19 octobre 2008

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TUNISNEWS

8 ème année, N° 3071 du 19.10.2008

 archives : www.tunisnews.net  

 


APPEL  – Pour un sursaut citoyen Le Collectif nantais de soutien aux Tunisiens de Redeyef et Gafsa: Communiqué  – Liberté pour les Tunisiens de Redeyef FTCR: Siffler la Marseillaise, non ! La politique de Gribouille non plus ! Dr. Moncef Marzouki: A propos de l’incident de la Marseillaise sifflée au stade de France – Les symboles des uns et les symboles des autres Nadia Omrane: Ramdam autour de sifflets  « Patriotard, scrogneugneu, grotesque et incitatif à la récidive ». AFP: Des jeunes dirigeants méditerranéens pour une immigration « co-choisie » Le Temps: Langage grossier – Petits maux, GROS MOTS Le Temps: Table ronde organisée par le parti Ettajdid  – Quelles répercussions de la crise financière internationale sur la Tunisie ? Sami Ben Abdallah : Documents    (sur la Tunisie, le voile, la démocratie, l’islam politique, l’opposition, les élections, la société civile) Hanane Kaddour : Un prof de la Sorbonne ne veut pas d’une étudiante voilée


Le site provisoire de KALIMA: www.kalimatunisie.blogspot.com

 


APPEL

Pour un sursaut citoyen

À l’occasion de la rentrée scolaire et universitaire, nous voudrions rappeler que la fin de l’année précédente a été marquée par un déplorable incident à la faculté des Sciences économiques et de gestion de Nabeul. Nous avions alors pris position contre la tentative d’une enseignante d’exclure une étudiante de la salle d’examen au motif que la jeune fille avait « les avant-bras nus » [1].

Notre pétition diffusée et mise en ligne [2] a recueilli, durant le seul mois d’août, plus de 300 signatures de Tunisiennes et Tunisiens d’ici et de l’étranger.

Cela est révélateur de la gravité d’une situation à laquelle sont sensibles nos compatriotes. C’est pourquoi nous nous adressons à nos gouvernants, aux responsables des institutions pour que ce genre d’événements ne se reproduise plus.

Nous devons toutes et tous demeurer vigilants face à toutes les manifestations de régression ; nous devons en dénoncer les formes explicites : intimidations, agressions physiques ou verbales, « ghati rouhek, chbik âriana ! » ; nous devons identifier les signes insidieux de la banalisation d’une pression sociale qui restreint nos libertés individuelles sous des contraintes d’un autre temps et d’autres moeurs. Nous ne cèderons pas aux courants obscurantistes qui prétendent exercer une tutelle sur le corps des femmes, aliénant, au-delà du choix vestimentaire, l’ensemble de leur libre-arbitre.

Nous en appelons à une extrême vigilance dans tous les lieux d’études et de travail et dans tous les espaces publics en vue de refuser toutes les formes de pression qui portent atteinte aux droits acquis des femmes et à leurs revendications d’autonomie et d’égalité.

Engageons-nous à signer cet appel et à le faire signer dans un sursaut citoyen pour la défense des acquis modernistes en faveur des femmes, spécifiques aujourd’hui de l’identité tunisienne.

Cet appel [3] est destiné à être signé. Adressez vos signatures à: generationscsp@yahoo.fr

Notes :

[1] Voir l’Appel publié dans Alternatives Citoyennes le 29 juillet 2008 :http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/2008-07/290708-w.html

[2] Voir les signatures sur le site de la pétition : http://www.petitiononline.com/dspt2008/

[3] Cet appel est également disponible sur FaceBook : http://www.facebook.com/group.php?gid=39236241856

 

(Source: le site « Alternatives-Citoyennes » LE 19 OCTOBRE 2008)


 

 
Le Collectif nantais de soutien aux Tunisiens de Redeyef et Gafsa *
 

Communiqué de presse

 

Liberté pour les Tunisiens de Redeyef

 

 
En avril puis juin derniers, les tunisiens de l’agglomération nantaise originaires de Redeyef, ville du bassin minier de Gafsa, ont manifesté à Nantes. Ils exprimaient leur solidarité avec les habitants de cette région du sud-ouest de la Tunisie engagés dans un mouvement de protestation pour le droit au travail et la dignité. Cet été, des tunisiens qui ont participé à ces manifestations à Nantes ont été malmenés lors de voyages dans leur pays d’origine par la police locale. Un tunisien de Nantes a été arrêté et emprisonné en Tunisie alors qu’il s’y rendait pour visite familiale ; il a été libéré, après plus d’un mois d’enfermement, grâce aux soutiens. Ainsi, le pouvoir tunisien espère intimider ses ressortissants résidant à l’étranger et manifestant leur solidarité.
Il faut souligner qu’à Redeyef, en juin dernier, un jeune manifestant de 25 ans a été tué par une balle policière et 26 autres blessés, dont un est décédé depuis ; l’armée s’était déployée dans toute la région. Le pouvoir tunisien a emprisonné plus de 150 personnes du bassin de Gafsa : jeunes, femmes, chômeurs, syndicalistes, étudiants, enseignants…  De nombreuses personnes ont été libérées grâce aux soutiens. Mais, quelques dizaines sont encore en prison, certaines condamnées, dans des simulacres de procès, à plusieurs mois d’enfermement pour les seuls délits d’opinion et de manifestation. 38 personnes qui avaient participé au mouvement ou manifesté leur solidarité avec les habitants sont inculpées pour« appartenance à une bande… » ou « participation à une rébellion… ».
Nous rappelons que le bassin minier de Gafsa connaît depuis le 5 janvier un mouvement social d’une rare ampleur ; la population de cette région souffre d’un chômage endémique, de grande pauvreté, des inégalités et des effets dévastateurs de la corruption du pouvoir local. Face aux manifestations pacifiques quotidiennes mobilisant toutes les catégories de la population, les autorités tunisiennes ont préféré la politique du pire, celle de la répression tous azimuts.
Nous exprimons notre solidarité avec les tunisiens de Redeyef et Gafsa. Nous demandons la libération de toutes les personnes incarcérées, l’abandon de toutes les poursuites judiciaires engagées. Nous demandons que la France et l’Europe interviennnent dans ce sens auprès des autorités tunisiennes.
 
soutenu par : AC ! Nantes, Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT), Confédération Générale du Travail (CGT), Confédération Syndicale des Familles (CSF), Fédération Syndicale Unitaire (FSU), GASProm-ASTI de Nantes, Les Alternatifs, Les Verts, Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Parti Communiste Français (PCF), Parti Socialiste (PS), Union Démocratique Bretonne (UDB), Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), Union syndicale Solidaires, (liste non close)
 

*C/o :  LDH NANTES ldh.nantes@orange.fr 
Nantes : Le 6 octobre 2008

 


 

Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives – FTCR

3, rue de Nantes 75019 – Paris – Tel 01 46 07 54 04 – Fax : 40 34 18 15 43,  :

mail :ftcr2@anadoo.fr – www.ftcr.eu

Siffler la Marseillaise, non !

