisien Taoufik Bachrouch: Démocratie et modernité Le Temps: Réunion, hier, du comité central du PDP – Les échéances électorales de 2009, au menu Le Temps: Essai « De mon pays…  » (Journal d’un citoyen ordinaire) De Khémais Khayati Le Monde: Un mandat de trop


Le site provisoire de KALIMA: http://kal.mediaturtle.com


Projet de récolte de dons en faveur des prisonniers politiques libérés

 
Après la libération des prisonniers politiques le 5 novembre 2008, Vérité-Action lance une campagne de récolte de dons en leurs faveurs, pour effectuer des contrôles médicaux. But de la campagne Récolte de dons pour la prise en charge médicale des prisonniers politiques en Tunisie. Echéances Du 6 novembre au 31 décembre 2008 Mention et coordonnées bancaires Un compte spécial est ouvert en faveur des prisonniers politiques N° de Compte CCP: 92-430942-6 Vérité-Action 1701 Fribourg IBAN (Saisie électronique): CH4509000000924309426 IBAN (Impression sur papier): CH45 0900 0000 9243 0942 6 BIC: POFICHBEXXX Adresse: Swiss Post – PostFinance Nordring 8 3030 Bern Switzerland Service des finances
Vérité-Action Mehdi Ben Hamida Tél. +41 78 715 96 35 Email: admin@verite-action.org

Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe 1 rue Cassini – 75014 Paris – Tél . 01 43 29 68 98

Zakia Dhifaoui violée et torturée Ben Ali doit être jugé par la Cour Pénale Internationale

Nous venons d’apprendre avec colère et consternation les sévices sexuels dans les geôles de Ben Ali dont a été victime une journaliste militante membre du Forum démocratique pour le travail et la liberté (FDLT), et membre de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT) suite aux manifestations de soutien aux syndicalistes du bassin minier de Gafsa. Dans une interview accordée au quotidien suisse Le Temps, quelques heures après sa libération, Madame Dhifaoui a eu le courage de parler avec pudeur de son calvaire : «J’ai passé trois mois et dix jours à la prison de Gafsa. Au début, j’ai été violée. Aujourd’hui, je suis en bonne santé, mon moral est bon et je n’ai qu’une idée en tête: continuer mon travail de journaliste et de politicienne. Mais je ne sais pas si j’aurai le droit de le faire.» (Voir Le Temps du 7 novembre 2008, et Tunisnews, même date, interview accordée à Isolda Agazzi, InfoSud). Nous savons que la plupart des autres détenus dans la même affaire ont aussi été torturés, comme l’ont été et le sont encore une importante proportion des prisonniers politiques depuis l’accession du général Ben Ali aux affaires en 1984. La torture et le viol pratiqués à grande échelle en Tunisie benalienne constituent selon les critères de l’ONU un crime contre l’humanité. Ils constituent aussi des armes faciles mais efficaces entre les mains du règime pour semer la terreur dans tout le pays. Ben Ali l’a compris depuis qu’il a pris ses fonctions de premier flic en 1984. La torture est pour lui la baguette magique qui fait de tout Tunisien un mouton, parce que humilié et terrorisé. Nous demandons que ces crimes qui perdurent depuis 24 ans en Tunisie – pour ne compter que le règne benalien – soient dénoncés et combattus avec la dernière énergie par tous les Tunisiens. Nous demandons que le premier responsable de ces crimes et donneur d’ordre le général Ben Ali soit arrêté et jugé avec ses complices et exécuteurs devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Nous demandons aux militants de se mobiliser sérieusement contre ces fléaux que sont la torture et le viol des femmes qui gangrènent toute notre société et qui sont la clé de voûte de tout le système de terreur policière. Nous exprimons à Madame Zakia Dhifaoui les sentiments de notre solidarité et nous lui apportons notre sympathie pour ce qu’elle a subi de la part de brutes inhumaines, et nous l’encourageons à porter plainte auprès de la Cour pénale internationale contre ses bourreaux et contre leurs donneurs d’ordres. Le Bureau Paris, le 9 novembre 2008  

