3 mai 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2172 du 03.05.2006

 archives : www.tunisnews.net


LTDH: Sections de  Kairouan, Sousse, Monastir, Médenine, Mahdia, Tozeur-Nafta  et Jendouba – Communiqué

ACAT: Cas du Pr. Moncef Ben Salem / Lettre au Ministère de l’intérieur

Le Syndicat tunisien des Radios Libres fête cette année son premier 03 mai

FDTL: Et le harcelement continue

Luiza Toscane: Jeunes du Kef : peines confirmées en appel

24 Heures: Tensions – Rappelé pour consultation, le diplomate tunisien a été muté, sans être remplacé

AP: Le Premier ministre tunisien à Paris Reuters: France/Tunisie – Accords de coopération pour 90 millions d’euros

AFP: Le Premier ministre tunisien en France pour renforcer la coopération

Nawaat: Entrevue avec le professeur Moncef Ben Salem – Troisième partie

Nejib Bouziri: Négationnisme colonial et réhabilitation du colonialisme

Jeune Afrique: À quoi sert le Forum social ?

Jeune Afrique: Alchimie maghrébine

Jeune Afrique: Islam et Occident : une même civilisation

AFP: A 100 ans, le Comité juif américain veut renforcer sa « diplomatie mondiale »

AP: Football: de « gros soucis » pour la Tunisie

 
 
 

Agression contres des manifestants

 
ANOUAR KOUSSRI ABDERAOUF AYADI HAMA HAMMAMI NAFTI .H RADHIA NASSRAOUI ABDEJABAR MADOURI ……….ont été agresses pendant le meeting devant les locaux de la télévision tunisienne. L’appel du meeting a été lancé par le comite 18 octobre pour les libertés a l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse ALERTE Le journaliste  SLIM BOUKHDIR en grève de la faim depuis le 5 avril, a été sauvagement agressé aujourd’hui par la police politique devant le journal ECHOUROUK. Le tabassage du journaliste a été filme par d’autre flics.SLIM BOUKHDIR est depuis 14 h a l’urgence de l’hôpital Charles Nicole (Source: Alerte électronique de M. Belghouthi Slim le 03 mai 2006)

 

Communiqué

 

Les autorités ne cessent de perpétuer l’option sécuritaire à l’égard de la LTDH dans le but de paralyser ses activités. 

 

Le 30 avril 2006, un impressionnant dispositif policier a été déployé  pour empêcher les membres des sections  du Centre et du Sud d’accéder au siège central de la ligue   pour y tenir une réunion s’inscrivant dans le cadre des  préparatifs de son sixième congrès national.

 

La police leur a interdit  de se trouver dans les places publiques avoisinantes ou de fréquenter les cafés situés à proximité du siège de la ligue.

 

Il est à signaler que la même mesure a été prise le 15 Avril 2006 à l’encontre des sections du Nord et du Cap Bon. Certains membres de ces sections ont été agressés par la police.

 

Le siège central de la ligue fait toujours l’objet d’une étroite surveillance en vue d’empêcher les membres des différentes sections ainsi que les citoyens sollicitant l’intervention de la ligue, d’y accéder.

 

 Quant aux locaux des sections, ils  sont  continuellement assiégés ce qui paralyse les activités pour lesquelles les membres de ces sections ont été élus.

 

Par ailleurs,  un certain nombre de ces sections continuent à payer les loyers de ces locaux , alors que les avoirs de la ligue sont gelés depuis plus de deux ans, mesure prise par les autorités afin d’asphyxier matériellement la ligue.

 

A ces mesures, s’en ajoute le feuilleton de l’ajournement du procès intenté contre l’organisation .Ce procès, faut-il le rappeler, coïncide avec le 29ème anniversaire de la ligue :1ère organisation des droits de l’homme dans le monde arabe et l’Afrique.

 

Les sections soussignées :

 

– tiennent à souligner leur indignation face aux mesures policières signalées ci-dessus ;

– lancent un appel aux autorités afin qu’elles lèvent le siège des locaux de la ligue et qu’elles cessent de harceler les militants et d’incorporer le pouvoir judiciaire dans sa crise avec la ligue ;

– rappellent qu’elles sont déterminées à tenir leur sixième congrès national à la date fixée par le conseil national et le comité directeur ;

– lancent leur appel à toutes les composantes de la société civile, à toutes les forces démocratiques et à toutes les personnalités nationales à soutenir la ligue pour la tenue de son congrès.

 

Les sections de : Kairouan, Sousse, Monastir, Médenine, Mahdia, Tozeur-Nafta  et Jendouba.  


L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT)
 

Monsieur Rafik Belhaj Kacem Ministère de l’intérieur

Avenue Habib Bourguiba 1001 Tunis Tunisie Fax : 00 216 71 354  331   Le 03 mai 2006   Monsieur le Ministre,            J ‘ai appris par l’ACAT que le professeur Moncef Ben Salem, docteur en mathématique et en physique théorique, fondateur du département de mathématiques de la faculté des sciences de Sfax, sa femme Halima et son fils Oussama ont décidé de mettre fin à leur grève de ma faim après que les autorités aient renoncé à  expulser Oussama Ben Salem de l’Université.   Cependant, l’ACAT dénonce les persécutions  dont l’ancien prisonnier Moncef Ben Salem fait l’objet depuis dix-neuf ans. Ce dernier n’a ni le droit de travailler ni celui de quitter son pays. Allocations chômage et sécurité sociale lui sont refusées. Une voiture de police stationne vingt-quatre heures sur vingt quarte en bas de chez lui. Son quotidien est un enfer. Moncef Ben Salem, emprisonné sans jugement de 1987 à 1989, a été condamné à trois ans de prison qu’il a purgé de 1990 à 1993, pour « diffamation et diffusion de fausses nouvelles ».   Soutenant les revendications légitimes de cette famille à une vie normale, je vous demande de faire ce qui est en votre pouvoir pour faire cesser ces harcèlements permanents ainsi que pour assurer à la famille Ben Salem un accès à des soins médicaux et à une existence décente et digne après tant d’année de souffrances Nous vous remercions de vous lire et nous vous prions d’agréer, Monsieur de Ministre, l’__expression de notre plus haute considération.   Nicole Pignon-Péguy Pôle Actions   CC : Copie à l’ambassade de Tunisie, 25 rue Barbet de Jouy, 75 007 Paris, Fax : 01 45 56 02 64   L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) France est affiliée à la Fédération Internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, ayant statut consultatif auprès des Nations unies et du Conseil de  l’Europe.

 

 
Syndicat tunisien des Radios Libres : Le premier 3 mai

Le Syndicat tunisien des Radios Libres fête cette année son premier 03 mai.

Crée début novembre 2005, notre jeune syndicat a vécu en si peu de temps plusieurs événements majeurs tel que le Sommet Mondial de la Société de l’Information  une rencontre particulièrement mouvementé, mais aussi l’idée du lancement d’une radio culturelle publique qui selon ses instigateurs va révolutionner le paysage médiatico-radiophonique de la Tunisie moderne…
Cette journée du 03 mai fêté depuis quinze ans est une réponse à l’appel de Windhoek que nous avons co-formulé à l’issue du séminaire organisé par l’Unesco à la fin d’avril 1991.
Destiné exclusivement aux médias de la presse écrite,  le  Directeur  de l’Office de l’Information du Public de l’époque  Mr Alain Modoux, s’est permis de m’inviter à cette rencontre en tant que porteur d’un projet radio, une initiative rarissime par ces temps en Afrique. Depuis, le désert radiophonique s’est installé exclusivement dans le nord arabe du continent.  
Mais le 03 mai a surtout été cette année une occasion pour féliciter un gentil petit peuple, des gens très simples que j’ai eu le plaisir d’approcher. Loin d’être un peuple de soumis ces gens sont prêts à se battre pour préserver leurs libertés et leur droit à une _expression non censurée.
Au mois d’août 1998 et lors d’une rencontre internationale nous avons appris la naissance de la première radio libre du Népal « radio Sagamantha ».
Depuis, plusieurs radios libres et communautaires ont vu le jour dans différentes régions du pays, sur les hauteurs de l’Himalaya et à Katmandou. Malgré la présence des guérilléros maoïstes et malgré le peu de moyens dont elles disposent, bon nombre de ces stations ont su garder l’indépendance de leurs lignes éditoriales dans la dignité et le respect de tous.
En instaurant un état de siège médiatique et en voulant réintroduire début avril une ordonnance pour interdire l’émission des programmes de nouvelles, le monarque népalais s’est vu opposer une résistance nationale notamment radiophonique ( SIRM : Sauvons le mouvement des radios indépendantes) et une solidarité internationale sans faille (Amarc, Ifex, Rsf.).
Il est vrai que certains régimes totalement déconnectés de la réalité continuent à occulter le passage de la planète dans le 21ième siècle. La culture politique de ces systèmes est incompatible avec la démonopolisation de la communication et la liberté de l’_expression.
Mais face à la résistance interne et aux pressions internationales ces systèmes politiques sont voués à la disparition et désormais leurs 03 mai sont comptés. Fourti salah Secrétaire Général du Syndicat tunisien des radios Libres. Email : syndicatunisien_radiolibres@yahoo.com
 

Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés

ET LE HARCELEMENT CONTINUE

vendredi 28 avril 2006.

 

Aujourd’hui encore, une conférence prévue au siège du FDTL sur le thème « Le réformisme en Tunisie d’hier à aujourd’hui » présentée par le professeur d’histoire Tawfiq Bachrouch a été perturbée par des policiers en civil. Procédant d’une manière devenue habituelle depuis quelques mois, ces policiers, après avoir bloqué tous les accès au local du Forum, ont empêché les invités d’y accéder, usant même de la violence contre certains d’entre eux. Le conférencier lui-même n’a pu pénétrer au local qu’après intervention personnelle du secrétaire général, les policiers demeurant intransigeants vis-à-vis des autres invités. Ces tracasseries répétées, qui visent notre parti afin de restreindre au minimum ses activités, sont contraires aux droits élémentaires des citoyens, à ceux des partis d’opposition et à ce qu’exige une activité politique minimale. Le FDTL condamne ces procédés destinés à paralyser l’activité de l’opposition, les jugeant en contradiction flagrante avec la constitution et les lois du pays, même si l’on tient compte de leurs insuffisances. Il rejette sur les autorités l’entière responsabilité de ces incidents et de leurs conséquences. Il demande qu’un terme soit mis à ce processus rampant de dégradation des libertés dans le pays.

Le secrétaire général Mustapha Benjaâfar.


 

Jeunes du Kef : peines confirmées en appel

 
Les jeunes majeurs originaires du Kef qui avaient été arrêtés dans le cadre d’une rafle incluant de nombreux mineurs et avaient été condamnés en première instance pour avoir échangé par CD et MP3 des morceaux de rap insultant la police avaient interjeté appel de leurs condamnations (se reporter à l’article de Néjib Hosni : le mp3 des jeunes du Kef).

 

Hier, mardi 2 mai, la chambre correctionnelle de la Cour d’Appel du Kef a rendu son verdict dans cette affaire en confirmant les peines prononcées en première instance. C’est ainsi qu’Abdelhamid Labidi a été condamné à quatre mois d’emprisonnement ferme. Il est à la prison du Kef. Quant à Mohammed Aïdi et Zyad Hannachi, ils ont été condamnés à trois mois d’emprisonnement ferme. Ils sont à la prison du Kef.
 
Luiza Toscane, 3 mai 2006


 

Nouvelle date pour le congrès de la LTDH

 

La direction de la Ligue tunisienne des droits de l’homme a fixé les dates de son sixième congrès national aux 27 et 28 mai prochain à Tunis. Les candidats au bureau directeur doivent présenter leur demande directement au siège de l’organisation au plus tard le 12 mai. Ce congrès, qui devait se tenir les 9, 10 et 11 septembre 2005, avait été interdit par les autorités, arguant du fait que l’organisation faisait l’objet d’un procès intenté contre elle par deux de ses membres. Lequel procès est toujours en cours. 

 

(Source: Jeune Afrique, N°2364 du 30 avril au 6 mai 2006)

 


 

TENSIONS – Rappelé pour consultation, le diplomate tunisien a été muté, sans être remplacé.

La Tunisie n’est pas pressée de remplacer son ambassadeur

 

VINCENT BOURQUIN – BERNE

 

La Tunisie est toujours fâchée contre la Suisse. Rappelé le 10 décembre pour «consultation», l’ambassadeur Afif Hendaoui ne reviendra plus dans la ville fédérale. Jeune Afrique annonce en effet sa nomination le 15 avril à la tête de l’Ecole nationale de l’administration.

 

Toujours très bien informé sur la situation tunisienne, cet hebdomadaire édité à Paris écrit: «cette décision entérine en catimini le gel des relations politiques entre les deux pays». «Faux», déclare-t-on du côté du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), tout en confirmant la mutation du diplomate: «Nos relations avec la Tunisie fonctionnent normalement», déclare la porte-parole du DFAE, Carine Carey. Elle souligne d’ailleurs qu’un chargé d’affaire est toujours présent à Berne.

 

Ce discours irrite le socialiste genevois Carlo Sommaruga, très actif sur le dossier tunisien: «On ne peut pas parler de relations normales lorsqu’il y a une telle vacance. La Confédération doit demander très clairement à la Tunisie pourquoi il n’y a plus d’ambassadeur en Suisse. C’est inquiétant. » Pourquoi inquiétant? «Cela prouve que le gouvernement tunisien ne veut pas aborder la question des droits humains», souligne le conseiller national.

 

Du côté de l’ambassade tunisienne à Berne, le chargé d’affaire nous a affirmé hier ne pas pouvoir répondre à nos questions dans l’immédiat. Contacté, le Ministère des affaires étrangères à Tunis est demeuré extrêmement vague.

