12 septembre 2008

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TUNISNEWS

8 ème année, N° 3034 du 12.09.2008

 archives : www.tunisnews.net  


Luiza Toscane :Appel des femmes de France :Pour que la voix de Zakia Dhifaoui et de toutes les autres femmesNe soit plus jamais étouffée

Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture:APPEL URGENT ELECTRONIQUE:TUNISIE :Mauvais traitements

Le Réseau Africain pour la Presse: Recouvrer la liberté : Slim Boukhdir dans sa lutte pour s’exprimer librement

APA-Tunis:Le gouvernement français approuve la délocalisation de Airbus en Tunisie

nawaat.org:Tunisie RSF : Un défenseur des droits de l’homme en prison après s’être exprimé sur Al-Jazira

nawaat.org:Tunisie: Plainte conte l’ATI… Bravo Zied El Heni…
Jamel HENI:

Le malentendu laïc à Tunis comme ailleurs…

Le Temps :Fadi Ayech:« Tunisiens avant d’être Arabes »

AFP:Liberté provisoire pour le blogueur marocain Mohamed Erraji (OMDH)

AFP:La Libye avait cherché à se doter de l’arme nucléaire dès 1984 (AIEA)

AFP:Possible libération des otages autrichiens: pas question de rançon (source malienne)


Appel des femmes de France

Pour que la voix de Zakia Dhifaoui et de toutes les autres femmes Ne soit plus jamais étouffée[1]

 
Je voulais raconter l’histoire de mes amis, dire cette belle marche qu’ils ont entrepris depuis des mois déjà. Alors, je suis allée les voir, pour m’enquérir de leurs nouvelles, écouter le son de leurs pas pour en faire l’écho. A mon arrivée, des femmes organisaient de belles noces pour fêter la symbiose de la dignité et de la résistance. Elles étaient belles mes amies, telles les fleurs des quatre saisons ensemble réunies. Jeunes, moins jeunes, grands-mères, filles, petites- filles ! Les unes aussi belles que les autres. Les unes aussi majestueuses que les autres. Grandioses, elles avançaient à pas sûrs, dans une douce détermination. Qu’y a-t-il de plus naturel qu’une mère qui rêve d’un lendemain meilleur pour ses enfants ! Je me suis glissée parmi toutes ces femmes, leurs pas ont rythmé ma marche, nous avons avancé ensemble les unes près des autres, les unes avec les autres… Je voulais vous parler d’elles mais ils ne m’en ont pas laissé le temps. Je voulais vous parler de ces fleurs d’espoir qu’on arrache en plein printemps, et que mes amies replantent aussitôt, je voulais vous raconter les rêves qu’on avorte et dont mes amies enfantent aussitôt… Ils m’en ont empêché, ils ont confisqué mes mots. Nombreuses sont celles qui sont frappées de cécité, mais pas mes amies Nombreuses sont celles qui sont frappées de surdité, mais pas mes amies. Ils ont voulu les faire taire, ils veulent m’arracher ma langue pendant huit mois. Vous imaginez, huit mois, deux cent quarante quatre jours sans parler, sans vous parler de mes amies… Ils ont confisqué mes mots, mais vous serez ma voix, vous amies que je n’ai pas rencontrées, que je ne connais pas encore, et qui êtes pourtant si proches de moi. Vous qui entendez les paroles qui s’agitent en moi telle une blessure, sans que je n’en dise un mot. Vous, qui comme mes amies gardez les yeux ouverts et les oreilles tendues, vous dont on ne peut accaparer la voix. Dites au monde entier que mes amies et moi nous voulons juste un avenir radieux pour nos enfants.     Vos signatures et messages de soutien au courriel : zakiadhifaoui@ras.eu.org [1] Zakia Dhifaoui est militante des droits de l’homme. Membre de l’association de lutte contre la torture en Tunisie ALTT, et du parti FDTL, Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés. Le 27 Juillet dernier, elle s’est rendue à Redeyef, dans le bassin minier de Gafsa, région qui connaît un mouvement de protestation populaire depuis janvier dernier. Elle devait réaliser un article pour le compte du journal de son parti. A son arrivée, une manifestation était organisée, elle y a participé tout naturellement. Zakia Difaoui a été arrêtée dans l’après midi, alors qu’elle rendait visite à madame Jomaâ Hajji épouse de Adnane Hajji, syndicaliste arrêté pour son implication dans le mouvement de contestation dans le bassin minier. Zakia Difaoui a été condamnée le 14 août à 8 mois de prison, par le tribunal de première instance de Gafsa. Pendant son interrogatoire, elle a fait l’objet de diverses intimidations et de menaces de viol. Luiza Toscane

