26 avril 2008

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TUNISNEWS
 8 ème année, N°  2895 du 26.04.2008
 archives : www.tunisnews.net


 

Luiza Toscane: L’avocat de Slim Boukhdhir ne peut lui rendre visite en prison AP: Tunisie: deux journalistes opposants entament une grève de la faim JDD: Tunisie: Deux journalistes en grève de la faim HRinfo: Dernières atteintes à la liberté de la presse dans la région AFP: En Tunisie, Sarkozy attendu de pied ferme sur les droits de l’Homme  AFP: Nicolas Sarkozy entame lundi une visite de 48h en Tunisie Le Monde: Mokhtar Trifi :  » Nous espérons que la visite de M. Sarkozy en Tunisie n’aura pas un caractère purement économique  » Purepeople: Carla Bruni-Sarkozy : Quelles tenues pour la Tunisie ? Info Obs : L’opposant Taoufik Ben Brik se dit victime de pressions

 

L’avocat de Slim Boukhdhir ne peut lui rendre visite en prison

Maître Abdelwahab Maatar, avocat à Sfax, a écrit à six reprises au juge d’exécution des peines de la prison civile de Sfax, pour demander à rencontrer Slim Boukhdhir, son client emprisonné et condamné définitivement à une année d’emprisonnement. Il n’y a jamais été autorisé. Pourtant, le droit à rencontrer son avocat est prévu par la loi 2001-52 du 14 mai 2001, relative à l’organisation des prisons, qui dispose dans son article 17 : « Tout détenu a droit à : […] 6) la visite d’un avocat, en présence d’un agent de la prison pour le condamné en vertu d’un jugement définitif, et ce, sur autorisation de l’administration chargée des prisons et de la rééducation […] ». Quant à Slim Boukhdhir, il est toujours privé d’eau et dévoré par la gale. Les médicaments de la prison sont inefficaces. Hier, vendredi 25 avril, sa mère, Najet Boukhdhir, a joint au couffin des médicaments appropriés achetés en ville, mais qui doivent être appliqués après la douche. La veille, jeudi 24, le prisonnier avait eu droit à l’occasion de son jour hebdomadaire de visite à la visite directe qu’il avait demandée : mais quelle ne fut pas la déception de son épouse, Dalenda, et de sa mère, de se voir privées de ce droit : en effet, et par une décision arbitraire et injustifiée, seuls les deux enfants du journaliste ont pu voir leur père ! Luiza Toscane


Tunisie: deux journalistes opposants entament une grève de la faim

 
The Associated Press – 26/04/08 à 15:09:49 A deux jours de l’arrivée du président français Nicolas Sarkozy pour une visite d’Etat de trois jours en Tunisie, deux responsables d’un hebdomadaire de l’opposition légale tunisienne ont annoncé samedi entamer une « grève de la faim illimitée » pour dénoncer les harcèlements dont leur journal fait selon eux l’objet de la part du pouvoir. Lors d’une conférence de presse, l’un des grévistes, Rachid Khéchana, rédacteur en chef d' »Al Mawkef », organe du parti démocratique progressiste (PDP), a justifié sa décision d’entrer en grève de la faim avec le directeur de la rédaction, Mongi Ellouze. Il a évoqué notamment des « pressions exercées par les autorités » sur la société distributrice du journal pour réduire au minimum la vente de leur organe ainsi qu’une affaire intentée « à l’instigation du pouvoir » contre l’hebdomadaire par cinq sociétés de commercialisation d’huile végétale. Celles-ci réclament quelque 300.000 euros de dédommagements de préjudices à la suite de la publication d’un article demandant à faire analyser cette huile suspectée d’être nocive. « Aujourd’hui, la situation a atteint un point de non retour. Notre journal qui ne vit que de ses ventes, est en voie d’être asphyxié et menacé de disparition », a lancé M. Khéchana devant les journalistes. Les autorités tunisiennes ont qualifié cette « soi-disant grève de la faim » de « nouvelle manoeuvre démagogique visant à induire l’opinion en erreur » et de « tentatives d’instrumentalisation ». « Contrairement aux allégations de ses responsables, le journal ‘Al Mawkef’ ne fait l’objet d’aucune restriction », ajoute un communiqué officiel transmis à l’Associated Press qui avance que « les partis de l’opposition publient et diffusent librement leurs journaux ». Présent à la conférence de presse des grévistes, le chef historique du PDP, Me Néjib Chebbi, qui a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2009, a jugé que la grève de la faim pourrait s’arrêter pour peu que le gouvernement « cesse ses harcèlements ». Quant au choix d’entamer la grève juste avant l’arrivée de Nicolas Sarkozy, M. Khéchana en a imputé la responsabilité aux autorités qui, selon lui, « refusent toute solution amiable ». « On ne veut pas être des trouble-fêtes, mais on défend nos droits », a-t-il insisté. « On ne demande rien au président Sarkozy. On pose un problème qui l’interpelle », a enchaîné Me Chebbi. AP

