12 mars 2009

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TUNISNEWS

8 ème année, N° 3215 du 12.03.2009

 archives : www.tunisnews.net  


Liberté et Equité: Arrestation de Mohammed Mahjoubi et Rached Kahlaoui AISPP: Procès d’un vétéran de Bosnie – Report de l’examen des affaires d’accusés de terrorisme LTDH Section de Kairouan: Libérations et prolongations de garde à vue AFP: Tunisie : la radio dissidente Kalima lance un appel à l’aide Reuters: Proche Orient – Amnesty s’inquiète du sort des défenseurs des droits Reuters: Mideast rights activists need protection – Amnesty AFP: RSF épingle 12 pays ennemis d’internet, met l’Australie sous surveillance ANSA: Italia: Maroni, immigrati tremila espulsi in primi due mesi 2009 ATS: L’ONU lance une étude sur les centres de détention secrets – Elle compte sur la collaboration de Washington Safia Mestiri: Les militantes du PDP célèbrent le 8 Mars avec les familles des détenus du bassin minier de Gafsa SONIA D: LA TUNISIE DE PAPA Souhayr Belhassan: Les femmes d’Afrique haussent le ton


Liste actualisée des signataires de l’initiative du Droit de Retour : http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l’initiative : manfiyoun@gmail.com


Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté et Equité 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel/fax: 71 340 860 Liberte.equite@gmail.com Tunis, le 11 mars 2009

Nouvelles des libertés en Tunisie

1) Arrestation de Mohammed Mahjoubi et Rached Kahlaoui Des agents de la police politique ont arrêté dans l’après midi du mercredi 11 mars 2009 deux étudiants, Mohammed Mahjoubi et Rached Kahlaoui, à leur domicile d’El Omrane. Ils sont inscrits à la faculté de sciences de Tunis. Ils ont été conduits dans un lieu inconnu. Rached Kahlaoui était candidat au conseil scientifique au sein d’une liste d’étudiants indépendants de cette université. […] Pour le bureau exécutif de l’Organisation Le Président Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour le Docteur Sadok Chourou Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 43 rue Eldjazira, Tunis e-mail : aispptunisie@yahoo.fr Tunis, le 11 mars 2009

Procès d’un vétéran de Bosnie Report de l’examen des affaires d’accusés de terrorisme

