24 août 2007

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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2649 du 24.08.2007

 archives : www.tunisnews.net

 

C.R.L.D.H. Tunisie: Refoulement de Maître Mohamed ABBOU de l’aéroport de Tunis- Carthage Reporters sans frontières: Tunisie:Un journaliste d’une chaîne de télévision privée agressé par des policiers en civil Communiqué de la FTCR aux sans-papiers à Lille AP: Le président tunisien pour une « approche globale » dans la lutte contre le terrorisme AP: Un parti d’opposition dénonce les « entraves » des autorités tunisiennes le blog « Mouwaten Tounsi » : Allocution du 6 avril 2004 de Bertrand Delanoë lors de l’inauguration de l’esplanade Habib Bourguiba. Qantara.: Interview mit Mohammad Abbou: AFP: Peres rassure Erdogan après qu’un lobby juif évoque le « génocide » arménien Belfast Telegraph: Belfast mum dies in hols swimming pool tragedy Réalités : Rumeurs sur la vente de Hannibal TV : Larbi Nasra rompt le silence Réalités : Grande polémique autour d’un concours : La paix pourra attendre …


C.R.L.D.H. Tunisie Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme 21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34 contact@crldht.org / www.crldht.org

Refoulement de Maître Mohamed ABBOU de l’aéroport de Tunis- Carthage

Maître Mohamed ABBOU, avocat et défenseur des droits humains, libéré depuis quelques semaines après 30 mois d’incarcération arbitraire, vient d’être refoulé et interdit de voyager à Londres où il doit se rendre, aujourd’hui, le vendredi 24 août 2007, pour enregistrer une émission dans les studios londoniens de la Chaîne satellitaire Al-Jazira  sur la liberté d’expression et les droits de l’homme. Au moment de passer les douanes, la police de l’air et des frontières l’a prévenu de l’impossibilité de quitter le pays sous prétexte que sa libération était conditionnelle et qu’il ne peut voyager sans l‘accord du juge et du tribunal qui l’ont condamnés ! Quelques jours avant, le couple ABBOU a été victime d’un détournement de fonds lorsque Front Line, une fondation internationale pour la protection des défenseurs des droits humains, effectue un virement d’un montant de 3700 Dinars tunisiens destinés à couvrir les frais du voyage  pour un séjour à Paris. Le couple ABBOU s’es présenté le 21 août au bureau de poste principal de Tunis pour entendre dire que la somme a déjà été retirée le samedi 18 août  à 8h05 du matin ! Le CRLDT s’élève contre l’atteinte au droit fondamental à la circulation qui vient de frapper Maître ABOU après avoir été lourdement puni pour son engagement en faveur des libertés et la défense des droits. Il s’indigne contre de telles méthodes visant à priver des défenseurs de leur liberté d’expression et assure Me ABBOU et son épouse Samia de son soutien et de son engagement total  pour défendre, à leurs cotés, la liberté et la dignité des tunisiens. Paris, le 24 août 2007.


 
Reporters sans frontières Communiqué 24 août 2007 Tunisie

Un journaliste d’une chaîne de télévision privée agressé par des policiers en civil Mohammed Abbou empêché de quitter le territoire et volé

 
Reporters sans frontières est indignée par l’agression dont a été victime Aymen Rezgui, journaliste de la chaîne de télévision satellitaire privée Al-Hiwar Attounsi, le 24 août 2007, en plein centre-ville de Tunis. Le jour même, l’avocat Mohammed Abbou n’a pas été autorisé à se rendre à Londres, où il devait être interviewé par la chaîne Al-Jazira. « Cette nouvelle agression témoigne de la volonté réelle des autorités tunisiennes d’empêcher les journalistes indépendants de travailler. A l’instar d’Aymen Rezgui, ces journalistes sont sans cesse surveillés et harcelés. Ce n’est pas la première fois qu’il se fait agresser et confisquer son matériel. C’est d’autant plus révoltant que cet incident s’est produit en plein jour, devant de nombreux témoins », a dénoncé l’organisation. « Par ailleurs, nous demandons aux autorités tunisiennes de mettre fin à leur acharnement contre l’avocat Mohammed Abbou, libéré il y a un mois après avoir injustement passé près de deux ans et demi en prison. Cet homme continue d’être puni pour sa liberté de ton », a ajouté Reporters sans frontières. Aymen Rezgui sortait d’une conférence de presse tenue par le Parti démocrate progressiste (PDP) dans ses locaux en plein centre-ville, lorsqu’il a été agressé par une dizaine de policiers en civil. Il a été blessé à la main. Sa caméra ainsi que toutes ses notes ont été confisquées. Le PDP dénonçait la volonté des autorités tunisiennes d’entraver ses activités légales, en particulier le rassemblement des jeunes du parti prévu les 25 et 26 août prochain, en lui interdisant l’accès et l’utilisation des espaces publics. Le directeur d’Al-Hiwar Attounsi, Tahar Ben Hassine, avait confié, il y a peu, à Reporters sans frontières, ses craintes quant à une éventuelle agression. Les 15 et 16 août 2007, des policiers s’étaient rendus à son domicile et avaient interrogé sa femme de ménage. M. Ben Hassine souhaitait porter plainte pour « tentative d’intrusion ». Dans une autre affaire, l’avocat Mohammed Abbou s’est rendu, le 24 août 2007, à l’aéroport de Tunis-Carthage pour embarquer vers la Grande-Bretagne afin d’enregistrer une émission sur la liberté d’expression et les droits de l’homme en Tunisie, dans les studios londoniens de la chaîne satellitaire Al-Jazira. L’avocat, en liberté conditionnelle, a été informé par les autorités qu’il était “interdit de voyage”. Selon Me Abbou, aucune disposition légale ne justifie cette interdiction. Dans une déclaration à l’Agence France-Presse, le 22 août dernier, l’avocat avait révélé ses craintes de ne pas être autorisé à quitter le territoire après qu’une importante somme d’argent, qui lui était destinée pour un prochain déplacement en France, envoyée par l’organisation de défense des droits de l’homme Frontline, via Western union, avait mystérieusement disparu. Reporters sans frontières rappelle que le président Zine el-Abidine Ben Ali est l’un des 34 prédateurs de la liberté de la presse.

