2 novembre 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2355 du 02.11.2006

 archives : www.tunisnews.net


Dr Moncef Marzouki: Déclaration

AISPP: Communiqué

Le Maghrébin: Mr Ben Ali ferme l’ambassade de Tunisie à Qatar: Une décision contreproductive

Le Maghrébin: Rapport annuel de « Reporters Sans Frontière » sur la liberté de la Presse  El Watan : Droits de l’homme en Tunisie: La police terrorise l’épouse d’un célèbre avocat Astrubal : Si la révision de la Constitution se concrétisait, c’est que nous serions tous des macaques Le Temps  (Suisse): Les contre-prêches d’un Voltaire arabe

 

Cliquez ici pour accéder au reportage exceptionnel de l’AISPP sur la catastrophe humanitaire des prisonniers politiques Tunisiens

Voir également les documents vidéo:

 

Le Cri De Détresse De La Famille Du Prisonnier Politique Fathi Issaoui  

Nouveau témoignage vidéo de l’AISPP sur les multiples condamnations pour les mêmes faits en Tunisie.

 (Source : www.nawaat.org )


 Dr Moncef Marzouki www.moncefmarzouki.net  Tel : 33 6 88 18 32 46. / 216 24 190 400     Sousse le 3-11-2006 Déclaration
 
En rentrant en Tunisie le 21 octobre, après avoir lancé  sur Al-Jazeera un appel à la résistance pacifique contre la dictature de Ben Ali, je savais ce qui m’attendait . Je n’ai donc pas été  surpris de ma convocation  le jour même de mon arrivée devant le juge d’instruction pour  ‘’ Incitation à la désobéissance civile’’.
Cependant  j’étais à mille lieux d’imaginer que le pouvoir pouvait , comme ce fût le cas  le vendredi 27 octobre , en plein centre de Sousse, lancer une cohorte de voyous derrière moi me traitant de traître , de Juif , de vendu au Qatar et ce pendant plus d’une heure . Il va sans dire que ces  »citoyens indignés » étaient encadrés par la police en civil et en uniforme.
Le surlendemain , c’est dans la marina d’El kantaoui que j’ai été pris à partie , d’abord par une femme hurlant que je l’importunais , puis par une nouvelle cohorte de voyous me menaçant de …viol.
Cette  double agression n’est qu’un aspect  de procédés largement  utilisés par le  dictateur et à ses sbires  contre les opposants , alliant chantage, punition de la famille, intimidation, fabrication de cassettes pornographiques, vols de voitures, renvoi du travail, interdiction de voyager  ou de communiquer, effractions de domicile et j’en passe.
Le but de la manœuvre en ce qui me concerne est de m’interdire tout simplement la rue, afin que je ne puisse plus parler aux Tunisiens, et de transformer chacune de mes sorties en cauchemar. Il y a aussi le  projet très clair de susciter de ma part, ou de celle de mes amis, une réaction pouvant dégénérer en pugilats , donnant le droit au pouvoir de crier à la violence et au désordre sur la place publique suscités par ce soit disant non- violent.
De tels incidents, dans l’esprit des brillants stratèges qui ont conçu les deux opérations, outre  mon humiliation, doivent me pousser à retourner en exil excédé par la répétition des’’ manifestations populaires spontanées’’ contre moi.  
J’ai longuement réfléchi avec mes amis quant  à la conduite à tenir face à  cette stratégie du pouvoir. Après mûre réflexion, j’ai décidé :
1-De  ne pas retourner en exil affirmant mon droit au sol. 2- De refuser de comparaître devant une  justice de simulacre  pour répondre de violations de pseudo- lois  édictées par un pseudo- parlement  et dont la seule finalité est d’habiller de légalité démocratique, la fourberie et la brutalité de la dictature. 3-D’entériner que je suis assigné de facto à  résidence. Je resterai donc dans ma maison encerclée par la police politique , jusqu’à  un changement radical de la situation politique me permettant ainsi qu’à tous les Tunisiens de marcher librement dans les rues et d’exercer tous nos droits et libertés sans peur ni restrictions.
Je réitère mon appel, à la jeunesse notamment,  pour entrer dans une résistance civile utilisant tous les moyens pacifiques afin de mettre fin au  lent pourrissement de la société et de l’Etat, et d’empêcher  toute violence, vers laquelle pousse une dictature  irréformable.
                                                                  Moncef Marzouki  

 
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel : 71 340 860 Fax : 71 354 984  
 
01/11/2006 Madame Zayneb Chebli, mère du prisonnier politique Khaled Arfaoui, incarcéré actuellement à la prison de Monastir a été prise à partie au niveau du jardin du Passage, après avoir quitté le local du Conseil National pour les Libertés en Tunisie, en ce matin du 1er novembre, par des agents de la police politique qui l’ont encerclée de toutes parts et l’ont assaillie de questions provocatrices. Ils l’ont ramenée jusqu’au passage souterrain de la station de métro de la place de la République où se trouve un poste de police, alléguant qu’elle portait un niqab alors qu’il ne s’agissait que d’un simple voile. Après avoir pris tous les renseignements sur elle, ils l’ont libérée mais lui ont toutefois emboîté le pas jusqu’au siège de l’AISPP. Le Président de l’Association Maître Mohammed Nouri (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)  

INFO

Chers amis, Après la reconnaissance des verts européens de « Tunisie Verte » au congrès de Genève tenu du 13-15 Octobre 2006, le journal « El Chourouk » vient de publier un article le 01/11/2006 se déchaînant contre ma personne (propos diffamatoires, insultes …). Nous avons transmis, comme le prévoit la loi, le droit de réponse. Actuellement le journal n’a pas encore publié notre droit de réponse. Nous allons envoyer un huissier notaire au journal et déposer plainte auprès des tribunaux de Tunis pour les atteintes portées à ma personne et au parti « Tunisie Verte » ainsi qu’à mes camarades de notre parti et aux personnalités de l’opposition. Un communiqué en cours de préparation sera publié incessamment. Salutations Abdelkader ZITOUNI Coordinateur National « Tunisie Verte »
 


