TUNISNEWS
10 Úme année, N° 3656 du 27.05.2010
CNLT: le conseil national repond aux dernieres campagnes diffamatoires El Fajr News: PrononcĂ© du jugement dans lâaffaire des jeunes dĂ©tenus de La Skhira JDD: Tunisie: Prison pour onze terroristes Le Quotidien – Senegal: Le Tunisien Yassine Ferchichi demande lâaide du SĂ©nĂ©gal et de la France Le Temps suisse: La cinĂ©aste tunisienne Raja Amari dĂ©nonce des «Secrets» fĂ©minins AFP: Lutte contre l’impunitĂ© en Afrique: Amnesty dĂ©nonce l’absence de volontĂ© politique AFP: Turquie: une diplomatie ambitieuse et hyper-active pour peser sur la scĂšne mondiale
Reuters: Secularist Turks grapple with vision of modernity
CONSEIL NATIONAL POUR LES LIBERTES EN TUNISIE ÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙ Â Â Â Â Tunis le 23 mai 2010
Communiqué  LE CONSEIL NATIONAL REPOND AUX DERNIERES CAMPAGNES DIFFAMATOIRES
La campagne de diffamation et de discrĂ©ditation visant des militants et des journalistes indĂ©pendants continue de battre son plein. OrchestrĂ©e par les journaux jaunes et des plumes de caniveaux rĂ©putĂ©s pour ĂȘtre Ă la solde des services de police et tremper dans l’ignominie quand il s’agit de traiter des affaires publiques, elle est sans cesse alimentĂ©e par de nouvelles recrues vĂ©nales soudoyĂ©es par l’argent public que les autoritĂ©s dĂ©versent sans retenue pour acheter leur conscience aux mĆurs dĂ©lictuelles afin de colporter leur piĂštre discours rabachĂ© sur le “financement extĂ©rieur” et “le business des droits d l’homme” que les tunisiens, loin d’ĂȘtre dupes, rejettent sans rechigner, distinguant les vĂ©ritables escrocs et corrompus qui ont amassĂ© d’immenses fortunes grĂące Ă des mĂ©thodes de vol et de razzia.  C’est ainsi que la militante Sihem Ben Sedrine, porte parole du Conseil National des LibertĂ©s, la militante Neziha Rjiba (Om Ziad) et le militant Kamel Jendoubi, membres fondateurs du CNLT et d’autres militants intĂšgres dans des institutions indĂ©pendantes se trouvent de plus en plus visĂ©s par ces campagnes calomnieuses commandĂ©es par les sphĂšres du pouvoir et bassement exĂ©cutĂ©es par des journaux et des pseudo journalistes mercenaires.  Ces basses besognes, devenues monnaie courante dans la vie politique du pays, ne sont pas la trouvaille du pouvoir puisque d’autres despotes les ont pratiquĂ©es bien avant lui sans que cela ne serve Ă quelque chose pour les prĂ©munir d’une chute inĂ©luctable.  Il va sans dire que la vĂ©ritable cible de ces campagnes est, bel et bien, l’action libre et indĂ©pendante des droits de l’homme et de l’information. En effet, le CNLT est toujours interdit de mener lĂ©galement ses activitĂ©s lĂ©gitimes. L’affaire qu’il a intentĂ©e auprĂšs du tribunal administratif contre le ministre de l’intĂ©rieur pour abus de pouvoir est sans examen depuis 11ans et tout le dossier est toujours confisquĂ© par le prĂ©sident du tribunal sans motif lĂ©gal..  Par ailleurs, les autoritĂ©s ont illĂ©galement investi les locaux de “Radio Kalima” qu’elles ont scellĂ©s aprĂšs avoir mis la main sur divers Ă©quipements dont certains sont, pourtant, d’aucun rapport avec la diffusion radiophonique. En mĂȘme temps, elles ont accentuĂ© la prĂ©sence policiĂšre, en faction permanente devant le local du CNLT depuis juin 2008, pour empĂȘcher ses membres et toute autre personne d’y accĂ©der.  