8 juin 2002

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TUNISNEWS
3ème année, N° 751 du 08.06.2002

Pour consulter les archives de notre liste, cliquez ici: : http://site.voila.fr/archivtn

LES TITRES DE CE JOUR:

 

 

AP: La LTDH déplore la « dégradation » des droits de l’homme en Tunisie
AFP: Tunisia criticises EU over drop in support
ATFD – LTDH – CNLT – CTIJ – AJAT – LEI – RAID/ ATTAC-Tunisie: Communiqué commun.
LTDH: Communiqué
Afrik.com: TUNeZINE vivra !
Simples investigations
Business Day : Democratic Bubble Bursts in Tunis
Mustapha Tlili: Arab Democracy: A Possible Dream?
 


الحياة: تونس : رابطة حقوق الانسان تؤكد وفاة 9 سجناء بسبب « سوء المعاملة » و « الاهمال »

أ ف ب: تونس تأسف لتراجع المساعدة الاوروبية لدول جنوب المتوسط

الحياة: القمة المغاربية تدرس استحداث مصرف التجارة الخارجية

الشيخ راشد الغنوشي: فكر المصالحة الوطنية الشاملة

 

La LTDH déplore la « dégradation » des droits de l’homme en Tunisie

samedi 8 juin 2002, 16h30

TUNIS (AP) – La situation des droits de l’homme en Tunisie, « loin de s’améliorer, s’est sérieusement dégradée »: tel est le constat que fait la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), dans son rapport sur l’état des lieux en 2001.

Ce document de 52 pages, le premier à être publié depuis 1994, dresse avec force détails un bilan manifestement négatif des droits de l’homme, des libertés publiques et de la situation de la presse. Il déplore par ailleurs « l’absence de garanties de l’indépendance de la justice ».

« L’année 2001 restera l’année de la répression des militants des droits de l’homme », soutient cette ONG, la plus ancienne dans le monde arabe et en Afrique. Elle note que « cette répression s’est traduite par des actes de violence, des procès et des condamnations iniques ».

Selon la LTDH, « les conditions essentielles d’établissement de la démocratie, tels que les droits d’expression, d’organisation et de réunion sont foulés au pied ».

Quant au problème de l’information, « il reste entier: la presse demeure ligotée et les journalistes muselés ».

Le document relève « l’écart entre la réalité et le discours officiel qui continue à proclamer l’engagement (des autorités) à respecter les droits de l’homme ».

Aux yeux de cette ONG, les réformes « théoriquement positives » engagées « épisodiquement » en la matière « restent limitées (…) et ne répondent en rien aux aspirations » des citoyens de voir s’améliorer la situation politique. Elle considère qu' »en l’absence de contrôle effectif de leur application et de poursuites à l’encontre de ceux qui y contreviennent, ces réformes perdent dans la pratique toute leur importance ».

D’autre part, le rapport juge « alarmante » la situation dans les prisons. Il fait état de neuf décès de détenus de droit commun recensés en 2001, « dans des conditions demeurées obscures faute d’enquêtes objectives ».

Selon ses auteurs, le transfert de la tutelle des établissements pénitentiaires du ministère de l’Intérieur à celui de la Justice « n’a apporté aucune amélioration à l’encombrement des prisons, à l’état de santé, aux traitements dégradants et à la torture des détenus ».

Cet état de fait a conduit de nombreux prisonniers à recourir aux grèves de la faim pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de détention ou leur libération, poursuit le rapport qui estime à près de 500 le nombre de détenus ayant observé de telles grèves.

Considérés par les autorités comme étant des « prisonniers de droit commun » eu égard aux griefs retenus à leur encontre, bon nombre d’entre eux appartiennent à des formations interdites, notamment le mouvement islamiste tunisien « Ennahdha » et le Parti ouvrier communiste tunisien (POCT), une formation d’extrême gauche.

Face à ce tableau, le président de la LTDH, Me Mokhtar Trifi, estime que « les perspectives ne sont pas brillantes ». Il garde néanmoins espoir: « nous demeurons, malgré tout, optimistes, comme toujours, car une amélioration de la situation est dans l’intérêt de tous », clame-t-il.

Ce rapport est publié au lendemain du référendum du 26 mai sur la révision de la Constitution tunisienne adoptée par 99,52% des suffrages. Tout en supprimant la limitation des candidatures à la magistrature suprême -précédemment fixée à trois mandats de cinq ans-, ce qui permet à l’actuel président Zine El Abidine Ben Ali, 65 ans, de briguer un quatrième mandat en 2004, cette réforme promet de « conforter les droits de l’homme » et « un bon qualitatif » dans la vie politique du pays. AP

 

Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme


Infos Express du 8 juin 2002

Tunis le 6 juin 2002

Communiqué

Les représentants des associations se sont réunis le 6 juin 2002 au siége de la LTDH .Au cours de cette réunion , ils ont examiné les graves exactions entreprises le 2 juin contre le nouveau local de la section de
Monastir à Ksibet EL Mediouni .
En effet , la LTDH avait inauguré le 2 juin 2002 le nouveau local loué en vertu d’un contrat conclu avec la propriétaire , signé et enregistré en bonne et due forme.
Des membres du comité directeur , du comité de la section de Monastir ainsi que des militants ont assisté à la cérémonie d’inauguration .Juste après leurs départ , un nombre important d’agents de police se sont introduits dans le local en se faisant accompagner de la propriétaire des lieux , fermant les accès des rues attenantes et défonçant la porte du siége de la section de la LTDH , au vu et au su de nombreux citoyens.
Vu la gravité de ces agissements les associations réunies :

1- dénoncent cette violation de la loi  et protestent contre l’intervention de la police ainsi que des autorités locales et régionales et rappellent que le rôle de ces derniers est de veiller à l’application de la
loi et non à la violation de celle ci .Elle soulignent que ces actes constituent un grave précèdent dont les conséquences dépassent le cadre de la LTDH pour atteindre toutes organisation ou association indépendante.


2- insistent sur le fait que ces agissements constituent un crime qui entre dans le cadre d’une politique claire et continue visant le harcèlement de la LTDH. En effet , M Abderrahman Lahdhili , membre du comité directeur de la LTDH avait été victime le 7 Avril 2002 d’une agression physique de la part du président de la cellule du RCD  (Rassemblement Constituel Démocratique )  M Chakib Ben Fraj et de ces comparses. D’autres locaux de la LTDH , ont été l’objet d’encerclements policiers qui se sont souvent transformés en véritable état de siége comme cela a été le cas pour la section de Jendouba afin d’interdire de façon illégale  une conférence qui devait s’y dérouler autour du thème de «  la situation dans les prison » .Des invités venus à la conférence , de gouvernorats autres que celui de Jendouba se sont vus interdire l’entrée de cette ville.

3- Considèrent que cette offensive contre la LTDH constitue une étape d’une compagne plus vaste revêtant toutes les formes de persécutions ciblant les associations autonomes de la société civile , afin de leur
interdire tout accès à la vie publique ( conférences et réception dans les hôtels mais également dans les espace privés) .

4- Demandent aux autorités de respecter la loi et de mettre fin à la main mise de celle ci sur le siége de la LTDH de Monastir et de sanctionner tous ceux qui ont participé à la violation de ce local et ordonner
une enquête afin que soient sanctionner  toutes les parties qui les ont soutenu et couvertes.   
Expriment leur entière solidarité à la LTDH et leur détermination à participer à toute action collective allant dans ce sens.

L’association Tunisienne des Femmes démocrates ( ATFD)
La ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’homme (LTDH)
Le conseil National  pour les liberté en Tunisie  (CNLT)
Le Centre de Tunis pour l’indépendance de la Justice (CTIJ)
L’association Tunisienne des Jeunes Avocats ( AJAT)
La Ligue des Ecrivains Indépendants  ( LEI)
Le Rassemblement pour une Alternative Internationale de développement ( RAID/ ATTAC-Tunisie)


Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme


Tunis le, 06 juin 2002

Communiqué

Les forces de police ont investi Dimanche 02 juin 2002 le local de la section  de Monastir de la L T D H, sise à Ksibit El Madiouni.L’inauguration du siège de la section louée en vertu d’un contrat signé et enregistré en bonne et due forme , était inauguré le matin même en présence de membres du Comité Directeur, du Comité et des adhérents de la section.
Mais dès que ces derniers eurent quitté la ville de Ksibet El Madiouni, un nombre important d’agents de police accompagnés de la propriétaire du local, ont  investi les rues adjacentes et ont envahi le local en
brisant les serrures pour les remplacer par d’autres. Tout cela, au vu et au su de nombreux citoyens.La L T D H  dénonce avec la plus grande vigueur ce crime et réitère son souci constant depuis sa création d’agir afin que ses sections dont celle de Monastir puissent jouir de locaux.

