7 mars 2001

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LES TITRES DE CE JOUR:
  1. Declarations dures à avaler.

  2. Témoignage de Khédija Cherif sur l’agression policière qu’elle a subie :

  3. Apres les attaques de la presse aux ordres la semaine derniere contre la France, Ben Yahia essaie de jouer le’apaisement!!!

  4. Taoufik Ben Brik: Les mouchards de la bouteille

  5. Autorisation de la première organisation des droits de l’Homme à Bahrein
  6. Le Monde: Une interview interessante d’un anthropologue sur l’Islam au Maghreb et sur les mouvements islamistes dans la region.

Nous recommandons à nos abonnés de lire calmement et attentivement cette interview. Certaines déclarations sont dures à avaler de la part de personnalités défendant les droits humains en Tunisie mais c’est notre réalité complexe et difficile. Il faut l’accepter et tout faire pour la changer dans le sens d’une plus grande tolérance et ouverture entre TOUS les tunisiens sans exclusion aucune.

cette interview a été réalisée à genéve par une journaliste de l’agence de presse INFOSUD qui a rencontré l’avocate Radhia Nasraoui et le Pr. Salah Hamzaoui.

Hamma Hammami pase depuis 28 ans sa vie entre les prisons, la torture et la clandestinité
 
Tunisie.Dirigeant du Parti communiste des ouvriers de Tunisie, Hamma Hammami est le plus ancien opposant tunisien et en cavale depuis trois ans. Rencontre à Genève avec son épouse, l’avocate Radhia Nasraoui.
 
carole vann
 
-Sa photo est affichée dans tous les postes de police. Le porte-feuille de chaque agent en contient une copie. Voilà trois ans que Hamma Hammami est en cavale, clandestin dans son propre pays. Depuis 28 ans, ce militant, dirigeant de Parti communiste des ouvriers de Tunisie, mène une lutte sans relâche contre le régime. Marxiste-léninste comme on n’en fait plus chez nous, il s’est toujours proclamé contre la répression à l’égard des islamistes. Tout en rejetant leurs thèses. Son épouse, l’illustre avocate Radhia Nasraoui, est venue à Genève avec le sociologue Salah Hamzaoui, président du Comité du soutien à Hamma Hammami, pour lancer un appel auprès des associations de droits de l’homme. Interview.
 
En quoi le cas Hamma Hammami est-il un symbole pour l’opposition tunisienne?
 
Salah Hamzaoui: Ce militant a passé plus de la moitié de sa vie à lutter pour la liberté d’expression. Son action, symbolique du verrouillage de la société, s’inscrit dans la durée. Depuis 28 ans, il passe sa vie entre les prisons, la torture et la clandestinité. Sa famille subit des exactions permanentes du régime. C’est le cas de chaque personne qui essaie de défendre des idéaux en Tunisie. On pourra réellement penser que le régime changera lorsque quelqu’un comme Hamma Hammami aura la possibilité de s’organiser et de s’exprimer librement.
 
-En tant que marxiste-léniniste, comment se situe-t-il face aux islamistes qui incarnent l’autre pôle de l’opposition?
 
Radhia Nasraoui: Hamma Hammami n’est pas pro-islamiste, mais dès le début de la répression de l’Etat contre les islamistes, dans les années 1980, il a été l’un des rares à dénoncer cette rpéression. Pour lui, un pouvoir capable de faire ça à un islamiste est capable de le faire à tout le monde. Ce qui n’a de loin pas été l’opinion de toute la gauche qui lui reprochait d’ailleurs de faire alliance avec les islamistes.
S.H: Le fait de lutter contre le pouvoir de Ben Ali et de réclamer le respect des droits des islamistes ne signifie pas être en faveur d’une alliance avec les islamistes. Il y a des divergences fondamentales, comme la question de la femme, le rapport entre état et religion.
 
Qui, des islamistes ou des démocrates, sont aujourd’hui les mieux implantés dans la population tunisienne?
 
S.H. S’il y avait, aujourd’hui, un jeu politique libre, les islamistes auraient plus de chances de remporter des élections. Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, leurs idéaux religieux sont profondément enracinés dans la société. D’autre part, leur terrain est déjà préparé. Il disposent de lieux de réunion, les mosquées, pour faire passer leur points de vue. Les démocrates n’ont aucun moyen de faire circuler leur idées.
R.N: Le pouvoir manipule la population en accusant la gauche de se calquer sur le modèle occidental. Mais on ne peut pas juste taxer nos idéaux de slogans importés de l’Occident. Il sont en rapport direct avec la société telle qu’elle existe réellement. On voit apparaître de plus en plus de quartiers riches face qux quartiers pauvres. Les élections truquées (99,94 % pour Ben Ali) sont une évidence pour le citoyen. En ce sens, peut-on considérer les aspirations à une justice sociale simplement comme des slogans empruntés à l’étranger?
 
-Les islamistes n’en ont jamais démordu: s’ils ont le pouvoir, ils imposeront un Etat religieux. Comment conciliez-vous vos principes démocratiques et cette réalité?
 
