11 juillet 2010

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TUNISNEWS
10 ème année, N° 3701 du 11.07.2010
 archives : www.tunisnews.net 


AFP: La Tunisie rejette les critiques de Washington sur un recul des libertés Xinhua: Réplique de la Tunisie aux propos américains sur sa situation des libertés de presse PANA: Pour un véritable changement démocratique en Tunisie AFP: Guantanamo : six Algériens préfèrent la prison au retour dans leur pays Slim Bagga: Temoignage: au revoir si Mohamed!!! Abdel Wahab Hani: Âïd / Retornado Naoufel Ben Brahim à Tunis le 14 et Âïd / Retornado Adel Ghannouchi s’apprête à rentrer à Paris Bassam Bounenni:En Egypte, le terminal de Rafah…Un enjeu de politique intérieure


La Tunisie rejette les critiques de Washington sur un recul des libertés


AFP | 10.07.10 | 23h19  Le gouvernement tunisien a rejeté les critiques des Etats-Unis concernant un recul des libertés en Tunisie affirmant qu’elles étaient « dénuées de tout fondement », dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Le ministère a aussi dénié la qualité de journaliste à Fahem Boukadous, dont la condamnation à quatre ans de prison avait suscité une réaction à Washington. « Les affirmations formulées par le porte-parole du département d’Etat américain relatives à la situation des libertés en Tunisie (…) sont dénuées de tout fondement », a affirmé le ministère tunisien des Affaires étrangères. « Au lieu de déplorer un recul des libertés politiques en Tunisie, le porte-parole du département d’Etat américain aurait du parler du renforcement croissant de ces libertés dans le texte comme dans le pratique », a-t-il dit dans un communiqué publié samedi soir par l’agence gouvernementale TAP. Vendredi, un porte-parole du département d’Etat, Mark Toner, a déclaré que « les Etats-Unis (étaient) profondément inquiets d’un déclin des libertés politiques, notamment les sévères restrictions de la liberté d’expression en Tunisie ». Il avait ajouté que les Etats-Unis étaient particulièrement « inquiets » après la condamnation mardi d’un journaliste de télévision, Fahem Boukadous. Le ministère tunisien s’est dit « étonné » de ces propos, « qui dénotent un manque de discernement » et « une précipitation injustifiée dans la formulation des jugements concernant les pays tiers ». Evoquant des « informations erronées » sur Fahem Boukadous, le ministère affirme que celui-ci « n’a jamais fait partie du corps journalistique et n’a jamais détenu une carte de presse ». « Toutes les parties qui tentent de conférer à cette personne la qualité de journaliste ne font que pratiquer la désinformation », dit-il encore. Fahem Boukadous a notamment couvert en 2008 des manifestations sociales ayant secoué la région minière de Gafsa (sud-ouest) pour le compte de la chaîne satellitaire Al-Hiwar Ettounsi (Le Dialogue Tunisien). Ses défenseurs affirment qu’il a été puni pour avoir pu réalisé ce travail. Le ministère a assuré en revanche que le jugement prononcé contre M. Boukadous concernait « son implication dans une entente criminelle visant à préparer et à commettre des agressions contre les personnes et les biens » et n’avait « aucun rapport avec toute activité journalistique ».


Réplique de la Tunisie aux propos américains sur sa situation des libertés de presse


