8 octobre 2011

TUNISNEWS
11 ème année, N°4118 du 08.10.2011
archives : www.tunisnews.net

 


Sihem Bensedrine: Lettre ouverte au Premier Ministre Caïd Essebsi – Aucun autocrate n’aura plus jamais de prise sur notre destinée

AP: Tunisie: nouveau procès contre Ben Ali

Les Echos: Tunisie : une assemblée constituante divisée serait une catastrophe

Slate Afrique: Le parti d’Alice au pays des merveilles

Tixup: POF: Baguette à 100 millimes et un tunnel entre la Tunisie et l’Italie

Courrier international: Ces drôles de partis et de candidats en campagne

Kapitalis: Tunisie. L’homme d’affaires Jilani Daboussi arrêté

L’express: Tunisie: ce que disent les chefs de partis

Kapitalis: Tunisie. Mauvais temps pour Kamel Morjane et le parti Al Moubadara

Akram Azoury: Droit de réponse de l’avocat de Zine El Abidine Ben Ali à Business News

Jalila Klout: Créer des perspectives politiques nouvelles pour un modèle économique social et culturel


Lettre ouverte au Premier Ministre Caïd Essebsi

Aucun autocrate n’aura plus jamais de prise sur notre destinée.


 

Monsieur le Premier ministre,

Notre peuple s’apprête à vivre ses premières élections libres. Ceci n’est pas pour plaire à ceux qui ont été accoutumés à des élections dont les résultats sont connus d’avance.  

Face à cette grande inconnue, certains paniquent et complotent contre l’unique institution légitime à naître après la révolution. Ceux d’entre eux qui sont au-devant de la scène s’ingénient à trouver des subterfuges pour limiter son mandat, sa législature et ses compétences. Ceux qui se tiennent dans l’ombre nous menacent de scénarios à l’algérienne, mobilisant les bandits du défunt RCD ainsi que les criminels de la police politique pour fomenter des actes de violences maquillés en attaques de « salafistes », dans une tentative d’accréditer la thèse éculée de Ben Ali, du rempart contre l’extrémisme islamiste.

La tentation de prolonger la vie de votre gouvernement provisoire au-delà du 23 octobre est explicable, le pouvoir est séducteur et corrupteur. Mais la volonté du peuple doit être respectée et votre gouvernement s’était engagé à le faire, même si l’adage veut que les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. Vous auriez tort d’oublier que notre peuple a fait une révolution contre un régime dictatorial et n’est pas près de se laisser usurper sa liberté par les nostalgiques de l’ancien régime.

Ce fut une révolution pacifique, une marque distinctive qui lui valut le respect du monde entier. La passation s’est faite en douceur et notre pays n’a pas eu à déplorer de coupure d’électricité ou d’eau, d’insécurité grave, de paralysie des transports, de cessation de l’activité économique ou de banqueroute ; notre peuple s’est remis au travail, malgré tous les sabotages organisés par la vieille garde de Ben Ali sous couvert de syndicalisme, et a traversé cette période dangereuse dans la vie des peuples sans trop de dégâts, Dieu merci. Cela a été réalisé dès la première quinzaine de la transition.

Votre gouvernement provisoire avait eu pour tâche de poursuivre ce travail et de gérer les affaires courantes jusqu’à l’élection de la première institution légitime et légale, la Constituante. Après sept mois d’exercice, nous ne voyons aucune transparence dans la gestion de votre gouvernement. Et tout le monde sait que la démocratie c’est d’abord et avant tout la transparence dans la prise de décision.

 

Monsieur le Premier ministre,

Sous réserve de réalisations cachées, votre bilan parait peu reluisant :

oVous étiez supposé prendre des mesures urgentes pour protéger nos archives de la prédation. Il s’agissait de préserver la mémoire de notre pays à travers ces documents qui vont permettre au peuple de demander des comptes aux vrais criminels, aujourd’hui libres de leurs mouvements et aussi puissants que sous l’ancien régime ; au lieu de livrer à la vindicte publique ces pauvres « mounachidin » pour taire les voix qui réclament justice. Ceux qui ont osé tirer la sonnette d’alarme contre la destruction de nos archives se sont retrouvés devant les tribunaux tandis que ceux qui les ont détruites sont promus à des postes de responsabilité.

 

oVous étiez supposé prendre des mesures urgentes pour encourager la liberté d’expression, réformer les médias, éliminer les responsables traditionnels de la propagande et donner les moyens aux médias étatiques et privés d’accompagner la démocratie en marche. Au lieu de cela, les médias sont sous contrôle et les nouveaux Abdelwahab Abdallah veillent au grain, faisant la guerre aux médias indépendants, comme Radio Kalima qui n’a toujours pas de licence malgré vos promesses. Que de temps perdu par une INRIC légalement consultative, transformée en instance de lobbying et à l’occasion en autorité autoritaire de régulation. Les élections seront couvertes par un audiovisuel entièrement mis en place sous Ben Ali. C’est, indéniablement, une réalisation à mettre au crédit de votre gouvernement convaincu par la conversion des barons des médias de Ben Ali en« révolutionnaires-démocrates ».

 

oVous étiez supposé prendre des mesures urgentes pour libérer l’institution judiciaire du carcan des mandarins qui l’ont gouvernée et dévoyée de sa fonction première en la soumettant aux diktats des puissants. Au lieu de cela, vous avez maintenu en place l’équipe de Tekkari qui s’est appliquée à protéger les criminels de l’ancien régime et à abuser l’opinion en offrant des mascarades de procès, comme celui de Ben Ali, indigne de la Tunisie révolutionnaire par son non-respect des normes d’un procès équitable. Les rares affaires enrôlées à l’initiative de vos deux commissions d‘investigation alibi, retenaient des charges ridicules (consommation de drogues ou infraction aux règles de change) tandis que l’essentiel des dossiers, et notamment celui des assassins de nos martyrs, des exactions et des spoliations commises tout au long des deux décennies Ben Ali, était traité dans l’opacité la plus totale.

