18 mars 2011

TUNISNEWS
10 ème année,  N°3951 du 18.03.2011
archives : www.tunisnews.net 


Communiqué de l’association « Français-du-Monde – ADFE – Tunisie »

AP: Hillary Clinton appelle à concrétiser « les grands espoirs » suscités par la révolution par des réformes

AP: Aucune dictature ne pourra résister au « vent du changement » dans le monde arabe, selon Jerzy Buzek

AFP:Pierre Lellouche en Tunisie pour renforcer le commerce bilatéral

Dr Soumeya Laarif: Retournez a Alkasbah sauvez votre revolution


REVUE DE PRESSE


18 mars 2011

Communiqué de l’association « Français-du-Monde – ADFE – Tunisie »

Visite en Tunisie de Monique Cerisier Ben Guiga

 

Monique Cerisier Ben Guiga, sénatrice française, présidente de l’association «Français-du-Monde – ADFE», sera en visite officielle en Tunisie à partir du 22 mars.

Le Vendredi 25 mars à 19helle donnera une conférence publique sur le thème : « Français-du-Monde – ADFE : une association mondiale face aux bouleversements du monde »

à La Marsa, au lycée français Gustave Flaubert, 16 rue Othman Kaak (près de la station du TGM).

En raison des obligations de sécurité auxquelles sont soumis les lycées, une pièce d’identité sera demandée à l’entrée. Entrée libre.

Au cours de sa visite, elle rencontrera des responsables officiels, politiques, diplomatiques, français et tunisiens. Outre des réunions de travail et entretiens au Consulat de France à Tunis et à l’Institut Français de Coopération, la visite du lycée Pierre Mendès-France et de la médiathèque Charles de Gaulle, elle rencontrera des responsables des associations de parents d’élèves, des syndicats d’enseignants et de personnels administratifs français, ceux de l’association « Français de Tunisie », ainsi que la section locale du Parti Socialiste français.

Le Samedi 26 mars à partir de 15h, elle rencontrera les adhérents de « Français-du-Monde – ADFE » de toutes les régions de Tunisie qui pourront se déplacer pour une rencontre conviviale à l’école française George Sand de Nabeul.

Côté tunisien, elle rencontrera notamment les présidents et secrétaires généraux de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD), des partis Ettajdid, Parti Démocrate Progressiste (PDP), Forum Démocratique du Travail et des Libertés (FDTL).

Le lundi 28 mars, accompagnée d’une délégation de « Français-du-Monde – ADFE – Tunisie », elle se rendra à Sidi Bouzid et à Kasserine pour se recueillir sur la tombe de Mohamed Bouazizi et visiter le « Club des Martyrs » à Kasserine. Elle rencontrera deux nouvelles associations de la société civile tunisienne : l’ « Association Mohamed Bouazizi pour le développement et la lutte contre la marginalisation » à Sidi Bouzid et l’ « Association « Amal » pour la solidarité et le développement à Kasserine » afin de leur apporter amitié et soutien, et d’échanger des points de vue sur la collaboration entres les sociétés civiles, tunisienne et française.


Hillary Clinton appelle à concrétiser « les grands espoirs » suscités par la révolution par des réformes


 
AP: 17/03/11 18:45
 
TUNIS (AP) — En visite à Tunis, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a plaidé jeudi pour la concrétisation des « grands espoirs » suscités par la révolution tunisienne par des réformes.
 
Mme Clinton effectuait son premier voyage en Tunisie depuis la chute du régime totalitaire de l’ancien président Ben Ali.
 
« Cette révolution a suscité de grands espoirs et nous devons la soutenir pour transformer ces espoirs en résultats à travers des réformes politiques, économiques et sociales engagées par les Tunisiens », a déclaré la cheffe de la diplomatie américaine lors d’une visite à un centre de formation de volontaires relevant du Croissant Rouge tunisien (CRT).
 
Elle a exprimé sa considération pour « l’action remarquable » assumée par le CRT pour apporter des aides humanitaires aux dizaines de milliers de réfugiés de diverses nationalités qui ont fui l’insécurité en Libye vers la frontière tunisienne.
 
Elle a fait don à cette association dirigée par le Dr Brahim Gharbi d’une ambulance dotée d’équipements médicaux, à titre de « cadeau du peuple américain ».
 
Créé en 2008 à la faveur d’un don américain, ce centre organise des sessions de formation dans le domaine des aides humanitaires à l’échelle nationale, maghrébine et internationale.
 
A l’issue de cette visite, Mme Clinton a entamé ses rencontres officielles par un entretien avec le président tunisien par intérim Foued Mebazaâ avec lequel elle a examiné « les moyens de renforcer les relations de coopération et de partenariat et d’en diversifier les domaines, au service des intérêts communs ».
 
Citée par l’agence officielle TAP, Mme Clinton a qualifié la révolution tunisienne d' »évènement historique majeur » et d' »exemple à suivre ».
 
Elle a, dans ce contexte, fait part de la disposition des Etats-Unis à apporter son soutien à la Tunisie, au cours de « cette étape importante et délicate, afin de réussir sa transition et de réaliser les aspirations du peuple tunisien à un lendemain meilleur ».
 
Elle a assuré de la volonté de Washington de raffermir la coopération bilatérale dans le domaine économique et de renforcer l’investissement dans les régions prioritaires.
 
De son côté, le président tunisien a donné un aperçu à son interlocutrice des « pas importants franchis par la Tunisie sur la voie de la transition démocratique ».
 
Il a mis l’accent sur « les priorités de la période à venir, s’agissant notamment du développement des régions défavorisées de la multiplication des postes d’emploi et de l’amélioration des conditions de vie des habitants ».
 
C’est de ces régions démunies, notamment Sidi Bouzid, dans le centre-ouest tunisien, qu’est partie l’étincelle de la révolution qui a conduit à la chute du régime totalitaire de l’ancien président Ben Ali qui a fui le 14 janvier dernier en Arabie Saoudite après avoir régné d’une main de fer sur la Tunisie pendant 23 ans. AP

Aucune dictature ne pourra résister au « vent du changement » dans le monde arabe, selon Jerzy Buzek


 
AP: 18/03/11 19:55
 
TUNIS (AP) — « Aucune dictature ne pourra, sur le long terme, résister au vent du changement qui souffle de la Tunisie vers le monde arabe », a déclaré vendredi à Tunis le président du Parlement européen (PE) Jerzy Buzek.
 
Lors d’une conférence de presse tenue au terme d’une visite de deux jours en Tunisie, M. Buzek s’est félicité de l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne en Libye décidée dans la nuit de jeudi à vendredi par le Conseil de sécurité de l’ONU.
 
« Kadhafi devrait savoir que ses voisins arabes et européens ne le laisseront pas tuer son propre peuple », a assuré le président du PE.
 
Selon lui, le cessez-le-feu annoncé par Tripoli « est une première étape, mais ne peut être que le début de la transition du pouvoir ». « Le régime de Kadhafi a perdu toute légitimité et il doit s’en aller. »
 
M. Buzek a par ailleurs fait état de « la disposition de l’Union Européenne à apporter son soutien à la Tunisie dans tous les domaines en vue de parvenir à la réalisation de la transition démocratique » dans ce pays.
 
« L’aide de l’Europe sera adaptée aux besoins de la Tunisie », a assuré le président du PE, qualifiant d' »instructifs » ses entretiens avec les membres du gouvernement tunisien et les représentants de la société civile.
 
Il a annoncé l’octroi par l’Union européenne de six millions d’euros pour aider au « bon déroulement des élections de l’assemblée constituante » prévues le 24 juillet prochain en Tunisie. AP

Hillary Clinton appelle à concrétiser « les grands espoirs » suscités par la révolution par des réformes


 
AP: 17/03/11 18:45
 
TUNIS (AP) — En visite à Tunis, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a plaidé jeudi pour la concrétisation des « grands espoirs » suscités par la révolution tunisienne par des réformes.
 
Mme Clinton effectuait son premier voyage en Tunisie depuis la chute du régime totalitaire de l’ancien président Ben Ali.
 
« Cette révolution a suscité de grands espoirs et nous devons la soutenir pour transformer ces espoirs en résultats à travers des réformes politiques, économiques et sociales engagées par les Tunisiens », a déclaré la cheffe de la diplomatie américaine lors d’une visite à un centre de formation de volontaires relevant du Croissant Rouge tunisien (CRT).
 
Elle a exprimé sa considération pour « l’action remarquable » assumée par le CRT pour apporter des aides humanitaires aux dizaines de milliers de réfugiés de diverses nationalités qui ont fui l’insécurité en Libye vers la frontière tunisienne.
 
Elle a fait don à cette association dirigée par le Dr Brahim Gharbi d’une ambulance dotée d’équipements médicaux, à titre de « cadeau du peuple américain ».
 
Créé en 2008 à la faveur d’un don américain, ce centre organise des sessions de formation dans le domaine des aides humanitaires à l’échelle nationale, maghrébine et internationale.
 
A l’issue de cette visite, Mme Clinton a entamé ses rencontres officielles par un entretien avec le président tunisien par intérim Foued Mebazaâ avec lequel elle a examiné « les moyens de renforcer les relations de coopération et de partenariat et d’en diversifier les domaines, au service des intérêts communs ».
 
Citée par l’agence officielle TAP, Mme Clinton a qualifié la révolution tunisienne d' »évènement historique majeur » et d' »exemple à suivre ».
 
Elle a, dans ce contexte, fait part de la disposition des Etats-Unis à apporter son soutien à la Tunisie, au cours de « cette étape importante et délicate, afin de réussir sa transition et de réaliser les aspirations du peuple tunisien à un lendemain meilleur ».
 