Tunisie: Deux journalistes en grève de la faim

Alors que Nicolas Sarkozy doit se rendre en Tunisie lundi, deux journalistes d’opposition ont entamé samedi une grève de la faim illimitée pour protester contre le harcèlement dont fait l’objet leur journal, Al Mawkef, selon eux, de la part du pouvoir tunisien. Le directeur de la rédaction et le rédacteur en chef dénoncent des pressions pour réduire la diffusion du titre. source : http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/international/200817/tunisie-deux-journalistes-en-greve-de-la-faim_113289.html?popup


Dernières atteintes à la liberté de la presse dans la région

 

 
La semaine dernière, des atteintes à la liberté de la presse ont été recensées au Bahreïn, en Egypte, en Somalie, au Soudan et en Tunisie. Au Bahreïn, le journaliste Jaafar Al Jamry, du quotidien Al Wasat, a été condamné à une amende de 150 BD (396 USD) par les juges de la Haute cour pénale le 16 avril 2008. Jamry était accusé d’avoir publié des propos diffamatoires et des fausses informations sur un employé du Ministère de la santé. Une action judiciaire a été intentée contre Al Jamry après la plainte déposée par l’employé du Ministère de la santé. En Egypte, le 16 avril, les forces de l’ordre ont fait une descente au quartier général de la société Cairo News Company et saisi cinq appareils de diffusion en directe, sans fournir aucune explication. Les autorités égyptiennes ont également initié une enquête sur la société, sans indiquer l’infraction qui aurait été commise. La société Cairo News Company offre des équipements de diffusion à la location ainsi que des services connexes à environ 40 chaînes satellites en Egypte. Toujours en Egypte, les chaînes télévisées Al Hiwar, Al Baraka et Al Hikma ont récemment été interdites.   En Somalie, le journaliste Abdi Mohammed Ismail, également connu sous le nom de Abdi Uud, a été arrêté le 21 avril à Mogadiscio par des membres des forces de l’ordre du Gouvernement fédéral transitoire somalien. Ni le Gouvernement fédéral transitoire ni les forces de l’ordre n’ont donné d’explication concernant l’arrestation d’Ismail, qui travaille pour le réseau privé de médias Shabelle. Au Soudan, le 13 avril, l’agence de renseignement intérieur du service de sécurité national (NSS) a ordonné aux éditeurs de dix quotidiens de faire vérifier immédiatement l’ensemble du contenu de leur journal pour autorisation préalable au titre de la loi sur la censure illégalement imposée le 6 février. Aucun quotidien n’a obéi et ils ont tous imprimé leurs éditions de la façon habituelle. Deux jours plus tard, la police a décidé de saisir les éditions de Ajras al-Huriyya, Rai al-Shaab et Al-Ayyam. Al-Sudani, al-Ahdath, Ajras al-Huriyya, Rai al-Shaab et le quotidien anglophone The Citizen ont été saisies le 16 avril, après l’impression de plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. Les quatre quotidiens arabophones ont reçu pour instruction de ne pas évoquer la conférence de presse des éditeurs d’Ajras al-Huriyya, critiquant la nouvelle censure. En Tunisie, depuis le 14 mars, quatre éditions d’Al Maoukif, l’hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (PDP) ont été saisis, sans aucune explication. En signe de protestation, des membres du personnel ainsi que des activistes du PDP ont décidé de distribuer eux-mêmes le dernier numéro dans les rues de la capitale. Naima Hasni, membre du parti, a été bousculée par un policier en civil alors qu’elle vendait le journal à des passants sur l’avenue Habib Bourguiba le 17 avril. La direction affirme que les saisies pourraient être la conséquence des articles sur des questions sensibles telles que l’augmentation des prix et la distribution d’huile de cuisine contaminée. Cinq sociétés de fabrication d’huile de cuisine ont intenté des actions en diffamation à l’encontre du rédacteur en chef Rachid Khechana et du directeur général Nejib Chebbi. Ces sociétés demandent 500 000 dinars (274 000 Euros) de dommages-intérêts. En cas de condamnation, le journal devra fermer. Khechana et Chebbi sont convoqués au tribunal pour une audience le 10 mai.
Sources : Centre pour les Droits de l’Homme du Bahreïn (BCHR), Manama Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), Mogadiscio Reporters Sans Frontières (RSF), Paris Arabic Network for Human Rights Information (HRinfo), Le Caire  


