4 juin 2002

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TUNISNEWS
3ème année, N° 747 du 04.06.2002

Pour consulter les archives de notre liste, cliquez ici: : http://site.voila.fr/archivtn

LES TITRES DE CE JOUR:

 

 

AP: Des touristes évacués d’un hôtel en Tunisie à la suite de menaces
AP: Tourists moved from Tunisian hotel after unspecified threat
Reuters: German tourists moved after Tunisia bomb threats
Moncef Marzouki & Mondher Sfar: Communiqué commun
TAP: Robert Ménard sombre dans la délinquance
Aziz Krichen: Tunisie : pour sortir de la dictature
Bahrain Tribune: Arig signs accord with Tunisia bank
Menareport: Aurora Metals seeks two additional exploration permits in Tunisia
Arabicnews: EIB euro 20 million loan to the Tunisian cement sector
Le Monde: Le journaliste Daniel Mermet assigné pour « incitation à la haine raciale »

Gilbert Achcar: Les multiples visages de l’intégrisme islamique


رويترز: نقل سياح المان بعد تهديدات بتفجير قنابل في تونس
صلاح الدين الجورشي : الإعلام العربي أخفق في تغطية الانتفاضة؟!
الشرق الأوسط : السعودية وتونس تبحثان زيادة فرص الاستثمار في المجالات الصناعية والسياحية
القدس العربي : قبرت نهائيا العدد السحري 99%: – الجزائر تحقق في ميدان الشفافية الانتخابية سبقا مغربيا
الحياة: ( أريج ) تؤسس شراكة استراتيجية في تونس لتطوير التأمين المصرفي

 
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Quelqu’un a-t-il vu cette photo auparavant ??

الاحتلال يحفر نجمة داود بالسكين على ذراع فلسطيني

 
اتهم فلسطيني شاب جنودا في خفر الحدود بقوات الاحتلال الاسرائيلية بضربه وحفر نجمة داود بالسكين على ذراعه كما قال أمس شقيقه ومصدر في منظمة فلسطينية للدفاع عن حقوق الانسان.

وقال بكر ناجي علان البالغ من العمر 19 عاما ان اربعة من خفر الحدود الاسرائيليين اوقفوه لساعات عدة وهو متوجه الى عمله في شمال القدس، بحسب ما جاء في بيان صادر عن المنظمة الفلسطينية. وقال علان «ضربوني اولا، ثم اقتادوني الى اعلى تلة. وشقوا ذراعي (بسكين) راسمين شعار نجمة داود، ثم حفروا اشارة (اكس) على فخذي. وبعد ذلك شطبوا جبيني واستمروا في ضربي لعدة ساعات».

وقال شقيقه سمير ان الرجال الاربعة سألوه ان كان يحمل سلاحا، ثم امروه برفع يديه وقميصه للتأكد من انه ليس انتحاريا ولا يحمل حزام متفجرات. وتابع انهم غادروا عندما اقتربت مجموعة من الفلسطينيين.

ألمصدر: صحيفة الشرق الأوسط وصحيفة البيان الإماراتية نقلا عن وكالة الأنباء الفرنسية أ.ف.ب

 
L.T.D.H

Conference de presse

Une conférence de presse sera tenue par le president de la LTDH M Mokhtar Trifi jeudi 6 juin 2002 à 11h au siége de la LTDH ( 7 Rue pierre curie Tunis /tel+fax 0021371336336); le Rapport annuel de la LTDH sur l’etat des libertés et des droits de l’homme en Tunisie pour l’année 2001 sera presenté lors de cette conference de presse.
 

Des touristes évacués d’un hôtel en Tunisie à la suite de menaces

BERLIN (AP) – Près de deux mois après l’attentat de Djerba, plusieurs centaines de touristes européens ont été évacués de leur hôtel dans le sud de la Tunisie après que le tour opérateur TUI eut été informé de menaces anonymes par le ministère allemand des Affaires étrangères.

Quelque 260 touristes ont ainsi quitté leur hôtel de la station de Port el-Kantaoui pour rejoindre d’autres établissements, a précisé mardi TUI. Trente-quatre ont toutefois choisi de rentrer chez eux.

Le tour opérateur a indiqué qu’il avait été averti lundi par Berlin. Il n’a pas apporté de précisions sur les menaces. L’hôtel, où résidaient des touristes allemands, suisses, autrichiens, belges et néerlandais, a été fermé jusqu’à nouvel ordre.

http://fr.news.yahoo.com/020604/5/2m7hd.html


نقل سياح المان بعد تهديدات بتفجير قنابل في تونس

برلين (رويترز) – قالت وكالة (تي. يو. اي) السياحية الالمانية يوم الثلاثاء انها نقلت نحو 300 سائح بعد تلقي تهديدات بتفجير قنابل ضد فندقين في العاصمة التونسية حيث قتل 14 المانيا ضمن 21 شخصا لقوا حتفهم في هجوم في ابريل نيسان.

وقال ماريو كويبرز المتحدث باسم الشركة الالمانية ان الشركة نقلت السياح الى اماكن اقامة بديلة بعد ان ابلغتها وزارة الخارجية الالمانية بأمر التهديدات. ولا يوجد ما يشير الى هوية الذين وراء هذه التهديدات.

ومات 14 سائحا المانيا بعد ان انفجرت شاحنة صهريج تنقل غاز الطهو بالقرب من معبد يهودي في منتجع جربة التونسي يوم 11 ابريل نيسان.

وكان هؤلاء السياح ضمن المجموعات السياحية التابعة لشركة تي يو اي اكبر شركة سياحية تابعة لمجموعة بروساج السياحية.

04.06.2002 17:30, Reuters


 
ASSOCIATED PRESS, le 04.06.2002à15h12

Tourists moved from Tunisian hotel after unspecified threat

 
BERLIN (AP) _ Hundreds of tourists were moved from their hotel in Tunisia after officials told their tour operator that they had received an anonymous warning, travel firm TUI said Tuesday. Some 260 holidaymakers were moved from a hotel in the Port el Kantaoui beach resort to other accommodation, according to TUI. Another 34 decided to break off their vacation and head for home. TUI said it had been informed by the German Foreign Ministry of the possible threat on Monday. An official at the ministry confirmed that an anonymous warning had been received, but did not elaborate. The company said the hotel, where tourists from Switzerland, Austria, Belgium and the Netherlands also were staying, was closed until further notice.
German tourists accounted for most of the 19 people killed in a deadly explosion at an ancient synagogue in Tunisian resort town in April. German investigators have said they are convinced the blast, which was claimed by a group with links to Osama Bin Laden’s al-Qaida group, was a deliberate attack.
 
ASSOCIATED PRESS


Reuters, le 04.06.2002 à 16:17:39

German tourists moved after Tunisia bomb threats

BERLIN, June 4 (Reuters) – The German tour operator TUI said on Tuesday it had moved around 300 tourists after receiving bomb threats against two hotels in Tunisia, where 14 Germans were among 21 people killed in an attack in April.

Company spokesman Mario Koepers said TUI had moved the tourists to alternative accommodation after the German Foreign Ministry informed them of the bomb threats on Monday. There was no indication who was behind the threats.
Fourteen German tourists died after a truck containing cooking gas exploded near a synagogue on the Tunisian resort island of Djerba on April 11 in what is believed to have been a planned attack.
They had also been travelling with TUI, the biggest tour operator unit of the Preussag AG tourism group.
Koepers said 34 guests had decided to go home and the rest opted to stay on after the threats, which were made against a beach hotel and a hotel in the desert.
REUTERS

 
Moncef Marzouki & Mondher Sfar
Communiqué commun
 
Suite à la publication sur Internet de l’appel de Mondher Sfar, intellectuel et militant des droits de l’homme – mais aussi membre du CPR – au boycott du tourisme en Tunisie et à la réponse de Moncef Marzouki ; les deux protagonistes du débat se sont réunis en présence de Me Abdelwahab Maatar pour une discussion aussi franche qu’amicale.
Force a été de constater la profondeur de leurs divergences sur cette question, ainsi que sur trois autres problèmes à savoir :
 
1) Charfi et son ralliement à l’opposition ;
2) Ben Laden tel que présenté par Mondher Sfar dans son livre « Le Spectre du Terrorisme » ;
3) l’histoire du judaïsme durant la 2ème guerre mondiale et ses conséquences sur le sort de la Palestine.
 
Il a été conclu que la liberté d’opinion est une et indivisible ; mais que de telles  divergences profondes étaient ingérables  au sein d’un parti politique commun. Aussi a-t-il été décidé d’un commun accord que Mondher Sfar cessera a à partir maintenant de faire partie du CPR.
Cette décision n’altère en rien les sentiments d’amitié et de respect mutuels et ne change rien dans la volonté partagée de continuer à travailler ensemble sur les terrains d’entente dans la lutte contre la dictature.
Il a été convenu d’organiser dans un cadre qui reste à définir un débat d’idées sur ces questions.
 
Paris, le 3 juin 2002
 
Signé :
Moncef Marzouki
Mondher Sfar
 
FLASH INFOS
 

Rénovation des Oukalas

Le maire de Tunis, M. Abbès Mohsen, vient d’effectuer une visite d’inspection aux chantiers de démolition des Oukalas de la médina de Tunis et de construction de nouveaux logements. Le maire de Tunis s’est rendu à la mosquée Ezzitouna où il a inspecté les travaux de restauration ordonnés par le Président Zine El Abidine Ben Ali pour préserver le rayonnement de cet important élément du patrimoine de la Tunisie et de l’islam.

La visite a également touché le chantier de l’impasse Boukardagha où se poursuit l’édification d’un immeuble de huit appartements à la place d’une vieille oukala démolie dans le cadre de ce grand projet, ainsi que le chantier en cours à l’impasse du puits où se construisent 18 appartements et trois boutiques.

Par ailleurs, à l’impasse Khalil, les services concernés poursuivent la démolition d’une autre oukala dont l’emplacement accueillera 13 logements. Au croisement de la rue Zarkoun et de la rue Sidi Laâjimi, le maire a inspecté le démarrage du chantier de construction de 21 logements.
La visite a aussi concerné le chantier de l’impasse Eddoaa (28 logements) et celui de la rue El Asfouri (autant de logements et trois boutiques).

(Source: La Presse du 3 juin 2002, d’aprés le portail babelweb)

Le rallye Paris-Dakar passera par Tunis

C’est officiel. Le rallye Paris Dakar qui démarrera le 4 janvier prochain passera par Tunis. Une délégation d’organisateur de ce rallye est attendue à Tunis en vue de la reconnaissance du parcours. Le rallye passera par Ksar Ghilane, le Sahara de Rmila , Remada… Le départ de Tunis aura lieu le 5 janvier qui coïncidera avec un dimanche. Un spectacle en perspective pour les tunisiens….