Elle a assuré de la volonté de Washington de raffermir la coopération bilatérale dans le domaine économique et de renforcer l’investissement dans les régions prioritaires.
 
De son côté, le président tunisien a donné un aperçu à son interlocutrice des « pas importants franchis par la Tunisie sur la voie de la transition démocratique ».
 
Il a mis l’accent sur « les priorités de la période à venir, s’agissant notamment du développement des régions défavorisées de la multiplication des postes d’emploi et de l’amélioration des conditions de vie des habitants ».
 
C’est de ces régions démunies, notamment Sidi Bouzid, dans le centre-ouest tunisien, qu’est partie l’étincelle de la révolution qui a conduit à la chute du régime totalitaire de l’ancien président Ben Ali qui a fui le 14 janvier dernier en Arabie Saoudite après avoir régné d’une main de fer sur la Tunisie pendant 23 ans. AP

 

Pierre Lellouche en Tunisie pour renforcer le commerce bilatéral


AFP 18/03/11 | 09:22
 
Le secrétaire d’Etat français au Commerce extérieur Pierre Lellouche a plaidé jeudi soir pour des « relations politiques et économiques les plus étroites possibles avec la Tunisie ».
Arrivé jeudi avec une dizaine de chefs d’entreprise, M. Lellouche a indiqué à l’AFP être venu apporter « le soutien de la France » qui est « le premier avocat de la Tunisie dans l’Union européenne ».
La France est le premier partenaire de la Tunisie, 1.250 entreprises y sont implantées, qui emploient environ 110.000 personnes. « Le climat est bon, nos entreprises veulent rester », a-t-il poursuivi.
Pour lui, l’instauration d’un état de droit est favorable aux affaires et est « dans l’intérêt de la transition », une allusion au système mafieux mis en place du temps du régime du président Ben Ali et du clan de son épouse.
Outre des visites de quelques sociétés françaises, le secrétaire d’Etat devait avoir un entretien vendredi avec le Premier ministre de transition Béji Caïd Essebsi.
La veille il avait rencontré les ministres du Développement économique, de l’Industrie et des Finances.
« Il s’agit de déterminer les moyens les plus concrets et immédiats d’accompagner la transition démocratique en cours » depuis la chute du président Ben Ali le 14 janvier, a-t-il expliqué.
Interrogé sur la position dominante de la France comme premier partenaire de la Tunisie, le secrétaire d’Etat a estimé que la relation commerciale bilatérale était « d’égal à égal ».
« Notre dispositif d’accompagnement doit coller aux choix du gouvernement de transition », a encore dit Pierre Lellouche, qui dit être aussi venu « pour solder les problèmes qu’il y a pu avoir pendant la transition ».
Alors que l’Italie est confrontée à un afflux très important de migrants tunisiens vers l’île de Lampedusa, Pierre Lellouche a par ailleurs estimé que « c’est en développant ce pays que l’on contrôlera les flux migratoires ».
Il a de ce point de vue plaidé « pour un maximum de coopération en matière d’immigration légale et un maximum de fermeté concernant l’immigration illégale ».
Concernant l’impact sur la Tunisie de la crise en Libye voisine, il a parlé de « répercussions immenses ».
Sur le conflit lui-même et l’attitude de la communauté internationale face au régime du colonel Kadhafi, il a estimé que la France, très en pointe sur ce dossier, a eu « une attitude et une position plus morales que d’autres ».

Retournez a Alkasbah sauvez votre revolution


par Dr Soumeya Laarif . old san stephan Hospital Canada Rien n’est fait. Ce gouvernement sois disant provisoire s’inscrit dans la duree, il multiplie nominations de gouverneurs, pdg, motamdins, diplomates, directeurs generaux…etc Mr Sebsi nous dicte deja les lignes rouges que lui seul trace avec sa plume d’ancien ministre de l’interieur et d’ancien chef de la securite de Bourguiba et d’ancien president du parlement de Benali !!  des chiens americains ont deja humilie nos journalistes au sein de notre ministere des affaires etrangeres !  le conseil annonce pour poser les fondations de l’avenir de notre TUNISIE est deja forme de leurs copains, aucune victime du regime de la mafia n’y siege ? aucun opposant de sensibilite islamique n’y siege? ou allons nous avec un president et un premier ministre qui repetent le fameux slogan du dictateur| : bikolli hazm  bikolli hazm mais autrement ?

Tunisie – USA: Pourquoi n’a-t-on pas posé les bonnes questions à Hillary Clinton ?


NessmaTV nous étonnera toujours, elle reçoit l’une des personnalités les plus puissantes de la planète (peut-être un peu grâce à Silvio Belusconi, l’un de ses plus gros actionnaires) et la rencontre se passe en platitudes, en sentiers battus comme si on avait juste voulu se faire plaisir et… faire plaisir à Hillary Clinton! Celle-ci ne s’en est d’ailleurs pas privée en débitant des propos qu’on lit partout dans les journaux à propos de la Tunisie, de l’Algérie, du Maroc, du Sahara Occidental, de la Libye…

Pourtant, une question qui était sur toutes les lèvres aurait dû être posée… pour secouer tout cela et mettre tout de suite la diplomate-en-Chef des USA devant les devoirs de la toute-puissance de sa position; le devoir d’engagement: “Alors que nous sommes à quelques heures de la décision du Conseil de sécurité de l’ONU, si celui-ci vote l’intervention militaire cintre la Libye (ce qu’il a fait en bout de compte), le contre-amiral Harris, patron de la 6ème Flotte US, a-t-il des ordres pour des attaques immédiates contre les défenses aériennes libyennes?“

La Libye, actualité oblige!

Pourquoi justement commencer par cette question? C’est tout simple, ce même 17 mars, des dizaines de citoyens tunisiens se sont rassemblés devant le siège du ministère des Affaires étrangères pour crier haut et fort leur opposition à la visite de la secrétaire d’Etat américaine, génériquement, à cause des “positions américaines négatives vis-à-vis des causes arabes et particulièrement la cause palestinienne“ et du soutien “inconditionnel des Etats-Unis à Israël“ mais, spécifiquement, à cause de l’absence de “position ferme soutenant le peuple libyen“.

Ces manifestants disaient tout haut ce que pensent tous les Tunisiens, et Hillary Clinton le sait. Dans sa conférence de presse en compagnie de notre ministre des Affaires étrangères, elle a pourtant été évasive en parlant d’efforts internationaux visant à protéger les civils et à mettre fin aux exactions de Gueddafi et des décisions de la Communauté internationale en nous laissant sur notre faim quant à l’attitude des Etats-Unis qui, selon elle, soutiendront les décisions du Conseil de sécurité et tiendront à une large participation qui inclut les pays arabes.

Un allié stratégique!

Les officiels tunisiens avaient la tête ailleurs pour être en mesure de demander une attitude plus tranchante de Mrs Clinton. Ils ont tous parlé de l’amitié séculaire et du caractère stratégique qui caractérisent les relations tuniso-américaines en tenant à souligner clairement la volonté de la Tunisie d’ouvrir un nouveau chapitre avec les USA, plus diversifié, plus fort, plus clair…

 

Foued Mebazaa a même demandé de l’aide à mots couverts en parlant juste des “priorités de la période à venir“, c’est-à-dire le développement équitable entre toutes les régions, le développement des plus défavorisées, l’emploi, l’amélioration des conditions de vie…

Démocratie

Hillary Clinton a joué à fond le jeu “amitié“ et “stratégie“… souriant à “la transition démocratique“ et aux “élections libres et transparentes“ pour une “Assemblée constituante“, à la formation des partis politiques, au “potentiel de construction démocratique et de développement économique“ en Tunisie et promettant le soutien des USA dans sa transition vers la démocratie…

Economie, le gros dossier

Hillary Clinton sait également que l’économie a toujours été la tasse de thé des Tunisiens et elle a eu des mots dans ce sens qui font la promesse de programmes pour de nouvelles opportunités d’emploi où l’Overseas Private Investment Corporation donnera de l’argent frais et des garanties qui ont valeur d’argent et encouragera les visites d’investisseurs américains en Tunisie.

Le Congrès créera un Fonds pour les projets tuniso-américains pour épauler les privés qui se lancent dans l’Atlantique. Le gouvernement US serait aussi en train de penser à activer des mécanismes relevant de l’USAID. “La Tunisie est aussi éligible pour contracter des prêts auprès du Fonds pour les défis du millénaire“, a souligné H. Clinton.

Société civile

Un point qu’il faut mettre en évidence car les Etats-Unis en sont particulièrement friands: un nouveau partenariat entre la société civile tunisienne et des sociétés de technologie américaines, comme Microsoft qui soutiendra des associations des droits de l’Homme, de la démocratie et de l’éducation civique avec des ordinateurs, des logiciels, de la formation…

Sur tout cela, sur le sens et l’avenir du concept d’un allié stratégique des Etats-Unis aussi bien que sur les détails de la pratique de la Démocratie, mais également à propos de très gros dossiers comme l’est de fait l’économie dans la Tunisie de l’après-14 janvier 2011 et même sur l’avenir de la Société civile avec les nouvelles règles issues de la légitimité de la Révolution (un concept qui existe bel et bien dans les jurisprudences internationales)…

Sur tout cela donc, des questions auraient dû être posées clairement à Mrs Clinton car pour nous tous, ce n’était certainement pas le moment d’avoir une si haute personnalité à portée de la main et de ne pas être allés au bout de la logique de la Révolution. Pas ce fameux “Dégage!“ qui a fait le tour de la planète mais un appel clair à l’adresse des grands de ce monde pour un “Engage-toi!“ sans réserves.

