25 mars 2010

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TUNISNEWS
9 ème année, N° 3593 du 25.03.2010
 archives :www.tunisnews.net 


Al-Maoukif ne sera pas dans les kiosques AISPP: Procès en appel du 24/3 Human Rights Watch: Tunisian prisoner at serious risk of torture AFP: Tunis dénonce « des mensonges » et « des allégations » de HRW Reuters: HRW se plaint de l’attitude des autorités tunisiennes AP: Human Rights Watch accuse le gouvernement tunisien de « tenter de (le) réduire au silence » Le Monde: Human Rights Watch dénonce la situation d’anciens prisonniers politiques en Tunisie Slim Bagga: Mongi Khammassi ou l’art d’un délateur de devenir dignitaire AP: Les Français musulmans sont discriminés à l’embauche par rapport aux chrétiens, selon une étude AFP: Le Conseil des droits de l’Homme condamne l’islamophobie Reuters: Turkey’s AK Party snubs judges ahead of charter bill AFP: Pour la première fois, le rythme de déforestation recule dans le monde (FAO)


Urgent


L’édition du 27 mars 2010 du journal Al-Maoukif ne sera pas dans les kiosques cet après-midi comme d’habitude, l’imprimerie étant officiellement « en panne technique ».

En fait, la veille un porte parole officieux a reconnu sur la chaîne Al Jazira que le gouvernement a bel et bien décidé l’interdiction du dernier rapport de Human Rights Watch sur notre pays, jugé «assimilable à un tract du mouvement non reconnu An-Nahdha », alors que l’édition du Maoukif  publie une interview avec M. Eric Goldstein directeur de recherches à cette même association, basée à New York, et co-auteur du rapport.

L’équipe du journal se réunira en début d’après-midi afin de prendre les décisions qui s’imposent face à cette saisie déguisée de l’édition de demain.

Rachid Khechana

Rédacteur en chef d’Al Maoukif

Bureau: 21671196972

Mobile: 216249376  –  21698327235

 


 

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques

43 rue Eldjazira, Tunis Aispp.free@gmail.com


Tunis, le 24 mars 2010-03-25 […] Aujourd’hui, mercredi 24 mars 2010, la treizième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Tahar Yafreni, a examiné l’affaire n°14381 dans laquelle sont déférés Abdessatar Termessi, né le 28 décembre 1978, Hechmi Lajimi, né le 8 juin 1980, Kamel Larbi, né le 1er janvier 1982 et Mehdi Adouli, né le 1er mai 1985, tous déférés en état d’arrestation pour adhésion à une organisation et à une entente ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, d’incitation à commettre des infractions terroristes et à adhérer à une organisation terroriste, de s’être abstenu de révéler immédiatement aux autorités concernées les informations leur parvenant sur la commission d’infractions terroristes. La Cour a décidé de reporter l’affaire au 2 avril 2010 à la demande de la commission de la défense composée de Maîtres Hédi Abbassi, Kamel Bel Hajj Brick et Samir Ben Amor. Les jeunes déférés dans cette affaire sont accusés d’avoir été en contact avec un jeune homme qui avait rejoint la résistance irakienne et était mort en Irak. En première instance ce dernier avait été condamné à 8 ans !!! tandis que les condamnations contre les accusés en état d’arrestation allaient de 3 à 6 ans. La même chambre a examiné aujourd’hui l’affaire n°14380 dans laquelle sont déférés Nader Ferchichi, né le 5 décembre 1980, Hamdi Kasri, né le 15 octobre 1985, Issam Mezzi, né le 18 août 1985, Houssem Rihane, né le 16 janvier 1983, Nizar Jmi’i, né le 18 juin 1982, Mohammed Boujemaa, né le 30 octobre 1981, Hassen Bahri, né le 11 juin 1983, Béchir Cherni, né le 4 septembre 1981, Farid Loussif, né le 26 février 1961 et Mohammed Gharsalli, né le 9 avril 1986, déférés tous en état d’arrestation à l’exception de Mohammed Gharsalli qui comparaît libre, pour adhésion à une organisation ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, d’incitation à commettre des infractions terroristes et à adhérer à une organisation terroriste, de fourniture d’armes et de munitions à une organisation en rapport avec les infractions terroristes, de tenue de réunions sans autorisation, de vol simple, de s’être abstenus de révéler immédiatement aux autorités concernées les informations leur étant parvenues sur la commission d’infractions terroristes. La Cour a décidé de reporter l’affaire au 7 avril 2010 à la demande de la commission de la défense composée de Maîtres Anouar Kousri et Imène Triki. Les jeunes déférés dans cette affaire sont originaires de la région de Bizerte. Plusieurs d’entre eux vivent des situations lamentables en prison, comme Nizar Jmi’i qui a contracté plusieurs maladies en prison et qui doit subir une intervention chirurgicale dans les jours à venir. L’administration de la prison de Mornaguia a refusé ces dernières semaines à Nader Ferchichi l’attribution de bons que sa famille a retenus à ses frais pour qu’il puisse acheter ce dont il a besoin en prison. Pour la commission de suivi des procès politiques Le secrétaire général Maître Samir Ben Amor (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 


 

Amnesty International

Tunisia attempts media black-out on human rights violations

 


 