 

Selon un fonctionnaire, cette décision a été prise par le gouvernement. Un nouvel ambassadeur sera-t-il désigné?: «Aucune idée». «Ce retrait est-il lié au Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI)?» «Pas du tout», répond froidement notre interlocuteur. Lors du SMSI qui s’est tenu en novembre à Tunis, la Suisse s’était particulièrement fait remarquer. Les conseillers fédéraux Samuel Schmid et Moritz Leuenberger avaient en effet insisté sur le respect des droits humains. Le discours du magistrat bernois avait même été censuré par la TV tunisienne. Plus grave encore aux yeux de Tunis, Micheline Calmy-Rey a reçu en décembre deux opposants au gouvernement du président Ben Ali. Un représentant du Ministère des affaires étrangères tunisien avait alors dénoncé «une attitude inamicale de la Suisse. »

 

Deux jours plus tard, le diplomate Afif Hendaoui était rappelé dans son pays. Pour ne plus revenir.

 

La Confédération a, par contre, décidé de maintenir son ambassadeur à Tunis, Pierre de Graffenried. Est-ce la bonne solution? «S’il y a un conflit ouvert, il faut le rappeler. Mais sinon je pense qu’il est bien de maintenir le dialogue avec ce pays», répond la conseillère nationale Anne-Catherine Menétrey, qui est intervenue à plusieurs reprises au parlement sur la situation prévalant en Tunisie.

 

(Source : « 24 Heures » (Suisse), le 3 mai 2006; page 5)

 


 

Le Premier ministre tunisien à Paris

 

Associated Press, le 3 mai 2006 à 15h51

PARIS (AP) — Paris et Tunis ont signé mercredi à Paris quatre accords de coopération pour l’investissement et le développement d’un montant de 90 millions d’euros, à l’occasion de la visite en France du Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi.

 

 A l’issue des entretiens avec son homologue Dominique de Villepin, le chef du gouvernement de Zine el Abidine ben Ali s’est félicité de cette rencontre « amicale, conviviale ».

 

 Cette visite « donne une nouvelle impulsion » aux relations bilatérales, a renchéri le Premier ministre français, rappelant la présence de 20.000 Français en Tunisie, et 300.000 Tunisiens en France.

 

 Plus de mille entreprises françaises sont implantées dans le pays, soit près de la moitié des entreprises étrangères, la France étant en Tunisie le premier investisseur étranger, avec 40% de l’investissement direct.

 

 Les échanges commerciaux se sont élevées à 5,3 milliards d’euros en 2005. La France est le premier exportateur en Tunisie, avec 25% de parts de marché et accueille 33% des exportations tunisiennes.

 

 Cette visite intervient alors que le gouvernement français présente au Parlement un projet de loi durcissant l’immigration, et à l’heure où, à l’occasion de la Journée internationale de la Liberté de la presse, Reporters sans Frontières (RSF) allume une nouvelle fois le régime tunisien, classé parmi « les gouvernements (qui) exercent un contrôle absolu sur l’information ».

 

 Deux sujets qui n’ont pas été abordés devant les journalistes par les deux chefs de gouvernement lors de leur bref point de presse commun.

 

 A la veille de l’arrivée de M. Ghannouchi, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, dont la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue française des droits de l’Homme (LDH) ou encore Amnesty international France, ont adressé une lettre ouverte à M. de Villepin, rappelant « les violations récurrentes des droits humains et les atteintes graves aux libertés fondamentales enregistrées ces derniers mois encore, en Tunisie ». Elles énumèrent notamment les atteintes à la liberté d’association et d’_expression, ainsi que contre les militants des droits de l’Homme.

 

 Les organisations réclament notamment à M. de Villepin d' »intervenir » pour que la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) puisse tenir normalement son Congrès, prévu les 27 et 28 mai, et que « les procédures pendantes contre la Ligue soient levées unilatéralement ».

 

 « Nos organisations vous invitent à renouveler à l’occasion de cette rencontre, cet appel au respect de l’état de droit auprès des plus hautes autorités tunisiennes », conclut la lettre ouverte.

 

 Accompagné d’une importante délégation pour cette visite, la première du genre d’un Premier ministre tunisien en France, Mohamed Ghannouchi doit également rencontrer le président Jacques Chirac plus tard mercredi, ainsi que le ministre des Finances Thierry Breton et la patronne des patrons français Laurence Parisot. Il se

rend jeudi à Marseille pour y visiter le pôle de compétitivité « Solutions communicantes sécurisées ».

 

Associated Press

 


France/Tunisie – Accords de coopération pour 90 millions d’euros

 

REUTERS, le 3 mai 2006 à 13h59

PARIS, 3 mai (Reuters) – La France et la Tunisie ont signé mercredi un accord en vue du financement partiel par Paris de l’extension et de la modernisation du réseau de métro léger à Tunis.

 

« La France veut rester le premier partenaire de la Tunisie pour son développement, avec une aide qui représente plus de 100 millions d’euros par an », a déclaré le Premier ministre, Dominique de Villepin, à l’issue d’un entretien avec son homologue tunisien, Mohamed Ghannouchi.

 

En vertu d’un accord conclu en juillet 2004, le groupe français Alstom  doit fournir trente rames de tramway Citadis à la Société du métro léger de Tunis (SMLT) pour plus de 75 millions d’euros, montant financé en partie par un crédit public français.

 

Le ministre tunisien du Développement et de la Coopération, Mohamed Nouri Jouini, et le directeur général de l’Agence française de développement (AFD), Jean-Michel Severino, ont signé mercredi une convention d’ouverture de crédit.

 

Une convention d’ouverture de crédit et une convention de subvention ont également été signées en vue de la mise à niveau des établissements hôteliers tunisiens.

 

Ces accords représentent au total 90 millions d’euros.

 

REUTERS


 

Le Premier ministre tunisien en France pour renforcer la coopération

 

AFP, le 3 mai 2006

Le Premier ministre tunisien, Mohamed Ghannouchi, effectue mercredi et jeudi une visite officielle en France à forte tonalité économique pour réaffirmer l’importance de la coopération bilatérale et examiner les moyens de la renforcer face à la concurrence internationale.

 

M. Ghannouchi conduira une délégation composée de trois ministres (Industrie, Développement et Coopération, Recherche) et du secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes, Hatem Ben Salem.

 

Il sera aussi accompagné d’une quinzaine de chefs d’entreprises et hommes d’affaires tunisiens.

 

Cette première visite officielle en France du Premier ministre tunisien intervient après celle à Tunis en janvier 2005 du Premier ministre français, qui était alors Jean-Pierre Raffarin.

 

Axée sur les relations économiques et la coopération, elle doit permettre de souligner le développement des échanges bilatéraux, la France demeurant le premier partenaire commercial de la Tunisie (premier fournisseur avec 24% de parts de marché et premier client avec 33% des exportations tunisiennes).

 

La France fournit en outre 43% de l’aide publique au développement nécessaire à la Tunisie.

 

M. Ghannouchi aura mercredi matin un entretien avec son homologue Dominique de Villepin, suivi d’une séance de travail élargie aux ministres faisant partie de son équipe et à leurs homologues français, a-t-on indiqué de source diplomatique.

 

Après un déjeuner avec des parlementaires, des hommes d’affaires et des jeunes Tunisiens établis en France, il se rendra au Conseil économique et social, puis aura un entretien avec le ministre français de l’Economie et des Finances, Thierry Breton.

 

Il sera ensuite reçu par le président Jacques Chirac lors d’une audience durant laquelle devraient être abordées les questions politiques comme la lutte anti-terroriste et les lenteurs de l’évolution démocratique reprochées à la Tunisie par les organisations internationales de défense des droits de l’homme.

 

Une réception sera organisée en fin de journée à l’Hôtel de Ville de Paris dont le maire socialiste, Bertrand Delanoë, est originaire de Tunisie.

 

Au-delà de la volonté de la France de maintenir son effort en faveur de la Tunisie, les deux pays veulent renforcer leur coopération pour tenter de faire face ensemble aux défis de la concurrence internationale, notamment dans des secteurs comme le textile ou les nouvelles technologies.

 

M. Ghannouchi se rendra ainsi jeudi dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Sud-Est), la première de France pour la coopération décentralisée. Il visitera à Rousset, près de Marseille, une entreprise d’électronique et le pôle de compétitivité spécialisé dans les nouvelles technologies qui y est implanté.

 

Ce groupement, comparable aux technopoles tunisiens, vise à faire travailler ensemble, notamment pour conquérir les marchés internationaux, les entreprises, les universités et centres de recherche et les pouvoirs publics. L’objet de la visite, a-t-on indiqué de source diplomatique, est d’envisager des perspectives de coopération entre les pôles de développement des deux côtés des rives de la Méditerranée.

 

De tels rapprochements, estiment Paris et Tunis, peuvent en outre servir à mettre en oeuvre des conditions favorables au développement des pays les moins avancés, notamment en Afrique sub-saharienne.

 

AFP

 


3- Entrevue avec le professeur Moncef Ben Salem

Par Mohammed ُُElfadhel
mis en ligne le lundi 1er mai 2006
 

 

Traduit de l’arabe par Luiza Toscane

Troisième partie

 

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Au nom de Dieu le tout puissant le très miséricordieux

Un intellectuel arabe contemporain, le premier spécialiste en islamologie, le Docteur Mohammed Arkoun, a posé sur le mode de l’étonnement une question stimulante dans l’introduction de son livre, l’historicité de la pensée arabo-islamique : il a exprimé son étonnement face au déferlement du phénomène islamiste en Algérie dans les universités scientifiques dans les années quatre vingt du siècle passé. Et cela s’est passé de même en Tunisie avant que le mouvement islamique ne soit liquidé. Je me vois contraint à formuler cette question, toutefois sans étonnement : comment est-il possible qu’une cervelle qu’on suppose cartésienne soit porteuse d’une idéologie religieuse ? Et comment est-il possible aussi pour des universités scientifiques modernes dont on suppose qu’elles se fondent sur la rationalité scientifique de se renier et de tomber, comme on dit, dans une pensée réactionnaire et obscurantiste ? Et que sorte de leurs entrailles un courant de l’islam politique ? Puisque vous avez de hautes compétences scientifiques et parce que vous appartenez au mouvement de l’Islam en Tunisie depuis sa fondation, vous êtes le plus à même de répondre à cette question.

C’est vrai que le docteur Mohammed Arkoun a retenu toute mon attention. Après la fermeture de la mosquée de la Zitouna, où a été fondée la première mosquée, une première mosquée a été fondée à la faculté de sciences en janvier 1972. A l’époque le courant marxiste était hégémonique et ses partisans parlaient en français. Lorsque je suis rentré à la l’université, j’avais dix-sept ans. Nous avons fondé en 1970 un comité que nous avons nommé le comité de sauvegarde de l’arabe dans les milieux estudiantins. Ses trois membres les plus importants étaient : Rayed Marrakchi, l’ingénieur Slim Sabah et moi-même. Par la suite Bouachir nous a rejoint. Celui qui rentrait dans le comité s’engageait, s’il parlait en français, à devoir payer 5 millimes. Donc quelqu’un qui disait « justement », était sanctionné de cinq millimes, et s’il disait « donc », il devait verser cinq millimes. Et c’est ainsi que tout un chacun parlant français en dehors des cours versait cinq millimes. Nous rassemblions la somme de toutes ces « 5 millimes » à la fin de chaque semaine, et les sommes en dinars nous ont permis d’acheter des fascicules sur les ablutions, la prière, et nous les offrions aux étudiants qui sympathisaient avec nous. C’est ainsi que nous avons commencé à la faculté de sciences en Tunisie en 1970. Au bout d’un an et demi, nous avions une mosquée à la faculté de sciences en section sciences naturelles et mathématiques. Il y avait une petite pièce pour les jeunes gens et une autre pour les jeunes filles. Nous appelions à la prière en dépit du fait qu’on tentait de nous en empêcher. Nos activités ont donc commencé. J’ai rencontré le doyen qui a posé des conditions : que nous ne publions pas d’affiches murales, que nous n’appelions pas à la prière et il nous autoriserait à dérouler les tapis. Il a insisté pour que nous restions discrets. Au bout d’une semaine, nous avons appelé à la prière et fait la prière du vendredi. Au début nous étions trois personnes et au bout d’une semaine, nous étions cinquante.

Chez les scientifiques, il n’y a pas de « je vois, je ne vois pas », ils ne s’appuient que sur des bases logiques, et le Coran est tout entier logique, le Coran est une science au plein sens du terme. Je vais vous en donner un exemple, mon collègue Alfred Gray, président d’un département à l’université du Maryland en Amérique, m’avait invité à venir là-bas, où j’ai été assistant en visite. Ce professeur avait étudié la langue arabe et donnait des conférences en Amérique et il disait que les sciences et la civilisation avaient régressé pendant cinq siècles à cause de la défaite des Arabes car la langue de la science n’était ni l’anglais ni le français, mais la langue du Coran. Et il en fournissait des preuves scientifiques, ensuite en ce qui concerne la logique du Coran, beaucoup de choses semblent délirantes alors qu’elles sont scientifiques à cent pour cent.

Nous apprenons en sciences que la distance entre 0 et 1 est un nombre infini, et d’après les mathématiques, elle équivaut à un chiffre équivalent à l’intervalle entre moins l’infini et plus l’infini, dont la distance entre 0 et 1. Lorsque que le mathématicien sait que c’est juste en maths (cela s’appelle la puissance de continue) et qu’il lit la parole du Prophète (PSL) : « celui qui a lu la sourate de la Pureté, c’est comme s’il a lu tout le Coran », -le Coran est tout entier dans la sourate de La Pureté lui aussi,-donc lorsque le mathématicien entend ce propos, il ne s’étonne pas, mais le philosophe, lui, a du mal à comprendre.