Source: “wmc” Le 18-03-2011

Hillary Clinton divise les Tunisiens


 

La visite en Tunisie de la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, jeudi, a été marquée, comme attendu, par un succès officiel et un rejet populaire, l’un et l’autre très compréhensible.

Arrivée à Tunis tard mercredi soir, en provenance du Caire après avoir participé à la réunion du G8 à Paris, l’hôte américaine a été reçue, mercredi matin, au palais de Carthage, par Foued Mebazaa. Le président de la république par intérim a réaffirmé, à cette occasion, les étroites relations historiques établies entre les deux pays amis et la nécessité de les renforcer dans tous les domaines. Il a mis l’accent aussi sur les pas importants franchis par la Tunisie, après la révolution du 14 janvier, sur la voie de la transition démocratique. M. Mebazaa a passé en revue également les efforts déployés pour consolider les fondements de l’Etat de droit et des institutions, renforcer les droits de l’Homme et favoriser les libertés fondamentales. Il n’a pas omis de souligner les priorités de la période à venir, notamment le développement des régions défavorisées, la création de postes d’emploi et l’amélioration des conditions de vie des habitants.

«Un exemple à suivre» De son côté, Mme Clinton a exprimé sa grande admiration pour la révolution tunisienne qui, a-t-elle dit, constitue «un évènement historique majeur» et «un exemple à suivre», formant l’espoir de voir les objectifs de cette révolution se réaliser, notamment à la lumière des réformes engagées par les Tunisiens à tous les niveaux. Elle a, dans ce contexte, fait part de la disposition des Etats Unis à apporter son soutien à la Tunisie, au cours de cette étape importante et délicate, afin de réussir sa transition et de réaliser les aspirations du peuple tunisien à un lendemain meilleur, réaffirmant la volonté des Etats-Unis d’Amérique de raffermir la coopération bilatérale dans le domaine économique et de renforcer l’investissement dans les régions prioritaires. Mme Clinton, qui a eu des entretiens avec le Premier ministre, Béji Caïd Essebsi, et le ministre des Affaires étrangères, Mouldi Kéfi, a effectué une visite au siège du Centre national de formation des volontaires relevant du Croissant rouge tunisien (Crt), à Megrine. Elle a loué l’action remarquable de cet organisme (et de tous les Tunisiens) en matière d’aides humanitaires sur la frontière tuniso-libyenne. Ce centre a été créé à la faveur d’un don américain et est entré en activité au mois de mars 2008. Il organise des sessions de formation dans le domaine des aides humanitaires à l’échelle nationale, maghrébine et internationale.

Hommage aux jeunes tunisiens La responsable américaine, qui voulait visiblement rendre hommage aux jeunes tunisiens qui ont fait la révolution, a participé à un talk-show sur le plateau de la chaîne privée Nessma TV, en présence d’un groupe de jeunes triés sur le volet, en majorité des jeunes femmes parlant anglais. Par-delà la polémique suscitée par cette exclusivité accordée aux frères Karoui (ou plutôt à leur coactionnaire Tarak Ben Ammar), l’idée n’était pas mauvaise. Au contraire, Mme Clinton a joué le jeu et a répondu à toutes les questions avec une grande aisance. «La difficile tâche de bâtir une démocratie n’est pas aussi spectaculaire qu’une révolution. On la mène dans les bureaux, les maisons, les écoles, les édifices publics. C’est souvent frustrant (…) mais c’est ce qui reste à faire», a-t-elle dit. Une leçon de simplicité, de spontanéité et de professionnalisme que nos hommes politiques – souvent si mornes et tristes à en mourir – seraient bien inspirés de retenir. Rien que pour cela, le talk-show de Nessma TV était utile.

Rejet de l’hégémonie américaine Reste que, comme il fallait s’y attendre, la visite de la secrétaire d’Etat américaine ne s’est pas passées sans anicroches. Au registre des ratés, le comportement fruste et hautain des chargés de la sécurité de Mme Clinton. La faute incombe au gouvernement tunisien, qui ne s’est pas montré ferme en ce qui concerne ses prérogatives, laissant l’initiative aux hôtes qui se sont comportés sans ménagement. Autre fausse note: les journalistes trimbalés entre le siège du ministère des Affaires étrangères et la Kasbah, où la conférence a finalement eu lieu dans des circonstances moyennement agitées. Dire que les Américains continuent de traîner comme un boulet de fer leurs aventures militaires en Irak et en Afghanistan est un euphémisme. Les Tunisiens, qui n’ont pas oublié le sang versé de leurs frères irakiens, n’ont pas raté l’occasion pour crier leur rejet de la visite de la secrétaire d’Etat américaine. Des manifestations anti-américaines ont ainsi été organisées qui ont perturbé le programme de la visite. Entamées deux jours auparavant à l’appel de Facebookers, ces manifestations hostiles ont été relayées jeudi dans le centre-ville de Tunis, notamment par des partisans du Hizb Ettahrir, formation islamiste radicale dont la légalisation a été du reste refusée ces derniers jours par les autorités tunisiennes. Les manifestants ont crié leur refus de «bases militaires» et du «colonialisme économique» des Américains, voyant dans la multiplication des visites des responsables états-uniens en Tunisie le signe d’une volonté d’influence hégémonique.

Des soupçons légitimes On notera, à ce propos, que neuf jours seulement après la fuite de l’ex-président Ben Ali en Arabie saoudite, Washington a dépêché à Tunis un haut fonctionnaire du département d’Etat, Jeffrey Feltman. Le 23 février, le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé des Affaires politiques, William Burns, a débarqué à son tour à Tunis, pour encourager les nouvelles autorités à «assurer la stabilité» et «organiser des élections libres et transparentes dans les meilleurs délais». Quelques jours auparavant, deux sénateurs John McCain et Joseph Lieberman, avaient effectué le voyage en Tunisie. «Le gouvernement américain et le Congrès sont aujourd’hui déterminés à soutenir la Tunisie durant cette importante période de transition. Notre rôle est de fournir une assistance urgente. La Tunisie constitue un exemple, pas seulement dans la région, mais dans le monde», avait dit le sénateur Mc Cain. S’il est compréhensible – les Américains veulent comprendre ce qui se passe en Tunisie et prendre langue avec ses nouveaux dirigeants –, un tel empressement, au moment où toute la région est en ébullition, notamment la Libye voisine, a de quoi susciter des soupçons légitimes. Il incombe aux Américains de les dissiper par des gestes forts…

Source : « Kapitalis » Le 18-03-2011

L’Amérique n’impressionne plus les Tunisiens


La visite d’Hillary Clinton à Tunis le 17 mars, a été marquée par un rejet populaire. La présence en force et peu discrète des officiers américains de sécurité n’était pas non plus pour plaire à la population.

Sale temps pour la diplomatie occidentale en cette ère de Révolution en Tunisie. A la question posée par une consoeur à l’ambassadeur de France : « Quelle leçon la France ne nous donnera pas maintenant » (et qui l’a mis en rogne !). L’un de nous aurait pu, le 17 mars, si la conférence de presse avait eu lieu au ministère des Affaires étrangères, poser cette question à Madame Clinton : « Quelle menace nouvelle inventera l’Amérique pour tenir la Tunisie en laisse ? » [Une centaine de personnes opposées à la venue d’Hillary Clinton en Tunisie avait organisé un sit-in devant le siège du ministère des Affaires étrangères où des mesures de sécurité draconiennes avaient été mises en place, donnant lieu à des tensions entre les équipes de sécurité tunisiennes et américaines. La conférence a finalement eu lieu au siège du Premier ministre à la Kasbah après plus de trois heures de retard].

L’Oncle Sam a fabriqué Ben Laden et à ses yeux, Ben Ali « se justifiait » parce qu’il représentait « un rempart contre la mouvance intégriste ou ce qu’il  appelle le terrorisme ». Et puis, les Tunisiens n’oublieront pas que Washington a pris son temps pour applaudir à la Révolution tunisienne. Et maintenant, que les choses se clarifient aux yeux de la Maison Blanche, Madame Clinton affirme « l’engagement américain à soutenir la transition démocratique tunisienne, politiquement et financièrement ».

Politiquement, on sait que l’Amérique, pays d’un bipartisme de fait, serait très à l’aise  si une bonne centaine de partis politiques s’installaient sur l’échiquier au nom du respect des sensibilités. Et gare à écorcher les sensibilités religieuses ! Mais sur le plan financier, on ne sait pas vraiment comment vont s’y prendre les Américains.

Cela dit, la démarche américaine reste la même : sa diplomatie consiste immanquablement à faire brandir des menaces. Après Al-Qaïda, voilà que Hillary Clinton agite celle de Kadhafi. « La Tunisie sait très bien que si Kadhafi ne s’en va pas, il va très probablement créer des ennuis chez vous, en Egypte et à n’importe qui d’autre, c’est dans sa nature », a-t-elle déclaré sur Nessma TV. Cela ressemble a du chantage. C’est comme si elle demandait à la Tunisie – comme elle y avait fait allusion en Egypte [où Hillary Clinton s’est rendue le 15 et 16 mars]  – à aider à renverser Kadhafi. Et alors, on ne sait pas vraiment ce qu’est venue faire Madame Clinton. Que nous a-t-elle apporté ? A moins qu’elle ne soit venue prendre, chez nous, la température de la Libye. Quant à la parodie de sa conférence de presse, elle restera dans les annales. Bel échantillonnage de liberté d’expression. Il est vrai qu’elle ne pouvait pas bouger à son aise, comme quelques années en arrière, à Sidi Bousaïd, au centre Ettadhamen et à travers les associations mafieuses d’une certaine… Leïla Ben Ali.