 

oVous étiez supposé prendre des mesures urgentes pour réformer la police, permettre à cet appareil sécuritaire de se purger des criminels qui l’ont mis au service d’une mafia et de se restructurer afin de répondre aux exigences de la Tunisie post-révolutionnaire. Mais vous avez limogé le seul vrai réformateur, Farhat Rajhi, et nommé un ministre de la réforme dont le rôle est d’enterrer toute réforme. Mises à part les entreprises de déstabilisation menées par les vestiges de l’ancien régime, le bilan sécuritaire est plutôt positif. L’armée tunisienne, qui est une armée républicaine, a joué un rôle décisif pour la protection de notre révolution et la sécurisation de nos frontières menacées par les hordes de Kadhafi. Le peuple a salué son rôle à plusieurs reprises, mais il n’acceptera jamais que l’armée se mêle de politique ou soit tentée par le pouvoir. L’opinion publique ne voit pas d’un bon œil la nomination de militaires à la tête d’entreprises publiques, d’institutions économiques ou des gouvernorats. Et j’espère que ces rumeurs qui donnent le général Ammar comme le nouvel homme fort de la Tunisie sont infondées.

 

Durant ces sept mois d’exercice, vous avez longuement communiqué ; mais jamais vous n’avez rendu compte au peuple de ce que faisait votre gouvernement avec l’argent public et celui alloué par la communauté internationale pour le redressement de la Tunisie ; vous n’avez jamais dit quelles initiatives vous avez prises pour réduire le chômage, favoriser le développement des régions marginalisées, redresser nos hôpitaux ou sauver nos écoles.

Bien au contraire, votre gouvernement provisoire a légiféré à tour de bras, là où il ne devrait pas et sans débat public, engageant l’avenir de notre pays bien au-delà de ce que votre mandat vous octroie.

Vos prises de paroles ont été une série d’injonctions à renoncer à notre liberté d’expression, acquise de haute lutte ; à cesser les manifestations publiques et les sit-in de protestations contre l’inaction de votre gouvernement face aux dossiers brûlants toujours en instance.

Vous vous êtes mis au service de la restauration et de nombreux corrompus notoires sont revenus aux affaires avec votre bénédiction ; tout ce que vous avez réussi à communiquer au peuple, c’est que les snipers sont des fantômes, les martyrs des dommages collatéraux et la révolution une erreur de parcours ;

 

Monsieur le Premier ministre,

Vous avez dernièrement prononcé le discours le plus musclé de votre mandat et menacé d’appliquer à la lettre l’état d’urgence. Notre peuple a fait cette révolution pour que l’Etat de droit soit respecté et la loi appliquée ; menacerd’« appliquer la loi » laisse entendre que votre gouvernement est en train de faillir à son respect.

De nombreux observateurs ont vu dans votre dernier discours des menaces qui me sont personnellement adressées. Outre qu’il s’agit de propos diffamatoires qui tombent sous le coup de la loi, je serais curieuse de savoir de quel crime vous m’accusez? Celui de refuser de me taire sur les méfaits de ceux qui complotent contre la révolution de notre peuple ? Ou d’avoir continué mon activité de militante de droits humains dans les sphères de contre-pouvoir de la société civile, loin de tous les honneurs et les privilèges accordés à la vieille garde de Ben Ali ?

Je mets au défi quiconque – et notamment les services de la police politique qui sont en train de ficeler des dossiers préfabriqués sur moi comme sur d’autres militants patriotes – de fournir un seul fait, un seul acte, un seul élément de preuve non falsifié, établissant mon implication dans une quelconque action de subversion contre mon pays, contre mon peuple et sa glorieuse révolution ou une quelconque activité illégale punissable par la loi tunisienne.

Je ne pourrais pas en dire autant de ceux qui vous entourent et qui se sont improvisés les nouveaux maîtres de la Tunisie révolutionnaire, pensant que les Tunisiens sont amnésiques et ne savent pas qui ils sont véritablement, ni leur niveau d’implication dans l’édification de la dictature de Ben Ali.

Ceux-là qui se sentent aujourd’hui lésés par mon activité citoyenne, en même temps qu’ils multiplient leurs campagnes vénéneuses et mensongères contre moi et les révolutionnaires loyaux, s’auto-désignent comme les rescapés du régime de Ben Ali dont ils cherchent à restaurer les privilèges et les passe-droits. Je n’ai jamais eu d’autre ennemi que ce régime despotique et mafieux. Ils ont toujours, durant des deux décennies, tenté de me salir dans leurs journaux aux ordres ; aujourd’hui encore leurs mercenaires de la plume multiplient leurs campagnes de diffamation dans leurs nouveaux journaux de caniveau comme El Massaa.

Ce sont les mêmes qui ont monté une série de dossiers préfabriqués et m’ont accusée ainsi que Hamma Hammami de « mener le pays droit au mur ». J’avoue n’avoir saisi le sens de cette formule que bien plus tard, lorsque je l’ai vu répétée in extenso dans les PV de police falsifiés, accusant injustement des manifestants qui s’étaient exprimés pacifiquement contre les politiques répressives de votre gouvernement, ou des journalistes honnêtes qui avaient eu le malheur de filmer la barbarie policière réprimant les manifestants.

Ce terme avait pris tout son sens lorsqu’il a été réutilisé lors des « aveux » filmés extorqués au jeune Oussama Achouri en détention et diffusés sur vos « deux chaînes nationales » Nessma et El Watanya, m’accusant de payer des jeunes hooligans pour organiser des violences et piller les magasins en y mettant le feu. Le lendemain Al Jazzeradiffusait le témoignage de ce même jeune, affirmant que ces « aveux »avaient été extorqués sous la torture et qu’il avait été contraint de signer des PV où il me désignait, avec Hamma Hammami, comme l’instigatrice des troubles. Evidemment, votre chaîne nationale qui ne s’est jamais excusée pour ce « reportage » préfabriqué, m’a dénié un droit de réponse, arguant du fait que je n’avais pas été explicitement nommée et m’a interdite d’antenne depuis!

Lorsque le juge Rajhi avait dénoncé un « gouvernement de l’ombre », ces mêmes services m’avaient accusée de l’avoir incité à faire ces déclarations, comme si ce magistrat avait besoin d’un maître à penser pour agir ; la suite des événements a montré l’inconsistance de ces accusations.

En fait, ce qu’ils n’ont jamais admis, c’est que le Conseil National pour les libertés en Tunisie (CNLT) s’engage activement dans un processus de réforme de la police, ce que Rajhi, durant son mandat de ministre de l’Intérieur, a favorisé, conscient du fait que cette réforme ne pouvait être menée à bien sans la participation de la société civile.