(Source: Assabah du 3 juin 2002, d’aprés le portail babelweb)

Accroissement de la densité téléphonique

La densité téléphonique pour 100 habitants à la fin de l’année 2001 a évolué de 128% par rapport à 1996. Elle est passée de 6,5 à 14,86. Le parc abonnés a, quant à lui, enregistré un dépassement de 45 mille abonnés par rapport à l’objectif de production assigné dans le cadre du 5ème Plan de développement et un accroissement net de 150% par rapport à la fin de la période du 5ème Plan.

(Source: Le Temps du 3 juin 2002, d’aprés le portail babelweb)

Baisse des actions de la SFBT

Pour la première fois les actions de la société tunisienne de fabrication de bière ont enregistré une baisse pour se situer à 36,700 dinars. Ainsi la baisse enregistrée depuis le début de l’année aura été de 23%. Il est à noter également que les actions de la SFBT ont enregistré une baisse de 16,13% entre le 2 mai et le 3 juin 2002.

(Source: Assabah du 3 juin 2002, d’aprés le portail babelweb)

Coopération Tunisie-Iran

M. Jalloul Jeribi, ministre des affaires religieuses a eu, lors de sa récente visite en Iran, une séance de travail avec son homologue iranien, M. Ahmed Mosjed Jamii, ministre de la culture et de l’orientation islamique. Les deux parties ont échangé, à cette occasion, les vues au sujet de la relance de la coopération bilatérale dans le domaine religieux,
A l’effet de favoriser l’émergence d’une pensée éclairée et d’encourager les efforts d’interprétation (Ijtihad) et afin que la religion islamique soit en harmonie avec son époque, et ce, à la faveur de l’organisation commune de conférences, la publication d’ouvrages et l’échange de visites. Par ailleurs, M. Jalloul Jeribi a fait une communication sur le thème « islam et modernité » lors d’une conférence internationale sur le rapprochement entre les religions.

(Source: La Presse du 3 juin 2002, d’aprés le portail babelweb)

 

Robert Ménard sombre dans la délinquance

04/06/2002–

(TAP) Sous le titre ‘‘Robert Ménard sombre dans la déliquance », le journal  »Le Quotidien » publie, dans sa livraison de ce mardi, l’article ci-dessous:

 »L’inamovible secrétaire général de reporters sans frontières, Robert Ménard, est en passe de devenir un vulgaire voyou. Il y a quelques mois, ce petit-fils d’Oas, nostalgique de l’Algérie française et de l’empire colonial français, poussait l’outrecuidance jusqu’à recruter une clique de barbouzes du même acabit pour occuper les locaux de l’Office tunisien du tourisme à Paris, violentant comme un délinquant primaire une employée de l’institution. Condamné en début de l’année par le Tribunal correctionnel de Paris à 1000 euros d’amende, le patron a vié de RSFqui se croyait intouchable et suffisamment couvert par la mafia qui l’emploie, n’a pas fini de digérer cette humiliation. Ivre de colère et de vengeance, l’éphémère journaliste échoue dans une officine où il a décidé de faire carrière, s’évertue à saboter l’économie tunisienne. En vain. Ses tracts distribués à l’aéroport de Roissy pour dissuader les touristes de visiter la Tunisie sont restés sans effet.

Les Français qui savent, pour s’y rendre souvent à quel point la situation dépeinte par Ménard et ses acolytes est loin de la réalité tunisienne, sont toujours aussi nombreux à choisir la Tunisie, terre de stabilité et de sérénité, pour des vacances paisibles et agréables.

Une confiance renouvelée qui déplait fort au défenseur supposé de liberté de la presse, au point de l’entraîner progressivement sur la voie de la délinquance dure et du terrorisme. Hier distributeur de tracts et autres cartes postales confectionnés par sa secte, le voilà recourant
à des méthodes terroristes classiques telles les menaces  »anonymes » proférées au téléphone à l’encontre des hôteliers tunisiens, ou encore de fausses alertes à la bombe, pour effrayer touristes et personnel du secteur touristique et freiner l’afflux des voyageurs à
la veille de l’ouverture de la haute saison touristique en Tunisie.

Malgré tout ce déploiement d’énergie terroriste déployé par le nouveau gourou des intégristes radicaux, les hôtels tunisiens se portent bien, et le tourisme qu’il attaque pour saboter l’économie tunisienne dont les performances le remplissent de jalousie et de haine, continue à afficher des résultats satisfaisants.

Ménard et sa clique de journalistes au chômage devraient le savoir : leurs gesticulations sont vouées à l’échec et la Tunisie continuera avec sérénité et détermination, sa marche irréversible vers le progrès et la modernité. Et pour que les terroristes de tous bords se rendent bien à l’évidence que la qualité de membre d’une ONG n’est pas un passeport pour la licence et l’impunité, nous venons d’apprendre que les autorités tunisiennes ont décidé de saisir la justice, afin que
toute la lumière soit faite sur cette affaire, et que les coupables, Ménard et complices soient sanctionnés avec toute la rigueur réservée au délinquants récidivistes ».

(Source : www.infotunisie.com )

 

كاتب تونسي يعلق على انتخابات الجزائر…

قبرت نهائيا العدد السحري 99%:

الجزائر تحقق في ميدان الشفافية الانتخابية سبقا مغربيا

بقلم: محمد الناصر النفزاوي(*)

لا يسع المتابع للانتخابات التشريعية الجزائريـــة أن لا يلاحــظ الجهد الحقيقــي الذي بذلته السلطة الجزائرية الحاكمة بغية تحقيـــق أكبر قدر من الشفافية في هذه الانتخابات وهــو أمــر حــقق في نظري علي الأقل نتائجه الأولي بمجرد الإعلان عن نسبة مشاركة الناخبين وهي نسبة كادت تبلغ الخمسين بالمائة.

أقول هذا وأنا لا أغفـــل عنصر المقاطعة المرتفع جدا لأن ما أوليه الأهمية القصوي هنا هو عنصر الشفافية (بمعني غياب عقلية الإغارة والغزو واللصوصية) الذي يعتبر عندي الأصل وما عداه من الفروع.

هو يعتبر الأصل لآن الشفافية هي عنصر الحياة الضروري في تربة الحياة السياسية في بلاد المغرب التي نتحدث عنها والتي يعاقب الفرد فيها إن سرق دجاجة (بل بالذات إن سرق دجاجة) ويكاد يصفق له إن سرق مليارا وكأن لسان حالها يتمثل ببيت المفكر الشامي نافذ البصر الذي نظم في القرن التاسع عشر:

قتل امرئ في غابة جريمة لا تغتفـــر وقتل شعـب كامـل مسألة فيها نظـــر

ولقد تحققت هذه الشفافية في جزائر ماي 2002 وقبرت نهائيا العدد السحري 99%. أما المقاطعة الفعلية أو الكامنة فقد كانت دوما هي الموقف الحقيقي للغالبية الساحقة من الثمانين مليون مغربي سواء توجهوا إلي صناديق الانتخاب مدفوعين بسياط اليأس أو الخوف أو لم يتوجهوا إليها لأن إدارة الحزب الواحد الأحد اختارت أن لا تمكنهم من بطاقات الانتخاب.

وفي الجزائر وقع تمكين الجميع 18مليونا من حق الانتخاب سواء أكانوا حاملين لبطاقات الانتخاب أم لم يكونوا بشرط أن يستظهروا ببطاقة التعريف أو جواز السفر أو رخصة السياقة مثلما وقع ضمان حضور ممثلي الأحزاب الســياسية المتنافسة في عملية الاقتراع. وهذا أمر ليس بالهين إذ كان علي الجزائريين أن يدفعوا ثمنا لهذا الحق 150000 قتيل فهل يجب علي بقية سكان المغرب أن يدفعوا ثمنا دمويا مماثلا حتي يحصلوا علي شفافية مماثـلة؟

وبما أنني أعرف التأثير البالغ لكل تجربة سياسية في أحد بلدان المغرب العربي علي بقية البلدان المغربية فإنني أعتقد اعتقادا جازما وبغض النظر عن نتائج هذه التجربة الجزائرية أنه سيكون لها في الأمد غير البعيد آثار لا تعد ولا تحصي ذلك أن التنافس بين الاخوة المتناكرين هو السمة الغالبة علي سكان هذه البلدان (تماما مثلما هو الشأن بالنسبة إلي بلاد الشام أو الجزيرة العربية) وهو موروث منذ قيام الكيانات الوطنية الحديثة في المغرب وتسرب من قادتها إلي عامة المواطنين ولذلك فمن الصعب أن تجد جزائريا يمكنه أن يتحدث عن أي شـــــيء ولا تكون عيناه (شعوريا أو لاشعوريا) موجهة إلي مراكش أو تونس: انه ما اسميه التنافس المحمود.

إنني أعرف أن ما حصل في الجزائر هو قليل من كثير إذ ما زالت توجد هوة شاسعة تفصل بين ما هو كائن وما يجب أن يكون خاصة أننا بإزاء بلد عوده ساسته الأوائل علي النظر إلي الأشياء نظرة فيها القليل من التواضع والكثير من الطموح و التوق إلي أن تكون تجربته السياسية الاستقلالية قريبة من جسامة حربه التحريرية وهذا هو أحد أسباب عنف ردة فعله علي إيقاف المسار الانتخابي قبل عقد من الزمن. ولكنني مع ذلك وبقياس الأشياء إلي أشباهها والبشر إلي أترابهم لا أتمكن رغم ما يغلب علي طبعي من تشاؤم (وقد يكون مكتسبا) من كبح جماح سعادتي بما حدث في الجزائر ولذلك حرصت علي كتابة هذه السطور قبل أن تظهر حتي النتائج النهائية لهذه الانتخابات وقد تكذب الأحداث أو تزكي ما كتبت.

(*) كاتب من تونس

(المصدر: صحيفة القدس العربي الصادرة يوم 3 جوان 2002)

 

الإعلام العربي أخفق في تغطية الانتفاضة؟!

 
 
 
التوقيت المحلي السويسري 21:12, الثلاثاء 04.06.2002


اجتهد الإعلاميون العرب، سواء كانوا مستقلين أو عاملين في وسائل حكومية، في التعاطي مع مجريات الإنتفاضة الفلسطينية الأخيرة، لكنهم أصابوا أحيانا وأخطئوا في معظم الأحيان…

حاولت القنوات الفضائية العربية الإجتهاد تغطية فعاليات الإنتفاضة الفلسطينية لكن يبدو أنها لم توفق كثيرا في ذلك [swissinfo / SRI]

حاولت القنوات الفضائية العربية الإجتهاد تغطية فعاليات الإنتفاضة الفلسطينية لكن يبدو أنها لم توفق كثيرا في ذلك [swissinfo / SRI]


بمبادرة من المعهد العربي لحقوق الإنسان، تجمّع بتونس أكثر من ثلاثين صحفيا ينتمون إلى أقطار عربية متعددة، وتداولوا الرأي حول الكيفية التي تعامل بها الإعلام العربي الرسمي أو « المستقل » مع الأحداث الأخيرة التي عاشها الشعب الفلسطيني في ظل الاجتياح الإسرائيلي للأراضي الخاضعة للحكم الذاتي.

