18 mai 2010

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TUNISNEWS
10 ème année,N° 3647 du 18.05.2010
 archives : www.tunisnews.net 


AISPP: Precès  du 17 mai C.I.L.A.E.: Le franco-tunisien Ahmed ELEUCH sera jugé en appel le jeudi 20 mai 2010 pour l’affaire de Sfax Reporters sans frontières: Quatrième report du procès de Fahem Boukadous CCTE: Malek Charahili est libre ! Abdel Wahab Hani: Âïd / Retornado Si Fathi Mbarki (العائد سي فتحي مباركي) obtient son passeport tunisien   AFP: Douze interpellations d’islamistes présumés en région parisienne Anouar Trabelsi : Tunisie. Une Familia en cacherait-elle toujours une autre ?

Ridha Kéfi : Tunisie. La vérité sur la crise économique


 
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 43 rue Eldjazira, Tunis Aispp.free@gmail.com Tunis, le 17 mai 2010

La douzième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Ridha Derouiche, a examiné lundi 17 mai 2010 l’affaire n°14752 dans laquelle sont déférés en état d’arrestation Hamza Ben Belgacem Ben Ali Benjaber, né le 5 novembre 1981, Ismaïl Ben Mosbah Ben Mohammed Belhajj, né le 12 juillet 1986, Ouadi’ Ben Hédi Ben Ali Mechri, né le 21 mars 1981, Mohammed Ben Ali Ben Mohammed Ben Abdennebi, né le 22 avril 1985 et Hossine Ben M’barek Ben Boubaker M’barek, né le 3 novembre 1986, pour adhésion à une organisation ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, d’utilisation d’un pseudonyme pour identifier les membres de l’organisation terroriste, de cotisations destinées sciemment à financer des activités en relation avec les infractions terroristes. Après l’appel de l’affaire, les accusés ont nié lors de leur interrogatoire les faits qui leur sont reprochés, puis la parole a été donnée à la commission de la défense composée de maîtres Romdhane Nakoussi, Amenallah Mourou et Samir Ben Amor. Maître Ben Amor a demandé lors de sa plaidoirie l’annulation du jugement prononcé en première instance, un non lieu pour jonction des affaires puisque son client, Ouadi’ Mechri, avait déjà été déféré pour les mêmes faits et les mêmes accusations dans l’affaire criminelle n°11935, qu’il avait effectué sa peine et avait été libéré récemment. Il avait pourtant été arrêté à nouveau dans le cadre de cette nouvelle affaire peu après sa libération. Puis la parole a été donnée à Maîtres Amenallah Mourou et Romdhane Nakoussi qui ont demandé l’annulation du jugement prononcé en première instance, et un non lieu du fait l’absence de fondements aux accusations portées contre leurs clients et de la vacuité du dossier. Puis la séance a été levée pour les délibérations. Les jeunes déférés dans cette affaire sont originaires de Gabès et sont accusés d’avoir constitué une cellule dans la région de Gabès. Ils ont été arrêtés après les événements de Slimane. Pour la commission de suivi des procès politiques Le secrétaire général Maître Samir Ben Amor (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Communiqué du Comité International pour la Libération d’Ahmed ELEUCH  

Le franco-tunisien Ahmed ELEUCH sera jugé en appel le jeudi 20 mai 2010 pour l’affaire de Sfax


 