Nicolas Sarkozy entame lundi une visite de 48h en Tunisie

AFP, samedi 26 avril 2008 PARIS (AFP) — Nicolas Sarkozy entame lundi en Tunisie un séjour de quarante-huit heures largement voué au développement de la relation politique et économique très étroite qui unit la France et son ancienne colonie, à peine perturbée par l’entêtante question des droits de l’Homme. Après le Maroc et l’Algérie l’an dernier, le président, accompagné de son épouse, conclut chez son homologue tunisien Zine El Abidine Ben Ali sa première tournée des pays du Maghreb. Il avait par ailleurs effectué un passage en coup de vent à Tunis et Alger en juillet 2007 dans la foulée de son élection. Alors que la France s’apprête à prendre en juillet les rênes de l’Union européenne, le nouveau partenariat promu par Nicolas Sarkozy entre l’Europe et ses voisins du sud via son projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) sera au coeur de cette visite d’Etat. Le président doit y consacrer l’essentiel de son discours devant les étudiants de l’Institut national des sciences appliquées et des technologies de Tunis mercredi. Si la France n’a obtenu le ralliement de ses partenaires européens qu’au prix de sérieux amendements, la Tunisie a immédiatement soutenu son initiative. A en croire la presse, le président Ben Ali brigue même le secrétariat général de la future entité, qui doit être lancée en grande pompe lors d’un sommet à Paris le 13 juillet. Sur un plan bilatéral, le séjour de Nicolas Sarkozy aura une nouvelle occasion de célébrer par de nombreux accords la relation « remarquable », « dense » et « apaisée », dit-on à Paris, que la France entretient avec un pays souvent présenté comme son « chouchou » en Afrique du Nord. La France doit ainsi signer avec Tunis sa première convention de gestion concertée de l’immigration avec un pays maghrébin. Ce texte doit renforcer la lutte contre les clandestins, ouvrir le territoire français à l’immigration professionnelle et favoriser le développement dit « solidaire » entre les deux pays, souligne-t-on à l’Elysée. Comme c’est devenu la marque de fabrique de sa diplomatie depuis un an, Paris va offrir à Tunis un accès à sa technologie nucléaire civile sous la forme d’accord-cadre de coopération. Identique à ceux paraphés par Tripoli, Rabat ou Alger, ce texte ouvre la voie à l’éventuelle livraison, d’ici quinze à vingt ans, d’un ou plusieurs réacteurs nucléaires. Fidèle à une autre de ses habitudes, Nicolas Sarkozy, accompagné d’une centaine de patrons tricolores, espère décrocher quelques contrats susceptibles de renforcer la place de la France au premier rang des partenaires économiques de la Tunisie. Des discussions sont en cours entre l’avionneur européen Airbus et la compagnie Tunis Air pour la livraison d’un nombre indéterminé d’appareils et Alstom figure en bonne place pour équiper une centrale électrique. L’Elysée n’exclut pas que ces contrats, pas encore « finalisés », le soient pendant la visite présidentielle. Dans ce ciel sans nuages, seule la question des atteintes aux droits de l’Homme en Tunisie devrait, une nouvelle fois, perturber le séjour de Nicolas Sarkozy. Régulièrement épinglées par les rapports internationaux, les autorités de Tunis ont interdit cette semaine une mission de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) au motif qu’elle faisait preuve de « partis pris systématiques » contre leur pays. Les ONG tunisiennes et internationales ont fait savoir qu’elles attendaient un « geste fort » du président français sur ce terrain. L’Elysée a promis qu’il en « dira un mot en public ».

