19 mars 2011

TUNISNEWS
10 ème année,  N°3952 du 19.03.2011
archives : www.tunisnews.net 


AP: Tunisie: l’opposant Marzouki prône une « commission vérité et réconciliation »

Amor Harouni: Suppression de la direction de la surete de l’etat et de la police politique en Tunisie

Kamel Chaabouni: Contribution à l’élaboration d’une Constitution pour une Deuxième République Tunisienne


REVUE DE PRESSE


Tunisie: l’opposant Marzouki prône une « commission vérité et réconciliation »


 AP 19/03/11 21:16
 
TUNIS (AP) — L’opposant tunisien Moncef Marzouki a appelé dimanche à la mise en place d’une « commission vérité et réconciliation » semblable à celle créée en Afrique du Sud après la fin de l’apartheid, afin de tourner la page de la répression et des abus commis sous le régime Ben Ali.
 
« Les personnes impliquées devront reconnaître leurs forfaits avant de bénéficier du pardon dans un esprit de tolérance », a plaidé ce professeur de médecine, qui se défend d’être un partisan de « la chasse aux sorcières ».
 
Lors d’une conférence de presse, le chef du Congrès pour la République (CPR) qui envisage de se porter candidat à la présidence le moment venu, a néanmoins jugé impératif de traduire les principaux responsables du régime déchu devant la justice, « car il ne faut pas oublier que des gens sont morts sous la torture ».
 
Pour rompre définitivement avec « le régime dictatorial de Ben Ali » dont il était un farouche détracteur, il a plaidé pour « l’assainissement du corps de la sécurité et de l’appareil judiciaire ».
 
Récemment, le ministre de la Justice au gouvernement de transition a mis à l’écart cinq juges qui avaient condamné des opposants et défenseurs des droits de l’Homme lors de procès qualifiés d' »inéquitables », voire de « scandaleux » par nombre d’organisations non gouvernementales tunisiennes et internationales.
 
Des élections sont prévues en Tunisie le 24 juillet prochain pour instituer une Assemblée constituante appelée à élaborer une nouvelle Loi fondamentale.
 
Pendant 23 ans, le président Zine el Abidine ben Ali a dirigé la Tunisie d’une main de fer, jusqu’à ce qu’il soit acculé à la fuite en Arabie saoudite par la Révolution populaire du Jasmin à la mi-janvier. AP

                   PPRESSION DE LA DIRECTION DE LA SURETE DE L’ETAT ET DE LA POLICE POLITIQUE EN TUNISIE


Amor Harouni

Tunis le 18 Mars 2011

Lors d’une conférence de presse du 1er ministre du gouvernement provisoire Tunisien, Monsieur Béji Caïd Essebsi, une question lui a été posée par un journaliste qui paraissait soucieux quant au devenir des agents de la police politique, il lui a répondu que certains seront mis à la retraite, d’autres seront recasés et pour les inculpés ils seront poursuivis conformément à la loi. Or, il y’a lieu de faire remarquer que ces membres de la police politique recasés n’ont aucune chance d’être respectés par la population faute de confiance dans la relation entre les services de sécurité et le citoyen.

Peut-on oublier les ravages occasionnés par ce clan du rcd de ben ali, tels que tortures, assassinats, harcèlements continus, surveillance, kidnappings, matraquages etc… .

Cette bande n’a ni foi ni loi et n’a sécurisé que le régime dictatorial au lieu de sécuriser le citoyen. A cet effet, le gouvernement doit prendre ses gardes envers ces criminels pour ne pas justifier l’adage : « retour de Halima à son rite d’antan » (récidive) car normalement, ils doivent endurer les mêmes peines qu’ils ont infligées à la population. D’un autre côté, le 1er ministre a laissé entendre que la police politique est composée d’un effectif de 200 personnes, chiffre qui reste à discuter. Je vous cite un exemple parmi tant d’autres pour les harcèlements dont a été  victime mon fils Abdelkarim Harouni, l’actuel Secrétaire Général de l’Organisation Liberté et Equité et Membre Exécutif du parti Ennahdha et ce depuis sa libération de la prison après une détention de 16 années dont 10 années dans l’isolement illégal et inhumain. L’harcèlement continu a été renforcé aussi bien à notre domicile au Kram-Ouest et surtout durant les 3 derniers mois avant la Révolution qu’au lieu de son travail, son domicile et dans tous ses déplacements avec 3 voitures et motocross et 6 agents  en moyenne sans compter les indicateurs des comités des quartiers du rcd et autres âmes (charitables) parmi le voisinage. L’ harcèlement ne l’a pas également épargné dans le lieu de son travail ainsi que de son domicile. Je laisse le soin à quiconque de ne pas oublier que cette armada de filature coute cher aux pauvres contribuables (véhicules, carburant, salaires et autres) à ce service d’insécurité et non de sécurité.   

Par ailleurs, j’ai remarqué dans un commentaire : « pour une réconciliation  nationale sur la question de la suppression de la sureté de l’état qui suscite des réactions  torrentielles dans la presse nationale à l’annonce de cette mesure par Monsieur le Ministre de l’Intérieur en y lit, les dangers potentiels que provoquent la disparition de cette structure sur l’invulnérabilité de l’état, la suppression de ce département prive en effet la Tunisie de son fondamental de défense face aux ingérences externes de toutes sortes et celui qui s’en prive s’expose à  tous les périls, ajoutant qu’aucun pays au monde, aujourd’hui fût-il parmi les plus démocratiques ne songerait à démanteler une telle structure, sous peine  de porter une grave atteinte à sa sécurité nationale. Les états conscients de ce rôle allouent à ce secteur des ressources phénoménales et ne lésinent pas sur les sacrifices à consentir ». 

Pour ma part, je pense que le danger extérieur n’est pas pris à la légère mais ce qui nous intéresse c’est que les ressources précitées sont en grande partie réservées à l’aspect répressif attribué à la direction de la sûreté de l’état. L’écrit souligne que « juger des milliers d’hommes, ce beau monde devant les tribunaux n’est pas aisé soulignant que les appels revanchards allant dans ce sens risquent de nous mener très loin et cite que maints exemples dans l’histoire ont montré que les inquisitions et les chasses aux sorcières ne sont pas toujours la bonne solution pour corriger les erreurs ».

Il reste une chose qu’il faut comprendre, il ne faut pas mater seulement les grosses pointures du régime déchu mais le système tout entier est à revoir c’est-à-dire les tentacules du parti unique, tels que chambre des députés, des conseillers et responsables dans tous les organes de l’état qui ont piétiné l’honneur et la dignité de tout un Peuple ainsi que le détournement de ses deniers et le privant de sa liberté en pratiquant une impitoyable stratégie de la mort lente.  


Contribution à l’élaboration d’une Constitution pour une Deuxième République Tunisienne

A l’initiative de Me kamel Chaabouni, Avocat


 

Chers compatriotes

Chers confrères

C’est avec un grand l’honneur et un immense plaisir que votre serviteur vous présente cette modeste contribution à l’élaboration d’un projet de Constitution pour une Deuxième République Tunisienne. Cet effort personnel ne prétend nullement à l’exhaustivité, il comporte sûrement des lacunes et des faiblesses. Mon intention est d’apporter humblement une brique à l’édification d’une Deuxième République Tunisienne fonctionnant selon un système parlementaire, démocratique fondé sur la souveraineté populaire et respectant toute religion en garantissant son autonomie et son indépendance vis-à-vis du politique, condition nécessaire à sa cohabitation pacifique avec l’Etat et la société civile. Dotée d’une nouvelle constitution capable de faire fonctionner adéquatement les différents pouvoirs de l’Etat et  offrant le plus de garanties de liberté et de démocratie à son peuple qui les mérite bien, en vue de ses nobles sacrifices, la Tunisie sera un phare pour les démocraties du monde entier. Il est primordial et urgent de nous atteler tous, simples citoyens et juristes, à la rédaction collective d’une nouvelle constitution pour une Deuxième République afin d’éviter qu’une constitution, élaborée par des technocrates coupés du peuple, ne soit imposée à notre peuple sans aucune consultation. Vos bonnes volontés, vos esprits vigilants et critiques ne manqueront pas d’apporter à ce modeste projet constitutionnel toutes les remarques, les compléments, les suggestions mais aussi de révéler les manques et d’apporter les critiques dont il a besoin afin de faire de ce projet un effort conjoint et une construction collective digne d’un peuple à la hauteur des défis qui l’attendent.

Merci de contribuer à ce projet en écrivant votre opinions à: kamelchaabouni@yahoo.fr

Préambule

La grande révolution tunisienne déclenchée entre le 17 décembre 2010 et le 14 janvier 2011 par le vaillant peuple tunisien lui a permis de se débarrasser   d’un régime politique tyrannique et despotique grâce aux sacrifices des jeunes tunisiens qui ont payé  un lourd tribu a cette révolution   sacrifiant leur vie sur l’autel de la liberté et de la démocratie. Le peuple tunisien reconnaissant s’incline devant la mémoire de  ses glorieux martyrs tombés sur le champ d’honneur sous le feu d’une dictature sanguinaire et honnis abreuvant  de leur noble sang la terre de notre chère patrie pour que plus jamais le peuple tunisien ne vive sous la tyrannie et pour que le soleil de la liberté et de la démocratie brille à jamais sur la Tunisie.

En fidélité à la mémoire de ses glorieux martyrs qui ont ouvert la Tunisie, pour la première fois de son histoire millénaire, sur une ère prometteuse de liberté, de démocratie et de dignité, le peuple tunisien, réuni en Assemblée Constituante s’engage à travers l’adoption d’une nouvelle constitution à instaurer un régime politique d’essence démocratique, à favoriser la liberté totale et effective des citoyens tunisiens, à œuvrer au respect des droits de l’homme et à garantir les libertés individuelles et publiques des citoyens, une constitution dont le but est d’œuvrer à la réalisation de la justice sociale et de l’équité,  au développement et à l’épanouissement général des citoyens, une constitution qui œuvre à l’unité nationale, à la coopération et à la paix entre les nations et les peuples  du monde entier

Nous, représentants du peuple tunisien libre et souverain, arrêtons, la présente constitution :

CHAPITRE PREMIER

De la nature de l’Etat tunisien

 

Article premier. La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain. Son régime politique est une République démocratique  et parlementaire.

Article 2. Toute religion est autonome théologiquement et indépendante financièrement et fonctionnellement  vis-à-vis de l’Etat. L’Islam est la religion de la majorité du peuple tunisien, il constitue son patrimoine spirituel et un  fondement principal de sa civilisation, il est une source d’inspiration éthique, morale  philosophique et juridique.

Article 3. Les religions juive et chrétienne sont reconnues par l’Islam et jouissent de la liberté et de la protection de l’Etat tunisien, leurs adeptes  jouissent du respect, de la bienveillance et de la considération du peuple.

Article 4. La langue arabe classique est la langue nationale et la première langue officielle de la Tunisie. Les langues française et anglaise sont de secondes langues officielles indispensables à l’ouverture de la Tunisie sur le monde.

Article 5. La langue berbère, l’arabe dialectal, la culture, le savoir-faire familial, les traditions populaires, la littérature orale dans leurs diversités régionales  sont  l’héritage et le patrimoine millénaire du peuple tunisien. L’Etat œuvre à leur sauvegarde et leur promotion.

Article 6.   Les civilisations berbère, carthaginoise, romaine, byzantine, arabe, turque et française et leurs apports culturels, linguistiques et religieux  sont  la fierté de la Tunisie et une source d’inspiration pour son présent.

Article 7. La Tunisie constitue une partie intégrante du Monde Arabe à l’unité duquel elle œuvre dans l’objectif d’édifier graduellement un Etat fédéral dans le respect de l’identité spécifique de chaque peuple.

Article 8. La Tunisie est une composante solidaire de l’Afrique, et de la Méditerranée avec qui elle entretient des liens privilégiés de coopération dans l’intérêt de tous.

Article 9. Le drapeau de la République Tunisienne est rouge, il comporte, dans les conditions définies par la loi, en son milieu, un cercle blanc où figure une étoile à cinq branches entourée d’un croissant rouge.

La devise de la République est : Liberté, Dignité, Justice, Tolérance.

                                                                                                   CHAPITRE DEUXIEME

DES LIBERTES ET DE LA DEMOCRATIE EN GENERAL

Article 10. Les citoyens tunisiens sont égaux en droit et en devoirs sans distinctions dues à leur sexe, leur âge, leur origine, leur état social et financier, leur handicap, leur religion, leur langue,  leurs choix philosophiques ou leur sexualité.

Article 11.Les ressortissants  étrangers  régulièrement résidents en Tunisie jouissent des mêmes droits que les citoyens tunisiens y compris le droit de vote dans les élections municipales mais sont exclus des élections présidentielles et législatives. La nationalité tunisienne leur est accordée de droit s’ils sont nés en Tunisie.

Article 12. Les principes philosophiques, politiques, éthiques et juridiques de liberté, de  légalité, de démocratie, d’humanisme, de justice, de respect, d’équité, de solidarité, de tolérance et de séparation du temporel par rapport au spirituel sont des sources fondamentales de législation de l’Etat tunisien.

Article 13. La liberté d’expression et d’action de toute personne  est absolue et plénière, elle n’a de limites que la loi pénale ou une décision de justice définitive. La permission est la règle. La prohibition est l’exception. Tout ce qui n’est pas interdit par une disposition légale justifiée et motivée par l’ordre public politique, économique ou social est permis.