Source : « Courrier international » Le 18-03-2011

Tunisie : Microsoft complice de la censure numérique par Ben Ali


 

 « Business is business », et la responsabilité sociale des entreprises (RSE), chez Microsoft, semble être une notion exogène, comme chez beaucoup d’entreprises du secteur high-tech.

Tout est bon chez Redmond, la ville qui accueille le siège social de Microsoft, pour faire barrage à l’open source et surtout pour faire du business, y compris aider les pires régimes de la planète à opérer de vastes opérations de répression sur leurs populations.

ReadWriteWeb avait révélé en juin dernier, sous la plume de Slim Amamou, le blogueur devenu secrétaire d’Etat, une vaste opération de« phishing » (hameçonnage) opérée par la cyberpolice tunisienne. Parce que cette dernière contrôlait les infrastructures techniques du pays, notamment les serveurs de noms de domaines (DNS), l’équivalent des panneaux routiers sur les autoroutes de l’information, la cyberpolice de Ben Ali avait à l’époque mis en place de fausses pages d’accueil Gmail et Facebook destinées à voler les mots de passe de la population afin de prendre le contrôle de leur profil ou de lire leur correspondance.

Contacté en urgence, Google avait à l’époque promptement réagit (en moins de 24 heures) en imposant à la totalité des connexions en provenance de Tunisie l’utilisation du protocole sécurisé HTTPS, assurant ainsi à leurs clients que le site auquel ils se connectaient était bel et bien le véritable Gmail.

Google, mis au courant régulièrement des démêlées et des divers accrochages que nous avions à l’époque chez ReadWriteWeb, avec la cyberpolice tunisienne, avait, bien avant les révolutions tunisiennes et égyptiennes, un œil sur cette région du monde et la ferme volonté de venir en aide aux populations opprimées.

Mais toutes les sociétés de high-tech n’ont pas adopté une telle conduite. Microsoft, de son coté, a fait précisément l’inverse.

Un problème de sécurité soulevé par Mozilla

Les certificats de sécurité qui permettent de telles connexions sécurisées sont très difficiles à fausser… Sauf avec quelques complicités en haut lieu. C’est clairement ce que semble avoir fait Microsoft.

En incluant au sein du navigateur Microsoft Internet Explorer la gestion de ces certificats de sécurité, le géant de l’informatique a endossé une responsabilité considérable. En donnant à l’Etat tunisien, qui possède sa propre autorité de certification, la possibilité de « labelliser » tous les domaines possibles et non ses seuls domaines gouvernementaux en .tn, il donnait à la cyberpolice une méthode infaillible pour se faire passer, à nouveau, pour Google et Gmail, sans déclencher, pour peu que l’on utilise Explorer et Windows, la moindre alerte de sécurité prévenant l’internaute d’un problème potentiel.

Un problème de sécurité pour les populations soulevé depuis quelques temps par des organisations open source comme Mozilla – et un bel exemple de l’intérêt de l’open gouvernance pour les libertés fondamentales et les droits de l’homme.

Les gouvernements peuvent ainsi, sur simple déclaration et sans contrôle de la part de Microsoft, obtenir la possibilité pour leurs services ou des entreprises dûment mandatées, d’utiliser de tels certificats de sécurité et de les voir inclus dans Microsoft Explorer.

Le geek Ben Ali, trophée Microsoft

Mais le programme de certification offert à la Tunisie va bien plus loin, puisqu’il ne se limite pas aux seuls noms de domaines nationaux en .tn, mais s’étend à tous les noms de domaines (.com, .org, etc) et permet ainsi à Ben Ali et sa cyberpolice de réaliser des attaques informatiques évoluées, comme celle qui a pris place en janvier durant la révolution (attaques du type « Man in the middle »), et qui a permis de priver bon nombre de cyber-résistants de leurs compte Facebook, indispensables à l’organisation d’actions de terrain, ainsi que d’accéder à leur correspondance, afin de déjouer des actions en cours (un auteur tunisien de ReadWriteWeb a été victime d’une telle attaque début janvier).

Négligence caractérisée ou inconscience de la part de Microsoft ? On est en droit d’en douter. Les éloges de Steve Ballmer vis à vis de Ben Ali, a qui il a remis en octobre 2007 le trophée Microsoft pour le leadership mondial en technologies de l’information, laissent peu de doutes sur le fait que le PDG de Microsoft ait été parfaitement conscient de l’usage que l’ex-dictateur tunisien allait faire d’un tel cadeau. Ben Ali est un geek, et de son coté, il était tout a fait capable de saisir les bénéfices qu’il pouvait tirer du coup de pouce offert par Microsoft.

Accuser Microsoft d’avoir réalisé là un acte politique serait cependant aller un peu vite en besogne, l’accord était en réalité plus d’ordre commercial : pour accéder aux sites gouvernementaux de façon sécurisée, les Tunisiens n’avaient pas d’autre choix que d’utiliser Windows et Explorer, seul à intégrer les certificats de sécurité des sites de l’e-administration tunisienne. Un marché gagnant-gagnat, en quelque sorte. Le logiciel libre n’a qu’à bien se tenir.

« Ce que sait faire Microsoft »

Une chose encore : n’allez pas croire que le problème se limite à la Tunisie.Des certificats similaires sont ainsi inclus dans Explorer pour le compte des gouvernements chinois, israélien, turc… Et la moindre mise à jour est susceptible d’allonger la liste.

Surfer sur Internet avec Explorer ? Une pratique à risque si vous habitez ou si vous voyagez dans un pays où le gouvernement est porté sur la surveillance des citoyens à qui Microsoft vend… « ce qu’ils savent faire »…

Source : « Rue89 » Le 18-03-2011

Lien : http://www.rue89.com/2011/03/18/tunisie-microsoft-complice-de-la-censure-numerique-par-ben-ali-195693


 

Tunisie : le CAPES ´nouvelle manière´


M. Taieb Baccouche, ministre de l’Education nationale, a annoncé qu’il faut passer un concours mais avec une nouvelle manière. Il répondait à une question sur la possibilité d’annuler le CAPES (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire), annulation revendiquée par le syndicat de l’enseignement secondaire.

Le ministre a précisé qu’il y aura des épreuves mais d’autres points seront pris en considération dont l’ancienneté, la situation familiale, la situation sociale, l’âge…et les résultats de tous les concours seront publiés dans les médias et sur Internet.

Il a également noté que l’annonce de ces nouvelles procédures de recrutement se ferait au cours des prochains jours.

Source : « Investir en Tunisie » Le 18-03-2011

Tunisie: entre laïcité et islam, le débat fait rage


En Tunisie, l’islam est la religion d’Etat, c’est-à-dire que l’Islam jouit d’un statut privilégié. Mais en pratique, les dirigeants politiques ont toujours fait preuve de modération en matière de religion.  A la suite de la révolution tunisienne, un débat commence à s’instaurer entre les partisans de la laïcité et ceux de l’islam politique ou l’islamisme.  Mais quelles sont donc les divergences qui existent entre ces deux courants de pensée ?

Le mot « laïc » désigne tout individu qui ne soit pas religieux. De là, apparait la notion de laïcité qui implique la séparation entre l’Etat et la religion. Cette séparation a connu sa forme la plus rigoureuse en France par la loi de séparation de l’église et de l’Etat de 1905 qui avait pour but d’empêcher le clergé catholique d’interférer dans les affaires de l’Etat Français.

Cependant, un état laïc n’est pas un Etat athée. Croire en un Dieu est un droit pour chacun mais la religion devient une affaire propre à la sphère privée du citoyen La laïcité implique que l’Etat se tient à égale distance de toutes les religions et qu’il n’en encourage aucune officiellement.

Sur le plan législatif, la loi d’un état laïc peut s’inspirer de certains préceptes ou principes moraux de la religion  sans pour autant tirer sa légitimité d’une religion en particulier.

En Tunisie, on peut dire que le mouvement laïc est relativement récent. On a vu après la révolution plusieurs manifestations dans les grandes villes (essentiellement comme Tunis ou Sousse). Appelant à l’instauration d’un Etat laïque. Hormis les pays laïques comme les Etats-Unis ou la Turquie, il existe également des pays dits « séculiers », dont la constitution fait référence à Dieu.

Par ailleurs, l’islam politique ou islamisme est un courant politique né au 20éme siècle avec l’apparition en Egypte des frères musulmans, groupe fondé en 1928 par Hassan Al-Banna.  Ce courant est né du choc colonial qu’ont vécu les pays musulmans et de leur rencontre avec la modernité occidentale. La solution pour les islamistes réside dans un retour aux sources de l’Islam, qui s’est dénaturé au fil du temps.

Les islamistes réclament une application rigoriste de la Chariaa comme unique source de loi. La Chariaa contrôle les deux sphères  de la vie du citoyen : publique et privée. Une telle approche existe dans deux états du Moyen-Orient que sont : L’Arabie Saoudite et L’Iran.  Deux pays, dont il faut rappeler qu’ils sont en queue de liste en matière des droits de l’Homme.

En Tunisie, deux mouvements revendiquent une identité islamiste à savoir Ennahdha  et  Ettahrir (parti non autorisé).  Le premier, créé en 1981, vise l’instauration d’un état islamique en Tunisie et se dit proche du parti islamo-conservateur turc AKP. Le deuxième est un petit parti salafiste qui prône  l’adoption du califat comme système politique et la dissolution des partis politiques.

