23 août 2007

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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2648 du 23.08.2007

 archives : www.tunisnews.net


 

Luiza Toscane: Deux mois de résistance acharnée – Abdellatif Bouhjila et les siens ont gagné, mais à quel prix ! AFP:Tunisie: l’avocat dissident Abbou empêché de voyager, démenti des autorités AFP: Tunisie: premier pèlerinage juif à Nabeul en présence du Grand Rabbin le site www.nabeul.net: Rabbin Yacoub Slama mort en 1774 AFP:Tunisie: accord interarabe pour combattre le blanchiment d’argent Universitaire et syndicaliste: « Bas les masques », Le clan de Abdessalem Jrad/Ali Romdhane sans cagoule. Le Temps :Transport aérien:Les tribulations de 72 passagers sur le vol TU010 de Sevenair Réalités: Kairouan : capitale administrative de la Tunisie ? Réalités: Dans la peau d’une voilée Réalités: Le voile face au CSP Réalités:“ L’Armée tunisienne à travers les âges ’’: Une histoire militaire de 3.000 ans


Deux mois de résistance acharnée

Abdellatif Bouhjila et les siens ont gagné, mais à quel prix !

 
Il y a deux mois, Abdelmajid Bouhjila, père du prisonnier politique Abdellatif Bouhjila, se voyait refuser le droit de rendre visite à son fils à la prison de Mornaguia. Ce refus, réitéré chaque mardi, n’était pas justifié, mais accompagné du prétexte que le prisonnier ne pouvait marcher et que « la prison ne disposait pas de fauteuil roulant pour l’amener jusqu’au parloir ». Ce prétexte était toutefois accompagné de l’interdiction pour son père de lui fournir le matériel nécessaire, même à ses propres frais… Il en fallait plus pour avoir raison de la patience d’Abdelmajid Bouhjila qui est retourné invariablement chaque mardi, malgré la pénibilité et la longueur du trajet, malgré son grand âge et la chaleur, et s’est présenté à l’entrée de la prison, en vain. Pour avoir gain de cause, il a fallu que l’affaire soit médiatisée. Il a fallu qu’ Abdellatif Bouhjila reçoive en prison la visite d’une délégation de la Croix-Rouge, habilitée depuis peu de temps à visiter les prisons tunisiennes. Et enfin, il a peut-être fallu le changement du directeur de la prison de Mornaguia, qui a été remplacé par Ibrahim Mansour. Et surtout, il y a eu la sourde résistance d’Abdellatif Bouhjila et des siens : mardi 21 août, le prisonnier était conduit au parloir en fauteuil roulant et recevait la visite de son père. Luiza Toscane  

Un nouveau site a été créé pour la prisonnière Sameh Harakati :

 

Tunisie: l’avocat dissident Abbou empêché de voyager, démenti des autorités

 
AFP, mercredi 22 août 2007 TUNIS – L’avocat dissident tunisien Mohamed Abbou, libéré récemment, a affirmé mercredi être l’objet d’une machination visant à l’empêcher de voyager, mais les autorités ont démenti toute implication. Me Abbou a indiqué que de l’argent destiné à couvrir les frais d’un séjour à Paris, pour lui-même et sa famille, à l’invitation de l’association des droits de l’Homme Frontline (Dublin), a été détourné. « Un montant de 3.700 dinars (4.200 euros environ) a été transféré par Western Union au nom de mon épouse Samia et en allant le retirer au bureau de poste principal de Tunis, elle s’est fait signifier qu’il a été retiré », a-t-il raconté à l’AFP. Me Abbou a implicitement accusé les autorités de vouloir l’empêcher « de voyager et de s’exprimer » et indiqué que son épouse allait déposer plainte contre la Poste tunisienne, représentant de Western Union. Les autorités ont affirmé « ne pas être au courant » de l’affaire, jugeant « absurdes les insinuations » de l’avocat, « les transactions financières étant protégées par la loi en Tunisie », a-t-on indiqué de source officielle. « Les établissements concernés par de telles transactions sont habilités, en vertu des dispositions en vigueur, à entreprendre les mesures adéquates en cas de réclamation », a-t-on noté de source officielle. Me Abbou a indiqué en outre qu’il comptait se rendre vendredi prochain en Grande Bretagne pour enregistrer une émission dans les studios de la chaîne Al-Jazira à Londres sur la liberté d’expression et les droits de l’Homme. L’avocat dissident a ajouté que l’enregistrement était initialement prévu dans les studio d’Al-Jazira au Maroc, mais que la chaîne avait préféré le conduire à Londres. « Je dois prendre un vol vendredi pour Londres. Attendons voir! », a-t-il dit. Mohamed Abbou, 41 ans, a été gracié le 24 juillet à la veille de la fête nationale de la république par le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali après 16 mois de prison. Il avait été condamné en 2005 à un an et demi de prison pour « publication d’écrits de nature à troubler l’ordre public » et « diffamation des autorités judiciaires et diffusion de fausses nouvelles ». AFP

Tunisie: premier pèlerinage juif à Nabeul en présence du Grand Rabbin

AFP, le 21 août 2007
TUNIS, 21 août 2007 (AFP) – La communauté juive de Tunisie a organisé un premier pèlerinage médiatisé sur la tombe d’un saint vénéré du judaïsme à Nabeul, capitale du Cap Bon touristique sur la Méditerranée (65 km de Tunis), a-t-on appris mardi auprès de la communauté. « Le pèlerinage annuel au cimetière juif de la ville, où s’élève le mausolée du Rabi Yacoub Slama, a eu lieu le 16 août sous la plus haute autorité juive, le Grand Rabbin Haïm Bittan qui a fait le déplacement à Nabeul pour la première fois », a indiqué à l’AFP Monique Hayoun, native de Nabeul résidant en France, promotrice de l’événement. De nombreux juifs et invités de Nabeul, et d’ailleurs, notamment de France ont participé au rituel et écouté le Grand Rabbin psalmodier des versets de la Torah, selon Mme Hayoun. Le Grand Rabbin a prononcé une bénédiction pour le président Zine El Abidine Ben Ali et des représentants du gouvernement ont assisté au rituel en hommage au Rabbin Bittan et à l’ensemble des Tunisiens de confession juive, a ajouté Mme Hayoun. Selon la tradition, les pèlerins ont allumé des cierges, formulé des voeux et fait des offrandes. Le quotidien de langue française Le Temps (privé) avait décrit ce pèlerinage comme « un grand jour de liesse et de fête ». « Le recueillement sur la tombe du Rabi Yakoub Slama est devenu, aujourd’hui, le symbole vivant de la fraternité et de la tolérance que musulmans et juifs tunisiens se vouent mutuellement », avait-il écrit. Selon Monique Hayoun, Rabi Yakoub Slama était un talmudiste originaire de Tunis, ayant vécu et enseigné au 18e siècle. En 1733, il se rendit en visite chez sa fille épouse de rabbin à Nabeul, où il décéda un an plus tard. A la veille de l’indépendance tunisienne en 1956, Nabeul comptait sept synagogues et 1.161 Israélites, une présence extrêmement réduite aujourd’hui. Dans la région touristique du Cap bon, à Kélibia, a été récemment mise au jour une mosaïque évoquant un lieu sacré du judaïsme remontant à la fin de l’antiquité. Au sud, l’île de Djerba accueille chaque année des milliers de juifs d’Europe et d’Israël en pèlerinage à la plus ancienne synagogue d’Afrique.  