 
APPEL URGENT EM@IL Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture

APPEL URGENT ELECTRONIQUE Semaine 37

TUNISIE Mauvais traitements Intervenir avant le 1er octobre 2008

Situation Le 27 août 2008, Tarak Essoussi, membre dirigeant de l’Association de soutien aux prisonniers politiques (AISPP) a été arrêté arbitrairement à son domicile par une dizaine de policiers. La veille, le 26 août 2008, il avait accordé une interview à la chaîne Al Jazeera, au cours de laquelle il avait déclaré que sept jeunes originaires de la ville de Bizerte avaient été enlevés par la police politique, conformément à un communiqué qui avait été diffusé par l’AISPP. Le 3 septembre 2008, M. Essoussi a été déféré devant le juge d’instruction de Bizerte en raison des poursuites engagées à son encontre pour « diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public », en vertu des articles 42 et 49 du Code de la presse. Il est écroué à la prison civile de Bizerte où il est soumis à un traitement dégradant. M. Essoussi est atteint d’un lourd handicap moteur. En prison, il s’est vu confisquer ses béquilles, ce qui l’oblige à se déplacer en rampant par terre. Le 3 septembre, lors de son transfert, il a été porté par des policiers et emmené ainsi devant le juge d’instruction, qui a procédé à son interrogatoire. L’avocat de M. Essoussi, Me Anouar Kousri, refusant que l’interrogatoire se poursuive dans ces conditions, s’est retiré du bureau du juge d’instruction. Lettre à envoyer aux autorités tunisiennes, et copie à l’ambassade de Tunisie en France : Ministère de la Justice et des Droits de l’homme M. Bechir Tekkari 57, Boulevard Bab Benat 1006 Tunis Tunisie Fax : 00 216 71 568 106 Ambassade de Tunisie 25, rue Barbet de Jouy 75007 Paris Fax: 01.45.56.02.64 M. Bechir Tekkari  Ministre de la Justice et des Droits de l’homme 57, Boulevard Bab Benat  1006 Tunis Tunisie                     Monsieur le Ministre, Alerté(e) par l’ACAT–France, je suis très préoccupé(e) par la situation de Tarak Essoussi, membre dirigeant de l’Association de soutien aux prisonniers politiques (AISPP). Le 27 août 2008, il a été arbitrairement arrêté à son domicile après avoir accordé une interview à la chaîne Al Jazeera. Il est actuellement détenu à la prison civile de Bizerte et victime de traitements dégradants. M. Essoussi, qui est atteint d’un lourd handicap moteur, s’est vu confisquer ses béquilles, ce qui l’oblige à se déplacer en rampant par terre. Il semble que l’arrestation arbitraire et les mauvais traitements dont il fait l’objet visent à sanctionner ses activités de défenseur des droits de l’homme. Par conséquent, je vous demande instamment : ·de garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Tarak Essoussi ; ·d’obtenir sa libération immédiate ; · de mettre un terme à toute forme de harcèlement judiciaire à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme en Tunisie.  Dans cette attente, veuillez croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de ma haute considération. L’ACAT-France appartient à la Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT) ayant statut consultatif auprès du Conseil de l’Europe et des Nations Unies.


Recouvrer la liberté : Slim Boukhdir dans sa lutte pour s’exprimer librement

  Condamné en décembre dernier, à un an de prison pour « outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions », « atteinte aux bonnes moeurs » et « refus de présenter ses papiers d’identité » suite à un contrôle de police, le journaliste tunisien Slim Boukhdir a recouvré sa liberté le 21 juillet dernier. Dans un entretien exclusif accordé à APN, quelques semaines après sa sortie de la prison de Sfax, ce militant de la liberté d’expression réaffirme son devoir de dévoiler la réalité telle qu’elle est. Slim Boukhdir, 39 ans, est le correspondant du journal panarabe basé à Londres Al Quds Al Arabi et du site Internet de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya. Il publie également des articles sur plusieurs sites dont Tunisnews et Kantara. APN :  En accomplissant votre métier, aviez-vous conscience que vos écrits pourraient vous mener en prison ? Slim Boukhdir  : Ces dernières années, je devinais clairement la volonté du régime tunisien de me jeter dans ses geôles. Nombre de mes amis actifs dans la lutte pour les droits de l’homme redoutaient mon arrestation. Pendant des années, le régime de Ben Ali a usé de tous les moyens d’oppression, de répression et de persécution dont il dispose à mon égard afin de me dissuader d’écrire en faisant fi de ses directives. Mon arrestation n’a été que le dernier épisode d’un long feuilleton de persécution et de harcèlement. Effectivement, manier une plume libre mène à la case prison dans un pays gouverné par un dictateur. Des articles dévoilant des affaires de corruption impliquant le régime ou relayant une opinion divergente ou dénonçant les violations des droits de l’homme relèvent du tabou aux yeux de l’establishment tunisien qui face aux plumes libres n’a qu’une réponse invariable: répression et incarcération … Si je ne suis pas le premier journaliste à subir ce sort mon espoir est d’être le dernier. APN : Les mois passés en détention auront-ils un impact sur la manière dont vous percevez votre métier ? SB : Je ne suis nullement disposé à renoncer ni à ma liberté de ton ni à mon impartialité. Ma conscience ne serait pas tranquille si je m’éloignais de la déontologie ou si je taisais la vérité. J’étais, je suis et je serai prêt à payer le prix pour m’exprimer librement. La déontologie exige que j’écrive en toute objectivité et impartialité et je ne monnaierai la vérité sous aucun prétexte. Il n’y a aucune obligation à exercer le métier de journaliste mais celui qui le choisit doit s’obliger à en respecter l’éthique et de dévoiler la vérité sans détour ni partialité à l’opinion publique aussi lourd soit le tribut. APN : Comment allez-vous après des mois d’incarcération dans des conditions dégradantes ? SB : Apres huit mois d’emprisonnement dans des conditions pour le moins déplorables, je suis physiquement anéanti. Je souffre d’une gêne respiratoire et de baisses de tension subites mais aussi d’autres complications.  Malgré ces problèmes de santé, dont j’ai la certitude de pouvoir triompher, et les souffrances endurées lors de mon placement en isolement cellulaire, le régime n’a pas réussi à avoir raison ne serait-ce que d’une part infime de ma détermination à continuer à lutter pour une presse et des citoyens libres dans mon pays… S’il le faut, je sacrifierai mon corps pour cette liberté. APN : Comment voyez-vous l’évolution de la liberté d’expression en Tunisie ? SB : La liberté d’expression n’existe tout simplement pas en Tunisie pour qu’il soit possible de présumer de son évolution. Toutes les sources d’opinion divergentes sont muselées du fait de l’arsenal oppressif mis en place. Tous les sites internet ayant une ligne autre que celle du gouvernement sont bloqués. La presse d’opinion est quasi confisquée. Le ministère de l’Intérieur garde la main haute sur les autorisations de publier tout nouveau titre et n’autorise que les journaux qui glorifient le régime. Les chaînes de radio et de télévision publiques ne font guère écho d’opinions divergentes. Les journalistes indépendants sont marginalisés, exclus et financièrement étouffés. Lorsque le régime ne les force pas à un exil « volontaire » à l’étranger, il les jette dans ses geôles. La liste des sujets tabous s’allonge de jour en jour pour inclure le football et autres problématiques éloignées du champ politique ou économique. Ainsi il est interdit d’écrire sur des questions relevant de l’environnement. Tout comme il est défendu d’évoquer le nombre des victimes d’une catastrophe naturelle comme les inondations et autres. Il est absolument prohibé d’évoquer la liberté d’expression dans un pays qui confisque toutes les libertés publiques et qui ne parle à ses journalistes, ses intellectuels et son élite que la langue de la répression policière. Malgré les entraves, nous poursuivons notre combat pour une presse tunisienne libre et indépendante et pour garantir la liberté d’expression à tout citoyen tout comme le stipule la constitution du pays. Le Réseau de la Presse Arabe (APN) est un réseau électronique pour la presse arabe exploité par l’Association Mondiale des Journaux (AMJ) avec le support du grand groupe danois de presse JP/Politiken. Pour visiter le site : http://www.arabpressnetwork.org (Source : RAP 21, Le Réseau Africain pour la Presse du 21ème siècle, Lettre d’information No 25/2008 du 3 septembre 2008) Lien : http://www.rap21.org