Communiqué de la FTCR aux sans-papiers à Lille  

La fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives suit avec beaucoup d’inquiétude  l’évolution de la grève de la faim entamée depuis le 15 juin dernier par les sans-papiers à Lille. La FTCR qui n’a cessé d’appeler à la régularisation de tous les sans papiers, apporte un soutien indéfectible aux sans-papiers grévistes de la faim, au CSP 59 et à tous les militants engagés dans cette cause. Elle s’insurge contre les pratiques dégradantes subies par les grévistes de la faim et les méthodes musclées et inhumaines employées par les forces de police à Lille sous l’égide du préfet Daniel CANEPA, conformément à la politique du président Sarkozy et de son gouvernement. La FTCR exige l’arrêt des interpellations des grévistes de la faim, la libération de ceux qui ont été conduits dans des lieux d’enfermement aisi que l’arrêt des expulsions. La FTCR considère que la seule issue à même d’éviter des conséquences dramatiques est la régularisation de tous les sans papiers concernés et en particulier les grévistes de la faim. Elle fait porter la responsabilité de toute évolution négative à l’entêtement des autorités préfectorales. La FTCR réitère son  soutien aux grévistes de la faim et appelle à une régularisation de tous les sans papiers. Paris le 22.8.07

Le président tunisien pour une « approche globale » dans la lutte contre le terrorisme

Associated Press, le 23 août 2007 à 19h47
TUNIS (AP)– Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a appelé jeudi à « hâter la tenue d’une conférence internationale, sous l’égide de l’ONU, en vue de l’adoption d’un code de conduite en matière de lutte contre le terrorisme qui soit contraignant pour tous les Etats ». Dans une interview accordée à la revue libanaise « Al-Hawadeth » et diffusée par l’agence de presse tunisienne TAP, il estime impératif pour la communauté internationale de redoubler d’efforts pour apporter « des solutions communes à l’ensemble des problèmes » engendrés par « l’aggravation des périls de l’extrémisme et du terrorisme ». Face à ce fléau, le président tunisien plaide pour « une approche globale qui ne se limiterait pas aux seules dimensions sécuritaires, mais qui engloberait les dimensions économiques, sociales, culturelles, éducatives et politiques ». Selon lui, « tout dysfonctionnement qui affecterait l’une de ces dimensions ne pourrait qu’alimenter l’extrémisme et le terrorisme ». A ses yeux, la lutte contre ce phénomène « commande d’éradiquer la pauvreté dans le monde et d’œuvrer à combler la fracture économique et cognitive entre les Etats du Nord et ceux du Sud et à diffuser les valeurs de tolérance et de concorde ». Au plan politique, il juge nécessaire de rechercher des « solutions équitables aux problèmes en suspens (…) à l’origine de tant de foyers de tension et de conflits générateurs de sentiments d’impuissance et d’humiliation de nombreux peuples », allusion au conflit israélo-arabe et à l’Irak. « Il est temps de dépasser le scénario de l’antagonisme entre l’Orient et l’Occident et rompre avec les malentendus accumulés entre les civilisations et les religions », ajoute le président Ben Ali. Un tel dialogue « est nécessaire pour corriger notre image en tant qu’arabes et musulmans et de la débarrasser des séquelles d’une méconnaissance de notre civilisation, de notre culture et de notre religion, laquelle s’accompagne parfois de comportements et d’attitudes qui heurtent notre sensibilité », déplore-t-il. Associated Press


Un parti d’opposition dénonce les « entraves » des autorités tunisiennes

 AP – Vendredi 24 août, 19h44 TUNIS – Un parti de l’opposition légale en Tunisie a accusé vendredi le gouvernement d’avoir entravé l’organisation d’un séminaire de jeunes qui devait se tenir dans un village touristique dans la banlieue sud de Tunis. Lors d’une conférence de presse, Maya Jribi, secrétaire générale du parti démocratique progressiste (PDP), a fait état de « pressions » exercées sur la société propriétaire de cet espace, qui ont conduit à l’annulation du contrat signé avec le PDP, sous prétexte de travaux devant être effectués sur les lieux. Elle a mis en garde contre « la gravité » de telles entraves et contre les conséquences qui peuvent en découler en entraînant les jeunes vers les courants de l’extrémisme et de la violence. Selon elle, de telles « mesures oppressives » qui ont affecté d’autres structures de la société civile, telle que l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), « visent à étouffer toute voix indépendante ». « Nous élevons une protestation énergique contre ces pratiques », a-t-elle déclaré. Les autorités rejettent ces accusations, en assurant que « les huit partis légaux ne font l’objet d’aucune restriction dans leurs activités dans leurs sièges ou dans leurs médias ». AP

 


Tunisie: visite privée de Silvio Berlusconi chez le président Ben Ali (Ansa)

 
AFP, jeudi 23 août 2007
ROME – L’ancien premier ministre italien Silvio Berlusconi a quitté jeudi matin la Sardaigne où il passait ses vacances pour se rendre en Tunisie afin d’y rencontrer le président Zine El Abidine Ben Ali, a indiqué l’agence italienne Ansa.    Selon l’agence il s’agirait d’une visite privée, M. Berlusconi étant un ami de longue date du président tunisien. L’actuel chef de l’opposition italienne a été au pouvoir à deux reprises en 1994 puis de 2001 à avril 2006. AFP

Allocution du 6 avril 2004 de Bertrand Delanoë lors de l’inauguration de l’esplanade Habib Bourguiba.

