2 mai 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2171 du 02.05.2006

 archives : www.tunisnews.net


Vérité-Action: Tunisie : l’interminable souffrance des plumes libres IFEX:  Tunisie, la libre expression toujours en etat de siege AISPP: Communiqué Motion de soutien et de solidarité avec Maître Mokhtar Jalali et sa famille Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme : Communiqué AP: Le Premier ministre tunisien mercredi à Paris AP: Augmentation des salaires en Tunisie à l’occasion du 1er mai MAP: 83,5% des Tunisiens établis à l’étranger vivent en Europe dont 57,8% en France MAP: Entré dans une maison pour la cambrioler … il finit par sauver toute une famille d’une morte certaine AFP: Election du Conseil des droits de l’homme: Les candidats ne se bousculent pas au portillon Webmanagercenter:  Chaînes TV arabes … audience des Tunisiens – L’ascension des chaînes TV arabes Nawaat: Entrevue avec le professeur Moncef Ben Salem – Deuxième partie Nasreddine Ben Hadid: A propos de «l’Alliance Maghrébine pour la Démocratie» (AMD): Dissoudre ou diluer ??? George Adda: Paul Sebag combattant de la liberté et du savoir Foued Zaouche: Retraite à 55 ans : Qui va payer ? Le Temps » (Suisse): Le Maroc mène sa campagne pour le Conseil des droits de l’homme Le Temps » (Suisse):: Les candidatures inspectées par les ONG Programme de la 7éme conférence annuelle du CSID (Centre d’Etudes Islam et Democratie) à Washington (5 et 6 mai 2006)

  Collectif 18 Octobre pour les Droits et les Libertés en Tunisie  

Rassemblement devant le siège de la radio et télévision tunisienne

A l’occasion de la journée mondiale de la presse (3 Mai), le Collectif 18 Octobre pour les Droits et les Libertés en Tunisie appelle au rassemblement pour exiger :   –        la libération de la presse écrite –        la libération de l’audiovisuel –        la libération de l’Internet   Venez tous et toutes ce mercredi 3 Mai 2006 à 1 heure 30 de l’après midi devant le siège de la RTT   Collectif 18 Octobre pour les Droits et les Libertés en Tunisie

 

Vérité-Action

Suisse

Tél. +41797032611

Email.info@verite-action.org

Site. www.verite-action.org

 

Journée internationale de la liberté de la Presse

Tunisie : l’interminable souffrance des plumes libres

 

 

Le paysage médiatique tunisien aurait pu changer, évoluer, progresser en 2005 profitant du passage du Sommet mondial de la société de l’information. Tous les tunisiens se sont attendus à un souffle de liberté qui va toucher tous les domaines et surtout les médias. La réalité est tout autre.

Avant, pendant et après cet évènement, les conditions de travail des journalistes, la situation de la presse dans toutes ses formes n’ont cessé de se dégrader. Comme les années précédentes, on ne peut malheureusement que constater la régression de la liberté de la presse en Tunisie. Un bilan des violations récentes confirme que le gouvernement en place poursuit sa politique de main mise sans pour autant changer son discours de propagande illusoire et de façade. Ainsi, la liberté d’_expression continue « à souffrir ». Bilan:  

 

  1. Depuis le 05 Avril 2006, le journaliste Slim Boukhdir poursuit une grève de la faim pour protester contre son licenciement abusif du journal « Echourouk » proche du pouvoir. Il est à rappeler que M. Boukhdir est aussi le correspondant de la chaîne satellitaire arabophone « Al-arabia » à Tunis. Sa carte de journaliste n’est pas renouvelée, son passeport est confisqué. Le journaliste a été sujet de pression de la part du pouvoir après qu’il a publié des articles sur internet, très critiques à l’encontre du régime. Le site d’Al-arabia, a été censuré à maintes reprises. L’état de santé de M. Boukhdir est très préoccupant après plus de 25 jours de grève. Il souffre de douleurs au niveau du cœur, de l’estomac et d’un saignement aux reins. Il est déterminé à poursuivre cette grève jusqu’à l’obtention de ses droits au retour au travail, avoir sa carte de journaliste et son passeport.

 

  1. La journaliste Charazad Akacha, du même journal « Echourouk » a été licenciée abusivement. Elle a entamé une grève de la faim depuis le 18 Avril pour demander sa réintégration à son travail, et l’arrêt de toute pression qu’elle se dit subir de la part de la direction du journal pour qu’elle cesse sa critique de la situation en Tunisie.

 

  1.  Le syndicat des journalistes tunisiens, non reconnu, s’est vu interdire une réunion de son bureau national élargi, au courant du mois d’avril. Le président du syndicat, le journaliste Lotfi Hajji a été convoqué à plusieurs reprises au cours de l’année écoulée, au commissariat de police, pour l’interroger sur ses activités au sein de ce syndicat. L’assemblée générale fondatrice de ce syndicat a été également interdite.

 

  1. En mars 2005, l’avocat et militant des droits de l’homme Me Mohamed Abbou fut arrêté à cause de la publication sur la toile d’un texte critiquant le régime tunisien. Il est condamné à 3 ans de prison, il vient de terminer sa première année dans des conditions très difficiles tant pour lui que pour sa femme et ses enfants. Il a entamé des grèves de la faim à plusieurs reprises pour exiger sa libération mais malgré la détérioration grave de son état de santé, les autorités carcérales sont restées fermes et sa femme continue à subir le harcèlement et les mauvais traitements à chaque visite qu’elle fait à son mari emprisonné au Kef.  D’après le dernier rapport de mission de l’IFEX publié à l’occasion de la journée internationale de la liberté d’_expression : « les membres du TMG se sont vus refuser de rencontrer en prison Mohamed Abbou, avocat et défenseur des droits de la personne (…) des responsables du gouvernement ont informé le TMG que la rencontre avec Abbou déjà prévue, était illégale. »

 

  1. Le journaliste Hamadi Jebali, libéré le 24 février 2006, est mis sous surveillance continue qui s’apparente à une assignation à résidence. Sa liberté de mouvement est limitée à son lieu de domicile. Convoqué et interrogé à maintes reprises suite à sa libération, M. Jebali est de nouveau menacé de retour en prison.

 

  1. Le journaliste Abdallah Zouari continue à être assigné à résidence forcée. Il est obligé de vivre dans un petit village au sud de la Tunisie, loin de sa famille qui vit à Tunis. Les visiteurs de M. Zouari sont toujours poursuivis par la police. Lui-même est surveillé en permanence par une patrouille de police.

 

  1. Le journaliste Mohamed Fourati, a été poursuivi en justice avec seul tort d’avoir donné à une tierce personne une copie papier du magasine « Aqlam-Online », avec lequel M. Fourati collabore. Il a été privé pour longtemps de son passeport et de sa carte professionnelle.

 

  1. Lors du SMSI, évènement qui devrait promouvoir la liberté de la presse, la police tunisienne s’est prise violemment aux journalistes qui sont venus pour couvrir le déroulement du sommet mondial et pour constater la situation des libertés dans le pays hôte. La police tunisienne s’est prise aux journalistes venant couvrir une séance du sommet citoyen qui devait se dérouler à l’institut Goethe. Le journaliste de « Libération », Christophe Boltanski, a été passé à tabac et blessé d’un coup de couteau, le vendredi 11 Novembre 2005 à Tunis dans des circonstances suspectes. M. Boltanski avait publié dans « Libération » un article sur le tabassage de militants de droits de l’homme en Tunisie, par des policiers en civil. Lors de ce même SMSI, une équipe de la RTBF a été refoulée de la Tunisie. Des journalistes de la télévision suisse romande (TSR) ont été suivis par des policiers en civil lors de la réalisation de reportages pour l’émission « Temps Présent  » malgré l’obtention d’une permission de filmer. Le secrétaire général de RSF, M. Robert Ménard, a été interdit d’entrée en Tunisie pour participer au SMSI. Lors de l’ouverture du sommet, le discours du président suisse M. Samuel Schmidt, qui passait en direct sur la télévision tunisienne, a été censuré parce qu’il contient des critiques sur l’état des libertés en Tunisie. Ce qui a influencé les relations diplomatiques entre la Tunisie et la Suisse.

 

  1. Un numéro du journal « El-Mawkif » organe du parti démocratique progressiste, opposition reconnue, a été interdit de publication, sans aucune explication des autorités. Ce journal, ainsi que le secrétaire général de ce parti, ont été la cible de plusieurs attaques de la part des autorités tunisiennes.

 

  1. Les journaux populaires et proches du pouvoir n’ont cessé depuis les événements du SMSI de stigmatiser les militants et opposants tunisiens. Ainsi, des articles de journaux diffamatoires, qualifiant certaines figures connues de « traitres » et portants atteintes à leurs mœurs et dignité, sont publiés quotidiennement. Après le Sommet mondial de la société de l’information, les autorités se sont livrées à ce genre d’attaques pour punir les personnalités du mouvement du 18 octobre et l’opposition en général.

 

  1. Les réunions et les rassemblements des représentants de la société civile se voient plus souvent interdites et violemment réprimées.

 

  1. Les sites internet de l’opposition et de la société civile tunisienne continuent d’être censurés. Plusieurs sites, dont celui de Vérité-Action, sont interdits d’accès. Ceux qui s’y aventurent peuvent subir des sanctions allant à plusieurs années de prison. Les autorités tunisiennes, utilisent pour ces cas, une loi antiterroriste, très controversée et contestée par les associations de défense des droits de l’homme.

 

Sur la base de ce qui précède, Vérité-Action :

 

1.     Exprime sa solidarité avec les journalistes tunisiens, salue leur courage et leur détermination à changer leurs conditions de travail. Elle leurs assure son soutient pour ce combat noble, pour que la liberté de la presse puisse voir le jour dans notre pays.

2.     Soutient les journalistes grévistes de la faim Slim Boukhdir et Charazad Akacha. Elle appelle à leurs réintégrations à leur travail, à l’arrêt de tout harcèlement à leur encontre. Elle appelle le gouvernement tunisien à cesser d’utiliser les cartes professionnelles et les passeports comme outils de chantage à l’encontre des journalistes.

3.     Appelle le pouvoir tunisien, à cesser le harcèlement à l’encontre des journalistes Abdallah Zouari et Hamadi Jebali, et à lever l’assignation illégale à résidence qu’ils subissent depuis leur libération.

4.     Appelle à la libération immédiate et sans condition de l’avocat militant Me Mohamed Abbou « Chevalier du mot ». Elle appelle aussi à l’arrêt des pressions à son encontre et à l’encontre de sa famille. Elle appelle tous les défenseurs des droits de l’homme, les barreaux d’avocats à faire pression sur le gouvernement tunisien pour libérer Me Abbou.

5.     Appelle le gouvernement tunisien à respecter ses engagements internationaux et de respecter la liberté de la presse. La Tunisie, qui été parmi les pays pionniers dans ce domaine, se retrouve en queue de peloton.