* la treizième chambre correctionnelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Tahar Yefreni, a examiné aujourd’hui, mercredi 11 mars 2009 : – l’affaire n°12264 dans laquelle est déféré le « groupe de Ras Bel » à savoir Rafik Zaïm, Mohammed Ben Khelifa, Bilal Sfaxi, Ouissam Cherbib, Abderrazak Arrafa, Hamza Sfaxi, Hichem Galaï, Abderrazak Sfaxi, Lotfi Frej, Lotfi Mellakh, Hamadi Dahmani, Mohammed Amine Chakroune, Ahmed Tounsi, Ahmed Megdiche, Mahjoub Ben Tahar, Oualid Mahjoub, Kaïs Gharbi, Ahmed Gharbi, Ahmed Mellakh, Ahmed Elalj, Hassen Khmouma, Zyed Maazaoui, Salah Jaafar, Omar Tebourbi, Fethi Berraïs, Mohammed Aymen Mellakh, Mekki Mzah, Nasir Mamlouk et Yassine Salem, pour adhésion à une organisation terroriste, incitation à adhérer à une organisation terroriste, non révélation d’informations sur la commission d’une infraction terroriste aux autorités et tenue de réunions non autorisées. Le tribunal a décidé de reporter l’examen de l’affaire au 25 mars 2009 à la demande de maîtres Anouar Kousri et Samir Dilou, certains des accusés ayant été déférés pour les mêmes accusations et les mêmes faits, et en annulation du jugement prononcé en première instance, prononcé par la quatrième chambre du Tribunal de Première Instance de Tunis, sous le numéro 15946, en date du 01/07/2008. La défense était également composée de maîtres Samir Ben Amor, Hédi Abbassi, Ouissem Ben Achour, Ramzi Ben Dia, Soufiane Yahyaoui, Mounir Ben Salha, Mansour Jerbi et Hend Dhaouadi. – L’affaire n°12891, dans laquelle sont déférés des accusés dans l’affaire n°12264 (Ahmed Gharbi, Fethi Berraïs, Omar Tebourbi, Lotfi Frej, Ahmed Tounsi et Mohammed Aymen Mellakh). La cour a accepté la requête de Maîtres Kousri et Dilou et a reporté l’examen de l’affaire au 25 mars 2009, comme pour l’affaire n°12264. – l’affaire n°12795, dans laquelle sont déférés Hamdi Zarrouk, Lotfi Knouni, Mohammed Ali Abdellaoui, Oualid Kahlaoui, Samir Bakkar, Makram Ben Ali, Mohammed Younes, Fethi Alaoui et Ali Boubaker, pour adhésion à une organisation terroriste, incitation à adhérer à une organisation terroriste, utilisation du territoire de la République pour recruter des personnes en vue de commettre des infractions terroristes sur le territoire de la République, utilisation d’un nom et d’un symbole pour identifier une organisation en rapport avec les infractions terroristes et ses activités, mise à disposition d’un local de réunion pour les membres d’une organisation en rapport avec les infractions terroristes, fourniture d’armes, d’explosifs et autres produits similaires à une organisation en rapport avec les infractions terroristes, collecte de fonds destinés à financer des personnes et des organisations ou des activités en rapport avec des infractions terroristes, cotisations destinées au financement de personnes, d’organisations et d’activités en rapport avec des infractions terroristes, utilisation du territoire de la République pour des préparatifs d’infractions terroristes, fourniture d’informations à une organisation pour l’aider à commettre des infractions terroristes, non révélation aux autorités d’informations sur la commission d’une infraction terroriste. La Cour a décidé de reporter l’examen de l’affaire au 25 mars à la demande du Parquet afin que soit extrait l’accusé Lotfi Gnouni. Maîtres Choukri Belaïd, Radhia Nasraoui, Mohammed Fadhel Saïhi, Abderraouf Ayadi, Abdelfattah Mourou, Ali Ben Mansour et Salem Arfaoui se sont présentés pour défendre les accusés. – l’affaire n°12865 dans laquelle est déféré Fethi Baazaoui, né à Charrada, Kairouan, le 13 juin 1965, accusé de participation à un projet collectif visant de s’attaquer à des personnes et des biens, en vertu des articles 131, 132 et 133 du Code pénal. Il avait été condamné par contumace avant la promulgation de la loi du 10 décembre 2003 de « lutte antiterroriste » à une peine de six ans d’emprisonnement (y ayant fait opposition, sa peine avait été réduite à deux ans avec sursis). Il était accusé d’avoir participé à la guerre de Bosnie, était rentré d’Italie de son plein gré pour faire opposition à sa condamnation et avait dit devant la Cour qu’il n’avait pas commis d’acte hostile envers qui que ce soit et qu’il était fier de s’être opposé à l’épuration ethnique visant les musulmans de Bosnie. La Cour a décidé de reporter l’examen de l’affaire à la demande de Maître Lazhar Akrami. – l’affaire n°12797 dans laquelle sont déférés Habib Ben Amor, Anis Ayari, Lamine Triki, Chedli Ben Yahya, Ahmed Adhari, Achraf Soltani, Abderrahmane Besdouri, Ramzi Abed, accusés d’adhésion à une organisation terroriste, d’incitation à adhérer à une organisation terroriste, d’utilisation du territoire de la République pour recruter des personnes en vue de commettre des infractions terroristes sur le territoire de la République, d’utilisation d’un nom et d’un symbole pour identifier une organisation en rapport avec les infractions terroristes et ses activités, de mise à disposition d’un local pour les membres d’une organisation en rapport avec les infractions terroristes, de fournitures d’armes, d’explosifs et autres produits analogues à une organisation en rapport avec les infractions terroristes, de cotisations destinées à financer des personnes, des organisations et des activités en rapport avec les infractions terroristes, de collectes de fonds destinés à financer des personnes, des organisations et des activités en rapports avec des infractions terroristes, d’utilisation du territoire de la République pour se livrer à des préparatifs d’infractions terroristes et de fourniture d’informations en vue d’aider à la commission d’infractions terroristes. Maîtres Amenallah Mourou, Samir Ben Amor, Mohammed Lamine Bezdah et Souha Belhassen se sont présentés pour les défendre. Pour l’association La commission de suivi des procès politiques (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme Section de Kairouan 10 mars 2009

Libérations et prolongations de garde à vue

Dimanche 8 mars des jeunes gens ont été remis en liberté, qui avaient été arrêtés avant les festivités religieuses à Kairouan. Certains ont dit avoir été conduits dans les services du ministère de l’intérieur à Tunis, où ils n’avaient fait l’objet ni d’interrogatoires ni d’enquêtes. Notre section a su que trois de ces jeunes sont toujours en détention dans les services du ministère de l’Intérieur et que leurs proches n’ont pu communiquer avec eux. Il s’agit de Mohammed Tijani Tarrad, étudiant en troisième année d’informatique, Yassine Loussifi, commerçant et de Nacer Jemaoui, veilleur de nuit à Mansoura. Ces deux derniers avaient déjà été condamnés en vertu de la loi sur le terrorisme. La LTDH exige que soient respectés le délai légal de garde à vue  ainsi que  l’obligation d’informer les familles des accusations portées contre leurs enfants et des lieux de détention de ces derniers. […] Pour le comité de section Messaoud Romdhani (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Tunisie : la radio dissidente Kalima lance un appel à l’aide

