15 juin 2009

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TUNISNEWS

9 Úme année, N° 3310 du 15.06.2009

 archives : www.tunisnews.net  


Les ExilĂ©s Tunisiens tiennent leur CongrĂšs Constitutif – CommuniquĂ© de Presse

AFP: Guantanamo – Accord UE/Etats-Unis sur les conditions des transferts

Moncef Marzouki: Le « syndrome Ben Ali » menace-t-il la recherche française ?

Le Canard enchaßné: Fromage et désert

Espace Manager: Tunisie: Sakher El Materi développe le tourisme de croisiÚre

Jeune Afrique: Le voile se lĂšve timidement sur le salaire des patrons

AFP: Un mort dans une manifestation d’opposants Ă  TĂ©hĂ©ran

Le Monde: Un revers pour la politique d’ouverture de M. Obama

Libération: Azadeh Kian -Thiébaut «Il y a eu un grossier truquage!»

Reuters: Iran opposition figure sees leadership rift


Liste actualisĂ©e des signataires de l’initiative du Droit de Retour : http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invitĂ©s Ă  envoyer leur: Nom, Pays de rĂ©sidence et AnnĂ©e de sortie de la Tunisie sur le mĂ©l de l’initiative : manfiyoun@gmail.com


 

Communiqué de Presse

Les Exilés Tunisiens tiennent leur CongrÚs Constitutif

 
le 20-21 Juin 2009  Ă  GenĂšve-Suisse. Au terme de plusieurs mois de dĂ©bats riches et intenses sur la portĂ©e et sur les significations Ă  donner au « Manifeste »  Ă  l’origine du lancement de  l’Initiative pour le Droit au Retour des ExilĂ©s Tunisiens dans leur patrie, et aprĂšs le mĂ»rissement d’un long processus de rĂ©flexion ayant abouti Ă  la nĂ©cessitĂ© de doter cette Initiative d’une structure d’encadrement et d’un programme d’action, les signataires ont pris la dĂ©cision de tenir leur congrĂšs constitutif le 20-21 juin 2009 Ă  GenĂšve  en Suisse, en parallĂšle Ă  la cĂ©lĂ©bration de la JournĂ©e mondiale des RĂ©fugiĂ©s. A cette occasion, des nombreuses personnalitĂ©s et plusieurs organisations  tunisiennes et internationales ont d’ores et dĂ©jĂ  annoncĂ© leur prĂ©sence. La Coordination Provisoire tient Ă  exprimer sa gratitude envers tous les exilĂ©s tunisiens dispersĂ©s aux quatre coins du monde, pour avoir accompagner durant presque un an l’étape des dĂ©bats internes qui a permis l’émergence d’un projet cohĂ©rent, fondĂ© sur une approche globale, indĂ©pendante et patriotique de l’épineuse question du retour des exilĂ©s. Elle prend  l’engagement de faire de ce CongrĂšs Constitutif, un moment privilĂ©giĂ© de notre combat pour la dĂ©mocratie. Elle n’épargnera aucun effort pour le convertir en un bond qualitatif sur le plan humanitaire, politique mais aussi culturel. Les travaux du CongrĂšs seront accompagnĂ©s d’une manifestation culturelle oĂč se succĂ©deront chant, théùtre et poĂ©sie pour raconter le drame et  la douleur de l’exil. Au nom de tous les signataires de l’appel, la Coordination Provisoire rĂ©itĂšre sa reconnaissance Ă  tous ceux qui nous ont exprimĂ© leur soutien : aux personnalitĂ©s, aux mĂ©dias et aux organisations nationales et internationales et tout particuliĂšrement Ă  nos amis de l’Association des Tunisiens en France. Pour la Coordination Provisoire du Droit au Retour Noureddine Khatrouchi Paris le 11 juin 2009