Un autre exemple, la théorie de la relativité générale prouve par la science que si nous prenons un corps solide et que nous le lançons loin du sol, accompagné d’un chronomètre qui, avec le flottant, à la vitesse de la lumière marque une année, et lorsqu’il revient, il enregistre une autre année. Et effectivement, il y a deux années de marquées, et au total, le compteur marque trois ans. Si un nouveau-né a laissé son frère-jumeau sur terre, lorsqu’il reviendra, le deuxième aura pris cent ans. Comment cela se fait-il ? Lorsque nous sortons du référentiel dans lequel nous vivons, le temps devient relatif, et la seconde au sol compte par exemple pour un siècle ou le siècle compte pour une seconde, ainsi le Prophète (PSL) lors de l’épisode de elisra’ wel mi’raj, il est relaté dans un hadith que lorsqu’il est sorti et qu’il a prié à Jérusalem et qu’il est monté au ciel, qu’il a vu les gens cultiver et récolter, donc il s’est passé une année entière, et que lorsqu’il est revenu, son lit était encore chaud, dans le sens qu’il n’avait pas quitté son lit plus de quelques minutes, mais pendant ces minutes, le Prophète (PSL) a vécu des années en voyage.

Autre chose, lorsqu’Il parle de son cheval « elbourak », il dit qu’il pose ses sabots là où sa vue peut porter. J’ai commenté cela aux étudiants en techniques : il pose ses sabots dans « plus l’infini », alors qu’on pensait qu’il n’y avait pas de vitesse de « plus l’infini » plus mais en 1989, on a reconnu son existence, ainsi il a été possible à Azraïl de se saisir des âmes à plusieurs endroits en même temps (plus l’infini) car il n’y a pas de temps entre la prise d’une âme et une autre.

J’étais à Paris lorsque j’ai passé un coup de téléphone au mathématicien Gelfand de la Californie. J’avais plusieurs remarques à faire sur sa recherche. Il m’a parlé et m’a dit : La paix soit sur toi, je suis ton frère Jaafar ! C’est le plus grand savant en algèbre ; il m’a dit : « Mon frère sais-tu que la logique des mathématiques est la logique du Coran, donc pourquoi n’y croirais-je pas ? »

Je retourne la question maintenant. Qu’est-ce qui fait qu’un savant de la stature du Docteur Mohammed Arkoun qui bien étudié le Coran et les Hadiths et connaît parfaitement la philosophie islamique s’étonne que les universités scientifiques aient donné le jour en Algérie au phénomène islamique ?

La chose est différente entre celui qui comprend le Coran de l’intérieur de la science et celui qui le lit de l’extérieur. Mohammed Arkoun, lui, le voit de l’extérieur de la science. Les mathématiques ont une logique cosmique irrécusable. La raison en est sans doute la distance qui sépare les sciences humaines des mathématiques en tant que science exacte. L’étudiant en sciences, sans en avoir conscience, se construit une logique scientifique. Lorsqu’il étudie l’islam et le Coran, il trouve spontanément qu’ils correspondent à la logique scientifique sur laquelle il a construit sa pensée.

J’ai eu l’honneur d’être rapporteur au centre « Zentralblatt für Mathematic » de Berlin et j’ai pris connaissance d’une recherche scientifique en théorie de la relativité générale faite par un Israélien qui avait été l’assistant d’Einstein en Allemagne avant la seconde guerre mondiale et avant qu’Einstein ne parte aux Etats-Unis d’Amérique. Lorsque j’ai lu cette recherche, je l’ai trouvée toute entière faite de versets exacts du Coran et je souhaitais correspondre avec ce savant pour lui dire qu’il avait volé cela dans le Coran Sacré. Mais par la suite, je me suis contenté de faire des remarques sur la recherche et j’ai dit que la recherche était excellente et elle l’était vraiment. Je vous cite : Il existe une théorie qui est celle de l’univers en extension. Or si nous lisons le Coran nous trouvons les paroles d’Allah : « Et le ciel, nous l’avons construit renforcé. Et c’est encore nous l’élargisseur » (Qui éparpillent, verset 47). Tout cet univers était un point unique qui a explosé, que les scientifiques appellent Big Bang « Ceux qui mécroient n’ont-ils pas vu que les cieux et la terre étaient bel et bien cousus ? Ensuite nous les avons dégagés tous les deux, et Nous avons désigné de l’eau tout être vivant. Ne croiront-ils donc pas ? » (Les prophètes, verset 30), puis il est dit dans la recherche que l’univers était poussière et fumée « Il s’est établi ensuite vers le ciel, qui était alors une fumée, puis Il lui dit, ainsi qu’à la terre : « Venez, tous deux, de gré ou de force. Tous deux dirent : nous venons tous, obéissants » (Les détaillés, verset 11). Tous ces versets se trouvent dans la recherche et il les valide effectivement en partant de deux états : il procède à une mesure dans la matière et à une mesure dans le vide puis au moyen de Delta et Gamma, il dessine un graphique qui rend compte de ce que serait le monde dans un cercle limité puis il en commence l’extension. Lorsqu’il a atteint ses limites, il se rétracte à nouveau et à son point de départ. Dieu a dit : « Jour où Nous plierons le ciel comme on plie les lettres au rouleau ! Tout comme Nous avons commencé la première création, ainsi Nous la répéterons, _promesse sur Nous ! Oui c’est Nous qui sommes le Faiseur ! » (Les Prophètes, verset 104).

Au Pakistan, j’ai rencontré beaucoup de savants, tous musulmans, qui étaient sur une recherche importante à travers laquelle ils étudiaient le rapport entre le Coran et la théorie de la relativité générale. L’un m’a dit avoir commencé l’étude du Coran verset par verset et qu’ils s’étaient concentrés sur le premier verset « Louange à Dieu, seigneur des mondes (Prologue, verset 2). L’un d’entre eux m’a dit « Dieu tout puissant, »( louange à Dieu, seigneur des mondes), et non pas les « deux mondes » [i]. Cela signifie que Dieu a créé l’univers qui a atteint ses limites, est revenu à son point de départ et a explosé une autre fois, et ainsi de suite pour chaque univers créé. Et notre univers est l’un de ces mondes. La divergence réside dans la question de l’explosion : a-t-elle commencé en un point existant ou à partir du vide ? C’est là qu’est la divergence. Supposons qu’elle commence d’un point dont la densité est égale à un, virgule, quatre-vingt treize zéros sur la droite gramme au centimètre cube, en sachant que la terre, la mer et les montagnes pèsent un virgule vingt sept zéros seulement multiplié par un virgule quatre vingt treize zéros, c’est à dire un milliard fois un milliard fois un milliard de la taille de la terre, nous trouvons un centimètre cube, cela veut dire que si nous mettons tous ces mondes comme ils étaient la première fois avant l’explosion, ils ne seraient pas plus grands qu’un point tracé par un crayon noir très bien taillé. Et c’est ce que signifie ; « Ceux qui mécroient n’ont-ils pas vu que les cieux et la terre étaient bel et bien cousus ? Ensuite, nous les avons dégagés tous les deux, et Nous avons désigné de l’eau tout être vivant. Ne croiront-ils donc pas ? » (Les prophètes, verset 30) L’éminent verset qui parle des couchers d’étoiles : « Mais non ! Je jure par les couchers d’étoiles ! et vraiment c’est un serment énorme, si vous saviez ! » (L’échéant, versets 75 et 76) parle des couchers et ne parle pas des étoiles elles-mêmes, pourquoi ? Parce qu’il vous est impossible de voir l’étoile à sa place. L’étoile qui nous est la plus proche est le soleil qui est distant de 150 000 kilomètres et lorsque nous le voyons se lever, il est alors au point où il s’est couché il y a huit minutes, et lorsque nous le voyons quelque part, il est distant de cet endroit de trente mille kilomètres, donc nous le voyons se coucher mais nous ne voyons pas le soleil lui-même. Même chose pour les étoiles, lorsque nous les voyons, nous voyons leur coucher alors qu’elles sont déjà mortes.

Revenons à votre situation actuelle. Vous faites une grève de la faim qui en est à son début. Comment évaluez-vous les soutiens et les témoignages de solidarité envers votre affaire ? Et en les considérant limités, quel est l’appel que vous lancez aux organisations et aux partis nationaux, et aux Etats, et aux personnalités scientifiques et politiques mondiales pour être à vos côtés ?

La réponse a été normale jusqu’à maintenant. Je souhaite que les organisations soient à la hauteur de nos attentes. Je m’attendais à ce que la première visite à mon domicile soit celle de la Ligue Nationale des droits de l’Homme et je souhaite qu’elle me soutienne et qu’elle intervienne et qu’elle médiatise l’affaire. Cela nous l’avons remarqué jusque chez les agents de la Sûreté ; l’un d’entre eux tenait à me rendre un service personnel, car ils sont convaincus que je suis soumis à une grande injustice, mais ils doivent exécuter des ordres. A plus d’une occasion, ils m’ont témoigné de la sympathie, et m’ont même conseillé de camper sur mes positions et de ne pas fléchir. Ils se comportent avec moi de façon civilisée, mais le problème vient de celui qui prend les décisions. Cela montre que le bien est toujours en germe chez le peuple tunisien. Si je devais exprimer ma véritable revendication, j’exigerais du pouvoir qu’il s’excuse pour toutes les injustices qui m’ont été imposées et qui ont été imposées au peuple tunisien. S’il ne présente pas d’excuses maintenant, il devra le faire par la force. Regardez l’Afrique du Sud, où les plus grands criminels viennent présenter des excuses à la commission de concorde et de réconciliation pour ce qu’ils ont perpétré. Regardez où est Saddam Hussein qui a tyrannisé son peuple, regardez où sont les tyrans du monde. Anis Chabbi, le directeur des services de surveillance au ministère de l’Intérieur, a écrit un article sur moi alors que j’étais en prison, dans lequel il a dit que le président m’avait accordé tous mes droits, que je les avais rejetés et que j’avais des demandes irréalisables. Il faisait allusion à une promesse de la présidence de s’acquitter de son devoir de résoudre la question de tout le groupe de mes camarades du comité de salut national. J’aurais refusé de régler mon problème et de laisser tomber le reste du groupe. Il a reconnu qu’il avait été injuste avec nous.

Pouvez-vous nous parler du comité de salut national ? Ainsi que de la déclaration aux médias qui vous a valu d’être emprisonné ?

Alors que Bourguiba choisissait un gouvernement pour le renvoyer le lendemain, lorsque les choses en sont arrivées au point où Bourguiba Junior disait lors d’une conférence de presse à l’hôtel Africa que les Tunisiens n’étaient pas des hommes, et d’autres mots insultants à l’endroit du peuple tunisien qui était satisfait de voir son père aux commandes, et acceptait comme président un homme incontinent. C’est son fils qui disait de tels mots. Et alors que Bourguiba avait perdu toute raison, un groupe de fils de la Tunisie s’est levé pour mettre un terme à ce déclin et pour rendre une dignité à tous les Tunisiens, qu’ils soient à l’intérieur comme à l’étranger. En ce qui concerne la déclaration à la presse, lorsque j’ai rencontré le ministre de la Défense, il m’a dit : « Nous allons, nous, vous juger comme nous l’entendons ». Il m’a dit : « vous êtes maintenant comme une mouche dans une bouteille que nous avons rebouchée, et la mouche continuera de voler dans la bouteille jusqu’à ce qu’elle tombe au fond ». Je lui ai dit : « C’est vous qui avez touché le fonds, qui ressemble le plus à une mouche sinon vous ? » Je lui ai dit : « Les investigations qui vous sont parvenues : dans l’affaire du comité de salut national, il y a 600 pages que nous avons rédigées en 21 jours du 15 octobre au 7 novembre, date à laquelle le comité a procédé au changement, et vous n’en possédez pas une page. Nous les avons envoyées à l’étranger et nous sommes prêts à montrer les documents et à vous juger à l’étranger, car la logique veut que nous ayons fait cela contre Bourguiba et il y a quelqu’un d’autre qui a œuvré contre Bourguiba. Nous nous sommes arrêtés et lui a continué. Il doit être jugé en premier ». Alors les négociations ont commencé avec le président et nous nous sommes mis d’accord sur un règlement de la question, la libération des prisonniers en trois groupes. Le premier groupe sortirait en novembre, le second en janvier et le troisième en mars. Les négociations se sont déroulées avec un proche de Ben Ali. Son conseiller m’a dit de définir les groupes. J’ai défini les trois groupes et j’ai craint d’être libéré tandis que les autres resteraient en prison aussi j’ai posé comme condition que mon groupe soit le dernier à sortir de prison. Le premier groupe est sorti, puis le second, puis mon groupe, ils sont venus pour me faire sortir, je leur ai dit : J’ai juré que le dernier que vous entendriez, ce serait moi, Ils m’ont répondu : « Ayez confiance, nous avons libéré tout le monde, il ne reste plus que vous ». Il avait été convenu que ceux qui étaient libérés se verraient payer leurs émoluments en retard et qu’ils seraient réintégrés dans leurs fonctions. Il y avait eu la promesse de la constitution d’une commission au ministère de l’Intérieur composée pour partie de nous-mêmes, et pour partie de gens du ministère et pour partie encore de la présidence. Nous avons procédé à une consultation concernant les demandes de règlement du problème, et il y a bien eu versement des émoluments de ceux d’entre nous qui portaient l’uniforme, à l’exception de six civils dont les droits n’ont pas été reconnus. Mais à partir de là, la situation a commencé à se détériorer, ainsi que me l’annonçaient certains signes. Et dans l’intervalle un journaliste algérien m’a rendu visite auquel j’ai fait une déclaration qu’il a intitulée : « La tendance islamique entre la laïcité de la Tunisie et le terrorisme de Ben Ali ». Alors que le journal était encore au stade de l’impression, un des travailleurs de l’imprimerie a contacté l’ambassade tunisienne et j’ai été arrêté à mon domicile. Le journal n’a jamais paru et sur le procès verbal d’investigation, il a été noté : Il a été arrêté à l’aéroport en train de distribuer le journal El Maoukif qui comporte des déclarations nuisibles.

Concrètement, quelle est la limite que vous mettez pour arrêter votre grève ? Si le pouvoir répondait à vos revendications ?