Salah Hamzaoui: On ne les laissera pas arriver au pouvoir. S’il y avait des élections démocratiques, les démocrates pourraient défendre leurs positions. Par les journaux et les autres moyens médiatiques.
 
-Et que faites-vous de l’exemple de l’Algérie?
 
R.N: Depuis longtemps, la Tunisie a été plus avancée que l’Algérie et le Maroc. La polygamie est dépassée chez nous. Alors que j’ai des consoeurs marocaines mariées à des bigames. Il y a vingt, trente ans, on ne pouvait pas manger dans les rues en Algérie et au Maroc pendant le ramadan. Cela n’a jamais existé en Tunisie.
 
-Le mois dernier, l’ex-ministre de l’Intérieur Abdallah Kallal, ancien tortionnaire des geôles tunisiennes, a dû quitter la Suisse- où il se faisait soigner- suite à la plainte déposée par une de ses victimes réfugiée à Genève. Quel est l’impact d’un tel événement sur la population tunisienne?
 
S.H: L’impact est énorme. Lorsqu’on apprend que le puissant ministre a été obligé de fuir, de se déplacer pour ne pas être arrêté, c’est un bouleversement. Cette demande d’arrestation introduit l’idée qu’il n’est pas invulnérable, que ses fonctions ne le protègent pas de tout. Cela permet de démystifier le pouvoir. De même, la publication, il y a deux ans, par le CNLT (Conseil national pour les libertés en Tunisie) d’une liste de tortionnaires a eu beaucoup d’effet sur la population. Le fait que leurs noms soient rendus publics a mis ces gens dans une situation psychologique très inconfortable. Ils n’osent plus voyager par peur d’être reconnus. Cela contribue à les discréditer auprès de la population.
 
 
Propos recueillis par CV/ de l’agence infosud
 
Cette interview a étè publiée sur la page 3 du quotidien suisse LA LIBERTE (paraissant dans la ville de Fribourg) le mercredi 7 mars 2001.
 
COMMENTAIRE DE TUNISNEWS:
 
NOUS NE POUVONS QU’ÊTRE SOLIDAIRES AVEC Mr. HAMMA HAMMAMI ET TOUS LES TUNISIENS PERSECUTES PAR LE REGIME, QU’ILS SOIENT DE DROITE OU DE GAUCHE.
MAIS NOUS N’ARRIVONS PAS A COMPRENDRE QU’UN SOCIOLOGUE BIEN CONNU, LUTTANT POUR LES DROITS DE L’HOMME EN TUNISIE PUISSE DIRE A PROPOS D’AUTRES CITOYENS TUNISIENS QUI PENSENT DIFFEREMMNET DE LUI:

On ne les laissera pas arriver au pouvoir!

 
ALORS POURQUOI SE GÊNER CHER PROFESSEUR? LAISSONS BEN ALI GOUVERNER, TORTURER ET REPRIMER A SA GUISE VU QUE LES IDEOLOGUES DES DEMOCRATES DANS NOTRE PAYS N’ARRIVENT PAS A ACCEPTER L’IDEE DE L’ALTERNANCE PACIFIQUE, BASE DE LA DEMOCRATIE PRÔNEE A COR ET A CRI PAR TOUS EN TUNISIE.
NOUS APPELONS TOUS LES TUNISIENS A ARRÊTER LE MASSACRE ET A S’ACCEPTER MUTUELLEMENT ET A SE METTRE A LA MÊME TABLE POUR SE CONNAÎTRE ET DISCUTER SANS S’EXCLURE MUTUELLEMENT.
POUR L’AVENIR DE NOTRE PAYS, IL N’Y A PAS D’AUTRE ALTERNATIVE VIABLE.
 

 

ATTENTION, LES INFORMATIONS DIFFUSÉES HIER CONCERNANT LA CARAVANE DES DROITS DE L’HOMME DE MARSEILLE à BRUXELLES NE SONT PAS DÉFINITIVES. LIRE S.V.P CE RECTIFICATIF

 

N@RO PRESSE SERVICES

 
Rectificatif

Les informations diffusées hier concernant l’organisation d’une caravane pour les droits de l’homme en Tunisie sont des propositions qui ne sont pas encore validées par le comité de pilotage (voir notre brève du 5 Mars 2001).

Le programme définitif sera arrêté lors de la réunion du 9 Mars 2001.

Par ailleurs Amnesty International participe à ces réunions en qualité « d’observateur ».

Pour plus d’informations , il faut se rapprocher du:

Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie
CRLDHTunisie
membre du réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme

21 ter rue Voltaire
75011 Paris
tél : 0321964099

fax: 0321964307
email :
crldhtunisie@aol.com

NARO SERVICES
sources infos:Crldht

 

 

QUAND ON LIT UN CRI DE DETRESSE PAREIL ON EST TETANISE. CE N’EST PAS PAR PEUR MAIS PAR DEGOUT ET TRISTESSE.
L’ELITE EDUQUEE, OCCIDENTALISEE, OUVERTE ET LIBERALE DE TUNIS-CITY DECOUVRE AUJOURD’HUI LES GIFLES DES REPRESENTANTS DE L’ETAT DE NON-DROIT…ET SE SENT PROFONDEMENT HUMILIEE.
LES DIZAINES DE MILLIERS DE CITOYENS TUNISIENS QUI ONT GOUTE AUX PRATIQUES EXCQUISES DU SYSTEME DESTOUR/BEN ALI DEPUIS 1987 SAURONT UN JOUR FAIRE VALOIR LEUR DROIT A ETRE TRAITES COMME CITOYENS A PART ENTIERE DANS LEUR PROPRE PAYS.
EN CE 8 MARS TOUS LES TUNISIEN(NE)S S’APPELLENT KHEDIJA CHERIF!