Enfin, le débat entre islamistes et laïques consacre la différence entre deux visions de la société totalement antagonistes. Un état laïc est clairement plus en phase avec les droits de l’homme et les libertés individuelles, contrairement à un état islamiste où la situation des droits de l’Homme pourrait connaitre une régression énorme,  non en raison du coran en soi mais surtout à cause de l’interprétation que l’on fait de ce livre saint.

Bref, un parti islamiste peut exister dans un pays laïc (exemple le parti AKP de Tayep Erdogan en Turquie) mais un parti laïc a peu de chance de voir le jour dans un état islamiste. C’est là peut être la principale différence.

Source : « Espace Manager » Le 18-03-2011

Ce soir à la télé: « Du sida et des hommes », la Tunisie d’avant la révolution face au virus


Tourné avant la révolution qui a conduit à la chute du dictateur Ben Ali,Du sida et des hommes,diffusé ce vendredi,à 22h, en clair, sur PinkTV,est le portrait passionnant d’une jeunesse tunisienne en manque de travail et d’information sur la santé et celui d’un pays qui refuse de voir la réalité du sida en face.

Au fil du documentaire, la réalisatrice Élodie Colomar interviewe des personnes atteintes, des médecins ou des responsables d’association. Elle suit longuement Jimmy, séropositif depuis les années 80 et qui met toute son énergie à informer et à éduquer à la prévention.

LE DÉSENCHANTEMENT DES JEUNES Même si ce n’est pas le sujet du film, le désenchantement des jeunes, leur demande d’informations dans un pays où celle-ci est censurée, le poids des coutumes et de la religion, font mieux comprendre ce qui a pu se passer durant les événements du début d’année.

Tournée entre 2007 et 2010, ce documentaire permet aussi de voir des actions de prévention et donne la parole à des hommes gays qui parlent à visage découvert. Dans un pays arabe, c’était déjà une gageure de réussir à les faire témoigner. Autre séquence poignante, celle durant laquelle des élèves d’une école expliquent que les responsables ne souhaitent pas qu’un séropositif vienne témoigner de sa vie avec le sida.

Le tourisme sexuel semble jouer un rôle non négligeable dans la propagation du virus et Onusida estime que la prostitution, féminine et masculine, est responsable de 20% des contaminations. Onusida estime également que 8700 personnes vivent avec le VIH en Tunisie alors que les chiffres officiels sont de 3000 séropositifs déclarés.

Source : « yagg » Le 18-03-2011

Liberté des médias : la Tunisie en bonne voie


Deux mois après la révolution qui a provoqué la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali, les Américains d’origine tunisienne utilisent tous les outils médiatiques à leur disposition, les nouveaux comme les classiques, pour faire aller la Tunisie de l’avant.

Douja Mamelouk, professeur auxiliaire à l’université de Georgetown de Washington, note l’apparition d’une presse libre aujourd’hui en Tunisie. Les chaînes de télévision Hannibal TV et Neesma TV ont une programmation audacieuse depuis décembre 2010 et elles continuent de proposer des forums de discussion aux téléspectateurs.

« Comme on l’entend souvent dire en Tunisie, dit l’enseignante, si vous avez une opinion, faites-la connaître au grand jour maintenant qu’on a une presse libre. On a l’impression qu’après 50 années passées à vivre en silence plus personne ne se tait. »

L’existence d’une presse libre en Tunisie offre aux Américains d’origine tunisienne des occasions d’ajouter leur voix au débat. « Les Américains d’origine tunisienne peuvent jouer un rôle dans la mesure où ils peuvent exprimer leur opinion (…), dire ce qui leur paraît nécessaire, ce qu’ils souhaitent voir se produire en Tunisie », ajoute Douja Mamelouk.

Hédi Jaouad, professeur de langue et de littérature françaises au Skidmore College dans l’État de New York, convient que les Américains d’origine tunisienne doivent s’exprimer dans les médias.

« Parfois, dit-il, il est bon d’avoir un point de vue objectif de la part de quelqu’un qui n’est pas sur place. »

Les réseaux sociaux, tels Facebook et Twitter, dont on sait le rôle important qu’ils ont joué dans l’organisation du soulèvement contre le gouvernement du président déchu Ben Ali, continuent de connecter les gens. « Sur Facebook, les débats sont constants. Le débat n’a pas cessé depuis avant la révolution, ils vont toujours bon train », ajoute Douja Mamelouk.

Il est temps que les entreprises et les services publics soient remis sur les rails, fait-elle encore observer. « Les Tunisiens avec lesquels je suis en contact me disent que le pays doit renouer avec la stabilité pour que le travail puisse reprendre. Il y a eu beaucoup de dégâts, un grand nombre de locaux publics ont été brûlés, la scolarité des élèves et des étudiants s’est trouvée perturbée, etc. », constate ce professeur.

Pour sa part, Mokhtar Sadok, ingénieur aérospatial dans l’Iowa, estime que les Américains d’origine tunisienne peuvent jouer un rôle vital dans la création de débouchés économiques

« Les Américains d’origine tunisienne peuvent contribuer à resserrer les liens économiques et culturels entre nos deux pays en encourageant la mise en route de nouvelles entreprises capables de créer des emplois de part et d’autre de l’Atlantique », explique-t-il.

Malgré les défis qu’elle doit encore relever, la Tunisie est engagée dans la bonne voie alors qu’elle dessine les contours d’un nouveau gouvernement, estiment les Américains d’origine tunisienne.

« Je sais sans l’ombre d’un doute, affirme Douja Mamelouk, que les personnes responsables de la constitution sont extrêmement professionnelles et qu’elles connaissent bien leur travail. Je fais confiance aux futurs agents du pouvoir. »

Pour sa part, Hédi Jaouad compte bien contacter ses représentants élus aux États-Unis pour leur faire part de ses vues sur la situation en Tunisie.

« J’ai l’intention d’écrire à mes élus, dit-il, et de leur demander de se rendre en Tunisie ou d’exhorter le gouvernement à soutenir la Tunisie. Il faut que l’économie retrouve son niveau d’avant la révolution et qu’ensuite elle dépasse largement ce stade. »

Hédi Jaouad entend apporter son concours à la formation d’un nouveau gouvernement par les Tunisiens. Si le gouvernement provisoire a besoin d’observateurs électoraux, par exemple, il est prêt à offrir ses services.

« Je tiens à me porter volontaire pour une mission internationale d’observateurs électoraux, insiste-t-il. Il serait très utile que des Américains d’origine tunisienne fassent partie d’équipes internationales pour que les élections puissent se dérouler dans un climat de liberté et dépourvu d’intimidation. »

Source: “Top medias” Le 18-03-2011

Les Tunisiens seront-ils prêts pour le 24 juillet ?


Les propos du Premier ministre, Béji Caïd Essebsi, et du président du Conseil de l’instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, Iyadh Ben Achour, lors de l’ouverture, jeudi 17 mars, du séminaire de transition démocratique, montrent bien que la préparation des élections du 24 juillet constitue la tâche essentielle du moment.

Les mêmes propos montrent également que la Tunisie est déjà parvenue à des acquis civilisationnels sous lesquels on ne saurait descendre lors de l’écriture de notre nouvelle constitution. MM. Caïd Essebsi et Ben Achour ont été très clairs là-dessus et tracé des lignes rouges.

Pour le Premier ministre, l’article premier de la Constitution qui affirme que ‘La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain: sa religion est l’Islam, sa langue l’arabe et son régime la république’ ne devrait pas être touché. M. Caïd Essebsi affirme également que ‘les acquis de la femme en Tunisie sont intouchables’. ‘Il est possible d’y ajouter. Mais point de recul’, explique-t-il.

Par ailleurs, le Premier ministre a mis l’accent sur d’autres principes associés à la mise sur pied d’un Etat de droit comme l’indépendance de la justice, le respect des droits de l’Homme et la liberté de la presse. ‘Il est nécessaire que les médias diminuent leurs congratulations’, a-t-il expliqué. ‘Leurs propos doivent s’assimiler à des médicaments. Juste ce qu’il faut, ni plus, ni moins’, a-t-il nuancé.

Le professeur Iyadh Ben Achour a rappelé, lui aussi, que ‘l’importance n’est pas dans le changement en soi mais, plutôt, dans l’installation de nouvelles méthodes et styles de réflexion qui doivent nous mener vers les objectifs proclamés par la révolution comme la dignité, la liberté, la justice sociale, la transparence des élections, le respect des minorités, la volonté populaire, etc.…

MM. Caïd Essebsi et Ben Achour ont souligné qu’ils ‘ne sont que de passage et que leur mission se terminera quelques jours après les élections de juillet prochain’. Mais, comment vont se dérouler ces élections ?

M. Ben Achour a expliqué que ‘la tendance était orientée vers une élection présidentielle’ et ‘c’est la volonté du peuple qui l’a renvoyée vers une Constituante’. Il a précisé que ‘sa commission technique pour la préparation des élections est passée donc sous l’autorité du Conseil de l’instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique qui est actuellement formée par 12 partis politiques, 15 organisations de la société civile et 42 personnalités nationales’.

Le Professeur Ben Achour a souligné que ‘des militants de la gauche ont attiré son attention sur la présence de beaucoup d’islamistes dans la composition du Conseil’ et que ‘Cheikh Abdelfattah Mourou a déclaré dans une émission sur Hannibal TV que les islamistes étaient sous-représentés’. Il a affirmé que ‘la composition du conseil n’est pas définitive’ et qu’il va faire de façon à ce qu’elle ‘soit la plus consensuelle possible’.

