8 novembre 2008

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TUNISNEWS

8 Úme année, N° 3091 du 08.11.2008

 archives : www.tunisnews.net  

 


Vérité-Action: Projet de récolte de dons en faveur des prisonniers politiques libérés
CIDT-TUNISIE: TroisiĂšme dĂ©cennie de la tortiocratie du 7 novembre, – AVONS-NOUS LE CHOIX ??
Committee to Protect Journalists: Marking an anniversary, Ben Ali should end repression Comite du Soutien au Forum Démocratique Pour le Travail est Les Libertés: Communiqué
Dr Khelil Ezzaouia: Elections de 2009 : Quel objectif ?
Fathi Jerbi: Quel sens

Le Temps: Emigration fĂ©minine vers les pays du Golfe – Foisonnement de chimĂšres
Le Temps: Les prix de la volaille « s’envolent


Le site provisoire de KALIMA: http://kal.mediaturtle.com


Projet de récolte de dons en faveur des prisonniers politiques libérés

 
AprĂšs la libĂ©ration des prisonniers politiques le 5 novembre 2008, VĂ©ritĂ©-Action lance une campagne de rĂ©colte de dons en leurs faveurs, pour effectuer des contrĂŽles mĂ©dicaux. But de la campagne RĂ©colte de dons pour la prise en charge mĂ©dicale des prisonniers politiques en Tunisie. EchĂ©ances Du 6 novembre au 31 dĂ©cembre 2008 Mention et coordonnĂ©es bancaires Un compte spĂ©cial est ouvert en faveur des prisonniers politiques N° de Compte CCP: 92-430942-6 VĂ©ritĂ©-Action 1701 Fribourg IBAN (Saisie Ă©lectronique): CH4509000000924309426 IBAN (Impression sur papier): CH45 0900 0000 9243 0942 6 BIC: POFICHBEXXX Adresse: Swiss Post – PostFinance Nordring 8 3030 Bern Switzerland Service des finances
Vérité-Action Mehdi Ben Hamida Tél. +41 78 715 96 35 Email: admin@verite-action.org

 
 


CENTRE  D’INFORMATION  ET  DE  DOCUMENTATION  SUR  LA  TORTURE  CIDT-TUNISIE Association de citoyens du monde pour le droit des Tunisiens Ă  ne pas ĂȘtre torturĂ©s Membre du RĂ©seau SOS-Torture de l’OMCT-GenĂšve       ComitĂ© d’honneur :     Jacques  FRANÇOIS     Mgr  Jacques  GAILLOT     Dr HĂ©lĂšne  JAFFÉ     Gilles PERRAULT     François DE  VARGAS  
            Besançon, le 7 novembre 2008     PrĂ©sident :     Jean-Marc MÉTIN  

TroisiÚme décennie de la tortiocratie du 7 novembre,   AVONS-NOUS LE CHOIX ??

