11 janvier 2012

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TUNISNEWS
11 ème année, N°4213 du 11.01.2012
archives : www.tunisnews.net

Reporters Without Borders: Hundreds of journalists protest at appointments of new media bosses

Communiqué commun – Qui saura mettre un terme à cette injustice ?

Maghreb Emergent: Tunisie – Ennahda dénonce des slogans antisémites “contraires à l’esprit de l’islam“

NouvelObs: Inquiétude de la communauté juive après des slogans antisémites proférés par un groupe extrémiste

Ajib: Visite d’Ismaël Haniyeh et conversion d’une française à l’Islam

TF1: Le chômeur qui avait tenté de s’immoler par le feu décédé

NouvelObs: Tunisie: bras de fer entre le gouvernement et les médias

Le Figaro: Un tour du monde de la démocratie

Jeune Afrique: Tunisie : ménage à trois à la tête de l’État

Investir en Tunisie: Tunisie : quel apport de la finance islamique ?

Nations Press: Tunisie : Ennahda entre le feu et le salafisme


Reporters Without Borders Hundreds of journalists protest at appointments of new media bosses


Published on Tuesday 10 January 2012. More than 300 journalists and civil society members demonstrated yesterday outside the government headquarters in the Tunis Casbah to condemn police violence and call for the recognition of freedom of expression as a basic right.
The demonstration, in response to an appeal by the Tunisian journalists’ union, was also aimed at protesting against the recent appointment of new bosses of state media outlets. A counter-demonstration was organized by supporters of the Islamist party Ennahda, which supports the actions of Prime Minister Hamadi Jebali’s government.
“At a time when the Ennahda party is accusing the media of being out of step with the aspirations of the people, we wonder about the real reasons for these appointments,” Reporters Without Borders said. “The links those chosen for key posts have with the former Ben Ali regime do not favour a break with the old media set-up that was in thrall to political authorities and casts doubt on the present leadership’s commitment to taking control of these media organizations.
“During the Ben Ali era, the authorities never openly intervened in the appointment of editors and news directors.
“The audio-visual communication authority HAICA, whose creation was provided for in a decree promulgated on 2 November, should be responsible for nominating candidates to head public media organizations to the prime minister. In this case, the prime minister appointed the media bosses himself on the pretext that the posts were vacant.
“However, in a statement issued three days ago, Hamadi Jebali, undertook not to make any decisions affecting the media without consulting the parties concerned. “Yesterday, a delegation from the National Union of Tunisian Journalists (SNJT) met the prime minister, as well as Abderrazak Kilani, minister in charge of relations with the Constituent Assembly, and Ridha Kazdaghli, the prime minister’s head of communications.
“The president of the SNJT, Nejiba Hamrouni, described the appointments as “anarchic”. Kamel Laabidi, head of the National Committee of Information and Communication Reform (INRIC), regretted that he was not consulted about the appointments. The committee, set up after Tunisia’s revolution, expressed “surprise at the appointments announced.”
The prime minister said there was a need for urgency since several top posts, such as the heads of the state news agency TAP, the state newspaper publishing arm SNIPE and the Tunisian National Television establishment, were vacant and this explained the need to move quickly on new management appointments. He gave an assurance that those of editors and news directors would be cancelled and, in future, these posts will be filled by elections among media staff.
The fact remains that among the bosses recently appointed, there are figures from the previous regime, such as Mohamed Néjib Ouerghi, who served as editor and publisher of the newspaper Le Renouveau, organ of the Constitutional Democratic Rally (RCD) party from 2003 to 2010, then as head of the TAP news agency from 2010 until his appointment last week as president and chief executive of the new publishing arm SNIPE and director of its newspapers La Presse and Essahafa.
Mohamed Taïeb Youssefi, who worked as a government adviser from 1990 until he was promoted to head the prime minister’s office last February, was named president and chief executive of the TAP news agency. The agency’s journalists organized a sit-in yesterday in front of its offices in protest against his appointment.
Adnene Khedr, former head of the main television station, was appointed president and chief executive of the Tunisian Television Establishment.  