 

  

 Fribourg, le 03.05.2006

 

Vérite-Action

Safwa Aissa

Présidente

Source : www.verite-action.org


 

1. TUNISIE : LA LIBRE _EXPRESSION TOUJOURS EN ETAT DE SIEGE

 

Cinq mois après que le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) eut attiré l’attention internationale sur le piètre bilan du pays hôte, la Tunisie, au chapitre des droits de la personne, la liberté d’_expression demeure bien en-deçà des normes internationales, constate la mission d’enquête dépêchée sur place par le Groupe d’observation de la Tunisie organisé par l’IFEX (TMG).

 

« La liberté d’_expression continue d’être férocement réprimée en Tunisie depuis le SMSI [en novembre 2005]. Non seulement le gouvernement tunisien n’a pas amélioré substantiellement la situation, mais il a accru les restrictions concernant les défenseurs des droits de la personne, les juges et quelques journalistes indépendants, » a déclaré Francesco Diasio, de l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), un groupe membre de la mission d’enquête.

 

Trois membres du TMG – l’AMARC, le Réseau arabe d’information sur les droits de la personne (HRInfo) et le Comité mondial pour la liberté de la presse (WPFC) – se sont rendus en Tunisie du 18 au 22 avril 2006, où ils ont rencontré des officiels du gouvernement et des représentants de la société civile tunisienne. La mission avait pour objectif de suivre de près les libertés de la presse, d’_expression et d’association, ainsi que les questions connexes liées aux droits de la personne. Un rapport de suivi de la mission sera accessible sous peu à http://campaigns.ifex.org/tmg/fr.

 

Le TMG fait remarquer qu’alors que certains journaux à faible tirage offrent maintenant des reportages plus équilibrés sur les questions locales, la presse officielle à plus grand tirage continue de manquer d’équilibre. Les journalistes interviewés par le TMG ont affirmé que l’autocensure due à l’intimidation et aux pressions gouvernementales est toujours très répandue.

 

Les organisations de la société civile – même celles qui bénéficient d’une reconnaissance légale – subissent toujours le harcèlement de policiers en civil. On empêche souvent les militants de l’opposition de participer à des réunions et à des rassemblements. Certains d’entre eux ont rapporté être surveillés constamment, et que les sites web de leurs organisations sont surveillés et bloqués.

 

Bien que le journaliste Hamdi Jebali et six jeunes utilisateurs de l’Internet, connus sous l’appellation de « Jeunesse de Zarzis », aient été libérés en février 2006, ils continuent de se heurter au harcèlement et de se voir refuser des emplois.

 

Au cours de la mission, les membres du TMG se sont vu refuser de rencontrer en prison Mohammed Abbou, avocat et défenseur des droits de la personne, incarcéré pour avoir critiqué le gouvernement sur Internet. Des responsables du gouvernement ont informé le TMG que la rencontre avec Abbou, déjà prévue, était illégale. Des membres du TMG ont toutefois accompagné sa femme, Samia, dans son voyage hebdomadaire à El-Kef, où il est détenu. Madame Abbou a eu droit à une visite de quinze minutes. Elle se heurte au harcèlement constant parce qu’elle parle ouvertement de la situation de son mari.

 

Les représentants du gouvernement tunisien ont affirmé de manière répétée que Abbou et les dissidents constituent des « menaces pour l’ordre public ». Le TMG s’inquiète de l’emprisonnement arbitraire des militants de l’opposition, qui représentent une menace, selon les autorités.

 

Pour plus de renseignements sur le TMG, aller à : http://campaigns.ifex.org/tmg/fr

 

Consulter les sites suivants :

– AMARC : http://www.amarc.org

– HRInfo :http://www.hrinfo.net/en/

– WPFC :http://www.wpfc.org/index.html

– Le dossier de la Tunisie au chapitre des droits sous la loupe : http://news.bbc.co.uk/2/hi/technology/4450474.stm

 

(Source : COMMUNIQUÉ DE L’IFEX VOL. 15 No 16 , 25 AVRIL 2006)

 

Le Communiqué de l’IFEX est le bulletin hebdomadaire de l’Échange international de la liberté d’_expression (IFEX), un réseau mondial de 72 organisations qui œuvrent à défendre et à promouvoir la libre _expression.

 

Consultez le site web de l’IFEX :http://www.ifex.org/fr

Informations sur la campagne de l’IFEX pour la Tunisie:http://campaigns.ifex.org/tmg/fr


Sauvez la vie de Mohammed Abbou

Sauvez la vie de tous les prisonniers politiques

 

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques

33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis

Tel : 71 340 860, fax : 71 351 831

 

Tunis, le 2 mai 2006

 

Madame Khdouja Bouakkaz Ferchichi, une femme âgée qui se déplace avec des béquilles suite à une fracture de la jambe droite, née le 15 avril 1920, ayant plus de 86 ans, détentrice de la Carte nationale d’Identité n° 007 12518, nous a informés que comme à l’accoutumée, elle était partie de Tunis le samedi 29 avril 2006, accompagnée de sa fille Mahbouba Mazgarichou pour rendre visite à son fils, le prisonnier politique Abderrazak Mazgarichou, qui effectue une peine de longue durée commencée il y a dix neuf ans.

 

L’administration pénitentiaire ne lui a pas permis de voir son fils au prétexte qu’il était puni et qu’il avait été mis dans un cachot individuel pour une durée de dix jours. Elle a attendu deux heures pour rencontrer le directeur, qui a refusé. Les agents pénitentiaires lui ont enjoint de revenir lundi 1er mai pour rencontrer le directeur qui pourrait alors l’autoriser à voir son fils. Effectivement, elle est retournée à la prison de Messaadine (gouvernorat de Sousse) lundi 1er mai 2006. Là, on l’a informée que c’était un jour férié et on a refusé le couffin qu’elle avait préparé pour son fils. En dépit de son insistance, ils lui ont dit de revenir samedi prochain, malgré ses tentatives désespérées et son essai de convaincre le vice-directeur que dix neufs ans d’emprisonnement constituaient une punition pour toute la famille, que son fils souffrait d’un ulcère à l’estomac et que son maintien en prison lui serait fatal, ainsi que pour sa mère âgée qui compte les jours, chacun d’entre eux étant une année de braise.

 

Les méthodes de l’administration de la prison de Messaadine envers le prisonnier politique Abderrazak Mazgarichou ont fait l’objet de doléances et de plaintes. Elles ont conduit le prisonnier et sa famille à demander à de nombreuses reprises son transfert. Des courriers ont été envoyés au ministère de la Justice et au Directeur Général des Prisons, sans compter les télégrammes à ce sujet depuis plus d’un an, qui n’ont pas eu le moindre écho.

 

Le président de l’Association

Maître Mohammed Nouri

 

(Traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)


Motion de soutien et de solidarité avec Maître Mokhtar Jalali et sa famille

 

Mokhtar Jalali, ancien député, connu pour sa hardiesse dans la défense de l’Etat de Droit, subit une campagne diffamatoire visant à toucher à sa réputation par des enregistrements vidéo fabriqués par des services dépendant du Ministère de l’Intérieur à Tunis.   Ce n’est pas la première fois que les services de sécurité tunisiens recourent à ce genre de bas procédés pour faire pression sur des opposants.   Face à cette situation, nous, soussignés:   * Exprimons notre total soutien à Me Jalali et sa famille. * Exprimons notre vive indignation face au recours à ce genre de procédés quelle que soit la personne visée, tout en soulignant qu’elle est contraire à la loi et à la constitution et qu’elle constitue une atteinte grave à l’intégrité des personnes et à leur vie privée. * refusons catégoriquement toute forme d’atteinte à la vie privée et son utilisation dans des marchandages politiques afin de museler les voix opposantes. * Considérons le recours à ces méthodes comme l’indice d’une faillite politique, et incitons à rompre avec  ces agissements qui causent plus de tort à leurs commanditaires qu’à leurs victimes.   De même que nous appelons :   * Les parties impliquées à mettre fin immédiatement à cette campagne diffamatoire.
Toutes les associations et les partis indépendants ainsi que tous ceux qui sont attachés aux valeurs de liberté et de dignité humaine en Tunisie et à l’étranger à condamner ces procédés abjects et à agir afin qu’il soit mis un terme à ces méthodes qui démontrent la volonté du pouvoir d’anéantir par tous les moyens toute aspiration à la liberté. 
 
 

Signature

Qualité

Nom et prenom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 

Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme    Tunis le, 28 Avril 2006    Communiqué (Traduit de l’arabe)    
Le Comité Directeur de la LTDH annonce que les autorités ont remis le 27 avril courant à Mme Souhayr Belhassen, vice présidente de la Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme, chargée des relations extérieures et également vice présidente de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, son passeport dont elle était privée depuis trois mois.   Bien qu’intervenue avec retard, le Comité Directeur de la LTDH se félicite de cette décision et adresse ses remerciements à tous ceux qui ont exprimé leur soutien à Mme Souhayr Belhassen et à la LTDH dans leur revendication pour l’obtention du passeport comme l’_expression d’un droit fondamental, celui de la liberté de circulation.   Le Comité Directeur de la LTDH invite par ailleurs, les militantes et les militants ainsi que les organisations nationales et internationales et tous les défenseurs des droits de l’homme à poursuivre leur solidarité avec la LTDH pour que celle-ci puisse tenir les assises de son congrès national les 27 et 28 mai prochains.     Pour le Comité Directeur Le Président Mokhtar TRIFI


 
 

Augmentation des salaires en Tunisie à l’occasion du 1er mai

 

Associated Press, le 1er mai 2006 à 17h52

 TUNIS (AP) — A l’occasion de la fête du 1er mai, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a annoncé lundi une augmentation du salaire minimum garanti (SMIG) ainsi que ceux de l’ensemble des travailleurs non couverts par les conventions collectives sectorielles ou des statuts particuliers.

 

 Le SMIG est actuellement de 224 dinars (environ 140 euros), tandis que le taux d’inflation est contenu autour de 3%, selon les chiffres officiels.

 

 Les montants de ces augmentations, destinées à « protéger le pouvoir d’achat des citoyens » et à assurer « la continuité et l’accélération du processus de développement », seront fixés par le gouvernement après concertation avec les organisations professionnelles.

 

 Ces mesures interviennent alors que le pays fait face à une pression « insoutenable », selon les pouvoirs publics, en raison essentiellement des conséquences de la flambée des cours du pétrole, qui « grèvent lourdement le budget de l’Etat ».

 

 Le gouvernement avance une charge de quelque 1,5 milliards de dinars (près de 94 millions d’euros) pour subventionner les produits énergétiques. Elle passerait à 2 milliards de dinars (1,25 milliards d’euros) au cas où le prix du baril se maintenait à 75 dollars.

 

 Le président a par ailleurs confirmé les mesures de soutien prises en faveur des travailleurs licenciés pour des raisons économiques ou techniques « du fait des incidences de la mondialisation sur les entreprises de production ». Elles concernent notamment les employés du textile, frappé par le démantèlement par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) des accords multifibres (AMF), qui ont provoqué l’afflux de produits chinois, notamment sur le marché européen, principal débouché des entreprises tunisiennes.

