22 mai 2010

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TUNISNEWS
10 Úme année, N° 3651 du 22.05.2010
 archives : www.tunisnews.net 


AP: Une manifestation d’internautes Ă©touffĂ©e dans l’oeuf en Tunisie AFP:Le journaliste Taoufik Ben Brik se plaint d’ĂȘtre sous surveillance Ă  Tunis FTCR: SOLIDARITÉ AVEC L’ATF Nettali:  EXPULSE DE SON HOTEL ET LAISSE A LUI-MEME – Ferchichi dort devant le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres Luiza Toscane: Le combat pour la survie de Yassine Ferchichi KhĂ©maĂŻs CHAMMARI: MADRID – ALICANTE – BARCELONE :  CONCERTATIONS ENTRE LES SOCIETES CIVILES ET FORUM CIVIL EURO MED Ahed Alhendi: Tunisian CyberDissidents Rally for Freedom Mouwatinoun: Le Salaire de la mĂšre – Le rĂ©gime Ă  mi-temps au deux  tiers du salaire AFP: La page Facebook hĂ©bergeant le concours de dessins de Mahomet supprimĂ©e AFP: YĂ©men: grĂące prĂ©sidentielle pour les journalistes emprisonnĂ©s ou en procĂšs

AFP: La page Facebook hébergeant le concours de dessins de Mahomet supprimée


Une manifestation d’internautes Ă©touffĂ©e dans l’oeuf en Tunisie


AP 22.05.10 | 18h30 Les forces de l’ordre ont Ă©touffĂ© dans l’oeuf une manifestation de blogueurs qui entendaient protester Ă  Tunis contre le verrouillage de sites Internet en Tunisie, a-t-on constatĂ© sur place samedi. Un dispositif policier renforcĂ© quadrillait l’artĂšre principale de la capitale et les rues avoisinantes pour empĂȘcher toute vellĂ©itĂ© de rassemblement. Selon le journaliste opposant et blogueur, Soufiane Chourabi, les manifestants prĂ©voyaient une marche au centre-ville en arborant des T-shirts avec des slogans tels que “LevĂ©e du verrouillage d’Internet” et “LibertĂ© sur la toile”, puis un rassemblement devant le ministĂšre des tĂ©lĂ©communications Ă  moins d’un kilomĂštre. Les initiateurs de cette action “apolitique”, Yassine Ayari et Slim Amamou, informaticiens, et Lina Ben Mhenni, professeur universitaire d’anglais, ont adressĂ© une lettre recommandĂ©e au ministre de l’IntĂ©rieur pour demander, conformĂ©ment aux dispositions lĂ©gales, l’autorisation d’entreprendre cette “manifestation pacifique”, mais n’ont reçu aucune rĂ©ponse, a expliquĂ© M. Chourabi Ă  l’Associated Press. Ils avaient au prĂ©alable tentĂ©, en vain, de remettre la lettre directement aux services concernĂ©s. Les deux informaticiens ont Ă©tĂ© interpellĂ©s la veille Ă  la mi-journĂ©e et n’ont Ă©tĂ© relĂąchĂ©s que tard dans la nuit, aprĂšs s’ĂȘtre engagĂ©s Ă  annuler la manifestation envisagĂ©e, a prĂ©cisĂ© M. Chourabi. Parmi les sites verrouillĂ©s figurent Youtube, Twitter et Dailymotion, outre ceux de partis politiques et d’ONG tunisiennes et Ă©trangĂšres. Plusieurs internautes se plaignent Ă©galement du blocage de leurs adresses sur le site social Facebook. Ce dernier a Ă©tĂ© complĂštement verrouillĂ© il y a presque deux ans, mais la mesure a Ă©tĂ© ensuite levĂ©e sur intervention du prĂ©sident Zine El Abidine Ben Ali. La Tunisie compte plus de 3,6 millions d’internautes sur plus de 10 millions d’habitants, soit 36 utilisateurs de l’Internet pour 100 habitants. Avec 400.000 abonnĂ©s, l’Internet Ă  haut dĂ©bit ADSL couvre plus de 600 rĂ©gions dont les villes et les rĂ©gions rurales de l’intĂ©rieur du pays. Le parc informatique est estimĂ© Ă  plus de 1.250.000 ordinateurs, soit 21,9 ordinateurs pour 100 habitants. AP

Le journaliste Taoufik Ben Brik se plaint d’ĂȘtre sous surveillance Ă  Tunis


AFP | 22.05.10 | 10h19  Le journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik se plaint d’ĂȘtre constamment surveillĂ© depuis sa sortie de prison fin avril, une situation dĂ©noncĂ©e par l’organisation Reporters sans frontiĂšres qui appelle le pouvoir tunisien Ă  le “laisser tranquille”. Depuis Tunis oĂč il rĂ©side, M. Ben Brik a affirmĂ© Ă  l’AFP qu’il est suivi en permanence par des policiers en civil lorsqu’il quitte son domicile. “Je vais au coiffeur, ils vont avec moi, je vais au boulanger, ils viennent aussi. C’est comme si j’Ă©tais en rĂ©sidence surveillĂ©e”, a-t-il rapportĂ©. Le journaliste a purgĂ© en Tunisie une peine de six mois de prison pour violence, Ă  la suite d’une plainte d’une Tunisienne. Mais Taoufik Ben Brik et ses proches dĂ©noncent une manipulation, visant Ă  le faire taire aprĂšs des articles trĂšs critiques pour la presse française Ă  l’Ă©gard du prĂ©sident Zine El Abidine Ben Ali. Au fil des annĂ©es, Taoufik Ben Brik s’est affirmĂ© comme l’un des principaux opposants au rĂ©gime tunisien, en tous cas le plus mĂ©diatique. “Rien ne justifie aujourd’hui que des agents des forces de l’ordre soient postĂ©s en permanence devant son domicile et le suivent lors de ses dĂ©placements. C’est du harcĂšlement”, a dĂ©noncĂ© Jean-François Julliard, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de Reporters sans frontiĂšres dans un communiquĂ©. “Les autoritĂ©s tunisiennes n’ont cessĂ© de nous expliquer que Taoufik Ben Brik Ă©tait un dĂ©tenu de droit commun. Est-ce que tous les anciens dĂ©tenus de droit commun sont, comme lui, surveillĂ©s constamment aprĂšs leur sortie de prison ? Toute cette affaire, depuis le dĂ©but, est une vraie mascarade. Il est temps que le pouvoir tunisien laisse Taoufik Ben Brick tranquille”, a-t-il ajoutĂ©.  

La Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives
(FTCR),
Communiqué

SOLIDARITÉ AVEC L’ATF


 
La FĂ©dĂ©ration des Tunisiens pour une CitoyennetĂ© des deux Rives (FTCR), condamne la publication sur une liste de diffusion Ă©lectronique proche du pouvoir tunisien d’’un article diffamatoire Ă  l’’encontre des dirigeants et des salariĂ©s de l’’Association des Tunisien de France. La FTCR, dĂ©nonce cet acte qui a pour objectif de nuire aux actions que mĂšne l’ATF, en faveur de l’’immigration. La FTCR, fait part de sa solidaritĂ© Ă  M. Mohamed Lakhdar El Lala, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de l’’Atf, Mme Nadia Chaabane, vice prĂ©sidente et MM. Mohamed Smida et Rabah Arfaoui, militants de l’’association. Paris, le 21 mai 2010 Pour la FTCR Le PrĂ©sident Tarek Ben Hiba

EXPULSE DE SON HOTEL ET LAISSE A LUI-MEME Ferchichi dort devant le ministÚre des Affaires étrangÚres


NETTALI.NET – Son sĂ©jour Ă  Dakar tourne au cauchemar. Yassine Ferchichi, ce Tunisien expulsĂ© de la France et condamnĂ© par contumace en Tunisie Ă  une peine de 32 ans de prison ferme pour acte terroriste, dort depuis deux jours devant le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres. ExpulsĂ©s de son hĂŽtel que l’Etat du SĂ©nĂ©gal n’a pas payĂ©, le Tunisien a dĂ©posĂ© ses bagages devant le siĂšge du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres. Depuis le mois de dĂ©cembre 2009, le Tunisien Yassine Ferchichi Ă©tait logĂ© dans un hĂŽtel de la place par les autoritĂ©s sĂ©nĂ©galaises. Seulement, l’Etat n’est jamais passĂ© Ă  la caisse. C’est du moins ce que soutiennent les responsables dudit hĂŽtel qui lui ont demandĂ©, jeudi, de vider les lieux. Ferchichi a ainsi quittĂ© sa chambre d’hĂŽtel, errant dans les rues de Dakar. Et c’est au ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres qu’il est allĂ© dĂ©poser ses affaires. Et cela fait deux jours que le Tunisien s’est installĂ© devant les locaux du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres. LaissĂ© Ă  lui-mĂȘme, le Tunisien ne sait plus Ă  qui s’adressait. Pour le moment, il n’y a que l’organisation de dĂ©fense des droits de l’homme, Amnesty/section SĂ©nĂ©gal qui s’intĂ©resse Ă  son cas. Selon certaines informations, des organisations comme la Rencontre africaine des droits de l’homme (Raddho) se semblent plus s’intĂ©resser Ă  l’affaire Ferchichi. Pour rappel, le SĂ©nĂ©gal avait acceptĂ© d’accueillir sur son territoire Yassine Ferchichi expulsĂ© de la France oĂč il avait fini de purger une peine d’emprisonnement par la justice française qui lui reproche des accointances avec des organisations terroristes. Interdit de sĂ©jour sur le sol français, Ferchichi est Ă©galement dans l’impossible de retourner dans son pays, la Tunisie oĂč l’attend une peine de prison de 32 ans pour actes terroristes. Mais il dit Ă  qui veut l’entendre n’avoir rien Ă  voir avec une quelconque organisation terroriste. – Par Nettali –
 
(Source: “Nettali.net”  le 22 mai 2010)


Le combat pour la survie de Yassine Ferchichi

Yassine Ferchichi avait Ă©tĂ© renvoyĂ© de la France vers le SĂ©nĂ©gal il y a six mois. Il campe depuis trois jours devant le ministĂšre des Affaires EtrangĂšres Ă  Dakar, pour demander la prolongation de la prise en charge par l’Etat sĂ©nĂ©galais, l’hĂŽtel qui l’hĂ©bergeait depuis son arrivĂ©e l’ayant mis Ă  la porte.  

HĂ©bergĂ© par un hĂŽtel de la ville depuis son arrivĂ©e, Yassine Ferchichi a Ă©tĂ© sommĂ© mardi dernier de quitter les lieux. Ne sachant Ă  qui s’adresser au terme de deux jours Ă  arpenter en vain le commissariat de Dakar, Yassine Ferchichi a pris sa valise et campe depuis lors devant le ministĂšre des Affaires EtrangĂšres dans l’attente d’y ĂȘtre reçu puisqu’il a envoyĂ© un courrier au ministre en ce sens au dĂ©but du mois.

Pour mĂ©moire, Yassine Ferchichi, interdit dĂ©finitivement du territoire français et ne pouvant ĂȘtre renvoyĂ© en Tunisie oĂč l’attendent, au bas mot, trente deux ans d’emprisonnement et quinze ans de contrĂŽle

administratif, avait Ă©tĂ© mis dans un avion pour le SĂ©nĂ©gal le 24 dĂ©cembre 2009, muni d’un laisser passer dĂ©livrĂ© par ce pays. Sa vie n’a Ă©tĂ© depuis son arrivĂ©e qu’un combat contre l’errance et la prĂ©caritĂ©, puisque dĂ©nuĂ© de tout document, y compris de papiers d’identitĂ©, privĂ© de toute ressource, sans connaissances sur place, il a dĂ» faire face aux volte-faces des autoritĂ©s sĂ©nĂ©galaises. En avril dernier, il avait dĂ©jĂ  menĂ© une grĂšve de la faim, ces derniĂšres lui ayant annoncĂ© la fin de sa « prise en charge », laquelle consistait en hĂ©bergement et nourriture. Les autoritĂ©s Ă©tant revenues sur leur dĂ©cision, il avait mis fin Ă  son mouvement, mais c’était pour s’entendre dire par la gĂ©rance de l’hĂŽtel que ces mĂȘmes autoritĂ©s ne rĂ©glaient pas la facture.