Communiqué Qui saura mettre un terme à cette injustice ?


Aujourd’hui, lundi 9 janvier 2011, monsieur Mehrane Ben Abdelaziz Badri nous a contactés pour nous informer qu’il faisait depuis quelques jours l’objet d’un chantage venant de personnes prétendant être envoyées en tant que médiateurs du dénommé Nabil Rouiss, dit Rambo, de la brigade judiciaire dans l’affaire dont les faits remontent au 12 novembre 2011 et qui s’est soldée par une agression hyper violente perpétrée par la personne précitée entraînant une double fracture de la jambe droite de monsieur Badri. Et il nous a fait savoir que cinq personnes, des « Baltajias » dont certains ont des antécédents, lui avaient rendu visite hier à proximité de son domicile et lui avaient dit être des émissaires du dénommé Nabil. Ils lui ont parlé sur un ton indirectement menaçant et lui ont dit que ce dernier était prêt à lui payer n’importe quelle somme s’il revenait sur la plainte qu’il avait déposée contre lui. […] Le bureau régional de l’Organisation Liberté et Equité de Nabeul La ligue régionale de protection de la révolution de Nabeul (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)  

Tunisie – Ennahda dénonce des slogans antisémites “contraires à l’esprit de l’islam“


Le chef du parti islamiste Ennahda, vainqueur des élections du 23 octobre en Tunisie, a dénoncé des slogans antisémites contraires à l’esprit de l’islam entendus à l’arrivée en Tunisie du représentant du Hamas palestinien Ismaïl Haniyeh. Dans un communiqué transmis mardi à l’AFP, Ennahda dénonce les slogans contraires à l’esprit de l’islam et considère qu’ils ont été scandés par un courant marginalisé qui a voulu faire ombrage aux activités d’Ennahda et brouiller son image. A l’arrivée du M. Haniyeh, jeudi à Tunis, des personnes qui attendaient à l’extérieur de l’aéroport avaient crié: il faut tuer les Juifs, c’est notre devoir, au milieu de slogans pro-palestiniens et anti-israéliens. Environ 2.000 personnes, dont de nombreux sympathisants du parti islamiste Ennahda, s’étaient rassemblées pour accueillir le chef du Hamas, invité par les nouvelles autorités tunisiennes pour une visite de cinq jours. Depuis des siècles les citoyens juifs ont vécu en paix dans leur pays la Tunisie et ils jouissaient des pleins droits et devoirs comme leurs concitoyens tunisiens, a affirmé M. Ghannouchi dans le communiqué. Des représentants de la communauté juive de Tunisie avaient déclaré à l’AFP leur refus d’être mêlés au conflit israélo-palestinien, ajoutant qu’ils ne doivent pas être insultés. Il n’y a pas de sionistes en Tunisie et on ne veut pas être mêlés au problème du Proche-Orient, la Tunisie est notre pays, avait précisé Perez Trabelsi, un des représentants de la communauté juive, qui compte environ un millier de personnes (contre 100.000 au moment de l’indépendance en 1956). Aucun Tunisien ne doit être insulté, et le gouvernement doit prendre des mesures pour que ce genre d’incident ne se reproduise pas, avait-il ajouté estimant que les gens proférant ces slogans voulaient détruire la Tunisie. Certains membres de la communauté ont eu peur après cet incident, mais il faut faire la différence entre la situation au Proche-Orient et ici, avait estimé pour sa part le Grand rabbin de Tunis, Haïm Bittan ajoutant que tous les invités de la Tunisi e sont les bienvenus, à propos de la visite de M. Haniyeh. (AFP) (Source: “Maghreb Emergent” le 10 janvier 2011) Lien:http://www.maghrebemergent.com/actualite/fil-maghreb/7691-tunisie-ennahda-denonce-des-slogans-antisemites-contraires-a-lesprit-de-lislam.html

Inquiétude de la communauté juive après des slogans antisémites proférés par un groupe extrémiste