Guantanamo –Accord UE/Etats-Unis sur les conditions des transferts

AFP PubliĂ© le 15/06/2009 L’Union europĂ©enne a entĂ©rinĂ© lundi une dĂ©claration nĂ©gociĂ©e avec Washington prĂ©cisant les conditions de transfert d’ex-dĂ©tenus de Guantanamo vers l’Europe, censĂ©e rassurer ses pays membres mais qui n’engage pas les Etats-Unis Ă  en prendre chez eux. Cette dĂ©claration commune UE-Etats-Unis a Ă©tĂ© approuvĂ©e lundi sans discussion par les ministres europĂ©ens des Affaires Ă©trangĂšres rĂ©unis Ă  Luxembourg. Elle doit faire l’objet d’une prĂ©sentation publique avec les Etats-Unis Ă  une date non prĂ©cisĂ©e. Dans ce texte, EuropĂ©ens et AmĂ©ricains soulignent que “la responsabilitĂ© premiĂšre pour la fermeture de Guantanamo et pour trouver un lieu de rĂ©sidence pour les ex-dĂ©tenus revient aux Etats-Unis”. Une prĂ©cĂ©dente mouture ajoutait: “Nous prenons note du fait que les Etats-Unis reconnaissent leur responsabilitĂ© Ă  accepter certains ex-dĂ©tenus dĂ©sireux d’ĂȘtre admis aux Etats-Unis”. Mais cette phrase sur laquelle insistaient Allemands et Autrichiens a Ă©tĂ© supprimĂ©e de la version finalement agréée par les deux parties, Washington refusant de s’engager tant la polĂ©mique fait rage aux Etats-Unis sur l’accueil de ces dĂ©tenus. La prĂ©sidence tchĂšque de l’UE espĂšre nĂ©anmoins que ce texte marquera “un nouveau dĂ©part dans la coopĂ©ration anti-terroriste sur la base de valeurs partagĂ©es, du droit international, du respect des droits de l’Homme et de l’Etat de droit”, aprĂšs les dĂ©rives de la lutte anti-terroriste de l’administration Bush. “En appuyant la dĂ©termination des Etats-Unis Ă  fermer Guantanamo, l’UE espĂšre contribuer Ă  changer la politique des Etats-Unis et les aider Ă  tourner la page”, a-t-elle soulignĂ© dans un communiquĂ©. Cette dĂ©claration vise Ă  rassurer les nombreux pays de l’UE qui rechignent Ă  prendre des ex-dĂ©tenus de Guantanamo chez eux. Un seul d’entre eux est dĂ©jĂ  en Europe, l’AlgĂ©rien Lakhdar Boumediene, qui a Ă©tĂ© accueilli en France avec sa famille. L’Allemagne, qui avait dĂ©jĂ  refusĂ© de recevoir des OuĂŻghours, a indiquĂ© jeudi refuser aussi en l’Ă©tat une demande amĂ©ricaine d’hĂ©berger deux autres ex-dĂ©tenus, originaires selon certaines sources de Tunisie et de Syrie.

Le « syndrome Ben Ali » menace-t-il la recherche française ?

 
par Moncef Marzouki J’ai connu personnellement Vincent Geisser pour la premiĂšre fois quand il est venu me rendre visite Ă  mon domicile Ă  Sousse en Tunisie en 2000. A l’époque je venais d’ĂȘtre licenciĂ© de mon poste Ă  la facultĂ© de mĂ©decine de Sousse, empĂȘchĂ© de voyager et maintenu Ă  domicile sous surveillance policiĂšre constante. Vincent Geisser a bravĂ© le cordon policier et s’est prĂ©sentĂ© Ă  la fois comme chercheur venant recueillir des informations auprĂšs d’un acteur politique, mais aussi comme un universitaire dĂ©mocrate apportant un prĂ©cieux soutien moral Ă  l’un de ses semblables. Par la suite, aprĂšs mon arrivĂ©e en France en exil politique en 2001, j’ai pu mieux connaĂźtre Ă  la fois le travail du chercheur et la personne qui se cache derriĂšre. Deux choses m’ont paru caractĂ©riser l’homme : la passion et la rigueur. Sa passion n’était que la traduction d’un engagement personnel pour la libertĂ©, la justice, la rencontre et le dialogue fraternel entre les cultures. Mais cette passion qui pouvait obscurcir le sens du jugement Ă©tait fort heureusement contre -balancĂ©e par une rigueur mĂ©thodologique et une honnĂȘtetĂ© intellectuelle Ă  toute Ă©preuve. Ceci je le sais par la lecture de ses travaux sur la Tunisie et sur le monde arabe, mais aussi de façon directe. Ayant travaillĂ© avec lui pendant une annĂ©e sur le livre d’entretien (*) qu’il m’a fait l’honneur de me consacrer, j’ai souvent fait les frais de son implacable rigueur. Me poussant en permanence dans mes retranchements, exigeant les preuves les plus inattaquables de toutes mes affirmations, soucieux de dĂ©tail, de rĂ©fĂ©rences prĂ©cises, je peux dire qu’il m’a beaucoup embĂȘtĂ©. Mais au delĂ  de l’irritation qu’il m’a souvent causĂ©, je luis suis redevable de m’avoir appris que la plus grande sympathie pour une cause ou une personne ne doit jamais intervenir quand il s’agit de prĂ©senter aux autres les informations qui leur sont nĂ©cessaires pour se faire une opinion qui ne soit pas l’écho d’un prĂ©jugĂ©, d’une complaisance voire d’une manipulation. La valeur de Vincent Geisser va au delĂ  de sa compĂ©tence de chercheur aimant ses sujets de recherches et les traitant nĂ©anmoins sans complaisance. Elle est dans le fait que c’est un homme-lien, un homme-pont, un passeur culturel. En ces temps durs oĂč nous avançons tous sur le fil du rasoir ne sachant trop si nous allons tomber du cĂŽtĂ© de la guerre ou de la collaboration des civilisations, il est un homme prĂ©cieux pour ne pas dire irremplaçable. Le voir poursuivi par une juridiction universitaire pour une sombre affaire me paraĂźt digne de la Tunisie de Ben Ali, certainement pas de la France de Voltaire et de Massignon.
* Moncef Marzouki (entretiens avec Vincent Geisser), Dictateurs en sursis. Une voie dĂ©mocratique pour le monde arabe, Ă©ditions de L’Atelier, Ă  paraĂźtre septembre 2009. Ouvrages de Vincent Geisser sur l’autoritarisme : Avec Michel Camau, Le syndrome autoritaire. Politique en Tunisie de Bourguiba Ă  Ben Ali, Presses de Sciences Po, 2003. Avec Michel Camau, Habib Bourguiba. La trace et l’hĂ©ritage, Karthala, 2004. Avec Olivier DabĂšne et Gilles Massardier, Autoritarismes dĂ©mocratiques, dĂ©mocraties autoritaires. Convergences Nord/Sud, La DĂ©couverte, 2008.
 