Il importe Ă©galement de rappeler que ce registre de calomnie et de mensonges contre la porte parole du CNLT, Mme Sihem Ben Sedrine, est aggravĂ©, depuis deux dĂ©cennies, par des adressions physiques et matĂ©rielles perpĂ©trĂ©es plusieurs fois par la police politique. En 2001, une affaire en justice est montĂ©e de toutes piĂšces contre elle pour avoir Ă©voquĂ© devant une chaĂźne de tĂ©lĂ©vision un dossier de corruption dans lequel est impliquĂ© un membre de la famille au pouvoir. La sĂ©rie d’atteintes se poursuit implacablement par les tentatives forcenĂ©es pour la priver, avec son conjoint le militant Omar Mestiri, de leur droit Ă un travail dans l’intention manifeste d’Ă©tendre l’agression et la privation sur toute leur famille.  Les membres du CNLT tiennent Ă exprimer leur entiĂšre solidaritĂ© avec leur porte parole et saluent son abnĂ©gation et son combat pour les valeurs de libertĂ© et des droits de l’homme. Ils tiennent Ă rĂ©affirmer que le CNLT, engagĂ© dans la lutte Ă cĂŽtĂ© des milliers de victimes du rĂ©gime rĂ©pressif, est inĂ©branlable face Ă toutes les mĂ©thodes dĂ©lictuelles de la police et les campagnes viles basĂ©es sur le mensonge et l’affabulation. Khadija Echerif HĂšla Abdel-JĂšwĂšd SĂšnĂš Ben Achour ZĂškia EddhifĂšwi SĂšmia Abbou NĂšziha Rjiba (Om ZiĂšd) SihĂšm Ben SĂšdrine Mohammed Ettalbi Abdel-JĂšlil El Bidoui Khalil EzzĂšouya El-Arbi Chouikha Mohammed Ennouri El-HĂšchmi Jegham Abd-Elkader Ben khamisse Mohammed El-Mokhtar El-ArbĂšwi El-Monji Ben SalĂšh Mohammed Abbou Ahmed El-KilĂšni Abd-El-Raouf El-AyĂšdi EttahĂšr El-Mestiri Ahmed El-Galaឯ KĂšmĂšl El-JĂšndoubi Lotfi El-Hidouri Mr Mohammed Ben Saឯd Omar El-Mestiri Ali Ben SĂšlem
PrononcĂ© du jugement dans lâaffaire des jeunes dĂ©tenus de La Skhira
Mercredi 26 mai 2010 Tunis, Aujourdâhui, 26 mai 2010, la Cour dâAppel de Sfax a prononcĂ© son jugement dans lâaffaire des jeunes arrĂȘtĂ©s Ă la suite du mouvement de protestation de fĂ©vrier dernier, pour le droit Ă un emploi et la transparence dans le recrutement. Voici les condamnations : Confirmation du jugement en premiĂšre instance (4 mois dâemprisonnement fermes) prononcĂ© contre les dĂ©tenus Rochdi Hamidet et Mohammed Marzouki, Peine ramenĂ©e de huit Ă quatre mois contre les dĂ©tenus Khaled Miahi et Abdelkader Mbarek. En vertu de ce jugement, les condamnĂ©s devraient tous achever leur peine le 2 juin 2010. BĂ©chir Ouni (Source : El Fajr News) (traduction ni revue ni corrigĂ©e par lâauteur de la version en arabe, LT) Â
Tunisie: Prison pour onze terroristes
Le tribunal de premiĂšre instance de Tunis a condamnĂ© Ă des peines de quatre Ă douze ans de prison onze hommes pour financement d’une cellule terroriste et recrutement de nouveaux membres, a annoncĂ© jeudi l’avocat de la dĂ©fense, Me Samir Ben-Amor. Deux accusĂ©s ont Ă©copĂ© de douze ans de rĂ©clusion criminelle. Un autre a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă cinq ans et le reste Ă quatre ans. Le groupe avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en 2009. (Source: “Le Journal Du Dimanche” le 27 mai 2010)
Nomination dâun nouvel ambassadeur suisse Ă Tunis
Pierre Combernous, actuellement ambassadeur et chef de la Division politique II Asie/OcĂ©anie Ă la Direction politique, a Ă©tĂ© nommĂ© en qualitĂ© d’ambassadeur extraordinaire et plĂ©nipotentiaire en RĂ©publique tunisienne.