Des propos antisémites proférés par un groupe d’islamistes extrémistes à l’arrivée à Tunis du chef du gouvernement du mouvement islamiste palestinien Hamas Ismaïl Haniyeh ont suscité l’inquiétude de la communauté juive de Tunisie.
Ils ont été dans le même temps condamnés par le mouvement islamiste tunisien « Ennahdha » qui les a jugés « contraires à l’esprit de l’islam ».
« Expulser les juifs est un devoir, tuer les juifs est un devoir », scandaient les auteurs de ces slogans, une dizaine selon des témoins, parmi les centaines venues à l’aéroport saluer le chef du Hamas chaleureusement accueilli par le chef du gouvernement, l’islamiste Hamadi Jebali et le leader d’Ennahdha Rached Ghannouchi.
« C’est plus que malheureux, c’est catastrophique surtout pour la Tunisie au vu des répercussions que ces attitudes ont provoqué à l’étranger », a déclaré à l’Associated Press le président de la communauté juive de Tunisie, Roger Bismuth.
Il a confié qu’il venait d’être reçu, lundi, par le chef du gouvernement Hamadi Jebali et le leader d’Ennahdha Rached Ghannouchi qui lui ont donné des assurances de prendre les choses en main. « Ce qui est embêtant pour moi et pour M. Ghannouchi qui m’en a fait part, c’est que des partisans d’Ennahdha se trouvaient parmi ceux qui ont proféré ces slogans anti-juifs », a-t-il ajouté. « Je pense que ça va aller, d’autant que M. Jebali m’a assuré qu’il allait s’adresser aux gens, aux Tunisiens et en particulier aux partisans d’Ennahdha sur trois chaînes de télévision », a encore confié M. Bismuth.  
Source : « Le Nouvel Observateur » Le 10-01-2012

Visite d’Ismaël Haniyeh et conversion d’une française à l’Islam


En octobre dernier, Ennhada a remporté haut la main les élections en Tunisie. Ce parti islamo-conservateur donne un souffle nouveau au pays et permet d’accueillir Haniyeh, premier ministre palestinien et chef du parti du Hamas dans un nouveau contexte « Nous visitons aujourd’hui la Tunisie avec son nouveau visage et avec sa nouvelle couronne verte. En plus, ses portes étaient ouvertes auparavant, mais aujourd’hui nous avons trouvé les portes… pardon… les Coeurs ouverts ! »
La tournée diplomatique d’Haniyeh fait escale en Tunisie
Ismaïl Haniyeh voyage dans le cadre de sa première tournée internationale, et ce depuis qu’Israël a imposé son blocus sur la bande de Gaza en 2007. Egypte, Soudan, Turquie…, le premier ministre palestinien cherche à tisser des liens avec les présidents en mandat, convaincu que le « printemps arabe » est une chance et un nouveau départ pour toute la région.
A travers cette tournée régionale, Ismaïl Haniyeh souhaite se connecter avec le monde arabe, briser le blocus politique dont Gaza est victime. Restaurer une connection politique avec les pays proches de la Palestine entraînerait un soutien plus important de leur part. Bilan positif en Tunisie d’après l’homme politique, qui d’après lui quitte un peuple qui souhaite libérer le peuple palestinien. Les Tunisiens sont désormais et plus que jamais solidaires du peuple opressé, c’est la promesse qui est faite lors de cette rencontre. Une rencontre pleine de surprises, de fraternité et d’espoir. Une française se convertit à l’Islam à côté d’Haniyeh
Lors du sommet autour du Premier Ministre Palestinien Ismaïl Haniyeh au stade de Sfax au sud de la Tunisie, une jeune femme, française, se convertit en direct ! Une vidéo où l’on entend sa profession de foi, applaudit par l’assemblée toute entière, des milliers de Tunisiens. Un pur moment d’émotion pour cette femme et les témoins de cette conversion ! Les youyous des tunisiennes, l’effervescence des journalistes qui tendent leurs micros vers la jeune femme pour capter ses paroles si précieuses, les sourires et les applaudissements. Une émotion sincère et fraternelle pour cette femme qui entre dans la communauté de RassoulAllah (Salallahu ‘alayhi wa sallam) ! Bienvenue à elle, purifiée et choisie par le Très Haut ! Qu’Allah nous guide tous dans le Droit Chemin de l’Islam ! Amîn. Source: «Ajib.fr» Le 10-01-2011 Lien:http://www.ajib.fr/2012/01/tunisie-visite-haniyeh/