Rabbin Yacoub Slama mort en 1774

 
Talmudiste érudit originaire de Tunis où il enseigna dans la Yeshivah du vénéré Rabbin Raphael El Fassi dont il fut le collègue après en avoir été le disciple. Il alla en 1773 pour quelque temps à Nabeul, chez sa fille épouse du Rabbin Mardochée El-Guez, il ne tarda pas à y jouir d’une grande considération en raison de son savoir et de sa piété. Après sa mort survenue au cours de l’année 1774, il est devenu l’objet d’un culte populaire : de nombreux fidèles venaient prier sur sa tombe et faisaient appel à son pouvoir d’intercession auprès du Très-Haut pour obtenir la fin d’une persistante stérilité ou la guérison d’une maladie rebelle et leurs vœux furent exaucés. On raconte qu’en 1934, le Rabbin vint en songe à Monsieur Mardochée Karila, notable de la ville de Nabeul et lui demanda d’ériger un monument sur sa tombe jusqu’alors abritée par un olivier. Monsieur Karila, homme pieux et sensible, érigea dans l’année même un mausolée au-dessus de la sépulture du rabbin et en fit don à la communauté, en l’invitant à organiser un pèlerinage officiel annuel chaque lendemain de la Pentecôte juive. Les revenus dudit pèlerinage ainsi que les dons qui seront faits sur la tombe du vénéré Rabbin Yacoub Slama, à n’importe quelle autre occasion, profiteraient aux indigents israélites de Nabeul, soit, les trois quarts, au profit de la Caisse de Gestion de Culte et pour un quart, au profit de l’école Talmud Thora. Depuis ce pèlerinage se déroulait chaque année au milieu d’une affluence considérable de fidèles, qui venaient de tous les coins de la Tunisie par les moyens de locomotion de l’époque (calèche et autres). Ce pèlerinage était marqué par des prières, des vœux et des offrandes, il donnait lieu à des réjouissances populaires, toutes confessions confondues, c’était vraiment un jour de liesse et de fête pour toute la population de Nabeul. Dernièrement, cette manifestation pieuse a été décalée vers le mois d’août à l’initiative de la présidente de l’association des Nabeuliens, pour permettre aux fidèles de la diaspora de retour à Nabeul pour les vacances d’été, d’y participer également. (Source : le site www.nabeul.net , visité le 22 août 2007) Lien : http://www.nabeul.net/?nomPage=cel_personnage&personnage=6

Tunisie: accord interarabe pour combattre le blanchiment d’argent

 
AFP, le 22 août 2007 à 17h38
TUNIS, 22 août 2007 (AFP) – Sept pays arabes se sont mis d’accord mercredi sur un plan de lutte contre le blanchiment d’argent provenant de la corruption et de la criminalité organisée, lors d’une réunion organisée en Tunisie à l’initiative de la Ligue arabe. « Nous avons adopté un plan pour renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent, un phénomène inquiétant dans la région arabe », a indiqué à l’AFP Hussein Al-Douri, représentant de l’Organisation arabe de développement administratif. Cet organisme de la Ligue des Etats arabes a organisé la réunion. Le plan a été approuvé à l’issue de discussions entre experts et hauts fonctionnaires de sept pays: Arabie Saoudite, Irak, Jordanie, Libye, Soudan, Syrie et Tunisie. Outre une harmonisation des lois relatives à lutte contre le blanchiment d’argent, les pays participants se sont engagés à échanger des informations sur les transactions suspectes. « Nous envisageons aussi le lancement d’une campagne pour la ratification par les pays arabes des conventions internationales relatives à la lutte contre la corruption et la criminalité organisée », a ajouté M. Al-Douri. Ce dernier a indiqué que le volume d’argent blanchi dans le monde arabe était « inquiétant » et noté qu’aucun pays arabe ne figure sur la liste des 50 pays les moins corrompus dans le dernier rapport de l’ONG Transparency International. Huit Etats arabes, dont les Emirats arabes unis, Djibouti, Jordanie, Libye et Yémen, ont ratifié la convention des Nations unies contre la corruption, selon la Ligue arabe. « Plusieurs pays refusent de ratifier cette convention en raison notamment d’un article exigeant un contrôle sur les avoirs des responsables politiques », a indiqué un expert présent à la réunion. Le Fonds monétaire international (FMI) estime le volume d’argent blanchi dans le monde entre 640 et 1.600 milliards de dollars par an, dont 400 milliards transitant annuellement par l’Afrique. AFP


 

Tunis le Jeudi 23 août 2007

 

« Bas les masques », Le clan de Abdessalem Jrad/Ali Romdhane sans cagoule.

J’accuse (à la Zola !!) ce clan de haute trahison envers les intérêts des travailleurs

 

 

Par : Universitaire et syndicaliste

 

    Après deux réunions du bureau national du syndicat général de l’enseignement secondaire avec le secrétaire général adjoint de la centrale syndicale et président du département des affaires internes ou conseil de discipline (Ali Romdhane), celui-ci a enfin abattu son masque  et abandonné la position d’attente qui a consisté, pendant des semaines, a simuler l’ignorance , à arguer de la nécessité d’attendre le retour du « Patron : Jrad Abdessalem» de  ses vacances pour intervenir auprès du Ministère  au sujet des deux membres de ce syndicat (les deux ex secrétaires généraux  de ce syndicat : les camarades Fraj Chabbaah et Taib Bouaicha) qui se sont vu enlevés la mise en disponibilité, et à gagner ainsi du temps. En effet, après le retour de Jrad ( hier) le «  camarade = ou frére comme on le dit dans ces milieux »  Ali Romdhane vient de refuser d’accorder une audience, en bon et dû forme, comme convenu aux membres du syndicat national de l’enseignement secondaire, les recevant devant son bureau pendant quelques secondes, d’une manière humiliante et à la limite de la grossièreté, qui ont été suffisantes pour leur annoncer que les décisions concernant le retrait des mises en disponibilité (pour le secondaire et l’enseignement de base) sont définitives et ont été demandés par le secrétaire général de l’UGTT ( soit Abdessalem Jrad) lui-même sans consulter le bureau  exécutif !!!! ni le bureau national du syndicat général de l’enseignement secondaire comme le stipule le statut interne de l’UGTT !!! (Doit-t-on le traduire devant le conseil de discipline de l’UGTT pour transgression des closes du statut interne de l’UGTT ? ????)

   Ainsi, il n’y aurait plus de mystère, c’est le secrétaire général de l’UGTT  et son clan composé essentiellement des neuf (9) membres du bureau exécutif qui ont déjà bénéficié de deux mandats et qui ne peuvent plus être candidats lors du prochain congrès qui sont impliqués personnellement dans les hostilités (limogeage des élus syndicaux par le retrait des responsabilités syndicales,  retrait des mises en disponibilité, traduction devant le conseil de discipline de l’UGTT , traduction devant le conseil de discipline des Ministères de tutelle, démantèlement de certains syndicats, magouilles pour influencer les élections dans d’autres syndicats  ….)  à l’encontre des syndicalistes militants et qui défendent jusqu’au bout l’indépendance de l’UGTT en général et la souveraineté des décisions de leur syndicats sectoriels et qui refusent de céder devant le chantage exercer par Abdessalem Jrad en vue de les pousser à abandonner leurs luttes pour les revendications légitimes de leurs secteurs ou , ce qui revient au même, à ne plus faire ce pourquoi ils ont été élus !!!