L’Ambassadeur Combernous prendra ses fonctions Ă la mi-septembre 2010. Il succĂšdera Ă l’Ambassadeur Christian Faessler, qui partira Ă la retraite.
(Source : le site officiel du ministÚre suisse des affaires étrangÚres, le 27 mai 2010)
Lien: http://www.admin.ch/aktuell/00089/?lang=fr&msg-id=33274
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EXPULSĂ© DE SON HĂTEL DEPUIS JEUDI DERNIERÂ Â Â
Le Tunisien Yassine Ferchichi demande lâaide du SĂ©nĂ©gal et de la France
Par Mamadou DIALLO Yassine Ferchichi Ă©tait hier lâinvitĂ© surprise du panel organisĂ© par le comitĂ© de pilotage pour le jugement Ă©quitable de HissĂšne HabrĂ©. Ce Tunisien, arrĂȘtĂ© et jugĂ© pour terrorisme en 2005 en France et expulsĂ© vers Dakar, est venu, lui aussi, plaider pour sa cause. Il a Ă©tĂ©, dit-il, expulsĂ© depuis jeudi dernier de son hĂŽtel, faute de moyens. En effet, le gouvernement du SĂ©nĂ©gal qui avait acceptĂ© de loger M. Ferchichi dans cet hĂŽtel ne serait pas passĂ© Ă la caisse. Aujourdâhui, le «terroriste» dort Ă la belle Ă©toile, devant le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres. Ainsi, il attire lâattention des autoritĂ©s sĂ©nĂ©galaises et françaises sur son cas. «Je suis fatiguĂ© dâĂȘtre pointĂ© du doigt. Je ne suis pas un terroriste et je ne le serai jamais. La France mâa expulsĂ© au SĂ©nĂ©gal sans aucune garantie. Depuis jeudi dernier, je dors dans le jardin de la Place de lâIndĂ©pendance, parce que lâEtat du SĂ©nĂ©gal nâa pas respectĂ© son engagement qui consistait Ă me prendre en charge. Mon combat câest dâavoir un droit comme un ĂȘtre humain», plaide Yassine Ferchichi. LâOrganisation nationale de dĂ©fense des droits de lâhomme (Ondh), par la voix de son prĂ©sident Me Assane Dioma Ndiaye se dit indignĂ©e par la situation de Ferchichi. «En quoi la vie de Clotilde Reiss a plus de valeur que celle de Ferchichi ? Pourquoi les autoritĂ©s françaises et sĂ©nĂ©galaises laissent Ferchichi dans cette situation de prĂ©caritĂ© ? Aujourdâhui, Yassine Ferchichi est rĂ©duit Ă une vie bestiale, il vit dans la rue avec une insĂ©curitĂ© totale. Les autoritĂ©s françaises et sĂ©nĂ©galaises porteront dans leur conscience la mort prochaine et programmĂ©e de Yassine Ferchichi», soutient Me Ndiaye. Yassine Ferchichi est arrivĂ© dans la capitale sĂ©nĂ©galaise le 24 dĂ©cembre 2009 Ă lâissue de son incarcĂ©ration en France oĂč il est frappĂ© dâune interdiction dĂ©finitive du territoire français. AprĂšs avoir Ă©tĂ© en «observation administrative» dans un commissariat de Police de Dakar, il est libre de tout mouvement depuis le 29 dĂ©cembre 2009. Il avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© Ă Paris, en 2005, et condamnĂ© en 2008 Ă 6 ans et demi dâemprisonnement pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, peine assortie dâune interdiction dĂ©finitive du territoire français. Il a Ă©tĂ© expulsĂ© vers le