24 March 2010 Amnesty International has condemned the Tunisian authorities for effectively barring two human rights organizations from presenting their reports on the harassment of former political prisoners to the media this week. According to Human Rights Watch (HRW), journalists were prevented from attending a press conference on Wednesday in the capital city Tunis to launch a report on repression of former political prisoners in Tunisia. Security forces also stopped journalists and human rights activists from attending a press conference on Monday in Tunis, to launch a report by the International Association for the Support of Political Prisoners (AISPP) on the same issue. The incidents coincide with the publication by Amnesty International of a briefing paper, Freed but Not Free: Tunisia’s Former Political Prisoners which highlights the relentless harassment of hundreds of former political prisoners freed after unfair trials and years of prison in harsh conditions. « Rather than addressing the ongoing concerns raised by national and international NGOs, the Tunisian authorities have opted instead to silence them, » said Hassiba Hadj Sahraoui, Deputy Director of Amnesty International’s Middle East and North Africa programme. “The authorities have shown to the world a reality already well known to Tunisians and have provided this week another demonstration of their ruthless practices”. « They have denied the NGOs the use of venues or prevented independent journalists from reporting on the two publications and the dire situation of former political prisoners. This shows the government’s unwillingness to face the facts and end the denial that human rights violations are routine in Tunisia. » Former political prisoners in Tunisia are subjected to oppressive police surveillance, required to report regularly to the police and repeatedly called in for police questioning, and re-arrest, following their release from prison. Some have been denied access to medical care. Many have also been banned from travelling outside Tunisia and are not permitted to move freely within the country. Not a single journalist was able to attend the HRW press conference to launch A Larger Prison: Repression of Former Political Prisoners in Tunisia on Wednesday. The launch was due to take place in a hotel but all hotels where HRW had booked a conference room subsequently had « no room » available and withdrew their offers. As to the suite booked by HRW it was mysteriously flooded. The Tunisian authorities had informed HRW officials that the authorities did not want the news conference to proceed. A launch was instead held at a law firm in Tunis amidst heavy police presence. Journalists invited to the conference phoned to say that they were being prevented from leaving their homes or entering Tunis. On Monday, many journalists and activists, including members of AISPP, trying to get to the launch of the organization’s report, Citizens Under Siege: Administrative Control in Tunisia were prevented from doing so. Journalists and activists Lotfi Hajji, Lotfi Hidouri, Ismail Debara, and Faouzi Sadkaoui, were followed as they left the office of the AISPP and were prevented by about 10 security officers in plain clothes from entering the offices of the newspaper, al-Mawkif, where the launch was taking place. Lotfi Hidouri was pushed away by one officer and none of them entered the newspaper’s office. « The recent events show that the Tunisian authorities are determined to implement a total black-out on all critical voices or those exposing its poor human rights record, » said Hassiba Hadj Sahraoui. Hundreds of political activists have been imprisoned in Tunisia since President Zine El Abidine Ben Ali came to power in 1987, including prisoners of conscience and others sentenced after unfair trials, reflecting the authorities’ intolerance of dissent. Many have been released from prison on previous national days under presidential pardon. Such releases are generally only conditional, with former prisoners made subject to stifling restrictions which prevent them from obtaining paid employment or leading normal lives, including intensive surveillance and harassment by security officials. Amnesty International has urged the Tunisian government to cease the harassment and intimidation of former political prisoners and to allow them to resume their lives as free individuals. The organization has also called for the release of all prisoners of conscience held for the peaceful exercise of their right to freedom of expression.


 

Human Rights Watch

Further information on UA: 130/09 Index: MDE 30/009/2010 Tunisia       

Date: 24 March 2010

URGENT ACTION

TUNISIAN PRISONER AT SERIOUS RISK OF TORTURE


 

Ramzi Romdhani, a prisoner serving a long sentence at Mornaguia Prison near Tunis, has been denied family visits since 4 February 2010. When he was last able to speak to his relatives, he told them that he was being held in solitary confinement and had been threatened with torture. He has previously reported that he was tortured and otherwise ill-treated on at least three occasions in 2009. He is now at further risk of torture and other ill-treatment.

On 4 February, Ramzi Romdhani told his family that he had been threatened with torture and other ill-treatment by a senior official of Mornaguia Prison after he spoke to the United Nations Special Rapporteur on the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms while countering terrorism. The Special Rapporteur was allowed to visit Mornaguia Prison in January 2010. Ramzi Romdhani told his family that he had been held in solitary confinement since the Special Rapporteur’s visit.

Ramzi Romdhani has not been permitted visits from his family since 4 February; They have been  turned away on six consecutive occasions and denied permission on three occasions to leave food and clothing for prison guards to pass on to him. This far exceeds what is permitted under Tunisian law, which provides that a prisoner can be denied family visits and food for no more than 15 days; and can be held in solitary confinement for no more than 10 days.

Ramzi Romdhani was arrested in April 2007 and is now serving a sentence totalling 29 years in prison imposed under anti-terrorism legislation in nine separate cases. He has previously alleged that he was tortured and otherwise ill-treated on at least three occasions: in April 2009, August 2009 and December 2009 (see original UA and follow-up), but to date the Tunisian authorities have failed to conduct an independent investigation, as required under international law. In December, the prison doctor at Mornaguia told Ramzi Romdhani that he required surgery to safeguard his sight but it is not known whether this has been provided. He is reported to have sustained serious eye injuries while detained for interrogation by officials of the Department of State Security of the Ministry of Interior in Tunis.

PLEASE WRITE IMMEDIATELY in Arabic, French or your own language:

Expressing concern that Ramzi Romdhani has been denied family visits since 4 February, in violation of Tunisian law;

Asking the reasons for this, and urging that he be permitted to receive regular family visits without delay;

Calling on the authorities to treat him humanely, and not torture or otherwise ill-treat him;

Calling for an urgent thorough, independent and impartial investigation into allegations that Ramzi Romdhani has been tortured, and for any officials found responsible to be brought to justice;

Demanding that they ensure Ramzi Romdhani has access to the medical care he needs.

