5 mars 2008

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TUNISNEWS
 8 Úme année, N°  2842 du 05.03.2008

 archives : www.tunisnews.net

 


L’OLPEC: La police agresse Omar Mestiri et Sihem Bensedrine dans les bureaux de la douane Ahmed Nejib Chebbi: DĂ©claration OMCT – FIDH: APPEL URGENT AISPP: CommuniquĂ©s 1-2 Luiza Toscane: Le compte Ă  rebours a commencĂ© en Bosnie : Perquisition au domicile de Khalifa Ben Ina Le Temps : CommuniquĂ© du Syndicat National des Journalistes Tunisiens AP: Tunis et Nouakchott pour un sommet maghrĂ©bin “dans les meilleurs dĂ©lais” BusinessNews: Zitouna FM Ă  la conquĂȘte de l’audimat et de l’esprit tunisiens  –  Zoom sur une radio pas comme les autres Le Temps : Ce que Tunis ne m’a pas dit par Kaouther Khlifi – Entre rivales qui s’admirent Naturalisation refusĂ©e Ă  cause du port du foulard – Le Tribunal fĂ©dĂ©ral annule deux dĂ©cisions argoviennes  TAÏEB MOALLA:   Le «problĂšme mathĂ©matique» d’Hillary Clinton


 

Tunis le 4 mars 2008

 

La police agresse Omar Mestiri et Sihem Bensedrine dans les bureaux de la douane

 

Le 3 mars, Omar Mestiri, directeur de la rĂ©daction de Kalima et Sihem Bensedrine, porte parole du CNLT et SG de l’OLPEC Ă©taient rentrĂ©s Ă  Tunis d’un sĂ©jour en Europe, par le port de La Goulette. Ils ont Ă©tĂ© sĂ©questrĂ©s Ă  la douane durant 6 heures et physiquement agressĂ©s dans ses bureaux par des agents de la police politique.

DĂšs leur descente de bateau, vers 08.15, ils ont Ă©tĂ© sortis de la file et conduits dans un lieu pour une fouille minutieuse. AprĂšs que tous leurs bagages aient  Ă©tĂ© passĂ©s au peigne fin par un agent de la douane, avec une attention particuliĂšre pour les livres et documents personnels, un important groupe d’agents de la sĂ»retĂ© de l’Etat sont arrivĂ©s et ont exigĂ© de voir le contenu de leurs ordinateurs portables.

Les deux journalistes ont refusĂ© de se soumettre Ă  cette mesure arbitraire et exigĂ© un mandat rĂ©gulier du procureur de la rĂ©publique, au cas oĂč ils seraient soupçonnĂ©s d’avoir commis un dĂ©lit.  Les douaniers leur ont demandĂ© de les suivre dans un bureau au prĂ©texte d’accomplir une formalitĂ© administrative ; une fois Ă  l’intĂ©rieur, ils ont Ă©tĂ© enfermĂ©s Ă  clĂ©, aprĂšs que plusieurs gros bras de la police aient Ă©tĂ© introduits dans le bureau. Ces derniers se sont jetĂ©s sur eux en les frappant, dĂ©chirant leurs sacs et leurs vĂȘtements et rĂ©ussi, aprĂšs les avoir plaquĂ©s Ă  terre, Ă  leur arracher leurs sacs-Ă -dos oĂč se trouvaient leurs laptops. Ils ont Ă©galement dĂ©chirĂ© les anses du sac Ă  main en cuir de Sihem qu’ils ont Ă©galement emportĂ© et fouillĂ© son contenu et notamment ses cartes bancaires qui ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es). Lorsque Sihem a essayĂ© d’appeler son avocat, maĂźtre Ayadi, pour l’alerter, l’un des agents s’est jetĂ© sur elle et lui a tordu le bras pour lui arracher son tĂ©lĂ©phone portable qu’ils ont confisquĂ©, comme ils ont arrachĂ© celui de Omar Mestiri. Ces derniers ont Ă©tĂ© sĂ©questrĂ©s dans le bureau de l’inspecteur des douanes durant un long moment, aprĂšs quoi ils ont Ă©tĂ© autorisĂ©s Ă  sortir.

Quelques temps plus tard, ils ont subi de nouvelles violences pour les  soumettre à une fouille corporelle.

A quelques mĂštres du bureau de la douane, les agents de la sĂ»retĂ© de l’Etat avaient installĂ© une grande table sur laquelle ils avaient posĂ© tous les livres, DVD, CD-rom confisquĂ©s, scannant les documents et carnets de notes personnels (courriers Ă©changĂ©s avec les ONG internationales, notes de travail, rapports d’enquĂȘtes, articles, factures, agendas, rĂ©pertoires contenant les passwords des mails et du site de kalima
), copiant sur un disque dur externe tout le contenu des 2 ordinateurs portables ainsi que des flashs-disks.

Au bout de 6 heures, les  policiers les ont autorisĂ©s Ă  quitter la zone sous douane aprĂšs avoir confisquĂ© une soixantaine de documents numĂ©riques en exemplaires uniques (des DVD dont « I have a dream » de Marthin Luther King, des CD-rom contenant des archives personnelles, des coffrets de musique classique et de variĂ©tĂ©s, des cassettes de musique audio
etc.), ils ont surtout confisquĂ© plusieurs versions ainsi que les roughs du documentaire rĂ©alisĂ© par le CNLT sur la torture « Breaking the torture machine ».

Les autorités douaniÚres ont refusé de remettre aux deux journalistes un document de saisie de leurs biens, comme il est de coutume.

Sihem Bensedrine a eu plusieurs hématomes sur le corps et souffre de lésions des ligaments au poignet gauche (entorse) et du coude.

Tous les deux ont décidé de porter plainte contre les autorités douaniÚres et policiÚres pour violences et séquestration.

L’OLPEC

  • Condamne la sĂ©questration ainsi que les violences contre les journalistes
  • DĂ©nonce cette violation des donnĂ©es personnelles  de la part de la police politique qui s’est permise de dupliquer tous leurs documents professionnels et personnels, sans aucune justification lĂ©gale.
  • Exige l’ouverture d’une enquĂȘte sur ces violations graves

 

Pour l’Observatoire

La vice présidente

Naziha Rjiba

 

 


 Déclaration

 

A leur retour d’un sĂ©jour de quelques annĂ©es en Europe, monsieur Omar Mestiri, Directeur de la revue Ă©lectronique Kalima et son Ă©pouse Sihem Ben Sedrine, SecrĂ©taire GĂ©nĂ©rale du CNLT, ont Ă©tĂ© interpellĂ©s par les services de douane au port de Tunis, lundi 3 mars 2008.

 

Cette interpellation Ă  caractĂšre strictement politique a visĂ© deux dĂ©fenseurs rĂ©putĂ©s des droits de l’homme en Tunisie. Devant leur refus de se faire dessaisir de leurs documents personnels en l’absence d’une dĂ©cision judiciaire , de nombreux agents de la police politique sont alors intervenus pour saisir par la force les documents, ordinateurs , CD-ROMS et DVD personnels des intĂ©ressĂ©s, les brutalisant violemment. Monsieur Mestiri dont les vĂȘtements ont Ă©tĂ© dĂ©chirĂ©s et son Ă©pouse qui porte plusieurs hĂ©matomes n’ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s qu’au bout de six heures de dĂ©tention dans un local de la douane. Plusieurs effets et documents personnels ont Ă©tĂ© illĂ©galement saisis sans qu’un rĂ©cĂ©pissĂ© ne leur soit dĂ©livrĂ©.