« Quel pays ? Il n’y a plus de pays ! La Tunisie est foutue! »

*** Authentique conversation entre un homme d’affaires tunisien installé en Europe et un cacique du régime de Monsieur ben Ali (maire d’une grande ville, haut cadre du parti au pouvoir, richissime notable et membre d’une profession libérale). A l’homme d’affaires qui lui faisait part de sa décision de rentrer définitivement au pays et d’y fructifier le pactole qu’il a ramassé de son dur labeur, le cacique du régime a répondu : «Surtout ne commets pas cette fatale erreur ! Garde  toi de la commettre ( rod balek taamel hal amla !) Estomaqué l’homme d’affaires réagit : « Comment ca ?  Toi un homme fort du régime qui me dissuade d’investir dans mon pays ? » Réponse : « Quel pays ? Il n’y a plus de pays ! La Tunisie est foutue!» ( ana blad ? hiya mazalet bled ? etekhdhet tounes ! m’chat ! fakouha ! ».

*** Les Etats-Unis semblent avoir clairement indiqué aux hauts dirigeants de l’Etat tunisien que leur préférence vont nettement à Monsieur Kamel Morjane pour succéder immédiatement à Monsieur Ben Ali en cas de vacance précipitée du pouvoir. Sans que cela apparaisse comme une injonction, mais la chose est dite par le canal de l’ambassadeur US à Tunis où par le canal d’autres pays occidentaux comme l’Allemagne  où monsieur Ben Ali soigne sa maladie et qui connait donc parfaitement l’état de santé de ce dernier. Nos correspondants à Tunis nous font par ailleurs  part d’une nette accélération de la mise en forme de l’article constitutionnel instituant la fonction de vice président.

*** Au moment où la Coface exhorte les entreprises françaises à s’intéresser plus au marché algérien, la mission économique de l’ambassade de France à Alger publie  une fiche détaillée où l’économie algérienne est passée au crible. Le but de cette démarche est d’essayer de rattraper le retard accumulé par les entreprises de l’hexagone devant les investisseurs américains et même de certains pays européens. La conjoncture pétrolière qui a été ces dernières années avantageuses a permis pour l’Algérie de connaître une situation économique favorable, analyse la dite commission qui a mis le doigt sur le solde budgétaire largement excédentaire grâce aux recettes pétrolières. Malgré les fragilités structurelles constatées et un secteur bancaire des plus convalescent, la France semble préoccupée parla place perdue au profit notamment des américains qui sont les premiers à profiter du pétrole algérien. Total ne vient qu’en seconde zone et ne semble pas tenir tête face aux géants américains qui ont des soutiens solides au sein de la junte militaire, mieux que les parrains des entreprises françaises. Est-ce pour cela que la France a décidé d’envoyer prochainement un nouvel ambassadeur en la personne de Bernard Bajolet, un diplomate qui connaît bien l’Algérie et le monde arabe ? *** Deux journalistes norvégiens, Anne Torhild Nilsen et Radmund Steinsvag, ont été refoulés le 24 octobre dernier à l’aéroport d’El-Ayoune par les autorités marocaines. Selon les deux journalistes, des demandes de visa ont été déposées depuis janvier de l’année en cours auprès de l’ambassade du Maroc à Oslo. Et dix mois après aucune suite ne leurs a été donnée par les services consulaires. Ce qui fait dire à Anne Torhild Nilsen que « la stratégie marocaine de ne pas répondre aux demandes de visas des journalistes est très astucieuse. Lorsqu’ils ne répondent pas, il y a peu de choses que l’on puisse faire. Nous ne pouvons pas les dénoncer puisqu’ils ne nous ont pas dit que nous étions interdits sur le territoire marocain. Un non définitif indiquerait clairement que des témoins neutres ne sont pas les bienvenus sur le territoire, et que le régime a des choses à cacher », a déclaré la journaliste norvégienne. A noter que les deux reporters sont connus pour leur travaux sur le Sahara occidental et ils ont été déjà empêchés par le passé de réaliser un documentaire sur la situation des droits de l’homme dans la région. *** Les législatives mauritaniennes du 19 novembre prochain verront la participation de tente sept partis politiques et des dizaines de listes d’indépendants. Il est prévisible, une fois ce rendez-vous électoral passé, que des partis disparaissent de la scène politique et que les listes d’indépendants gagnantes se transforment en partis politiques ou rejoignent ceux déjà existants. Pour se préparer à ces élections qui s’annoncent dors et déjà ardues, l’union pour la Démocratie et le Progrès (UDP) n’a pas  trouvé  mieux pour affronter les suffrages que d’aller demander conseil au FLN algérien. La présidente de l’UDP, Naha Bent Hamit Ould Mouknas était le week-end dernier l’hôte du secrétaire général du FLN et de ses lieutenants, censés lui monter comment gagner au suffrage universel. La présidente du parti mauritanien s’est déclarée : « disposée à prendre conseil de l’expérience du FLN pour s’imposer sur la scène politique mauritanienne et réussir lors du prochain rendez-vous électoral qui pointe à l’horizon ». La présidente de l’UDP s’est-elle rendue à la bonne adresse ? (Source : Rubrique « SU » dans « Le Maghrébin », édition du 30 octobre 2006) Lien : http://www.hebdo.amd-maghreb.org/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=14&Itemid=66

 