 
Publié le 2010-07-11 11:21:06 | TUNIS, 10 Juillet (Xinhua) — La Tunisie a exprimé samedi, par une source autorisée de son ministère des Affaires étrangères, « sa stupéfaction » et sa réplique aux propos d’un porte-parole du département d’Etat américain sur la situation des libertés de presse en Tunisie et sur l’affaire du dénommé Fahem Boukaddous. Un porte-parole du département d’Etat américain avait fait une déclaration, le 9 juillet, sur sur la situation des libertés de presse en Tunisie et sur l’affaire du dénommé Fahem Boukaddous. Selon le porte-parole du département d’Etat américain, Fahem Boukaddous est un « journaliste indépendant » et il a été arrêté et jugé pour « sa couverture médiatique des manifestations dans le bassin minier » au sud de la Tunisie. Les propos du porte-parole du département d’Etat américain « dénotent d’un manque de discernement dans la vérification des informations et d’une précipitation injustifiée dans la formulation des jugements concernant les pays tiers », a déclaré la source autorisée du ministère tunisien des Affaires étrangères, soulignant que le porte-parole du département d’Etat américain s’est fondé dans ses déclarations sur des « informations erronées ». « En effet, contrairement à l’affirmation par le porte-parole du département d’Etat américain que Fahem Boukaddous est un ‘journaliste indépendant’, il convient de noter que l’intéressé n’a jamais fait partie du corps journalistique et n’a jamais été détenteur d’une carte de presse », a précisé la source autorisée tunisienne. Selon cette source, le jugement prononcé contre le dénommé Fahem Boukaddous concerne son implication dans une entente criminelle visant à préparer et à commettre des agressions contre les personnes et les biens. « L’enquête judiciaire a en effet démontré que l’intéressé a participé, dans le cadre d’une alliance criminelle, à la préparation des outils matériels nécessaires à l’accomplissement de ces agressions, outre l’incitation à la désobéissance civile et à l’affrontement avec les forces de l’ordre », a affirmé la même source autorisée. Les actes commis par les éléments participants à cette entente criminelle ont en effet occasionné des « blessures graves dans les rangs des forces de l’ordre et des citoyens ainsi que des dégâts matériels importants au niveau des biens publics et privés ». La Cour d’appel de Gafsa (sud de la Tunisie) a confirmé le verdict rendu en première instance contre Fahem Boukaddous, son implication dans les actes criminels qui lui sont reprochés, ayant été établie. De ce fait, « il n’y a point lieu de prétendre que Fahem Boukaddous a été jugé pour sa couverture médiatique des manifestations dans le bassin minier, comme l’a déclaré le porte-parole du département d’Etat américain ». « L’intéressé a été traduit en justice pour des activités criminelles qui n’ont aucun rapport, ni de près ni de loin, avec toute activité journalistique », a souligné la source autorisée, ajoutant que rien ne justifie les propos du porte-parole du département d’Etat américain selon lesquelles il existe « des restrictions à la liberté d’expression » en Tunisie. En conclusion, la source autorisée du ministère des Affaires étrangères se demande « comment un porte-parole officiel d’un Etat peut-il transformer une affaire de violence et d’agression visant des personnes et des biens en une affaire de liberté de presse? »

 

Pour un véritable changement démocratique en Tunisie


Tunis – Pana 11/07/2010 Tunis, Tunisie – Des opposants tunisiens ont appelé samedi à « un véritable changement démocratique » et à « une alternance pacifique au pouvoir » en Tunisie, à l’occasion du 53ème anniversaire de la proclamation de la République tunisienne. L’appel a été lancé lors d’une conférence nationale organisée par le parti démocratique progressiste (PDP), principale formation de l’opposition, « dans une conjoncture marquée par un verrouillage politique, l’absence de perspectives sociales et un sentiment accentué d’inquiétude quant à l’avenir », selon le document final qui a sanctionné ces assises. Les participants ont préconisé des réformes politiques en prévision de l’échéance 2014 qui marquera la fin du cinquième et normalement le dernier mandat de l’actuel président Zine El Abidine Ben Ali, âgé de 74 ans. La Constitution tunisienne limite à 75 ans l’âge des candidats à la magistrature suprême. Pour la responsable du PDP, Maya Jribi, « le défi » auquel est confronté le pays est de voir le texte constitutionnel « manipulé » pour permettre au président en exercice de prolonger à la tête du pouvoir ou « mettre en place un mécanisme de succession où le peuple sera exclu ». Le leader historique du parti, l’avocat Néjib Chebbi a, quant à lui, mis en garde contre « un dérapage vers un pouvoir monarchique absolu », précisant que le salut se trouve dans l’unité de toutes les forces politiques et des composantes de la société civile, ainsi que dans la mobilisation de l’opinion publique pour amener le pouvoir au dialogue. « Notre programme est clair, pour ouvrir la voie à la démocratie et en bâtir progressivement l’édifice : non à la présidence à vie, non au pouvoir héréditaire, oui à l’alternance pacifique », a-t-il martelé. Il a suggéré à cet effet la mise en place de « méthodes pratiques » dès la prochaine rentrée politique, avertissant toutefois : « Nous n’hésiterons pas à en payer le prix ». Une « charte républicaine » adoptée par la conférence prône la limitation à deux le nombre des mandats présidentiels, la liberalisation des candidatures à la magistrature suprême, la séparation effective des pouvoirs et des élections libres et loyales supervisées par une instance indépendante. La charte prévoit de garantir la liberté de presse et de la navigation sur Internet, la liberté de réunion, d’organisation et de création de partis et d’associations ainsi que la promulgation d’une loi d’amnistie générale en faveur des prisonniers politiques.