A ce jour, aucune section de la L T D H n’a rencontré ce genre d’exactions subies par celle de Monastir. Ce type d’actions visent à empêcher la L T D H de poursuivre normalement ses activités en particulier en
cette période de préparation des Assemblées Générales des sections en vue de renouveler les adhésions.
Le Comité Directeur de la L T D H a informé les dirigeants du Ministère de l’Intérieur dès le début de cette entreprise contre le local de la section de Monastir exigeant que cesse cette violation de l’intégrité de
la L T D H.
Le Comité Directeur de la L T D H appelle tous les militants de celle-ci, les Associations de la société civile, les personnalités et partis politiques à se mobiliser pour dénoncer ces agissements des forces de
police de Ksibet El Madiouni, de mettre l’accent sur la gravité de ces faits et d’agir afin d’y mettre fin dans les plus brefs délais.
Le Comité Directeur de la L T D H rappelle à l’autorité publique son devoir de respect et de protection du droit et lui demande de mettre fin à sa main mise sur le local de la section de Ksibet El Madiouni.

pour le comité directeur
Le Président de la L T D H
Mokhtar Trifi


conférence de presse


Le président de la LTDH a tenu jeudi 6 juin 2002 au siége de la LTDH une conférence de presse lors de la quelle il a présenté le rapport de la LTDH sur l’état des libertés et des droits de l’homme en Tunisie pour
l’année 2001 M trifi a évoqué aussi au cours de cette conférence la situation actuelle et a souligné la dégradation de l’état des libertés et le harcèlement dont la LTDH et ses section font l’objet de la part des
autorités .

 

تونس : رابطة حقوق الانسان تؤكد وفاة 9 سجناء بسبب « سوء المعاملة » و « الاهمال »

 

بقلم: رشيد خشانة

شكت رابطة حقوق الانسان التونسية من (اتساع انتهاكات الحريات وحقوق الانسان) في العام الماضي. واشارت الى وفاة تسعة من سجناء الحق العام في ظروف قالت (ان الغموض ما زال يكتنفها).
ووضعت الرابطة التي تعد الاقدم في العالم العربي وافريقيا جرداً شاملاً بـ(انتهاكات) حقوق الانسان في السنة الفين وواحد في تقرير عرضه رئيسها المحامي مختار الطريفي اول من امس على الاعلاميين. وهذا ثاني تقرير سنوي تصدره الرابطة بعد التقرير الاول الذي صدر في العام 1995 وتطرق الى الانتهاكات المسجلة في العام السابق.
واعتبر التقرير ان (سنة 2001 كانت سنة انتهاك حقوق النشطاء). وأكدت ان (التجاوزات التي طاولتهم بلغت رقماً قياسياً مقارنة بالسنوات الماضية). وانتقدت الصعوبات الادارية التي يتعرض لها مؤسسو الجمعيات المستقلة, وأشارت الى رفض السلطات الترخيص لـ(جمعية مكافحة حكم الاعدام) و(مرصد حرية الصحافة والنشر) و(رابطة الكتاب الاحرار) ولجان مقاومة التطبيع و(مركز تونس لاستقلال القضاء والمحاماة) الذي يرأسه القاضي المعزول مختار يحياوي.
كذلك انتقد التقرير رفض الترخيص لـ(حزب العمال الشيوعي) الذي قضت محكمة الاستئناف في وقت سابق من العام الجاري بسجن زعيمه حمة همامي وثلاثة من قيادييه ثلاث سنوات.
واشار الى استمرار ملاحقة اعضاء (النهضة) المحظورة الذين قال التقرير انهم (يشكلون القسم الاساسي من مئات المساجين السياسيين). واتهم السلطات (بتوخي سياسة استئصالية واضحة تجاه هذا الحزب ان على صعيد كوادره او اسرهم او العاطفين عليهم). وأكد انهم (يتعرضون لأسوأ اجراءات القمع والحصار والمضايقة).
وأحصى التقرير حزبين آخرين لم يحصلا على ترخيص العمل الشرعي من السلطات وهما (التكتل الديموقراطي) بزعامة الدكتور مصطفى بن جعفر و(المؤتمر من اجل الجمهورية) بزعامة الدكتور منصف المرزوقي.
وحمل التقرير على (استخدام قوات الامن العنف لتفريق تجمعات سلمية) امام السجون او في اماكن عامة او اتحاد العمال او جمعيات غير مجازة.

رقابة على الصحف والانترنت
وانتقدت الرابطة (حال الاختناق التي يعيشها المجتمع المدني بسب احتكار (السلطات) وسائل الاعلام). وحملت على دور (الوكالة التونسية للاتصال الخارجي) في (احتكار الاعلان (ô
) وتوزيعه بحسب الولاء للسلطة). وافادت ان ثلاث دوريات لم يحصل اصحابها على امتياز اصدارها وهي (المقاصد) و(مغاربيات) و(كلمة) على رغم استيفائهم الشروط القانونية, مثلما قال التقرير.
وأشارت الى مصادرة ثلاثة اعداد من صحيفة (الموقف) التي يُصدرها (الحزب الديموقراطي التقدمي) (معارضة) واضطرار حركات غير مُرخص لها او اشخاص لاصدار صحف من دون الحصول على امتياز. وانتقدت مصادرة اعداد كبيرة من الصحف العربية والاجنبية ومنعها من التداول في الاكشاك بما فيها عدد من جريدة (لوموند) الفرنسية تتضمن مقابلة مع وزير الاتصال (الاعلام) وحقوق الانسان
صلاح الدين معاوي قبل عزله. كذلك انتقدت (مصادرة اكثر من عشرين كتاباً خلال العام الماضي بالاعتماد على اجراءات الابداع القانوني التي باتت تُستخدم آلية للرقابة).
وكشفت الرابطة ان شبكة الانترنت تخضع لرقابة (الوكالة التونسية للانترنت) (قطاع عام) والتي تشرف عليها وزارة الاتصالات. واضافت ان الرقيب (يقطع الاتصال ويقفل طرق الارتباط (على المستخدم) ويحاصر بريده الالكتروني اضافة الى منع الوصول الى المواقع المحظورة).
وتطرقت الرابطة الى ظاهرة احتجاز جوازات سفر معارضين سياسيين ونشطاء حقوق انسان وقدرت اعداد المحرومين من الجوازات بـ(بضع مئات غالبيتهم من السجناء السابقين وافراد اسرهم). كذلك انتقدت غياب ضمانات (استقلال القضاء وانحسار مجال تدخله) وأثنت على الرسالة المفتوحة التي وجهها القاضي مختار يحياوي الى الرئيس زين العابدين بن علي العام الماضي وتسببت بفصله لاحقاً من سلك القضاء. وكان يحياوي انتقد تجريد السلطات القضائية والقضاة من سلطاتهم الدستورية.
وخصصت الرابطة باباً رئيسياً من تقريرها للاوضاع في السجون. واحصت تسع وفيات اما بسبب (المعاملة القاسية) او بسبب (الاهمال الصحي). وأشارت الى شن المعتقلين سلسلة من الاضرابات عن الطعام لطلب تحسين اوضاعهم. واعتبر التقرير ان (التعذيب والمعاملة القاسية والمهينة ما زالت ظواهر شائعة داخل السجون التونسية). وأفاد ان الرابطة تلقت شهادات وشكاوى اكدت ان (تلك الممارسات تشمل سجناء الرأي والمساجين السياسيين وسجناء الحق العام هي تراوح بين الاهانة والعنف الخفيف والعنف الشديد والتعذيب المؤديين للموت في بعض الاحيان).
وعلى رغم مرور اكثر من 24 ساعة على صدور التقرير لم تعلّق الجهات الرسمية على المعلومات الواردة فيه.
(نقلا عن صحيفة الحياة الصادرة يوم 8/6/2002 )

 

تونس تأسف لتراجع المساعدة الاوروبية لدول جنوب المتوسط

 

السبت 08 يونيو 2002 09:30

تونس- أ ف ب– اعرب وزير التجارة التونسي الطاهر صيود عن اسفه « لتراجع » الدعم المالي الاوروبي لدول جنوب المتوسط وضمنها تونس ودعا الى اعمال « روح التضامن » في اطار الشراكة الاوروبية المتوسطية.

وصرح الوزير التونسي « ان تكثيف دعم الاتحاد الاوروبي لمختلف القطاعات الاقتصادية في تونس ضروري خاصة وان البلاد دخلت مرحلة هامة » من تنفيذ اتفاق الشراكة مع الاتحاد الاوروبي.

واضاف صيود ان تونس قدمت للاتحاد الاوروبي مقترحات في هذا الاتجاه داعيا الى اعمال « روح التضامن » التي يقوم عليها الاتفاق. واشار صيود الى ان التمويلات الاوروبية المخصصة في اطار برنامج « ميدا 2 » للفترة من 2000 الى 2006 هي بذات مستوى البرنامج السابق « ميدا 1 » في الوقت الذي زاد فيه عدد الدول المستفيدة « بشكل واضح ».

وبحسب وزير الصناعة التونسي المنصف بن عبد الله فان السنتين الاخيرتين شهدتا « بطءا واضحا » في المساعدة المالية الاوروبية لتونس. واضاف انه لم يتم توقيع اي اتفاق سنة 2000 بينما ابرم اتفاق واحد سنة 2001 بقيمة 40 مليون يورو حول اصلاح التعليم الاساسي.

