Tunisie : Suicidaire de lâhorloge⊠sur Facebook
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Une vidĂ©o a Ă©tĂ© diffusĂ©e sur Facebook retransmettant en ligne la tentative de suicide dâun jeune Tunisien. Des scĂšnes dramatiques sans doute filmĂ©es Ă lâaide dâun tĂ©lĂ©phone portable. Il sâagit du malheureux incident de lâhorloge de lâavenue Habib Bourguiba qui a eu lieu le mardi 21 juillet. Le jeune homme suicidaire a escaladĂ© lâhorloge, avant de menacer se jeter dans le vide. Il a finalement pu ĂȘtre maitrisĂ© Ă temps par les agents de la protection civile et de la police, rapidement dĂ©pĂȘchĂ©s sur les lieux. Le quotidien tunisien «Le Temps» a mĂȘme relevĂ© la prĂ©sence, sur les lieux du gouverneur de Tunis, M. Mondher Frigi. (Source:”Tekiano” le 23 juillet 2009) Lien: http://www.tekiano.com/internet/webbook/2-7-857/tunisie-suicidaire-de-l-horloge-sur-facebook.html
Michael Jackson met ‘secret love child’ in Tunisian hotel
Michael Jackson first met Omar Bhatti, the Norwegian rapper who is claiming to be the singer’s secret son, in a hotel in Tunisia. By Ben Leach Published: 8:51AM BST 23 Jul 2009 Â Mr Bhatti, who is seeking a DNA test to prove he is Jackson’s son, is said to have impressed the late singer with his imitation dance moves after waiting for him at the hotel in 1996. Jackson became friends with the then 12-year-old and the following year the singer invited the boy and his family to live with him on his Neverland ranch. Mr Bhatti’s mother Pia worked as a nanny for Michael Jackson’s “official” son Prince Michael II, nicknamed Blanket, while his father Riz became a chauffeur. His existence first became public in 2003 when US TV show Dateline broadcast a 1998 home video of him receiving gifts from Jackson. A Fox News report in 2004 claimed Jackson had been telling his friends he was the father, but they were unsure whether or not to believe him. A Jackson insider told Fox: “I’m not surprised Michael says he’s the father. It’s a fantasy. But these people did not exist in Michael’s life before 1996.” In 2003, Mr Bhatti was photographed visiting Jackson when the singer was having a “detox” holiday in Colorado. He was also in his Neverland ranch when it was raided by police during the child molestation investigation in the same year. Speaking last year, Mr Bhatti said: “It was totally sick. It was the whole squad from Santa Barbara Police Department. We didn’t know why they were there. Michael was not at home.” The family returned to Norway, but Mr Bhatti insisted last year he was in close contact with Michael. He said: “Loyalty is the most important thing for me. “I have contact with Michael, and I think my loyalty to him is the reason we still have our contact. He is an unbelievably good human being.” Mr Bhatti sat alongside Jackson’s brothers and sisters during the late singer’s memorial two weeks ago. After the singer’s death, Mr Bhatti’s mother Pia said: “He was the King of Pop. But for us he was so much more.” Today Mr Bhatti is trying to make a name for himself in the world of rap and hip-hop, promoting himself under the stage name O-Bee. He has remained in LA since the memorial service.