 
En fĂȘtant le 21Ăšme anniversaire de son accession au pouvoir, le gĂ©nĂ©ral Ben Ali avait ce sinistre et narquois sourire qu’il arbore depuis que, sans trop oser y croire, il avait rĂ©ussi Ă  renverser le sĂ©nilissant Habib Bourguiba. Sous ce dernier, existait encore en Tunisie une sociĂ©tĂ© civile, avec ses associations, ses (rares) mĂ©dias, ses parties et ses soutiens. Dans ce sens, la Tunisie Ă©tait bien un pays moderne. Deux dĂ©cennies plus tard, le pays est un champs de ruines : la sociĂ©tĂ© civile a disparu, hormis un Ăźlot-alibi formĂ© des meilleurs militants et militantes, instrumentalisĂ©s Ă  leur corps dĂ©fendant par une propagande extĂ©rieure qui les prĂ©sente comme l’arbre censĂ© cacher une forĂȘt qui n’existe pas. Ce rĂ©sultat que beaucoup envient au gĂ©nĂ©ral de Tunis a Ă©tĂ© obtenu grĂące Ă  un moyen unique : la TORTURE. Tous les Tunisiens qui Ă©taient susceptibles de s’opposer aux desseins castrateurs de l’autocrate ont Ă©tĂ© rĂ©duits par ce moyen. Une large et insidieuse publicitĂ© Ă©tait instillĂ©e dans la sociĂ©tĂ© en vue de diffuser la terreur et de pousser les Tunisiens au silence, Ă  la dĂ©politisation forcĂ©e et Ă  la collaboration. Le dĂ©montage systĂ©matique ne s’interdisait aucun moyen. Les militants et leurs familles ont Ă©tĂ© martyrisĂ©s. Ceux qui ont pu penser un moment qu’ils n’étaient pas dans le collimateur tout en voulant conserver un semblant d’autonomie, ont subi le mĂȘme traitement rĂ©servĂ© Ă  tous les rĂ©calcitrants. MĂȘme aprĂšs avoir rendu d’apprĂ©ciables services au petit dictateur de Tunis. C’est ainsi que le choix s’était rĂ©duit Ă  la mort (le plus souvent sous la torture, Ă  la prison, Ă  l’abdication des droits ou Ă  l’exil.  Une forte communautĂ© de Tunisiens de diverses obĂ©diences s’était formĂ©e, notamment en France. Elle a pu donner des soucis aux services du gĂ©nĂ©ral. Elle a fait un bon travail de vraie oppositions. Jusqu’au 11 septembre
 LĂ , une longue pĂ©riode de stagnation a commencĂ©, suivie de nombreuses dĂ©fections, de dissensions et de lĂ©thargie. Mais ces derniĂšres annĂ©es, aprĂšs sa mainmise sur le pays par la prĂ©sidence Ă  vie, Ben Ali voulait supprimer ce qui restait de cette sociĂ©tĂ© civile autrefois florissante et prometteuse. Ce fut un long travail de renseignement et de basses manƓuvres policiĂšres. On mit le grappin sur des individus issus du Mouvement Ennahdha, qui avaient dĂ©jĂ  Ă©mis des points de vue publics rĂ©cupĂ©rables par le pouvoir. Ensuite, petit Ă  petit, on s’échina dans les officines de sĂ©curitĂ© des chancelleries Ă  encourager tout aveu de lassitude, toute vellĂ©itĂ© de dissension interne, toute tentation d’abandon. Comme cela semblait ĂȘtre contagieux, certains anciens prĂ©tendus opposant y ont vu l’occasion de proposer leurs services aux autoritĂ©s de Tunis. Au lieu de rentrer au pays pour renouer avec leurs familles et s’occuper de leurs jardins, ils se sont le plus souvent rĂ©pandus en panĂ©gyriques sur la Tunisie « des trois mille ans d’histoire » et autres inepties Ă  la Mezri Haddad. Un certain Bouabdallah (double) est allĂ© dans la bassesse et l’effronterie jusqu’à servir de caution directe et consentante au pouvoir des tortionnaires contre les victimes de la torture devant le ComitĂ© des Nations unies contre la Torture, Ă  genĂšve. D’autres se sont transformĂ©s en vĂ©ritables cheikhs de l’exĂ©gĂšse coranique en vue de dĂ©montrer que trahir, s’avilir, courber l’échine, poignarder ses anciens copains dans le dos et dĂ©clarer son amour Ă  son tortionnaire est la voie idĂ©ale pour aller tout droit au paradis. Ce sont lĂ  les nouveaux harkis. RĂ©trospectivement on peut en dresser un portrait-type : il s’agit le plus souvent de personnes trĂšs ambitieuses, notamment pour devenir des leaders opposants. Comme ce statut leur Ă©tait inaccessible, ils sont partis rejoindre le camp adverse. Nombreux sont ainsi ceux qui ont soldĂ© Ă  vil prix leur passĂ©, leur prĂ©sent et leur avenir. Pour les rĂ©sistants, la tĂąche n’en est que plus rude : tĂ©moigner sur leur pays tout en constatant les dĂ©gĂąts provoquĂ©s dans leurs rangs par les menĂ©es dĂ©stabilisatrices des services de Ben Ali. Sans ces rĂ©sistants-lĂ , de quelque bord politique qu’ils soient, notre pays est dĂ©pouillĂ© de son honneur, rĂ©duit Ă  la poignĂ©e de poussiĂšre que dĂ©nonçait Bourguiba sous le rĂ©gime colonial. Sans cette rĂ©sistance, nous reviendrions plusieurs gĂ©nĂ©rations en arriĂšre. RĂ©sister, notamment pour sauver les nĂŽtres de la torture qui les dĂ©shumanise, n’est donc pas une option parmi d’autres, mais une nĂ©cessitĂ© vitale, quel que soit le nombre de nouveaux supplĂ©tifs bĂ©nalistes.  On sait quel sort l’Histoire leur a rĂ©servĂ©…      Khaled BEN M’BAREK, Coordinateur  

Committee to Protect Journalists 330 Seventh Avenue, New York, NY 10001 USA     Phone: (212) 465‑1004     Fax: (212) 465‑9568     Web: www.cpj.org    ; E-Mail: media@cpj.org    Contact:  Mariwan Hama-Saeed Telephone:  (212) 465-1004 ext 104 E-mail: mariwan@cpj.org  