وكان الوزيران يتحدثان في اطار ملتقى لمناسبة الذكرى السادسة لتوقيع اتفاق الشراكة بين تونس والاتحاد الاوروبي الذي ينص خاصة على اقامة منطقة تبادل حر خلال 12 سنة. كما اعرب صيود عن اسفه « لضعف التشاور بين الشريكين في اعداد برامج وقرارات نافعة للطرفين » واشار الى « التحديات » التي يواجهها الاقتصاد التونسي اثر توقيع الاتفاق. وتحدث عن تفاقم العجز التجاري المقدر ب 903،1 مليار دينار سنة 2000 (حوالي 464،1 يورو).

واوضح ان الخسارة التي تكبدتها ميزانية الدولة بسبب تراجع عائدات الضرائب بلغ 4،10 ملايين دينار (الدينار التونسي يساوي حوالي 8،0 يورو) اي بمعدل سنوي يبلغ حوالي 1 بالمئة من الناتج الداخلي الخام.

اما بشأن الصناعة التي تمثل عماد التبادل الحر فاشار بن عبد الله الى ان هذا القطاع شهد بحساب القيمة المضافة، متوسط نمو بلغ 1،6 بالمئة خلال السنوات العشر الاخيرة. وساهم في نمو الناتج الداخلي الخام بنسبة 8،14 بالمئة بفضل زيادة الصادرات بنسبة 8،11 بالمئة.

 

القمة المغاربية تدرس استحداث مصرف التجارة الخارجية

تتجه دول المغرب العربي إلى احياء مؤسسات الاتحاد المغاربي التي كانت تأســـست أثنـــاء قيام تجـــمع المغــرب العربي في مراكش عام 1989, وظلت مجمدة أو لم تخرج إلى الوجـــود بسبب خلافات جزائرية – مغربيـــة. وينتظر أن تدرس القمة المغاربية المرتقبة في الجزائر نهاية الشهر الجاري قضايا اقتصادية منها استحداث مصرف الاستثمار والتجارة الخارجية.
وقال الأمين العام لاتحاد المغرب العربي (تونسي) الحبيب بـــولعراس لـ(الحياة) إن المــــصرف المغاربي للاستثمار والتجارة الخارجية (قد يرى النور قريباً بعدمـــا صادقت الدول الخمس على وثائق تأسيس المصرف).
وكانت الرباط سباقة إلى التصديق على اتفاق التأسيس عقب الاجتماع الذي ضم وزراء المال والاقتصاد في دول المغرب العربي في آذار (مارس) الماضي في الرباط, تلاه اجتماع مجلس الاتحاد في طرابلس الغرب (ليبيا).
وقال بولعراس, الذي كانت تحدث إلى (الحياة) على هامش اجتماع الدورة الثانية لمجالس الشيوخ في العالم العربي وافريقيا أول من أمس: (إن المصرف المغاربي سيكون أحد أهم مؤسسات الاتحاد ودرعها الاقتصادي على غرار المؤسسات الأخرى التي تم الإعلان عنها غداة قيام اتحاد المغرب العربي, مثل الأمانة العامة في المغرب ومجلس الشورى في الجزائر والجامعة في ليبيا والمحكمة في موريتانيا). وتوقع أن يكون مقر المصرف المغاربي في تونس, وسيكون الإطار التمويلي لتطوير التجارة وتنمية الاستثماريين الدول الأعضاء وزيادة المبادلات بينها. وكانت مصادر تحدثت عن ترشيح الدار البيضاء لاستضافة مقر المصرف على اعتبارها أكبر المدن الاقتصادية والمالية في المنطقة المغاربية.
واعتبر بولعراس (أن الطريق أصبحت سالكة لتأسيس المصرف, وانه يجب انتظار دعوة المساهمين إلى إعلان المصرف ودفع حصص الاكتتاب الذي ستـــــنفذه المصارف المركزية). لكنه تحفظ عن اعطاء تفاصيل إضافية على اعتبار أن المصرف سيكون مؤسسة مستقلة عن الأمانة العامة طبقاً لمعاهدة مراكش.

جدول الأعمال
وقال: (إن الجزائر ستستضيف قمة مغاربية في 21 حزيران (يونيو) الجاري, وقد يكون موضوع المصرف المغاربي ضمن جدول الأعمال).
واعتذر عن عدم كشف تفاصيل أخرى حول جدول الأعمال أو نوعية المشاركة لوجود مشاورات بين الدول المعنية لا ترغب الأمانة في الكشف عنها في هذه المرحلة.
وتوقع بولعراس أن تكون القضايا الاقتصادية ضمن اهتمامات قادة دول المغرب العربي الخمس بسبب الحاجة إلى احياء مؤسسات الاتحاد والإعداد لتكامل اقتصادي وسوق مغاربية مشتركة لمواجهة التجمعات الاقليمية الدولية وتحديات العولمة.

تحسن الاقتصادات
وحسب المراقبين, فإن التحسن الذي طال اقتصادات دول المغرب العربي واتجاهها إلى حرية السوق والتخصيص خلال العقد الماضي, يعبدان الطريق أمام المصرف المغاربي الذي حدد رأس ماله بنحو 500 مليون دولار, يدفع منها 20 في المئة لدى التأسيس, وهو سيؤسس وفقاً لصيغة المصرف الأوروبي للاستثمار ويمول مشاريع القطاع الخاص والبرامج المشتركة ذات الطبيعة التنموية, خصوصاً في المناطق الحدودية التي تضررت كثيراً من اغلاق الحدود, إضافة إلى ضمان الصادرات.

(نقلا عن صحيفة الحياة ليوم 8/6/2002 )

 

Tunisia criticises EU over drop in support

TUNIS, June 8 (AFP) – Tunisian Trade Minister Tahar Sioud on Saturday complained that financial assistance from the European Union to his country, and others south of the Mediterranean, had declined and urged EU countries to show « a spirit of solidarity ».

Sioud said that EU backing for Tunisia in different economic sectors was critical, pointing out that in 2000 Tunisia’s trade deficit had risen to an estimated 1.9 billion dinars (1.4 billion euros / 1.3 billion dollars).

Addressing a symposium to mark the sixth anniversary of a partnership agreement between Tunisia and the EU, Sioud also said that European funding allocated to the Meda II accord with countries south of the Mediterranean, covering 2000-2006, amounted to no more than what was granted under Meda I, in spite of the fact that the number of states benefiting had increased.

Industry Minister Moncef Ben Abdallah told the symposium that the last two years had seen « a net decline » in European financial assistance to Tunisia.

No accords were signed in 2000, and last year the only deal reached was for 40 million euros for the elementary education sector in Tunisia, Ben Abdallah said.

According to Sioud, there was « a lack of consultation between the two partners on drawing up programmes and making decisions of mutual interest ».

AFP

 
FLASH INFOS

En librairie : « Trésors de la Poésie Populaire »

Le livre que nous vous présentons aujourd’hui s’intitule « Trésors de la Poésie Populaire » et c’est un titre bien mérité. Une sorte de petite anthologie où sont rassemblés certains poèmes des plus fameux poètes de Douz.
Dans l’introduction signée par le Docteur Riadh Marzouki, il est dit « La poésie populaire est la voix du peuple, miroir de la société réfléchissant sa personnalité, son essence et son identité. C’est les racines auxquelles on s’accroche par les temps d’acculturation et de dissolution »…Cette anthologie a pour but d’ancrer dans la mémoire des générations présentes et à venir les superbes fantasmagories de ses passagers fabuleux que sont les grands poètes de l’infinie mer des sables fous et affolants. Un livre d’une très grande valeur.

)

Source: Le Temps du 8 juin 2002)

Augmentation du prix du lait frais à la production

Les ministères du Commerce et de l’Agriculture annoncent, dans un communiqué rendu public hier, que dans le cadre de la politique visant à encourager la production laitière, à améliorer les revenus des agriculteurs et à inciter les éleveurs à préserver et à développer le cheptel, il a été décidé d’augmenter de 10 millimes le prix du lait frais destiné aux centres de collecte et aux unités de transformation, et ce, à compter du 10 mai 2002.

Les prix sont fixés comme suit :

Lait réfrigéré :

En ferme: 365 millimes le litre.

Aux centres de collecte ou aux unités de transformation: 380 millimes le litre.

Lait non réfrigéré

En ferme: 355 millimes le litre.

Aux centres de collecte ou aux unités de transformation: 370 millimes le litre.

Ces prix, indique le communiqué, sont des prix minima garantis au producteur. La prime octroyée au titre de la qualité du lait restera en vigueur.

Le communiqué précise que le lait collecté doit être de bonne qualité et conforme aux conditions d’hygiène et aux procédures en vigueur.