 

Je proteste vĂ©hĂ©ment contre ces agissements illĂ©gaux et violents de la part d’agents de l’Etat, exprime ma sympathie aux victimes et considĂšre que de tels agissements sont impensables dans un Etat de Droit. Je rappelle Ă  cette occasion que la neutralitĂ© de l’administration, particuliĂšrement celle de la police dans la vie politique, constitue l’une des rĂ©formes les plus urgentes pour que nos citoyens retrouvent la libertĂ©, la paix et la dignitĂ© dans leur propre pays

 

Tunis le 4 mars 2008

 

Ahmed Nejib Chebbi

Candidat Démocrate aux Elections Présidentielles

 


 

APPEL URGENT – L’OBSERVATOIRE

 

TUN 003 / 0308 / OBS 032

Arrestation / Agression / Mauvais traitements /

HarcĂšlement

Tunisie

4 mars 2008

 

L’Observatoire pour la protection des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante en Tunisie.

 

Description des faits:

 

L’Observatoire a Ă©tĂ© informĂ© par le Conseil national pour les libertĂ©s en Tunisie (CNLT) de l’arrestation et des mauvais traitements Ă  l’encontre de M. Omar Mestiri, directeur de la rĂ©daction du journal Kalima, et de Mme Sihem Bensedrine, porte-parole du CNLT.

 

Selon les informations reçues, le 3 mars 2008, M. Omar Mestiri et Mme Sihem Bensedrine ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s Ă  la douane du port de Tunis alors qu’ils rentraient d’un sĂ©jour en Europe. AprĂšs que leurs bagages eurent Ă©tĂ© passĂ©s au peigne fin par un agent de la douane, avec une attention toute particuliĂšre pour leurs livres et documents personnels, un important groupe d’agents de la sĂ»retĂ© de l’Etat est arrivĂ©, exigeant de voir le contenu de leurs ordinateurs portables. Suite Ă  leur refus en l’absence d’un mandat du procureur de la RĂ©publique, les douaniers ont demandĂ© Ă  M. Mestiri et Ă  Mme Bensedrine de les suivre dans un bureau, prĂ©textant une formalitĂ© administrative. Une fois Ă  l’intĂ©rieur, ils ont Ă©tĂ© enfermĂ©s Ă  clĂ©, en compagnie de policiers. Ces derniers les ont alors frappĂ©s, dĂ©chirant leurs sacs et leurs vĂȘtements. AprĂšs les avoir plaquĂ©s Ă  terre, ils sont parvenus Ă  arracher leurs sacs-Ă -dos oĂč se trouvaient les ordinateurs.

 

Lorsque Mme Bensedrine a tentĂ© d’appeler son avocat Ă  l’aide de son tĂ©lĂ©phone portable, l’un des agents s’est jetĂ© sur elle et lui a tordu le bras afin de lui arracher le cellulaire.

 

AprĂšs avoir Ă©tĂ© dĂ©tenus pendant six heures, M. Mestiri et Mme Bensedrine ont Ă©tĂ© autorisĂ©s Ă  quitter la zone de douane, aprĂšs que le contenu de leurs ordinateurs et de disquettes eut Ă©tĂ© copiĂ© sur un disque dur externe. Les policiers ont Ă©galement confisquĂ© une soixantaine de documents numĂ©riques (DVD- CD-ROM, cassettes de musique, etc.), dont des roughs du documentaire rĂ©alisĂ© par le CNLT, dĂ©nonçant la torture en Tunisie. En outre, les autoritĂ©s douaniĂšres ont refusĂ© de remettre aux deux dĂ©fenseurs un document de saisie de leurs biens, comme c’est normalement la rĂšgle.

 

Mme Bensedrine porte plusieurs hĂ©matomes sur l’ensemble du corps et souffre de lĂ©sions des ligaments au poignet gauche.

 

L’Observatoire exprime sa plus vive prĂ©occupation eut Ă©gard Ă  ces mauvais traitements et Ă  ces actes de harcĂšlement dont ont fait l’objet M. Mestiri et Mme Bensedrine, et condamne Ă©galement fermement les atteintes Ă  la vie privĂ©e dont ces derniers ont Ă©tĂ© victimes.

 

L’Observatoire considĂšre que ces Ă©vĂ©nements tĂ©moignent d’une volontĂ© de la part des autoritĂ©s de museler certaines des figures de proue de la dĂ©fense des droits de l’Homme et de la dĂ©mocratie en Tunisie.

 

L’Observatoire dĂ©plore plus gĂ©nĂ©ralement la violence croissante avec laquelle les autoritĂ©s tunisiennes rĂ©priment toute personne qui promeut et dĂ©fend les droits de l’Homme, et rappelle que conformĂ©ment Ă  l’article 1 de la DĂ©claration sur les dĂ©fenseurs des droits de l’Homme, adoptĂ©e par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies le 9 dĂ©cembre 1998, “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la rĂ©alisation des droits de l’Homme et des libertĂ©s fondamentales aux niveaux national et international”.

 

Actions demandées:

 

L’Observatoire vous prie de bien vouloir Ă©crire aux autoritĂ©s tunisiennes en leur demandant de:

 

i. Garantir en toutes circonstances l’intĂ©gritĂ© physique et psychologique de Mme Sihem Bensedrine et de M. Omar Mestiri ;

 

ii.                       Mener une enquĂȘte indĂ©pendante sur les faits dĂ©crits ci-dessus, afin que leurs auteurs soient identifiĂ©s et dĂ»ment jugĂ©s et sanctionnĂ©s conformĂ©ment Ă  la loi en vigueur ;

 

iii.           mettre un terme Ă  toute forme de harcĂšlement Ă  l’encontre de tous les dĂ©fenseurs des droits de l’Homme en Tunisie, afin qu’ils puissent exercer leur profession et mener leur activitĂ© de dĂ©fense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;

 

iv.                     Veiller Ă  ce qu’un terme soit mis Ă  toute forme de menaces et de harcĂšlement Ă  l’encontre de tous les dĂ©fenseurs des droits de l’Homme tunisiens ;

 

v.                       Se conformer aux dispositions de la DĂ©claration sur les dĂ©fenseurs des droits de l’Homme, adoptĂ©e par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies le 9 dĂ©cembre 1998, et plus particuliĂšrement Ă  son article 1 susmentionnĂ©, son article 6(b), selon lequel “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, conformĂ©ment aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme et autres instruments internationaux applicables, de publier, communiquer Ă  autrui ou diffuser librement des idĂ©es, informations et connaissances sur tous les droits de l’Homme et toutes les libertĂ©s fondamentales”, et son article 12.2 qui dispose que “l’Etat prend toutes les mesures nĂ©cessaires pour assurer que les autoritĂ©s compĂ©tentes protĂšgent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, reprĂ©sailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice lĂ©gitime des droits visĂ©s dans la prĂ©sente DĂ©claration” ;

 

vi.                     Plus gĂ©nĂ©ralement, se conformer aux dispositions de la DĂ©claration universelle des droits de l’Homme et instruments rĂ©gionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiĂ©s par la Tunisie.