 En pleine restructuration, ce secteur emploie entre 170 et 180.000 personnes en Tunisie.

 

 Sur le chômage, particulièrement celui des diplômés de l’enseignement supérieur, le président tunisien a rappelé la volonté de son gouvernement de « continuer à œuvrer en vue d’identifier les solutions et les voies les plus adéquates » pour assurer l’avenir et l’emploi de ces jeunes.

 

 En 2005, quelque 50.000 promus de l’Université sont arrivés sur le marché de l’emploi, un chiffre appelé à doubler d’ici la fin de la décennie. Officiellement, le chômage touche 13,9% des demandeurs d’emploi sur une population globale de près de 10 millions d’habitants.

 

Associated Press

 


Le Premier ministre tunisien mercredi à Paris

 

Associated Press, le 29 avril 2006 à 18h04

 TUNIS (AP) — Le Premier ministre tunisien, Mohamed Ghannouchi, se rendra mercredi à Paris pour une visite officielle de deux jours au cours de laquelle il sera reçu en audience par le président Jacques

Chirac et aura des entretiens avec son homologue Dominique de Villepin et plusieurs de ses collaborateurs, a-t-on appris samedi de source diplomatique à Tunis.

 

 Destinée à « impulser le courant d’échange à un très haut niveau bilatéral », cette visite, la première du genre d’un Premier ministre tunisien en France, vient en réponse à celle effectuée en Tunisie en janvier 2005 par l’ancien patron de Matignon, Jean-Pierre Raffarin, a déclaré à la presse l’ambassadeur de France à Tunis, Serge Degallaix.

 

 Elle intervient au moment où la réunion périodique de la commission mixte a été reportée sine die. Présidée par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Philippe Douste-Blazy et Abdelwahab Abdallah, cette réunion devait se tenir initialement début mars dernier. Aucun motif officiel n’a été avancé au sujet de ce report.

 

 Toujours est-il que ce voyage porte un message politique à travers lequel Tunis et Paris entendent « souligner la qualité de la relation franco-tunisienne », selon le diplomate français.

 

Au cours de son séjour, M. Ghannouchi sera accompagné de quatre ministres et d’une délégation de 15 hommes d’affaires. Il rencontrera notamment le ministre de l’Economie Thierry Breton et la présidente du Medef, Laurence Pariso.

 

 L’un des moments forts se situera dans la région marseillaise, qui entretient une importante coopération décentralisée avec la Tunisie, où il sera question de « rapprocher les pôles de compétitivité français et les technopoles tunisiens ».

 

Associated Press

 

83,5% des Tunisiens établis à l’étranger vivent en Europe dont 57,8% en France

MAP, le 1er mai 2006

 

TUNISIE – 1 mai 2006 – MAP – Quelque 83,5 pc des Tunisiens établis à l’étranger vivent en Europe, dont 57,8 pc en France, indique lundi le quotidien tunisien « Le Temps », précisant que les pays arabes accueillent 120.000 Tunisiens, dont 85.000 au Maghreb, essentiellement en Libye.

 

Selon des chiffres publiés par ce journal, on compte actuellement plus de 930 000 émigrés tunisiens dont près de 24,5 pc sont des femmes (chiffres de 2004). En France, leur pourcentage est estimé à 38,2 pc.

 

L’Italie est le deuxième pays d’accueil européen avec plus de 112 mille émigrés. Dans les pays du Golfe, la présence des Tunisiens est dominée par les coopérants techniques.

 

Les Etats-Unis d’Amérique et le Canada représentent une nouvelle destination pour l’émigration tunisienne. Ce sont surtout des étudiants et des jeunes diplômés qui émigrent dans ces pays.

 

Selon ces chiffres, on compte aussi plus de 128 mille familles dans les différents pays de l’Europe avec une concentration en France et en Allemagne.

 

Par ailleurs, environ 7 pc des Tunisiens vivant en France ont plus de 60 ans.

 

Actuellement 48,9 pc de la communauté tunisienne vivant à l’étranger font partie de la deuxième et de la troisième génération.

 

Il existe actuellement une population tunisienne installée dans des structures familiales. Ils reviennent pendant les vacances, mais préfèrent vivre dans le pays où ils sont nés et où ils ont vécu.


 

Entré dans une maison pour la cambrioler … il finit par sauver toute une famille d’une morte certaine

MAP, le 02 Mai 2006 à 13h57

 

Tunis – Un jeune, qui a réussi à pénétrer dans une maison dans le but de la cambrioler, a fini par sauver l’ensemble de ses occupants qui se trouvaient dans un état d’évanouissement suite à une inhalation de gaz.

 

Devant une telle situation, le jeune voleur n’a eu d’autre choix que d’ouvrir les fenêtres en vue d’aérer la maison, faire appel aux voisins pour l’aider à faire sortir l’ensemble des membres de la famille et les transporter immédiatement à l’hôpital pour recevoir les premiers soins, rapporte mardi le quotidien tunisien « Assarih ».

 

Qu’elle ne fut la surprise du jeune garçon, qui a avoué avoir voulu cambrioler la maison pour simplement payer quelques dettes, lorsque les membres de la famille victime, dans un geste noble, décidèrent de prendre les dettes de leur sauveur à leur charge.

 

Le quotidien ne précise cependant ni l’identité, ni l’âge de ce jeune qui s’est comporté, malgré lui, en bon secouriste.


 

 

Chaînes TV arabes … audience des Tunisiens

L’ascension des chaînes TV arabes

Par Hassen Zargouni (*)

 

Accès démocratisé à la diffusion télévisuelle. Près de 40% des foyers arabes accèdent actuellement aux chaînes diffusées par satellite, ce taux s’élèvera à 68% à l’horizon de 2010 (soit 41 millions de foyers arabes). Le nombre de chaînes TV arabes a doublé depuis 2004 à ce jour, elles sont actuellement au nombre de 250 environ, dont 70% de chaînes thématiques et 30% généralistes.

 

Actuellement, pour créer une chaîne TV thématique, musicale ou autres, le budget moyen est de l’ordre de 5 millions de US$. La diffusion par satellite coûte environ 300.000 US$. Outre les recettes publicitaires théoriques qui s’élèvent à environ 2 milliards de US$ pour l’ensemble des chaînes arabes (ce chiffre ne tient pas compte des remises parfois importantes accordées par les chaînes TV aux annonceurs), le modèle économique est de plus en plus basé sur l’interactivité et notamment les services à valeur ajoutée tels que les votes ou dédicaces par SMS, jeux interactifs, alerte info sur le mobile,….

 

Une émission comme la «Nouvelle Star» (X factor de la compagnie américaine Fremantle) diffusée sur Future TV (Groupe Hariri – Liban) a reçu du monde arabe un nombre total d’SMS en 2005 de l’ordre de 10 millions, la chaîne table sur une prévision en 2006 de près de 30 millions d’SMS.

 

Le développement du concept de ville dédiée aux médias à l’instar de la Media City du Caire, la pionnière, et surtout la DMC –Dubai Media City- a favorisé la fulgurante ascension du nombre de chaînes TV dans le monde arabe.

 

Créée en 2001, la DMC compte actuellement 960 entreprises du secteur, dont 135 Chaînes de TV, 120 éditeurs de presse publiant 350 titres avec 12.000 employés. La Jordanie, le Maroc et d’autres pays du monde arabe investissent actuellement dans de tel concept visant à développer l’industrie de l’audiovisuel, jugée rentable tant sur le plan financier que sur le plan de la prise de parole par chaque pays…

 

Des budgets colossaux pour les chaînes d’information. Avec un investissement de démarrage en 1996 de 150 millions de US$, le budget annuel actuel d’Al Jazeera est de 85 millions de US $, sa concurrente du groupe de média saoudien privé MBC a investi au démarrage en 2003 près de 200 millions de US$. L’édition internationale d’Al Jazeera, qui débutera sa diffusion à la mi-2006, nécessitera près de 1 milliard de US$, elle comptera 250 journalistes issus de 30 pays différents. Cette chaîne visera 150 millions de téléspectateurs potentiels, dont la majorité appartenant au continent asiatique.

 

D’autre part, la BBC compte créer en 2007 une chaîne TV informative, la BBC Arabe (bureaux à Londres et au Caire) avec un budget de 35 millions de US$.

 

Al Hurra, chaîne gouvernementale américaine, a démarré en 2004 avec un budget de 62 millions de US$ (budget voté annuellement par le Congrès US). Cette chaîne ne connaît pas le succès escompté, pour le moment, en termes d’audience.

 

L’audience de la télévision en Tunisie. Les enquêtes par sondage effectuées par SIGMA Conseil pendant les mois de mars et avril 2006 et qui ont couvert l’ensemble des régions de la Tunisie ont montré une fois de plus une pénétration relativement forte des chaînes nationales Tunis 7 (publique) et Hannibal TV (privée) qui connaissent des taux d’audience quotidien respectifs de 52.2% et 21.5%. Elles son suivies par la chaîne LBC avec un taux de 14.9% grâce à son émission phare «Star Academy», Rotana Cinema avec 10.3% et Al Jazeera 9.0%. Suivent derrière la chaîne de cinéma MBC2 avec 5.3% de taux d’audience jour, 4.1% pour Rotana, la chaîne musicale et 3.7% pour Abou Dhabi TV, la chaîne généraliste des émirats.

 

Les chaînes françaises M6 et TF1 se placent respectivement à la neuvième et dixième position en termes d’audience avec un taux quotidien de 3.0% chacune.

 

En moyenne, les Tunisiens regardent la télévision pendant 2 heures 50 et ils sont 93.2% à la regarder par jour. Les téléspectateurs de Tunis 7, la regardent en moyenne pendant 59 minutes, ceux de Hannibal TV la regardent pendant 63 minutes. Sur Tunis 7, trois émissions dépassent les 10% d’audience. Dlilek Mlek (version tunisienne de Deal or no Deal) regroupe 40% des Tunisiens tous soirs, on retrouve après le sitcom Choufli Hal avec un taux d’audience à chacune de ses diffusions (le mercredi et vendredi en deuxième partie de soirée) de l’ordre de 23% et enfin le journal télévisé de 20 heures qui réalise un taux d’audience quotidien de 11.3%.

 

Sur Hannibal TV, les trois émissions les plus regardées sont dans l’ordre le feuilleton égyptien du soir (8% de taux d’audience), le résumé quotidien de Star Academy (Liban) avec un taux d’audience au quotidien de 5% et enfin Souia Sport qui regroupe 5% des Tunisiens à sa diffusion.

 

Il est à remarquer une relative homogénéité du comportement des Tunisiens du Nord au Sud, des régions littorales aux régions de l’intérieur. Les chaînes les plus regardées sont les mêmes et les émissions à succès arrivent quasiment dans le même ordre.