Et bien bravo si le pouvoir arrête de me persécuter. Moi je considère que la balle est dans son camp et je veux par cette grève que ma voix parvienne à l’opinion publique. Mon affaire est toujours pendante devant le tribunal administratif qui tergiverse depuis 19 ans. C’est une affaire relative à mes émoluments et à ma réintégration dans mon travail et à mon passeport… l’état de siège qui m’est imposé ainsi qu’à mon domicile et les filatures de mes enfants par la Sûreté… L’affaire du renvoi de mon fils Oussama de l’université n’est que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Le jour où j’ai rencontré Mohammed Charfi pour qu’il intervienne dans mon problème, et je l’ai fait à trois reprises, je lui ai dit que lui demandais à trois titres :

Premièrement en tant qu’homme de loi et mon affaire est devant la justice. Mes salaires ont été bloqués sans arrêté, hors de tout texte de loi, et la loi à ce sujet est claire. La loi dit par l’article 305 du code primaire que s’il n’y a pas eu versement des salaires d’un employé de la fonction publique sans que celui-ci n’ait été traduit devant le conseil de discipline, on doit lui verser ses salaires dans les trois mois, mais moi, il y a des années que j’attends.

Deuxièmement en tant que secrétaire général de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme.

Troisièmement parce qu’il est marxiste et qu’il a des principes et que moi aussi j’ai des principes et il doit me défendre. Mais Mohammed Charfi était contre moi et n’a fait que contribuer à augmenter le problème. Il a constitué un faux conseil de discipline qui a décidé de me muter de Sfax à Tunis. J’ai dû changer et j’ai protesté contre cette mesure illégale qui est survenue un an et demi après l’arrêt du versement de mes salaires et je lui ai envoyé des avocats qui lui en ont fait part. Il m’a alors envoyé une décision du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique qui dit : Nous avons décidé de renvoyé Moncef Ben Salem de l’Université. Je lui ai expédié un télégramme : Vous n’avez pas le droit de me renvoyer car ma nomination a été faite par décision présidentielle et vous ne pouvez me renvoyer qu’en vertu d’une décision qui vient de plus haut que vous. A l’époque, j’étais incarcéré, et le 20 mai, Charfi s’est rendu chez Ben Ali, soit un mois et deux jours après mon arrestation, pour en obtenir un décret présidentiel rayant mon nom de l’Université tunisienne. Bien que les décisions présidentielles soient publiées au Journal Officiel, monsieur Mohammed Charfi a veillé soigneusement, de manière infantile, pendant mon incarcération, à envoyer à mon épouse, un courrier contenant une photocopie de la décision du journal officiel, et lorsque je suis sorti de prison, j’ai porté l’affaire devant le tribunal administratif qui l’a rejetée car l’administration avait envoyé un document faisant état du versement de mes salaires…. J’ai porté l’affaire devant l’UNESCO, et à Paris le 4 mai 1990. Le représentant de la Tunisie à l’UNESCO Béchir Mahjoubi, malheureusement mon collègue qui avait la même spécialité que moi, siègeait à l’UNESCO et a présenté un document attestant du versement de mes émoluments. Voici un aperçu de mes problèmes sans parler des passeports et des brimades incessantes à mon endroit et des membres de ma famille depuis dix-sept ans… et qui sont devenues pour moi des anecdotes. Un jour, alors que j’étais en voiture près de chez moi et de la route voisine, une autre voiture s’est approchée. Je l’ai laissé passer devant moi et lui ai accordé la priorité en toute courtoisie. L’homme a levé la main pour me saluer parce que je lui avais laissé la priorité. La police l’a rattrapé, à pris les papiers de sa voiture, et a commencé à lui demander ce qui me liait à lui !!! Une autre fois, alors que j’étais chez le mécanicien pour faire réparer ma voiture, l’un d’eux a amené sa voiture. Il avait une valise diplomatique et des lunettes noires et il a appelé le mécanicien pour qu’il répare sa voiture d’urgence sans égard pour le fait que j’étais là avant lui. Je lui ai dit qu’il devait respecter l’ordre d’arrivée. Il m’a rétorqué qu’il était un fonctionnaire et ce sont les intérêts des gens qui vont attendre. Je lui ai demandé où il travaillait. Il m’a dit qu’il était contrôleur des travaux publics. Alors je lui ai dit : « Mais tu vas causer du retard pour deux voitures, cette voiture et la deuxième, celle de la Sûreté de l’Etat, qui m’attend ». L’homme s’est affolé et a quitté les lieux en en oubliant son cartable….

J’ai entendu parler d’une histoire au sujet de votre goût pour l’action avec les étudiant. Je voudrais que vous nous en parliez.

Un jour, un étudiant m’a dit : « par Dieu, Docteur, si on me demandait de choisir entre tuer mon père ou Moncef Ben Salem, je dirai tuez mon père et laissez Moncef Ben Salem ». L’un de mes collègues à l’Université, un communiste, en est arrivé au point de répandre au sein des étudiants que j’aide les étudiants islamistes à réussir et que je fais échouer les étudiants communistes. Cela s’est passé lors de la première année à l’Université. Je n’ai pas répondu aux rumeurs. Lorsque les étudiants ont passé les épreuves écrites, j’ai accroché une affiche les informant que ceux qui passeraient l’oral auraient le choix entre Moncef Ben Salem et le collègue. L’écrit comme l’oral avaient le coefficient 5. Le jour de l’examen, devant ma porte il y avait une file d’étudiants qui attendaient d’entrer pour passer l’examen, mais devant la porte du collègue, il n’y avait aucun étudiant. Il a continué d’attendre jusqu’à perdre espoir, il a pris ses affaires et il est parti. J’ai demandé à l’un des étudiants communistes, après qu’il eût passé l’oral avec moi, pourquoi il ne l’avait pas passé avec mon collègue, puisqu’ils étaient de la même école de pensée et d’idéologie. Il m’a répondu : « Docteur, j’ai bien entendu une position sur la religion et l’islam, mais je sais que vous ne serez jamais injuste avec moi. » Ce même personnage, jusqu’à aujourd’hui, dresse les étudiants contre mon fils en l’accusant d’être un terroriste fils de terroriste, Il a été jusqu’à la section de Sfax de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’homme, dont il est membre et s’est opposé à la publication d’un communiqué de soutien à ma grève de la faim.

Professeur, comment envisagez-vous l’avenir politique en Tunisie après Ben Ali ?

Le régime de Ben Ali est devenu discrédité en occident, aussi je considère qu’il vit ses derniers jours et je ne pense pas qu’il puisse se prolonger longtemps, je parle là de mois et non d’années. Il y aura passation du pouvoir à une autre personne sans grands changements, le régime restera en place. Mais cela ouvrira la porte à quelques libertés. L’occident surveillera les évolutions, le poids des islamistes afin de déterminer les limites de ses relations avec eux. Quant aux droits des personnes, il n’y aura pas de réparation pour les préjudices et les droits ne seront pas rendus à tous les opprimés. Le régime va faire des gaffes meurtrières qui vont pousser les gens à sortir, et je suis sur que le régime peut tomber à l’occasion d’un simple manifestation. Nous avons constaté quelle est la mobilisation sécuritaire pour un simple rassemblement de quelques dizaines de militants. Les cœurs des Tunisiens sont saturés. Il ne suffit que de s’y mettre. Si le régime changeait par des mouvements populaires ce serait mieux pour les Tunisiens qu’un 7 novembre bis. Dans le deuxième cas, il y aurait des vengeances et des réactions aux injustices qui ont frappé une grande frange du peuple. Cette situation peut durer deux ans car actuellement les Tunisiens sont pacifiques par nature ; et parce que le niveau culturel du peuple tunisien est relativement élevé, et grâce à l’homogénéité culturelle et religieuse qui unit les Tunisiens, la situation ne se transforme pas en anarchie permanente. Les choses vont reprendre leur cours normal et les Tunisiens réussiront à instaurer un climat de liberté pour tous et la Tunisie sera pionnière dans le monde arabe, si Dieu le veut.

Une dernière question, si vous le permettez, relative aux prisonniers politiques. Comment percevez-vous leurs souffrances et que dites-vous leur situation pour laquelle nous ne voyons pas de solution à court terme ?

Ils sont des otages et il est impossible que Ben Ali ne les libère tous : il a eu beau en libérer soixante-dix, il en reste plus de cent cinquante au moyen desquels il peut menacer le mouvement islamique pour qu’il ne relève plus la tête. Comment pouvons-nous comprendre la séquestration d’un étudiant comme Abdelkarim Harouni depuis seize ans ? On dit que d’habitude personne ne passe plus de dix ans en prison, même s’il a tué quelqu’un. S’il est condamné à l’emprisonnement à perpétuité, sa peine sera allégée et on sera clément à son égard lors de toute fête nationale au point que lorsqu’il atteint dix ans en prison, il est libéré. C’est la première fois dans l’histoire de la Tunisie que des prisonniers dépassent les seize ans. J’ai dit une fois que l’Etat tunisien était étranger à son époque et son contexte : Les nations ont évolué et traitent leurs peuples avec des moyens civilisés dignes de ce siècle, ce qui n’existe pas en Tunisie. Quant aux voisins de la Tunisie, ils règlent leurs problèmes et la Tunisie est en rupture avec son peuple. Regardez l’Algérie, ils ont escaladé les montagnes, se sont entretués et ne sont pas restés en prison plus de cinq ans. Au Maroc, ils se sont déchaînés à Casablanca et ont été condamnés à mort. Puis ils ont été amnistiés et libérés. En Libye, ce sont 1600 prisonniers politiques qui ont été libérés et le fils de Kadhafi a reconnu que les procès n’avaient pas été justes et n’avaient pas respecté la loi et qu’il y aurait des réparations pour les prisonniers libérés. Et la Tunisie dans tout cela ? Même les prisonniers de Guantanamo…. Dhaïf, l’ambassadeur des Talibans en Afghanistan a été libéré, est-ce que les prisonniers en Tunisie ont commis des crimes pires que ça ? Mais si nous voulons comprendre l’avenir de l’Islam en Tunisie, il faut revenir sur les trente dernières années, alors qui parlait de l’islam politique ? Qui parlait d’islam révolutionnaire ? C’est une légende, le campus universitaire a vu le jour en 1970, et la première mosquée que nous avons fondée à la cité universitaire d’El Menzah, c’était en novembre de l’année 70. Ceux qui en sont à l’origine sont le frère Salah Karker et le frère Salah Ben Abdallah, moi-même et un frère venait pour faire l’appel à la prière. Lorsqu’il faisait l’appel à la prière, ils lui lançaient des bouteilles de bière, et nous le protégions pour préserver sa tête des canettes.

Notre islam, celui auquel nous appelons et que nous avons voulu diffuser, nous n’avions pas de cheikhs pour nous l’apprendre, nous l’enseigner à l’université. Les étudiants y parlaient en français, y compris lors de leurs assemblées générales. Lorsqu’un étudiant a dit lors d’une assemblée générale : « aujourd’hui notre cher camarade Eli Cohen a été arrêté à l’aéroport » [ii], je suis monté à la tribune pour la première fois pour demander la parole dans une assemblée générale. Les étudiants voulaient m’empêcher de monter et me traînaient par mon pantalon, qui s’est déchiré, j’ai failli être nu… et d’autres criaient : « il va parler en arabe ». Je me suis acharné, je tenais mon pantalon déchiré et j’ai parlé en arabe en commençant par « Au nom de Dieu le tout puissant le très miséricordieux ». J’ai été le premier à parler en arabe lors d’une assemblée générale à la faculté de sciences de Tunis. Aved le Cheikh Abdelfattah Mourou, nous allions dans les cafés pour appeler les gens à la prière… C’était cela l’islam en Tunisie. Aujourd’hui, regardez la Turquie, le tribunal a ouvert un dossier pour dissoudre le parti de la justice et du développement, cinq jours avant, il obtient les deux tiers des voix, regardez l’Iran et sa révolution islamique, regardez le Maroc et le parti de la justice et du développement islamique, l’Algérie et la victoire électorale du Front islamique du Salut et les affrontements armés… Et dernièrement le Hamas en Palestine…L’avenir est bien à l’islam et au mouvement de l’islam, si Dieu le veut….

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Traduction : Luiza Toscane

[i] La présente traduction ne peut rendre compte du jeu de mots qui identifie à l’écrit les mots alamin et alamaïn, lesquels ne sont différents qu’à l’oral.