 

Le gouvernement français approuve la délocalisation de Airbus en Tunisie 2008-09-12

 
APA-Tunis. Le gouvernement français a défendu jeudi l’opération de la délocalisation d’une unité d’Airbus vers la Tunisie, a appris APA à Tunis de sources sûres. Dans l’objectif de dissiper les doutes suscités par l’annonce de la délocalisation, Luc Chatel, secrétaire d’Etat français à l’Industrie a dit, jeudi, que l’implantation par le groupe aéronautique européen Airbus d’une usine en Tunisie est «plutôt une opportunité qu’une menace». «Plus l’EADS gagne des parts de marché dans le monde, plus on a des chances qu’il maintienne des usines dans notre pays et des centres d’innovation», a lancé Luc Chatel, faisant allusions à des positions syndicales «inquietes» de cette internationalisation croissante. La société « European Aeronautic Defence and Space » (AEDS), maison-mère de l’avionneur Airbus, a annoncé en début de semaine qu’elle envisageait «créer une usine en Tunisie pour la construction de pièces basiques» dans le cadre d’un nouveau plan d’économies d’un milliard d’euros d’ici 2012, qui vise à «produire en zone dollar ou à faible coût de main d’oeuvre». «Le groupe envisage de se développer sur le marché du Maghreb, comme le font avec succès des équipementiers français», avait souligné Louis Gallois, président d’EADS. «Pour des raisons de proximité de marché, la délocalisation vers le Maghreb s’impose pour les productions classiques en raison des coûts», explique Gallois, affirmant qu’Airbus table sur «une production qui va croître de plus de 50 % entre 2007 et 2011». «Nous allons écouter les arguments de la direction, puis sans doute faire appel à un cabinet d’expertise extérieur », a par ailleurs déclaré à la presse française un porte-parole du syndicat majoritaire chez Airbus. S’il n’est «pas choqué par la délocalisation de la fabrication de pièces simples, déjà pratiquée», le syndicat redoute le départ de celles «à haute valeur technologique, qui constituent le coeur de métier d’Airbus ». Rappelons que suite à la visite du président français Nicolas Sarkozy en Tunisie en mai dernier, la compagnie publique Tunisair a acheté 16 avions Airbus pour une valeur de 1,94 milliards de dollars US.  