Le chômeur qui avait tenté de s’immoler par le feu décédé


Il avait tenté de se suicider jeudi lors de la visite de trois ministres dans cette région du centre ouest de la Tunisie ravagée par le chômage. Ammar Gharsalla, quadragénaire père de trois enfants, chômeur, qui avait tenté de s’immoler par le feu devant le gouvernorat de Gafsa est décédé lundi, a indiqué mardi une source hospitalière. Selon des sources locales, l’homme faisait, jeudi, avec d’autres chômeurs un sit-in depuis plusieurs jours devant le gouvernorat et avait demandé à rencontrer les ministres en visite dans la région. Après sa tentative de suicide, des heurts avaient éclaté entre des jeunes armés de pierres et les forces de l’ordre, mais le calme était revenu le lendemain. Deux jours après la tentative d’Ammar Gharsallla, un homme âgé d’une cinquantaine d’années avait tenté lui aussi de s’immoler par le feu devant le gouvernorat de Bizerte, dans le nord du pays. L’homme, connu pour avoir des antécédents psychiatriques, avait été transporté dans un état très grave à l’hôpital régional Bougafta, selon une source hospitalière. Plusieurs tentatives d’immolation par le feu ont eu lieu en Tunisie au cours de l’année écoulée. L’acte revêt une très forte charge symbolique car c’est l’immolation de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant de Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie, qui avait déclenché la révolution tunisienne le 17 décembre 2010. Source : « TF1 » Le 10-01-2012 Lien :http://lci.tf1.fr/filnews/monde/tunisie-deces-du-chomeur-qui-avait-tente-de-s-immoler-par-le-feu-6924485.html