(TEXTE EXTRAIT DU FORUM DU CNLT)

Témoignage de Khédija Cherif sur l’agression policière qu’elle a subie :

« Le jeudi 1er mars, alors que je me rendais en compagnie de madame Héla Abdeljaoued à la réception organisée par le CNLT à l’occasion du renouvellement de son Comité de liaison, j’ai été agréssée et humiliée par des agents de police.
Nous nous dirigions vers le lieu de rencontre chez madame Sihem Bensedrine, porte-parole du CNLT. Alors que nous accédions à la rue, un groupe de policiers en civil nous intime l’ordre de rebrousser chemin. Nous protestons contre l’illégalité de cette interdiction et ils nous abreuvent d’insultes, nous traitant de « traitres à la patrie etc.»
Nous remontons en voiture, dans la rue où se trouve le lieu de notre rencontre. J’engage une manoeuvre pour faire demi-tour. C’est alors qu’une dizaine de policiers se ruent sur moi comme des chiens enragés me criant de circuler, plusieurs mains pénètrent par ma vitre ouverte et des coups pleuvent sur mon cou, ma tête, ma poitrine; des gifles s’abattent à toute volée sur mon visage dont les traces sur mes joues étaient encore visibles plusieurs heures après l’agression.
Sous le choc, je n’arrivais plus à bouger, le moteur cale. Me voilà livrée à la rage de ces voyous qui continuaient à me frapper brutalement sur la tête et le dos, en donnant de violents coups de pieds à la voiture dont ils défoncent la tôle sur tout le côté gauche ; tout cela sous une pluie d’injures obscènes et de propos orduriers qu’on réserve particulièrement aux femmes, en présence du préfet de police de la Médina qui me menaçait d’exactions plus graves. Pendant plusieurs minutes, longues comme une éternité, j’étais à leur merci, tétanisée, ne comprenant pas ce qui m’arrivait.
Reprenant un moment mes esprits, je démarre et pars;
humiliée de ces gifles qui ont souillé mon visage;
humiliée de tout ce vocabulaire misogyne et obscène qui me cible sans raison, émanant de représentants officiels de l’Ordre ;
humiliée de découvrir que la loi de la jungle a remplacé l’Etat de droit dans mon pays ;
humiliée de découvrir la dérive d’un régime fragilisé à qui il ne reste plus que la violence et la répression pour se protéger de la demande citoyenne. »

Tunis le 5 mars
Khédija Cherif

 

APRES LES ATTAQUES DE LA PRESSE AUX ORDRES LA SEMAINE DERNIERE CONTRE LA FRANCE, BEN YAHIA ESSAIE DE JOUER LE’APAISEMENT!!!

AFP, LE 7 MARS 2001 à 13H50

Tunis et Paris ont « des intérêts communs » à préserver (Ben Yahia)

   TUNIS, 7 mars (AFP) – Le ministre tunisien des Affaires étrangères Habib Ben Yahia a déclaré mercredi que les relations entre son pays et la France demeurent « calmes, sereines et
responsables ».
   « Les contacts entre la Tunisie et la France sont continus. Nous avons des intérêts communs que nous voudrons préserver et promouvoir » a affirmé M. Ben Yahia lors d’un point de presse
« périodique » tenu à Tunis.
   Des responsables politiques, des organisations syndicales et des partis de l’opposition légale ont dénoncé ces derniers jours à Tunis des « tentatives d’ingérence étrangère » dans les affaires intérieures de la Tunisie de la part de « certaines parties », particulièrement la France.
   La presse tunisienne s’est fait largement l’écho de cette mobilisation contre les critiques faites sur la situation des droits de l’Homme dans le pays.
   M. Ben Yahia qui avait effectué récemment une tournée dans des capitales occidentales sans passer par Paris, a indiqué avoir rencontré son homologue français Hubert Védrine à Yaoundé (Cameroun) lors du dernier sommet Afrique-France de janvier 2001.
   « Nous avons débattu des relations bilatérales ainsi que de plusieurs questions touchant les activités du Conseil de sécurité de l’ONU », a précisé le ministre dont le pays avait assuré en février la présidence tournante de ce Conseil.
   Concernant les relations entre la Tunisie et l’Union européenne (UE), M. Ben Yahia a réfuté des informations sur une prochaine réunion du Conseil du partenariat tunisio-européen.
   « Ce conseil, dont la dernière réunion remonte au janvier 2000, se réunit une fois tous les deux ans », a noté le ministre précisant que les deux parties ont convenu de cette périodicité lors de la dernière visite du président de la Commission européenne, Romano Prodi en Tunisie, en Janvier 2001.
   Les deux parties sont liées depuis 1995 par une accord de partenariat prévoyant notamment la mise en place d’une zone de libre-échange à l’horizon 2007 ainsi qu’une coopération plus étroite dans les domaines politique, social et culturel.
AFP