    Il semble donc, que tous ce que les analystes nous ont sorties comme arguments pour expliquer les causes de cette crise s’avèrent justes. En effet, derrière la cause indirecte, qui ne pourrait qu’expliquer les tendances syndicales qui vont subir les premières vagues d’assauts,  soit  régler leurs comptes à ceux qui ont été candidats sur des listes opposées à Abdessalem Jrad et à son clan lors du congrès de Monastir et ceux qui les ont empêché de se débarrasser des décisions du congrès de Djerba pour qu’il puissent être candidats lors du congrès prochain, derrière cette cause donc se cache une cause plus directe et plus pertinente : le pouvoir ayant pris l’habitude d’avoir affaire à un bureau exécutif docile opportuniste et facilement manipulable en ce qui concerne l’avortement des luttes des travailleurs ou simplement l’habilité qu’il a de « refroidir les ardeurs » des syndicats par la corruption et les magouilles, il n’est pas question pour lui de perdre d’un seul coup 9 sur les 13 membres de l’actuel bureau exécutif lors du prochain congrès ce qui reviendrait à un renouvellement quasi-total de ce bureau au détriment des personnes qui sont liées, depuis longtemps, au pouvoir par des intérêts communs ou qui sont détenues en otages par le pouvoir pour des dossiers de mauvaise gestion financière … cela reviendrait, pour le pouvoir, à faire un « saut dans l’inconnu » (pardonner cette traduction / expression typiquement arabe  ). Cette façon de voir les choses, par le pouvoir, vient à point nommer,  pour justifier ou légitimer l’acharnement des 9 personnes à défendre (leur biftecks !!) les privilèges qu’ils ont obtenu et à refuser d’abandonner «  la poule aux eux d’or » !!!

    Le « Dyle » (l’échange) entre les deux parties (le  pouvoir et les neuf sortants de l’UGTT )  consisterait  , donc, à ce que l’UGTT limoge toutes les personnes ( tendances syndicales)  militantes qui risqueraient d’être intransigeantes lors des négociations des nouvelles conventions collectives dés le début du mois de septembre prochain ( sans oublier  d’autres échéances non moins importantes et qui concernent l’année prochaine !!!!) ; en contre partie le pouvoir fermerait les yeux si Jrad et son clan  en viendrait à transgresser les closes du statut interne de l’UGTT pour se débarrasser illégalement de la close qui limite l’éligibilité des candidats à deux mandats,  ou même aiderait le clan de Jrad à provoquer une crise grave en vue d’organiser un congrès extraordinaire qui leur permettrait d’arriver au même résultat avec un semblant de légalité.

   Le clan de Jrad est donc entrain de jouer le «  tout ou rien ». En effet, il est évident que même dans le cas où il perdrait la partie le pouvoir récompensera chacun d’entre eux par des postes et privilèges ailleurs que dans l’UGTT. Il est donc temps qu’un large front de syndicalistes démocrates et militants se constitue en vue de défendre l’indépendance de l’UGTT et la souveraineté des organes réellement représentatives des travailleurs  et pour balayer, à jamais, les opportunistes, les corrompus et les bureaucrates qui n’ont enregistré dans leur actif que trop de trahisons envers les intérêts des travailleurs. Que la bataille de «  contre_tajrid » se transforme en une bataille pour défendre une organisation syndicale (leur organisation : l’UGTT) démocratique, indépendante et militante avant que la gauche démocratique et progressiste ne se trouve acculée à « l’amputation » c’est-à-dire  à abandonner  l’UGTT pour s’organiser dans une nouvelle centrale syndicale perdant ainsi tout l’héritage de l’ancienne centrale.  

 

Universitaire et syndicaliste


Kairouan : capitale administrative de la Tunisie ?

Dr. Nasser Ben Abdesselem (Djerba) L’idée est convaincante à plus d’un titre. A l’instar de Brasilia où le célèbre architecte Oscar Niemeyer a tracé deux diagonales sur la carte de Brésil et où il a “décidé” de construire Brasilia, la nouvelle capitale au point d’intersection. C’est une justice géo-politique, a-t-il déclaré, à l’instar de “Washington et New York”, à l’instar de “Rabat et Casablanca”. Pourquoi n’y aurait-il pas de “Kairouan et Tunis” ? On a le droit de rêver d’une capitale administrative tunisienne qui se situerait au milieu du pays. C’est plus de justice et donc plus de stabilité, plus de force et plus de progrès pour notre pays : la Tunisie. Par ailleurs le niveau de vie de Sidi Bouzid, Kasserine, Siliana, Gafsa et autres s’élèverait beaucoup plus. Le problème des régions déshéritées, du déséquilibre régional serait clos. Le problème de l’immigration interne et des incidents qui en découlent, le problème du déséquilibre social et de la violence dus à cette immigration des régions non déshéritées eux-mêmes seraient réglés. Et si l’idée prenait son chemin, que de travaux, que de chantiers en vue ! Mettez-vous au travail, les sans-activité, et rebroussez vos manches, messieurs-dames les entrepreneurs. Ce serait sans doute l’évènement. Ce serait sans doute de la grande politique : la politique des idées. (Source: « Réalités » N° 1129 du 23 août 2007)

