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AFP: La page Facebook hébergeant le concours de dessins de Mahomet supprimée
Une manifestation d’internautes Ă©touffĂ©e dans l’oeuf en Tunisie
Le journaliste Taoufik Ben Brik se plaint d’ĂȘtre sous surveillance Ă Tunis
SOLIDARITĂ AVEC L’ATF
EXPULSE DE SON HOTEL ET LAISSE A LUI-MEME Ferchichi dort devant le ministÚre des Affaires étrangÚres
Yassine Ferchichi avait Ă©tĂ© renvoyĂ© de la France vers le SĂ©nĂ©gal il y a six mois. Il campe depuis trois jours devant le ministĂšre des Affaires EtrangĂšres Ă Dakar, pour demander la prolongation de la prise en charge par lâEtat sĂ©nĂ©galais, lâhĂŽtel qui lâhĂ©bergeait depuis son arrivĂ©e lâayant mis Ă la porte. Â
HĂ©bergĂ© par un hĂŽtel de la ville depuis son arrivĂ©e, Yassine Ferchichi a Ă©tĂ© sommĂ© mardi dernier de quitter les lieux. Ne sachant Ă qui sâadresser au terme de deux jours Ă arpenter en vain le commissariat de Dakar, Yassine Ferchichi a pris sa valise et campe depuis lors devant le ministĂšre des Affaires EtrangĂšres dans lâattente dây ĂȘtre reçu puisquâil a envoyĂ© un courrier au ministre en ce sens au dĂ©but du mois.
Pour mĂ©moire, Yassine Ferchichi, interdit dĂ©finitivement du territoire français et ne pouvant ĂȘtre renvoyĂ© en Tunisie oĂč lâattendent, au bas mot, trente deux ans dâemprisonnement et quinze ans de contrĂŽle
administratif, avait Ă©tĂ© mis dans un avion pour le SĂ©nĂ©gal le 24 dĂ©cembre 2009, muni dâun laisser passer dĂ©livrĂ© par ce pays. Sa vie nâa Ă©tĂ© depuis son arrivĂ©e quâun combat contre lâerrance et la prĂ©caritĂ©, puisque dĂ©nuĂ© de tout document, y compris de papiers dâidentitĂ©, privĂ© de toute ressource, sans connaissances sur place, il a dĂ» faire face aux volte-faces des autoritĂ©s sĂ©nĂ©galaises. En avril dernier, il avait dĂ©jĂ menĂ© une grĂšve de la faim, ces derniĂšres lui ayant annoncĂ© la fin de sa « prise en charge », laquelle consistait en hĂ©bergement et nourriture. Les autoritĂ©s Ă©tant revenues sur leur dĂ©cision, il avait mis fin Ă son mouvement, mais câĂ©tait pour sâentendre dire par la gĂ©rance de lâhĂŽtel que ces mĂȘmes autoritĂ©s ne rĂ©glaient pas la facture.
En France, il a dĂ©posĂ© une requĂȘte aux fins de relĂšvement de lâinterdiction du territoire qui sera examinĂ©e par le tribunal de Grande Instance de Paris le 3 juin prochain.
Luiza Toscane
 Par Khémaïs CHAMMARI
La deuxiĂšme mi-temps de la prĂ©sidence espagnole de lâUnion EuropĂ©enne ( 01 Janvier- 30 Juin 2010) aura, entre autres, Ă©tĂ© ponctuĂ©e par un certain nombre dâinitiatives et de concertations des sociĂ©tĂ©s civiles de lâEuro Med. En attendant celles envisagĂ©es Ă Barcelone (Ă lâoccasion du Sommet de lâUnion Pour la MĂ©diterranĂ©e â UpM prĂ©vu, sâil se tient , pour le 07 Juin) et qui seront principalement axĂ©es sur la question Palestinienne ; lâEspagne a accueilli, fin avril Ă Madrid, le Groupe de SolidaritĂ© Tunisie (GST) et, surtout du 14 au 16mai Ă Alicante (Espagne), le Forum Civil Euro Med .
                               SolidaritĂ© pour les droits de lâHomme et la dĂ©mocratie en Tunisie.