 

La chronique du mouchard  06/03/2001

Taoufik Ben Brik

Les mouchards de la bouteille

 
Début d’après-midi à  » Tunis-city « . Le soleil brille encore mais une brise mordante a chassé les passants des ruelles crasseuses. On se croirait dans une ville fantôme du Far West. Les haut-parleurs solidement arrimés aux minarets des innombrables mosquées de la capitale lancent leur appel :  » Au nom d’Allah, le clément, le miséricordieux… « . En ce jour de prière collective, les bars, point de ralliement de nombreux Tunisiens, se font moins accueillants. La consommation d’alcool étant interdite, les bistrots même les plus en vue suintent la guigne et l’ennui.  » Les vendredis sans alcool perdurent depuis un quart de siècle. Ainsi sevrés, les fous de la bouteille ne délireront pas ! « , grogne Ouled Ahmed, poète du vin et de l’amour.

Depuis le début des années soixante-dix, les autorités tunisiennes appliquent partiellement un précepte religieux interdisant aux musulmans la vente et la consommation de boissons alcoolisées les vendredis et les jours de fêtes religieuses. Les chrétiens et les juifs ne sont pas concernés. Le reste du temps, les bars sont ouverts mais seulement sept heures par jour. Autre forme de prohibition : la vente de boissons alcoolisées est purement et simplement interdite aussi bien dans les villes saintes qu’aux alentours des mosquées, dans les vieux quartiers arabes que dans les villages. Conséquence : avant le  » couvre-feu de la bouteille  » les Tunisiens se précipitent pour  » faire le plein « . Du samedi au jeudi, des queues interminables se forment autour des débits de boissons. De 13 heures à 20 heures, les bars sont envahis par une foule compacte qui lève le coude sans arrêt par peur d’être surprise par le gong. Mais le plus formidable pied de nez aux gardiens de la moralité publique, c’est la prolifération des lieux clandestins de vente et de consommation d’alcool. De Bizerte au Nord, à Al Khadra à l’Extrême-Sud, on s’ingénie à contourner la loi.  » Tant qu’il y aura des zones interdites, il y aura des poches de résistance « , constate Chawki Tabib, juriste et militant des droits de l’homme. Mais c’est surtout sur les hauteurs de Tunis que cela se passe.

Dix-huit heures le soir. Les haut-parleurs continuent à appeler les habitants de Bab Mnara, l’un des bas-fonds de la capitale. Dans ce quartier rebelle qui porte encore bien haut l’étendard des bandits d’honneur, flambeurs et noctambules ont l’embarras du choix pour tuer le temps qui ne passe pas. Dix points de vente clandestins sont prêts à les accueillir mais, aux dires d’un habitué, le meilleur est le garage de Mokh, un ancien champion du Tour cycliste de Tunisie. À l’entrée, un balaise balafré nous toise :  » Bière, vin ou boukha ? « 

Secretto

À l’intérieur, des motocyclettes démontées, des vélos sans roues et des clefs sur les murs. Juste derrière, une grande salle envahie d’une fumée à couper au couteau. La bière coule à flots. Ici, la mesure par personne est la caisse de 24  » Celtia « , la bière locale. Le regard halluciné, des chômeurs, des barbeaux, des artistes fauchés mais aussi de bons pères de famille s’offrent d’interminables tournées. Seuls étrangers parmi cette foule d’habitués, nous nous faisons tout petits. Mais la bouteille occupe trop les esprits pour qu’on nous cherche noise.

Mokh est le maître des lieux mais le véritable financier de l’affaire est Barhoum. La cinquantaine, trapu et puissant tel un taureau du bled, il affiche l’élégance tapageuse des hommes friqués qui contraste singulièrement avec sa dentition délabrée… L’homme aime à rappeler ses ancêtres, les terribles cavaliers du Sud-Ouest, qui, lors de la révolte des fellahs en 1864, ont failli mettre à sac la capitale. Comment cet ancien fonctionnaire de l’imprimerie nationale est-il devenu un véritable  » capo  » ?  » On m’a viré parce que je boitais. J’ai cherché à m’en sortir… D’autant que j’ai sept bouches à nourrir dont une mère âgée et une fille divorcée.  » Poussé au départ par le besoin, Barhoum continue par appât du gain. En effet, chaque cargaison de Celtia, de Château-Mornag ou de Boukha (eau-de-vie de figue) lui rapporte normalement 100 dinars par jour (500 francs). Mais ses gains doublent les jours de fêtes religieuses. Une bouteille de vin à deux dinars en vaut facilement cinq le vendredi et même dix pendant le Ramadan. Dans ce commerce  » secretto  » (mot tunisien d’origine italienne qui signifie secret), Barhoum s’est bien sucré. Il a construit la villa de ses rêves et s’est offert une camionnette  » quat’quat’ bâchée « , symbole de réussite sociale dans le milieu.