Source: La Presse du 08 juin 2002

 

فكر المصالحة الوطنية الشاملة

الشيخ راشد الغنوشي

بسم الله الرحمن الرحيم

نهج المصالحة والصلح والإصلاح في الاسلام نهج أصيل مادته ومحتواه منبثان في مختلف أرجاء الكتاب العزيز والسنة المطهرة وسير الأنبياء والدعاة، وذلك مقابل مناهج الإفساد سواء أكانت عبر التعجل في تحصيل المطالب دون رعي لطبائع ظاهرات الاجتماع البشري واستعدادات النفوس لهضم الجديد. أم عبر التبسيط المخل لمناطات التغيير ومفرداته بما يغري بأن الشرور المستحكمة يمكن أن تحسم بضربة ماضية تأتي على الداء من أساسه، بينما تلكم الظاهرات شديدة التعقيد وجذرها ضارب مستكنّ في حنايا الضلوع، أم عبر مناهج الغلو التي لا ترى عادة في الآخر غير وجه كالح مرباد وشر محض مستطير بينما هي لا ترى في الذات غير المباهج المشرقة والخيرات المستفيضة، فأنى لفكر وثقافة الصلح أن تضفر لها بموطئ قدم في ساحة مثل هذه الثقافة؟

إن ثقافة الصلح والإصلاح تنطلق إذن من فكرة التواضع وترك الغرور والرغبة في التعلم من الآخرين والجرأة والصرامة في نقد الذات من طريق تربية وإنعاش نفسنا اللوامة التي أقسم بها بارئها تنويها بها وذلك على حساب النفس الشحيحة المغرورة (فلا تزكوا أنفسكم). كما تنطلق ثقافة الصلح والإصلاح من رعي مبدأ التدرج والأناة والصبر والمصابرة على عوج الخلق وعدم نفض اليد جملة، من السعي لإصلاح حالهم لأنهم بين أخ لك في الإنسانية وأخ لك في الملة،لا سيما وأن الخير هو الأصل في الناس والشر سطح عارض ومرض ملم. والطبيب الأريب ما يسارع إلى انتضاء مبضع الجراحة في التعامل مع مرضاه إلا كحلّ استثنائي بعد استنفاد كل سبيل للعلاج بالطرق الأخرى.

كما يؤكد منهج الإصلاح قيمة التواصل بين الأمم وبين الحضارات ومراحل التاريخ وبين أجيال الأمة وبين الماضي والحاضر بما يحدث تراكما في تراث البشر ويمنع القطيعة والإنبات. إن التواصل هو بالتأكيد النقيض من كل وجه لنهج القطيعة. وإن من مؤشرات انخرام النظام الكوني وعلامات الساعة التلاعن بين أجيال الأمة (وأن يلعن آخر هذه الأمة أولها) كما أخبر الصادق المصدوق، عليه وآله وصحبه السلام. ومما نقل القرآن من مشاهد ومصارع أهل الجحيم تلاعن أجيالهم( كلما دخلت أمة لعنت أختها) الأعراف.

بينما أجيال أمة الاسلام تتغافر(ربنا اغفر لنا ولإخواننا الذين سبقونا بالإيمان ولا تجعل في قلوبنا غلا للذين آمنوا) الحشر. وهذا التواصل والتراكم المعرفي واضح في هذا التوجيه القرآني المتعلق بفلسفة التاريخ الديني (قولوا آمنا بالله وما أنزل إلينا وما أنزل إلى إبراهيم وإسماعيل وإسحاق ويعقوب والأسباط وما أوتي موسى وعيسى وما أوتي النبيون من ربهم لا نفرق بين أحد منهم ونحن له مسلمون) البقرة135

ولقد رسم خاتم النبيين صورة لهذا التواصل في تاريخ النبوات على شكل قصر منيف شادته أجيال من الأنبياء والدعاة وما بقي في القصر غير موطن خلل جاءت رسالة المصطفى عليه السلام لتسده محققة التواصل والتكامل والصحة للبناء.

وإذا كانت المصالحة بين الأمة وتاريخها من أجل تواصل أجيالها ركنا أساسيا في أي مسعى جديد لنهوضها فإن هذه المصالحة بينها وبين ربها سبب وجودها ومنبع خيرها من باب أولى: توبة وإنابة ومجاهدة للنفس فيما يرضي الخالق جل وعز، حتى يدرك المؤمن مقام الرضوان (رضي الله عنهم ورضوا عنه) البينة.

إن جهودا ومساعي بذلت ولا تزال من أجل إنهاء حالة التحارب والقطيعة بين الأمة وربها ونبيها وكتابها وتاريخها وبين شعوبها وتياراتها ولكنها حتى الآن رغم ما حققته على بعض الجبهات من إنجازات لا تزال في الجملة محدودة لا سيما على صعيد السياسة وفيه موطن الخلل الرئيس في البنية الإسلامية وفي تاريخ الممارسة السياسية حيث ساد معظم تاريخنا ليس نهج التصالح والبحث عن الوفاق وإنما نهج التغالب وإرادة التسلط على خلفية احتكار الحق وتضليل وتفسيق وتكفير المخالف بما يشرع هدر دمه واستباحة حرماته. وهو النهج الذي ترك الأمة مزعا وأشتاتا وأضعفها وأسلمها لقمة سائغة في أفواه الأعداء، الذين فرضوا علينا مزيدا من الشتات والتمزق على خلفية ما نقلوا إلينا وأشاعوه فينا من ثقافة الدولة القطرية وما رفعته هذه من أسوار قطيعة عالية سميكة بين أجزاء الجسم الواحد الذي ظل في أسوأ عصور تخلفنا وشتاتنا واحدا بالفكر والتاريخ والجغرافيا يسير الراكب في أرجائه الواسعة متنقلا من دولة إلى أخرى دون أن يعترضه سور أو يقف في طريقه حرس يطالبه بجواز وتأشيرة، فكانت أمة الاسلام واحدة متواصلة متصالحة حتى وإن تعددت إماراتها واختصمت.

وليس التقاطع والتحارب اليوم في أمة العرب والمسلمين قاصرا شرّه على العلاقة بين الكيانات المصطنعة الحاشدة جيوشها على حدود بعضها البعض وليس على حدود فلسطين المحتلة لتحريرها، إنما مثل ذلك وأشد منه قائم داخل كل كيان من تلك الكيانات: بين الدولة والمجتمع، وفي داخل هذا الأخير. فكثيرا ما كانت الحرب أشد بين تيارات اجتماعية وسياسية في صلب المجتمع. ومكمن الخطر ليس في وجود الخلاف فالناس مفطورون عليه وإنما الخطر يكمن في ضعف ثقافة الحوار والتصالح والتفاوض بحثا عن وفاق وصلح تضع به الحرب أوزارها، انطلاقا من القبول بحق الاختلاف وواجب وحدة الصف والاشتراك على قدم المساواة في امتلاك الوطن وواجب سعي الجميع لتحقيق خيره وازدهاره واستقراره. وليس لذلك من سبيل قبل اعتراف الجميع بالجميع واندياح ثقافة الاعتراف بالآخر وحقوقه كاملة مهما اختلف عنا في احترام ذاته وحريته في التعبير وتكوين الجمعيات والانتظام في هيآت سياسية للتنافس السلمي على خدمة البلاد وإدارة الحكم والمشاركة فيه. وتوفر قضاء مستقل عادل يقف الجميع إزاءه في مستوى واحد بقطع النظر عن الجنس واللون والدين والمكانة الاجتماعية كما وقف الخليفة الراشد الرابع (رض) أمام القاضي شريح مع مواطن يهودي. إنه العدل الذي لا يقتصر على ساحة واحدة من سوح النشاط البشري وإنما ينداح ليغطي كل سوح الحياة الثقافية والاجتماعية فلا أحد يجوع أو يعرى أو يضحى ولا سكن، أو يعتل ولا دواء أو يسمح للأمية بمكان في مجتمع أمر بالقراءة والعدل قبل أن يؤمر بالصلاة، فما يتصور جوار في مجتمع بين جائع ومتخم وقصر وكوخ. إن المدخل لهذا الإصلاح والمصالحة الشاملة كلمة واحدة هي الحرية التي ماز الله بها هذا الخليفة وحمّله بها أمانة السماوات والأرض والجبال. ومع أن الله سبحانه يعلم أن هذه الحرية قد تقود هذا الخليفة إلى أن يسفك الدماء وبفسد في الأرض وهو ما استشكل أمره على الملائكة في القرار الإلهي باستخلافه وخصه بهذا الشرف إلا أنه سبحانه علم ما لم تعلم الملائكة مما أودع في شخصية هذا الكائن الإنساني من أسرار وملكات تمكنه إن هو أحسن استعمالها من التغلب على مواطن الضعف في شخصيته فيحسن قيادة سفينته بكل حرية ومسؤولية وفق مراد الله منه بما يحقق سعادته في الدنيا والآخرة. وكان إرسال النبوات تفضلا من الله سبحانه على هذا المخلوق الجريء عونا له على حسن استعماله لملكات العقل والحرية. وإذن فالحرية وقابلية التعلم والنهضة من وهدة أعظم المنن الالهية. و لئن دخلت من بابها بعض الشرور فإنها تظل خيرا ونعمة لأنه من نفس الباب- ما ظل مفتوحا- سيدخل خير كثير في أشكال متنوعة في الدعوة والتبصير والإيقاظ. المهم أن تتأسس هذه القيم العظمى وتنتشر ثقافة عامة في المجتمع تولد احترام الآخر باعتباره حرا مثلي فأحترم حريته ورأيه واختياره ومن باب أولى أن أحترم خيار مجموع الناس الذين أعيش معهم وأبذل معهم أقصى الوسع في البحث عن الحق والمصلحة عبر الحوار والجدل بالتي هي أحسن والتذكير بمرجعية الوحي الجامعة والقبول نهاية بالاحتكام إلى سلطة الرأي العام « عليكم بالجماعة » « عليكم بالسواد الأعظم » بما يدرأ آفة الاستبداد التي سادت الحياة السياسية معظم تاريخنا ولن تزال ما لم يتم التواطؤ على آليات يحتكم إليها في النهاية وتعود بها مياه التصالح بين المختلفين إلى مجاري الوحدة والتضامن. إن تضاؤل قيمة الحرية في ثقافتنا على اختلاف تياراتنا وغياب أطر الحوار من صحافة ونواد وجمعيات وأحزاب وآليات لحسم الاختلاف مثل الاحتكام لسلطة الرأي العام في إطار مثل وقيم مشتركة، هو الخلل الأعظم الذي ورثناه جيلا عن جيل فما استطعنا حتى الآن الخلاص من شراك وآفة ومصيبة وكارثة الاستبداد والتحكم، وهو ما أطاح أرضا بكل محاولات نهوضنا خلال القرنين الأخيرين، إذ استمرت ثقافة التغلب بديلا عن ثقافة الشورى والحوار والتفاوض والبحث الناصب عن الوفاق والتصالح. وهو ما وفر الفرص أبدا للقوى الخارجية المتلمظة للسيطرة علينا المتربصة بكل محاولات نهوضنا أن تدس أنفها في شؤوننا لتزيد طيننا بلة وتجري مزيدا من المياه إلى سواقي المستبدين. غير أن تيار التحرر اليوم تيار كوني بعد إن أطاحت أدوات التواصل بالحدود أو كادت ما يجعل الاستبداد بلا مستقبل والديمقراطية بما هي حريات الانسان الأساسية وحق الشعوب في اختيار أنظمتها وحكامها أو عزلهم من خلال آليات سلمية منضبطة، مصيرا محتما إن شاء الله. فلنضع أنفسنا وبلادنا في سياق التاريخ سياق تنزلات فيوض الرحمة الإلهية عبر تأسيس ثقافة الحرية والإيمان واحترام الانسان خليفة الله في الأرض والثقة في فطرته واختيار الناس. وعدم نفض اليد منهم مهما بدا من ضلالهم والسعي الكادح المصر عبر الحوار والتشاور بحثا عن وفاق وتصالح:

تصالح مع أنفسنا: صدقا في البحث عن الحق والالتزام به (عرفت فالزم) والتصالح مع قيمة الحرية باعتبارها الطريق إلى معرفة الحق، معرفة الله سبحانه، وتصالح مع شعبنا: ثقة وقبولا باختياره واحتراما لإرادته. وتصالح مع القانون أي مع العدل مع الحق. إذ على الظلم والباطل لا يتأسس قانون ولا ينهض حق. وتصالح مع عصرنا استيعابا لعلومه وتقنياته ومذاهبه وأفكاره في اعتزاز شامخ -ولكنه متواضع- بالحق الذي أنزل على قلب محمد خاتم النبيين مع حسن التفقه وبذل الوسع في التمثل بالرحمة المهداة ونقلها إلى العالم. وكدح ناصب لا يفتر- في تبصر وعقل- للتأسيس للتصالح مع كل القوى المناهضة للظلم والعدوان والتسلط على مكاسب الخلق وكرامتهم، حتى وإن تباينت معنا تلك القوى في المرجعيات العقدية والفلسفية فالنضال ضد قوى الهيمنة الخارجية ووكلائها المحليين حري – مع الصبر والمصابرة والترحيب بكل تطور إيجابي يستجد في صفوف تلك القوى المناضلة – أن يفسح الطريق أمام أخوة نضالية وجبهة مقاومة عريضة ضد الاستبداد المحلي ومن يظاهره على إخراجنا من ديارنا وتأبيد تخلفنا وامتصاص عرقنا ودمنا وتأبيد انقسامنا وهواننا بين الأمم: واجب الوقت تصالح معسكر الوطنيين والإسلاميين، مستعينين قبل ذلك وبعده ومعه بمن بيده ملكوت كل شيء واليه ترجع الأمور الله جل جلاله الذي علمنا استراتيجية الإصلاح والمصالحة على لسان شعيب عليه السلام (إن أريد إلا الإصلاح ما استطعت وما توفيقي إلا بالله عليه توكلت واليه أنيب). هود

الشيخ راشد الغنوشي

 

TUNeZINE vivra !


David Cadasse

Personne ne sait où se trouve Zouhair Yahyaoui, alias d’Ettounsi, le créateur du magazine en ligne TUNeZine, arrêté par la police tunisienne le 4 juin dernier. Sophie Elwarda, journaliste, s’avoue inquiète pour son collègue mais a déjà repris le flambeau depuis la France en assurant la pérennité du site. Interview.

09/06/02 : Le créateur et webmaster du magazine en ligne TUNeZINE a été arrêté le 4 juin dernier par la police tunisienne. Personne ne sait actuellement où il est détenu. Les internautes le connaissaient sous le nom d’Ettounsi. Il s’appelle Zouhair Yahyaoui. Sa véritable identité a été révélée par son oncle pour alerter l’opinion internationale. Matériel saisi, site fermé, la police de la pensée croyait avoir muselé le journal. Il n’en est rien car Sophie Elwarda, pseudonyme, journaliste à la rédaction de TUNeZINE, avec quelques sauvegardes du site, a repris la relève depuis Paris. Elle se décrit comme une sympathisante de la cause humaine tunisienne.

Afrik : Comment avez-vous reçu la nouvelle de l’arrestation de Zouhair ?

Sophie Elwarda : ça a été terrible. On sait seulement qu’il a été emmené le 4 juin au soir par six policiers en civil sur son lieu de travail. La police est allée chez lui pour saisir tout son matériel. Nous ne savons même pas où il est. Ses avocats non plus. Nous sommes extrêmement inquiets. On se pose beaucoup de questions sur ce qui peut éventuellement se passer avec les services spéciaux du ministère de l’Intérieur.

Afrik : Le journal a presque un an. Pourquoi l’ont-ils arrêté seulement aujourd’hui ?

Sophie Elwarda : Les écrits du journal devenaient dérangeants pour le régime. Le site commençait à avoir un réel impact. Il était consulté par toutes les tendances de l’opposition tunisienne. Nous étions souvent repris dans la mailing list de Tunisnews, nous avons même été repris dans la rubrique  » Le fait du jour  » du Courrier international. Le site était déjà censuré dans le pays, mais nous avions trouvé un moyen de contourner la censure en nous connectant sur un autre serveur accessible.

Afrik : Zouhair travaillait depuis la Tunisie. Etait-il vraiment conscient des risques qu’il prenait ?

Sophie Elwarda : Tout à fait conscient des risques.

Afrik : Combien étiez-vous à la rédaction de TUNeZINE et comment travailliez-vous ?

Sophie Elwarda : Nous sommes un noyau dur de quatre à cinq personnes. Et nous travaillons essentiellement par mail. Participent aussi à la rédaction tous les internautes de notre forum dont nous prenons les meilleures contributions.

Afrik : Que se passe-t-il pour le site maintenant ?

Sophie Elwarda : Les autorités tunisiennes avaient complètement effacé le site. Mais j’avais quelques sauvegardes de pages web et j’ai passé deux jours à essayer de recréer le site et remettre tout ce que je pouvais en ligne.

Afrik : Vous avez donc repris la relève ?

Sophie Elwarda : Si ce n’est pas moi qui l’avais fait, un autre dont je ne connaîtrais peut-être pas le nom l’aurait fait à ma place.

Afrik : Vous n’avez pas peur pour vous ?

Sophie Elwarda : Pas vraiment, puisque je suis française et que je vis en France.

Afrik : En n’étant pas tunisienne, ne craignez-vous pas qu’on vous fasse un procès en légitimité pour votre engagement ?

Sophie Elwarda : Je ne suis pas une opposante tunisienne. Je suis uniquement une sympathisante de la cause humaine tunisienne. Je suis une personne libre et j’ai la sensibilité et les affinités que je veux. Je ne me bats pas seulement pour Zouhair, il y a beaucoup d’autres personnes enfermées dans le pays pour délit d’opinion. Je me bats pour l’abolition de la torture et de la répression. La nationalité n’a rien à voir là-dedans.

© Afrik.com

http://www.afrik.com/journal/internet/?net-532-3.htm

 
SIMPLES INVESTIGATIONS

(Article publié par :

greamg sur le forum de TUNEZINE le Vendredi 7 juin 2002 à 17:58:36)

Je veux rapporter ma contribution en ce moment intense sur le Web a tous les lecteurs de TUNeZINE a ses rédacteurs anonymes en clandestinité ou exilés.