Tunisie RSF : Un défenseur des droits de l’homme en prison après s’être exprimé sur Al-Jazira

 
© Al-Jazira – Extrait du journal sur l’actualité des pays du Maghreb – 26 août 2008 Reporters sans frontières proteste contre le maintien en détention de Tarek Soussi, membre de l’Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP). Interpellé le 27 août 2008, suite à une interview qu’il avait accordée à la chaîne de télévision satellitaire Al-Jazira, il est poursuivi pour “propagation de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public” et rique jusqu’à trois ans de prison. “Les autorités tunisiennes continuent d’imposer la loi du silence. Ceux qui transgressent cette règle se retrouvent directement à la case prison. Le strict contrôle sur l’information exercé par l’Etat est mis à mal par les télévisions satellitaires, vers lesquelles se sont tournés les Tunisiens avides d’informations indépendantes. C’est également le cas de Tarek Soussi qui n’aurait jamais été autorisé à faire passer son message à la télévision d’Etat. Son inculpation est absurde et sert avant tout à dissuader ceux qui s’aviseraient de collaborer avec la presse étrangère”, a déclaré l’organisation. Tarek Soussi a été déféré, le 3 septembre 2008, devant un juge d’instruction du tribunal de première instance de Bizerte (60 km au nord de Tunis). Le militant des droits de l’homme, qui n’a pas été autorisé à utiliser ses béquilles, a été porté dans la salle d’audience par des policiers. Ses avocats ont dénoncé un traitement “humiliant”. Tarek Soussi, 48 ans, souffre d’un handicap moteur suite aux mauvais traitements qui lui avaient été infligés lors d’un séjour en prison au début des années 90. Son épouse a fait part à Reporters sans frontières de son inquiétude concernant son état de santé. La demande de mise en liberté provisoire introduite par ses avocats n’a pas encore été examinée. Et la date de la prochaine audience n’est pas fixée. Tarek Soussi a été interpellé sans mandat d’arrêt, le 27 août 2008, à son domicile par une dizaine de policiers en civil. L’un d’entre eux s’était fait passer pour un employé de la compagnie d’électricité pour pénétrer dans la maison. Son interpellation est survenue au lendemain de sa participation, sur Al-Jazira, à un journal d’informations consacré aux pays du Maghreb (voir la vidéo en arabe). Intervenant par téléphone depuis Bizerte, Tarek Soussi avait pris la parole pour dénoncer l’interpellation abusive de sept Tunisiens. Source : RSF
www.nawaat.org  

Tunisie: Plainte conte l’ATI… Bravo Zied El Heni… Pour les explications concernant cette vidéo, voir :