La rĂ©union de la fin du mois dâavril du GST â mis en place par le RĂ©seau Euro Med des droits de lâHomme ( REMDH qui regroupe ,sous la prĂ©sidence de Kamel Jendoubi, 83 associations et organisations du pourtour mĂ©diterranĂ©en) â fait suite Ă celle tenue Ă Tunis, dans les conditions de tensions que lâon sait, les 14 et 15 novembre 2009. Ce groupe est composĂ©, Ă paritĂ©, de reprĂ©sentants de composantes autonomes des sociĂ©tĂ©s civiles tunisienne et europĂ©ennes.[1] Durant quatre journĂ©es , les participant(e)s Ă la rĂ©union de Madrid ont dĂ©battu du rapport initiĂ© par le RĂ©seau sur « les institutions de lâUE et du PEM ET lâĂ©tat des droits de lâHomme en Tunisie » ; des initiatives Ă lâoccasion des nĂ©gociations sur la demande tunisienne dâun « statut avancé » avec lâUE ; des voies et des moyens de sĂ©curisation des communications en temps rĂ©el ; et surtout du dĂ©veloppement de lâaction de solidaritĂ© en Espagne avec les dĂ©fenseurs et les dĂ©mocrates tunisiens. A lâinitiative de lâassociation espagnole ACSUR (Droits, DĂ©veloppement, CoopĂ©ration), le sĂ©jour Ă Madrid a permis , par ailleurs ,de trĂšs utiles contacts avec les ONG, les « mĂ©dias », les parlementaires et les institutions gouvernementales ( affaires Ă©trangĂšres, premier ministĂšre, coopĂ©ration et affaires europĂ©ennes). Une rĂ©union publique a Ă©tĂ© organisĂ©e Ă lâ « AthĂ©nĂ©o » de Madrid. Elle a Ă©tĂ© perturbĂ©e en fin de sĂ©ance, lors du dĂ©bat avec la salle, par les habituels « trublions » dĂ©pĂȘchĂ©s de Tunis â cette fois-ci (terrorisme de lâETA basque oblige !)- au nom de lâassociation paravent de « soutien aux victimes du terrorisme en Tunisie ». Les mĂ©thodes dâobstruction intempestives utilisĂ©es, au demeurant contre productives , ont suscitĂ© lâindignation des participants espagnols. Le communiquĂ© final relatif Ă ce sĂ©jour madrilĂšne a Ă©tĂ© repris par plusieurs mĂ©dias espagnols et internationaux et notamment par « Tunisnews » et la chaine « Al Jazeera ».
                                   Un Forum Civil dâune grande maturitĂ©.
Deux semaines plus tard, câest Ă Alicante que sâest tenu, avec le soutien de la « Casamediterraneo », le 9iĂšme Forum Civil Euro Med. Cette rencontre est organisĂ©e tous les deux ans environ depuis celle inaugurale de Barcelone en 1995 ( la prĂ©cĂ©dente sâest dĂ©roulĂ©e Ă Marseille en novembre 2008) ,avec lâappui de la Commission EuropĂ©enne et des autoritĂ©s du pays qui assure la prĂ©sidence de lâUE ( en lâoccurrence, lâEspagne pour cette session). Le Forum est organisĂ© par la « Plate Forme Non Gouvernementale Euro Med ». Celle âci regroupe plusieurs « plate forme » nationales ( France, Espagne, Maroc ,Liban ,Italie), des coordinations nationales, plus ou moins formalisĂ©es, et des rĂ©seaux thĂ©matiques(droits humains, genre/femmes, dĂ©veloppement, environnement, culture(notamment la Fondation Anna Lindh),jeunesse, enfance, santĂ©, groupes aux besoins spĂ©cifiques ( porteurs dâhandicap). PrĂ©sidĂ©e par le marocain Abdelmaksoud RACHDI, co-fondateur du rĂ©seau culturel « Achoola », la Plate Forme Euro Med regroupe ainsi plusieurs centaines dâassociations et de rĂ©seaux nationaux et rĂ©gionaux et ses instances dirigeantes â le ComitĂ© Pilotage et le Conseil dâAdministration- sont animĂ©s par le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral M°Michel Tubiana (REMDH-France) et le secrĂ©taire exĂ©cutif Yacine SAADI. La Tunisie y est reprĂ©sentĂ©e par M° Mokhtar TRIFI(LTDH) et Radhia BENZEKRI- DRIDI (AFTURD), NeĂŻla JRAD Ă©tant supplĂ©ante.