Transport aérien Les tribulations de 72 passagers sur le vol TU010 de Sevenair

 
Les 72 passagers du vol TU010 de Sevenair de 20h15 du dimanche 19 août 2007, en provenance de Djerba et à destination de Tunis ont dû rebrousser chemin de la région de Grombalia et atterrir à Monastir pour y passer la nuit à l’aéroport. Un orage très fort serait la cause initiale de ce contre-temps. L’expiration du temps de vol du commandant de bord serait à l’origine de la prolongation de l’attente. Une chose est certaine, c’est que les passagers, leurs familles et les services de Sevenair ont passé une nuit blanche. Mais, chacun interprète l’événement à sa manière. Les passagers déplorent « l’absence complète de personnel de la compagnie pour les prendre en charge dans l’aéroport de Monastir. Enfants non accompagnés, femme enceinte, ainsi que les autres passagers étaient laissés à leur propre destin. Quelques uns parmi eux ont fait les tractations nécessaires pour la reprise du vol le lendemain. », la compagnie réplique qu’elle :  «  a fait tout ce qui est en son possible pour sécuriser le vol et les passagers, d’abord, et assurer la continuité du trajet le plus rapidement possible. L’absence de disponibilité dans les hôtels de la région de Sousse-Monastir a empêché de les héberger pendant la nuit. La compagnie s’excuse de ce désagrément. ». Une source de la compagnie affirme qu’une enquête a été ouverte pour éclaircir les différentes péripéties de cet incident. Témoignage d’un passager Nous avons reçu de M. Rachid Kilani une correspondance relatant les péripéties du vol TU 010 reliant Djerba à Tunis le 19-8-2007.  «  Nous voilà au départ avec une heure de retard, le temps de boire un café et bavarder avec des amis. 21h30, décollage avec le sourire habituel des hôtesses et la petite tartine d’information sur la sécurité et le vol. 22h20, au moment où tout un chacun habitué à prendre cette ligne s’attendait à l’annonce de l’atterrissage à Tunis, une voix anxieuse et troublée annonçait que pour des raisons de météo, nous allons atterrir plutôt à Monastir. Atterrissage, sans aucune information pendant 15 minutes dans l’appareil en stationnement, ensuite tout le monde dehors à l’aérogare, comme un vil troupeau sans le moindre accompagnement de la part du transporteur (il semble que la compagnie SevenAir n’est pas basée à Monastir). Le spectacle était désolant entre la dame enceinte, et les enfants mineurs non accompagnés, le malade qui avait besoin de ses médicaments restés dans la soute de bagages. Désolante était aussi la panoplie de raisons qui empêchaient la reprise du vol. La présence dans le lot des otages d’une respectable dame qui n’a cessé toute la nuit à faire des va-et-vient, démarcher, négocier soit par téléphone ou avec l’équipage pour trouver une solution à notre situation n’ont abouti qu’à 06h10 pour reprendre la direction de Tunis et arriver à bon port, et dans quel état. Le comble, dans cette mésaventure, à ne pas répéter à l’ère du Changement et au pays de Ben Ali et des droits de l’homme, et qui réfutent des situations analogues, est un désaccord entre le commandant de bord et sa compagnie SevenAir, et pour un coup d’éclat, c’est réussi au détriment des 72 passagers otages. »  Rachid KILANI La réponse de Seven air: « Il n’y avait pas de disponibilité dans les hôtels de la région Sousse-Monastir. Et puis, la sécurité des passagers passe avant tout. » Du côté de Seven air, une source autorisée à la direction générale précise : « Lorsque le vol TU010 du 19 août 2007 partant de Djerba à 21h30 était au niveau de Grombalia et commençait ses manœuvres d’atterrissage à Tunis-Carthage, le pilote a annoncé la présence d’un orage très fort et a précisé qu’il y avait un risque de foudre si jamais l’avion continuait à traverser la perturbation. Il a donc rebroussé chemin sur l’aéroport le plus proche, celui de Monastir. Le problème a été ressenti par les passagers parce que Seven air n’a pas de base sur cet aéroport. Nos services ont été, quand même, mobilisés afin de trouver des hôtels pour héberger les passagers. Comme c’est la haute saison, les recherches de nos services n’ont pas abouti. Seven air s’excuse auprès de ses clients qui ont dû passer la nuit à l’aéroport. En plus, le commandant de bord était déjà à la limite de son temps de vol et il fallait lui obtenir une autorisation spéciale de l’aviation civile pour qu’il puisse terminer le restant du trajet entre Monastir et Tunis-Carthage. L’accomplissement de toutes ces formalités, qui font partie de la préservation de la sécurité des passagers, n’a été possible qu’au lever du jour et l’avion a repris son vol à 6h du matin. ». A notre question portant sur les raisons qui ont empêché la compagnie de dépêcher des bus pour ramener les passagers, notre source ajoute : « D’habitude, de pareilles perturbations ne durent pas plus d’une heure. C’est la raison pour laquelle, il n’y a pas eu recours aux bus. C’est plutôt la question de l’autorisation spéciale pour le commandant de bord qui nous a retardés. » Quant à la présumée mauvaise intention du commandant de bord, la même source poursuit : « La compagnie a demandé un rapport au commandant de bord. Elle est en train de mener sa propre enquête pour vérifier la véracité de ses interprétations quant à l’impossibilité de suivre son vol. Pour ce qui est des raisons qui justifient le fait que le vol suivant soit parvenu à Tunis-Carthage à partir de Djerba, ceci a été possible en raison des capacités de l’Airbus à voler plus haut et à éviter les perturbations. Cela n’était pas possible pour le vol TU010. D’ailleurs, Sevenair a assuré sept vols durant la journée du 19 août en toute sécurité. La compagnie a fait le maximum pour éviter le désagrément des passagers auprès desquels elle s’excuse. » Mourad SELLAMI (Source: « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 23 août 2007)  