Article 14.  Les formalités administratives et la procédure judiciaire ne doivent pas entraver l’exercice effectif de la liberté individuelle ou collective. L’autorité judiciaire est juge des entraves à la liberté ou de son usage abusif.

Article 15. L’Etat garantie et assure le financement équitable de la liberté d’expression, de réunion, de manifestation et d’association sans autorisation administrative préalable sur n’importe quel support écrit, audio-visuel, informatique ou sur la voie publique.

Article 16. Le respect de l’intégrité physique et morale  de toute personne humaine présente sur le territoire national est garanti. Toute forme de maltraitance, de harcèlement moral et sexuel, de torture ou de peine capitale est bannie.

Article 17. Toute être humain victime de violations de ses droits reconnus par la Déclaration Universelle des droits de l’Homme  a droit à l’asile politique en Tunisie et ne peut être extradé vers son pays d’origine

Article 18. L’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance, le droit de circuler librement sur le territoire national, d’y fixer son domicile, de le quitter et d’y retourner sont garantis. Les documents d’identité (carte d’identité nationale) et les documents de voyage (passeport) sont un droit fondamental, gratuit. Nul ne peut en être privé sauf décision de justice dûment motivé par la sécurité nationale.

Article 19. Nul ne peut être banni de la patrie, livré à un pays ou autorité étrangère, ni déchu de sa nationalité tunisienne légitimement acquise. Tout citoyen présent sur le territoire national ayant commis une infraction pénale à l’étranger peut se faire juger et purger sa peine en Tunisie.

Article 20. Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à l’établissement de sa culpabilité à la suite d’une procédure lui offrant les garanties indispensables à sa défense.

Article 21. La peine est personnelle et ne peut être prononcée qu’en vertu d’une loi antérieure au fait punissable.

Article 22. Le droit de propriété est garanti. Il est exercé dans les limites prévues par la loi.

Article 23.  La défense de la patrie et de l’intégrité du territoire est un devoir sacré pour chaque citoyen.

Article 24. Le paiement de l’impôt et la contribution aux charges publiques, sur la base de l’équité, constituent un devoir pour chaque personne physique ou morale.

Article 25. Les fichiers informatisés sont strictement organisés et prévus par la loi. Toute personne, désirant radier son identité d’un fichier informatisé peut en saisir le juge des libertés en référé. Le respect de la vie privé, du domicile, de la correspondance sous quelle forme qu’elle soit est garanti.

Article 26. Tout citoyen, quel que soit sa condition sociale ou culturelle, son âge, son niveau d’instruction, son mode d’expression ou son handicap a droit à la parole et à l’écoute pour exprimer ses opinions en toute liberté dans la presse et lors de réunions publiques. Le droit de réponse à autrui est garanti. En cas d’entrave, le juge de libertés doit ordonner à tout organe de presse, radio, télévision ou site internet de laisser s’exprimer le requérant.

Article 27. Personne n’est censé ignorer la loi. L’Etat œuvre, à travers les médias, à la diffusion de la culture juridique pour tous. Toute personne est présumée innocente jusqu’à preuve de sa culpabilité. Les prévenus, en garde à vue, retenus à la disposition de la justice ou en détention provisoire, doivent être, autant que possible, assignés à résidence dans leur domicile privé, si toutes les conditions de sécurité définies par le juge et libertés sont réunies et respectées par le prévenu. A défaut le lieu de sa détention doit présenter les conditions d’un confort digne.

Article 28. La police judiciaire est tenue de déférer au Parquet,  qui doit lui-même, aviser le Juge des libertés dans l’heure qui suit l’arrestation de toute personne soupçonnée d’avoir commis une infraction pénale. Tout prévenu détenu dans les locaux de la police ou de la gendarmerie doit être traité avec politesse et respect. Il a droit à la visite d’un avocat et d’un médecin dans l’heure qui suit son arrestation.

Article 29. Seul les magistrats du parquet, ou les notaires, sur commission rogatoire, sont habilités à interroger les suspects et en présence de leurs conseils. Tous les aveux extorqués par la violence physique, morale ou le chantage sont nuls et non avenus. La police judiciaire est habilitée à dresser exclusivement des constats d’infraction par des procès-verbaux et de traduire les prévenus au parquet

Article 30. Les peines, ne sont rendues qu’à la suite d’un procès contradictoire équitable respectant la procédure judiciaire débouchant sur un jugement définitif  et après l’épuisement de toutes les voies de recours.

Article 31. Les établissements pénitenciers, dévolus à l’exécution des peines doivent répondre à des normes de confort qui sauvegardent la dignité humaine, l’intégrité physique et morale des détenus et permettre leur développement culturel et professionnel.

Article 32. La liberté de l’expression, de diffusion de la pensée individuelle et collective sur tous les supports écrits, parlés, radio ou télédiffusés ou informatiques est totale et absolue et ne souffre d’aucune exception hormis la diffamation visant des personnes ou des minorités, de l’expression de la haine raciale ou sexiste et de l’incitation publique à la transgression des lois pénales

Article 33. Seul le juge des libertés dispose du pouvoir de qualifier une expression comme relevant des exceptions à la liberté de l’expression. Le juge des libertés est seul habilité à sanctionner sur le plan civil exclusivement tout usage abusif de la liberté d’expression à la demande d’un justiciable qui s’en estime lésé personnellement ou collectivement. Nul ne peut être poursuivi pénalement pour avoir exprimé ses opinions quels qu’elles soient. Les peines privatives de liberté ne peuvent s’appliquer à l’abus fait de la liberté d’expression.

Article 34. La publication de tout document imprimé et sa diffusion, ainsi que le lancement de toute radio ou télévision ou de site sur Internet est libre et ne requiert aucune autorisation administrative. La conformité de toute action, expression, publication, association ou parti à loi et à l’ordre public est soumise exclusivement au contrôle à posteriori du  juge des libertés.

Article 35. Le droit de créer un parti politique, une association, un syndicat ou tout groupement de citoyens pour défendre toute cause et représenter tout intérêt privé ou public est garanti sans aucune autorisation préalable.

Article 36. Les citoyens et leurs organisations ont le droit d’organiser, à charge d’aviser préalablement, dans un souci d’ordre public, les autorités compétentes, des réunions, des marches, des assemblées, des rassemblements, ou des démonstrations pacifiques afin d’exprimer leurs opinions, leur approbation ou leur mécontentement. L’État a l’obligation de fournir les conditions matérielles et de sécurité à l’exercice de ces manifestations.

 

CHAPITRE TROISIEME

       DE L’AUTONOMIE ET DE LA LIBERTE DES RELIGIONS

Article 37. L’Etat assure l’indépendance du temporel vis-à-vis du spirituel. Il est neutre face à toute religion, il n’en favorise aucune. L’Etat  préserve l’autonomie des religions et assure  leur égalité. Il ne s’immisce dans la gestion d’aucun culte. Il assure la libre pratique cultuelle.

Article 38. Toute personne est libre de croire à la religion de son choix, de changer de religion ou de ne pas en avoir.  L’Etat garanti la liberté de conscience et des convictions spirituelles et philosophiques. L’Etat assure le respect de la liberté de conscience et de culte de chacun.

Article 39. Toute personne qui le souhaite doit pouvoir recevoir par des organismes spécialisés l’enseignement religieux de son choix. L’enseignement des religions est assuré par les écoles étatiques de manière scientifique, objective et égale. L’enseignement religieux cultuel est libre dans les lieux de culte et en dehors des écoles étatiques sauf appel à la haine d’autrui et des autres religions.

Article 40. Nul ne peut s’arroger le droit de se prévaloir d’une religion exclusivement ni de l’exploiter à des fins politiques ou mercantiles.

Article 41. Toutes les religions doivent s’organiser démocratiquement au sein d’un Haut Conseil qui en assure la gestion financière et administrative. Tout financement d’un culte par des  ressources étrangères est prohibé.  

 

 

CHAPITRE QUATRIEME

 DE L’ORGANISATION DES POUVOIRS PUBLICS

Du pouvoir populaire

Article 42. La souveraineté appartient au peuple qui l’exerce directement à travers des Assemblées Populaires accessibles à tous les citoyens sans distinction, au moyen de propositions de lois soumises au Parlement, de référendums, de pétitions ou de manifestations sur la voie publique.

Article 43. La souveraineté s’exerce aussi par délégation à travers des élections libres, transparentes, régulières au suffrage universel, direct et secret à tous les niveaux de la vie politique, administrative, sociale, économique, culturelle et associative

  Article 44. Le pouvoir politique légitime est organisé selon les principes démocratiques,  il a pour essence et origine  la souveraineté populaire dont émane les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. La séparation de ces pouvoirs est un fondement de l’Etat tunisien.

Article 45. Le peuple est souverain et maître de sa destinée. La souveraineté populaire est la source de tout pouvoir politique, elle s’exprime, selon le principe un citoyen une voix, par  la majorité relative des suffrages exprimés lors de référendums, de pétitions ou d’élections périodiques.

Article 46. Les pouvoirs publics à l’échelle nationale, régionale ou locale, de leur propre initiative ou à l’initiative du peuple s’exprimant par une pétition, doivent organiser des référendums pour recueillir l’opinion du peuple sur toute question  d’intérêt général qui le divise.

Article 47. Une assemblée  populaire  siégeant en permanence dans chaque gouvernorat  permet à tous les citoyens sans distinction d’exprimer leurs opinions.  Les opinions des citoyens sont consignées par écrit par deux notaires. Elles sont impérativement  transmises à la commission des lois du  Parlement  et  faire l’objet de propositions de lois

Article 48. Le peuple, suite à une pétition rassemblant cent mille  signatures déposés par devant notaires, ou sur la base d’une proposition émanant d’une Assemblée Populaire régionale, ou le Chef du gouvernement, un tiers des députés ou des sénateurs,  peuvent soumettre directement au référendum des projets ou des propositions de la loi ayant une importance nationale ou les questions touchant à l’intérêt supérieur du pays. Lorsque le référendum a conclu à l’adoption du projet, le Président de la République le promulgue dans un délai maximum de quinze jours à compter de la date de proclamation des résultats.

 

Du pouvoir législatif

Article 49. La loi est l’expression de la volonté du peuple souverain. Le pouvoir législatif a pour mission d’élaborer des lois dans l’intérêt général applicables à l’ensemble des citoyens sur l’ensemble du territoire national. Il est exercé par les élus du peuple réunis au sein d’un Parlement à la faveur d’élections libres, transparentes, pluralistes, équitables et périodiques au suffrage universel direct et secret

Article 50. Le peuple exerce le pouvoir législatif par l’intermédiaire des Assemblées Populaires régionales, de l’Assemblée Nationale et du Sénat.

Article 51. Tout citoyen tunisien quel que soit son âge et sa condition  peut siéger dans une Assemblée Régionale Populaire suite à un tirage au sort quotidien.

Article 52. Est électeur et ou éligible à l’Assemblée Nationale ou au Sénat tout citoyen majeur de nationalité tunisienne respectivement le jour de l’élection ou de sa candidature .

Article 53. En cas d’impossibilité de procéder dans les délais prescrits aux élections, pour cause de guerre ou de péril imminent, le mandat de la Chambre des Députés est prorogé par une loi jusqu’à ce qu’il soit possible de procéder aux élections

Article 54. Le siège de l’Assemblée Nationale et du Sénat est fixé à Tunis ou sa banlieue. Toutefois, dans les circonstances exceptionnelles, la Chambre des Députés peut tenir ses séances en tout autres lieu du territoire de la République.

Article 55. Chaque parlementaire est le représentant de la nation entière.  Il ne peut  cumuler d’autres mandats électifs. Il ne peut exercer d’autre fonction que l’enseignement universitaire ou la recherche scientifique. S’il est choisi pour un poste ministériel il doit démissionner, il est alors remplacé par son suppléant

Article 56. A son élection et à la fin de son mandat tout parlementaire doit présenter au bureau de sa chambre respective un état de ses ressources, de ses biens meubles et immeubles et de ses avoirs en numéraires ainsi que ceux de son conjoint et de ses enfants mineurs.

Article 57. Un parlementaire ne peut être poursuivi, arrêté ou jugé en raison d’opinions exprimées, de propositions émises ou d’actes accomplis dans l’exercice de son mandat au sein de la chambre.

Article 58. Aucun parlementaire ne peut, pendant la durée de son mandat, être poursuivi ou arrêté pour crime ou délit, tant que la chambre concernée n’aura pas levé l’immunité parlementaire qui le couvre. Toutefois, en cas de flagrant délit, il peut être procédé à son arrestation. L’assemblée en est informée sans délai. La détention du parlementaire est suspendue si l’assemblée le requiert.

Article 59. Le Parlement réunis en Congrès peut habiliter le Chef du gouvernement pendant un délai limité et en vue d’un objet déterminé à prendre des décrets-lois qui doivent être soumis à la ratification du Parlement à l’expiration de ce délai.

Article 60. L’Assemblée Nationale et le Sénat adoptent les lois organiques et les lois ordinaires à la majorité absolue de leurs membres

Article 61. Le projet ou proposition de loi organique ne peut être soumis à la délibération de l’Assemblée Nationale qu’à l’expiration d’un délai de quinze jours après son dépôt. Il est après délibération de l’Assemblée Nationale transmis au Sénat en deuxième lecture et délibération et retransmis à l’Assemblée Nationale pour son adoption définitive

Article 62. Le Parlement vote les projets de loi de finances et de règlement du budget dans les conditions prévues par la loi organique du budget.