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(Source: Telegraph (UK) le 23 juillet 2009)
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Tunisie : le silence assourdissant des médias
Par Radhia Nasraoui* Il y a un an, Ă Redayef, petite ville du bassin minier, situĂ©e Ă cent kilomĂštres au sud de Gafsa (Tunisie), les forces de lâordre ont tirĂ© sur la foule : un mort, le jeune Hafnaoui Maghzaoui et plusieurs blessĂ©s graves dont lâun succombera quelques semaines plus tard Ă lâhĂŽpital. Lâordre a Ă©tĂ© donnĂ© ce jour- lĂ , de mettre fin dĂ©finitivement, au mouvement social le plus fort de lâĂšre du GĂ©nĂ©ral Ben Ali. Plusieurs centaines de personnes sont alors recherchĂ©es par la police et arrĂȘtĂ©es (responsables syndicaux, enseignants, diplĂŽmĂ©s chĂŽmeurs etc ). Pour accomplir leur tĂąche, les agents de la police avaient les mains libres : jeter les bombes lacrymogĂšnes Ă lâintĂ©rieur des maisons, dĂ©foncer les portes, tabasser les personnes, piller et saccager maisons et magasins ; le tout dans lâimpunitĂ© totale . Pendant des mois, des centaines, et parfois mĂȘme des milliers de citoyens et citoyennes se rassemblaient, manifestaient devant le local de lâUnion GĂ©nĂ©rale des Travailleurs de Tunisie (U G T T) ou devant les locaux symbolisant lâautoritĂ© de lâEtat . Leurs revendications Ă©taient claires : le droit au travail et Ă une vie digne ! Ils dĂ©nonçaient la misĂšre, la corruption et le clientĂ©lisme. A lâorigine du mouvement, plusieurs milliers de personnes se sont prĂ©sentĂ©es au concours de la Compagnie de Phosphate de Gafsa (C. P.G ), la seule sociĂ©tĂ© capable de rĂ©sorber, au moins partiellement, le chĂŽmage mais seulement quelques dizaines ont Ă©tĂ© admises a ce concours, organisĂ© pour le recrutement de cadres. Il apparut alors clairement que les critĂšres adoptĂ©s Ă©taient loin dâĂȘtre objectifs : le degrĂ© dâallĂ©geance au pouvoir, les relations de parentĂ© avec des personnalitĂ©s politiques ou syndicales de la rĂ©gion ainsi que le bakchich ont eu leur effet. Ce qui provoqua une vive rĂ©action des jeunes, lesquels ont dĂ©cidĂ© de dĂ©fendre leurs droits. Des sit-in, des rassemblements, des grĂšves de la faim auxquels les femmes ont participĂ© massivement, Ă©taient organisĂ©s par les populations. Pendant des mois, les autoritĂ©s, tout en encerclant le bassin minier par des milliers dâagents, ont fait la sourde oreille, non pas par respect du droit de ces populations Ă la libre expression, mais pour laisser sâessouffler et sâeffriter le mouvement. Mais cela nâa pas Ă©tĂ© le cas. Bien au contraire, le mouvement prit une ampleur croissante, sâĂ©tendant aux villes miniĂšres de Moulares, Mâdhilla et Metlaoui. Au mois dâavril, les dirigeants du mouvement, Adnane Hajji et ses camarades, ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s, tabassĂ©s et piĂ©tinĂ©s dans les rues de Redayef, avant dâĂȘtre transfĂ©rĂ©s Ă Gafsa. Dans les locaux du district de police de cette ville, ils ont Ă©tĂ© torturĂ©s par les tristement cĂ©lĂšbres Belgacem Rabhi et Mohamed youssefi, respectivement chef de la deuxiĂšme brigade spĂ©ciale de Gafsa et chef de la brigade des renseignements ââirchadââ. Ils nâont Ă©tĂ© relĂąchĂ©s que sous la pression des habitants de la ville de Redayef qui se sont mis Ă manifester par milliers, allant jusquâa dĂ©crĂ©ter la grĂšve gĂ©nĂ©rale. Mais ils ne tarderont pas Ă se faire arrĂȘter de nouveau Ă partir du mois de Juin 2008. Ils continuent jusqu’Ă aujourdâhui de purger des peines de prison extrĂȘmement lourdes allant jusqu’Ă huit ans, dans les prisons les plus reculĂ©es et dans les conditions les plus inhumaines. Certains parmi eux continuent Ă croupir dans la prison de Rjim Maatoug, Ă lâextrĂȘme sud du Sahara