 
AFP, le 11 mars 2009 à 16h47 STRASBOURG (Parlement européen), 11 mars 2009 (AFP) – La rédactrice en chef d’une radio dissidente tunisienne, Kalima, dont les bureaux à Tunis ont été fermés fin janvier par les autorités, a lancé mercredi un appel à l’aide au Parlement européen, se disant victime d’une entrave à la liberté d’expression. Pour les autorités tunisiennes, les activités de Kalima sont en violation des lois et des procédures en vigueur dans le pays. « Je suis venue lancer un cri d’alarme. Nous n’avons rien fait d’illégal », s’est défendue Sihem Bensedrine, rédactrice en chef de la radio dissidente, sous le coup d’une information judiciaire pour « émissions de fréquences sans avoir obtenu de visa légal ». « Nous n’avons jamais utilisé de fréquences hertziennes, puisque nous émettons par satellite depuis l’Italie, où nous avions un contrat en bonne et due forme. Notre crime est d’avoir rompu le monopole qui prévaut sur l’audiovisuel en Tunisie », a-t-elle précisé devant la presse en marge d’une session plénière du Parlement. Le 30 janvier, la police a pénétré dans les locaux de la radio indépendante, qui diffusait depuis plusieurs mois sur l’internet et depuis le 26 janvier sur le satellite Hotbird depuis l’Italie, a-t-elle raconté. « La police a changé les serrures, confisqué notre matériel, intimidé les journalistes, mais nous continuons à émettre malgré tout, et à diffuser des reportages réalisés en Tunisie avec de petits dictaphones », a souligné Mme Bensedrine, qui coordonne à présent les émissions depuis l’Autriche. La présidente de la sous-commission des Droits de l’Homme du Parlement, l’écologiste Hélène Flautre, a exprimé pour sa part sa « honte » de voir le peu d’efforts déployés par l’Union européenne pour faire progresser le dossier des droits de l’Homme en Tunisie, pourtant prévu par l’accord d’association avec l’UE.


Proche Orient – Amnesty s’inquiète du sort des défenseurs des droits

 
Reuters, le 11 mars 2009 à 15h43 DUBAI, 11 mars (Reuters) – Dans un rapport publié mercredi, Amnesty International dénonce les pressions et actes d’intimidation subis par les défenseurs des droits de l’homme de la part des gouvernements dans les pays du Proche-Orient et du Maghreb. « Les défenseurs de la cause des droits de l’homme continuent, au Proche-Orient et en Afrique du Nord, d’être emprisonnés, torturés, persécutés et sanctionnés pour leurs actions visant à faire respecter les droits d’autrui », explique l’organisation dont le siège est à Londres. AI cite ainsi des procès intentés en Egypte et en Syrie et l’existence de « législations antiterroristes » en Tunisie et aux Emirats arabes unis criminalisant des actes non-violents tel que des troubles à l’ordre public. « Certains sont contraints de signer des aveux pour des crimes dont ils affirment ne pas être les auteurs, ou de s’engager à cesser leurs actions en faveur des droits de l’homme… Les législations nationales servent de manière routinière à les bâillonner et à criminaliser leurs activités ». Amnesty cite enfin le rôle positif joué par des bloggeurs qui exposent l’emploi de la torture en Egypte ainsi que les recours juridiques intentés par des organisations israéliennes et palestiniennes de défense des droits de l’homme contre l’usage de la torture.

 

Mideast rights activists need protection – Amnesty

Wed Mar 11, 2009 9:20am EDT DUBAI, March 11 (Reuters) – Human rights activists in the Middle East and North Africa need protection from governments, which often consider them subversives and harass, threaten and jail them after unfair trials, the rights group Amnesty International said on Wednesday. « Human rights activists in the Middle East and North Africa still face imprisonment, torture, persecution and repression for seeking to uphold the rights of others, » the London-based group said in a statement accompanying a new report. Amnesty International cited trials in Egypt and Syria and « anti-terror » laws in Tunisia and the United Arab Emirates that use broad language to penalise peaceful activity defined as, for example, disturbing « public order ». « Some are forced to sign confessions to crimes they say they have not committed, or pledges to stop their human rights activities… National laws are routinely used to silence them and penalise their activities, » the statement said. It said rights activists who persevere against authorities have made a difference, citing the role of bloggers in exposing police torture in Egypt and legal action raised by Israeli and Palestinian rights groups over the use of torture. (Writing by Andrew Hammond)  


RSF épingle 12 pays ennemis d’internet, met l’Australie sous surveillance

 
AFP, le 11 mars 2009 à 00h01 PARIS, 11 mars 2009 (AFP) – L’organisation de défense de la presse Reporters sans Frontières épingle douze pays « ennemis d’internet » et en place dix autres sous surveillance – dont l’Australie et la Corée du Sud -, pour avoir adopté des « mesures inquiétantes », dans un rapport publié jeudi. Les douze « ennemis d’internet » répertoriés par l’organisation de défense de la liberté de la presse sont l’Arabie Saoudite, la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l’Egypte, l’Iran, l’Ouzbékistan, la Syrie,la Tunisie, le Turkménistan et le Vietnam. « Tous ont transformé leur réseau en intranet, empêchant les internautes d’accéder aux informations jugées +indésirables+ » et ont mis en place une « répression quasi-systématique des internautes qui sont à l’origine » de ces informations, affirme RSF. La Chine détient le record du nombre de cyberdissidents emprisonnés (49), suivie du Vietnam (7) et de l’Iran (4). Au total, l’organisation a recensé 69 cas de personnes emprisonnées « pour s’être exprimées librement sur internet ». En marge de ces « ennemis d’internet », RSF a placé dix Etats sous surveillance pour avoir « adopté des mesures inquiétantes qui pourraient ouvrir la voie à des abus » : l’Australie, Bahreïn, le Bélarus, la Corée du Sud, les Emirats Arabes Unis, l’Erythrée, la Malaisie, le Sri Lanka, la Thaïlande et le Zimbabwe. L’Australie est épinglée en raison d’un projet de loi, en discussion depuis 2006, « qui imposerait à tous les fournisseurs d’accès de filtrer la connexion internet dans chaque foyer afin d’écarter tout contenu +inapproprié+, au nom de la lutte contre la pédopornographie et la diffamation et pour la défense du droit d’auteur ». Selon RSF, ce projet intervient dans un contexte où la législation sur le terrorisme « permet d’ores et déjà de graves atteintes à la confidentialité des correspondances privées ». RSF reproche à la Corée du Sud de recourir à des « moyens disproportionnés de régulation ». Le 7 janvier 2009, un blogueur a été arrêté pour avoir affecté les « échanges économiques au sein des marchés » ainsi que la « crédibilité de la nation » en raison d’articles économiques qu’il avait publiés sur un forum de discussion. Il risque jusqu’à cinq ans de prison, selon l’organisation.