Guantanamo : six Algériens préfèrent la prison au retour dans leur pays


 Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet Conformément aux promesses du président américain Barack Obama, les États-Unis s’efforcent de vider peu à peu la prison de Guantanamo. Il reste encore près de 180 prisonniers contre 240 en 2008. Il est plutôt rare que des prisonniers préfèrent l’emprisonnement à la liberté mais c’est le cas de six Algériens détenus à ce jour dans la prison américaine. Et c’est un vrai dilemme devant lequel se trouve l’administration Obama, qui aimerait bien les renvoyer chez eux au plus vite. Si les six Algériens préfèrent l’incarcération au rapatriement, c’est qu’ils craignent le traitement qui leur sera réservé une fois de retour chez eux : possible torture par les autorités ou exécution par des groupes terroristes s’ils refusent de se joindre à eux. En dépit de nombreuses années d’emprisonnement, ils supplient donc qu’on les garde à Guantanamo. « Ce serait outrageant et inhumain de ne pas respecter leur volonté », disent leurs avocats. Un détenu , Ahmed Belbacha, 40 ans, sait ce qui l’attend s’il retourne en Algérie : il a été condamné par un tribunal à 20 ans de prison pour son association présumée avec un groupe armé interdit. Les détenus ont le soutien des organisations des droits de l’homme tels que Human Rights Watch qui menacent de se tourner vers la Cour suprême pour empêcher ces retours forcés. Pour sa part, le gouvernement américain rappelle que 10 algériens ont été rapatriés dans le passé et qu’ils n’ont pas été persécutés. En règle générale, Washington refuse le transfert de prisonniers dans des pays tels que la Chine, la Tunisie, ou la Libye, où il existe des risques de torture. Les États-Unis sont à la recherche de pays tiers, acceptant, comme la France, d’accueillir certains des 22 détenus jugés peu dangereux et dont ils veulent se débarrasser. Mais jusqu’à présent, la moitié des demandes seulement a été satisfaite. (Source: rfi.fr le 11 juillet 2010

 


TEMOIGNAGE: AU REVOIR SI MOHAMED!!!