tunisien. Les journalistes regadent ailleurs Si les media en Tunisie, exceptĂ©s les journaux de lâopposition et une chaine de tĂ©lĂ©vision indĂ©pendante « Al Hiwar Attounsi », ont volontairement ignorĂ© ces Ă©vĂšnements, pourtant graves et importants, câest a cause de la politique rĂ©pressive du rĂ©gime tunisien soucieux dâocculter ce mouvement qui traduit lâĂ©chec patent de sa politique Ă©conomique et sociale. Le correspondant de « Al Hiwar Attounsi », Fahem Boukaddous, nâa-t-il pas Ă©tĂ© contraint Ă vivre dans la clandestinitĂ© depuis juillet dernier et nâa-t-il pas Ă©tĂ© condamnĂ©, par contumace, Ă six ans de prison ferme suite au procĂšs des dirigeants du mouvement, procĂšs jugĂ© inĂ©quitable par les observateurs internationaux ? Son seul crime, Ă©tait dâavoir informĂ© lâopinion publique de ce qui se passait dans la rĂ©gion du bassin minier et dâavoir diffusĂ© des images montrant lâampleur du mouvement et la sauvagerie avec laquelle le pouvoir lui a fait face! Mahmoud Raddadi, simple photographe, ayant spontanĂ©ment filmĂ© ces Ă©vĂšnements, a Ă©tĂ©, quant Ă lui, arrĂȘtĂ© et condamnĂ© Ă 3 ans de prison ferme dans ce procĂšs, aprĂšs avoir subi toutes sortes dâhumiliations et de sĂ©vices sexuels. Les medias français, et plus particuliĂšrement les chaines de tĂ©lĂ©vision, Ă quelques exceptions prĂšs, ont quasiment ignorĂ© ce mouvement, prĂ©fĂ©rant insister sur des faits divers. Mais, dira t on, que reprĂ©sente Gafsa pour les Français pour que les media lui accorde une certaine importance ? Il serait alors intĂ©ressant de leur rappeler que pendant des dĂ©cennies, leurs grands pĂšres ont exploitĂ© le phosphate de ce bassin minier et que si les populations de la rĂ©gion sont aujourdâhui pauvres, câest en partie la responsabilitĂ© de la France! Dâun autre cĂŽtĂ©, ne peut-on pas dire que les media français ont le devoir dâinformer les français sur la politique dictatoriale de Ben Ali que leurs prĂ©sidents nâont cessĂ©e de soutenir? En effet, malgrĂ© les rapports des organisations de dĂ©fense des droits humains, tous accablants pour le rĂ©gime tunisien, Chirac et Sarkozy, notamment, ont, plus dâune fois, fait lâĂ©loge de leur ami dictateur. Les Tunisiens ne sont pas prĂšs dâoublier la fameuse dĂ©claration de Chirac sur le ââmiracleââ tunisien ou celle oĂč il Ă©numĂ©rait les droits les plus Ă©lĂ©mentaires, garantis selon lui en Tunisie et dont on peut se contenter: le droit de manger, le droit dâavoir un logis, le droit dâaller Ă lâĂ©cole. Si Chirac voulait ainsi dire que les droits politiques Ă©taient un luxe en Tunisie, Son successeur, Sarkozy, lui, a fait un pas en avant, en dĂ©clarant que des progrĂšs remarquables en matiĂšre de respect des droits et des libertĂ©s en Tunisie Ă©taient un fait. Quoi de plus encourageant pour un dictateur? *Radhia Nasraoui est avocate tunisienne et prĂ©sidente de lâAssociation de lutte contre la torture en Tunisie.
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Crise du Syndicat des journalistes Tunisiens
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La précarité des vieux contre celle des jeunes
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LâĂ©cart affligeant dâun vieux journaliste de la place[1] lors dâune audience officielle du Syndicat des journalistes tunisiens fut vite classĂ© sans suite. Serait-ce ordinaire ? Sâagit-il dâune colĂšre dâun journaliste comme les autres?
HonnĂȘtement, nous ne le pensons pas une seconde. Lâapproche psychologique nous semble offrir une « heuristique » individuelle Ă ce comportement, elle ne peut cependant pas expliquer sa dimension collective, son expression de groupe, lâacharnement organisĂ© de  journalistes amis du pouvoir contre le bureau exĂ©cutif de leur syndicat.