Durant trois journĂ©es, quelques 250 dĂ©lĂ©guĂ©s originaires de 27 pays[2]ont dĂ©battu « des changements institutionnels intervenus au cours des deux derniĂšres annĂ©es Ă la suite de lâentrĂ©e en vigueur du TraitĂ© europĂ©en de Lisbonne et de la disparition du processus de Barcelone au profit de lâUnion pour la MĂ©diterranĂ©e â UpM ». Une sĂ©ance en plĂ©niĂšre a , par ailleurs, Ă©tĂ© consacrĂ©e pour la premiĂšre fois « aux propositions des sociĂ©tĂ©s civiles pour dĂ©velopper une vĂ©ritable dimension sociale dans le partenariat euro med ». Mais câest le thĂšme de lâEgalitĂ© qui a Ă©tĂ© ,cette annĂ©e, le fil conducteur de cette rencontre avec une interrogation centrale, « lâĂ©galité : une question commune pour les sociĂ©tĂ©s civiles euro med ». Cinq ateliers ont ainsi eu Ă dĂ©battre de cette idĂ©e-force de lâexigence dâĂ©galitĂ© comme horizon et comme aiguillon pour « interroger non seulement les logiques qui sous- tendent le partenariat euro med , mais aussi celles qui sus- tendent lâĂ©volution de chacune des sociĂ©tĂ©s qui le composent » : EgalitĂ© des Ă©changes et DĂ©veloppement ; LâĂ©gal accĂšs aux ressources ; LâĂ©galitĂ© nâest pas possible sans dĂ©mocratie ; Le droit Ă la culture sans discrimination, droits fondamentaux et fait religieux ; Peuples et Etats, EgalitĂ© de droits et dâobligations. Cinq ateliers dont les dĂ©bats, parfois trĂšs vifs, ont Ă©tĂ© dâune grande diversitĂ© avec en toile de fond les incontournables rĂ©fĂ©rences aux droits humains, aux libertĂ©s dâexpression, de conscience et dâ association , aux droits des femmes et aux droits des peuples. Les rapports des cinq ateliers, lâintervention en clĂŽture du forum sur lâĂ©valuation du Plan dâAction sur la question Genre (femmes) depuis la DĂ©claration dâIstanbul 2006 et la « DĂ©claration finale » ont illustrĂ© et confirmĂ© la volontĂ© unanime de participant (e)s de « bannir dans les faits toute forme de discrimination Ă raison du sexe, du handicap, de lâorigine, de la race, de la religion, de lâabsence de religion ou de lâorientation sexuelle » et dâimposer « la reconnaissance de sociĂ©tĂ©s civiles autonomes et indĂ©pendantes ».
                                           Lâ UpM en question
Sâagissant de lâUnion pour la MĂ©diterranĂ©e- UpM dont le 2iĂšme Sommet (7 juin 2010) risque dâĂȘtre « plombé » , en particulier par la situation au Moyen Orient et les blocages israĂ©liens, le Forum dâAlicante a « rĂ©affirmĂ© la nĂ©cessitĂ© dâun partenariat euro mĂ©diterranĂ©en ouvert Ă tous les pays de la rĂ©gion et qui ne peut reposer sur des projets de dĂ©veloppement Ă©conomiques, aussi importants soient-ils. Il doit sâappuyer sur les mĂȘmes principes fondamentaux qui ont conduit Ă la crĂ©ation du processus de Barcelone : volontĂ© de partager un destin commun, respect de la diversitĂ© des sociĂ©tĂ©s, intangibilitĂ© des valeurs, des libertĂ©s et des principes qui sont inscrits dans la dĂ©claration universelle des droits de lâHomme et dans les Pactes internationaux relatifs aux droits civils, politiques et aux droits Ă©conomiques, sociaux et culturels. »
Enfin, les questions relatives Ă la jeunesse, Ă lâimmigration, au « Programme Euro Med SociĂ©tĂ© civile 2010-2013 »[3]et , bien sĂ»r, Ă la solidaritĂ© avec le peuple palestinien ont Ă©tĂ© au cĆur des prĂ©occupations des participant (e )s dont la DĂ©claration Finale â qui sera prĂ©sentĂ©e au prochain Conseil ministĂ©riel de lâUpM ( et, sâil se tient, au Sommet des chefs dâEtat de juin 2010),« appelle lâUpM ,les gouvernements qui la composent et la CommunautĂ© internationale Ă cesser de pratiquer la politique des deux poids , deux mesures et Ă imposer aux autoritĂ©s israĂ©liennes le plein respect des rĂ©solutions internationales pertinentes permettant de mettre fin Ă lâoccupation et Ă la colonisation de la Palestine. Rappelant que cette situation constitue une violation manifeste, permanente et intolĂ©rable du Droit international ; les participant(e)s demandent Ă tous les pays de lâUpM de prendre immĂ©diatement les sanctions appropriĂ©es et dâappuyer les conclusions et les recommandations du rapport de M Goldstone. »
La cuvĂ©e 2010 du Forum Civil Euro Med  a ainsi permis Ă la Plate Forme Non Gouvernementale de se poser, avec maturitĂ©, comme un outil dĂ©cisif de la concertation des sociĂ©tĂ©s civiles euro mĂ©diterranĂ©ennes et un partenaire crĂ©dible des institutions du Partenariat Euro Med. Avec , toutefois, un bĂ©mol qui tient Ă la faible reprĂ©sentation des societĂ©s civiles des pays du Nord et de lâest du continent europĂ©en. Ce sera lĂ , Ă nâen pas douter, lâun des dĂ©fis du 10 iĂšme Forum Civil Euro Med.