 


En Tunisie, Sarkozy attendu de pied ferme sur les droits de l’Homme

 

 
AFP, samedi 26 avril 2008
PARIS – Déçues de son passage-éclair en juillet, les ONG de défense des droits de l’Homme attendent du nouveau séjour tunisien de Nicolas Sarkozy à partir de lundi un « geste fort » sur ce terrain dont il avait promis de faire une des priorités de sa diplomatie. Même si elle a été rapidement suivie par la remise en liberté d’un opposant, la première visite de président français est loin d’avoir convaincu la société civile et l’opposition tunisiennes.   « La société civile a été superbement ignorée. Nous n’avons eu ni audience, ni contact avec sa délégation pendant les quelques heures qu’il a passées sur notre territoire », déplore le président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), Me Mokhtar Trifi.   Après un entretien avec le président Zine El Abidine Ben Ali, Nicolas Sarkozy avait assuré avoir évoqué « des cas particuliers ». Deux semaines plus tard, Tunis annonçait la grâce de l’avocat Mohamed Abbou, incarcéré depuis plus de deux ans.   Depuis vingt ans, le régime du président Ben Ali est régulièrement épinglé par les ONG dans leurs classements des pays les plus répressifs de la planète. Tunis dénonce ces critiques et met en avant son bilan dans le domaine de l’éducation et de l’émancipation des femmes.   A la veille du retour du président français pour une visite d’Etat de quarante-huit heures, les défenseurs des droits de l’Homme ont fait savoir qu’ils espéraient beaucoup de Nicolas Sarkozy.   « La justice est aux ordres, la corruption se généralise, la torture est fréquente. Le bilan du régime est désastreux », résume la présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) Khadija Cherif. « Cette fois, nous ne nous voulons pas d’une simple libération comme alibi ».   « Nicolas Sarkozy ne doit pas tomber dans le piège de marchander la libération d’un seul prisonnier, comme en juillet », estime Eric Goldstein, de l’ONG américaine Human Rights Watch (HRW), « il doit poser publiquement la question des droits de l’Homme ».   « Il a répété pendant sa campagne électorale que sa politique étrangère serait fondée sur le respect des droits de l’Homme », insiste Khadija Cherif, « il doit marquer sa différence avec ses prédécesseurs ».   En de rappeler le tollé suscité en Tunisie par Jacques Chirac qui, lors d’une visite en 2003, avait jugé que « le premier des droits de l’Homme, c’est de manger, d’être soigné, de recevoir une éducation et d’avoir un habitat ».   L’Elysée a assuré que Nicolas Sarkozy, qui sera accompagné de sa secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, Rama Yade, « aurait à coeur d’évoquer un certain nombre de dossiers » avec le président Ben Ali.   « Tout n’est pas parfait, mais il est important de souligner ce que sont les réalités de la société tunisienne d’aujourd’hui », relève toutefois un diplomate français, citant le statut de la femme « sans équivalent dans les pays arabes » ou « le moratoire sur la peine de mort ». « Un dialogue confiant est peut-être plus productif que des proclamations publiques dont on sait qu’elles ont le don de provoquer une crispation », insiste-t-il, rappelant la libération de Me Abbou.   Soulignant que la LTDH est interdite de congrès depuis 2005 et que Tunis vient de refuser une mission de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), Me Trifi continue à espérer un « signe » de Paris. « Le commerce, l’énergie, la lutte contre le terrorisme, c’est important », concède-t-il, « mais M. Sarkozy doit aussi utiliser sa grande influence sur la Tunisie pour y promouvoir la démocratie ».
 

ENTRETIEN LA DÉFENSE DES DROITS DE L’HOMME EN TUNISIE

Mokhtar Trifi :  » Nous espérons que la visite de M. Sarkozy en Tunisie n’aura pas un caractère purement économique « 

 