 

Adresses:

 

       M. Zine el-Abidine Ben Ali, PrĂ©sident de la RĂ©publique, Palais de Carthage, 2016 Carthage, Tunisie, Fax : +216 71 744 721 ou +216 71 731 009

       M. Mohamed Ghannouchi, Premier Ministre, SecrĂ©tariat GĂ©nĂ©ral du Gouvernement, Rue de la Kasbah, 1008 Tunis, Tunisie, Fax : +216 71 562 378

       M. Rafik Belhaj Kacem, MinistĂšre de l’IntĂ©rieur et du DĂ©veloppement local, Avenue Habib Bourguiba, 1001 Tunis, Tunisie, Fax : ++ 216 71 340 888 ; Email : mint@ministeres.tn

       M. Kamel Morjane, MinistĂšre de la DĂ©fense Nationale, Avenue Bab Mnara, La Kasbah, 1008 Tunis, Tunisie, Fax : +216 71 561 804

       M. Bechir Tekkari, MinistĂšre de la Justice et des Droits de l’homme, 57, Boulevard Bab Benat, 1006 Tunis, Tunisie, Fax : +216 71 568 106 ; Email : mju@ministeres.tn

       Ambassadeur, S.E M. Samir Labidi, Mission permanente de la Tunisie auprĂšs de l’Office des Nations Unies Ă  GenĂšve, 58 Rue Moillebeau, Case postale 272, 1211 GenĂšve 19, Suisse, Fax : +41 22 734 06 63 ; Email : mission.tunisia@ties.itu.int

       Ambassade de la Tunisie Ă  Bruxelles, 278 avenue de Tervueren, 1150 Woluwe-Saint-Pierre, Belgique, Fax : + 32 2 771 94 33 ; Email : amb.detenusie@brutele.be

 

***

GenĂšve – Paris, le 4 mars 2008

 

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

 

L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation Ă  protĂ©ger les dĂ©fenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et Ă  leur apporter une aide aussi concrĂšte que possible.

 

L’Observatoire a Ă©tĂ© laurĂ©at 1998 du prix des Droits de l’Homme de la RĂ©publique Française.

 

Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :

E-mail : Appeals@fidh-omct.org

Tel et fax FIDH : 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80

Tel et fax OMCT : + 41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29

 

 

 

 


Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays Association Internationale de Soutien aux prisonniers politiques 43 rue Eldjazira, tunis e-mail : aispptunisie@yahoo.fr Tunis, le 5 mars 2008  
 
La quatorziĂšme chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, prĂ©sidĂ©e par le juge Kamel Ben Jaafar, a examinĂ© aujourd’hui, mercredi 5 mars 2008 :  

* l’affaire n°572 dans laquelle sont dĂ©fĂ©rĂ©s Ahmed Tatar, Mohsen Jridi, SaĂŻfeddine Rouis, Mohammed Sahbani et Sofiane Amara, accusĂ©s du maintien d’une association non autorisĂ©e et de tenue de rĂ©unions interdites. MaĂźtres Fethi Trifi, SaĂŻda Akrami, Abdelfattah Mourou et Omar Khmila se sont prĂ©sentĂ©s pour assurer leur dĂ©fense. En premiĂšre instance, ils avaient Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  huit mois d’emprisonnement. L’enquĂȘte Ă©tait partie d’un rapport sĂ©curitaire disant en substance que des informations avaient Ă©tĂ© obtenues faisant Ă©tat d’un groupe de personnes tenant des rĂ©unions non autorisĂ©es au cours desquelles Ă©taient abordĂ©s des questions de jurisprudence et de dogme tournant autour des principes fondant le Parti de la LibĂ©ration Islamique qui vise essentiellement Ă  fonder l’Etat du califat islamique Ă  partir de l’application du dogme islamique en politique ! Des piĂšces ont Ă©tĂ© saisies [
] comme les livres « GuĂ©ris par le Coran », « les hommes autour du ProphĂšte », « A l’ombre du Coran » [
]. Le juge a dĂ©cidĂ© de repousser l’examen de l’affaire au 5 avril 2008. * La quatriĂšme chambre criminelle du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis, prĂ©sidĂ©e par le juge Mehrez Hammami, a examinĂ© aujourd’hui, mercredi 5 mars 2008, l’affaire n°15041 dans laquelle sont dĂ©fĂ©rĂ©s Mounir Ouchtati, Zyed Maamouri, Mohammed Atouri, Ramzi Romdhani et Safouane Laamouri (en Ă©tat d’arrestation) ainsi que Karim Arfaoui, Chedli Lamouchi, Choukri Boughdiri et Sami Lhouimli (comparaissant libres), et Yassine Ferchichi, Riadh Barhoumi, Sami Essid, KaĂŻs Melliti, Safouane Ayari et Riadh Yahyaoui (en Ă©tat de fuite), accusĂ©s d’appel Ă  commettre des infractions terroristes, d’utilisation d’un nom, d’un mot et d’un symbole pour identifier une organisation terroriste, d’adhĂ©sion Ă  une organisation ayant fait du terrorisme un moyen de rĂ©aliser ses objectifs, d’adhĂ©sion sur le territoire de la RĂ©publique et hors de ce territoire Ă  une organisation terroriste, d’utilisation du territoire de la RĂ©publique pour recruter des personnes en vue de commettre un acte terroriste sur le territoire et en dehors du territoire, de mise Ă  disposition d’un local de rĂ©union, et d’hĂ©bergement de membres de l’entente et de personnes en relation avec les infractions terroristes, d’adhĂ©sion hors du territoire de la RĂ©publique Ă  une organisation ayant fait du terrorisme un moyen de rĂ©aliser ses objectifs, d’entraĂźnements militaires hors du territoire de la RĂ©publique en vue de commettre des infractions terroristes sur le territoire de la RĂ©publique et Ă  l’étranger. MaĂźtres Anouar Aouled Ali, Samir Ben Amor et Choukri BelaĂŻd se sont prĂ©sentĂ©s pour assurer leur dĂ©fense. Le juge a dĂ©cidĂ© de repousser l’examen de l’affaire au 12 mars 2008 pour permettre Ă  MaĂźtre Samir Ben Amor de montrer que son client avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© jugĂ© pour les mĂȘmes accusations. Pour la commission de suivi des procĂšs Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Association MaĂźtre Samir Dilou (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)  


Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays Association Internationale de Soutien aux prisonniers politiques 43 rue Eldjazira, tunis e-mail : aispptunisie@yahoo.fr Tunis, le 4 mars 2008

* la cinquiĂšme chambre criminelle du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis, prĂ©sidĂ©e par le juge Touhami Elhafi, a prononcĂ© son jugement dans la soirĂ©e d’hier, lundi 3 mars 2008, dans l’affaire n°14585. Elle a condamnĂ© Ridha Moulahi, Faïçal Harizi, Mejdi Charfi et Mohammed Ali Cherfi Ă  quatre ans d‘emprisonnment, Samir Bouallagui et KaĂŻs Barhoumi Ă  deux ans d‘emprisonnement, Kamel Bouallagui Ă  deux ans d’emprisonnement avec sursis et Mondher Cherfi Ă  un an d’emprisonnement [
] *La premiĂšre chambre criminelle du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis, prĂ©sidĂ©e par le juge HĂ©di Ayari, a rendu son jugement dans la soirĂ©e d’hier, lundi 3 mars 2008 dans : – l’affaire 15042. Elle a condamnĂ© Foued Cherif Ă  une peine d’emprisonnement d’un an. Ce dernier qui a pourtant dĂ©jĂ  effectuĂ© la durĂ©e de sa peine, n’a pas quittĂ© la prison car le parquet Ă  fait appel. – l’affaire n°14235 . Elle a condamnĂ© Aymen Hakiri, Adam Boukedida et Heulmi Rtibi Ă  deux ans d’emprisonnement [
] et Nasreddine Aloui Ă  six mois d’emprisonnement. Tous ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un sursis. * La douziĂšme chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis, prĂ©sidĂ©e par le juge Ridha Derouiche, a dĂ©cidĂ© de dĂ©libĂ©rer dans l’affaire 10619 dans laquelle sont dĂ©fĂ©rĂ©s Mohammed Lamine LatrĂšche, Ghassan Bouamrin et Nizar Razgallah [
] Pour la commission de suivi des procĂšs Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Association MaĂźtre Samir Dilou (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)  