Article 63. Le budget doit être voté au plus tard le 31 décembre. Si passé ce délai, le Parlement ne s’est pas prononcée, les dispositions des projets de loi de finances peuvent être mises en vigueur par décret, par tranches trimestrielles renouvelables

Article 64. Le Parlement se réunit chaque année en session ordinaire commençant dans le courant du mois d’octobre et prenant fin dans le courant du mois de juillet. Toutefois, la première session de chaque législature débute dans le courant de la première quinzaine de novembre. Pendant les vacances, l’assemblée se réunit en session extraordinaire à la demande du Chef du Gouvernement ou de la majorité absolue des députés.

Article 65. Le Chef du Gouvernement peut, pendant les vacances de l’assemblée, prendre, avec l’accord de la commission permanente intéressée, des décrets-lois qui doivent être soumis à la ratification de l’assemblée au cours de la session ordinaire suivante.

Article 66. Les traités n’ont force de loi qu’après leur ratification par le Parlement. Les traités dûment ratifiés ont une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de leur application par l’autre partie.

Article 67. Sont pris sous forme de lois les textes relatifs :

– aux modalités générales d’application de la Constitution autres que celles devant faire l’objet de lois organiques;

– à la création de catégories d’établissements et d’entreprises publiques;

– à la nationalité, à l’état des personnes et aux obligations;

– à la procédure, devant les différents ordres de juridiction;

– à la détermination des crimes et délits et aux peines qui leur sont applicables, ainsi qu’aux contraventions pénales sanctionnées par une peine privative de liberté;

– à l’amnistie;

– à l’assiette, aux taux et aux procédures de recouvrement des impôts.

– au régime d’émission de la monnaie;

– aux emprunts et engagements financiers de l’Etat;

– aux garanties fondamentales accordées aux fonctionnaires civils et militaires.

La loi détermine les principes fondamentaux :

– du régime de la propriété et des droits réels;

– de l’enseignement;

– de la santé publique;

– du droit du travail et de la sécurité sociale

Article 68. Les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi, relèvent du pouvoir réglementaire général.

Article 69. Le plan de développement est approuvé par la loi. La loi autorise les recettes et les dépenses de l’Etat dans les conditions prévues par la loi organique du budget

Article 70. Le parlement est composé de deux chambres, L’Assemblée Nationale et le Sénat composée chacune de deux cent élus au suffrage universel direct et secret.

Article 71. L’Assemblée Nationale est élu selon le système uninominal à deux tours de scrutin pour cinq ans. Les députés élus dès le premier tour sont les  candidats ayant obtenus la majorité absolue des voix dans chaque circonscription, à défaut les deux candidats ayant obtenus le  plus voix au second tour sont élus définitivement à la majorité relative.  Le Sénat est élu selon le système uninominal à un tour unique de scrutin pour cinq ans. Les Sénateurs élus sont ceux ayant obtenus le plus de voix dans l’ordre décroissant.

*Remarque : Ce mode de scrutin permet de dégager une majorité à l’Assemblée Nationale capable de former un gouvernement stable et de voter les lois. Le scrutin à un tour unique pour l’élection du Sénat permet la représentation en son sein des courants politiques exclus du second tour de l’Assemblée Nationale

Article 72. L’Assemblée Nationale  et le Sénat suite à leur élection rédigent leur règlement  intérieur et élisent respectivement parmi leurs élus des commissions permanentes qui siègent même en cas de vacances parlementaires. Ces commissions sont les  suivantes :

         La commission des lois

         La commission des  affaires politiques

         La commission  des affaires étrangères

         La commission de la sécurité intérieure et de la défense nationale

         La commission des affaires économiques,

         La commission des  affaires sociales

         La commission des  affaires culturelles et de  l’enseignement.

Article 73. Le Parlement peut à la faveur d’une pétition populaire, ou à la demande du chef du gouvernement, ou suite à un vote à la majorité relative de l’une des chambres constituer une commission parmi les députés ou les sénateurs en vue d’enquêter sur une affaire ou d’examiner une question.

Article 74. Tout citoyen tunisien, homme ou femme, majeur, jouissant de ses droits civiques peut être candidat et électeur aux élections législatives.

Article 75. Le Congrès du Parlement est la réunion des deux chambres en une séance commune à la demande du Chef du gouvernement ou des deux tiers de l’une ou l’autre des chambres en vue de trancher un différend législatif

Article 76. La loi est élaborée par le Parlement après une première lecture par l’Assemblée Nationale, une seconde par le Sénat et une définitive par l’Assemblée Nationale en respectant les principes démocratiques. En cas de différend entre les deux chambres entravant l’adoption d’une loi, les deux chambres se réunissent en Congrès du Parlement. La loi est promulguée conjointement par le Président de la République et le chef du gouvernement  au nom du peuple tout entier

Article 77. Tout projet de loi doit tenir compte des aspirations de la Nation à la faveur de consultations préalables des composantes de la société civile et des catégories sociales qu’elle vise. Les propositions de loi  peuvent émaner de l’initiative populaire ou des députés du peuple. Les projets de lois émanent  du gouvernement

Article 78. Tout projet ou proposition de loi est étudié  impérativement par la commission des lois de chacune des chambres. Il est ensuite examiné  successivement par  l’Assemblée Nationale et le Sénat. La loi est adoptée après une dernière lecture par  l’Assemblée Nationale ou du Congrès du Parlement. Elle promulgué par le Président de la République et publiée dans les quinze jours sur le Journal officiel de la République Tunisienne sous sa forme papier et informatique. Elle est applicable un jour franc après sa publication. La loi peut prévoir son application différée ou son application rétroactive sauf  à mettre en cause les intérêts acquis

Article 79. Les élections et les référendums sont organisés par une Haute Instance des Elections selon une loi électorale qui fixe les modalités de leurs déroulements  et de proclamations des résultats. Le pouvoir exécutif ne peut s’y immiscer. La justice est seule compétente pour examiner et rendre son verdict sur toute contestation électorale.

Article 80. Les parlementaires prêtent de concert, au cours de la première assemblée plénière tenue par le Congrès du Parlement après les élections, le serment suivant :  » Nous jurons de rester fidèle à la mémoire des martyrs de la Révolution tunisienne et aux idéaux démocratiques, de servir notre pays loyalement, de respecter la Constitution et l’allégeance exclusive à la Tunisie.

                                          

                                                                                                    Le pouvoir Exécutif

Article 81. Le pouvoir exécutif est assuré par un Président de la République figure symbolique de l’Etat et un gouvernement  dirigé par un Chef du Gouvernement qui définit et conduit la politique de l’Etat

 

Section I : Le Président de la République

Article 82. Le Président de la République est le Chef de l’Etat, il ne dispose d’aucun pouvoir politique sa fonction est purement  symbolique,  honorifique et protocolaire. Il doit observer une attitude d’absolue neutralité face aux courants politiques, religieux, sociaux de la patrie. Il est le symbole consensuel de la Nation et œuvre à la promotion de l’image de la Tunisie auprès des  nations étrangères.

Article 83. Le président de la république est élu pour un mandat unique de dix ans au suffrage universel, libre, direct et secret durant les soixante jours suivant la vacance de son poste suite à un décès, une destitution ou une incapacité constatée et approuvée par le parlement dans les conditions prévues par la loi électorale

Article 84. En cas d’impossibilité de procéder en temps utile aux élections pour cause de guerre ou de péril imminent de procéder aux élections, le Président est élu à la majorité relative par le Parlement réuni en congrès  extraordinaire, jusqu’à ce qu’il soit possible de procéder à des élections

Article 85.Peut se porter candidat à la Présidence de la République, tout tunisien ou tunisienne, marié, âgé d’au moins 70 ans et 80 ans au plus le jour du dépôt de sa candidature, jouissant exclusivement de la nationalité tunisienne, de père et de mère tunisiens et  de tous ses droits civiques.

Article 86. Les candidats à la présidence de la République ne doivent exercer aucune profession, ni être actionnaire ou associé dans aucune société, ni être membre d’aucune association ou parti politique. Ils ne doivent représenter ou montrer un penchant pour aucune obédience, ni partis politiques. Lors de leur candidature, ils doivent être auditionnés et révéler leur patrimoine aux deux  commissions politiques du Parlement et leurs candidatures approuvés par le Parlement réunis en Congrès extraordinaire à la majorité absolue

Article 87. Le Président de la République est le garant de la continuité de l’Etat. En cas de crise politique empêchant la désignation d’un Chef du gouvernement, désigne à titre transitoire durant six mois un député chargé de former un gouvernement assurant le pouvoir exécutif jusqu’à l’élection d’un Chef de Gouvernement.

Article 88. Le Président de la République élu prête devant le Parlement réuni en Congrès  le serment suivant :

« Je jure devant le peuple tunisien de rester fidèle aux idéaux de la Révolution tunisienne et à la mémoire des martyres de la Tunisie, de respecter la constitution, de sauvegarder l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire et de garder la neutralité absolue face aux divers courants politiques de la nation ».

Article 89. Le siège officiel de la Présidence de la République est fixé à Tunis et sa banlieue. Toutefois, dans les circonstances exceptionnelles, il peut être transféré provisoirement en tout autre lieu du territoire de la République.

Article 90.Le Président de la République accrédite les représentants diplomatiques auprès des puissances étrangères. Les représentants diplomatiques des puissances étrangères sont accrédités auprès de lui.

Article 91. Le président de la République dispose du droit de grâce sur proposition du chef du gouvernement.

        

                              SECTION II: Le chef du gouvernement

Article 92. Le pouvoir exécutif est exercé par le Chef du gouvernement assisté d’un gouvernement.

 

Article 93. Le Chef du gouvernement est élu par l’Assemblée Nationale parmi ses élus à la majorité absolue, lors de sa première séance faisant suite aux élections législatives.  L’élection du Chef du gouvernement est entérinée par le Président de la République qui le reçoit et le désigne solennellement à son poste

Article 94.  Les membres du gouvernement, les hauts fonctionnaires et les hauts officiers de l’armée et de la police ou de la gendarmerie sont proposés par le Chef du gouvernement à l’Assemblée Nationale  et au Sénat qui après audition par les différentes commissions respectives confirment  ou infirment leur désignation par un vote à la majorité relative

Article 95. Un tiers des députés ou des sénateurs peuvent déposer à tout moment auprès du bureau de leur chambre respective une motion de censure contre le chef du gouvernement, contre l’ensemble du gouvernement ou contre l’un de ses membres, contre tout ambassadeur, haut fonctionnaire ou contre tout dépositaire de l’autorité publique afin de destitution.

Article 96. Le chef du gouvernement et les membres du gouvernement sont responsables de leur politique et de leurs actions devant le Parlement. Ils peuvent être destitués suite à une motion de censure de l’une des chambres après un vote à la majorité des deux tiers des députés ou des sénateurs.

Article 97. En cas de péril imminent menaçant les institutions de la République, la sécurité et l’indépendance du pays, et entravant le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, le Chef du Gouvernement peut prendre les mesures exceptionnelles nécessitées par les circonstances, après consultation du Président de la République du Président de l’Assemblée Nationale et du Président du Sénat.

 

Article 98. Pendant cette période, le Parlement ne peut être dissout et il ne peut être présenté de motion de censure contre le gouvernement. Ces mesures cessent d’avoir effet dès qu’auront pris fin les circonstances. Le Chef du gouvernement s’adresse à l’Assemblée Nationale et au Sénat réunis en congrès à ce sujet.

Article 99. Seuls les ministères de souveraineté  ont leur siège dans la Capitale ou sa banlieue, tous les autres ministères doivent avoir leur siège équitablement dans les différents  chefs-lieux  des gouvernorats de la République. Dans ce cas le ministre est de droit le gouverneur. Un gouvernorat ne peut avoir plus d’un ministère dans son ressort.

                                

                                                                            CHAPITRE CINQUIEME    

                                                                                                         DE L’AUTORITE JUDICIAIRE

Article 100. Le Haut Conseil de la Justice assure l’administration de la justice.

(Le pouvoir exécutif ne peut administrer la justice ni constituer un ministère de la justice)

.  Il est indépendant des pouvoir exécutif et législatif. Il est présidé de droit par le Président de la Cour Suprême et composé de magistrats, de parlementaires, d’avocats, d’huissiers de justice, de notaires, de représentants du gouvernement, des syndicats professionnels et des représentants des associations tous élus par leurs pairs.

Article 101. L’organisation de la justice, la formation des tribunaux, et la procédure judiciaire est identique nonobstant le droit applicable

Article 102. La justice est formée  par un double degré de juridiction, elle est  rendue par des tribunaux composés de juges professionnels. Au premier degré le Tribunal de Première Instance, divisé en différentes chambres, est compétent en toute matière juridique. En matière pénale, il est impérativement composé de magistrats professionnels et de jurés se portant librement candidats choisis par tirage au sort à l’ouverture de la première audience. La Cour de Cassation assure l’uniformité de la jurisprudence sur le plan national.

Article 103. Hormis les magistrats de la Cour Suprême, le Haut Conseil de la Justice  assure, la formation des magistrats professionnels,  leur nomination, leur avancement et leur discipline. Les juges sont inamovibles sauf de leur gré.