 

PLEASE SEND APPEALS BEFORE 2 MAY 2010 TO:

 

Minister of Justice and Human Rights

Lazhar Bououni        

Ministry of Justice and Human Rights

31 Boulevard Bab Benat        

1006 Tunis – La Kasbah        

Fax: + 216 71 568 106

Salutation: Your Excellency

 

Minister of Interior

Rafik Haj Kacem        

Ministry of Interior and Local Development

Avenue Habib Bourguiba        

1000 Tunis        

Fax: +216 71 340 888

Salutation: Your Excellency

 

And copies to:

Directeur général des prisons et de la rééducation

Rue 8003 – Appartement L

Espace de Tunis

Monplaisir, Tunis

Also send copies to diplomatic representatives accredited to your country. Please check with your section office if sending appeals after the above date. This is the second update of UA 130/09 (MDE 30/004/2009). Further information:http://www.amnesty.org/en/library/info/MDE30/004/2009/en andhttp://www.amnesty.org/en/library/info/MDE30/001/2010/enAmnesty International – Urgent Action:

Additional Information

On 31 December 2009, Ramzi Romdhani told his brother that he was tortured on 24 and 25 December after he had been transferred to the Department of State Security (DSS) of the Ministry of Interior in the Tunisian capital, Tunis, from Mornaguia Prison. He said he was tortured for two days and interrogated in connection with other cases. He told his brother that he was beaten, had his nails and fingers burned and that his head was plunged repeatedly in hot water for about 30 minutes. He said he was beaten on his eyes and sustained serious eye injuries. During the visit, his brother was able to observe several bruises on his body and burn marks on his fingers.

In April 2009, Ramzi Romdhani is reported to have been tortured and otherwise ill-treated by officers at Mornaguia Prison, by guards who beat him with sticks, kicked him while wearing military boots, inflicted cigarette burns on his body, and plunged his head repeatedly into a bucket of water causing him to fear drowning and eventually to lose consciousness.

In August 2009, he alleges that he was beaten by prison guards and then taken to the DSS where he was tortured, including with electric shocks, suspension and simulation of hanging.

His brother was arrested on 18 January 2010 at his home by eight DSS officers and detained incommunicado until 20 January, when he was released uncharged. His arrest is believed to have been linked to his efforts to expose and publicize the torture and other ill-treatment of Ramzi Romdhani, including his contacts with human rights lawyers and local and international human rights organizations.

Amnesty International has received numerous reports of torture and other ill-treatment by the Tunisian security forces. In virtually all cases, allegations of torture are not investigated and the perpetrators are not brought to justice. Individuals are most at risk of torture when held incommunicado. The most commonly reported methods of torture are beatings on the body, especially the soles of the feet; suspension by the ankles or in contorted positions; electric shocks; and burning with cigarettes. There are also reports of mock executions, sexual abuse, including rape with bottles and sticks, and threats of sexual abuse of female relatives.

Tunisia is a state party to the Convention against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment, and the Tunisian authorities are under an obligation to prevent torture and to “ensure that its competent authorities proceed to a prompt and impartial investigation, wherever there is reasonable ground to believe that an act of torture has been committed in any territory under its jurisdiction”.

Tunisia’s anti-terrorism legislation has been repeatedly criticized by UN human rights bodies and local and international human rights organizations as overly general and broad, and could be used as a repressive measure to curtail legitimate dissent. Similar concerns were reiterated by the United Nations Human Rights Committee in March 2008 in its concluding observations regarding Tunisia and by the Special Rapporteur on the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms while countering terrorism following his visit to Tunisia in January 2010.

En plus des exemples de cas fournis dans son récent rapport, Human Rights Watch a mis les profils d’autres ex-prisonniers privés de leur passeport en ligne sur le lien suivant:http://www.hrw.org/sites/default/files/related_material/tunisia_passport_2010fr.pdf

Tunisie : Refus arbitraires de passeports aux anciens prisonniers politiques

Les autorités tunisiennes soumettent les personnes condamnées pour des délits à caractère  politique à un large éventail de restrictions arbitraires à la suite de leur sortie de prison. Les mesures dont ils font l’objet sont une surveillance policière constante, qui peut s’apparenter à du harcèlement, des ordres oraux de la police les confinant dans leur région d’origine, les pointages exigés aux postes de police, et les pressions qui seraient exercées sur les employeurs pour qu’ils n’embauchent pas ces ex-prisonniers.

L’une des pratiques les plus courantes est le refus arbitraire de délivrer des passeports. La Loi n° 75-40 du 14 mai 1975, modifiée par la Loi n° 98-77 du 12 novembre 1998, stipule que tout ressortissant tunisien a le droit à l’obtention, au renouvellement ou à la prolongation de son passeport sauf « sur requête du Parquet, s’il fait l’objet de poursuites judiciaires ou est recherché pour crime ou délit ou pour purger une peine d’emprisonnement à la suite d’une condamnation » ou si le voyage de cette personne met en danger « la stabilité générale et la sécurité, et la bonne réputation de la Tunisie ».

En pratique, les autorités refusent couramment de délivrer des passeports à des ex-prisonniers

politiques sans fournir d’explications pour cela, refusant même parfois de prendre la demande de la personne qui sollicite un passeport. Ces pratiques sont décrites de façon détaillée dans le rapport de Human Rights Watch de mars 2010 : « Une prison plus vaste : Répression des anciens prisonniers politiques en Tunisie ».

Dans les cas où les autorités acceptent de prendre la demande, le résultat est souvent soit un refus du ministère de l’Intérieur, soit une totale absence de réponse, soit encore un refus oral d’un officier de police du poste de police local sans aucune indication que la demande a été envoyée et traitée par le bureau chargé de s’occuper des demandes de passeport. Le ministère fournit rarement une justification formelle pour le refus de délivrer leur passeport aux ex-prisonniers, sauf si le demandeur porte l’affaire devant un tribunal administratif. Et même si un ex-prisonnier obtient gain de cause au tribunal administratif reconnaissant que la non délivrance d’un passeport par le ministère était abusive, cela ne garantit pas que le ministère délivre ensuite un passeport au plaignant. Le résultat, c’est qu’il y a des dizaines, sinon des centaines d’ex-prisonniers qui se sont vu refuser arbitrairement leur passeport pendant des années, dans certains cas pendant plus d’une décennie.

Human Rights Watch continue de recevoir des informations de la part d’anciens prisonniers qui ont fait en vain des demandes de passeports. Voici quelques-uns de ces cas.