Mr Ben Ali ferme l’ambassade de Tunisie à Qatar

Une décision contreproductive

Fatima Kabba (*) Le régime de monsieur Zine Al Abidine Ben Ali vient à nouveau d’imprimer sa marque dans les annales  des excentricités diplomatiques. Il a décidé de fermer son ambassade au Qatar. Raison ? « La campagne hostile destinée à nuire à la Tunisie » que conduit, selon Tunis, la chaine Qatarie « Al Jazira » qui appartient à la famille  régnante  de ce pays.  « Al Jazira » a couvert la controverse qui fait actuellement rage en Tunisie sur le retour du voile parmi lune categorie de  tunisiennes et a donné la parole le 14 octobre à l’opposant Moncef Marzouki, président d’un groupuscule politique (interdit)  qui a  appelé l’opinion publique tunisienne «  à la désobéissance civile ». La mesure en elle même et les  raisons  invoquées pour la justifier ont apparu aux observateurs que nous avons interrogés à ce sujet « excentriques » selon l’expression d’un diplomate maghrébin « parce que frappées du sceau de la démesure et de l’hypertrophie ». Il y a en effet une disproportion entre  la decision et la raison qui la fonde. Rarement on a vu un Etat fermer son ambassade dans un autre pays pour protester contre une couverture médiatique- quelle qu’elle soit – des événements qui le concernent. Même le féroce régime syrien n’a jamais pensé à de tels procédés alors même que les opposants syriens s’adonnent à chercher à cœur joie à le destabiliser  sur les écrans de la dite chaîne. Certains militants tunisiens installés en France nous ont rappelés que, au plus fort de l’impitoyable et agressive polémique qui avait opposé en son temps Bourguiba à Nasser, jamais le premier cité n’a pensé rappeler son ambassadeur mais a choisi de répondre du tic au tac. La polémique s’était limitée à une vigoureuse  empoignade verbale entre les journalistes des deux pays. Monsieur Ben Ali a donc privilégié une nouvelle fois  un procédé réactif plus proche de la culture sécuritaire que diplomatique. Certaines personnes  qui le connaissent affirment « qu’il lui  est techniquement difficile  de réagir autrement ».  Pourtant « Al Jazira » l’a toujours ménagé et a , à maintes reprises, annulé des émissions annoncés à l’avance sur la Tunisie sur pression parfois personnelle de Monsieur Ben Ali sur l’Emir du Qatar, sans parler de l’invitation systématique que la chaîne adresse aux porte-voix du régime tunisien pour  réciter la rhétorique benalinienne dans les dossiers ou les débats qu’elle organise au sujet de la Tunisie. Disproportion aussi eu égard à l’importance des intérêts économiques et financiers qui lient les deux pays. Le Qatar est un des plus gros investisseurs en Tunisie. Il a financé la création d’une banque de développement récemment convertie en banque commerciale et est retenu parmi ceux qui ont le plus de chance de remporter le marché de construction d’une raffinerie de pétrole dans le port de la Skhira. De même qu’une importante colonie tunisienne réside dans ce pays où les cadres tunisiens apportent le concours de leur compétence dans des domaines aussi variés que l’enseignement, le sport, la santé,  la pétrochimie  et les médias. Dans ce denier secteur « Al Jazira » compte dans ses rangs plusieurs cadres  tunisiens de haut niveau. L’école  qui dispense à Doha un enseignement exclusivement tunisien aux enfants de la colonie tunisienne risque de son coté de pâtir gravement de la fermeture de l’ambassade. Mais l’expérience a montré que Monsieur Ben Ali n’a cure des intérêts de la Tunisie quand son système vient à être écorné de quelque façon que ce soit. Il réagit épidermiquement sans  penser aux conséquences. A titre de représailles contre la presse française qui commençait au début des années 90 à démystifier son système, il a ordonné une arabisation forcée et  immédiate de tout ce qui, pour les besoins du commerce local et international, était bilingue. Avant de revenir rapidement sur cette impulsion ravageuse. Mais ce qui a fait le plus amuser les militants tunisiens contactés ici à Paris  dans les attendus du  communiqué des autorités tunisiennes annonçant la fermeture de l’ambassade, c’est l’autoglorification par le régime de Ben Ali  de  la liberté de presse qui prévaut en Tunisie. L’un d’entre eux  rétorque que « n’était Al Jazira les tunisiens n’auraient jamais appris ni l’attentant contre la synagogue de Djerba ni la visite de  Mr Ariel Sharon dans leur pays, alors qu’au sujet de l’éthique déontologique dont se targue le régime, il n’est pas inutile de rappeler , a-t-il poursuivi,   la décoration que Monsieur Ben Ali a lui même  déposée  sur la poitrine d’un  des journalistes de service de son régime dont la spécialité est l’insulte, la diffamation , l’invective et la calomnie ». De quel pluralisme et liberté peuvent les autorités tunisiennes parler en effet alors même que les sites des partis d’opposition reconnus et ceux des associations civiles reconnues sont censurés, qu’aucun dirigeant de ces mêmes partis et associations  n’a été, ne serait ce qu’une fois, invité par la télévision d’Etat, qu’un avocat militant des droits de l’homme croupit depuis plus de deux ans dans les prisons pour avoir  écrit une opinion sur le net  et que, au classement des pays respectueux de la liberté de la presse,   la Tunisie occupe l’humiliant 148 ème rang ? Les autorités tunisiennes ont-elles une idée  des réalités médiatiques marocaines à titre d’exemple ? Etant moi même marocaine, je n’arrive pas à croire mes yeux en établissant une comparaison entre les deux pays. J’ai le désagréable sentiment que la Tunisie et le Maroc, sur le plan des libertés, n’appartiennent pas à une même sphère culturelle ou même temporelle… Le principal bénéficiaire de cette nouvelle excentricité du système de Monsieur Ben Ali est finalement Moncef Marzouki comme Taoufik Ben Brik autrefois. Le régime tunisien a réussi le tour de force de  fournir une inespérée  amplification publicitaire à des propos qu’il a coutume de diffuser. Sans parler  du silencieux mépris des autorités qataries qui, elles, se sont contentées de rapporter l’information sans fermer leur ambassade ni rappeler leur ambassadeur. Et sans commentaire.  Seule la Chaîne «Al Jazira » s’est contenté de réagir. « Nous n’avons pas d’agenda politique contre la Tunisie a répondu son directeur général et nous accueillerons toujours avec plaisir tout responsable tunisien qui veut parler sur la chaîne. » Sous entendu Monsieur Ben Ali aussi… Au total, la décision de la fermeture de l’ambassade de Tunisie à Qatar apparait, comme un nouveau signe distinctif du système Ben Ali : Impulsif, irréaliste et contreproductif. (*) Fatima Kabba est journaliste marocaine, ancienne cadre à la radio marocaine et installée actuellement à Paris. Elle  est membre  fondatrice de l’AMD et a été chargée par le comité de rédaction du Maghrébin  de suivre l’actualité tunisienne.  Le principe de faire écrire les articles relatifs à chacun des pays du Maghreb par des journalistes non issus du pays évoqué  a pour but de faire connaitre aux uns et aux autres les réalités des pays autres que les leurs.  (Source : « Le Maghrébin », édition du 30 octobre 2006) Lien :http://www.hebdo.amd-maghreb.org/index.php?option=com_content&task=view&id=123