 

Monsieur le Premier ministre,

Certains parmi ceux qui vous entourent ont été« heurtés » de voir les représentants du CNLT traverser les couloirs du ministère de l’Intérieur et « accéder » prétendument aux archives de la police politique ; A ceux-là, je voudrais rappeler que c’est le rôle des ONG de droits humains de traiter avec ce ministère qui gère les principaux dossiers relatifs aux violations des libertés fondamentales héritées de l’ancien régime comme celles commises actuellement. Que le dialogue avec les autorités compétentes est une chose naturelle dans les pays démocratiques – et nous nous en sommes félicités lorsque ce dialogue existait.

Concernant l’accès aux archives, qui est un droit, ni le CNLT ni toute autre représentant de la société civile n’y a été autorisé, malgré nos alertes sur les risques de destruction dont on avait eu vent au lendemain de la révolution; Et nous sommes tristes d’apprendre que les premiers à avoir eu récemment accès aux geôles du ministère de l’Intérieur, ce furent des étrangers et non pas les Tunisiens qui ont un légitime droit de regard.

Affirmer que nous interférons d’une quelconque manière dans la vie du syndicat des forces de sécurité est un pur mensonge destiné à faire diversion. Cependant, le CNLT a déclaré publiquement que le droit syndical, pour les agents de police, est un droit fondamental garanti par les instruments internationaux. Un syndicat peut constituer un rempart propre à protéger nos policiers contre les dérives sécuritaires dont ils ont souffert durant l’ancien régime et les prémunir des« instructions » illégales qu’ils avaient reçu de leurs supérieurs pour violer la loi en toute impunité; les menacer de dissoudre leur syndicat n’est vraiment pas d’inspiration heureuse.

Nous avons essayé de promouvoir un processus de justice transitionnelle, dont notre pays a douloureusement besoin ; non seulement pour exiger des comptes des criminels qui ont tué, torturé et violé la loi, faire éclater la vérité sur les assassins de nos martyrs et réhabiliter les victimes, mais aussi afin de tourner au plus tôt la page de cette dictature et engager notre pays dans un processus de réconciliation. C’est l’objectif du Centre de justice transitionnelle fondé avec des femmes et des hommes venus de bords différents, autant de la dissidence que du système lui-même, avec en commun un désir sincère de servir notre pays. Mais votre entourage a réagi par une levée de boucliers, en cherchant à la saboter et en suscitant d’autres « initiatives » commanditées, à la manière de Ben Ali. Ces gens-là oublient que la révolution est passée par là et que toute tentation conspiratrice est vouée à l’échec.

 

Monsieur le Premier ministre,

Si vous en avez le désir, vous savez ce qu’il vous reste encore à faire pour laisser aux Tunisiens un souvenir positif de votre passage aux commandes de notre pays.

Quoiqu’il en soit, sachez, monsieur le Premier Ministre, que la peur a déserté l’esprit et le cœur des Tunisiens et qu’aucun autocrate n’aura plus jamais de prise sur notre destinée.

 

Tunis le 4 octobre 2011

Sihem Bensedrine

(Source: le site de radio “Kalima” le 6 octobre 2011)

Lien:http://www.kalima-tunisie.info/fr/News-file-article-sid-1165.html

 


Tunisie: nouveau procès contre Ben Ali


Publié le 07-10-11 à 20:20 Modifié à 20:15
 
TUNIS (AP) — L’ancien président tunisien Zine el Abidine ben Ali sera jugé par contumace le 18 octobre par le tribunal de première instance de Tunis dans une nouvelle affaire de corruption, a annoncé vendredi le porte-parole du ministère de la Justice, Kadhem Zine El Abidine.
 
Réfugié en Arabie Saoudite où il a fui le 14 janvier dernier chassé par un soulèvement populaire après un règne de 23 ans sans partage, le président déchu est accusé « d’exploitation de qualité et d’abus de fonds publics » dans une affaire relative à l’attribution d’un marché de promotion touristique.
 
Le contrat d’une valeur de 24 millions de dinars (12 millions d’euros environ) a été attribué par le ministère tunisien du Tourisme à l’entreprise « Bienvu » détenue par un proche de Ben Ali, Mourad Mehdoui. La société, qui devait promouvoir le produit touristique tunisien en Europe, au Japon et dans d’autres pays, a perçu le montant convenu mais n’a pas honoré ses engagements.
 
Deux anciens ministres du Tourisme sont cités à comparaître dans cette affaire, a précisé le porte-parole lors d’un point de presse. L’un d’eux, Khélil Laâjimi, n’a fait qu’entériner « des décisions prises par la présidence de la République », selon une source proche du ministère du Tourisme.
 
Déjà condamné par défaut dans deux premiers procès à un total de 50 ans de prison, notamment pour détournement de fonds publics, le président déchu et les éventuels autres coupables encourent dans cette nouvelle affaire dix ans de prison ferme et une amende égale à l’avantage reçu ou au préjudice subi par l’administration, selon l’article 96 du Code pénal tunisien. AP
 
 

Tunisie : une assemblée constituante divisée serait une catastrophe


 

Si à la suite des élections du 23 octobre 2011, l’Assemblée constituante devient un lieu de débats interminables et n’arrive surtout pas à nommer rapidement un gouvernement d’union nationale, on peut craindre le pire pour la Tunisie.

Le pire qui pourrait arriver à la suite de l’élection de l’assemblée constituante est que cette dernière se transforme en café à palabres ou d’interminables discussions et divisions empêchent de légiférer et d’avancer. Un peu à l’image de ce qui s’est passé, longtemps en Italie, ou de ce qui s’est passé en Irak où le pétrole fut pillé, les conflits ethniques ou religieux réels et la population délaissée parce que les parlementaires mettaient des mois pour se mettre d’accord et que le pouvoir exécutif, fragilisé, représentait une multitude d’intérêts et non celui de l’Irak.

Si cette division peut être organisée par des forces de l’ombre pour continuer à diriger la Tunisie, il n’en demeure pas moins que les députés tunisiens nouvellement élus auront une responsabilité dans cela s’ils n’arrivaient pas à faire des coalitions pour dégager des majorités et prendre rapidement des décisions. Mais au-delà de cet écueil qui serait terrible pour notre pays, un autre guette.