SĂ©nĂ©gal, parce que ses avocats et diverses associations des droits de lâhomme ont estimĂ© quâil courait le risque dâĂȘtre torturĂ©, sâil mettait les pieds en Tunisie. En 2004, Yassine Ferchichi qui avait Ă©tĂ© a deux reprises condamnĂ© par contumace, sur la base de la Loi antiterroriste Ă 32 ans de prison, avait dĂ©jĂ fait lâobjet dâune arrestation suivie de torture par la Police politique tunisienne, indique-t-on. (Source: “Le Quotidien” (Quotidien – Senegal) le 26 mai 2010)
Cendrillon maghrébine
La cinéaste tunisienne Raja Amari dénonce des «Secrets» féminins
Norbert Creutz
La semaine prochaine, Sex and the City 2 enfoncera le clou avec la subtilitĂ© et la suffisance amĂ©ricaines habituelles: la sexualitĂ© fĂ©minine pose problĂšme dans le monde arabe. En attendant, on prĂ©fĂšre mille fois voir cette question traitĂ©e par les intĂ©ressĂ©es elles-mĂȘmes. Comme dans ces beaux Secrets (Dowaha), deuxiĂšme long-mĂ©trage de la jeune Tunisienne Raja Amari, rĂ©vĂ©lĂ©e il y a sept ans par Satin rouge, ou dans les films de sa compatriote Moufida Tlatli (Les Silences du palais, La Saison des hommes).
Presque toute lâaction se joue dans une grande villa abandonnĂ©e dans la campagne tunisienne. La jeune AĂŻcha, sa sĆur aĂźnĂ©e Radia et leur mĂšre, une vieille domestique, y vivent Ă lâĂ©cart et Ă lâabri du monde. Mais lorsque lâhĂ©ritier et sa fiancĂ©e viennent sâinstaller dans la maison pour quelques jours, le quotidien des trois femmes se trouve menacĂ©. Elles se terrent dâabord dans les communs de peur dâĂȘtre chassĂ©es. Mais la curiositĂ© de lâadolescente pour ce couple moderne prend bientĂŽt le dessus, rendant le contact inĂ©vitable, qui provoquera Ă son tour la rĂ©surgence dâun secret inavouĂ©âŠ
Autant que Satin rouge, lâhistoire dâune femme qui sâĂ©mancipait Ă travers la danse du ventre (rĂ©vĂ©lant au passage lâactrice palestinienne Hiam Abbass), Les Secrets joue sur la tension entre dĂ©sir rĂ©primĂ© et sensualitĂ© sublimĂ©e. Mais il prĂ©cise sans doute un art poĂ©tique, plus mĂ©taphorique que strictement rĂ©aliste. Inutile dĂšs lors dâattendre des rĂ©ponses aux pourquoi (vivent-elles lĂ ?) et comment (Ă©chappent-elles au regard des hommes?) qui ne manquent pas de se poser.
FondĂ© sur cette tonalitĂ© incertaine et une opposition un peu trop Ă©vidente (trio archaĂŻque contre femme Ă©mancipĂ©e), ce film prĂ©sentĂ© Ă la derniĂšre Mostra de Venise, oĂč il sâappelait Anonymes, ne semble pas avoir suscitĂ© le mĂȘme engouement. Il nâempĂȘche que rien que pour la splendeur de la photo signĂ©e par notre compatriote Renato Berta, il vaut largement le dĂ©tour. Et on nâest pas prĂšs dâoublier ses plus belles sĂ©quences: celle qui voit AĂŻcha (Hafsia Herzi, la rĂ©vĂ©lation de La Graine et le mulet et Le Roi de lâĂ©vasion) traverser une grande fĂȘte telle une Cendrillon moderne, et la derniĂšre, terrible, quâon ne dĂ©florera pas.