 

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Fiche technique : Enquête par sondage réalisée par SIGMA Conseil, bureaux d’étude spécialisé en marketing et médias, en mars et avril 2006 dans les gouvernorats de Tunis, Manouba, Ariana, Ben Arous, Beja, Bizerte, Gabes, Gafsa, Kairouan, Le kef, Mehdia, Monastir, Nabeul, Sfax, Sidi Bouzid, Sousse auprès d’un échantillon de 3.200 individus sélectionnés selon la méthode des quotas sur le sexe, l’âge, la zone d’habitation et la catégorie socioprofessionnelle (étalonnés selon données INS).

 

Pour une analyse détaillée des données de l’enquête nationale sur l’audience de la Télévision:

E-mail : media@e-sigmaconseil.com

 

(*) DG Sigma Conseil : www.e-sigmaconseil.com  

 

(Source : www.webmanagercenter.com , le 2 mai 2006 à 05h57)


 

Election du Conseil des droits de l’homme

Les candidats ne se bousculent pas au portillon

 

ATS, le 2 mai 2006 à 16h18

Genève (ats) A une semaine de l’élection des membres du nouveau Conseil des droits de l’homme, les candidats ne se bousculent pas au portillon. Seulement 64 pays ont fait acte de candidature pour occuper les 47 sièges du nouvel organe de l’ONU.

 

L’élection a lieu le 9 mai à bulletin secret par les 191 membres de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Les pays candidats doivent obtenir au moins 96 voix, soit la majorité absolue des membres.

 

Conseil plus présentable

 

Selon le tableau dressé par le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, il n’y a pas pléthore de candidats, ce qui devrait faciliter l’élection. Mis à part Cuba, les régimes les plus répressifs ont évité de se lancer dans une course perdue d’avance.

 

A quelques exceptions près, le Conseil s’annonce ainsi d’ores et déjà beaucoup plus présentable que la défunte Commission des droits de l’homme, discréditée par la présence de nombreuses dictatures.

 

Ainsi, treize pays africains ont postulé pour les treize sièges du groupe africain. Parmi eux, on ne trouve ni le Soudan, ni le Zimbabwe, ni la République démocratique du Congo (RDC), Etats connus pour violer les droits de l’homme. Ils n’auraient eu aucune chance de passer la rampe.

 

L’Algérie, la Tunisie et le Maroc se présentent en Afrique du Nord. Le Cameroun, Djibouti, le Gabon, le Ghana, le Kenya, le Mali, l’Ile Maurice, le Nigeria, le Senegal et la Zambie ont fait également acte de candidature.

 

Concurrence plus vive

 

La concurrence est un peu plus vive pour le groupe asiatique: 18 pays se présentent pour treize sièges. On y trouve les grands du continent, comme la Chine, l’Inde, le Japon, l’Indonésie, le Pakistan et quelques candidatures plus controversées: l’Iran, l’Irak, l’Arabie saoudite.

 

La compétition s’annonce également ouverte pour les six sièges du groupe des pays d’Europe centrale et de l’est avec treize pays candidats, dont la Russie. La plupart (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Etats baltes, Slovénie) ne suscitent pas la controverse.

 

Pour l’Amérique latine et les Caraïbes, onze pays se présentent pour huit sièges. Outre Cuba, l’Argentine, le Brésil, l’Equateur, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, le Pérou, l’Uruguay et le Venezuela briguent un siège.

 

Peu d’Occidentaux

 

Relativement peu de pays sont candidats pour les sept sièges du groupe occidental: neuf en tout, soit le Canada, la Finlande, la France, l’Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas, le Portugal, la Suisse et la Grande-Bretagne. Les Etats-Unis ont renoncé. Il faudra éliminer deux pays.

 

L’élection se jouera en grande partie dans les coulisses, mais la Suisse, pays hôte du Conseil et soutien résolu de la réforme, a toutes les chances de passer le cap de la majorité absolue, selon des sources diplomatiques.

 

(Source: www.romandie.ch , le 2 mai 2006)


 

-2- Entrevue avec le professeur Moncef Ben Salem

 

Par Mohammed ُُElfadhel

mis en ligne le lundi 1er mai 2006

Traduit de l’arabe par Luiza Toscane

Deuxième partie

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Au nom de Dieu le tout puissant le très miséricordieux

Au terme de dix huit ans, quelle évaluation faites-vous de la situation scientifique en Tunisie avant et après 1987 ?

J’ai été membre de l’Union des Physiciens et mathématiciens arabes. Il s’agit la plus grande institution scientifique du monde arabe. En même temps, j’étais membre du comité des amis des arabes au centre international de physique théorique, dépendant de l’agence internationale pour l’énergie atomique de l’UNESCO. Nous devions évaluer la recherche scientifique dans le monde arabe. A la fin des années 70 et au début des années 80, les pays en tête du classement était le Liban, la Jordanie. Tunis figurait à la dixième place du monde arabe en ce qui concerne la production scientifique. Et pour un nombre d’habitants faible, c’était très honorable, d’autant que les recherches étaient excellentes et sont passées, sans avoir à s’en vanter, du point de vue scientifique, à la première place. Le ministre de la Défense syrien, Monsieur Moustapha Tlass, m’a dit une fois « je parle toujours de vous à mes étudiants et je voudrais me procurer vos recherches pour leur présenter » et de fait il était fier de la production scientifique des Tunisiens. Une fois, j’étais en présence d’un académicien italien, je lui ai sorti de mon cartable le sujet de l’examen que je préparais pour nos étudiants. Il m’a demandé à le lire pour le comparer avec ce qu’on présentait à leurs étudiants en Italie. Et il lui a semblé que le niveau de l’examen pour les étudiants en Tunisie était plus élevé que celui des examens en Italie cette année-là. Il n’y a pas seulement eu destruction de ce niveau, mais il y a eu des détachements opérés via des interventions personnelles et politiques et une subornation matérielle dont l’objectif était de détruire ce niveau scientifique. La plupart de ceux qui ont été nommés ne méritaient pas d’enseigner à l’université. Je le dis en toute franchise. Lorsque nous étions à la commission de détachement de l’enseignement supérieur, il y avait plus de cinquante postes vides et le nombre des candidats ne dépassait pas les vingt, en fonction de l’offre et de la demande, supposons que tous réussissent. Mais nous n’autorisions que cinq ou sept candidats, car nous n’autorisions pour enseigner à l’Université que ceux qui présentaient la compétence scientifique requise, au point qu’alors que je poussais à engager l’un des candidats car il y avait quantité de postes vacants, un collègue m’a dit, je m’en souviens encore, c’était Mohammed Amara : « Mieux vaut un local désaffecté que mal loué ». A l’époque, comment étions-nous affectés à l’université ? Personnellement, je travaillais dix fois plus qu’on me le demandait ainsi qu’à mes collègues. Où est passé ce niveau maintenant ? Lorsque je lis les cours de mon fils ou ses cahiers de travaux pratiques ou encore les exposés, je suis consterné, car l’enseignement est la colonne vertébrale de toute nation, qui produit ses médecins, ses professeurs, ses politiciens, etc…

En règle générale, il n’y a pas d’enseignement sans politique éducative. Et si le niveau en Tunisie est arrivé à un tel point en comparaison avec le passé, cela veut dire que derrière cette réalité il y a une politique, ce qui voudrait dire que cet état de fait est voulu ou non ?

En effet, l’intervention politique est claire et évidente, particulièrement en ce qui concerne les matières littéraires. Il existe un texte d’Ali Douagi, qui enseigne en cinquième année primaire et en huitième année préparatoire et en troisième année secondaire. Pourquoi ce texte pour trois niveaux ? En fait, la religion y est tournée en dérision. Ce texte se moque de celui qui enseigne le Coran et touche de la part de ses élèves une contribution financière. Qui est ce Ali Douagi ? Il fait partie du groupe de « Taht Essour » qui se saoulent, égorgent des chats pour les manger et ramassent les mégots et disent « le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Ils donnaient de noms aux petits et aux grands mégots. Ali Douagi a reçu la décoration de la réalisation culturelle à l’ère du 7 novembre au plus haut niveau du pouvoir. Honte à la Tunisie qui décore les clochards et les idiots et ignore les scientifiques. Moi, je n’ai bénéficié d’aucun honneur à côté de ce Ali Douagi !!

Cette intervention politique dans la littérature est sûrement justifiée… mais quelle est sa justification dès lors qu’il s’agit de mathématiques ou de chimie ? Je demande à la commission responsable des programmes : si vous aviez confiance dans ces programmes, pourquoi alors envoyez-vous vos enfants au lycée de Mutuelleville et non dans les écoles tunisiennes ? Les programmes de réforme de l’enseignement ont été l’œuvre de Mohammed Charfi. Lui-même a raconté comment il est entré au ministère : le président de la République l’a reçu, lui et ses camarades, au palais, en tant que secrétaire général de la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l’Homme. Le président a parlé du terrorisme et des terroristes. Puis Charfi a dit, -il le reconnaît-, qu’il proposait une réforme de l’enseignement pour que l’enseignement prenne ses distances avec le terrorisme. Le président lui a dit qu’il le chargeait de cela, ce que Charfi a accepté et il a été nommé ministre de l’Education essentiellement pour combattre le dit terrorisme. Ses vieux camarades de la même famille de pensée s’en sont rapprochés. Le pouvoir a eu la partie facile avec les étudiants dans l’enseignement supérieur car l’étudiant a eu le droit de d’être recalé à plusieurs reprises ; dans l’enseignement primaire et secondaire, les programmes scientifiques ont diminué au profit de matière de culture générale, d’accompagnement de la culture du régime. Le lycéen termine sa scolarité dans le secondaire et ne dispose d’aucun bagage scientifique. Cette faiblesse scientifique se répercute au niveau de l’Université, qui est obligée de revoir à la baisse ses prétentions et de réviser ses programmes. Il y a eu un nombre important de nominations de professeurs qui n’avaient pas le niveau pour enseigner à l’Université. Actuellement, on trouve à l’Université quelqu’un qui s’est présenté à notre époque à la commission des affectations et que nous avions refusé à quatre reprises pour incompétence. J’ai appris qu’il est devenu un des éminents professeurs à l’Université. Lorsque Mohammed Mzali était ministre, son gendre s’est présenté à la commission d’affectation. A l’époque il enseignait de façon provisoire à la faculté de sciences de Monastir. La commission était réunie et Mohammed Mzali nous téléphonait pour nous demander de l’aide, mais nous l’avons refusé, et ce à trois reprises. Nous n’en avons pas été punis, nous n’avons pas entendu le moindre reproche de la part de monsieur Mzali. J’ai été chargé par la commission de préparer le rapport, comme c’est le cas pour chaque candidat que nous testons. J’ai rédigé un rapport négatif. Nos jugements étaient purement scientifiques et ne tenaient pas compte des aspects personnels. L’enseignement tout entier, du primaire à l’Université, est corrompu actuellement.