 
« Il y a quatre ans disparaissait celui que l’Histoire a, de son vivant, érigé en fondateur de la nation tunisienne. Nous reviennent à l’esprit les mots prononcés en 1973 par Habib Bourguiba : “D’une poussière d’individus, d’un magma de tribus, de sous tribus, tous courbés sous le joug de la résignation et du fatalisme, j’ai fait un peuple de citoyens.” Des paroles fortes qui identifient un rôle, une oeuvre et un parcours uniques dans le siècle. Retracer le destin d’Habib Bourguiba, c’est évoquer la figure du leader charismatique, celui qui fait l’Histoire. Et, dans ce cheminement hors du commun, Paris occupe une place particulière. C’est en effet dans notre capitale que le jeune étudiant à la Sorbonne et à l’École libre des sciences politiques a acquis les armes intellectuelles et idéologiques propres à nourrir le futur homme d’État. Venu avec l’ambition déclarée « d’étudier le droit en vue de combattre le protectorat », Habib Bourguiba, à 20 ans, s’est donné les moyens de son rêve d’indépendance. C’est aussi à Paris qu’il rencontra Mathilde, sa première épouse. Et comment oublier que ce séjour parisien lui offrit l’occasion de cultiver sa passion pour les auteurs français, Vigny, Hugo ou Bergson ? Sans doute, déjà, peut-on déceler les ressorts de la dualité qui caractérise son rapport à notre pays : il sera un militant inlassable de la décolonisation, mais demeurera un admirateur sincère et enthousiaste de la France universelle, épris de ses poètes, de ses écrivains, de sa culture. Ainsi, lorsqu’il retrouve son pays natal, en 1927, il ne peut que mesurer le décalage cruel entre les principes enseignés à Paris et la pratique effective du protectorat. Ce constat stimule, plus que jamais, le dessein qu’il nourrit : servir l’émancipation de son peuple. Très tôt, en effet, il acquiert la conviction que l’indépendance de la Tunisie est inéluctable, même si son horizon paraît alors lointain. Lucide, intuitif, il perçoit aussi très vite l’inefficacité du « Destour », le parti libéral constitutionnel, qu’il juge inadapté à cette ambition. Assumant la dissidence, il fonde donc le Néo-Destour. Cette jeune formation est moins élitiste, plus populaire. Elle n’est plus seulement urbaine, mais s’ouvre aux campagnes. Surtout, et c’est la marque fondamentale du bourguibisme, elle rejette la logique du “tout ou rien” et s’inscrit dans une démarche par étapes, en acceptant la négociation avec la puissance coloniale. Dès 1931, le “Combattant suprême” résumait cette stratégie dans le journal La Voix du Tunisien : “Le contact d’une civilisation plus avancée détermine pour le peuple tunisien une réaction salutaire. Une véritable régéné ration se produit. Grâce à une judicieuse assimilation des principes et des méthodes de cette civilisation, il arrive fatalement à réaliser par étapes son émancipation définitive.” La marche vers l’indépendance est ainsi pensée très tôt : elle sera l’oeuvre du peuple, progressant pas à pas, au rythme des compromis, de la lutte et même des sacrifices. Durant vingt ans, en effet, Bourguiba affrontera toutes les exigences du combat. Assigné à résidence dès le milieu des années 1930, libéré sous le Front populaire puis de nouveau emprisonné en 1938, il est livré par le gouvernement de Vichy à Mussolini, qui espérait ainsi affaiblir la résistance en Afrique du Nord. Terribles années, dominées par l’intensité de l’affrontement, mais aussi par le sens des valeurs et de l’Histoire. En dépit de son opposition à la colonisation, Bourguiba condamne les fascismes et, dès le 8 août 1942, lance un appel à soutenir les troupes alliées contre les forces de l’Axe. De sa prison, il écrit : “L’Allemagne ne gagnera pas et ne peut gagner la guerre. L’ordre est donné aux militants d’entrer en relation avec les Français gaullistes en vue de conjuguer notre action clandestine. Notre soutien doit être inconditionnel. C’est une question de vie ou de mort pour la Tunisie.” Et ces propos prennent un relief particulier en ce lieu où se trouve le monument à la mémoire des soldats tombés pendant la campagne de Tunisie, en 1942-1943. Une fois la guerre terminée, le combat reprend. D’abord sur la scène internationale. Du Caire, où il réside, jusqu’au siège des Nations unies, Bourguiba s’impose comme le porte-parole et le théoricien inspiré de la cause tunisienne. Mais, conscient que la liberté ne se gagne que de l’intérieur, il rentre en Tunisie en 1949. Après les révoltes de 1952, son parti est interdit, et lui-même condamné à l’exil. Alors que la marche vers l’indépendance semble brutalement interrompue, une rencontre décisive va restaurer l’espoir. Car à la conviction de Bourguiba fait écho l’esprit éclairé de Pierre Mendès France. Le 31 juillet 1954, celui-ci annonce que la France reconnaît l’autonomie interne de la Tunisie. L’Histoire s’accélère alors. Le gouvernement tunisien engage des pourparlers avec la France qui débouchent sur le protocole d’accord du 20 mars 1956. La