Article 104. L’autorité judiciaire est indépendante vis-à-vis des pouvoirs, populaire exécutif et législatif.  Les magistrats ne sont soumis dans l’exercice de leurs fonctions qu’à l’autorité de la loi. Les membres du Haut Conseil de la Justice, les magistrats, les jurés et avocats et les huissiers de justice jouissent de l’immunité exclusivement dans l’exercice de leurs fonctions.

Article 105.  Les jugements sont rendus au nom du peuple et exécutés au nom du Président de la République.

Article 106. Les magistrats du parquet sont indépendants des magistrats du siège. Ils sont nommés à vie par le Haut Conseil de la Justice sur proposition du gouvernement et reçoivent de celui-ci leurs instructions afin de définir et d’appliquer sa politique pénale.

Article 107. La justice est un droit gratuit et accessible à tout justiciable. Les personnes indigentes ont droit à une défense aux frais de l’Etat. Les frais de justice et dépens, les droits d’enregistrement, taxes et droits de timbres ne sont dus qu’à l’exécution des jugements.

 

                                                                                              LA COUR SUPREME

Article 108. La cour suprême est au somment de l’autorité judiciaire, elle est composée de treize magistrats élus au suffrage populaire universel direct tous les neufs ans.

Article 109. Peut être candidat à la Cour Suprême tout  avocat près la Cour de Cassation et tout magistrat  ayant exercé durant vingt ans, les anciens président de la République et les chefs de gouvernement. Les juges de la Cour suprême sont interdits de toute activité professionnelle, politique, syndicale ou associative durant l’exercice de leur mandat.

Article 110. La Cour suprême est compétente en matière de constitutionnalité des lois et en cas de haute trahison de la part du Président de la République, du chef du gouvernement ou d’un ministre. Elle peut être saisie par voie populaire suite à une pétition de  cent mille citoyens, par un juge soulevant l’inconstitutionnalité d’une disposition législative, par un tiers des députés ou des sénateurs ou par le chef du gouvernement.

 

CHAPITRE SIXIEME

DES DROITS ECONOMIQUES  

Article 111. Le droit de propriété est garanti. Toutefois l’Etat peut pour des  raisons d’intérêt public, à condition d’une juste et préalable compensation,  déposséder une  personne de son bien immobilier.

Article 112. Le logement principal d’une  personne ne peut être frappé d’aucun impôt ou taxe de quelque nature qu’ils soient. Article 113. La liberté d’entreprendre seul ou en société et de réaliser tout projet économique de son choix est un fondement des libertés individuelle et collective. La loi peut soumettre certaines professions à des règlements propres en raison de leur caractère technique. Elle assure une juste et loyale concurrence entre les partenaires économiques. Article 114. Toutes les autorisations préalables en vue d’exercer un commerce ou un métier ou d’entreprendre une activité économique quelconque sont abolies. Les entrepreneurs doivent se conformer au seul cahier des charges relatif à tout métier défini par la loi. Tout contrôle administratif ne peut se faire qu’à postériori.  La conformité du cahier des charges à l’exercice effectif de la profession relève de la justice.

Article 115. L’économie nationale est organisée impérativement en secteur public pour les activités économiques essentielles et vitales au peuple tunisien et en secteur privé et mixte.  L’Etat peut confier à  la gestion privée, suite à un appel d’offre public, pour une durée limitée  un secteur économique ou un service public. Si l’intérêt national l’exige l’Etat peut nationaliser ou privatiser toute entreprise nationale ou étrangère.

Article 116. En cas de privatisation d’une entreprise les salariés de cette entreprise  en premier lieu et ensuite le public jouissent d’un droit de préemption pour l’acquisition du capital de l’entreprise à privatiser.

 

CHAPITRE SEPTIEME  

                                                                                             DES DROITS SOCIAUX Article 117. La famille est la cellule fondamentale de la société. L’Etat œuvre à sa protection et son épanouissement. Le mariage et le  divorce des couples sans enfants est un droit, la procédure judiciaire ne peut entraver son exercice par des mesures dilatoires.

Article 118. Tous les groupements de citoyens quelque soient leur forme et leur objet, associations, syndicats, partis politiques, etc., ont la qualité d’ester en justice en vue de représenter et de défendre un intérêt public devant tous les tribunaux. Article 119. Tout citoyen ou association citoyenne peut exiger d’examiner toute pièce comptable de leur choix relative à une dépense collective ou publique. En cas de refus de l’administration publique ou privée en charge de la comptabilité en question, ils peuvent demander au juge des référés de leur permettre, par l’intermédiaire d’un expert près des tribunaux, d’examiner sur place, de prendre copie des pièces en question, et d’ester en justice en cas de malversations ou détournements de fonds publics ou collectifs. Article 120. La solidarité entre les classes sociales est l’expression de la démocratie sociale et économique. Elle se réalise par une politique fiscale juste et la répartition équitable des fruits de la croissance sur l’ensemble des citoyens. Article 121. La possession d’un logement, à partir de la majorité de tout citoyen est un droit constitutionnel opposable à l’Etat.

Article 122. Tout citoyen a droit à un travail selon sa formation et ses capacités, faute de quoi, il a droit à un minimum de ressources vitales.

Article 123. Les notaires sont les auxiliaires administratifs de l’Etat. Les démarches de toute personne physique ou morale auprès de toutes les administrations étatiques se font impérativement par voie de notaires. Tout citoyen a droit  à l’assistance administrative d’un notaire aux frais de l’Etat. 

Article 124. Tout citoyen indigent a droit à l’assistance juridique d’un avocat et d’un huissier-notaire aux frais de l’Etat. Les procès relatifs au recouvrement des pensions alimentaires sont exempts de tous frais de justice.  

Article 125. Les soins de santé, dans tous les établissements privés et publics et les médicaments ainsi que le transport public interurbain sont un  droit  gratuit pour tous les citoyens nonobstant leurs conditions financières.

 

CHAPITRE HUITIEME

DES DROITS CULTURELS ET DE L’ENSEIGNEMENT

 

Article 126. Tout enseignement, en particulier l’enseignement historique, théologique et sociologique des religions doit être objectif et scientifique. L’enseignement religieux cultuel est libre, sauf appel à la haine raciale et religieuse, il est dispensé exclusivement dans les lieux de culte.

 

Article 127. L’éducation des  enfants et des jeunes entre trois et vingt-cinq ans est un droit à la charge de l’Etat. Les adultes analphabètes, les handicapés et les personnes purgeant des peines dans les établissements pénitenciers ont droit à une éducation et à une formation professionnelle aux frais de l’Etat.

Article 128. L’Etat sauvegarde le patrimoine urbain et monumental légué par les   civilisations millénaires la Tunisie. Il assure la promotion d’une esthétique architecturale  et urbaine harmonieuse et écologique.

 

CHAPITRE NEUVIEME

DES DROITS DE LA NATURE ET DEVOIRS ECOLOGIQUES DE LA NATION

 

Article 129. L’Etat et les collectivités locales œuvrent à la préservation de la nature de  la biodiversité et des ressources naturelles en  leur assurant un développement durable.

Article 130. L’énergie nucléaire et prohibée. L’Etat doit œuvrer à la promotion de l’énergie propre et renouvelable.

Article 131. Toute loi  ou règlement doit tenir compte de leurs répercussions écologiques   sur la nature et la préservation des ressources terrestres pour les générations futures de la Tunisie.

 

CHAPITRE DIXIEME

DE LA MODIFICATION DE LA CONSTITUTION

Article 132. La constitution ne peut être modifiée qu’à la faveur d’un référendum populaire recueillant une majorité absolue des voies.

Article 133. La modification ou l’annulation totale ou partielle de la présente Constitution ne peut avoir lieu que suite à un débat public durant six mois, et à  la demande d’une initiative populaire recueillant un million de signatures déposées par devant notaires, ou à la demande du Parlement réunis en Congrès et recueillant les deux tiers des voix avec un quorum représentant les quatre cinquième des parlementaires


Ben Ali cherche asile en Belgique


Selon le quotidien belge « De Morgen », Bel Ali chercherait à trouver refuge en Belgique dans la localité de Relegem, près de Asse dans le Brabant Flamand.

Il semble que des membres de sa belle famille vivent dans cette localité isolée et l’ex-dictateur en fuite pourrait vouloir y réunir certains membres de sa famille actuellement en fuite. La police belge est en alerte et n’exclut pas une arrivée discrète de Ben Ali. Elle refuse de divulguer les noms des membres du clan vivant sur place par crainte de représailles.

Rappelons que la Belgique a déclaré avoir gelé les biens de Ben Ali et de son clan. Rappelons également qu’Interpol a lancé un mandat d’arrêt international à son encontre et que sa présence sur le sol belge pourrait conduire à son extradition. Depuis plusieurs semaines, plusieurs rumeurs circulent sur son compte mais l’Arabie Saoudite ne confirme aucune information ni sur son état de santé, ni sur sa présence. La vigilance est de mise pour ne pas laisser s’évaporer dans la nature celui qui doit être jugé devant la justice tunisienne pour les crimes qu’il a commis.

Source: “Webdo” Le 19-03-2011

Lien: http://www.webdo.tn/2011/03/19/ben-ali-cherche-asile-en-belgique/


La police de Relegem prête pour l’arrivée de l’ex-président tunisien


 

La police et les services de renseignement tiennent compte de la possibilité que l’ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, chassé du pouvoir en janvier, cherche l’asile en Belgique, et plus précisément dans la localité de Relegem, près de Asse, dans le Brabant flamand, où habitent des membres de sa famille lointaine. C’est ce qu’écrit samedi le quotidien De Morgen.

L’ex-président préparerait actuellement un regroupement des membres de sa famille qui ont été contraints de quitter leur pays après le déclenchement de la révolution populaire tunisienne. Depuis sa fuite en Arabie saoudite, on ne dispose plus de nouvelle sur la situation de Ben Ali mais depuis deux semaines, la police belge serait en possession d’informations qui n’excluraient pas qu’il puisse essayer de rejoindre la Belgique, où il a de la famille. La police refuse de dévoiler qui sont les membres de la famille Ben Ali qui vivent dans la localité de Relegem pour éviter que des personnes s’en prennent à eux.

Source : « RTLinfo » Le 19-03-2011

Lien : http://www.rtlinfo.be/info/belgique/societe/783552/la-police-de-relegem-prete-pour-l-arrivee-de-l-ex-president-tunisien


Tunisie – Administrateurs judiciaires: Que faire des biens gelés des Ben Ali-Trabelsi?


 

séquestres et administrateurs judiciaires à la tête des différentes sociétés qui appartenaient aux proches de l’ancien président afin d’instaurer un climat de confiance au sein de ces entreprises, cette mesure de «mise sous séquestre» à caractère provisoire, sensée permettre de mettre entre les mains de la justice ces biens jusqu’à ce que soit rendue une décision légale, pose plusieurs problématiques au niveau des dispositions relatives à l’administration des biens gelés appartenant aux familles du clan Ben Ali-Trabelsi.

Pour essayer de trouver des solutions adéquates à ces problèmes, l’Ordre régional des experts-comptables du Nord a organisé avec la participation de plusieurs magistrats et juristes tunisiens, vendredi 18 mars 2011 à Tunis, un séminaire sur «Le séquestre judiciaire: entre la législation et la pratique» portant sur plusieurs questions dont, en particulier, les textes juridiques régissant l’administration des biens gelés de la famille du président déchu.

Ce séminaire, inauguré par Ahmed Adhoum, ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières et animé par Nizar Alouini, président de l’Ordre régional des experts-comptables du Nord, a constitué une occasion pour Imed Derouiche, conseiller à la Cour de cassation de Tunis de s’expliquer sur les principes fondamentaux sur lesquels repose le système judiciaire tunisien et dont le but est d’assurer une bonne administration de la justice et qui «seront sans doute maintenus dans l’avenir», tout en ajoutant que «les techniques qui tendent à les consacrer devraient se développer, et il serait même opportun d’instaurer de nouvelles institutions pour aboutir à un traitement meilleur des affaires», précise le magistrat.

Pour sa part, Fayçal Ajina, président du centre des études juridiques et judiciaires a rappelé que le terme «séquestre» désigne aussi bien la procédure que la personne qui doit conserver le bien et qui a le droit, entre autres, de refuser la mission.

Mais la problématique qui se pose dans ce contexte est celle relative aux textes juridiques régissant la question de l’administration des biens gelés, des textes qui sont, selon M. Ajina, inexistants confirmant ainsi le risque d’administration judiciaire de ces biens gelés. Dans cette situation, M. Ajina a suggéré de recourir aux conventions internationales, en l’occurrence celles des Nations unies contre la corruption, le trafic illicite ou la criminalité transnationale.

Il propose également la création d’une association d’auxiliaires de justice ayant pour mission la détermination des normes professionnelles spécifiques au séquestre judiciaire.

Source: “wmc” le 19-03-2011

Lien: http://www.webmanagercenter.com/management/article-103480-tunisie-admnistrateurs-judiciaires-que-faire-des-biens-geles-des-ben-ali-trabelsi


Tunisie-France. Pour une relation d’«égal à égal»


 

«Les entreprises françaises ayant des actifs de la famille Ben Ali vont être récupérés par l’Etat et revenir tout naturellement au peuple tunisien», a affirmé Pierre Lellouche.