Concernant les échéances électorales, Iyadh Ben Achour a rappelé que ‘pour réaliser des élections le 24 juillet prochain, le Code électoral doit être fin prêt d’ici la fin du mois de mars’. ‘Il faudrait travailler inlassablement pour respecter cette échéance et ne pas trop s’attarder sur les détails’.

Pour ce qui est du mode de scrutin, le professeur Ben Achour a certes reconnu ‘

l’existence de plusieurs modèles qui seront soumis au conseil comme l’uninominal à deux tours ou le scrutin de listes’. Il a précisé que la commission d’experts n’a pas une position unifiée concernant cette problématique. Chacun a ses propres arguments. Mais il pense que ‘le scrutin de listes avec un mode de décompte proportionnel respectant les plus fortes moyennes serait le plus indiqué pour la situation en Tunisie’.

Le professeur Ben Achour affirme toutefois que ‘la commission technique est là pour appliquer les choix du Conseil de l’instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique’.

Pour ce qui est de l’opération électorale, il a confirmé le fait que les prochaines élections ‘se feront sur présentation de sa carte d’identité nationale’ et que ‘les bases de données existantes vont servir pour dresser les listes électorales’.

L’opération électorale du 24 juillet prochain nécessite donc des étapes préalables pour les préparatifs de sa tenue. Il est impératif de trouver le moyen le plus efficace pour délimiter les listes d’électeurs selon des critères pré-établis, d’opter pour un mode de scrutin consensuel et d’établir un calendrier englobant les phases de dépôt des candidatures, des réclamations, de la campagne électorale, du jour d’élection et des mécanismes de dépouillement.

La première phase comporte l’adoption du Code électoral que le Conseil de l’instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique doit adopter le plus rapidement possible pour être dans les temps le 24 juillet. Mais, est-ce vraiment réalisable ?

Source: ”Business News” Le 17-03-2011

« J’écris dans un sentiment partagé de liberté et de crainte »


Jonas Hassen Khemiri secoue une Suède qui ne sait plus vraiment comment elle doit se reconnaître.Ce jeune écrivain de 32 ans, né à Stockholm de père tunisien et de mère suédoise, passe au shaker les langues, les origines, les identités. En France, on ne connaît encore que son deuxième roman, Montecore, un tigre unique (Le Serpent à plumes, 2008) et sa pièce de théâtre Invasion ! (Ed. théâtrales, 2008), mise en scène par Michel Didym. Des textes où l’humour grinçant bouscule le racisme, les peurs, les préjugés. Et où les mots mêlés donnent à

ceux qui s’en emparent un pouvoir inespéré.

Vous avez été élevé dans des langues différentes. Comment vous en êtes-vous servi ?

Chez nous, on parlait le suédois, le français, l’anglais et l’arabe. A l’école, j’ai suivi des cours de français et d’anglais. Aujourd’hui, je parle un peu français, mais plutôt comme un enfant. Je suis allé plusieurs fois en Tunisie, le pays de mon père, pour tenter de m’approprier davantage l’arabe. Je le maîtrise mal… Ce qui m’est apparu tôt, c’est qu’à la maison mes parents utilisaient une langue ou une autre en fonction des situations. Pour la vie de tous les jours, c’était d’emblée le suédois. Mais lorsque ma mère et mon père étaient dans une relation plus intime, plus tendre, ils s’exprimaient en français. J’ai compris qu’il existait un lien entre les moments et les langues. Entre une langue et l’identité d’un moment.

Je suis l’aîné d’une famille de trois garçons. Mes frères ont 6 et 8 ans de moins que moi. Lorsqu’ils sont nés, mon père était devenu bien plus à l’aise avec le suédois. Ça avait changé. Si la langue permet de s’exprimer, celui qui la maîtrise mal peut se sentir démuni, blessé. J’étais étonné de voir à quel point les gens attachaient de la valeur à la pureté de la grammaire, de la syntaxe. La différence des langues pose le problème de la différence tout court. Quand j’étais petit, je trouvais bizarre que les mots ne soient pas les mêmes. Et normal de jouer avec eux. C’est ce qui m’a conduit à l’écriture.

Comment cela a-t-il commencé ?

Je tenais mon journal intime vers l’âge de 7 ans. Je me contentais des faits, de la réalité quotidienne. Puis je me suis rendu compte qu’il était possible de la changer. D’en faire autre chose. De modifier mes souvenirs. De recréer un monde. J’ai vécu cela dans un sentiment partagé d’immense liberté et de crainte. La langue et les mots avaient une importance parce que leur mise en oeuvre amenait une foule de conséquences. Mes découvertes, mes émotions littéraires ont été d’abord suédoises : Selma Lagerlöf, Hjalmar Söderberg, et ce fou de Carl Jonas Love Almqvist. Les pièces de Strindberg, bien sûr. Puis Per Olov Enquist, et, ailleurs, Vladimir Nabokov, Marguerite Duras… J’ai toujours écrit en suédois. Même si, à un moment, j’ai essayé de faire des chansons de rap en anglais.

 

Vos textes ont été beaucoup traduits à l’étranger…

J’ai publié deux romans, un recueil de nouvelles, quatre pièces de théâtre. Montecore, un tigre unique est maintenant édité dans une dizaine de pays. Invasion !, ma première pièce, a été montée en Allemagne, en Norvège, en France, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis. J’en reste assez éberlué et je rends grâce, vraiment, à mes traducteurs. Je m’en sens dépendant et, à chaque fois, très proche. Leur travail est comme un nouveau livre. Une interprétation. Je suis responsable de la version suédoise et puis les mots se transforment. Je perds le contrôle de mes personnages.

Kadir, l’interlocuteur ambigu du fils dans Montecore, utilise la langue un peu comme un masque. Il se cache. Je voulais que ce qu’il dise soit difficile à cerner. Que cela laisse perplexe. Dans le texte original, j’ai bombardé son suédois de formules, de consonances françaises. J’ai inventé des mots. Et voilà qu’avec la traduction, Kadir se met à parler français ou américain. Comment ? C’est fou. Ça me plaît bien. Qui est manipulé ? A la perplexité du lecteur s’ajoute ainsi la mienne.

Source: “Le Monde.fr” Le 17-03-2011

Université – Qu’est-ce qui doit changer Grandes Ecoles/ Grandes Facultés / Système LMD

“ Le fourre-tout ”


 

Interview de Tahar Gallali, universitaire, ancien directeur de la Cité des Sciences à Tunis et ancien président de l’Université de la Manouba – Dans l’entretien suivant, Tahar Gallali, professeur à la Faculté des sciences de Tunis, ancien directeur de la Cité des sciences de Tunis et ancien président de l’Université de la Manouba, analyse, de son point  de vue, quelques uns des défis à relever dans cette étape révolutionnaire dans les domaines universitaires et scientifiques, en particulier

*Le Temps : vous avez été directement associé, au cours de ces dernières décades, au développement des systèmes universitaires et scientifiques en Tunisie, en qualité de professeur à la Faculté des sciences de Tunis, directeur de la Cité des sciences de Tunis et président de l’Université de la Manouba, et ce, parfois, aux côtés d’hommes de grande loyauté comme feu le professeur Mohamed Charfi. A votre avis, quelles leçons, les Tunisiens sont-ils en mesure de tirer, aujourd’hui, de la riche et longue expérience qu’ils ont acquise, depuis l’indépendance, durant ces 55 dernières années, en vue de rebâtir leur  nouvel avenir, comme il se doit, à la lumière des principes de la Révolution du 14 janvier ?

-Tahar Gallali – La réponse à votre question revient à dire sous quel angle juste faut-il voir et analyser les étapes précédentes de l’histoire récente de la Tunisie. En ce qui me concerne, je pense que maintenant que la Révolution a triomphé et que ses principes sont en voie d’être institutionnalisés, il est temps de faire l’état  des lieux, s’agissant des nombreuses et grandes réalisations que l’Etat tunisien libre et indépendant et le peuple tunisien ont accomplies durant les 55 dernières années. J’estime même que la Tunisie a accompli des surplus de réalisations, dans plusieurs domaines, comme l’enseignement, la santé, le tourisme et l’infrastructure. Le réseau des établissements universitaires en Tunisie est l’un des plus denses dans le monde. Il existe des pôles universitaires, pratiquement, dans chaque région du pays. Il en va de même dans le domaine du tourisme, et sur le plan de l’infrastructure aéroportuaire, nous avons un réseau très dense d’aéroports dans tout le pays. La Capitale Tunis est remplie de ponts et d’échangeurs. Cependant, tout cela n’a pas empêché la Tunisie de connaître d’énormes problèmes de tout ordre.

   Déjà, en 2000, il y a plus de dix ans, j’avais écrit un article dans le journal ‘’Assabah’’ où j’avais mis en garde contre la bombe à retardement représentée par le chômage grandissant des diplômés du supérieur. Aussi, j’estime que cette étape révolutionnaire offre au peuple tunisien une occasion des plus propices pour récupérer et s’approprier les réalisations considérables qu’il a accomplies aussi bien avant l’indépendance, durant la lutte de libération nationale, qu’après l’indépendance en matière de développement, et qui ont été spoliées et injustement attribuées aux deux hommes placés aux commandes de l’Etat, pendant ces 55 dernières années.

*Pour revenir à la situation universitaire et scientifique, quel rôle revient-il, aujourd’hui, à l’Université tunisienne dans l’œuvre de reconstruction de la Tunisie dans cette étape, en particulier ?