Italia: Maroni, immigrati tremila espulsi in primi due mesi 2009

  Ansa, le 12 mars 2009 à 09h39 ROMA, 12 MAR (ats/ansa) ROMA – Nei primi due mesi del 2009 sono stati espulsi dall’Italia oltre tremila clandestini, mentre nell’intero 2008 le espulsioni sono state 25 mila. Lo ha detto il ministro dell’Interno, Roberto Maroni, nel corso della trasmissione Radio Anch’io su Radiouno. « Noi – ha spiegato Maroni – vogliamo intensificare quest’azione, perché chi viene in Italia a lavorare ha tutti i diritti dei cittadini italiani tranne il voto, ma chi non viene a lavorare deve essere espulso, e per questo abbiamo rafforzati i rapporti con i Paesi del Maghreb per rimpatriare tutti i clandestini ». « Le espulsioni – ha aggiunto – aumenteranno moltissimo con la norma che accresce da due a sei mesi il periodo di trattenimento nei centri di identificazione ed espulsione ». ANSA  

L’ONU lance une étude sur les centres de détention secrets Elle compte sur la collaboration de Washington

ATS, le 12 mars 2009 à 14h51 Genève (ats) L’ONU a annoncé mardi le lancement d’une étude sur les centres de détention secrets. D’ici un an, elle devra collecter des informations aussi complètes que possible dans le plus grand nombre de pays afin de mettre fin à cette pratique. « Nous appelons tous les gouvernements à coopérer, non seulement pour clarifier les faits, mais pour que des centres de détention secrets ne soient plus utilisés dans le futur », a déclaré le rapporteur de l’ONU sur la torture Manfred Nowak. Il dirigera l’enquête avec son collègue chargé des mesures de lutte antiterroriste Martin Scheinin. « C’est le bon moment », a affirmé Manfred Nowak, en se félicitant des premières décisions du président Barack Obama sur l’abolition de la torture et la fermeture de la base de Guantanamo. Le but est de prévenir de nouveaux abus dans le futur. L’expert de l’ONU ne cache pas qu’il sera difficile d’obtenir des informations, secrètes par définition, mais il s’attend à une meilleure coopération de la part de la nouvelle administration américaine. Les Etats-Unis pourraient également inciter leurs alliés à coopérer. Nombreux pays concernés « La guerre contre le terrorisme a légitimé d’horribles pratiques », a souligné Martin Scheinin. Il a relevé que la pratique de centres de détention secrets concerne de nombreux pays. Au Pakistan et au Sri Lanka, des milliers de personnes ont disparu. Un parlementaire pakistanais a fait état de 52 centres de détention illégaux dans son pays. Dans son rapport au Conseil des droits de l’homme, l’expert de l’ONU fait état d’informations crédibles selon lesquelles les Etats- Unis ont transféré des détenus suspectés d’avoir participé à des actions terroristes dans une dizaine de pays: Afghanistan, Arabie saoudite, Egypte, Ethiopie, Jordanie, Maroc, Ouzbékistan, Pakistan, Syrie, Thaïlande, Yemen. Dans de nombreux cas, ces pays ont torturé ou maltraité ces détenus dans des lieux tenus secrets. Martin Scheinin demande à tous ces Etats d’enquêter. Le président du groupe de l’ONU sur les détentions arbitraires Santiago Corcuera a fait remarquer que le phénomène de détention au secret n’est pas nouveau. Il était notamment courant du temps des dictatures en Amérique latine dans les années 1980 et 1990. Mais il s’est propagé depuis le 11 septembre 2001 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Santiago Corcuera a relevé que la détention secrète va presque toujours de pair avec la torture, puis avec l’exécution sommaire. (Source : www.romandie.com (Suisse), le 10 mars 2009)


 Les militantes du PDP célèbrent le 8 Mars avec les familles des détenus du bassin minier de Gafsa