(Source: Oumma.com le 15 juin 2009)

Fromage et désert

 Un week-end au Tamerza Palace de Tozeur, sa piscine, avec vue saisissante sur le dĂ©sert, son restaurant gastronomique, et une suite Ă  plus de 700 euros : c’est le petit prĂ©sent fait Ă  Jean-Pierre Raffarin par un journal tunisien proche du trĂšs dĂ©mocrate prĂ©sident Ă  vie Ben Ali.  L’ancien Premier ministre, devenu sĂ©nateur, Ă©tait, le 7 mai, l’invitĂ© d’un colloque organisĂ© par la revue tunisienne ” L’Economiste maghrĂ©bin”. À cette occasion, il s’est rĂ©pandu en Ă©loges sur le rĂ©gime et son prĂ©sident. Ainsi, selon lui, “d’une certaine maniĂšre, la Tunisie est mieux protĂ©gĂ©e (contre la crise) que d’autres pays”. Cette situation ne doit rien au hasard. Ben Ali cultive cette “valeur fondamentale” qui permet de fonder une “nouvelle conception de la vie” : la sĂ©curitĂ©. “Dans l’insĂ©curitĂ©, il n’y a point de dĂ©veloppement” , a assĂ©nĂ© le sĂ©nateur Raffarin. Il n’a pas eu un mot, faute de temps sans doute, pour les syndicalistes emprisonnĂ©s et torturĂ©s par la police au nom de la sĂ©curitĂ©. Pas plus pour les journalistes ou les opposants politiques, tous fidĂšles clients du ministĂšre tunisien de l’IntĂ©rieur.  Raff’ explique au “Canard” qu’il a tout de mĂȘme insistĂ© sur les “valeurs universelles” . Mais sans prĂ©ciser que ces “valeurs” ne prĂ©voient pas de jeter les opposants dans des geĂŽles.  Pourquoi donner des leçons Ă  des amis qui vous accueillent si bien ? (Source : « Le Canard enchaĂźnĂ© », 10 juin 2009, page 4)

 

Tunisie: Sakher El Materi développe le tourisme de croisiÚre

AprĂšs avoir remportĂ©, en 2006, l’appel d’offres concernant la mise en concession de la gestion du trafic de croisiĂšre au port de la Goulette Ă  Tunis, la sociĂ©tĂ© GOULETTE SHIPPING CRUISE (GSC), filiale du groupe Princesse El Materi, a achevĂ© en un temps record la premiĂšre phase de son projet et a inaugurĂ© depuis le 28 mars 2007 son terminal en accueillant le premier contingent de touristes. Pour renforcer son dĂ©veloppement et garantir un flux important de croisiĂ©ristes, la GSC, qui rĂ©alise des investissements de plus de 40 millions de dinars et qui devrait voir son projet exploitable en entier sous peu, a scellĂ© un partenariat stratĂ©gique avec l’armateur italien « MSC », 2Ăšme armateur mondial dans le domaine de la croisiĂšre. Ce projet est composĂ© d’activitĂ©s portuaires et maritimes liĂ©es au traitement des passagers, Ă  la gestion des navires et Ă  l’assistance technique en escale. Il comporte Ă©galement des activitĂ©s commerciales liĂ©es au village touristique (duty free, boutiques, restaurants, café ). Cette animation créée au port de la Goulette est de nature Ă  vĂ©hiculer une meilleure image de la Tunisie auprĂšs des croisiĂ©ristes qui sont considĂ©rĂ©s comme Ă©tant des vacanciers Ă  revenu assez Ă©levĂ©. Le choix d’un investissement Ă  la goulette est d’autant plus judicieux que ce dernier est le premier port national d’entrĂ©e des navires de croisiĂšre en recevant environ 90% de l’activitĂ© croisiĂšre. Consciente du dĂ©veloppement important de l’activitĂ© de plaisance et de la croisiĂšre du littoral, la sociĂ©tĂ© GSC accorde une place prĂ©pondĂ©rante au tourisme de croisiĂšre et vient d’annoncer l’ouverture de son DĂ©lphinaruim. En effet, GSC crĂ©e l’Ă©vĂšnement en ramenant 11 dauphins de Cuba qui s’exhiberont quotidiennement devant 3000 personnes. Ces mammifĂšres bĂ©nĂ©ficieront d’installations de haute qualitĂ© au sein du complexe touristique de la Goulette. Rappelons que les prĂ©visions tablent sur 1.000.000 de croisiĂ©ristes qui visiteront notre pays en 2010, 1.500.000 en 2015 et 2.000.000 en 2020. C’est ce qui explique d’ailleurs les amĂ©nagements faits et envisagĂ©s par la SociĂ©tĂ© GSC. (Source: “Espace Manager” le 15 juin 2009)