par Slim BAGGA
 
Le 23 juin 2010, l’ancien Premier ministre Mohamed Mzali quittait ce monde et les siens, au bout de deux mois de résistance digne mais acharnée contre la maladie. Il avait, comme chacun sait une saine hygiène de vie, ce qui faisait que nul ne prévoyait que la maladie le terrassât aussi précipitamment. Il ne laissait surtout rien transparaître de ce qui le rongeait. Ainsi, lorsqu’il me rencontrait durant ses passages à Paris, il aimait rappeler avec son humour habituel: « j’ai eu un rendez-vous médical à l’hôpital américain de Neuilly, mais tout va bien, la carcasse est solide ». Aujourd’hui que l’agitation autour de cette disparition semble s’atténuer et que l’écriture de l’Histoire peut prendre son droit, j’ai tenu à évoquer mes relations très régulières avec Si Mohamed pendant près de 17 ans. Un bail! Je rétablirai également quelques vérités que je sais sur certains de ses faux amis non sans évoquer évidemment avec quelle dignité et quel courage, il était demeuré debout face à la haine du tyran Zine El Abidine Ben Ali durant plus de deux décennies et face aux déchirures de l’exil durant 16 ans.   VIS-A-VIS DE « L’AUDACE » ET AVEC MOI-MËME, Il FUT D’UNE MAGNIFIQUE ET EXTRAORDINAIRE CONSTANCE   Je n’avais pas connu personnellement l’ancien Premier ministre en Tunisie. Ce n’est qu’en 1993, alors que cogitait l’idée de lancer « L’AUDACE » que je le rencontrais chez lui, avenue de Versailles à Paris, pour la première fois. Si l’évocation de mon projet de lancer un mensuel pour relayer l’information sur la Tunisie baîllonnée l’avait emballée et ne prit qu’une demi-heure de conversation, c’est l’idée qu’il se faisait de son propre retour au pays qu’il tenait à mettre d’emblée en lumière comme s’il voulait me prendre, parmi d’autres comme témoin. « J’ai été injustement condamné comme un vulgaire cas de droit commun. Si Ben Ali, casse ce jugement dans l’intérêt de la loi (et la loi l’y autorise), je descendrai illico en bas de chez moi à l’agence d’Air France et retournerai dans les 24 heures en Tunisie. Là j’accepterai volontiers d’être traduit devant la Haute cour de justice pour y répondre de ce qu’on a inventé de toutes pièces sur ma gouvernance ». Discours qu’il a tenu sans fléchir durant 16 années d’exil, jusqu’à ce fameux coup de fil et ce fax de son avocat lui confirmant en 2002 que le jugement a été cassé. Sous la pression du Comité international olympique (CIO), faut-il le rappeler dont Mohamed Mzali était membre à vie. Dans ses rapports avec « L’Audace », il n’a jamais, pas une seule fois sollicité le passage d’une information ou la censure d’une autre. A aucun moment, il ne s’immisça dans ce qui est du ressort de la rédaction, alors que son soutien financier était incontestablement le plus régulier. C’est ainsi qu’à l’approche de la parution du journal, il me téléphonait pour s’enquérir de l’imminence ou du retard de la livraison tout en enfonçant à chaque fois le clou: « Souviens-toi toujours Slim de ce que je te disais sur la revue « Al Fikr ». En 31 ans d’existence, elle ne connut aucune échéance de retard malgré les problèmes inhérents à chaque création de numéro ». Ainsi, je le vois encore assis sur son canapé, les enveloppes qu’il compte poster à ses amis et contacts déjà préremplies sur la table du salon, n’attendant plus que l’on y glisse le mensuel qui..se fait attendre et qu’il ira lui-même assez souvent poster. Pendant que d’autres « démocrates » et défenseurs des droits de l’homme et de la presse défilaient dans les cafés du commerce pour acquérir un exemplaire gratuitement et déverser leurs reproches non pas constructifs mais haineux à travers de courageux apartés, Si Mohamed n’a pas manqué un seul numéro, n’a pas manqué de l’acheter en quantité ni d’assurer sa diffusion. Je ne l’ai jamais assez remercié et pour son soutien et pour mon indépendance…Mais l’Histoire saura sûrement mieux que moi-même le lui rendre!   LES COUPS BAS   Les coups bas durant les années d’exil ne manquèrent jamais pour atteindre le défunt. Il y a ceux innombrables, souvent innommables émanant de Ben Ali et ses Services infectes: j’y reviendrai plus loin. Il y a ceux venant de ceux qui se disent « amis », qui ne sont en somme que des opportunistes et des fieffés menteurs. Ainsi, le 23 juin, la soirée même de sa mort, j’ai cru rêver lorsque j’ai zappé sur l’émission quotidienne d’ El Jazira à 22h 30. On y annonçait en effet l’intervention de celui que la chaîne a présenté comme « son ami et compagnon », Ahmed Kedidi, directeur d’une fantômatique acadamie européenne de relations internationales. Ahmed Kedidi relatait alors sans vergogne comment « le président Ben Ali avait réhabilité l’ancien Premier ministre qui n’avait été frappé d’injustice que sous le régime de Bourguiba ». Ce même adepte de la félonie nous invitait même publiquement à lire le message émouvant du président Ben Ali à la veuve de l’ancien Premier ministre. Passée la colère face à tant de mensonges éhontés, j’ai consulté au petit matin, avant d’aller lui faire un dernier adieu à l’hôpital, l’édition de « La Presse » pour prendre connaissance de l’émouvante littérature de Ben Ali. Et qu’y trouvais-je? Que le tyranneau rend hommage au parcours de Mohamed Mzali et son apport dans les domaines de la culture, l’éducation et le sport. Point barre!  