LA NECESSITE DE NOMMER RAPIDEMENT UN GOUVERNEMENT

Celui ou les partis vainqueurs de l’ Assemblée constituante n’arrivent pas se mettre d’accord pour désigner rapidement un gouvernement d’union nationale. S’il est important d’essayer de capter des ministères clefs, il est encore plus important de désigner dans une échéance très brève un exécutif qui mettra enfin en place les réformes tant attendues par le peuple. S’il faut reconnaître que le gouvernement provisoire actuel n’a pas eu la tache facile car il a du prendre les commandes dans l’urgence (et qu’il a sans doute évité à la Tunisie le chaos), il n’a cependant fait que gérer la situation. Aucune des grandes préoccupations des tunisiens n’a été réellement traitée (réforme de la police, corruption, justice malade, chômage, ect…) Or, la Tunisie a actuellement besoin d’une impulsion nouvelle.

Ce nouveau départ ne se fera que si le gouvernement est nommé rapidement. A défaut, non seulement le gouvernement provisoire perdurera alors qu’il ne représentera pas le peuple puisque non désigné par l’Assemblée constituante mais les tunisiens eux même ne comprendront pas pourquoi les partis politiques pensent à leurs intérêts avant de penser à ceux de la Tunisie en s’entendant sur la constitution d’un executif qui agira rapidement. A méditer ! Toutes les situations, ou le pouvoir parlementaire à été faible et divisé et le pouvoir exécutif inexistant, se sont terminées soit par un coup d’état, soit par une guerre civile (entrainant l’intervention de forces étrangères sous couvert d’organisations internationales et l’on sait ce que cela signifie (perte de la souveraineté, mise sous tutelle politique et économique, etc..).

A quelle échéance pensez vous que le gouvernement d’union nationale soit nommé suite à l’élection de l’Assemblée constituante? 1 mois m’a répondu Moncef Marzouki lors de son passage à Lyon pour rencontrer la communauté tunisienne lyonnaise. La réponse m’a satisfait car il y a bien urgence mais ce délai sera-t-il respecté?

Source: “Les Echos” Le 07-10-2011

Lien: http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/international/221138509/tunisie-assemblee-constituante-divisee-serait-catastrophe


Le parti d’Alice au pays des merveilles


La gratuité des factures d’eau, du gaz et de l’électricité, la baguette de pain à 100 millimes (soit 0,05 euros), des légumes à moins de 500 millimes (soit 0,2 euros). Voilà, en quelques chiffres, à quoi ressemblera laTunisie sous l’ère Bahri Jelassi, un homme d’affaires tunisien qui se lance dans la politique, rapporteTixup.com.

Candidat pour les élections à l’Assemblée constituante, Bahri Jelassi affiche un programme des plus fantaisistes surl’échiquier politique tunisien.Il promet de donner 5.000 dinars (soit 2.600 euros) à chaque personne sur le point de se marier avec en prime, un terrain de 400 m2 pour chaque Tunisien dans sa ville natale. Mais Bahri Jelassi va encore plus loin. Il annonce la construction d’un pont ou d’un tunnel entre la Tunisie et l’Italie.

«Vous n’êtes pas avec Alice au pays des merveilles, vous êtes bien en Tunisie et ce sont certains points du projet d’un parti politique baptisé Parti Al Infitah wal Wafa (Parti de l’Ouverture et de la Fidélité)», commente le portail tunisien.

Bahri Jelassi est le secrétaire général du Parti de l’Ouverture et de la Fidélité (POF) et figure en tête de liste dans la ville d’Ariana. Il a expliqué que le ministère de l’Intérieur avait dans un premier temps refusé de lui octroyer une licence pour son parti, arguant du fait qu’il ressemblait à d’autres formations. Pourtant, force est de constater que des partis avec un programme aussi alléchant ne courent pas les rues en Tunisie. A la suite d’une plainte déposée au tribunal administratif, le parti de Jelassi a obtenu son sésame pour se constituer légalement le 19 août dernier.

Lors ducongrès constitutif du Parti de l’Ouverture et de la Fidélité, Bahri Jelassi a qualifié les autres partis tunisiens de «chevaux dont les jockeys sont français, italiens ou encore américains».Au cours de la séance, il a garanti que son parti œuvrerait à donner «les attributs d’une vie digne à tous les Tunisiens notamment les plus démunis, à préserver les acquis de la femme et à répondre aux aspirations légitimes des jeunes».

Source: “Slate Afrique” Le 07-10-2011

Lien:http://www.slateafrique.com/50259/tunisie-parti-promesses-gratuite-elections-constituante


POF: Baguette à 100 millimes et un tunnel entre la Tunisie et l’Italie


La gratuité des factures d’eau, gaz et électricité qui sont en dessous de 60 dinars, la baguette à 100 millimes, les légumes à moins de 500 millimes, voire 500 au maximum, 5.000 dinars pour chacun des mariés et un pont entre la Tunisie et l’Italie, peut être un tunnel, et encore, 400m² pour chaque tunisien dans sa ville natale. Vous n’êtes pas avec Alice au pays des merveilles, vous êtes bien en Tunisie et ce sont certains points du projet d’un parti politique baptisé Parti Al Infitah wal Wafa (Parti de l’Ouverture et de la Fidélité).

M.Bahri Jelassi, secrétaire général du parti, également homme d’affaires tunisien, est le candidat du parti à l’Assemblée Nationale Constituante en tête de liste à l’Ariana. Il déclare que son parti a été refusé en premier lieu par le ministère de l’Intérieur qui s’est argumenté de la ressemblance du parti avec d’autres. Plainte déposée auprès du tribunal administratif, le parti a réussi finalement à avoir son visa pour se constituer légalement le 19 août dernier.

Par ailleurs, M. Jelassi a déclaré que les autres partis sont “des chevaux dont les jockeys sont français, italiens ou encore américains”.