Le voile se lĂšve timidement sur le salaire des patrons

12/06/2009 12:12:04 – Jeune Afrique- Par : Jean-Michel Meyer – Deux patrons tunisiens ont rĂ©vĂ©lĂ© leur salaire. Sans doute une premiĂšre en Afrique francophone. Pionniers ou tĂȘtes brĂ»lĂ©es ? Voyage au coeur d’un sujet opaque : la rĂ©munĂ©ration des PDG. Combien sont rĂ©munĂ©rĂ©s les PDG africains ? D’Alger Ă  Tunis, de Dakar Ă  YaoundĂ©, les salaires des patrons se sont-ils envolĂ©s comme dans les pays industrialisĂ©s ? Sont-ils dopĂ©s Ă  coups de stock-options, de bonus extravagants ou de parachutes dorĂ©s ? Autant de sujets tabous sur le continent. À moins d’ĂȘtre originaire d’Afrique du Sud (voir encadrĂ©) ou de Tunisie
 Le pays vient en effet d’ouvrir une brĂšche dans l’un des secrets les mieux gardĂ©s. PoussĂ©s par une nouvelle lĂ©gislation, deux patrons de sociĂ©tĂ©s cotĂ©es Ă  la Bourse de Tunis ont rĂ©vĂ©lĂ© leur salaire en mai. Les articles 200 et 475, ajoutĂ©s au code des sociĂ©tĂ©s commerciales en mars, imposent dĂ©sormais aux commissaires aux comptes de prĂ©ciser le montant des salaires versĂ©s aux dirigeants des sociĂ©tĂ©s qu’ils auditent. « La mesure est tombĂ©e du jour au lendemain », souligne un analyste financier. Si la disposition a surpris jusque dans les salles de marchĂ©s, elle s’applique aussi aux sociĂ©tĂ©s non cotĂ©es et aux entreprises publiques rĂ©gies par le code. Le 19 mai, lors de la prĂ©sentation des rĂ©sultats annuels pour 2008, le PDG du groupe Poulina (517 millions d’euros de chiffre d’affaires) a stupĂ©fiĂ© son auditoire. À la tĂȘte d’un holding de 79 sociĂ©tĂ©s, Abdelwahab Ben Ayed, le patron emblĂ©matique du premier groupe privĂ© du pays, a divulguĂ© au dĂ©tour d’une phrase le salaire brut annuel qu’il a perçu l’an passĂ© : 549 515 dinars (plus de 305 696 euros au 31 dĂ©cembre 2008). Soit 45 800 DT par mois. Pour la majoritĂ© des actionnaires, la rĂ©munĂ©ration du patron de Poulina est mĂ©ritĂ©e Ă  la lumiĂšre des rĂ©sultats du groupe (aviculture, agroalimentaire, services industriels, cĂ©ramique, emballage, immobilier), qui a dĂ©gagĂ© un chiffre d’affaires de 929 millions de DT (+ 12,9 %) et un rĂ©sultat opĂ©rationnel (Ebidta) de 114 millions de DT (+ 11,2 %). Cent fois le salaire moyen Une poignĂ©e de jours plus tĂŽt, le 6 mai, Fethi Hachicha, le PDG de la sociĂ©tĂ© Electrostar, prenait les devants. La sociĂ©tĂ©, qui rĂ©alise un chiffre d’affaires de plus de 35 millions d’euros, est l’un des distributeurs dans le pays des climatiseurs, tĂ©lĂ©viseurs et rĂ©frigĂ©rateurs de la marque corĂ©enne LG. Lors de la prĂ©sentation du bilan 2008, le dirigeant a avouĂ© un salaire annuel net de 62 471 DT, soit un peu plus de 5 200 DT mensuels. Soumis Ă  la mĂȘme Ă©preuve de vĂ©ritĂ©, son directeur gĂ©nĂ©ral adjoint a Ă©tĂ© rĂ©munĂ©rĂ© 3 700 DT par mois en 2008 (44 617 DT au total). De grandes disparitĂ©s salariales existent donc entre patrons. « le marchĂ© des rĂ©munĂ©rations des dirigeants d’entreprise n’est pas trĂšs cohĂ©rent et structurĂ© », commente Haykel Barbouch, consultant du cabinet Mercer, spĂ©cialisĂ© dans les ressources humaines. Ce qui expliquerait qu’un Abdelwahad Ben Ayed gagnerait neuf fois plus par mois qu’un Fethi Hachicha. Et cent fois plus que le salariĂ© moyen, qui perçoit de 400 Ă  450 DT par mois. Les patrons ont-ils vraiment jouĂ© la transparence ? À la tĂȘte d’un groupe cotĂ© Ă  plus de 80 %, Abdelwahad Ben Ayed (il n’a pas souhaitĂ© rĂ©pondre Ă  nos questions) affiche un salaire assez proche de la rĂ©alitĂ©, mĂȘme si son important patrimoine immobilier n’est pas pris en compte. En revanche, celui affichĂ© par Fethi Hachicha est largement minorĂ©. Son salaire annoncĂ© le 6 mai est agrĂ©mentĂ© de bonus de rĂ©alisation des objectifs, d’avantages en nature, de jetons de prĂ©sence
 dont le montant reste jalousement prĂ©servĂ©. De plus, le PDG tire d’autres revenus des sociĂ©tĂ©s qu’il possĂšde dans le sport et les mĂ©dias. « En Tunisie, le top management des entreprises locales est rĂ©munĂ©rĂ© entre 10 000 et 12 000 DT par mois. Celui d’une multinationale implantĂ©e dans le pays oscille entre 12 000 et 13 000 DT. En fait, le salaire affichĂ© par le PDG d’Electrostar correspond davantage Ă  celui d’un directeur financier, commercial, ou des ressources humaines », ajuste un consultant tunisien en management. Et si un voile Ă©pais entoure toujours la rĂ©munĂ©ration de la plupart des chefs d’entreprise, quelques indiscrĂ©tions filtrent malgrĂ© tout et permettent d’y voir plus clair. Un patron de PME peut toucher jusqu’à 6 000 DT. Un dirigeant de sociĂ©tĂ© d’assurances gagne entre 5 