ومما أضفى على هذا اللقاء الذي دام قرابة اليومين ميزة خاصة أن المشاركين فيه ينتمون مهنياإلى مختلف المواقع الإعلامية: التلفزيون والإذاعة والوكالة والصحافة المكتوبة.

كانت محاولة صعبة حين وجد المشاركون والمشاركات أنفسهم مطالبين باتخاذ مسافة من الجهد الذي أسهموا فيه، خاصة بالنسبة لقضية يتداخل فيها السياسي بالثقافي والنفسي والاجتماعي مثل القضية الفلسطينية. لهذا بقوا في البداية يحومون حول الحمى، لكنهم أقروا في النهاية بأن الإعلاميين العرب اجتهدوا غير أنهم أخطئوا ولم يصيبوا المرمى في أغلب محاولاتهم. لماذا؟ وكيف؟.

بدا واضحا من خلال المداخلات أن الفضائيات هي التي استقطبت هذه المرة الجمهور، على حساب الصحافة المكتوبة التي سبق وأن لعبت دورا ملحوظا خلال أزمة الخليج الثانية، مثلما كان الشأن مع إذاعة « صوت العرب » التي تمحورت حولها حرب 67.

فقد ذكر مصطفى العراقي من صحيفة « الاتحاد الاشتراكي » أن الصحف المغربية تشهد منذ فترة انحسارا مخيفا في مبيعاتها التي تراجعت من 300 ألف نسخة يوميا إلى حدود 195 ألف نسخة. كما التقت آراء المشاركين حول القول بأن الإعلام الرسمي في معظم الدول العربية بقي مكبلا بضغوط الحكومات التي وضعتها الانتفاضة في تناقض فظيع مع جماهيرها.


الحكام العرب…

محمد كريشان الوجه الصحفي البارز في قناة « الجزيرة » انطلق من محتوى سبعين حلقة من برنامج « تحت الحصار » ليحاول رسم بعض ملامح الرأي العام العربي كما برزت في تدخلات المواطنين العرب. فأشار إلى طغيان الطابع الإسلامي على تدخلات المشاهدين، ووصف الشارع العربي بـ « الانفعالي وسريع التقلب »، ولاحظ أن المشاركين العرب المقيمين في الغرب كانت تدخلاتهم أكثر عقلانية وإفادة.

ومما لفت انتباهه أن معظم المكالمات التي تلقاها جاءته من السعودية، وأنها تميزت بالجرأة في الطرح، بما في ذلك انتقاد السلطات المحلية. وأشار إلى وجود جنوح لدى عدد واسع من المشاهدين العرب إلى الشتم والتهجم بحثا عن مجال للتنفيس مع فقدان القدرة على بلورة مواقف واضحة، حتى أن مشاهدة اقترحت على القناة تخصيص حلقة لشتم الحكام العرب.

وفي هذا السياق لاحظ أيضا وجود خلط شديد لدى الجمهور بين اليهودي والصهيوني، كما استغرب غياب الأحزاب والنقابات والجمعيات ومختلف مكونات المجتمعات المدنية العربية مقابل اندفاع الأفراد وحرصهم على تبليغ أصواتهم. واعتبر أن تدخلات الأطفال جاءت أحيانا أكثر نضجا من مساهمات الكبار.

إذا كانت ملاحظات كريشان قد تركزت على الطرف المستهلك فإن تدخلات أخرى وجهت انتقاداتها للجهات المنتجة للمادة الإعلامية. فقد اعتبر علي الجري مدير صحيفة « الخبر » الجزائرية أن تغطية الأحداث الأخيرة « اكتست طابع الشفقة وهي صورة مضرة ومؤثرة على الفلسطينيين في الداخل ». وعلل ذلك بغياب استراتيجية إعلامية عربية.

وذهب إلى حد القول بأن « الموقف الرسمي العربي نفض يده من القضية الفلسطينية وبات يشكل جمهورا من المتفرجين على ما يجري »، ودعا إلى الابتعاد عن « لغة الحماس القومي » أو ما سماها نبيه عبد ربه بـ « الزعيق الإعلامي »، مؤكدا على أن « البرامج الاستعراضية ولغة الجهاد والحرب التي تبديها بعض الفضائيات العربية لن تحقق أي دعم للانتفاضة »، وهي في اعتقاده « لا تخرج عن إطار المزايدات العربية – العربية على حساب الدم الفلسطيني ».


أين ذهب المثقفون العرب؟

عبد الوهاب بدرخان (رئيس التحرير المساعد لصحيفة « الحياة ») انطلق من رصد تطور الموقف الأمريكي، مستعرضا آثني عشرة مرحلة بدءأ بكامب ديفيد وصولا إلى صعود شارون إلى السلطة، فاستخلص من ذلك أن الإعلام في أي بلد يتأثر عند تناوله لمسائل السياسة الخارجية بالتوجهات الحكومية. لكن المهم في رأيه أن تكون هناك سياسة واضحة، وهو ما افتقده الإعلاميون العرب خلال الأحداث الأخيرة، حيث أنهم كلما اتجهوا إلى المسؤولين الفلسطينيين بحثا عن ضخ جديد للأخبار والمعلومات، أو التعرف على مواقف واضحة من المستجدات واستكشاف المسارات التي تتجه نحوها الأحداث، إلا وخابت مساعيهم.

الطيب البكوش (رئيس المعهد العربي لحقوق الإنسان) أضاف إلى ذلك خللا إعلاميا يتمثل في فوضى المصطلحات والمفاهيم التي يتخبط فيها الصحفيون العرب. من ذلك شعار « الأرض مقابل السلام »، والارتباك في تسمية عمليات المقاومة ووصفها بالاستشهادية ( الإيحاء الديني ) أو الانتحارية ( سلبية المصطلح )، أو الإرهابية ( استعمال العدو وتداخل ذلك مع ما أصبحت تردده القيادة الفلسطينية ).

هذا الجانب يلتقي مع ما أشار إليه البعض من غياب المثقفين العرب الذين تميزوا بحضورهم القوي خلال حرب الخليج في مطلع التسعينات، لكنهم اختفوا أو همّشوا طيلة الأحداث الفلسطينية الأخيرة. فالجمهور العربي بدا وكأنه يبحث عن تعبئة نفسية وعاطفية وليس عن فكر أو رؤية عقلانية.


فاعلون لكن بشروط..

إلى جانب هذه الانتقادات التي وجهت إلى مضمون الخطاب الإعلامي، أكد أكثر من متدخل أن التغطية الإعلامية الأخيرة قد كشفت عن ضعف الجانب المهني عند قطاع واسع جدا من الإعلاميين العرب.

وفيما اعتبر بعض المتدخلين على سبيل المثال أن مراسلي قناة الجزيرة هم الذين أنقذوا إلى حد ما تغطيتها الإخبارية وغطوا نسبيا ثغرات برامجها السياسية، رأى آخرون أن الإعلاميين في الفضائيات العربية لم يحسنوا استثمار ما وفرته الأحداث الأخيرة من نماذج سياسية ورمزية عديدة ، مما رسخ القناعة عند الكثيرين بأن العرب خسروا مرة معركة الصورة، ولم ينجحوا في استراتيجية كسب الآخر لصالح قضية تتوفر فيها كل شروط القضايا الإنسانية العادلة.

أخيرا توقف النقاش عند عدة مسائل مثل القول بأن أزمة الإعلام العربي جزء من أزمة الديمقراطية، أو الاعتقاد بأن الالتباس والغموض في فهم الأنا وفهم الآخر راجعان إلى وهم البحث عن التجانس واستبعاد التعدد. لكن الأكيد أن الإعلاميين العرب تنقصهم اللقاءات التي تدفعهم لتجاوز ذواتهم من أجل مراجعة أدائهم المهني وإصلاح ما يعانوه من نقص وضعف. فهم قادرون على صناعة رأي عام عربي واع وفاعل، لكن ذلك لن يحصل إلا بشروط.

صلاح الدين الجورشي – تونس


04.06.2002 – 19:34
http://www.swissinfo.org/sar/Swissinfo.html?siteSect=105&sid=1178829
 
 
 
 
 

 

Un ami lecteur vient de nous adresser le mail suivant :
 
Bonjour ,
Je viens de relire l’article de Aziz Krichen du N° du 26/04/2002 et je propose de l’inclure encore une fois dans l’un des prochains numéros de TUNISNEWS et j’espére qu’il suscitera le débat qu’il mérite.
Enfin , je dis bravo à toute l’équipe de TUNISNEWS qui reste une source d’informations inestimable malgré la censure des
flics de l’ATI .
 
Hamza Tounsi
 
Réponse:
Cher ami, merci pour votre encouragement. En fait, nous sommes tout à fait d’accord que les idées continues dans cet article n’ont pas été débattues comme il faut..et méritent plus d’attention. Nous republions volontiers l’article.

 

Tunisie : pour sortir de la dictature

Aziz Krichen

*

Nous sommes nombreux, depuis les années soixante, à avoir combattu et à continuer de nous battre pour la liberté et la démocratie. Beaucoup ont payé un lourd tribut à leur engagement : prison, torture, privation de droits, interdits professionnels, séparation familiale, marginalité, exil… Nous savions pourtant, ou nous avions fini par comprendre, que le désir d’émancipation restait une réalité minoritaire dans la société – non seulement en termes politiques, mais aussi culturels, moraux, psychologiques. Dans ces conditions, notre itinéraire historique ressemblait à une sorte de longue marche, ponctuée de flux et de reflux, sans perspective prévisible de victoire, du moins à l’échelle des générations actuelles.

Depuis 40 ans, le mouvement démocratique connaît ainsi des périodes d’essor et de recul, en raison d’un rapport de force inégal, mais sans cesse fluctuant. Aujourd’hui, les événements semblent reprendre une tournure positive. De nouveaux secteurs, de nouveaux agents commencent à rallier l’action, certains pour la première fois : des journalistes officiels, des magistrats, des syndicalistes, des dirigeants d’entreprises. Tout cela suggère un nouvel approfondissement de la lutte et fournit, par conséquent, de nouvelles raisons d’espérer. Que convient-il de faire dès lors ? Consolider ces acquis inédits ? Ensuite, comme d’habitude, préparer au mieux la prochaine étape, inévitable, de tassement ?

Je crois que les choses se présentent autrement cette fois. Le contexte actuel est marqué, en effet, par des données qui peuvent tout modifier. L’histoire avance par bonds, en opérant des ruptures qualitatives, apprenait-on dans notre jeunesse. Ma conviction est que nous nous trouvons devant un tel cas de figure. C’est la raison pour laquelle, malgré l’éloignement, j’estime de mon devoir de rendre publiques ces quelques réflexions. J’en attends un échange approfondi, une confrontation fraternelle des points de vue.