En France, il a dĂ©posĂ© une requĂȘte aux fins de relĂšvement de l’interdiction du territoire qui sera examinĂ©e par le tribunal de Grande Instance de Paris le 3 juin prochain.

Luiza Toscane


MADRID – ALICANTE – BARCELONE :
CONCERTATIONS ENTRE LES SOCIETES CIVILES
ET FORUM CIVIL EURO MED.


 Par Khémaïs CHAMMARI

La deuxiĂšme mi-temps de la prĂ©sidence espagnole de l’Union EuropĂ©enne ( 01 Janvier- 30 Juin 2010) aura, entre autres, Ă©tĂ© ponctuĂ©e par un certain nombre d’initiatives et de concertations des sociĂ©tĂ©s civiles de l’Euro Med. En attendant celles envisagĂ©es Ă  Barcelone (Ă  l’occasion du Sommet de l’Union Pour la MĂ©diterranĂ©e – UpM prĂ©vu, s’il se tient , pour le 07 Juin) et qui seront principalement axĂ©es sur la question Palestinienne ; l’Espagne a accueilli, fin avril Ă  Madrid, le Groupe de SolidaritĂ© Tunisie (GST) et, surtout du 14 au 16mai Ă  Alicante (Espagne), le Forum Civil Euro Med .

                                SolidaritĂ© pour les droits de l’Homme et la dĂ©mocratie en Tunisie.

La rĂ©union de la fin du mois d’avril du GST – mis en place par le RĂ©seau Euro Med des droits de l’Homme ( REMDH qui regroupe ,sous la prĂ©sidence de Kamel Jendoubi, 83 associations et organisations du pourtour mĂ©diterranĂ©en) – fait suite Ă  celle tenue Ă  Tunis, dans les conditions de tensions  que l’on sait, les 14 et 15 novembre 2009. Ce groupe est composĂ©, Ă  paritĂ©, de reprĂ©sentants de composantes autonomes des sociĂ©tĂ©s  civiles tunisienne  et europĂ©ennes.[1] Durant quatre journĂ©es , les participant(e)s Ă  la rĂ©union de Madrid ont dĂ©battu du rapport initiĂ© par le RĂ©seau sur « les institutions de l’UE et du PEM ET l’état des droits de l’Homme en Tunisie » ; des initiatives Ă  l’occasion des nĂ©gociations sur la demande tunisienne d’un « statut avancé » avec l’UE ; des voies et des moyens de sĂ©curisation des communications en temps rĂ©el ; et surtout du dĂ©veloppement de l’action de solidaritĂ© en Espagne avec les dĂ©fenseurs et les dĂ©mocrates tunisiens. A l’initiative de l’association espagnole ACSUR (Droits, DĂ©veloppement, CoopĂ©ration), le sĂ©jour Ă  Madrid a permis , par ailleurs ,de trĂšs utiles contacts avec les ONG, les « mĂ©dias », les parlementaires et les institutions gouvernementales ( affaires Ă©trangĂšres, premier ministĂšre, coopĂ©ration et affaires europĂ©ennes). Une rĂ©union publique a Ă©tĂ© organisĂ©e Ă  l’ « AthĂ©nĂ©o » de Madrid. Elle a Ă©tĂ© perturbĂ©e en fin de sĂ©ance, lors du dĂ©bat avec la salle, par les habituels « trublions » dĂ©pĂȘchĂ©s de Tunis – cette fois-ci (terrorisme de l’ETA basque oblige !)- au nom de l’association paravent de « soutien aux victimes du terrorisme en Tunisie ». Les mĂ©thodes d’obstruction intempestives utilisĂ©es, au demeurant contre productives , ont suscitĂ© l’indignation des participants espagnols. Le communiquĂ© final relatif Ă  ce sĂ©jour madrilĂšne a Ă©tĂ© repris par plusieurs mĂ©dias espagnols et internationaux et notamment par « Tunisnews » et la chaine « Al Jazeera ».

                                    Un Forum Civil d’une grande maturitĂ©.

Deux semaines plus tard, c’est Ă  Alicante que s’est tenu, avec le soutien de la « Casamediterraneo », le 9iĂšme Forum Civil Euro Med. Cette rencontre est organisĂ©e tous les deux ans environ depuis celle inaugurale de Barcelone en 1995 ( la prĂ©cĂ©dente s’est dĂ©roulĂ©e Ă  Marseille en novembre 2008) ,avec l’appui de la Commission EuropĂ©enne et des autoritĂ©s du pays qui assure la prĂ©sidence de l’UE ( en l’occurrence, l’Espagne pour cette session). Le Forum est organisĂ© par la « Plate Forme Non Gouvernementale Euro Med ». Celle –ci regroupe plusieurs « plate forme » nationales ( France, Espagne, Maroc ,Liban ,Italie), des coordinations nationales, plus ou moins formalisĂ©es, et des rĂ©seaux thĂ©matiques(droits humains, genre/femmes, dĂ©veloppement, environnement, culture(notamment la Fondation Anna Lindh),jeunesse, enfance, santĂ©, groupes aux besoins spĂ©cifiques ( porteurs d’handicap). PrĂ©sidĂ©e par le marocain Abdelmaksoud RACHDI, co-fondateur du rĂ©seau culturel « Achoola », la Plate Forme Euro Med regroupe ainsi plusieurs centaines  d’associations et de rĂ©seaux nationaux et rĂ©gionaux et ses instances dirigeantes – le ComitĂ© Pilotage et le Conseil d’Administration- sont animĂ©s par le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral M°Michel Tubiana (REMDH-France) et le secrĂ©taire exĂ©cutif Yacine SAADI. La Tunisie y est reprĂ©sentĂ©e par M° Mokhtar TRIFI(LTDH) et Radhia BENZEKRI- DRIDI (AFTURD), NeĂŻla JRAD Ă©tant supplĂ©ante.