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Lutte de classe
Nous prenons trĂšs au sĂ©rieux lâaccĂšs de violence du malheureux quinquas et le plaçons  à un niveau plus conscient, plus social. Par-delĂ le bien et le mal, ce traĂźtre coup illustre un haut fait de classe. Oui classe ; quelque espĂšce de petits-responsables fragilement suspendus Ă lâindescriptible configuration « politico-Ă©conomique » dominante.  Dans le monde de la presse, ils se recrutent Ă lâanciennetĂ© (Ă la durable soumission), Ă lâusure ou Ă lâinitiative des journalistes eux-mĂȘmes !!!  Sujets Ă diverses pressions et contrĂŽles, invisibles voire mĂȘme contradictoires, leur bail se rĂ©vĂšle  prĂ©caire, aux termes volatiles. Quatre cinq ans pour sâen sortir, en tout et pour tout !!! Trop court pour des Ă©tats dâĂąme, nâest-ce pas ?!!!
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Pour le coup ce nâest pas de conscience individuelle quâil sâagit mais bien plutĂŽt de conscience collective, de classe, anonyme et impersonnelle ; les dĂ©tracteurs du bureau actuel du SNJT sont par ailleurs courtois affables et pleins de tact pour certains !! Un cas dâĂ©cole marxiste.  Nous suggĂ©rons cette vieille hypothĂšse de sociologue pour expliquer le combat que livrent dâanciens journalistes hostiles au bureau exĂ©cutif du SNJT.
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De lâart de la projection
Les arguments courts accablant le SNJT de fumeux agissements politiciens et dâinfidĂ©litĂ© au mandat syndical, paraissent tout au plus mesquins. « Qui peut le plus peut le moins », leur rĂ©torque-t-on. Si le SNJT pouvait si bien se prĂ©valoir de libertĂ©s politiques, câest que les libertĂ©s syndicales Ă©taient dĂ©jĂ acquises !!! Que la lutte, les manifs, sit in et grĂšves des journalistes prennent tellement un cours normal, deviennent monnaie courante que le bureau exĂ©cutif puisse se permettre le luxe de servir une chapelle politique ou lâautre (Ă supposer  quâelles existent pacifiquement) !!!
Lâunique libertĂ© politique offerte aux membres du syndicat des journalistes tunisiens, est celle offerte aux militants de nâimporte quel autre syndicat tunisien : rendre visite en plein jour aux responsables du Parti au pouvoir, jamais Ă ceux de lâopposition, pour la bonne raison que ceux-lĂ ne peuvent recevoir ou presque !! Les seuls agissements politiques objectivement possibles seraient paradoxalement entrepris par ces affidĂ©s et autres francs-tireurs du Parti de la majoritĂ©, ceux-lĂ mĂȘmes qui dĂ©nient toute politisation de lâexercice syndical (les dĂ©tracteurs de lâactuel bureau !!!) Un parfait exemple de projection psychologique oĂč lâon rejette sur lâautre nos propres torts !!
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Contre le pigisme, pour un emploi
Cela ressemble plutĂŽt Ă une guerre des gĂ©nĂ©rations. Et pour appeler un chat un chat Ă une vulgaire lutte de classes. Nos vieux rĂ©dacteurs, affublĂ©s de lâinsigne titre de « rĂ©dacâ chef », tiennent aux menus privilĂšges de la fonction. Tandis que les jeunes veulent en finir avec le « pigisme », se « clouer » ne serait-ce quâune annĂ©e ou deux.
Mais, par-delĂ la conjoncture du secteur, ils se retrouvent en butte Ă une hiĂ©rarchie vieillotte, stratĂ©giquement servile. Plus prĂ©cisĂ©ment Ă des directions pyramidales sans contrĂŽle financier, ni syndical, sans conseil dâadministration, ni assemblĂ©es, sans responsables directs et sans convention de collaboration officielle!!! Ils sont Ă©trangers Ă la maison, hĂŽtes, « pigistes » !!!
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Il est vrai que la pige est une bonne maniĂšre dâapprendre, une meilleure façon dâencadrer un journaliste. Il nâen est pas moins vrai que le pigisme constitue un rouage du systĂšme. Il sâagit de tenir Ă lâĆil, les jeunes journalistes. Pas par pur solidaritĂ© de gĂ©nĂ©ration, mais bien parce quâils reprĂ©sentent objectivement une menace rĂ©dactionnelle, dĂ©ontologique et Ă©conomique vis-Ă -vis des « rĂ©dac chef » !!!!