                                                                                                                                     K.C.
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PS: Ces concertations au niveau des sociĂ©tĂ©s civiles Euro Med et la participation active des dĂ©fenseurs tunisiens ont eu pour consĂ©quence subalterne une relance brutale des campagnes indignes orchestrĂ©es par la presse de caniveau et animĂ©es ,notamment, par Kol En-Nass, AL- Hadath mais aussi le quotidien Ach-Chourouk. Odieuses ,lĂącheset n’ayant aucune crĂ©dibilitĂ©, ces campagnes n’auront d’autre effet que de discrĂ©diter un peu plus leurs auteurs et leurs mandants….A moins que cela ne soit le prĂ©lude Ă l’adoption et Ă l’application du scandaleux projet de loi liberticide visant Ă punir pĂ©nalement “tout tunisien ayant dĂ©libĂ©rĂ©ment contacts avec l’Ă©tranger pour inciter Ă porter prĂ©judice aux intĂ©rĂȘts Ă©conomiques vitaux de la Tunisie” !!!
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[1].A Madrid, ces derniĂšres Ă©taient reprĂ©sentĂ©es par des associations dâEspagne, de Grande Bretagne dâItalie, de France et de la FIDH(FĂ©dĂ©ration Internationale des Ligues des Droits de lâHomme). La dĂ©lĂ©gation tunisienne Ă©tait, quant Ă elle, composĂ©e de Kamel Jendoubi (prĂ©sident du REMDH), KhĂ©maĂŻs CHAMMARI, Lotfi HAJJI (ancien prĂ©sident du SNJ),Sihem BEN SEDRINE et Omar MESTIRI( CNLT), Halima JOUINI (ATFD), M° Houcine BARDI (CRLDHT), Noureddine BAABOURA ( FTCR) ; Jaloul AZOUNNA (Ecrivains Libres)nâayant pu rĂ©pondre Ă lâinvitation pour une raison de force majeure , ainsi que Zouhayr MAKHLOUF (journaliste et membre de lâassociation « LibertĂ© et Equité » privĂ© de son passeport. Outre son prĂ©sident, le REMDH Ă©tait reprĂ©sentĂ© par son directeur exĂ©cutif Marc Shade Poulsen( Danemark) , le chargĂ© du programme SolidaritĂ© et son assistante ; et la FIDH par Marie CAMBERLIN.
[2]En dĂ©pit de certaines absences dues aux difficultĂ©s de communication et de transport ( KhĂ©dija CHERIF, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de la FIDH, MĂ©lika HORCHANI du Collectif 95 Maghreb EgalitĂ©,Moufida BELGHITH de lâATFD, Souad TRIKI de lâAFTURD , Zeineb FARHAT du rĂ©seau « Culture » ; la participation tunisienne Ă ce 9iĂšme FORUM a Ă©tĂ© importante. Outre les deux membres du CoPi et du CA : M° Mokhtar TRIFI (rĂ©fĂ©rent politique de lâatelier «EgalitĂ© et DĂ©mocratie ») et Radhia BENZEKRI-DRIDI ( rapporteure de lâatelier « Culture ») ; ont participĂ© Ă ce forum : KhĂ©maĂŻs CHAMMARI (REMDH , un des 4  « intervenants principaux » de lâatelier « DĂ©mocratie » et intervenant en plĂ©niĂšre ), Abdeljellil BEDOUI ( un des cinq «intervenants principaux » de lâatelier « EgalitĂ© des Ă©changes et DĂ©veloppement » ), NeĂŻla JRAD (AFTURD) ,Sihem BENSEDRINE ( CNLT) ,KhĂ©llil ZAOUIA ( LTDH), Omar MESTIRI (Kalima),Tarak BENHIBA (FTCR) ,Med Salah KHERIJI ( LTDH et IADH) ,Med Ali ABROUGUI ( ANPE- Environnement) , SoukeĂŻna ABDESSAMAD-BEN HAMADI ( SNJ), Anouar MOALLA (Association Anti-Sida et Fondation du Futur, rapporteur de lâatelier « DĂ©mocratie).