Marking an anniversary, Ben Ali should end repression

 
New York, November 7, 2008—On the 21st anniversary of the coup that brought Tunisian President Zine El Abidine Ben Ali to power, the Committee to Protect Journalists called on the longtime leader to end his government’s repressive media tactics.   Ben Ali, who seized power from Habib Bourguiba in a bloodless coup, has pursued some of the most restrictive press tactics in the Arab world, CPJ research shows. Through years of harassment, censorship, and imprisonment of journalists, Ben Ali has largely eradicated independent journalism in the country. Most media outlets operate under strict self-censorship, and the country’s few independent journalists are subjected to surveillance and intimidation. CPJ documented the government’s poor press freedom record in a September special report, “The Smiling Oppressor.”   Speaking at a rally to mark the 21st anniversary of his takeover, Ben Ali said the government has “continuously striven to promote public freedoms, particularly freedom of expression” and “taken various initiatives to promote the media landscape and improve its performance.”   CPJ urged Ben Ali to make good on those remarks. “Abroad, Tunisia tries to portray itself as a democracy that respects human rights and press freedoms,” said CPJ Deputy Director Robert Mahoney. “At home, reality for independent journalists is intimidation, harassment, and prison.”   The government has increased pressure on independent journalists in recent weeks. In September, plainclothes security agents abducted Slim Boukhdhir, an online writer and critic of Ben Ali. Agents held him for two hours, threatened him, and directed him to stop his work. Boukhdhir had just written an online piece urging Ben Ali to follow the advice of U.S. Secretary of State Condoleezza Rice and loosen the state’s grip on civil society. Authorities had harassed Boukhdhir in the past, jailing him for several months earlier in the year.   In October, the public prosecutor issued a court summons to Neziha Rejiba, editor of the online magazine Kalima and one of the country’s most critical journalists. In a piece for the weekly Mouatinoun, Rejiba accused the government of being behind the recent destruction of her Web site. The summons could be a precursor to criminal charges. Authorities also seized the entire issue of Mouatinoun.   CPJ is a New York-based, independent, nonprofit organization that works to safeguard press freedom worldwide. For more information, visit www.cpj.org.    URL:http://cpj.org/2008/11/marking-an-anniversary-ben-ali-should-end-repressi.php

 
Comite du Soutien au Forum Démocratique Pour le Travail est Les Libertés 53, rue des Fossees 69400 Villefranche S/S e.mail : saidacharf@hotmail.com Le 08 novembre 2008 COMMUNIQUE  
Le ComitĂ© du Soutien au Forum DĂ©mocratique, créé en 1995, et qui combat depuis sa crĂ©ation pour l’expression libre et la reconnaissance du Forum en Tunisie, vient d’ĂȘtre informĂ© que Mr Mustapha Ben Jaafar (PrĂ©sident du Forum DĂ©mocratique Pour le Travail est les LibertĂ©s) est convoquĂ© le jeudi 13 novembre 2008 Ă  16H par l’adjoint du Procureur de la RĂ©publique en tant que Directeur du Journal “MOUATINOUN” !  Cette convocation Ă , sans aucun doute un rapport direct avec les saisies rĂ©centes dans les Kiosques des derniers numĂ©ros de cet organe de presse. Le “Forum DĂ©mocratique pour le Travail et les LibertĂ©s” depuis sa crĂ©ation, n’arrive pas Ă  obtenir la reconnaissance de ses Droits DĂ©mocratique les plus Ă©lĂ©mentaires d’expression et de rĂ©union ! Le ComitĂ© de Soutien au Forum DĂ©mocratique, s’est rĂ©jouis de cette derniĂšre libĂ©ration des prisonniers en souhaitant que ce processus reste sur cette bonne voie. Nous demandons au RĂ©gime en place en Tunisie de cesser ses harcĂšlements, tant vis-Ă -vis des Membres du Forum DĂ©mocratique, qu’au regard de sa “libre expression” Ă  travers sa Presse et l’action militante de ses Membres ! Le Bureau