L’élément central de l’analyse se rapporte au nouveau mandat brigué par Ben Ali, pour ouvrir la voie à une présidence à vie. Cette question ne fait pas qu’introduire un facteur supplémentaire de tension, elle constitue une opportunité formidable. Elle transforme la donne politique. Pourquoi ? Parce que, pour la première fois depuis 1956, elle pose un redoutable problème de légitimité. En Tunisie, depuis longtemps, l’arbitraire est la règle des gouvernants. Ce n’est donc pas de cela qu’il s’agit. L’illégitimité va bien plus loin que l’illégalité. Elle est synonyme de scandale absolu, de cassure irréparable du contrat par lequel la population accepte de se soumettre aux autorités. Elle indique que les limites du tolérable sont franchies. En cela, elle peut susciter des réactions imprévisibles, passionnelles, une véritable fureur populaire, potentiellement mortelle pour le pouvoir en place parce qu’incontrôlable.

La mascarade de la modification constitutionnelle, qui conféra la présidence à vie à Bourguiba en 1974, était profondément choquante du point de vue de la légalité républicaine. Bourguiba, «père de la nation», «fondateur de l’Etat moderne», ne fut cependant pas perçu comme un imposteur. Si ses accommodements avec le droit ne lui valurent pas un surcroît de considération de la part des intellectuels et de la jeunesse, ils n’entamèrent pas vraiment son crédit aux yeux de la grande majorité des citoyens. Le coup de force du 7 novembre 1987 s’inscrit dans la même lignée. Il n’était pas légal, malgré tous les artifices «médicaux» dont on chercha à l’affubler. Arrachant le pays à une situation de fin de règne lourde de périls, opéré sans effusion de sang, le putsch fut généralement accueilli avec un certain soulagement, voire
quelque gratitude. L’espèce de ferveur dont le Premier ministre félon bénéficia dans les mois qui suivirent la déposition le prouve abondamment.

Fruit d’une réforme constitutionnelle de convenance, le troisième mandat de 1999 créait, à cet égard, une difficulté sérieuse. L’initiative restait malgré tout justifiable. En un sens, chacun semblait admettre que Ben Ali n’était pas encore prêt. Le troisième mandat devait lui permettre de trouver un successeur, de manière à assurer une passation sans drame. Différents scénarios avaient été mis au point, y compris parmi les principales chancelleries, et des noms de dauphins éventuels commencèrent à circuler. Légalement, d’ailleurs, le mandat supplémentaire de cinq ans ne s’inscrivait pas dans une optique d’accaparement indéfini du pouvoir. C’est pour cela que la réforme en question s’était bornée à introduire un troisième mandat, et non à mettre en cause le principe de leur limitation.

Avec le quatrième mandat, l’opération change de nature. Ben Ali ne veut plus s’en aller. L’homme qui déclarait, à l’aube du 7 novembre 1987, que le peuple tunisien était «trop évolué pour tolérer une présidence à vie, fût-elle confiée à un fils illustre», lui-même, qui n’a rien d’illustre, tombe maintenant le masque et se donne à voir pour ce qu’il est réellement : un vulgaire aventurier, sans parole et sans honneur. Le seul titre de légitimité dont il pouvait se prévaloir, à l’intérieur et à l’extérieur, provenait de cette déclaration d’intention, lue à la radio quelques heures après le putsch. En la bafouant, il détruit du même coup, et à jamais, le cadre politique et moral qui validait sa présence à la tête de l’Etat. Les ressorts de la légitimité ne relèvent ni des élections ni du droit, mais d’une espèce de justice immanente. Il était juste, selon cette logique, de déposer Bourguiba et, par conséquent, juste de le remplacer. Si le renversement n’a plus de sens, alors le maintien au pouvoir de Ben Ali ne peut en avoir. Son autorité devient illicite et lui-même un usurpateur.

Ben Ali ne veut plus partir. La tragique ironie de l’affaire vient de ce qu’il ne veut plus s’en aller parce qu’il ne le peut plus. Cette impossibilité résulte du type de régime qu’il a installé. Ben Ali est pris là-dedans sans échappatoire possible. Il ne peut pas se représenter et il ne peut pas ne pas se représenter. Parce qu’il n’est pas en mesure de s’appuyer sur un vrai groupe dirigeant, disposant d’une vraie idéologie
dominante. Parce que son pouvoir n’est rien d’autre que la tyrannie d’un homme et de son clan, maintenue en place depuis 14 ans par des méthodes de banditisme d’Etat. Ne serait-ce que pour des raisons de sécurité, il ne peut avoir confiance en personne pour accepter de se retirer.

Je prendrai une comparaison pour fixer les idées. Les dictatures «classiques» que le dernier siècle a connues – communistes, fascistes, nationalistes – n’excluaient pas le pouvoir personnel. Mais, autour du chef, et parfois au-dessus de lui, il y avait un collectif, un groupe de dirigeants, qui veillaient à la perpétuation du système. Lorsque le «numéro 1» avait fait son temps ou que, pour tel ou tel motif, il ne faisait plus l’affaire, il était remplacé, et le groupe dirigeant se chargeait de mettre en selle le nouveau promu et d’asseoir son autorité. Ces moments de transition étaient toujours délicats et, comme tels, redoutés. Les techniques existaient, cependant, et le changement pouvait finalement s’avérer profitable. De son côté, le leader remplacé pouvait compter sur la solidarité du groupe, pour veiller à sa sauvegarde et lui
assurer un train de vie digne de son rang. De temps à autre, lorsqu’un contexte particulièrement critique l’exigeait, on pouvait être tenté d’en faire un bouc émissaire et le donner en pâture pour soutenir la légitimité du remplaçant. Le métier de dictateur n’est jamais totalement sans risques. En général, toutefois, on ne cédait pas facilement pas à ce genre de tentation. Les groupes dirigeants sont tenus de veiller au sort de tous leurs membres, parce que chacun pense d’abord à ce qui pourrait lui arriver, s’il se trouvait lui-même projeté sur le devant de la scène.

On comprend mieux, sous cet éclairage, le piège dans lequel s’est enfermé Ben Ali. Depuis son accession au pouvoir, il a brisé toute autorité ne provenant pas de lui. Dans l’exécutif, au parlement, dans le parti, les syndicats, l’armée, la justice, la presse, l’administration, etc., tous les rouages sont régulièrement purgés. De sorte qu’il est littéralement entouré aujourd’hui par un néant d’hommes et d’institutions. Sans groupe dirigeant pour le soutenir, son leadership apparaît également dépourvu de toute forme d’idéologie dominante, cet ensemble de valeurs et d’éléments culturels et psychologiques qui servent à cimenter une élite au pouvoir, tout en la soudant à une fraction significative de la population. Pour couronner le tout, Ben Ali s’est de plus en plus appuyé sur son clan familial. Pour assurer son enrichissement, celui-ci a achevé d’isoler son chef de file en pillant, de façon planifiée, non seulement les ressources publiques, mais aussi les biens et la fortune des possédants non-membres du clan. Tous les moyens ont été jugés bons dans cette vaste entreprise de spoliation : l’utilisation de la force publique contre les récalcitrants comme le recours aux procédés les plus crapuleux.

Racket, violence, chantage, contrebande, commissions occultes, marchés truqués, prises de participations forcées, c’est en effet avec de telles méthodes que Ben Ali et les siens ont organisé leur main-mise sur le pays. Il n’est pas étonnant qu’ils soient aujourd’hui à ce point exécrés par la population et le régime aussi peu considéré par la communauté internationale. (Le propre frère du Président a été impliqué dans une sombre affaire de trafic de drogue en France, il y a quelques années. De retour à Tunis, il aurait été abattu, selon la rumeur publique, par un tueur venu de Sicile.) Devant pareille situation, on comprend aisément que n’importe qui, choisi par Ben Ali pour lui succéder, n’hésiterait pas un instant, une fois intronisé, à dénoncer son bienfaiteur. Pour détourner sur lui la colère populaire et tenter de bâtir, sur cet exorcisme, sa propre autorité. Quelles que soient les illusions que l’on peut garder sur la gratitude humaine, un tel dénouement est couru d’avance. Ben Ali, qui n’est pas naïf, ne peut s’y tromper*.

C’est pour cela qu’il se représente. Pour cela qu’il ne peut pas ne pas se représenter. Commandée par des impératifs de survie personnelle et non par les intérêts stratégiques d’un groupe dirigeant inexistant, cette fuite en avant n’est pas réellement soutenue dans l’appareil d’Etat – malgré les efforts maladroits de la propagande pour donner le change. On peut même ajouter que l’initiative est, sinon combattue, du moins insidieusement sabotée par différents secteurs, dont les membres doivent estimer que leurs privilèges seraient mieux défendus sans lui qu’avec lui. Certaines manifestations «démocratiques» actuelles, pour le moins inhabituelles, ne s’expliquent pas autrement. Nous entrons ainsi dans une période où l’assise du pouvoir est appelée à se réduire sans cesse.

Face à cette évolution en peau de chagrin, Ben Ali est contraint de multiplier les tentatives intempestives de remise en ordre. Ce qui a pour effet automatique d’accentuer son isolement, en donnant à ceux dont il
piétine les intérêts ou le prestige social, des arguments supplémentaires pour vouloir se débarrasser de lui. On observe, notamment depuis le décès de Bourguiba en 1999, divers indices dans ce sens, en particulier dans l’armée et parmi les milieux d’affaires. Même quand il est obligé de lâcher du lest, cela se retourne également contre lui, parce que c’est perçu comme une preuve de faiblesse, qui encourage de nouvelles oppositions.

Telles sont les caractéristiques du cadre politique : un pays humilié, supportant de plus en plus mal de vivre sous le joug ; une autorité illégitime, rejetée par la population, isolée y compris parmi les possédants. Tout laisse penser que ces tendances vont aller en s’aggravant d’ici la date butoir de 2004. Dans cette optique, l’enjeu ne réside plus seulement dans le départ d’un despote doublé d’un voyou, mais, plus radicalement, dans un changement de régime, dans la sortie de la dictature.