 » Tout le monde parle de mes gains faramineux mais personne ne songe aux racketteurs qui me sucent la moelle. Pour me frayer un chemin dans cette jungle, j’ai dû pactiser avec le diable. Chaque jour pour moi est une victoire sur l’adversité et la misère. Cela a un prix : la trouille de chaque instant « , lâche Barhoum. Sa tournée commence à quatorze heures pour se terminer à l’aube. Pour ses déplacements, il utilise un tricycle orné des signes de la baraka : main de Fatma, poisson et bien sûr l’œil protecteur. Pour ne pas éveiller les soupçons il s’approvisionne chez plusieurs grossistes. Ensuite, il installe son étal chez Mokh. À vingt-deux heures, le garagiste ferme ses portes. Commence alors la ronde des soûlards. Des quatre coins de la capitale, affluent fêtards en panne de spiritueux et  » affranchis  » qui, dédaignant les bars, préfèrent s’adresser à Barhoum. Une manière pour eux de braver l’interdit. Jusqu’à l’aube, l’homme devra faire face aux exigences des ivrognes et des racketteurs.

C’est la police, contre toute attente, qui assure sa protection.  » Ils (les policiers) boivent gratuitement. De plus, je leur verse quotidiennement des pots-de-vin. Et surtout, je dois les tenir au courant de tout ce qui se passe dans le quartier.  » Dans un pays où moucharder est un sport national, les  » clandestins de la bouteille  » constituent un élément non négligeable dans le dispositif de renseignements.  » Pour que la police ferme les yeux, il faut qu’on lui rapporte chaque semaine des informations de première main. Si jamais on n’a rien d’alléchant à leur fourguer, on risque des représailles ! Il m’est arrivé parfois d’inventer des histoires…  » Cela n’a pas empêché la brigade de faire quatre descentes chez lui dans la seule année 2000. Elle lui a confisqué pour 2 000 dinars de marchandise. Il a dû verser au Trésor public une amende de 1 000 dinars et a quand même écopé de deux mois de prison.
Taoufik Ben Brik

 

LA LTDH, LA 1ére LIGUE DES DROITS DE L’HOMME DANS LE MONDE ARABE EST EN TRAIN D’ETRE ASSASSINÉE A SANG FROID.
AU PETIT EMIRAT DU BAHREIN, LE JEUNE NOUVEAU ROI DE L’ILE AUTORISE LA PREMIERE ASSOCIATION DES DROITS DE L’HOMME.
LA TUNISIE CONTINUE A ENTRER DANS LE SIECLE à RECULONS!! QUEL GACHIS ET QUEL MALHEUR.


AFP, le 7 Mars 2001 à 13h36

Autorisation de la première organisation des droits de l’Homme à Bahrein

   MANAMA, 7 mars (AFP) – L’Association bahreinie des droits de l’Homme (ABDH), la première organisation indépendante à Bahrein, a été légalisée et s’apprête à entamer ses activités dès la semaine prochaine, a-t-on appris mercredi auprès de l’un de ses fondateurs.
   « L’Association a obtenu le 3 mars sa légalisation officielle par les autorités. Elle achèvera la semaine prochaine les procédures nécessaires pour devenir opérationnelle », a déclaré à l’AFP son secrétaire général adjoint Salmane Kamal Eddine.
   Se félicitant de la célérité avec laquelle le gouvernement a répondu à la demande des 17 fondateurs de l’ABDH, déposée en février, M. Kamal Eddine s’est dit convaincu de « l’engagement des autorités à instaurer l’Etat de droit » à Bahrein, engagé dans des réformes démocratiques.
   Il a ajouté que le Premier ministre, cheikh Khalifa Ben Salmane Al-Khalifa, avait assuré les membres de l’ABDH, lors d’un entretien fin février, de « son aide à chaque fois que l’Association
rencontrerait des difficultés » dans sa mission.
   L’ABDH tentera aussi de participer à la défense des droits de l’Homme dans les autres pays arabes et dans le reste du monde, selon lui.
   Les animateurs de l’ABDH, formée à l’été 2000 par des militants pour les droits de l’Homme, avaient fait une première demande de légalisation, restée sans suite.
   Depuis, une Charte nationale sur des réformes démocratiques a été largement approuvée par référendum en février, avec le soutien
de l’opposition.
   Cette Charte prévoit la transformation de Bahrein en monarchie constitutionnelle avec le rétablissement, probablement en l’an 2003, du Parlement, dissous en 1975.

AFP

 

CE QUI SE PASSE EN ALGERIE VOISINE NOUE INTERESSE TOUJOURS NOUS LES TUNISIENS CAR LA STABILITE DANS TOUTE LA REGION DEPEND DU RETOUR A LA PAIX CIVILE DANS CE JOLI PAYS MARTYRISE ET ENSANGLANTE.
LA SITUATION ALGERIENNE SUSCITE CES JOURS DE PLUS EN PLUS D’INFOS CONTRADICTOIRES ET DE RUMEURS INCONTROLEES.
CES INFOS QUE NOUE REPRENONS DE LA LISTE « MAGHREB DES DROITS DE L’HOMME » SONT A PRENDRE AVEC PRECAUTION CAR EN ALGERIE LES CHOSES NE SONT JAMAIS SIMPLES OU CLAIRES.