000 et 7 000 DT. Quant au directeur gĂ©nĂ©ral d’une banque privĂ©e, il est rĂ©munĂ©rĂ© 10 000 DT en moyenne. Contre 3 000 Ă  4 000 DT pour celui d’une banque publique. Dans le mĂȘme temps, un ministre perçoit de 3000 Ă  5000 DT, un directeur d’administration centrale environ 1 500 et un prof de fac 2 000 DT. Seul le PDG d’une banque privĂ©e, qui s’octroie un salaire mensuel de 30 000 DT, dĂ©tonne dans le paysage salarial tunisien, malgrĂ© les excellents rĂ©sultats de l’établissement qu’il dirige. Difficile pourtant de trouver des patrons outrageusement gourmands et flambeurs qui alimentent l’actualitĂ© comme en Europe et aux États-Unis. DerniĂšre controverse en date : le rejet par les actionnaires de Shell, le 26 mai, de la proposition de rĂ©munĂ©ration jugĂ©e trop Ă©levĂ©e des dirigeants de la compagnie. Dont celle du directeur gĂ©nĂ©ral, Jeroen van der Veer, Ă  10,32 millions d’euros en 2008. Bonus et versement pour la retraite, qu’il prendra au 30 juin, compris. Il n’empĂȘche. Le vent de contestation qui agite les conseils d’administration et l’opinion publique des pays industrialisĂ©s fait tache d’huile. « Depuis le mois de mars, il y a toujours un petit porteur pour poser une question sur la rĂ©munĂ©ration des dirigeants lors des assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales des sociĂ©tĂ©s cotĂ©es Ă  la Bourse de Tunis. À chaque fois, il se fait Ă©conduire poliment », note un analyste financier. Pour l’instant. Car, avec la nouvelle obligation de transparence, les autoritĂ©s veulent donner des gages aux investisseurs Ă©trangers qui ont dĂ©sertĂ© la place depuis novembre 2008 et satisfaire les petits porteurs. « À la diffĂ©rence de l’Égypte ou du Maroc, les banques et les institutionnels tunisiens investissent peu sur le marchĂ© boursier. De fait, ce dernier est largement animĂ© par les petits porteurs. La contrepartie : le marchĂ© est plus volatil, secouĂ© de nombreuses rumeurs et dominĂ© par des positions Ă  court terme. À travers cette mesure, les autoritĂ©s cherchent peut-ĂȘtre Ă  rassurer les petits porteurs », analyse Lilia Kamoun, consultante Ă  Tunisie Valeurs. Un premier bilan d’ici Ă  juillet Mais la greffe de la transparence peine Ă  prendre. La moitiĂ© des cinquante et une sociĂ©tĂ©s valorisĂ©es Ă  la Bourse de Tunis ont publiĂ© leurs rĂ©sultats 2008 aprĂšs l’entrĂ©e en vigueur de la nouvelle obligation. À la diffĂ©rence de Poulina et d’Electrostar, elles ont prĂ©textĂ©, sans convaincre, d’avoir arrĂȘtĂ© leurs comptes avant l’entrĂ©e en application des nouveaux articles. Pour des observateurs de la vie des affaires, l’explication est ailleurs. La majoritĂ© des sociĂ©tĂ©s cotĂ©es Ă  la Bourse de Tunis sont des entreprises familiales qui n’ont guĂšre envie de jouer la transparence. « Les dirigeants des entreprises familiales s’octroient en gĂ©nĂ©ral de gĂ©nĂ©reuses rĂ©munĂ©rations et gĂšrent leurs dĂ©penses personnelles en puisant dans la caisse. Ces entreprises n’établissent pas de distinction entre propriĂ©taire, actionnaire et dirigeant. Il y a souvent des soupçons sur la confusion des patrimoines. Alors les obliger Ă  communiquer sur ces sujets
 », explique un analyste financier. Les deux mois Ă  venir serviront de test. Une vingtaine d’entreprises cotĂ©es qui ont dĂ©passĂ© le dĂ©lai lĂ©gal de la fin avril pour publier leurs rĂ©sultats 2008 le feront d’ici Ă  l’étĂ©. Et non des moindres. Tunisair, les Magasins GĂ©nĂ©raux et la SociĂ©tĂ© tunisienne de banque (STB), la plus grande banque publique du pays, tiendront leur assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale d’ici Ă  juillet. « La plupart d’entre elles ne divulgueront pas les salaires des dirigeants. Ce sera pareil en 2010. Depuis 2005, le Conseil du marchĂ© financier incite les sociĂ©tĂ©s Ă  plus de transparence. Les obligations lĂ©gales existent, mais il n’y a aucune sanction, alors
 », assure un analyste. La preuve ? Une loi du 14 novembre 1994 (n° 94-117) sur la rĂ©organisation du marchĂ© impose dĂ©jĂ  aux administrateurs et aux dirigeants de publier la rĂ©munĂ©ration et les avantages en nature qu’ils perçoivent des sociĂ©tĂ©s qu’ils dirigent. Les mentalitĂ©s Ă©volueraient-elles ? « La volontĂ© de transparence actuelle est trĂšs positive, tempĂšre Haykel Barbouch. On constate aujourd’hui de trĂšs fortes disparitĂ©s dans les rĂ©munĂ©rations. Elles ne reposent pas toujours sur des critĂšres objectifs et rationnels. Le fait d’annoncer la rĂ©munĂ©ration des dirigeants va accĂ©lĂ©rer la structuration des systĂšmes de rĂ©munĂ©ration selon les performances et les mĂ©rites de chacun. »
 