            Le C.I.L.A.E (Comité International pour la Libération d’Ahmed ELEUCH) informe l’opinion publique française, tunisienne et internationale, que le docteur Ahmed ELEUCH comparaîtra ce jeudi 20 mai 2010 devant la Cour d’Appel de Sfax. Nous rappelons qu’il avait été condamné en première instance, à Sfax, le mardi 19 janvier 2010, à une peine de deux ans de prison avec sursis au motif qu’il aurait « financé un groupe qui prône la haine religieuse ».               Nous rappelons également que ce procès en appel, initialement prévu le 23 mars 2010, avait du être reporté à la demande de l’avocat de l’inculpé, qui n’avait pu obtenir la copie de la décision de non lieu accordé au psychiatre franco-tunisien dans une « autre » affaire. Le 25 janvier 2010, la Chambre d’appel de Tunis avait en effet acquitté monsieur ELEUCH de sa condamnation à quatre ans d’emprisonnement ferme pour « participation à un groupe clandestin portant atteinte aux biens et aux personnes », ceci pour les mêmes faits qui lui avaient valu d’être condamné à Sfax quelques jours auparavant ! Cette innocence enfin reconnue avait mis un terme à de longs mois de souffrance pour le psychiatre franco-tunisien, qui était resté emprisonné sept semaines durant l’été 2009 et avait ensuite été contraint à de multiples allers-retours de Paris à Tunis pour un procès en appel sans cesse reporté.               Nous, collègues, confrères et sympathisants du docteur ELEUCH, comprendrions difficilement que ce dernier continue à être poursuivi à Sfax, après avoir été innocenté à Tunis, dans la mesure où il s’agit de facto d’une seule et même affaire, puisque d’une part le « groupe » incriminé dans les deux chefs d’inculpation est le même – l’ex parti En-Nahda –  et que, d’autre part, les deux concernent des faits identiques, à savoir la participation présumée de monsieur ELEUCH à une réunion politique à Tripoli en 1993. Nous rappelons au demeurant la vacuité de ce dossier, le seul élément matériel retenu contre l’accusé restant à ce jour le témoignage d’un participant à cette même réunion, qui affirme que ce dernier y était présent.               Dans ce contexte, nous demandons à nos membres et sympathisants, en France et à l’étranger, de maintenir leur mobilisation en vue d’une réhabilitation complète de notre ami, collègue et confrère, afin qu’il puisse recouvrer sans ambiguïtés ses droits et sa dignité. Nous voulons croire que les autorités judiciaires tunisiennes auront à cœur, au nom du respect des droits fondamentaux des citoyens tunisiens et de l’Amitié franco-tunisienne, de fournir à Ahmed ELEUCH un nouveau procès équitable et de prendre une décision cohérente avec le non lieu qu’elles lui ont récemment accordé.                Paris, le 18 mai 2010.               Docteur Patrick CHALTIEL,             Président du Comité International pour la Libération d’Ahmed ELEUCH (C.I.L.A.E.)             Site internet : http://www.liberez-ahmed-eleuch.net             Contact : liberez.ahmed.eleuch@gmail.com  


Quatrième report du procès de Fahem Boukadous


Le 18 mai 2010, le procès de Fahem Boukadous a été reporté pour la quatrième fois à une date ultérieure. Après une brève audience, le juge a décidé d’ajourner le procès à la demande des avocats Fahem Boukadous, étant toujours hospitalisé à Sousse. La prochaine audience a été fixée au 22 juin. (Source: Le site de « Reporters sans frontières » le 18 mai 2010)


Communiqué : Malek Charahili est libre !


Malek Charahili, après une semaine de grève de la faim, vient d’être libéré aujourd’hui 18 mai 2010 du camp de Kirklareli après plusieurs années de détention. Il est néanmoins assigné dans la ville de Kirklareli, sans moyens pour subvenir à ses besoins. Toute aide sera la bienvenue. Il va devoir trouver un pays d’asile. Nous le félicitons et lui souhaitons bonne chance. Pour contacter Malek Charahili : Tél Gsm :  +90 53 87 91 40 74 – ou lui écrire:  e-mail :  kerim_haji@yahoo.fr Paris, le 18 mai 2010. Mondher Sfar CCTE mondher.sfar@club-internet.fr


Âïd / Retornado Si Fathi Mbarki (العائد سي فتحي مباركي) obtient son passeport tunisien

  


Par : Abdel Wahab Hani

Notre ami Âïd / Retornado Si  Fathi Mbarki  (العائد سي فتحي مباركي) a obtenu son passeport tunisien ce mardi 18 mai 2010 au Consulat général de Tunisie à Paris, après +) longues années de privation du pays qu’il a quitté en 1991 et 17 longues années d’exil en France où il est arrivée en 1993.