Rapport annuel de « Reporters Sans Frontière » sur la liberté de la Presse

 

Nous reproduisons intégralement le rapport 2006 de l’ONG Reporters Sans Frontières portant sur les atteintes à la liberté de la presse dans les cinq pays du Maghreb. Le Maroc : En 2004, les autorités marocaines avaient montré quelques signes encourageants pour la liberté de la presse. Cette avancée fut de courte durée. Deux journalistes ont été incarcérés en 2005 pour « diffamation ». L’un d’eux, Anas Tadili, directeur de l’hebdomadaire Akhbar Al Ousboue, était toujours emprisonné au 1er janvier 2006. Une dizaine d’autres plaintes contre lui sont en cours d’instruction. Le second, Abderrahmane El Badraoui, ancien directeur de l’hebdomadaire Al-Moulahid Assiyassi, a bénéficié d’une grâce royale, le 15 décembre 2005, après trois ans et demi de détention dans des conditions difficiles. D’autres moyens sont également utilisés par le pouvoir pour faire taire les voix dissidentes. Deux hebdomadaires arabophones Al Hayat al Maghribia (La vie marocaine en arabe) et Asharq (L’Est) ont été suspendus en janvier 2005, pour une période de trois mois. Et pourtant, les journalistes marocains restent relativement libres d’exercer leur métier. Tant qu’ils ne franchissent pas les lignes rouges fixées par le Palais royal : à savoir, la question territoriale (le Sahara occidental), la question politico-religieuse (tout ce qui touche au roi) ainsi que les différents trafics dans lesquels sont parfois impliqués de hauts responsables du Royaume. Le journaliste Ali Lmrabet a été condamné à dix ans d’interdiction d’exercer son métier au Maroc et à une amende de 50 000 DH (4500 euros) par la cour d’appel de Rabat, le 23 juin 2005 pour un sujet concernant les Sahraouis de Tindouf. Il a été régulièrement harcelé et suivi par les services de renseignements marocains lors de ses déplacements au Maroc. Hassan Rachidi, directeur du bureau d’Al-Jazira à Rabat, a été menacé de mort après la diffusion sur la chaîne qatarie d’un reportage sur des manifestations étudiantes dans le Sahara occidental. Les conditions de travail dans cette zone sont particulièrement difficiles pour les professionnels des médias qu’ils soient locaux ou étrangers. Plus de dix journalistes y ont été agressés, interpellés ou encore expulsés en 2005.

Par ailleurs, l’hebdomadaire Al Jarida Al Oukhra a reçu un « avertissement » du directeur du protocole et de la chancellerie, Abdelhak El Mrini, après la parution, le 6 avril 2005, d’un dossier sur la vie quotidienne de la princesse Lalla Salma, épouse du roi. Noureddine Miftah et Maria Moukrim, respectivement directeur de publication et journaliste de l’hebdomadaire Al Ayam, ont été convoqués par le procureur du roi après la publication d’un dossier sur le harem royal. Le journal TelQuel a été condamné par le tribunal de Casablanca en première instance à deux amendes pour deux affaires différentes d’un montant total de 1 960 000 DH (180 000 euros) au total. L’hebdomadaire a été condamné, le 29 décembre 2005, à 800 000 dirhams (72 000 euros) d’amende en appel du 1er procès. Ahmed Benchemsi et Karim Boukhari, respectivement directeur de la publication et chef des actualités, ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis. Ces amendes peuvent mettre en péril la survie même de ces publications. Dans le même temps, le Centre européen de recherche, d’analyse et de conseil en matière stratégique (ESISC), basé à Bruxelles, a porté plainte contre Le Journal Hebdomadaire. Motif invoqué : la publication d’un dossier mettant en cause l’objectivité d’une étude réalisée par l’organisation belge sur le Front Polisario, un mouvement sécessionniste du Sahara Occidental. Le procès devrait se tenir au début de l’année 2006. Algérie : La situation de la presse algérienne s’est encore détériorée avec un nombre record de procès intentés à des journalistes. Au total, au moins 114 affaires de presse ont été enregistrées en 2005. Elles se sont soldées par une centaine de condamnations à des amendes et des peines de prison fermes ou avec sursis. Rarement des non-lieux. Certaines sont toujours en cours d’instruction. Chaque fois, les journaux sont poursuivis pour « diffamation ». Depuis la réélection de d’Abdelaziz Bouteflika en 2004, la presse algérienne est mise à mal. Censures, convocations à répétition, plaintes en diffamation émanant du pouvoir et partialité des juges contraignent souvent les rédactions à l’autocensure. Cependant, quelques « irréductibles » continuent de faire face, accumulant amendes dissuasives et peines de prison sans pour autant se départir de leur liberté de ton. Par ailleurs, le directeur du Matin, Mohamed Benchicou, est encore incarcéré au 1er janvier 2006, malgré la détérioration de son état de santé. Près d’une cinquantaine de plaintes pour délits de presse ont été jugées ou sont instruites contre lui. Le Président, rancunier, ne lui a toujours pas pardonné sa campagne critique dans le Matin et son livre « Bouteflika, une imposture algérienne » paru à la veille de l’élection présidentielle d’avril 2004. Tunisie : Alors qu’en 2005, les Etats-Unis se sont félicités, à tort, de mesures prises en faveur de la liberté de la presse en Tunisie, le régime policier mis en place par le président Ben Ali n’a pas accordé plus de libertés aux journalistes. Aidées dans cette tâche par un redoutable arsenal policier (130 000 agents), les autorités tunisiennes – hôtes du Sommet mondial sur la société de l’information, organisé par les Nations unies, du 16 au 18 novembre 2005 – s’en sont prises aux défenseurs des droits de l’homme, aux figures de l’opposition et aux journalistes.