Quel sens

 
Cela fait plus que trois (3) semaines que MaĂźtre Jallali est entre les mains invisibles d’un pouvoir, des pouvoirs tous confondus, tous instrumentalisĂ©s pour une cause perdue d’avance.   Depuis le dĂ©but, nous avons essayĂ© d’expliquer, voire philosopher pour comprendre le sens de cette sĂ©questration. Mais peine vaine. En effet comment rationaliser des actes de type primaire, passionnel qui plus est leurs auteurs n’obĂ©issent ni aux lois ni aux fois.   Quel sens pouvons nous donner Ă  cette sĂ©questration ?   Est-ce pour se venger d’un homme, d’un honnĂȘte avocat, d’un ex dĂ©putĂ© apprĂ©ciĂ© et respectĂ© par ses confrĂšres ? Erreur grossiĂšre, car cela ne fera qu’amplifier Ă  son Ă©gard les estimes et les respects de ceux qu’ils l’ont connu et cĂŽtoyĂ©, il en sortira plus agrandi, plus convaincu de la justesse de ses positions et de la noblesse des causes qu’il a dĂ©noncĂ© et dĂ©fendu.   Est-ce pour se venger des proches de Me Jallali ? Erreur grossiĂšre, car la famille Jallali, famille bien ancrĂ©e dans la sociĂ©tĂ© tunisienne (Ă  Sidi Bouzid et ailleurs)  est bien soudĂ©e, longtemps bien cuirassĂ©e contre ceux et celles qui veulent lui faire du mal. Tout au contraire, elle fait et fera preuve d’une solidaritĂ© inĂ©branlable, d’une grande immunisation.   Est –ce pour se venger de sa femme en la personne de Mme Rjiba Naziha (alias Om Zied) ? Erreur grossiĂšre, c’est une grande dame, « majeure et vaccinĂ©e » depuis des dĂ©cennies, dame de libre pensĂ©e, indomptable et bien dĂ©terminĂ©e Ă  dĂ©fendre les causes nobles. Manigance et manƓuvre d’arriĂšre cour pour la dĂ©stabiliser et la faire renoncer Ă  son combat pour la libertĂ© et toute les libertĂ©s, se sont avĂ©rĂ©s et s’avĂ©reront improductives, futiles et stĂ©riles. Tout au contraire, elle se dĂ©fendra bec et ongle avec plus d’ardeur et de courage pour sa famille et pour toutes les familles tunisiennes.   Est –ce pour faire peur aux autres tunisiens et tunisiennes et ainsi envoyer des signaux aux autres ? Erreur grossiĂšre, car Ă  ma connaissance, ce n’est pas par cette sĂ©questration que le pouvoir ferait rĂ©gner la peur et la terreur. Il a toujours utilisĂ© d’autres moyens, d’autres forces beaucoup plus expĂ©ditives, beaucoup plus rĂ©pressives qu’une « banale et indolore » sĂ©questration. Longtemps une grande partie des tunisiens et tunisiennes a incarnĂ© la peur et la terreur, mais longtemps aussi qu’une autre partie des tunisiens et tunisiennes de la race de Me Jallali et de sa femme Mme Rjiba Naziha (alias Om Zied) a incarnĂ© le courage et la rĂ©sistance envers l’injustice et l’oppression. Et ce n’est pas cette pĂ©ripĂ©tie qui leur fera plier l’Ă©chine.    Punition individuelle, collective, par opportunisme ou par excĂšs de zĂšle des courtisans inquisiteurs est, Ă  mon sens, une erreur grossiĂšre, une gourde.   Exploiter un accident mortel, dans le quel Me Jallali est aussi une victime directe, pour lui rĂ©gler des comptes Ă  lui et Ă  ses proches, au lieu d’enquĂȘter et par consĂ©quent remĂ©dier au carnage et flĂ©au que connaissent nos routes et nos autoroutes, est une preuve tangible de la bassesse et du simplisme de ses auteurs.   Ah
 s’il existe une bourse des cerveaux, j’irai m’en servir et en greffer des bons et intelligents chez certains acteurs et rĂ©gisseurs du pouvoir.   Fathi Jerbi  

ELECTIONS DE 2009 : QUEL OBJECTIF ?