Professeur, autre chose, votre orientation intellectuelle et politique, en général on en dit qu’elle est réactionnaire et obscurantiste, et pourtant cette orientation vous a permis de décrocher un nombre impressionnant de diplômes scientifiques, et des institutions scientifiques de renommée internationale ont reconnu votre compétence scientifique spécialisée. Peut-être votre liberté et votre renommée au niveau mondial ont-ils contribué à faire tomber tous les qualificatifs créés par le régime contre vous qui voudrait ne vous voir reconnu que comme obscurantiste, réactionnaire et terroriste, qu’en dites-vous ?

Je me souviens des propos de l’ambassadeur d’Allemagne en Tunisie, Wolfgang Tenite, qui m’a soutenu et m’a dit un jour : « honte à l’Allemagne qui vous abandonne à votre misère, l’ambassade est à votre entier et plein service ». Et il m’a dit aussi : « Nous, en occident, nous combattons la pensée islamique, mais lorsque nous entendons que dans le mouvement islamique en Tunisie, il y a quelqu’un comme vous, nous sommes apaisés, et encouragés à dialoguer avec ce mouvement et à combattre les rapports qui nous parviennent ». L’ambassadeur du Canada m’a dit également : « J’étais directeur au ministère des Affaires Etrangères du Canada, et j’ai lu à votre propos dans les rapports scientifiques canadiens. J’aurais voulu vous rencontrer. Dès que j’ai été nommé ambassadeur en Tunisie, je suis venu vous voir sans plus attendre, je n’ai pas encore présenté mes lettres d’accréditation et je n’ai pas encore rencontré le président de la République ». Il m’a montré un cahier et m’a dit : « J’ai l’honneur de vous présenter en premier mes lettres d’accréditation ». J’étais en prison quand m’a l a rendu visite à un prisonnier canadien qui était avec moi en cellule. Il a insisté auprès du directeur de la prison pour qu’il l’autorise à me faire passer des pâtisseries par le prisonnier canadien. L’introduction de pâtisseries était interdite en prison en Tunisie et l’ambassadeur a forcé le Canadien à dire que les pâtisseries étaient pour Moncef Ben Salem et non pour lui.

Au ministère de l’Intérieur, le responsable de services spéciaux m’a dit : « vous voulez faire revenir la Tunisie quatorze siècles en arrière ». Je lui ai répondu : « Je ne pense pas que mes diplômes fassent revenir la Tunisie en arrière ». Il m’a dit que le peuple tunisien me haïssait. Je lui ai rétorqué que si le peuple tunisien me haïssait, et bien qu’il me remette entre les mains du peuple, qui me tuera. Je lui ai proposé une confrontation simple s’il le voulait : « déposez-moi avenue Bourguiba à une heure d’affluence et écrivez mon nom, Moncef Ben Salem, et choisissez votre meilleur orateur, mettez-le en face de moi, près de la statue d’Ibn Khaldoun et qu’il s’adresse aux gens comme il l’entendra, vous verrez que les gens choisiront Moncef Ben Salem, car les gens propres sont avec Dieu et ne le remplaceront par aucune alternative ». Quant aux propos qui veulent que si je n’étais pas islamiste, les solutions seraient simples et rapides, c’est vrai, j’ai été convoqué en prison pour rencontrer le ministre de la Défense : « Il est arrivé pour vous des revues scientifiques, de quoi remplir deux camions. Je veux savoir ce que vous en faites » Je lui ai répondu : « Pour le moment, elles sont chez vous, c’est vous qui pouvez en faire des fusées et des chars !!! Il m’a dit « Vous auriez pu être doyen » Je lui ai répondu : « le doyen n’a pas de niveau, tous ceux qui sont présentés par le parti peuvent devenir doyens, moi je ne désire que faire de la recherche ».

Mais comment ce régime a-t-il pu domestiquer les cadres et l’élite scientifique en Tunisie, qui n’a contribué en rien à la science et qui a joué le rôle de la brosse à reluire du régime dans les assemblées scientifiques et politiques ?

En réalité, le régime l’a domestiquée et l’a chargée de fonctions dans le social, l’économique, et lui a confié la charge de faire reluire son image. Mais en ce qui concerne la science et les scientifiques si nous comparons avec l’époque de Bourguiba, lorsqu’on affectait un professeur assistant, il était convoqué chez Bourguiba avec le ministre et Bourguiba signait l’ordre d’affectation en présence de l’enseignant. La nouvelle de la nomination par Bourguiba d’un professeur assistant était transmise par la radio car une nomination était une décision présidentielle. La première nomination faite par Bourguiba d’un professeur assistant en Tunisie a été la mienne, mais je n’ai pas assisté à la signature, car j’ai su que Bourguiba avait lu un rapport disant que j’étais religieux, prédicateur du vendredi et que j’avais souvent critiqué Bourguiba lors du prêche. Pourtant Bourguiba n’a pas cherché à me nuire, ni à moi, ni à mes recherches, ni à mes émoluments. Il y avait chez lui un reliquat de culture. Il était avocat et peut-être sa part de culture l’a-t-elle empêché de franchir des lignes rouges, mais le régime actuel a franchi toutes les lignes rouges. C’est un régime anti-culture, ignorant. Il aurait pu profiter de ma présence à l’université pour éviter tous ces scandales. J’enseignais à la faculté des sciences lorsque j’ai été incarcéré, j’ai entendu un bulletin d’informations. J’avais été remplacé par quatorze professeurs. Et lorsque je suis sorti de prison pour assurer ma surveillance, il y avait trois brigades, chacune d’entre elles me surveillant pendant huit heures, et se remplaçant. De six heures à deux heures de l’après midi, puis jusqu’à dix heures du soir. Ils appelaient ce travail une « mission » et moi, j’étais leur « cible ». Un jour, je leur ai demandé : « Mon Dieu, calculez les dépenses affectées à ma surveillance : téléphones, cellulaires, papiers, voitures ». Ils m’ont répondu : « Pas moins de huit mille dinars cinq cent par mois » Cela a duré huit ans et deux mois. Sans parler de la terreur qu’il ont répandu chez les voisins et les scandales devant les étrangers.

Un Américain est venu me rendre visite. Il en a été empêché. C’était un journaliste de la BBC. Ils l’ont renvoyé. Un autre Américain est venu en louage et a tourné autour de la maison assiégée et puis est reparti. Il m’a téléphoné depuis le Maroc pour m’informer qu’il était venu et qu’il n’avait pu approcher de chez moi du fait de la surveillance. Il m’a donné des détails sur l’importance de cette surveillance pour m’assurer de sa sincérité et de sa détermination à tout tenter pour me voir.

Une autre fois, mon frère est venu avec son camion. Un agent de la sûreté l’a fait arrêter pour contrôler le camion. Je lui ai demandé pourquoi. Il m’a répondu que peut-être parce qu’il avait apporté un sac de blé. Je lui ai répondu qu’alors le but de l’encerclement était de m’affamer. Il m’a dit « Docteur, nous n’appliquons pas l’entièreté des directives, et si nous le faisions, ce serait encore plus dur » .Je lui ai dit : « Si vous appliquiez les directives, je vivrais comment ? » Il m’a répondu, désolé : « Vous mangeriez la terre ». Est-ce qu’on attend d’un régime qui a de telles pratiques un dialogue ? Cet encerclement est peut-être plus léger que celui que supportent des milliers de Tunisiens, Et bien que j’affronte un siège décidé au plus haut niveau, les journaux parlent de moi, les articles, les antennes satellitaires, les organisations me défendent comme des personnalités au niveau mondial, des diplomates, des présidents comme Chirac, toutes choses qui m’apportent un peu d’oxygène. Beaucoup de Tunisiens opprimés n’ont pas ces soutiens. Il y a quelqu’un qui a passé en prison dix-neuf ans : Abderrazak Mazgarichou, pourtant personne ne parle de lui ni ne prend sa défense. Je vous assure que quelqu’un qui a ma stature politique est condamné à perpétuité : c’est Sadok Chourou. C’est l’un des meilleurs scientifiques de Tunisie, qui est reconnu au niveau mondial. Actuellement, il est à la prison de Borj Er Roumi. Ahmed Labiadh, de l’élite chirurgicale, a été condamné à vingt ans. Sa femme est décédée, et ses enfants sont dispersés…

(Source: Le Site de www.nawaat.org le  le 1er mai 2006 )


 

A propos de «l’Alliance Maghrébine pour la Démocratie» (AMD)

Dissoudre ou diluer ???

 

Il va de soi, pour une raison morale que de principe, de respecter les intentions des autres ainsi que leur(s) acte(s), tout en sachant que nul ne peut prétendre disposer de cette «prétendue vérité absolue» qui a été le leitmotiv de tous ceux qui ont voulu monopoliser la parole ou l’action.

 

Une action à l’instar de «l’Alliance Maghrébine pour la Démocratie» (AMD), ne peut être que respectée et même prise au sérieux dans la mesure que cette région vit non pas «en dehors du temps» mais plutôt «sous le temps» tellement que le respect de l’individu et de son droit [total et absolu], ont fait du chemin à travers le monde, sans que cette région ne soit encore engagée – vraiment – dans ce processus. Nous dirons même plus à propos du AMD, que notre culture maghrébine nous a bien appris – à force de cette sécheresse cyclique – que les gouttes font les petits ruisseaux et que ces derniers engendrent les grands torrents !!! [Espérons]

 

Néanmoins, nous ne pouvons admettre le texte fondateur de l’AMD comme étant une simple déclaration d’intention, mais bel et bien «un vrai et réel projet» engendrant un vrai et réel vouloir de changement et de ce fait, les termes, les sens, les projections et mêmes les extrapolations possibles ont été bien étudiés et même sujet à une large discussion [nous supposons]. Il va de soi qu’il suscite un débat et engage une concertation.

 

Nous remarquons en préambule une «différentiation» entre «les amazighs – ses premiers habitants – et les Maghrébins de langue arabe», ce qui laisse à penser ou même à polémiquer concernant ces deux «concepts».

 

Devons-nous comprendre que les «amazighs» [un a minuscule !!!] ne sont pas et ne peuvent être des «Maghrébins» [un M majuscule !!!] ??? Ou devons-nous comprendre que les «amazighs» sont des «Maghrébins» non «arabophones»??? Sans vouloir faire de cette question une «labyrinthe», nous osons demander pourquoi le(s) rédacteur(s) de texte a(ont) eu peur d’admettre une coexistante entre «Arabes» et «Amazighs» ???

 

Nous constatons bel et bien une «simplification» assez «réductrice» de l’histoire maghrébine: Admettre que cette région a été un creuset de civilisations, ne peut nous conduire [ou peut-être nous obliger], à mettre l’équation à un degré «primaire» !!!

 

Les intellectuels ne doivent admettre [ou refuser] une position par pur instinct idéologique ou sur la base de spéculations «politico-associatives». L’histoire ne peut «se jouer» à travers des «compromis» ou être réduite en «un pourcentage de compromis». Le fond social et humain de cette région reste largement ancré et même attaché à ses racines et sa vérité historique.