La politique de Gribouille non plus !

 

Ce qui s’est passé au stade de France, mardi soir, 14 octobre, est à tous égards fâcheux. Siffler la Marseillaise chantée en prélude de la rencontre France-Tunisie est, de la part de quelques jeunes , un acte regrettable. Il n’a d’autre sens que de :

· gâcher la fête pour ceux qui sont venus voir un spectacle joyeux, ,

· réveiller les haines recuites

·  et provoquer ceux qui n’attendaient que cela pour raviver les vieux démons du racisme et de la xénophobie.

Le football c’est la guerre, nous avaient averti quelques augures depuis longtemps. De fait, il est souvent vécu comme une guerre symbolique par une partie des spectateurs, faut-il rappeler que l’hymne national français a été sifflé a maintes reprises et pas uniquement par des « jeunes-d’origine-maghrébine ».

Pour autant, les réactions en chaîne au plus haut sommet de l’Etat et des principaux membres du gouvernement provoquent comme un malaise.

L’indignation, même disproportionnée, même sélective, passe encore. Mais est-elle toujours de bonne facture ?

Comment réprimer le sentiment que le Président de la République saisit l’occasion pour se rappeler au bon souvenir de la « racaille » ?

Que dire de la politique de Gribouille proposée par ceux qui veulent interdire les matchs de football avec les pays du Maghreb ?

On voudrait organiser des punitions collectives que l’on ne s’y prendrait pas autrement !

Il est indéniable que siffler l’hymne national est symptomatique d’une désaffiliation vis-à-vis de la République et de ses symboles, sans doute aussi d’un ressentiment de mal-aimés. Le fait est trop grave pour être traité par des discours péremptoires ou des mesures punitives visant, une population, un pays ou une région par ailleurs courtisée pour être « associée » à l’Europe.

Mais n’est-il pas plus utile de se pencher enfin sur les causes des incivilités, ce qu’il faut bien appeler une dissidence civique des la part d’une partie de la jeunesse française.

Nous espérons, quant à nous, que l’événement soit un moment de prise  de conscience de la gravité de la déchirure sociale, civique et des dégâts immenses des discriminations… au lieu de servir de prétexte aux représailles ethniques – même purement discursive – et à l’ostracisme.

Ce serait la pire des politiques, la politique du pire.

 

Pour la FTCR

Mouhieddine Cherbib

 


 

A propos de l’incident de la Marseillaise sifflée au stade de France Les symboles des uns et les symboles des autres

 
samedi 18 octobre 2008 Dr. Moncef Marzouki Pourquoi la Marseillaise a-t-elle été sifflée par des supporters tunisiens ou des Français d’origine tunisienne lors du match opposant la France à la Tunisie ? Pourquoi un acte aussi stupide, vécu à juste titre par beaucoup de Français comme une agression inqualifiable contre le symbole de leur nation et de leur République ? Tout le spectre des explications a été balayé : des pires banalités sur la haine des agresseurs aux plus sophistiquées, invoquant le cri d’amour blessé et l’appel au secours pour une vraie intégration. On peut en ajouter d’autres tant les déterminants des comportements humains sont complexes et nombreux : le rôle des stades comme exutoires de toutes les agressivités, le statut du sport comme succédané de la guerre, et pourquoi pas l’éternelle et incompressible bêtise humaine. Pour le Tunisien que je suis, qui vit à cheval sur deux pays et deux cultures depuis un demi-siècle (et qui a observé la scène gêné et passablement malheureux), un autre facteur sautait aux yeux, mais aucun Français ne pouvait le voir ni même le deviner. Une simple histoire personnelle aidera le lecteur à comprendre mon propos. En 2006, je me suis retrouvé de fait en résidence surveillée dans ma maison de Sousse, et ce pour avoir appelé les Tunisiens vivant depuis vingt ans sous une implacable dictature policière à la désobéissance civile, sur la chaîne Al Jazzera. Par bravade, j’ai alors hissé le drapeau tunisien sur le toit de ma maison, espérant que ce simple geste ferait tâche d’huile, élément parmi d’autres d’une panoplie d’actes symboliques, de protestation et de défi. Mal m’en a pris…car personne n’a suivi l’exemple et mes meilleurs amis ont trouvé le geste ridicule. J’ai fini par « amener les couleurs » lorsque les policiers en civil qui entouraient ma demeure de leur protection se sont mis à rire à gorge déployée : ils criaient en riant que le RCD- le parti au pouvoir venait d’ouvrir une nouvelle permanence dans le quartier. C’était bien vu et cela fit mouche. Depuis l’Indépendance en effet, le symbole national a été détourné pour devenir celui du parti unique et ne flotter que sur ses permanences commissariats. Dans la même veine, Bourguiba nous concocta un hymne national chantant ses louages, boudé par tout le pays et finalement abandonné au profit du vieux chant de la résistance. Depuis le remplacement de l’Etat- parti de Bourguiba par l’Etat policier de Ben Ali en 1987, la crise symbolique de ces deux emblèmes n’a fait qu’empirer. On imposa, du jour au lendemain, et dans toutes les écoles du pays, une cérémonie dite de « salut au drapeau ». Loin de susciter l’élan de patriotisme imaginé, la mesure ne fit qu’exacerber le dégoût des enseignants et des élèves devant une mascarade obligatoire, voulue par un homme et un pouvoir à l’image on ne peut plus négative. Qui plus est, le drapeau tunisien n’est qu’une vague copie du drapeau turc : souvenir de l’allégeance séculaire à la Sublime Porte et du pouvoir de la dynastie d’origine anatolienne jusqu’à l’Indépendance. C’est toute cette histoire complexe portée parfois inconsciemment par les Tunisiens, ou les Français d’origine tunisienne, qui explique que contrairement aux Scandinave ou aux Américains , ils ne hisseraient jamais sur leurs maisons un emblème associé, dans leur esprit, à l’Etat détesté et non à la nation aimée. Idem pour un hymne tout aussi détourné et rarement entonné sauf lors de froides cérémonies officielles. Comment devineraient-ils alors les rapports que les Français entretiennent avec leur drapeau et leur hymne et que ceux-ci symbolisent pour eux la liberté conquise et non la toute puissance d’un Etat ou d’un régime. Rapports croisés aux mêmes objet : l’hymne le drapeau flottant sur le stade de France sont pour les uns les symboles de la nation libérée , pour les autres ceux de l’oppression de l’Etat anciennement colonial , toujours répressif , et par une sorte de réminiscence l’écho de toutes les anciennes humiliations infligées par les proches . Expliquer n’est pas justifier, mais simplement aider à comprendre et à relativiser. A tous les français qui ne veulent pas répondre à l’ignorance par l’ignorance, la bêtise par la bêtise, la confusion des registres par la confusion des registres, j’aimerais exprimer en mon nom propre de simple citoyen tunisien et au nom de la majorité des Tunisiens qui aiment la France, mes regrets et mes excuses à propos d’un incident qui n’est malheureusement qu’un malentendu culturel de plus.
****http://www.moncefmarzouki.net/spip.php?article228

Ramdam autour de sifflets  « Patriotard, scrogneugneu, grotesque et incitatif à la récidive ».

