26 janvier 2009

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TUNISNEWS

8 ème année, N° 3170 du 26.01.2009

 archives :www.tunisnews.net  

Collectif nantais de soutien aux Tunisiens de Redeyef : Conference de presse AFP: A Lampedusa, la brève mais spectaculaire révolte de centaines de clandestins AFP: Lampedusa: situation calme dimanche après l’escapade massive de samedi (24 janvier) Le Temps Lundi: Emigration clandestine : Chronique d’un échec collectif Le Temps Lundi: Waêl, un émigré clandestin expulsé d’Italie: « Je regrette mon lopin de terre vendu pour des projets chimériques » Reuters: Bangkok mis en cause après la disparition de boat-people birmans (de minorité musulmane, NDLR) Le Temps Suisse:  Boat people birmans: l’armée thaïlandaise accusée Reuters: L’offensive israélienne à Gaza a « tué » l’UPM, estime la Libye AFP: La guerre de Gaza a « porté un coup » à l’Union pour la Méditerranée (Kadhafi) AFP: Trois ex-diplomates occidentaux devenus avocats du dialogue avec le Hamas Reuters: Tollé autour d’une directive rabbinique durant la guerre de Gaza

AP: Sky News refuse de diffuser une appel aux dons en faveur de Gaza

Pr. Saïd Mestiri: A propos des nouvelles armes utilisées par Israël à Gaza : Des interrogations légitimes

Sihem Bensedrine: L’épreuve de Gaza et la faillite de la « communauté internationale » Le Temps Lundi: Bombardez- moi : je suis arabe AP: The former Cat Stevens performs song for Gaza AFP: Albanie: les musulmanes pourront garder le foulard sur les photos d’identité

Nour el Hoda: L’important c’est d’exister, l’important


Liste actualisée des signataires de l’initiative du Droit de Retour : http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l’initiative : manfiyoun@gmail.com

 

Le Collectif nantais de soutien aux Tunisiens de Redeyef vous invite à une

CONFERENCE de PRESSE

ce mardi 27 janvier à 18h

Maison des associations – 21, allée Baco – Nantes

33 tunisiens, syndicalistes, enseignants, ouvriers, jeunes chômeurs ont été condamnés, le 11 décembre dernier, par le tribunal de Gafsa (sud-ouest de la Tunisie) à des peines allant de 1 an à… 10 ans de prison. Ils avaient manifesté pacifiquement contre le chômage, l’injustice et la vie chère et ont été accusés de  » participation à une entente criminelle en vue de commettre des attentats contre les personnes et les biens, rébellion armée et troubles à l’ordre public ».  Le procès du 11 décembre s’est affranchi du respect de la légalité : pas d’audience des prévenus, pas de plaidoirie d’avocats malgré la présence de plus de 70 avocats, pas d’énoncé public des verdicts. Le président du tribunal a déclaré la séance ouverte, a annoncé que les verdicts avaient été décidés et clos aussitôt la séance, invitant les avocats à prendre connaissance des décisions du tribunal auprès du secrétariat. Du jamais vu !

Tous les inculpés ont été condamnés pour avoir seulement exprimé leurs demandes légitimes de travail, de pain et de justice. Leur procès en appel se tient le 3 février prochain. 

Dans le même temps, à Nantes, plusieurs tunisiens originaires de Redeyef sont arrêtés et enfermés au centre de rétention de Rennes (celui de Nantes étant fermé) pour être reconduits à la frontière. Les tunisiens arrêtés sont des personnes qui veulent échapper à la répression en Tunisie. La ville de Redeyef subit un contrôle renforcé du déplacement des habitants aboutissant à un véritable état de siège, des perquisitions, les pressions sur les familles, la chasse aux jeunes… Il faut rappeler le bilan du mouvement : trois personnes mortes dont deux manifestants tués par des balles policières, de très nombreux blessés, plus de 200 personnes poursuivies, des dizaines d’entre elles torturées dans les prisons…

Le Collectif appelle à un rassemblement devant la Préfecture de Nantes ce samedi 31 janvier à 15h pour demander :

– la relaxe de tous les prévenus, justice et liberté pour les Tunisiens en Tunisie,

– le respect du droit d’asile des Tunisiens en France, notamment de ceux de Redeyef.

Cette conférence de presse sera principalement animéepar : 

– deux tunisiens originaires de Redeyef et résidantdans la métropole nantaise dont des très proches sont aujourd’hui condamnées à 6 ou 10 ans de prison et qui font partie des 33 personnes condamnées le 11 décembre dont le procès en appel aura lieu le 3 février et

– deux autrestunisiens de Redeyef qui ont participé au mouvement social dans le bassin minier de Gafsa, ont quitté très récemment la Tunisie pour échapper à la répression, sont aujourd’hui sans papier et demandent leur régularisation dans notre pays à Nantes.  


A Lampedusa, la brève mais spectaculaire révolte de centaines de clandestins

AFP Samedi 24 janvier, 17h07  Katia DOLMADJIAN Quelque 700 immigrés, selon les estimations du maire Bernardino De Rubeis – 1.300 selon certains médias – ont forcé dans la matinée les grilles du centre fermé pour aller manifester pendant plusieurs heures devant la mairie de Lampedusa, aux cris de « liberté, aidez-nous! ». Ils entendaient protester contre la mise en place sur l’île d’un nouveau Centre d’identification et d’expulsion (CEI), opérationnel depuis vendredi et qui permet des rapatriements plus rapides, et également dénoncer leurs conditions de détention dans un centre surpeuplé. Les clandestins, majoritairement des Africains partis des côtes libyennes pour gagner l’Europe, s’entassaient encore vendredi à plus de 1.600 dans une structure prévue pour 850, avant le transfert d’urgence le même jour de près de 300 d’entre eux dans d’autres régions italiennes. Après leur manifestation la totalité des migrants a regagné dans le calme le centre de rétention, a constaté un photographe de l’AFP, mais leur action coup-de-poing a suscité une controverse entre le gouvernement et des associations humanitaires. « Il n’y a pas de problème à Lampedusa. Ceux qui arrivent là-bas sont libres de leurs mouvements. Ce n’est pas du tout un camp de concentration, ils sont libres d’aller se boire une bière. (Samedi) ils sont allés en ville comme ils le font d’habitude », a déclaré le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, cité par l’agence Ansa. Le ministère de l’Intérieur a renchéri en affirmant dans un communiqué que le centre « d’accueil » pour clandestins, à la différence du nouveau Centre d’identification et d’expulsion, ne prévoyait pas « l’obligation de séjour » et qu’il n’y avait donc pas eu de « fuite » de clandestins à proprement parler. « Toutes les organisations qui travaillent à Lampedusa pourront le confirmer, c’est un centre gardé par les forces de l’ordre, et personne ne peut sortir pour aller prendre un café », a déclaré à l’AFP Antonio Virgilio, responsable en Italie de Médecins sans frontières (MSF). « Je ne comprends pas ce qui se passe car jusqu’à hier, il n’y avait aucune liberté de mouvement pour les demandeurs d’asile du centre et personne ne peut entrer ou sortir librement. Alors y a-t-il eu un changement de politique depuis vendredi? Nous ne sommes pas au courant! », a réagi Laura Boldrini, porte-parole en Italie du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Pour la seule année 2008, près de 31.700 immigrants ont débarqué à Lampedusa, une augmentation de 75% par rapport à l’année précédente selon des chiffres du ministère de l’Intérieur. Jusqu’à présent, les immigrés débarqués à Lampedusa n’y restaient que quelques jours avant d’être dirigés vers d’autres centres en Italie pour qu’il soit statué sur leur sort. Mais devant les arrivées massives de ces dernières semaines, le gouvernement a décidé d’expulser au plus vite les candidats à l’immigration ne répondant pas aux critères pour obtenir l’asile. Ainsi, depuis le 1er janvier, 150 clandestins – principalement des Egyptiens et des Nigérians – ont été renvoyés dans leur pays d’origine, en vertu d’accords de coopération entre l’Italie et ces pays, avait indiqué vendredi le ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni.

Lampedusa: situation calme dimanche après l’escapade massive de samedi (24 janvier)

AFP, le 25 janvier 2009 à 11h42 ROME, 25 jan 2009 (AFP) – La situation était calme dimanche dans le centre de rétention de Lampedusa (sud de l’Italie), d’où se sont échappés samedi plusieurs centaines de clandestins, a indiqué à l’AFP une responsable. « Tout est calme. Les immigrés qui s’étaient enfuis sont tous rentrés », a déclaré par téléphone à l’AFP Paola Silvina. Quelque 700 immigrés, selon les estimations du maire de Lampedusa, Bernardino De Rubeis, ont forcé samedi matin les grilles du centre pour aller manifester pendant plusieurs heures devant la mairie, aux cris de « liberté, aidez-nous! ». Ils entendaient protester contre les conditions de vie dans le « centre de premier accueil » de l’île et l’ouverture vendredi d’un nouveau Centre d’identification et d’expulsion (CEI) qui doit permettre des rapatriements plus rapides. La population de l’île, déjà hostile au premier centre, a manifesté à plusieurs reprises contre l’ouverture de la nouvelle structure, estimant que la présence massive de clandestins sur l’île nuit à son image touristique. Jusqu’à présent, les clandestins débarqués à Lampedusa n’y restaient que quelques jours pour une identification rapide avant d’être acheminés vers des centres de rétention sur le continent où il était statué sur leur sort. Quelque 1.300 clandestins se trouvaient dimanche dans le centre d’accueil, qui a une capacité théorique de 850 places. Le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni a réaffirmé dimanche sa volonté d’une accélération des expulsions. « Ceux qui pensent pouvoir entrer clandestinement en Italie et y circuler librement se trompent. Ceux qui arrivent à Lampedusa y resteront en attente de leur rapatriement », a-t-il déclaré dans une interview au Corriere della Sera. Pour la seule année 2008, près de 31.700 immigrants ont débarqué à Lampedusa, une augmentation de 75% par rapport à l’année précédente, selon le ministère de l’Intérieur. Ces clandestins ne représentent cependant qu’une faible part – de l’ordre de 15/20 % – du nombre total des immigrés illégaux présents en Italie, selon la presse. AFP