VV Les Secrets (Dowaha), de Raja Amari (Tunisie/Suisse/France 2009), avec Hafsia Herzi, Sondes Bel Hassen, Wassila Dari, Rim El Benna, Dhafer LâHabidine. 1h31.
(Source : « Le Temps » (Quotidien â suisse), le 26 mai 2010)
Lutte contre l’impunitĂ© en Afrique: Amnesty dĂ©nonce l’absence de volontĂ© politique
AFP, le 27 mai 2010
LONDRES (AFP) – jeudi 27 mai 2010 – 7h49 – Les multiples violations des droits de l’Homme en Afrique illustrent “l’absence de volontĂ© politique” de nombreux dirigeants de lutter contre l’impunitĂ©, estime Amnesty International (AI) dans son rapport 2010.
Le “contraste saisissant” entre le discours de dirigeants africains sur les libertĂ©s fondamentales et “l’absence de mesures concrĂštes” visant Ă les respecter “n’est pas nouveau”, Ă©crit l’ONG en prĂ©ambule.
“Mais cet Ă©norme dĂ©calage n’a pour ainsi dire jamais Ă©tĂ© aussi perceptible qu’Ă travers leurs rĂ©actions” face au mandat d’arrĂȘt contre le prĂ©sident soudanais Omar el-BĂ©chir, Ă©mis par la Cour pĂ©nale internationale (CPI), pour crimes de guerre et crimes contre l’humanitĂ©, poursuit l’ONG.
MalgrĂ© ce “signal fort” de la CPI envers ceux soupçonnĂ©s de “violations flagrantes” des droits de l’Homme, les pays de l’Union africaine (UA) ont dĂ©cidĂ© de ne pas coopĂ©rer avec la CPI pour l’arrestation de M. BĂ©chir, regrette Amnesty.
“L’annĂ©e 2009 a, hĂ©las, Ă©tĂ© marquĂ©e en Afrique par de nombreux autres exemples illustrant l’absence de volontĂ© politique de veiller au respect de l’obligation de rendre des comptes, Ă quelque Ă©chelle que ce soit”, relĂšve l’organisation.
Cela a Ă©tĂ© le cas dans les zones de conflit ou d’insĂ©curitĂ©, comme en Centrafrique, RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), Somalie, au Tchad et au Soudan, oĂč groupes armĂ©s et forces de sĂ©curitĂ© gouvernementales “ont commis des atteintes aux droits humains en toute impunitĂ©”, selon le rapport.
La RDC “a refusĂ© d’arrĂȘter” l’ex-rebelle Bosco Ntaganda, recherchĂ© par la CPI pour crimes de guerre, et des hauts responsables militaires accusĂ©s de crimes ne sont suspendus de leur fonction ou traduits en justice.
Au Soudan, en RDC, dans l’est du Tchad et en Somalie, “le climat d’insĂ©curitĂ© gĂ©nĂ©rale” a rendu difficile le travail des humanitaires,“souvent ciblĂ©s par les parties au conflit ou des bandits”.
Les “seules vĂ©ritables avancĂ©es”, selon Amnesty, ont Ă©tĂ© le travail du Tribunal spĂ©cial pour la Sierra Leone et la reconduction du mandat du TPI pour le Rwanda.
“Le manque de dĂ©termination Ă lutter contre l’impunitĂ© s’est Ă©galement illustrĂ© par l’attitude qu’ont eue de nombreux Etats africains face aux violations commises” par leurs forces de police et de sĂ©curitĂ©, ajoute le texte.
Par exemple au NigĂ©ria, “des centaines de personnes sont tuĂ©es chaque annĂ©e” mais il n’y a “presque jamais” d’enquĂȘte.