Petit retour à l’étymologie d’abord : ramdam c’est, selon le dictionnaire, le vacarme nocturne des musulmans en Ramadhan (1896). C’est dire la connotation de ce tapage autour de sifflets de la Marseillaise, un ramdam politique à dimension xénophobe et qui prend l’allure d’une affaire d’État.

Certes, l’incident est répréhensible, choquant pour 80% de la population française, selon un sondage. Ce n’est pas la première fois, et si la Marseillaise fut sifflée lors des matches France-Algérie (2001) et France-Maroc (2007), ce comportement offensant et qualifié d’« anti- patriote » s’est manifesté lors du match Bastia-Lorient, deux villes bien françaises mais appartenant à deux régions, la Corse et la Bretagne, qui ont des velléités d’autonomie par rapport au pouvoir central.

Sans doute, les banlieues des grandes villes et particulièrement de Paris, le 93 où se trouve le stade de France, vivent-elles un malaise grave ayant engendré des violences et se sentent-elles à ce point déclassées, non intégrées au semblant de croissance française, qu’elles huent les symboles d’une nation dont les enfants des cités sont les parents pauvres. Mais tout de même les parents, car ceux que France 2 au journal de 20h qualifie de Tunisiens sont Français, quoique – objectent les chauvinistes – à la deuxième ou troisième génération et non « de souche ».

Sur quelques 70 000 personnes au stade pour ce match, les chiffres donnent (mais comment les aura-t-on identifié ?) plus de 60 000 Tunisiens : demande-t-on, exige-t-on patte blanche ou patte bistre à l’entrée des stades ? Bernard Laporte, Secrétaire d’État aux Sports, dira que la moitié du public, 35 000 spectateurs, aura bénéficié d’invitation : de qui vers qui ?

En tout cas, la sanction a pénalisé les Tunisiens sans distinction ni enquête préalable. Quoique, le tribunal de Bobigny, sur la foi des caméras de surveillance, va donner la chasse à l’homme : six mois de prison et 7500 euros d’amende sont prévus en cas d’offense au drapeau ou à la Marseillaise. Puis, les compétitions avec les pays du Maghreb seront annulées : pénalisation des « pays que nous aidons beaucoup » répète à l’envi Bernard Laporte, oublieux sans doute d’une occupation centenaire, du pillage de ces pays et de la dette coloniale de la France envers eux. La Libye se fait rembourser la sienne par l’Italie !

Après, le gouvernement français prendra d’autres mesures qui concernent les compétitions sportives en France, en cas d’incidents similaires, mesures ridiculisées par les observateurs : « patriotard, scrogneugneu, grotesque, incitatif à la récidive ». Ces mesures, dont on souligne l’inapplicabilité et l’inopérance, aggraveront la défiance et le sentiment d’exclusion, de déclassement.

« Chacun trahit sa patrie à sa manière » dit Jean Paulhan. Les sifflets ne ciblaient-ils pas, surtout et à l’évidence, la chanteuse Laam et le joueur Hatem Ben Arfa, tous deux d’origine tunisienne, qui, perçus comme chantant et jouant contre leur camp, trahissaient d’une certaine façon leur patrie, la Tunisie ? Et, peut-être, le comble de l’antipatriotisme est-il de discriminer toute cette jeunesse des banlieues qui n’est pas, ancestralement, de pure souche.

Au même moment l’Europe, inspirée par le projet Hortefeux, vient de s’accorder sur une politique d’immigration « choisie », c’est-à-dire sélective et discriminatoire.

Enfin, c’est en novembre que doit se choisir le centre de l’Union pour la Méditerranée : Tunis, qui y est candidate, ne doit-elle pas en désespérer ?

Nadia Omrane
(Source: le site « Alternatives-Citoyennes » LE 19 OCTOBRE 2008)  


Des jeunes dirigeants méditerranéens pour une immigration « co-choisie »

 
AFP, le 18 octobre 2008 à 22h20   TUNIS, 18 oct 2008 (AFP) – Un forum de jeunes dirigeants méditerranéens a affirmé samedi son appui à l’idée d’une immigration « co-choisie » par les pays des rives nord et sud de la Méditerranée dont il souhaite promouvoir le rapprochement, selon une déclaration publiée à Tunis. « Mediterranean Leaders (YML) soutiendra la mise en oeuvre d’une immigration co-choisie », indiquent les promoteurs de ce forum privé à l’issue d’une première réunion en Tunisie. Ils annoncent la création d’un groupe de travail sur la question et affirment vouloir profiter du « contexte favorable » de la mise en place de l’Union pour la Méditerranée (UPM) pour « promouvoir le rapprochement entre les deux rives ». Lancé en septembre à Paris, le réseau formé de 250 personnalités de quinze nationalités des rives nord et sud préconise plus d’implication des immigrés dans le développement économique de leurs pays d’origine. Les participants proposent « une meilleure structuration des diasporas du Maghreb afin de promouvoir l’investissement et peser sur les pouvoirs publics ». Ils réclament « l’activation de fonds de garanties pour des investissements à « long terme » et soulignent l’importance de l’épargne des migrants. Le forum annonce la création d’un « groupe d’impulsion économique euro-maghrébin pour sortir du bilatéralisme » et prévoit de « faire connaître les entreprises du sud qui investissent au nord ». Le forum, qui tiendra sa prochaine réunion annuelle dans un pays de la rive nord, veut être un outil de suivi de l’UPM et un interlocuteur de ses dirigeants, selon la déclaration. Sa première réunion intervenait avant la conférence des ministres des Affaires étrangères des pays fondateurs de l’Union pour la Méditerranée (UPM) le 3 novembre à Marseille, dans le sud de la France.

 

 


Langage grossier

Petits maux, GROS MOTS

 

 L’avis d’un spécialiste : M. Mehdi Mabrouk, Docteur en sociologie et Professeur à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis : « Tout ce qui est sale, dégoûtant et grossier est facile à apprendre surtout pour un enfant »

 Gros mots, jurons ou insultes. Tout le monde en use. Dans la rue, au travail, dans le transport public, à l’école…

Enfants, ados, jeunes et adultes profèrent ces mots blasphématoires à l’égard de leurs semblables à tel point qu’on s’est habitué à les entendre à tout bout de champ, dans les conversations ordinaires comme dans les situations conflictuelles. Ces mots, d’ordre essentiellement sexuel et diffamatoire, sont toujours dégoûtants, honteux, ignobles et avilissants pour celui qui les entend. Ces mots, toujours enrichis de néologismes sordides, alimentent de plus en plus notre langage si bien qu’ils constituent un bon domaine pour les travaux de linguistes et de lexicologues qui peuvent en faire un grand dictionnaire. Pourquoi donc en est-on arrivé à ce niveau de langue très bas ? Le Tunisien n’est-il pas capable de tenir une conversation avec autrui sans recourir à cette grossièreté langagière ?