Le 7 septembre 2005, le Syndicat des journalistes tunisiens (SJT), qui regroupe plus de 150 journalistes, a été interdit de tenir son congrès constitutif. Pourtant, « la liberté syndicale est garantie » par la Constitution et le code du travail de 1966. Début 2006, deux militants de la liberté d’expression étaient encore derrière les barreaux : Hamadi Jebali, directeur de l’hebdomadaire Al Fajr, est emprisonné depuis 1991 pour « diffamation » et « appartenance à une organisation illégale ». Et l’avocat Mohammed Abbou, a été condamné, le 28 avril 2005, à un an et demi de prison pour un article écrit sur le Web.

La journaliste Sihem Bensedrine, directrice du magazine en ligne Kalima et militante des droits de l’homme, a fait l’objet d’une campagne de presse obscène. Plusieurs quotidiens proches du pouvoir, dont Al-Chourouk, Al-Hadith et As-Sarih, ont publié des articles insultants dans lesquels ils l’ont accusée, entre autres, de vendre sa conscience et de « louer son dos » (se prostituer en pratiquant la sodomie).

La Libye : La liberté de la presse  n’existe pas au pays du « frère leader », Mouammar Kadhafi. Les médias sont entièrement contrôlés par l’Etat. Même Al-Zhafa al-Akhdar, le quotidien officiel, a été suspendu plusieurs fois pour avoir publié des articles qui avaient déplu au pouvoir. Un professionnel des médias a été tué en 2005. Daïf Al Ghazal, 32 ans, a été torturé à mort, le 21 mai, dans des circonstances obscures. Les autorités, qui avaient promis d’enquêter sur cette affaire, restent silencieuses. Les articles qu’il publiait sur le site libya-alyoum.com (« Libye aujourd’hui »), journal en ligne d’opposition – basé à Londres – étaient fortement critiques à l’égard du Mouvement des comités révolutionnaires (MDC) et du pouvoir. Au 1er janvier 2006, deux journalistes étaient encore derrière les barreaux : Abdel Razak Al Mansouri, condamné à 18 mois d’emprisonnement pour certains articles critiques du pouvoir libyen diffusés sur Internet et Abdullah Ali al-Sanussi al-Darrat qui détient le triste record de la plus longue incarcération du monde pour un journaliste. Il est en prison depuis 1973 sans inculpation ni procès. Son lieu de détention demeure inconnu. Il n’est même pas certain qu’il soit encore vivant. Mauritanie : « L’ordonnance loi de 1991 relative à la liberté de la presse » : ce texte à l’intitulé tout à fait ordinaire a permis pendant près de quinze ans au président Maaouya Ould Taya et à son gouvernement d’ordonner plus d’une centaine de saisies de journaux indépendants. Journalistes arrêtés, articles découpés, publications interdites, police politique omniprésente, sujets tabous, manipulation des médias publics, mensonges d’Etat, brutalités policières étaient le lot quotidien d’une presse fière de son indépendance et, parfois, de son insolence, vis-à-vis d’un pouvoir de plus en plus despotique. La Mauritanie était devenue un pays fermé, obtus et tyrannique pour ses journalistes et ses défenseurs des droits de l’homme. En une matinée d’août 2005, le chef de la police a renversé pacifiquement le régime, pendant un séjour du Président en Arabie saoudite. Il a aussitôt promis le rétablissement de la démocratie dans les deux ans et commencé par faire voter une loi lui interdisant de briguer le pouvoir au terme de la transition, une interdiction qui concerne également l’ensemble de ses ministres. Il a réuni l’opposition, la société civile et la presse pour déterminer un calendrier et des objectifs communs. Dans ce contexte, Reporters sans frontières a adressé aux nouvelles autorités des recommandations pour que la réforme du cadre législatif soit conforme aux standards démocratiques internationaux. Lors d’une mission à Nouakchott en octobre, l’organisation a obtenu du nouveau chef de l’Etat la levée de la censure et le rétablissement de la diffusion de Radio France Internationale (RFI) dans la capitale. Reporters sans frontières a également été associée à la rédaction de la nouvelle loi sur la presseز (Source : « Le Maghrébin », édition du 30 octobre 2006) Lien :http://www.hebdo.amd-maghreb.org/index.php?option=com_content&task=view&id=129