 

Emigration clandestine : Chronique d’un échec collectif

Par Mourad SELLAMI 170 millions de migrants légaux dans le monde. Sans doute 20 ou 30 millions d’illégaux, dont 4 millions dans l’Europe des vingt-sept. Un trafic humain estimé par les experts à quelque 15 milliards de dollars par an, organisé par d’habiles passeurs et de cyniques parrains. Avec, pour principales destinations, les Etats-Unis, qui n’ont jamais accueilli autant d’étrangers depuis la vague d’immigration du début du siècle, et l’Union européenne, une forteresse dont l’idéal semble être la « tolérance zéro ». Derrière ces chiffres, il y a la tragédie de ces clandestins noyés en mer ou morts sur les sentiers de l’Eldorado. Tout le monde se rappelle le drame de ces travailleurs philippins battus, celui de ces enfants mexicains travaillant en Amérique du Nord et de ces filles russes faisant partie des réseaux de traite des blanches…En Tunisie, on se rappelle des multiples épisodes de problèmes avec la Libye et des différentes tentatives de passer clandestinement en Italie. La dernière en date, se produisant il y a une semaine à la Marsa, n’a pas encore livré tous ses secrets. Immigré, une profession ? Une profession de foi en un avenir meilleur assurément. Mais, émigrer, n’est-ce pas une prétention vaine ? Quel est le prix à payer pour tous ceux qui, malgré des barrières quasi infranchissables entre les deux zones du monde (Nord/Sud) osent braver le franchissement de tous les remparts ? Quelles sont les raisons impérieuses qui poussent tant d’individus, citoyens des pays du Sud ou de l’Est à se jeter sur les routes de l’émigration ? Pour mettre un terme à ces drames devenus quotidiens au Sud de la Méditerranée ou ailleurs dans d’autres contrées de notre planète, il faut envisager un développement global soucieux d’établir, sur toute la terre, le plus d’équilibre possible entre les croissances économiques et les responsabilités sociales. Un autre monde humain est possible si on le veut : un monde plus juste, plus équitable, plus durable, plus solidaire ; dont l’économie serait davantage complémentaire que concurrentielle. Sans l’engagement de l’humanité future dans la perspective de l’économie complémentaire, on sera toujours dans la logique de la concurrence commerciale qui est, par nature injuste, selon les lois de la nature et non de la raison ou de l’humanité. Dès lors ce sont toujours les forts de fait qui gagnent. On comprend aisément qu’encourager les pays du Sud, par exemple les pays africains, à se développer suivant la logique de l’économie occidentale actuelle, n’a aucun sens. Plus que l’aide publique au développement des pays pauvres, des investissements de pays à pays ou privés, les micros projets des ONG et des Associations sont de nature plus efficaces. Celles-ci travaillent de concert avec les populations locales, tâchant de les impliquer dans l’acheminement à leur terme des projets, en ce que ceux-ci les concernent en tout premier lieu. C’est ainsi que, sans l’action remarquable des ONG et des Associations, les populations auraient certainement plus de difficultés de survie. Ces organisations souvent philanthropiques s’activent dans les divers secteurs de la réalité de leur vie : des méthodes nouvelles culturales et de rétention des sols, de la rentabilisation de ceux-ci, des investissements, des centres d’apprentissage des techniques utiles sur place, des structures sanitaires et de loisir, etc. Toutefois, les hommes des pays du Sud n’attendent pas toutes les initiatives de ceux du Nord. Dans l’ensemble des pays du Sud, en Amérique latine, en Asie, en Afrique etc., l’économie informelle s’organise pour viser à plus de rentabilité par une organisation qu’on pourrait qualifier des plus rationnelles. Cette nécessité répond à des données nouvelles, conséquences de l’économie libérale. Outre l’exode massif qui se poursuit dans ces pays, on sait que, depuis une quinzaine d’années environ, les institutions financières internationales (FMI et Banque mondiale), en voulant gérer l’économie mondiale selon des schèmes régulateurs généraux et simplistes imposés par les technocrates de l’École de Chicago, entre autres, ont contraint les pays du Sud à des mesures draconiennes sans nuance aucune pour des situations particulières. Ces mesures de privations des sociétés publiques les plus rentables en faveur des Fonds de pension occidentaux ont eu pour effet des licenciements massifs, des coupes claires dans les budgets sociaux. Dès lors, des millions de citoyens de ces pays déshérités, pour survivre, n’ont pas eu d’autres solutions que s’adonner au travail informel, lot quotidien d’une vie de « débrouille » ; d’autant plus que le secteur formel n’a pu absorber le surplus de salariés licenciés. Ainsi, dans les années 1990, on a estimé que les revenus du travail informel étaient supérieurs au taux du salaire minimum dans beaucoup de pays du Sud. Et ce travail informel est générateur de potentiels émigrés clandestins car il permet à ses adeptes suffisamment d’argent pour penser à l’émigration. Courir à sa perte Malgré le froid et la répression, les candidats à l’émigration clandestine ne se découragent pas. Ils continuent d’emprunter les embarcations de fortune. Les derniers en date en Tunisie, sont les 35 jeunes qui se sont aventurés en mer à partir de la Marsa (Nord de Tunis). Leur aventure continue encore à défrayer la chronique et à tenir en haleine leurs parents. D’après les chiffres donnés dans un communiqué officiel, six rescapés sont aux arrêts, deux sont en fuite et le corps d’un émigré clandestin a été repêché. Aucune nouvelle n’a été obtenue à propos des 26 disparus. Selon les informations disponibles, la felouque volée, à bord de laquelle se trouvaient ces candidats à l’émigration clandestine, a chaviré aux larges de la Marsa. Ce sont les rescapés revenus à la nage qui ont donné l’alerte. La felouque a été ramenée mais pas de traces des 26 disparus. Ces flux migratoires soulèvent avec acuité l’échec des politiques économiques et sociales jusque-là menées par les pays du Sud. Des politiques qui sont loin de faire sortir du sous-développement une bonne partie des populations. C’est vrai que les clandestins sont eux-mêmes des hors-la-loi. Mais cela ne doit pas dégager la responsabilité qui incombe aux autorités en pareille circonstance, à savoir le devoir d’assistance à ses ressortissants partout où ils se trouvent en situation de précarité dans le monde. On admet cependant qu’il est plus aisé d’assister ceux de ses ressortissants qui vont ou s’établissent légalement à l’étranger. C’est dire que les clandestins ne facilitent pas la tâche à leur Etat. On peut tout de même dire que c’est bien fait pour ces clandestins qui, aussi paradoxal que cela puisse paraître, ne sont pas les plus mal lotis des masses de leurs pays respectifs, à juger seulement par les sommes qu’ils engagent dans leur aventure. Ainsi, des biens meubles et immeubles sont vendus, et le produit, remis à l’aventurier qui quitte son pays avec pas moins de trois mille dinars (2500 $). Avec cette même somme, en restant au pays, on peut aisément entreprendre une activité porteuse avec, en sus, le bonheur d’être chez soi, de jouir de la chaleur familiale. La responsabilité de l’Europe est pareillement engagée dans ce drame humain qui se joue aux abords de ce continent. La nature est ainsi faite, l’homme se dirige toujours là où il croit qu’il aura de quoi manger. C’est donc normal que l’Europe prospère attire les Africains en quête de mieux-être. Cette Europe qui refuse de pratiquer à fond la solidarité avec le berceau de l’humanité, qu’elle a pourtant exploité honteusement des siècles durant depuis la traite négrière en passant par la colonisation jusqu’au néocolonialisme politique et économique qu’elle exerce aujourd’hui. L’injustice a souvent caractérisé le rapport avec l’Occident surtout en matière de commerce international qui s’effectue au détriment de l’Afrique. Il y a aussi l’insignifiance, voire la rareté de l’aide publique au développement et de l’aide budgétaire qui sont deux appuis déterminants dans les finances de nombre d’Etats du Sud.  Les raisons profondes de l’émigration L’émigration est un phénomène socio-économique lié à plusieurs facteurs d’ordre démographique, économique, socio-culturel et politique. Elle touche une bonne partie des pays du Sud et n’épargne pas le Maghreb. Plusieurs raisons se trouvent à l’origine de ce phénomène socioéconomique. Tout d’abord, la croissance démographique élevée agit directement sur le marché du travail où la demande additionnelle d’emploi devient de plus en plus difficile à satisfaire. La population active est de plus en plus instruite et le chômage atteint également les diplômés. L’afflux croissant des femmes sur le marché du travail, s’accompagne d’une augmentation des demandes féminines d’emploi non satisfaites. Les secteurs porteurs et à haute valeur ajoutée demeurent peu créateurs d’emplois. La réglementation du travail n’arrive pas à concilier les entrepreneurs et les travailleurs. Les politiques actives de l’emploi restent peu efficaces et mal évaluées malgré les multiples programmes. Ceci sans occulter les disparités économiques entre les deux rives de la Méditerranée qui  constituent l’un des principaux facteurs générateurs d’émigration. Le revenu national par habitant, dans les pays maghrébins, est beaucoup plus faible que celui des pays de destination des flux migratoires. Tous les rapports sont à revoir et à corriger si vraiment on veut réduire comme peau de chagrin ces importants flux migratoires d’Afrique vers l’Europe. Il faudrait aussi encourager, voire contraindre les pays africains à pratiquer la bonne gouvernance à tous les niveaux ainsi qu’une véritable démocratie. Toute initiative qui ne s’inscrira pas dans ces schémas ne sera que de la diversion et dans ce cas, rien ne pourra arrêter les flux migratoires pas même les barbelés ou les risques divers que courent les clandestins. C’est un problème global auquel il faut une solution intégrale. Il est donc nécessaire que s’ouvre un débat, mais un vrai débat entre Occidentaux et Africains pour discuter franchement de ces questions. (Source : « Le Temps Lundi » (Hebdomadaire – Tunis), le 26 janvier 2009)