Le compte Ă  rebours a commencĂ© en Bosnie : des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants sont menacĂ©s

Perquisition au domicile de Khalifa Ben Ina

 

 
Le 19 fĂ©vrier dernier vers six heures et demi du matin, Khalifa Ben Ina, un citoyen bosniaque d’origine tunisienne, a vu son domicile investi par les forces de l’ordre et totalement perquisitionnĂ©. Cette perquisition, ordonnĂ©e par le procureur de Bosnie HerzĂ©govine, Jadranke Lokmic-Misiraca, a Ă©tĂ© accompagnĂ©e du dĂ©ploiement d’un impressionnant dĂ©ploiement policier, ne pouvant passer inaperçu aux yeux des passants, riverains ou voisins de la famille Ben Ina. Khalifa Ben Ina est mariĂ© Ă  une ressortissante bosniaque et a eu quatre enfants, de nationalitĂ© bosniaque. Quinze jours avant la perquisition, il avait Ă©tĂ© contactĂ© par tĂ©lĂ©phone par un certain Kamel et invitĂ© Ă  collaborer avec les services de l’OSA (Intelligence and Security Agency). Face Ă  son refus, et Ă  son insistance Ă  se voir dĂ©livrer un document Ă©crit pour une Ă©ventuelle convocation, il avait Ă©tĂ© menacĂ© sur le mode « tu vas voir
.maintenant tu vas avoir des problĂšmes » (1) Khalifa Ben Ina avait eu la « chance » de n’avoir pas Ă©tĂ© destituĂ© de sa nationalitĂ© bosniaque, comme cela a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© le cas pour 661 (2) personnes d’origine arabe ou musulmane (afro-asiatique, pour reprendre la terminologie officielle)  naturalisĂ©es depuis 1992 et de n‘avoir pas encore Ă©tĂ© inquiĂ©tĂ© sur ce plan. Les forces de l’ordre ont dit ĂȘtre Ă  la recherche d’un large spectre de produits prohibĂ©s, allant des armes Ă  feu aux armes chimiques ou biologiques et autres explosifs, rien que ça ! Ils n’ont Ă©videmment rien trouvĂ© au domicile de Khalifa Ben Ina et de sa petite famille. Ce dernier ne fait par ailleurs l’objet d’aucune enquĂȘte, il n’a mĂȘme pas Ă©tĂ© interrogĂ©. Son avocat, maĂźtre Javad Kadribasic, a dĂ©clarĂ© Ă  la presse que “l’objectif de la perquisition n’Ă©tait pas clair ni dĂ©fini”, et Aymen Awad, prĂ©sident de l’association Ensarije (qui lutte contre les destitutions de la nationalitĂ© bosniaque), et qui a observĂ© la perquisition depuis la rue a ajoutĂ© “que ce type d’opĂ©ration visait Ă  le faire partir de Bosnie” (3). Cette opĂ©ration trĂšs mĂ©diatisĂ©e rappelle celles orchestrĂ©es contre Mounir Silini et Badreddine Ferchichi, deux Tunisiens alors demandeurs d’asile en Bosnie, dont les domiciles avait Ă©tĂ© investis en 2006, et qui avaient Ă©tĂ© interpellĂ©s « pour financement du terrorisme », une opĂ©ration largement mĂ©diatisĂ©e, pour ĂȘtre relĂąchĂ©s quelques heures plus tard, sans charges ni poursuites
. Cette perquisition surmĂ©diatisĂ©e elle aussi survient quelques jours aprĂšs le succĂšs de la manifestation organisĂ©e Ă  Zenica le 2 fĂ©vrier dernier par les victimes de la loi sur la nationalitĂ©, manifestation qui avait rassemblĂ© place Alija Izetbegovic plus de cinq mille personnes en soutien Ă  Imad El Houssine, un Bosniaque dĂ©chu de sa nationalitĂ©, en passe d’ĂȘtre renvoyĂ© en Syrie, dont la Cour EuropĂ©enne des droits de l’homme (CEDH) a provisoirement bloquĂ© le renvoi. Il pourrait bien s’agir d’une opĂ©ration visant Ă  justifier a posteriori le bien-fondĂ© de cette loi au niveau de l’opinion en tentant d’accrĂ©diter la thĂšse de la « dangerositĂ© » des naturalisĂ©s d’origine arabe et/ou musulmane. Ainsi le sort des Tunisiens de Bosnie, pour ne citer qu’eux, s’aggrave de jour en jour : demandeurs d’asile dĂ©boutĂ©s de leur demande, ils sont renvoyĂ©s en Tunisie oĂč ils sont torturĂ©s et incarcĂ©rĂ©s, Ă  l’instar de Badreddine Ferchichi, renvoyĂ© de Bosnie le 29 aoĂ»t 2006, torturĂ© Ă  son arrivĂ©e en Tunisie, et actuellement Ă  la prison de Mornaguia. Plusieurs ont quittĂ© la Bosnie pour se rendre en Italie, laquelle les livre Ă  la Tunisie, comme Tarek Hajjam, emprisonnĂ© Ă  son arrivĂ©e en Tunisie en mars 2006 en dĂ©pit de ses handicaps physiques et psychiques, mĂȘme chose pour Taoufik Selmi, demandeur d’asile au Luxembourg et renvoyĂ© le 3 avril 2004 par ce dernier pays, torturĂ© et actuellement emprisonnĂ© en Tunisie, ou Abderraouf Mouelhi, demandeur d’asile renvoyĂ© par la Grande Bretagne le 17 mars 2007 et actuellement emprisonnĂ© en Tunisie… pour douze ans ! Le rĂ©cent arrĂȘt pris par la CEDH, concluant que le renvoi par l’Italie d’un Tunisien, Nassim Saadi, violerait l’article 3 de la convention europĂ©enne des droits de l’homme, suffira-t-il Ă  l’avenir Ă  stopper les renvois (4) ? Ceux qui sont rentrĂ©s de leur plein grĂ© ont Ă©tĂ© direct Ă  la case prison : ainsi Mouazz Bouhouche, emprisonnĂ© Ă  son retour d’Italie en 1997 pour onze longues annĂ©es en Tunisie. Ils sont des dizaines de Tunisiens passĂ©s en Bosnie ou Tuniso Bosniaques Ă  tenter d’obtenir le droit d’asile dans des pays signataires de la convention de GenĂšve, ainsi ces Tunisiens qui tentent d’obtenir l’asile en Suisse depuis une dizaine d’annĂ©es, sans rĂ©sultat, d’autres sont en Grande-Bretagne. Seule la France a donnĂ© le statut de rĂ©fugiĂ© Ă  un Tunisien ayant vĂ©cu en Bosnie, Mounir Silini, qui n‘avait pas la nationalitĂ© bosniaque. Le problĂšme vient de ce que, pour les Tunisiens ayant conservĂ© leur nationalitĂ© bosniaque, les pays « dĂ©mocratiques » considĂšrent la Bosnie comme un pays « sĂ»r ». Ils omettent de considĂ©rer d’une part, que la commission de rĂ©vision des nationalitĂ©s n’a pas terminĂ© son travail et vient de demander un nouveau mandat au Parlement, et que ce pays « sĂ»r » n’a pas hĂ©sitĂ© a renvoyer Ă  la torture le Tunisien Badreddine Ferchichi. Et les intĂ©ressĂ©s sont alors invitĂ©s Ă  retourner en Bosnie, comme c’est le cas en Suisse, sauf que
 la Bosnie n’en veut pas. En clair, personne n’en veut. Une situation impossible Ă  dĂ©mĂȘler. Et les autoritĂ©s bosniaques, qui acculent Khalifa Ben Ina Ă  l’exil, le savent pertinemment. Luiza Toscane (1) propos citĂ©s dans l’article intitulĂ© « Pretres », publiĂ© par le blog : http://blogspot.com/2008/02/pretres_20.html  (2) Chiffre officiel donnĂ© par le prĂ©sident de la commission de rĂ©vision de la nationalitĂ©, Vjekoslav Vukovic, lors de son interview Ă  Radio Slobodna Evropa du 5 fĂ©vrier dernier, « Slijedi revizija jos 12000 drzavljanstava », www.danas.org/content/Article/932598.html (3) “Pretres”, id. (4) CEDH, 142, le 28.2.2008, arrĂȘt de grande chambre, SAADI c.ITALIE (http://www.echr.coe.int).