 Safia Mestiri Le Bureau Femme du Parti Démocrate Progressiste  a célébré la Journée Internationale de la Femme le 8 mars à Gafsa. Au cours d’une réunion tenue à cette occasion et placée sous le signe du soutien aux femmes des prisonniers du Bassin minier des représentants des familles ont apporté leurs témoignages. La délégation du PDP était composée de Mmes Safia Mestiri (coordinatrice du Bureau), Souad Goussemi, Lamia Dridi et Faïza Rahem. Le premier à prendre la parole, s’excusant d’être le seul représentant mâle des familles présentes est Boujemaa Chraïti. Infirmier, nouvellement retraité, Boujemaa, cheveux et moustaches blancs, nous présente un double témoignage : celui d’un prisonnier, ayant été lui-même arrêté et condamné à 2 ans de prison avec sursis, mais il nous apporte également celui d’un père de prisonnier puisque son fils, Ghanem, 24 ans, purge une peine de 3 ans dans la même affaire. Lorsqu’il nous relate sa propre arrestation, les conditions de sa détention, ses yeux brillent de détermination, sa voix est sûre et claire, la tête bien droite sur ses épaules. Mais lorsqu’il en vient à son témoignage de père de prisonnier, il toussote de temps en temps, car sa gorge se noue par l’émotion, ses yeux clignotent pour résister aux larmes et la tête rentre dans ses épaules, écrasée par la douleur. Boujemaa nous a relaté son long calvaire qui a débuté une nuit par l’envahissement de sa demeure par plus d’une centaine de policiers, fracassant tout à leur passage aussi bien les meubles que les personnes, à la recherche de son fils Ghanem qui dormait profondément au fond de son lit. Insultes, coups de poing et de pieds, Ghanem est emmené manu-militari. Quelques heures plus tard, c’est au tour de Boujemaa, lui-même, d’être arrêté. Au poste de police, Boujemaa est effaré par le spectacle qui s’offre à lui : la violence déchaînée par les policiers sur les prisonniers, parmi lesquels son fils, en sous-vêtements, les corps déchiquetés, meurtris, du sang partout, essuyé de temps en temps par les propres vêtements des prisonniers. Et là, Boujemaa, emmené dans une autre pièce, subira la pire des tortures, entendre les cris de douleur de son enfant. Sans explication, il est relâché quelques heures plus tard. Comprenant que sa liberté n’allait pas durer longtemps, il emmène sa femme encore choquée par l’arrestation brutale de son fils, et sa petite fille auprès de ses beaux-parents et s’enfuit dans la montagne avec d’autres compagnons de fortune. Il se terre là pendant 25 jours, sortant de temps en temps le soir pour aller rendre visite à sa famille et prendre ce qu’il peut comme nourriture. Son foyer est saccagé et pillé, sa carte bancaire déchirée, les bijoux de sa femme disparus, les meubles fracassés, les vêtements en lambeaux… Contraint de retourner à son travail, par peur de perdre sa retraite prochaine, Boujemaa reprend le chemin de l’hôpital, tout en sachant qu’il allait très vite perdre sa liberté. Il est arrêté 3 jours plus tard. En prison, il est entassé avec 40 camarades, mais pas son fils, dans une geôle ne devant contenir que 20, plusieurs prisonniers sont contraints de dormir à côté des toilettes, ayant pour seul repas quotidien, un pain. Il est condamné pour 2 ans et six mois de prison avec sursis. Puis c’est au tour de Janette, la mère de notre jeune camarade Rachid el Abdaoui, d’apporter son témoignage. Enveloppée dans un sefsari d’un blanc immaculé, la voix timide au départ, visiblement elle n’avait pas l’habitude de parler en public, Janette se libère au fil de ses paroles et relate son amère expérience de mère de prisonnier. Elle ne se doutait pas un seul instant que le 6 Février 2009, en quittant son foyer pour rejoindre son travail, comme à son habitude, elle n’allait pas revoir son fils, Rachid à son retour. Le soir, la nouvelle de son arrestation, est tombée sur elle comme un couperet : elle ignorait l’implication de son fils lors du premier procès tenu en novembre 2008. Le premier sentiment qu’elle a ressenti, est celui de la honte : son fils, arrêté, en prison…La nouvelle a très vite fait le tour du quartier et la famille de Janette presque mise en quarantaine. Puis, lorsque le journal El Mawqif publie la photo de Rachid avec un article qui explique les motifs de son arrestation, c’est avec fierté que Janette fait le tour du quartier, portant le journal de maison en maison. Et Janette a pu relever la tête devant ses voisins car son fils est injustement condamné à 4 ans de prison. Le troisième témoignage est celui d’une sœur, Mbarka, la sœur de Hédi Bouslahi. Le visage ravagé par la souffrance, la voix étouffée par les sanglots, elle entoure ses bras autour d’elle et nous dit : <<mon petit frère me manque, j’ai envie de le serrer dans mes bras. C’est moi qui l’ai élevé.