Témoignages:

Waêl, un émigré clandestin expulsé d’Italie: « Je regrette mon lopin de terre vendu pour des projets chimériques »

Si l’émigration clandestine est une solution de désespoir, il n’empêche qu’elle ne soit pas à la portée de tout le monde. Les « passeurs » professionnels sont exigeants. Le montant diffère suivant les filières mais il ne descend pas sous la barre de deux mille dinars. La filière libyenne dépasse même les trois mille dinars. Ces réseaux sont certes opaques et il n’est pas facile de les approcher ni d’en avoir les détails. Mais le hasard a placé un émigré clandestin sur notre chemin et il a accepté de raconter son histoire. Interview : Le Temps : Comment t’es-tu résigné à émigrer clandestinement ? Waêl : C’est une longue histoire qui a commencé avec ma séparation de mon ex-fiancée parce que je ne parvenais pas à obtenir un emploi stable. Je gagnais ma vie en travaillant ça et là : dans une huilerie en hiver, manœuvre de bâtiment en été, commerçant itinérant, etc. Je n’arrête pas de bouger. Mais ce n’était pas du tout rassurant et je n’avais pas de véritable statut social. Je m’occupais de travaux subalternes et je suis chômeur aux yeux des autres. C’est pourquoi mon ex-fiancée m’a laissé tomber et a forcé ma décision pour quitter le pays et partir à l’aventure. . Est-ce que c’est simple de prendre une telle décision ? – Pas du tout, les émigrés clandestins sont conscients des risques encourus. Ils savent pertinemment que les embarcations sont surchargées et qu’il y a le risque de finir au fond de la mer en cas d’accident, ou entre les mains des patrouilles tunisiennes ou italiennes. Et puis, ce n’est pas évident de trouver rapidement une situation stable en Sicile. Sans parler des risques de tomber entre les mains des « carabinieri ». C’est une décision de lassitude, de désespoir et prétention à un avenir meilleur. L’émigré clandestin veut en finir avec une situation qui le bloque et ne lui permet pas d’avancer. Il est vrai qu’avec l’argent de l’émigration, on peut monter une petite affaire. Mais, on va vivre dans la misère durant toute sa vie. Donc, émigrer clandestinement, c’est courir le risque. La solution n’est pas rose dans tous les cas de figure. Mais il y a une chance sur deux pour que ça marche. J’ai dû vendre mon lopin de terre pour payer le passeur et emmener de l’argent avec moi en Italie. C’est avec un grand regret que je me rappelle de cette histoire. . Est-ce que votre traversée a été dangereuse ? – Il n’y a pas de traversée clandestine qui n’est pas dangereuse. Il est vrai que la météo était clémente lors de notre passage. La mer n’était pas agitée et on a eu également la chance de ne pas tomber sur les patrouilles marines et d’être reçus par des copains en terre italienne. Mais, ceci n’est pas le cas pour toutes les traversées qui comportent des risques évidents et entraînent d’innombrables catastrophes. Il suffit de voir le nombre de victimes déclarées sans parler de ceux qui ne le sont même pas. Une traversée clandestine, c’est un danger de mort. La chance peut sourire pour quelques uns et c’est la richesse au bout de l’aventure. . Mais, vous voilà de nouveau en Tunisie et en chômage par-dessus le marché ! – Je regrette d’avoir dévié du droit chemin et d’avoir cherché à m’enrichir rapidement. Pourtant, j’avais une situation stable comme travailleur agricole et j’avais même la chance de régulariser ma situation au bout de deux ans. Le gain facile m’a attiré et je m’étais associé à des réseaux illégaux de trafic. Heureusement que ma sanction se soit limitée à l’emprisonnement durant deux ans. Mon ami a été abattu par une bande rivale pendant un règlement de comptes. M.S. (Source : « Le Temps Lundi » (Hebdomadaire – Tunis), le 26 janvier 2009)


Bangkok mis en cause après la disparition de boat-people birmans (de minorité musulmane, NDLR)

 
Reuters, le 26 janvier 2009 à 10h10 BANGKOK, 26 janvier (Reuters) – Les demandes d’explications se multiplient auprès des autorités thaïlandaises après la découverte ces dernières semaines de réfugiés birmans de l’ethnie Rohingya échoués sur l’île indonésienne d’Aceh et dans une île indienne de l’archipel des Andaman. Ces réfugiés, certains pris en charge par l’armée indonésienne, ont déclaré qu’ils avaient fui par centaines le nord-ouest de la Birmanie début décembre à bord de six bateaux et avaient d’abord accosté en Thaïlande. Là, des soldats thaïlandais les auraient arrêtés, et parfois battus, avant de les faire remonter dans les embarcations, sans moteurs, et de les remorquer au large où ils ont été abandonnés à la dérive. Cinq des six bateaux auraient ensuite coulé. La chaîne de télévision américaine CNN a diffusé des images de rescapés racontant leur calvaire. Des groupes de défense des Rohingya, une minorité musulmane de Birmanie, et plusieurs rescapés ont affirmé que près d’un millier d’immigrants avaient été remorqués en pleine mer par les Thaïlandais, en deux fois le mois dernier. Plus de la moitié sont portés disparus, ont-ils ajouté. Le gouvernement thaïlandais n’a pas commenté ces informations mais le colonel Manat Kongpan, mis en cause par les rescapés, a rejeté les accusations et a dénoncé une campagne de diffamation contre son pays. Selon lui, les réfugiés ont été ravitaillés, leurs bateaux ont été réparés par la population et ils ont pu ensuite reprendre leur voyage. Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva a promis une enquête tout en appuyant la version donnée par les militaires. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a déclaré la semaine dernière que 126 autres Rohingyas pourraient être encore détenus par les militaires en Thaïlande et a demandé à les voir, sans recevoir de réponse. « Nous ne savons pas où ils sont », a dit la porte-parole du HCR, Kitty McKinsey.


 