Source: “Tixup” Le 07-10-2011

Lien: http://www.tixup.com/international-politique/8677-pof-baguette-a-100-millimes-et-un-tunnel-entre-la-tunisie-et-litalie.html


Ces drôles de partis et de candidats en campagne


 

Les candidats aux élections du 23 octobre commencent à présenter leurs programmes sur le petit écran. Le site tunisien Business News pointe les incohérences et les balbutiements de certains d’entre eux.

a la télé, sur les deux chaînes publiques, c’est le défilé des candidats depuis le 1er octobre. Un candidat qui présente un programme, cela pourrait être intéressant pour les uns, ennuyeux pour les autres. En Tunisie, certains candidats ont créé une troisième voie : leur prestation ressemble à un bêtisier. Et cela commence par l’intitulé même de leur liste ou de leur parti. Parfois des initiales de leur parti. La palme d’or revient incontestablement à POF. C’est quoi POF ? C’est ce Parti pour l’ouverture et la fidélité. Authentique ! Et ses propositions sont des plus rocambolesques. Un pain à 100 millimes [un millime est un centième de dinar ; un dinar tunisien (DT) équivaut à 0,50 euro], des légumes à 500 millimes, une aide financière de 5 000 dinars pour chaque citoyen qui s’apprête à se marier (donc 10 000 DT pour le couple), un terrain de 400 m² pour chaque famille, dans sa ville natale, la gratuité des factures d’électricité, d’eau et de gaz pour chacune d’entre elles, et des restaurants offrant des repas gratuits dans toute la Tunisie. Ce parti va plus loin encore et propose même de créer 800 000 emplois en deux ans. On fait face à une sorte de surenchère entre les partis : après les 300 000 emplois de Ben Ali [le président déchu], 500 000 d’Ennahdha [parti islamiste], voici les 800 000 du POF. Un tel programme est pour le moins contradictoire, et tout simplement irréalisable, mais il met le doigt là où ça fait mal et propose des solutions rapides et séduisantes aux problèmes de nombreux Tunisiens, notamment la classe moyenne et pauvre. Le POF promet dans son programme d’accorder une attention toute particulière aux pauvres, au détriment des classes aisées, et compte, justement « éradiquer les signes de richesse excessive ». Un programme proche du communisme, qui se prétend tout de même centriste et contre tous les extrêmes. Omission de taille : le POF ne nous dit pas comment il compte financer son programme ni comment il va déposséder les riches de leurs biens. Mais ne nous arrêtons pas là, les exemples se succèdent et ne se ressemblent pas. Le Mouvement progressiste tunisien, n’a pas hésité à proposer comme slogan « yezzina kahr, yezzina hogra » (assez d’injustice, assez de mépris).Un autre parti, celui de la Volonté du peuple, place au premier rang de ses priorités, « la libération de l’enfant du déchirement culturel et de l’influence étrangère » et propose de diminuer les heures de travail de la femme, tout en lui garantissant le même salaire. Et bien sûr, la majorité des candidats est d’accord pour évoquer la sempiternelle question palestinienne, comme s’il s’agissait d’une priorité des Tunisiens. Certains autres partis arborent même des discours (et même des couleurs) qui ne sont pas sans nous rappeler ceux de l’ancien régime et de l’ancien président. Ainsi, ce candidat qui se présente avec une chemise et une cravate de couleur mauve. Ou encore, cette manie qu’on retrouve chez l’écrasante majorité des candidats qui lisent leurs textes, les yeux baissés vers leur feuille. Autre hic, ils lisent leurs textes en langue arabe littéraire. Où est donc le tunisien dialectal qui nous unit tous ? N’est-ce pas ce tunisien dialectal qui a fait la force et le charme de Bourguiba [père de l’indépendance tunisienne qui a dirigé le pays de 1956 à 1987] ?

Source: “Courrier international” Le 07-10-2011

Lien: http://www.courrierinternational.com/article/2011/10/07/ces-droles-de-partis-et-de-candidats-en-campagne


Tunisie. L’homme d’affaires Jilani Daboussi arrêté


Selon Mosaïque FM, Jilani Daboussi, ancien maire de Tabarka aurait été arrêté, vendredi, pour des affaires de malversation.

Le juge d’instruction du Tribunal de Jendouba a ordonné aujourd’hui l’arrestation de Jilani Daboussi, l’ex-maire de la ville du Corail, accusé dans des affaires de malversation.

Cet ancien membre du comité central du Rcd, l’ancien parti au pouvoir dissous, qui a dirigé durant plusieurs années la municipalité de Tabarka, était aussi un représentant de la région à la Chambre des députés.

Samedi 9 avril, sa clinique a été saccagée avant d’être incendiée par les habitants de sa ville natale qui l’ont accusé de corruption et de mauvaise gestion de leur municipalité. La 1ère chaîne nationale de télévision a diffusé un reportage où ont témoigné plusieurs de ses concitoyens sur ses pratiques. Quelques jours plus tard, la même chaîne lui a donné un droit de réponse. Plus tard, se croyant sans doute blanchi de tout soupçon, l’homme ne cachait plus ses ambitions et s’affichait dans les réunions de l’Utica, la centrale patronale.

 

Il semble avoir été rattrapé par ses accointances avec l’ancien régime et ses pratiques à la tête de la municipalité de Tabarka.

Source: “Kapitalis” Le 07-10-2011

Lien: http://www.kapitalis.com/fokus/62-national/6232-tunisie-lhomme-daffaires-jilani-daboussi-arrete.html


Tunisie: ce que disent les chefs de partis


 

La campagne électorale pour l’élection, le 23 octobre, d’une élection constituante, bat son plein. L’Express a rencontré les chefs des trois principaux partis, donnés en tête par les sondages.

Lespremières élections libres tunisiennesauront lieu le 23 octobre et la campagne électorale bat son plein. L’assemblée qui sera élue aura pour tâche, en principe dans un délai d’un an, de rédiger une nouvelle constitution. C’est donc unenouvelle période transitoirequi s’ouvrira à cette date.

Avant de passer au texte constitutionnel l’assemblée, aux termes d’un « pacte de bonne conduite » signé par les principales formations politiques du pays, devra choisir un nouveau chef de l’Etat – pour un an- qui nommera un Premier ministre, lequel constituera son gouvernement et fera approuver son programme par les élus. Certains prônent un gouvernement d’union nationale rassemblant les principaux partis, d’autres un gouvernement de consensus constitués de technocrates, d’autres encore une formule intermédiaire.

En ce qui concerne le chef de l’Etat, deux formules sont envisagées: soit une personnalité de consensus choisie en dehors de l’assemblée – l’actuel Premier ministre de transitionBeji Caid Essebsis’y verrait sans doute assez bien mais il n’est pas sûr qu’il réunisse une majorité sur son nom- soit un politique, à la condition là encore qu’il puisse obtenir l’accord des principales formations.