Ces gros mots sont innombrables, mais on ne peut en donner d’exemples par pudeur et pour ne pas choquer les lecteurs, étaient dans le passé l’apanage de voyous, de vagabonds, de gens impolis et mal éduqués. Aujourd’hui, ces gros mots sont utilisés par tout le monde, à quelques exceptions près, surtout chez les jeunes, sans distinction sociale ou familiale. A l’école, les enseignants se lamentent d’entendre à tout moment des propos obscènes échangés entre camarades de classes. Tahar, prof de maths ne cache pas son indignation : « Chacun a son petit lexique de gros mots, prêt à l’utiliser au moment opportun et sans ambages, quelle que soit la situation en faisant fi des interdits et des sanctions qu’il peut encourir. Même en classe ou dans les rangs, il m’arrive d’entendre de gros mots proférés par un élève, mais il n’est pas toujours facile de le repérer ! Quand je ne suis pas sûr du coupable, je fais comme si je n’avais rien entendu ! ». Mais son collègue, Naceur, prof d’anglais, se montre plus strict et ne laisse pas l’auteur de ces gros mots sans punition : «  Un jour, à la fin du cours, j’étais encore en classe quand j’ai entendu un gros mot proféré à haute voix par l’un des élèves, un mot qui fait rougir de honte ! Il a été automatiquement puni ! Mais cela n’empêche que les gros mots sont la monnaie courante des élèves ! »

 

Dans les lieux publics et surtout dans les moyens de transport, il n’y a presque pas de discours ou de propos tenus par un groupe de jeunes qui ne soit agrémenté d’injures, de jurons ou de blasphèmes ; et ce, au vu et au su de tout le monde. Même les grandes personnes ne sont pas respectées. Le plus étonnant est que les passagers du train ou du métro, à force d’entendre ces gros mots, sont devenus indifférents, passifs et ne manifestent aucune réaction envers les auteurs de ces propos malsains. Et si, par hasard, l’un des passagers ose intervenir en prétendant les moraliser, il entendra ses quatre vérités de la bouche de ces jeunes impolis et sans vergogne. Ridha, 45 ans, usager du train de la banlieue sud, a été maintes fois témoin oculaire de ces scènes malveillantes où domine un registre de langue très vulgaire: « C’est très courant d’entendre des collégiens ou des lycéens user de gros mots dans le train sans se soucier de la présence des autres passagers. Et pour peu que vous leur fassiez la remarque, ils vous diront : ça ne vous regarde pas ! Alors, la plupart des passagers préfèrent se taire, de peur d’être offensés publiquement par ces jeunes effrontés ! » 

 

Les petits enfants, encore à l’école primaire, ont également leurs gros mots à dire. Il faut assister à leurs bagarres devant l’école pour savoir qu’ils sont aussi habiles que leurs aînés en matière d’injures et de grossièretés. D’ailleurs, ces gamins de 6 ou 7 ans n’inventent rien ; ils répètent ce qu’ils ont entendu de la bouche même de leurs frères, leurs camarades, leurs proches et peut-être leurs parents ! Mohamed, instituteur, nous a dit et non sans peine : « Il ne se passe pas un jour sans qu’un élève vienne se lamenter en disant : Monsieur, il m’a dit un gros mot ! Cette phrase est très fréquente dans ma classe et dans toutes celles de mes collègues ! » C’est que les jurons et les blasphèmes s’apprennent beaucoup plus vite qu’un poème ou une règle de grammaire par ces petits diables ! Ils n’exigent aucun effort, aucune méthode ! Cela se transmet d’une génération à l’autre, en famille comme dans la rue, en plein public : il suffit de tendre l’oreille.

 

Inutile d’allonger encore la liste de ces cas où le langage grossier est l’outil privilégié chez certaines gens dans toute communication avec autrui. Où que vous soyez, au volant, au marché, au café, au travail, les gros mots vous traquent et vous glissent rapidement dans l’oreille, quoi que vous fassiez pour les éviter ! Selon les psychiatres, ces gros mots ont une propriété purgative et une fonction compensatrice pour la personnalité de l’individu. Ce n’est pas par hasard que ce langage grossier est composé en grande partie de mots sexuels, tabous. Toujours selon les psychologues, en  prononçant ces mots, l’individu provoque une transgression des normes, des lois sociales qui interdisent l’usage de tels mots, et partant, il se sent soulagé et croit être libre de toutes contraintes en agissant de la sorte. C’est donc une forme de plaisir et de défoulement. C’est comme si tout ce qui est frappé d’interdits était source de plaisir ! Une question se pose : que faire pour éradiquer les gros mots de notre langage quotidien ?

Hechmi KHALLADI

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L’avis d’un spécialiste :

M. Mehdi Mabrouk, Docteur en sociologie et Professeur à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis : « Tout ce qui est sale, dégoûtant et grossier est facile à apprendre surtout pour un enfant »

Nous avons rencontré M. Mehdi Mabrouk, Docteur en sociologie et Professeur à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis à qui nous avons posé les questions suivantes :

 

Le Temps : D’où vient que l’usage de gros mots est devenu un phénomène flagrant chez nous?

 

Mehdi Mabrouk : A vrai dire, il faut revenir aux années 30 du siècle dernier pour pouvoir trouver les origines de ce phénomène. Déjà, à l’époque, le célèbre poète Bayram Ettounsi, qui avait passé plusieurs années en exil dans notre pays, faisait remarquer l’utilisation massive de ces gros mots par les Tunisiens surtout ceux émanant des couches populaires qu’il avait longuement fréquentées. De même, les chansons populaires (folkloriques, satiriques…) de cette époque contenaient des paroles obscènes. Cela est peut-être dû à la conjoncture qui sévissait au temps de la colonisation française. D’ailleurs, le mot « zoufri », provenant du mot français « Les ouvriers » (Faites la liaison !) était assimilé à ceux qui usaient de mots vulgaires que les gens bien élevés ne disent pas. Ajoutons à cela que ce langage pervers était le seul moyen de réagir dont disposait la masse populaire, formée essentiellement de paysans et d’ouvriers ; c’était leur arme pour se défendre, pour marquer et se démarquer, et c’était le moyen le plus facile pour réagir lors d’une situation fâcheuse, en cas de confrontation avec l’occupant ou de conflits entre les différentes tribus…Et puis, l’usage des gros mots peut passer pour un moyen d’intégration dans la société dans la mesure où ceux qui ne disposent pas d’un bagage assez riche en gros mots est considéré comme « rétrograde, débile ou inexpérimenté ». Ceux qui font preuve de bienséance, de réserve et de retenue aux moments de tension peuvent souvent être l’objet de moquerie. L’usage de gros mots est donc un réflexe linguistique transférable de génération en génération et dont il est presque difficile de s’en débarrasser.