Durant trois journĂ©es, quelques 250 dĂ©lĂ©guĂ©s originaires de 27 pays[2]ont dĂ©battu « des changements institutionnels intervenus au cours des deux derniĂšres annĂ©es Ă  la suite de l’entrĂ©e en vigueur du TraitĂ© europĂ©en de Lisbonne et de la disparition du processus de Barcelone  au profit de l’Union pour la MĂ©diterranĂ©e – UpM ». Une sĂ©ance en plĂ©niĂšre a , par ailleurs, Ă©tĂ© consacrĂ©e pour la premiĂšre fois « aux propositions des sociĂ©tĂ©s civiles pour dĂ©velopper une vĂ©ritable dimension sociale dans le partenariat euro med ». Mais c’est le thĂšme de l’EgalitĂ© qui a Ă©tĂ© ,cette annĂ©e, le fil conducteur de cette rencontre avec une interrogation centrale, « l’égalité : une question commune pour les sociĂ©tĂ©s civiles euro med ». Cinq ateliers ont ainsi eu Ă  dĂ©battre de cette idĂ©e-force de l’exigence d’égalitĂ© comme horizon et comme aiguillon pour « interroger non seulement les logiques qui sous- tendent le partenariat euro med , mais aussi celles qui sus- tendent l’évolution de chacune des sociĂ©tĂ©s qui le composent » : EgalitĂ© des Ă©changes et DĂ©veloppement ; L’égal accĂšs aux ressources ; L’égalitĂ© n’est pas possible sans dĂ©mocratie ; Le droit Ă  la culture sans discrimination, droits fondamentaux et fait religieux ; Peuples et Etats, EgalitĂ© de droits et d’obligations. Cinq ateliers dont les dĂ©bats, parfois trĂšs vifs, ont Ă©tĂ© d’une grande diversitĂ© avec en toile de fond les incontournables rĂ©fĂ©rences aux droits humains, aux libertĂ©s d’expression, de conscience et d’ association , aux droits des femmes et aux droits des peuples. Les rapports des cinq ateliers, l’intervention en clĂŽture du forum sur l’évaluation du Plan d’Action sur la question Genre (femmes) depuis la DĂ©claration d’Istanbul 2006 et la « DĂ©claration finale » ont illustrĂ© et confirmĂ© la volontĂ© unanime de participant (e)s  de « bannir dans les faits toute forme de discrimination Ă  raison du sexe, du handicap, de l’origine, de la race, de la religion, de l’absence de religion ou de l’orientation sexuelle » et d’imposer  « la reconnaissance de sociĂ©tĂ©s civiles autonomes et indĂ©pendantes ».

                                            L’ UpM  en question

S‘agissant de l’Union pour la MĂ©diterranĂ©e- UpM dont le 2iĂšme Sommet (7 juin 2010) risque d’ĂȘtre « plombé » , en particulier par la situation au Moyen Orient et les blocages israĂ©liens, le Forum d’Alicante a « rĂ©affirmĂ© la nĂ©cessitĂ© d’un partenariat euro mĂ©diterranĂ©en ouvert Ă  tous les pays de la rĂ©gion et qui ne peut reposer sur des projets de dĂ©veloppement Ă©conomiques, aussi importants soient-ils. Il doit s’appuyer sur les mĂȘmes principes fondamentaux qui ont conduit Ă  la crĂ©ation du processus de Barcelone : volontĂ© de partager un destin commun, respect de la diversitĂ© des sociĂ©tĂ©s, intangibilitĂ© des valeurs, des libertĂ©s et des principes qui sont inscrits dans la dĂ©claration universelle des droits de l’Homme et dans les Pactes internationaux relatifs aux droits civils, politiques et aux droits Ă©conomiques, sociaux et culturels. »

Enfin, les questions relatives Ă  la jeunesse, Ă  l’immigration, au « Programme Euro Med SociĂ©tĂ© civile 2010-2013 »[3]et , bien sĂ»r, Ă  la solidaritĂ© avec le peuple palestinien ont Ă©tĂ© au cƓur des prĂ©occupations des participant (e )s  dont la DĂ©claration Finale – qui sera prĂ©sentĂ©e au prochain Conseil ministĂ©riel de l’UpM ( et, s’il se tient, au Sommet des chefs d’Etat de juin 2010),« appelle l’UpM ,les gouvernements qui la composent et la CommunautĂ© internationale Ă  cesser de pratiquer la politique des deux poids , deux mesures et Ă  imposer aux autoritĂ©s israĂ©liennes le plein respect des rĂ©solutions internationales pertinentes permettant de mettre fin Ă  l’occupation et Ă  la colonisation de la Palestine. Rappelant que cette situation constitue une violation manifeste, permanente et intolĂ©rable du Droit international ; les participant(e)s demandent Ă  tous les pays de l’UpM de prendre immĂ©diatement les sanctions appropriĂ©es et d’appuyer les conclusions et les recommandations du rapport de M Goldstone. »

La cuvĂ©e 2010 du Forum Civil Euro Med   a ainsi permis Ă  la Plate Forme Non Gouvernementale de se poser, avec maturitĂ©, comme un outil dĂ©cisif de la concertation des sociĂ©tĂ©s civiles euro mĂ©diterranĂ©ennes et un partenaire crĂ©dible des institutions du Partenariat Euro Med. Avec , toutefois, un bĂ©mol qui tient Ă  la faible reprĂ©sentation des societĂ©s civiles des pays du Nord et de l’est du continent europĂ©en. Ce sera lĂ , Ă  n’en pas douter, l’un des dĂ©fis du 10 iĂšme Forum Civil Euro Med.