La GuinĂ©e n’a procĂ©dĂ© Ă “aucune enquĂȘte sĂ©rieuse” aprĂšs le massacre d’opposants fin septembre Ă Conakry, qui a fait au moins 156 morts, selon l’ONU. Et si l’UA et la CommunautĂ© Ă©conomique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CĂ©dĂ©ao) ont eu la “volontĂ© politique” d’agir rapidement pour enquĂȘter, “il s’agissait davantage d’un cas exceptionnel que d’une rĂšgle”, selon Amnesty.
“Aucune enquĂȘte impartiale” non plus Ă Madagascar aprĂšs la mort d’au moins 31 personnes, en fĂ©vrier 2009, dans une manifestation rĂ©primĂ©e par la garde prĂ©sidentielle.
De “nombreux gouvernements” attaquent les journalistes, opposants, syndicalistes et militants des droits de l’Homme, “victimes d’arrestations arbitraires, d’intimidations, de disparitions forcĂ©es et parfois mĂȘme d’homicides”, dĂ©nonce l’ONG.
“La sociĂ©tĂ© africaine rĂ©clame chaque annĂ©e de façon plus pressante que les responsables d’atteintes aux droits humains soient amenĂ©s Ă rendre compte de leurs actes. Des Ă©volutions significatives ne pourront pas ĂȘtre obtenues dans ce domaine sans la dĂ©termination des dirigeants politiques”, conclut Amnesty.
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Turquie: une diplomatie ambitieuse et hyper-active pour peser sur la scĂšne mondiale
AFP, le 27 mai 2010 Ă 12h18 Par Michel SAILHAN ISTANBUL, 27 mai 2010 (AFP) – La Turquie poursuit une diplomatie ambitieuse et hyper-active, de l’Iran Ă l’AmĂ©rique latine, avec l’espoir de hisser son influence politique internationale au niveau de son dĂ©veloppement Ă©conomique. Recep Tayyip Erdogan effectue cette semaine une visite au BrĂ©sil, la premiĂšre jamais effectuĂ©e par un Premier ministre turc, avant de se rendre en Argentine et au Chili. Il devait s’entretenir avec le prĂ©sident Luiz Inacio Lula da Silva, aprĂšs la signature le 17 mai de l’accord entre Brasilia, Ankara et TĂ©hĂ©ran visant Ă rĂ©soudre la crise du programme nuclĂ©aire de l’Iran, pays soupçonnĂ© par les Occidentaux de se doter de l’arme nuclĂ©aire. L’accord a Ă©tĂ© fraĂźchement accueilli par les Etats-Unis, alliĂ©s de la Turquie au sein de l’Otan, et qualifiĂ© d'”imposture” par Benjamin Netanyahu, le Premier ministre d’IsraĂ«l, autre alliĂ© stratĂ©gique d’Ankara. Mais il a mis au premier plan deux pays Ă©mergents, le BrĂ©sil et la Turquie, membres non-permanents du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU, dans un dossier qui, a dĂ©clarĂ© M. Erdogan au BrĂ©sil, “mettait trĂšs mal Ă l’aise la communautĂ© internationale”. “Avec l’Iran, la Turquie essaye de donner une dimension politique au concept de pays Ă©mergent”, note Jean Marcou, de l’Institut français d’Ă©tudes anatoliennes (IFEA, Istanbul). Outre la question iranienne, M. Erdogan a donnĂ© Ă ce pĂ©riple de huit jours en AmĂ©rique latine une portĂ©e Ă©conomique, se faisant accompagner de nombreux hommes d’affaires. DĂ©ployĂ©e Ă©galement en Afrique (le prĂ©sident turc Abdullah GĂŒl Ă©tait en mars au Cameroun et en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo), la diplomatie de la Turquie est aussi en pleine essor, sur ses frontiĂšres. Dernier projet en date, une visite, prĂ©vue en juin, du prĂ©sident du Kurdistan irakien Massoud Barzani, qu’Ankara accusait jadis de comploter contre la Turquie. De nombreuses entreprises turques travaillent au Kurdistan, et Ankara “pousse Barzani Ă lutter contre le PKK”, les rebelles kurdes de Turquie basĂ©s au Kurdistan irakien, rappelle l’Ă©ditorialiste Semih Idiz, du journal Milliyet. Outre le Kurdistan, le rĂ©gime islamo-conservateur turc au pouvoir depuis 2002 a engagĂ© une politique du “zĂ©ro problĂšme” avec ses voisins, aux succĂšs mitigĂ©s: rĂ©conciliation avec deux ennemis de jadis, la Syrie et la GrĂšce -M. Erdogan Ă©tait Ă