 
Avocat connu pour son engagement dans la défense des libertés, Mokhtar Trifi, 58 ans, est depuis 2000 le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), la plus ancienne Ligue d’Afrique et du monde arabe. A la veille de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à Tunis, il rappelle sous quelle chape de plomb – invisible pour le visiteur étranger – vit la société tunisienne, depuis vingt ans que le président Ben Ali est au pouvoir.   Qu’attendez-vous de la visite officielle du président français, Nicolas Sarkozy, en Tunisie, du 28 au 30 avril ?   En juillet – 2007 – , quand le président Sarkozy avait effectué une visite éclair à Tunis, il avait totalement ignoré la société civile tunisienne. Nous aimerions que ce ne soit pas le cas cette fois-ci. Mais, à l’avant-veille de ce nouveau déplacement, aucun de nous n’a été contacté ni par l’entourage de M. Sarkozy, ni par celui de Rama Yade – secrétaire d’Etat aux droits de l’homme – . Au cours de sa campagne électorale, M. Sarkozy avait dit et répété que les droits de l’homme seraient un élément fondamental de la politique extérieure de la France. Nous espérons que sa visite en Tunisie n’aura pas un caractère purement économique. Les Tunisiens réclament depuis longtemps la démocratie. Cette question était d’ailleurs une condition posée à l’accord d’association entre l’Union européenne et la Tunisie, mais elle est restée lettre morte. M. Sarkozy pourrait user de son amitié pour rappeler que la démocratie en Tunisie est de l’intérêt de tous.   Savez-vous pourquoi une mission de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) s’est récemment vu interdire de venir en Tunisie ?   C’est la deuxième fois en six mois que la FIDH se voit refuser l’accès du territoire tunisien. De tout temps, elle a été la cible des autorités tunisiennes qui l’accusent d’être partiale (opinion que je ne partage absolument pas). L’un des précédents présidents de la Fédération, l’avocat français Patrick Baudoin, a été refoulé à quatre reprises de Tunisie ! C’est une Tunisienne, Souhayr Belhassen, qui en est à la tête, à présent, ce qui n’arrange peut-être pas les choses. Mme Belhassen est d’ailleurs en permanence la cible d’attaques d’une violence et d’une grossièreté inouïes, bassement sexistes, de la part d’une certaine presse en Tunisie.   Quelle est la situation actuelle, en Tunisie, en matière de démocratie ?   La situation ne s’améliore pas. Les défenseurs des droits humains restent la cible d’innombrables tracasseries : harcèlement, intimidation, agressions physiques, assèchement économique (pour ceux qui exercent des professions libérales), utilisation du fisc comme moyen de pression et de punition, campagnes de dénigrement dans les journaux, piratage du courrier électronique…   Il n’y a toujours pas de liberté d’expression, ni d’association. L’Association tunisienne des femmes démocrates, qui a vu le jour en 1989, est la dernière association indépendante qui ait été légalisée. Ni le Conseil national pour les libertés, ni l’Association de lutte contre la torture, ni l’Association de soutien aux prisonniers politiques n’ont reçu leur agrément… Quant à la presse, elle est toujours muselée. Le journal Al-Mawquif – opposition – est poursuivi en justice. Il risque de devoir fermer. La justice tunisienne est de plus en plus souvent appelée à la rescousse par le pouvoir, plus encore que la police.   Qu’en est-il de la Ligue tunisienne des droits de l’homme ?   La Ligue est paralysée depuis 2000, en proie à un imbroglio politico-judiciaire kafkaïen. Elle a eu droit à pas moins de 34 procès intentés par des gens proches du parti au pouvoir, le RCD – Rassemblement constitutionnel démocratique – . Elle les a évidemment tous perdus… Officiellement, il s’agit de dissensions internes à la Ligue, mais tout cela est, bien entendu, politique. Aucune tentative de sortie de crise n’a abouti. La Ligue n’a plus d’activité, même si, officiellement, elle n’a pas été dissoute. Ses locaux sont interdits d’accès. Nous nous retrouvons ainsi réduits, depuis des années, à nous battre pour continuer d’exister, au lieu de nous battre pour les droits de l’homme en Tunisie, comme ce devrait être notre rôle.   Comment se présente l’élection présidentielle de 2009 ?   Pour l’instant, elle ne semble pas devoir se tenir dans la transparence ni dans la démocratie. Grâce à un amendement constitutionnel, fait sur mesure, des candidats d’opposition sérieux tels que Nejib Chebbi – fondateur du Parti démocratique progressiste, PDP – , ou le docteur Mustapha Ben Jaafar – secrétaire général du Forum démocratique – , se retrouvent écartés de la compétition. Le pouvoir désigne pratiquement les candidats qu’il accepte d’avoir en face de lui. Le président Ben Ali n’a pas dit qu’il allait briguer un cinquième mandat, mais cela ne fait guère de doute… Propos recueillis par Florence Beaugé
 
(Source: Le journal « Le Monde » (Quotidien – France) du 28 avril 2008)


Carla Bruni-Sarkozy : Quelles tenues pour la Tunisie ?