 

Nous devons dire que nous ne pouvons juger les intentions des signataires ou prétendre à «scanner» les desseins des uns et des autres, mais seulement présenter une lecture parmi d’autres, d’un texte rendu public, surtout que nous constatons un désir réel de «niveler par le bas» et une recherche acharnée à dissoudre cette dimension prédominante du Maghreb, à travers une vision qui se veut «générique» et porteuse d’une intention «réconciliatrice» de cette région avec son passé !!!

 

Une association de plus, peuvent dire certains, soit avec enthousiasme ou même nonchalance, nous nous tenons aux faits et aux réels actions. Cette annonce «fracassante» ne peut en elle-même porter une légitimité autre que celle réelle et même «palpable» surtout que le présent document pose l’AMD en dehors ou plutôt au dessus des organismes politiques !!!

 

Nous pouvons espérer et même rêver que l’AMD soit ce ciment manquant à la construction maghrébine tant que la pierre existe, ce catalyseur absent tant que les produits ne manquent guère et surtout qu’elle ne soit sujet à une polémique qui fera d’elle – le nième projet – qui ne peut quitter – hélas – les «vestibules de l’enfer»…

Nasreddine Ben Hadid

Journaliste Algérien, résidant à Tunis

nasrbenhadid@yahoo.fr

 


Hommage à Paul Sebag :

Paul Sebag combattant de la liberté et du savoir

George Adda

 

 Dans quelques mois cela fera soixante, dix ans que j’ai connu Paul Sebag.

 

Nous vivions un moment faste. Le printemps 1936 voyait toutes les portes de toutes les prisons et de tous les camps de concentration s’ouvrir pour que tous les patriotes, destouriens, communistes, syndicalistes, simples citoyens victimes de la répression colonialiste se remettent à vivre normalement en hommes libres. Chacun a immédiatement choisi son chemin ou rejoint son organisation. Le 1er juin 1936 le Parti Communiste Tunisien réunissait sa première Conférence Nationale.

 

C’est quelques mois après, fin 1936 ou début 1937 que j’ai connu Paul Sebag comme adhérent aux Jeunesses Communistes. Il avait 17 ans. Donnant l’impression d’un jeune timide, il était en réalité très actif, faisant toujours des propositions. Il était un des animateurs du Cercle des Elèves et Etudiants qui avait un local dans l’impasse Saint Jean, à la rue Bach Hamba (ex rue Saint Charles), en face du journal La Presse. Ce cercle avait de nombreux adhérents et le soutien de plusieurs enseignants du Lycée Carnot, dont le professeur Fernand Psalmon qui, par la suite, a subi la répression colonialiste.

 

Ayant dû quitter Tunis en février 1938, je n’ai revu Paul Sebag qu’en mai 1943.

 

Ces cinq années furent une vraie apocalypse. La guerre avait déferlé sur le globe, ses continents et ses océans. Les frontières de l’immense Europe ont été balayées. Des pays et des pays envahis, des capitales et des métropoles rasées. Partout on tuait, on fusillait et on violait. Cinquante millions d’êtres humains sans aucune distinction, de l’Atlantique à la mer de Chine, ont été exterminés. Pendant ces cinq ans de nombreux et très importants événements ont traversé, bouleversé et marqué la Tunisie : le massacre du 9 avril 1938 et la féroce répression qui la suivit, les prisons étaient pleines de destouriens, de communistes et d’antifascistes, la misère et la famine étaient généralisées.

 

Mais partout aussi des hommes et des femmes se sont levés pour résister et défendre leur pays, leur honneur et leurs idéaux. Ils et elles développèrent des activités multiformes et clandestines des plus difficiles, s’exposant aux arrestations en série, aux tortures raffinées et aux condamnations aux travaux forcés ou à mort.

 

Paul Sebag fut de ceux-là et a vécu intensément tous ces évènements en tant que témoin et très souvent en tant qu’acteur. Ses camarades et lui réanimèrent – à la mesure de leurs forces qui étaient modestes – l’action du Parti Communiste Tunisien. Il fallait s’organiser sur de nouvelles bases et s’adapter à la dure et secrète vie de la clandestinité : mise en place de locaux pour installer le matériel de reproduction des journaux clandestins ou pour “loger” les nombreux militants traqués par la police. Durant ces cinq ans les journaux Ettalia et L’Avenir Social ont été régulièrement édités et diffusés ainsi que des tracts et des bulletins. A chaque instant et à chaque minute on risquait, au sens propre du mot, sa vie. Il est difficile aujourd’hui de se représenter et de mesurer le courage, l’abnégation, la conviction, la détermination et aussi l’ingéniosité de tous ces volontaires de la liberté parmi lesquels Paul Sebag faisait corps.

 

Dénoncé par Ferdinand Pauser en janvier 1942, Paul Sebag est arrêté comme agent de liaison entre la direction du Parti Communiste clandestin et les divers groupes de cadres et comme membre de la rédaction de L’Avenir Social, lui aussi clandestin. Le commissaire Marty, chef des Renseignements Généraux, lui fit subir d’atroces sévices et autres tortures électriques comme savent les pratiquer toutes les polices politiques sous tous les cieux. Avec un courage exemplaire, il ne faiblit pas. Le 28 février 1942, le tribunal militaire français le condamne aux travaux forcés à perpétuité. Il fut libéré de la Prison Civile de Tunis le 14 novembre 1942, juste avant l’arrivée du Maréchal Rommel et de ses soldats.

 

De suite et sans hésitation, il reprend sa place dans l’action clandestine faite de risques et de dangers mais aussi d’espoirs. De nouveau recherché par la police, il collabore à la publication de L’Avenir Social. Le 7 mai 1943, il est complètement libre lorsque les armées allemandes et les autorités pétainistes sont chassées de Tunisie. Avec ses camarades, Paul Sebag se relance alors dans l’action du Parti Communiste Tunisien.

 

Pendant deux longues périodes il sera rédacteur en chef des journaux communistes L’Avenir Social puis L’Avenir de la Tunisie, ainsi que membre du Comité Central du Parti Communiste Tunisien. Mais Paul Sebag voulait être aussi du monde de la recherche, de l’enseignement et de l’écriture. Je pense aujourd’hui qu’il avait raison de faire ce choix, comme l’_expression d’un militantisme absolu. Ce fut alors la publication en 1951 de la célèbre monographie La Tunisie, qui reste un classique d’une grande richesse. Ayant apporté sa contribution au combat pour la liberté de la Tunisie, il a voulu être l’homme qui vit la réalité du pays qui l’a vu naître. C’est ainsi qu’il traitera, dans toute sa production éditoriale de la Tunisie. Lui, dont les origines ancestrales prennent leurs sources dans la Tunisie profonde, a été un des sociologues, un des historiens, un des universitaires, un des chercheurs, mais aussi un des militants de la liberté de la Tunisie moderne marchant vers le progrès, et dont la trace et l’influence sont indélébiles. Je dirai que son œuvre fut un feu d’artifice de tunisianité.

 

Il fouinait inlassablement, comme un archéologue méticuleux et têtu qui tripote, fouille et récolte matériaux et souvenirs divers pour les préserver, les rassembler, les ordonner, leur redonner vie, les mettre en forme et enfin nous les livrer avec ses appréciations et ses conclusions qui resteront strictement siennes. Ainsi il fut un érudit dans plusieurs domaines.

 

Il nous laisse en monographies, livres, essais, articles, préfaces, présentations, postfaces une œuvre immense qui prendra place dans le savoir commun de l’Humanité.

 

Paul Sebag le militant et combattant de la liberté, le torturé à mort et le forçat, a été avec la même énergie et la même détermination, un militant du savoir et des connaissances.

 

N’est-ce pas là l’imbrication ultime et supérieure de l’intellectualité et de la responsabilité citoyenne ? N’est-ce pas là l’homme complet ?

 

Peut-on parler de Paul Sebag sans parler de ceux qui l’ont entouré ? Il y a soixante ans il est entré par son mariage, dans la famille Gallico, une famille d’Italiens de Tunisie républicains, démocrates, partisans de Garibaldi. Famille particulière ! Un de mes petits, enfants, encore tout jeune, nous disait que certaines familles étaient composées d’une drôle de façon : au moment où certains sortaient de prison, d’autres y étaient, tandis que les autres étaient menacés d’y entrer. Paul Sebag et la famille Gallico étaient de ceux-là. Diana Gallico, son épouse, a été emprisonnée à Tunis deux fois. Je voudrais lui renouveler ici l’_expression de mon amitié et de ma solidarité. Loris Gallico, son beau-frère, avec qui j’ai partagé beaucoup de positions et d’inquiétudes, était mon ami. Loris et son frère Ruggiero, tous deux militants antifascistes, furent, eux aussi à Tunis, arrêtés et déportés ou condamnés aux travaux forcés en 1941-42 avant de rentrer en Italie après 1943 pour se consacrer à l’activité politique. Quant à Nadia Gallico, décédée il y a juste quelques semaines et à qui je rends hommage, elle fut arrêtée et condamnée, tandis que son mari Velio Spano, un des dirigeants du Parti Communiste Italien, était condamné à mort par deux fois à Tunis. Nadia rentrera en Italie pour siéger à l’Assemblée Constituante.

 

(Source : « Réalités » N°1061 du 27 avril 2006)


Retraite à 55 ans : Qui va payer ?

Foued Zaouche, Ecrivain

 

 Je ne peux m’empêcher de réagir à la lecture d’une des principales revendications du corps enseignant qui est celle de l’abaissement de l’âge de la retraite à 55 ans.

 

Je veux dire que je respecte infiniment le corps enseignant et le travail admirable qu’il accomplit et je respecte tout autant le travail syndical qui est une donnée fondamentale dans les rapports sociaux, mais l’annonce de cette revendication catégorielle est l’_expression d’une volonté que je ne comprends pas. Je comprends les revendications qui ont trait au salaire, aux conditions de vie et de travail, cela est parfaitement légitime vu les conditions parfois pénibles et les grandes responsabilités qui pèsent sur le corps enseignant mais l’abaissement de l’âge de la retraite à 55 ans me semble aberrant. L’espérance de vie dans notre pays est aux alentours de 75 ans, cela est une victoire estimable dont nous pouvons nous enorgueillir à juste titre mais cela laisse supposer que le retraité vit de plus en plus vieux, qu’il est par définition improductif et entièrement à la charge de l’Etat.. Certes, il a cotisé sa vie durant et la retraite est un droit légitime mais il faut prendre en compte la réalité économique du pays et poser la question : qui va payer ?

 

Qui va payer pour ces retraités qui vont devenir de plus en plus nombreux ?… Les actifs qui par le jeu de l’abaissement du taux de natalité vont devenir de moins en moins nombreux…

 

La situation économique de notre pays nous le permet-elle ? Si nous avions les rentes pétrolières de nos voisins immédiats, on pourrait comprendre ces revendications exorbitantes, mais la seule ressource dont nous disposons est la sueur des Tunisiens et cette sueur exprime la grandeur et le génie du peuple tunisien qui ne peut compter que sur lui-même.