Tunisie: bras de fer entre le gouvernement et les médias


A l’appel de leur syndicat, des centaines de journalistes tunisiens se sont rassemblés lundi devant le palais du gouvernement, place de la Kasbah de Tunis, pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une « volonté de mainmise sur les médias », a constaté un journaliste de l’Associated Press. De récentes nominations à la tête d’établissements médiatiques publics, y compris des rédacteurs en chef, ont soulevé un tollé auprès des organisations professionnelles. Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a affiché sa « profonde déception » après ces décisions « arbitraires » prises « sans concertation préalable avec les structures professionnelles spécialisées ». Il a mis en garde contre « les graves incidences sur la profession » que ces nominations risquent d’engendrer, accusant certains responsables désignés d’avoir été « des serviteurs dévoués sous le régime despotique de Ben Ali et d’autres d’être impliqués dans des affaires de corruption ». De son côté, l’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication (INRIC) a « vivement dénoncé » ces nouvelles nominations qui sont « en contradiction avec le processus de transition qui rompt avec l’information publique inféodée pour passer à une information publique, démocratique, pluraliste et indépendante ». Selon l’INRIC, les décisions annoncées « sont diamétralement opposées aux pratiques en vigueur dans les démocraties » et consacrent « un retour à l’exercice du contrôle et de la censure et à la soumission au diktat politique ». Figure de proue de la scène médiatique, Raouf Najjar, s’est joint à la manifestation pour « soutenir les journalistes tunisiens dans leur combat pour une presse libre et indépendante ». Il a accusé le pouvoir exécutif de « vouloir reprendre les mêmes habitudes que le régime déchu de Ben Ali pour mettre au pas les médias ». « La mère des libertés est, à côté de la justice, bien celle de la presse qui représente la vraie démocratie », a-t-il martelé. Le porte-parole du parti « Ettakatol », qui s’est joint à la coalition gouvernementale dirigée par le mouvement islamiste « Ennahdha », Mohamed Bennour, était également présent, considérant que « la liberté de la presse était effectivement menacée » avec ces « nominations verticales ». « En entrant dans la coalition, on a bien dit qu’il y avait des lignes rouges à ne pas franchir, en l’occurrence les principes démocratiques », a-t-il tenu à rappeler. « Qui n’est pas inquiet ? La liberté de la presse, c’est le premier indicateur de la bonne santé d’une démocratie », a lancé la représentante de Reporters sans frontières (RSF), Olivia Gré. « Il ne faut pas que la parenthèse de la liberté se referme très vite », a renchéri le journaliste Ridha Kéfi, patron du journal en ligne « Kapitalis ». Des sympathisants d’Ennahdha étaient venus haranguer les journalistes dans une tentative de casser leur mouvement de protestation en les accusant de « mercenaires ». Des manifestations de protestations ont également eu lieu à l’agence officielle TAP, à Sfax (sud) et Gafsa (centre) pour dénoncer « les tentatives de mise sous tutelle des médias ». Sous la pression, le gouvernement a dû lâcher du lest. Selon la présidente du SNJT, Néjiba Hamrouni, qui a été reçue au premier ministère en compagnie d’autres membres du bureau du syndicat, un accord a été convenu sur l’annulation des nominations récentes de certains rédacteurs en chef et d’un directeur de l’information à la chaîne nationale. L’accord prévoit en outre d’instaurer le principe d’élection au sein des établissements médiatiques en ce qui concerne ces fonctions. La présidente du SNJT a, par ailleurs, obtenu un engagement du gouvernement à ouvrir une enquête sur de récentes agressions de journalistes. Source : « Le Nouvel Observateur » Le 10-01-2012 Lien :http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120109.FAP9609/tunisie-bras-de-fer-entre-le-gouvernement-et-les-medias.html