Droits de l’homme en Tunisie

La police terrorise l’épouse d’un célèbre avocat

Samia Abbou, l’épouse du célèbre avocat et grand défenseur des droits de l’homme en Tunisie, Mohammed Abbou, subit depuis quelques jours des actes d’intimidation et un harcèlement inédits de la part des services de sécurité tunisiens. Sa maison est interdite à toute visite, y compris familiale, depuis la fête de l’Aïd El Fitr. A l’extérieur, des policiers lui collent aux basques de jour comme de nuit, l’humiliant et la menaçant. Le 26 octobre dernier, alors qu’elle revenait d’une visite effectuée à la famille d’un prisonnier politique, dont le fils a été sauvagement agressé par les forces de sécurité, Mme Abbou, accompagnée de ses deux enfants, âgés de 10 et 13 ans et de l’avocate de grande renommée Radia Nasraoui, a été vivement interpellée devant son domicile par des policiers en faction qui lui ont signifié l’interdiction qu’elle fasse entrer chez elle sa « compagne », Me Nasraoui en l’occurrence. Ayant protesté contre cette « aberration », Mme Abbou se voit immédiatement menacée par deux policiers en moto, armés jusqu’aux dents. « Ils étaient terrifiants, nous regardaient, moi et mes deux enfants, droit dans les yeux (…) J’ai perdu toutes mes forces, crié très fort (…) », a-t-elle témoigné aux ONG internationales de défense des droits de l’homme. Continuant leur entreprise répressive, les services de sécurité ont, par la suite, interdit carrément à la circulation la rue où Mme Abbou habite. Seuls les résidents du quartier sont autorisés à y passer en exhibant leur carte d’identité. Devant cette intenable situation, Mme Abbou a fui sa maison pour aller se réfugier chez des amis militants. Cet acharnement policier contre elle et ses enfants s’explique simplement par son plein engagement aux côtés de son époux, Mohammed Abbou. Ardu défenseur de la liberté d’expression et de la démocratie en Tunisie, ce dernier croupit au fond d’un cachot, dans la prison de Kef, située à 170 km de Tunis, depuis le 1er mars 2005, et ce, pour avoir comparé les tortures infligées à des prisonniers politiques en Tunisie aux exactions de soldats américains à Abou Ghraïb en Irak. Aussi, les autorités tunisiennes n’ont sûrement pas apprécié les soutiens manifestes de Mme Abbou aux épouses de tous les autres détenus politiques qui « peuplent » les prisons tunisiennes. Dans un tel contexte et face à cette nouvelle escalade policière, les ONG internationales n’ont pas hésité à tirer la sonnette d’alarme. Ainsi, l’association des Chrétiens pour l’abolition de la torture, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, l’Organisation mondiale contre la torture et Reporters sans frontières ont vivement condamné ces actes dignes de tyrans. Dans un communiqué rendu public vendredi 27 octobre, ces ONG ont demandé fermement aux autorités tunisiennes de cesser ces harcèlements sur la personne de Samia Abbou et sa famille, mais aussi et surtout de libérer son époux, maître Abbou, dans les plus brefs délais. M. A. O. (Source: El Watan (Algérie), le 1er novembre 2006) Lien : http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=53019


RELIGION. Dans un ouvrage qui vient de paraître, l’écrivain franco-tunisien Abdelwahab Meddeb, qui vit et enseigne à Paris, appelle l’islam à quitter sa prison théologique. Une parole libre et dévastatrice pour le fondamentalisme.

Les contre-prêches d’un Voltaire arabe

Patricia Briel Dans la critique de l’islam qui commence à émerger au sein du monde musulman, l’écrivain franco-tunisien Abdelwahab Meddeb se distingue par la fulgurance de ses propos, la finesse de ses analyses et ses connaissances encyclopédiques de la philosophie et de l’histoire occidentale et arabo-musulmane. Prêt à jouer le rôle d’un Voltaire arabe, ce professeur de littérature comparée à l’Université Paris X-Nanterre ne cesse de dénoncer depuis quelques années les méfaits de l’islamisme, qu’il considère comme «la maladie de l’islam», titre de l’un de ses ouvrages les plus connus. Dans son nouveau livre, Contre-prêches, Abdelwahab Meddeb poursuit sa lutte contre le fanatisme religieux au fil d’une centaine de chroniques inspirées par l’actualité et dans lesquelles il déploie tous les registres de son talent intellectuel polyphonique. Selon les sujets abordés, il se fait théologien, philosophe, poète, chroniqueur politique, historien, sociologue, historien de l’art et linguiste. Contre le simplisme du discours fondamentaliste prévalant actuellement dans le monde musulman, il rappelle la richesse de la culture islamique qui s’est développée entre les VIIe et XIIe siècles, avant la «clôture théologique» qui a, selon lui, transformé l’islam «en une entité sotte et détestable». Une anamnèse nécessaire et salutaire, dont le but est de faire remonter à la mémoire les écarts inédits et les saillies de l’islam, qui sont autant d’armes contre le sens commun et les dogmes relayés par les «docteurs grégaires» et les «militants sanguinaires». Si Abdelwahab Meddeb se plaît à ressusciter les trésors de l’âge d’or islamique, il sait aussi se montrer féroce à l’égard des islamistes et de leur monde obscurantiste. Cependant, il ne réserve pas le tranchant de sa pensée qu’aux intégristes: il pourfend aussi les dérives de l’administration Bush et critique l’image négative que l’Europe s’est forgée de l’islam et de son Prophète depuis le Moyen Age. Avec, toutefois, cette perspective que l’islam ne se débarrassera de ses archaïsmes qu’en se laissant féconder par la culture européenne: «Ce n’est pas à l’Europe de s’adapter à l’islam; c’est à l’islam de s’adapter à l’Europe. A l’islam d’apprendre à subir la critique, même la plus offensante, sans en venir au crime de sang pour se défendre. A l’islam d’admettre que les critiques les plus virulentes qui lui sont adressées peuvent se justifier au vu de la contradiction qui s’exacerbe entre l’évolution du monde et la fixité de ses mœurs. Enfin, c’est en Europe que le sujet d’islam doit sentir la part manifestement obsolète de son héritage.» Quelle est donc cette part? Principalement l’attachement aveugle à la lettre coranique. En annulant toute interrogation et tout doute, la religion prise à la lettre maintient les sujets islamiques dans l’ignorance, les emprisonne dans un corset de contraintes étouffantes et empêche la nécessaire levée des tabous qui polluent la conscience de l’islam. Sans un travail d’exégèse approfondi, explique l’écrivain, cette conscience restera corrodée par la vision narcissique qu’elle a d’elle-même, vision qui lui fait confondre l’hagiographie et l’histoire et qui entretient un double déni, celui du réel et celui de l’altérité. Dans ses Contre-prêches, qui portent bien leur nom, Abdelwahab Meddeb revient à plusieurs reprises sur la condition des femmes musulmanes, emblématique selon lui de la stérilité actuelle de la culture islamique. L’auteur proclame ainsi sa «haine du voile», qui représente «le signe de l’infériorisation féminine et de l’offense faite aux femmes». Cette offense prend racine dans le Coran, notamment dans le verset qui affirme explicitement la supériorité et la prééminence de l’homme sur la femme (verset 34, sourate IV). L’unique solution pour parvenir à l’égalité des sexes consiste, selon l’auteur, à «admettre que l’intégralité des dispositions coraniques et traditionnelles sur ce point sont obsolètes, qu’elles appartiennent à la part circonstancielle du Coran et non à sa part principielle, donc à sa part caduque, effacée par le progrès moral, politique, social et économique, par l’évolution de l’humanité». Comment reconnaître la part caduque du Coran? En abandonnant la croyance selon laquelle ce livre recèle la parole même de Dieu. Car le dogme du «Coran incréé» a figé la raison et l’énergie de la pensée islamiques. Luttant contre l’amnésie, Abdelwahab Meddeb rappelle que l’école mutazilite a, entre le IXe et le XIe siècle, proposé la thèse du «Coran créé», d’une parole divine advenue dans un langage humain. Dans une même logique, il tire de l’oubli un auteur soudanais pourtant très récent, Mahmûd Muhammad Taha, qui appelle à ne retenir comme part principielle du Coran que les versets de la période mecquoise, plus doux et plus spirituels que ceux de la période médinoise, marqués par la violence des conquêtes militaires. Le travail critique de base a déjà été réalisé au sein de la tradition islamique, dit en substance Meddeb. Il revient maintenant aux musulmans de revivifier la part lumineuse de leur héritage. Pour barrer définitivement la route au fanatisme. Abdelwahab Meddeb, Contre-prêches. Chroniques, Seuil, 504 p. (Source : « Le Temps » (Suisse) du 25 octobre 2006)