En effet, c’était un émouvant message tant son caractère réducteur en dit long sur la haine et les complexes de l’expéditeur… Alors, puisque nous sommes dans la vérité et que je tiens à révéler des non-dits: Ahmed Kedidi a peut-être été jusqu’en juin 1986 un ami de l’ancien Premier ministre, mais cela fait 24 ans qu’une page s’est tournée. Et pour cause: cet homme que Mzali a créé de toutes pièces faisant de lui directeur du quotidien du parti PSD « El Amal » et député, n’a pas manqué 10 jours après le limogeage de son mentor de signer un éditorial enflammé contre son bienfaiteur. C’est dire le sens de l’amitié chez l’académicien de la fin des temps. Edtorial qui ne lui évita d’ailleurs pas d’essuyer lui-même la foudre de Ben Ali et de prendre le chemin de l’exil. Ahmed Kedidi devrait à cet égard savoir qu’il y a des choses que l’on pardonne mais que l’on n’oublie pas… Et le plus insolite dans cette récupération de l’amitié à Mohamed Mzali est que Ahmed Kedidi ne l’a plus rencontré depuis 3 ans au moins pour une raison qui en dit long aussi sur la vénalité de « l’ami-récupérateur »: un jour, Madame Kedidi a émis le voeu de racheter une pharmacie en région parisienne. Le couple s’adressa à Mohamed Mzali pour lui prêter de l’argent, mais le défunt déclina cette demande. Ce fut la dernière fois que « l’ami » rencontra Si Mohamed. Il n’y aura même pas une visite à l’hôpital alors qu’il y passait ses derniers jours. Il est bon de rappeler des faits pour que tous les mesquins de la Terre cessent de prendre les gens pour des imbéciles. Surtout pour dire une dernière fois à Ahmed Kedidi et ceux qui lui ressemblent que sa prestation d’El Jazira était un message obséquieux à Ben Ali et non point un témoignage sur ou pour Mohamed Mzali.   LA RECUPERATION DE LA MORT DE MZALI   Je l’ai toujours pensé, écrit, détaillé à de nombreuses occasions: notre caudillo Ben Ali n’aime pas les témoins, ceux devant lesquels il a claqué des talonnettes des années durant et qu’il a honteusement trahis. Nul besoin d’évoquer les obsèques du président Bourguiba, le coup de fil à Hosni Moubarak pour le dissuader de se déplacer en Tunisie; les obsèques de Béhi Ladgham auquel il n’a permis de voyager pour soins qu’à quelques jours de sa mort. Chaque disparition est une libération pour Ben Ali qui n’affronte jamais du regard ceux qu’il servait mains croisés et tête baissée. Dans le cas de Mohamed Mzali, Ben Ali n’a sans doute jamais oublié cet entretien en 1985 avec son Premier ministre et ministre de l’Intérieur. On venait de rapporter à Si Mohamed que Ben Ali était dépressif, surmené. et qu’il souhaitait obtenir un poste politique alors qu’il n’était que directeur des Services. Bien sûr, il feignait la dépression, il jouait sa lâche comédie. Bref, Mzali le convoqua à son Bureau du Premier ministère. – J’ai appris que vous souhaitiez un poste politique. Je pensais que vous étiez bien à votre place. Vous sentez-vous capable pour une aventure politique? – C’est pour le moral des policiers, Monsieur le Premier ministre. -D’accord, j’en parlerai demain avec le président Bourguiba, conclut le défunt. Le lendemain matin, au cours de l’entretien quotidien, Bourguiba était déjà partant pour signer un decret nommant Zine El Abidine Ben Ali secrétaire d’Etat à l’Intérieur. En réalité, Saida Sassi, la vieille amante dont la fille recevait déjà des rivières de diamant en cadeau de mariage par le comploteur Ben Ali, sur le compte de la caisse noire, avait déjà briefé le vieux Président… Alors, l’on nous parle sans scrupule aujourd’hui de réhabilitation de l’ancien Premier ministre, d’hommage rendu par Ben Ali. Il s’agit ni plus ni moins qu’une enième récupération politique jusque dans le deuil. Une enième imposture qui ne voilera jamais les actes abjects d’un régime et de son chef qui ont tout fait durant 20 ans pour salir, discréditer et tenter d’humilier tous ceux qui leur échappent voire les méprisent. Que l’on m’apporte la contradiction: qui a accusé Mohamed Mzali et Ahmed Bennour de détenir une boucherie pour vendre de la viande avariée aux musulmans? L’ancien régime ou celui de Ben Ali? Qui les a accusés d’être à la solde du Mossad? Qui a monté les cassettes pornographiques en 1990 et les années suivantes, y compris contre le défunt? Qui a fait publier dans la presse de caniveau, dès la naissance du régime du 7 machin, toutes sortes d’accusations contre le même Mzali, inventé toutes sortes de maladies tels le Sida? Qui a privé de passeports toute la famille Mzali? N’était-ce pas Ben Ali? A ce sujet, raconter l’histoire qui suit semble s’imposer. Au début des années 90, Madame Fathia Mzali ne s’est pas vu renouveler son passeport pendant des mois. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Douglas Hurd, est alors saisi de l’affaire. Il charge un député de la Chambre des Communes de prendre langue avec les Autorités tunisiennes. Celles-ci mentent à leur interlocuteur et lui répondent que Madame Mzali avait bel et bien un passeport. Le député décrocha le téléphone, appela l’épouse Mzali qui lui confirma qu’elle n’avait aucun passeport. « OK, conclut le député britannique, je viendrai demain à Tunis et l’on tiendra ensemble une conférence de presse ». Une demi-heure plus tard, Fathia Mzali est contactée par le ministère de l’Intérieur. On lui remit 14 passeports: le sien, ceux de ses enfants et même de ses petits-enfants. L’écoute téléphonique a parfois des vertus… Jusqu’à son retour en Tunisie où son téléphone portable français était coupé; jusqu’à l’interdiction d’une conférence sur l’économie, organisée par un club à Monastir, à laquelle Mohamed Mzali participait, jusqu’à cette surveillance policière indigne aux portes de l’hopital parisien dans lequel il vivait ses dernières heures parmi les siens, Ben Ali et ses sbires auront été des monstres à visage humain. Des coupables!!!   Mes condoléances à Fathia Mzali et à ses six enfants…   Slim BAGGA
 