A l’age de 15 ans alors que j’étais encore lycéen au lycée secondaire Ibn Charaf a Tunis la guerre du 5 juin 1967 éclatait au proche orient et Tunis s’est soulevée, j’ai déserté l’école pour participer a la manifestation, atteint d’un projectile a la tête au cours de la manifestation je me suis rendu a l’hôpital avec un camarade lui aussi blessé au nez pour nous soigner. J’ai eu droit a huit points de suture et un bandage qui couvrait la tête et une partie du visage . A la sortie je me suis refusé comme me l’a conseillé mon ami de dissimuler ma véritable identité

Quelques semaines après on sonnait a l’appartement , je me précipitais à ouvrir et je me trouvais en face de deux hommes qui me demandaient
-est ce que c’est là qu’ habite Yahyaoui Mokhtar. Surpris et en même temps ravi que des hommes me demdaient je rependis directement
-c’est moi messieurs
-nous sommes policiers du commissariat du quartier et on veut que tu nous accompagne.
Je n’ai pas compris pourquoi ces policiers me cherchaient mais nullement intimidé je leur demandais d’attendre pour me changer
j’ai mis mon meilleur costume celui de l’Aid dernier sans faire attention à l’inquiétude de ma mère qui me demandait ce que volaient ces gens et ou est ce qu’ils vont m’amener
-je vais juste les accompagner à côté

En descendant l’escalier il me demandaient ou est mon père pour l’informer, u commissariat on me fait pénétrer dans une chambre sombre et sordide ou d’autres personnes plus âgées attendaient.
De leurs conversations j’ai compris qu’on vient de m’arrêter et on me demandait si j’ai manifesté .. si je faisais de la politique ou si j’ai volé

Mes idées se basculaient et je ne comprends pas pourquoi je dois être arrêté pour avoir manifesté comme tout Tunis l’a fait..

Deux heures après on vient nous chercher et on nous embarquait dans une estafette sombre au vitres grillagés qui nous a ramené tout droit vers la cour arrière du ministère de l’intérieur. Stupéfait je ne fais que suivre les consignes qu’on nous donnaient

on nous a fait monter par un escalier au cinquième étage ou d’autres gens attendaient. En montant d’étranges bruits des cris et des hurlements nous parvenaient et je commence a pressentir la gravité de ce qui est entrain de m’arriver

l’inquiétude commence à planer, certains pleuraient et il y a même ceux qui ont l’air de s’amuser . J’ai eu l’impression que tous ces gens qui me regardaient cherchaient à savoir ce que j’ai fait et je ne cesse de répéter que j’ai simplement manifesté. Certains me disaient qu’ils étaient pris avec des choses volées, d’autres me racontaient leurs histoires d’une façon plus inquiétante alors qu’il suffisait de dire qu’ils ont manifesté

j’étais le plus jeune et je ne voulais pas paraître le plus ahuri même si ces cris qui parvenaient d’à coté chaque fois qu’on les oubliaient me font penser que j’suis mal tombé

avant d’être interrogé on m’a conseillé d’oublier ce qui c’est vraiment passé le 5 Juin dernier et de dire que je rentrais du lycée, que j’étais atteint d’un projectile , que je me suis rendu à l’hôpital pour me soigner , de ne nommer personne avec qui j’ai été, de faire mine de ne rien comprendre de ce qui se passait et de répéter exactement la même version chaque fois qu’on recommence à m’interroger

c’était du bonbon et c’est presque la vérité , le moral me revenait et je commençais à espérer de passer la nuit dans mon lit bien douillet et de me vanter demain devant mes camarades de cette aventure qui m’est arrivée

je n’osais pas fumer.. la chaleur me suffoquait en ce temps lourd qui donne l’impression d’une éternité quand on vient m’appeler
deux hommes penchés sur une table me questionnaient et transcrivaient ce que je dis sur un papier qui ressemblait à une feuille d’examen et sur lequel ils notaient tous les détails.

J’ai donné ma version exactement comme il se devait parfois ils s’énervaient et prenaient des airs qui me faisaient peur mais je n’avais pas à demander pardon ni à supplier leur clémence tellement j’étais convaincu que je n’ai rien fait qui pouvait m’incriminer

A peine ramené là ou j’étais d’autres hommes venaient me chercher et le questionnaire commençait comme si rien n’a été fait. plus insistant sur les détails et plus grossier je commence a balbutier et je me suis trompé sur l’itinéraire que j’ai pris pour rentrer quand on m’a dit que rien ne s’était passé dans le quartier que j’ai indiqué et je me suis trompé également sur l’heure ou ça s’est produit d’autre part je n’ai pas pu justifier pourquoi je me suis rendu pour me soigné a Habib Thameur alors qu’Aziza Othmana était à côté

la deuxième fois ça s’est plutôt mal passé et quand on m’a ramené je ne voyais même pas les gens a mes cotés

-alors quoi tu a avoué
-avouer quoi je n’ai rien fait
– tu n’as rien volé
– il ne manquait plus que ça ….

je murmurais et tout s’assombrit je ne pense plus a mon lit je n’ai rien mangé de la journée et je n’ai plus faim les vitres qui donnaient sur la rue sont de plus en plus gris comme mes idées

On venait me chercher plusieurs autres fois et j’ai fini par leur raconter comment j’ai déserté les cours a partir de 10 heure le matin de cette journée d’ailleurs ils avaient toutes les données et comment je me suis rendu avec mes camarades a Bab Souika puis à la grana puis au passage, ce qui c’est réellement passé et comment j’ai reçu un projectile sur la tête a la Rue de Londres alors que des manifestants essayaient de défoncer certains commerces appartenant à des juifs qui à leur tour jetaient des objets à partir des balcons pour les dissuader
j’ai nié la présence de mes amis

-nous nous sommes tous dispersés, la ville était a feu et a flammes, toutes les rues étaient coupées et je ne savait pas comment rentrer
-tu t’es évanui
-oui
alors qui t’a porté pour te soigner

là j’ai buté et j’ai compris par leurs yeux qu’ils savaient que je vais mentir pour ne pas dénoncer mes accompagnateurs. Celui qui m’accompagnait etait le fils d’un des agents secrets comme eux et j’ai pensé leur jeter son nom a la figure et voir ce qui va se passer

-j’ai été avec R.B c’est lui qui m’a ramené me soigner qui c’est ? ou il habite ? qu’est ce qu’il fait?
-c’est le fils de A.B il est connu il travaille comme vous

un court silence s’en est suivi et j’ai vu leurs yeux se croisaient quand l’un d’eux quitte précipitamment la pièce et j’ai compris qu’il va téléphoner ou le chercher, l’autre c’est plutôt calmé. Je regardais ce qu’il a écrit et je me demandais ce qu’il vont faire de tout ce papier qu’ils gaspillaient .

Les feuilles accumulées ont finit par former un vrai dossier tout en me demandant ce qu’il va advenir de moi et comment des gens aussi respectables et avec tant d’autorité sont réduits à ce minable métier qui consiste a me persécuter alors que je n’ai rien fait sauf manifester pour une Palestine libérée

à cet age là je n’ai jamais douté qu’il fallait une autorisation pour s’attrouper et crier en pleine rue car on avait l’habitude de le faire chaque fois que l’EST gagnait.

Dégoûté .. épuisé… la gorge sèche et le moral rasé je ne demandait qu’à ce que cela finisse quoi qu’il advenait, je n’ai jamais imaginé de me trouver dans une telle situation et devant de telles personnes qui ont l’air de douter de tout même de mon identité

vers minuit on nous rassemblait de nouveau et on nous fait descendre sans savoir ou on va nous ramener certains spéculaient et ne parlaient que de prison et de maisons d’arrêt moi tout ce que je veux c’est me reposer même si je n’ai jamais passé de ma vie autant de temps sans manger

je n’ai pas compté les étages mais j’avais l’impression qu’on a descendu plus qu’on a monté au début

on nous a ramené dans une pièce ou on nous a dépouillé de tous les objets qu’on portaient même la ceinture et les lacets des souliers des agents en uniforme a la mine sinistre se sont chargés de nous devant une porte métallique qui ouvrait sur une cour sombre on dirait isolée du monde depuis l’éternité et on nous comptai un à un. Une liste à la main chacun signait avant de la remettre à d’autres agents qui nous ont alignés accroupis dos au mur en face d’une une rangé de porte metallique

J’étais désigné pour la cellule numéro 4 avec ceux qui m’accompagnait et j’ai constaté que l’agent de service a ajouté un chiffre à la craie et inscrivait 49

A peine j’ai senti le grincement de la porte qui s’ouvrait et qu’on a été carrément sauvagement poussés à l’intérieur et la porte s’est claquée je ne m’attendais pas a trouver autant de monde dans une cellule aussi étroite qui ne dépassait pas les neufs mètres carrée dans le coin a droite un mur courbé a 1.5 mètre d’hauteur sur une WC sans porte en ciment a même le sol et a son entré un minuscule tube en cuivre coupé a ras le mur ruisselait c’est vers ce tube qu’on s’est tous précipités en basculant les présents qui nous nous chantaient la bonne arrivée

la plupart des présents étaient des étudiants mais il y avait aussi d’autres détenus de droit commun qu’on pouvait distinguer par leurs air plus attristé ou de petits pik-pokets appréhendés en flagrance et qui ne faisaient la plupart du temps que pleurer

j’étais toujours debout, aucun lit, aucune couverture a se mettre au dessous le sol est noirci en passant mon ongle sur le mur crasseux j’ai l’impression que toute cette saleté ne peut être provoquée par simple négligence d’entretiens ou par la saleté de ceux qu’on détenaient
toute la surface du silon était occupé et je devait m’entasser là ou j’ai les pieds .