Télégramme diplomatique

Le Quai d’Orsay s’alarme de la mainmise de Ben Ali sur l’internet tunisien

par Nicolas Beau Le président tunisien Ben Ali fête le 7 novembre, date anniversaire de son arrivée au pouvoir. Un règne sans la moindre liberté d’information, comme le regrette l’ambassadeur de France. Les présidents français successifs devraient écouter davantage leurs diplomates. Le 28 février 2006, Jacques Chirac, alors chef de l’Etat, prenait sa plus belle plume pour féliciter son « ami » Ben Ali de la liberté d’information qui régnait à Tunis. Et Chichi en voulait pour preuve le sommet qui venait d’être tenu à Tunis pour faire avancer les nouvelles technologies de l’information, dont évidemment le Net. Lequel Net est, on le sait, totalement verrouillé et surveillé par des dizaines de flics, qui disposent de somptueux locaux un peu à l’écart de la capitale. Lors de son séjour en Tunisie ce printemps, Nicolas Sarkozy chaussait les babouches de son prédécesseur et s’extasiait des progrès réalisés par le président Ben Ali sur le chemin des libertés. Et tant pis si la sous ministre Rama Yade n’a pas eu le droit de rencontrer, lors de ce voyage, la moindre représentante de la société civile tunisienne. Le 28 février 2006, Chirac félicitait son ami Ben Ali pour la liberté qui régnait en Tunisie en matière d’information « Facebook », révélateur de la chape de plomb tunisienne Les Présidents français devraient consulter davantage leur propre diplomatie. Apparemment, les agents du Quai d’Orsay sur place ont une vue moins rose des progrès réalisés par les autorités tunisiennes en matière de libéralisation. Dans un télégramme diplomatique rédigé à la fin de l’été, l’ambassadeur de France à Tunis dresse un constat sombre de la liberté d’information en Tunisie. A une réserve près, le réseau Facebook a été finalement autorisé, après de longues hésitations, comme le résume le diplomate au début de son télégramme. « A défaut de pouvoir exprimer une opinion libre dans les enceintes traditionnelles, les Tunisiens, les jeunes et les intellectuels en particulier, se tournent vers Internet, comme en témoigne le succès rencontré par le site internet de réseau social Facebook. La question de la censure de ce site s’est récemment posée, avant d’être écartée par le chef de l’Etat lui même. » Dans un télégramme diplomatique daté du 3 septembre 2008, l’Ambassadeur de France en Tunisie regrette « le contrôle étroit » du régime de Ben Ali sur le net Pourquoi quelque 22000 tunisiens se sont tournés vers Facebook ? Et bien, les diplomates français l’expliquent fort bien, comme on peut le lire dans le document que nous publions ci dessus : censure des sites d’information alternative sur la Tunisie, d’ONG internationales de défense des droits de l’homme, de partis d’opposition tunisiens et même des sites de partage de vidéos « you tube » et « daily motion »….. « Un média politisé à la marge » L’essentiel des internautes de Facebook, comme l’analyse toujours l’ambassade de France, se passionnent pour des sujets plutôt anodins sur le plan politique : la culture, le sport, la tunisianité ou encore la bi-nationalité…. Ce qui a inquiété le régime, c’est que même si elle reste très minoritaire, la politique s’est invitée, ces dernières semaines, sur Facebook. La plupart des débats sur l’environnement et la laicité ne prêtaient pas vraiment à conséquences. Le média, comme le constatent les diplomates, était « politisé à la marge ». Ben Ali étrangle l’Internet tunisien © Khalid Mais il a suffi que quelques internautes courageux (d’autant plus que sur Facebook, ils ne sont pas anonymes), évoquent les événements sociaux de Gafsa pour que la police tunisienne prenne peur. Une brèche était ainsi créée, la chape de plomb commençait à se fissurer. Ce que résume parfaitement, là encore, les diplomates français sur place : « La fermeture de Facebook durant une semaine laisse percevoir la tentation d’une partie du système sécuritaire d’empêcher ce qu’il ne contrôle pas ». « Une partie » ! Cette prudence est à l’honneur de la diplomatie française. Et le télégramme diplomatique de faire état, en conclusion, de la volonté affichée de Ben Ali de s’ouvrir aux nouvelles technologies : « La réalité vécue par tout internaute tunisien, conclut le diplomate, empêche d’y croire sans nuance. » On ne saurait mieux dire ! (Source : « Bakchich » (Satirique – France), le 7 novembre 2008) Lien : http://www.bakchich.info/article5733.html  