 

– Peut-on donc parler d’un comportement langagier anormal qui prend de l’ampleur chez nous et qui se présente comme une fatalité ?

 

-Dans toutes les sociétés et toutes les cultures du monde, il y a des choses considérées comme vulgaires, répugnantes, obscènes qui doivent être évitées, en l’occurrence les gros mots. Mais, dans la communication entre individus, il y a toujours eu des errements, des écarts et des inconvenances de toutes sortes. Tout ce qui est sale, dégoûtant et grossier est facile à apprendre surtout pour un enfant (en famille, dans la rue, à l’école…) et cela devient à partir d’un certain âge une forme d’expression presqu’inconsciente que certains utilisent comme moyen défensif ou offensif et que d’autres y recourent pour exercer leur pouvoir ou leur autorité dans la communauté. La maîtrise de soi face aux problèmes quotidiens et dans les situations critiques créés par le monde moderne est devenue quasi impossible si bien que les personnes qu’on peut qualifier de polies, bien éduquées, bien élevées, bienséantes, courtoises et de tous les adjectifs de ce genre sont devenues des oiseaux rares et sont même prises pour des personnes marginales, et si j’ose dire, anormales, puisqu’elles ont l’air de vivre hors de la règle. Le monde à l’envers ! »

Interview réalisée par H.K

 

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 19 octobre 2008)

 


 

 

Un demi million de Tunisiens au chômage

Dysfonctionnements, mais à quels niveaux ?

 

L’emploi a toujours été considéré comme étant une priorité nationale. Différents mécanismes ont été mis en place pour accaparer le plus grand nombre de personnes à la recherche d’un emploi et faire baisser ainsi le taux de chômage. Toutefois, ce taux reste encore élevé parmi les diplômés du supérieur.

Le rapport de septembre 2008 émanant de la consultation nationale sur l’emploi et intitulé : « compétitivité et croissance : le défi de l’emploi aux multiples dimensions » a approuvé ce fait.

Ce rapport souligne que si la situation actuelle du marché de l’emploi reste la même, soit « une économie qui ne crée pas suffisamment d’emplois et un système d’éducation et de formation qui produit des profils faiblement employables », le taux de chômage parmi les diplômés du supérieur pourrait éventuellement augmenter et atteindre 26% en 2016.

Le rapport démontre qu’actuellement, le taux de chômage diffère d’une région à une autre. Il varie entre 16 et 21% à l’ouest du pays, alors qu’il se situe entre 6 et 10% à l’est. Il touche de plus en plus les femmes que les hommes. 

 Pourquoi l’économie ne créé -t-elle pas suffisamment d’emplois ?  

Selon le rapport, cela est dû essentiellement à l’insuffisance de la croissance des entreprises existantes, de l’investissement privé national et de l’investissement direct étranger.  

Ceci en plus de la combinaison des facteurs de production qui n’est pas favorable au travail qualifié et la persistance des interférences entre le rôle de l’ « Etat puissance publique », de l’ « Etat actionnaire » et de l’ « Etat prestataire de services ».

Pour ce qui est du système d’éducation et de formation qui produit des profils faiblement employables, le rapport souligne que le processus éducatif et de formation ne cible pas l’insertion professionnelle. Les jeunes ne sont pas bien informés sur les métiers et l’état du marché du travail. Cette absence d’information conduit à des impasses professionnelles. Il existe également un déficit des compétences clefs de base qui constitue aujourd’hui un des principaux handicaps à l’insertion. En effet, de plus en plus de jeunes diplômés du supérieur ont de graves lacunes linguistiques et de communication que ce soit en arabe ou en français. 

Par ailleurs, il convient de souligner que le fonctionnement du marché de l’emploi donne, lui aussi, des signes évidents de faiblesse. Par exemple, le service offre demande online manque d’outils de classification pertinent, le personnel des services publics de l’emploi manque de professionnalisme…

Les opportunités d’emploi salarié du marché mondial ne sont pas saisies et pour cause la diversification des destinations d’émigration reste insuffisante. Cela est dû essentiellement à l’obstacle des langues étrangères.

Chômage et répercussions sociales

Plus d’un demi-million de Tunisiens sont en chômage. Aucune catégorie de diplômés n’est épargnée.

Le chômage touche essentiellement les diplômés du secteur tertiaire (gestion, finances, droit). Les diplômés des filières courtes supposés posséder une plus forte chance d’employabilité sont aussi profondément affectés par ce fléau. 

En effet, des diplômés de l’enseignement supérieur de différentes spécialités passent de longues années à la recherche d’un emploi. Ils approchent la quarantaine sans connaître le statut d’employé.

Et étant donné que sans emploi et sans revenu, le jeune ne peut pas se marier, l’âge du mariage a bien reculé, ces dernières années en Tunisie.

Presque la totalité des hommes (95%) et près de 80% des femmes ne se marient qu’au-delà de 30 ans.

A souligner que parmi les objectifs du XIème Plan de développement : la réalisation d’un taux de croissance moyen de 6,1% au cours de la période 2007-2011.

Ce niveau permettra la création de 412 mille nouveaux postes d’emplois, avec une moyenne annuelle de 82,4% mille postes, et réduira le taux de chômage général de 14,3% en 2006 à 13,4% en 2011 et celui des diplômés universitaires de 16% en 2006 à 15,6% en 2011. Le système éducatif et de formation devra, quant à lui, être capable de fournir les qualifications correspondantes à ces emplois.

Afef BEN ABDELJELIL

 (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 19 octobre 2008)


Table ronde organisée par le parti Ettajdid  –

Quelles répercussions de la crise financière internationale sur la Tunisie ?

Les mesures préventives doivent impliquer les sociétés civiles et les partis 

« La crise financière internationale et les éventuelles répercussions sur la Tunisie » a été le thème d’une table ronde organisée jeudi en fin d’après-midi par le mouvement Ettajdid. M. Abdelmoumen Souayah ex-vice gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) et ancien président-directeur général de la société Tunisienne de Banque (STB) et de la Best Bank a été l’invité de cette table ronde.

Il a expliqué les causes de cette crise et son impact sur l’économie tunisienne. Pour M. Souayah «  Il n’y a pas d’effet  direct sur notre secteur financier et je crois que notre économie est immunisée, contre les répercussions de cette crise. Néanmoins comme nous avons une économie ouverte, nous sommes exposés à la situation économique des autre pays. Si nos principaux partenaires subissent une récession, notre économie peut être touchée surtout dans les secteurs notamment du tourisme et celui des investissements directs et cela peut amener à la baisse du taux de croissance. Mais nous pouvons faire face à une telle situation car nos possibilités d’endettement  sont considérable ».