                                                                                                                                      K.C.

 

PS:  Ces concertations au niveau des sociĂ©tĂ©s civiles Euro Med et la participation active des dĂ©fenseurs tunisiens ont eu pour consĂ©quence subalterne une relance brutale des campagnes indignes orchestrĂ©es par la presse de caniveau et animĂ©es ,notamment, par Kol En-Nass, AL- Hadath mais aussi le quotidien Ach-Chourouk. Odieuses ,lĂącheset n’ayant aucune crĂ©dibilitĂ©, ces campagnes n’auront d’autre effet que de discrĂ©diter un peu plus leurs auteurs et leurs mandants….A moins que cela ne soit le prĂ©lude Ă  l’adoption et Ă  l’application du scandaleux projet de loi liberticide visant Ă  punir pĂ©nalement “tout tunisien ayant dĂ©libĂ©rĂ©ment contacts avec l’Ă©tranger pour inciter Ă  porter prĂ©judice aux intĂ©rĂȘts Ă©conomiques vitaux de la Tunisie” !!!
 


 

[1].A  Madrid, ces derniĂšres Ă©taient reprĂ©sentĂ©es par des associations d’Espagne, de Grande Bretagne d’Italie, de France et de la FIDH(FĂ©dĂ©ration Internationale des Ligues des Droits de l’Homme). La dĂ©lĂ©gation tunisienne Ă©tait, quant Ă  elle, composĂ©e de Kamel Jendoubi (prĂ©sident du REMDH), KhĂ©maĂŻs CHAMMARI, Lotfi  HAJJI (ancien prĂ©sident du SNJ),Sihem  BEN SEDRINE et Omar MESTIRI( CNLT), Halima JOUINI (ATFD), M° Houcine BARDI (CRLDHT), Noureddine BAABOURA ( FTCR) ; Jaloul AZOUNNA  (Ecrivains Libres)n’ayant pu rĂ©pondre Ă  l’invitation pour une raison de force majeure , ainsi que Zouhayr MAKHLOUF (journaliste et membre de l’association « LibertĂ© et Equité » privĂ© de son passeport. Outre son prĂ©sident, le REMDH Ă©tait reprĂ©sentĂ© par son directeur exĂ©cutif Marc Shade Poulsen( Danemark) , le chargĂ© du programme SolidaritĂ© et son assistante ; et la FIDH par Marie CAMBERLIN.

[2]En dĂ©pit de certaines absences dues aux difficultĂ©s de communication et de transport ( KhĂ©dija  CHERIF, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de la FIDH, MĂ©lika  HORCHANI du Collectif 95 Maghreb EgalitĂ©,Moufida  BELGHITH de l’ATFD, Souad TRIKI de l’AFTURD , Zeineb FARHAT du rĂ©seau « Culture » ; la participation tunisienne Ă  ce 9iĂšme FORUM a Ă©tĂ© importante. Outre les deux membres du CoPi et du CA : M° Mokhtar TRIFI (rĂ©fĂ©rent politique de l’atelier  «EgalitĂ© et DĂ©mocratie ») et Radhia BENZEKRI-DRIDI ( rapporteure de l’atelier « Culture ») ; ont participĂ© Ă  ce forum : KhĂ©maĂŻs CHAMMARI (REMDH , un des 4  « intervenants principaux » de l’atelier « DĂ©mocratie » et intervenant en plĂ©niĂšre ), Abdeljellil BEDOUI ( un des cinq «intervenants principaux » de l’atelier « EgalitĂ© des Ă©changes et DĂ©veloppement » ), NeĂŻla JRAD (AFTURD) ,Sihem BENSEDRINE ( CNLT) ,KhĂ©llil  ZAOUIA ( LTDH), Omar MESTIRI (Kalima),Tarak BENHIBA (FTCR) ,Med Salah KHERIJI ( LTDH et IADH) ,Med Ali ABROUGUI ( ANPE- Environnement) , SoukeĂŻna ABDESSAMAD-BEN HAMADI ( SNJ), Anouar MOALLA (Association Anti-Sida et Fondation du Futur, rapporteur de l’atelier « DĂ©mocratie).

[3]AppuyĂ©, au profit de la Plate Forme, par L’UE avec l’assistance technique d’un consortium avec pour chef de file l’IMED de Rome

 (Source: AT-TARIQ ALJADID N° 181 du 22 Mai 2010)