Un tour du monde de la démocratie


Comme le souligne le producteur Daniel Leconte, « jamais la démocratie n’a été autant plébiscitée dans le monde ». Selon lui, elle est « porteuse d’espoirs » et non une « malade percluse de douleurs » comme on a tendance à le laisser croire.Pour cette raison et parce qu’une vingtaine de pays, dont la France, vont changer d’équipe dirigeante en 2012, il a eu l’idée de la série documen­taire I love democracy. L’occasion de « revisiter les démocraties », les « vieilles » comme les États-Unis ou celles qui sont en construction dans les pays arabes notamment, et de prendre le pouls de la planète à travers six pays (Tunisie, Russie, Turquie, Inde, États-Unis, Maroc) qui « incarnent des déclinaisons différentes de la démocratie ». C’est donc la Tunisie qui ouvre cette collection mensuelle d’Arte, le pays déclencheur, celui qui a donné le départ au printemps arabe. Le documentaire de Fabrice Gardel et Franck Guérin se divise en deux temps. Le premier, à la façon d’un carnet de route. Les deux journalistes ont parcouru le pays du sud au nord (Nefta, Tozeur, Gafsa, Sfax, Sidi Bouzid, Kairouan, Sousse puis Tunis), une huitaine de jours avant les premières élections libres qui se sont déroulées en octobre dernier, afin de demander aux Tunisiens ce qu’ils en espéraient. Puis, après le verdict des urnes, qui donna la victoire au parti islamiste Ennahda avec 42 % des voix, Daniel Leconte a interviewé les principaux protagonistes de cette élection. On est d’abord frappé par la maturité politique des jeunes, mêmes ceux qui vivent chichement comme cette famille d’ouvriers agricoles. Ils revendiquent « la liberté, la dignité, une vie décente et une véritable égalité des chances ». En Tunisie, plus de 60 % des jeunes diplômés sont au chômage et certains n’attendent pas grand-chose des élections : « Le mot » démocratie, c’est du bla-bla, tant qu’il n’y a rien de concret pour nous. » Pourtant, ils reconnaissent que durant la dictature de Ben Ali « parler politique était tabou », alors qu’à présent la parole s’est libérée. Notamment chez les femmes. Elles portent pour la plupart le voile mais discutent entre elles et dans les 200 centres de planning familial du pays, de sexualité et des problèmes qu’elles peuvent rencontrer avec leur mari. Il faut rendre hommage à la politique de Habib Bourguiba, président de la Tunisie en 1957 et qui le restera jusqu’à ce que Ben Ali le destitue en 1987, qui avait autorisé l’avortement en 1973, deux ans avant la France. Fabrice Gardel et Franck Guérin cheminent à travers le pays. Ils assistent à une manifestation à Sfax entre laïcs et religieux après la diffusion à la télévision du film Persepolis, qui a entraîné l’éviction du patron de la chaîne. « Nous sommes sortis de la dictature, nous n’en voulons pas une autre. » Les pro-Ennahda soutiennent que rien ne changera dans le style de vie en Tunisie. Le documentaire est passionnant de bout en bout, entre espoirs, déceptions, optimisme et inquiétude. « Peut-on faire confiance aux islamistes ? Sont-ils compatibles avec la démocratie ? » se demande Daniel Leconte. L’avenir le dira. Prochain pays : la Russie. Source : « Le Figaro » Le 10-01-2012 Lien :http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/article/documentaire/66983/un-documentaire-sur-le-printemps-tunisien.html