From: « Minbar El-Djebha » <djebha@hotmail.com>
Reply-To: « Minbar El-Djebha » <
djebha@hotmail.com>
Subject: [maghreb-ddh] Algerie : Le General Smain Lamari serait décédé!
Date: Tue, 06 Mar 2001 21:36:21

Mediène sera-t-il le premier sacrifié?

Des sources dignes de foi de l’intérieur de l’armée décrivent la situation de l’institution militaire comme « très tendue », suite aux derniers témoignages mettant en cause des généraux dans des massacres de civils.

Les « hauts gradés » sont en conclave permanent et l’intervention publique de M. Lamari la semaine dernière pour « calmer les esprits » en dit long sur la situation.

Toujours est-il que le fait le plus important est que le tout puissant général-major Mohamed Mediène, alias Toufik, chef des services secrets, pourrait être le premier à faire les frais d’une purge. Certains de ses pairs envisagent de le sacrifier en vue de simuler un signe fort de changement dans la haute hiérarchie militaire.

Il est cependant peu probable que Toufik se laisse faire malgré le fait que son adjoint, Smain Lamari aurait choisi de s’aligner sur le clan du chef d’etat-major M. Lamari et lâcher ainsi son supérieur direct.

L’atmosphère tendue, alimentée par des rumeurs, montre que le malaise est très profond au sein de la haute hierarchie militaire. Ainsi une nouvelle qui circule à El-Harrach, lieu origine de Smain Lamari, affirme que ce dernier serait décédé!

La pression de la rue et le mécontentement des officiers de « deuxième rang » sonneront-ils le glas des dictateurs? Le plus tôt le mieux…

CCFIS Dept Informaion.
www.CCFIS.org/   news

 
 

UNE INTERVIEW INTERESSANTE D’UN ANTHROPOLOGUE SUR L’ISLAM AU MAGHREB ET SUR LES MOUVEMENTS ISLAMISTES DANS LA REGION.

Abdellah Hammoudi, anthropologue

LE MONDE | 12.02.01 | 14h53

« L’islam radical est un visage de la modernité totalitaire »

«  L’influence de l’islam est très forte en Afrique du Nord. La religion pèse sur la vie politique et sociale, et rien ne paraît devoir entamer cette force. Comment expliquer une telle situation?

–  L’islam est la religion majoritaire des peuples maghrébins. On a tendance quelquefois à l’oublier. Il ne s’agit pas d’un «  retour  » de l’islam que l’on vit aujourd’hui, comme certains le prétendent. Les situations varient d’un pays à l’autre, d’une expérience historique à l’autre. En Algérie, au lendemain de l’indépendance, les dirigeants politiques ont essayé de minimiser l’importance de la religion tout en s’efforçant de la récupérer. Ils ont misé sur une modernisation économique inspirée du modèle socialiste. L’échec était au bout. Ils avaient oublié que la lutte pour l’indépendance s’était faite au nom de la récupération d’une identité algérienne inséparable de la religion.

»  C’est cette imbrication entre communauté religieuse et communauté nationale qui refait surface sous d’autres formes aujourd’hui. La critique d’une modernité mal spécifiée a été probablement mal conduite, s’est développée dans la langue de l’islam et au nom de l’islam. La contestation du système n’est pas venue d’un corps étranger qui se serait infiltré dans le système, mais d’un courant de pensée que le pouvoir avait tenté d’occulter.

»  En Tunisie, le poids de la religion dans la montée du nationalisme a également été important. A côté, et avec les courants laïcisants, plusieurs courants de l’islam ont coexisté avec la politique religieuse officielle de l’Etat. Et cela pendant longtemps. Ainsi en fut-il des oulémas – les docteurs de la loi – et de leurs œuvres socio-éducatives. Ces courants existent toujours dans tous les pays du Maghreb, même si l’on a tendance à privilégier l’islamisme “radical”. Cet islamisme “radical”, que j’appelle “islamisme totalitaire”, s’est bien développé à un moment donné en Tunisie. Et il a bien failli déstabiliser l’Etat dans les années 1980. Pour le moment, il a échoué, mais le pouvoir n’a trouvé comme réponse que de remplir les rayons des supermarchés ou d’user de la matraque. C’est un peu court.

»  Le Maroc offre un troisième cas d’espèce. La monarchie chérifienne constitue un cadre où l’islam évolue vers une vision libérale, mais très lentement. Il existe par exemple une école hassanienne des hadits – les enseignements tirés de la vie du Prophète- –, où des générations d’exégètes et de prêcheurs ont été formées. Les associations d’oulémas sont nombreuses. Elles sont en phase avec la structure traditionnelle des campagnes, mais restent en porte-à-faux par rapport aux problèmes de la pauvreté, de l’exclusion sociale, qui minent les institutions. Comme les partis politiques et les syndicats sont tout aussi démunis, c’est vers une utopie totalitaire et se réclamant de l’islam que se tournent certains secteurs de la jeunesse et des milieux urbains déshérités.