>> Le jour où elle a appris l’arrestation de Hédi, Mbarka, travaillant à Tunis, laisse tout tomber derrière elle, travail, logement, affaires personnelles, pour venir en aide à sa famille à Redeyef : une mère divorcée et une sœur diplômée de français …dans l’attente d’un travail. Lorsqu’elle nous relate l’arrestation de son frère, elle ne peut empêcher ses larmes de couler. Hédi se trouvait au travail, il pointait les ouvriers qui travaillaient dans une montagne, tout à coup, il est agressé par des chiens. Ce sont les chiens des policiers venus l’arrêter. Lorsque sa sœur vient lui rendre visite quelques temps après son arrestation, il garde encore les traces de la violence qu’il a subie. Cette violence s’est poursuivie même le jour du procès ; elle n’a pas accepté de voir son frère frappé sauvagement pour avoir chanté l’hymne national avec ses camarades. Mbarka est le seul soutien qui reste à la famille, et le seul lien avec Hédi : il ne veut pas que sa mère lui rende visite en prison. Puis vint le tour de Khamsa, l’épouse de Taïeb Ben Othmane de nous relater ses souffrances. Lorsque les policiers ont envahi, également, sa maison, elle était dans la cuisine, en compagnie de son jeune fils, préparant son repas. Alarmée par le bruit et les fracas, elle laisse son fils seul.  Les policiers ont également tout saccagé chez elle avant d’emmener son mari à coups de poing, de pieds et d’insultes. Puis un cri strident sort de la cuisine : son fils, resté seul, venait de renverser une casserole d’eau bouillante sur lui ; ce qui l’obligea à accompagner son fils à l’hôpital, pour un long séjour. Le dernier témoignage de Gafsa est celui d’une jeune femme d’à peine 20 ans. Etudiante en français, Ihsène Jedidi est également jeune maman depuis quelques mois. En effet, elle vient d’accoucher d’une petite fille alors que son mari, Ahmed el Fejraoui est en prison. Tout comme ses compagnes, Ihsène a du mal à retenir ses larmes, lorsqu’elle parle de l’arrestation de son mari, elle les essuie furtivement derrière ses lunettes. Nous ressentons à travers son récit, les difficultés d’Ihsène  obligée de mener quotidiennement un dur combat : jeune maman, épouse de détenu et jeune étudiante. C’était là , le dernier témoignage de Gafsa. Durant la réunion nous reçûmes une lettre de Jomaa, la femme de Adnène el Hajji. Souffrante, elle n’a pas pu assister à la rencontre. Aussi, nous décidâmes d’aller lui rendre visite. A Redeyef, quelques mois après notre première visite, les forces de l’ordre, moins nombreuses, sont toujours là. Les rues sont plus fréquentées mais la tension est omniprésente. En cette veille de la fête du Mouled, nous ne sentons pas les préparatifs d’un Aïd mais le cœur n’y est pas. Jomaa nous reçoit avec les mêmes attentions. Son état de santé s’est visiblement détérioré depuis quelques mois, elle a du mal à cacher ses souffrances physiques et morales. Très pâle, les traits tirés, elle s’inquiète beaucoup plus de l’état de santé de Adnène que du sien. En effet, Adnène souffre non seulement des suites d’une grève de la faim, asthénie, hypertension etc…mais également des humiliations quotidiennes faîtes par les prisonniers de droit commun qui partagent sa cellule. Adnène el Hajji est seul dans la prison de Kasserine ; son vieux compagnon de lutte, Béchir Laabidi, souffrant, a été hospitalisé à l’Ariana, depuis quelques semaines. Jomaa oublie ses propres souffrances lorsqu’elle évoque le calvaire que subi Leïla, la femme de Béchir Laabidi. En effet, Leïla Laabidi, femme et mère de détenus, est obligée d’aller rendre visite chaque semaine à l’Ariana, où elle passe deux jours à côté de son mari malade, puis elle revient à la prison de Gafsa rendre visite à son fils Mdhafer condamné à 3 ans dans la même affaire que son père. Le reste de la semaine elle s’occupe, comme toutes les mamans, de ses autres enfants à Redeyef. Puis Jomaa nous propose, malgré sa maladie, de nous emmener visiter Akila, la mère du jeune martyre Hichem el Alaïmi, tué d’une balle dans le dos. Il était âgé d’à peine 24 ans. En traversant les rues du quartier des Jeridyas, où habite Akila, nous sommes accueillies par les chants souffis de la Zaouia, à l’occasion de la fête du Mouled. Beaucoup de jeunes et de moins jeunes saluent Jomaa avec déférence : c’est la femme du leader. La rencontre avec Akila a été la plus douloureuse car dans ce foyer c’est le désespoir qui règne : leur fils, Hichem, ne reviendra plus jamais. Akila, encore effondrée de douleur nous dit avoir refusé des autorités une compensation financière, alors que la famille est dans la plus grande nécessité :  « je ne prendrais aucun ‘millime’ tant que l’assassin de mon fils n’est pas jugé. Rien ne pourra éteindre le feu qui brûle dans mes entrailles. »  Les mots sont vains face à la douleur de cette maman. Ni l’entourage de ses deux filles adolescentes, ni les douces paroles de Jomaa ne peuvent atténuer les sanglots de cette mère effondrée. Nous sommes toutes envahies par un sentiment d’impuissance. Partir et laisser cette maman écrasée par la douleur de la perte de son enfant a été le moment le plus dur de la journée . En quittant Redeyef, nous avions l’impression de quitter une citadelle assiégée, seule face à l’épreuve mais défendant dignement son droit à l’existence.