Ma première nuit de prison a commencé ! je ne sais pas si j’ai dormi après, tout le monde voulait parler et je n’ai pas eu le temps de me sentir seul et de penser à autre chose que celui qui est en train de se passer dans ce trou à rats sombre et plein a craquer il n’y a aucune fenêtre et il faisait une de ces chaleurs suffocantes de début juillet à tel point que certains détenus s’évanouissaient.

On se ruaient sur la porte a taper pour appeler le gardien qui vient la cravache a la main pour nous faire disperser ceux qui ont la chance de porter le sinistré jusqu’a ce qu’il soit ranimé ont la chance de vraiment respirer nous on se contente d’inhaler un peu d’air frais chaque fois que la porte s’ouvrait . Une odeur de poubelle a la chiotte nous envahissait et a sentir la merde dans la gorge chaque fois qu’on se trouve contraint d’avaler la salive

c’est puant sale et suffoquant, accroupis on ne trouve pas l’espace pour nous allonger à même le sol noircis a coller sur les vêtement et les mains c’est inhumain.Quand j’ai demandé « est ce qu’ici on mangeait, tout le monde s’est mis a rigoler :

-attend tu va être surpris du menu qu’on va te proposer
la première fois on nous a proposé a chacun un morceau de pain dans lequel on a mis des courgettes râpées cuites dans une sauce saumâtre dont je n’ai pas pu percevoir par le goût la consistance mais plutôt une saleté teinte d’harissa qui tourne au gris

je n’ai jamais aimé a manger les courgettes de ma vie et comme pour me combler il fallait que je tombe sur ce menu aujourd’hui et ici.
A chaque fois que la garde est changé on venait nous ranger face au mur a la cravache pour nous compter. parfois on nous faisait sortir a la cours deux a deux a la file indienne pour être immédiatement recomptés à l’entrée par l’équipe qui prend la relève

je n’ai jamais perçu le visage d’un geôlier j’avais l’impression d’être devant des masses sans visages tous ont le même ton le même costume les mêmes attitudes et les même mots on est devant des robots agités qu’on oubli chaque fois la porte fermée. c’est a leur agitation qu’on compte le temps dans ce sous sol des geôliers du protectorat français

Aucun rayon de lumière du jour ne peut pénétrer c’est une obscurité continue qu’on n’arrive plus a fractionner en jour et nuit on perd la perception du temps . Quand quelqu’un demande a un nouveau arrivé l’heure qu’il fait on demande aussitôt après de quelle journée et est ce qu’il fait jour ou nuit

le seul problème qui me préoccupait est que je ne comprend plus pourquoi je suis ici et je me fais rassurer en me disant qu’on va bientôt me chercher

à mesure que le temps passait je ne pense plus qu’a ce foutu pays et on a de quoi passer vingt ans d’histoire de tous ceux que renfermait ce trou d’enfer et a les entendre tous je me disais que je suis le moins accablé si quelqu’un doit être libéré

cette nuit continue et entrecoupée d’atroces cris qui nous parvenaient, je ne sais d’où, comme des démons qui nous hantaient.
Un éclair d’arrêt du son dans la chambre et puis chacun reprend a chuchoter et le brouhaha reprenait de plus belle
on ne se posait pas de questions
on entend puis on reprend
certains visages devenus terrassés d’autres font mine de ne rien entendre de particulier
et pourtant les cris deviennent de plus en plus aigus et insistants personne ne cherche a spéculer sur ce qui est entrain de se passer

Quand les cris cessaient, des bottes lourdes passaient devant notre porte et on entend des gémissements, une porte qui grince et le son de la clef parfois des chahut de quelqu’un qui proteste alors qu’on le tabassait dans la cours avant de l’amener et puis le même son roque est saccadé qui devient de plus en plus aigu jusqu’a ce qu’il se tait et la machine reprenait à nouveau le même refrain meublant ainsi notre captivité

personne n’est venu me chercher ni pour me libérer ni pour me torturer. En moi même je me disais qu’il n’est pas question de les laisser me torturer des qu’ils vont venir m’amener je vais leur dire tout ce qu’ils voulaient m’entendre avouer même s’ils cherchaient a m’entendre avouer que je complotais pour tuer Bourguiba.

J’avais dejà compris que le véritable ennemi c’est bien ici et non Israël et comme je suis pris je me suis dit tant-pis pour mon sort et je devais me considérer comme mort et par conséquent il n y a aucune raison de les laisser s’acharner sur mon corps avant de me tuer et a ce que j’ai cru comprendre de ce que j’entendais je ne devrais m’attendre à aucun pardon ou pitié c’est une machine à coller des crimes à des accusés sans la moindre importance de leurs identité

un vol c’est cinq ans si c’est pas effraction c’est le double 10 ans si on est impliqué dans un complot contre la sûreté de l’état c’est la perpétuité et si on est pris pour quelqu’un de leader c’est la corde ou le peloton

le temps passait pas de visites, ni avocats ni parents le moindre intervenant je commence à m’attendre à moisir là pour longtemps

Je commence alors à m’intéresser a ceux qui on fait du prison, c’est plus spacieux et moins puant il y a même des lits ,la télévision, la promenade, des douches et on peut même acheter du tabac et certains caprices si on a de l’argent, on mange mieux et on peut recevoir le coiffeur et je sais également que maman va m’apporter les chose que j’aimais le plus, en tous cas probablement meilleures que si j’étais a ses côté.

la prison devient ainsi une meilleure alternative que j’attends avec impatience même si je devais la payer par quelques coups de baton dans la salle de gémissement

je me suis ainsi préparé à être inculpé , je me suis moi même incriminé car sinon on m’aurais lâché. Je ne m’arrête plus sur le fait que je n’ai réellement rien fait et que je suis plutôt victime que malfaiteur on est vite pris par la logique du tortionnaire et je me suis déjà condamné à partir du moment qu’il me haïssait et qu’il a tous les pouvoirs et s’ils est sans aucune pitié .

J’ai eu également parfois envie de pleurer mais je me reprenais de peur de sombrer dans la dépression et je reviens toujours a la question qui me tourmentais si malgré tout un jour je venais à être relâche comment je vais faire face a mon père et a tous les gens du quartier . Pour un homme qui sort de prison le problème est qu’on ne cherche pas à savoir ce qu’il a fait mais d’où il venait il va toujours porter la marque de prisonnier comme une femme violée. A cette époque on ne distinguait pas encore les prisonniers d’opinion de ceux de droit commun.

Une fois que je me suis fait à l’idée d’avoir été oublié, la porte s’ouvrit et mon nom est annoncé pour la sortie du cachot avec une dizaine de mes compagnons. on ne nous a fourni aucune explication sur la raison ou le lieu ou on va être amenés. Nos gardiens nous mènent en procession vers la porte où on a laissé nos effets puis on a été menottés et dirigés vers l’étage supérieur.

Dans la cours qui donnait sur la ruelle par laquelle on est passé la première fois on chuchotait qu’on va nous amener au tribunal ou en prison, pour moi la destination m’est indifférente la lumière du jour me redonnait de la vie alors que là où j’étais la mort envahissait.

je n’aurais pas pu tenir longtemps sans la moindre notion de l’espace ni du temps

Nous avons dépassé tous les fourgons cellulaires et nous nous dirigeons vers le grillage de la sortie avec nos gardien et en gardant toujours nos menottes. Je sentais l’affront d’être ainsi conduit et exposé en plaine rue. j’ai cru apercevoir mon père parmi les badauds de l’autre côté du grillage dans la rue et cela m’a mis dans un état de désolation et de mépris qui m’a fait perdre tous mes sens et mon esprit.

En réalité on nous conduisait vers un autre bâtiment à coté où nous avons encore monté les escaliers et nous nous sommes trouvés dans une pièce ou il y avait des couvertures empilées.

A peine libérés de nos menottes que nous nous sommes précipités sur les couvertures. j’en ai pris deux que j’ai jeté sur le sol et sur lesquels j’ai pu enfin m’étaler. j’avais envie de dormir a l’infini et d’oublier cette vie.