[ii] En français dans le texte (LT)

(Source: Le Site de www.nawaat.org le  le 1er mai 2006 )


N°  : 383    Tunis le    :  02 mai  2006   Cher (e) collègue,

Nous venons de publier un article de Monsieur Néjib Bouziri, ancien Ministre et Ambassadeur Tunisien dans notre périodique : Revue d’Histoire Maghrébine n° 121 pp. 91-102, mars 2006 sur :
Négationnisme colonial et réhabilitation du colonialisme
Eu égard à son importance, nous avons jugé utile de le faire communiquer… Merci de votre attention.   A. Temimi

 

NEGATIONNISME COLONIAL ET REHABILITATION DU COLONIALISME

Nejib BOUZIRI Docteur en droit Ambassadeur (e.r.) ancien ministre   Une loi française adoptée le 23 février 2005 ([1]) comprend deux articles qui instaurent le négationnisme colonial et réhabilitent le colonialisme.
En effet, l’article 1er dispose : “La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française”.
L’article 4 prévoit que “les programmes de recherches universitaires accordent à l’histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle mérite. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord”.
En France, en Algérie et en Grande-Bretagne de nombreuses  condamnations ont été exprimées avec la plus grande vigueur. Afin qu’elles soient mieux connues, il convient de résumer ici certaines réactions  qui se sont manifestées  sur ce sujet à l’étranger.
C’est ainsi que relativement à la loi du 23 février 2005 et en particulier à son art. 1er, le Pr. Claude Liauzu écrit : “Adopté par le Parlement, ce texte reste muet sur la face sombre de la colonisation, les sévices et les crimes dont furent victimes les populations des territoires colonisés. Il ignore les répressions, la torture » (…) “Un ambassadeur vient de reconnaître les responsabilités de la France dans les massacres commis à Sétif (Algérie) le 8 mai 1945, jour où s’achevait la seconde guerre mondiale” ([2]).
Lors de la présentation du texte du gouvernement et de sa discussion, les associations de rapatriés et les nostalgiques de l’Empire français ont fait adopter l’art.4 mentionné ci-dessus et qui est, beaucoup plus que l’art. 1er, à l’origine de la polémique déclenchée par la loi du 23 février 2005.
Il convient d’indiquer qu’un “nom revient souvent dans les conversations, parfois même dans les journaux : celui de Philippe Douste-Blazy. Le nouveau ministre des affaires étrangères est perçu comme l’instigateur de la loi “néo-coloniale” du 23 février” ([3]) (…) » et il convient aussi de souligner à propos de la loi reconnaissant l’œuvre positive des Français en Algérie, que M. Douste Blazy l’a cosignée en 2003 ([4]).
Contre cette loi du 23 février 2005, de nombreuses voix se sont élevées et certaines réactions méritent d’être reproduites.
C’est ainsi que des historiens français ont publié une pétition dans laquelle il est notamment dit : “Il faut abroger cette loi” :
« Parce que, en ne retenant que le “rôle positif de la colonisation, elle impose un mensonge officiel sur des “crimes, sur des massacres allant parfois jusqu’au génocide, sur l’esclavage, sur le racisme hérité de ce passé parce qu’elle légalise un communautarisme nationaliste suscitant en réaction un communautarisme de groupe ainsi interdits de tout passé.
(…) “Les historiens ont une responsabilité particulière pour promouvoir des recherches et un enseignement qui confèrent à la colonisation et à l’immigration, à la pluralité qui en résulte toute leur place” ([5]).
Le13 avril 2005, au cours d’une conférence de presse organisée par la Ligue des droits de l’homme, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples et la Ligue de l’enseignement, Liauzu, Menier et Noiriel, incitateurs de la pétition “colonisation : non à l’enseignement d’une histoire officielle” se sont élevés haut et fort contre l’art. 4 de la loi du 23 février 2005. C’est le quotidien Le Monde qui a donné cette information sous le titre : “Des historiens fustigent une loi prônant un enseignement positif de la colonisation”.
L’article indique qu’à la date du 15 mars 2005 la “pétition a déjà été signée par un millier d’enseignants indignés que le législateur intervienne dans la définition des programmes scolaires” (…) et que « beaucoup parmi les universitaires et les enseignants s’engagent à ne pas appliquer ce texte » ([6]).
D’autres intellectuels français réagissent contre l’occultation du passé colonial de la France quand ils écrivent notamment que “le fait est indiscutable : l’histoire coloniale et, par contrecoup, postcoloniale ne fait toujours pas partie de notre “histoire coloniale”. « Elle n’a pas voix au chapitre, ne peut être incorporée aux représentations collectives positives d’une France tournée vers les droits de l’homme et les valeurs de la République, puisque la colonisation a été la négation de ces valeurs. Nous devons tenter de dépasser cette contradiction, de comprendre comment la France a été aussi une “République coloniale” ([7]).
Mais en France d’autres voix que celles des historiens et des enseignants, se sont élevées contre la loi du 23 février 2005. C’est ainsi que le député François Liberti ((P.C.F Hérault) “s’indigne du dévoiement d’un texte dont il défendait la finalité initiale » (…) “La loi votée n’est qu’un texte de réhabilitation du fait colonial” ([8]). De même le sénateur Guy Fischer (P.C.F. Rhône) a déclaré que cette loi est devenue “un cheval de Troie banalisant les guerres coloniales” ([9]).
De son côté, Farid Laroussi, professeur de littérature française contemporaine et de littérature francophone du Maghreb à l’université Yale (Connecticut) écrit sous le titre “Nouveau révisionnisme” et nous citons : “Le dernier exemple français de moquerie historique a eu lieu cet hiver à l’assemblée nationale. La loi du 23 février 2005 consacre le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord déclarant tout net que le colonialisme français a été un bienfait” (…) “Les travaux probants de chercheurs comme Raphaëlle Branche, François Burgat, Mohammed Harbi, Abdelmalek Sayad ou Benjamin Stora ont établi que le colonialisme français en Afrique du Nord s’est défini comme une entreprise fondée sur l’abus et la violence. Mais les colonisés auraient mauvaise grâce de se plaindre de la peine que la France s’est donnée pour faire d’eux des citoyens civilisés qui auraient un jour pignon sur la modernité, celle qui passe par la condition postcoloniale” (…) “Si l’on désire que l’aliénation d’une époque donnée devienne plus ou moins supportable pour tous, il faut que les institutions politiques et culturelles de ce pays cessent de refaire l’histoire et prennent conscience de leur rôle historique. Un demi-siècle a été nécessaire à la France pour qu’elle fasse son mea culpa pour son judéocide sous le gouvernement de Vichy. Il existe désormais un jour du souvenir des déportés. A quand celui des colonisés ? Pourquoi la France rebrousse-t-elle chemin sur la question coloniale ? N’y aurait-il pas comme une parenté entre une idéologie qui décide l’élimination d’un peuple et une autre qui valide l’asservissement total des nations entières?”.
Les vraies qualités politiques d’une République fondée sur les principes d’égalité et de liberté exigent aujourd’hui un dévouement particulier qui commencerait par demander pardon, c’est-à-dire entrer véritablement dans l’histoire de l’Autre” ([10]) fin de citation.
En Algérie, la loi française du 23 février 2005 a fait l’objet d’un communiqué publié le 7 juin dans lequel “le FLN condamne avec la plus grande fermeté”, cette loi qui “consacre une vision rétrograde de l’histoire et tente de justifier la barbarie du fait colonial en gommant les actes les plus odieux « ([11]).  
Dans une interview M. Bachir Boumaza ancien ministre algérien, déclare que “la loi du 23 février 2005 s’apparente moralement à la démarche révisionniste concernant le nazisme. Le négationnisme colonial est un obstacle qu’on aurait tort de sous-estimer (…) Le colonialisme c’est surtout une humiliation de l’homme. L’Allemagne s’est dénazifiée. La France, elle, ne veut pas en fin de compte, se décoloniser mentalement. Reconnaître une période de son histoire, qui est peut-être un accident, c’est se grandir, non se rabaisser  » ([12]).
Mais le négationnisme colonial n’est pas l’apanage des nostalgiques de l’Empire français, car les nostalgiques de l’Empire britannique n’ont rien à leur envier à cet égard. En effet, dans un article solidement documenté et intitulé “Réhabilitation du colonialisme” Seumas Milne ([13]) donne des précisions sur les horreurs commises aussi bien durant le colonialisme britannique que lors de son effondrement.
“Alors que la fin de l’Empire britannique date d’une génération à peine, sa réhabilitation fait déjà l’objet d’une offensive discrète mais concertée de la part de journaux britanniques influents, d’universitaires conservateurs, et jusqu’au plus haut niveau du gouvernement.
“On a pu apprécier la portée de cette campagne quand, en janvier dernier, M. Gordon Brown, l’actuel ministre des finances, qui est aussi l’héritier présomptif de M. Anthony Blair a déclaré en Afrique de l’Est : “L’époque est révolue où la Grande-Bretagne devait présenter des excuses pour son histoire coloniale” (Daily Mail’s janvier 2005 – Londres).
“Interviewé quatre mois auparavant par le même quotidien  (le 14 septembre 2004) au British Museum – cette grotte d’Aladin qui regorge de trésors pillés dans les anciennes colonies britanniques. A Londres M. Brown affirmait déjà : “Nous devrions être fiers (…) de l’empire” (…)”. En janvier dernier, l’ensemble de la presse britannique a repris sans guère les commenter les propos ahurissants de M. Brown” (…) “Les sympathies avouées pour l’ère coloniale auront désagréablement surpris ceux qui attendent une rupture avec les rodomontades du néo-impérialisme libéral et avec les guerres d’intervention durant le règne de M. Blair. Mais la détermination qu’il affiche en se drapant à son tour dans l’Union Jack – ce « tablier de boucher” selon le mot célèbre du socialiste irlandais James Connolly – n’aura pas manqué d’impressionner favorablement les composantes du pouvoir qu’il cherche à séduire”.
M. Milne poursuivant son analyse du processus de la “réhabilitation du colonialisme” britannique écrit : “Partisan déclaré d’un empire mondial dirigé par les Etats-Unis, Ferguson, auteur de “l’Empire, ou comment la Grande-Bretagne a créé le monde moderne”, défend le colonialisme britannique, précurseur à ses yeux de la mondialisation des échanges commerciaux du XXIè siècle” (…) “Autre historien Tatchérien Roberts prône ouvertement la recolonisation de l’Afrique au motif que ce continent n’a jamais connu de plus belle époque que sous l’administration britannique”.
« Réagissant à de récents propos du président sud-africain qui dénonçaient Churchill et le “terrible héritage” de l’empire britannique, Roberts a tranquillement affirmé sur les ondes de la BBC que l’empire avait apporté “la liberté et la justice” à un monde jusqu’alors plongé dans une “ténébreuse ignorance”  (Daily Mail, 8 janvier 2005) ».
« Il serait intéressant de voir comment Roberts s’y prendrait pour concilier ces affirmations grotesques avec les toutes dernières recherches sur l’ampleur effarante  des atrocités commises par les forces britanniques dans le Kenya colonial lors de la révolte Mau-Mau des années 1950 : 320.000 Kikuyus dans des camps de concentration, 1090 exécutions par pendaison, des violences orchestrées pour terroriser les villageois, à quoi s’ajoutent les électro-chocs, les passages à tabac, les viols collectifs, détaillés par Caroline Elkin dans un livre qui vient de paraître, “Le Goulag britannique”. Un bilan macabre qu’on estime très supérieur à 100.000 morts”.
“En ce temps-là, les soldats britanniques recevaient une prime de 5 schillings (environ 7 euros au cours actuel), chaque fois qu’ils tuaient un kikuyu de sexe masculin et n’hésitaient pas à clouer sur les panneaux indicateurs les membres sectionnés des rebelles africains. Et, dans une autre guerre qui fit plus de 10.000 morts (en Malaisie), ils se faisaient photographier avec, dans les mains, les têtes décapitées de “terroristes” communistes malais. Dans un documentaire récemment diffusé à la télévision (“Empire Warriors” diffusé par BBC 2, le 19 novembre 2004) des vétérans ont décrit les sévices, les tortures, les assassinats commis à la fin des années 1960 encore, par les soldats britanniques avant leur retrait d’Aden” (…) “Tout cela a été perpétré  au nom de la civilisation : la continuité avec ce qui se passe actuellement en Irak ne saurait être plus claire”.
(…) ”Construit en réalité sur le génocide, sur le nettoyage ethnique de grande ampleur et sur l’esclavage, l’Empire britannique a rigoureusement imposé la hiérarchie raciale et une exploitation sans merci. Pour citer Richard Drayton, historien à Cambridge : “On nous rebat les oreilles avec l’autorité de la loi, le gouvernement incorruptible, le progrès économique : la tyrannie, l’oppression, la pauvreté, les morts inutiles de millions et de millions d’êtres humains, voila quelle était la réalité” (Discours à la Royal géographical Society Londres, le 1er juin 2004).
(…) « Ceux qui évacuent la férocité coloniale de l’histoire coloniale du XXème siècle le font pour légitimer le nouvel impérialisme. – aujourd’hui embourbé en Irak – de même que ceux qui diabolisent les efforts historiques pour bâtir une société autre que capitaliste veulent prouver que cette dernière est la seule option possible ». Si M. Brown ambitionne vraiment de remettre à l’honneur le fair-play britannique – et d’instaurer des rapports différents avec l’Afrique  – il ferait mieux, au lieu de glorifier le despotisme raciste, de réserver ses éloges à ceux qui l’ont dénoncé en se battant pour la liberté des colonies”.
Si en France et en Grande-Bretagne la volonté politique est clairement orientée vers le négationnisme colonial et la réhabilitation du colonialisme, il convient de noter que dans d’autres pays européens qui ont été des puissances coloniales, “les manuels d’histoire hésitent entre la honte et la fierté” ([14]).
Le silence sur les ex-colonies italiennes que furent la Libye, l’Ethiopie, l’Erythrée et la Somalie est expliqué par le professeur d’histoire contemporaine à l’université de Rome Lucio Villari par le fait que “l’Italie n’a pas eu un empire colonial comme la France”.