Dans la peau d’une voilée

 
Samira Rekik   Qu’on l’avoue ou pas, il est certain que pour la majorité des Tunisiens qui sont nés aux alentours des années de l’indépendance, le hidjeb et le jelbeb ne sont rien d’autre que d’étranges tenues vestimentaires venues d’ailleurs. Car ils n’ont connu de véritable voile que le sefsari, le haïk, le bakhnoug et la lehfa. Dans leurs souvenirs, c’est en 1975 que la première Tunisienne à avoir porté un voile islamiste est apparue à la télévision. C’était à l’occasion de la célébration de la fête du Mouled que cette étudiante en théologie est venue présenter sa conférence. A cette époque on pensait que c’est « l’habit qui fait le moine », et que s’il fallait passer par là pour avoir accès à ce monde si fermé qui est celui de la religion, eh bien ce n’était pas si grave que ça. Puis il y eut la révolution iranienne et ses poussées vestimentaires contagieuses. Ce fut un phénomène de mode qui s’est mis à prendre de l’ampleur. Tout le monde en Tunisie connaît la suite et les différents évènements par lesquels notre pays est passé. Comme toute mode, cet habit a fini par tomber en désuétude, et vint une époque où il est devenu vraiment sporadique. Cette année, on a vu déambuler dans nos rues des tenues très extravagantes, faisant penser à toute autre chose qu’à des tenues de musulmanes. C’est le «2 en 1» hidjeb et jelbeb. C’est un seul et unique pan de tissu très large, qui enveloppe la femme de la tête aux pieds, en recouvrant tout le visage en dehors des yeux. Et parfois ce voile est « renforcé» d’un niqab. Il est évident que face à une tenue pareille, tout le monde dans la rue se retourne pour voir ce qui reste tout de même une curiosité dans notre pays. Quand les unes s’inquiètent et parlent de recrudescence du port du voile et de crainte de faire le jeu des islamistes, les autres minimisent le phénomène et parlent de mode, lancée par les chaînes satellitaires proches des milieux islamistes. Certains vont plus loin dans leur explication du phénomène et parlent d’une façon de se démarquer d’un Monde occidental rempli de haine et d’injustice à l’égard des Musulmans et des Arabes. Toute la classe politique tunisienne tire la sonnette d’alarme, sur ce « danger » que représentent les habitudes vestimentaires « vecteurs d’obscurantisme», « signe distinctif d’une frange dure et renfermée sur elle-même », qui ne sont rien d’autres que « le symbole d’une appartenance politique qui se cache derrière la religion et qui cherche à faire revenir la réalité de la société aux ères très anciennes ». Autoriser le port du voile serait une « véritable régression ». Notre Président de la République, M. Zine El-Abidine Ben Ali insiste sur le fait que « La Tunisie, de par son attachement à la sublime religion qui se fonde sur la modération, l’ouverture et la tolérance » doit à propos du voile « distinguer l’inspiration sectaire importée de l’extérieur ». Et comme nous sommes un pays très regardé et très envié par l’ensemble de la communauté arabo-musulmane, nous sommes souvent la cible de critiques et de calomnies de certains médias au service des fondamentalistes les plus obscurs. Une enseignante de philosophie, de 55 ans, s’interroge : «De quel retour aux origines et aux traditions nous parle-t-on ? Quelles sont les traditions vestimentaires de nos parents, de nos grands-parents ? Quand on se promène du côté des universités et dans certains quartiers, on se croirait en Iran, en Irak, peut être du côté du Moyen-Orient, mais pas en Tunisie, pas au Maghreb. C’est à se demander si ces jeunes femmes ne sont pas en train de se déraciner. Il est vrai qu’on a parlé de crise d’identité, mais quelle est leur identité, sinon tunisienne. Au nom de quoi veulent-elles nous défigurer ? Nous avons une façon bien à nous de nous habiller, nous avons une histoire à nous, nous avons un patrimoine, une civilisation, une politique bien à nous, pourquoi doit- on se laisser envahir par des coutumes qui ne sont pas les nôtres et pourquoi devrait-on vouloir nous donner des leçons de religion, comme si jusqu’à présent notre religion était incomplète ? Nous sommes musulmans depuis bien avant la révolution islamiste de Khomeyni et bien avant l’avènement des Frères Musulmans et la création du Hezbollah » La réflexion de cette Tunisienne est si logique qu’on en arrive à se demander ce qui se passe dans la tête d’une jeune femme ou d’une jeune fille, pour que du jour au lendemain elle décide de porter ce voile qui n’a jamais appartenu à son histoire. Le voile de la pudeur, du respect et de l’honneur Les raisons du port du foulard à l’iranienne sont variables d’une femme à une autre, d’une catégorie sociale à une autre. Il y a la dame de la cinquantaine révolue, qui après un pèlerinage à la Mecque, a décidé de se faire respecter définitivement par les autres, en arborant sa différence vestimentaire. C’est le cas de Neïla. Elle n’a jamais été portée sur les vêtements à la mode. Quand son mari a touché son héritage, ils ont accompli le pèlerinage de la Mecque. Depuis, elle se couvre la tête et tout le corps, et dans ses moments libres elle prie et lite le Coran. Par ailleurs elle reste très ouverte, très tolérante vis-à-vis des autres, et ne veut rien prouver au reste de la société, sinon sa gentillesse et sa générosité. Il y a encore ces jeunes femmes de la quarantaine, qui ne sont pas encore allées à la Mecque, mais qui font comme la voisine « entrée en religion », et la rattrapent sur le plan vestimentaire et donc sur le plan «tu n’es pas plus honorable que moi». Samia, âgée de 32 ans, porte le voile depuis une année. Elle n’est pas encore allée en pèlerinage et ce n’est pas dans ses projets immédiats. Elle est pratiquante assidue depuis plus de cinq ans, presque depuis son mariage. « C’est quand j’ai découvert que mon mari se saoule tous les soirs, joue aux cartes et fait un tas de choses que la morale réprouve que je me suis rapprochée au maximum du Bon Dieu pour qu’il nous protège tous les quatre avec mes deux enfants. Il arrive souvent à mon mari de pleurer comme un enfant quand il me voit lire le Coran ou prier, il a tellement honte de ce qu’il fait qu’il me jure de changer de comportement un jour prochain». Le voile de la séduction Parfois, le hidjeb n’est plus en tissu blanc ou noir, mais il est en dentelle, en mousseline, de couleur rose, vert, turquoise, jaune, or…rebrodé de paillettes, de perles… Il ne se porte plus uniquement avec le jelbeb, mais avec un jean, une jupe sirène, un body moulant, des tenues assez sexy, même si elles ne découvrent aucune partie du corps. Le voile « sympa » se noue derrière la nuque, laissant découvrir certaines mèches rebelles du côté des oreilles, se porte avec bijoux, en particulier boucles d’oreilles et surtout avec maquillage en parfait accord avec les couleurs du reste des vêtements. L’ensemble de la toilette donne une certaine aisance à ces jeunes filles, toutes contentes de n’avoir rien à se reprocher aux yeux du monde. Leur démarche devient plus aguichante et quand elles exagèrent dans leurs déhanchements, les voilà à la limite de l’indécence. C’est le choix de nombreuses jeunes filles qui se cherchent un mari et qui font l’ultime tentative en jouant sur la pudeur, alors qu’elles usent de la séduction. C’est un créneau qui fonctionne bien, car pour la majorité des hommes —jeunes et moins jeunes— le port du voile est un gage de bonne conduite. Alors qu’une fois chez elles ces jeunes filles avouent se mettre en short et petit débardeur et sont tellement crevées qu’elles foncent dans leur lit et qu’il n’y a plus de place à la prière. Le voile de la régression et de l’obscurantisme Si pour certaines jeunes filles la contagion de la mode prime, pour les autres, on sent le lavage de cerveau. Ecoutons Sana, une étudiante en 2ème année de faculté, qui porte le voile et le jilbeb depuis qu’elle a eu son bac : « Le voile est obligatoire pour toutes les filles et les femmes. Pour chaque cheveu découvert, les femmes se feront brûler une fois de plus en enfer et maudites par les anges (kol chaara bi harka, kol chaâra bi laâna). La femme dans sa totalité est réduite aux parties honteuses de son corps (limraâ kolha âoura). A travers la tenue vestimentaire d’une bonne Musulmane, on ne doit pas pouvoir déceler ni imaginer le corps d’une femme. On ne doit pas penser que la femme a des jambes ( !), une taille, un cou et même des