Tunisie est indépendante et souveraine. Le 25 juillet 1957, Bourguiba en devient le premier président de la République. Victoire de la raison arrachée dans le tourbillon enflammé des événements… En contournant les haines et les blessures irréversibles, en écartant les logiques de vengeance, Bourguiba a ouvert à son pays la porte de l’avenir, tout en préservant ses liens avec la France. Des liens, en vérité, essentiels à ses yeux. Et un héritage précieux que résume magnifiquement Jean Lacouture : “Habib Bourguiba, dit- il, ce sage aux manières d’agité méditerranéen, dont le possibilisme lyrique fonda un État et aurait peut-être pu, pris pour modèle, éviter la guerre d’Algérie.” Des liens que Bourguiba s’attachera toujours à faire vivre. Il deviendra ainsi, à l’instar d’un Léopold Sédar Senghor, son ami, l’un des plus ardents défenseurs de la Francophonie, veillant à maintenir l’enseignement de notre langue dans les écoles tunisiennes. Dès son accession au pouvoir, Bourguiba s’applique à parachever la souveraineté nationale et à faire entrer la Tunisie dans la modernité. Ses convictions, sa volonté, son prestige lui permettent de bousculer tabous et conservatismes. Les réformes se succèdent : affirmation d’un État laïc ; généralisation de l’enseignement comme levier contre le sous-développement ; amélioration de la santé publique ; et, surtout, émancipation des femmes. “Ce que j’ai fait pour la femme, dira-t-il en 1972, demeure la fierté de mon oeuvre.” Seize ans auparavant, il avait en effet promulgué un code du statut personnel très avant-gardiste, interdisant la polygamie, remplaçant la répudiation par une procédure de divorce et fondant le mariage sur le consentement mutuel. Un an après, il accordait le droit de vote aux femmes, légalisait la contraception en 1961, puis l’interruption volontaire de grossesse, en 1967 – longtemps, donc, avant de nombreux pays européens, dont le nôtre. C’est une véritable révolution pour le statut des Tunisiennes qui fut ainsi engagée. Et un progrès dont beaucoup de femmes à travers le mo nde sont encore, cinquante ans plus tard, tenues à l’écart. C’est aussi un formidable héritage qu’il lègue à notre époque, sous forme d’un message adressé à travers le temps aux faussaires de la religion, aux tenants de l’obscurantisme. Pionnier et visionnaire, Bourguiba le fut aussi comme grande figure du monde arabe. Il utilise ce statut et son prestige au service d’une idée-force : conquérir la paix au Proche-Orient comme la Tunisie avait conquis son indépendance. Dans le fracas des passions, il est le premier à prôner la sagesse et le réalisme. À Jéricho, en 1965, il affirme ainsi, contre Nasser, que “la politique du tout ou rien n’a mené la Palestine qu’à la défaite”. Il ose les mots de paix et de coexistence. Vision empreinte de pragmatisme et d’intelligence. Mais conception, aussi, inséparable d’une indéfectible fidélité à la cause palestinienne, symbolisée par l’arrivée, en août 1982 – après l’invasion du Liban par Israël –, de bateaux militaires français conduisant Yasser Arafat et ses partisans jusqu’au port de Bizerte. Indépendance, paix et progrès : telles sont les ambitions qui ont inspiré une vision sans cesse en mouvement, et des actes mémorables, même si la longue présidence de Bourguiba s’acheva malheureusement dans la confusion. Rarement l’identification entre un chef d’État et une nation n’est apparue aussi forte. Bourguiba a été la Tunisie, il a incarné sa naissance, sa souveraineté, son développement. Aujourd’hui, en ce jour anniversaire de sa mort, c’est donc à cet homme d’État d’exception que Paris rend hommage. Parce qu’il fut l’un des acteurs majeurs du siècle dernier ; parce qu’il sut éviter une cruelle tragédie dans notre histoire commune ; parce que nous lui devons les liens amicaux, fraternels et pacifiques institués entre nos peuples ; parce que les Tunisiens, au sein de notre communauté parisienne, apportent une richesse précieuse à l’identité de notre ville, il nous revenait d’inscrire son nom dans la mémoire collective de notre cité. Paris l’honore aujourd’hui, et, au-delà, marque son profond attachement à la Tunisie, à son peuple, à son avenir. […] Puisse sur cette esplanade résonner la modernité des mots que Bourguiba prononçait, il y a cinquante ans : “Mon vœu le plus cher est que les musulmans vivent dans une communion des cœurs encore plus étroite, que les dirigeants réalisent entre eux une meilleure compréhension et combattent tous les complexes – d’infériorité ou de supériorité – qui risqueraient de nous précipiter dans une catastrophe, ce que nous pouvons sûrement éviter grâce à un recours incessant à la raison et à l’intelligence.” Que tous les promeneurs de ce lieu sachent que, irrigué de ces sages principes, bat ici, avec confiance, le cœur de l’amitié entre les peuples de Tunisie et de France. » (Source : le blog « Mouwaten Tounsi », le 22 août 2007) Lien : http://mouwatentounsi.blogspot.com/