[3]AppuyĂ©, au profit de la Plate Forme, par LâUE avec lâassistance technique dâun consortium avec pour chef de file lâIMED de Rome
 (Source: AT-TARIQ ALJADID N° 181 du 22 Mai 2010)
Tunisian CyberDissidents Rally for Freedom
Kahéna
Tunis 1er mai 2010Â
      Le rĂ©gime Ă mi-temps au deux tiers du salaire au bĂ©nĂ©fice des mĂšres » est-il une discrimination positive ou une assignation Ă domicile ?Â
    Ce rĂ©gime spĂ©cial, instaurĂ© par la loi 2006-58, est entrĂ© en vigueur en janvier 2007. Il sâapplique au secteur public de lâemploi Ă cinq corps de fonctionnaires : les militaires, les forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, les agents de lâEtat, des collectivitĂ©s publiques locales, des Ă©tablissements publics, des offices, des entreprises publiques et des douanes. Il toucherait ainsi une partie des 63 000 femmes fonctionnaires sur les 980 400 travailleuses reprĂ©sentant les 27, 3% de la population active recensĂ©e en 20071. Quelle est en pratique la rĂ©alitĂ© de ce rĂ©gime, de quoi tĂ©moigne-t-il et Ă quelles objections de principe se heurte-t-il ?Â
     PassĂ©s lâeffet dâannonce et les clameurs de la propagande, la mesure ne semble pas faire des Ă©mules. Elle ne concernerait quâune infime partie des salariĂ©es de la fonction publique. A la premiĂšre annĂ©e, il y aurait eu environ 1500 demandes2. Mesure facultative, elle est dâapplication restrictive ne touchant que « la mĂšre ayant un enfant de moins de 16 ans » ou ayant « un enfant handicapé » pour qui la condition dâĂąge ne sâapplique pas. A vrai dire, les modalitĂ©s de son bĂ©nĂ©fice sont dissuasives et son octroi discrĂ©tionnaire. Sa durĂ©e est de trois ans renouvelable deux fois, consistant en lâaccomplissement dâun service hebdomadaire Ă mi temps avec conservation des droits Ă lâavancement, Ă la promotion, aux congĂ©s et Ă la couverture sociale. Si les bĂ©nĂ©ficiaires perçoivent les deux tiers du salaire, elles demeurent assujetties aux retenues sur salaire effectuĂ©es sur la base du traitement Ă plein temps.
     Ce rĂ©gime appelle commentaire, dâune part au regard de ce qui, Ă tord, semblerait ĂȘtre une discrimination positive et dâautre part, au regard de la rĂ©alitĂ© de lâemploi des femmes frappĂ©e de plein fouet par le chĂŽmage.Â
I – « Une discrimination positive » en trompe lâĆil.Â
« La mi-temps au deux tiers du salaire » est prĂ©sentĂ©e Ă tord comme une mesure de justice faite aux mĂšres fonctionnaires astreintes à « la double journĂ©e de travail », entre travail domestique et travail professionnel. Nul ne conteste la lĂ©gitimitĂ© de combattre ce phĂ©nomĂšne tant il est lâexpression mĂȘme des rapports inĂ©gaux de sexes. Le principe dâĂ©galitĂ© ne sâoppose pas en effet Ă ce quâune diffĂ©renciation de traitement soit adoptĂ©e dans le but de favoriser une catĂ©gorie dĂ©terminĂ©e de personnes afin de compenser une inĂ©galitĂ© de fait prĂ©existante entre elles. La cause est entendue. Le conseil constitutionnel tunisien lâa faite sienne en considĂ©rant dans son avis de 2005 « que si les dispositions de lâarticle 6 de la constitution prescrivent lâĂ©galitĂ© en droits, en devoirs et devant la loi(âŠ), elles nâinterdisent pas en revanche la discrimination positive au profit de certaines catĂ©gories en vue dâassurer lâĂ©galitĂ© effective comme câest le cas pour les personnes handicapĂ©es, du moment que cette discrimination positive nâaffecte pas les droits fondamentaux garantis par la constitution ; quâelle vise un seul objectif qui est dâassurer lâĂ©galitĂ© des chances et quâelle est caractĂ©risĂ©e par la proportionnalitĂ© entre dâun cĂŽtĂ©, les privilĂšges, les avantages, les facilitĂ©s et les exonĂ©rations » (avis n° 34-2005).