doigts. C’est pour ça que les vêtements amples sont les plus recommandés et que le port des gants est préférable. Une main de femme, belle, fine élégante peut être à l’origine d’un moment d’égarement chez les hommes. Nous sommes nées, nous les femmes, pour embellir la vie des hommes auxquels nous appartenons selon la sunna d’Allah, et non pour dévier les hommes du droit chemin d’Allah. Qu’on le veuille ou non, les femmes resteront toujours dépendantes des hommes, c’est la sunna d’Allah (arrijalou kaouamouna âla annissa)». A propos des femmes qui ont des postes importants, on l’avait questionné il y a quelque temps sur la probabilité qu’une femme soit présidente de la République en France, elle répond : «Nul bien pour un peuple ayant à sa tête une femme». (La khaîra fi kaoumen tahkoumou fihi imraâ). Si Sana poursuit des études à la faculté, c’est parce que dans le Coran on recommande les études aux filles, nous assure-t-elle. Quant au travail, elle n’y pense pas encore. Peut-être que si les conditions pour mener une vie en parfait accord avec ses convictions religieuse, sont réunies, elle travaillera, sinon elle privilégiera sa religion à sa profession. Etre en règle avec les recommandations d’Allah, voilà le plus important, nous dit-elle. Ainsi, ajoute-t-elle, si l’on doit mourir, et la mort, cette imprévisible, nous guette à tout moment, nous mourrons alors sans avoir de dettes envers Dieu, et nous pourrons aspirer au Paradis éternel. Sana rajoute que toute bonne Musulmane et tout bon Musulman doit avoir la mort présente à l’esprit. Sana est originaire de Zarzis. Elle habite en ce moment le foyer universitaire mais retourne dans sa ville natale pendant les vacances scolaires. Son père vit en France depuis plus de trente ans, il fait le va-et-vient mais n’a jamais songé emmener sa femme et ses enfants avec lui. Depuis quelque temps il a retrouvé la foi grâce à la fréquentation de nombreux Musulmans habitant en France, qu’il ne lâche plus depuis qu’il les a connus. Quand il rentre à Tunis, il ne ramène pas du chocolat à ses enfants, mais des livres sur la religion. Sana applique à la lettre toutes les recommandations qu’elle lit dans les ouvrages ramenés par son père, c’est ce qui fait la fierté de ce dernier. Bien entendu, fier de sa fille, le père n’arrête pas de parler d’elle : Sana à fait ceci, Sana a fait cela, Sana par-ci, Sana par-là, jusqu’au jour où un de ses amis lui propose de présenter Sana à son propre fils, né en France, en âge de se marier et qui avait du mal à trouver une bonne Musulmane comme future épouse. On arrangea la rencontre, et comme Sana est très jolie fille, le fiancé, qui a certainement deviné la belle grande et fine silhouette qui se cache sous le voile, tomba sous le charme et ne rentra en France qu’une fois le contrat de mariage signé à l’ambassade de France, et lu chez les «adouls» de Zarzis. Il est prévu que Sana aille vivre en France après la célébration du mariage, soit au mois de juillet 2007. Elle y terminera ses études. Le voile de la religiosité Mais porter cet habit qu’on voudrait faire passer pour sacro-saint, comme si c’était la garantie d’une morale et d’une conduite irréprochable, ne garantit rien justement ni au niveau moral, ni au niveau principes de vie ni encore moins au niveau piété. Les exemples sont nombreux. Telle cette technicienne de laboratoire de la banlieue Nord que les malades ont fini par appeler le pingouin à cause de son jelbeb noir, de ses gants blancs, de son hidjeb blanc et de ses immenses lunettes noires. Ne comptez jamais sur sa compassion, elle n’en a pas. Comptez plutôt sur sa mauvaise humeur et sur son mauvais caractère pour vous mettre les bâtons dans les roues et vous faire revenir toujours le lendemain. Sa religion lui interdit de sourire, mais apparemment ne lui interdit pas de vous faire des grimaces. Ses voisins jurent l’avoir entendue blasphémer plus d’une fois quand elle en avait après ses enfants ! Le comble, c’est qu’elle est persuadée d’appartenir à une caste supérieure, celle des gens qui, parce qu’ils ont accompli le petit pèlerinage, la omra, sont devenus le peuple élu de Dieu.. Le voile du racolage Une discussion avec un sociologue et un psychologue, bien informés sur les phénomènes de société, nous apprend qu’il se passe du nouveau à Tunis concernant le racolage sur la voie publique en jelbeb, hidjeb et même niqab. Elles seraient quelques-unes, aperçues du côté du Lac, du côté des hôtels du centre-ville et du côté du quartier El Menzah VI. Selon cette source doublement masculine, c’est la règle de l’offre et de la demande. D’abord pour certains de nos visiteurs étrangers qui “ramassent” ces clandestines, ils seront moins “contrôlés” en compagnie d’une femme voilée qui passerait pour la conjointe étrangère. Ensuite, quand elles se déplacent, toujours clandestinement, chez un client tunisien, elles ne sont pas reconnues par les voisins qui ont toujours les yeux fixés sur les garçonnières. Ceci nous rappelle l’histoire de Mouna. A l’âge de 25 ans, Mouna a épousé un Syrien, rencontré en Tunisie. De cette union elle eut une petite fille. Trois ans après, ils divorcent pour incompatibilité d’humeur. Deux ans plus tard, ils se remettent ensemble mais sans contrat de mariage car Mouna perdrait ses avantages, en particulier l’indemnité qu’elle perçoit de la part de la CNSS, car elle vivait chez sa mère tout en étant divorcée avant la mort de cette dernière. Le couple reconstitué habite un rez- de- chaussée, avec comme voisins du dessus les propriétaires. Des amitiés se lient entre Mouna qui ne travaille pas et les propriétaires. C’est ainsi que Mouna découvrit que le bailleur de fonds de cette famille était leur fils, émigré en Suisse grâce à un mariage avec une vieille et riche Italienne. Des idées trottèrent dans la tête de Mouna. Elle échafauda un plan. Elle séduisit le fils des propriétaires, se sépara de son ex à qui elle donna la garde de sa petite fille. Elle devint entièrement disponible pour son nouvel amant. Lors d’un de ses nombreux retours en Tunisie, voilà qu’elle apprend que le riche résident en Suisse « est entré en religion ». Il ne boit plus, fait les cinq prières, exige de Mouna qu’elle porte le voile et propose un mariage purement religieux à sa partenaire. Qu’à cela ne tienne, il leur a simplement suffi de réciter la Fatiha et le mariage, consommé depuis belle lurette, fut religieusement officialisé, devant les parents respectifs et les amis. Depuis, le niveau de vie de Mouna a changé du tout au tout. Elle ne manquait plus d’argent et pouvait s’offrir tous les cadeaux dont elle a toujours rêvé, en particulier les sorties, les restaurants animés, les séjours dans les hôtels. Le conte de fée dura trois ans, mais les mauvaises langues, ont vite fait de parler des virées nocturnes de Mouna. Elle nia tout, prétextant qu’elle n’était sortie que de rares fois à l’occasion des anniversaires de ses sœurs. Son mari fit semblant de la croire et la mit sous surveillance. Pour la rassurer il lui envoya de plus en plus d’argent et espaça ses séjours en Tunisie. Seulement elle ne savait pas que le marchand de cigarettes du coin jouait au détective privé pour le compte du mari, moyennant la coquette somme de 1.000D par mois. Bien entendu, tout vola en éclat à la découverte du pot aux roses. Mouna continue, de sortir la nuit, le jour, et de mener la belle vie. Elle n’a pas enlevé le voile, car la majorité de ses conquêtes le trouvent excitant ! Nos petites filles sont protégées. Dieu merci, pour le moment nos écoles primaires échappent à cette tendance vestimentaire. Cela signifie que rares sont les parents qui forcent leurs filles à porter le voile. En général c’est leur propre choix, et le sentiment est mitigé pour les parents. Pour certains c’est une fierté et une satisfaction car ils l’assimilent à une rédemption ; pour d’autres il est source d’inquiétude, car il a une connotation politique. Une grand-mère bien de chez nous, qui porte encore la melhafa et la takrita, s’est indignée de voir ses petites filles porter jelbeb et hidjab. Elle leur a dit : «Vous allez nous ramener la poisse avec ce chiffon sur la tête, vous allez voir il va y avoir la guerre si vous continuez à vous habiller ainsi. Il y a la guerre dans tous les pays où les femmes se “pansent” la tête. On devrait l’interdire». (Source: « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1129 du 16 août 2007)