Démocratie et modernité

Prof. Taoufik Bachrouch La modernité se présente comme un substitut à l’héritage, pour avoir été l’arme indispensable d’une certaine Tunisie nouvelle engagée dans un processus de réorientation vers l’avenir au moyen d’une mise à niveau continuelle engagée depuis le XIXe siècle. Le moment est venu d’en dresser un bilan critique et d’en apprécier les résultats. L’on peut d’ores et déjà affirmer que la distance est grande entre les aspirations et les réalisations. Le changement, pour réel qu’il fût, a été bien plus, en définitive, quantitatif que qualitatif, et reste à distance fort respectable des secteurs scientifiques de pointe et de la technologie avancée de rang international. Nous demeurons de simples consommateurs de sciences et des producteurs de savoir par la bande. L’état de notre recherche en témoigne. Son rendement est discutable. Ses résultats laissent à désirer. L’inégal développement reste toujours poignant ; il se creusera, aussi longtemps que le retard scientifique ne sera pas rattrapé ; et il ne le sera point dans des délais prévisibles, croyons-nous, à l’allure où nous allons. Nos élites sont portées vers l’apprentissage, l’emprunt, le mimétisme, le pastiche, le décalquage, la contrefaçon, la duplication et la reproduction bien plus que vers la découverte, la création et l’innovation, celles qui s’illustrent par des brevets d’invention dûment authentifiées et un rayonnement scientifique avéré. Nous sommes des élites de service et d’application plutôt que des élites pourvues d’un fort potentiel d’invention et d’autodépassement.     Où en sommes-nous en effet de l’équation improbable : modernisation = libération = progrès ?  L’effort de modernisation ne doit-il pas céder la place à une représentation plus complexe et plus subtile du devenir scientifique, et surtout plus performante par ses résultats, dans le dessein de faire évoluer positivement l’Etat Nation, capitaliser de plus en plus les acquis de la révolution scientifique en marche en y contribuant nécessairement, et bâtir la démocratie réelle, celle des sciences pour commencer, et non pas celle d’une religion prétendument rénovée, source de divisions qui déchaînent les passions. L’ordre des priorités a été inversé. Les sciences dures sont de nature à rationaliser l’esprit religieux, pourvu que l’on serve, à l’intention de son public, une dose homéopathique de spiritualité. Elles sont plus efficaces dans la promotion de la raison que la critique discutable du legs religieux.   Saint-Just lançait bien dans le feu de la Révolution : « N’imitez rien de ce qui est passé avant vous, l’héroïsme n’a point de modèle ». Cela aurait dû être notre devise. Nous devrions être notre propre modèle. Ce n’est point en voulant imiter la liberté des Français ou celle des Américains que nous allons forger forcément la nôtre. Et pour preuve le fait que nous ne sommes pas plus libres encore, quant au fond.  Du point de vue de notre rapport aux autres, ne convient-il pas d’admettre que désormais l’imitation politique doit être condamnée dans sa dimension servile, pour céder la place à des traditions proprement nationales à créer, surtout celles qui n’excluent pas le peuple et qui ne bannissent pas les meilleurs. La condition de la modernité est que démocratie ne doit pas rimer avec médiocratie. Si seulement elle accordait l’impératif d’égalité au sein du peuple avec l’exigence qui commande de le hausser vraiment. Le rapport PISA sur notre Education ne rassérène pas.   Depuis le Pacte Fondamental, notre vision libérale n’a pas eu un solide point de départ scientifique. Inspirée des sciences politiques, elle a été mise au service d’un nouvel autoritarisme à connotation libérale de façade. Le discours sur la science est devenu un discours programmatique de légitimation politique. Les élites d’alors parlaient confusément de la science sans en connaître les tenants et les aboutissants. Nulle expérience démocratique n’a été profondément méditée depuis lors pour mettre en commun les actes en conformité avec les paroles. Quand Athènes récusa l’hétéronomie (les modèles et les lois venant d’ailleurs) et se convertit à l’autonomie (les hommes deviennent strictement les auteurs de leur lois et deviennent responsables de leur destin), elle a pu briller de toutes sa splendeur. Quand constituerons-nous un cercle où circule librement une parole publique, sans avoir à craindre un retour de manivelle ?      Où en est-on quand même de la modernité vraie, en tant qu’attitude d’esprit propice à l’ouverture et au changement, mais aussi à l’assimilation et à la recréation ? Le changement technique suit son cours en tant que valeur marchande : elle ne procède pas de la création de nos cerveaux ni de la production de nos ateliers. Elle a certes ouvert la voie à notre humanisme moderne, laïcisant et parfois athée, au détriment du legs de notre humanisme islamique devenu de peu d’utilité ici bas, il est vrai, en la matière. La modernité ne doit pas consister chez nous en une simple recapitalisation du passé. Elle ne doit pas servir de justificatif pour une simple accaparation des positions de pouvoir, de richesse et de prestige par des élites compradores. Faute d’exigences méritocratiques, nous demeurons des entités locales. Aucune université tunisienne ne figure sur la liste de Shangaï limitée aux cinq cents premières places dans le monde. Le classement de l’école des Mines de Paris nous a écarté d’un revers de main de son classement des Top 500. Souvent l’éméritat n’est pas accordé aux meilleurs, mais à ceux dont le pouvoir est satisfait politiquement parlant. Le pouvoir lui-même pêne à se transformer en un être de raison ; il suffit d’observer ses prestations. N’oublions pas que la post-modernité (critique de la raison, remise en cause du progrès, culture informatique envahissante, découvertes en cours de l’infiniment grand à l’infiniment petit, accommodation avec le retour du religieux et de la tradition, renouvellement de la problématique de la foi, réévaluation du statut des sciences dans la société, répercussions des conquêtes spaciales…) sonne déjà à notre porte, alors que le cycle complet de la modernité est loin d’avoir été achevé sous nos latitudes et conduit à bon terme.
(Source: Le journal « Mouatinoun » organe du Forum Démocratique Pour le Travail est Les Libertés (Hebdomadaire – Tunisie) nr 79 du 5 au 12 novembre 2008)
 