“En Espagne, les manuels scolaires expédient le passé colonial de façon sibylline”. “En 1975, l’Espagne a cédé le Sahara au Maroc et à la Mauritanie (…) note discrètement “l’Histoire du monde contemporain” (…) « Le seul “empire” défunt qui vaille à feuilleter les manuels de la péninsule ibérique… c’est celui des conquistadors ; l’Amérique latine (…) “les indépendances sont montrées “comme des processus d’émancipation”, estime Rafaël Valls, professeur des sciences de l’éducation à l’université de Valence. “Mais de 1939 victoire du franquisme après la guerre civile, jusqu’à la fin des 1950, les manuels scolaires ont “exalté l’histoire de l’empire espagnol et de l’hispanité, rappelle M. Valls. « Plus tard après la mort de Franco, l’évocation du passé colonial et des indépendances s’est longtemps réduites à quelques pages”.
“En Belgique, la conquête du Congo (devenu République démocratique du Congo-Kinshasa) est à peine abordée à l’école » ([15]).
Pour continuer ces remarques sur le négationnisme colonial et la réhabilitation du colonialisme qui ne peuvent tout à la fois qu’étonner et indigner, quelles réactions peut-on avoir lorsqu’on constate qu’à l’aube du XXIème siècle, il y a de par le monde encore des colonies ou des quasi-colonies.
La Russie méridionale, particulièrement le Caucase où les Tchetchènes sont l’objet d’un génocide dans l’indifférence sinon la complicité implicite d’un Occident donneur de leçon de liberté et dispensateur de démocratie, est toujours une immense colonie.
Ceuta et Mellila sont en territoire marocain et toujours colonies espagnoles, de même que Gibraltar est espagnole et toujours colonisée par la Grande-Bretagne.
On ne veut évidemment plus parler de tous les Indiens du Canada, des Etats-Unis et d’Amérique latine, ou des aborigènes d’Australie pour dire que les territoires où ils vivaient depuis des temps immémoriaux sont devenus des colonies de gens venus d’Europe. On ne peut d’autant moins les évoquer que comme l’a déclaré un jour le Général de Gaulle, la plupart d’entre eux ont été « zigouillés ». Du reste, il n’en reste plus beaucoup de nos jours.
Mais la pire des situations est celle de la Palestine. On sait qu’Israël est “un fait colonial” ([16]), que les responsables palestiniens ainsi que les pays arabes ont été contraints d’accepter à la condition que les Palestiniens aient un Etat indépendant, sur les territoires délimités par la “ligne verte” de 1967.
Mais « la colonisation des territoires livre l’ultime vérité sur les motifs d’une occupation de la Cisjordanie et de Gaza. En “colonisant” ces terres dès le lendemain de la guerre des six jours, et en poursuivant cette colonisation encore aujourd’hui après Oslo, les Israéliens n’avouent-ils pas clairement que cette guerre n’a été qu’une occasion pour venir s’installer dans cette partie de la Palestine qui ne leur avait pas été accordée en 1947, mais qu’ils n’avaient cessé de considérer comme leur…” ([17]). En dépit des décisions de l’O.N.U., des accords d’Oslo et de l’irrésistible et immense mouvement de la décolonisation de la deuxième moitié du XXème siècle, cette farouche volonté de “coloniser” les territoires de la Cisjordanie à l’aube du XXIème siècle, est reconnue avec un étonnant cynisme tant par Weiglass, conseiller du premier ministre israélien que par ce dernier.
“Selon M. Weiglass, le général Sharon a décidé de rendre Gaza, qu’il n’a jamais considéré comme d' »intérêt national, afin de sauver les colonies de Cisjordanie et plus important encore, d’empêcher tout accord négocié avec les Palestiniens. Ce que nous avons fait, vise à geler le processus de négociation. Et, en gelant le processus de négociation vous empêchez la création d’un Etat palestinien et vous empêchez la discussion sur la question des réfugiés (…). Le désengagement comporte la bonne dose de formol nécessaire pour qu’il n’y ait pas de processus de négociation avec les Palestiniens”.
« Voilà le Credo de M. Sharon, et la base sur laquelle il a construit son plan de désengagement. Et jusqu’ici ça marche” (…) “Censé ouvrir la voie d’une négociation menant à un Etat palestinien “la feuille de route” reste lettre morte exactement comme le conseiller WeIglass l’avait prédit » ([18]).
« Le mur, que la cour internationale de La Haye avait appelé à démanteler, plaçant Israël dans une situation inconfortable, continue de se construire et profondément à l’intérieur de la Cisjordanie, tandis que le monde entier détourne le regard. Fin 2005, ce mur de neuf mètres de hauteur encerclera quelque 100 km2 de terres palestiniennes occupées à Jérusalem-Est et les 200.000 palestiniens environ qui y habitent ».
« De même, on bâtit à une vitesse vertigineuse des colonies en Cisjordanie, notamment entre le mur et la “ligne verte” de 1967” .
De son côté “Ariel Sharon… a assuré mercredi, lors d’une conférence de presse : « la colonisation a été un programme sérieux; elle va se poursuivre et se développer” en Cisjordanie, après le retrait de Gaza” ([19]).
“Quarante huit heures après la fin de l’évacuation des colonies israéliennes de la bande de Gaza, les villageois de ce faubourg de Jérusalem (Al Azria) ont reçu leur ordre d’expropriation. Ariel Sharon n’aura pas traîné pour lancer la construction de l’extension de la colonie de Maale Adoumin, tenant ainsi sa promesse d’abandonner la bande de Gaza dans l’unique but de raffermir la mainmise israélienne sur les colonies de Cisjordanie” ([20]).
Les déclarations de Weiglass et de Sharon, les expropriations des terres palestiniennes à Jérusalem ont été faites peu après le voyage de Mme Condoleezza Rice en Israël où elle a rencontré Ariel Sharon et également après la visite de ce dernier à Paris où il a rencontré MM. Chirac et de Villepin.
Après la nouvelle poussée virulente du colonialisme israélien qui a suivi les rencontres d’Ariel Sharon avec les responsables américains et français, on peut se demander ce que ces derniers pensent des suites des entretiens qu’ils ont eus avec le général Sharon.
Depuis des évènements importants se sont produits tant en France qu’au Moyen-Orient.
En France, depuis la promulgation de la loi du 23/02/2005, les demandes d’abrogation de son article 4, n’ont cessé de se multiplier et d’être plus pressantes.
Pour mettre fin à la polémique sur le passé colonial de la France, qui d’une part divise profondément cette dernière et d’autre part nuit à ses relations avec ses anciennes colonies, le Premier ministre français M. de Villepin à la demande du chef de l’Etat français M. Chirac “a saisi hier le Conseil constitutionnel pour que celui-ci se prononce sur le caractère réglementaire du texte. Si le Conseil “déclasse” la disposition, le gouvernement pourra alors élaborer un décret supprimant définitivement cet article de la loi” ([21]). Il apparaît certain que l’article 4 sera déclassé et supprimé. Ce qui aura pour résultat de faire échec aux tentatives de réhabiliter le colonialisme français.
Au Moyen-Orient deux évènements importants se sont produits. Le premier est le départ définitif d’Ariel Sharon de la scène politique et l’arrivée de Choud Olmert à la tête du gouvernement et du nouveau parti Kadima.
Le deuxième événement est le triomphe du Hamas aux élections en Palestine et la conséquence directe est la formation d’un gouvernement dirigé par cette nouvelle formation politique. Il convient de souligner ici que « depuis trente ans, les dirigeants de l’Etat Hébreu ont misé sur les islamistes pour détruire le Fatah » ([22]). Il est indécent de leur part de prétendre aujourd’hui qu’ils n’ont pas d’interlocuteur valable, comme du reste ils ont eu la même position à l’égard d’Arafat, à une certaine époque quand ils l’ont pratiquement mis en prison.
Pour qu’une paix soit envisageable, il faut d’une part qu’Olmert, si Kadima gagne les élections en mars, abandonne la politique de Sharon et accepte le retour aux frontières de 1967 et décolonise la Cisjordanie. Or, “le Premier ministre par intérim (…) a annoncé qu’en l’absence de partenaire palestinien, il poursuivait la politique unilatérale, initiée par son mentor, pour déterminer les frontières définitives d’Israël (…) Le Premier ministre s’est engagé à préserver les grands blocs de colonies” ([23]). Il est clair que ces déclarations prouvent qu’Israël entend d’une part rester un Etat colonialiste et d’autre part maintenir un état de guerre dans le Moyen-Orient.
D’autre part, le nouveau gouvernement palestinien doit confirmer la reconnaissance d’Israël et que toutes les milices armées soient dissoutes et que toutes les forces de sécurité palestiniennes soient sous le contrôle du Président Mahmoud Abbas.
En conclusion d’une part, il est impératif que tous les Etats et tous les individus, notamment ceux qui ont souffert du colonialisme, unissent leurs efforts pour achever définitivement et totalement le processus de décolonisation initié après la seconde guerre mondiale, pour faire échec à l’extension de la colonisation là où elle se produit, et pas seulement en Palestine, et enfin pour condamner de la manière la plus ferme, le négationnisme colonial et la réhabilitation du colonialisme partout où ils se manifestent.
D’autre part, puisque ces réflexions ont été inspirées par l’art. 4 de la loi du 23/02/2005, il convient de rappeler certaines lois françaises qui relèvent de l’histoire. Ce sont notamment la loi dite “Gayssot” qui punit la négation de la Shoah; la loi sur “le génocide arménien” selon laquelle la France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915 et la loi dite “Taubira” par laquelle la France reconnaît que l’esclavage est un crime contre l’humanité.
Il faut noter ici que “le génocide arménien” concerne un autre pays et que la France n’est en aucune manière directement ou même indirectement concernée par ce “génocide”.
Dès lors on ne peut que trouver extrêmement choquants et indécents non seulement le négationnisme colonial et la réhabilitation de la  colonisation que représente l’art. 4 de la loi du 23/02/2005, mais également les protestations des nostalgiques de l’empire français qui considèrent l’éventuelle abrogation de l’art. 4 ou les très rares reconnaissances des massacres commis en Algérie et à Madagascar; comme de “l’autoflagellation” et des “repentances de la France”. 
Or, il n’y a jamais eu de la part de la France de repentance totale et officielle ni encore moins de loi condamnant le colonialisme français et les innombrables crimes et atrocités commis par ce colonialisme et qui constituent sans doute aucun “un crime contre l’humanité”.
Pour avoir une idée de ces crimes, il convient de lire des ouvrages dont certains sont indiqués ci-dessous ([24]) et qui montrent d’une manière détaillée l’ampleur de ces crimes.
Il est grand temps que la France assume son passé colonial et ait le courage et la dignité de reconnaître sans ambiguïté que son colonialisme, comme toute colonialisme est un crime contre l’humanité.
De même, les pays anciennement colonisés devraient prendre l’initiative de présenter à l’Assemblée générale de l’ONU, un projet de résolution dans le même sens, de telle sorte que non seulement les crimes et génocides commis dans le passé par le colonialisme soient condamnés, mais également ceux qui sont commis actuellement dans plusieurs régions du monde comme par exemple en Palestine et en Tchétchenie.
La résolution qui serait adoptée s’inscrirait en droite ligne de la “Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux”, résolution de l’Assemblée générale de l’ONU (A/RES/1514 (XV), 14 décembre 1960.
Nejib BOUZIRI Docteur en droit Ambassadeur (e.r.) ancien ministre   ————————————————————— ([1]) Loi 2005 – ISP in, journal officiel français du 24 février 2005. ([2]) Le Monde diplomatique, avril 2005, p. 28, « Une loi contre l’histoire » par Claude Liauzu, professeur à l’université Denis-Diderot (Paris VII). ([3]) Le Monde du 11/6/2005, p. 2 « La résurgence du passé colonial jette un froid entre Paris et Alger » par Florence Beaugé. ([4]) Le Monde du 2/2/2005, p. 15 « Le négationnisme colonial » par Olivier Le Cour Grandmaison. ([5]) Le Monde du 25/3/2005, p. 15 : « Colonisation : non à l’enseignement d’une histoire officielle ». Texte cosigné par Claude Liauzu, professeur émérite à l’université Denis-Diderot, Paris VII ; Gilbert Meynier, professeur émérite à l’université de Nancy; Gérard Noiriel, directeur d’études à l’EHESS ; Frédéric Regent, professeur à l’université des Antilles et de Guyane; Trinh Van Thao, professeur à l’université d’Aix-en-Provence; Lucette Valensi, directrice d’études à l’EHESS.   ([6]) Le Monde du 15/4/2005, p. 9, « Des historiens fustigent une loi prônant un enseignement positif de la colonisation » par Laetitia Van Eeckout. ([7]) Le Monde du 17/3/2005… « Comment en finir avec la fracture coloniale » par Nicolas Bancel, professeur à l’université de Strasbourg et Pascal Blanchard, chercheur au CNRS. ([8]) Le Monde du 11 juin 2005, p. 3 « Une disposition adoptée avec l’aval du gouvernement français » par Laetitia Van EEckout. ([9]) Le Monde du 12 mars 2005, p. 15. ([10]) Le Monde du 12 mai 2005, p. 15 « Nouveau révisionnisme » par Farid Laroussi. ([11]) Le Monde du 11/6/2005, par Florence Beaugé. ([12]) Ibid., p. 11 « Trois questions à…. Bachir Boumaza », propos recueillis à Alger par Florence Beaugé. ([13]) Le Monde diplomatique, mai 2005, pp. 4 et 5 « Réhabilitation du colonialisme » par Seumas Milne, journaliste, chroniqueur au Guardian – Londres. ([14]) Le Monde. du 11 juin 2005, p. 3 « En Europe, les manuels d’histoire héritent entre la honte et la fierté ». ([15]) Ibid. ([16]) Rodinson (M.), »Israël, fait colonial ? ». « Le conflit israélo-arabe » Les Temps Modernes, 1967, n° 253 bis, p.17, p. 83. ([17]) Sallenave (D.), »Carnets de route en Palestine occupée » p. 189 – Stock 1998. ([18]) Quitter Gaza pour mieux garder la Cisjordanie » par l’envoyé spécial du Monde diplomatique et journaliste au quotidien Haaretz, Tel Aviv – Meron Rapoport. Le Monde diplomatique, p. 4, août 2005. ([19]) « Israël entre l’évacuation de Gaza et les promesses de colonisation » par Stéphanie Le Bars, Le  Monde du  19/8/2005. ([20]) « Sharon relance la colonisation de la  Cisjordanie » par Patrick Saint-Paul, Le Figaro du 29/8/05, p. 3. ([21]) Le Monde du 26/01/2006; p. 1 « Colonisation : l’article 4 va disparaître ». ([22]) Le Monde du 4/02/2006, p. 17 « Quand Israël favorisait le Hamas » par Charles Enderlin. ([23]) Le Figaro p. 3 du 9/02/2006 « Ehoud Olmert veut fixer les frontières d’Istraël ». ([24]) “Massacres coloniaux” Yves benot. Editions La Découverte 2001. “Le livre noir du colonialisme” sous la direction de Marc Ferro. Robert Laffont 2003. « Un livre noir du colonialisme” Felicien  Challaye. Les nuits rouges rouges. Imprimé par Maury à Millau 2003. “Colonisation : droit d’inventaire » sous la direction de Claude Liauzu. Armand Colin  2003. “Coloniser, exterminer”, “La guerre et l’Etat colonial” Olivier Le Cour Grand-maison. Fayard 2005.  