Le voile face au CSP

 
Par Zyed Krichen Tous les Tunisiens sont les enfants du Code du Statut Personnel (CSP), qu’ils le veuillent ou non. Nous ne tarderons pas à célébrer la mort du dernier d’entre nous qui a le souvenir vivant d’une répudiation, d’une famille polygame ou de mariage d’une jeune fille à peine pubère. Le CSP, 51 ans après, est devenu pour nous comme le soleil. Sa présence est tellement banalisée qu’on ne se rend plus compte de son existence. On arrive même à s’en plaindre suite à une exposition prolongée… Nul ne peut dire quel aurait été le résultat d’un référendum sur le CSP en 1956. Les plus réactionnaires d’entre nous diront qu’il aurait été refusé par le peuple. Les plus optimistes pensent que le CSP n’a fait que systématiser des comportements sociaux bien établis dans les couches les plus éclairées de la population. De ce fait, et dans l’euphorie de l’Indépendance, le CSP aurait été plébiscité. Et puis, le temps aidant, le CSP est entré dans les mœurs partout dans le pays, y compris dans les zones rurales les plus reculées. La pratique sociale est même allée au delà du texte par la généralisation des moyens contraceptifs, du contrôle des naissances et de l’accès des femmes aux plus hautes marches du savoir et au monde du travail dans toute sa complexité. Le CSP est devenu tellement symptomatique de la société tunisienne que nos intégristes, qui ont fondé leurs actions au début des années 1970 sur sa négation, ont cessé de le mettre en cause aujourd’hui. Certains esprits chagrins ont toutefois espéré en 1987 que la nouvelle équipe dirigeante revienne sur certains droits accordés aux femmes dans le CSP. Mal leur en a pris : les nouveaux amendements de 1992 voulus par le Président Ben Ali ont représenté une seconde révolution symbolique en abolissant le statut du chef de famille, dévolu en 1956 au mari. Le partenariat dans le couple a rompu définitivement avec le parfum patriarcal encore présent dans le texte de 1956. Cette modernité dont le CSP est le cœur vibrant est-elle menacée, aujourd’hui, en Tunisie ? Comme à toutes les questions difficiles, on est tenté de répondre oui et non à la fois. Non, parce que cette modernité est tellement ancrée dans la pratique sociale que seule une “Révolution réactionnaire” peut la mettre en péril, hypothèse de probabilité quasi nulle pour les court et moyen termes. Oui, car certains symboles et certains comportements, même s’ils ne sont pas immédiatement anti-CSP, font craindre la possibilité d’un retour en arrière. Le plus visible de ces symboles est le voile. Les significations sont complexes et les motivations personnelles de celles qui le portent sont très variées. Loin de nous l’idée de dénigrer ces femmes ou de porter un jugement sur leurs motivations et leur croyance. Mais on ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la portée globale du port du voile. Signe des temps, beaucoup de nos concitoyennes et des voilées vivant en Europe avancent comme premier argument défensif : la liberté individuelle de choisir sa tenue vestimentaire. Ainsi le voile serait, à la limite, un nouveau “droit humain”. Mais quand on dépasse cet argument défensif, on retrouve le socle commun de toutes celles qui se sont voilées dans le Monde arabo-musulman : se conformer à la loi divine qui interdit aux femmes devenues pubères de montrer autre chose que leur visage et leurs mains. Nous n’allons pas discuter de la validité théologique de cet argument. De toutes façons celles qui se voilent ne le font pas, généralement, après une étude personnelle et approfondie de la tradition des jurisconsultes (fukaha) musulmans. Un cheïkh de quartier, un frère ou un parent et souvent un animateur télé sont suffisants pour enlever l’adhésion. Les phénomènes mondiaux de reflux identitaires donnent de la consistance et des arguments supplémentaires à ce phénomène de société. On arrive même à des résultats surprenants : des modernistes (souvent issus de la gauche radicale ou du nationalisme arabe) veulent nous convaincre que le voile ne menace en rien notre modèle de société, voire même qu’il le conforte en lui donnant une “assise religieuse”. Il faut dire que nombre de ces modernistes n’ont qu’une connaissance par ouï-dire de la littérature islamiste. Car que veut dire “se conformer à un commandement divin” ? Reconnaître à ce que l’on estime être la Loi divine un champ d’application en dehors de la conscience individuelle revient, en définitive, à remettre en cause le pacte social basé sur la définition par la Raison de l’intérêt commun. Contrairement à ce que pensent certains de nos “modernistes”, le port du voile n’est qu’un début. Dans toutes les sociétés arabo-musulmanes où il est en expansion, il débouche sur des revendications plus larges. Cela va des restrictions à la mixité à l’école et au travail au slogan emblématique de tous les islamistes : “l’application de la chariaâ”. Le but ultime étant d’avoir une société gérée par les fetwas (décrets religieux). Le fakih remplacera ainsi l’intellectuel, étant le détenteur du savoir, et le politique puisque c’est lui qui dit la norme. Le voile, en voulant cacher le corps de la femme et l’extirper du champ social, en dit beaucoup plus sur la visée de ses défenseurs. Ce n’est pas le CSP uniquement qui coulera, s’il vient à l’emporter, mais des pans entiers de notre quotidien d’individus libres et de notre espace public. Faut-il souligner, encore une fois, la faillite morale de nos médias de masse. Aucun débat, digne de ce nom, n’a été organisé sur ce thème. La liberté totale d’expression n’est pas un luxe pour l’élite, c’est le seul moyen de défendre, pluriellement, notre mode de vie. Seul le débat libre est porteur d’une véritable adhésion citoyenne. Cela n’est pas contradictoire avec la vigilance des pouvoirs publics, mais penser que l’Etat peut remporter seul la bataille de la modernité est une illusion. Le réveil risque d’être douloureux. (Source: « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1129 du 16 août 2007)