Cas 1 : Sami Ben Saleh

Habitant de Tabarkah, Sami Ben Saleh, né en 1965, a été condamné à 9 ans de prison pour appartenance à une organisation illégale, mais a été mis en liberté conditionnelle au bout de 5 ans, en 2001. Il a déposé une demande de passeport le 5 juillet 2004 au poste de police de Tabarkah, dans la province de Manouba. Ne recevant pas de réponse à sa demande, il a adressé des lettres au ministère de l’Intérieur et à la Direction générale des frontières et des étrangers, mais celles-ci sont restées sans réponse. En août 2006, la police de Tabarkah l’a informé oralement que sa demande avait été rejetée et lui a demandé de signer un document reconnaissant qu’il avait été mis au courant de cette décision, mais il a refusé.

Cas 2 : Sami Ben Daoud

Habitant d’El-Mourouj 3, Sami Ben Daoud, né en 1971, a indiqué qu’il avait été condamné à 5 ans de prison en 1991 pour participation à une manifestation contre la première guerre du Golfe. A sa libération, il a déposé à quatre reprises une demande de passeport au poste de police de Mourouj 3, la première fois en 1997 et la dernière le 30 mai 2006. La dernière fois qu’il a fait une demande, il a pu obtenir un reçu. Chaque fois qu’il a déposé une demande, la police l’a informé oralement qu’elle était rejetée mais sans fournir aucune explication. Il s’est adressé plusieurs fois au ministère de l’Intérieur, à la Direction générale des frontières et des étrangers ainsi qu’au Président de la République, mais en vain.

Le 31 mai 2008, le tribunal administratif à Tunis a jugé que le ministère de l’Intérieur avait à tort refusé un passeport à Ben Daoud sans lui en donner la raison. Près de deux ans plus  tard, le ministère ne lui a toujours pas donné de passeport.

Cas 3 : Mounia Ibrahim

Habitante de Sousse, Mounia Ibrahim, née en 1971, a indiqué qu’elle avait été condamnée à un mois et demi de prison en 1994 pour appartenance à une organisation illégale. Son passeport a été confisqué au moment de son arrestation. Elle a déposé une demande pour obtenir un passeport le 12 avril 2008 au poste de police de Zuhour à Sousse. N’ayant pas reçu de réponse, elle s’est adressée au ministre de l’Intérieur et au président, mais ses demandes sont restées sans réponse.

Cas 4 : Mohamed Hamrouni

Habitant de Tunis, le journaliste Mohamed Hamrouni, né en 1965, a été condamné à 3 ans et 8 mois de prison en 1992 pour appartenance à une organisation illégale. Il a déposé une demande de passeport au poste de police de Gammarth le 26 mai 2009. Lors de cette démarche, Hamrouni a été interrogé sur les motifs de sa demande de passeport. Ce n’est qu’après qu’il a présenté une invitation émanant de l’ambassade des Etats-Unis pour un voyage d’affaires aux Etats-Unis qu’ils ont accepté le dépôt de son dossier. Hamrouni a tenté plusieurs fois d’obtenir une réponse à sa demande de la part du poste de police, mais il a été chaque fois renvoyé à la Direction générale des frontières et des étrangers, qui ne lui a fourni aucune réponse.

Cas 5 : Hamdi Zouari

Habitant de Tunis, Hamdi Zouari, né en 1970, a indiqué qu’il avait été condamné à 10 ans de prison en 1991 pour appartenance à une organisation illégale. Il a fait une demande de renouvellement de son passeport le 27 janvier 2007, mais n’a reçu aucune réponse. Il a adressé plusieurs lettres de réclamation au Président de la République, au ministère de l’Intérieur, à la Direction générale des frontières et des étrangers ainsi qu’au Haut comité des droits de l’homme en juillet 2009, qui sont toutes restées sans réponse, a-t-il expliqué.

Le 12 octobre 2009, Zouari a déposé plainte contre le ministère de l’Intérieur devant le tribunal administratif, qui a jugé le 4 novembre 2009 que le ministère avait agi contrairement à la loi en lui refusant un passeport sans lui donner de raison. En dépit de cela, le ministère de l’Intérieur continue de refuser de délivrer un passeport à Zouari. En décembre 2009, il a adressé plusieurs lettres de réclamation accompagnées du jugement du tribunal au Président de la République, au ministère de l’Intérieur, et à la Direction générale des frontières et des étrangers. Il indique qu’il n’a pas reçu de réponse.

Cas 6 : Abdelkader Zayani

Habitant de Tunis, Abdelkader Zayani, né en 1971, a été condamné à un an et demi de prison le 15 juillet 1997, accusé d’avoir diffusé sciemment de « fausses information » sur le gouvernement tunisien. Depuis sa libération, il a demandé un passeport à plusieurs reprises.

Il a reçu plusieurs refus écrits de ses demandes, tous déclarant qu’il constitue une « menace pour la réputation de la Tunisie à l’étranger ». Zayani a refait une demande très récemment, en janvier 2010, au ministère de l’Intérieur à Tunis. Quand il a demandé où en était son dossier, il a été informé qu’il devait continuer à attendre la décision. Zayani a indiqué qu’en 2008 il s’est vu offrir un emploi de traducteur en France qu’il a dû refuser à cause de sonimpossibilité de se déplacer.