AthĂšnes Ă la mi-mai -, rapprochement avec l’Iran et l’Irak, tentative de rĂ©conciliation avec l’ArmĂ©nie. Et Ankara s’est spectaculairement tournĂ© vers les pays arabes, au grand dam d’IsraĂ«l, avec lequel les relations se sont nettement dĂ©tĂ©riorĂ©es. Cette diplomatie trĂšs active qui n’oublie pas la Russie (le prĂ©sident Dmitri Medvedev Ă©tait en Turquie en mai) et marquĂ©e aussi par la volontĂ© constamment rĂ©pĂ©tĂ©e d’entrer dans l’Europe, ne peut se comprendre sans tenir compte du dĂ©veloppement Ă©conomique du pays, rappelle Jean Marcou. Membre du G20, la Turquie est passĂ©e en vingt ans du 28e au 17e rang dans le classement des Ă©conomies mondiales du FMI. Sa croissance a Ă©tĂ© de 6% au dernier trimestre de 2009. “La Turquie a enfin les moyens de sa gĂ©ographie”, note M. Marcou. “Elle devient une vĂ©ritable puissance rĂ©gionale et veut prendre place sur la scĂšne internationale.” Le phĂ©nomĂšne s’explique aussi par des changements politiques: M. Erdogan “a remis en cause l’ancien systĂšme sĂ©curitaire oĂč l’armĂ©e faisait la loi en politique Ă©trangĂšre, et installĂ© un pouvoir stable, capable d’imposer ses vues”. Pour Semih Idiz cependant, cet essor diplomatique ne tient pas prĂ©cisĂ©ment au rĂ©gime en place. Les frontiĂšres de la Turquie sont ce qu’elles sont, Iran, Syrie, Irak, explique-t-il. “Les dirigeants n’ont pas le choix, ils doivent proposer des solutions aux crises qui sont Ă leur porte”. Â
Secularist Turks grapple with vision of modernity
Reuters, le 27 mai 2010 Ă 08h10 * Long banished from power, secularist party eyes 2011 vote * Middle classes defected to religious-leaning AKP * CHP needs to adapt view on economy, EU, minorities By Ibon Villelabeitia ANKARA, May 27 (Reuters) – ANKARA, May 27Â â In the cool hush of the marble mausoleum above Ankara, Turks pay homage as they have for decades to secular state founder Kemal Ataturk. Down below, the traffic roars, streets teem with well-heeled youth, mosques are built, stylish cafes and bars thrive, the call to prayer echoes. With the advent of Prime Minister Tayyip Erdogan, the view from the mausoleum has become confusing and troubling. The secularist opposition, while accusing his AK Party of seeking an Islamist state, has struggled since traditional parties tainted by accusations of corruption crashed to defeat in 2002. âThere are more people coming here lately,â said Zafer, a professional guide in his 30s. âPerhaps they come to think about Turkey.â Many up here yearn for a strong leader who can challenge Erdogan, uphold their view of the secular and nationalist ideals espoused by a hero who died in 1938. They shiver at Erdoganâs assertion that he is the true guardian of Ataturkâs reformist, westernising legacy, the true âKemalistâ. There is a sense amongst many though that Ataturkâs own Republican Peopleâs Party (CHP) has become fossilised fighting old battles while the AK Party pushes a modernising agenda of social and economic reform. Last weekend, the CHP formally jettisoned its hardline leader Deniz Baykal, rejected by voters in 2002 and 2007, and elected former civil servant Kemal Kilicdaroglu in his place. Hopes are rising of a resurgent party ready to fight 2011 elections. âThe CHP has already attracted some disaffected and pro-reform voters with the election of Kilicdaroglu,â Tarhan Erdem, head of the respected Konda research and polling group, said. Some of that buzz stems from relief that Baykal has finally quit. Kilicdaroglu, 62, has little time to work any magic, but the change at the CHP at least provides a better choice for voters alarmed by the AK Partyâs strong religious wing. â(Kilicdarogluâs) leadership has brought Turkey a very important thing: an alternative, a party you can vote