Ces derniers sâopposent Ă tout exercice syndical loyal. Ils y laisseraient de toute Ă©vidence des plumes : les privilĂšges illĂ©gaux, les passe-droits, le nĂ©potisme, les cabales et autres magouilles. Leur hostilitĂ© Ă lâĂ©gard du syndicat nâest guĂšre personnelle, elle exprime trivialement une trouille de classe : « perdre un logement, une voiture et sa femme de fonctionâŠ.) !
Ne serait-ce que pour avoir un poste et un salaire digne (et pas seulement des piges), les frais Ă©moulus de lâIPSI, les jeunes rĂ©dacteurs reporters, eux, nâont dâautres solutions que de se battre, collectivement, en rang dâoignons, animĂ©e dâune conscience aigue de leur condition : de « vrais prolĂ©taires » condamnĂ©s Ă vendre leur force de plumes au plus offrant !!!! Ils savent pertinemment quâun bureau policĂ©, alignĂ©, usurpĂ©, ne sert que les intĂ©rĂȘts du patronat. De par mĂȘme leur condition, ils sont acculĂ©s Ă Â un exercice syndical loyal.
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On vient de le voir, les routes sĂ©parĂ©es des uns et des autres expliquent les querelles intestines du syndicat des journalistes. Des querelles adossĂ©es Ă une conscience de classe assez forte chez les « dĂ©tracteurs du SNJT » mais qui tarde Ă se former et sâassumer telle chez les militants « prolĂ©taires » jeunes en majoritĂ©. Notre hypothĂšse la plus optimiste nous fait penser que : seule une action collective, frontale, une action de classe, pourrait donner ses contours Ă cette conscience. Seule une lutte des jeunes, sans relĂąche et sans illusion contre cette manufacture de la prĂ©caritĂ©, avec les risques du « mĂ©tier syndical » (renvoi, arrestationâŠ.) seule cette lutte « de militants » sauverait le SNJT des mains de ses assassins. Pas les congrĂšs, surtout pas les pĂ©titionsâŠEncore moins les narcissismes chroniqueurs !!!!
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Jamel HENI
Journaliste, psychologue
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[1] Le responsable du comitĂ© dĂ©ontologie en Ă©tait arrivĂ© aux mains lors dâun Ă©change avec le PrĂ©sident actuel du SNJT
23/07/2009 – AFP – Dix annĂ©es au pouvoir, et dix annĂ©es de changement pour le Maroc. SuccĂ©dant Ă son pĂšre, Mohamed VI a su faire avancer le pays, Ă©conomiquement, mais aussi socialement et politiquement. Pourtant, son bilan reste mitigĂ© sur les questions des libertĂ©s et de l’Ă©ducation notamment. Le roi Mohammed VI du Maroc passe aujourd’hui le cap des 10 ans d’un rĂšgne caractĂ©risĂ© par des rĂ©formes importantes mais aussi des frustrations dans, notamment, les domaines de l’Ă©ducation, la santĂ©, les droits de l’Homme et la justice. Les cĂ©lĂ©brations officielles n’auront lieu qu’Ă la fin du mois, avec un discours trĂšs attendu le 29 juillet et, le lendemain, la traditionnelle et haute en couleurs cĂ©rĂ©monie d’allĂ©geance, la bey’a. L’endroit oĂč se dĂ©roulera cette FĂȘte du trĂŽne, qui a lieu chaque annĂ©e et correspond aussi Ă la fĂȘte nationale, n’est pas encore annoncĂ© mais la presse marocaine penche pour TĂ©touan ou Tanger, deux villes du nord du pays. A cette occasion, le souverain alaouite, tout de blanc vĂȘtu, Ă cheval et protĂ©gĂ© du soleil par un parasol tenu Ă bout de bras par un serviteur, traverse une foule de personnalitĂ©s -oulĂ©mas (docteurs en