 

Si nous voulons nous comparer aux pays dits développés, les Anglo-Saxons pensent à relever l’âge de la retraite à 65 ans, voire à 67 ans pour les Britanniques, et les Français connaissent un gouffre abyssal de leur sécurité sociale qui grève leur développement pour avoir octroyé des droits souvent démagogiques à des catégories de travailleurs.

 

La retraite est un droit respectable et légitime, mais le droit de notre pays à mobiliser l’essentiel de nos ressources à notre développement est prioritaire. Je voudrais rappeler que la Tunisie est un pays en voie de développement, laborieux et performant, qui ne dispose que de son propre travail et que son P.N.B est estimé à 2.500 dollars par habitant. Pour mémoire et pour remettre les choses en perspective, les pays développés sont crédités de 25.000 dollars, soit dix fois plus. Apprenons à comparer ce qui est comparable.

 

Je continue à me poser la question : qui va payer ? Qu’un véritable débat responsable et citoyen puisse avoir lieu en prenant à témoin l’ensemble du pays sur ce genre de revendication catégorielle. On ne peut réclamer et exiger pour soi que ce qu’on peut reconnaître pour les autres, alors prenons tous notre retraite à 55 ans et prions pour trouver une manne pétrolière. Mais en attendant, de grâce, travaillons et travaillons encore car nous n’avons que notre pays comme seul espace de vie.

 

(Source : « Réalités » N°1061 du 27 avril 2006


 

NATIONS UNIES. Le royaume chérifien est candidat à l’élection du 9 mai prochain. Une délégation est venue à Genève vanter ses mérites. La situation dans le pays demeure contrastée.

 

Le Maroc mène sa campagne pour le Conseil des droits de l’homme

 

Dans la salle de presse du Palais des Nations, il y avait peu de journalistes jeudi après-midi. La délégation marocaine venue à Genève exposer les efforts entrepris par le royaume chérifien en matière de droits de l’homme était en revanche impressionnante. Motif de cette opération: le 9 mai prochain a lieu à New York l’élection du nouveau Conseil des droits de l’homme. Depuis quelques semaines, la campagne électorale pour siéger dans l’organe qui remplacera la Commission des droits de l’homme désormais enterrée, bat son plein; 64 candidatures pour les 47 sièges disponibles ont déjà été publiquement déposées.

 

«Le Maroc a examiné les graves violations des droits de l’homme entre 1956 et 1999. Des violations qui allaient de la disparition forcée à la détention arbitraire en passant par l’usage disproportionné de la force lors d’émeutes. Nous avons établi un rapport de six volumes que nous avons adressé au roi (ndlr: Mohammed VI) et qu’il a accepté.» Pour montrer que l’Etat marocain tient compte des minorités ethniques et linguistiques, Mohamed Abdelhay El Moudden, ancien membre de l’Instance d’équité et de réconciliation créée par le roi en 2004, souligne que le rapport sera traduit dans «les autres langues du pays». Il est convaincu que si les recommandations qu’il contient sont appliquées, son pays va s’orienter vers un système efficace de séparation des pouvoirs.

 

La délégation marocaine qui promeut la candidature du pays au Conseil des droits de l’homme comprend une organisation non gouvernementale, mais aussi le Conseil consultatif des droits de l’homme, une institution étatique. Sa détermination est renforcée par l’engagement formel du Royaume exprimé dans son dossier de candidature à promouvoir les droits humains et libertés fondamentales, «noyau des priorités nationales et internationales». Le dossier précise aussi que le Maroc «a dès le début soutenu activement la création du Conseil des droits de l’homme».

 

Membre du Conseil consultatif, Latifa Jbabdi s’exprime avec un ton décidé, mais pas exempt d’émotion. Elle a été elle-même une victime de violation des droits humains. A 15 ans, en 1970, elle a été mise en prison. Sa famille ne savait pas si elle était vivante ou non. «Comme femme, ma détention a été difficile. Je n’avais pas droit à des serviettes hygiéniques et étais contrainte de rester dans mon sang des mois durant. De plus, j’étais habitée par la peur de subir des violences sexuelles.»

 

Aujourd’hui, Latifa Jbabdi est persuadée que son pays est entré dans un processus irréversible de démocratisation. Selon elle, les femmes ont joué un rôle majeur dans l’avènement des droits humains au Maroc: «Ce sont elles qui ont dénoncé en premier les violences. Elles n’ont longtemps pas pu exprimer leurs souffrances. Elles étaient doublement victimes: des violations commises par l’Etat et de la répudiation de la société empreinte de culture patriarcale. Mais elles ont pu s’approprier la parole et s’adresser à l’ensemble de la société marocaine à travers la radio et la télévision, une véritable catharsis.»

 

Les avancées en matière de droits de l’homme dans le royaume chérifien se sont faites il est vrai sans coup d’Etat ou rupture radicale de régime. Mais le pays a encore du chemin à parcourir. Membre du Conseil consultatif, Amina Lemrini en convient: «Nous devons ouvrir un vaste chantier: former les juges, les policiers, les responsables de prisons et les fonctionnaires et se familiariser avec les normes des droits humains. Nous devons sensibiliser un large public et toutes les jeunes générations.» Et Latifa Jbabdi d’insister: «L’islam et les droits humains ne sont pas contradictoires en vertu de l’Ijtihad.»

 

Malgré les progrès, la délégation marocaine a surtout parlé des violations des droits humains avant 1999. Avant l’accession de Mohammed VI au trône. A en croire le rapport mondial 2005 de Human Rights Watch, la situation du Maroc est contrastée. D’un côté, un travail important a été fait, mais de l’autre, l’organisation relève des cas inquiétants. Ainsi, parmi les extrémistes islamistes présumés arrêtés après les attentats de Casablanca en 2003, plusieurs ont été graciés, mais d’autres croupissaient encore en prison à la fin 2005 et ont été torturés. Certains d’entre eux, condamnés à mort, attendaient encore leur sentence, même si la peine de mort n’a plus été appliquée depuis 1993. De plus, le Maroc est l’un des pays du Moyen-Orient et du Maghreb qui recourt le plus au travail des enfants: 11% des enfants entre 7 et 14 ans travaillent. Quant à la justice, elle manque encore singulièrement d’indépendance.

 

(Source : « Le Temps » (Suisse), le 28.04.2006)


 

Les candidatures inspectées par les ONG

Stéphane Bussard

 

Les Etats candidats se hâtent de ratifier des traités relatifs aux droits humains

 

A moins de deux semaines de l’élection du Conseil des droits de l’homme par l’Assemblée générale de l’ONU à New York, Mariette Grange ne cache pas sa surprise. La directrice du bureau genevois de Human Rights Watch ne s’attendait pas à voir autant de candidatures annoncées à l’avance. «Les Etats n’ont pas l’obligation d’annoncer leur candidature à l’avance et de la rendre publique. Mais aujourd’hui, 64 Etats convoitent l’un des 47 sièges du Conseil. C’est la preuve qu’il y a un phénomène d’entraînement. C’est d’autant plus réjouissant qu’une majorité d’entre eux ont déjà affiché publiquement leurs engagements en matière de droits humains alors qu’ils pouvaient attendre la session de l’Assemblée générale pour le faire.»

 

Un autre effet positif a pu être constaté durant cette campagne électorale: plusieurs Etats candidats ont promis de ratifier plusieurs traités relatifs aux droits humains tels que la Convention sur les disparitions forcées ou le Protocole à la Convention contre la torture qui ne bénéficiait pour l’heure que de 13 ratifications.

 

Parmi les candidats, tous ne sont toutefois pas des modèles. Mariette Grande en convient: «L’Iran et la Chine par exemple ont pris des engagements très vagues et superficiels.» Un point noir demeure: si 4 des 5 groupes régionaux ont présenté plus de candidats que de sièges disponibles pour chacun d’eux, le groupe africain ne dispose pour l’heure que de 13 candidatures pour 13 sièges. Les ONG se félicitent néanmoins de voir que des pays tels que le Soudan ou le Zimbabwe, en raison de leur triste bilan en matière de droits de l’homme, ne sont pas candidats.

 

Quant au juriste d’Amnesty International Alain Bovard, il s’interroge sur la candidature de pays tels que la Chine, l’Indonésie, l’Iran, le Pakistan, le Nigeria ou la Tunisie[25]. Mais personnellement, il nuance: «C’est à eux de faire leurs preuves. S’ils continuent à violer les droits humains, ils seront beaucoup plus exposés au sein du Conseil où ils auront des comptes à rendre et dont ils pourront être exclus.»

 

(Source : « Le Temps » (Suisse), le 28.04.2006)


 

Programme de la 7éme conférence annuelle du CSID (Centre d’Etudes Islam et Democratie) à Washington (5 et 6 mai 2006)

 

 

Dear Friends and Colleagues:

 

CSID’s 7th Annual Conference will be very interesting and informative. We hope that you will be able to join us this coming Friday and Saturday, May 5-6, 2006 at the Marriott Wardman Park Hotel, in Washington DC.

 

We are happy to inform you that among the participants and the speakers, are members of the Steering Committee of the Network of Democrats in the Arab World (NDAW), who will join us to discuss plans, activities, and projects of the network.  The members of the Steering Committee are:

 

Boudjema Ghechir, Algeria          Abderazzak Makri, Algeria  Ayat Abul-Futtouh, Egypt             Emad Shaheen, Egypt Ala Al-Radhi, Iraq                           Dina Dahkqan, Jordan Marwan Faouri, Jordan                  Obaida Fares, Jordan Hani Hourani, Jordan                     Samir Jarrah, Jordan Jamal Bendahmane, Morocco        Kamal Ben Younes, Tunisia

Slaheddine Jourchi, Tunisia          Mohsen Marzouk, Tunisia

Mokhtar Benabdallaoui, Morocco

 

The conference’s keynote Speakers will include Dr. Saad Eddine El-Othmani, S.G. of the Justice and Development Party in Morocco, Ambassador Randall L. Tobias, Administrator, United States Agency For International Development (USAID), Carl Gershman, President, National Endowment for Democracy (NED), Peter F. Mulrean (Middle East Partnership Initiative, Department of State), and Laith Kubba, Director of Middle East & North Africa, NED and former spokesman for the Iraqi government.

 

You may view the final program and register for the conference ONLINE at: http://csidonline.org/

 

If your organization or institution is interested in co-sponsoring the conference, in renting a booth, or buying a table (for 10) at the banquet dinner, please contact us immediately.

 

We look forward to a wonderful program, and we hope you will be able to join us!

 

With warm greetings and Salaam!