Si la révision de la Constitution se concrétisait, c’est que nous serions tous des macaques

Par : Astrubal Je ne connais pas M. Kamel Morjane. Tout au moins ce que je sais le concernant, c’est qu’il est l’actuel ministre de la Défense de la dictature tunisienne après avoir effectué, selon l’ami Chokri Yaacoub, une brillante carrière diplomatique. Que l’homme soit connu pour son intégrité selon CY, qu’il ait laissé de « bons souvenirs » selon oiseau libre, « un homme » dit-elle « qu’on évoque en bien » , j’en prends acte. Néanmoins, (je précise au préalable que ce que j’écris n’a rien de personnel ni à l’égard de Chokri, ni à l’égard d’Oiseau Libre ni même à l’égard de Kamel Morjane) je me limite à de simples constats. Si ce qui s’écrit concernant la succession de Ben Ali venait à se confirmer, c’est que les Tunisiens … nous sommes vraiment les derniers des macaques. Ainsi donc, « les Etats-Unis semblent, rapporte l’AMD, avoir clairement indiqué aux hauts dirigeants de l’Etat tunisien que leur préférence va nettement à Monsieur Kamel Morjane pour succéder immédiatement à Monsieur Ben Ali en cas de vacance précipitée du pouvoir. Sans que cela apparaisse comme une injonction, mais la chose est dite par le canal de l’ambassadeur US à Tunis… ». – Or, je m’interroge : qui est supposé décider en dernier ressort du fait de confier la charge du commandement suprême des forces armées tunisiennes ? Est-ce le peuple tunisien souverain ou les USA ? De même, le président de la République dont la fonction suppose la fidélité absolue à cette même nation et à ses intérêts peut-il devoir sa nomination à ce poste à des puissances étrangères plutôt qu’au peuple tunisien au nom duquel cette fonction est exercée ? Que l’on ne s’y méprenne pas sur le sens de mes propos. Sur cette question, en tout cas, je ne peux rien reprocher aux Américains, ni d’ailleurs à Kamel Morjane. Libre aux Américains de soutenir qui ils veulent. Je ne vois d’ailleurs pas comment les empêcher de manifester une préférence pour telle personne ou telle autre. De même, il faut vraiment être le premier des démagos pour taxer de « chalabisme » toute personne à l’égard de laquelle se manifesterait une préférence américaine. On ne devient pas « Chalabiste » parce qu’une préférence américaine se déclare, on le devient par une attitude de valet à l’égard des US. En réalité, ce qui est choquant dans cette histoire, c’est l’incapacité des Tunisiens à s’organiser pour imposer leur choix souverain. Ce qui serait absolument dramatique, et qui ferait de nous encore une fois les derniers des macaques, c’est cette incapacité qui se prolongerait au point de ne pas être en mesure de définir les moyens politiques pour imposer nos choix souverains. La cruauté du drame qui est en train de se nouer ne réside pas tant dans le fait de la préférence américaine, mais plutôt dans l’autoroute que nous laisserions aux puissances étrangères pour décider de notre sort. Si le vide politique est tel qu’il faille l’intervention des USA pour choisir celui qui gouvernerait notre destiné pour l’après Ben Ali, et si ce vide est tel qu’il faille parachuter un technocrate, quand bien même ayant exercé ses talents dans la diplomatie, c’est qu’alors nous sommes, non pas des macaques, mais les derniers des imbéciles à l’intelligence encore inférieure à celle des macaques. Suis-je en train de tenir des propos exagérés ? Pas si sûr. En effet, comment ne pourrions-nous pas être les derniers des imbéciles en tolérant COLLECTIVEMENT l’éclatement du dernier socle sur lequel Ben Ali a cherché à bâtir sa légitimité et justifier son coup d’Etat : La succession automatique à la tête de l’Etat. C’est quand même invraisemblable que l’on puisse parler d’une future révision de la Constitution pour permettre une succession automatique à la tête de l’Etat. Au cas où certains l’auraient oublié, je rappelle ce que proclamait si fort la déclaration du 7 novembre: « L’époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie, ni succession automatique à la tête de l’Etat desquelles le peuple se trouve exclu. » Voila donc qu’après le rétablissement de la présidence à vie par l’abrogation de la limite des mandats présidentiels, que l’on cherche à achever le travail par l’institutionnalisation de la « wisayya » en la forme d’un vice-président succédant automatiquement à la tête de l’Etat. C’est littéralement révoltant. Nulle part dans les pays démocratiques, il n’y a de vice-président nommé qui succède automatiquement en cas de mort ou d’incapacité du président. Un vice-président qui succède automatiquement à la tête de l’Etat ne peut l’être que s’il a été élu par le peuple en même temps que le président et non nommé par ce dernier. Si effectivement ce scénario se concrétiserait par la révision de la Constitution en ce sens et si un technocrate à l’instar de Kamel Morjane devenait président de la République parce qu’il a les faveurs des USA, alors le « chalabiste » ne pourra être ce monsieur. Les « chalabistes » ce seront nous pour avoir choisi de laisser les puissances étrangères décider de notre destin. Mais là j’exagère peut-être en disant que nous serions des « chalabistes ». Sûrement. Car peut-on vraiment qualifier des macaques de « chalabistes »? Astrubal, le 31 octobre 2006 (Source : Forum « Taht Essour » de nawaat, le 31 octobre 2006 à 11h31 PM) Cet article a suscité plusieurs commentaires intéressants. A consulter sur ce lien : http://www.nawaat.org/forums/index.php?showtopic=12598