Réunion, hier, du comité central du PDP Les échéances électorales de 2009, au menu

 

 
Le comité central du Parti Démocratique Progressiste (PDP) a débuté hier dans l’après-midi sa réunion qui devait se terminer tard dans la nuit. Une réunion consacrée essentiellement à la participation du parti aux élections présidentielle et législative de 2009. Concernant les législatives le PDP a déjà décidé de présenter des listes dans toutes les circonscriptions. Pour ce qui est de l’élection présidentielle le comité central du parti, lors de sa dernière réunion tenue en février 2008 a décidé de présenter la candidature de Me Néjib Chebbi, membre du bureau politique. Mais après l’amendement constitutionnel adopté en juillet dernier cette candidature ne répond plus aux conditions stipulées par l’amendement. Des conditions que remplit la secrétaire générale du parti Maya Jribi. Donc le comité central réuni hier devait décider la présentation ou non de Mme Jribi à cette élection. Prétextes La réunion du Comité central du PDP s’est tenue  à l’étroit au siège du parti. Mme Jribi a tenu avant le commencement de la réunion une conférence de presse au cours de laquelle elle a exprimé « son étonnement qu’un parti légal comme le PDP et à la veille d’importantes échéances électorales n’a pas pu louer une salle dans un hôtel pour tenir son conseil central. Tous les hôtels contactés ont répondu par la négative prétextant des travaux en cours ou prétendant qu’ils affichent complets. Des prétextes erronés que nous dénonçons » a-t-elle souligné. Néjib SASSI (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 9 novembre 2008)