 

Interview mit Mohammad Abbou:

 

« Das tunesische Volk setzt auf Versöhnung!

Der Menschenrechtler und Rechtsanwalt Mohammad Abbou wurde im April 2005 zu dreieinhalb Jahren Haft verurteilt, nachdem er hatte die Praxis der Folter in Tunesien kritisiert hatte. Jetzt kam er nach der Intervention des US-Außenministeriums und des französischen Präsidenten frei. Zunächst einmal: Wie haben Sie die Begnadigung durch den tunesischen Präsidenten und die Haftentlassung aufgenommen? Mohammad Abbou: Das war keine Begnadigung durch den Präsidenten, wie es von einigen behauptet wird. Der Haftentlassung lag ein polizeilicher Beschluss zugrunde. Außerdem wurde dieser Beschluss erlassen, nachdem ich mehr als zwei Drittel der Haftzeit verbüßt habe. Meine Haftentlassung verdanke ich nicht den tunesischen Behörden, die mich weiterhin in Haft behalten wollten, um sich an mir und an all den unabhängigen Menschen, die für meine Freiheit gekämpft hatten, zu rächen. Es sind meine Anwaltskollegen, die gleich nach meiner Verschleppung und meiner Überstellung ins Gefängnis am 1. März 2005 eine große Kampagne für meine Entlassung lostraten. Die hatte sich auf weite Teile der tunesischen und der internationalen Zivilgesellschaft ausgeweitet. Viele tunesische und internationale Organisationen hatten sich über zwei Jahre für meinen Fall eingesetzt, bis ich meine Freiheit wieder bekam. Haben Sie davon erfahren, dass sich am Ende der französische Präsident für Ihre Freilassung einsetzte? Abbou: Ich habe dies erfahren. Deshalb nutze ich diese Gelegenheit, ihm, all den französischen Organisationen und dem französischen Volk meinen Dank auszusprechen. Außerdem möchte ich dem US-Außenministerium danken, das in einem offiziellen Schreiben meine Entlassung forderte. Die US-Botschaft in Tunesien hatte sich intensiv für mich eingesetzt. Zudem gilt mein Dank den internationalen Rechtsorganisationen, die mich vorbehaltlos verteidigt haben. Weiter möchte ich den gewissenhaften Menschen aus vielen Medienanstalten weltweit danken, die geholfen haben, den verfälschten Diskurs der tunesischen Regierung aufzudecken. Befürchten Sie nicht, dass die tunesische Regierung Sie – wie viele andere Oppositionelle – beschuldigt, im Ausland um Unterstützung nachgesucht zu haben? Abbou: Ich möchte eins klarstellen: Wenn tunesische Bürger keine staatliche Institutionen anrufen können, um ihre Rechte schützen und Gerechtigkeit walten zu lassen, und wenn besagte Institutionen instrumentalisiert werden, um politische Gegner kalt zu stellen und die Bürger ihrer Rechte zu berauben, dann muss es einen Ausweg aus einem solchen Missstand geben. In solch einer Situation befanden schon Philosophen, dass ein Volk das Recht habe, Widerstand gegen die Diktatur zu leisten. Wir wollten aber nicht, dass Tunesien in Gewalt und Anarchie versinkt. Das tunesische Volk setzt bekanntermaßen auf Versöhnung, auch wenn ihm die Demokratie vorenthalten wird, und dies obwohl es alle Voraussetzungen erfüllt, um in einer Demokratie zu leben. Für uns kommt keine andere Alternative als der friedliche Widerstand in Frage. Allerdings unterdrückt die tunesische Regierung jedwede Form des friedlichen Widerstands. Vor diesem Hintergrund bin ich keineswegs beschämt darüber, dass die Partner Tunesiens Druck ausüben, um einen Ausweg herbeizuführen. In diesem Fall geht es darum, die tunesische Regierung zu verpflichten, ihren Bürgern die ihnen zustehenden Rechte zu garantieren, die Verfassung und die damit einhergehenden Freiheiten zu respektieren sowie die internationalen Verträge einzuhalten, die Tunesien unterzeichnete. Ich muss aber deutlich machen, dass besagter Druck seitens der Partner Tunesiens darauf beschränkt bleiben muss, Verfassungs- und Gesetzesbrüche sowie die Verletzung der Würde der Tunesier zu unterbinden. Wir lehnen jede mögliche ausländische Einmischung ab, die der tunesischen Regierung etwas vorschreiben könnte, was der tunesischen Politik zuwiderläuft, unter der Voraussetzung, dass sie den Interessen des tunesischen Volkes entspricht. Können Sie uns einen Eindruck von den Haftbedingungen geben? Abbou: Ich habe schwierige Zeiten durchgemacht. Am 19. März 2006 trat ich in den Hungerstreik und forderte, dass man mich in eine Gefängniszelle zusammen mit den gewöhnlichen Häftlingen verlegt, weil die Regierung behauptete, dass es in Tunesien keine politischen Häftlinge gebe. Deshalb wollte ich wie jeder andere Häftling behandelt werden. Meiner Forderung wurde jedoch nicht entsprochen. Stattdessen wurde ich damit bestraft, dass man mich mit Gewalt in die gleiche Zelle zurückbrachte. Am 9. Tag des 25-tägigen Hungerstreiks wurde ich trotz meines sich verschlechternden Gesundheitszustandes gezwungen, die Zelle zu verlassen, um bei der täglichen Zählung der Häftlinge anwesend zu sein. Auch der Gefängnisarzt, an den ich mich deswegen gewandt hatte, behauptete in Anwesenheit der Gefängniswärter, dass mein Gesundheitszustand dadurch nicht beeinträchtigt werde. Dies war unethisch und äußerst inhuman. Außerdem verzichtete ich aus Solidarität mit den übrigen Häftlingen, die in Zellen ohne Matratzen einsaßen, auf meine eigene Matratze, was mir jedoch Nierenbeschwerden verursachte. Dieses Problem wäre ziemlich einfach zu beheben gewesen, wenn man meiner Bitte gefolgt wäre. Doch mein Gesuch wurde abgeschmettert. So musste ich auf diese schmerzhafte und ungesunde Weise ein Jahr und vier Monate schlafen. Ich wünsche mir, dass derartige Praktiken gegenüber der tunesischen Bevölkerung aufhören. Sie verdient einen würdevolleren Umgang. Gab es während Ihrer Haft Versuche seitens der Behörden, Sie zur Stellung eines Gnadengesuchs zu bewegen und Ihnen den Artikel, der letztlich der Grund für Ihre Verhaftung war, zu verzeihen? Abbou: Solche Versuche unternahmen Personen, die den Behörden nahe standen. Auch ein Mithäftling war von den Behörden damit beauftragt worden. Es gab auch weitere niederträchtige Versuche, die stets an meine Haftentlassung geknüpft wurden. Ich lehnte alle ab, und zwar nicht nur, um meine Würde zu wahren und auf mein Recht auf Meinungsäußerung zu pochen, sondern auch um das tunesische Volk durch mich nicht zu demütigen. Was halten Sie vom Appell des tunesischen Präsidenten Ben Ali an das tunesische Volk, seine Amtszeit ab 2009 um weitere fünf Jahre zu verlängern? Abbou: Ich bin der Meinung, dass Machtwechsel zu den tragenden Säulen eines demokratischen Systems gehört. Die Machtergreifung im Jahre 1987 durch Präsident Ben Ali wurde von den Menschen, die unter dem Diktator Bourguiba und der lebenslangen Präsidentschaft gelitten hatten, deshalb begrüßt, weil der Präsident in der Erklärung vom 7. November 1987 den Bruch mit der bisherigen Diktatur versprach. Das Versprechen wurde aber nicht gehalten, obwohl die tunesische Verfassung seit 1988 vorsieht, dass der Staatspräsident nicht öfter als zweimal für die Präsidentschaftswahlen kandidieren darf. Nach der Volksabstimmung im Jahre 2002 wurde jedoch die Verfassung dahingehend geändert, dass der 73-jährige Präsident für die Präsidentschaftswahlen 2009 nach einer 22-jährigen Amtszeit wieder kandidieren darf. Das ist ein Zustand wie zu Zeiten von Bourguiba. Jeder kennt die Gefahren, denen das Land in den achtziger Jahren aufgrund der damaligen Situation ausgesetzt war. Daher glaube ich, dass keine demokratischen Strukturen – weder in Tunesien noch in irgendeinem anderen Land – aufgebaut werden können, solange es eine lebenslange Präsidentschaft gibt. Interview: Salim Boukhdhir Aus dem Arabischen von Raoua Allaoui © Qantara.de 2007 Salim Boukhdhir ist tunesischer Schriftsteller und Journalist.

 

Source:

Site“Qantara“( site appartient au canal DW deutsche welle)  le 23 aout 2007 .