Boat people birmans: l’armée thaïlandaise accusée

Par Sylvie Kauffmann, Le Monde Des réfugiés échoués sur la côte sont maltraités par les militaires thaïlandais avant d’être rejetés sur leurs bateaux, livrés à eux-mêmes sans vivres ni moteur Le 26 décembre 2008, un clandestin est interpellé par la police indienne sur l’une des îles Andaman, dans le golfe du Bengale. Il vient du Bangladesh et faisait partie, dit-il, d’un groupe de 412 hommes partis sur un bateau pour émigrer. Leur barge a dérivé, ils n’avaient plus de vivres et lorsqu’ils ont vu la lumière d’un phare, ils ont sauté à l’eau. L’histoire n’étonne pas les policiers qui, chaque année après la mousson, voient s’échouer des bateaux de malheureux poussés par la misère vers la Thaïlande, d’où ils espèrent gagner la Malaisie et l’Indonésie. Beaucoup sont des Rohingyas, minorité ethnique musulmane persécutée en Birmanie, qui ont d’abord fui au Bangladesh. Moteur détruit, vivres jetés Les garde-côtes indiens se mettent à la recherche des 411 autres. Le lendemain, dix hommes sont retrouvés et hospitalisés, épuisés et déshydratés. Le plus jeune a 15 ans. Les jours suivants, des dizaines d’autres sont secourus. Le 1er janvier, les garde-côtes font les comptes: 105 survivants, 307 disparus. Les survivants commencent à parler. Certains racontent que, en route vers la Malaisie, ils ont été interceptés par des Thaïlandais, puis forcés de repartir en mer dans la barge sans moteur. Les policiers indiens, sceptiques, relèvent beaucoup d’incohérences dans leurs récits. A 800 km de là, le 7 janvier, 193 boat people, repérés par des pêcheurs sur une embarcation, sont secourus près de l’île de Sabang, à la pointe nord de l’archipel indonésien, près de Banda Aceh. Ceux-là disent être partis de Birmanie beaucoup plus nombreux, le 23 décembre, dans quatre petits bateaux. Tous Rohingyas, ils voulaient rejoindre des pays musulmans. Mais, parvenus à la côte thaïlandaise, ils ont été interceptés par des militaires, qui les ont brutalisés et remis dans leurs bateaux. Ils les ont remorqués hors des eaux territoriales, ont détruit leurs moteurs, jeté leurs vivres. Puis les ont abandonnés. Rumeurs de détention Ces informations, relayées par le Andaman Chronicle et le Jakarta Post, passent d’abord inaperçues. Mais lorsque, de l’autre côté de la mer de Chine, Ian Young, chef du service international au South China Morning Post, le grand journal de Hongkong, reçoit un courriel de son correspondant à Phuket, évoquant des «rumeurs sur la détention secrète de réfugiés Rohingyas sur une île par des paramilitaires», il lui conseille de s’y rendre avec un collègue. Le 12 janvier, le South China Morning Post tire sa première salve. Les deux journalistes n’ont pas vu de réfugiés sur l’île de Sai Daeng, mais leurs bateaux, et ont interrogé des gens enrôlés par l’armée thaïlandaise pour participer aux opérations de «rapatriement» des Rohingyas. L’un de ces civils affirme que, le 18 décembre, un groupe de 412 clandestins a été remorqué vers le nord dans les eaux internationales. Coïncidence? 412, c’est aussi le nombre cité par les survivants échoués sur les plages des îles Andaman. Et les dates correspondent. Mais, surtout, le South China Morning Post a parlé au gouverneur de la province, qui a dit que «tous les Rohingyas arrivant le long de cette côte sont remis à la sécurité intérieure. Allez donc en parler au colonel Manat!» lance-t-il. Le colonel Manat est le chef régional d’une unité de l’armée chargée de la sécurité intérieure. Tous les autres services interrogés, y compris la marine, répondent que les instructions sont de remettre les boat people rohingyas non pas aux services de l’immigration mais à l’armée. Le colonel Manat dément, lui, détenir des Rohingyas. Depuis, chaque jour apporte un nouvel élément, une photo, un témoignage accablant. Tous convergent vers la même hypothèse: l’existence d’un programme secret de l’armée thaïlandaise visant à intercepter les Rohingyas pour les ramener en mer et les y abandonner. Exécutions sommaires Un jour, c’est un touriste qui appelle le Morning Post pour raconter une scène observée avec d’autres le 23 décembre sur une île en Thaïlande, scène qu’il a photographiée, où l’on voit des rangées de réfugiés à plat ventre sur le sable, en plein soleil, gardés par des militaires armés de M16. Selon les témoins, ils sont restés là plusieurs heures et recevaient des coups sur la tête s’ils tentaient de bouger. Un autre, c’est la police indienne qui rend publics les interrogatoires des rescapés des îles Andaman; ceux-là parlent d’exécutions sommaires pour les forcer à reprendre la mer. Ils décrivent comment, après avoir été lâchés au large par l’armée thaïlandaise avec deux sacs de riz cuit et huit litres d’eau pour plus de 400 hommes, la barge a dérivé tandis que ses occupants commençaient à mourir de faim et de soif. Puis comment ils ont plongé en voyant un phare, mais, à bout de forces, n’ont pas pu surnager. Un autre jour, c’est une photo du colonel Manat, qui disait n’avoir rien à voir avec cette affaire, debout sur la plage de Koh Sai Daeng, entouré d’officiers, devant des réfugiés rohingyas accroupis. Si cela ne suffit pas, il y a aussi une vidéo… Le South China Morning Post affirme que, au total, un millier de Rohingyas ont été délaissés en mer depuis décembre et que la moitié d’entre eux (538 au 18 janvier) sont morts ou disparus. Le journal a remis son dossier, sources comprises, au Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU, qui, le 20 janvier, a demandé à Bangkok de lui donner accès à un groupe de 126 boat people rohingyas récemment interceptés, puis aux autorités indonésiennes de lui donner accès aux 193 détenus sur la base navale de Sabang. Un responsable militaire thaïlandais a fini par admettre que l’armée finançait un programme visant à «aider» les Rohingyas à repartir vers la Malaisie et l’Indonésie, mais a nié qu’ils soient maltraités ou remis en mer. A Bangkok, le nouveau premier ministre, Abhisit Vejjajiva, a annoncé une enquête et s’est engagé à faire punir les éventuels coupables. Mais il a aussi promis de «renvoyer les immigrants clandestins» et a expliqué la préoccupation de l’armée à l’égard de l’afflux de Rohingyas: «C’est une question de sécurité nationale», a-t-il dit, confirmant la crainte qu’ils n’aillent renforcer les insurgés musulmans au sud de la Thaïlande, où le conflit a fait plus de 3300 morts depuis 2004. C’est aussi dans cette région que, selon Amnesty International, l’armée thaïlandaise a fait un usage systématique de la torture à l’égard des séparatistes musulmans. (Source : « Le Temps » (Quotidien – Suisse), le 26 janvier 2009) Lien :

L’offensive israélienne à Gaza a « tué » l’UPM, estime la Libye

Reuters 25.01.09 | 18h58 L’offensive israélienne à Gaza a signé l’arrêt de mort de l’Union pour la Méditerranée (UPM), a estimé dimanche la Libye, qui, contrairement à Israël et à la Syrie, a boycotté cet été à Paris le sommet de lancement de cet ambitieux projet de coopération régionale cher au président français Nicolas Sarkozy. Aux yeux de la présidence libyenne de l’Union du Maghreb arabe (UMA), autre projet ambitieux paralysé par la persistance du conflit du Sahara occidental, la seule réalisation concrète « visible » de l’UPM auront été « le bruit des bombes, les flammes et la fumée » à Gaza. « Les victimes, elles, sont tangibles et ont été inhumées par milliers », ajoute le communiqué libyen. L’UPM « a été tuée par les bombes israéliennes ainsi que les missiles palestiniens (…) Elle est consumée et n’est plus qu’un corps sans vie.


La guerre de Gaza a « porté un coup » à l’Union pour la Méditerranée (Kadhafi)

 

 
AFP, le 24 janvier 2009 à 12h26 TRIPOLI, 24 jan 2009 (AFP) – Le numéro un libyen Mouammar Kadhafi a estimé que l’offensive israélienne dans la bande à Gaza avait « porté un coup à l’Union pour la Méditerranée » (UPM), dans un discours publié samedi par l’agence libyenne Jana. « Nous regrettons ce coup porté à l’UPM alors qu’il était à ses débuts », a assuré le colonel Kadhafi, pourtant un fervent opposant au projet, lors d’un dîner vendredi soir à Tripoli en l’honneur du roi d’Espagne Juan Carlos. Le numéro un libyen n’a toutefois pas tardé à reprendre un ton plus coutumier sur la question. « Est-ce que la destruction de Gaza et le meurtre d’enfants sont parmi les projets concrets promis par l’UPM? », s’est-t-il interrogé. « Je pense que les partenaires du sud (de la Méditerranée) vont réviser leur adhésion à l’UPM », dont fait partie Israël, a-t-il ajouté. Opposé à l’UPM, Kadhafi a proposé que cette Union se limite aux pays nord-africains et du sud de l’Europe occidentale. « La partie asiatique doit être exclue de la coopération euro-africaine », a-t-il déclaré, affirmant qu’il tenait au dialogue « 5+5 », qui regroupe cinq pays du sud de l’Europe (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal) et les cinq Etats de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Se félicitant des liens « d’amitiés et de partenariat » entre la Libye et l’Espagne, le roi Juan Carlos a affirmé que son pays souhaitait « continuer à participer aux côtés de la Libye à d’autres cadres de dialogue et de partenariat, comme celui de la Méditerranée occidentale » (5+5). Un porte-parole de la présidence libyenne de l’UMA (Algérie, Libye, Mauritanie, Maroc et Tunisie) avait affirmé mercredi que les pays du Maghreb avaient « commencé à revoir » leur participation à l’UPM. Depuis le 27 décembre, date du lancement de l’offensive israélienne meurtrière dans la bande de Gaza, les médias officiels libyens mènent une campagne virulente quasi-quotidienne contre l’UPM, estimant que la guerre de Gaza était le « résultat » de cette union. Ils ont dénoncé notamment la position des pays européens membres de l’UPM, qui soutiennent selon eux l’Etat hébreu.  
 

Trois ex-diplomates occidentaux devenus avocats du dialogue avec le Hamas

AFP, le 26 janvier 2009 à 11h41 Trois anciens diplomates, un Américain, un Français et un Britannique, sont devenus des avocats, avec leurs nuances, d’un dialogue Occident-Hamas après la guerre de Gaza. Ayant, eux, déjà franchi le pas, l’américain Robert Malley, le français Yves Aubin de la Messuzière et le britannique Jeremy Greenstock ont eu plusieurs contacts avec des chefs du mouvement islamiste palestinien. « Nous ne formons pas un trio, mais partageons ce constat: le Hamas existe. Il faut cesser la politique de l’autruche », note Malley, un ancien de l’équipe de Bill Clinton, devenu un analyste réputé. Directeur Moyen-Orient du centre de réflexion International Crisis group (ICG), il avait du se distancier de la campagne de Barack Obama, une fois révélés ses contacts avec un groupe classé « terroriste » par Washington. Défenseur d’une approche « pragmatique », il considère que les politiques mises en oeuvre pour isoler ou éliminer depuis trois ans le Hamas, au profit de son rival, le Fatah de Mahmoud Abbas, ont été « un échec cuisant ». Pour lui, la guerre meurtrière de 22 jours menée par Israël dans la bande de Gaza, fief du Hamas, n’a fait que le renforcer « politiquement aux yeux de l’opinion palestinienne et arabe ». « Ce qui ne signifie pas nécessairement un dialogue direct avec le Hamas mais une réflexion sur comment traiter cette question de manière plus intelligente », sans croire « qu’il faut être plus gentil et que tout ira bien ». Lancer des passerelles avec le Hamas est aussi plaidé par un ex-patron du Moyen-Orient au ministère français des Affaires étrangères, Aubin de la Messuzière, qui estime incontournable le mouvement islamiste dans un processus de paix. Mais lui soutient que le Hamas, issu du creuset des Frères Musulmans égyptiens, a fait sa mue idéologique et que sa charte, un brûlot antisémite, ne serait qu’un vieux document sans valeur. Devenu chercheur, il a noué des contacts avec le Hamas jusqu’a se faire sévèrement désavoué à l’été par le Quai d’Orsay. « C’était une fatwa, je leur ai fait des notes, mais je n’ai jamais dit que j’étais en mission ». La France s’orienterait vers un assouplissement des exigences posées au Hamas par le Quartette sur le Moyen-Orient (USA, UE, ONU et Russie) insistant davantage sur l’abandon de la violence que sur la reconnaissance d’Israël. « C’est un bon pas. Exiger la reconnaissance d’Israël n’a aucun sens, cela serait l’aboutissement d’un éventuel dialogue », a-t-il dit. Pour Malley il est illusoire d’attendre cela du Hamas pour des raisons politiques et idéologiques. Mais il faut « traduire » ces exigences « en termes concrets et digestibles », comme une trêve illimitée des violences et l’engagement d’accepter un accord de paix avec Israël qui serait plébiscité par le peuple palestinien. Sur un mode engagé, Jeremy Greenstock, ex-ambassadeur britannique aux Nations unies, milite en faveur d’un dialogue sans conditions avec le Hamas, l’estimant modéré et dénué de liens politiques avec l’Iran. Consultant pour l’ONG Forward Thinking, il a été sur la BBC jusqu’à dédouaner le Hamas de violences et à accuser ses rivaux, dont le Fatah, d’être responsables des tirs de roquettes vers le sud d’Israël. Si leurs vues diffèrent sur la nature réelle du Hamas, les trois hommes sont fustigés sur des blogs où ils sont accusés de naiveté ou de faire le jeu du Hamas. « Obama peut entendre mon opinion, mais il ne la partage pas », note Robert Malley, pour qui « le paradoxe est qu’il est plus facile de parler du Hamas en Israël, y compris avec les faucons, qu’aux Etats-Unis ».