for, other than the AK Party. But he has to take some concrete steps and show it deserves to win their votes,â Erdem said. The Kemalist ideology of Ataturkâs heirs needs updating to have wider appeal among a population with an average age of 28. Analysts say Kilicdaroglu needs to reinvent a Kemalism that went bankrupt as Turkey and the world around it changed. Secular middle-class Turks â engineers, teachers, doctors, lawyers, bureaucrats â used to trust the CHP, which claims to guard Ataturkâs legacy. But failure to modernise made it unelectable even for those who distrust Erdoganâs AK Party. Shorn of voter support, the CHP appeared to fall back on goading friends in the army and the judiciary to act against the government. The judiciary faces reform and the army, which had removed four governments since 1960, has seen its influence pared back and faced accusations of coup plots against officers. Unable to block government proposals for constitutional change in parliament, the CHP has asked the Constitutional Court to stop the package going to a national referendum in September. While the AK has won plaudits among markets and in Europe for espousing change, the CHP entrenched itself behind an anti-Western, anti-religious and anti-liberal discourse. Today, Turkey is a EU candidate nation with a vibrant and globalised US$600 billion economy that attracts large sums of foreign investment and has gained the status of regional power. While the westernised secularist elite of Istanbul and Ankara has in recent years seen its privileges and lifestyle threatened, the pious and once marginalised masses from the Anatolian heartland have risen to political and economic prominence in the wake of the privatisations of the 1990s. The AK Party capitalised on this social shift. It earned support outside its hardcore vote with strong-willed economic policy, promoted business in the Anatolian heartland, reduced the influence of the military and set about reforming the judiciary in pursuit of European Union membership. Many in the CHP will still see these reforms as a covert move to cripple democracy and introduce sharia â something denied by Erdogan, who was himself jailed in the 1990s for reading out a poem deemed by a court to be Islamist incitement. âTurkey has figured out how to be a functioning democracy in the Middle East,â Paul Salem, Middle East director of the Carnegie Endowment for International Peace told Turkeyâs Zaman newspaper in a recent interview. âIt has figured out how to do economics in the 21st century and has figured out how to have Islam and secularism and science and individuality and community all in the same society in the Middle East,â Salem said. To make up lost ground the CHP needs to take a more sophisticated approach to issues of Islam in the public sphere, individual freedoms, economic policies in a globalised world, Turkeyâs international relations, and offer some way out of the Kurdish conflict in its own borders. âThe new CHP should find a way to reconcile its values with a progressive agenda based on freedoms,â said Asli Baydar, a 45, mathematics teacher in Istanbul. âIt should begin talking about a more democratic Turkey and combine this with its traditional values such as secularism, addressing socio-economic imbalances and adopting a positive discourse of change and hope.â So far Kilicdaroglu has trodden carefully, making vague promises to fight graft and poverty and pandering to his partyâs populist wing by visiting mining towns. He has much to do in the land to break AKâs huge parliamentary majority. â
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Reuters The fourth monkey â Tianya Jianke
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