تعليق على مقال Astrubal

بقلم: صـابر كمال مرجان المرشح لرآسة الجمهورية التونسية , ويبدو أن الرجل يحوز على رضى أمريكى…كمال مرجان ليس وجها معروفا إلى حد ما إعلاميا ولكنه يبدو أن له تجربة دبلوماسية… لعل هذه الأجواء التى تمر بها تونس وهذا التخمين حول تغيير رأس السلطة يذكرنا بقدوم الدكتاتور بن على والذى أحال آنذاك ولى نعمته بورقيبة على التقاعد بتقرير طبى , وقد كان الشعب التونسى تواقا إلى تغيير وأجواء البلاد والحكم ناضجة لدورة حكم أخرى , وقد وصف الدكتاتور آنذاك بمنقذ البلاد وبالرجل الحديدى ورجل السى أي أي ووو…. كما علقت عليه آمال مبالغا فيها خاصة وأنه عزف على رغبات وطموحات الشعب التونسى من خلال بيان سبعة نوفمبر وليس مستبعدا على الإطلاق بل من المتوقع أن يمسك مرجان بالرئاسة ثم يدعو إلى إنتخابات رئاسية يكون هو بالطبع الرئيس المنتخب ونعود إلى دورة أخرى من الحكم بإستمرار هذا النظام ولكن بقيادة رجل خرج من رحمه ومرشح أن يعمّر فى السلطة مثله وزيادة ما دام الرجل يتمتع بالصحة ويمسك بمفاتيح قوة الدولة وهى المؤسسة العسكرية إضافة إلى مباركة القوى الدولية الكبرى من المؤسف أن تجرى هذه التغييرات وتطبخ هذه الطبخات من وراء ظهر الشعب التونسى.. لماذا يكون قدرنا أن ينصّب علينا رجل آخر لا ندرى أين سيذهب بالبلاد , ماهو مشروعه فى الحكم؟ على شاكلة بن على !!!! أم أن وزير الدفاع هذا مختلف ؟؟؟!!!.. ماهى الضمانات التى يقدمها للشعب التونسى كى لا يسير على نهج سلفه الجنرال الدكتاتور؟! .. الرجل وزير دفاع وقد يكون هو الآخر جنرال وينتظر الوصول لرآسة الدولة كى يحمل صفة الدكتاتور ؟! , ألم يصل المنصب الذى هو فيه إلا بمباركة الدكتاتور بن على خاصة وأن المنصب حساس ومهم فى أي دولة؟؟!!…أسئلة كثيرة أخرى مشروعة تطرح , كلها أسئلة قلقة من هذا الوضع الذى توضع فيه البلاد التونسية بعد كل دورة يهرم فيها الرئيس ويعجز حتى للذهاب إلى دورة المياه بمفرده … فتطرح الخلافة !! وكأننا فى مملكة وليس فى جمهورية ونحن فى الحقيقة فى جملكية كما يقول الدكتور المرزوقى إستقراء الواقع وهذا النهج فى توريث الحكم وتسليم دفته من يد إلى يد وحبك السيناريوهات لتظليل الشعب واللعب بعقول العامة عبر بيانات وإجرءات شكلية فى أول مراحل الحاكم الجديد لتثبيت أركانه واكتساب زخم الشرعية ليس مستبعدا بالمرة أن يتكرر كل ذلك وقد تكون بإضافات نوعية هذه المرة يجعل المرء فعلا يحتفظ بتحفظ شديد تجاه مرجان أو غيره ذلك أنه ليس من الحكمة أن يبارك المرء أي وجه يمسك بمفاتيح قرطاج والبلاد التونسية لنلدغ من الجحر مرتين فالتجربة مع الدكتاتور بن على يجب أن تظل ماثلة فى العقول خاصة وأن هذا التغيير أو لنقل التبديل هو تغيير إضطرارى وقع بفعل هرم الجنرال وعجزه عن مواصلة مهمته أخيرا سؤال إلى أحزاب المعارضة جميعا , ماذا سيكون موقفها من هذا التبديل حين يحصل ؟؟؟ وليس لأحدنا أن يجيب على كل الأسئلة لأن الأجوبة ملك غيرنا. اللهم قدر لبلدنا الحبيب تونس أمر خير وأصرف عنه وأهله كل سوء ومنكر. (المصدر: منتدى تحت السور بموقع نواة بتاريخ 1 نوفمبر 2006 على الساعة 3 و16 دقيقة صباحا)


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