Ben Ali donne l’impression aujourd’hui de concentrer tous les leviers de commande entre ses mains. En apparence, il est tout-puissant ; en réalité, sa position n’a jamais été aussi incertaine et précaire. Une transition politique peut être engagée sans que la totalité des conditions sociologiques et culturelles du changement aient été réunies au préalable. Il faut, pour cela, identifier le maillon faible : en le brisant, on met la chaîne entière hors d’usage. La mise en échec de Ben Ali peut provoquer l’effondrement du système totalitaire en vigueur depuis l’indépendance. Cette mise en échec peut entraîner une dynamique qui rende inconcevable le retour au passé, la domestication de la société par l’Etat, la confiscation des libertés par un parti unique, la dégénérescence de la dictature en pouvoir personnel…

L’Histoire ouvre une brèche devant les Tunisiens. Faut-il encore qu’ils sachent s’y engouffrer. Tout dépendra, en fait, de la façon dont les événements seront perçus par la population, notamment les forces politiques ; tout dépendra de leur détermination, leur capacité à surmonter la répression, leur constance et leur lucidité. Tout dépendra, en particulier, de la compréhension de la stratégie à développer : isoler au maximum Ben Ali en ne s’attaquant qu’à lui ; rassembler l’ensemble de ceux qui peuvent trouver un avantage à son départ, même s’ils ne s’accordent que sur ce point. En caricaturant, on dira qu’il faudra parvenir à réaliser l’union de tous contre un seul, la levée en masse du peuple contre le tyran prédateur. C’est la condition sine qua non de la victoire. Comme c’est la meilleure garantie de préserver la paix civile.

Considérons à présent la situation de l’opposition. En raison de la pression incessante de la violence policière, à cause aussi de l’absence de perspectives que cette violence favorise, l’opposition montre de nombreux signes de fragilité. Et, corollaire de sa faiblesse, elle est morcelée et divisée.  Elle est divisée et morcelée par les classes d’âge, les origines sociales, les références culturelles et les idéologies politiques. Elle souffre notamment d’une division majeure entre démocrates laïcs et militants islamistes. Il semble évident que si les choses devaient rester en l’état, rien de décisif ne pourrait se produire. Mais elles ne peuvent pas rester en l’état. Le rassemblement de l’opposition paraît inéluctable et, avec lui, son renforcement.

Le rapprochement des laïcs et des islamistes entraînerait des transformations considérables dans la scène politique nationale. Séparés, ni l’un ni l’autre camp ne peuvent prétendre sérieusement inquiéter Ben Ali. Réunis, c’est une autre affaire : leur poids commun est largement supérieur à l’addition de leurs forces respectives. Leur unité aurait une valeur symbolique de première importance. D’une certaine manière, en reliant islam et modernité, elle scellerait la réconciliation du pays avec lui-même. Elle rouvrirait le champ des possibles. Redonnant confiance à la jeunesse, elle ferait reculer la peur et la résignation, permettant la mobilisation de la population et son entrée dans l’action.

Les conceptions et l’état d’esprit du mouvement islamiste tunisien ont beaucoup évolué depuis 10 ans. On n’y trouve plus, en particulier, de courants organisés, partisans du recours à la force. Restent de lourdes divergences en termes de projets de société. Il ne s’agit pas aujourd’hui de les gommer artificiellement ni d’essayer, pour un camp, de se subordonner l’autre. Il est simplement question d’agir de concert pour abattre la tyrannie et instaurer le pluralisme. Je sais bien que les discours ne suffisent pas en la matière. Mais je sais aussi que la vie réelle ne s’épanouit pas sans prise de risque. Quoi qu’il en soit, le travail unitaire n’interdit pas les mesures de précaution.

La lutte engendre l’unité, parce que l’efficacité en dépend. Depuis deux ans, de réels progrès ont été réalisés sur ce terrain. Il reste à passer du niveau humanitaire au domaine proprement politique.  L’unité est
le seul moyen de peser et d’espérer obtenir que la société se lance à son tour dans le combat. L’opposition est désormais présente sur tout le territoire national. On retrouve des adversaires au régime non seulement à Tunis et dans les grandes villes côtières, mais jusque dans les plus petites bourgades de l’intérieur. On peut donc raisonnablement estimer que, dans les prochains mois, les différents groupes et mouvements vont poursuivre leur renforcement interne, affermir leurs identités – et en même temps se rapprocher les uns des autres. En rejetant sans doute quelques outrances symétriques, qui peuvent avoir un sens quand on se situe dans le pur témoignage, mais deviennent nocives et irresponsables quand il s’agit de traduire des orientations en activité politique pratique.

D’ailleurs, le problème n’est pas tellement d’élaborer un programme commun, que de garantir le minimum indispensable de coordination et d’unité d’action. Le but est de barrer la route à Ben Ali, d’exprimer, contre lui, un rejet unanime et universel. Mais l’union par la négative ne suffit pas. Il faut donner un contenu positif à la démarche et, pour cela, proposer une alternative. Si l’on a bien intégré la nécessité d’isoler l’adversaire, on comprend le besoin de réaliser contre lui le rassemblement le plus large. Il faut opposer à une candidature solitaire et illégitime, une candidature légitime, soutenue massivement par le pays. Il s’agit, par conséquent, d’opposer à Ben Ali une seule candidature, une candidature unique non seulement de l’opposition, mais de la société tout entière.

Nous en avons plusieurs à notre disposition aujourd’hui, déclarées de façon plus ou moins explicite. Dans l’état actuel des choses, cette diversité ne présente pas de graves inconvénients. A la limite, elle revêt même un certain avantage, puisqu’elle peut permettre de fractionner les représailles. Mais à l’approche de l’échéance de 2004, le pays devra offrir un front soudé. Et il faudra bien que l’on y parvienne. La candidature alternative unique jouera un rôle capital dans la  mobilisation populaire. Sa crédibilité dépendra de l’ampleur des soutiens qu’elle recueillera au-dedans et au-dehors. C’est la raison pour laquelle elle devrait provenir des rangs de l’opposition démocratique et laïque.

Les conseillers de Ben Ali voudraient faire entériner le quatrième mandat par une opération référendaire, une sorte de plébiscite fascisant. Initialement, le référendum était prévu pour le premier semestre 2003. Il
semble à présent qu’on veuille en avancer la date, pour profiter sans doute de ce que la politique mondiale est focalisée sur les développements de la crise au Proche-Orient. Ce changement de calendrier doit nous pousser à accélérer nos propres préparatifs. En dehors du travail d’explication interne, pour voter massivement non au référendum, il est essentiel de déjouer la manœuvre sur le plan extérieur, spécialement aux Etats-Unis et en Europe. Il faudrait parvenir à convaincre le plus grand nombre de gouvernements de dénoncer le caractère antidémocratique du procédé et demander, à titre préventif, la présence d’observateurs durant la consultation. L’objectif, ici, n’est pas de laisser l’étranger arbitrer entre Tunisiens, mais de marquer la défiance de l’opinion publique nationale et internationale à l’égard d’une dictature qui ne vit que
de fraude et de tricherie. La campagne du référendum doit servir de répétition générale à la campagne présidentielle. Plus Ben Ali sortira discrédité du premier acte, moins il aura d’arguments à faire valoir au second.

L’échéance de 2004 concerne l’élection présidentielle et les élections législatives. S’agissant des législatives, il est compréhensible que chaque courant d’opposition  cherche à se compter, à renforcer son influence, à inscrire un rapport de force favorable à son projet spécifique. C’est la loi de la démocratie et il n’y a là rien de répréhensible. Il faudra cependant prévoir des candidatures d’union partout où cela sera nécessaire et, surtout, prendre les dispositions nécessaires pour être présent dans l’ensemble des circonscriptions électorales et des bureaux de vote. La présence d’observateurs et de contrôleurs étrangers devra être requise systématiquement.

Mais, encore une fois, le combat principal, c’est l’élection présidentielle, pour faire barrage à l’imposteur. Le programme alternatif pour cette consultation devrait être à la fois modéré et ferme dans son inspiration. Il devrait être modéré pour rallier tous les groupes sociaux et tous les courants politiques. Il devrait être ferme pour assurer une transition irréversible vers la démocratie : amnistie générale, liberté d’organisation et d’expression, liberté d’opinion et de conviction religieuse, égalité des droits entre hommes et femmes, liberté d’entreprendre, droit de propriété, indépendance de la justice, neutralité de l’administration. Sur le plan extérieur, il faudrait définir une diplomatie au service du développement national, soucieuse des intérêts du monde arabe et qui ancre définitivement le pays dans le camp de la liberté, à travers un partenariat politique renforcé avec l’Union européenne – en s’inspirant, par exemple, des mesures prises par le Portugal après la révolution des Oeillets. La nouvelle équipe présidentielle devrait pouvoir assurer cette transition avec toute la vigueur nécessaire et avoir la capacité de neutraliser les obstacles qui se dresseraient sur son chemin.

Comme le pire, le meilleur n’est jamais certain. L’analyse qui précède trace une sorte de trajectoire idéale maximale. Rien, aujourd’hui, ne peut encore permettre de dire ce qui va réellement se produire.
L’issue, de toute façon, dépendra des Tunisiens, de ce qu’ils feront, de ce qu’ils oseront, des risques qu’ils consentiront. Tout a un prix. Les Tunisiens obtiendront ce qu’ils accepteront de payer par leurs luttes et leurs sacrifices.

Dans la mesure où l’opposition s’unifie et parvient à entraîner la population dans le combat, nul ne peut prévoir à l’avance les péripéties de l’affrontement. Le départ de Ben Ali peut être arraché avant, pendant ou
après les présidentielles. Lorsque l’on étudie les expériences analogues vécues dans d’autres pays – en Asie, en Europe de l’Est, en Amérique latine -, on constate que les scénarios de sortie de crise sont
multiples. Ben Ali peut s’enfuir ; certains de ses lieutenants peuvent chercher à négocier son retrait ; l’armée ou d’autres forces de sécurité peut estimer nécessaire d’intervenir, dans une tentative de rééditer
le coup de novembre 1987. Comment se comporter en pareilles circonstances ? Se satisfaire du départ du dictateur et laisser faire ceux qui le remplacent, on sait déjà que cela ne débouche sur rien de bon. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais négocier. Mais simplement qu’il ne faut pas lâcher la proie pour l’ombre. Il s’agira de maintenir la pression populaire jusqu’au bout : des élections libres et la fin de notre
minorité politique. Si le cap est maintenu, personne ne volera sa victoire au peuple.

Aziz Krichen
Janvier 2002

* Ce texte à été publié sur la liste Maghreb des Droits de l’Homme le 26 avril 2002. M. Aziz Krichen est l’une des figures importantes de la gauche tunisienne dans les années 60. Il a été emprisonné sous Bourguiba. Il est le frére de M. Ziad Krichen, journaliste au Maghreb et à Réalités

 

Aurora Metals seeks two additional exploration permits in Tunisia

Jun 4, 2002 (Al-Bawaba via COMTEX) –

Aurora Metals (BVI) Limited, a mineral exploration company exploring for base metal deposits in Tunisia, announced further results of exploration for zinc on the Hammala and Kebbouch district exploration permits, approximately 150 kilometers southwest of Tunis, and 12 kilometers east of the town of Le Kef in Northern Tunisia.

In addition, the company announces that it has filed applications for two additional permits, to be known as El Hamri and Er Rosfa, to the west and contiguous with its present land position.

The geological mapping and geochemical sampling programs, completed during 2001, confirmed the existence of five areas highly anomalous in zinc on the Hammala, Koudiat Sidi Amor and Koudiat ed Diss EPs.