 

Tollé autour d’une directive rabbinique durant la guerre de Gaza

Reuters 26.01.09 | 14h46  L ‘aumônier principal de l’armée israélienne, le rabbin Avichaï Rontzki, a distribué aux militaires participant à l’offensive contre le Hamas à Gaza un texte les incitant se montrer sans pitié avec l’ennemi, a révélé lundi l’ONG Yesh Din. Ce groupe de défense des droits de l’homme dans les territoires occupés par Israël a invité le ministre de la Défense, Ehud Barak, a démettre de ses fonctions Rontzki, qui a rang de général de brigade. Le texte distribué par Rontzki contenait une directive du rabbin Shlomo Aviner, figure du mouvement des colons, affirmant que les soldats combattent des « meurtriers » et qu’il serait « terriblement immoral » de faire preuve de pitié envers ce « cruel ennemi ». Selon Yesh Din, cette directive pourrait avoir été interprétée par certains soldats comme les invitant à dépasser les limites fixées par le droit international en temps de guerre. L’armée israélienne a été accusée à l’étranger de crimes de guerre durant son offensive de 22 jours à Gaza et le Premier ministre Ehud Olmert a promis dimanche aux officiers et soldats y ayant participé l’assistance juridique de l’Etat d’Israël face à ces accusations.

Sky News refuse de diffuser une appel aux dons en faveur de Gaza

Associated Press, le 26 janvier 2009 à 14h35 La chaîne britannique Sky News a emboîté le pas à la BBC lundi en refusant de diffuser un spot publicitaire d’un groupe d’ONG appelant à envoyer d’urgence des dons pour les habitants de la bande de Gaza. Les responsables de la chaîne, qui ont pris la décision après un week-end de délibérations, invoquent un souci d’impartialité. « Notre engagement en tant que journalistes est de couvrir tous les aspects de ce sujet avec une objectivité sans compromis », a expliqué John Ryley, directeur de Sky News. L’appel avait été soumis à la chaîne par le Comité d’urgence pour les catastrophes, un groupe d’ONG comprenant la Croix-Rouge, Oxfam et Save the Children. Selon ses partisans, ce message devrait être diffusé pour aider les Palestiniens à recueillir une aide humanitaire dont ils ont grand besoin après trois semaines de bombardements dans la bande de Gaza. Des chaînes britanniques craignent en diffusant le spot d’être vues comme prenant partie dans le conflit entre Israël et le Hamas. La question a déchaîné les passions dans toute la Grande-Bretagne. La BBC a reçu plus de 10.000 plaintes et a été l’objet de manifestations ce week-end après le refus de la chaîne de diffuser l’appel. La décision de la BBC a été critiquée par des députés et des dignitaires religieux, dont l’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams. D’autres chaînes britanniques, dont Channel 4, ITV, et Five, ont annoncé qu’elles diffuseraient le spot. AP

A propos des nouvelles armes utilisées par Israël à Gaza : Des interrogations légitimes

Publié par Pr. Saïd Mestiri dansActuel, Janvier 25, 2009

 A mesure que se poursuivent les massacres perpétrés par l’armée israélienne à Gaza, les interrogations au sujet de l’armement utilisé deviennent plus pressantes et plus légitimes. On connaît déjà les horribles effets immédiats et tardifs des bombes à fractionnement (cluster munitions) largement utilisées par l’armée israélienne lors de la guerre du Liban, contre le Hesbollah. Leur usage fut alors vigoureusement dénoncé par de larges secteurs de la presse américaine et par l’ensemble de l’opinion internationale (voir Kalima février 2007). On n’a pas encore suffisamment d’informations pour savoir si ce type de bombes a été repris à Gaza, mais on dispose déjà de très sérieuses données qui révèlent l’horreur de l’escalade atteinte par l’usage d’autres types d’engins de mort encore plus « perfectionnés ».

Rappelons, sans entrer dans les détails techniques, que la bombe à fractionnement libère en explosant une quantité très considérable de bombelettes qui vont exploser à leur tour soit immédiatement soit après un intervalle de temps plus ou moins long. Cristopher Clark responsable de Mine action service, dépendant des Nations-Unies, déclare en avoir localisé et détruit 800 bombes et près de 95 000 bombelettes, au cours de la guerre du Liban. Ce qui apparaît maintenant nettement plus préoccupant est que  l’on sait depuis peu que les israéliens auraient adjoint un perfectionnement technique supplémentaire, à ce type ce bombe, en y incorporant peut-être un composant nucléaire. Il se trouve, par ailleurs, que les observations  médicales opératoires émanant des différentes équipes opérant sur le terrain à Gaza (médecins du C.I.CR, médecins palestiniens et étrangers)  aboutissent à des constatations nombreuses, concordantes et précises, relatives à certaines lésions complexes et graves dues à des bombes à composants phosphorés. (Rendons hommage, à cette occasion,  à l’abnégation et au professionnalisme de ces médecins, palestiniens et étrangers, et aux équipes sanitaires ; Six médecins sont morts à Gaza, victimes des tirs ennemis ).    Ces constatations se résument à deux points essentiels :  1° Sous des effractions cutanées très minimes et des plaies punctiformes et linéaires des téguments, peu apparentes, on trouve dans la plupart des cas, des lésions viscérales profondes, complexes et étendues, si bien que souvent un examen rapide de ces blessés risque de les assimiler à des cas apparemment bénins . 2° On a observé très fréquemment, en plus de brûlures étendues, une diffusion rapide des lésions phosphorées à l’ensemble de  l’organisme, se situant parfois très loin du point d’impact. Ces types de lésions, à une plus petite échelle, ont des caractères  très similaires  à celles déterminées  par un engin nucléaire, à une échelle plus considérable. En effet, l’analyse au plus près des lésions provoquées par un engin nucléaire montrent qu’elles sont schématiquement dues à deux phénomènes, d’une part celui déterminé par le contact physique et l’effet de souffle plus ou moins violents, et celui d’autre part provoqué par la diffusion locale et à plus ou moins longue distance de rayonnement de lethal et de substances radioactives extrêmement nocives ; ces  deux effets sont évidemment doués d’une intensité  variable,  selon la puissance de la bombe . Peut-on donc, en l’occurrence, à propos des lésions par corps phosphorés observés sur les morts et blessés de Gaza parler  de bombes nucléaires miniaturisées ? Il convient, sans doute, pour gagner en crédibilité d’attendre d’autres documents et des  études qui doivent  s’attacher surtout à démontrer la nature et l’intensité radioactive des engins à composants phosphorés . En toute logique, il appartient  à la cour pénale internationale de La Haye, compte tenu des résolutions des Nations-Unies, de prendre en charge ce dossier de crimes de guerre et d’instituer une commission internationale chargée d’évaluer les armes utilisées . Le fera-t-elle ?  

Mais d’ores et déjà, par contre, avec les éléments en notre possession, on peut légitimement affirmer qu’il s’agit d’armes de destruction massive. Selon la présidente de l’O.N.G.italienne ,Un Ponter, Martina Pignatti , « les images sont les mêmes qu’à Fallouja, le phosphore blanc utilisé comme arme chimique est incontestablement une arme  de destruction massive . » Pour Raji Sourani,directeur de l’O.N.G. : « des bombes incandescentes à phosphore blanc ont été utilisées à Khan Younès contre des civils » .   Le président Bush, revenant sur certaines erreurs, dans son ultime conférence de presse, a cité sa déception  – déception, sans plus !- de ne pas avoir trouvé d’armes de destruction massive en Irak. Le voilà donc servi !   Faudrait-il maintenant de nouveau, comme le dit le New York Times cité plus haut  que :‘’Some officials  are trying to find a way to not have to call this a substancial violation of the agreement ‘’(Certains responsables tentent de trouver un moyen de ne pas avoir à appeler cela une violation substantielle de l’accord »), et que derechef avec la nouvelle administration:’’Any sanction against Israël would be an extraordinary move’’( »Toute sanction contre Israël serait une extraordinaire révolution ») .  Attendons .  