 Essai « De mon pays…  » (Journal d’un citoyen ordinaire) De Khémais Khayati

Vite : un autodafé
Je trouve que Khayati exagère et qu’il se trompe totalement de pays. Son pays n’est pas le nôtre. Sinon, comment oserait-il nous demander d’exécuter des performances qui sont au dessus de nos forces et que nous croyons insensées et inutiles, comme celle de lever nos têtes, pour découvrir les richesses nichées sur les façades et les balcons des immeubles du Centre-ville ? Ville laissée par les colons. Quelle inconscience ! Lever les yeux ? Et puis quoi encore ? Voudrait-il qu’on construise une marina et un complexe de cent palaces touristiques du côté du centre-ouest ? Lever la tête ? Déjà que cela fait cinq décennies que nous nous efforçons à passer maîtres dans l’art de traîner les savates, avec les yeux scotchés à nos orteils tout en priant intérieurement pour qu’on ne nous remarque pas. Ou du moins, qu’on fasse semblant de ne pas nous remarquer. Comme tout Tunisien qui se respecte, je ne suis pas un mouchard, mais je me dois de dénoncer les actes et les faits, qui agissent contre l’intégralité et la sincérité de mon patriotisme. Ce citoyen ordinaire -comme il se définit- n’est ni citoyen ni ordinaire. D’ailleurs personne n’est citoyen ordinaire chez nous. Nous sommes tous des êtres exceptionnels. M. Khayati est un pêcheur en eau trouble. Pire, c’est un fouineur dans les poubelles. Quelqu’un qui nous jalouse parce que nous consommons beaucoup plus que les plus consommatrices des sociétés. Alors qu’importe que nous laissons quelques tonnes de nos poubelles valser au gré des brises sur nos trottoirs et nos macadams. Après tout ils relèvent du domaine public. Ils sont donc à nous ! Tout, chez nous, fait mal à ce M. Khayati. D’ailleurs Khayati est un nom qui prête à confusion. Est-ce vraiment un nom bien de chez nous ? Nous avons plutôt  » Terzi  » en la matière. Mais Khayati ? Enfin, passons ! M. Khayati a mal que la première ville de son pays soit envahie par les hordes des ruraux sans foi ni loi. Par qui voudrait-il qu’elle soit peuplée ? Par des Suédois ? Il a mal que cette population crache, insulte, s’habille à la fripe, traîne ses savates, se trémousse à la moindre note de mézoued, laide, inélégante, bête et méchante. Nous ne sommes pas des chrétiens après tout. Notre société n’est pas basée sur l’amour. Mais sur la haine, les coups bas, l’envie et les rancœurs et rancunes jamais rassasiés. On y est habitués. C’est notre patrimoine et nous en sommes fiers. Mieux, je vois mal comment nous pourrions nous définir comme peuple particulier sans ces grandes caractéristiques si particulières. Bon, je peux à la limite comprendre que M. Khayati ne voit que le côté sombre et désespérant de notre société (je peux le comprendre non pas parce que je suis démocrate -Dieu m’en préserve mais parce que je suis tunisien). Oui le Tunisien est prêt à tout comprendre du moment qu’on ne lui demande pas ce qu’il en pense (Dieu nous préserve des mauvaises pensées et elles le sont toutes !) et surtout  que cela ne touche pas aux bases fondamentales de notre existence comme peuple à part entière. Et je dois avouer que concernant ce dernier point, M. Khayati ne me paraît pas trop musulman (pour ne pas dire trop catholique). En effet, il défend les juifs tunisiens par exemple. Mais il est fou ! Où sont-ils tout d’abord ? J’en ai jamais vu. Et puis les noirs… tunisiens. Mais il est fou ! Les noirs tunisiens, tout comme les juifs tunisiens sont après tout tunisiens. Un point c’est tout ! De là à défendre les moutons sacrifiés chaque Aïd El Kebir et rejoindre ainsi Brigitte Bardot et le front national, il n’y a qu’un pas que M. Khayati n’a malheureusement pas franchi. Il aurait au moins, ce faisant, gagné ma sympathie, car je n’ai jamais supporté les bêlements des condamnés à mort de ces pauvres petites bêtes, chaque veille de l’Aïd du sacrifice. Oh, qu’ai-je dit là ? Que je suis contre le sacrifice des moutons ? Non, jamais. Ce n’est pas moi, je vous jure, M. le citoyen observateur ! Ce n’est pas moi. Moi je suis pour qu’on tue tous les moutons… tous les jours s’il le faut et même les chiennes et les chiens et même quelques humains pour le dessert. C’est lui Khayati, cet anti-patriote qui nous trouve sales et méchants, qui n’aime pas nos rues, qui n’aime pas notre sous-vie, qui n’aime pas notre mauvais goût, qui n’aime pas notre télé, nos radios, nos journaux… Qui ne nous aime pas, en un mot. C’est l’influence de ce soi-disant livre,- que nous devrions nous hâter de brûler- sur le cerveau si dignement soumis d’un moins qu’un citoyen au patriotisme inébranlable et que ce chasseur en eau trouble a failli noyer dans les méandres de l’occidentalisme haineux et de la païenne laïcité ! A bas la vision apocalyptique et mécréante de Khémais Khayati et prions pour que nos belles poubelles occupent à jamais nos villes et nos artères et qu’à chaque éveil, comme un vol d’oiseaux paradisiaques, une ribambelle de sacs en plastique nous valsent au gré des brises, sous le ciel bleu azur de notre satisfaction intime et de notre superbe inertie et… Le citoyen observateur arrêta là ma diatribe : écoutez M. le mouchard ordinaire, nous sommes absolument d’accord avec tout ce qui est dit dans le livre du sieur Kha. Khayati. La seule différence entre nous est qu’il a le courage de s’offusquer de notre si belle et si sale condition alors que nous la trouvons absolument convenable, pour ne pas dire confortable. Et puis 99% des trois dernières générations que nous venons de former ne lisent plus. (Hamdoullah !) et même si elles le voulaient, elles ne comprendraient  » couic  » à la langue antique utilisée par le sieur ci-cité. (Allah Ghaleb). Enfin ce livre a été tiré à 1000 exemplaires. Nous en avons acquis 99, 99% soit 999 exemplaires. Le seul qui nous a échappé est celui que vous avez entre les mains. Mais comme tu nous es acquis, ton exemplaire l’est aussi automatiquement. Un dernier conseil, cependant, cher mouchard ordinaire, dorénavant, occupez-vous de petits malfrats, de petits receleurs, de petits mouchards même et laissez nos grands intellectuels évoluer librement dans les relents somptueux de nos poubelles. C’est le moindre cadeau qu’on puisse leur faire. Hechmi GHACHEM  (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 9 novembre 2008)