After considerable delays caused by administrative and subsequent international events, a light weight drilling rig, under contract with Kluane International Drilling Inc., was imported to Tunisia and a seven-hole core drilling program, totaling 1,291 meters, was carried out in December 2001 and January 2002.

Five holes were drilled on the Hammala exploration permit to test the Bahloul formation, believed likely to host extensive base metal mineralization, over a strike length of approximately 400 meters. Hole Nos. K-1 and K-2 were drilled from the same position, 4007650N 490752E, at Hammala Village.

Hole No. K-1, bearing 90 degrees at declination of 60 degrees, and 300.22 meters in depth, intersected the Bahloul Formation from 44.50 meters to 81.80 meters, a down hole length of 37.30 meters. Assays for the total intersection were 0.31 percent lead (Pb), less than 0.2 grams of silver per ton (g/t Ag) and 0.26 percent zinc (Zn), including 1.0 meter at 0.31 percent Pb, 1.1 g/t Ag, 2.02 percent Zn from 54.50 meters to 55.50 meters, and 3.05 meters of 3.08 percent Pb, 0.2 g/t Ag, 0.72 percent Zn from 76.30 meters to 79.35 meters.

Hole No. K-2, bearing 90 degrees at declination of 85 degrees, and 100.63 meters in depth, intersected the Bahloul Formation from 59.15 meters to 97.90 meters, a down-hole length of 38.75 meters. Assays for the total intersection were 0.03 percent Pb, less than 0.2 g/t Ag and 0.23 percent Zn. The highest zinc assays were 0.52 percent over 4.10 meters from 68.50 meters to 71.60 meters, and 0.50 percent over 3.05 meters between 80.75 meters and 83.80 meters.

Hole No. K-3 was drilled at 4007805N 490700E at Hammala Village. The hole, on a bearing of 90 degrees at declination of 45 degrees, to a depth of 246.89 meters, intersected the Bahloul Formation from 138.70 meters to 175.30 meters, a down hole length of 36.60 meters. Assays for the total intersection were 0.01 percent Pb, less than 0.2 g/t Ag and 0.09 percent Zn with the highest zinc assay being 0.20 percent.

Hole Nos. K-5 and K-6 were drilled from the same position, 4007403N 490634E, behind the Maison Forrestiere at Hammala Village. Hole No. K-5, at declination of 90 degrees, to a depth of 137.16 meters, intersected the Bahloul Formation from 94.20 meters to 126.60 meters, a down hole length of 32.40 meters. Assays for the total intersection were 0.01 percent Pb, less than 0.2 g/t Ag and 0.44 percent Zn, including 1.6 meters at 0.06 percent Pb, less than 0.2 g/t Ag, 2.32 percent Zn from 100.50 meters to 102.10 meters, and 1.55 meters of 3.08 percent Pb, 0.2 g/t Ag, 0.72 percent Zn from 105.15 meters to 106.70 meters.

Hole No. K-6, bearing 140 degrees, at declination of 60 degrees, to a depth of 89.91 meters, intersected the Bahloul Formation from 48.65 meters to 77.40 meters, a down hole length of 30.95 meters. Assays for the total intersection were 0.26 percent Pb, less than 0.2 g/t Ag and 0.65 percent Zn, including 2.9 meters at 1.86 percent Pb, 0.75 g/t Ag, 4.15 percent Zn from 61.10 meters to 64.40 meters.

Koudiat Sidi Amor Exploration Permit One (1) hole was drilled to test the Cretaceous-Transition Zone-Triassic contacts and the possibility of the Bahloul Formation existing beneath the Triassic.

Hole No. K-7 was drilled at 4007000N 490588E, at Grande Descenderie, approximately 300 meters south of Hole Nos. K-5 and K-6. The hole was drilled to a depth of 292.60 meters, bearing 90 degrees at declination of 60 degrees and passed from the Cretaceous into the Triassic from 75.18 meters to 230.10 meters. The Triassic was weakly mineralized throughout, with the highest grade zinc section of 2.70 meters between 155.30 meters and 158.00 meters, which assayed 0.28 percent Pb, less than 0.2 g/t Ag and 3.02 percent Zn.

Koudiat Ed Diss Exploration Permit One hole was drilled at the southwestern corner of Koudiat ed Diss with the objective of testing for the presence of the Bahloul Formation.

Hole No. K-8 was drilled at 4005402N 492210E, at Majembia Sud to a depth of 120.39 meters, due north, declined at 60 degrees. The collar of the hole was in Cenomanian and remained in that age rock over the length of the hole and did not intersect the Bahloul Formation.

Sampling and Assaying Core sizes drilled were NTW and BTW, 57 millimeters and 42 millimeters in diameter, respectively. Core selected for assaying was sawn in half and samples were sealed in containers and shipped to the laboratory of ALS Chemex in Vancouver, Canada, where Induced Couple Plasma (ICP) 34-element analyses were carried out. Samples with lead and zinc content exceeding 10,000 parts per million by ICP analysis were assayed by acid digestion with atomic absorption spectometry (AAS) finish.

The intercepts in the holes drilled into the Bahloul Formation, Hole Nos. K-1, K-2, K-3, K-5 and K-6, and that into the Triassic-Cretaceous contact zone, Hole No. K-7, showed mineralization in base metals but not of economic significance at the horizons tested, i.e., 100 meters to 200 meters below the surface.

As a consequence, it is apparent that there is greater potential for discovery of a body of mineralization akin to the Bou Grine deposit located approximately 15 kilometers south-southeast of Hammala and currently being mined by Breakwater Resources Limited. Such mineralization would be within the Bahloul Formation and the Transition Zone and of Mississippi Valley-type size rather than the large sedimentary-exhalative-type (sedex) mineralization originally envisaged.

The implication is that such a deposit may be deeper than 200 meters below surface, still a moderate depth for subsequent exploitation, and, based on the dip of the Bahloul Formation encountered in the drilling program, further to the west. The Company has, therefore, lodged applications for two additional EPs to cover this eventuality. The EPs, to be known as El Hamri and Er Rosfa, will adjoin Hammala and Koudiat Sidi Amor, respectively, to the west. The Company’s contiguous EPs will then total 46.14 square kilometers.

Subject to financing, the first phase of future work will consist of more intense geological and structural mapping and interpretation to identify synsedimentary faults associated with the Bahloul Formation and the Transition Zone, and geophysical surveying over the areas of interest to define further targets. The first phase will take approximately three months and will be followed by the second phase-a drilling program commensurate with the size and number of the targets.

Agreements with BHP Billiton Funding for the exploration was made available through a private placement under a Subscription Agreement with Billiton E&D 3 B.V. and an associated Option Agreement with Billiton UK Resources B.V. (BBV), both companies being wholly owned subsidiaries of BHP Billiton plc.

The Option Agreement between the Company and BBV originally gave BBV until February 8, 2002, to elect to take a First Option wherein it can earn 51 percent in the Hammala Exploration Permit and the Kebbouch District Exploration Permits by advancing further funds for exploration prior to December 1, 2002, and further stage of funding to be expended prior to January 1, 2004. As a consequence of delays to the exploration activities these dates were subsequently amended to August 8, 2002, June 1, 2003 and July 1, 2004, respectively. – (menareport.com)

By Mena Report Reporters

(C) All rights reserved. Menareport.com

 

EIB euro 20 million loan to the Tunisian cement sector

 TunisiaEuropean Union, Economics, 6/1/2002

The European Investment Bank (EIB), the European Union’s long-term financing institution, is lending EUR 20 million to Ciments Artificiels Tunisiens (CAT), for the modernisation and expansion of its existing cement plant at Ben Arous, in the Greater Tunis area.

Following its privatisation CAT has been acquired by the Italian company Colacem (part of Gruppo Financo) in the year 2000. The project associates the excellent brand reputation of CAT and its knowledge of the market with the technical know-how and financial input of a major European producer.

The investment will improve the efficiency of the plant by reducing operating costs and increasing production, while environmental standards will be ameliorated. Upon completion in 2004, the plant’s yearly production capacity will be 800 000 tons of grey cement.

The EIB is developing in the Mediterranean region its lending activity directly to the private sector. This loan is the first operation in 2002 with a private promoter signed in this context; it also regards the first loan in favour of a privatised company in the Southern Mediterranean area, which is directly granted to an Italian company and with support of Italian financial institutions. The operation demonstrates the strong support given by the Bank not only to the private sector but also to the privatisation policy of the Tunisian Government.

Since 1978, the EIB has lent more than EUR 1.3 billion for investment in Tunisia, with an emphasis on infrastructures, environmental projects and the support of industrial development through direct loans as well as global loans to the Tunisian banking sector for SME investment.

(Source : www.arabicnews.com)

 

Arig signs accord with Tunisia bank

 
Arab Insurance Group (Arig) has signed a protocol agreement with Banque Internationale Arabo-Tunisienne (BIAT), Tunisia’s largest private bank, to transform the Group’s Tunis-based insurance subsidiary, Arab Tunisian Insurance Group (ATIG), into a multi-branch insurance provider.
 
The deal will see the creation of new distribution channels for insurance products through BIAT’s branch network. This form of distribution using bank branches, known as Bancassurance, is very popular in European countries.
 
ATIG’s capital will be raised from three to 10 million Tunisian Dinars under the terms of the agreement and this will facilitate the development of the company’s business operations.
 
Arig and BIAT will now cooperate on restructuring and developing ATIG, with particular focus on harnessing Arig’s expertise in operational and technical areas, to activate ATIG’s presence in the Tunisian insurance market. Tunisia, where insurance sector is undergoing liberalisation, is a fast growing market, ranking among the top five Arab economies in terms of GDP growth for 1999 and 2000. The new venture will also allow Arig to focus on meeting the needs of Afro-Arab insurance markets to create new distribution channels and to secure market access for Group products and services.
 
Abdullatif Al Rayes, Arig’s General Manager for Insurance Investments, said: ‘The partnership with BIAT serves our strategy to enhance our presence and develop Bancassurance concepts in the North African market.’
 