A la sortie du Consulat général de Paris, Âïd Mbarki nous confiait ce midi au téléphone que l’accueil était courtois et respectueux. Il nous a assuré de son intention de rentrer au pays dans le courant de la quinzaine.

Comme de nombreux autres concitoyens, Âïd / Retornado Mbarki avait découvert, par le pur hasard, la publication de son nom sur une pétition virtuelle d’éternisation (تأبيد) de la souffrance des exilés tunisiens, appelés mensongèrement « déportés » (مهجَّرين) en arabe. Il a du batailler pour enlever son nom d’une démarche qu’il affirme n’avoir jamais cautionné.

Félicitations à notre Âïd et nos souhaits de promptes retrouvailles des Mbarki et de l’ensemble de nos compatriotes Exilés Âïdoun / Retornados sur le sol de la Mère-Patrie, Illa Man Abaa (إلاَّ مَن أَبَى). Et ceux qui ne veulent pas du Retour ne sont qu’une infime minorité, moins d’une dizaine, selon l’un des apôtres de la ragologie, de la diffamation et de l’intimidation, érigées en pensée politique et structurant une action politique en pleine faillite morale et en pleine déroute.

Pour joindre Âïd / RetornadoSi Fathi Mbarki : fathi.mbarki@yahoo.fr, +33 6 09 48 39 31

Genève, le 18 mai 2010

Âïd / Retornado, Bi Idhni Allah, Ahabba Al Mouhibboun Wa Kariha Al Karihoun

Abdel Wahab Hani

awhani@yahoo.fr, +33 6 17 96 00 37

Date de dépôt de la demande de passeport au Consulat général de Paris : 19 juillet 2009


Douze interpellations d’islamistes présumés en région parisienne


AFP | 18.05.10 | 08h56 Les policiers de la DCRI ont procédé le week-end dernier et lundi en région parisienne à l’interpellation de douze islamistes présumés sur commission rogatoire d’un juge d’instruction parisien, a-t-on appris mardi de sources proches de l’enquête. Ces interpellations ont été réalisées par les policiers de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) sur commission rogatoire du juge d’instruction antiterroriste Thierry Fragnoli, selon une de ces sources. Ces personnes ont été interpellées en région parisienne et à Paris. Ces douze personnes, dont certaines sont d’origine tunisienne, ont été placées en garde à vue, susceptible de durer quatre jours en matière d’antiterrorisme, dans les locaux de la DCRI à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Le juge Fragnoli enquête sur des filières d’acheminement de combattants à destination des zones de djihad, au Pakistan et en Afghanistan, selon une de ces sources.
 
 

Tunisie. Une Familia en cacherait-elle toujours une autre ?