(Source: Le site de Kalima le 25 janvier 2009)


L’épreuve de Gaza et la faillite de la « communauté internationale »

Publié par Sihem Bensedrine dansActuel, Janvier 25, 2009

Il est de ces conflits armés dont la particularité est d’emporter avec eux non seulement des vies humaines et des espoirs déçus, mais aussi l’honneur de communautés ou d’institutions qui s’y sont compromises. Celui qui oppose aujourd’hui les Palestiniens de Gaza à la machine de guerre israélienne qui a transformé, depuis maintenant 7 jours, le ciel de Gaza en couvercle de projectiles crachant la mort, est de cette nature. Dans cette épreuve à laquelle est soumis un peuple spolié de sa terre et de tous ses droits élémentaires depuis maintenant 60 ans, on ne peut que constater la déconfiture de ce que l’on nomme communément la « communauté internationale », un concept supposé recouvrir l’ensemble des Etats influents de la planète sensés représenter la « conscience » du monde ; une « communauté internationale » qui a tourné le dos à son référentiel, la déclaration universelle des droits de l’homme, qui, ironie de l’histoire, a elle aussi 60 ans.

<!–[endif]–> Un Etat voyou face à l’impuissance collective Après avoir renié lesAccords d’Oslo et bloqué toute issue à une négociation de paix juste, Israël n’a eu de cesse d’étendre ses colonies, de multiplier les provocations et de grignoter la maigre bande de territoire qu’il concédait à une « Autorité palestinienne » (AP) privée de tout attribut de souveraineté et dont les dirigeants étaient réduits à quémander des laissez-passer aux militaires israéliens pour se déplacer en dehors de leur « Bantoustan ».  Ce faisant, il balisait la route à la montée des radicalismes, l’extrémisme appelant l’extrémisme, et ne laissait d’autre choix à une population excédée par les humiliations répétées que de s’en remettre à ceux qui savaient exprimer ses ressentiments. C’est ainsi que le mouvement islamiste du Hamas arrive au pouvoir à l’issue d’élections démocratiques en janvier 2006 ; élections dont la régularité avait été supervisée par l’Union Européenne, faut-il le préciser.  Mais Israël n’assume pas les conséquences de sa politique de la terre brûlée et ne se remet pas de l’arrivée au pouvoir du Hamas ; il parvient à imposer sa politique à l’UE comme aux USA qui s’alignent sur sa politique sans états d’âmes ; A leur tour ils ne reconnaissent pas les résultats du scrutin et coupent brutalement les vivres à l’AP vivant  sous perfusion européenne. Ici la démocratie n’a plus cours et l’Etat « voyou » impose sa loi. Israël serre encore plus l’étau sur les Palestiniens et soumet La Cisjordanie et Gaza – cette bande longue de 45km et profonde de 10 km et dont plus du tiers est confisqué par les colonies israéliennes – à un régime de bouclage le plus sévère qu’ait connu l’histoire contemporaine. Après avoir presque achevé la construction d’un mur trois fois plus haut et deux fois plus large que le mur de Berlin (près de 700 km), Israël annexe une partie substantielle de la Cisjordanie, procède à un énième déplacement de palestiniens (28 000 en 3 ans), après avoir détruit les maisons et arraché les oliveraies ; tout cela en violation de l’arrêt de laCour internationale de justice (CIJ) émis le 9 juillet 2004, qui a jugé ce mur illégal et « contraire au droit international ». Non seulement Israël ne démantèle pas le mur, mais il va resserrer davantage les barrages militaires autour des villes palestiniennes, y enfermant efficacement ses habitants et les transformant en autant de prisons à ciel ouvert, dont les prisonniers purgent une peine indéfinie pour un crime défini, celui d’être Palestiniens.  Selon l’Office des Nations unies pour les Affaires humanitaires dans les territoires occupés (OCHA) il existe en mars 2008 pas moins de 546 obstacles physiques  entre check points, barrages routiers et portails. Faut-il préciser que ce bouclage des territoires anéantit l’économie palestinienne et réduit 50% de la population à vivre en dessous du seuil de pauvreté, selon les estimations de la Banque Mondiale. Gaza ne cesse de payer le prix fort pour avoir voté pour un gouvernement qui n’a pas les faveurs de la « communauté internationale » ; Israël opte pour la politique de la mort lente en empêchant tout ravitaillement de Gaza en biens essentiels, ne laissant d’autre choix à la population que l’insurrection. Etouffés, les Gazaouis franchissent en juillet 2008 la frontière avec l’Egypte au poste de Rafah pour se ravitailler. Au plus fort des bombardements sur Gaza à la fin décembre, ce poste restera désespérément fermé par l’Égypte, qui a achevé ainsi de se déshonorer, ajoutant à l’impuissance, lacomplicité avec la puissance occupante israélienne. Quant à l’attitude de la Ligue des Etats arabes, il est tout simplement superflu de l’évoquer ; avait-elle besoin de cette guerre pour achever de se discréditer, ne parvenant même pas à convoquer un sommet?  L’occupation de l’Irak l’avait déjà reléguée au statut de pièce de musée dont le rôle est de témoigner du degré de soumission à la volonté impériale.   Débâcle diplomatique et complicité ouverte  

 

 
 

 

A la catastrophe humanitaire, répond la débâcle diplomatique de ce qu’il est convenu d’appeler la « communauté internationale » qui s’était donné pour tâche, rappelons-le, de résoudre le conflit israélo palestinien ! Sans surprise, l’administration Bush condamne les tirs de roquette du Hamas, oubliant jusqu’à l’existence même des bombardements israéliens. Le président américain , dans uneallocution diffusée samedi 3 janvier, « impute au Hamas l’entière responsabilité de la situation actuelle et refuse un «cessez-le-feu unilatéral» qui ne serait pas assorti de mécanismes de contrôle et qui permettrait au Hamas de continuer ses tirs de roquettes sur Israël à partir de la bande de Gaza ». Comment appeler ce comportement irresponsable de la part de la première puissance mondiale, sinon un blanc seing donné à Israël pour qu’il poursuive ses massacres ! Plus lisse, laprésidence de l’Union Européenne renvoie dos à dos bourreau et victime ; elle commencera par dénoncer « la poursuite des tirs de roquettes visant le territoire israélien à partir de Gaza » tout en déplorant « le très grand nombre de victimes civiles. Se bornant à condamner « l’usage disproportionné de la force ». Jamais autant que sous la présidence française, Israël n’a eu de tels privilèges avec l’UE qui vient d’accorder lestatut avancé à Israël dans le cadre de la politique européenne de voisinage (PEV). Le 9 décembre dernier et sous l’impulsion de la présidence française, le principe de « rehausser » les relations entre Israël et l’Union européenne a été accepté. Ce statut place Israël au niveau de quasi membre de l’UE. Il est désormais associé aux consultations de l’UE sur les problèmes stratégiques ; Il participe aux réunions des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne ; les responsables du ministère des affaires étrangères israéliens seront invités régulièrement aux comités pour la politique et la sécurité de l’Union. Les experts israéliens seront invités systématiquement dans les comités travaillant notamment sur le processus de paix, les droits humains, l’antisémitisme, la lutte contre le terrorisme et le crime organisé ;  les responsables israéliens seront également associés à la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne et participeront aux réunions du conseil de l’Europe sur l’économie, les finances, les transports, la sécurité, l’énergie et l’éducation. Ce statut privilégié était supposé donner à l’UE les moyens d’agir sur le conflit israélo-palestinien, c’est du moins ainsi qu’il avait été vendu. On sait aujourd’hui qui influe sur qui et combien l’Union européenne est impuissante à agir sur la politique israélienne qui ne lui laisse que le rôle de pompier chargé de reconstruire laborieusement ce que l’armée israélienne aura détruit pour la énième fois. Faut-il noter que ce « statut avancé » a été accordé le même jour où l’expert de l’ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens,Richard Falk, Déclarait « Au minimum, un effort urgent devrait être mis en œuvre par les Nations Unies pour appliquer la norme de la ‘responsabilité de protéger’ une population civile soumise à une punition collective équivalent à un crime contre l’humanité », estimant que « la CPI devrait enquêter sur cette situation afin de déterminer si les dirigeants civils et militaires israéliens responsables du siège de Gaza ne devraient pas être inculpés et poursuivis pour violation du droit pénal international. » Quant à l’ONU qui a collectionné le plus grand nombre de résolutions sur la Palestine restées lettres mortes et dont les bâtiments à Gaza avaient été la cible des bombardements israéliens, elle ne sera même pas capable d’adopter une résolution du Conseil de sécurité présentée par le groupe arabe condamnant les violences des deux côtés ! Le secrétaire général de l’ONUBan Ki-moon déclarera « J’ai condamné, à mainte reprises les tirs de roquettes du Hamas visant Israël. Tout en admettant le droit à l’auto-défense d’Israël, je condamne aussi Israël pour avoir recouru à la force de manière excessive dans la bande de Gaza ». On est loin de la fermeté des propos du rapporteur spécial sur les droits humains dans les territoires palestiniens et gageons que rien ne sera entrepris avant l’extermination d’une grande partie de ce qui reste de population à Gaza avec l’attaque terrestre. Aujourd‘hui la « communauté internationale » a achevé de se déshonorer et ne peut plus prétendre à représenter la conscience du monde ; Heureusement que cette conscience existe encore et s’est exprimée à travers les manifestations d’hommes et de femmes libres, qui sont sortis ce samedi 3 janvier dans les rues des principales villes du monde, pour dire non à ce crime contre l’humanité. Les peuples n’ont plus foi dans les institutions officielles qui régissent la planète et cette situation est extrêmement dangereuse pour la stabilité et la paix dans le monde. Est-ce que ceux qui président aux destinées de l’Europe et des USA sont conscients qu’ils ne sont pas en train de défendre leurs intérêts, ni ceux de la «communauté internationale», mais ceux d’une poignée d’extrémistes du Likoud ?