(Source: “Jeune Afrique” le 12 juin 2009)
Lien: http://www.jeuneafrique.com/article.php?idarticle=ARTJAJA2525p071-073.xml0&p%20%20mv_nid=2

 

Un mort dans une manifestation d’opposants Ă  TĂ©hĂ©ran

Pierre Celerier Agence France-Presse le 15 juin 2009 Ă  08h13 | Mis Ă  jour Ă  15h20 TĂ©hĂ©ran Un manifestant a Ă©tĂ© tuĂ© par balles et plusieurs autres ont Ă©tĂ© blessĂ©s lundi Ă  TĂ©hĂ©ran lors d’un rassemblement de centaines de milliers de partisans de Mir Hossein Moussavi, candidat malheureux Ă  la prĂ©sidentielle, qui contestaient la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Un photographe iranien, qui a refusĂ© de donner son nom, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP avoir vu le corps d’un homme tuĂ© d’une balle dans le front, devant une base de la milice islamique du bassidj, laquelle Ă©tait en feu, ainsi que plusieurs personnes blessĂ©es par balles. Selon un correspondant de l’AFP, qui a entendu plusieurs coups de feu, des affrontements ont Ă©clatĂ© entre des policiers et des manifestants aux abords de la place Azadi, Ă  la fin du parcours dans le centre-ville, et des dizaines de personnes ont fui les lieux. Des tĂ©moins ont rapportĂ© Ă  ce correspondant que des hommes en civil avaient tirĂ© sur des manifestants, en blessant plusieurs. Des manifestants ont mis le feu Ă  des pneus et des poubelles et plusieurs motos ont Ă©tĂ© incendiĂ©es tandis que des policiers ont fait usage de gaz lacrymogĂšne pour les disperser. Mir Hossein Moussavi, qui conteste la victoire du dirigeant ultraconservateur et juge que le scrutin Ă©tait truquĂ©, avait participĂ© Ă  la manifestation, interdite par le ministĂšre de l’IntĂ©rieur, de mĂȘme que le candidat rĂ©formateur Mehdi Karoubi. JuchĂ© sur le toit d’une voiture, M. Moussavi s’est dit «prĂȘt Ă  participer de nouveau Ă  une Ă©lection prĂ©sidentielle», tandis que son Ă©pouse, Zahra Rahnevard, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP qu’ils «iraient jusqu’au bout» pour contester le rĂ©sultat du scrutin du 12 juin, qui a vu la victoire de Mahmoud Ahmadinejad avec prĂšs de 63% des voix. Le guide suprĂȘme, Ali Khamenei, pour qui le rĂ©sultat du scrutin s’apparente Ă  une «vraie fĂȘte», a appelĂ© M. Moussavi, un ancien premier ministre et un conservateur modĂ©rĂ©, Ă  poursuivre sa contestation par la seule voie lĂ©gale. Il se rĂ©fĂ©rait au dĂ©pĂŽt par M. Moussavi d’un recours devant le Conseil des gardiens de la Constitution pour obtenir l’annulation des rĂ©sultats. Le Conseil doit rencontrer M. Moussavi mardi. En attendant, des centaines de milliers de manifestants, selon les estimations de l’AFP, ont occupĂ© l’essentiel de l’avenue Azadi, lieu traditionnel des manifestations de commĂ©moration de la rĂ©volution islamique de 1979. «Au moins un million et demi de personnes» selon un policier interrogĂ© par l’AFP, «jusqu’Ă  deux millions», selon un autre, ont dĂ©filĂ© aux cris de «mort au dictateur», «les Iraniens prĂ©fĂšrent la mort Ă  l’humiliation» ou «Moussavi nous te soutenons». De nombreux manifestants arboraient des bouts d’Ă©toffe verte, la couleur de la campagne Ă©lectorale du candidat malheureux, sur laquelle on pouvait lire: «OĂč est mon vote?». Une jeune Ă©tudiante de 21 ans, Fahar, a espĂ©rĂ© que la police et la milice islamique des bassidjis «se comporteront de façon civilisĂ©e» alors que les affrontements entre manifestants et forces de sĂ©curitĂ© avaient Ă©tĂ© parfois trĂšs violents samedi et dimanche. La tĂ©lĂ©vision iranienne, qui n’a montrĂ© que pendant quelques secondes des images de la manifestation, n’a pas fait mention des affrontements, tout comme les agences de presse, revenant en revanche amplement sur le «succĂšs» du scrutin prĂ©sidentiel. Le prĂ©sident Ahmadinejad a pour sa part repoussĂ© Ă  mardi une visite prĂ©vue lundi en Russie. À Washington, le dĂ©partement d’État s’est dit «profondĂ©ment prĂ©occupé» par les violences post-Ă©lectorales en Iran, indiquant «observer prudemment» les suites du scrutin. Le prĂ©sident français Nicolas Sarkozy a condamnĂ© les «violences contre les manifestants», tandis que Berlin a exprimĂ© sa «vive inquiĂ©tude». Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, Ban Ki-moon, a soulignĂ© que la volontĂ© du peuple devait ĂȘtre respectĂ©e alors que l’Union europĂ©enne a demandĂ© Ă  l’Iran d’enquĂȘter sur l’Ă©lection. Paris et Berlin ont convoquĂ© l’ambassadeur d’Iran et le premier ministre britannique, Gordon Brown, a affirmĂ© que l’Iran devait rĂ©pondre aux «questions sĂ©rieuses» soulevĂ©es par les Ă©lections.