Tunis dénonce « des mensonges » et « des allégations » de HRW


AFP, le 24 mars 2010 à 18h27
TUNIS, 24 mars 2010 (AFP) – Les autorités tunisiennes ont dénoncé mercredi des « mensonges » et « des allégations » dans un rapport de l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) publié mercredi sur les anciens prisonniers politiques. Dans ce rapport de 42 pages, intitulé « Une prison élargie: la répression des anciens prisonniers politiques en Tunisie, HRW a dénoncé « l’acharnement » des autorités tunisiennes contre d’anciens prisonniers politiques, maintenus sous pression et harcelés après leur libération.    « Le rapport du HRW contient une série de mensonges et d’allégations fabriquées visant à induire en erreur l’opinion publique sur le sujet des droits de l’homme en Tunisie », a précisé à l’AFP une source officielle.    Ce texte « prétend défendre +des anciens prisonniers+ alors qu’il s’agit de personnes qui ont été jugées, selon les lois ordinaires du pays, pour avoir commis des crimes de droit commun incluant (…) des crimes terroristes », a-t-on ajouté.    Le rapport de HRW passe en revue toute une série de mesures arbitraires imposées, selon l’organisation, aux anciens détenus, telles la surveillance étroite de leurs faits et gestes, la privation de passeports ou encore des restrictions à leur liberté de circulation.    Mais pour Tunis, « le traitement de tous les anciens prisonniers est conforme à la loi, et plusieurs d’entre eux ont bénéficié de procédures de grâce et de réduction des peines ayant conduit à leur libération ».    Selon HRW, d’anciens prisonniers, placés ou non sous contrôle administratif, ont attendu parfois jusqu’à dix ans pour obtenir une réponse à leur demande de passeport, essuyant parfois un refus malgré un recours favorable auprès d’un tribunal administratif.    Les autorités tunisiennes ont également dénoncé dans un communiqué, les « comportements provocateurs » d’une délégation de HRW, qui séjourne actuellement à Tunis. Selo le texte la délégation « accueillie par des officiels » et « autorisée à s’entretenir avec des personnes de son choix » a fait preuve d’un « manque de respect aux lois du pays et à sa souveraineté »  

HRW se plaint de l’attitude des autorités tunisiennes

 


Reuters, le 24 mars 2010 à 18h40 TUNIS, 24 mars (Reuters) – Le groupe Human Rights Watch a accusé mercredi les autorités tunisiennes d’avoir empêché des journalistes d’assister à une conférence de presse qu’il organisait sur la situation des droits de l’homme en Tunisie. De source autorisée tunisienne, on a déclaré à Reuters que les autorités avaient coopéré avec le groupe de défense des droits de l’homme, dont le siège est à New York, mais que celui-ci avait adopté une attitude provocante, démontrant son manque de respect des lois tunisiennes. Selon un employé de HRW, la police a encerclé le cabinet d’avocat où devait se tenir la conférence de presse. « Des policiers en civil ont empêché des journalistes et des militants des droits de l’homme de venir au rendez-vous. Seuls un diplomate et trois militants ont pu passer », a déclaré à Reuters cet employé, Eric Goldstein. « Qui peut parler librement en Tunisie quand le gouvernement tente de réduire au silence une organisation internationale de défense des droits de l’homme ? », s’est interrogée dans un communiqué Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Un responsable des autorités tunisiennes, qui a requis l’anonymat, a rejeté les accusations de HWR, dénonçant les « provocations » de l’organisation qui manque selon lui de respect pour la législation et la souveraineté de la Tunisie, alors que ses représentants ont été reçus officiellement et autorisés à organiser des réunions en rapport avec leurs travaux. Le rapport de HRW, qui fait 42 pages, affirme que les détenus libérés des prisons tunisiennes font l’objet d’une surveillance et de menaces s’ils cherchent à exprimer leurs idées sur les droits de l’homme et la politique. Le responsable tunisien qui a parlé à Reuters a dénoncé des mensonges et des inventions destinés à tromper l’opinion publique sur la situation des droits de l’homme dans le pays.  

Human Rights Watch accuse le gouvernement tunisien de « tenter de (le) réduire au silence »


Associated Press, le 24 mars 2010 à 20h21 Par: Bouazza ben Bouazza TUNIS (AP) — L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) a accusé mercredi le gouvernement tunisien de « tenter de (la) réduire au silence » en l’empêchant de tenir une conférence de presse pour présenter son rapport sur « la répression exercée en Tunisie à l’encontre des anciens prisonniers politiques ». Selon un communiqué transmis à l’Associated Press, « les représentants de l’Etat (tunisien) n’ont fourni aucune raison légale à l’appui de cette décision », annoncée à la délégation de HRW composée de la directrice exécutive de la division Moyen-Orient/Afrique du Nord, Sarah Leah Withson, et du directeur de la recherche, Eric Goldstein, en visite à Tunis depuis plusieurs jours. Le gouvernement a réagi en accusant à son tour l’organisation de faire état de « contre-vérités » et d' »allégations fabriquées de toutes pièces ». Les autorités dénoncent, à ce sujet, l’attitude de la délégation de HRW caractérisée selon elles par « des comportements provocateurs qui dénotent un non-respect des lois et de la souveraineté du pays, bien qu’elle ait été reçue par des responsables officiels et rencontré toutes les personnes qu’elle désirait voir ». La conférence de presse devait initialement se dérouler dans un hôtel du centre de Tunis mais, les responsables de l’établissement ayant « prétexté une fuite d’eau » dans la chambre réservée, elle a été déplacée aux bureaux de Me Mohamed Nouri, qui dirige l’association « Liberté et équité » (non reconnue), selon HRW. Cependant, les journalistes n’ont pas pu accéder au cabinet de l’avocat, cerné par un dispositif policier renforcé, et seuls les représentants de HRW y ont été admis, affirme l’organisation, qui ajoute que plusieurs autres hôtels ont retiré leur offre de lui louer une salle. Pour Leah Withson, « la tentative du gouvernement tunisien d’empêcher Human Rights Watch de tenir une conférence de presse montre un manque de respect inquiétant envers la liberté d’expression ». « Qui est libre de s’exprimer en Tunisie lorsque le gouvernement essaie de réduire au silence une organisation internationale de défense des droits humains? », s’interroge-t-elle, en notant que le traitement réservé à HRW « est monnaie courante pour les défenseurs tunisiens des droits humains ». A défaut, HRW envisage de tenir une conférence de presse vendredi matin à Paris sur son rapport sur la Tunisie et « les derniers événements ». Intitulé « une prison plus vaste: répression des anciens prisonniers politiques en Tunisie », le rapport de HRW décrit « l’éventail de mesures répressives, dont beaucoup sont arbitraires, que les autorités tunisiennes imposent aux anciens prisonniers ». « Parmi ces mesures figurent une surveillance et un contrôle étroits, le refus de délivrer des passeports, les menaces de ré-arrêter ceux qui s’expriment sur les droits humains ou la politique et des restrictions de déplacements. »  


Human Rights Watch dénonce la situation d’anciens prisonniers politiques en Tunisie


 
LEMONDE.FR | 25.03.10 | 11h37  •  Mis à jour le 25.03.10 | 13h18
 L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a présenté à Tunis, mercredi 24 mars, son dernier rapport consacré au sort d’anciens prisonniers politiques tunisiens, devant des chaises vides. Selon Eric Goldstein, directeur adjoint de l’équipe Afrique Moyen-Orient de HRW qui se trouvait sur place, « les journalistes ont été empêchés de venir par des policiers en civil  » qui entouraient le cabinet de l’avocat où était prévue la conférence de presse. C’était le seul lieu de rencontre possible, a ajouté M. Goldstein, car  » tous les hôtels avaient retiré leur offre de location de salle ».