Editorial

Un mandat de trop

Dans quelques jours, le président Abdelaziz Bouteflika, 71 ans, sera formellement autorisé à briguer en avril 2009 un troisième mandat à la tête de l’Etat algérien. Le Conseil constitutionnel a donné son feu vert, le 7 novembre, à une révision de la Constitution. Bientôt, le Parlement se réunira pour « débattre » de l’utilité de faire sauter le verrou de la Loi fondamentale limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. Car on y met les formes, à Alger. Personne n’est dupe, pourtant. L’issue d’un vote dans un Parlement sous contrôle ne fait pas le moindre doute. Voilà deux ans que les partis politiques autorisés militent pour un nouveau quinquennat de l’actuel président, affirmant qu’il s’agit là d’une « revendication nationale ». L’opposition est quasiment sans voix ou marginalisée. M. Bouteflika, quant à lui, a longtemps fait mine d’hésiter, avant de se laisser convaincre. Son plus proche voisin, le président tunisien Ben Ali, ne s’apprête-t-il pas, à 72 ans, à briguer le cinquième mandat d’un règne sans partage ? Le président algérien est diminué par la maladie depuis qu’il a été opéré il y a deux ans, à Paris, officiellement d’un ulcère hémorragique. Mais sa santé n’est pas le fond du problème. Serait-il en pleine forme que la question de son maintien au pouvoir se poserait de la même façon. L’Algérie est dans une situation catastrophique – chômage, pauvreté, émeutes, persistance du terrorisme, corruption à une large échelle -, alors que les caisses de l’Etat sont pleines. Ce n’est pas un troisième mandat de M. Bouteflika qui remettra le pays debout. La Constitution n’a pas besoin d’être révisée. Elle a besoin d’être respectée, tout comme l’intelligence des Algériens. Comment un système qui affiche si ouvertement son immobilisme peut-il rendre un minimum d’espoir à ses administrés ? Dans ce pays où 70 % de la population a moins de 30 ans, le désespoir est inquiétant : le phénomène des harragas (ces jeunes prêts à tout pour émigrer clandestinement) et les attentats-kamikazes relèvent de la même logique suicidaire. Pourtant, dans certains cercles, à Alger, on persiste à dire que M. Bouteflika est « un moindre mal » et que lui seul peut « sauver » le pays. Vision à courte vue, qui ne rend service ni à l’Algérie ni à M. Bouteflika lui-même. (Source: Le journal « Le Monde » (Quotidien – France) du 09 novembre 2008)

 

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