Tunisian CyberDissidents Rally for Freedom


By Ahed Alhendi May 21, 2010 Repression of cyberdissidents in Tunisia has been increasing at an alarming rate.  “The battle will continue and we will win soon,” wrote famed Tunisian blogger Sofiene Chourabi after the government banned his blog for the seventh time to date.  Chourabi’s blog is one of hundreds of banned websites, which includes blogs, Facebook pages, opposition websites, Wikipedia articles, YouTube, DailyMotion videos and even Skype calls to the West.    Tunisian bloggers are victim to a wide range of harassment and oppression – from travel restrictions to jail time. Chourabi told Cyberdissidents.org: “My  page on Facebook and my blog are both blocked and each time I come to the country after a travel I am subjected to security searches of all of my belongings.” Chourabi is not only a blogger but also writes for multiple newspapers including Attariq Al-Jadid and the Lebanese daily Al-Akhbar.   In response to this harassment, a group of Tunisian cyberdissidents have called for protests in front of the Ministry of Communication and Technology on May 22 at 3pm.  Protests will also be held at Tunisian embassies worldwide.“The Tunisian government’s response [to online anti-censorship protests] has consistenly been negative and led to even greater censorship of the internet” Chourabi told Cyberdissidents.org.  “This time, though, Tunisian bloggers Amamo, Yassin Ayari and Lina Ben Mehni have applied for a permit to demonstrate on Saturday, the 22nd.  Tunisian citizens will wear white t-shirts displaying the phrase ‘Sib Saleh’, which is often used to express disagreement with certain actions or behavior.” This campaign seems to be a step forward from the virtual world to on the ground activities.  Thus far, 1,687 people have confirmed their participation in the protest via Facebook.   Tunisian cyberdissidents have been extremely active and creative with their online efforts. A number of bloggers have published their pictures with the aforementioned “Sib Salah” and have gathered nearly 22,000 supporters to this campaign.  Another campaign called “Yezzi Fok Ben Ali” or “Enough Ben Ali” collects pictures of Tunisian citizens calling for an end to authoritarianism in their country.  This group’s website, however, was hacked by the Tunisian government in 2007 and has since moved to Facebook.   Many Tunisian cyberdissidents feel that the United States can do a lot more to help their plight.  “Although Hillary Clinton’s last speech made it clear that Tunisia is among the most hostile countries to the internet, this speech remains useless without a direct demand that the Tunisian regime protect freedom of expression,” Chourabi said.  “We need more support from American activists and civil society organizations. The [American] silence regarding these human rights abuses and violations of international law only serves to encourage the regime’s oppression of dissidents,” he added.   Several days ago, Chourabi published a letter on his blog addressed to Mohamad Al Ghoryani, General Secretary of the ruling party in Tunisia, after Al Ghoryani delivered a speech at a conference about the “role of communications technology to achieve better cities and a more developed life.” Chourabi pointed out that Al Ghoryani did not mention in his speech the real reason that communications development has been stifled in Tunisia: “The [government’s] iron fist against websites and blogs, both local and international.”  Chorabi added “I don’t think that the General Secretary of the ruling party is unaware of the many blocked websites that could help our community. They are banned for Tunisians without any excuse except the government’s desire to treat its citizens like infants who are unable to choose for themselves between good and bad things.”   CyberDissidents.org calls on all champions of liberty stand up for brave cyberdissidents like Chourabi.  Below is a list of Tunisian embassies and consulates at which protests are forming on May 22nd in solidarity with Tunisian bloggers.  Let us never forget that freedom of expression is an unalienable right.  And let us unconditionally condemn those regimes who deny this right from fear of open discourse and dissent. To view a video posted by Courabi about banned websites, click here: http://sofienech.blogspot.com/2010/05/blog-post_19.html U.S.A Permanent Mission of Tunisia to the United Nations in New York 31 Beekman Place, New York, NY 10022 Canada: Consulat gĂ©nĂ©ral de Tunisie Ă  MontrĂ©al 1255 University, suite 300, MontrĂ©al, QuĂ©bec, H3B 3B4. France Consulat gĂ©nĂ©ral de Tunisie en France Croisement de la rue LĂŒbeck et de la rue de l’Amiral Hamelin 75016 PARIS Germany Generalkonsulat der Tunesischen Republik, Godesberger Allee 103, 53175 Bonn Belgium Consulat gĂ©nĂ©ral de Tunisie Ă  Bruxelles 103, Boulevard Saint-Michel 1040 Bruxelles
 
(Cyberdissidents.org le 21 mai 2010)

Le Salaire de la mĂšre
Le régime à mi-temps au deux  tiers du salaire


Kahéna

Tunis 1er  mai 2010 

      Le régime à mi-temps au deux tiers du salaire au bénéfice des mÚres » est-il une discrimination positive ou une assignation à domicile ? 

     Ce rĂ©gime spĂ©cial, instaurĂ© par la loi 2006-58, est entrĂ© en vigueur en janvier 2007. Il s’applique au secteur public de l’emploi Ă  cinq corps de fonctionnaires : les militaires, les forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, les agents de l’Etat, des collectivitĂ©s publiques locales, des Ă©tablissements publics, des offices, des entreprises publiques et des douanes. Il toucherait ainsi une partie des 63 000 femmes fonctionnaires sur les 980 400 travailleuses reprĂ©sentant les 27, 3% de la population active recensĂ©e en 20071. Quelle est en pratique la rĂ©alitĂ© de ce rĂ©gime, de quoi tĂ©moigne-t-il et Ă  quelles objections de principe se heurte-t-il ? 

     PassĂ©s l’effet d’annonce et les clameurs de la propagande, la mesure ne semble pas faire des Ă©mules. Elle ne concernerait qu’une infime partie des salariĂ©es de la fonction publique. A la premiĂšre annĂ©e, il y aurait eu environ 1500 demandes2. Mesure facultative, elle est d’application restrictive ne touchant que « la mĂšre ayant un enfant de moins de 16 ans » ou  ayant « un enfant handicapé » pour qui la condition d’ñge ne s’applique pas. A vrai dire, les modalitĂ©s de son bĂ©nĂ©fice sont dissuasives et son octroi discrĂ©tionnaire. Sa durĂ©e est de trois ans renouvelable deux fois, consistant en l’accomplissement d’un service hebdomadaire Ă  mi temps avec conservation des droits Ă  l’avancement, Ă  la promotion, aux congĂ©s et Ă  la couverture sociale. Si les bĂ©nĂ©ficiaires perçoivent les deux tiers du salaire, elles demeurent assujetties aux retenues sur salaire effectuĂ©es sur la base du traitement Ă  plein temps.

     Ce rĂ©gime appelle commentaire, d’une part au regard de ce qui, Ă  tord, semblerait ĂȘtre une discrimination positive et d’autre part, au regard de la rĂ©alitĂ© de l’emploi des femmes frappĂ©e de plein fouet par le chĂŽmage. 

I – « Une discrimination positive » en trompe l’Ɠil. 