 
Par Purepeople.com Pure People – Samedi 26 avril, 15h58
Lundi matin, Nicolas Sarkozy s’envolera pour la Tunisie accompagné de son épouse. Un séjour de 48 heures chez son homologue tunisien Zine El Abidine Ben Ali, où va être développée la relation politique et économique très étroite, qui unit la France et son ancien protectorat. Le président français est  » très attendu » sur la question des atteintes aux droits de l’homme dans ce pays du Maghreb, très régulièrement épinglé par les rapports internationaux. De par ses amitiés et certaines prises de position politiques, Carla Bruni-Sarkozy va être très observée par les journalistes français et internationaux qui vont couvrir ce voyage. Les tenues portées par la première dame de France feront sans doute l’objet, comme lors de sa visite en Angleterre ( voir news ), de nombreuses photos et commentaires. Les choix de Carla Bruni-Sarkozy en matière d’élégance pour ce voyage donneront-ils des indications sur ses pensées profondes ?

 


TUNISIE

L’opposant Taoufik Ben Brik se dit victime de pressions

Info Obs
La voiture de sa femme a été saccagée, après qu’elle eut décidé d’abandonner une procédure de divorce. Les pressions sur l’opposant tunisien se font plus vives, assure-t-il, avant l’élection présidentielle de 2009, où Ben Ali mettra en jeu son mandat. Le journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik a expliqué jeudi 24 avril à nouvelobs.com que sa femme avait été victime de pressions de la part de la police secrète tunisienne. Lundi 21 avril, la voiture d’Azza Zarrad Ben Brik a été retrouvée complètement saccagée, les vitres brisées, les rétroviseurs arrachés. Pour Ben Brik, une équipe des agents de la police politique est derrière cette agression, qui viserait à faire pression sur son épouse. Celle-ci a en effet lancé une procédure de divorce, dont une première séance de conciliation s’est tenue le 10 avril. Mais depuis, le couple aurait décidé d’abandonner cette procédure. Le divorce du couple Ben Brik n’aurait pourtant pas échappé aux autorités tunisiennes, affirment les intéressés. Appel de la police L’épouse de Taoufik Ben Brik a en effet expliqué à nouvelobs.com que sa famille avait reçu, le 20 avril, un appel à son domicile. « Nous sommes du côté d’Azza Zarrad », aurait déclaré l’interlocuteur au téléphone. « Le gouvernement est prêt à l’aider dans sa démarche, le dossier est sur le bureau du président Ben Ali », aurait-il ajouté. Selon Taoufik Ben Brik et son épouse, la personne au bout du fil se serait présentée comme Ali Sarriati, chef de la sécurité présidentielle. « J’ai dit que je n’étais pas manipulable et que je ne coopérerais en aucune façon avec la police », nous a indiqué Azza Ben Brik. « Le lendemain », poursuit-elle, « je me suis rendu au poste de police pour porter plainte contre ce M. Sarriati. Les agents m’ont dit que personne n’existait derrière ce nom et que je ne pouvais porter plainte contre la police en général. » « Sport favori de Ben Ali » Pour Taoufik Ben Brik, l’agression de la voiture et le coup de fil visaient à « effrayer » sa femme et à « la punir de ne pas poursuivre ses démarches de divorce ». « Le saccage de voitures est le sport favori de Ben Ali », accuse-t-il. Le journaliste et écrivain tunisien est en effet un opposant déclaré du président Zine el-Abidine Ben Ali, en poste depuis 1987. Il avait notamment mené en 2000 une grève de la faim durant 42 jours pour protester contre les atteintes aux droits de l’homme du régime tunisien. L’échéance électorale de 2009, durant laquelle Ben Ali met en jeu son mandat, serait « très fragile », prévient Taoufik Ben Brik qui nous a expliqué la police présidentielle lui a conseillé dernièrement de « croiser les bras » jusqu’en 2009.  
(Source: NOUVELOBS.COM | 24.04.2008 | 18:47)  

 

 

 

 

 

 

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