 

 


 

Communiqué du Syndicat National des Journalistes Tunisiens

 

« Quelques journaux tunisiens s’adonnent Ă  des pratiques portant outrage Ă  la loi et Ă  l’éthique professionnelle, et sa moralitĂ©. Ainsi, l’hebdomadaire « Al Hadath », a-t-il publiĂ© des articles diffamatoires contre des personnalitĂ©s tunisiennes dĂ»ment nommĂ©es dans lesdits articles.

 

Tout en dĂ©plorant ces pratiques et ce style de journalisme dĂ©gradants, le Syndicat National des Journalistes Tunisiens refuse toute forme d’atteinte Ă  la dignitĂ© des personnes et toute forme de diffamation et considĂšre que ce qu’a publiĂ© la revue « Al Hadath » est rĂ©primĂ© par la loi et, particuliĂšrement,l’article 50 du Code de la presse.

 

Le Syndicat demande au ministÚre Public de donner suite aux affaires en diffamation intentées contre leurs auteurs.

 

Le Syndicat demande aussi aux responsables de la revue « Al Hadath » et Ă  d’autres journaux d’arrĂȘter dĂ©finitivement ces procĂ©dĂ©s de diabolisation et d’accusations gratuites.

 

Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens rĂ©itĂšre son attachement  aux lois et Ă  la dignitĂ© et Ă  l’éthique de la profession et lance un appel pour le respect de ses valeurs  et des principes de la liberté  et de respect de l’opinion de l’autre ».

 

Pour le Bureau Exécutif

 

Le Président : Néji Baghouri

 

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 5 mars 2008)

 


 

 

Tunis et Nouakchott pour un sommet maghrĂ©bin “dans les meilleurs dĂ©lais”

Associated Press, le 4 mars 2008 Ă 16h20

 

 

TUNIS (AP) — Les prĂ©sidents tunisien Zine El Abidine Ben Ali et mauritanien Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi ont plaidĂ© mardi pour “la tenue d’un sommet maghrĂ©bin dans les meilleurs dĂ©lais” pour rĂ©unir les dirigeants de l’Union du Maghreb arabe (UMA) qui regroupe, outre la Tunisie et la Mauritanie, l’AlgĂ©rie, le Maroc et la Libye.

 

Les chefs d’Etat des cinq pays de la rĂ©gion ne se sont pas rencontrĂ©s depuis plus de 13 ans, le dernier sommet de l’UMA remontant Ă  1994.

 

Lors d’un entretien Ă  l’occasion de la visite que le prĂ©sident mauritanien effectue depuis lundi en Tunisie, les deux hommes se sont engagĂ©s Ă  “Ɠuvrer en vue de rĂ©unir les conditions propices” Ă  la tenue d’un tel sommet et Ă  dynamiser les mĂ©canismes de cet ensemble rĂ©gional en panne.

 

Créée en 1987, l’UMA a vu son processus d’intĂ©gration achopper essentiellement sur le diffĂ©rend opposant Rabat et Alger au sujet du problĂšme du Sahara-Occidental.

 

Annexée en 1975 par le Maroc qui la considÚre comme faisant partie de son territoire national, cette ancienne colonie espagnole est également revendiquée par le front Polisario, soutenu par

l’AlgĂ©rie.

 

Ce mouvement indĂ©pendantiste rĂ©clame un rĂ©fĂ©rendum d’autodĂ©termination des populations sahraouies, alors que le Maroc propose une autonomie en gardant sa souverainetĂ© sur ce territoire.

 

Associated Press


 

Zitouna FM Ă  la conquĂȘte de l’audimat et de l’esprit tunisiens Zoom sur une radio pas comme les autres
 