Tunisie : ménage à trois à la tête de l’État


Après l’adoption d’une petite Constitution provisoire en Tunisie et la formation du gouvernement, la coalition formée par Ennahdha, le Congrès pour la République et Ettakatol peut enfin se mettre au travail. Mais l’enchevêtrement des prérogatives pourrait lui compliquer la tâche. Sidi Bouzid, le 17 décembre 2011. À la cérémonie marquant le premier anniversaire du déclenchement de la révolution tunisienne par l’immolation de Mohamed Bouazizi, il n’y avait ni portrait du nouveau chef de l’État ni slogan à sa gloire. Signe que l’ère du leader tout-puissant est bel et bien révolue, il n’y avait pas un seul « président » à la tribune officielle, mais trois, côte à côte : Moncef Marzouki, président de la République ; Mustapha Ben Jaafar, président de l’Assemblée nationale constituante (ANC) ; et Hamadi Jebali, président (c’est l’expression en arabe) du gouvernement. Un protocole conforme à l’esprit de la coalition formée après les élections du 23 octobre par leurs partis respectifs – le Congrès pour la République (CPR, gauche nationaliste), Ettakatol (gauche) et Ennahdha (islamiste) –, et qui traduit l’équilibre voulu par la « petite Constitution » provisoire organisant les pouvoirs publics et adoptée par l’ANC, seule et ultime dépositaire de la souveraineté populaire. Aux termes de cette miniloi fondamentale temporaire, les deux chefs de l’exécutif, Marzouki et Jebali, sont tenus d’agir de concert, sous le contrôle de l’ANC. Un système original mais qui n’en a pas moins soulevé des critiques. Les prérogatives des trois triumvirs sont tellement enchevêtrées que les ténors de l’opposition, après avoir reproché à l’ANC de n’avoir pas conféré au chef de l’État suffisamment de pouvoir, se sont mis à relever tout ce qui, à leurs yeux, constitue de sa part des « empiètements » sur les attributions du gouvernement. Il est vrai que le nouveau président a surpris tout le monde par un départ en trombe, pendant que Jebali planchait sur la composition du gouvernement. Lors de sa première semaine à la magistrature suprême, Marzouki s’est ainsi rendu, en toute discrétion, dans plusieurs villes du pays pour visiter des familles de martyrs (sur les tombes desquels il s’est recueilli) et des blessés de la révolution, ou pour saluer de vieux militants anti-Ben Ali qui ne pouvaient plus se déplacer ; mais cela, nul ne peut le lui reprocher. Il a reçu successivement, en l’absence de Jebali, les membres du Conseil supérieur des armées et ceux du Conseil supérieur des forces de sécurité intérieure, mais aussi les représentants de l’opposition, du patronat et de la principale centrale syndicale, appelant à une trêve sociale et politique de six mois afin de favoriser la relance de l’économie. Il a également annoncé que les « palais », hormis celui de Carthage, seraient vendus aux enchères et que l’argent récolté serait versé dans un fonds pour l’emploi. En matière de politique étrangère, Marzouki a manqué à deux reprises au devoir de réserve auquel est traditionnellement tenu un chef de l’État. La première fois en qualifiant, dans les colonnes du JDD (daté du 18 décembre), de « considérations culturalistes » les propos de l’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, alors que celui-ci, peu suspect de racisme, n’avait fait que déclarer que la France devait s’abstenir de prendre parti pour l’une des chapelles tunisiennes rivales. Sa seconde imprudence a été sa présence, le 19 décembre, au congrès du Conseil national syrien (opposition), qui s’est tenu à Tunis avec sa bénédiction et où il a appelé Bachar al-Assad à s’exiler en Russie. Complémentarité Autre couac, plus compréhensible celui-là : l’hommage qu’il a rendu à l’armée pour avoir défendu la révolution et assuré la sécurité du pays… en omettant de citer le rôle des forces de l’ordre. Il se reprendra plus tard en expliquant, avec son franc-parler coutumier, qu’il avait tellement souffert de la police sous Ben Ali qu’il en a gardé, dans son inconscient, une mauvaise image, reconnaissant qu’elle méritait aussi d’être saluée. Le triumvirat Marzouki-Jebali-Ben Jaafar et le gouvernement ont manifestement encore beaucoup à apprendre. C’est la première coalition au pouvoir dans l’histoire de la Tunisie, après plus d’un demi-siècle de culture du parti unique. La dictature a été remplacée par un système où c’est l’ANC qui gouverne et délègue à chacune des composantes du triumvirat des attributions exécutives, souvent partagées. Ce qui ne constitue pas un problème pour Marzouki. « Les prérogatives, estime-t-il, ce n’est pas le plus important. […] Nous sommes capables de nous asseoir autour d’une table, de discuter et de déterminer ensemble le sort du pays. C’est cela le miracle tunisien. Il faut aussi une concertation avec l’opposition pour trouver ensemble des solutions aux problèmes économiques et sociaux, et résoudre la question du chômage. » S’il est un argument permettant d’accorder un préjugé favorable aux triumvirs, c’est celui de leur complémentarité : Marzouki incarne la conception militante de l’exercice du pouvoir, Jebali le pragmatisme islamiste et Ben Jaafar l’indispensable pondération. Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer que la coalition puisse être menacée d’éclatement de l’intérieur d’ici à la fin de 2012. Les trois alliés ont appris à se connaître pendant les « années de braise » et sont d’accord sur les grandes lignes de la politique gouvernementale, tout en laissant à chacun sa liberté durant les débats à venir sur la future Constitution. Seul danger potentiel : la poursuite des sit-in, manifestations et autres grèves qui aggraveraient un peu plus la situation économique et sociale et auraient des prolongements sécuritaires par définition imprévisibles. Source : « Jeune Afrique » Le 10-01-2012 Lien :http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2659p066-068.xml0/tunisie-zine-el-abidine-ben-ali-mustapha-ben-jaafar-ennahdha.html

Tunisie : quel apport de la finance islamique ?