Âïd / Retornado Naoufel Ben Brahim à Tunis le 14 et
 Âïd / Retornado Adel Ghannouchi s’pprête à rentrer à Paris

Par Abdel Wahab Hani

Âïd / Retornado Naoufel Ben Brahim à Tunis le 14 juillet :

Notre ami Âïd / Retornado Naoufel Ben Brahim se prépare à embarquer d’Oslo à destination Tunis via Frankfort le mercredi 14 juillet, à bord des vols Lufthansa LH 3137 et LH 4112, départ d’Oslo à 06:45, arrivée prévue à Tunis : 11:10.

Notre Âïd / Retornado s’est décidé à rentrer au pays, muni de son passeport norvégien, suite au retard pris dans la délivrance de son passeport national tunisien. Il projette poursuivre ses démarches pour son obtention, auprès de l’Administration, à Tunis même.

Âïd / Retornado Naoufel Ben Brahim est l’exemple même de l’Exilé qui a payé un lourd tribu de près de deux décennies des plus belles années de sa vie, pour une simple sympathie politico-idéologique. La souffrance de son Exil s’est doublée d’une méfiance maladive et d’une violence inouïe des rapports de certains de ses anciens amis envers sa personne.

Son Exil, matériel, s’est accentué d’un autre Exil, moral, par rapport à ses propres ‘anciens’ amis, dont certains se sont permis de se comporter comme les pires ennemies, alternant calomnies, mensonges, insultes, injures, publiques, privés et souterraines, diffamation … et j’en passe la liste des comportants indignes et ignobles de certains « faillis moraux », et leur cohorte pseudo-nimale abominable, qui empoisonnent la vie d’un grand nombre de nos compatriotes doublement exilés et des rapports entre concitoyens tout simplement.

Bien que nous aurions aimé que notre Âïd / Retornado rentre au pays muni de son passeport tunisien, nous lui souhaitons bon retour et les meilleurs moments de retrouvailles, parmi les siens et dans sa terre.