Le secrétaire d’Etat français du Commerce extérieur s’exprimait au cours d’une conférence de presse, hier, à l’Institut arabe des chefs d’entreprise (Iace), à Tunis, au terme de sa première visite en Tunisie après la chute de l’ancien régime. M. Lellouche, qui était accompagné de Mehdi Haouas, ministre tunisien du Tourisme et du Commerce, était ravi et optimiste. Et il a tenu à le montrer. Sa Tunisie natale est en train de se démocratiser et la France la soutient sans conditions.

«La France est avec vous»

«C’est une réelle émotion et une vraie joie de voir la petite Tunisie en train de montrer au monde arabo- musulman que la démocratie – que j’ai toujours défendue – est permise dans la région. J’ai rencontré le Premier ministre, ainsi que d’autres membres du gouvernement et je leur ai transmis le soutien de tous les Français (de gauche et de droite) aux Tunisiens», a-t-il dit. Et de préciser que la France est un partenaire de poids de la Tunisie et que les 1.250 entreprises françaises qui emploient 110.000 personnes aiment rester dans notre pays, surtout que le climat des affaires y est favorable. Selon M. Lellouche, le nombre d’entreprises françaises va même augmenter. «Il y a eu, certes, quelques dégâts matériels, quelques autres problèmes qui sont en train d’être réglés, comme l’expropriation de deux entreprises. Là on est en train de passer un accord avec les responsables tunisiens. On va examiner aussi certaines entreprises françaises qui contiennent des actifs de la famille Ben Ali. Ces actifs vont être récupérés par l’Etat et revenir tout naturellement au peuple», a-t-il précisé.

L’Etat de droit est plus favorable aux affaires

Pour M. Lellouche, même s’il y a eu, ces derniers temps, un recul de croissance, ce n’est que temporaire et il faut regarder autrement l’avenir. Il a souhaité d’établir avec les Tunisiens un programme de relance et se dit optimiste. «Il faut seulement détourner les moyens les plus concrets pour accompagner la transition. L’instauration d’un Etat de droit est favorable aux affaires et, dans ce cas, notre partenariat ne peut être que gagnant-gagnant». Selon le secrétaire d’Etat, l’exemple du partenariat entre les entreprises Délice (Tunisie) et Danone (France), spécialisées dans les produits laitiers, en est le meilleur témoignage. «La France a transmis son savoir-faire aux producteurs et ouvriers tunisiens et les Français continueront à fabriquer les machines», a expliqué le responsable français.

Sur une note tout aussi optimiste, Mehdi Haouas a parlé de l’avenir du tourisme et de celui de l’industrie. «Les Français, qui étaient inquiets il y a seulement une semaine, ne le sont plus aujourd’hui. La Tunisie a été longtemps une destination low cost avec un tourisme de masse. Son industrie a été fondée sur une fabrication à bas coût. Aujourd’hui, avec la révolution, le respect du droit social, du droit légal, nous sommes en train de présenter un deal gagnant-gagnant. Avec les Français, nous pouvons nous attaquer à un autre marché qui est celui de l’Afrique. Les Français ont compris qu’on est sur le droit chemin et en train de mettre une dynamique en place. La Tunisie a envie d’avancer et la France ne peut que l’accompagner», a expliqué le ministre tunisien.

Un nouveau régime se met en place en Libye

Interrogé sur la position de son pays concernant la situation en Libye, le secrétaire d’Etat a répondu que la France a pris l’initiative et fait un grand effort pour mobiliser l’opinion internationale afin que le massacre cesse. «Le gouvernement doit protéger son peuple. Kadhafi tue son peuple et il risque d’être traîné en justice. Cette fois, la France a dit non. Et devant le comportement du Guide libyen, la Ligue arabe a aussi dit non. Hier à l’Onu, on a adopté des résolutions. La France était au rendez-vous de l’histoire», a expliqué M. Lellouche. Et d’ajouter: «Aujourd’hui, grâce à la rébellion, un nouveau régime est en train de se mettre en place. Le printemps arabe ne doit pas être noyé dans le sang par le régime libyen».

En réponse à une question sur le conflit israélo-palestinien, M. Lellouche a dit que la France de Sarkozy dit non au bétonnage et aux constructions dans les territoires. «Nous avons demandé à Israël, qui est un Etat ami, d’arrêter les constructions dans les Territoires. Nous devons aider l’Autorité palestinienne, qu’on considère modérée, à se mettre en place. A quoi sert ce conflit? Pas la peine de perpétrer une guerre. Les uns et les autres ont autre chose à faire pour aller de l’avant», a-t-il conclu.

Source : « Kapitalis » Le 19-03-2011

Lien : http://kapitalis.com/fokus/62-national/3144-tunisie-france-pour-une-relation-dlegal-a-egalr.html

 


La laïcité relance le débat en Tunisie


 

Alors que les Tunisiens se penchent sur les relations complexes entre laïcité, Islam et identité nationale, un forum sur la religion et la politique, organisé le samedi 12 mars à Tunis, a donné lieu à des discussions enflammées.

« En Tunisie, nous vivons aujourd’hui un conflit entre ceux qui souhaitent un Etat laïc et ceux qui appellent à préserver le premier article de la constitution », a déclaré le chercheur islamique Sami Brahem lors de ce forum, qui a été organisé par l’organisation non gouvernementale El Jahedh.

Lors de son intervention, Brahem a expliqué que le concept de la laïcité souffre de distortions, qui invitent à un débat entre ceux qui la soutiennent et ceux qui s’y opposent.

Plusieurs intervenants islamiques ont fait part de leurs crainte de voir une ré-écriture de la constitution entraîner l’abolition de son premier article, qui stipule la nature arabe et islamique de la Tunisie.

Selon Brahem, leurs adversaires veulent intégrer la laïcité de l’Etat dans la constitution « par peur de voir la religion s’intéresser aux affaires publiques, diriger les croyances des personnes, ce qui aurait une incidence sur la parité électorale ».

« Ce débat entre les différentes tendances est important, mais nous devons accepter toutes les mouvances, qu’elles soient socialistes, nationalistes ou islamistes, parce que ce sont elles qui constituent la richesse intellectuelle qui nous fait avancer », a déclaré Afef El Hamrouni, un étudiant, « notamment dans la mesure où la religion islamique est valable en tout temps et tout lieu ».

Pour sa part, Leila Taouati a souhaité la construction d’un Etat d’institutions et de conventions, plutôt que d’un Etat de doctrines.

Si la majorité « peut vous faire gagner les élections, elle ne vous donnera jamais les pouvoirs divins », a déclaré Sadek Saidi.

Saidi a appelé à la mise en place du concept de citoyenneté et à la promotion d’une culture de la différence idéologique.

Pour leur part, les partisans de la laïcité ont organisé samedi un rassemblement à Sousse, où ils ont été attaqués par leurs adversaires.

« Qui pratique la suppression ici, dans cette manifestation ? », s’est interrogée la chercheuse islamique Rajae Ben Salama sur sa page Facebook. « Certainement pas les laïcs, mais ceux qui brandissent des slogans islamiques. Ils exercent la suppression parce qu’ils souhaitent annuler la manifestation des laïcs, plutôt que d’organiser une manifestation parallèle. »

En réponse aux questions des participants à ce séminaire, Brahem a déclaré : « Affirmer que la laïcité est une condition de la démocratie menace de nous écarter de l’identité du pays et de la démocratie. »

« Les craintes des deux parties sont légitimes », a-t-il reconnu. « Les laïcs craignent un retour à des dispositions doctrinales et l’abolition du Code sur le statut des personnes, ainsi qu’un retour aux punitions corporelles et un changement de l’ordre de la société. »

« Quant aux adversaires de la laïcité, ils insistent sur le maintien du premier article de la constitution, soulignant que l’Islam n’est pas une religion de rites, mais qu’il comprend de nombreux domaines liés aux affaires publiques », a expliqué Brahem.

Pour surmonter l’impasse entre les deux camps, il les a appelés à « se libérer de la controverse des concepts mixtes, notamment du concept de la politique, dont beaucoup pensent qu’il est lié au pouvoir ».

« C’est un concept traditionnel parce que toute gestion des affaires publiques relève du comportement politique, même les prières du vendredi. Par conséquent, séparer la religion de la politique est un faux procès, parce que les gens considèrent la religion comme une chose publique, et qui, donc, demeure une affaire politique », a-t-il affirmé.

Et Brahem d’ajouter : « Il est nécessaire de fonder un Etat contractuel et consensuel, plutôt qu’un Etat idéologique ».

« Les deux parties devront s’entendre sur un certain nombre de facteurs communs, notamment parce que la Tunisie est un pays de dialogue et d’ouverture à toutes les cultures », a-t-il conclu.

Source: “babnet” Le 19-03-2011

Lien: http://www.babnet.net/cadredetail-33658.asp


Poursuite de la conférence sur la transition démocratique en Tunisie


 

« Quels rapports entre l’Etat et le patronat et les salariés pour garantir les droits fondamentaux de tous, dans le cadre d’une économie fondée sur la répartition équitable des dividendes de la croissance », « l’égalité entre l’homme et la femme: quelles dynamiques ? Quelles parties influentes? Quelles garanties politiques, institutionnelles et juridiques? », « la laïcité et la sécularisation institutionnelle », tels sont les trois thèmes fondamentaux abordés par plusieurs experts tunisiens et étrangers, au cours de la deuxième journée de la conférence sur la transition démocratique.

L’atelier de travail consacré à la question des rapports entre l’Etat et le patronat et les salariés en tant que garantie des droits fondamentaux des différents intervenants dans le cadre de la répartition équitable des dividendes entre les individus et les régions, se propose d’instaurer un contrat social en Tunisie propre à déterminer les formes et les mécanismes de l’emploi et de la formation, à réglementer la relation entre les intervenants dans le domaine de l’emploi et à réviser les équilibres des caisses sociales.

Les experts, participant à cet atelier et relevant de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), de la Fédération internationale des Droits de l’Homme et de la Confédération générale de l’emploi (France), outre une pléiade de spécialistes en sciences politiques et juridiques et de militants des droits de l’homme, ont mis en relief l’importance d’adopter des politiques et des approches innovantes permettant d’édifier une économie tunisienne compétitive, dotée d’une plate-forme diversifiée capable de résorber les demandes additionnelles d’emploi, notamment celles émanant des diplômés de l’enseignement supérieur.

Ils ont, également, insisté sur la nécessité de renforcer la place de la femme dans la pyramide de la population active (qui représente actuellement 25%) en harmonie avec les orientations fondamentales qui ont distingué la société tunisienne moderne.

Sur un autre plan, force est de relever que deux approches ont prévalu lors du traitement du dossier de la laïcité et de la sécularisation des institutions. Il s’agit de l’approche historique et de l’approche juridique, qui ont été étayées par des historiens, des spécialistes en Droit et des militants dans le domaine des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Les intervenants ont évoqué la grande controverse qui existe aujourd’hui en Tunisie entre les élites intellectuelles, politiques et civiles sur la question, compte tenu de sa corrélation étroite avec la détermination de la nature du régime de l’Etat.

Les participants à cet atelier ont essayé d’analyser les définitions relatives au concept de sécularité et de laïcité, s’interrogeant sur les contextes historico-culturels et politiques dans lesquels s’inscrivent la question de la laïcité et les spécificités de la sécularité à laquelle aspire la société tunisienne et les élites intellectuelles, de manière à ce qu’elle soit l’un des facteurs inhérents à la consécration de la liberté et de l’égalité dans ses différentes illustrations.

Les intervenants ont fait observer que la définition des contours de la relation entre la religion et l’Etat, relève à la fois de la volonté politique et de la volonté du peuple, indiquant que la Tunisie avait connu, en se référant à la Constitution du 1er juin 1959, l’adoption de la tendance laïque, aux niveaux législatif et institutionnel et, notamment, dans les domaines éducatif et de santé.

Bien que les participants au workshop sur l’égalité entre l’homme et la femme aient été unanimes à affirmer que les acquis de la femme tunisienne sont des lignes rouges à ne pas dépasser, tout comme l’avait souligné, jeudi, M. Béji Caïd Essebsi, à l’ouverture des travaux de cette conférence, certaines militantes dans les domaines des droits de l’homme et de la société civile ont exprimé leur crainte quant aux conséquences de la présence grandissante des courants nationalistes et fondamentalistes sur la scène nationale.

Elles ont insisté, notamment, sur la nécessité d’établir un distinguo entre la religion en tant que croyance et l’exercice politique et l’organisation des institutions étatiques qui doivent faire référence au droit positif.

D’autres questions ont été abordées dans le cadre de cet atelier, s’agissant, notamment, de l’impératif d’insérer dans le texte de la nouvelle constitution des dispositions prévoyant l’égalité totale entre l’homme et la femme, en tant que garantie pour la consécration de pratiques sociales à même de conforter la présence de la femme dans le marché de l’emploi et de garantir sa présence dans les différents postes de décision et de direction.

Source : « Tunisie soir » Le 19-03-2011

Lien :http://www.tunisiesoir.com/index.php?option=com_content&view=article&id=38705:&catid=42:politique


Les juifs tunisiens sont des Tunisiens juifs


 

le militantisme des Tunisiens juifs durant la révolution n’est en aucun cas surprenant, il s’inscrit dans une continuité évidente qu’il est important de rappeler.

Trop souvent, au cours de la révolution que connaît en ce moment notre pays, nous avons entendu, au détour d’une conversation, dans un café de La Goulette ou sur Facebook, la phrase suivante: «Même les juifs tunisiens participent à la révolution!».