« La mi-temps au deux tiers du salaire » est prĂ©sentĂ©e Ă  tord comme une mesure de justice faite aux mĂšres fonctionnaires astreintes Ă  « la double journĂ©e de travail », entre travail domestique et travail professionnel. Nul ne conteste la lĂ©gitimitĂ© de combattre ce phĂ©nomĂšne tant il est l’expression mĂȘme des rapports inĂ©gaux de sexes.  Le principe d’égalitĂ© ne s’oppose pas en effet Ă  ce qu’une diffĂ©renciation de traitement soit adoptĂ©e dans le but de favoriser une catĂ©gorie dĂ©terminĂ©e de personnes afin de compenser une inĂ©galitĂ© de fait prĂ©existante entre elles. La cause est entendue. Le conseil constitutionnel tunisien l’a faite sienne en considĂ©rant dans son avis de 2005 «  que si les dispositions de l’article 6 de la constitution prescrivent l’égalitĂ© en droits, en devoirs et devant la loi(
), elles n’interdisent pas en revanche la discrimination positive au profit de certaines catĂ©gories en vue d’assurer l’égalitĂ© effective comme c’est le cas pour les personnes handicapĂ©es, du moment  que cette discrimination positive n’affecte pas les droits fondamentaux garantis par la constitution ; qu’elle vise un seul objectif qui est d’assurer l’égalitĂ© des chances et qu’elle est caractĂ©risĂ©e par la proportionnalitĂ© entre d’un cĂŽtĂ©, les privilĂšges, les avantages, les facilitĂ©s et les exonĂ©rations » (avis n° 34-2005).

     S’agit-il, en consĂ©quence, d’une mesure de ce genre ? En rĂ©alitĂ©, loin de rĂ©tablir l’égalitĂ© des chances, elle reproduit la hiĂ©rarchie des sexes et la division sexuelle du travail, en repoussant les mĂšres, Ă  l’exclusion des pĂšres, vers « leur espace domestique naturel », espace fĂ©minin du mĂ©nage non rĂ©munĂ©rĂ©. OpĂ©rant par hiĂ©rarchisation, elle gratifie le retrait des femmes du marchĂ© de l’emploi tout en dĂ©considĂ©rant leur salaire (vu comme un salaire d’appoint) et en dĂ©lĂ©gitimant leur « accĂšs » au travail, ignorant qu’il est un Ă©lĂ©ment crucial dans le processus de construction de soi, et une condition primordiale de l’autonomie et par suite du dĂ©veloppement Ă©conomique et social.  

II – Face Ă  la prĂ©caritĂ© Ă©conomique des femmes :  le dĂ©fi de l’emploi dĂ©cent pour tous.  

Les donnĂ©es sur l’évolution de la population active par sexe  montrent un double phĂ©nomĂšne, paradoxal en apparence : la progression du taux d’activitĂ© des femmes que contredit la progression du taux de chĂŽmage parmi elles. En effet, l’évolution montre que le taux d’activitĂ© des femmes a augmentĂ© atteignant 25,3 en 2007 alors qu’il a baissĂ© pour les hommes atteignant 67% en 2007. Si cette baisse s’explique par la rĂ©tention du systĂšme d’enseignement d’une part importante de la population masculine en Ăąge de travailler, l’augmentation elle, traduit  la conquĂȘte rĂ©cente de leurs droits par les femmes : le droit Ă  l’enseignement, Ă  la santĂ© et au travail. Toutefois, cette progression est lente et encore minime par rapport Ă  l’investissement consenti depuis l’indĂ©pendance et au potentiel de qualifications fĂ©minines existant. D’aprĂšs Souad Triki, Ă©conomiste et fĂ©ministe de renom, Ă  ce rythme il faudrait plus d’un siĂšcle pour atteindre l’égalitĂ© des taux d’activitĂ© entre les sexes. A ce taux le plus faible du monde qui caractĂ©rise la rĂ©gion du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord3, s’ajoute un autre phĂ©nomĂšne : le chĂŽmage. Toutes les Ă©tudes convergent pour dire que si le chĂŽmage est Ă©levĂ© (18,4% en moyenne par an) touchant les jeunes et les diplĂŽmĂ©-e-s du supĂ©rieur, c’est dans la population fĂ©minine qu’il est le plus prononcĂ©. En effet, s’il a baissĂ© chez les hommes en passant de 15,3% en 2000 Ă  12,8% en 2007, il a augmentĂ© chez les femmes, passant de 16,9% en 2000 Ă  17,8 % en 2006. Ce tableau est aggravĂ© par les conditions effectives de l’emploi des femmes : confinement dans des secteurs  de l’économie les moins productifs ou prĂ©sentant des risques Ă©conomiques les plus Ă©levĂ©s, emploi ne rĂ©pondant pas aux critĂšres qui dĂ©finissent un  travail dĂ©cent ; autant de fragilitĂ©s qui se rĂ©percutent sur leur conditions de vie et les prĂ©cipitent en cas d’alĂ©as dans la vulnĂ©rabilitĂ© sociale et la prĂ©caritĂ© Ă©conomique. Dans ces conditions le dĂ©fi est moins d’introduire des amĂ©nagements d’horaires que d’entreprendre une vĂ©ritable politique publique d’égalitĂ© de chance en termes d’accĂšs au marchĂ© de l’emploi et de conditions de travail.  L’objectif du millĂ©naire n’est-il pas «le plein emploi productif et le travail dĂ©cent pour tous » ?    

(Source: “Mouwatinoun” organe du FDTL nr 132 mai 2010)  