  Dr Khelil EZZAOUIA   S’il y a un objectif  que le pouvoir a pu au moins partiellement atteindre Ă  chaque Ă©chĂ©ance Ă©lectorale c’est bien la division de l’opposition dĂ©mocratique sur cette question qui peut paraĂźtre Ă  priori simple et en mĂȘme temps compliquĂ©e Ă  rĂ©soudre. Les querelles entre les « partis » de l’allĂ©geance sont explicables par la course aux postes de dĂ©putĂ©s entre et Ă  l’intĂ©rieur de ces groupes avec une valse des candidats d’un structure Ă  une autre Ă  la recherche d’une place de tĂȘte de liste synonyme d’un Ă©ventuel poste de dĂ©putĂ©. Ces structures ayant perdu toute leur crĂ©dibilitĂ©, leurs chamailleries font partie de l’animation ridicule du dĂ©cor. Mais entre les composantes des forces dĂ©mocratiques et de la vraie opposition, la divergence est inacceptable Ă  plus d’un titre. Tout d’abord, toutes les analyses faites sur les conditions juridiques et politiques dans lesquelles se dĂ©roulent les Ă©lections sont concordantes d’une composante Ă  une autre. Ensuite, tout le monde s’accorde, du moins dans les dĂ©clarations, sur le fait qu’il s’agit d’une bataille politique et non Ă©lectorale, et que le but de la participation est de pouvoir se rassembler et de faire entendre sa voix aux citoyens mĂȘme pour un laps de temps trĂšs court (15 jours). Enfin, toutes les composantes sont conscientes qu’actuellement le citoyen tunisien ne s’intĂ©resse absolument pas Ă  ces Ă©lections tant leur crĂ©dibilitĂ© a Ă©tĂ© entachĂ©e depuis longtemps et qu’il est convaincu que les rĂ©sultats seront comme d’habitude sans surprise. Pour toutes ces raisons, on ne peut accepter et expliquer les divisions actuelles Ă  propos de l’élection prĂ©sidentielle et en particulier des Ă©ventuelles candidatures de l’opposition. Puisque nous ne sommes pas dans une situation d’enjeu Ă©lectoral, le ou les candidats dĂ©mocrates vont probablement avoir un score humiliant qui risque de dĂ©crĂ©dibiliser encore plus l’opposition auprĂšs de l’opinion publique. On ne peut comprendre alors une querelle pour un rĂ©sultat dĂ©jĂ  connu. Il ne s’agit pas actuellement d’une bataille d’un parti ou d’un autre ou contre l’autre mais surtout une lutte pour que l’urne traduise le vĂ©ritable choix de l’électeur. L’enjeu n’est pas d’imposer une candidature ou une autre mais de rassembler l’opposition pour qu’au lendemain des Ă©lections de 2009, l’espoir puisse renaĂźtre et que la population reconnaisse dans l’opposition une possibilité  d’alternative et d’alternance au pouvoir actuel. Il ne doit pas s’agir d’une bataille d’un parti ou d’une chapelle mais d’un mouvement d’ensemble en vu de changer rĂ©ellement les choses. Si on nous donnait le choix entre une ouverture politique et une possibilitĂ© de candidature libre dans le contexte actuel, je pencherai sans hĂ©sitation vers la premiĂšre. La place d’un candidat de l’opposition aux prĂ©sidentielles est actuellement  peu enviable pour qu’elle donne lieu Ă  tant de polĂ©miques stĂ©riles. Il ne s’agit pas de soutenir ou de contrer tel ou tel (le) candidat(e), mais de rassembler pour une bataille dĂ©mocratique que l’opposition doit mener en harmonie mĂȘme si elle ne s’accorde pas sur un ou une candidate. L’enjeu est ailleurs que dans le leadership (quel leadership avec 0 ou 1 et quelque pour cent ?). La crise du bassin minier et les Ă©vĂ©nements armĂ©s de Slimane sont lĂ  pour nous rappeler que toutes les structures Ă©tatiques, politiques, associatives et syndicales ont Ă©tĂ© prises de court. Il s’agit bien sĂ»r du rĂ©sultat de la politique de verrouillage sĂ©curitaire menĂ©e par le pouvoir mais aussi en partie d’une carence des acteurs politiques et de la sociĂ©tĂ© civile. ArrĂȘtons donc de nous emmĂȘler les pieds et les mains autour de telle ou telle option personnalisĂ©e et soyons Ă  la hauteur des dĂ©fis en mettant en marche un vĂ©ritable rassemblement pour des Ă©lections dĂ©mocratiques quelles que soient nos divergences et nos objectifs partisans pour ces prochaines Ă©lections. Les Ă©lections de 2009 sont presque derriĂšre nous si nous ne savons pas engager une bataille commune en vue de redonner l’espoir au pays.
 
(Source: Le journal “Mouatinoun” organe du Forum DĂ©mocratique Pour le Travail est Les LibertĂ©s (Hebdomadaire – Tunisie) nr 79 du 5 au 12 novembre 2008)    

 

 