 

 

Dans son rapport intitulé « Une prison plus vaste », qui s’appuie sur le témoignage de 33 anciens détenus libérés de 1997 à 2009, identifiés par des photos, HRW dénonce la situation dans laquelle ils se trouvent : « Une surveillance et un harcèlement policier constants, des ordres oraux de la police les confinant dans leur région d’origine, la privation arbitraire de passeports, les pointages exigés aux postes de police qui perturbent la vie quotidienne et les pressions semble-t-il exercées sur les employeurs pour qu’ils n’embauchent pas ces ex-prisonniers. »

DES « PEINES COMPLÉMENTAIRES »

Ces derniers et leur famille sont ainsi « réduits à la pauvreté », assure l’organisation dont le siège est basé à New York. Plusieurs ont déclaré avoir été très souvent suivis dans leur déplacement, voire empêchés de rencontrer de tierces personnes. Sur les trente-trois ex-prisonniers, vingt-six ont reçu des « peines complémentaires » prévues par la loi, qui les obligent à se soumettre à des contrôles administratifs.

La plupart d’entre eux sont soupçonnés d’avoir des sympathies islamistes ou d’avoir été membres du parti An-Nahda, créé en 1988, jamais reconnu légalement, mais toléré jusqu’en 1990.

« Durant leur séjour en Tunisie, les deux chercheurs de HRW ont été parfois sous la surveillance visible d’hommes en civil qui étaient incontestablement des agents de sécurité, souligne également le rapport. Cette surveillance était particulièrement étroite à Sfax, où les policiers en civil ont ouvertement suivi les chercheurs de près à pied et en voiture où qu’ils aillent . »

Mercredi, les autorités tunisiennes ont réagi en dénonçant « une série de mensonges et d’allégations fabriquées visant à induire en erreur l’opinion publique sur les droits de l’homme en Tunisie ». La dernière conférence d’HRW en Tunisie avait eu lieu, sans encombre, en 2005.

Isabelle Mandraud
(Source: lemonde.fr le 25 mars 2010)

Mongi Khammassi ou l’art d’un délateur de devenir dignitaire


par Slim BAGGA A certains égards, beaucoup comprendraient le Général  de renseignement Ben Ali en instituant la médiocratie du 7 novembre, évinçant grâce à une répression sans pareille du jeu politique et associatif ceux qui auraient un mot à dire dans cette vaste prison qu’est devenue la Tunisie en 20 ans. L’opposition-décor n’échappe pas au plan présidentiel de nivellement par le bas. Intéressons-nous aujourd’hui à Mongi Khammassi. L’Ecologie est dans l’air du temps. Et Zinochet nous est présenté quotidiennement comme étant un homme moderne, et même en avance sur son temps. Il lui faut donc un parti vert, les larbins qui lui conviennent ne manquent pas, la Tunisie en grenouille. Il suffit de démontrer ses capacités à moucharder et ses dons d’obséquiosité pour devenir dignitaire d’un régime repoussé et moqué universellement. POLYVALENCE Donc, le cas de Mongi Khammassi est pathétique à plus d’un titre et révèle le refus ou l’impuissance de ce régime abject à récompenser la compétence et le mérite. Aide-soignant à l’hopital de cancérologie Salah Azaiez, fils d’un délégué de Sakiet Sidi Youssef, Mongi Khammassi est bombardé médecin au début des années 2000 lorsqu’il avait réussi à semer la zizanie au sein du Parti social libéral, évinçant son fondateur, l’avocat Mounir Béji. Ce fut alors aussi une grande promotion sociale dans la vie de Mongi Khammassi: il a été en effet recruté par la police politique comme agent et informateur « qualifié ». Dans un régime policier, cela compte beaucoup pour l’ascension future…Chez Ben Ali, c’est même un passage obligé, disons un bizutage… Député d’un parti dit d’opposition et agent de la dictature à ses heures perdues, cela ouvre des perspectives. Surtout qu’un parti, Tunisie verte ayant pour coordinateur Abdelkader Zitouni émerge et ne semble pas vouloir plier l’échine. Centralien de Paris, il ne fait pas l’affaire au sein de la médiocratie; Ben Ali pense alors au caméléon Khammassi. Habillons-le de vert!!! Voilà que le 6 mars 2006, le Parti vert du progrès est baptisé, légalisé, tandis que d’autres se voient opposer la simple remise du récépissé aux marches du ministère de la répression. Les subventions coulent ainsi à flots, et même un terrain sur les berges du Lac que Khammassi revendra 800 000 dinars (400 000 euros). Dieu sait aussi récompenser les siens parmi les policiers …verts. Parmi d’autres facilités présidentielles, l’autorisation de constitution d’une société d’importation de matériels de laboratoires. Le caméléon aux multiples casquettes était, en effet aussi, aide-soignant, rappelons-nous. Il doit donc s’y connaitre en matériel de laboratoire comme Ben Ali lui-même en recettes économiques qui ont sauvé le monde lors de la récession de 2009… LA CONFIANCE REGNE Sauf que voilà: dans des ambassades étrangères ou lors de Congrès internationaux, Mongi Khammassi tient de ces discours qui constitueraient des perles en Europe. En voilà une, et retenez votre souffle: lors d’une discussion à bâtons rompus à l’occasion d’une cérémonie à l’ambassade de France en Tunisie, une attachée de presse lui pose cette inextricable question: « Que pensez-vous de la couche d’ozone? » Et Khammassi de répondre: « Ah, je vous avoue que je ne connais pas cette mer… » (Authentique). Plus serein, il admettra, lors d’un Congrès en Afrique, que son parti ne faisait que de la figuration. Aucune alternance n’est envisageable pour le moment car Ben Ali ne partira que dans le sang » (sic) . Mais cette sérénité d’un instant ne l’empêche pourtant pas de se retrouver au lendemain de la parodie du 25 octobre 2009 député vert avec 5 autres « grands » noms à l’Assemblée: sa propre nièce, sa maîtresse Faten CH., d’origine marocaine auxquels Ben Ali a flanqués trois ventriloques issus du RCD pour que Khammassi ne puisse jamais disposer d’une majorité dans son propre groupe à l’Assemblée. Vive la confiance! En attendant d’évoquer bientôt le cas de Mohamed Inoubli, ce sergent du 2ème bureau, devenu lui aussi dignitaire d’un régime corrompu, laissons à Mongi Khammassi digérer sa situation d’un homme vert…surtout vert de rage…  