05/03/2008 07:02
 
Elle n’a que quelques mois et on ne parle que d’elle : la station radio Zitouna FM. Une radio religieuse qui ne devait diffuser que du coran. Son contenu est totalement inconnu ou presque par les Ă©trangers et investisseurs en Tunisie. Sa logique Ă©conomique est quasi inexistante ailleurs puisqu’elle fonctionne en comptant sur les seules ressources de son promoteur. MalgrĂ© cela, elle attire de plus en plus d’auditeurs, comme l’attestent les chiffres de Sigma. Zoom sur une radio qui ne touche pas que les croyants. PrĂ©cisons de prime abord qu’au vu de la nature de notre ligne Ă©ditoriale et de l’identitĂ© du promoteur de la station, aborder le sujet de Zitouna FM Ă©tait dĂ©licat tant les mauvaises langues pouvaient interprĂ©ter d’une façon erronĂ©e notre dĂ©marche. Il ne s’agit nullement de fayotage ou de publireportage, mais tout simplement de mettre sous la loupe un acteur de la vie mĂ©diatique et Ă©conomique tunisienne. Une dĂ©marche critiue qu’on fait avec tout le monde, d’autant plus que cette chaĂźne demeure mal connue par tous les non-arabophones. Vendredi 29 fĂ©vrier, au cours d’une rĂ©union avec le ministre de la Communication, M. RafĂąa Dekhil, (rĂ©union sur laquelle nous reviendrons dans quelques semaines), notre confrĂšre de l’Observateur, Boubaker SeghaĂŻer, a rapportĂ© le constat suivant : on entend de moins en moins de propos blasphĂ©matoires en Tunisie. « C’est l’effet de la Zitouna FM », conclut-il. De l’assistance prĂ©sente Ă  la rĂ©union (ministres et responsables de mĂ©dias essentiellement), nous n’avons entendu que des adhĂ©sions Ă  ce constat. Constat que nous enrichissons par un autre que nous avons relevĂ© et qu’il est facile Ă  chacun de nos lecteurs de le faire : prenez dix taxis diffĂ©rents et constatez combien de chauffeurs Ă©coutent Zitouna FM. Sur trois taxis que nous avons pris, Ă  des horaires diffĂ©rents, deux Ă©coutaient la radio religieuse. Le troisiĂšme n’avait pas d’autoradio. Dans un paysage mĂ©diatique occupĂ© aujourd’hui par une dĂ©ferlante de chaĂźnes satellitaires religieuses vĂ©hiculant un discours qui nous est totalement Ă©tranger, une pareille station radio n’est que la bienvenue, s’est-on dit Ă  son dĂ©marrage le 13 septembre dernier. Aujourd’hui, six mois plus tard, on remarque que ladite station ne fait pas que du coran, ce qui explique en bonne partie son (relatif) succĂšs et n’émet pas qu’en arabe. Outre le coran, les animateurs font beaucoup d’émissions de savoir-vivre inspirĂ©es de la tradition islamique. Contrairement Ă  ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas de dicter le bien et le mal et de dire que ceci est un pĂ©chĂ©, ceci est tolĂ©rĂ© et ceci est autorisĂ©, il s’agit de faire simple avec un appel au bon sens de l’auditeur. On considĂšre celui-ci comme une personne intelligente qui n’a pas Ă  se faire dicter ce qu’elle doit et ce qu’elle ne doit pas faire. D’oĂč l’adhĂ©sion non dĂ©mentie par les chiffres. Selon Sigma Conseil, le taux d’audimat de la station tourne autour de 13% sur le Grand Tunis et de prĂšs de 19% sur Sfax. Un taux fort important et rĂ©vĂ©lateur au vu du profil de la station. On peut ĂȘtre musulman, croyant pratiquant, athĂ©e, chrĂ©tien ou juif (et la Tunisie, c’est tout cela Ă  la fois), celui qui Ă©coute la station ne reste pas insensible au discours qui y est vĂ©hiculĂ©, puisqu’il dĂ©coule du bon sens. Les musulmans diront que c’est lĂ  la force de l’islam (le vrai), les athĂ©es diront que le discours est inspirĂ© des grandes valeurs humaines universelles. Peu importe qui a raison et qui a tort, le rĂ©sultat est le mĂȘme puisqu’on appelle Ă  l’intelligence, au bon sens, Ă  l’autodiscipline et au civisme ! Autre point notĂ© Ă  l’actif de la station, les propos sont Ă©mis en dialectal tunisien et non en arabe littĂ©raire. RĂ©sultat : il touche directement le Tunisien puisqu’il parle son langage. C’est lĂ  le nerf de la guerre. Que M. Boubaker Sghaier ait relevĂ© une diminution des blasphĂšmes, c’est une bonne chose. Nous, on pourra dire que nous avons remarquĂ© un meilleur respect du code de la route des chauffeurs de taxi. Un meilleur respect de nous-mĂȘmes et un appel au savoir vivre, au civisme qui manque tant Ă  beaucoup d’entre-nous. Que l’on soit musulman ou pas, ses Ă©missions touchent tout le monde quand on a l’accidentelle ou prĂ©mĂ©ditĂ©e occasion de les Ă©couter. Exemple : un animateur (qui serait trĂšs cĂ©lĂšbre parait-il) appelait un jour les auditeurs Ă  respecter autrui en mangeant. « Il ne faut pas manger en Ă©mettant des bruits et il faut veiller Ă  ne pas jouer avec le cure-dents en ayant la bouche grande ouverte », disait-il. Il appelait une autre fois Ă  soigner ses dents et son haleine rappelant la tradition du prophĂšte en la matiĂšre. Du coup, ceux qui aiment Ă©couter la tradition du prophĂšte (et ils sont trĂšs nombreux) adhĂšrent et ceux qui n’aiment pas en entendre parler adhĂšrent Ă©galement. Le discours est Ă  des annĂ©es lumiĂšres des ordres criĂ©s par les pseudo-cheikhs Ă©gyptiens et saoudiens qu’on voit sur le satellite. Le Tunisien moyen n’ayant pas la possibilitĂ© du recul nĂ©cessaire par rapport Ă  l’information, il ne peut que croire ce que disent comme stupiditĂ©s plusieurs de ces chaĂźnes que nous crache l’Orient. Avec une station tunisienne, en dialectal tunisien, faisant appel Ă  la culture tunisienne spĂ©cifique et, surtout, Ă  l’histoire de ce pays trois fois millĂ©naires, le discours est dix mille fois plus accrocheur. « Une telle station aurait due ĂȘtre lancĂ©e par l’Etat et non par un privĂ© », a dĂ©clarĂ© une fois notre confrĂšre et ami Khemais Khayati. S’agissant de l’un de nos plus grands experts en matiĂšre d’audiovisuel (une vraie compĂ©tence mise, hĂ©las !, en veilleuse par l’ERTT pour des raisons bureaucratiques aberrantes), on ne peut que l’écouter. Mais l’Etat peut-il tout faire ? « C’est son rĂŽle », nous rĂ©plique-t-il. Ce qui est vrai du reste et nous le remarquons dans d’autres pays, tel le Maroc par exemple. DotĂ©e d’un capital de 700.000 dinars, Zitouna FM a Ă©tĂ© lancĂ©e par le jeune homme d’affaires Mohamed Sakhr El Materi. Petit-fils de militants bien rĂ©putĂ©s et gendre du PrĂ©sident de la RĂ©publique. La station n’a pas de vocation commerciale, le jeune Materi gagne son pain ailleurs et appartient Ă  une richissime famille tunisoise. Reste que la logique Ă©conomique de la station est intrigante : il n’y a pas de publicitĂ© ! La station vit du mĂ©cĂ©nat de son propriĂ©taire et rĂ©ussit, malgrĂ© cela, Ă  faire appel Ă  de grands professeurs (le directeur de la station n’est autre que Kamel Omrane, ancien directeur de la radio nationale notamment) et Ă  Ă©laborer des programmes accrocheurs et sĂ©rieux comme toute grande station professionnelle qui se respecte. Reste qu’il faudrait revenir Ă  la suggestion de M. Khayati et d’appeler les autoritĂ©s Ă  reprendre Ă  son compte l’idĂ©e avec une chaĂźne de tĂ©lĂ©vision similaire. C’est le rĂŽle du service public que de prĂ©senter un produit fortement apprĂ©ciĂ© par le public. Que le privĂ© le fasse pour gagner de l’argent ou pour asseoir ses convictions, cela ne doit pas empĂȘcher le service public de faire de mĂȘme. Pourquoi investit-on en masse dans les Ă©missions sportives et ne fait-on pas de mĂȘme pour le savoir-vivre et le bien-ĂȘtre des gens ? Il est vrai que l’ERTT fait de la course Ă  l’audimat et aux recettes publicitaires oubliant du coup son rĂŽle majeur de service public. Avec MosaĂŻque et ses 53% d’audience, Zitouna et ses 13 et 19%, il est peut-ĂȘtre temps que l’ERTT se rappelle ses prĂ©rogatives.
 


 

Ce que Tunis ne m’a pas dit par Kaouther Khlifi

Entre rivales qui s’admirent

 

Les Ă©ditions Elyzad entament l’annĂ©e 2008 avec un premier rĂ©cit d’une voix fĂ©minine qui a choisi, pour commencer une Ă©ventuelle carriĂšre, de parler de sa ville, et d’elle-mĂȘme par extension, avec une audace qui ferait remarquer son texte.

 

Nous ne savons rien sur l’auteure, Kaouther Khlifi, Ă  part le fait qu’elle est nĂ©e Ă  Tunis et qu’elle y enseigne le marketing et la communication.

 

 En lisant le rĂ©cit, on peut dĂ©duire qu’elle a la trentaine. VoilĂ  alors qu’elle entame une carriĂšre d’Ă©crivain – ce n’est jamais trop tard -, elle qui, en dilettante, se consacrait Ă  l’Ă©criture, jusqu’Ă  ce qu’elle nous livre ce que ses voix intĂ©rieures ont fini par faire jaillir Ă  la surface de ses paroles.

 

Bien Ă©videmment, il n’est pas question que de Tunis. En fin de compte, la Capitale n’est qu’un prĂ©texte pour libĂ©rer le flot de mots des doigts de l’auteure, que cela concerne Tunis et son Avenue, ou bien sa narratrice et son dĂ©mon familier de Socrate. Ainsi essaye-t-elle de faire Ă©voluer sur deux chemins parallĂšles, son observation de la capitale et de ses gens, prĂ©texte Ă  critiques violentes et Ă  rĂ©flexions pertinentes, ainsi que des Ă©vĂ©nements de sa vie, des bribes d’intimitĂ©, des teintes autobiographiques (de la narration donc) qui intĂšgrent le discours lequel, on doit le souligner, fait un peu mouche avec l’ensemble du texte, puisque c’est censĂ© ĂȘtre un «rĂ©cit».