–  Il faut donc distinguer l’islam selon les pays où il est pratiqué. Mais ne convient-il pas également de parler d’islam au pluriel pour chacun de ses pays  ?

–  Le champ couvert par l’islam ne fait pas l’unanimité. Certains sont convaincus que la référence religieuse s’impose même sur des sujets qui concernent la sphère politique ou économique, alors que d’autres soutiennent le contraire. Une autre segmentation, qui n’a rien de théorique celle-là, tient à la coupure ville/campagne. L’islam ne se vit pas de la même façon selon que l’on habite en ville ou à la campagne. On peut aller plus loin et dire que, selon l’endroit où l’on vit, les pratiques diffèrent. Cette flexibilité de l’islam, sa capacité à se moduler, est une qualité. Elle a permis aux gens de se retrouver au sein d’une communauté et de conserver leurs traditions.

»  L’islam dit radical est venu bousculer cet héritage. Il veut imposer une vision unitaire, ne tolère aucune différence. D’une certaine façon, il se rapproche beaucoup de l’Etat- nation, un concept hérité du modèle jacobin.

voir séquence

Horizons

Il se rapproche aussi des modèles totalitaires. C’est un visage de la modernité totalitaire plutôt que d’une prétendue tradition islamique.

–  On a le sentiment que l’islam monopolise la contestation au Maghreb et que c’est par rapport à lui que les Maghrébins se déterminent.

–  Il faut nuancer. Les sociétés maghrébines ont des spécificités très prononcées. Prenez le Maroc. Il y a des mouvements islamistes, mais ils appartiennent à des mouvances très différentes. Certaines sont d’essence libérale, d’autres plus radicale  ; des islamistes acceptent de dialoguer avec le pouvoir, d’autres s’y refusent avec obstination. L’islam ne peut être réduit à un projet unique de société.

»  Par ailleurs, des structures politiques organisées sur des bases autres que religieuses existent. Elles sont en perte de vitesse et n’ont pas de projet social. L’important est qu’elles ont servi d’école de formation, de creuset pour d’autres forces qui sont actuellement en gestation. Les anciens mouvements nationaux d’inspiration laïque – quoique très pétris d’islam, comme on l’a vu – ont formé des cadres que l’on retrouve dans les ONG, les groupes d’extrême gauche et tout ce que l’on réunit sous le vocable de société civile. Ce sont eux qui font entendre désormais un discours nouveau sur l’organisation de la société.

»  Les islamistes n’ont pas le monopole de l’imagination, même s’ils ont su construire un discours qui a eu un écho profond dans les couches populaires et parmi les exclus. En Algérie, ce qui me frappe, c’est que, à la différence d’un pays comme l’Iran, les islamistes ne peuvent pas s’appuyer sur un mouvement populaire fort. Certes, il y a un appareil de répression puissant, mais, pour autant, il me semble que si le peuple avait vraiment opté pour cet islam-là, il serait descendu dans la rue, et rien ni personne n’aurait pu l’arrêter. Le peuple, en réalité, est pris en étau entre les islamistes et le pouvoir.

–  Au Maroc, le roi est “amir el mouminin”, c’est-à-dire “commandeur des croyants” Quelle est la portée réelle de ce titre  ?

–  J’y vois une référence qui permet aux Marocains de partager le sentiment d’une histoire commune, tandis que, pour le pouvoir, c’est un moyen de renforcer sa légitimité. Mais n’oubliez pas que “amir al mouminin”, cela couvre aussi un certain projet de modernisation. Le “commandeur des croyants”, c’est aussi celui qui peut lancer la politique de construction des barrages et l’industrialisation du pays, et inciter, par exemple, les oulémas à élargir les cercles de liberté pour les femmes.

–  Les Berbères, qui étaient présents en Afrique du Nord avant la conquête arabe, représentent le tiers environ de la population du Maghreb. Est-ce que le clivage Berbère/Arabe est une autre clé pour comprendre la société actuelle  ?

–  On peut d’abord discuter à l’infini de l’importance numérique des Berbères. Ils représentent le tiers, disent certains, 40  %, prétendent d’autres, voire davantage, de la population. Ce qui est curieux, c’est que, avant la colonisation, la question du clivage Berbère/Arabe ne se posait pas. Lorsque le sultan du Maroc avait besoin de spécialistes en artillerie, il s’adressait naturellement aux Berbères du Sousse  ; quand il recherchait des diplomates, il les trouvait dans les grandes familles arabophones de Fès.

»  Avec l’arrivée du colonisateur et, plus tard, la construction de l’Etat-nation indépendant, rien n’a changé en pratique, sinon que le pouvoir s’est arrogé le monopole de cette politique  : les Berbères allaient dans l’armée, les affaires tombaient entre les mains de la grande bourgeoisie arabophone – au moins au début. Autrement dit, d’un côté, il a construit un discours unitaire – une langue, une histoire commune – mais, de l’autre, il a perpétué ces différences qu’il niait officiellement.