Cette assertion me frustre, elle m’exaspère et m’indigne. Je comprends bien que la volonté est bonne, que l’on veut illustrer comme cela la solidarité du peuple tunisien face à la dictature, mais je demeure révolté: pense-t-on vraiment en Tunisie que nos compatriotes de confession juive ont attendu la révolution pour se sentir Tunisiens et agir comme tels?

Le legs d’Adda, Naccache, Lellouche…

Cette aberration provient probablement du fait que, pour servir la dictature, le régime de Ben Ali a maintenu un voile opaque sur l’histoire tunisienne. De plus, l’engagement des Tunisiens juifs dans les luttes pour l’indépendance, puis pour la démocratie appartient davantage à une «contre-histoire» que les historiens n’ont que peu étudiée par peur des représailles féroces du système.

Aujourd’hui ce système est à terre et demeure le néant historique. C’est pourquoi il est nécessaire de conserver la mémoire de ceux qui, juifs, ont contribué à la lutte pour la démocratie et la liberté en Tunisie alors que d’autres se reposaient sur des lauriers mauves.

Pourquoi nos écoliers n’apprendraient pas, maintenant, que Ben Ali a quitté son trône, qui est Georges Adda, leader historique du Parti communiste tunisien (Pct) et fervent opposant à Bourguiba, ce qui lui a valu d’être emprisonné à plusieurs reprises? Pourquoi nos lycéens n’étudieraient pas le rôle de Simone Lellouche et de Gilbert Naccache au sein du Geast (ou ‘‘Perspectives’’) pendant les années 70, eux qui ont pourtant passé tant d’années à craindre et à subir la torture des caves du ministère de l’Intérieur sans jamais trahir l’idée qu’ils se faisaient de leur pays, la Tunisie?

Redéfinir les contours de la nation tunisienne

Au delà de la simple question de la remémoration historique, il s’agit d’une chance inouïe qui s’offre au peuple tunisien: celle de redéfinir les contours de la nation tunisienne. J’entends par cela, non pas la définition rigide que l’on trouverait dans le dictionnaire, mais celle de l’imaginaire collectif.

Grâce à la révolution nous avons peut-être la chance de redéfinir ce qu’est un Tunisien. De ce point de vue, il est primordial que nous ne fassions pas les mêmes erreurs que nos voisins français qui organisent un débat portant sur la compatibilité entre islam et république: un Tunisien se définit par ses actes, et non par sa religion.

Revenons à notre philosophe de café qui, dans une clémence naïve et non sans étonnement, accorde sa sympathie à ses compatriotes de confession juive: «Même les juifs ont agi pendant la révolution». J’en ai discuté avec Gilbert Jacob Lellouche, un Tunisien juif qui a vécu de l’intérieur cette révolution et qui monte aujourd’hui Dar Al Dhekra, une association qui vise à promouvoir et à redécouvrir la culture judéo-tunisienne. Il m’expliquait que chaque Tunisien doit cesser de se demander pourquoi cet autre Tunisien n’a pas le même prénom que lui.

S’il y a une idée qu’il faut donc impérativement retenir de tout cela c’est que le militantisme des Tunisiens juifs durant la révolution n’est en aucun cas surprenant, il s’inscrit dans une continuité évidente qu’il est important de rappeler. Les révolutionnaires tunisiens, nos héros anonymes, s’appellent Mohamed, Amine, Fatma, mais aussi Gilbert, Simone et Georges. Il faut en avoir conscience et en être fier.

Source : « Kapitalis » Le 19-03-2011

Lien : http://www.kapitalis.com/afkar/68-tribune/3141-les-juifs-tunisiens-sont-des-tunisiens-juifs.html


Pourquoi Ban Ki-moon a reporté à mardi sa visite à Tunis


 

Initialement prévue le samedi 19 mars, la visite que devait effectuer Mr. Ban Ki-moon en Tunisie, est reportée au mardi 22 mars. Ce changement de programme s’explique par la mise en œuvre de résolution 1973 adoptée jeudi par le Conseil de Sécurité de l’ONU autorisant les frappes aériennes sur la Libye et exigeant des concertations avec certains pays membres, apprend Leaders de source onusienne à New-York. Après s’être rendu vendredi à Madrid où il a notamment rencontré le chef du gouvernement espagnol, M. José Luis Rodriguez Zapatero, le secrétaire général de l’ONU se rend à Paris samedi où il doit s’entretenir avec le président Nicolas Sarkozy ainsi que d’autres dirigeants européens, africains et arabes. Il participera en effet au sommet Union européenne-Union africaine-Ligue arabe sur la Libye qui se tiendra samedi, dans la capitale française.

A Tunis, M. Ban Ki-moon rencontrera le Président par intérim, M. Foued Mebazaa, le Premier ministre intérimaire Mr. Béji Caïd Essebsi et le ministre des Affaires étrangères, M. Mouldi Kéfi. Lors de son séjour, le Secrétaire général de l’ONU participera le 22 mars  à  une table ronde organisée par et pour les jeunes. Il rencontrera également, au cours d’une réunion-débat, les membres de l’Instance supérieure pour la réalisation  des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique. Enfin, Ban Ki-moon prononcera un discours devant un parterre  représentant la société civile, les organisations non-gouvernementales, les universitaires et les étudiants tunisiens.

Source: ”Leaders” Le 18-03-2011

Lien:http://www.leaders.com.tn/article/pourquoi-ban-ki-moon-a-reporte-a-mardi-sa-visite-a-tunis?id=4538


 

Tunisie : Le bad buzz d’Hillary Clinton


 

Des journalistes agressés, des blogueurs zappés, la visite officielle d’Hillary Clinton en Tunisie a suscité un bad buzz sans précédents sur le web. Les Tunisiens s’en sont donnés à cœur joie, et n’ont pas ménagé leurs critiques.

La visite officielle d’Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine en Tunisie a été pour le moins controversée. Et ce ne sont pas nos blogueurs et nos journalistes qui diront le contraire. L’humiliation subie par les représentants de la presse tunisienne lors de la conférence de presse prévue au ministère des affaires étrangères tunisien, n’a pas contribué à apaiser les esprits. Surtout quand on sait que les journalistes ont dû attendre Hillary Clinton pendant 3 heures avant que l’on annonce l’annulation de la conférence à cause d’un accrochage entre un responsable de sécurité américain et un journaliste de Shems FM. Une vidéo publiée sur la page Facebook de Shems, avec en vedette Lotfi Hajji, le journaliste d’Al  Jazeera, illustre cet incident. Le clip a été partagé massivement sur Facebook.

Des journalistes agressés, des blogueurs zappés, la visite officielle d’Hillary Clinton en Tunisie a suscité un bad buzz sans précédents sur le web. Les Tunisiens s’en sont donnés à cœur joie, et n’ont pas ménagé leurs critiques.

La visite officielle d’Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine en Tunisie a été pour le moins controversée. Et ce ne sont pas nos blogueurs et nos journalistes qui diront le contraire. L’humiliation subie par les représentants de la presse tunisienne lors de la conférence de presse prévue au ministère des affaires étrangères tunisien, n’a pas contribué à apaiser les esprits. Surtout quand on sait que les journalistes ont dû attendre Hillary Clinton pendant 3 heures avant que l’on annonce l’annulation de la conférence à cause d’un accrochage entre un responsable de sécurité américain et un journaliste de Shems FM. Une vidéo publiée sur la page Facebook de Shems, avec en vedette Lotfi Hajji, le journaliste d’Al  Jazeera, illustre cet incident. Le clip a été partagé massivement sur Facebook.

Sur son blog Sam’s World, Yssem Saadi, explique cette exclusivité par la nature de l’événement : avant tout une opération de communication pour «redorer le blason» US, et par riccochet, celui du gouvernement Obama.

Invités pour être écartés

Contactés par l’ambassade américaine à Tunis la veille du Talk Show, les journalistes/blogggueurs, Emna Ben Jemaa, Sofien Chourabi, ont été recontactés le jour de l’émission, par le bureau de presse de l’ambassade, pour leur signifier que la direction générale de Nessma ne souhaite pas leur présence !

Dans un article qui s’intitule Nessma : Plus puissante que les USA ? Emna Ben Jemaa s’est exprimé à ce sujet. Elle a exposé les détails de l’histoire de ces deux coups de téléphonique, et a partagé plusieurs questions qu’elle s’est posées. Et peu après avoir partagé son article, elle a été contactée par l’ambassade qui l’a de nouveau invité. Emna a préféré décliner.

Quant à Sofien Chourabi, il a publié sur Facebook, une vidéo, où il a partagé son point de vue sur les raisons qui ont poussées Nessma TV à bannir sa présence  de ses plateaux. Rappelons, que les invités qui ont assisté à cette émission sont des agents de l’ambassade américaine, des employés de Microsoft Tunisie, des étudiants et des enseignants d’Amideast,  des directeurs de multinationales et quelques blogueurs (qui se comptaient sur les doigts de la main) triés sur le volet.

Les internautes descendent le Talk Show

Même au courant de l’émission, les feedback, dans leur écrasante majorité, ont été négatifs. Les critiques portaient sur tous les éléments du Talk Show : la prestation de Rim Saidi (la présentatrice de Nessma TV), la présence, l’intervention de Salwa Smaoui (DG de Microsoft Tunisie et épouse de Nabil  Karoui), la qualité des questions posées par les invités, la traductrice… Décidemment, rien ne plaisait aux internautes, qui n’ont pas hésité à exprimer leur mécontentement.  A ce propos, Mehdi Lamloum, s’est exprimé sur son blog Pink Lemon, « étonné que la génération internet puisse encore attendre quelque chose des médias traditionnels et croire en leur « bonne foi » »

C’est à se demander si Hillary Clinton n’aurait pas mieux fait de ne tout simplement pas prévoir de conférences de presse ou de rencontres avec les journalistes ? Parce qu’en l’occurrence, les médias tunisiens, tn-tweeple, facebookeurs, et autres blogueurs, ne garderont pas le meilleur des souvenirs de la sémillante Hillary.

Source : « Tekiano » Le 19-02-2011

Lien :http://www.tekiano.com/medias/11-medias-et-satellite/3498-tunisie-le-bad-buzz-dhillary-clinton-.html#


                                                                        

Le Salafisme fasciste rampe sur Tunis


 

La manif contre Hillary Clinton tourne à une démonstration de forces des salafiste Djihadistes.

Les bannières noires des salafistes Djihadistes flottent dans la plus grande artère de Tunis.

La manifestation contre la venue de la secrétaire d’état américaine Mme Hillary Clinton, cette après midi à Tunis, a tourné à un appel à la haine. Un appel a déjà été lancé par des anonymes sur facebook, et la marche a été suivie par une trentaine de personnes arborant des drapeaux noirs floqués en langue arabe de l’expression de l’attestation de la foi. Un drapeau, généralement brandi lors des campagnes punitives de l’époque des conquêtes islamiques, et qui aujourd’hui est repris par des groupes islamistes radicaux. Ce drapeau, est utilisé en Tunisie sur le logo du mouvement illégal, Ettahrir.

Lors de cette petite démonstration, une trentaine de personnes scandait des slogans hostile aux Etats Unis, en particulier et à l’occident en général et appelait à la mort des impies

Source: ”Tunivisions” Le 18-03-2011

Lien: http://www.tunivisions.net/le-salafisme-fasciste-rampe-sur-tunis,11699.html#


Exclusif – Interview avec Pierre Lellouche, Secrétaire d’Etat français au Commerce Extérieur

 

«Nous ne lâcherons pas la Tunisie !»


 

Entretien conduit par Nadya B’CHIR

Pierre Lellouche a entamé une visite de travail en Tunisie, du 17 au 18 mars courant, avec un programme chargé dans le cadre de la coopération tuniso-française – Né en Tunisie, Pierre Lellouche considère sa venue chez nous comme un retour à sa terre natale. Il en est ému. Il vient à la rencontre d’un peuple qu’il considère « compliqué ». Il ne saurait trop nous l’expliquer. En ami, il entend tendre sa main à la Tunisie dans cette phase transitoire flageolante. Son intérêt se porte sur la présence française sous nos cieux, il défriche, usant d’instruments idoines qu’il a apporté dans ses valises, dans le but singulier de tendre la perche aux investisseurs français afin qu’ils traversent, sans dégâts caverneux cette crise économique, provisoire.

 « Les entreprises françaises restent en Tunisie », ouf ! Sacrée bonne nouvelle. Loin d’être abrupt, Pierre Lellouche s’est confié sur ses ambitions de coopération entre ses deux pays : la Tunisie et la France, portant en sa profonde conviction l’accessible gagnant-gagnant. Depuis le temps, Pierre Lellouche se déclarait partisan fervent de la démocratie dans la sphère arabe ; il n’a pas maugrée pour vitupérer le despotisme des chefs d’Etat arabes, mais en vain. La déferlante des Révolutions dans le monde arabe n’est que corolaire de l’oppression des ces peuples et d’un angle personnel, une revanche.

Pierre Lellouche fait aussi montre d’une fierté quant à l’attitude de la France vis-à-vis de la Libye et des comportements abjects du potentat Kadhafi ; on dirait que la France avait vu juste.

Rencontre avec Pierre Lellouche chez l’ambassadeur de France Boris Boillon.

Le Temps : Comment voyez-vous votre visite en Tunisie ?