 

Dr. Radwan A. Masmoudi President Center for the Study of Islam and Democracy (CSID) 1625 Massachusetts Avenue N.W., Suite 601 Washington, DC 20036-2212 Tel.:   (202) 265-1200 Fax:  (202) 265-1222 masmoudi@islam-democracy.org http://csidonline.org/

 

Program Agenda

 

Friday May 5, 2006

8:00 a.m. 9:00 a.m.          Registration

 9:00 a.m. 9:30 a.m.        Welcoming Remarks

                                            Tony Sullivan, Vice-Chair of CSID

                                            Radwan A. Masmoudi, President of CSID

 

9:30 a.m. 11:00 a.m.        Session1                                            

Theoretical Analysis of Democratization in the Muslim World

11:00 a.m. – 11:15 a.m.        Break

 

11:15 a.m. 12:30 p.m.       Session 2

State of Democracy in the Muslim World

 

12:30 p.m. 1:00 p.m.        Jumuah Prayer                                

 

1:00 p.m. 2:30 p.m.         Luncheon

 

Luncheon Keynote Address: Strengthening Democracy and Improving Understanding with the Muslim World

 

Ambassador Randall L. Tobias, Director of United States Foreign Assistance, and Administrator, United States Agency For International Development (USAID)

 

Carl Gershman, President, National Endowment for Democracy (NED)

 

 

2:30 p.m. 4:15 p.m.          Session 3                                

Debate on Media and Democratization in the Muslim World

 

4:15 p.m. 4:30 p.m.         Break

 

4:30 p.m. 6:00 p.m.        Session 4                                

NDAW: Voices of Democrats from the Arab World

 

7:00 p.m. 9:30 p.m.        Hesham Reda Memorial Lecture

                                           (Annual Banquet & Award Ceremony)

 

KEYNOTE SPEAKER:

Dr. Saad Eddine El-Othmani, Secretary-General, Party of Justice and Development, Morocco

 

Muslim Democrat of the Year Award

 

Saturday May 6, 2006

 

8:00 a.m. 9:00 a.m.        Registration                                      

         

9:00 a.m. 10:30 a.m.       Parallel Session 5

Challenges to Democracy: Domestic and External

 

9:00 a.m. 10:30 a.m.      Parallel Session 6

Prospects for Democracy in the Muslim World

 

10:30 a.m. 10:45 a.m.     Break

 

10:45 a.m. 12:30 p.m.     Parallel Session 7

Islamists and Democratization

 

10:45 a.m. 12:30 p.m.          Parallel Session 8

Citizenship in Islam

 

12:30 p.m. 2:00 p.m.            Keynote Luncheon

 

Luncheon Keynote Speakers:

 

MEPI and Democracy Promotion:  What Did We Learn?

Peter F. Mulrean (Middle East Partnership Initiative, Department of State)

 

Lessons from Iraq:  What went Right and what went Wrong?

Laith Kubba, Director of Middle East & North Africa, NED and former spokesman for the Iraqi government.

 

2:00 p.m. 3:30 p.m.               Parallel Session 9

Developing New and Just Interpretations of Islamic Principles for the 21st Century

 

2:00 p.m. 3:30 p.m.               Parallel Session 10

The Status and Role of Women in the Muslim World

 

3:30 p.m. 4:00 p.m.              Break

 

4:00 p.m. 5:30 p.m.              Parallel Session 11

Challenges for Democracy in Muslim Asia

 

4:00 p.m. 5:30 p.m               Parallel Session 12

A Modern Islamic Democratic Discourse

 

5:30 p.m. 6:00 p.m.              Closing Remarks

 

                                  Najib Ghadhbian, Chair of Program Committee

                                  Asma Afsaruddin, Chair of CSID

 

6:00 p.m. 7:30 p.m.              CSID General Body Meeting

                                                                 (CSID Members only)

 

 

 

Session1  

 

Chair:  Tony Sullivan, Fund for American Studies

The Crisis of Non-Islamist Parties in the Middle East.

Marina Ottaway (Carnegie Endowment for International Peace,

DC), MOttaway@ceip.org

 

Towards an Experiment in Libertarian Political Islam.

Anas Malik (Xavier University, OH) Malik@xavier.edu

 

Islamization of Democracy: The Requisite of Democracy

in the Islamic World.

Mohamed Berween (Texas A&M International University, TX),

Mbenruwin@tamiu.edu

 

 

 

Session2

 

Chair:  Joseph Montville, CSID

Pakistan Between Mosque and Military.

Husain Haqqani (Carnegie Endowment for International Peace)

hhaqqani@ceip.org

 

Transitional Politics in the Maghreb: Prospects for

Democracy in Algeria, Morocco, and Tunisia.

John P Entelis (Fordham University, NY), entelis@fordham.edu

 

Democratization in Syria and the Interplay of Culture and

Structure.

Louay Safi, (CSID Board Member) louay@isna.net

 

 

 Session3

 

Chair:  Abdallah Schleifer (Al Arabiya)

 

   Philip Seib (Marquette University, WI) pseib@earthlink.net

 

   Abdallah Schleifer (Al Arabiya, DC) sas@aucegypt.edu

 

   Octavia Nasr, Sr. Arab Affairs Correspondent (CNN)

 

   Abderrahim Foukara (Al-Jazeera , DC) foukara@aljazeera.net

 

 

 Session4

 

Chair:  Abderrahim Sabir, CSID Program Officer & Coordinator of the Network of Democrats in the Arab World

 

   Boudjema Ghechir, Algeria,

   Abderazzak Makri, Algeria, 

   Ayat Abul-Futtouh, Egypt,

   Emad Shaheen, Egypt,

   Ala Al-Radhi, Iraq,

   Dina Dahkqan, Jordan,

   Marwan Awad Faouri, Jordan,

   Obaida Fares, Jordan,

   Hani Hourani, Jordan,

   Samir Amin Jarrah, Jordan,

   Mokhtar Benabdallaoui, Morocco,

   Jamal Bendahmane, Morocco,

   Kamal Ben Younes, Tunisia,

   Mohsen Marzouk, Tunisia,

 

 

 Session5

 

Chair:  Abdulwahab Alkebsi, National Endowment for Democracy

 

U.S. Policy toward Political Reforms in Morocco.

Mustapha khalfi (visiting scholar, Carnegie endowment for

international peace) mkhalfi@carnegieendowment.org

Confronting the Real Enemy: An Islamic Perspective for

Fighting Corruption.

Maryam Knight (New York University, NY) mk1153@nyu.edu

 

Revisiting Secularism and Revitalization of Islamism:

Democratic Perspective.

Maimul Ahsan Khan (University of California-Davis)

mkhan@ucdavis.edu

 

 

 Session6

 

Chair:  Dan Brumberg, Georgetown University

The Role of Islamist Movements in Promoting Democracy

in the Arab World: Procedures versus Values.

Amr Hamzawy (Carnegie Endowment for International Peace,

 DC), ahamzawy@carnegieendowment.org

 

The Intersection between Human Rights and

Democratization.

Neil Hicks (Human Rights First, NY)

HicksN@humanrightsfirst.org

 

Core Strategic Challenges for Successful Democratic

 Reforms.  

Alon Ben-Meir (New York University, NY)

Alon@alonben-meir.com

 

Are elections in the Muslim world in America’s interests?

 Joshua Muravchik (Resident Scholar at the American

 Enterprise Institute) jmuravchik@aei.org

 

Session7

 

Chair:  Najib Ghadbian, University of Arkansas

Democratization and Islamist ‘Auto-Reform’: Preliminary

Findings from Egypt,  Jordan and Kuwait.

Carrie Rosefsky Wickham (Emory University, GA),

cwickha@emory.edu

 

To Engage or Not to Engage? The Emerging Consensus

on US Policy toward Political Islam.

Shadi Hamid (Georgetown University, DC ),

sh75@georgetown.edu

 

Islamist Democrats?: Assessing and Evaluating the

Democratic Commitments of Islamist Parties in Turkey,

Morocco, and Jordan.

Sean Brooks (Davidson College, NC)

seanpbrooks@gmail.com

 

The Inter-Relations between Moderate Islamists, their

Media and Democratization in the Arab World.

Carola Richter (Erfurt University, Germany)

carola.richter@uni-erfurt.de

 

 

Session8

 

Chair:  Muqtedar Khan, Brookings & Univ. of Delaware

 

Citizenship and non-Muslims in Modern Islamic Thought.

Rachel Scott (Virginia Polytechnic Institute and State University,

VA), mscott@vt.edu

 

Difficulties encountered by Muslims in Granada, Spain.

Alan Cordova (Williams College, MA)

Alan.R.Cordova@Williams.edu

 

Citizenship and Democracy in Kyrgyzstan, one year after

the Tulip Revolution.

Vanessa Ruget, comparative politics teacher at Bentley College

(Massachusetts, USA) vruget@yahoo.com

 

 

Session9

 

Chair:  Louay Safi, CSID

Bridging the Gap: Revisiting the Way We Interpret Islam.

Wael Nawara (Egyptian Alghad Party) wnawara@sheble.com

 

Can there be Democratic Governance without the

Separation of Religion and Politics?

Abdulaziz Sachedina (University of Virginia)

aas@VIRGINIA.EDU

 

Democratic Governance and the So-Called Islamic State.

Asma Afsaruddin (University of Notre Dame)

afsaruddin.1@nd.edu

 

 

Session10

 

Chair:  Robert Schadler, CSID

 

    A Presentation on Freedom Houses Comparative, Region-

    Wide Study, Womens Rights in the Middle East and North

    Africa: Citizenship and Justice.

    Mariam Memarsadeghi (Senior Program Manager of Middle East

    and North Africa, Freedom House,)

    memarsadeghi@freedomhouse.org 

Responding to the Challenge:  Moroccan Women and

Democracy.

Sarah Swic (Program Assistant, Minaret of Freedom Institute),

swick_s@yahoo.com

     Education is the Foundation: Women Building Peace and

     Prosperity in Sudan.

     Leigh Graham (Teachers College, Columbia University)  

     Leigh@LeighLGraham.com

 

 

Session11

 

Chair:  Louis Cantori , Univ. of Baltimore

 

     Why Democracy? On the Need for Fresh Thinking about an

      Old Ideal.

      John Keane (University of Westminster and Wissenschaftszentrum

      Berlin (WZB), jk@johnkeane.net

 Domestic and external challenges to democracy in the

 Muslim world Case studies:   Turkey and Afghanistan.

 Nilofar Sakhi (Conflict Transformation Program, Eastern

 Mennonite University) Nilofar.sakhi@emu.edu

    Creating a Productive Discourse on Democracy in the Muslim

    World.

     Imad-ad-Dean Ahmad (Minaret of Freedom Institute)

     ahmad@minaret.org 

 

Session12

 

Chair:  Asma Afsaruddin, CSID & Univ. of Notre Dame

Liberating Islam from Bondage:  The Radical Democratic

Discourse of Al-Sadiq al-Nayhum.

Alberto Fernandez (Director, Office of Press and Public

Diplomacy, Bureau of Near East Affairs, U.S. Department of

State) FernandezAM@state.gov

A Comparison of the Compact of Medina and the Early

Development of the United States Constitution.

Saeed Khan (Department of Near East & Asian Studies,

Wayne State University) skhan@wayne.edu

The Ulama of Egypt: As a Progressive and Moderate

Religious Authority?

Shaznene Hussain (University of Arkansas) fhussai@uark.edu

 

(Source: CSID EMAIL BULLETIN –  May 01, 2006)

Site web: Center for the Study of Islam & Democracy (CSID).


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