“Tunisie, le scandale de la 403 maquillée en 404“

Je dois admettre que l’une des choses qui me mettent en permanence hors de moi, ce sont ces complaintes permanentes de nos «hommes politiques patentés » issus des forces démocratiques devant les ONG internationales, sans pour autant que le nécessaire ne soit fait localement. C’est mon appréciation en tout cas. Et pour que mes propos ne soient pas mal interprétés, ce n’est pas les dénonciations en tant que telles, auprès des ONG qui me choquent – les ONGs sont faites pour cela et les dénonciations se doivent d’être faites – mais que ces dénonciations soient effectuées SANS QUE SUR LE PLAN LOCAL il n’y ait d’actions réellement efficaces pour restaurer la suprématie de la loi Tunisienne. Je suis un citoyen tunisien qui aspire à être, d’abord et surtout, sous la protection de la loi de son pays. Et la nationalité tunisienne, la seule que j’ai d’ailleurs, n’a de sens à mes yeux qu’au travers du statut de citoyen qu’elle m’octroie. Tout le reste n’est que démagogie et nationalisme mal placé, voire pervers lorsqu’il est distillé pour enivrer les foules. Je ne suis pas Tunisien pour faire allégeance à un président, à un monarque où à un chef de parti, mais pour faire allégeance à loi votée dans les formes du régime démocratique et républicain garantissant ma citoyenneté. Si les miens se sont battus pour nous sortir du statut du protectorat et du système des protections consulaires, ce n’est pas pour qu’aujourd’hui l’on se remette uniquement aux ONG et aux instruments internationaux. Ils ne peuvent être qu’un plus pour consolider l’ensemble de l’édifice des garanties fondamentales. Et de ce point de vue, je demeure un pur produit de la philosophie destourienne -dans sa branche libérale- du mouvement national. A mes yeux, ce recours près du Tribunal de Tunis tendant à faire condamner l’ATI pour ses pratiques scandaleuses vaut mille fois plus que les quelques discours creux de ceux qui aspirent un jour à gouverner en nos noms afin de changer le cours des choses. Remarque… il faut avouer qu’il n’y a pas beaucoup de discours politiques qui me soient adressés dans mon langage. Pour l’anecdote, et je pense que cela mérite d’être mentionné, je n’au jamais JAMAIS entendu la SG de l’un des partis politiques des forces démocratiques, en l’occurrence Maya Jribi, parler en Tunisien. C’est quand même un comble que Maya Jribi, pour laquelle d’ailleurs j’ai beaucoup de sympathie, aspire à gouverner en mon nom, alors même que je ne l’ai jamais entendu parler mon langage dans sa forme quotidienne, c’est-à-dire en « derja tounsia». Et je ne compte pas parmi les plus exigeants, puisque, contrairement à d’autres, et sauf quelques rares exceptions, je n’utilise presque pas le dialecte tunisien lorsqu’il s’agit de m’exprimer par écrit. Et quand je pense qu’il a suffi à un journaliste d’un support gouvernemental de prononcer le mot « 3mmar 404 » (avec toute l’ironie et la sensibilité tunisienne qui s’y rattachent), pour que ce dernier soit repris sur un nombre considérable de blogs ! En quelques jours, la mention de cet article sur les blogs tunisiens a dépassé de loin toutes les mentions du PDP et des personnalités des forces démocratiques toutes réunies ; et ce, depuis l’avènement de la blogosphère tunisienne. C’est dire que ce modeste mot, à lui tout seul, a trouvé sont chemin vers les tunisiens qui “sévissent” sur internet largement plus que toute la littérature de nos politiques ! Juste un mot prononcé de surcroît sur un journal, le moins que l’on puisse dire, handicapé par le peu d’estime que lui porte la jeunesse tunisienne. Aussi, à défaut de trouver mon bonheur dans les projets et discours des partis démocratiques tunisiens, je me cantonne aux actions exemplaires de la société civile, laquelle, il faut l’admettre, envoie depuis quelque temps de sévères claques à nos chers postulants pour parler en nos noms. Quand je vois ce que cette société civile est en train d’entreprendre, à l’instar de ce qui s’est produit à Gafsa, puis avec Facebook, quand j’observe le travail fabuleux effectué par Anouar Kousri et par nombre de Tunisiens qui agissent dans leurs coins, je me demande à quoi peuvent bien servir nos partis démocratiques? Et en particulier, je réalise à quel point Ahmed Najib Echebbi s’était éloigné de l’essentiel lors de l’annonce de sa candidature à la présidentielle. Une annonce si éloignée, tant de mes préoccupations que du simple Tunisien que je suis. Entre ton recours en justice Zied (1) et ce dernier paragraphe du texte de l’annonce de la candidature de A. N. Chebbi, tout est dit… (2). “وإني إذ أتوجه بجزيل الشكر وبعبارات العرفان التقدير إلى مناضلي ومناضلات الحزب الديمقراطي وإلى الشخصيات الوطنية التي تبنت ترشحي في إطار “النداء من أجل بديل ديمقراطي” الذي أصدرته اليوم، أتعهد لهم جميعا بالعمل بكل جد وإخلاص وفي تنسيق وتشاور دائمين معهم على تحقيق هذه الأهداف والقيام بحملة مشرفة في نطاق القانون وأخلاق التنافس النزيه حتى نوفر للشعب التونسي حق الاختيار الحر لمن ينوب عنه في الحكم فتحرر طاقاته الإبداعية ويواجه التحديات المحيطة به بهمة واقتدار.” (A. N. Chebbi, 13 fevrier 2008) Astrubal, le 11 septembre 2008 http://astrubal.nawaat.org www.nawaat.org (1) – Outre pour des subtilités juridiques, évidemment je ne me fais aucune illusion sur le sort de ce recours. Mais, c’est un début et la symbolique citoyenne et très forte. (2) – Evidemment je ne je parle qu’en mon nom et exprime ce qui me touche ou ce que je regrette. Et que mes préoccupations ne soient pas forcément partagées par tous les Tunisiens, quoi de plus normal. Tout au plus, et en ce qui me concerne, j’essaye de faire savoir que mon suffrage de citoyen et mon soutien ne se donnent pas sur un blanc-seing. Mais qu’il va falloir venir les chercher depuis l’arène publique où a lieu une communication à double sens, et surtout pas depuis cette hideuse estrade des monologues à sens unique (pardon pour le pléonasme) !


 

Le malentendu laïc à Tunis comme ailleurs…

 