thĂ©ologie), ministres, hauts fonctionnaires, parlementaires, etc. – qui se courbent Ă son passage et font acte d’allĂ©geance. “Statut avancĂ©” dans l’UE C’est le 23 juillet 1999 au soir que Mohammed VI, alors ĂągĂ© de 35 ans, a succĂ©dĂ© Ă son pĂšre Hassan II, dĂ©cĂ©dĂ© le mĂȘme jour.Dix ans ont passĂ© et, indĂ©niablement, le Maroc bouge. En 2008, le pays a obtenu de l’Union europĂ©enne un “statut avancĂ©” qui lui permettra Ă terme d’accĂ©der librement au marchĂ© europĂ©en et se dote d’infrastructures (routiĂšres, ferroviaires, portuaires) sans commune mesure au Maghreb. Sur le plan Ă©conomique, les trois principaux postes de recettes budgĂ©taires -tourisme, transferts de fonds des MRE (Marocains rĂ©sidant Ă l’Ă©tranger) et exportations de phosphates- accusent des baisses sensibles, “impactĂ©s” par la crise mondiale. MalgrĂ© cela, le Maroc enregistre une croissance annuelle de son PIB d’environ 5%, un taux qui ferait la joie de nombre d’Ă©conomies occidentales. LibertĂ©s en demi-teinte Sur le plan des libertĂ©s, le bilan est contrastĂ©. Les victimes des “annĂ©es de plomb” du rĂšgne prĂ©cĂ©dent ont Ă©tĂ© indemnisĂ©es Ă l’issue d’un travail important -Ă dĂ©faut d’ĂȘtre complet, puisque les tortionnaires n’ont Ă©tĂ© ni nommĂ©s ni inquiĂ©tĂ©s- de l’Instance Ă©quitĂ© et rĂ©conciliation (IER). Un nouveau code de la famille (Moudawana) a Ă©tĂ© adoptĂ© en 2004, donnant aux femmes (presque) les mĂȘmes droits qu’aux hommes, rendant plus difficile la rĂ©pudiation et la polygamie. Et ce, malgrĂ© l’hostilitĂ© des islamistes radicaux. Commandeur des croyants (Amir Al-Mouminine), Mohammed VI a aussi initiĂ© une ambitieuse reconquĂȘte du destinĂ©e Ă promouvoir un islam tolĂ©rant. Enfin, la presse Ă©crite jouit d’une libertĂ© enviable dans le monde arabe, dĂšs lors qu’elle ne remet pas en cause la religion (rite sunnite malĂ©kite officiel), la monarchie ou l’intĂ©gritĂ© territoriale (le Sahara occidental, annexĂ© par le Maroc en 1975). Une vingtaine de quotidiens et hebdomadaires marocains sont toutefois sortis sans Ă©ditorial le 10 juillet pour protester contre de rĂ©centes dĂ©cisions de justice prononcĂ©es Ă l’encontre de trois journaux arabophones et d’un mensuel Ă©conomique francophone, condamnĂ©s Ă de lourdes amendes pour diffamation. Corruption, analphabĂ©tisme… L’indĂ©pendance de la justice est rĂ©guliĂšrement critiquĂ©e par la presse et les ONG marocaines, qui affirment que torture et dĂ©tentions arbitraires continuent. Et, en dĂ©pit des efforts des autoritĂ©s, la corruption reste largement pratiquĂ©e Ă tous les niveaux. Selon l’Instance centrale de prĂ©vention de la corruption (officielle), le Maroc a “rĂ©gressĂ© de la 37Ăšme place sur 90 Etats en 2000 Ă la 80Ăšme place sur 180 en 2008”. Enfin, plus de 40% de la population est encore analphabĂšte et les inĂ©galitĂ©s sociales perdurent. Et, dans le rapport mondial sur le dĂ©veloppement humain 2007-2008 du PNUD (Programme des Nations unies pour le dĂ©veloppement), le Maroc occupe une peu flatteuse 126Ăšme place. 2009/ AFP