Par Anouar Trabelsi Mardi, 18 Mai 2010 09:00 L’anachronisme est monnaie courante sous nos cieux. L’opacité – particulièrement dans les questions financières – ne l’est pas moins. Familia Productions devrait-elle faire l’exception dans ce domaine, comme elle la fait dans les thématiques qu’elle traite ou l’esthétique qu’elle ne cesse de ré-explorer ? Etre un modèle de transparence dans le pays est plus digne de cette boîte de production artistique. Ne doit-elle pas exiger d’elle-même de joindre les actes à la parole avant de l’exiger des autres hommes de paroles ? Chère Familia Productions, approcher socio-économiquement votre œuvre n’est certes pas aisé tant les égos sont enflés et les ruses, innombrables, sont inévitables. Mais l’empathie n’appelle pas nécessairement l’indulgence. L’Etat c’est Nous : les contribuables. Un arbre qu’on arrache à un jardin public, c’est une veine qu’on nous arrache. Un jardin public qu’on cède à un promoteur immobilier, c’est de l’oxygène dont on nous prive. Un rideau qu’on greffe à la fenêtre d’une voiture de fonction, c’est un droit de regard qu’on nous vole. Des centaines de secondes que l’on consacre au culte d’une personne – fut-il un artiste –  dans la télévision  publique, c’est notre miroir national commun qu’on déforme, brise et notre redevance qu’on détourne. De même, nous sommes concernés par tout millime du contribuable tunisien (comme d’ailleurs le cent du contribuable européen) qui atterrit dans votre caisse et pour sa gestion. Qui plus est, il est normal qu’on soit plus exigeant avec vous, qui êtes les ennemis jurés de la langue de bois, et avec votre ministère de tutelle, qui est ou est censé être l’éclaireur public numéro un. Yaïch Lahbib, l’argent que le ministère chargé de la Culture distribue est nôtre – qu’il soit géré par l’actuel ministre ou par ses prédécesseurs. Profiter du système Il n’y a pas lieu de crier repentance parce qu’on aurait «dénoncé» l’acquisition de fonds publics pour celui qui l’écrit ; ni d’avoir honte ou de se sentir «dénoncé» pour celui qui le touche !! Il s’agit tout simplement de s’infliger de la transparence que vous ne cessez d’idolâtrer dans vos créations. La genèse d’une pièce de théâtre ou d’un film de cinéma nécessite ruses et contrebandes et quelque malice. Et ce vis-à-vis des pourvoyeurs de fonds locaux avec leur logique, voire même leur opportunisme et leur impertinence, de même qu’envers les étrangers qui opèrent (et orientent), eux, avec parfois plus de sournoiserie. J’en sais quelque chose, ce fut la problématique d’un DEA soutenu à Grenoble en 1995 sur les mécanismes de financement du cinéma tunisien… Profiter d’un système d’aide à la production, aussi utile que sophistiqué et impénétrable, n’est pas voler. Je vous l’accorde. D’ailleurs, il est opportun de se demander pourquoi tolère-t-on – curieusement – chez les promoteurs culturels ce qui nous révolte chez les promoteurs immobiliers ou touristiques ou les industriels de l’agro-alimentaire ou les recycleurs de déchets qui pompent aussi le contribuable tunisien. Chère Familia Productions, comme votre Yahia Yaïch, vous êtes à la fois victime et tortionnaire. Néanmoins, la notoriété acquise – incontestablement méritée – ne devrait pas vous aveugler. L’aura dont bénéficie le maître Fadhel Jaïbi et le vedettariat aussi particulier que constant et durable de vos comédiennes Fatma Ben Saïdane et Jalila Baccar, le sculptage patient de jeunes talents tels que Moez M’rabet, Basma El-Ichi ou Mohamed Ali Galaï, ne doit en aucun cas assourdir vos oreilles… L’attrait que vous exercez en tant que compagnie et l’éblouissement que vous générez en tant qu’artistes citoyens ne doit pas se transformer en démagogie dévastatrice qui forme ses propres intégristes chez les comédiens, les programmateurs de festivals, les étudiants de l’ISAD ou d’ailleurs… et a fortiori au sein des chercheurs universitaires ou de la corporation des journalistes et critiques culturels. L’idéal… avorté Votre famille intellectuelle et