-Quoi qu’elle soit une fierté de la Tunisie libre et indépendante, l’Université tunisienne est, à mon avis, en crise, pour ne pas dire en panne, et je dirais, à cours d’imagination et de création. Ses dysfonctionnements sont  aussi nombreux que variés allant de la neutralisation de toute forme de contestation et  de l’asservissement de la pensée, à   l’incapacité  du modèle actuel  d’inventer par lui -même des nouvelles professions et à sa conséquence directe, l’accumulation des frustrations. Ce modèle  a vécu .Une université qui génère autant de diplômés chômeurs, ne peut plus perdurer. Il faut la refonder pour qu’à nouveau, elle devienne un des moteurs essentiels du développement du pays.

   A  présent, le défi est double : répondre aux attentes du moment – et elles sont énormes- et se donner  le temps de la réflexion pour  reconstruire  le projet de demain.

   Dans l’immédiat, l’une des urgences  est  d’instaurer   au sein de  l’enceinte universitaire ce qui lui   a souvent fait défaut : la confiance. Le  gouvernement de transition s’y attelle et l’institution universitaire se dégrippe. Sa priorité, à elle aussi, est de  rassurer en assurant les étudiants  de  la réussite  de l’année en cours.

   Quant au projet qui engage, il nous faudra  apprendre à discuter d’abord, pour réformer ensuite.

   Parce qu’il s’agit d’une réforme profonde, qui va bien au-delà de  la revendication  de démocratisation  dans le fonctionnement des structures  universitaires, elle ne saurait être du  seul ressort des universitaires eux-mêmes. Le débat doit être ouvert aux autres acteurs de la société, critique et contradictoire. Trois  questions au moins, méritent d’être discutées en préambule à ce  débat : Quelle nouvelle   mission ? Quoi préserver du  modèle actuel ? Avec quelle gouvernance ?

 *Concernant la mission, en particulier, s’agira-t-il de refondation ou de rénovation ?

-De refondation ou de  rénovation, la question n’est pas que de pure sémantique, le nouveau chantier universitaire  ne peut faire  «du passé, table rase». Quoi préserver, alors ? Quid de la dernière réforme en date qui a  instauré le fameux «LMD». Ambivalente est cette refonte du cursus. Si son annonce  n’a pas soulevé de  fronts de refus, sa mise en application continue par contre  de soulever bien d’interrogations. La  formation  «Grandes écoles/ Grandes facultés fourre-tout que le cursus LMD a rendu encore plus duale, est-elle encore d’actualité ? La mobilité et  l’optimisation annoncées des moyens sont-elles compatibles avec  la carte universitaire dans sa configuration actuelle ? La déconnexion structurelle institutions de recherche /institutions d’enseignement  comme la  multiplicité de leur tutelle permettent-elles  de valoriser toutes les compétences et les moyens en présence ? Autant de questions qui renvoient en définitive à un  droit d’inventaire. A présent que le gouvernement de transition affirme jouer la carte de la transparence, un  état des lieux, faisant la part des choses, l’acquis à préserver, de l’anachronique à corriger ou  à supprimer, aiderait certainement  les  citoyens à s’immiscer dans ce  «chantier»  pour  en  débattre en connaissance de cause.

*Beaucoup reprochent, en effet, à l’Université tunisienne d’avoir accepté d’être transformée en un appareil de formation de cadres et techniciens au service des besoins du marché et de l’économie, c’est-à-dire d’être à la traîne, au lieu d’être une locomotive. Qu’en pensez-vous

-En effet, outre la production du savoir, l’ouverture sur l’universel et la comparaison à plus performant que soi, l’Université tunisienne se doit également d’anticiper  sur les besoins réels  de la société en créant la demande et générer des emplois qu’on ne connaissait pas auparavant. Elle ne peut être que locomotive, à l’amont de l’entreprise  et non l’inverse, comme vous l’avez dit. C’est le sens et l’unique sens d’une université au service de la société. Alors comment faire de l’Université cette institution qui tire vers le haut, un ascenseur social, performant et accueillant ?

 Parce que les savoirs se créent désormais partout, aussi bien à l’université qu’à l’entreprise, l’Université de demain se doit  d’aller chercher les compétences ailleurs, en dehors d’elle-même. Saura-t-elle devenir  suffisamment attractive   pour drainer des personnalités  de renom, recruter les  jeunes chercheurs les plus doués de leur génération, tenir à fréquence régulière des grandes manifestations culturelles et  scientifiques,  et intérioriser au passage le changement radical de pédagogie qu’impose l’explosion des nouvelles technologies de l’information ?Un tel saut qualitatif ne peut avoir le jour sans un retour critique de l’Université sur son articulation avec le socle qui la porte, le système éducatif. C’est assez tôt que la connaissance s’acquiert, bien avant que l’élève ne devienne étudiant, que les esprits ne commencent à se former et que l’aptitude, à son tour, ne commence à s’organiser.

Parce que personne ne peut  continuer à  vivre professionnellement au rythme de son temps en s’appuyant uniquement sur sa formation de base, la formation continue tout au long de la vie devient impérative et une composante constitutive de toutes les universités qui ont fait ce choix,  leur  taux de fréquentation est bien supérieur le soir ou pendant les congés que durant les jours ouvrables

*Il y a aussi le problème épineux du financement et de la gestion des universités. Qu’en dites-vous ?

-La capacité des universités de s’administrer elles-mêmes est un principe souvent invoqué  sauf que ses défenseurs acharnés, les bailleurs de fonds, la Banque Mondiale en tête, omettent de souligner que l’une des conséquences de ce principe est qu’il  n’y ait de salut  pour  les universités publiques dans leur sortie de crise de financement  que   dans  leur alignement  sur le modèle entrepreunarial. Dans cet  étranglement,  fortement inspiré par la vieille théorie du capital humain, l’enseignement supérieur  cesse d’être un bien public fondamental  et devient un investissement dont les bénéficiaires doivent supporter partiellement ou totalement la charge. Si nous  tenons à ce bien public,  quelle  gouvernance alors pour que  l’Université  ne se remette à reproduire les frustrations  et  les exaspérations d’hier ?   

   Autre question et non des moindres   : aujourd’hui «l’aura de l’universitaire et de l’université» n’est plus ce qu’elle était et la profession ne fait plus autant rêver, en témoigne l’allongement dans  l’âge des candidats à leur premier recrutement. L’Université de demain saura-t-elle faire rêver la jeunesse, persuader les meilleurs d’embrasser cette carrière et de  permettre ainsi  à l’excellence de s’installer en priorité chez elle? Comment  la  rendre  plus attrayante qu’elle ne l’est à présent ? La  revalorisation des statuts et des plans de carrière y contribuera certainement. Sommes-nous prêts à  mettre les moyens ?

Source: ”Le Temps” Le 18-03-2011

Conseil de réalisation des objectifs de la révolution : Controverses sur la composition


 

Le Conseil de l’instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique a tenu hier sa première réunion au siège de l’ancien Conseil économique et social et en présence du Président de la République par intérim, Foued Mebazaâ, et sous la présidence du Professeur Iyadh Ben Achour.

M. Mebazaâ a rappelé dans son allocution que ce «Conseil est indépendant» et qu’il a pour objectif de «légiférer en matière de transition démocratique dans un esprit consensuel fidèle à la révolution».

Contestations

Des controverses ont marqué les débats lors de cette séance inaugurale. Le représentant du Mouvement des patriotes démocrates a quitté la réunion en réaction au «mode de désignation des membres de ce Conseil, non conforme selon lui avec les accords passés avec M. Caïd Essebsi». Il a reproché à cette composition «l’absence de représentants de la jeunesse et des régions».

Quant au représentant d’Ennahdha, M. Noureddine Bhiri, il a contesté «l’absence de consensus dans la désignation de ce Conseil d’où certaines associations ont été exclues».

Le représentant du Parti démocratique progressiste, Mongi Ellouze, reproche, quant à lui, «le nombre réduit des membres issus des partis (12) comparativement à ceux des ONG (15) et des personnalités indépendantes (42), ce qui réduit l’impact des partis lors de cette phase».

L’avocat indépendant, Abdelaziz Mzoughi, a rappelé l’analyse faite de la révolution tunisienne qui souligne qu’«aucun parti ne peut se vanter d’avoir dirigé cette révolution» et que «ce sont des jeunes et des citoyens indépendants qui l’ont fait». M. Mzoughi a rappelé au représentant d’Ennahdha «leur signature du pacte national avec Ben Ali en 1992» et affirmé que «les indépendants peuvent eux aussi faire d’autres manifestations pour défendre leur révolution et lui éviter le dictat des partis». Il a appelé à un consensus «au service de la Tunisie».

Nouvelles tractations?

Une vingtaine d’interventions sont prévues pour cette entrée en matière du Conseil de l’instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique. La séance se poursuivait alors que le journal était mis sous presse.

Il est fort probable que, comme l’ont proposé quelques intervenants, «de nouveaux pourparlers seraient entamés pour renforcer la composition du Conseil», surtout que M. Ben Achour a insisté sur «l’ouverture sur toutes les propositions, notamment pour intégrer les jeunes et les représentants des régions». Il faudrait «présenter des demandes au Premier ministre», a-t-il expliqué.

Une vingtaine de contestataires se sont rassemblés devant le lieu de la réunion pour exprimer leur refus de «certaines figures désignées au sein du Conseil qui sont en connivence avec l’ancien régime» et leur condamnation de «l’absence des jeunes et des régions».

Source: “Le Quotidien” Le 18-03-2011

Thank you Tunisia


 

As the flow of migrant workers from Libya started to roll into Tunisia from the Ras Jdir border late February, there was hardly anyone there other than the Tunisian border guards and its army to receive them.