Emigration féminine vers les pays du Golfe Foisonnement de chimÚres

 
Quitter le pays natal pour rĂ©aliser le rĂȘve ailleurs dans l’Eldorado n’est pas le souhait des jeunes hommes seulement. Egalement, les filles sont tentĂ©es par cette expĂ©rience. C’est dans les pays du Golfe, (DubaĂŻ, KoweĂŻt, Qatar, Arabie Saoudite…) qu’elles prĂ©fĂšrent accomplir une carriĂšre professionnelle ou plutĂŽt et essentiellement gagner une belle somme d’argent.  Travaillant dans des domaines de libre pratique ou dans l’Ă©tatique, des cadres supĂ©rieures, des esthĂ©ticiennes, des modĂ©listes, des coiffeuses…elles n’hĂ©sitent pas Ă  franchir les barriĂšres et Ă  vivre cette expĂ©rience. Mais dans quelles conditions ? RĂ©ussissent-elles vraiment Ă  s’intĂ©grer dans cette sociĂ©tĂ© ? Si quelques-unes parviennent Ă  le rĂ©aliser d’autres non. L’expĂ©rience pour ces filles ne dĂ©passe pas trois ou six mois au maximum. Elles Ă©chappent Ă  la solitude, l’exploitation et surtout elles regagnent la terre natale pour ne pas perdre les chances de rĂ©intĂ©gration dans la vie professionnelle et sociale. Nous ne disposons pas en Tunisie de statistiques ou de donnĂ©es approfondies sur l’Ă©migration fĂ©minine et les pays qui enregistrent plus d’affluence de la part de cette frange de la sociĂ©tĂ©. Ce phĂ©nomĂšne n’a pas Ă©tĂ© suffisamment Ă©tudiĂ©, en revanche il est de plus en plus prĂ©sent et gagne du terrain. Un bon nombre des jeunes filles ayant la trentaine, moins ou plus prĂ©fĂšrent de plier bagage et partir dans l’un des pays du Golfe, ou en Europe avec un seul espoir, bĂątir un avenir meilleur et se construire une carriĂšre professionnelle. Une fois le contrat dĂ©crochĂ© dans l’une des boĂźtes et aprĂšs un travail de longue haleine, les filles ne lĂ©sinent pas sur les moyens pour partir le plus tĂŽt possible. Si quelques-unes sont averties et ne laissent rien au hasard, d’autres prennent le risque pour dĂ©couvrir de prĂšs cette expĂ©rience qui les a longtemps charmĂ©. Se basant sur le principe « celui qui ne risque rien n’a rien », ces derniĂšres s’arrangent par tous les moyens pour partir Ă  l’Ă©tranger. Conditions difficiles Mais une fois arrivĂ©es, bonjour les difficultĂ©s. Un salaire rudimentaire, notamment dans les domaines de l’esthĂ©tique, du modĂ©lisme, de la coiffure…La rĂ©munĂ©ration ne dĂ©passe pas trĂšs souvent les 450 dollars pour ce genre de mĂ©tiers. Quant aux promesses d’augmentation de la paye, ils s’envolent aprĂšs un Ă  deux mois d’exercice. Pour ce qui est du logement, il consiste dans un petit appartement partagĂ© avec quatre ou cinq filles de diffĂ©rentes nationalitĂ©s (asiatiques essentiellement). De coutume, le patron assure les provisions et mĂȘme les habits des jeunes employĂ©es afin de les faire gagner des sous ou plutĂŽt les faire taire pour ne pas exiger des augmentations de salaire. Ce phĂ©nomĂšne est en essor, il contribue certes au dĂ©veloppement aussi bien des pays d’accueil que ceux exportateurs de ces forces de travail. Les sommes de devises transfĂ©rĂ©es dans les caisses nationales, anodines qu’elles soient, contribuent dans le dĂ©veloppement de l’Ă©conomie nationale et essentiellement la prospĂ©ritĂ© des familles. Ce point est positif toutefois, c’est une arme Ă  double tranchant. Il importe de ne pas nĂ©gliger l’aspect exploitation des compĂ©tences humaines, les conditions de travail, les heures par rapport Ă  la rĂ©munĂ©ration. D’ailleurs des Ă©tudes au