LA TUNISIE DE PAPA

Par SONIA.D Une des causes de la défaite des démocrates et ce depuis l’indépendance , a été leur incapacité à gagner l’hégémonie idéologique (toutes ses versions démocratiques ) dans la société tunisienne,  et faire front à l’offensive que le  néo-colonialisme a lancé sur le terrain planétaire contre  les souhaits  des peuples nouvellement indépendants, d’être réellement indépendants. Les démocrates tunisiens , hier , pris sous le feu conjugué du néocolonialisme et de leur homme de main,  Bourguiba,  n’avaient pas su  montrer aux tunisiens,  que le choix politique qui leur était offert à ce moment là  était un choix fondamental , qu’il fallait résister, et que le vrai combat pour une authentique indépendance, n’avait même pas commencé;  cette déviance et cette tare mortelle persiste aujourd’hui  dans ce morbide face à face entre une dictature,  de plus en plus violente,  aidée par  les mêmes néocolonialistes , et des démocrates complètement décalés du peuple,  et enfermés dans leurs  camisoles de force partisanes,  réduits au paraître et à l’impuissance. Aujourd’hui pourtant le choix est évident  pour les tunisiens , qu’il faut mobiliser  autour de choses simples et transparentes , des choix clairs , de véritables choix de société : d’un côté , le choix d’ une société démocratique , humaniste , libérale et sociale avancée , protectrice des libertés ; de l’autre , la soumission totale à un liberticide dictatorial,  totalitaire , lugubre , bureaucratique , dans lequel,  on peut entrer en se prostituant et en vendant son âme , mais duquel,  on ne peut plus sortir,   que par le fer , le sang et très souvent les pieds devant. Et , à cette fin , la dictature a réussi à instrumentaliser plus de mouvements « culturels » qu’on croit. Souvenons nous , par exemple, de la collaboration de certains hommes dits de droit et de progrès (sans les nommer, certains se reconnaîtront, ceux qui  , de gauche et de droite,  à l’infamie du 7 novembre,  qui  dans un premier temps , ne sont pas du tout apparus comme des partisans  de l’éradication et de l’autoritarisme benaliste,  ou ne se sont manifesté  jusqu’à inspirer l’horreur,  qu’au bout de quelques temps, la plus part d’entre eux sévissent encore sans pudeur, dans leurs lieues communs des commémorations des icônes déchues, mortes ou vivantes, quelle importance? la dégénérescence humaine et politique s’inscrit toujours dans l’Histoire avec des lettres de sang, indélébiles, bonjour les coupeurs de têtes, que de grain à moudre pour les résistants de la  vingt cinquième heures, que de trahisons et que de retournements de veste à venir. encore. Aujourd’hui , leur heure de gloire est passée, les dinosaures sont dans la pornographie mémorielle, la majorité des tunisiens  ne mourront pas de cholestérol, dans la loterie morbide u totalitarisme qui nous décompose, on risque plutôt de mourir d’ignorance, de violence, de torture et de refoulement psychiatrique, dans une vision surréaliste, lucide, la Tunisie entière est un goulag qui ne dit pas son nom, les impostures opportunistes, les règles à calculer s’exposent entre le mépris jouissif d’un vieux dictature cocu de sa propre vie, et l’indifférence d’ un peuple tunisien gavé de leur suffisance : ils ont servis ! Cette profonde insuffisance idéologique  des démocrates tunisiens tient , en fait , à une évolution culturelle fort ancienne. Depuis l’Andalousie et la décadence , sommes nous sortis de ce climat de profond irrationalisme qui fait que nos contemporains  sont blasés , désabusés , attentistes et ne croient pas à la possibilité de comprendre la société pour la transformer ? La réponse est non, aujourd’hui, sur le fond et la forme, franchement,  je ne vois pas l’intérêt de prendre le train en marche et de s’absoudre de tout, notre Histoire est la nôtre et on se doit avant toute chose de l’assumer, c’est trop facile de surenchérir,  dans la confortable aliénation , à ce sujet même un esclave peut mourir heureux et idiot , des bons maîtres cela existe aussi , nous devons  trouver notre propre voie  , pas contre les autres , mais pour nous et refuser les faits culturels accomplis , sous prétexte que les dominations occidentales post guerres mondiales ont mis un terme à  presque’ un siècle d’illusions scientistes , on veut renier l’idée même que notre société et notre civilisation pouvaient faire l’objet d’une connaissance objective ( ce qui ne signifie pas évidemment que l’on soit en mesure de parvenir à une conceptualisation achevée, n l’état des choses ).Mais il ne nous faut jamais oublier  l’idée même,  que les mouvement de la société tunisienne puissent être connus comme phénomène social total,  a beaucoup régressé  , par manque de volontaires , d’assiduité , d’engagement et de courage purement idéaliste. Il faut pousser à l’éclosion et à l’existence des intérêts sociaux en Tunisie,  suffisamment puissants,  et surtout suffisamment organisés , pour imposer leur développement   à tous les acteurs  de la vie politique tunisienne , et  en premier lieu à l’opposition démocratique ( j’ai lu quelque part  , c’est récemment que je suis venue à la politique de mon pays , l’apparition d’une troisième opposition , j’ai lu les différentes interventions  des uns et des autres , jeunes et vieilles générations , je trouve  que son blocage , son déficit et sa disparition  est dû au manque total de synergie , et à l’opportunisme de certains  qui font du monopole du débat et de l’initiative un art de vivre , plutôt qu’une stratégie de combat). Aujourd’hui encore et de plus en plus, les intérêts sociaux qui prétendent investir  l’espace politique tunisien brillent par leur incohérence, demeurent fragmentaires et contradictoires. Nos fondamentaux culturels qui se nourrissent d’histoire , mais aussi de  la calamité de l’exotisme post colonial et touristique,  qui se repaît  d’une ethnologie révisionniste,  et même souvent négationniste de son propre être , les drames plus que nombreux à comptabiliser et surtout à ne pas classer comme perte et profits, il s’agit d’êtres humains, et non de produits marchands,  les soucis gestionnaires  des familles dévastées sur tous les plans , et ceux publics et privés , qui fondent  cette économie de proximité  , marginale,   de survie pour la plus part des tunisiens , l’art morbide de cette dictature de gouverner  ce peuple opprimé, sont les vecteurs principaux d’une décadence et de sciences parcellisées. On atteint ainsi et bientôt une limite qui n’a été franche en si peu de temps,  en aucune société . Une société ne peut promouvoir la connaissance  scientifique ou autres  , ses valeurs ,  son histoire , la culture de sa propre nature , de son ordre établi , de ses idées reçues , de sa dynamique inconsciente , que si la transformation de cette nature est l’objectif principal des forces de progrès qui dirigent cette société, ou prétendent à la diriger.