(Source: Le site de Kalima le 25 janvier 2009)


Bombardez- moi : je suis arabe

Par Hechmi GHACHEM Maintenant que la guerre est finie, qu’allons- nous faire de tous ces jours, de toutes ses nuits où nous n’existions plus, où nous sommes retombés dans l’oubli ? Cela fait des siècles que nous n’existons que par la guerre. Combien de croisades avons-nous subies ? Combien de représailles, de ratissages, de liquidations en masse, ou de tentatives d’éradications toujours avortées, même si le prix à payer a souvent été celui du sang versé, de la torture, de villages et de douars rasés, des villes nouvellement construites, rapidement détruites et toujours ressuscitées. Qu’allons- nous faire après la guerre ? Attendre la suivante. Car nous la demandons de toutes nos forces. Si le monde nous hait à ce point, c’est que nous sommes haïssables. Si les Français, les Anglais, les Américains, les « Tsahéliens » nous bombardent, c’est que nous sommes bombardables. Alors, s’il vous plaît, ne prolongez pas trop longtemps cette trêve factice, et pressez-vous de me bombarder, où que je sois. A Rabat, à Alger, à Tunis, à Tripoli, au Caire, à Beyrouth, ou dans n’importe quelle autre capitale de ce corps, mille fois mutilé, mille fois brûlé, et mille fois guéri de ses blessures et sorti de ses cendres. Ce monde qu’on appelle le monde arabe, qui existe sans exister, qui subit les guerres sans les déclarer, et qui résiste, malgré ses ennemis ancestraux et surtout malgré ses faux frères. Alors que, les chaînes publiques françaises font de leur mieux, pour se disculper, de la prise de position honteuse et irrécupérable qui fut la leur tout au long des terribles évènements de Gaza, en tentant de ménager et le loup et l’agneau. Alors que Tsahal fanfaronne en déclarant qu’elle avait atteint ses buts, et que Hamas déclare, à tue-tête qu’il avait gagné la guerre, nous affirmons que les seuls à avoir gagné la guerre sont les morts. Parce que les morts n’ont plus besoin de mots, plus besoin de sang, plus besoin de maisons, plus besoin de leçons, et surtout parce qu’ils sont au-dessus de toute manipulation. Les morts ne sont pas sous les décombres, ne sont pas sous terre. Ils voguent dans le ciel, à des années-lumière au-dessus des faucons, des aigles, et des avions militaires. Les morts ne disent rien. Et ne donnent pas leurs avis lors des débats télévisés ou sur les ondes radiophoniques. Les morts voguent au-dessus de nous pour nous préserver des bombes et du soleil. Et quelque fois, ils pleurent comme on pleure, quand on a perdu sa maman. Car, une maman n’a pas d’âge, n’est-ce pas ? La patrie non plus. Alors, ne tardez pas s’il vous plaît. Sortez de votre réserve. Et bombardez-moi, rien qu’une fois… encore une fois. Car, ce n’est qu’en étant mort que je peux, encore une fois, me mettre debout, et vous balancer en pleine tronche : JE SUIS LE MAURE… Je suis Arabe. Et même si j’ai perdu toutes les guerres, je vous ai toujours vaincus. Je marche de travers, à contre-sens de l’Histoire, à contre-courant de toutes les vagues, de toutes les mers. Je suis le fantôme du vide, le prince du désert ; celui qui n’obéit qu’aux douceurs de la nuit, parce que toutes les nuits sont belles, hormis celles que vous souillez, de vos bombes phosphorigènes. Ce n’est ni Hamas, ni Tsahal qui ont gagné cette guerre. Cette guerre qui n’est même pas une guerre. Mais une manière exceptionnelle de mater une prison, hermétiquement verrouillée, peuplée de créatures, prisonnières de leur destin, prisonnières de leurs maîtres, prisonnières de leurs voisins, prisonnières de leurs frères, et prisonnières de leurs ennemis : voisins, et lointains. C’est connu, depuis la nuit des temps : l’Histoire a toujours été écrite par ceux qui gagnent la guerre. Les perdants en sont absents. Ils n’ont donc aucun mot à dire. Que les Turcs se relèvent et parlent de la Grande Porte Sublime, en rappelant aux juifs, que l’empire Ottoman les a toujours sauvegardés. Que les Perses menacent d’un chaos total, Olmert et ses coreligionnaires, ne peut que réveiller et fortifier la conviction qu’ont les peuples arabes, de ne pouvoir sortir des sous-sols nauséabonds de l’Histoire, qu’en comptant sur eux-mêmes. Car ce n’est ni Tsahal, ni Hamas qui ont gagné la guerre. Cette guerre a réveillé les peuples qui étaient, non seulement écrasés par leurs ennemis, mais surtout par ceux qui les commandent. Depuis la chute de Grenade, les Arabes n’ont plus jamais été commandés par des Arabes. Même si les régimes qui ont émergé après les mouvements de libération nationale, donnent la fâcheuse impression, dans leur majorité, d’être des régimes arabes, alors qu’ils ne sont en réalité, que des régimes contre les Arabes, cautionnés par les puissances qui ne tolèrent l’existence arabe, que parce que cette existence est tenace. Non, ce n’est ni Tsahal, ni Hamas qui ont gagné cette guerre. Ce sont les peuples arabes. Alors, s’il vous plaît, bombardez-moi encore une fois. Rien qu’une fois. Car, c’est ma mort qui enfante ma vie. Aucun enfant n’est mort à Gaza, aucune maison n’a été détruite à Gaza. Il n’y a eu aucun drame à Gaza. Il n’y a pas de Palestiniens à Gaza. Il y a pire que tout cela. Il y a le cœur de ce grand corps malade, qui bat, qui rebondit, et qui combat. Le peuple arabe est encore appelé à combattre, pour sauvegarder son existence. Comment, avec quelles armes et contre qui ? Maintenant qu’il n’a plus aucun ennemi. Ou du moins, aucun ennemi valable. Car tous les masques sont tombés, le peuple arabe est appelé à combattre tous les démons qui l’habitent. Il est appelé à s’auto-éradiquer, pour se lever et jeter ses vielles babouches, à la face d’un monde sclérosé. Alors, bombardez-moi, bombardez-moi encore une fois. Je n’attends que cela. H.G (Source : « Le Temps Lundi » (Hebdomadaire – Tunis), le 26 janvier 2009)

 

The former Cat Stevens performs song for Gaza

 
Associated Press, le 26 janvier 2009 à 16h01 By ARON HELLER, Associated Press Writer Aron Heller, Associated Press Writer – 7 mins ago JERUSALEM – The musician formerly known as Cat Stevens released a charity song on Monday to help the children of Gaza. The United Nations said the London-born Yusuf Islam recorded a rendition of the George Harrison song « The Day the World Gets Round, » along with the German bassist and former Beatles collaborator Klaus Voorman. All proceeds from the song will be donated to the U.N. agency in charge of Palestinian refugees, UNRWA, and to the nonprofit group Save the Children to be directed to aiding Gaza residents. Gaza officials say 280 of the 1,285 Palestinians killed in the three-week Israeli offensive were children. Children make up 56 percent of Gaza’s 1.4 million people. The offensive aimed at stopping rocket fire by Gaza’s Hamas rulers into southern Israel. Islam explained on his Web site that he hoped the song would « help remind people of the immense legacy of love, peace and happiness we can share when we get round to looking at mankind’s futile wars and prejudices, and start to change our foolish ways. » UNRWA said the donation would help it continue its vital work in the Gaza Strip. « This is a fantastically generous act and we hope to reach new audiences in bringing a message of hope at a time when Gaza so badly needs it, » said Christopher Gunness, an UNRWA spokesman. Cat Stevens sold 60 million albums in a prolific musical career that included the hit songs « Wild World, » « The First Cut is the Deepest » and « Peace Train. » In 1977, he converted to Islam, changed his name and largely distanced himself from popular music. Israeli authorities have barred Islam twice from entering the country on suspicion he gave money to charity groups linked to Islamic militants. He has denied the accusation. He raised controversy in 1989 by making comments construed as supporting Iran’s Islamic edict calling for the death of author Salman Rushdie. He said later he was misunderstood. Throughout the years, Islam recorded a handful of spoken word records on Islamic topics, some with percussion. In 2006, he made a mini-comeback to pop music recording his first album since his conversion titled « An Other Cup. »

Albanie: les musulmanes pourront garder le foulard sur les photos d’identité

 
AFP, le 23 janvier 2009 à 18h32 TIRANA, 23 jan 2009 (AFP) -Les autorités albanaises ont décidé de permettre aux musulmanes de garder le foulard sur les photos destinées aux cartes d’identité et aux passeports biométriques, a annoncé vendredi le ministère albanais de l’Intérieur. “Les femmes musulmanes auront le droit d’être photographiées avec leur foulard pour la carte d’identité et le passeport biométriques”, a déclaré le ministre albanais de l’Intérieur, Ferdinand Poni, à l’issue d’un entretien avec des représentants de la communauté musulmane d’Albanie. Ces représentants avaient protesté jeudi contre le refus initial des autorités de permettre aux femmes de porter le foulard sur les photos de leurs pièces d’identité. “Les autorités albanaises et les représentants de la communauté musulmane se sont mis d’accord que le foulard ne cache pas le visage et le front”, a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur Fatmir Konja. Les lois appliquées dans certains pays, dont la France, exigent que sur les cartes d’identité le visage soit photographié de face et que la tête soit dégagée, sans aucun objet qui en dissimulerait la totalité ou une partie. L’Albanie est un pays majoritairement musulman avec d’importantes minorités orthodoxe et catholique. La société française Sagem Sécurité avait été sélectionnée en septembre dernier par le ministère albanais de l’Intérieur, à l’issue d’un appel d’offres international, pour réaliser ces cartes d’identité et passeports biométriques.
 