Les Français musulmans sont discriminés à l’embauche par rapport aux chrétiens, selon une étude


AP: Jeudi 25 mars, 18h07 Les Français musulmans sont discriminés par rapport à leurs compatriotes chrétiens dans l’accès au marché de l’emploi, et ce, indépendamment de leur origine, selon une étude franco-américaine publiée jeudi qui identifie la religion comme élément-clé dans la discrimination à l’emploi en France. L’étude, menée en 2009 par l’université de Stanford (Californie) en collaboration avec l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, montre « une discrimination considérable à l’égard des musulmans », indépendamment de leur origine géographique, soulignent les auteurs. Elle a consisté en un testing sur CV, qui a permis de comparer le nombre d’entretiens d’embauche proposés à deux candidates françaises originaires du Sénégal, l’une chrétienne et l’autre musulmane. Trois CV comparables ont été envoyés à 300 entreprises ayant publié une offre d’emploi dans le domaine du secrétariat et de la comptabilité: l’un portait un nom et un prénom typiquement français (Aurélie Ménard), les deux autres un nom typiquement sénégalais (Diouf), mais un prénom catholique dans un cas (Marie) et un prénom musulman (Khadija) dans l’autre. Le CV de Khadija mentionne qu’elle a travaillé au Secours islamique; celui de Marie qu’elle a travaillé au Secours catholique. A l’exception de cette affiliation religieuse, les CV des trois candidates fictives coïncidaient en tous points (genre, âge, formation et expérience professionnelle identiques, et lieu de résidence socialement comparable). Pour ne pas éveiller la suspicion des recruteurs, les CV ont été envoyés par paires: Aurélie Ménard/Marie Diouf dans un cas, Aurélie Ménard/Khadija Diouf dans l’autre. « L’analyse du taux de réponse (des entreprises) a permis d’établir que la candidate française d’origine sénégalaise au prénom chrétien avait 2,5 fois plus de chances d’être contactée par l’employeur que la candidate française d’origine sénégalaise au prénom musulman », relève l’étude. La candidate de référence, Aurélie Ménard, a quant à elle reçu le même taux de réponses positives dans les deux séries d’envois. « Il ne fait aucun doute que la discrimination à l’encontre des musulmans freine leur intégration sociale et économique en France », constate dans un communiqué le directeur de l’étude, David Laitin, professeur de sciences politiques à Stanford. Ainsi, l’étude montre que les ménages musulmans ont un revenu mensuel inférieur de 400 euros en moyenne à celui des chrétiens, et ce, indépendamment de facteurs tels que le sexe du chef de famille, son niveau d’éducation ou sa nationalité. « Il se peut que cette différence de revenu s’explique en partie par la discrimination à l’embauche dont souffrent les musulmans », souligne l’étude. AP
 

 

Le Conseil des droits de l’Homme condamne l’islamophobie


AFP, le 25 mars 2010 à 16h09  GENÈVE, 25 mars 2010 (AFP) – Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté jeudi à une courte majorité une résolution condamnant l’islamophobie et le « profilage ethnique et religieux des minorités musulmanes » ainsi que l’interdiction des minarets. Le texte sur « la diffamation des religions », proposé par le Pakistan au nom de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), a été adopté à une courte majorité de 20 voix contre 17. Huit des 47 pays siégeant au Conseil se sont abstenus. L’Union européenne et les Etats-Unis, qui se sont fortement opposés à cette adoption, ont qualifié la résolution d' »instrument de division ». « Le droit international en matière de droits de l’homme protège les individus dans l’exercice de leur liberté de religion ou de conviction. Il n’a pas et ne devrait pas protéger des systèmes de croyances », a expliqué avant le vote l’ambassadeur de France Jean-Baptiste Mattéi, qui s’exprimait pour le bloc européen. La résolution a été défendue par l’ambassadeur pakistanais Zamir Akram, qui a estimé qu’elle était destinée à « protéger contre l’antisémitisme, la christianophobie et l’islamophobie ». « Des références spécifiques à l’islam et aux musulmans reflètent une situation regrettable dans certaines parties du monde où les Musulmans sont ciblés », a-t-il ajouté. La résolution exprime ainsi une « vive inquiétude » à propos de « l’intensification de la campagne de diffamation des religions et de l’incitation à la haine religieuse en général, notamment du profilage ethnique et religieux des minorités musulmanes depuis les tragiques événements du 11 septembre 2001 ». En outre, elle « condamne énergiquement (…) l’interdiction de construire des minarets et d’autres mesures discriminatoires prises récemment », dans une allusion claire à la Suisse où un référendum en ce sens a été tenu le 29 novembre. Celles-ci constituent des « manifestations d’islamophobie profondément contraires aux obligations internationales découlant des droits de l’Homme en ce qui concerne la liberté de religion », ajoute le texte.  