Un revers pour la politique d’ouverture de M. Obama

LE MONDE | 15.06.09 | 18h27  Washington. Correspondante   Pour l’administration Obama, la réélection de Mahmoud Ahmadinejad est un Ă©chec. Le prĂ©sident amĂ©ricain avait Ă©vitĂ© de se mĂȘler de l’Ă©lection iranienne mais il Ă©tait allĂ© au Caire tenir un discours au monde musulman une semaine avant le scrutin. Et il avait fait comprendre qu’il lui serait impossible de ne pas “combattre” ceux qui ” nient l’Holocauste” ; une maniĂšre de disqualifier M. Ahmadinejad. Depuis la dĂ©faite du Hezbollah aux Ă©lections libanaises, la presse commençait Ă  parler d'”effet Obama” et la Maison Blanche, ravie, laissait dire. Le 12 juin, alors que les Iraniens avaient commencĂ© Ă  voter, le prĂ©sident Obama avait fait rĂ©fĂ©rence Ă  son discours du Caire, ajoutant que la forte participation laissait prĂ©sager un dĂ©sir de “nouvelles possibilitĂ©s” Ă  TĂ©hĂ©ran. Tous ces signes discrets ont butĂ© sur la rĂ©alitĂ© iranienne. “L’effet Obama a heurtĂ© le mur”, rĂ©agit le journal Politico. Le vice-prĂ©sident amĂ©ricain, Joe Biden, a paru embarrassĂ©. Il a parlĂ© de “vrais doutes” sur la rĂ©gularitĂ© des Ă©lections tout en affirmant que la politique de main tendue de l’administration Obama Ă©tait toujours d’actualitĂ© sur le programme nuclĂ©aire. M. Biden a donnĂ© son analyse du scrutin : “70 % des votes viennent des villes, ce n’est pas le point fort d’Ahmadinejad. Il semble improbable qu’il ait obtenu 63 % des votes dans ces circonstances.” Pour Trita Parsi, du Conseil national iranien amĂ©ricain, “il va y avoir des pressions accrues pour une date butoir” dans les nĂ©gociations sur le nuclĂ©aire. D’autres experts, qui pensent qu’aucune nĂ©gociation n’est possible tant que le rĂ©gime est en place, se fĂ©licitent des craquements apparus. En Europe, plusieurs capitales ont exprimĂ© des doutes sur la rĂ©gularitĂ© du scrutin iranien, et se sont inquiĂ©tĂ©es des violences policiĂšres. Paris a “pris note” des rĂ©sultats “tels qu’annoncĂ©s”, ainsi que “de leur contestation” par l’opposition. A Berlin, le ministre des affaires Ă©trangĂšres, Frank-Walter Steinmeier, a convoquĂ© l’ambassadeur d’Iran pour condamner la rĂ©pression des manifestations. Moscou n’a pas commentĂ© les Ă©vĂ©nements en Iran. Un conseiller du Kremlin a simplement rappelĂ© que M. Ahmadinejad Ă©tait attendu cette semaine en Russie pour deux sommets rĂ©gionaux, et que le prĂ©sident russe, Dmitri Medvedev, Ă©voquerait avec lui les “questions liĂ©es au programme nuclĂ©aire”. Corine Lesnes   (Source: “Le Monde” (Quotidien – France) Le 15 juin 2009) Lien: http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/06/15/un-revers-pour-la-politique-d-ouverture-de-m-obama_1206950_3218.html

 
 INTERVIEW

«Il y a eu un grossier truquage!»