L’important c’est d’exister, l’important.

Par Nour el Hoda Beaucoup de tunisiens encore  , coupés des réalités  du monde par la violence et les censures de la dictature ,croient , que la démocratie est mauvaise pour la vie morale dans notre pays, pour son quotidien tout court , et c’est ainsi , comble  de l’ignominie, que les opposants démocratiques tunisiens,  sont désignés par les services de ben Ali,  comme  des aigris qui ternissent l’image de la Tunisie , et par une certaine réaction revancharde comme des aventuriers , alors qu’ils sont l’honneur évident de la Tunisie  ,leur engagement est salutaire , c’est   une opposition crédible par les différences et les statures de ses animateurs, espérons que cette dynamique perdure, espérons qu’elle s’améliore, espérons qu’elle s’unisse, du moins sur l’essentiel , et ne rend pas les armes à cause des éternels  bisbilles  et autres ego démesurés qui étouffent  quelques uns , à cause aussi des nuisances de quelques uns et de quelques unes qui s’imaginent qu’être opposant à une dictature, c’est un acquis confortable, qui ignore le travail politique en ce qu’il a de plus contraignant et plus lourd , ces gens  à qui trop facilement on à permis dans le premier cercle de l’opposition démocratique à parler en son nom , d’une façon unilatérale et sans la moindre concertation à en être les porte-parole  « officiel » et « officieux » , comme si c’était  une mission à donner à n’importe qui , et malheureusement elle fut donnée, quelques fois,  à n’importe qui  , initiative irresponsable qui par la réputation de ces personnes, ainsi nommées ,   salira le mouvement dans son ensemble et fera fuir plus qu’un , ça c’est sûr. Les permissivités dont usent certains  sans aucun consensus ,  imposent à la longue un prix  exorbitant à nous tous , il n’est pas question, sous le fallacieux prétexte  de la gravité de la situation , d’oublier les nuisances mortelles de certains et certaines impostures,en tant que démocrates, nous devons donner l’exemple à l’opinion publique tunisienne et internationale, c’est le sens même des responsabilisassions politiques et sociales , qui doivent clairement se formuler, pour espérer une véritable mobilisation des tunisiens . et pire, ne pas être clair,  c’est faire fuir beaucoup de bonnes volontés ,c’est aussi  faire le jeu de la dictature qui excelle dans le pourrissement , et c’est tout simplement anti-démocratique.Ce genre de pratique, le choix  unilatéral de l’action individuelle, le clanisme,  à l’échelle profane,  ravalent les relations  publiques , humaines , naturelles au degré zéro de la conscience politique  , ce fut souvent  le cas   dans les façons de faire  de l’opposition tunisienne , ou du moins de certains  de ses membres, il est temps que cela change sous peine de péricliter dans les sales habitudes  de la rhétorique et de la démagogie. Dans une autre  perspective, pour parler de choses plus importantes, mais personne n’est dupe du cirque qui se trame à Tunis depuis toujours, on ne peut qu’espérer que les « élites » de l’opposition démocratique tunisienne et leur entourage ne soient pas naïfs, et ne tombent pas  dans ce genre de pièges  grossiers , des faux compromis et autres compromissions, en vue des élections truquées de 2009 organisées par la dictature et le RCD,  dans un tel cas,  ils ne doivent plus s’étonner  du pourquoi de l’attentisme et de l’indifférence des tunisiens . Une démocratie à l’échelle de notre minuscule pays , ne peut-être que dans une société libérale , sociale et  libérale, parce que la culture et l’histoire , une société tunisienne moderne , débarrassé de la dictature , ne devra pas tomber vers  le  consommer davantage de capital social qu’elle n’en produit , pour référence à FUKUYAMA,  qui a sur cette question un point de vue assez juste , mais aussi il s’agit  pour l’opposition démocratique  de donner à la future démocratie tunisienne telle qu’il l’a conçoivent  dans leurs différents projet ,un visage transparent ; sans jamais perdre de vue  qu’il ne faut pas donner aux tunisiens de fausses illusions . Ne pas leur dire la vérité et leurs vérités ,   qui seront les seules vérités  qui tiendront à bout de bras une Tunisie sinistrée par les méfaits de la dictature , ne pas leurs dire la réalité des sacrifices qu’ils auront encore à faire  pour redresser le pays et ainsi pérenniser la démocratie , la démocratie qui se mérite bien sûr ,  mais qui coûte chère aussi sur tous les plans , surtout quand comme dans notre cas , nous devons répondre à un incroyable déficit moral et matériel , et un endettement  diabolique  qui résulte de la gabegie et du pillage systématique de la Tunisie  , et ce depuis l’indépendance , Bourguiba  comme ben Ali sont liberticides et irresponsables , nous payons et nous continuerons encore à payer leurs crimes sur le plan humain , ainsi que sur le plan matériel, ne pas être  honnête à ce niveau avec le peuple tunisien, c’est  lui préparer un avenir de fureurs et de tumultes, à côté du quel, la dictature  ne serait qu’un moindre mal  . Il faut être pragmatique,  et ne pas pour des calculs politiciens , tromper les citoyens, notre consommation  dans une future démocratie , il faut le dire et insister là-dessus, doit être basée sur un capital économique réel pour sauvegarder sur le long terme  le capital social , ceci passera bien sûr par des décisions impopulaires et restrictives , mais la transparence dés maintenant des programmes et des projets évitera certainement au bloc démocratique dans son ensemble  les déchirements futures. Aujourd’hui en Tunisie , des  réalités catastrophiques tels que la passivité , la perte de confiance en soi , le mépris  des institutions  vidées de leurs sèves et leurs sens par la dictature , cette réduction flagrante depuis cinquante ans du périmètre de confiance  générale dans le pays , l’augmentation de l’indigence , de la misère , de la solitude et bien évidemment de la criminalité , l’éclatement des familles et des liens de parentés ,  l’affaiblissement des repères culturels et citoyens  , qui existaient sous le protectorat français ,en ces temps là ,  nous étions un peuple occupés par une puissance étrangère et nous n’acceptions pas ses normalisations , tous ces épiphénomènes  suggèrent  des éventualités dérangeantes pour la dictature arrivée à ses limites , mais pas pour elle seulement. Une chose qui me semble bien difficile,pour nous tous  , mis devant  les réalités  de notre pays ,  c’est d’arriver à comprendre et même voir les liens entre les situations, les causes, les conséquences, les méthodes utilisées et leur sens par la dictature tunisienne  ,cela est frappant autant que notre cécité et se vérifie tous les jours , cette dictature est plus que faible , sa seule et grande force  elle la puise à satiété  dans nos errements et nos suffisances . Si on n’arrive pas à mettre de l’ordre dans nos rangs et à clarifier les positions,  établir les priorités et les logiques, définir une ligne de conduite et une stratégie, là maintenant, pendant   que le fer est dans le feu , oui penser tout de suite et illico presto  à l’après dictature,  et comment bonifier et les mouvements sociaux, la plus art spontanés, comme ceux du bassin minier par exemple ,on peut dire qu’on aura plutôt régressé. Là , nous sommes entrés dans la perspective d’un combat de longue haleine avec la dictature , maintenant que nous avons réussi plus ou moins à faire tomber certains masques , à avoir quelques atouts , ils nous faut assumer  jusqu’à la défaite totale de  régime horrible et abject.  Ce nouveau visage et statut de l’opposition démocratique , du bloc démocratique, ne pourra être que par  la bonne volonté de TOUTES se composantes, et assumer le combat pour la libertés de TOUS les tunisiens . Comment en effet être un tant soit peu efficace, si l’on n’arrive même pas à cerner la machine qui nous écrase, impossible de trouver/créer le grain de sable, sans connaître les rouages de cette machine, sans savoir et reconnaître  déjà qu’il existe une machine organisée ,  structurée,  qu’il faut obliger à sa propre recomposition par la multiplication des fronts  et des revendications. De plus en plus, il semble évident que le fameux « miracle tunisien «  est une de ces machines qui a été savamment construite de toutes pièces… Demandez au tunisien  de vous le  décrire ce miracle  et il  vous répondra : « dessine-moi un mouton… non, un Dinosaure » !!! Ils ont  beau se tourner de tous les côtés, se prendre des maux de tête pas possible, des torticolis existentialistes, personne en Tunisie n’est capable de dessiner ce « miracle tunisien » !!!!C’est un grand vide sidéral  qui pompe l’oxygène de tout un pays , et lui donne des cauchemars suicidaires. En tous les cas, il est clair qu’une partie des rouages est visible ,dans la façon de gérer et d’appauvrir sur tous les plans la grande  majorité des tunisiens ,dans cette sociétés tunisienne dites émergente.Les failles  sont énormes dans le système , l’opposition pour une fois unie les a drôlement accentuées pendant le drame du bassin minier, et son lot habituel d’injustices et de crimes, s’arrêter en si bon chemin , c’est donner du caviar pour les porcs. La démocratie des partis  , la presque , qui semble exister aujourd’hui  au sein des courants qui forment le bloc démocratique , doit absolument en ces temps d’incertitude, pour avoir une grande chance de nous débarrasser de ben Ali, devenir la Démocratie du peuple  tunisien.Exit cette démocratie branlante des notables , celles plus ou moins versatiles des partis , notre fidélité  et notre vision démocratique , du moins à cette étape, ne doit être fidèle qu’au peuple tunisien , avec la démocratie du peuple,  une volatilité nouvelle doit absolument apparaître pour pérenniser la crédibilité des revendications , et  donner une autre dimension au bloc  démocratique unifié.

 

 

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