Âïd / Retornado Adel Ghannouchi s’apprête à rentrer à Paris pour reprendre son travail :

D’un autre coté, notre ami Âïd / Retornado Adel Ghannouchis’apprête à rentrer à Paris, après un séjour de près de plusieurs semaines au chevet de sa maman souffrante et de ses frères et sœurs handicapés.

Âïd / Retornado Adel Ghannouchi est renté au pays muni d’un Laissez-Passé délivré par le Consulat général de Tunisie à Paris, faute d’obtention de son passeport national tunisien, en souffrance depuis des années.

Il a grand espoir de pouvoir quitter Tunis et revenir tant de fois qu’il le souhaite muni, enfin, de son passeport national tunisien, pour reprendre son travail en Ile de France, où il est bien apprécié par l’ensemble de ses collègues et amis à l’aéroport international de Roissy Charles De Gaulle.

Nous souhaitons vivement revoir notre Âïd / Retornado le plutôt que possible, muni, enfin, de son passeport vert, comme il a tant aimé, lui qui refusait et refuse toujours l’obtention de toute autre nationalité et de tout autre passeport, par excès de patriotisme. Nombreux sont dans son cas.

Formulons enfin l’espoir que l’Administration accélère la délivrance des passeports de l’ensemble des Âïdoun / Retornados qui en ont fait la demande réelle auprès de nos représentations diplomatiques et consulaires. 

Pourrais-je effleurer l’espoir d’un 25 juillet accélérateur du retour de tous les Âïdoun / Retornados qui le souhaitent, Illa Man Abaa, Waman Abaa Fala Hojata Lah (إلاَّ من أبى، ومَن أبى فلا حُجَّة له)..

Pourrais-je effleurer l’espoir de voir tous les Âïdoun / Retornados embarquant les premiers vols et les premières traversées de l’aube.. Wama Dhalika Âla Allahi Bi’âziz (وما ذلك على الله بعزيز)..

Pourrais-je effleurer l’espoir de voir tous les enfants de la Tunisie embarqués dans leur Loyauté, leur Dévouement et leur Amour au Service de la Patrie..

Paris, le 12 juillet 2010

Âïd / Retornado, Bi Idhni Allah, Ahabba Al Mouhibboun Wa Kariha Al Karihoun

Abdel Wahab Hani

العائِد بإذن الله تعالى، أحبَّ المُحِبُّون وكَرِهَ الكارِهون

عبد الوهَّاب الهاني

awhani@yahoo.fr

+33 617 96 00 37 (toujours injoignable depuis les postes Tunisie Telecom)


En Egypte, le terminal de Rafah… Un enjeu de politique intérieure


Par Bassam Bounenni*    Au moment où le Caire annonçait en grande pompe la réouverture du terminal de Rafah – seul point de passage égyptien vers la Bande de Gaza, après l’assaut mené par l’armée israélienne contre la flottille humanitaire «Liberté», très vite les chiffres de transit ont contredit cette affirmation… Une «réouverture» sur le papier… Un effet d’annonce.

Dans les faits, une réouverture en trompe-l’oeil… Mais le mot «réouverture» s’est étalé dans les colonnes de la presse internationale, sans même que l’on sache ou que l’on cherche exactement à quoi il pouvait correspondre.

Le «mensonge» des autorités a été dénoncé avec virulence par l’opposition en colère qui dénonce «la participation de leur pays au blocus de la Bande de Gaza». L’annonce du pouvoir avait pour objectif de satisfaire une opinion publique internationale «émue» et de prévenir les foudres d’une opinion publique arabe «remontée»  à l’encontre d’une politique de plus en plus difficilement compréhensible.

Le 22 juin 2010, les journaux indépendants et d’opposition sont unanimes : «le fonctionnement du terminal de Rafah est inchangé depuis l’annonce officielle de sa réouverture». Le quotidien indépendant Al Shourouk relève ainsi que seuls 15.000 palestiniens ont pu transiter via le terminal en trois semaines. Citant une source officielle, le journal précise que plusieurs demandes de transit ont été rejetées pour expiration de visa.