 
Décidément, le burquini1 qui voile les plages de Tunis avait eu l’effet inverse. Cous tendus et yeux tout ronds ! D’où vient-il, se demande la rue ? Pourquoi ? Que se passe-t-il ? Y a-t-il malentendu en terre d’islam ? Certainement et pas qu’un seul, à commencer par le quiproquo laïc ! 1Nouvelle tenue de mer cachant tout le corps de la femme musulmane. Nous y allons ici de notre couplet laïc. Nous l’entonnons « tuniso ». « L’islam tunisien est-il en danger » ?1. Nul doute, si les radicaux l’emportent. Si les radicales abattent définitivement leur burqa sur les âmes. Et si de véritables « caricatures » du prophète Muhammad en viennent à l’emmitoufler dans des accoutrements de l’époque… Également portés par ses ennemis de l’époque… à l’époque. Mais s’en est-il fini. Notre cause est-elle bien perdue ? Nous et ces millions de musulmans paisibles qui courent les rues ? Que non, évidemment. Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie intégriste. L’islam de Tunis, qui a donné le code du statut personnel a encore des raisons de se battre. Et de vaincre. Mais alors comment, par ces temps de Burqa ? Voilà une question sérieuse. Par Dieu, comment ? D’abord en dissipant un malentendu. Le malentendu laïc. Bien lourd malentendu. Ah, le malentendu laïc ! Nous manquions des mots pour le dire. De courage conceptuel surtout. Un courage ordinaire. Alors, alors ? Banalité de départ : laïcité n’est pas athéisme. Ensuite une généralité, laïcité n’est pas scientisme. Laïcité n’est pas athéisme La première est un système politique fondé sur la sécularisation et l’autonomisation du politique par rapport au religieux. Le second rejette l’existence de Dieu, d’une pièce. La laïcité relève du génie temporel, l’athéisme affronte l’angoisse de la mort ici-bas, sans la moindre illusion métaphysique. Sa foi : un salut terrestre. Pure question ontologique. Alors, pour aller de la laïcité à l’irréligion, ce n’est vraiment pas la porte à côté ! Dans les recettes de grand-mère, la modernité (puisque nous en sommes à la post-modernité, avec les aspirations de la modernité !), la laïcité suppose une multitude de croyances. Qu’est-ce, donc, une laïcité où tout le monde est athée ? Religieux… Quelles différences viendrait-elle organiser, protéger et quel sens y aurait-il à contrôler des antagonismes qui n’existent pas ?! La foi multiple, la croyance plurielle, les divers degrés d’athéismes ou de théologie sont la raison d’être même de la laïcité. Nous ânonnons des poncifs ! Certes, mais certains, en sont à refaire la même bêtise depuis un siècle : pour être laïc, il faut être athée !… Non seulement ceci n’est pas cela, mais encore, l’ordre laïc est un ordre structuraliste (priorité des formes sur les substances). L’organisation laïque aurait plus pour objet la relation entre identités culturelles, religieuses, etc., que ces identités elles-mêmes. Croyez ce qui vous va de croire, faites seulement en sorte que les autres puissent croire ce qui leur chante. Le politique regarde à la fenêtre vos différences, et veille aux bonnes relations entre elles, il empêchera avec la dernière énergie le choc de leurs expressions conquérantes. Or, un certain athéisme conquistador admet à mauvais escient la superposition entre les deux concepts et opère un « déplacement » de l’objet laïc. En prêchant le devoir irréligieux de l’homme moderne, ce ne sont plus les relations entre identités respectives que l’ordre laïc aura à contrôler, mais bien plutôt ces identités elles-mêmes. Ce sont alors les substances mêmes qu’il s’attache à reconstituer, uniformiser ! Les substances et pas simplement leurs formes. L’ordre laïc abandonne chichement son structuralisme (dont se prévaut la modernité) et revendique là une posture paganisée, il injecte du devoir jusqu’aux ontologies. Ne croyez en rien, soyez contingences égales, harangue le prosélytisme athée ! Prédication, prédication, religion irréligieuse pour tous, le temple athée s’élève sur les décombres monothéistes, avec un diable (la religion) et le bon dieu (sa négation)… Avec des barbus, salafistes prosélytes du dogme de l’incroyance ! La laïcité est une chose, le prosélytisme athée en est une autre. Son contraire, au même titre que le prosélytisme religieux. L’athéisme est un choix, la propagande athée un fanatisme. Laïcité n’est pas scientisme Sans aucune présomption de vérité, la laïcité est une modalité pratique d’organisation de la cité. La science, elle, a cette prétention. Ou plutôt elle l’avait, avant la théorie de la relativité avant Heisenberg et avant les grandes désillusions de l’organisation scientifique de l’humanité. Dans ses formes les plus radicales, le scientisme est une foi en l’œuvre d’explication et de compréhension de l’univers et de l’homme. Il prêche les commandes rationnelles de l’histoire. Seules les connaissances scientifiques peuvent apporter une réponse satisfaisante dans tous les domaines. La science seule et bien seule peut apporter le bonheur et l’élévation de l’homme. La science au sens positiviste, presque naturaliste. Ce comptisme (Auguste Compte) écarte tout savoir métaphysique, ravalé aux ères pré-scientifiques. Bien que le scientisme ne soit une théorie établie comme telle, certains principes annoncent sans ambiguïté son empire définitif sur la connaissance. La science de la nature s’impose comme paradigme de toute connaissance objective, une science qui ne tolère aucune considération métaphysique, aucune réponse qui n’apporte ses preuves répétables, falsifiables et communicables… Cela est-il sérieux ? Montaigne opposait déjà un scepticisme subjectif face à cet absolu positiviste, « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ». La théorie de la relativité, l’incertitude comme paradigme physique, les horreurs et non le bonheur apportées par certaines applications scientifiques, remettront plus tard cette suffisance scientifique en cause. Un relativisme méthodologique et théorique apportera de l’eau au vin positiviste. La science ne produit guère plus du vrai, pas plus que n’importe quel autre système de connaissance. Tout au plus propose-t-elle une explication efficace et démontrée, avec des espérances pragmatiques objectivement limitées, dépassables. Le principe pragmatique plus « matériel » a supplanté le concept du vrai paradoxalement « métaphysique » ! Alors quoi ? La laïcité plus pragmatique n’a aucune tentation du vrai, aucune prétention scientiste ? Les barbus de la science n’en ont simplement pas le monopole. Elle appartient à tous, car elle parle au nom de tous. AllaYkïa (laïcité) n’est absolument pas al Ilmania (le scientisme)… Mais pas du tout. Certains viendront ergoter sur l’inflexion du mot, nous diront qu’il dérive du substantif alam (univers) et non Ilm (Science) mais c’est tiré par les cheveux ! La voilà plus modeste la laïcité. Plus abordable, évidente. Alors y a-t-il mérite à être laïc ? Aucun. Aucun. Aucun. C’est une nécessité, la laïcité. Un corollaire aux principes de liberté et d’égalité. Tout être libre et égal à son semblable est un être laïc. Sa liberté et son égalité en dépendent. Tous laïcs ou tous tyrans. J’ai bien dit laïc, pas athée, pas scientiste… Encore moins jihadiste de la matière ! Or, le plus jeune monothéisme, l’islam de Muhammad, s’y prête fort. Exempt de clergé, en paix avec la vie et ses voluptés, il ne peut décliner l’invitation laïque… Jamel HENI jamelheni@netcourrier.com 1Titre du dossier du magazine tunisien L’Expression dans sa livraison du 08/08/2008.