Prévention

Mais  l’animateur de la table ronde l’économiste Mahmoud Ben Romdhane  membre du comité politique d’Ettajdid est moins optimiste, pour lui «  Partout dans le monde il y  aura un ralentissement de la croissance économique.  Le pouvoir financier américain qui gouverne le monde depuis des décennies s’est effondré. Il faut aujourd’hui, construire  un autre ordre économique mondial. En  Tunisie il nous faut prendre des mesures préventives pour faire face aux éventuelles répercussions. Des mesures qui doivent être prises          avec la concertation des composantes de la société civile et des partis politiques parce que ces mesures vont concerner l’avenir du pays. Evoquant auparavant  les origines  de la crise M. Souayah a souligné que «  cette crise n’est pas la première, ni la dernière, le monde et secoué depuis une vingtaine d’années par des crises boursière et monétaires qui ont concerné les nouveaux pays industrialisés notamment ceux de l’Amérique latine et du Sud-Est asiatique et depuis 1998 la crise boursière s’est installée aux Etats-Unis surtout en 2000 après l’éclatement de la bulle Internet. Bref il n’y a pas d’économie libérale sans crise ».    

 

 Incapacité

 

Mais pour le conférencier cette crise diffère des autres par le fait que « Contrairement aux autres notamment à celle de 1929 qui était une crise boursière celle qui secoue le monde aujourd’hui, est surtout bancaire, caractérisée  par le manque de liquidités  et la méfiance des banques qui ne se prêtent plus et c’est la première fois que ce manque de confiance entre les banques se produit.

 

Les mesures prises par les Etats sont en mesure de rétablir la confiance et d’éliminer la psychose qui s’est installée. Cette psychose a commencé par la chute du prix de l’immobilier qui s’est traduite par une crise immobilière aiguë, qui a entraîné la chute des titres et l’incapacité des banques à payer ».     

Néjib SASSI     

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 18 octobre 2008)  


Les échos de la crise

La Caisse d’Epargne (France) connaît une perte de 600 millions d’euros en bourse L’action Accor chute

La Caisse d’Epargne a reconnu vendredi avoir subi la semaine dernière une perte de l’ordre de 600 millions d’euros sur les marchés financiers, précisant dans un communiqué que « cet incident a été décelé dans le cadre des procédures habituelles de contrôle ».

« Du fait de l’extrême volatilité des marchés et du krach boursier de la semaine du 6 octobre, le Groupe Caisse d’Epargne a connu un important incident de marché dans l’activité dérivés actions qui s’est traduit par une perte de l’ordre de 600 millions d’euros ».

« Compte tenu de son niveau de fonds propres – plus de 20 milliards d’euros – et de son importante liquidité, cette perte n’affecte pas la solidité financière du Groupe et n’a aucune conséquence sur la clientèle », assure la Caisse d’Epargne.

Selon le site d’informations Mediapart, la Caisse nationale des Caisses d’épargne « aurait enregistré ces pertes à la suite d’opérations de marché réalisées pour son compte propre lors des dernières semaines, marquées par des mouvements de marché les plus erratiques depuis le début de la crise financière ».

« Les mesures nécessaires ont été immédiatement prises pour solder cette position et mettre fin à cette activité » et dans le même temps » des sanctions ont été prononcées et les autorités de tutelle informées », assure la banque. Celle-ci est actuellement en voie de fusion avec la Banque Populaire pour donner naissance au deuxième groupe bancaire français, une décision prise en raison de l’accélération de la crise financière.

 

L’action Accor chute

 

Accor recule de plus de 7% vendredi en Bourse de Paris, un avertissement sur ses résultats 2008 ayant incité plusieurs analystes à revoir en baisse leurs estimations de résultats et objectifs de cours.

Le groupe d’hôtellerie a abaissé son résultat avant impôts et éléments non récurrents 2008, de 910-930 millions d’euros à 870-890 millions, pour tenir compte de l’accélération du ralentissement économique, et a annoncé une année 2009 difficile.

Vers 11h40, le titre recule de 7,18% à 27,94 euros tandis que le CAC 40 avance de 1,38% et que l’indice sectoriel DJ Stoxx européen est stable (-0,06%).

JPMorgan a réduit son objectif de cours de 46 à 40 euros, tout en restant à « neutre » sur la valeur et Deutsche Bank, qui a réitéré son conseil d’achat, ramène le sien de 76 à 56 euros.

JP Morgan a abaissé ses estimations pour l’ensemble des groupes hôteliers européens de 16% en moyenne pour 2009.

« Les dernières deux, trois semaines ont clairement été traumatisantes, pas seulement pour les marchés financiers mais aussi pour les affaires en général et pour la confiance des consommateurs », écrit-il dans une note.

Deutsche Bank souligne que la révision en baisse intervient seulement sept semaines après publication des objectifs mais souligne que son objectif de cours offre encore un potentiel de hausse solide, d’où le maintien de la recommandation d’achat.

Oddo Securities a revu en baisse son objectif de cours de 45 à 39 euros et anticipe une baisse de 22% du résultat opérationnel 2009, au lieu de 9% attendu auparavant.

De même, Natixis Securities a abaissé son objectif de cours de 61 à 48 euros sur la nouvelle, tout en restant à l’achat.

Mais certains analystes avaient déjà anticipé cet avertissement au vu de la dégradation rapide de la conjoncture.

CA Cheuvreux notamment reste à l’achat sur la valeur, avec un objectif de cours à 48 euros, tout en revisant en légère baisse, de 3%, son estimation de bénéfice par action 2008. Le broker avait déjà abaissé ses estimations de résultats.

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 18 octobre 2008)

 

Commentaire

Caisse d’Epargne et Accor : deux investisseurs de taille en Tunisie secoués par la crise

 La crise financière internationale commence à toucher de plein fouet les grandes enseignes internationales et notamment celles françaises. La journée d’hier a été marquée par la perte annoncée de 600 millions d’euros en Bourse par le groupe Caisse d’Epargne ou encore l’Ecureuil mais aussi la chute de 7% enregistrés dans les actions du groupe d’hôtellerie Accor.

Les deux groupes de renommée internationale dont la solidité financière ne peut être mise en doute n’ont pas échappé aux contrecoups du Krach. Qu’en sera-t-il des autres, moins solides

 Comment vont-ils résorber leurs pertes successives ?. Est-ce qu’ils vont retirer une partie de leurs placements hors France ?.

Pour nous Tunisiens, ce genre d’échos pourrait faire souffler un vent de panique notamment chez les actionnaires dans les filiales des groupes Caisse d’Epargne et Accor en Tunisie, autrement dit : la Banque Tunis-Koweïtienne (BTK) et la chaîne hôtelière Accor Tunisie. En effet, dans ce contexte il est inutile de rappeler que le groupe Caisse d’Epargne détient 60% de la BTK et que le groupe Accor  sets considéré comme l’un des groupes stratégiques les plus pourvoyeurs de fonds dans le secteur du tourisme tunisien.