Il est quasi certain que leparti islamiste Ennahda, donné en tête par tous les sondages, ne briguera pas ce poste et il est aussi à peu près sûr qu’il refusera la candidature deNejib Chebbi, le fondateur du Parti démocrate progressiste, qui mène une campagne très anti-islamiste. Le patron du parti social-démocrateEttakatol, militant démocrate de longue date et personnalité respectée, semble bien placé. Il ne devrait pas avoir de difficulté à obtenir l’accord d’Ennahdha. Reste cependant à savoir si le PDP serait prêt à donner son feu vert. Entre Nejib Chebbi etMustapha Ben Jaafarle courant passe à peu près aussi mal qu’entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin.

La semaine dernière à Tunis nous avons rencontré les chefs des trois principaux partis. Voici ce qu’ils nous ont dit.

ustapha Ben Jaafar, Ettakatol

« Nous sommes dans une période de transition qui est aussi, pour tout le monde, une phase d’apprentissage accéléré. A ce stade, la bipolarisation serait préjudiciable au processus. Nous ne voulons ni d’une stratégie de la peur conduisant à un front anti-islamiste ni d’un tête-à-tête avec Ennahdha.

ous devons mobiliser toutes les compétences. Le parti Ettakatol souhaite par conséquent la constitution d’un gouvernement d’union nationale qui puisse prendre en charge les dossiers les plus brûlants qu’il s’agisse de la relance de l’économie et des réformes les plus urgentes. A priori nous sommes favorables à un gouvernement qui panacherait des politiques et des technocrates. Il faut en tous cas un gouvernement qui donne un signal fort, qui montre rapidement qu’il entend effectivement changer les choses.

La société tunisienne a été déstructurée. Il faut redonner des valeurs et des repères. La démocratie, cela ne consiste pas à faire tout ce que l’on veut. »

Hamadi Jebali, Ennahdha

« Les Tunisiens ont fait un choix irréversible pour la démocratie et le multipartisme. Le nombre de siège qu’obtiendra Ennahda lors du prochain scrutin est sans importance, ce qui compte c’est le nombre de sièges qu’obtiendront, tous ensemble les démocrates. Un premier pas a été franchi avec la chute de la dictature. Il reste à changer le système -la police politique est toujours là- et les mentalités.

Nous sommes partisans d’une approche douce et pédagogique, ménageant des étapes. Mais l’orientation, elle, doit être ferme. Ennahda n’acceptera pas de retour en arrière. Nous souhaitons un gouvernement d’union le plus large possible qui puisse s’attaquer, dans la période transitoire, aux questions les plus urgentes qu’il s’agisse des questions économiques et sociales, de la justice ou de la police. Il serait logique que ce gouvernement soit dirigé par une personnalité du parti arrivé en tête.

Il n’est pas souhaitable qu’il y est un parti dominant, hégémonique, qui écrase les autres. Cela serait dangereux pour la démocratie. »

Maya Jribi, Parti démocrate progressiste (PDP)

« Nous sommes porteurs d’un projet moderniste qui s’inscrit dans la continuité de notre histoire. Nous n’excluons pas, bien au contraire, après l’élection, de constituer un front commun avec les autres formations modernistes car nous sommes à la fois solidaires et complémentaires. Je pense en particulier au Pôle démocratique et au partiAfek Tounes. Pour ce qui est d’Ettakatol nous nous interrogeons sur leur position. Appeler à un gouvernement d’union nationale à ce stade c’est faire le jeu d’Ennahda. Ils donnent le sentiment qu’ils sont prêts constituer une coalition avec Ennahda ce qui n’est pas notre cas.

Nous sommes pour un gouvernement de responsabilité nationale, un gouvernement de compétences qui prennent en charge les problèmes les plus urgents, certainement pas d’un gouvernement dans lequel il y aurait des quotas pour les différentes formations politiques.

Nous avons, c’est vrai, accueilli dans nos rangs quelques anciens du RCD. Mais nous sommes loin d’être les seuls. Et chaque fois, nous nous sommes assurés qu’il s’agissait de personnes qui n’étaient pas compromises. Nous sommes contre la chasse aux sorcières.

Nous ne regrettons pas d’avoir participé au gouvernement de Mohamed Ghannouchi après le départ de Ben Ali. Il y avait un vide constitutionnel qu’il fallait combler, nous pensions qu’il était préférable dans un premier temps de conserver les institutions en l’état. Puis la révolution s’est radicalisée et nous nous sommes ralliés à l’idée d’une constituante. »

Source: “L’express” Le 07-10-2011

Lien: http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/tunisie-ce-que-disent-les-chefs-de-partis_1037525.html


Tunisie. Mauvais temps pour Kamel Morjane et le parti Al Moubadara


 

Zohra Abid

L’ancien ministre des Affaires étrangères de Ben Ali et leader du parti Al Moubadara n’est pas épargné par les «affaires». Après celle des «passeports», il fait face aux poursuites judiciaires à l’encontre de son fils.

Le juge d’instruction de la 8e Chambre au tribunal de première instance de Tunis a reporté, vendredi, l’interrogatoire de Mohamed Kaïs Morjane à propos de plusieurs affaires. Le fils de Kamel Morjane, ancien ministre des Affaires étrangères et actuel président du parti Al Moubadara (L’Initiative), a cependant été soumis au rituel de la fiche anthropométrique, ont annoncé nos confrères d »’Attounissia » .

Des terrains mal acquis ?

De quoi Morjane junior est-il accusé ? Selon plusieurs sources, dont le journal ‘‘L’Audace’’ de Slim Bagga, Mohamed Kaïs Morjane serait impliqué dans des affaires en relation avec la centrale de distribution agro-alimentaire qu’il avait ouvert dans le quartier de Sahloul à Sousse. Une autre affaire porterait, toujours selon des indiscrétions publiées par  »L’Audace », sur l’acquisition, par la société Corail, propriété de M. Morjane fils, de 2 lots de terrains à Tunis destinés à la construction de bureaux pour 1.223.600 dinars et 1.998.800 dinars, des montants jugés très en-deçà de la valeur réelle de ces terrains. Des fac-similés des documents attestant un accord, en date d’avril 2010, entre l’Agence foncière de l’habitat (Afh) et le gérant de la société Corail, Mohamed Kaïs Morjane en l’occurrence, auraient été retrouvés, explique ‘‘L’Audace’’.