‘The Arig-BIAT partnership is a strategic fit for both partners in a developing market with huge potential. We will now work closely with BIAT to help ATIG play a leading role in the Tunisian insurance sector,’ he added.
(Source : Bahrain Tribune, 04 June 2002 )

 

( أريج ) تؤسس شراكة استراتيجية في تونس لتطوير التأمين المصرفي

 أعلنت (المجموعة العربية للتأمين) (اريج) أنها وقعت اتفاق شراكة مع بنك تونس العربي الدولي (بيات), أحد أكبر البنوك الخاصة في تونس, لتحويل الشركة التابعة للمجموعة في تونس, (المجموعة العربية التونسية للتأمين) (اتيج), إلى شركة تأمينات متعددة الفروع.
وقالت في بيان إن اتفاق الشراكة سيتيح فتح قنوات توزيع جديدة لمنتجات التأمين عن طريق فروع الشبكة المصرفية الواسعة لـ(بيات). ويعرف هذا النمط من توزيع منتجات التأمين عن طرق البنوك بـ(التأمين البنكي) وهو (اسلوب حديث في مجال التسويق التأميني ومنتشر في صورة كبيرة في أسواق الدول الأوروبية).
وبموجب بنود الاتفاق, سيتم رفع رأس مال (اتيج) من ثلاثة إلى عشرة ملايين دينار تونسي, (ما سيسهل تطوير الأعمال التجارية والإدارية للشركة).
وذكـر البـيان انه في إطـار الشـراكة بيـنهما, ستتعاون كل من (أريج) و(بيات) في عملية إعادة هيكلة (اتيج) وتطويرها, (مع التركيز على الاستــفادة من خــبرة اريج في الجوانب التشغيلية والفنية) من أجل تنشـيط دور (اتيج) في سوق التأمين التونسي. ويشار إلى ان قطاع التأمـــين التــــونسي يتجه حالياً نحو تنفيذ سياسة تحرير السوق.

(نقلا عن صحيفة الحياة الصادرة يوم 4/6/2002 )

 

السعودية وتونس تبحثان زيادة فرص الاستثمار في المجالات الصناعية والسياحية

الرياض: عبد الرحمن المنصور
الكويت: فادية الزعبي
ركز لقاء بين مجموعة من رجال الأعمال والاستثمار في كل من السعودية وتونس عقد أمس بمقر الغرفة التجارية الصناعية بالرياض، على تعزيز التعاون بين البلدين في المجالات الاقتصادية والاستثمارية بما يخدم المصالح المشتركة وخاصة في مجال تشجيع حركة التبادل التجاري. وذكر بيان صحافي صادر عن الغرفة التجارية الصناعية الرياض أن الوفد التجاري التونسي الذي يرأسه الهادي الجيلاني رئيس الاتحاد التونسي للصناعة والتجارة والصناعات التقليدية، عرض على رجال الأعمال السعوديين العديد من الفرص الاستثمارية التي تركزت حول المجال السياحي الصناعي والتبادل السلعي والتجارة والاستثمار.

وأكد المهندس علي بن عثمان الزيد عضو مجلس ادارة الغرفة التجارية الصناعية بالرياض ان الحكومة السعودية تسعى بالتعاون مع القطاع الخاص الى زيادة حجم التبادل التجاري والصناعي مع تونس، خصوصا في ظل الاهتمام الذي تلقاه مجالات التعاون الاقتصادية والتجارية من قيادتي البلدين، مشيراً الى ملامح تطور البيئة الاستثمارية في المملكة بعد احداث جملة من التغييرات ومنها صدور النظام الاستثماري الجديد الذي يتيح العديد من المزايا كما يمنح المستثمرين الاجانب العديد من الايجابيات. واعرب عن امله في ان تثمر زيارة الوفد التجاري التونسي ايجاد مشروعات عمل مشتركة بين القطاع الخاص السعودي والتونسي وتطوير القائم منها بما يمهد لتأسيس شراكة تجارية قوية ومنفتحة بين البلدين.
الى ذلك، وقال الهادي الجيلاني ان الاستثمارات العربية في تونس تتركز غالبيتها في قطاع السياحة لما لهذا القطاع من ايرادات جيدة لرؤوس الأموال المستثمرة فيه.

وذكر الجيلاني في زيارته للكويت ضمن جولة خليجية تهدف للترويج لمناخ الاستثمار في تونس، أن عدد المؤسسات المدرجة تحت عنوان الاستثمار العربي في تونس تصل الى 185 مؤسسة، اجمالي استثماراتها يفوق المليار دينار تونسي، منها 810 ملايين دينار (562 مليون دولار) استثمارات خليجية. وتحتل المملكة العربية السعودية المرتبة الأولى بين الدول العربية المستثمرة في تونس، إذ يبلغ اجمالي استثماراتها 574.058 مليون دينار، منها 276.145 مليون دينار مستثمرة في قطاع السياحة. أما الكويت التي تحتل المرتبة الثانية بعد السعودية فيبلغ اجمالي استثماراتها 227.419 مليون دينار، منها 211.419 مليون دينار في قطاع السياحة. في حين تحتل الامارات العربية المتحدة المرتبة الثالثة باستثمارات قيمتها 58.828 مليون دينار تونسي، منها 40.025 مليون دينار في قطاع السياحة. وتوفر تلك الاستثمارات العربية في تونس حوالي 11500 فرصة عمل.

وأوضح الجيلاني لـ«الشرق الأوسط» أن خير دليل على حجم عوائد الاستثمار في القطاع السياحي ذلك النمو الكبير الذي سجلته الشركة الكويتية التونسية للسياحة، فقد بدأت هذه الشركة استثماراتها في تونس بتمويل إنشاء ثلاثة فنادق، وبعد مرور بضع سنوات وصل عدد الفنادق التي قامت بتمويل انشائها الى 16 فندقاً.
وتحدث الجيلاني عن مناخ الاستثمار الممتاز في تونس بقوله إنه الى جانب الاستقرار السياسي والأمن الاجتماعي اللذين تتمتع بهما تونس، واكتمال البنية التحتية في البلد، وانجاز برنامج الاصلاح الاقتصادي، أصدرت تونس قانوناً موحداً للاستثمار أجرت عليه اخيرا بعض التعديلات ليصبح من أفضل قوانين الاستثمار لما تضمنه من حوافز وتشجيع وضمان حقوق المستثمر.

وقال إن الاتفاقات الدولية التي أبرمتها تونس مع العديد من الدول والمنظمات الدولية تفتح الأسواق الواسعة أمام جميع أنواع المنتجات التونسية، فقد أبرمت تونس اتفاق شراكة مع الاتحاد الأوروبي دخل حيز التنفيذ، واتفاقات تجارية تفاضلية، وهي عضو في منظمة التجارة العربية، عدا عن الاتفاقات الثنائية مع العديد من الدول العربية والأجنبية.

وعن مزايا الاستثمار الأخرى في تونس قال «إن جميع المستثمرين بمختلف جنسياتهم يعاملون كمعاملة المستثمر التونسي، وإن القوانين الصادرة تعطي المستثمر حرية تحويل الأرباح وقيمة بيع الأصول بما في ذلك فائض القيمة. كما تعطيه حماية حقوق الملكية الصناعية، وحماية الاستثمارات في اطار الاتفاقات الدولية والثنائية وعدم الازدواج الضريبي، والاعتراف بقرارات التحكيم الدولية وتغطية المخاطر غير التجارية. هذا عدا عن سرعة انجاز المعاملات حيث لا يستغرق تكوين شركة فردية أكثر من 24 ساعة، وشركة محدودة المسؤولية 48 ساعة. وأشار الهادي الجيلاني الى كفاءة الكوادر البشرية التونسية، حيث تحتل تونس المرتبة الأولى في هذا المجال بين الدول الأفريقية.

كما صنفتها الشركة الفرنسية لضمان التجارة الخارجية كأفضل بلد لمؤشر المخاطرة في المغرب العربي وأفريقيا. وتأتي تونس في مؤشر التحرر الاقتصادي لعام 2001 قبل تركيا والمكسيك وماليزيا وجنوب أفريقيا ورومانيا ومن المرتكزات التي يهتم بمعرفتها المستثمر في أي بلد أن تونس تتمتع بمناخ متوسطي معتدل، وساحل يمتد 1300 كيلومتر على ساحل البحر الأبيض المتوسط، وفيها شبكة من الطرق العصرية التي تربط المدن والولايات، كما تربطها بالدول المجاورة، وفيها 7 مطارات دولية، و8 مرافئ بحرية تجارية تستقبل بواخر النقل العملاقة وسفن نقل الأشخاص، ولديها موارد طبيعية متنوعة منها البترول والفوسفات والحديد والزنك ومنتجات البحر والزيتون والزيت والتمور والطماطم.

كما تتوفر في تونس شبكة متطورة للاتصالات بواسطة الكوابل البحرية والأقمار الصناعية، وشبكة للهواتف النقالة والانترنت، وبها مناطق حرة في بنزيت وجرجيس، و62 منطقة صناعية مجهزة بالمرافق الأساسية الى جانب 744 هكتارا مهيأة للاستخدام في 28 منطقة صناعية أخرى.

وصل اول من امس الاحد الى الرياض رئيس الاتحاد التونسي للصناعة والتجارة الهادي الجيلاني على رأس وفد من الاتحاد في زيارة الى السعودية وبالتنسيق مع مجلس الغرف السعودية، وذلك في اطار جولة على بلدان مجلس التعاون الخليجي نظمتها للوفد مجموعة الاقتصاد والاعمال.
وزار الوفد امس الامير سلطان بن سلمان بن عبد العزيز، محافظ الهيئة العليا للسياحة، حيث جرى البحث في عدد من الافكار والخطط التي يمكن التعاون فيها بين البلدين، وخصوصا في مجالات الاستثمار السياحي وتنشيط السياحة البينية وتطوير الصناعات التقليدية وتكوين الموارد البشرية.
وعرض الجيلاني الفرص المتوفرة في تونس للاستثمار في المجال السياحي والقطاعات المكملة للسياحة من مطاعم وترفيه ورياضة وصناعات تقليدية.
كما زار الوفد ايضا الامير الوليد بن طلال بن عبد العزيز، رئيس مجموعة المملكة، الذي تربطه علاقات عميقة بتونس، وله فيها استثمارات سياحية وصناعية، خصوصا صناعة وتعليب زيت الزيتون المعد للتصدير الى الاسواق الاميركية.
وبعد عرض من الجيلاني لفرص الاستثمار في تونس اكد الامير الوليد ان برامجه الاستثمارية في تونس ما تزال في بدايتها وهناك اتجاه لشراء مؤسسات فندقية وادارتها تحت اسماء عالمية تابعة لمجموعة المملكة مثل فور سيزن وموفنبيك.

(نقلا عن صحيفة الشرق الأوسط ليوم 4 جوان 2002)

 

Le journaliste Daniel Mermet assigné pour « incitation à la haine raciale »

Du 18 au 22 juin 2001, Daniel Mermet consacrait son émission quotidienne sur France-Inter, « Là-bas si j’y suis », au conflit israélo-palestinien. Au début du programme, une boîte vocale diffusait des réactions d’auditeurs. « Qu’est-ce que c’est que ce pouvoir mortifère qui se complaît dans les assassinats d’enfants et les mutilations, qui justifie l’inacceptable jour après jour avec une outrecuidance criminelle et qui a l’infâme arrogance de nous traiter de racistes quand on ose timidement protester contre cette conduite indigne ? Qu’est-ce que c’est que ces hypocrites qui manient avec tant de virtuosité le bouclier de l’antisémitisme quand on veut juste leur rappeler que depuis cinquante ans, ils reproduisent à dose homéopathique l’horrible injustice dont ils ont souffert ? Je suis farouchement antisioniste. Je ne suis en rien antisémite. »

Ces propos, et sept autres réactions, sont-ils constitutifs des délits de diffamation raciale et de provocation à la haine raciale ? L’association Avocats sans frontières, présidée par Me Gilles William Goldnadel, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et la Licra, qui ont assigné, vendredi 31 mai, Daniel Mermet et Jean-Marie Cavada, président de Radio France, devant la 17e chambre du tribunal de Paris, en sont convaincues. Avec à l’appui, des témoins de poids : les philosophes Alain Finkielkraut et Pierre-André Taguieff – qui n’a pu se déplacer -, le journaliste Alexandre Adler et Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juifs de France (CRIF).