Qu’est ce que tu fais, viens, on doit encore t’interroger !

je sursaute voila encore ce calvaire qui va recommencer. l’officier paraissait éduqué et donnait l’impression d’accomplir juste une formalité, cela me rappelle le premier interrogatoire du dernier étage du ministère alors que cette fois-ci je ne me sens plus en moi la force de tenir ce nouveau défi

il me tend le PV et me demande de le signer; je reste planté sans oser lui demander ce que je devais faire après maintenant tu sors tu es libre de partir

je n’ai pas trouvé des mots à ajouter et je me suis dirigé vers la porte , les escaliers , personne ne m’arrête j’ai descendu et me voila enfin dans la rue , j’avais l’impression d’être étranger sur les lieux alors que ma maison est à moins de 500 mètres d’ici quand je me suis repris je suis déjà parvenu a la TGM et j’ai compris que j’étais déboussolé et que j’ai pris le sens contraire de la direction ordinaire

Cette histoire dont j’ai essayé le plus fidèlement de rapporter les faits et mes états d’esprit qui l’ont accompagné m’ont marqué depuis lors d’un seul désir : fuir ce pays ou je ne me trouve plus

j’aurais aimé rentrer a Ksar Haddada et vivre dans les grottes des montagnes ou je suis né en paysan ou en berger avec des gens simples prêt a tout céder sauf leur dignité mais les jours ne peuvent être déclenchés à rebours et je me suis fait a l’idée que pour trouver un espace de liberté il faut immigrer. Objectif qui n’a pu être réalisé qu’une dizaine d’années plus tard

Une fois licencié je me suis trouvé libéré d’une double autorité
celle de mon père qui n’a pas voulu me lâcher et ce pays auquel je ne me reconnaîs plus par raison ou par obsession , mon expérience précoce m’a fait acquérir une lucidité prématurée que

subir la tyrannie dans un pays sous-développé détruit l’essence même de notre humanité

c’est un système qui a sa logique propre, qui agit sur notre mentalité pour nous amener à finir immanquablement a l’aliénation. France Fanon nous a tout dévoilé et comme je ne suis pas un adepte de la théorie de la violence j’ai cherché à dimensionner de ma nationalité devenue synonyme de médiocrité car la vie est liberté.

J’aurais aimé raconter l’itinéraire qui m’a ramené et qui me fait tenir le combat que je mène avec autant d’âpreté et de conviction alors que actuellement je suis l’un des rares interdits de sortie de ce même pays , mais vu que le texte devient déjà assez long et peut être qu’il vaudrait mieux le terminer sur un sentiment d’inachevé pour ne pas en tirer des conclusions et se garder de donner des leçons car l’important est au-delà de notre esprit , il est dans nos émotions.

 

Democratic Bubble Bursts in Tunis

OPINION


June 7, 2002
Posted to the web June 7, 2002

David Monyae
Johannesburg

THE political achievements of Tunisia, a small north African and Arabic nation, have been hailed as extraordinary. The transformation began in 1987 with the bloodless coup that freed the country from President Habib Bourguiba’s dictatorship after 31 years

The new president, Ben Ali, slowly navigated the country towards democracy. He was considered a pragmatic leader poised to influence the entire Maghreb region in favour of democracy.

Democratic institutions, including the media were encouraged to engage in dialogue. Two democratic elections took place in Tunisia, the first in 1989 and second in 1999, with the participation of the opposition parties an unprecedented move in most countries in northern Africa.

Now, Ali seems to have got carried away with his political achievements. The « democratic bubble » in Tunisia has burst. A highly disputed constitutional referendum was carried out last month, in which the president had control of voting procedures.

The constitutional limits on the terms of office and age of the president were changed to accommodate Ali’s political ambition to stay in power until his death, just like his predecessor, the late Bourguiba.

The indefinite extension of the presidential terms of office is an undesirable event in any democratic society. There have been endless attempts by African leaders to do this.

President Sam Nujoma of Namibia successfully extended his stay in power. Attempts to do the same by Fredrick Chiluba were met with strong resistance by civil society in Zambia.

Unfortunately, the Tunisian government is unlikely to be opposed, at home or abroad, as it slides down the dictatorial slope.

There are a number of reasons for this. Firstly, the Tunis regime has strong diplomatic and economic ties with the developed countries, particularly France. Secondly, Ben Ali is perceived like most autocrats in north Africa, as an ally of the US in its « war against terror ».

Signals from Tunis are frightening. In the past few weeks a truck loaded with gas exploded near a synagogue in the capital city.

This has sparked fears that the negative role played by some religious extremists is being used by Ali’s regime to suppress genuine political parties seeking positive change.

Double standards continue to be applied in dealing with African governments. Events in Democratic Republic of Congo (with rich oil reserve), Zimbabwe (massive land problem) and now Tunisia illustrate the selective bias by the custodians of democracy when looking at African issues.

The Tunisian government is reported to have more than a thousand political prisoners in its jails. The media is fully controlled by government. What is even more disturbing is that the Tunisian government has a wellknown record of human rights’ violations but the world turns a blind eye to its undemocratic behaviour.

The African Union (AU) ought to consider banning leaders who overstay their welcome at the helm of a country through unethical means.

The AU launch in July in SA could be an ideal platform to address this issue. Above all, African civil societies have to play a constructive role in the AU and the New Partnership for Africa’s Development (Nepad).

Monyae lectures in the international relations department at the University of the Witwatersrand

(Source:

Business Day (Johannesburg)

http://allafrica.com/stories/200206070322.html)

 

Arab Democracy: A Possible Dream?

World Policy Journal
Volume XVIII, No 3, Fall 2001


By Mustapha Tlili*

There seems a universal consensus with respect to the Arab world: that it is essentially « undemocratic. » More alarming still, neither in political science studies, nor in the media, nor in public opinion as a whole does one detect a reasonable measure of hope that the Arab countries might one day adhere to what are generally regarded as the basic rules of the democratic process. This attitude prevails regardless of political leanings, or whether its advocates are pro- or anti-Arab. Even more unsettling is what one might call the « happy acquiescence » of the majority of the Arab political and intellectual elite in this sad state of affairs. The occasional heroic dissident notwithstanding, co-optation and self-serving compliance have more often predominated among what should be a critical and dynamic intelligentsia.

In short, whether viewed from outside or inside, the Arab world is generally seen as the odd man out in the move of humanity toward universal democratic governance. Though this move began with the demise of
communist ideology in the Soviet Union and Eastern Europe, it has yet to penetrate the no less anti-democratic ideas that form the fabric of political life in the Arab world. Perceived from within or without, the ideology of democracy does not seem to fit into the Arab context.

How much does this correspond to reality? By all accounts, there is a dearth of democratic institutions in the Arab world. Where they formally exist, their only function is often to validate anti-democratic action by the state, and to justify constraints imposed by authoritarian regimes on the free development of civil society. Thus, election results of a surrealistic nature‹presidents elected by 99.96 percent of the vote‹are more often the norm than the exception. The misguided vote of the Lilliputian 0.04 percent, an expression of democratic vitality as it may be‹we really have to use our imaginations here‹should be of concern to all those who care about political stability and the well-being of the citizenry in these countries. Needless to say, Arab regimes are very much aware of the lack of enthusiasm of this tiny minority, and they do what they can to close the gap to 100 percent approval. Free speech is routinely suppressed in the name of the special brand of « pluralism » celebrated in some so-called republics, whether in the Mashreck (Arab Middle East) or the Maghreb.

Despite the attention of the outside world and what by any estimation is a wealth of indigenous intellectual talent, objective and critical analysis of this situation seems persistently absent. Too often, external and
specious considerations divert the debate from dispassionate analysis toward pointless polemic. Yet democratization in the Arab realm is a vital issue for the world, with global implications that range from energy policy to more traditional security concerns. Here the question is explored for its own sake, and for the sake of the Arab peoples themselves, who, in our view, have the right to‹and deserve as much as any other society and people‹free speech, the rule of law, and free and fair elections, in short, good governance. The following essays by Hussein A. Hassouna and Lisa Anderson touch not only upon political and economic
issues but upon the significantly more complicated but vital cultural and philosophical questions.

Hussein A. Hassouna is the ambassador of the League of Arab States to the United Nations and to the United States. He is an accomplished diplomat and scholar. Lisa Anderson, dean of Columbia University¹s School of International and Public Affairs, is a distinguished political scientist, acclaimed for her work on the Arab world. She is the author of the classic The State and Social Transformation in Tunisia and Libya 18301980. Both essays were originally presented at a panel discussion on the question of democracy in the Arab world in the World Policy Institute¹s ongoing series of public seminars and policy discussions.

Postscript

As this issue was closing, crimes of unspeakable horror occurred that seemed in their immediate aftermath to seriously challenge our rational approach to policy. There is no doubt in our mind that the
terrorist attacks on New York City and Washington, D.C. fall into the category of crimes against humanity, if not from a legal point of view, certainly from a moral one. Our basic humanity was under attack on September 11, 2001. That day, we‹all decent human beings‹were Americans. The magnitude of the horror should not, however, cloud our judgment. Fundamental questions of policy have still to be asked to understand what happened in order to root out terrorism in all its forms, and to build a new framework of lasting peace and security for this country and the rest of the world, including the Arab world. The articles offered in the following pages, which were written before the terrible events of September 11, should be read as a contribution to this necessary and salutary effort.

Endnotes

Note *: Mustapha Tlili is Senior Fellow and Director of the United Nations Project World Policy Institute.

 

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