Selon une étude publiée par la BAD (Banque africaine de développement), les montants des actifs conformes à la Chariaâ augmentent à un rythme annuel de plus de 10%. Cette évolution n’a pas cessé même pendant la crise financière de 2008. L’étude s’intéresse aux services bancaires et à la finance islamique en Afrique du Nord. Elle traite de près l’évolution et les perspectives du secteur de la finance islamique. La finance islamique est une activité qui continue à souffrir de certaines faiblesses, entre autres, une dépendance excessive d’un nombre limité de marchés. Dans certains pays, ce sont des facteurs politiques internes qui empêchent le développement des services bancaires islamiques, tel est le cas des pays d’Afrique du Nord, révèle l’étude. Il y a un important débat sur le vrai rapport entre le développement de la finance islamique et le développement économique, précise-t-on encore. Les services bancaires islamiques peuvent contribuer au développement de l’intermédiation financière pour autant qu’ils attirent les personnes réticentes à traiter avec les banques classiques. Cependant, le facteur religieux n’est pas le seul attrait de la banque islamique, cette dernière aurait des avantages financiers, tel le fait qu’elle peut assurer un accès supplémentaire au crédit. S’agissant du cas de l’Afrique du Nord, le bien-fondé des services bancaires islamiques réside dans le fait qu’ils peuvent attirer des dépôts en provenance de pays situés en dehors de la région, notamment des pays du Conseil de coopération du Golfe (GCC). Les services bancaires islamiques peuvent, également, renforcer les liens financiers mutuellement avantageux qui existent entre l’Afrique du Nord et les autres régions du monde musulman et promouvoir l’intégration économique, lit-on à ce propos. Selon l’étude, trois facteurs expliqueraient le sous-développement des services bancaires islamiques dans cette région, il s’agit du développement limité des activités bancaires de détail, de la faible familiarisation des clients potentiels avec les services bancaires islamiques et du manque de soutien de l’Etat. L’Afrique du Nord demeure un terrain propice au développement de la finance islamique. Ces services pourraient contribuer à y asseoir un mode de développement plus inclusif et qui assure la cohésion sociale et favorise le partage équitable des risques et des bénéfices entre les fournisseurs et les utilisateurs des ressources, conclut l’étude. Source : « Investir en Tunisie » Le 10-12-2011 Lien :http://www.investir-en-tunisie.net/index.php?option=com_content&view=article&id=12880

Tunisie : Ennahda entre le feu et le salafisme

 


L’islamisme tunisien au pouvoir n’enraie pas la vague de désespoir des suicidés par le feu. Et le gouvernement se déchire sur la conduite à tenir face aux salafistes… Il y a du beau linge, très varié, en Tunisie ces jours-ci : Alain Juppé, notre ministre des affaires étrangères, venu réitérer sa « confiance dans le processus de transition démocratique », Ismaïl Haniyeh, le premier ministre Hamas de Gaza. Ce dernier a été accueilli à l’aéroport par 2000 supporters extatiques clamant « Par notre souffle, par notre sang, nous te libèrerons ô Palestine ! » et « Mort aux juifs ! ». Un grand classique, mais totalement passé à la trappe durant la révolution. Parce que les Tunisiens étaient trop occupés à renverser leur despote. Parce que la haine anti-juive dans ce pays est totalement fabriquée et que les racines multiples de la Tunisie n’ont jamais été rejetées et honnies comme c’est le cas en Algérie. Seulement, Ennahda, le parti d’Allah au pouvoir – qui n’a pas fait la révolution mais en est néanmoins sorti – se trouve trop heureux de fournir l’habituel dérivatif palestinien, cette fois dans sa version intégriste, aux rages et aux désespoirs d’une Tunisie toujours malheureuse bien qu’islamiste. Or, ni les prêches d’Ismaïl Haniye à Kairouan- « nous savons que c’est dans les rues de Tunisie que commence la libération de Palestine ! »- ni le drapeau israélien brûlé par une centaine de manifestants pour que soit gravé dans la future Constitution le refus de la normalisation avec l’Etat hébreu, ne réussissent à faire oublier la nouvelle épidémie d’immolations par le feu qui a saisi le pays, un an après le suicide de Mohamed Bouazizi. A une semaine de l’anniversaire de la révolution du 14 janvier, trois immolations par le feu se sont produites dans le pays. Source: «Nations Press» Le 10-01-2012 Lien: http://www.nationspresse.info/?p=155952

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