L’annonce de cette nouvelle affaire s’ajoute au scandale des passeports diplomatiques remis par Kamel Morjane aux membres du clan Ben Ali au lendemain de la révolution (le 16 janvier 2011), et qui a fait des gorges chaudes dans les réseaux sociaux.

L’ombre lourde de Ben Ali

L’intéressé a certes donné sa version des faits sur les ondes d’une radio privée et une seconde fois dans une émission télévisée. Il s’est justifié en déclarant qu’au moment de l’établissement des passeports, il n’y avait encore pas eu de poursuites judiciaires contre l’ex-président, auquel il est d’ailleurs apparenté.

A cette date-là, M. Morjane était encore ministre des Affaires étrangères. Il a dû quitter ce poste quelques jours plus tard, sous la pression de la rue, qui ne voulait plus des anciens collaborateurs de Ben Ali dans le gouvernement provisoire.

Le 1er avril, cet ancien membre du bureau politique du Rcd dissous a reçu du ministère de l’Intérieur l’autorisation pour créer son propre parti Al Moubadara (L’Initiative). Celui-ci, qui dispose de moyens financiers conséquents, dont témoigne le faste de ses réunions publiques, présente plusieurs listes pour les élections de l’Assemblée constituante, le 23 octobre.

Autant dire que cette nouvelle affaire, où serait impliqué Morjane fils, vient à un très mauvais moment pour les militants et les candidats d’Al Moubadara. Ils auraient sans doute souhaité mener leur campagne électorale dans une atmosphère plus sereine…

 

Source: “Kapitalis” Le 07-10-2011

Lien: http://kapitalis.com/fokus/62-national/6231-tunisie-mauvais-temps-pour-kamel-morjane-et-le-parti-al-moubadara.html


Droit de réponse de l’avocat de Zine El Abidine Ben Ali à Business News


 

Suite à la publication de l’article « Les 62 chevaux de Ben Ali en Côte d’Azur », nous avons été contactés par Me Akram Azoury, du cabinet d’avocats libanais « Azoury et Associés » qui dément catégoriquement la véracité du contenu de notre article. Ci-après le contenu intégral de la lettre de Me Azoury. « Messieurs, En ma qualité de mandataire de l’ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali je vous expose ce qui suit. Les faits : Le site « Business News.com.tn » publie actuellement un article rédigé par A.B.A (Adam Ben Ammar NDLR) rapportant et adoptant l’article publié par le journal français Nice Matin dans son édition du 4 octobre 2011 sous le titre « Les butins cachés des présidents africains sur la Cote d’Azur ». L’article s’attarde sur l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali et affirme qu’il possédait une écurie d’une valeur globale de 1,19 million d’euros qu’il aurait tenté de vendre au printemps ceci selon l’article c’était sans compter la vigilance de la justice française. L’article continue ses allégations diffamatoires en affirmant que la justice avait réussi à vendre le haras de course qu’il s’était constitué, 62 chevaux. L’article affirme aussi que la prétendue écurie avait rapporté à son propriétaire plus de 152.000 euros de gains et que ce trésor devrait être restitué au gouvernement tunisien. Le président Zine El Abidine Ben Ali nie catégoriquement les faits reportés dans l’article qu’il considère non seulement mensongers mais injurieux et diffamatoires, et réitère qu’il ne possède aucun bien mobilier ou immobilier en dehors de la Tunisie et notamment en France. Par conséquent, Je vous prie de publier le présent démenti et vous prie de cesser la publication de l’article diffamatoire de Nice Matin sur votre site et réserve les droits de mon client de demander réparation pour le préjudice qu’il subit du fait de la publication de l’article susmentionné.

Akram Azoury

NDLR : Nous avons interrogé notre journaliste Adam Ben Ammar sur la reprise de cet article de Nice Matin qui nous a répondu «les journalistes de Nice Matin ghaltouni ». Cependant, et en attendant de vérifier davantage la véracité des informations publiées par nos confrères de Nice Matin et les propos de l’ancien président tunisien, nous retirons l’article comme l’exigent la loi et la déontologie.

Source: ”Business News” Le 07-10-2011

Lien: http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?a=26957&temp=1&lang=fr&t=520

 


Créer des perspectives politiques nouvelles

pour un modèle économique social et culturel nouveau

ou accepter les chevaux de Troie et la continuité du colonialisme


Le marketing politique des écoles états-uniennes de la « démocratie », Anonymous, NED et Freedom House, et autres officines-paravents de l’administration fédérale, propose au peuple tunisien et à sa jeunesse une centaine de partis dont la moitié provient du RCD.

 

Avant et après le 14 Janvier, les partis de la dictature sont allés mendier leur acceptation et faire leur allégeance à Washington, Londres et Paris et auprès de l’internationale socialiste, déconsidérés par des dizaines d’années de complicités avec Bourguiba, Ben Ali et des groupes d’influence étrangers.

 

Pour ces trois capitales, il faut comprendre ici le système politico-militaire de l’Otan allié aux monarchies arabes, le peuple n’a d’autre choix qu’accepter de se soumettre aux bienfaits du libéralisme sauvage et à la politique de normalisation avec l’entité sioniste.

 

Depuis déjà plusieurs années, l’on assiste à cette alliance stratégique et effective entre les évangélistes fondamentalistes américains et leurs disciples européens, les élites dominantes dans le monde arabe et musulman et le mouvement sioniste international, pour la sauvegarde de leurs intérêts économiques communs, leurs pouvoirs et la mise en place de leur projet de la gouvernance du monde par la terreur militaire, économique et idéologique.

 

La classe politique tunisienne actuelle n’a pas de projet de société que celui de persister dans les schémas de développement importés alors que la Tunisie a connu depuis 1956 deux « modèles de développement », une collectivisation dictatoriale et un capitalisme sauvage, qui ont mené le pays à l’Intifada populaire du 17 décembre 2010.

 

La plus part des partis, anciens et quelques nouveaux, ne s’agitent que pour être « accepter par l’Occident ». Les priorités et les revendications à court, moyen et long terme ont été écartées pour ne se préoccuper que de la place de l’islam dans la société, de la laïcité, de l’identité nationale, répondant ainsi aux forces idéologiques étrangères qui les portent et qui poussent à la division et la mise à la marge de la très grande majorité du peuple.