niveau international ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es et ont dĂ©montrĂ© que le phĂ©nomĂšne de l’Ă©migration des femmes est de plus en plus prĂ©sent dans diffĂ©rentes rĂ©gions. Les spĂ©cialistes parlent mĂȘme de la fĂ©minisation de la migration au sens plus large. Ces derniĂšres Ă©migrent davantage seules, elles sont par consĂ©quent confrontĂ©es Ă  des difficultĂ©s Ă©normes notamment, la violence et le travail dans des conditions dĂ©favorables…Il s’agit des donnĂ©es confirmĂ©es par le FNUAP et l’OIM depuis dĂ©jĂ  deux ans. Egalement, ces organisations ont dĂ©montrĂ© que de plus en plus de femmes instruites quittent leurs pays. On parle mĂȘme de la « fuite des compĂ©tences ». Cependant en faisant une lecture comparative par rapport aux hommes, ces derniers ont des chances meilleures Ă  dĂ©crocher des postes d’emploi mieux que les femmes qui rĂ©ussissent tout de mĂȘme Ă  ĂȘtre autonomes. Autre fait confirmĂ© est que mĂȘme qualifiĂ©es, les migrantes sont beaucoup plus vulnĂ©rables. Elles travaillent plus d’heures que les hommes et subissent une double discrimination, en tant que femmes d’une part et migrantes d’autres part. Travailler donc hors du territoire national relĂšve des tĂąches les plus difficiles pour la gent fĂ©minine qui subit plusieurs formes d’exploitation outre l’effort Ă  dĂ©ployer pour s’adapter avec le nouveau mode de vie et l’intĂ©gration sociale. Quelques-unes relĂšvent le dĂ©fi, d’autres ne rĂ©ussissent et regagnent le pays natal. Sana FARHAT ————————- TĂ©moignages Histoire d’« O » PrĂ©fĂ©rant garder l’anonymat, « O » ĂągĂ©e de 28 ans vient tout juste de rentrer de DubaĂŻ aprĂšs un sĂ©jour de six mois qui restera certes gravĂ© dans sa mĂ©moire. FatiguĂ©e, Ă  bout de force, la jeune fille ne cache pas son mĂ©contentement de l’expĂ©rience qu’elle vient de vivre. Le rĂȘve qu’elle croyait rĂ©aliser n’est qu’un mensonge. En fait, elle a rĂ©ussi Ă  avoir un contrat de travail dans un atelier de couture suite Ă  l’intermĂ©diation d’une agence implantĂ©e dans l’un des quartiers chics de la capitale et qui exerce de maniĂšre illĂ©gale, Ă©tant donnĂ©e que la loi tunisienne interdit strictement ce genre d’activitĂ©. Les contrats de travail Ă  l’Ă©tranger sont gĂ©rĂ©s par l’ATCT. AprĂšs avoir payĂ© une belle somme d’argent, « O » a pu avoir cette offre, mais il faut dire que c’est aprĂšs deux ans d’attente. « J’ai mĂȘme payĂ© le billet d’avion, rien que pour multiplier la chance Ă  travailler dans cette Émirat », d’aprĂšs elle. Et d’enchaĂźner, « j’ai acceptĂ© un salaire de 450 dollars, mon seul espoir Ă©tait de bĂ©nĂ©ficier d’augmentation au fil du temps ». Mais les promesses prĂ©sentĂ©es auparavant se sont envolĂ©es. Elle s’est retrouvĂ©e dans une impasse Ă©tant donnĂ© que mĂȘme les conditions de sĂ©jour n’Ă©taient pas confortables. Elle partageait un appartement avec deux autres filles (une Tunisienne et une Vietnamienne). AprĂšs six mois de travail sans progression, « O » s’est rendu compte que rien ne va changer, au contraire, la jeune est Ă  bout de nerfs, stressĂ©e. L’avenir ne s’annonçait pas florissant, elle a donc pliĂ© bagage et regagnĂ© son pays, il y a tout juste une semaine. « C’Ă©tait quand mĂȘme une expĂ©rience qui m’a permis d’avoir une idĂ©e sur les conditions de travail dans ce pays et les promesses mensongĂšres », conclut-elle, le sourire au visage. (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 8 novembre 2008)  