 
Courrier des lecteurs du journal « Le Temps »

« Tunisiens avant d’être Arabes »

Fadi Ayech Tunisien, citoyen du monde Professeur universitaire 

« Je suis un très fidèle lecteur de votre journal que je considère indispensable dans un environnement où le débat est presque inexistant. Je désire m’exprimer sur un sujet qui me tient à cœur : l’identité et la culture tunisienne. Je pense que nos médias ainsi que la société civile et nos institutions éducatives ne font presque rien pour combattre la haine et l’agressivité envers « l’autre » et surtout envers l’occident. L’approche manichéenne du « nous » contre « eux » me paraît très dangereuse. Je fais partie de cette minorité qui se définit comme « citoyens du monde » et je rejette toute forme de racisme et de haine.  Je pense que la Tunisie a toujours été un pays unique et exceptionnel qui a sa propre culture qui n’a rien à voir avec la culture arabe, et ceci pour plusieurs raisons historiques et socioculturelles :  -les Arabes qui sont arrivés ici au 8e siècle n’étaient que des envahisseurs parmi d’autres. Avant eux il y avait les Phéniciens, les Romains, les Vandales et les Byzantins et après les Arabes on a reçu les Espagnols, les Turcs, les Français ainsi que les immigrés Italiens. Toutes ces races et ces cultures se sont mélangées à celles des berbères pour nous offrir la riche et complexe culture tunisienne d’aujourd’hui. D’ailleurs le Tunisien moderne parle plutôt le tunisien qui est un mélange d’Arabe, de Berbère, de Turc, d’Espagnol, d’Italien, et de Français plutôt que l’Arabe. -Avec la naissance de la Tunisie moderne en 1957, l’élite politique, sous le leadership du grand et unique Bourguiba, a insisté sur la « tunisienneté » du pays et a clairement rejeté « l’arabisation » du pays. -Etant un pays touristique depuis les années 1960, notre culture a ouvert ses bras à la culture de nos visiteurs pour gagner en ouverture et en richesse.  Malheureusement depuis la prolifération des chaînes satellitaires, on n’arrête plus cette vague d’arabisation du pays. Ici j’ai deux observations très sérieuses : La culture dite arabe est plutôt, au moins de nos jours, une culture de haine de l’autre, d’hypocrisie, de chaos, de corruption, de frustration, de paresse, de désordre, d’extrême religiosité… (Personnellement je regrette la période où la majorité des jeunes et moins jeunes regardait France 2 et Rai 1 ce qui nous exposait à une culture de débat démocratique et à un monde de vrai civisme). On n’arrête pas de critiquer les jeunes d’aujourd’hui, mais le comportement de nos enfants (violence verbale, impolitesse, manque de civisme, abus, paresse, frustration, immaturité, manque de valeurs morales, manque de patriotisme et de fierté…) ne sont que le produit naturel des différentes composantes de notre société (famille, école, médias, société civile).  Alors sauvons notre identité et notre culture  avant que ce ne soit trop tard. Apprenons à nos enfants les vraies valeurs universelles de tolérance, d’amour de travail, de civisme, de patriotisme, d’ouverture, de respect… » (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 12 septembre 2008)


AFP, le 11 septembre 2008 à 15h21 Liberté provisoire pour le blogueur marocain Mohamed Erraji (OMDH)

RABAT, 11 sept 2008 (AFP) – Le blogueur Mohamed Erraji, condamné en première instance à deux ans de prison ferme pour avoir critiqué le roi, a bénéficié jeudi de la liberté provisoire, a indiqué à l’AFP Amina Bouayache, présidente de l’Organisation marocaine des droits de l’homme (OMDH, indépendante). Le procès en appel, qui a commencé jeudi à Agadir (sud), a été ajourné au 18 septembre. « Dans l’attente de la suite du procès, la cour a fait bénéficier Mohamed Erraji de la liberté provisoire », a ajouté Mme Bouayach. Les avocats ont déployé tous leurs efforts pour obtenir la liberté provisoire pour M. Erraji, a-t-elle affirmé. Contacté par par l’AFP, un des avocats de M. Erraji, Me Ahmed Barchil, a confirmé l’information, se félicitant de la décision du tribunal. « La justice a fait rentrer les choses dans la normale, et la vitesse avec laquelle elle a accordé la liberté provisoire à mon client montre qu’elle s’est rendue compte que le jugement de première instance n’était pas correct », a-t-il ajouté. M. Erraji a été condamné lundi par un tribunal de première instance d’Agadir à deux ans de prison ferme et à 5.000 dirhams d’amende pour avoir diffusé sur le blog « hespress.com » un article où il critique, selon l’accusation, le roi Mohammed VI. Il a décidé d’interjeter appel. Dans l’article, M. Erraji affirme que « le roi encourage son peuple à +al-Ittikal+ » – un mot arabe qui signifie à la fois attentisme, paresse ou assistanat. Le blogueur fait allusion, en citant des informations de presse, à la distribution de faveurs royales, notamment des licences de transport, aux citoyens qui arrivent à approcher le monarque. AFP