     Sâagit-il, en consĂ©quence, dâune mesure de ce genre ? En rĂ©alitĂ©, loin de rĂ©tablir lâĂ©galitĂ© des chances, elle reproduit la hiĂ©rarchie des sexes et la division sexuelle du travail, en repoussant les mĂšres, Ă lâexclusion des pĂšres, vers « leur espace domestique naturel », espace fĂ©minin du mĂ©nage non rĂ©munĂ©rĂ©. OpĂ©rant par hiĂ©rarchisation, elle gratifie le retrait des femmes du marchĂ© de lâemploi tout en dĂ©considĂ©rant leur salaire (vu comme un salaire dâappoint) et en dĂ©lĂ©gitimant leur « accĂšs » au travail, ignorant quâil est un Ă©lĂ©ment crucial dans le processus de construction de soi, et une condition primordiale de lâautonomie et par suite du dĂ©veloppement Ă©conomique et social. Â
II – Face Ă la prĂ©caritĂ© Ă©conomique des femmes : le dĂ©fi de lâemploi dĂ©cent pour tous. Â
Les donnĂ©es sur lâĂ©volution de la population active par sexe montrent un double phĂ©nomĂšne, paradoxal en apparence : la progression du taux dâactivitĂ© des femmes que contredit la progression du taux de chĂŽmage parmi elles. En effet, lâĂ©volution montre que le taux dâactivitĂ© des femmes a augmentĂ© atteignant 25,3 en 2007 alors quâil a baissĂ© pour les hommes atteignant 67% en 2007. Si cette baisse sâexplique par la rĂ©tention du systĂšme dâenseignement dâune part importante de la population masculine en Ăąge de travailler, lâaugmentation elle, traduit la conquĂȘte rĂ©cente de leurs droits par les femmes : le droit Ă lâenseignement, Ă la santĂ© et au travail. Toutefois, cette progression est lente et encore minime par rapport Ă lâinvestissement consenti depuis lâindĂ©pendance et au potentiel de qualifications fĂ©minines existant. DâaprĂšs Souad Triki, Ă©conomiste et fĂ©ministe de renom, Ă ce rythme il faudrait plus dâun siĂšcle pour atteindre lâĂ©galitĂ© des taux dâactivitĂ© entre les sexes. A ce taux le plus faible du monde qui caractĂ©rise la rĂ©gion du Moyen Orient et de lâAfrique du Nord3, sâajoute un autre phĂ©nomĂšne : le chĂŽmage. Toutes les Ă©tudes convergent pour dire que si le chĂŽmage est Ă©levĂ© (18,4% en moyenne par an) touchant les jeunes et les diplĂŽmĂ©-e-s du supĂ©rieur, câest dans la population fĂ©minine quâil est le plus prononcĂ©. En effet, sâil a baissĂ© chez les hommes en passant de 15,3% en 2000 Ă 12,8% en 2007, il a augmentĂ© chez les femmes, passant de 16,9% en 2000 Ă 17,8 % en 2006. Ce tableau est aggravĂ© par les conditions effectives de lâemploi des femmes : confinement dans des secteurs de lâĂ©conomie les moins productifs ou prĂ©sentant des risques Ă©conomiques les plus Ă©levĂ©s, emploi ne rĂ©pondant pas aux critĂšres qui dĂ©finissent un travail dĂ©cent ; autant de fragilitĂ©s qui se rĂ©percutent sur leur conditions de vie et les prĂ©cipitent en cas dâalĂ©as dans la vulnĂ©rabilitĂ© sociale et la prĂ©caritĂ© Ă©conomique. Dans ces conditions le dĂ©fi est moins dâintroduire des amĂ©nagements dâhoraires que dâentreprendre une vĂ©ritable politique publique dâĂ©galitĂ© de chance en termes dâaccĂšs au marchĂ© de lâemploi et de conditions de travail. Lâobjectif du millĂ©naire nâest-il pas «le plein emploi productif et le travail dĂ©cent pour tous » ?  Â
(Source: “Mouwatinoun” organe du FDTL nr 132 mai 2010) Â
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