The dramatic uprising of the people in Libya to oust the Gaddafi regime, ruling for 42 years with iron hands, sent a wave of shock and fear among the estimated 200,000 migrant workers there. They fled towards the borders of Egypt, Tunisia and Niger. How most of these workers were subjected to torture, robbery and rape while travelling through Libya to reach the borders is a different story.

First wave of people to cross the Ras Jdir border were the Egyptians, then came the Chinese and in the third wave came the Bangladeshis in their thousands.

Tunisia, recovering from a stunning popular uprising in December, 2010, that ousted the 23-year-old corrupt regime of president Zin el Abedin Ben Ali on January 14, 2011, had never experienced anything like this in its history. When thousands walked into its soil to flee Gaddafi’s atrocities, the hard working and hospitable Tunisians were busy picking up from the scratches of the “revolution” that claimed the lives of nearly 250 people.

The news of thousands of workers arriving on their soil spread throughout the Tunisian territory of 165 square kilometres and to its 12 million people.

The spirit of the just-ended revolution rose again among the people. This time for the welfare of others who are in need of food and shelter. Before the international aid workers reached the crisis area, about 60,000 displaced people were there in Ras Jdir under the open sky.

From every corner of Tunisia, men and women rose to the need of the moment. They raised money, food, clothes, tents, water and rushed there to help. Thousands of families in the two adjacent districts, Medenine and Tataouine, cooked food at home and drove their own transports over a 100 kilometres to the border to feed the Bangladeshis, Egyptians, Chinese, Somalis and others. In Zirzas, under Medenine district, 100 kilometres away from Ras Jdir border, people opened up schools, youth centres and doors of their own homes to the fleeing thousands.

Gilbert Greenall, leader of the United Nations Disaster Assessment Coordination Team in Choucha camp, arrived on March 2. When he arrived, up to 15,000 people of different countries were crossing into Tunisia every day through Ras Jdir.

 

“In my 30 years of experience in different countries of the world, I have never seen a public response as generous as the Tunisians towards the displaced people,” said Greenhall. “It was definitely the spirit of their revolution that raised the entire people to start an amazing gesture of generosity.”

Aida Boulsene, an IT expert working at a hotel at the tourist town of Zarzis, narrated how the Tunisian people reacted to the events in Libya.

There are instances during the first days of the exodus from Libya when every shop in Tunisia asked its clients for donation for the displaced people. Then they arrived in Choucha in trucks and other vehicles with relief, Aida said.

“One of my maternal uncles works as a chef. He took leave from his job to open a kitchen in Choucha to feed the hungry people arriving there,” Aida said. “We knew we had to help, we did not hesitate despite our own struggles in day to day life.”

The Tunisian revolution that ended on January 14 with the departure of president Ben Ali, triggered uprising throughout the Arab world ruled by dictators decade after decade. Tunisians had to wait for 23 years for the ignition that set off the revolution.

The story of the revolution goes back to a small town called Sidi Bouzid where Bou’aziz, a university graduate, discovered that his degree was not enough to secure a decent employment. Bou’aziz turned to selling fruit and vegetables for a living but when security forces confiscated his vending cart, on December 7, 2010 he torched himself with gasoline in public in front of the local government building. Bou’azizi’s death ignited a series of protests across Tunisia and brought down the government at an incredible speed.

At the Choucha camp yesterday, where currently 15,000 displaced people, including 6,200 Bangladeshis, are sheltered, the number of Tunisian volunteers working long shifts is simply overwhelming. Different Tunisian private organisations have joined the 80 aid organisations here with anything from portable toilets, rubbish bins, tents, and food and water. On the main road between Zarzis and Choucha, convoys of relief materials were seen yesterday heading for the camp.

Mona Alouane, a third-year student at the Tunis University of Fine Arts came to Choucha, 700 kilometres from home with seven of her friends to help the Bangladeshis, for what she thought, the most helpless people of the lot in Choucha camp.

“When I asked for a shift to work at the camp, the authorities told me I could work from 8:00pm to 2:00am which I accepted with pleasure,” said Mona. “This experience has taught me that there are more desperate people in this world than I.”

Firas Kayal, the UNHCR spokesperson at Choucha camp, said during the eight years that he has been working with UNHCR at different places, he has never seen such generosity from the locals.

“In the beginning of the crisis had the Tunisian people not come forward to help, there would have been a humanitarian catastrophe,” said Kayal.

A Tunisian telecommunication company called Etisalat along with a French company Telecoms Sans Frontieres opened up booths for the displaced people at the Choucha camp so that they can call toll-free to their countries.

 

“You have to thank the Tunisian government first that allowed in these thousands of people many of whom without any travel documents,” Kayal said, “The Tunisian army has been doing the magic job of maintaining law and order in the camp as well,” Kayal added.

 

There are others too in the unprecedented race to help in this part of the world. The Muslim Hands, a charity organisation from UK, has opened a kitchen for the hundreds of stranded workers who have to spend up to 24 hours at the Djerba International Airport before boarding flights for their countries. They are serving 10,000 meals a day at the airport, Aslan Nursat of the Muslim Hands said.

 

For the Tunisians, hope had been a rare commodity before Bou’aziz’s revolution. Bou’aziz’s sacrifice has brought back hope not only for Tunisians alone but also for many people, including the distressed Bangladeshis here. But just as the power of hope should not be underestimated, neither the danger of hope unfulfilled

Source: “The Daily star” Le 19-03-2011

What Next in North Africa?


 

Sometimes the toughest question in world politics is: “And then what?” It is the question I shall be asking — and starting to answer — at Saturday’s summit in Paris to discuss Libya.

History is littered with examples of wars won, only for the subsequent peace to be lost. In Europe, terrible mistakes made after the First World War paved the way for the Second World War. We were more successful after 1945, despite the Cold War, because we understood that we needed to do more than defeat Hitler. We had to rebuild a shattered continent.

With Libya, success means not just protecting civilians in the days ahead, or even securing the end of Colonel Muammar el-Qaddafi’s regime. Success requires a strategy for what we do afterwards. I intend to focus my discussions on how we rise to that challenge.

We know in principle what needs to be done to lay the foundations of deep democracy — the kind that lasts and does not get blown away. We need the rule of law, administered by honest police forces and independent judges. We need national and local government to be efficient and transparent. We need enforceable property rights, freedom of speech and free trade unions. Above all, we need prosperity to spread fast enough and wide enough for the whole society to feel it has a stake in democratic reform.

These are not simply Western liberal ideas. In recent weeks, I have personally found that they inspire reformers in Tunis and Cairo, and my staff has found a great appetite for them on the streets of Benghazi and even Tripoli.

I shall set out what the European Union can do, and how we want to work with the rest of the Western world — and, vitally, the Arab League — to achieve just that. Some people have called for a new Marshall Plan. The sentiment is surely right. However, 21st century North Africa is not the same as 1940s Europe. We need to fashion a new and targeted strategy for the task at hand. This is precisely what we have been working on in the E.U. At its heart are three M’s — money , market access and mobility .

Regarding money , I want Europe to contribute billions of euros to develop the economies of Libya, Egypt and Tunisia. Part of this will come from the E.U.’s own funds; I hope E.U. member states and parliamentarians will join with me in seeking the rest from the European Investment Bank and the European Bank for Reconstruction and Development.

Earlier this week I met Egypt’s planning minister, Fayza Aboulnaga. She told me that her most urgent need was to build one million more houses. I want Europe, working with others, to help her do so — and to help fund infrastructure projects across in Tunisia and post-Qaddafi Libya, too. We also have the resources, expertise and determination to help build the institutions of a healthy civil society, and have already started discussing specific projects with the new governments in Tunis and Cairo. And we can help to arrange and oversee free elections.

However, we know that in the end aid can play only a limited role. Countries must work and trade their way to prosperity. This is why market access matters so much: the ability to sell goods to better-off countries.

As North Africa’s nearest wealthy neighbor, Europe has a crucial role. In formal terms, there are already few trade barriers. But there are other obstacles. We rightly insist that imports, ranging from food to manufactured products, meet the highest standards. So we need both to remove the remaining tariff barriers over time, and also work with North Africa’s new democracies to help them in practice to sell goods and services into Europe.

One specific measure I am asking E.U. member states to adopt is a program to support rural development in North Africa, so that Egypt, Tunisia and, in due course, Libya will be able to grow food to the quality that European consumers demand. All these measures should help to attract the private investment that will be vital to achieve prosperity.

Greater mobility also needs a range of measures. The E.U. already has a number of scholarship programs such as Erasmus Mundus, EuroMed Youth and Tempus. These can be enhanced to bring more students to Europe and so help to enhance the skills base of the new democracies. We should also review our visa arrangements, so that business men and women, and those with professional skills, are able to travel between Europe and North Africa more easily.

I readily concede that this agenda lacks glamour. But it does not lack ambition. In recent weeks, many have said that the events of North Africa pose a special challenge to which the E.U. must rise. I agree. It is important for the world that Libya, Egypt, Tunisia and other countries in the region become stable democracies. It is especially important to Europe, for these countries are our neighbors. Failure would be bad for our citizens, not just horrific for theirs.

The test for us is not just what happens in the days ahead, but what happens in the months and years after peace returns and the media’s attention has switched to crises elsewhere. Saturday’s meeting in Paris gives us the chance, which we must seize, to plan for peace.

Source: “The New York Times” Le 18-03-2011

Lien: http://www.nytimes.com/2011/03/19/opinion/19iht-edashton19.html

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