Pierre Lellouche : J’ai une tendresse très particulière pour la Tunisie et le peuple tunisien que j’essaye de comprendre, il est compliqué le peuple tunisien. C’est émouvant pour moi d’être ici en ce moment et c’est la première fois que je me rends en Tunisie en qualité de membre du gouvernement français et à un moment aussi où la Tunisie construit son avenir démocratique. Je suis là pour affirmer la position de la France et c’est une notion très positive. Revenir sur sa terre natale avec cette fonction et à ce moment de l’histoire est très important pour moi. 

– Et votre programme de la visite ?

. Avec Christine Lagarde, nous avons travaillé sur les relations économiques entre la France et la Tunisie de manière étroite. Nous avons rencontré M. Ilyes Jouini à l’époque ministre du Développement et de la Coopération Internationale. Christine Lagarde devait effectuer une visite politique et pour ma part je devais m’occuper du volet économique. En Tunisie, nos entreprises sont au nombre de 1250 et emploient 110000 personnes et c’est le quotidien de la présence française en Tunisie que je voudrais, au nom du gouvernement, conforter. Par ailleurs, je suis venu, accompagné d’une délégation de chefs d’entreprises Et j’entame, éventuellement une visite de terrain des entreprises françaises afin de mieux cerner l’état des lieux. Aussi, j’ai rencontré le ministre de l’Economie et celui des Finances. Ceci est le côté un peu officiel des choses, sinon je dine avec des amis tunisiens et cela est le côté société civile qui a tout autant son importance. Je rencontre aussi le Premier ministre ainsi que la communauté française en Tunisie. Mon programme est assez chargé, en effet.

– Concrètement quels sont vos plans ? 

. Concernant la coopération concrète de nos entreprises en Tunisie dans le développement économique du pays, je m’attache à faire avec la coopération des autorités tunisiennes, est d’envoyer un message très positif, s’agissant de solder les problèmes qui ont pu avoir au cours de la transitions ou même après. Selon moi, le meilleur moyen de nous assurer que la transition démocratique fonctionne bien est celui de s’assurer que l’économie tunisienne aille bien. Il est capital de veiller à ce qu’il n’y ait pas de chute de la croissance économique et que les investissements continuent. C’est un message qu’il faut envoyer aux entreprises françaises présentes en Tunisie : elles doivent rester et même se développer.

– Quelle est la situation actuelle des entreprises française en Tunisie ?

. Les problèmes qu’on a pu constater sont principalement les dommages matériels et que les assurances se chargeront de régler. D’ailleurs, il faut accélérer le règlement de ces problèmes. Aussi, y a-t-il des problèmes liés à l’actionnariat, certaines entreprises dont une partie des actions était détenue par la famille Ben Ali doit être régularisée dans le respect de la législation tunisienne, bien entendu.Et il importe pour nos investisseurs de savoir comment le gouvernement tunisien va reprendre en main cette affaire.

En tous cas, le point positif dans tout cela est que nos entreprises ont le moral et elles ont envie de rester et de continuer à se développer en Tunisie. C’est sur quoi d’ailleurs nous travaillons et d’être aussi proche que possible du plan du développement du gouvernement tunisien qui a sans doute d’autres réflexions, c’est normal, il faut que notre dispositif d’accompagnement colle de plus près aux choix du gouvernement de transition et c’est ce que je m’efforce de faire.

– Et qu’en est-il du statut avancé ?

. Il y a le volet que vous connaissez bien et qui a déjà été annoncé par Nicolas Sarkozy lors de la dernière réunion de l’Union Européenne, à savoir le statut avancé. Et là nous sommes les meilleurs avocats de la Tunisie. Il faut que l’action de voisinage de l’Europe soit orientée au maximum dans cet axe et ce, compte tenu de ce qui se passe dans la Méditerranée. Nous avons ce qu’on appelle les instruments de voisinage à l’instar de la BEI (Banque Européenne d’Investissement) et la BIRD (Banque pour la Reconstruction et le Développement), ces instruments sont donc mis à disposition pour l’aide au développement de l’économie tunisienne, notamment. Je rappelle que 20% de cet argent est celui du contribuable.

– Que peut apporter le statut avancé à la Tunisie ? 

. Le statut avancé est pour nous quelque chose qui nous tient à cœur, il est porteur de perspective européenne ainsi que porteur de mécanisme de modernisation de l’économie tunisienne, en d’autre terme une européanisation des standards. Et bien sûr nous essayons d’accompagner la Tunisie pour cela. Il existe deux volets importants, d’abord le rapprochement des sociétés civiles et ensuite la formation des jeunes et l’accompagnement de la présence économique française en Tunisie.

– Qu’en-est-il de la coopération pour l’emploi des jeunes ?

. Ma visite au groupe Délice Danone et au techno centre Telnet rentre dans le cadre d’une coopération gagnant-gagnant et ce pour les deux économies : française et tunisienne. Vous savez, en France je suis un patriotique économique, je vends de l’emploi en France et je veux le faire à l’extérieur aussi, notamment en Tunisie.

Si nous voulons que la transition démocratique réussisse, il faut fabriquer de la prospérité et c’est d’ailleurs aussi la solution au problème migratoire. Je suis un homme politique et je connais la situation politique dans mon pays et c’est un vrai sujet que j’ai abordé avec mes interlocuteurs. C’est en développant la formation des jeunes et de l’emploi dans ces pays que nous arriverons à contrôler les flux migratoires, sinon il ne faut pas s’étonner de voir des jeunes désespérés chercher des solutions ailleurs.

– Pensez-vous que la France a une attitude dominante vis-à-vis de la Tunisie sur le plan technique ?

. Sur le plan technique, je ne crois pas qu’il existe une attitude dominante de la part de la France mais plutôt de co-développement et c’est cela qui nous anime d’ailleurs, voyez l’exemple d’Airbus, il veut tout dire. Il nous appartient des deux côtés, par ailleurs, de nous assurer que l’état de droit renforce la sécurité juridique et c’est ce qui est bien avec la transition démocratique et aussi nécessaire au développement économique et qui est vécu comme une véritable opportunité.

– Est-ce efficace de travailler avec un gouvernement de transition qui ne dure que quatre mois ?

. En ce qui concerne la longévité du gouvernement de transition, je pense que ce pays vient de connaitre une Révolution et il a besoin d’un cheminement que nous devons de respecter. Les Tunisiens ont choisi la méthode du gouvernement de transition suite auquel le prochain sera issu des urnes. Maintenant il faut se poser la question suivante : y a-t-il une autre alternative possible ? Refuser de parler avec le gouvernement de transition ? Je ne pense pas que cela soit viable. Et puis, les gens que j’ai rencontré sont tous patriotiques qui ont l’esprit de fabriquer le développement économique et sont loin de faire dans le « après moi le déluge».

– La situation économique et politique en Tunisie est-elle inquiétante ?

. Les évènements récents ont amené à une compression de la croissance économique de la Tunisie et c’est on ne peut plus normal, toutefois, une chose est sure c’est que l’économie redémarrera. Quant à la partition que jouera le gouvernement de transition dans la maturité politique est selon moi leur propre affaire et nous n’avons pas à y intervenir. Je ne suis pas ici en donneur de leçon mais plutôt en ami, en frère et en accompagnateur d’un processus qui soit le mieux et le plus utile.

– Comment évaluez-vous la position de la France concernant la Libye ?

. La voix de la France a été à l’avant-garde quant à ce qui se passe en Libye et il est rare qu’un pays de l’occident prenne une telle position et attitude qui sont plus morales que d’autres. Vous savez, j’étais un des rares à appeler à la fin des despotes dans le monde arabe et j’en ai même écris des livres la dessus. Je regrettais et dénonçais les régimes de congélation. D’ailleurs, je n’étais pas pour le maintien de Saddam Hussein, ils disaient que si on touche à l’Irak c’est comme si on allumait un briquet à côté d’un baril d’essence tout s’enflammerait. Les arabes ont aussi droit à la démocratie, elle n’est pas réservée qu’aux blancs des judéo catholiques ou chrétiens et je l’ai payé politiquement. La dictature n’est pas dans les gênes des arabes et ce n’est pas non plus une bonne idée pour l’occident.

Source: “Le Temps” Le 19-03-2011

Lien: http://www.letemps.com.tn/article-54180.html

 


Actus nationales                                            Le Parti du Peuple : Une expression du nationalisme arabe


 

Par Manoubi AKROUT

D’obédience nationaliste arabe et avec le triple credo de Liberté/Socialisme/Unité, le Parti du Peuple se dit avant tout contre le contournement ou la spoliation de la Révolution par qui que ce soit. «Nous considérons que le Haut Comité pour la défense de la Révolution, la Réforme politique et la transition démocratique, qui a été créé par le décret-loi n°6, ne représente ni la Révolution ni ses buts avec sa constitution actuelle et ses prérogatives. Nous sommes attachés au Conseil de défense de la Révolution et nous considérons qu’il doit être représentatif de tous les acteurs régionaux qui ont fait la Révolution. Les revendications qui ont été véhiculées par le premier et le second sit-in de la Kasbah représentent le programme véridique de toute action politique après la Révolution», souligne Haykel Mekki, membre du Comité fondateur, comme pour souligner l’importance accordée par son parti pour les affaires courantes. «Le Parti du Peuple est contre le contournement ou la spoliation de la Révolution par qui que ce soit», tient-il à ajouter. Aux sources de l’activisme nationaliste «Après soixante ans de fermeture politique et d’oppression continues directes et déguisées ciblant toutes les catégories sociales ainsi que toutes les forces politiques et le travail basé sur les programmes d’éducation et les masses ayant pour objectif d’oblitérer l’identité de la société arabo-musulmane et la décortication de ses composantes, la Tunisie a témoigné de l’avènement d’un événement historique qui a secoué la scène nationale et internationale», nous confient les gens du Parti du Peuple. Et ils continuent sur leur lancée alors qu’ils pensent qu’après des décennies de lutte contre l’hégémonie, le 14 janvier 2011 a marqué un tournant historique: la victoire du peuple tunisien contre le despotisme de l’ex-président Ben Ali. La révolution du peuple tunisien s’est déclenchée dans la ville de Sidi Bouzid puis s’est propagée sur tout le territoire tunisien comme une réaction naturelle, une incarnation de la volonté populaire de renaître et de se libérer. L’analyse se poursuit: la révolution du 14 janvier est l’aboutissement objectif et certain d’une crise politique et sociale entourant l’époque du gouvernement de Ben Ali où la contradiction entre l’intérêt du régime enlisé dans la corruption, d’une part, et l’intérêt du peuple tunisien, avec toutes ses composantes y compris les activistes politiques, d’une autre part, se voient mal associés qui ont joué un rôle important dans la mobilisation et l’orientation des masses populaires révoltées ainsi que la conception des slogans de la révolution réclamant la liberté et la dignité nationale. En effet, l’activisme nationaliste en Tunisie a coïncidé et a évolué au même rythme que le mouvement libératoire de notre peuple contre la domination coloniale se conjuguant avec la lutte de la puissance nationaliste dans le monde arabe pour la défense de l’identité arabo-musulmane qui a toujours été un objectif fondamental mobilisant la lutte contre toutes les tentatives extérieures visant à oblitérer et à effacer les aspirations du peuple arabe pour la libération, l’indépendance et le développement. Sur les pas de Lazhar Chraïti «Depuis 1952, date de la révolution nassérienne, la conscience nationaliste s’est enracinée et s’est propagée dans les sphères intellectuelles militantes en Tunisie pour supporter l’idéologie nationaliste. Cependant, la confrontation avec le régime bourguibiste a engendré des batailles atroces qui ont coûté cher aux nationalistes, des centaines de martyrs et des milliers de détenus parmi lesquels on nomme: Arbi Zallag, Azhar Chraïti, Amor Banbali, Mohamed Saleh Elhacheni, Ahmed Elmargheni, Mohamed Saleh Elbrateli, Ali Ben Salem et autres», ajoutent-ils pour tracer le cheminement idéologique du parti du Peuple. Ils s’inscrivent ainsi en droite ligne des militants nationalistes progressistes nassériens qui n’ont cessé leur lutte contre le régime, tout en unifiant leurs efforts et en s’organisant dans des organisations, qu’elles soient clandestines ou déclarées, œuvrant à révolter un contexte socio-politique dominé par un régime despote, morbide et anti-démocratique. «Le courant nationaliste a toujours parié sur la liberté, la démocratie et la justice sociale et a toujours milité et militera encore contre la dictature, la régression et l’obscurantisme, c’est ainsi qu’il est venu en renfort à la révolution de la jeunesse tunisienne qui marque un tournant dans l’histoire tunisienne et dénote les enjeux nouveaux. Aujourd’hui, après des décennies de militantisme non reconnu par l’ancien régime, on déclare, nous les nationalistes progressistes, la constitution du «Mouvement du Peuple» un parti politique dévoué à la concrétisation de la liberté, du socialisme et de l’unité arabe», concluent-ils.

Source: ”Le Quotidien” Le 19-03-2011

Lien: http://www.lequotidien-tn.com/detailarticle.asp


Des funérailles se transforment en manifestation en Syrie


 

Lors des funérailles de deux des trois victimes de la répression policière de vendredi à Deraa, dans le sud de la Syrie, des milliers de personnes ont scandé des slogans hostiles au régime.

Les forces de sécurité syriennes ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui tentaient de gagner le centre-ville de Deraa, à l’issue des funérailles. On dénombre plusieurs blessés.