 

L’élection de représentants à l’Assemblée Constituante le 23 Octobre 2011 pourrait alors clôturer l’entreprise de vol et d’avortement de la volonté du peuple pour son auto-détermination et sa souveraineté. Cette opération se réalise par un personnel politique, économique et intellectuel profondément impliqué avec le régime de Ben Ali et les partenaires tunisiens des lobbies étrangers.

 

C’est grâce à ces démocrates, modernistes, progressistes et droits-de-l’hommistes, que le RCD va se trouver enfin légitimer par cette élection et remporter, peut être, la majorité des sièges à l’Assemblée. Leur haine du courant islamiste les pousse ainsi à trahir les aspirations du peuple. L’ennemi d’hier est devenu l’allié et l’ami d’aujourd’hui, contre le peuple.

 

Aux yeux des jeunes, et c’est tout à fait naturel, ce personnel politique n’a que des solutions opposées à leurs besoins sociaux et culturels d’aujourd’hui et de demain, il a fait son temps et il est caduque.

 

Aux tunisiens immigrés, dont la plupart sont de condition économique et sociale modeste, plusieurs listes de partis politiques, et d’associations prétendument de « l’immigration » financées par les Etats et les fonds européens, comportent des candidats connus pour leurs nombreuses compromissions et d’autres pour être des fonctionnaires en exercice. Les immigrés doutent que ces candidats puissent sérieusement défendre les intérêts du peuple tunisien avant ceux de leur seconde patrie, notamment la France coloniale.

 

Quelle confiance peuvent-ils avoir envers ceux qui appuient la politique d’ingérence étrangère dans les affaires du peuple tunisien et d’autres peuples arabes et quand ils se proclament « arabes en France et français en Tunisie » et qu’ils promeuvent le libéralisme économique à la DSK et BHL contre lequel la jeunesse tunisienne s’est révoltée.

 

Aucune de ces listes n’est dirigée par un ouvrier immigré, un chômeur ou un retraité, comme si en France il n’y a que des intellectuels, des cadres, des universitaires et des professions libérales. Cela s’appelle du racisme économique, social et culturel. Le même racisme que la société française applique aux arabes, aux africains et aux musulmans des quartiers populaires.

 

Les candidats et candidates de ces listes ne se placent nullement dans le sens de la volonté du peuple qui continue sa lutte pour la justice, la liberté, la dignité nationale et l’indépendance, contre les mensonges, les supercheries, les falsifications et les fausses solutions. Le peuple sait qu’il est méprisé par cette classe d’arrivistes et de compromis avec les destouriens et les officines étrangères.

 

Toute cette élite a bénéficié du système de corruption de ben Ali. C’est une des raisons pour laquelle il n’accepte pas une « réconciliation nationale » tant que les bourreaux et les criminels politiques et économiques sont toujours libres et détiennent encore les postes-clés dans toutes les entreprises nationales, les administrations et les ministères.

 

La tromperie de la « démocratie » continue par le canal des médias et des moyens financiers douteux. Des chefs d’entreprise et des hommes d’affaires qui ont soutenu et financé auparavant Ben Ali et le RCD, financent aujourd’hui les partis qui étaient supposés « d’opposition démocrate et progressiste » ou « opposants laïcs ».

 

Quelque soient les résultats de l’élection à l’Assemblée Constituante, la configuration politique risque de perpétuer et d’approfondir encore plus le fossé entre la « nouvelle classe politique » et le peuple. Celle-ci n’hésitera pas, de par sa « légitimité » et sa « légalité » nouvelles, à réprimer toute velléité de contestation et de révolte populaire.

 

La société tunisienne, comme les autres sociétés arabes, restera victime de la domination colonialiste et impérialiste aussi longtemps que ses élites n’auront pas cessé d’entretenir des rapports de dépendance idéologique, politique, culturelle, financière, etc …, avec l’Occident.

 

Ces élites aliénées aux cultures judéo-chrétiennes et colonialistes sont promptes à exhiber Montesquieu, Jules Ferry, Marx, Lénine, Mao, Trotsky, Althusser, Bourdieu, Keynes, Friedman, Huttington, Brezinski ou Kissinger. Mais ils ne font jamais référence à ceux que leur peuple comprend tels Ibn Khaldoun, Abdelkrim El Khattabi, Frantz Fanon, Farhat Hached, Mehdi Ben Barka, Che Guevara, Ali Shariati, Mohamed Bakr Al Sadr, Ali Abderrazek, Abdelwaheb Al Messiri, Mounir Chafik, Hassan Nasrallah, Alain Badiou ou Enrique Dussel.

 

La libération nationale et sociale ne pourrait être atteinte que par une renaissance civilisationnelle de la société en conciliant une interprétation de la croyance et de la foi avec une pensée socio-politique moderne, loin de l’opposition abstraite de la raison et de la foi d’une part, et d’une religiosité de renonciation qu’elle soit superficielle, exclusive ou d’importation wahabite et sudaïri d’autre part.

 

Comme le pouvoir politique allié à l’impérialisme et au colonialisme s’acharne à empêcher par tous les moyens cette renaissance, l’option révolutionnaire s’impose comme une nécessité politique, culturelle et économique.

 

Les patriotes, les progressistes, les travailleurs, les défavorisés et tous ceux et toutes celles qui ont intérêt à la transformation de la société, n’ont qu’un seul choix, celui de se rassembler et continuer la lutte pour la réalisation des objectifs de l’Intifada afin d’établir la démocratie du peuple.

 

Le processus révolutionnaire sera long, avec des avancées et des reculs. Le peuple tunisien a montré à maintes reprises qu’il a assimilé et intégré la culture de résistance à sa vision de son propre projet de société. Il lui reste maintenant à construire son propre front politique débarrassé des idéologies et de modèles d’importation et des hypocrites.

 

L’union des forces donnera les moyens d’imposer l’alternative politique véritable d’un nouveau mode de développement, d’une nouvelle constitution, d’une nouvelle république et d’une nouvelle administration épurée et assainie, en finir avec l’héritage politique colonial et avec l’Etat tunisien issu de la décolonisation de 1956 qui a reproduit jusqu’à nos jours les logiques coloniales de contrôle politique de la population, pour construire l’Etat civil et démocratique moderne.

 

L’Intifada a annoncé une perspective de libération, d’autodétermination du peuple et de progrès humain. Elle replace l’être humain avec sa spiritualité au fondement de l’existence sociale et politique.

 

Jalila Klout07 Octobre 2011 jalilaklout@yahoo.fr

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