 

À quoi sert le Forum social ?

par RIDHA KÉFI

 

Syndicalistes, défenseurs des droits de l’homme et militants altermondialistes entreprennent un rapprochement.

 

L’assemblée générale constitutive du Forum social tunisien (FST) s’est tenue dans un hôtel de la banlieue nord de Tunis, les 22 et 23 avril, date choisie à dessein pour coïncider avec la Journée mondiale contre l’impérialisme (24 avril). Quelque sept cents personnes étaient présentes : membres de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le syndicat unique, représentants d’ONG, figures de la gauche démocratique et leaders du mouvement altermondialiste international, comme Gustavo Marin, membre du Comité de pilotage du Forum social mondial (FSM), et Kamel Lahbib, promoteur du Forum social maghrébin (FSMa), actuellement en gestation et dont la première session pourrait se tenir en mai 2007.

 

L’idée de créer un FST avait été lancée en octobre 2003, au lendemain d’un colloque sur « le coût social de la mondialisation » organisé par la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) à Monastir. Cette ville du Sahel (littoral centre-est), qui compte plus de quarante mille ouvrières dans le secteur du textile et de l’habillement, commençait alors à ressentir les premiers effets négatifs du démantèlement des accords multifibres (AMF), qui, longtemps, protégèrent les produits tunisiens de la concurrence asiatique sur les marchés européens. D’où une vague de fermetures d’usines, de licenciements et de mouvements sociaux.

 

Il fallait donc réagir pour protéger les travailleurs, consacrer le principe d’égalité et, surtout, « mettre fin au pouvoir exorbitant des spéculateurs », selon les termes d’un communiqué de la LTDH. Ce texte rendu public à l’issue du colloque souligne par ailleurs les effets néfastes de « l’adaptation structurelle » de l’économie tunisienne aux « exigences du capital mondialisé », qui se traduit par toute une série de calamités : « aggravation du chômage et de l’endettement extérieur, hausse des impôts et désengagement de l’État en matière de couverture médicale, d’enseignement et de culture ».

 

Un noyau de départ s’est donc constitué autour de l’UGTT, de la LTDH, de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et de l’Association des femmes tunisiennes pour la recherche et le développement (Afturd), bientôt rejointes par d’autres associations, légales (Union des écrivains tunisiens) ou non (Raid Attac-Tunisie). Pour vaincre les appréhensions des autorités, qui ne voyaient pas d’un très bon œil la constitution d’une coalition aussi hétéroclite, un coup de pouce était toutefois indispensable. Il est venu de l’UGTT, qui, le 3 janvier, a décidé de s’impliquer plus directement dans le processus de création du FST. L’unique organisation syndicale du pays, qui compte des centaines de milliers d’adhérents, a de la sorte trouvé le moyen de redorer son blason en accompagnant un mouvement social en pleine gestation.

 

Un Comité provisoire composé de syndicalistes et de militants associatifs a été mis en place. Deux réunions préparatoires ont eu lieu, le 19 février et le 25 mars, au siège de l’organisation, avant la tenue de l’assemblée générale constitutive. « Nous avons été surpris par l’ampleur de la participation, témoigne Abderrahmane Hedhili, un membre du Comité provisoire. Nous escomptions trois cents participants, mais les militants ont afflué de toutes les régions du pays. » Selon lui, cette mobilisation exceptionnelle s’explique par « le vide politique » qui prévaut actuellement dans le pays et par « l’absence de tribunes libres susceptibles d’accueillir un débat pluriel en dehors des instances partisanes ».

 

La réunion, qui s’est poursuivie tard dans la nuit, a été suivie par des concerts et des récitals de poésie. Le lendemain, cinq ateliers ont été organisés. « Ils étaient ouverts à tout le monde, les discussions ont été très animées mais n’ont donné lieu à aucun incident, souligne Mustapha Ben Ahmed, autre membre du comité. D’ordinaire, les débats entre personnes venues d’horizons idéologiques très différents dégénèrent en dialogue de sourds et s’achèvent en queue de poisson. Rien de tel, cette fois. Les participants se sont même mis d’accord sur la suite à donner à leur mouvement. » De fait, un Conseil du FST sera constitué dans un délai de deux mois. À son tour, il devra coopter les vingt et un membres d’un comité de pilotage où toutes les sensibilités seront représentées. La tâche de celui-ci sera de préparer la première session du Forum, dans le courant du second semestre de 2007.

 

Conformément à la charte de Porto Alegre (2000), les partis politiques ont d’office été exclus du FST. Mais il ne fait aucun doute qu’ils y sont néanmoins (presque) tous représentés par le biais de leurs cadres syndicaux et associatifs.

 

(Source: Jeune Afrique, N°2364 du 30 avril au 6 mai 2006)


 

Alchimie maghrébine

PROPOS RECUEILLIS PAR ABDELAZIZ BARROUHI

 

Pour augmenter ses parts de marché, le patron de la société chimique tunisienne mise sur un partenariat avec l’algérienne Kimial. Entretien.

 

Le conseil [algérien] des participations de l’État chargé des privatisations a donné, le 26 mars, son accord définitif à la prise de participation majoritaire (55 %) de la société tunisienne Alkimia (*) dans le capital de son homologue algérienne Kimial. Alkimia, qui produit du tripolyphosphate de sodium (STPP, composant de base dans la production de détergents ménagers et industriels), est l’un des principaux acteurs du marché dans le Bassin méditerranéen et au Moyen-Orient.

 

Quant à Kimial, il est issu de la restructuration du groupe d’engrais algérien Asmidal, lui-même né de la réorganisation du groupe Sonatrach, en 1984. L’usine de Kimial, en arrêt depuis plusieurs mois, se trouve à Annaba, sur la plate-forme d’Asmidal, qui conserve 45 % du capital (490 millions de dinars algériens).

 

Cheville ouvrière de ce partenariat : Ali Ben Ali, président d’Alkimia. Ingénieur minier formé en Allemagne, ce capitaine d’industrie âgé de 64 ans fait ses premières armes au sein de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG, étatique), chargée de l’extraction des phosphates, dont la Tunisie est l’un des grands producteurs mondiaux.

 

Au bout de treize ans, il se laisse convaincre par un expert travaillant pour la Banque mondiale d’aller donner un coup de main à la Société nationale des industries minières (Snim, étatique) en Mauritanie pour la relance de la mine de fer de Zouérate. Il y passe plus de deux ans.

 

De retour en Tunisie, il s’engage pendant cinq ans dans une société privée spécialisée dans le génie civil et le terrassement. En 1987, il rejoint le Groupe chimique, l’entreprise publique en charge de la transformation industrielle des phosphates. Mais la bougeotte le reprend, et on le retrouve pendant près de deux ans en Chine pour l’implantation d’une usine de production d’engrais phosphatés lancée par un consortium sino-tuniso-koweïtien. En 1993, il rentre en Tunisie et rejoint Alkimia, qui va connaître une irrésistible expansion malgré les caprices de la conjoncture mondiale.

 

Jeune Afrique : Pourquoi cette acquisition d’une unité en Algérie ?

 

Ali Ben Ali : D’abord pour des raisons stratégiques, en ce sens que nous ne souhaitions pas qu’un concurrent s’installe sur une unité qui fait partie géographiquement de notre marché au moment où nos pays s’efforcent de construire un Maghreb intégré. Ensuite parce qu’Alkimia veut augmenter ses parts de marché en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, où le STPP est de plus en plus utilisé.

 

Vous aviez des plans d’agrandissement de votre usine de Gabès, en Tunisie. Vous avez changé votre fusil d’épaule ?

 

Nous nous apprêtions à augmenter la capacité de production de notre site tunisien. Finalement, nous nous sommes dit qu’il valait mieux installer des sites de production chez nos clients. Nous voulions aussi donner l’exemple d’une coopération bilatérale Tunisie-Algérie et motiver d’autres entreprises tunisiennes pour qu’elles aillent investir chez le voisin. Il faut savoir qu’il y a en Algérie quelque 1 200 entreprises privatisables.

 

Qu’allez-vous faire de l’unité d’Annaba ?

 

Nous allons redémarrer l’usine en arrêt depuis septembre 2005 et lancer la modernisation des équipements. L’investissement est estimé à au moins 15 millions de dollars. Ce sera fait d’ici à fin 2006-début 2007. Puis nous porterons la capacité de production de 20 000 à 60 000 tonnes par an d’ici au 1er janvier 2008.

 

Quels sont les avantages pour l’Algérie ?

 

L’Algérie importait la quasi-totalité de ses besoins pour environ 15 millions de dollars par an. Avec cette unité, elle fera l’économie de cette dépense en devises puisqu’elle couvrira sa demande par une production locale utilisant une matière première en partie algérienne (lessive de soude), en partie tunisienne (acide phosphorique). Le marché algérien des détergents est en expansion avec l’amélioration rapide du niveau de vie et l’utilisation croissante de machines à laver. En Tunisie, la consommation est de 7,5 kg de détergents par habitant et par an, contre 3 kg en Algérie. En outre, et après satisfaction des besoins du marché national, Kimial sera en position d’exporter l’excédent de production vers ses voisins. Après la mise à niveau de Kimial, la capacité de production des pays maghrébins – Algérie, Tunisie, Maroc et Libye – passera à 200 000 tonnes par an, contre 140 000 tonnes actuellement. De quoi satisfaire les besoins des quatre pays et l’exportation de la production de Gabès vers le Moyen-Orient.

 

Quelle sera votre politique en matière de ressources humaines dans l’unité d’Annaba ?

 

Nous sommes convenus avec nos partenaires algériens que Kimial aurait cinq administrateurs, dont trois nommés par Alkimia et deux par Asmidal. Le président du conseil d’administration sera proposé par Alkimia et élu parmi les trois administrateurs tunisiens. Le directeur général de Kimial sera de nationalité algérienne. Le directeur technique viendra de chez Alkimia pour faciliter le transfert de notre savoir-faire. Il n’y aura donc qu’un seul cadre tunisien permanent dans la gestion au jour le jour de l’usine. Si des spécialistes tunisiens sont appelés à intervenir à Annaba, ce sera à titre exceptionnel. Nous n’avons pas du tout l’intention de remplacer le personnel algérien existant [75 permanents et 55 temporaires, NDLR]. Les emplois seront conservés et les qualifications valorisées. Nous allons immédiatement faire participer le maximum d’agents algériens à des stages de perfectionnement dans l’unité de Gabès. Ils vont ainsi se familiariser avec les équipements, les procédures de fabrication et les nouvelles technologies introduites. Nous allons aussi essayer d’améliorer la situation des employés de Kimial sur le plan des salaires et des avantages sociaux.

 

Alkimia s’internationalise donc. Après l’Algérie, l’Arabie saoudite ?

 

Oui, nous sommes en discussion avancée avec le groupe industriel privé saoudien Al-Zamil avec lequel nous voulons établir un partenariat à travers une prise de participation de 45 %. L’usine sera construite à Jubeil, dans l’est du royaume. J’ai proposé que nous commencions par une capacité de production de 50 000 tonnes de STPP par an. L’investissement total prévu est de 42 millions de dollars. Notre objectif : être opérationnels au 1er trimestre 2008. Par la suite, nous pourrons entreprendre une expansion vers les marchés de l’Irak et de l’Iran, voire du Pakistan et de l’Inde. Nous souhaitons atteindre une capacité de 250 000 tonnes par an à l’horizon 2015.

 

Comment a été l’année 2005 pour Alkimia et comment se porte le marché mondial ?

 

Pour la première fois, notre chiffre d’affaires a dépassé le seuil des 100 millions de dinars tunisiens, et notre résultat net a atteint le niveau record de 11 millions de dinars. Nous avons dépassé notre objectif de production de 140 000 tonnes de STPP pour 2005 et exporté plus que ce que nous avons produit en déstockant. Le marché mondial a été florissant avec une demande importante qui ne se dément pas.

 

(*) Actionnaires : famille Doghri (42 %, fondatrice) ; Groupe chimique (39 %) ; Groupe (hôtelier) Driss (17 %) ; petits porteurs à la Bourse : 2 %.

 

(Source: Jeune Afrique, N°2364 du 30 avril au 6 mai 2006)

 


Djaballah accusé de corruption

 

Président du Mouvement de la réforme nationale (MRN-Islah, islamiste), Abdallah Djaballah, candidat malheureux à l’élection présidentielle d’avril 2004, fait face à une sérieuse crise interne qui risque de lui causer des ennuis avec la justice algérienne.

 

Un groupe de députés appartenant à sa formation politique l’accusent publiquement de corruption, de concussion et d’enrichissement douteux. La liste est longue : le leader islamiste serait propriétaire d’une pharmacie à Skikda (à 600 km d’Alger), d’une entreprise de bois, d’une société de transports de marchandises basée dans la région montagneuse de Jijel et contrôlerait plusieurs autres entreprises sous des prête-noms à Alger.

 

Djabalah est également accusé d’avoir siphonné les comptes du parti pour un montant de 15 millions de dinars (environ 165 000 euros) et, le comble pour un militant islamiste, aurait perçu un don de plusieurs dizaines de milliers de dinars de la part de la brasserie Tango, propriété de l’homme d’affaires Djillali Mehri. 

 

(Source: Jeune Afrique, N°2364 du 30 avril au 6 mai 2006)

 


Islam et Occident : une même civilisation

par FAWZIA ZOUARI

 

Pour l’universitaire américain Richard Bulliet, ce qui rapproche les mondes musulman et chrétien est beaucoup plus important que ce qui les oppose.

 

On connaissait déjà l’_expression « civilisation judéo-chrétienne ». Richard W. Bulliet nous fait cadeau d’une nouvelle : la « civilisation islamo-chrétienne ». Une _expression qui ne manquera pas de surprendre tous ceux que les soubresauts de l’actualité ou les convictions idéologiques poussent à défendre la thèse d’une inimitié profonde et insoluble entre l’islam et la chrétienté.

Avant de présenter les arguments en faveur de sa formule, l’auteur, professeur d’histoire à l’université de Columbia et ex-secrétaire exécutif de l’organisation américaine Middle-East Studies Association, explique que la volonté actuelle de mettre en exergue des divergences entre l’islam et l’Occident est une attitude récurrente qui suit les événements spectaculaires et les grandes peurs, de la chute de Jérusalem devant Saladin en 1187, à la prise d’otages du personnel diplomatique américain en Iran en 1979, en passant par la bataille de Poitiers.