“ L’Armée tunisienne à travers les âges ’’: Une histoire militaire de 3.000 ans

 
Hanene Zbiss Pour fêter le cinquantième anniversaire de la création de l’Armée tunisienne, le Ministère de la Défense Nationale a publié dernièrement un prestigieux livre illustré de belles photos qui retracent l’évolution de l’Armée nationale à travers l’histoire. Car, contrairement à ce que l’on pense, le savoir-faire militaire tunisien et la maîtrise de l’art de la guerre sont le fruit d’un long processus de perfectionnement de stratégies guerrières, de combats sur divers terrains terrestres et maritimes et d’habileté dans l’usage des armes constamment innovées, durant les différentes époques de l’Histoire de la Tunisie. «L’Armée tunisienne à travers les âges», comme l’indique le titre du livre, nous propose donc un voyage dans « une histoire militaire vieille de trois mille ans, jalonnée, de Carthage à Carthage, de gloires ». Au cours de ce voyage, les auteurs chercheront à « restituer l’évolution du système défensif tunisien, ainsi que l’influence qu’exercèrent sur ses structures et sa destinée la multitude de civilisations que le pays a enfantées». Publié par Les Editions de la Méditerranée, le livre est riche en articles pertinents et bien documentés qui nous donnent beaucoup d’informations historiques sur les armes, les stratagèmes de guerre, l’organisation de l’armée, les batailles, les stratégies défensives et les oeuvres pour la fortification des villes contre les assauts de l’ennemi. En le parcourant, on a l’impression de revivre les préparatifs de guerre, les moments forts du combat, le désir ardent de chaque civilisation de contrôler la Méditerranée et le souci, malgré tout, de faire régner la paix, quand cela était possible. En fait, on prenait les armes pour protéger son territoire ou l’élargir mais aussitôt la guerre terminée, on se lançait dans un vaste chantier de construction de villes, de ports, d’arsenaux, de palais et de souks. La priorité était donc à la vie et à la paix, la guerre venait en deuxième lieu. La volonté de vivre était commune à toutes les civilisations qui ont déferlé en Tunisie, le combat n’était que le moyen pour la concrétiser. D’abord Carthage… Comment peut-on expliquer autrement le départ des Phéniciens à la conquête de la Méditerranée occidentale si ce n’est pour gagner de nouveaux marchés afin de développer leur commerce maritime, condition fondamentale de leur survie. Toutefois, leur installation à Carthage et la prospérité de leur économie n’ a pas manqué de susciter des jaloux. Et aussitôt commença la guerre avec les Grecs et plus tard avec les Romains. Carthage, qui n’était pas une ville fortifiée, commença alors à se doter de remparts, à développer sa marine militaire, à recruter des soldats parmi les autochtones (Libyens et Berbères) et les mercenaires (Ibères, Gaulois, Italiens, Celtes) et à mettre en place un dispositif de combat. L’un de ses plus illustres généraux est certainement Hannibal, qui a révolutionné les structures et la manière de combattre des Carthaginois avec l’introduction des éléphants et le contrôle ferme de son armée hétérogène. Carthage a succombé, malgré tout, à l’invasion romaine et fut détruite en 146 av. J.C. Annexée à l’Empire de Rome, la « Provincia Africa » a connu une certaine prospérité grâce à la pacification de la population autochtone mais les troubles n’ont pas tardé à reprendre à travers les révoltes des tribus berbères, refusant le contrôle extérieur. Des grandes figures guerrières comme Jugurtha et Tacfarinas ont sérieusement menacé la présence romaine en terre d’Afrique pendant de longues années. L’arrivée des Vandales en 439 a mis définitivement fin à cette présence et a permis aux tribus berbères d’aller au delà du Limes tripolitain, créé par les Romains pour contrôler leurs déplacements, et de reprendre leurs terres occupées par les colons. Cent ans après, ce fut le tour des Byzantins de conquérir le territoire tunisien en 533. Leur stratégie pour s’attirer la sympathie des peuples conquis était de ne pas piller leurs biens et de respecter l’étique de la guerre. On raconte même que le général Bélisaire, en débarquant sur la côte et en voyant la précipitation de ses soldats au pillage et à la rapine aurait dit : « Quand je vous ai conduits jusqu’à cette terre, je n’avais qu’un seul souhait : rendre l’espoir aux Africains. Ils sont romanisés depuis longtemps et haïssent les Vandales. Maintenant, avec votre désobéissance et arrogance, vous avez provoqué leur haine et peut-être les avez-vous poussés à se réconcilier avec les Vandales. N’oubliez jamais que l’occupé déteste par nature l’occupant ». Les paroles de Bélisaire reflètent une certaine connaissance de la population berbère, révoltée par nature ; c’est peut-être pour cela que les Byzantins ont opté, dés le départ, pour une implantation à l’intérieur du pays. Ils ont donc mis en place un dense réseau de fortifications pour surveiller les mouvements des tribus, à l’instar de Béjà, Teboursouk, Sbeïtla, Haïdra, Gafsa, Kélibia et Ksar Lamta (région de Kairouan). Quand les Arabes contrôlaient la Méditerranée.. Contrairement aux Byzantins, les Arabes, après leur conquête de l’Ifriqiya, ont choisi de renforcer leur présence au niveau des côtes, constamment menacées par les attaques maritimes de leurs prédécesseurs chrétiens. C’est ainsi que pendant l’époque des Wullat et surtout celle des Aghlabides, on a commencé à fortifier les villes côtières et à construire des Ribats, comme celui de Monastir ou de Sousse. Ils consolidèrent aussi leur puissance maritime en profitant de l’existence antérieure de rades et de darses aménagées pour les restructurer et créer de nouveaux ports et arsenaux. Ils réussirent à mettre sur pied une véritable force navale qui s’est surtout renforcée à l’époque des Fatimides, ces Ismaélites, qui désireux de conquérir l’Orient afin d’abolir le califat Abbasside, se sont rapidement lancés dans une grande industrie navale, permettant la création de la flotte arabe la plus puissante en Méditerranée au X ème siècle. Sur le plan terrestre, les Fatimides étaient connus pour leur système militaire et défensif sans égal. Il suffisait de voir les solides fortifications de leur ville, Mahdia, et son emplacement sur une presqu’île communiquant avec la terre ferme par une seule porte (Sqifa El Kahla) pour le comprendre. Elle était la seule ville à tenir devant l’invasion des Hilaliens, servant comme ultime refuge aux Zirides. L’arrivée des Hafsides, héritiers des Almohades, a vu l’introduction de nouveaux types de fortifications, outre les remparts et les ribats. Il s’agit de la kasbah, devenue siège du pouvoir administratif et militaire du souverain, tel le cas de la Kasbah de Tunis. Malgré le retrour d’une certaine stabilité à l’époque hafside, le pays n’avait cessé de subir les attaques extérieures comme la huitième croisade de Saint Louis, les assauts des Génois et des Pisans et pour finir la course pour le contrôle de la Méditerranée entre Espagnols et Turcs, conclue en faveur de ces derniers en 1574. Naissance de l’armée régulière et du drapeau tunisien Les Ottomans ont révolutionné l’armée tunisienne à plusieurs niveaux. Ils ont introduit au XVIème siècle les armes à feu portatives et l’artillerie de campagne. Ils ont imposé une organisation plus ferme de l’armée, divisée en régiments. Ils ont construit de nouveaux remparts et fortifications pour les villes côtières et intérieures tout en consolidant les anciens forts. Ils ont fait renaître la flotte tunisienne, essoufflée par les attaques des pirates européens, et ce à travers le savoir-faire des Morisques chassés d’Espagne et des renégats chrétiens. Ghar El Melh et La Goulette sont deux places-fortes maritimes qui témoignent de cette puissance ottomane. Au XIX ème siècle, les Husseinites ont procédé à une réforme de l’armée en créant la première armée régulière tunisienne, composée d’autochtones au lieu d’éléments turcs. Une Ecole Polytechnique a vu aussi le jour en 1840 pour former les cadres militaires et les initier aux nouvelles techniques de guerre. Au cours de cette même période, le drapeau tunisien a été conçu avec ses couleurs actuelles. Cet effort de réforme ne fut interrompu que par la colonisation française et l’instauration du Protectorat. Désormais, la lutte contre l’occupant ne se fera plus de la part de l’armée régulière mais grâce aux mouvements populaires jusqu’à l’Indépendance de la Tunisie. Le 24 juin 1956, l’armée nationale est constituée, ayant comme première mission « la défense de l’intégrité du pays et l’inviolabilité de ses frontières ». Son chef suprême est Habib Bourguiba. Il fait appel aux Français pour former ses jeunes officiers et se tourne vers les marchés italiens, belges, allemands, américains et égyptiens pour s’approvisionner en armes. Rapidement, les forces militaires tunisiennes sont mises à l’épreuve avec les batailles de l’évacuation, à commencer par la bataille de Remada en 1958 jusqu’à celle de Bizerte en 1962. Aussitôt que la Tunisie eût repris sa souveraineté sur la totalité de son territoire, elle s’engagea dans un vaste programme de restructuration du Ministère de la Défense Nationale et de son armée qu’elle ne cesse de moderniser et d’élargir son champ d’intervention pour couvrir non seulement le territoire national mais aussi international, en participant au maintien de la paix dans le monde. Elle a été présente au Congo (1960-1961), au Cambodge (1992-1993), au Sahara Occidental (1991-1997), en Somalie (1994-1994) et au Kosovo (1999). Ce livre nous permet donc de connaître mieux l’évolution militaire de notre pays et de se rendre compte surtout du « rôle civilisationnel et humanitaire de premier plan » que l’armée a joué tout au long de sa longue histoire. Il a nécessité un grand travail de recherche et de documentation que nous devons à une multitude d’auteurs, chercheurs, archéologues et professeurs universitaires comme Maya Gharbi, Faouzi Mahfoudh, Néji Djelloul, Ahmed Saadaoui, Abdelaziz Bouguezzi et autres. (Source: « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1129 du 16 août 2007)

 


 

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