 

Lien :

http://www.qantara.de/webcom/show_article.php/_c-468/_nr-803/i.html

 


Peres rassure Erdogan après qu’un lobby juif évoque le « génocide » arménien

AFP, le 23 août 2007 à 19h29
ANKARA, 23 août 2007 (AFP) – Le président israélien Shimon Peres a appelé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan jeudi au téléphone pour le rassurer sur la volonté d’Israël de maintenir des relations étroites avec la Turquie, a annoncé un conseiller de M. Erdogan. Cet appel intervient après qu’un important lobby juif américain, la Ligue anti-diffamation (ADL), a décidé de qualifier de « génocide » le massacre des Arméniens à l’époque de l’empire ottoman, ce que rejettent catégoriquement les autorités turques. A Ankara, cette décision fait craindre la fin du soutien du puissant lobby juif américain contre ceux qui pressent Washington de reconnaître le massacre des Arméniens comme génocide et de faire voter une loi dans ce sens au Congrès. « Peres a insisté sur l’importance pour Israël de ses relations avec la Turquie », a déclaré le conseiller du Premier ministre turc à l’AFP. « Ce fut une discussion fructueuse », a-t-il ajouté. Mercredi, l’ambassade d’Israël à Ankara a déclaré que l’Etat hébreu avait connaissance des « terribles événements » et des « horribles souffrances » endurés par les Arméniens, tout en exhortant les Israéliens à ne pas prendre partie. « Israël demande à ce qu’aucune des deux parties ne soit privilégiée et qu’aucune qualification ne soit faite concernant ce qui est arrivé. Nous espérons que les deux parties parviendront à un dialogue ouvert qui permettra de refermer les blessures », a-t-elle ajouté. L’ADL a déclaré mardi qu’elle avait réexaminé le cas du massacre des Arméniens et, après consultation de spécialistes, avait jugé qu’il « correspondait à un génocide ». L’organisation américaine a néanmoins ajouté qu’une loi du Congrès, qui reconnaîtrait ce massacre comme un génocide, ne « faciliterait pas la réconciliation entre Turcs et Arméniens, et pourrait mettre en péril… les importantes relations bilatérales entre la Turquie, Israël et les Etats-Unis ». La Turquie est le principal allié d’Israël dans la région depuis la signature en 1996 d’un accord de coopération militaire, qui avait provoqué la colère des pays arabes et de l’Iran. L’intervention américaine en Irak et la politique israélienne envers les Palestiniens ont favorisé l’émergence de sentiments anti-américains et anti-israéliens dans l’opinion turque. Le gouvernement de M. Erdogan, issu de la mouvance islamiste, avait se son côté provoqué la colère d’Israël en 2006 en accueillant à Ankara des responsables du Hamas pour, selon la Turquie, tenter de convaincre le groupe islamiste palestinien de renoncer à la violence. AFP

Belfast mum dies in hols swimming pool tragedy

 
By Claire McNeilly A devastated Ulster family were today coming to terms with their grief after a 57-year-old mother-of-three tragically died on holiday abroad. Meta Forsythe, from Twinbrook in west Belfast, was found dead in a swimming pool in Tunisia on Sunday – just two days into her summer break. Mrs Forsythe’s body was discovered in the pool by her 24-year-old daughter Lisa, who was then forced break the terrible news to the rest of the family by telephone. A post mortem examination is due to be carried out and it is understood that the Department of Foreign Affairs in Dublin are helping to arrange for the body to be flown home. Mrs Forsythe’s distraught husband Eric told the Irish News that he would remember her as a woman of strong faith and charity. Speaking to the Belfast Telegraph, Father Darach, a curate at St Luke’s Twinbrook, said that Mrs Forsythe, who was a florist at the church, would be sorely missed.  » Everyone is still very much shocked, » he said. (Source:  « Belfast Telegraph” (Quotidien – Irlande), le 22 août 2007 à 11h07) Lien : http://www.belfasttelegraph.co.uk/news/local-national/article2884209.ece  