Consommation

Les prix de la volaille « s’envolent »

 
 C’est connu chez nous : quand le prix de la viande de bƓuf et de mouton augmente trop, les gens moyens se mettent au rĂ©gime poulet. Seulement, depuis quelque temps dĂ©jĂ , les tarifs se sont envolĂ©s aussi chez les marchands de viande de volaille. Le client est astreint Ă  une Ă©conomie supplĂ©mentaire, au lieu d’un kilo il en achĂštera une livre, sinon une demi livre ou pour ne pas rentrer les mains vides, une cuisse ! 100 grammes d’abattis peuvent suffire quelquefois et, si l’on renonce Ă  tout cela, on rentrera avec des Ɠufs pour prĂ©parer une fois de plus la Ojja de toujours. Mais mĂȘme le prix de l’Ɠuf ne cesse d’augmenter ! C’est Ă  se demander si une nouvelle Ă©pidĂ©mie mondiale de grippe aviaire ne serait pas la bienvenue en ces temps de crise gĂ©nĂ©rale pour au moins couper leurs ailes aux dindes et aux poulets qui ont tendance Ă  voler un peu trop haut pour le consommateur tunisien ! Actuellement, le poulet abattu se vend Ă  prĂšs de 4 dinars le kilo, les cuisses Ă  environ 7 dinars, l’escalope de dinde ou de poulet Ă  plus de 7 dinars ; seul le prix du foie et du gĂ©sier descend Ă  2 dinars. La plupart des tarifs sont unifiĂ©s et personne ne vous consent la moindre ristourne ni le moindre gramme de trop. Les commerçants justifient la hausse par les prix en cours qui sont eux-mĂȘmes Ă©levĂ©s chez le distributeur en gros. D’un autre cĂŽtĂ©, la forte demande de ce type de viande autorise des augmentations « raisonnables », selon eux. AchetĂ© aux Ă©leveurs Ă  2 dinars 500 millimes au plus, le poulet vivant est revendu par les dĂ©taillants jusqu’Ă  5 dinars le kilo. Inutile bien Ă©videmment de parler des tarifs pratiquĂ©s par les marchands des poulets de ferme : au marchĂ© de Sidi el Bahri, on propose des coqs moribonds Ă  10 dinars et des poulettes d’Ă  peine 500 grammes Ă  8 dinars. Il va sans dire que les Ɠufs dits de ferme valent le double des Ɠufs industriels chez les mĂȘmes vendeurs. e De la volaille au retaurant Dans les restaurants et les gargotes, s’il est Ă  emporter, le poulet rĂŽti le moins cher revient Ă  prĂšs de 7 dinars ; on l’accompagne de quelques menues coupures de feuilles de salades, de 10 grammes de frites racornies ou ramollies Ă  l’extrĂȘme, de 10 autres grammes d’olives insipides et l’on vous le livre avec de l’huile qui dĂ©gouline de partout dans un petit sac en plastique. Quand vous consommez Ă  l’intĂ©rieur du local, le quart d’un poulet vous coĂ»te au moins 3 dinars ; c’est en fait un morceau de cuisse ou de poitrine du poids de quelques plumes agrĂ©mentĂ© comme d’habitude d’une infime quantitĂ© de salade, de frites et d’olives ; un petit plat de sauce proposĂ© au menu du jour accompagne en gĂ©nĂ©ral la viande servie. Les sandwiches au poulet des gargotes comme ceux des restaurants sont peu recommandables ; d’abord pour leur prix inconsĂ©quent, 1 dinar 700 millimes chez la plupart, et aussi pour l’arnaque qu’ils dissimulent le plus souvent. Car les fines « sciures » de viande qu’on y glisse peuvent provenir des restes des plats servis aux autres clients. C’est un ancien gargotier qui nous a fait cet aveu en ajoutant qu’il en va de mĂȘme pour le tajine au poulet ! Idem bien sĂ»r pour les casse-croĂ»tes Ă  l’escalope qu’on vend Ă  au moins deux dinars. Concernant la « chawarma », plus aucun restaurateur ou gargotier ne prend la peine aujourd’hui d’en extraire la graisse et les nervures trĂšs gĂȘnantes Ă  la consommation ; pire encore, sur les 20 grammes de soi-disant escalope de dinde que contient votre sandwich, les deux tiers sont constituĂ©s en gĂ©nĂ©ral de graisse et l’autre tiers d’une viande suspecte ! A deux dinars 500 millimes au moins, voilĂ  ce que vous propose une majoritĂ© de commerçants, mĂȘme parmi les enseignes qui passent pour habituellement correctes. Dans certains restaurants, le plat d’escalope grillĂ©e ou panĂ©e coĂ»te jusqu’Ă  7 dinars alors qu’on ne vous sert qu’une trĂšs fine lamelle aplatie au moins deux fois et quelques frites autour.  Les Ɠufs de « pigeon» A propos des Ɠufs, tout rĂ©cemment un marchand ambulant nous a proposĂ© un Ɠuf dur Ă  250 millimes, et a justifiĂ© son prix lui aussi par le coĂ»t de la marchandise chez les grossiste. Or, renseignement pris, le prix d’un Ɠuf en gros ne dĂ©passe pas les cent millimes. Aujourd’hui, les Ɠufs industriels sont vendus Ă  environ 500 millimes les quatre ; et ce sont en rĂšgle gĂ©nĂ©rale de minuscules boulettes qu’on peut facilement prendre pour les Ɠufs d’un pigeon ! Et c’est bien sĂ»r vous le …pigeon ! Toute augmentation du prix de l’Ɠuf s’accompagne en Tunisie de bien d’autres augmentations chez les restaurateurs et les gargotiers : un Ɠuf au plat, un brik Ă  l’Ɠuf, un plat tunisien, une « Tastira », un « Keftaji », tout ce qui se prĂ©pare aux Ɠufs voit son prix doubler. Pour cinquante millimes ajoutĂ©s dans le prix d’un Ɠuf, vous payez jusqu’Ă  un dinar de plus chez ces commerçants ! Le pĂątissier aussi majorera ses prix et le confiseur et le marchand de beignets et le fabricant de mayonnaise et le cafetier qui sert le lait de poule et le seul « Ɠuf » (entendez idiot) dans  l’affaire c’est toujours le consommateur !    Les poulets, les dindes et les Ɠufs volent aujourd’hui; et leurs prix s’envolent aussi ! Seul le consommateur bat de l’aile et laisse des plumes au marchĂ© ! Badreddine BEN HENDA (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 8 novembre 2008)

 

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