La question qui peut être posée par certains est la suivante : Est-ce qu’il y aurait des retombées immédiates ou pas sur les participations d’Accor et du groupe Caisse d’Epargne en Tunisie  surtout que les opératin de levée de fonds passent toujours dans l’anonymat?.

Les officiels ne cessent d’affirmer et de raffermir la parfaite immunisation du marché financier tunisien. Le vent de la  crise souffle semble-t-il, loin de chez nous.  Et les investisseurs sont confiants en la stabilité et la solidité du marché tunisien. Or il se trouve que la banque américaine Merrill Lynch qui  a été récemment rachetée par Bank of America pour 50 milliards de dollars avait retiré des fonds investis en Tunisie en mois de septembre dernier.

Yosr GUERFEL

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 18 octobre 2008)

 


 

Documents  réunis et remis en ligne par Sami Ben Abdallah

(sur la Tunisie, le voile, la démocratie, l’islam politique, l’opposition, les élections, la société civile)

 

Il s’agit d’articles ou d’extraits de livres dont les auteurs sont des spécialistes français ou Tunisiens. Les thèmes des documents ci-joints sont : la Tunisie, l’opposition, les élections, la société civile, l’islam politique, la démocratie, le voile.

La plupart des documents ne sont pas disponibles en Tunisie.

Pour chaque document, il est précisé le titre,  l’auteur ainsi que le lien pour le télécharger sous format PDF.

J’espère que ceux qui ont des documents rares ou sous format PDF mettent ces derniers en ligne via la liste Tunisnews afin que la majorité puisse en profiter.

Merci à Tunisnews.net

 Cordialement

Sami Ben Abdallah

 

 

1-Titre : Après Bourguiba, l’UGTT et la lutte pour l’Indépendance : Ahmed Ben Salah  témoigne pour la première fois de l’expérience des coopératives et de la responsabilité des politiques

Auteur :  Noura Borsali

Lien pour télécharger le document en PDF :http://www.sendspace.com/file/w9jtxe

 

 

2-Titre : La place de la colonisation européenne dans la transformation du politique en Afrique du Nord : Constitutionnalisme, démocratie et autoritarisme en Egypte et au Maroc

Auteur : Jean Noel Ferrié

Lien pour télécharger le document en PDF :http://www.sendspace.com/file/t04agr

 

 

3-Titre : Les limites d’une démocratisation par la société civile en Afrique du Nord

 Auteur : Jean-Noël Ferrié

Lien pour télécharger le document en PDF :http://www.sendspace.com/file/hfh11y

 

 

4-Titre : La question de « l’authenticité tunisienne » : valeur refuge d’un régime à bout de souffle ?

Auteurs : Vincent Geisser et Éric Gobe

Lien pour télécharger le document en PDF :http://www.sendspace.com/file/m7taww

 

5-Titre : État et marché des biens religieux. Les voies égyptienne et tunisienne

Auteur : Malika Zeghal

Lien pour télécharger le document en PDF :http://www.sendspace.com/file/d81tpn

 

 

6-Titre :Abdelwahab MEDDEB et La maladie de l’Islam

Auteur : François BURGAT,

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/amha74

 

 

7-Titre :l’Union européenne et les Islamistes, le cas de l’Algérie

Auteurs :François Burgat Et François Géze

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/rb3h5d

 

8-Titre :a propos du terrorisme islamique

Auteur :François Burgat

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/utb18q

 

9-Titre :le sud musulman contre la loi française sur le voile

Auteur :François Burgat

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/t25wbi

 

 

10-Titre :l’Islam des uns et l’islamisme des autres

Auteur :François Burgat

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/4l4227

 

 

11-Titre : Les courants islamistes contemporains

Auteur :François Burgat

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/roffmf

 

 

12-Titre : Les courants islamistes face aux libertés

Auteur :François Burgat

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/xwd01b

 

 

13-Titre : Al-Quaida, le 11 septembre et le défi des représentations

Auteur :François Burgat

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/xr1iga

 

 

14-Titre :Les cadres supérieurs de la fonction publique tunisienne

Auteurs :Michael Bechir Ayari et Eric Gobe

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/3c0p44

 

 

15-Titre : Les avocats dans la Tunisie de Ben Ali : une profession politisée ?

Auteurs : Éric Gobe et Michaël Bechir Ayari

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/q90g14

 

 

16-Titre :Opposition et élections en Tunisie

Auteur : Larbi chouikha et Eric Gobe

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/qkeywx

 

 

17-Titre :La féminisation de la profession d’ingénieur en Tunisie : portée et

signification

Auteur : Eric Gobe,

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/h847bd

 

 

18-Titre : Le président Ben Ali entre les jeux de coteries et l’échéance présidentielle de 2004

Auteur : Vincent Geisser et Éric Gobe

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/lmrstp

 

 

19-Titre : Des fissures dans la « Maison Tunisie » ? Le régime de Ben Ali face aux

mobilisations protestataires

Auteur : Vincent Geisser et Éric Gobe

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/wybd61

 

 

20-Titre : Tunisie : consolidation autoritaire et processus électoraux

Auteur : Vincent Geisser et Éric Gobe

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/5lwwey

 

 

21-Titre :  « Institutions, histoire et développement dans le monde arabe et musulman.

Une lecture à partir de Douglass North »

Auteur :   Fatiha Talahite

Lien pour télécharger le document en PDF :http://www.sendspace.com/file/pyjgfd

 

 

22-Titre :L’Internet dans le monde arabe :A la recherche du paradigme absent

Auteur :Sadok Hammami

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/133n1k

 

 

23-Titre :Rétrospective des politiques mémorielles en Tunisie à travers l’histoire des

statues et des monuments (XIXe-XXe siècles)

Auteur : Habib  Kazdaghli

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/nr25ae

 

 

24-Titre :L’audiovisuel en Tunisie, une libéralisation fendue dans le moule étatique

Auteur :Larbi Chouikha

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/c5s0rj

 

 

 

25-Titre : L’enjeu de l’islamisme au cœur du processus de Barcelone

Auteur :Olfa Lamloum

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/aptcw6

 

 

26-Titre : La régulation institutionnelle de l’islam en Tunisie, entre audace moderniste et tutelle étatique

Auteur :  Franck Frégosi

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/2nrk0c

 

 

27-Titre : La société civile tunisienne prise en otage

Auteur :Marine Desmères

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/gkfq4q

 

 

28-Titre :La parlementarisation de l’islam politique :la dynamique des modérés

Auteur : Jean-Noël Ferrié

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/phcdip

 

 

29-Titre : la place de l’UGTT dans le système politique tunisien

Auteur :Sadri Khiari

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/f6wohe

 

 

30-Titre : la fin du moment démocratique : un défi pour l’Europe ?