Rumeurs sur la vente de Hannibal TV : Larbi Nasra rompt le silence

 
Nizar Bahloul   Les entretiens avec Larbi Nasra, patron de Hannibal TV, ne sont pas faciles. Imposant, peut-être hégémonique, le bonhomme n’aime pas qu’on le contrarie trop. Les rumeurs? Il s’en moque. Ce qu’on écrit sur lui et sur Sa chaîne ? Bof ! Ce qu’on dit à son encontre ? Les chiens aboient… Larbi Nasra est persuadé qu’il est au-dessus de tout cela. Il a fondé cette chaîne pour le plaisir et non pour l’argent. Tout le reste n’est que littérature. Larbi Nasra dément tout. Il nie en bloc. Personne ne l’a contacté pour l’achat de sa chaîne et il n’a contacté personne à ce sujet. Il n’a pas de dettes et la chaîne fonctionne parfaitement. « Je ne suis quand même pas le cocu qui est le dernier à apprendre que sa femme le trompe», nous dit-il en dialectal tunisien dès l’entame de l’entretien qu’il a accordée à nos confrères de Haqaïq et auquel nous avons assisté. Il nous le fera comprendre d’ailleurs plus tard, car ses relations avec les journalistes qu’il ne connaît pas directement ne sont pas vraiment au beau fixe. Les plus folles rumeurs n’ont pas arrêté de circuler ces derniers temps autour du fondateur de la première chaîne privée tunisienne. Une chaîne qui est montée en flèche à partir de rien pour occuper en un temps record (deux ans!) la première place de l’audimat sans jamais en redescendre. “Hannibal est en vente et un groupe tunisien désire la racheter. Larbi Nasra s’est évadé en Arabie Saoudite. Larbi Nasra n’a pas de quoi régler ses factures et il a les banques, les créanciers, le fisc et la CNSS sur le dos”. Il nous fallait vérifier tout cela et l’unique personne pour infirmer ou confirmer ne pouvait être autre que Nasra lui-même. L’exercice ne plait pas vraiment à l’intéressé, mais il accepte de jouer le jeu en nous ouvrant les portes de sa grande villa qui lui sert de bureaux dans le vaste terrain abritant les locaux de la chaîne privée. « Certains considèrent Hannibal TV comme un jouet, dit-il. Une sorte de gadget. Certains pensaient qu’on était une petite chaîne et qu’on allait le rester. Non ! Hannibal TV va bien et le demeurera. La programmation de ramadan est prête dans les cartons depuis des mois. » Convaincu de sa position et de l’effet qu’il a sur les Tunisiens, il brandit les derniers chiffres de Sigma Conseil, qu’il ne considère toujours pas comme « ami », montrant ses 35% d’audimat. « Je suis certain qu’on a plus de 40%. De toute façon, on les aura ». Concernant les rumeurs colportées un peu partout, Larbi Nasra, comme ses lieutenants il y a quelques semaines, évoque la jalousie de certains pour en expliquer les raisons. « Nous dérangeons, alors on mène contre moi-même et mon staff une guerre des nerfs dont l’objectif est de nous déstabiliser ». Quelles sont les raisons de cette campagne de « déstabilisation » ? La jalousie, dit-il, étonné que l’on ne comprenne pas du premier coup. « Tout succès a un prix. On me considère comme un intrus dans le domaine et on ne comprend pas pourquoi on réussit. Ils ne comprennent pas comment j’ai pu apprendre le métier en quarante jours». Larbi Nasra est convaincu, et les résultats de sa chaîne ne peuvent que le confirmer dans sa position, qu’il est un excellent gestionnaire et qu’il mène la barque Hannibal comme elle doit être menée. Il nous racontera les témoignages des téléspectateurs qu’il recueille ici et là, en Tunisie et à l’étranger. « Dans le paysage médiatique, nous ne sommes qu’une goutte dans un océan face aux chaînes du Golfe financées par les puissances pétrolières. Pourtant, là où je vais, on connaît Hannibal. Nous sommes classés parmi les 40-50 premières chaînes de la région malgré nos moyens. C’est comme si nous étions une famille de 8-10 personnes dînant avec une baguette.» Autant d’éléments qui le confortent dans la position de quelqu’un qui a fortement réussi son projet. Un projet qu’il développe pour le plaisir et uniquement le plaisir. « Je suis milliardaire, j’ai fait déjà mes preuves et amassé ma fortune, bien avant de créer Hannibal. Cette chaîne n’est pas là pour que je gagne de l’argent, mais pour le plaisir et l’unique plaisir. D’ailleurs, elle ne gagne pas d’argent et nos recettes ne couvrent même pas les 2/3 de nos dépenses.» On revient à la charge sur la question des rumeurs et de ce qu’il a qualifié de pressions. Il commence à se fâcher, mais répond. « Oui, j’ai eu des pressions. J’ai eu les banques, le fisc et la CNSS. Cela ne me dérange pas, au contraire. Pour les banques, je leur ai versé le jour même un million de dinars couvrant largement (plus que le double) les traites passées et à venir. Concernant le fisc et la sécurité sociale, cela m’arrange que ça se sache. Que l’on sache que Larbi Nasra n’est pas au-dessus de la loi et paie ce qu’il doit payer à l’Etat. » Quand on évoque la question de l’insolvabilité, il sort de ses gonds et se fâche vraiment. « Moi insolvable ? Et pourquoi donc ? J’ai de l’argent et je n’ai nullement besoin de rouler X et Y pour en avoir. Je n’ai pas à me salir pour quelques dinars. » Il suspend l’entretien et appelle son « daffeur » immédiatement. Un jeune gars qui semble consciencieux et à qui il demande de témoigner en toute franchise. Le jeune témoigne : « Nous réglons la CNSS et les impôts généralement dix jours avant l’échéance. Nous réglons les salaires à temps, sans retard. M. Larbi Nasra a donné des consignes fermes pour que toutes les factures soient réglées au maximum 48 heures après leur arrivée. » Que reste-t-il à savoir ? Nous revenons sur les « pressions » et les raisons. « Je ne comprends pas vraiment. Je suis le fils du régime. J’aime le Président Ben Ali,non pas en tant que président uniquement, mais en tant que personne. J’estime avoir une ligne éditoriale conforme aux souhaits du régime et du gouvernement et répondant aux intérêts du pays. Cela dit, tout le monde peut se tromper et il est possible que l’on ait fait des erreurs. Mais elles ne sont nullement préméditées. » Pour l’avenir, il déclare que l’objectif est de retenir les 35% de Tunisiens qui regardent sa chaîne. « Qu’est-ce qui est mieux ? Qu’on nous regarde ou qu’on aille voir Al Jazira, ses diffamations et son tissu de mensonges ? » Compte-t-il vendre la chaîne s’il trouve un bon parti ? « Pour tout l’or du monde, je ne la vendrai pas, nous répond-il. Je n’ai pas créé cette chaîne pour l’argent. J’ai déjà injecté 8 à10 millions de dinars. Tant que mon plaisir est là, tant je continuerai. Si la pression devient forte, là… » Larbi Nasra ne nous dévoilera pas tout. Entre ses déclarations, entre ses “off”, entre ce qu’il a gardé pour lui, on comprendra plusieurs choses. On comprendra que le bonhomme n’est pas du style à se laisser faire ou à se laisser piétiner. Quand on a comme lui la cinquantaine et que l’on n’a plus grand-chose à prouver, que l’on se moque du «qu’en dira-t-on», il n’est pas évident de traiter avec lui. (Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1130 du 23 août ‏2007‏‏)