artistique, qui est un peu la mienne, souhaite dans son discours théâtral – depuis Laroussi dans ‘‘Ghassalet Ennouader’’ du Nouveau Théâtre à cette journaliste névrosée merveilleusement campée par Jalila Baccar dans ‘‘Amnésia’’, dernière création de Familia Productions – un journalisme intègre et digne, tel que celui que s’efforçait à respecter feue ‘‘L’Expression’’. Publier dans les colonnes de ce regretté magazine permettait à l’universitaire que je suis de renouer avec cet idéal… malheureusement avorté. Les titres appartiennent aux rédactions comme partout et le corps du texte à son signataire (sous l’égide d’un rédacteur en chef aguerri). Un papier visiblement toujours brûlant, datant de 2008 titré «Quand une Familia en cache une autre», a questionné un département étatique sur la manière dont il gère l’argent public alloué aux espaces culturels. Et c’est la moindre des choses, n’en déplaise à ses fonctionnaires érudits ! Familia Productions en faisait partie alors qu’elle n’en disposait pas encore (si l’on considère qu’aujourd’hui les choses ont changé avec l’arrangement trouvé au Mondial grâce à la finesse d’Abderraouf Basti) ; la compagnie et «sa trinité divine» (Jalila Baccar, Fadhel Jaïbi et Habib Belhédi) a de même été interpellée dans cette chronique… Et c’est légitime ! Ce n’est pas parce que la majorité des chroniqueurs politiques ne le font pas assez ou le font à demi-mots quand ils ne sont pas tout simplement complaisants à l’égard d’un fonds ou d’une subvention solidaire que les critiques d’art doivent se taire quant à des aides aux cinéastes ou des subventions à des espaces culturels. Les marchés d’Etat en matière d’arts plastiques est un autre champ dans lequel je ne me suis pas encore aventuré et qui est, semble-t-il, tout aussi problématique. Les dons délibérément – parfois arbitrairement – accordés sans contrôle en aval aux sociétés de production théâtrale, audiovisuelle ou autres, nous regardent, autant que le ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine. Si l’on se considère citoyens d’une République. De même, Si Lahbib – sans jeux de mots «amnésia-ques» –, ici, vous avez des comptes à rendre, comme les autres. La goujaterie n’est pas une qualité souhaitée chez les médiateurs entre les artistes et la Cité auxquels nous appartenons vous et moi. L’élégance et le fair-play nous conviendra mieux. La gentleman-attitude s’apprend. Par ailleurs, le «poulet déguisé» (traduction de «boulis») que je suis supposé être vous répond qu’il souligne la réussite de voir l’ombre du mouchard – dont j’ai salué la dénonciation dans un article sur ‘‘Corps otages’’, autre pièce de Familia Productions – planer encore sur la tête de l’une des plus farouches poches de résistance du pays. Le flic que j’aurais aimé être, par contre, et dont la figure n’est intériorisée par personne et qui n’est même pas rêvée hélas, vous appelle à organiser une représentation spéciale à tous déchus et futurs déchus à la marginalisation desquels vous participer indirectement. Ça soignera les uns et réveillera, élèvera, les autres. Notre salut en résultera peut-être, entendez celui de l’Etat, là aussi. Quant à la «savate»  (traduction de «chleka»), elle vous rappelle un concept-clé en psychologie : la projection. Votre patron – celui ou celle qui tire les vraies ficelles de la boîte – vous élucidera le concept ou vous prêtera un livre de vulgarisation. En revanche, le «pédé» (traduction de «mouch rajel»), lui, est fier de ne pas partager les valeurs qui sont malheureusement encore les vôtres, celles du machisme, de l’intimidation, du «droit de réponse par les bras», de la menace. Merci donc pour le compliment. Enfin, le «mekri» (mercenaire), contrairement à vos prétentions, est toujours «à vendre», il est venu un certain samedi 15 mai à la Cité des journalistes à Tunis dans le bus d’une compagnie privée et il est rentré en métro-bus (de l’Etat, encore lui !)… suivi d’une longue marche mémorable permettant de savourer un spectacle sidérant.