« Dieu, la Syrie, la liberté. Quiconque tue son propre peuple est un traître », ont crié les manifestants.

Les victimes, Wissam Ayyache et Mahmoud al Djaouabra, ont été tués vendredi lors d’affrontements violents avec les forces de sécurité déployées en nombre dans à Deraa.

Les manifestants réclamaient des réformes démocratiques et dénonçaient la corruption.

Une vidéo diffusée sur Facebook les montre en train de crier des slogans hostiles à l’homme d’affaires Rami Makhlouf, cousin du président Bachar al Assad, qu’ils traitent de « voleur ».

Les manifestations de Deraa et leur répression constituent les événements les plus graves en Syrie depuis le début de la vague de révolte qui secoue les pays arabes.

Washington et le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon ont condamné la répression.

« Les États-Unis condamnent fermement les violences qui ont été commises aujourd’hui [vendredi] en Syrie et appellent le gouvernement syrien à autoriser les manifestations pacifiques », a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, Tommy Vietor.

De son côté le secrétaire général de l’ONU a appelé Damas à la retenue et a jugé inacceptables l’utilisation d’armes létales et l’arrestation arbitraire de manifestants agissant de manière pacifique.

Arrestations d’opposants

Les autorités syriennes ont arrêté plusieurs opposants depuis le début des soulèvements en Tunisie, en Égypte, au Yémen et au Bahreïn, notamment une jeune blogueuse Tal Al-Mallouhi, 19 ans, qui a été condamnée le 14 février, à cinq ans de prison par la haute cour de sûreté de l’État, à Damas. Elle a été accusée d’intelligence avec un pays étranger.

Source :« radio canada » Le 19-03-2011

Lien : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/03/19/004-syrie-manifestation-samedi.shtml


Aucune dictature ne pourra résister au « vent du changement » dans le monde Arabe, selon Jerzy Buzek


 

« Aucune dictature ne pourra, sur le long terme, résister au vent du changement qui souffle de la Tunisie vers le monde arabe », a déclaré vendredi à Tunis le président du Parlement européen (PE) Jerzy Buzek.

Lors d’une conférence de presse tenue au terme d’une visite de deux jours en Tunisie, M. Buzek s’est félicité de l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne en Libye décidée dans la nuit de jeudi à vendredi par le Conseil de sécurité de l’ONU.

« Kadhafi devrait savoir que ses voisins arabes et européens ne le laisseront pas tuer son propre peuple », a assuré le président du PE.

Selon lui, le cessez-le-feu annoncé par Tripoli « est une première étape, mais ne peut être que le début de la transition du pouvoir ». « Le régime de Kadhafi a perdu toute légitimité et il doit s’en aller. »

M. Buzek a par ailleurs fait état de « la disposition de l’Union Européenne à apporter son soutien à la Tunisie dans tous les domaines en vue de parvenir à la réalisation de la transition démocratique » dans ce pays.

« L’aide de l’Europe sera adaptée aux besoins de la Tunisie », a assuré le président du PE, qualifiant d' »instructifs » ses entretiens avec les membres du gouvernement tunisien et les représentants de la société civile.

Il a annoncé l’octroi par l’Union européenne de six millions d’euros pour aider au « bon déroulement des élections de l’assemblée constituante » prévues le 24 juillet prochain en Tunisie

Source : « Le Nouvel Observateur » Le 18-03-2011

Lien : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110318.FAP6615/aucune-dictature-ne-pourra-resister-au-vent-du-changement-dans-le-monde-arabe-selon-jerzy-buzek.html


Our Intellectuals and the Revolution


 

 

By Adel Al Toraifi

Adel Al Toraifi is the current Editor-in-Chief of Al Majalla, the leading Arab magazine. A specialist on Saudi foreign policy, he is recognized as a commentator and participant in televised programs for CNN, NBC, BBC and Al-Arabia TV. Awarded the post-graduate International Conflict Prize 2008 from Kingston University for outstanding work, Mr Al-Toraifi is currently a PhD candidate at the London School of Economics and Political Science.

 

The state of heightened psychological tension which has swept across our region is being fostered by calls for « chaos », and justifications for « instability », under several slogans, most notably the legitimacy of « toppling a regime » by taking to the streets. In the examples of Tunisia and Egypt, casualties were relatively limited, despite the substantial material damage. Many rushed to express support for both uprisings, citing them as being two peaceful and civil models of change. However, the situation in Libya has transformed into a violent civil war, proving that the price for change can sometimes extend towards utter devastation.

There is a significant ethical question facing Arab intellectuals, and others who rushed to enthusiastically endorse the popular uprisings across the region: Could we justify starting a civil war, or resorting to foreign intervention to change a regime, whenever certain citizens take to the streets? Who has the right to self-determination in this case? Citizens as a whole, or just the revolutionaries?

If you believe that the ruling Arab regimes possess no popular legitimacy, or that they must change because they do not believe in democracy, or put it into practice, then you are basically left with two options: The first option is to publicly call for regime change, and participate in that process. The second option is to reject the principle of enforced change, because it would lead to « anarchy », and hope for a gradual transfer of power through the governing elite and society at large, with a view to establishing a more favorable ruling system.

Of course it is also possible to argue that the issue is not as simple as saying there is a democratic government here, and a non-democratic one there, and therefore the former is legitimate and the latter is not, for several reasons: Firstly, the framework of legitimacy in the Middle East is varied and diverse. Tribal, provincial and sectarian loyalties are still potent. Secondly, the political situation in the region is extremely complex, and its problems cannot be attributed to the absence of democracy alone. The cultural, religious, social, political and economic infrastructure in the region suffers from fundamental problems which hinder civil rule, and nurture the culture of autocracy. Thirdly, rising discontent against the ruling system, no matter how justifiable the reasons might be, does not necessarily herald the dawn of a democratic system. The Tunisian and Egyptian examples are still in a transitional phase, and their success can only be judged in the future.

If we examine the protests which have swept through our region, the majority raised slogans like « stand down » or « the people want regime change ». However, it is difficult to claim that there was one particular uprising that solely demanded democracy. There were calls – you could call them demands, but they were born on the spur of the moment, and it was apparent that they were getting louder and louder as the situation escalated.

For instance, what happened in Tunisia was a case of civil disobedience which got out of control. You could say the same about Egypt, where protestors occupied Tahrir Square by force, and resisted the riot police. Furthermore, acts of vandalism against public institutions, and a sense of lawlessness, characterized such protests from day one. However, not a single word of criticism was directed at the revolutionaries’ violence and refusal for dialogue. You can blame the former regime’s apparatus, but you cannot deny that a section of the masses resorted to violence and vandalism, and refused to vacate Tahrir Square even after the regime was ousted.

In Libya, for example, there were few peaceful demands or protests, the masses took up arms right away. Whether or not you support Colonel Gaddafi’s regime, you cannot support the rebel gunmen fighting in the streets, without knowing who they are or how they see the future of the country.

The problem with some Arab intellectuals, who have rushed to express their support for the popular uprisings, is that they are supporting the unpredictable street. These intellectuals could have remained impartial, and exercised their intellectual independence in reading the situation, yet some of them have hurried to praise and support the populist forces. In other words, they have succumbed to the will of the street, a group which includes the idealists, the faithful, the thieves and the senseless mob that seeks only to destroy.

If you supported the popular uprising in Egypt, which overthrew the president, the constitution, and undermined the principle of the civil transfer of power, then you cannot object to the sectarian uprising in Bahrain which seeks to topple the regime, or to the occupation of Tahrir Square by a group of young peaceful Copts, who argue that Islam cannot be the main source of legislation in the new constitution. Furthermore, if an ethnic or sectarian group decides to declare independence and cut off all the main roads leading to its region, then you cannot object as long as it is a peaceful protest, even if it isolates other peaceful citizens.

According to this logic, the vocal minority has a right to disrupt the practices of the state and its institutions, and spread chaos to the security and political domain. Meanwhile, no one else can criticize or object to their behavior, by voicing independent opinions, without being classified as pro-regime supporters, even if they are independent and impartial. This is a kind of revolutionary tyranny.

The Arab street, which is said to be going through a state of awakening, or democratic revolution, and fighting against autocracy and dictatorship, is the same street which bitterly protested against the ouster of Arab dictators like Saddam Hussein, at the hands of a foreign power. It is the state street that demonstrated against the arrival of foreign troops to take part in the liberation of Kuwait. Ironically, it is also the same street which calls upon Western countries to exert pressure, when it wants to topple an Arab regime, and asks for the imposition of a no-fly zone over Libya to stop Gaddafi’s troops advancing upon the retreating rebels.

There is a great moral crisis here. Attempting to justify revolutions and anarchy under any slogan or name is one thing, and demanding reform is another. Those intellectuals who indiscriminately champion change are advocating a lawless, unpredictable scenario. They are also quick to praise forces which are yet to reveal themselves. Unfortunately, at this particular point, revolutionary zeal overcomes the independent voice of careful thought and sound judgment. Everyone supports uprisings when they overthrow existing autocratic regimes. As for the state of chaos and ambiguity that ensues, this is the « price of freedom » as they say!

There a big difference between peaceful demonstrations which respect the law, and violent protests that storm the capital, occupy its vital institutions, and seize state records and documents. Some Arab intellectuals envisage that these protests will turn into perfect democracies, yet this is a case of a « romantic Utopia », which many intellectuals have fallen victim to throughout modern history.

In his book « The Reckless Mind » (2001), Mark Lilla warns against intellectuals that justify their political recklessness, under the slogan of the « organic intellectual ». According to this definition, such intellectuals consider themselves active and responsible figures within social and political spheres. Organic intellectuals consider themselves independent of the regime’s authority. However, in reality, they are subject to the authority of another regime, an invisible one, namely the forces of dissent and opposition, who express approval for intellectual discourse only if it works in their favor. Yet these forces would not hesitate to reproach any organic intellectual if they tried to criticize the cultural flaws and despotic features of their revolutionary discourse.

At this historic moment, some of our intellectuals have abandoned their independent thought, and submitted to the revolutionaries in the Arab streets. Overthrowing regimes by spreading chaos is certainly not a criterion of success. Rather, it is important to build a civil society that does not resort to clamorous disruptions, in order to impose its opinion on the (peaceful) silent majority. In describing the selfish nature of the revolutionary intellectual, Mark Lilla says: « They would recklessly indulge in political debates, write books, make speeches and give advice amidst a wave of activity which barely hides their incompetence and irresponsibility. Men like these consider themselves as independent minds while the truth is that they are a reckless flock led by their inner demons; a flock thirsty for approval from a fickle audience. »

Source: “asharq alawsat” Le 19-03-2011

Lien: http://aawsat.com/english/news.asp?section=2&id=24560

 


Tunisia Becomes Eligible For US Millennium Challenge Account Grant


 

The United States has announced that Tunisia, which is currently on path of a political transition, is now eligible to be considered for a Millennium Challenge Account grant.

Addressing a joint press conference with her Tunisian counterpart Mouldi Kefi in Tunisian capital Tunis, Secretary of State Hillary Rodham Clinton said « we look forward to receiving the proposals from the government as they are formulated. »

She said that during her meeting with the Tunisian Foreign Minister, they discussed many aspects of the political transition, including free and fair elections, the formation of political parties and the training of candidates.

Both the leaders agreed that there will be much work that has to be done for both political and economic reforms, and that they discussed a number of ways that the United States will help.

Clinton told reporters at the U.S. Embassy that her country would support a new partnership between Tunisian civil society groups and technology companies in order to get more information, communications capacity available broadly throughout society.

Microsoft Corporation has agreed to support groups that are advocating for human rights, democracy, civic education and other important matters to society, providing computers, software, and training and other technical assistance.

Clinton said Washington would also work to create new jobs for Tunisians. The United States Overseas Private Investment Corporation, known as OPIC, will offer financial support in the form of direct loans, guarantees and political risk insurance. OPIC is already supporting two Tunisian private equity firms that are focused on small and medium-size businesses and will support investor visits by American businesses to Tunisia.

The Obama administration is asking the U.S Congress to establish a Tunisian-American enterprise fund to stimulate investment in the private sector and provide businesses with low-cost capital focusing on the less-developed areas of Tunisia.

The U.S. government will also work through the United States-North Africa Partnership For Economic Opportunity to link business leaders and young entrepreneurs. « We want the ideas of young Tunisians and we want to provide the startup capital that they would need to begin their own businesses, » Clinton said.

Commending the people of Tunisia for showing the world that peaceful change is possible, Clinton pledged that the United States would « stand with you as you make the transition to democracy and prosperity and a better future. »

She thanked Kefi for Tunisia’s impressive response to the humanitarian crisis triggered by the exodus from Libya and efforts to ease the suffering on Libya-Tunisia borders.

Earlier, she visited the Tunisian Red Crescent Training Center.

Under immense public pressure, President Zine el-Abidine Ben Ali stepped down from office on January 14 and fled to Saudi Arabia.

The despot ruled Tunisia for over 23 years since seizing power in a coup. Month-long revolts demanding his ouster had claimed the lives of nearly 70 people.

Interim Prime Minister Caid Essebsi has vowed to hold elections in July for the constituent assembly to draft a new Constitution.

Source: “RTTnews”(Global Financial Newswires)

Lien: http://www.rttnews.com/Content/TopStories.aspx?Id=1578751&SM=1&pageNum=2

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