 
Azadeh Kian -ThiĂ©baut, spĂ©cialiste de l’Iran, est professeur de sociologie Ă  l’UniversitĂ© Paris-VII.
Comment peut-on ĂȘtre sĂ»r qu’il y a eu une fraude massive aux Ă©lections? Il y a eu truquage, sans aucun doute. Et tellement grossier! Personne, en effet, n’est content d’Ahmadinejad, ni les ouvriers, ni les petits commerçants, ni les classes moyennes, ni mĂȘme une partie des agriculteurs qui ne sont pas heureux des importations massives de blĂ©. MĂȘme dans le camp conservateur, il y a beaucoup de mĂ©contents: ils n’ont pas votĂ© comme un seul homme pour Ahmadinejad. Je ne vois donc pas qui a votĂ© pour lui. Les Ă©lecteurs de sensibilitĂ© traditionnelle? N’oubliez pas que Moussavi est trĂšs liĂ© aux valeurs de la rĂ©volution islamique. On l’appelle «l’ami de l’imam» (Khomeyni). S’il a choisi le vert comme couleur de campagne, c’est parce que c’est la couleur de l’islam. Or, mĂȘme dans sa petite ville natale d’AzerbaĂŻdjan, les chiffres disent qu’il n’a mĂȘme pas eu la majoritĂ©. Peut-on parler de coup d’Etat? C’est une forme de coup d’Etat oĂč les principaux tenants du pouvoir ont renversĂ© une autre tendance du rĂ©gime. Autrement dit, la composante thĂ©ocratique a Ă©liminĂ© la composante dĂ©mocratique. Selon le site Fararou, qui est celui du maire de TĂ©hĂ©ran, le quotidien (ultraradical, ndlr) «Keyhan» voulait dĂ©jĂ  annoncer vendredi soir qu’Ahmadinejad avait Ă©tĂ© réélu avec 63% des suffrages alors que le comptage n’Ă©tait pas terminĂ©. Ce sont les agents des services de renseignement qui lui ont demandĂ© de ne pas publier cette «information». Propos recueillis par Jean-Pierre PERRIN/© LibĂ©ration (Source : LibĂ©ration (Quotidien – France), le 15 juin 2009)  

 

Iran opposition figure sees leadership rift

09:30 AM EDT By Fredrik Dahl TEHRAN (Reuters) – An opposition politician said on Monday that Iran’s disputed presidential election had exposed deepening divisions in the establishment and the Islamic Republic faced its biggest crisis since the 1979 revolution. Ebrahim Yazdi, leader of the banned Freedom Movement, also said seven of its members had been detained after last Friday’s vote and warned of worsening “political suppression” in Iran. “It is a turning point in the history of the Islamic Republic,” he told Reuters in an interview in his Tehran home. Yazdi was foreign minister in Iran’s first government after the revolution that overthrew the U.S.-backed shah three decades ago, but was sidelined as religious hardliners took control. He was speaking two days after the Interior Ministry declared that hardline President Mahmoud Ahmadinejad had won a landslide victory against pro-reform candidate Mirhossein Mousavi, sparking violent protests in Tehran and elsewhere. Mousavi, a former prime minister, denounced the election outcome as a “dangerous charade” and has formally called for it be annulled, citing vote-rigging and other irregularities. Interior Ministry officials have rejected accusations of election fraud and Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei, Iran’s top authority, has called on Iranians to back their president. The election campaign was marked by unprecedented mudslinging, with Ahmadinejad accusing an influential cleric backing Mousavi of corruption in a televised debate. His rivals said he lied about the state of the economy. Yazdi said Ahmadinejad’s attacks on his opponents have opened a “Pandora’s box” which had led to a deep crisis within the Islamic state’s establishment. “The result of such a crisis now is that the rift among the … personalities in the revolution is getting deeper and deeper,” Yazdi said. “It is also between people and their government … a rift between state and the nation,” he said. “It is the biggest crisis since the revolution.” Tens of thousands of people marched in central Tehran on Monday, defying an Interior Ministry ban, to express support for Mousavi. “VERY SUSPICIOUS” Yazdi is an important opposition voice in Iran but has no influence on state policy and has limited popular support. On Monday, a leading reformer said police had detained over 100 reformers, including a brother of former President Mohammad Khatami. Police denied Khatami’s brother had been arrested. Yazdi said seven Freedom Movement members had also been detained over the last two days. “The number of detainees is increasing … I’m afraid that there will be more severe political suppression,” he said. Human rights groups and Western diplomats say Iran has stepped up a crackdown on dissenting voices since Ahmadinejad came to power in 2005, targeting student activists, labor figures and women’s rights campaigners. Analysts say this may have been in response to Western pressure over Iran’s nuclear program, which the United States suspects is aimed at making bombs, a charge Tehran denies. Iran also rejects accusations of human rights abuse. Ahmadinejad on Sunday said Iranians enjoyed “absolute freedom.” Yazdi called the way the election process had been conducted “very suspicious” and said his party wanted all ballots to be counted again in the presence of representatives of the four candidates. “This would be a very important legal step if they wanted to authenticate the result of the election,” he said. (Editing by Richard Balmforth)

 
 

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