(Source : kapitalis.com (journal électronique – Tunis), le 18  mai 2010)

Lien : http://www.kapitalis.com/kultur/41-theatre/411-tunisie-une-familia-en-cacherait-elle-toujours-une-autre-.html


Tunisie. La vérité sur la crise économique


Lundi, 17 Mai 2010 08:33
Ridha Kéfi Quand l’Europe prend froid, et elle est carrément «grippée» depuis quelque temps, il y a un risque que ses partenaires sud-méditerranéens se mettent à tousser. Car, dans un monde globalisé, où les risques systémiques sont diffus, nos «petites» économies ne sont pas à l’abri d’un gigantesque effet domino. Gare, donc, à l’insouciance et à l’autosatisfaction ! «Il n’y a aucun doute que l’économie se trouve dans la situation la plus difficile depuis la Seconde Guerre mondiale, voire depuis la Première (…) Nous avons vécu et vivons des moments vraiment dramatiques (…) Les marchés ne fonctionnaient plus»… Quand c’est le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, qui se permet des affirmations aussi péremptoires et au ton sciemment dramatique – dans une interview paru lundi 17 mai dans l’hebdomadaire allemand ‘‘Der Spiegel’’ –, on a de bonnes raisons de s’alarmer et de nourrir de sérieuses inquiétudes.  Ce grand argentier, qui ne parle pas si souvent, mais qui sait toujours de quoi il parle, établit un lien entre la crise actuelle dans la zone euro et la chute de la banque américaine Lehman Brothers en 2008. Comme quoi, dans une économie mondiale globalisée, plus aucun pays n’est à l’abri de la contagion. L’effet domino Les risques systémiques étant diffus et les connexions nombreuses, nos responsables ne devraient pas se contenter d’affirmer que la crise n’a pas eu les impacts redoutés sur notre économie – faiblement globalisée du reste –. Ils devraient prendre les devant pour préparer d’éventuelles réponses aux effets induits des bouleversements actuellement en cours en Europe, notre principal client et fournisseur, et qui représente entre 70 et 80 de nos échanges extérieurs. Avec la crise grecque, déjà installée, et celles portugaise et espagnole, que l’on annonce à cor et à cri, et leur conséquence immédiate, la dévalorisation de l’euro, victime d’un vaste mouvement spéculatif, ne pourrait-on pas craindre un effet domino qui bouleverserait les économies les plus solides en Europe, notamment allemande et française, et impacterait négativement nos performances, notamment en matières d’exportations de biens et services, de recettes touristiques et d’attraction des investissements directs étrangers ? La diversification de nos partenariats économiques est une solution. Elle a  d’ailleurs commencé à être mise en place, avec un intérêt accru pour les pays africains, asiatiques, sud-américains… Mais les effets escomptés de cette politique ne seront pas immédiats. Il nous faudra encore du temps et des investissements. En attendant, la menace est là, tapie au cœur d’une Europe à laquelle nous avons choisi d’être fortement amarrés et qui, aujourd’hui, tangue dangereusement sur ses bases. Cet ensemble, hier donné en exemple pour sa solidité financière et économique, est aux prises aujourd’hui avec des déficits budgétaires et commerciaux, une contraction de la demande, une faiblesse de l’investissement, un ralentissement de l’activité avec une espérance de 1% de croissance, au meilleur des cas, pour l’exercice en cours. Les vents du nord Dans un article intitulé ‘‘La crise de l’euro et nous’’ publié au ‘‘Quotidien d’Oran’’ du 16 mai, Pierre Morville notait que le marasme économique européen affectera «également les proches voisins de la zone géographique Europe, les pays candidats (Turquie, pays des Balkans) mais aussi les principaux partenaires méditerranéens hors Union européenne qui font une part plus que majoritaire de leurs échanges avec l’Union, au premier rang desquels les pays du Maghreb.» 1 D’où la nécessité, aujourd’hui, d’un langage de vérité. Les propos soporifiques de nos responsables sur la crise qui frappe à notre porte mais n’entre pas, sur le nuage qui passe loin au-dessus de nos têtes, sur la certitude des acquis et des réalisations… sonnent faux dans le concert d’avertissements et de mises en garde dont nous submergent les responsables et experts européens. Au moment où, dans les pays les plus développés, on parle d’austérité, de réduction des dépenses publiques et de programmes d’extrême rigueur, l’opinion publique tunisienne doit être préparée à faire face, elle aussi, le cas échéant, à des mesures similaires. L’insouciance comme l’autosatisfaction n’ont jamais été de bons conseils, surtout lorsque le ciel commence à s’obscurcir sous l’effet d’un nuage épais et lourd, poussé par des vents du nord. 1-L’auteur va plus loin en affirmant, à propos du projet de l’Union pour la Méditerranée, censée renforcer l’intégration euro-méditerranéenne : «tous les chantiers esquissés (transports, eau, santé, agriculture…) reposaient sur des financements provenant principalement d’une économie européenne alors en croissance modérée… Il n’en est pas du tout de même aujourd’hui, et dans cette situation, il ne faut pas exclure des réflexes protectionnistes de l’UE, soudains et mal maîtrisés.»

(Source : kapitalis.com (journal électronique – Tunis), le 17  mai 2010)

Lien : http://www.kapitalis.com/kapital/34-economie/400-tunisie-la-verite-sur-la-crise-economique-.html

 

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