Turkey’s AK Party snubs judges ahead of charter bill


    * Reform could be presented to parliament as early as Monday     * Deputy PM says senior judiciary sound like opposition     * Govt official skips key judges meeting for second time
Reuters, le 25 mars 2010 à 15h38         By Simon Cameron-Moore     ISTANBUL, March 25 (Reuters) – ISTANBUL, March 25 (Reuters) – Turkish government officials skipped a key meeting of senior judges on Thursday, stoking political tensions days before the Islamic-leaning ruling party was due to present constitutional changes to parliament. The government plans to table reforms, possibly as early as Monday, to overhaul the judiciary, change the way judges are appointed, make it harder to ban political parties, and make members of the armed forces accountable to civilian courts. The measures are unlikely to be voted on until late April, and Prime Minister Tayyip Erdogan has warned that he will call a referendum if the government fails to get the two-thirds majority needed in parliament to amend the constitution. Strains between Erdogan’s AK party, whose roots lie in political Islam, and Turkey’s old secular elites in the judiciary and military have been building for weeks, and judges this week joined a chorus of opposition to the reforms. The latest sign of bad blood was given on Thursday after the Judges and Prosecutors Supreme Board (HSYK) was forced to cancel a meeting for the second time this week because a Justice Ministry undersecretary failed to turn up. The board, a target of government reform because of its responsibility for the appointment of judges and prosecutors, issued a statement saying it had been told that the official had gone to a funeral and no one was available to deputise. The undersecretary had walked out of a meeting on Tuesday, saying he objected to a proposed agenda on new appointments at a time when the government was planning to change the system. ‘The undersecretary is a natural member of the board, no-one should have the right to call off meetings,’ the head of the HSYK, Kadir Ozbek, said on Wednesday. REDUCE INDEPENDENCE ON JUDICIARY ‘I find it very strange that high court officials’ comments on the reforms are this similar with the leaders of opposition parties,’ Deputy Prime Minister Bulent Arinc said, according to state-run Anatolian news agency. ‘Unfortunately, this is how the judiciary stands in this country.’ The detention a month ago of dozens of senior military officers suspected of planning a coup in 2003 sent shockwaves through the NATO member country where the military has enjoyed a virtually untouchable status in the past. Attention has since switched to the government’s face-off with the senior judiciary, which in the worst case scenario could lead to a replay of a crisis seen in 2008, when the chief prosecutor narrowly failed to ban the AK on charges the party’s Islamist links violated Turkey’s secular constitution. The government argues the reforms adhere to democratic norms needed to support a bid for membership of the European Union, but critics say the moves would reduce the independence of the judiciary. The potential for Turkey to slide into a political crisis has set investors on edge, though aside from a slight weakness in the lira currency, Turkish markets have shown resilience. Regarded as investor-friendly, the AK is aiming for a third term in power in elections due by July 2011. Opponents fear the AK has a long term Islamist agenda, though the party denies any such plans. Although Turkey has seen four coups in the last 50 years, most people believe chances of another have become more remote as the military is less powerful than earlier thanks to reforms undertaken to support the country’s EU bid. REUTERS

Pour la première fois, le rythme de déforestation recule dans le monde (FAO)

 


AFP, le 25 mars 2010 à 13h50 ROME, 25 mars 2010 (AFP) –  – « Pour la première fois », le rythme de déforestation a reculé au cours des dix dernières années dans le monde même si certains pays maintiennent des taux « alarmants » notamment en Afrique et en Amérique du Sud, a indiqué jeudi la FAO dans son rapport quinquennal. « Pour la première fois, nous sommes en mesure de montrer que le taux mondial de déforestation a régressé grâce à des efforts déployés de façon concertée », a déclaré Eduardo Rojas, sous-directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en présentant à la presse l' »Evaluation des ressources forestières mondiales 2010″. Sur une superficie totale de 4 milliards d’hectares, la déforestation a entraîné la perte brute de 13 millions d’hectares de forêts par an entre 2000 et 2010, alors que ce chiffre s’élevait à 16 millions dans les années 1990. La perte nette annuelle représente 5,2 millions d’hectares, contre 8,3 millions dans les années 1990, indique le rapport. Ce recul est en grande partie dû « aux programmes de boisement de grande envergure » mis en oeuvre par certains Etats, particulièrement en Asie où la FAO a observé « un gain net d’environ 2,2 millions d’hectares par an durant la dernière décennie ». La Chine, l’Inde et le Vietnam « ont augmenté leurs superficies boisées de près de 4 millions d’hectares par an ». Le Brésil, abritant la forêt amazonienne, se situe également sur la bonne voie avec des pertes à hauteur de 2,6 millions d’hectares par an dans la dernière décennie, contre 2,9 millions précédemment. Les superficies boisées sont restées « stables » en Amérique du Nord et Centrale. En Europe, elles ont « continué à s’étendre, quoiqu’à un rythme plus lent », indique le rapport. « Le taux de déforestation demeure toutefois très élevé dans de nombreux pays », a précisé Eduardo Rojas. C’est le cas en Amérique du Sud et en Afrique qui enregistrent « les plus fortes pertes annuelles nettes de forêts entre 2000 et 2010 », « respectivement 4 et 3,4 millions d’hectares ». Malgré le recul du taux de déforestation, Mette Loyche Wilkie, la coordinatrice de l’Evaluation de la FAO, prévient: « Nous devons regarder vers l’avenir car les grands programmes de plantation en Chine, Inde et Vietnam, représentant l’essentiel des gains récents de terres boisées, devraient s’achever en 2012 ». Il faut donc « mettre en place des mesures efficaces et permanentes de réduction des taux actuels de déforestation », « faute de quoi nous risquons d’assister au brusque retour des taux élevés de pertes nettes de forêts », souligne-t-elle. « Les forêts jouent un rôle important dans l’atténuation du changement climatique et constituent un immense puits de carbone », rappelle-t-elle pour appuyer la nécessaire mise en application de telles mesures.

 

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