Auteur :Colloque, plusieurs intervenants

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/3jhwi6

 

 

31-Titre :Le Maghreb en suspens

Auteurs : Raymond Benhaïm,Youssef Courbage,Rémy Leveau

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/szobr2

 

 

32-Titre : Le Partenariat en réanimation bureaucratique

Auteur :Béatrice Hibou

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/6dtb0v

 

 

33-Titre : La question du Hijab (voile) en Tunisie et les débats en France

Auteur :Larbi Chouikha

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/rxccwh

 

 

34-Titre : Les chantiers de l’égalité au Maghreb

Auteur :Sana Ben Achour

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/e3mggs

 

 

35-Titre : Les régimes autoritaires libérés des conditionnalités

Auteurs :par Jean-François Bayart, Béatrice Hibou et Sadri Khiari

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/qqvqce

 

 

36-Titre :  Les limites d’une démocratisation par la société  civile en Afrique du Nord

Auteur :  Jean-Noël Ferrié

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/8ybm5l

 

 

37-Titre :Les marges de manœuvre d’un bon élève, la Tunisie de Ben Ali.

Auteur :Béatrice Hibou

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/95860e

 

 

38-Titre : Les Tunisiens et la deuxième guerre du Golfe

Auteur :Sadri Khiari

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/ltko41

 

 

39-Titre :Religion et politique au Maghreb :les exemples tunisien et marocain

Auteur :Franck Frégosi et Malika Zeghal

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/529d27

 

 

40-Titre :Une histoire de rechange, le nouveau temps bourguibien

Auteur : François Siino

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/twtcyl

 

 

 

41-Titre : Tunisie, des élections en trompe-l’œil

Auteur :Sadri Khiari

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/3nttap

 

 

42-Titre :Tunisie, le coût d’un miracle

Auteur :Béatrice Hibou

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/otm3gw

 

 

43-Titre : Tunisie 2002, un référendum, pour quoi faire ?

Auteur :Eric Gobe

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/e1jsej

 

 

44-Titre :Entretien avec Amira Aleya Sghaïer : “ La Tunisie n’est devenue indépendante que sous la pression des fellaghas ”

Auteur :Noura Borsali

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/i55mc2

 

 

45-Titre :La tentative de coup d’Etat de 1962,quarante ans après

Auteur :Noura Borsali

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/4valke

 

 

 

46-Titre : Tunisie :Le complot de décembre 1962, Fallait-il les  tuer ?

Auteur :Noura Borsali

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/lumpl6

 

 

47-Titre :Les deux premières manifestations de la Tunisie indépendante

Auteur :Noura Borsali

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/kp4v9g

 

 

48-Titre :Les raisons de la colère

Auteur :Noura Borsali

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/lg4cy3

 

 

49-Titre :MOHAMED BEN SAID : “ Nous étions des résistants au service de notre patrie

Auteur :Noura Borsali

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/hqgdp0

 

 

50-Titre : Pourquoi Bourguiba at- il lâché : “Les fellaghas”

Auteur :Noura Borsali

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/zkypri

 

 

 

51-Titre : Tunisie Sur-pouvoir personnel et  évanescence du politique

Auteur :Moncef Kileni

Lien pour télécharger le document en PDF : http://www.sendspace.com/file/zstfsr

 


 

 

Un prof de la Sorbonne ne veut pas d’une étudiante voilée

par Hanane Kaddour 

« Ce que vous portez sur la tête me gêne. » Ça s’est passé jeudi. Pour se justifier, l’enseignant a dressé un parallèle avec le FN et les islamistes.

 Bientôt cinq ans que la loi sur la laïcité et sur les signes religieux dans les écoles publiques a été votée par le parlement. Dans les faits, le débat n’est pas clos. Il resurgit là où, en principe, il ne devrait pas. La législation du 26 mars 2004 affirmant la sacro-sainte laïcité franco-française ne s’applique qu’aux écoles publiques jusqu’au niveau secondaire (collège et lycée). Les universités ne sont donc pas concernées. L’exemple qui suit, tout chaud, atteste du contraire.

Jeudi après-midi, dans un TD de sociologie politique à la Sorbonne, le premier de l’année en cette rentrée universitaire, le professeur, Christian S., fait l’appel. Il manque une élève. Celle-ci arrive un peu en retard, s’excuse et s’installe. La jeune femme porte le voile, elle est musulmane. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour le professeur, ça veut dire beaucoup.

« Qui êtes-vous ? Quel est votre nom ? », demande-t-il à Samia, l’élève retardataire. Cette dernière décline son identité. C’est bien elle qui manquait à l’appel, elle fait partie de ce cours. Pourtant, le professeur ne peut s‘empêcher de la questionner : « Vous êtes sûre que vous faites partie de mon TD ? » Naturellement puisque son nom figure sur la liste des étudiants appartenant au groupe. Question superflue.

 

Visiblement, le professeur ne souhaite pas y aller par quatre chemins. Il dit tout haut ce qu’il a dans la tête. Ce qui a le mérite d’être clair. Il lance à Samia : « Ce que vous portez sur la tête me gêne. Juridiquement, vous en avez le droit, mais je vous laisse le choix de changer de professeur. » Samia n’est donc pas la bienvenue. Elle se dépêche de ranger ses affaires et de quitter le cours. Elle préfère « avoir quelque chose à apprendre, parce qu’avec vous, ça ne me semble pas possible. Au revoir ».

Dépité, Christian S. sait que ce qu’il vient de faire ne plaît pas à tout le monde. Une élève lui fait savoir qu’elle est choquée. Puis un autre. Le débat commence. Sur vingt-neuf étudiants, seuls quatre osent prendre la parole, dont deux musulmans, quitte à se faire saquer tout le reste de l’année. Les arguments fusent. Le professeur sort ses arguments. Grand orateur, il tient tête. Il signale : « Vous savez, je fais partie d’un certain nombre d’organisations altermondialistes. » Comme pour dire qu’il est de gauche, qu’il n’a rien à voir avec quelque fascisme que ce soit. Il fait savoir qu’il connaît bien le Maghreb et « que des amis y sont morts, à cause de l’islamisme ». Quel rapport avec le voile de Samia ? Son bout de tissu est-il responsable des attentats du 11 septembre ?

Christian S. ajoute : « Si j’avais eu affaire à un membre du Front national, j’aurais fait la même chose. » Il apprend à ses élèves que, dans le passé, il a déjà été confronté à cette situation. Le parallèle dressé avec le parti de Jean-Marie Le Pen a vite fait de scandaliser. Le professeur s’embourbe. Un étudiant en profite pour interroger le professeur sur sa conception de la laïcité : « Et si un élève portant un autre signe religieux s’était présenté à votre cours, auriez-vous agi de la même manière, Monsieur ? » Silence dans la salle… « Non », répond sèchement Christian C. C’est sûr, les jours du voile à l’université sont comptés.

(Source : Article publié sur « Bondy blog » (France), le 14 octobre 2008)

Lien : http://20minutes.bondyblog.fr/news/200810140001/un-prof-de-la-sorbonne-ne-veut-pas-d-une-etudiante-voilee

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