»  Aujourd’hui, l’évolution démographique, l’échec relatif de la modernisation politique et le développement d’une certaine liberté d’expression expliquent qu’une élite berbère revendique une redéfinition du pouvoir. Elle ne veut pas l’indépendance, mais la reconnaissance d’un droit à la différence, avec les conséquences pour les programmes d’enseignement. Les politiques doivent se résigner à reconnaître les réalités du pays.

–  Vous y voyez une évolution positive  ?

–  C’est un facteur essentiel pour favoriser le pluralisme et la réflexion sur ce qu’est la nation algérienne ou marocaine. Je crois aussi que ça peut aider à réformer le système éducatif de ces pays et, partant, les enrichir. D’autres y voient, au contraire, un facteur de déstabilisation. En Algérie, la question berbère a pris un tour aigu, la question de la langue française venant s’y rajouter. L’unité nationale n’est pas menacée, quoi qu’on en dise. Les associations berbères ne réclament qu’une répartition plus équitable des richesses et la prise en compte de leur langue et de leur héritage culturel. Au Maroc, il n’y a rien de tel. Les revendications se limitent à une reconnaissance de la langue berbère. Il n’est jamais question d’aller au-delà, mais la société doit accepter de passer des compromis, d’admettre le pluralisme linguistique et culturel.

»  Les Berbères sont eux aussi traversés par des courants. L’écriture berbère en est un. Pour transcrire le berbère, faut-il utiliser la graphie latine ou arabe  ? Il y a des arguments sérieux qui plaident pour l’une ou l’autre des solutions. Tout un héritage culturel berbère existe en langue arabe, qu’il convient de sauvegarder et de développer. D’un autre côté, après cent cinquante  ans de présence française en Algérie et cinquante  ans au Maroc, une grande partie de cet héritage a été transcrit en français. D’autres courants, enfin, sont tentés de privilégier les anciennes graphies berbères, présentes au sud du Sahara. Face à cette diversité, le mouvement berbère se cherche. Pour l’instant, me semble-t-il, il n’y a pas de réelle convergence ni de constitution de blocs transnationaux entre les Berbères algériens et marocains.

–  Est-ce qu’il existe au Maghreb un sentiment d’appartenance collective  ?

–  Ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Il s’est renouvelé avec les luttes pour l’indépendance. Auparavant, c’était plus confus. Le Maroc avait son roi, la Tunisie son bey, l’Algérie vivait sous la régence. Une solidarité existait, mais très souple, même si, à l’occasion des pèlerinages à La  Mecque, lorsque les caravanes de pèlerins arrivaient en Egypte, on disait à leur propos  : “Les caravanes des Maghrébins”

»  Les responsables des mouvements d’indépendance ont redécouvert le Maghreb. Mais leur Maghreb, ils l’ont pensé sur le modèle de l’Etat-nation, en faisant l’impasse sur les différences entre les pays. Cela ne pouvait que conduire à une rivalité féroce, chacun des Etats voulant être hégémonique. Le Maroc prend prétexte de sa “grande ” histoire pour revendiquer la première place. L’Algérie invoque sa position géographique, sa taille et sa puissance pétrolière. Même quelqu’un d’aussi respectable que Hocine Aït Ahmed – l’un des pères de l’indépendance algérienne– comparait le Maghreb à un oiseau dont les deux ailes étaient le Maroc et la Tunisie tandis que l’Algérie figurait la poitrine et, si j’interprète bien, la tête

»  Il faut sortir de ce type de querelle et ne plus s’arc-bouter sur le modèle de l’Etat-nation, qui, nous dit-on, serait indépassable. Il faut réfléchir à autre chose tout en ne perdant pas de vue que les Etats ayant lutté durement pour conquérir leur indépendance ne sont pas prêts à se faire hara-kiri. Ils sont là pour longtemps encore. Il faut donc être réaliste et construire lentement le Maghreb en privilégiant les contacts économiques et culturels, les rencontres entre jeunes. Plus tard, émergera peut-être une fédération maghrébine souple qui respectera les traditions historiques de chaque partenaire.  »

Propos recueillis par Jean-Pierre Tuquoi

 
 

 

Les Tunisiens ou amis, aux ministères, au Protocole, au transport aérien ou aux hopitaux, susceptibles de détenir des informations ou d’avoir de simples doutes sur des lieux où l’accusé Abdallah Kallel serait ou aurait séjourné, sont priés de contacter :

* CIDT-TUNISIE :(33 3) 81 41 33 22.           E-MAIL: cidtunisie@aol.com
* OMCT (Genève):(41 22) 809 49 39.            E-MAIL: omct@omct.org
* Vérité-Action (Fribourg):(41 79) 247 23 61.  E-MAIL: verite_action@hotmail.com
* CRLDHT (Paris)                                            E-MAIL: crldh@aol.com
* FIDH (Paris) (33 1) 43 55 25 18.                  E-MAIL: fidh@csi.com
* Partout en Suisse:  téléphoner à n’importe quel poste de police.

Khaled Ben M’barek.

(extrait du forum du CNLT)


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