AFP, le 12 septembre 2008 à 15h04 La Libye avait cherché à se doter de l’arme nucléaire dès 1984 (AIEA)

VIENNE, 12 sept 2008 (AFP) – La Libye, qui a abandonné son programme nucléaire clandestin en 2003, était entrée en contact avec le père de la bombe atomique pakistanaise Abdul Qadeer Khan dès 1984, soit onze ans plus tôt que ce qui était connu jusqu’à présent, selon un rapport de l’AIEA dévoilé vendredi. Lors d’une rencontre en janvier 1984, « M. Khan a décrit à un officiel libyen les technologies pour se doter de matériel nucléaire ainsi que les ressources et compétences », selon ce document qui a été remis aux membres du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA). M. Khan a en outre « proposé de vendre à la Libye de la technologie d’enrichissement (d’uranium) avec des centrifugeuses » lors de cette rencontre, indique le chef de l’AIEA, Mohamed ElBaradei, dans ce rapport dont une copie a été obtenue par l’AFP. Toutefois, « l’officiel libyen a jugé que les exigences scientifiques et industrielles étaient trop élevées à cette époque pour la Libye en terme de ressources et d’équipements technologiques, et il fut décidé de ne pas donner suite », indique le rapport. Lors de nouveaux contacts « à un niveau élevé » entre Tripoli et M. Khan de 1989 et 1991, la Libye a par la suite acquis des informations sur des centrifugeuses de première génération, selon l’AIEA. « Selon la Libye, cependant, les autorités libyennes ont jugé que les informations fournies par M. Khan ne valaient pas le prix payé », précise le rapport, soulignant qu' »aucune centrifugeuse entière n’a été fournie à la Libye dans le cadre de cette transaction ». Jusqu’à présent, les premiers contacts connus entre la Libye et M. Khan remontaient à 1995, date à laquelle Tripoli avait cherché à acquérir des centrifugeuses de deuxième génération. Les centrifugeuses peuvent permettre d’enrichir de l’uranium pour obtenir du matériau de qualité militaire. Le programmme nucléaire secret libyen avait été découvert en octobre 2003 quand un cargo allemand, naviguant entre la Malaisie et la Libye, avait été arraisonné par un bateau de guerre américain. Des milliers de pièces de centrifugeuses avaient été saisies à bord. Face à la pression internationale, Tripoli avait renoncé à son programme nucléaire en décembre 2003. Connu comme le « père de la bombe atomique pakistanaise », M. Khan a reconnu en 2004 avoir dirigé un réseau qui a transmis pendant 15 ans de la technologie nucléaire à l’Iran, à la Corée du Nord et à la Libye. AFP


AFP, le 11 septembre 2008 à 22h42

Possible libération des otages autrichiens: pas question de rançon (source malienne)

BAMAKO, 11 sept 2008 (AFP) – Des efforts sont en cours pour obtenir la libération de deux otages autrichiens enlevés en février en Tunisie et transférés dans le nord du Mali, mais ils excluent pour les autorités maliennes le paiement d’une rançon, selon un responsable malien proche des négociateurs. Jeudi, le quotidien autrichien Krone Zeitung avait affirmé que les deux otages pourraient être libérés contre environ 5 millions d’euros avant les élections législatives anticipées du 28 septembre en Autriche, et que cette rançon serait remise par des intermédiaires du président malien. « Nous poursuivons nos efforts. Nous ne connaissons pas (…) la date de (leur) libération, mais il n’a jamais été question que le Mali soit un porteur de valise pour le paiement d’une rançon », a réagi jeudi un responsable malien proche des négociateurs. « Nous insistons là-dessus : nous ne voulons qu’aider nos amis autrichiens, rien d’autre », a-t-il déclaré à l’AFP. Il a laissé entendre que la question des deux otages était devenue un « sujet de campagne » dans la perspective des législatives autrichiennes. Les otages, qui avaient perdu un temps le contact avec leurs familles, peuvent depuis plusieurs semaines joindre par téléphone leurs parents en Autriche via leurs ravisseurs, a-t-il rappelé, ajoutant: « nous avons de l’espoir ». Wolfgang Ebner, 51 ans, et sa compagne Andrea Kloiber, 44 ans, originaires de la région de Salzbourg (nord de l’Autriche), avaient été portés disparus le 22 févier, alors qu’ils se trouvaient dans le sud de la Tunisie. Ils se trouvent actuellement dans le nord du Mali, selon des sources concordantes. Leur enlèvement a été revendiqué le 10 mars par la Branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat, GSPC, algérien), qui avait initialement exigé la libération d’islamistes détenus en Algérie et en Tunisie. Des informations de presse non confirmées avaient mentionné une rançon de 5 millions de FCFA réclamée par les preneurs d’otages.Pour négocier leur libération, l’Autriche a dépêché à Bamako unde ses diplomates chevronnés et fin connaisseur du monde arabe, Anton Prohaska. AFP

 

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