NOUAKCHOTT – Le prĂ©sident de la commission Ă©lectorale en Mauritanie, Sid’Ahmed Ould Deye, a annoncĂ© jeudi sa dĂ©mission de la prĂ©sidence de cet organisme en raison de “doute” sur la “fiabilitĂ©” du scrutin prĂ©sidentiel du 18 juillet. Il a “constatĂ© comme beaucoup d’autres que les Ă©lections prĂ©sidentielles se sont dĂ©roulĂ©es normalement, dans les formes”, selon un communiquĂ© transmis Ă l’AFP. Mais “les plaintes que j’ai reçues ainsi que les contenues des recours adressĂ©es au Conseil constitutionnel ont semĂ© le doute dans mon esprit sur la fiabilitĂ© de ces Ă©lections quant au fond”, a-t-il ajoutĂ©. “C’est pour cela et pour ne pas ĂȘtre en contradiction avec ma conscience que j’ai dĂ©cidĂ© de prĂ©senter ma dĂ©mission de la prĂ©sidence de la Ceni (Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante) Ă compter de ce jour”, a-t-il conclu. Sid’Ahmed Ould Deye doit tenir une confĂ©rence de presse dans l’aprĂšs-midi. DirigĂ©e par un reprĂ©sentant de la sociĂ©tĂ© civile, Sid’Ahmed Ould Deye, la Ceni est notamment constituĂ©e de six membres de l’opposition et de six autres membres de la majoritĂ© favorable au putsch du 6 aoĂ»t menĂ© par le gĂ©nĂ©ral Mohamed Ould Abdel Aziz qui a remportĂ© le scrutin de samedi. AFP / 23 juillet 2009 Â
AFP: 2009-07-23- La majoritĂ© parlementaire soutenant le nouveau prĂ©sident Ă©lu de Mauritanie, le gĂ©nĂ©ral Mohamed Ould Abdel Aziz, a appelĂ© mercredi l’opposition Ă accepter sa dĂ©faite au scrutin prĂ©sidentiel du 18 juillet. “Nous demandons Ă l’opposition d’accepter la victoire du candidat Ă©lu avec une majoritĂ© Ă©crasante et Ă s’orienter vers l’avenir en jouant son rĂŽle d’opposition dĂ©mocratique”, a dĂ©clarĂ© Moustapha Ould Abeiderrahmane, porte-parole de la majoritĂ© au Parlement. Les dĂ©putĂ©s soutenant le gĂ©nĂ©ral Ould Abdel Aziz sont 61 (sur les 95 que compte l’AssemblĂ©e). M. Ould Abeiderrahmane a estimĂ© que “toute la classe politique doit s’inscrire dans la logique du respect de la volontĂ© du peuple, de la lĂ©galitĂ© et des accords signĂ©s par elles notamment l’accord de sortie de crise de Dakar”. Trois candidats, dont le chef du principal parti d’opposition, Ahmed Ould Daddah, ont dĂ©noncĂ© les rĂ©sultats de cette Ă©lection et dĂ©posĂ© mardi un recours devant le Conseil constitutionnel qui a huit jours pour se prononcer. Les trois hommes ont d’ailleurs appelĂ© Ă un “grand” meeting de protestation samedi Ă Nouakchott pour dĂ©noncer “cette mascarade d’Ă©lection”, a affirmĂ© Ă l’AFP un haut dirigeant du Front national pour la dĂ©fense de la dĂ©mocratie (FNDD, opposition anti-putsch). Le scrutin “s’est dĂ©roulĂ© dans le calme”, a relevĂ© jeudi le ministĂšre français des Affaires Ă©trangĂšres en rĂ©ponse Ă une question sur les recours dĂ©posĂ©s par trois candidats dĂ©nonçant des “fraudes massives”. “Il Ă©tait suivi par quelque 320 observateurs internationaux” qui “ont soulignĂ© le climat de sĂ©rĂ©nitĂ© et de responsabilitĂ©” lors de cette Ă©lection, a ajoutĂ© le porte-parole du Quai d’Orsay, Eric Chevallier. Ces observateurs “ont fait Ă©tat d’un dĂ©roulement globalement satisfaisant des opĂ©rations Ă©lectorales, du bon fonctionnement des bureaux de vote et d’un dĂ©pouillement rigoureux et transparent”, a-t-il encore prĂ©cisĂ©. “Plusieurs candidats ont dĂ©jĂ reconnu la victoire du prĂ©sident (Mohamed Ould Abdel) Aziz. D?autres contestent les conditions de la campagne Ă©lectorale et de l?Ă©lection” via un recours auprĂšs du Conseil constitutionnel, qui a huit jours pour statuer avant de proclamer les rĂ©sultats dĂ©finitifs”, a ajoutĂ© le porte-parole. 2009- AFP