Grande polémique autour d’un concours : La paix pourra attendre …

 
Nizar Bahloul Cela ne devait être qu’un concours. Un simple concours de dessins inspiré du tableau de Pablo Picasso «La Colombe de la Paix » pour lequel on invite les jeunes de 15 à 18 ans d’une dizaine de pays méditerranéens à donner leur vision de la paix. Il se trouve que les noms des co-organisateurs ne plaisent pas à tout le monde puisqu’on retrouve deux israéliens parmi eux. Dans un mois d’août synonyme de farniente et d’absence d’information significative, le concours a été considéré par certains comme l’ « affaire » de l’année. On crie au scandale, on lance une pétition, on appelle au boycott (du concours, de ses organisateurs et de ceux qui y participent) et on s’apprête à saisir la justice. Le « scandale » a commencé début août avec la publication dans différents organes de presse arabes et occidentaux d’un communiqué annonçant un concours de dessins destiné à permettre aux jeunes de 15 à 18 ans de donner leur vision de la paix d’après le célèbre tableau de Picasso « La colombe de la paix ». Ceux qui se sont associés à l’organisation de ce concours ne sont pas n’importe qui. On retrouve ainsi la fondation espagnole Picasso, le quotidien palestino-londonien Al Qods, le quotidien égyptien Al Ahram, ainsi que certains quotidiens maghrébins. Tous, des supports célèbres et réputés pour leur crédibilité et leur grand lectorat aussi bien dans leur pays que dans le monde. Il se trouve qu’il y a parmi eux la Fondation Leo Savir pour la Méditerranée Vision 2020, le Centre israélien Perès pour la Paix, et le célèbre quotidien israélien Yediot Ahoronot. C’est par là que le scandale est arrivé vu que certains considèrent qu’avec la participation de ces organismes-là, il y a une volonté manifeste de normalisation avec Israël. Peu importe que ces organismes soient reconnus pour leur volonté de paix, connus par leur passé pacifique militant, que Rabin ait décroché un Nobel de la Paix ; dans les différents écrits, on ne voit que normalisation avec celui qu’on considère comme l’ennemi numéro un des Arabes. « Le danger de ce projet est que ces intellectuels qui se “ francisent ’’ et s’ “américanisent ’’ essaient de convaincre les peuples arabes et nos enfants d’accepter ce qui ne colle nullement avec notre passé militant », écrit ce membre du bureau de l’AJT. Depuis, les articles et les communiqués se suivent et se ressemblent pour dénoncer ce que l’on qualifie de haute trahison à la “ Cause ’’ ! Une pétition est lancée depuis une dizaine de jours dans laquelle les signataires protestent vigoureusement contre la participation de “ nos enfants ’’ au concours. « Des centaines de personnes l’ont signée pour manifester leur refus de cet acte de normalisation» avec Israël, a affirmé à l’AFP Ahmed Kahlaoui, chef d’un Comité national (non reconnu – NDLR) de lutte contre la normalisation avec Israël. Parmi ces signataires figurent le bâtonnier tunisien Béchir Essid, des journalistes, des syndicalistes, des enseignants et des écrivains, qui multiplient les déclarations houleuses dans la presse arabe et les agences de presse internationales. Les réactions, qui frisent parfois l’extrémisme, sont des plus étonnantes dans la mesure où certains semblent occulter l’actualité et la réalité du terrain. Le sujet de la normalisation avec Israël est incontestablement objet de polémique, mais il se trouve que la résolution du problème palestinien ne peut passer que par là, la logique guerrière n’ayant mené nulle part et il est temps de trouver des solutions de paix. Or on ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis et les Palestiniens eux-mêmes, à leur tête le Président Mahmoud Abbas, le savent. Sur le terrain, au quotidien, les Palestiniens traitent avec les entités israéliennes et ne rejettent pas une normalisation des relations dont ils seront les premiers bénéficiaires. Les dernières rencontres entre le Président palestinien et le Premier ministre israélien, le processus d’Oslo, la poignée de mains historique entre le leader palestinien défunt Yasser Arafat et Ishak Rabin (et leur Nobel commun), démontrent parfaitement que les Palestiniens ne nient pas l’existence de l’Etat d’Israël. Ils ont accepté une normalisation avec l’Etat hébreu, dès lors qu’il y a une paix et une possibilité que les deux peuples vivent côte à côte en toute quiétude. Et cette même résolution a été acceptée par les pays arabes lors d’un sommet de la Ligue. Le concours, co-organisé par l’ONG israélienne, la fondation espagnole et les médias arabes va exactement dans le sens voulu par les dirigeants palestiniens vivants et défunts et tous les amoureux de la paix. Le fait même de la participation au concours de Palestiniens reconnus fortement pour leur patriotisme et leur loyauté envers leur propre “ Cause ’’, on pense notamment à Abdelbéri Atouane, patron d’Al Qods, est un gage que ce concours ne trompe aucunement la “ Cause ’’ et que l’initiateur du projet (l’ONG israélienne en l’occurrence) ne peut être considéré comme un ennemi. A propos de cette ONG, il est bon peut-être de rappeler les récentes initiatives qu’elle a entreprises au profit des Palestiniens. Selon des journaux cairotes, on apprend qu’elle figure parmi les entités les plus actives dans l’organisation de manifestations économiques, culturelles, sportives et sociales en direction des peuples arabes. L’objectif étant de casser le blocage psychologique né avec le conflit historique. Le Centre Peres pour la Paix dirige ainsi un programme destiné à des agriculteurs jordaniens. Grâce à ce programme, ces Jordaniens bénéficient des dernières technologies en matière agricole, participent à des sessions de formation en Israël et échangent des informations importantes sur la culture de leurs terres avec des agriculteurs israéliens voisins. Le même centre a organisé, en août dernier, une conférence économique pour étudier les raisons de blocage dans les échanges commerciaux entre Israël et les voisins arabes et dépasser les conflits politiques. Durant cette conférence, on a étudié comment assurer aux Palestiniens l’approvisionnement en eau nécessaire à leurs cultures et comment leur faciliter la tâche dans leur business avec Israël. Ce même centre a organisé en novembre dernier une rencontre de football entre une équipe composée de Palestiniens et d’Israéliens d’un côté et la célèbre équipe de Barcelone avec toutes ses vedettes de l’autre. Autant d’éléments qui ne sont pas du tout ignorés par les Palestiniens et les différents participants au concours. Pour eux, il s’agit tout simplement d’oeuvrer à ce qu’ils croient être bénéfique à la Cause palestinienne, dans la lignée même de ce qu’a fait Arafat et fait actuellement Abbas. Peut-on donc être plus royaliste que le roi en refusant aveuglément ce que les Palestiniens modérés eux-mêmes cherchent obstinément ? Rejeter ce concours, rejeter l’initiative et rejeter la volonté de dialoguer avec l’ « ennemi » revient tout simplement à rejeter la paix. Il est regrettable que ce message de paix ne soit pas du tout entendu. Après les communiqués et la pétition, on apprend aux dernières nouvelles à Tunis, que l’on s’apprête à saisir la justice pour dénoncer ce concours et ses participants. On se demande, là, sur quelle base légale on va déposer cette plainte ! Ceux qui s’apprêtent à le faire sont pourtant les mêmes qui appellent à la liberté d’expression et à la nécessité de laisser tout un chacun s’exprimer comme il l’entend! La volonté de faire taire tout avis contraire semble hélas gagner du terrain. La paix peut attendre, pour le moment certains ne croient qu’à la guerre ! (Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1130 du 23 août ‏2007‏‏)

 


 

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