Pour Me Goldnadel, il ne fait aucun doute que Daniel Mermet est un « militant » de la cause palestinienne. « Le journaliste est un imparfait de l’objectif, c’est un homme désintéressé et honnête », répond le prévenu. « Qu’avez-vous cherché à montrer à travers vos émissions ? », lui demande la présidente, Mme Catherine Bezio. « De la souffrance, de la haine, l’insécurité, le désarroi, et aussi des amorces de résistance. Ce sont des carnets de route. »

« LE VIBRATO DE SES ÉMISSIONS »

Le magnétophone est branché, le tribunal écoute les pièces à conviction. Les sons de la vie à Gaza font irruption dans la torpeur du prétoire : des gamins qui rient en expliquant la fabrication des cocktails Molotov, des avions F 16 qui traversent le ciel. « Daniel Mermet est un journaliste engagé, juge Alain Finkielkraut.C’est sa marque d’originalité, le vibrato de ses émissions. J’avoue que j’y suis sensible. »Mais le philosophe s’alarme dès que « l’engagement vampirise le journalisme » : « Tout au long de son émission, Daniel Mermet ramène ce qu’il décrit à du déjà vu : l’apartheid, la colonisation, le martyre juif. C’est une logique de renversement : les Israéliens sont considérés comme juifs, et donc comme des victimes passées de l’autre côté, des victimes devenues nazis. »

L’audience tourne au débat philosophique sur les rapports entre antisionisme et antisémitisme. « 95 % des juifs de France sont sionistes, avance Alain Finkielkraut, dans le sens où ils ont une solidarité de destin avec Israël. Mettre au banc de l’humanité cet Etat, en tant que fasciste ou nazi, c’est exclure, sous le masque de l’antiracisme, tous ceux qui, en tant que juifs, le soutiennent. »

Cité par la défense, Rony Brauman ne partage pas cette analyse. Pour l’ancien président de Médecins sans frontières, le sionisme est une option politique, critiquable en tant que telle. « Toute l’ambiguïté du sionisme, c’est qu’il renferme dès l’origine à la fois un mouvement de libération nationale et un mouvement colonial. En ce sens, il comporte une part de racisme. » Alexandre Adler souligne, lui, que la boîte vocale incriminée est un peu comme le courrier des lecteurs d’un journal, « avec l’effet violent qu’apporte en plus la radio ». Pour le directeur éditorial de Courrier international, « ce n’est pas la liberté d’expression qui doit prévaloir dans le choix des interventions ».

Sur 29 auditeurs diffusés à l’antenne, 18 sont pro-palestiniens et 11 pro-israéliens. Daniel Mermet reconnaît avoir reçu davantage de messages pro-israéliens, « des interventions envoyées en réseau, avec sensiblement les mêmes mots ». Des choix éditoriaux qui portent la marque d’un « antisémitisme new look » de gauche, tranche Me Goldnadel, parce qu’il n’y a « qu’un cheveu entre la détestation de l’Etat juif et l’antisémitisme ».

Pour le procureur Christian Ligneul, les émissions de Daniel Mermet sont à replacer dans « un débat politique, un contexte de guerre ». « On ne peut pas reprocher au journaliste de reproduire un amalgame entre le peuple juif et l’Etat d’Israël, poursuit-il. C’est peut-être moralement répréhensible, mais pas pénalement. » Il laisse donc au tribunal le soin d’apprécier si le prévenu « a franchi une fois seulement la limite ». Me Jean-Yves Halimi, conseil de Daniel Mermet, dénonce « les amalgames, les contresens, les citations tronquées, les glissements sémantiques abusifs et les syllogismes erronés » commis selon lui par les parties civiles. Ce procès constitue, affirme-t-il, « le point d’orgue des pressions exercées sur les médias à l’occasion du conflit israélo-palestinien ». Jugement le 10 juillet.

Xavier Ternisien

ARTICLE PARU DANS L’EDITION PAPIER DU JOURNAL “LE MONDE” DU 02.06.02

 
 
Les multiples visages de l’intégrisme islamique

Gilbert Achcar*

Maître de conférence à l’Université de Paris VIII, membre de la Ligue communiste révolutionnaire (section française de la IV ème Internationale)

L’intégrisme islamique est cette mouvance politico-religieuse qui, s’attachant à une conception théocratique de l’État, vise à imposer la stricte observance de la Loi de l’islam (charia) comme loi fondamentale de la société.

L’intégrisme islamique est certes un courant récurrent, sinon permanent, dans l’histoire de la religion islamique : comme dans toute religion, et a fortiori dans une aire de civilisation qui n’a connu que partiellement et tardivement une séparation de la religion et de l’État (dans les territoires musulmans de l’empire soviétique et dans la Turquie de Mustafa Kémal), il a existé, depuis les premiers siècles de l’islam, une tension entre les partisans de l’application intégrale de la religion, à la lettre, et ceux de son adaptation rationnelle aux exigences de l’espace culturel et du temps, en se référant à l’esprit de sa période de fondation.

Religion et modernisation

Le bouleversement radical des sociétés musulmanes depuis un siècle et demi, sous l’impact de la pénétration et de la domination occidentales, a déplacé cette tension du côté de la modernisation : hormis la secte wahhabite, gardienne des murs et de l’idéologie dominante dans l’Arabie de la progéniture d’Ibn Saoud, il n’y a guère plus de partisans de la conformité intégrale au modèle éthique et socio-politique de l’Arabie du premier siècle de l’Islam. Les pôles de la tension sont, depuis le début de ce siècle finissant : d’une part, l’aggiornamento islamique des partisans de la subordination de la religion à l’État modernisateur (les partisans de la séparation, c’est-à-dire de la laïcisation, sont très marginaux parmi les courants se réclamant de l’islam) ; et, d’autre part, l’intégrisme islamique des tenants de la subordination de l’État à la religion, mais d’une religion qui, pour être déterminante et contraignante, n’en est pas moins adaptée aux besoins du pouvoir (voir l’exemple iranien).

La deuxième vague

L’intégrisme islamique moderne en est à sa seconde vague historique. La première était née au début de ce siècle, en réaction à la domination occidentale ; elle avait trouvé sa plus haute expression, sous la forme d’une organisation politique de type moderne, dans le Mouvement des Frères musulmans, fondé à la fin des années vingt, en Égypte. A son apogée, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, ce Mouvement regroupait près d’un demi-million d’adhérents. Il ne réussit pas, cependant, à l’emporter : il fut, au contraire, relégué, dès les années cinquante, dans une marginalité politique réactionnaire par le nouveau champion des aspirations nationales et modernisatrices égyptiennes et arabes, Gamal Abdel Nasser.

L’intégrisme réactionnaire

Preuve était faite que l’intégrisme islamique n’est pas une manifestation de la particularité culturelle des Musulmans, voire d’un atavisme plongeant ses racines dans les traits fondamentaux de leur  » civilisation  » (pour parler comme Huntington), mais bien une idéologie conjoncturelle d’essence socio-politique à vecteur religieux, soumise comme toute idéologie au sort de son terrain de prédilection. Dans le cas qui nous intéresse, ce terrain est celui de la réaction à la crise socio-économique engendrée par la modernisation d’inspiration occidentale. Face à cette crise, une réponse possible – chimérique certes, mais attrayante aux yeux des victimes de la crise – était le repli intégriste, réponse réactionnaire dans tous les sens du terme. L’autre était de relever le défi de la modernisation en s’affranchissant de la domination occidentale, réponse progressiste qui, toutefois, allait s’avérer illusoire elle aussi.

Les mêmes causes pouvant engendrer les mêmes effets, a fortiori quand ceux-ci n’ont pas été confrontés à l’épreuve du pouvoir et que les effets concurrents sont discrédités ou marginaux (la gauche d’inspiration marxiste), la faillite du nassérisme et assimilés – c’est-à-dire l’échec de la modernisation nationaliste, et la nouvelle aggravation de la crise socio-économique engendrée par cette modernisation, vite retournée au bercail occidental qui l’a vu naître – a de nouveau laissé le champ libre à l’expansion de l’intégrisme islamique.

L’influence de l’Occident

Le paradoxe, c’est que l’Occident, de nouveau cible principale du ressentiment intégriste islamique, a cette fois-ci directement contribué à la résurgence de ce dernier. Dans les années cinquante et soixante, les États-Unis et leur Texas islamique d’Arabie ont apporté leur soutien à la mouvance intégriste conçue comme antidote idéologique et politique du nassérisme. Ils se sont comportés en apprentis sorciers, à la manière des fossoyeurs de l’étatisme économique de type nassérien, qui, à l’instar de l’Égyptien Sadate et de l’Algérien Chadli, ont cherché à s’appuyer sur les intégristes musulmans contre leurs oppositions de gauche.

Aujourd’hui, ce même Occident atteint le sommet de l’hypocrisie, en combinant sa tutelle de l’État saoudien, dont l’intégrisme islamique n’est aujourd’hui égalé en zèle réactionnaire que par celui des Talibans afghans, avec son  » endiguement  » de l’Iran et son soutien aux dictatures militaires (l’Algérie, l’Égypte, la Turquie) ou policières (l’Irak naguère, la Tunisie aujourd’hui, l’Autorité palestinienne demain) bloquant l’accès au pouvoir des intégristes musulmans.

La lutte pour la démocratie

Seul l’attachement radical et militant aux valeurs démocratiques, qui passe par l’acceptation de voir les intégristes confrontés à l’épreuve du pouvoir, s’ils l’emportent majoritairement – quitte à défendre contre eux une démocratie qu’ils ne manqueront pas de mettre à mal, jusqu’au moment où ils perdront la majorité populaire et où il sera donc légitime et possible de les renverser -, seul cet attachement est efficace à long terme contre l’obscurantisme religieux. Le sort historique de tous les totalitarismes est là pour le démontrer.

* Ce texte a été rédigé en 1997 pour le réseau Alternatives de Montréal (Québec). Il est publié sur leur site web, ainsi que sur celui du Forum mondial des alternatives http://forum-alternatives.net

(Cet article nous a été envoyé aimablement par M. Sadri KHIARI)

 

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