 

Nous avons donc la narratrice, ce personnage vertical, et Tunis, l’autre personnage qui s’Ă©tend dans l’horizontalitĂ©. La reprĂ©sentation spatiale des deux grands protagonistes du rĂ©cit renseigne bien sur la nature de la relation qu’ils entretiennent. La narratrice et sa ville, perpendiculaires l’une Ă  l’autre, sont en perpĂ©tuelle confrontation. Il y a l’habitante qui, tous les matins, tous les soirs, descend dans la rue pour pĂ©nĂ©trer l’air de sa ville, et c’est finalement cette derniĂšre qui l’emplit. Un combat sur le trottoir, sur le passage piĂ©tons, qui pousse la narratrice Ă  regarder ces gens qui partagent avec elle la mĂȘme ville, le mĂȘme amour pour Tunis, et donc la mĂȘme haine. Ces gens surgis il y a Ă  peine une cinquantaine d’annĂ©es Ă  un traditionalisme persistant, et qui revendiquent l’hĂ©gĂ©monie d’une modernitĂ© qu’ils ont adoptĂ©e au point de la porter sous la peau. La narratrice est comme eux, fille de petits-bourgeois qui habite une citĂ© pleine de lumiĂšres, et qui arbore une complexitĂ© jusque l’Ăąme, qui ne la tient pas Ă  l’abri d’un rapport de force entre elle et sa Tunis. Cette Tunis, justement, fĂ©minine, qui serait comme une rivale.

 

Tunis serait aussi comme cet amant qu’elle rencontre au grĂ© du hasard, et qu’elle ne cesse de rencontrer Ă  nouveau, et Ă  nouveau. Un journaliste qui Ă©crit de droite Ă  gauche, et qu’elle traduit, de gauche Ă  droite. Avec subtilitĂ©, Kaouther Khlifi tisse cette histoire d’amour entre les fils du rĂ©cit, pour porter un miroir en face de sa rivale, Tunis. Cet homme qu’elle aime un jour et qu’elle dĂ©teste le suivant est en rĂ©alitĂ© sa Capitale.

 

 La plume qui va au-delà du texte

 

Il est clair que la plume de Kaouther Khlifi est animĂ©e par cette passion de l’Ă©criture qui veut la porter jusqu’au bout de son Ă©crit, et mĂȘme au-delĂ . On sent Ă  chaque paragraphe l’irrĂ©pressible Ă©lan littĂ©raire qu’elle ne peut canaliser, si bien qu’on sent parfois de la prĂ©tention dans le style – bien que ce soit une Ă©criture maĂźtrisĂ©e – laquelle prĂ©tention n’est pas voulue par l’auteure, mais qui relĂšve plutĂŽt de la maladresse. Tout serait allĂ© bien si K. Khlifi s’Ă©tait privĂ© de parler, dĂšs les premiĂšres pages, de l’Ă©criture. «[…] elle [l’Ă©criture] est pressĂ©e. Il faut la prendre au mot, c’est bien le cas de le dire. Elle arrive avec la mĂȘme tourmente qui accompagne la jouissance. Elle est Ă  la merci de tout facteur perturbateur qui risque de tout faire foirer. Elle ne supporte pas les reports. Ne supporte pas les nĂ©gociations opportunistes qui ne savent pas conclure Ă  temps. Quand on ne la consomme pas par la fixation, elle se volatilise. Elle nargue notre mĂ©moire lorsque dans le sommeil quelques phrases se rĂ©vĂšlent Ă  nous, mais que la paresse dĂ©ploie sa gravitĂ©. L’Ă©criture n’a pas de lendemains. Seuls les remords ont des lendemains.» L’intention de l’auteure est tout Ă  fait louable, mais il aurait fallu qu’elle attende un peu pour parler de l’Ă©criture avec autant de libertĂ©. Car, en s’y intĂ©ressant dĂšs son premier ouvrage, cela ne peut que la dĂ©crĂ©dibiliser.

 

Par ailleurs, quelques discordances stylistiques alourdissent le rĂ©cit et empĂȘchent la lecture. En effet, l’auteure est adepte des pĂ©riphrases et des mĂ©taphores qui allongent inutilement les paragraphes, toutefois correctes grammaticalement, et qui nous obligent Ă  relire dĂšs le dĂ©but pour comprendre son intention, afin d’y arriver, Ă  peu prĂšs. On peut relever Ă©galement plusieurs anachronismes, dans le sens oĂč l’auteure mĂ©lange frĂ©quemment les registres soutenu et familier, presque argotique. Malheureusement, ces lourdeurs jalonnent l’intĂ©gralitĂ© du rĂ©cit, plein en outre de trouvailles (il faudra en revanche que Kaouther Khlifi nous explique le choix du 30 fĂ©vrier pour sa date de naissance ; logiquement, elle ne devrait pas exister) intĂ©ressantes, et de passages pleins de poĂ©sie et agrĂ©ables, comme quand elle parle de ses rencontres avec son amoureux journaliste en employant le futur de l’indicatif.

 

Tel que nous l’avons dit plus haut, ce texte n’est finalement pas tout Ă  fait un rĂ©cit. L’auteure est davantage encline aux divagations philosophiques – nĂ©anmoins intĂ©ressantes -, et elle ne prend acte de la narration que vers le milieu du texte. Pas tout Ă  fait Ă  l’abri des clichĂ©s (pour parler de la guerre en Irak, elle cite le Tigre et l’Euphrate, Babylone et ShĂ©hĂ©razade), ni de bavardages, le texte de Kaouther Khlifi aurait peut-ĂȘtre mĂ©ritĂ© d’ĂȘtre retravaillĂ© un peu plus, afin d’ĂȘtre meilleur, et avoir grĂące aux yeux des Tunisois Ă  qui, d’aprĂšs ce qu’on a dĂ©duit, Tunis a dĂ©jĂ  murmurĂ© ce qu’elle n’a pas dit Ă  la narratrice.

 

Khalil KHALSI

 

* Kaouther Khlifi, «Ce que Tunis ne m’a pas dit», Ă©d. Elyzad, coll. «Éclats de vie», 140 pages, 2007, 11 DT.

 

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 5 mars 2008)

 

 


 

Naturalisation refusée à cause du port du foulard

Le Tribunal fédéral annule deux décisions argoviennes

 

ATS, le 5 mars 2008 Ă  14h17

 

Lausanne (ats) Refuser la naturalisation Ă  une femme parce qu’elle est voilĂ©e est discriminatoire. Le Tribunal fĂ©dĂ©ral (TF) a annulĂ© deux dĂ©cisions prises dans le canton d’Argovie.

 

Il a acceptĂ© le recours d’une mĂšre de famille de 40 ans. D’origine turque, elle vit depuis 1981 en Suisse et est bien intĂ©grĂ©e. L’an dernier, l’assemblĂ©e communale de Buchs (AG) avait rejetĂ© sa demande de naturalisation, par 19 voix contre 15.

 

Soumission ou religion

 

Les opposants lui avaient reprochĂ© de porter le foulard islamique. Selon eux, il symbolise la soumission de la femme Ă  l’homme et exprime une inĂ©galitĂ© de la femme, qui est contraire Ă  l’ordre constitutionnel.

 

Pas d’accord avec cette façon de voir les choses, les juges fĂ©dĂ©raux considĂšrent que la pratique du port du foulard exprime l’appartenance Ă  une religion.