 

De fait, un grand récit historique « ancré dans quatorze siècles de peur et de polémique » favorise l’état d’esprit actuel de beaucoup d’Occidentaux, persuadés qu’il y a quelque chose de « mauvais » dans l’islam et nourrissant un mépris à l’égard de cette religion. L’actualité, qui ne rate pas une occasion de diaboliser la foi des « mahométans », n’est qu’une façon de « trouver de nouveaux fondements aux vieilles haines » et de reconditionner l’islamophobie traditionnelle, quitte à prendre le risque de plonger le monde dans une série de guerres. D’où la nécessité de sortir de la spirale d’une hostilité moins réelle qu’imaginée et de combattre l’idée d’un « choc des civilisations », « une formule à exclure du discours public avant que ceux qui aiment l’employer ne se mettent à y croire vraiment ».

 

La solution ? Démontrer qu’il existe une « civilisation islamo-chrétienne » et que les arguments en sa faveur ne manquent pas. D’abord, les liens doctrinaux ne sont pas plus étroits entre judaïsme et christianisme qu’entre judaïsme et islam ou christianisme et islam. Fausse est la thèse d’une haine de l’islam à l’égard du chrétien et d’un refus de reconnaître sa dette doctrinale à l’égard du christianisme, car les deux croyances sont les deux versions d’un système religieux commun. Dans ce sens, les luttes entre chrétiens et musulmans sont des luttes intestines « historiquement analogues aux affrontements passés entre catholicisme et protestantisme ».

 

Par ailleurs, l’orientation culturelle des deux mondes était gréco-romaine et les plus grands penseurs de la chrétienté sont natifs d’une terre où s’est préparée la venue de l’islam : du Christ né à Jérusalem à saint Antoine, qui a vu le jour en Égypte, aux évêques d’Alexandrie ou à saint Augustin d’Afrique du Nord. Les mêmes bases humaines sont décelables à travers l’histoire, ainsi que les apports considérables des penseurs musulmans au fonds commun de la pensée scientifique et philosophique du Moyen Âge européen « auxquels les juifs et les chrétiens ont puisé pour créer l’Occident moderne ». Plus encore, entre l’Islam et l’Occident, les contacts économiques ont été permanents, tout autant que les liens sociopolitiques : quatorze des trente-quatre pays européens « ont été à un moment ou un autre totalement ou partiellement gouvernés par des musulmans ».

 

À la recommandation d’une relecture de l’Histoire qui mettrait en exergue les héritages communs, Bulliet ajoute la nécessité d’abandonner une forme de pensée hégémoniste qui consiste à tester l’aptitude de l’islam à la laïcité, aux droits de l’homme ou à la relation à la femme en exigeant qu’elle réponde à la définition des critères occidentaux. Cette attitude est d’autant plus injuste qu’elle oublie « l’échec atterrant de la plupart des sociétés occidentales à respecter ces mêmes critères, ne serait-ce qu’il y a cent ans » et qu’elle occulte les aberrations « idéologiques ou comportementales de telle ou telle organisation juive ou chrétienne (qui) ne remettent pas en cause l’inclusion globale de leurs traditions religieuses dans la civilisation » : « Jim Jones, David Koresh [qui dirigeaient respectivement la secte du Temple du peuple et celle des dravidiens] et Meir Kahane ne sont pas les archétypes du christianisme et du judaïsme aux yeux de l’Occident civilisé, mais celui-ci est prompt à voir Oussama Ben Laden et le mollah Omar comme les archétypes de l’islam. »

 

Autre idée à combattre, celle qui fait croire que les sociétés musulmanes actuelles sont fermées aux idées des Lumières. L’islam, affirme Bulliet, a montré sa capacité à s’adapter ou à absorber des dizaines de populations nouvelles, apprenant leurs langues et leurs manières, alors que l’Europe se persuadait jadis que les idées neuves auxquelles elle s’ouvrait étaient les siennes, l’essor de son empire la convaincant de sa propre supériorité.

 

Par conséquent, il ne s’agit pas de se demander, à l’instar de Bernard Lewis, « pourquoi ça a mal tourné pour les musulmans », mais d’admettre la réalité d’un échange entre l’Ouest et le non-Ouest qui ne repose que sur le postulat de la supériorité occidentale, « tout ce qui ne correspond pas à ce postulat étant conçu comme ayant mal tourné ». Ce n’est pas qu’une question de compétence, affirme Bulliet : pour que le musulman soit admis, il faut qu’il adopte l’éducation, le comportement, les valeurs et la garde-robe de l’Occident. En outre, ceux qui, dans le monde musulman, auraient pu faire en sorte que « ça marche », à savoir les dirigeants arabes, sont « habités par des rêves de pouvoir personnel et illimité », utilisant l’Europe pour servir leurs intérêts personnels, recourant à ses techniques pour « opprimer les leurs ou transmettre leurs fonctions à leurs fils ».

 

Bulliet entreprend une étude comparative de l’évolution du rapport au religieux au sein des deux mondes, de certaines valeurs comme la justice « inhérente à la théorie politique musulmane » alors que la liberté le serait à celle de l’Europe. Avant de poser des questions d’une rare acuité : qu’est-ce qui explique la montée des idéologies islamistes ? Pourquoi l’idée d’un parti islamiste effraie-t-elle les Occidentaux ? Peut-on écarter le facteur religieux de la vie publique et politique des musulmans ? L’avenir peut-il esquiver le passé islamique ? L’occidentalisation est-elle inévitable, et l’islam est-il, par conséquent, appelé à devenir une relique historique vouée à la disparition ? Est-il vrai qu’il n’y a d’élite que celle qui fera le monde à l’image occidentale ? Bulliet tente de répondre à ces questions avec une sérénité et une honnêteté intellectuelle qui forcent le respect.

 

(Source: Jeune Afrique, N°2364 du 30 avril au 6 mai 2006)


 

A 100 ans, le Comité juif américain veut renforcer sa « diplomatie mondiale »

Par Catherine HOURS     AFP, le 3 MAI 2006 à 06h28 GMT      NEW YORK, 3 mai 2006 (AFP) –   Le Comité juif américain (AJC),  doyen des organisations juives aux Etats-Unis, célèbre jeudi à  Washington cent ans de lutte contre les discriminations, devant un  parterre de personnalités qui dit l’importance de l’institution dont  l’action s’étend jusqu’en Asie ou en Afrique.     La liste des invités au dîner du centenaire est des plus  prestigieuses : le président américain George W. Bush, le secrétaire  général de l’Onu Kofi Annan, la chancelière allemande Angela  Merkel.     L’histoire du Comité remonte à 1906, quand les pogroms en Russie  poussent un groupe d’industriels, de rabbins ou d’universitaires à  se réunir pour tenter de faire pression sur le régime tsariste, via  le gouvernement américain.
    Leur but: « empêcher la violation des droits civils et religieux  des juifs dans le monde ».
    Cent ans plus tard, le mouvement basé à New York est une vaste  organisation de réflexion et d’action politique comptant quelque  150.000 membres, 33 bureaux aux Etats-Unis et 18 à l’étranger, avec  une mission de « diplomatie mondiale » bien plus vaste que son  objectif initial.     Un de ses credos est « renforcer les principes élémentaires du  pluralisme dans le monde, comme la meilleure défense contre  l’antisémitisme ».     Après l’Asie et l’Amérique latine, la dernière initiative de  l’ACJ consiste ainsi à développer des liens avec l’Afrique  sub-saharienne, et notamment le Nigeria, Etat en partie musulman  doté de vastes ressources pétrolières. Le Comité est aussi membre de  la coalition « Sauvez le Darfour ».     « L’AJC est unique, parce que nous sommes des diplomates  mondiaux », explique son directeur, David Harris.     « Alors que le monde se globalise, il est important pour nous,  organisation juive, d’avoir des contacts avec le monde, de  comprendre les enjeux, construire des amitiés. C’est notre réponse à  ceux qui voudraient diviser le monde », explique-t-il dans un  entretien avec l’AFP.     Pour lui, « l’Afrique est un cadre important pour discuter  sécurité, ressources énergétiques ou relations internationales en  général… Les gens demandent ‘Y a-t-il des juifs au Rwanda ou au  Burundi?’ La réponse est non, mais cela ne veut pas dire que nous,  défenseurs des droits humains, ne devons pas y être. Nous devons y  être ».     Pionnier, l’AJC l’a été plusieurs fois au cours de ces 100 ans, en dépit de l’arrivée d’autres groupes, comme l’Anti-Defamation  League. Le Comité fut la première organisation juive à soutenir la  réunification allemande, et parmi les premières à se rendre dans les  pays de l’ex-bloc soviétique.     Bien avant, il fut aussi la première organisation juive  américaine à ouvrir un bureau en Israël. En dépit de premiers  sentiments ambivalents à l’égard du sionisme, son soutien à Israël  devient indéfectible à partir de la création de l’Etat en 1948.
    Et le Proche-Orient reste une de ses préoccupations premières.
    « Nous sommes pour la recherche de la paix et une solution basée  sur deux Etats, et pour la paix entre Israël et le monde arabe », insiste M. Harris, dont l’organisation a notamment soutenu en 2005  la décision du gouvernement israélien de démanteler les colonies  juives de Gaza.     « Il y a encore du travail. Vu le résultat des élections  palestiniennes de janvier et les déclarations constantes du président iranien, les chances de la paix s’éloignent. Mais nous attendrons. Il n’y a pas d’alternative à la paix et à la coexistence ».     L’ACJ est aussi la première à avoir engagé le dialogue avec la communauté musulmane américaine, lors d’une conférence il y a 15 ans.     Aujourd’hui, les échanges avec les musulmans aux Etats-Unis et à l’étranger restent « une haute priorité », « mais c’est très compliqué », relève M. Harris, qui mentionne aussi un autre objectif, cette fois interne et américain: encourager l’attachement des jeunes juifs envers leur communauté.   AFP


Football: de « gros soucis » pour la Tunisie

par Bouazza ben Bouazza  Associated Press, le 3 mai 2006 à 13h43  TUNIS (AP) — A un peu plus d’un mois du coup d’envoi de la phase finale de la Coupe du monde de football en Allemagne (9 juin-9 juillet), les voyants sont loin d’être au vert sur le tableau de bord de la sélection tunisienne, l’un des cinq représentants de l’Afrique dans la compétition planétaire.    Outre une préparation quelque peu tardive en raison de difficultés à trouver des « sparring partners », l’état de santé des Aigles de Carthage dont la quasi-totalité évolue dans les championnats européens, préoccupe les dirigeants du football tunisien, pour cause de cascades de blessures ou de méforme.    A l’exception de quelques éléments qui jouent plus ou moins régulièrement dans leurs équipes notamment Jawhar Menari à Nuremberg (Allemagne), Hatem Trabelsi (Ajax Amsterdam) et Riadh Bouazizi en Turquie, nombreux sont soit confinés depuis de longs mois au banc des remplaçants, soit carrément hors liste.    La situation de son contingent « européen » pose le plus problème à la Tunisie. « Effectivement, c’est un grand sujet de préoccupation et pour le sélectionneur, et pour la fédération tunisienne », a admis Hammouda Ben Ammar, le président de la FTF, lors d’un entretien avec l’Associated Press.    Il avoue que le fait que les professionnels tunisiens en Europe ne participent pas à la compétition avec leurs clubs, excepté quelques uns, et les blessures subies par plusieurs d’entre eux, constituent « de grands problèmes » et de « gros soucis » pour le staff technique.  « On en parle quotidiennement avec Roger Lemerre et on a établi une fiche sur chaque joueur qu’on est en train de suivre », a-t-il ajouté.    Dans sa liste de blessés figurent les milieux Hamed Namouchi (Glasgow Rangers) et Mehdi Nafti (Birmingham-Angleterre) éloigné des stades depuis plusieurs mois pour cause de ligaments croisés, le défenseur du RC Strasbourg, Karim Hagui et son coéquipier l’attaquant Heykel Guemamdia, tous deux blessés à l’épaule, l’attaquant de Troyes, Zied Jaziri, ainsi que le défenseur Anis Ayari de Samsun Spor (Turquie).    Même les « valeurs sûres » tels le buteur de l’équipe Silva Dos Santos qui n’a marqué aucun but avec le FC Toulouse pendant plus de trois mois, le défenseur de Bolton Radhi Jaïdi et le latéral Karim Saïdi (Lecce) ne jouent pas régulièrement dans leurs clubs.    Aussi, Roger Lemerre compte-t-il récupérer certains de ces joueurs dès le 7 mai pour évaluer le niveau de leurs blessures, leur condition physique et leur degré de motivation, en attendant qu’ils soient rejoints par le reste de l’effectif une semaine après, selon les règlements de la FIFA, a confié M.Ben Ammar.    Le technicien français et son adjoint Tarek Thabet font depuis plusieurs semaines le tour des stades en Tunisie en vue de faire appel à des joueurs du championnat local pour pallier toute défaillance.    S’agissant de la préparation, l’équipe entraînée par Roger Lemerre n’a disputé qu’un seul match amical après la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en Egypte en début d’année. Elle s’était inclinée 1-0 face à la Serbie-Monténégro.    La Tunisie va cependant organiser la « LG Cup » du 30 mai au 2 juin, où seront présents l’Uruguay, le Belarus et la Libye.    Les Tunisiens disputeront un autre match amical contre le Koweït le 7 juin en Allemagne, en pensant aux Saoudiens, leur premiers adversaires au Mondial 2006, le 14 juin à Munich.    Lors du premier tour, le 11 tunisien aura pour adversaires dans le groupe H, l’Arabie Saoudite, l’Ukraine et l’Espagne.    Lemerre devrait établir dans un premier temps une liste élargie de 28 pré-sélectionnés d’où il retiendra les 23 qui partiront en Allemagne. L’entraîneur champion d’Europe avec la France en 2002 et d’Afrique avec la Tunisie en 2004, veut atteindre le deuxième tour, une performance que les Aigles de Carthage ne sont pas parvenus à réaliser lors de leurs trois précédentes participations à une phase finale du Mondial.   Associated Press

 


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