Dans sa livraison datée du même jour, le journal indépendant Ad-Dostour rapporte que les autorités égyptiennes ont fermé la porte du terminal devant des cargaisons de ciment et de matériaux de construction, acheminées par des députés égyptiens.

Quelques jours plutôt, précisément le 10 juin 2010, le journal en ligne, Al Mesryoun, proche des Frères musulmans, citant des députés de l’opposition, écrit : «plusieurs chauffeurs de camions acheminant de l’aide ont fait l’objet de fouille et ont été intimidés par les forces de l’ordre». «Le terminal fonctionne au compte-gouttes», déclare Hamdin Sabahi, figure emblématique de l’opposition nassérienne à Al Mesryoun, ajoutant que le Caire «a pris des mesures draconiennes, limitant le passage aux vivres et aux médicaments».

«L’Egypte participe au blocus de la Bande de Gaza»

Officiellement, la réouverture du terminal de Rafah est destinée à «faire entrer les aides humanitaires et médicales nécessaires pour la bande de Gaza et à accueillir les cas humanitaires, les blessés et les malades qui doivent passer par l’Egypte». L’opposition voit donc là «une preuve irréfutable  que l’Egypte participe au blocus de la Bande de Gaza». L’éditorialiste au journal Al Shourouk, Wael Qandil, s’interroge : «qui a pris la décision de la réouverture du terminal, finalement ?».

Mais, c’est Hamdi Qandil, présentateur vedette et l’un des journalistes libéraux les plus critiques du régime égyptien, qui va un peu plus loin dans les colonnes du même journal. Dans un article intitulé «Un blocus new-look», il se demande : «pourquoi l’Egypte exige-t-elle d’Israël de lever le blocus de la Bande de Gaza, alors qu’elle exerce, de son côté les même pratiques ?». Et l’auteur d’ajouter que «l’actuelle réouverture est floue et ne fait que prouver l’implication de l’Egypte dans le blocus. Si l’Egypte est un pays qui pèse dans la région, son régime n’a qu’à prendre une décision courageuse de réouverture irréversible du terminal».

Officiellement, c’est de l’altruisme

Contrairement à l’opposition, les tribunes officielles vantent la «politique altruiste» du Caire. Pour l’agence officielle MENA, la décision de réouverture «fait partie des efforts de l’Egypte pour alléger les souffrances du peuple palestinien». Quant à Rose Al Youssef, journal proche de Gamal Moubarak, le fils du Président égyptien et éventuel successeur, il ne rate pas l’occasion de rappeler que «tant que le Hamas contrôle la Bande de Gaza, la situation humanitaire ne connaîtra pas d’amélioration».

Devant le peu de souci témoigné officiellement à l’impératif humanitaire, les règlements de compte politiciens l’emportent. Abdellah Kemal, le tumultueux éditorialiste de Rose Al Youssef, revient sur la participation même d’opposants islamistes à la flottille, les accusant de «servir les fins israéliennes».

Même le Président Moubarak est monté au créneau. Dans un communiqué rendu public le 22 juin, il déclare que «seule la réconciliation inter-palestinienne pourra mettre un terme au blocus de la Bande de Gaza», rejetant ainsi toute responsabilité égyptienne dans le malheur de millions de personnes vivant dans une extrême pauvreté.

Le «mur de la honte» presque achevé

Le raïs égyptien a oublié de rappeler que son pays est accusé de participer au blocus non seulement en verrouillant sa partie frontalière avec la Bande de Gaza, mais aussi en construisant une barrière souterraine «pour mettre fin aux tunnels de contrebande». Qualifiée par l’opposition de «mur de la honte», la barrière sera achevée avant la fin de l’été. Cité par l’AFP, un responsable des services de sécurité égyptiens se défend : «c’est notre droit, c’est légitime. Les biens doivent passer par la surface, nous devons pouvoir les voir».

Mais Le Caire demeure intransigeant : on ne compose pas avec le Hamas, même sur un plan strictement humanitaire. Et les centaines de milliers d’habitants de la Bande de Gaza peuvent bien crever…

*Bassam Bounenni – Journaliste (Le Caire – Egypte)
(Source: http://grotius.fr/ lre 3 juillet 2010)

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