 

Elle est donc protĂ©gĂ©e par la libertĂ© constitutionnelle de conscience et de croyance et doit ĂȘtre apprĂ©ciĂ©e Ă  la lumiĂšre de l’interdiction de toute discrimination.

 

Dépasser les préjugés

 

Pour le TF, le simple fait de porter le foulard ne traduit pas une attitude de manque de respect Ă  l’Ă©gard de l’ordre constitutionnel et n’exprime pas en soi un avilissement des femmes.

 

Il faut dĂ©passer les prĂ©jugĂ©s. Le fait de porter le foulard ne permet pas d’Ă©tablir qu’une femme de confession musulmane ferait fi du principe d’Ă©galitĂ© de sexes et des valeurs fondamentales de

notre société.

 

Aussi pour le mari

 

Dans une procĂ©dure parallĂšle, le TF a Ă©galement acceptĂ© le recours d’un homme originaire de Bosnie-HerzĂ©govine, domiciliĂ© Ă  Birr (AG). Il n’avait pu obtenir la naturalisation parce que son

épouse porte le foulard.

 

Mais le recours de sa femme, qui n’avait pas non plus obtenu la naturalisation, est Ă©cartĂ©. Car le refus n’Ă©tait pas discriminatoire: il Ă©tait motivĂ© par ses connaissances linguistiques insuffisantes et ses lacunes en matiĂšre d’instruction civique.

 

Nouvelle chance en juin

 

Les deux communes argoviennes devront se pencher une nouvelle fois sur les demandes de naturalisation pour lesquelles elles ont Ă©tĂ© Ă©pinglĂ©es. A Buchs comme Ă  Birr, les requĂȘtes seront soumises Ă  l’assemblĂ©e communale en juin, ont indiquĂ© Ă  l’ATS les prĂ©sidents de ces communes.

 

Le président de la commune de Buchs, Heinz Baur, a précisé que les autorités communales avaient soutenu la demande de la femme

turque et averti les citoyens des consĂ©quences Ă©ventuelles d’un rejet. La fille de cette mĂšre de famille a elle Ă©tĂ© naturalisĂ©e lors de la mĂȘme sĂ©ance de l’assemblĂ©e communale, en juin 2007. Elle

aussi porte un foulard islamique.

 

(arrĂȘts du Tribunal FĂ©dĂ©ral 1D_11/2007 et 1D_12 2007 du 27 fĂ©vrier 2008)

 

(Source : www.romandie.com (Suisse), le 5 mars 2008)

 

 


 

   Le «problĂšme mathĂ©matique» d’Hillary Clinton

TAÏEB MOALLA

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MĂȘme si les rĂ©sultats prĂ©liminaires des quatre primaires et caucus dĂ©mocrates organisĂ©s hier soir semblent montrer qu’Hillary Clinton a rĂ©ussi Ă  limiter les dĂ©gĂąts, cette derniĂšre a dĂ©sormais un «problĂšme MathĂ©matique» de taille.  
«MathĂ©matiquement, Mme Clinton n’a Ă  peu prĂšs aucune chance de dĂ©passer Barack Obama en nombre de dĂ©lĂ©guĂ©s.» C’est Thierry Giasson, professeur au dĂ©partement d’information et de communication de l’UniversitĂ© Laval, qui assĂšne ce fait. Citant un article fort remarquĂ©, publiĂ© rĂ©cemment dans la presse amĂ©ricaine, M. Giasson prĂ©dit que le retard d’une centaine de dĂ©lĂ©guĂ©s de Mme Clinton est quasi insurmontable, mĂȘme dans les scĂ©narios les plus optimistes pour elle. «En plus, toutes les primaires qui s’en viennent sont attribuĂ©es Ă  la proportionnelle», assure-t-il. Ce mode de scrutin limite en effet les possibilitĂ©s de victoire Ă©crasante d’un des deux prĂ©tendants. La bonne nouvelle pour les dĂ©mocrates est, au dire de M. Giasson, «la prime de visibilité» que l’actuelle course est en train de leur donner. La course Ă  l’investiture rĂ©publicaine s’est terminĂ©e depuis hier soir – John McCain l’a officiellement emportĂ© – dans une relative indiffĂ©rence, tous les projecteurs Ă©tant braquĂ©s sur les primaires dĂ©mocrates. Hier, vers 23 h, il Ă©tait encore impossible de dĂ©terminer le gagnant du «petit Super Mardi». Les deux candidats dĂ©mocrates Ă©taient Ă  Ă©galitĂ© dans l’immense Texas aprĂšs le dĂ©pouillement de 32 % des bulletins de vote. Mme Clinton aurait remportĂ© l’Ohio (57 % contre 41 % avec 53 % des bulletins). Le Vermont et le Rhode Island, deux États de moindre envergure quant au nombre de dĂ©lĂ©guĂ©s, ont Ă©tĂ© respectivement partagĂ©s entre M. Obama et Mme Clinton. D’aprĂšs Louis BĂ©langer, professeur au dĂ©partement de science politique Ă  l’UniversitĂ© Laval, le fait que les rĂ©sultats soient encore si serrĂ©s pourrait relancer les tractations en vue d’organiser un nouveau scrutin au Michigan et dans la Floride, d’ici Ă  juin. GagnĂ©s par Mme Clinton, ces deux États ne devaient a priori pas figurer dans le dĂ©compte final, parce qu’ils ont violĂ© les rĂšgles internes du parti en devançant les dates de leurs primaires. «Si Mme Clinton rĂ©ussit ce soir (hier) Ă  limiter les dĂ©gĂąts, la pression sera forte pour reprendre ces deux primaires», pense-t-il. Que se passe-t-il ensuite chez les dĂ©mocrates? (TM) – Hier soir, CNN estimait que Barack Obama a dĂ©sormais l’appui de 1399 dĂ©lĂ©guĂ©s, contre 1303 pour Hillary Clinton. Pour prĂ©tendre Ă  l’investiture du parti dĂ©mocrate, le (ou la) candidat(e) doit rĂ©unir un minimum de 2025 dĂ©lĂ©guĂ©s Ă  la convention de Denver, au Colorado, du 25 au 28 aoĂ»t. À noter que les «super dĂ©lĂ©guĂ©s», qui reprĂ©sentent 20 % du total des dĂ©lĂ©guĂ©s, sont thĂ©oriquement libres de leur choix. Cependant, ces derniers pourront difficilement aller Ă  l’encontre de la volontĂ© populaire exprimĂ©e par la base du parti au cours du long processus des primaires et des caucus. Le village «gaulois»… du Vermont (TM) – Nous sommes en 2008 aprĂšs JĂ©sus-Christ et tous les États-Unis sont occupĂ©s par les conservateurs de George W. Bush. Tous? Non! Brattleboro, un petit village du Vermont qu’un journaliste de CNN a qualifiĂ©, hier soir, de «very liberal» (traduire par «ben ben de gauche»), rĂ©siste encore. Hier, les citoyens de Brattleboro ont rĂ©pondu oui Ă  53 % Ă  une rĂ©fĂ©rendum interne qui posait la question suivante: «Le comitĂ© des Ă©lus devrait-il instruire un avocat de la ville pour qu’il rĂ©dige des accusations contre le prĂ©sident Bush et le vice-prĂ©sident Cheney pour des crimes de guerre allant Ă  l’encontre de la Constitution, et publier ladite accusation afin qu’elle soit prise en compte par d’autres municipalitĂ©s?». Inutile de prĂ©ciser que ce scrutin avait surtout une portĂ©e symbolique. L’Associated Press a essayĂ©, en vain, de connaĂźtre les commentaires de la Maison-Blanche.
 
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