 

Les femmes d’Afrique haussent le ton

 
Souhayr Belhassan, Présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) Le 8 mars, les organisations de femmes africaines ont lancé une vaste campagne visant à inciter les États à « ratifier et respecter » la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (Cedef). Cette année, le plus important des textes internationaux relatifs aux droits des femmes fête en effet ses 30 ans. Et les femmes africaines ont bien l’intention de saisir cette occasion pour interpeller leurs dirigeants. Jamais un texte aussi méconnu n’a eu autant d’implications au niveau local, en particulier sur le continent. Des centaines d’organisations s’appuient quotidiennement sur la Cedef pour dénoncer les carcans législatifs et sociétaux qui pèsent sur les femmes. Grâce au soutien de deux Prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi et Desmond Tutu, ainsi qu’à l’appui de la FIDH et de cinq organisations régionales africaines luttant pour les droits de l’homme, de multiples actions de terrain seront entreprises durant les deux prochaines années. Marches, défilés, conférences de presse, caravanes, sensibilisation de lycéens et de collégiens, ateliers, pétitions et même propositions de loi pour des quotas de femmes dans les assemblées législatives… Une quarantaine de pays africains s’apprêtent désormais à vivre au rythme d’une mobilisation renforcée. Il était temps. Car si la plupart des pays africains ont ratifié la Cedef, il s’agissait manifestement de faire bonne figure, notamment auprès de certains bailleurs internationaux. Pour preuve, beaucoup d’États du continent n’ont pas pris la peine de la faire respecter, ou émettent de telles réserves – notamment sur l’héritage, le mariage, ou le divorce – qu’elle se trouve vidée de tout son sens. Or elle concerne directement le respect et la protection de la dignité humaine des femmes. Outre les atteintes intolérables à leur intégrité physique – traditionnelles comme les mutilations génitales, ou plus récentes comme les viols systématiques utilisés comme arme de guerre –, les inégalités devant la loi sont encore le lot quotidien de millions de femmes et de jeunes filles africaines. Le fait qu’elles soient souvent considérées comme le pilier économique et social de la famille ne les place pas à l’abri de toutes les formes de discriminations, bien au contraire… Certes, des combats ont d’ores et déjà abouti dans certains pays, comme le Sénégal et le Burkina Faso, à une réelle prise de conscience et à un abandon progressif des mutilations génitales féminines. Au Bénin, la loi a été modifiée dans un sens plus favorable aux femmes. Au Mali, un nouveau code de la famille, moins discriminatoire, est en voie d’adoption par les députés. Mais ces avancées sont encore bien timides, et les inégalités en matière de droits des femmes demeurent criantes. De fait, seuls deux États du continent, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud, peuvent se prévaloir d’une législation entérinant une véritable égalité entre les sexes. N’oublions pas non plus que l’Union africaine vient de placer à sa tête, pour un an, le « Guide » libyen Mouammar Kaddafi, peu connu pour ses positions progressistes dans le domaine des droits de l’homme. Le « roi des rois traditionnels d’Afrique », comme il aime désormais se faire appeler, n’incitera certainement pas les autres chefs d’État à faire respecter la Cedef, du moins si l’on en juge par les réserves qu’il a lui-même fait poser à ce texte au nom du respect de la charia. On le voit, le chemin est encore long avant que la situation des Africaines ne s’améliore durablement. Il faudra beaucoup de détermination de la part des sociétés civiles pour arriver à sensibiliser les dirigeants du continent au problème du respect des droits des femmes. C’est le sens de la campagne qui a été lancée lors de la Journée internationale du 8 mars. Les femmes africaines savent qu’elles n’obtiendront rien sans combattre. Et notre devoir à tous – hommes ou femmes – est plus que jamais de les y aider.
(Source : « Jeune Afrique » ( Magazine hebdomadaire – France), N° 2513 du 8 au 14 mars 2009)
 

 

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