Yémen: grùce présidentielle pour les journalistes emprisonnés ou en procÚs


AFP / 22 mai 2010 17h25 SANAA – Le prĂ©sident yĂ©mĂ©nite Ali Abdallah Saleh a dĂ©cidĂ© de gracier les journalistes emprisonnĂ©s ou poursuivis par la justice au YĂ©men, dĂ©criĂ© pour la dĂ©tĂ©rioration de la situation de ses mĂ©dias. La grĂące a Ă©tĂ© dĂ©crĂ©tĂ©e par le prĂ©sident Saleh lors d’une cĂ©rĂ©monie organisĂ©e Ă  TaĂ«z, Ă  230 km au sud-ouest de Sanaa, pour marquer le 20e anniversaire de l’unification du YĂ©men. Le chef de l’Etat a dĂ©cidĂ© de “gracier les journalistes poursuivis en justice ou dĂ©jĂ  condamnĂ©s pour des affaires de droit commun”, a annoncĂ© le gouverneur de TaĂ«z, Hammoud al-Soufi, lors de la cĂ©rĂ©monie retransmise par la tĂ©lĂ©vision d’Etat. Le prĂ©sident Saleh invite les journalistes Ă  “mettre leur plume au service de la patrie et Ă  consolider l’unitĂ© nationale”, a-t-il ajoutĂ©. La veille, M. Saleh a ordonnĂ© la suspension des poursuites judiciaires contre un journaliste d’opposition, Mohamed al-Maqaleh, libĂ©rĂ© en mars pour des raisons de santĂ© aprĂšs avoir Ă©tĂ© jugĂ© pour une affaire liĂ©e aux rebelles chiites dans les combats qui les ont opposĂ©s Ă  l’armĂ©e entre aoĂ»t et fĂ©vrier. En mars, le journaliste Hicham Bachraheel, fondateur du quotidien Al-Ayyam, principal journal du sud du YĂ©men, avait Ă©tĂ© libĂ©rĂ© aprĂšs prĂšs de trois mois de dĂ©tention liĂ©e Ă  des affrontements entre des gardes armĂ©s du journal Ă  Aden (sud) et la police ayant fait deux morts. Des ONG avaient vivement critiquĂ© le YĂ©men pour la dĂ©tĂ©rioration de la situation de ses mĂ©dias, Ă  l’instar de Reporters sans frontiĂšres (RSF) qui avait dĂ©noncĂ© en avril la multiplication des procĂšs contre les journalistes. RSF avait citĂ© au moins six affaires en justice contre des journalistes et trois condamnations rĂ©centes de journalistes, outre des saisies de journaux et l’interdiction de huit d’entre eux pour leur couverture des troubles dans le sud du pays. Vendredi, le prĂ©sident yĂ©mĂ©nite avait proposĂ© Ă  l’opposition parlementaire la formation d’un gouvernement d’union nationale et annoncĂ© une amnistie gĂ©nĂ©rale pour prĂšs de 3.000 dĂ©tenus partisans des sĂ©paratistes sudistes ou de la rĂ©bellion chiite dans le nord du pays. RĂ©agissant pour la premiĂšre fois Ă  cette initiative, les rebelles chiites, qui ont signĂ© une trĂȘve avec le pouvoir central en fĂ©vrier dernier, ont saluĂ© la dĂ©cision, qualifiĂ©e “d’Ă©tape majeure vers la paix, la sĂ©curitĂ© et la stabilitĂ©” Ă  Saada, place-forte de la rĂ©bellion. “Nous saluons la partie du discours du prĂ©sident de la RĂ©publique relative Ă  la libĂ©ration de tous les dĂ©tenus”, a dĂ©clarĂ© un porte-parole Ă  l’AFP, Mohammad Abdessalam. “Nous espĂ©rons la libĂ©ration de tous les dĂ©tenus”, une “Ă©tape qui permettra de mettre fin de maniĂšre permanente Ă  la guerre” ayant Ă©clatĂ© en 2004, a-t-il ajoutĂ©, estimant le nombre de dĂ©tenus Ă  un millier. “Nous espĂ©rons que les intentions des autoritĂ©s sont sincĂšres”, a-t-il conclu.  

La page Facebook hébergeant le concours de dessins de Mahomet supprimée


Asif Hassan AFP, le 21 mai 2010 à 22h17  
-La page Facebook qui hĂ©bergeait un concours de dessins de Mahomet Ă  l’origine d’une violente controverse au Pakistan avait disparu vendredi du rĂ©seau de socialisation, manifestement aprĂšs avoir Ă©tĂ© supprimĂ©e par son auteur. “Facebook n’a pris aucune mesure concernant cette page”, a d’ailleurs assurĂ© le site internet californien. Le concours intitulĂ© “Le jour oĂč tout le monde dessine Mahomet”, lancĂ© par un usager occidental, proposait d’hĂ©berger des “reprĂ©sentations drĂŽles et crĂ©atives” du prophĂšte, dont l’islam interdit strictement toute reprĂ©sentation, mais s’est rapidement retrouvĂ© assailli de caricatures grossiĂšres. L’idĂ©e de dĂ©part du groupe Facebook, qui a rassemblĂ© plus de 100.000 personnes, Ă©tait de “dĂ©fendre la libertĂ© d’expression” et s’inspirait du travail de la dessinatrice amĂ©ricaine Molly Norris. Cette derniĂšre avait rĂ©alisĂ© en avril un dessin pour protester contre la censure par la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision Comedy Central de toutes les rĂ©fĂ©rences Ă  Mahomet dans un Ă©pisode de la sĂ©rie d’animation “South Park”, aprĂšs que ses auteurs eurent reçu des menaces. La disparition de la page intervient alors que des milliers de manifestants ont scandĂ© vendredi “Mort Ă  Facebook”, “Mort Ă  l’AmĂ©rique” au Pakistan et rĂ©clamĂ© l’interdiction totale du rĂ©seau de socialisation. En signe de protestation, les autoritĂ©s pakistanais avaient bloquĂ© l’accĂšs aux sites de Facebook, YouTube et Ă  certaines pages de WikipĂ©dia. Une autre page Facebook similaire Ă©tait toutefois toujours en activitĂ© vendredi. “Les terroristes ont menacĂ© les crĂ©ateurs de South Park (…). Ne laissons pas les terroristes l’emporter!”, explique une introduction de la page, qui reprend Ă  son compte le concours de dessins. De violentes protestations dĂ©clenchĂ©es dans nombre de pays musulmans dĂšs 2006 par la publication de caricatures du prophĂšte dans des journaux danois puis d’autres pays d’Europe avaient culminĂ© le 2 juin 2008, avec un attentat suicide contre l’ambassade du Danemark Ă  Islamabad, qui avait fait six morts dont un Danois.

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