Bizerte, le 15 février 2007 Le 14 février 2007, le tribunal cantonal de Menzel Bourguiba présidé par le juge Moazz Boughazala a prononcé un jugement condamnant le jeune Kabil Naceri, ex prisonnier politique, à une peine d’emprisonnement de deux mois fermes pour contravention au contrôle administratif. C’est la troisième fois que Kabil Naceri est jugé pour la même accusation et par le même magistrat. Les deux premiers jugements avaient été infirmés en appel, un non-lieu ayant été prononcé conformément à l’article 23 du Code Pénal, ce dernier ne disposant nullement que le condamné à une peine de contrôle administratif soit astreint à émarger dans des postes de police. De plus, la loi ne justifie en aucune manière cette mesure arbitraire et inique. Le décret du ministère de l’Intérieur et du Développement Local pris à l’encontre de Kabil Naceri prévoit qu’il « réside 19 rue du Sénégal, En Najah, Menzel Bourguiba, Gouvernorat de Bizerte jusqu’à la fin de sa peine complémentaire », uniquement. Comme nous le disions dans notre précédent communiqué « Kabil Naceri a été condamné à trois ans d’emprisonnement par la chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis et au contrôle administratif pour une durée de cinq ans (dans l’affaire dite de l’ « Ariana ». Il a été libéré le 2 novembre 2005 après avoir effectué près de deux ans et huit mois de sa peine. Après sa sortie de prison il a été suivi et agressé à diverses reprises par les agents de la Brigade Spéciale et il a dû émarger quotidiennement au poste de la Sûreté au prétexte du contrôle administratif. Il a refusé de s’astreindre à cette mesure illégale l’empêchant de gagner sa vie ». La LTDH, section de Bizerte, dénonce (…)
Pour le comité de section Le Président Ali Ben Salem (traduction d’extraits, ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
Constitution d’un comité pour le droit de Jalel Ben Brik Zoghlami à exercer sa profession d’avocat
Email : comit_avocatzoghlami@yahoo.co.uk
Un congrès de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme interdit
Tunisia court bans congress of human rights league
Tunisian court forbids leading human rights group from holding conference
La justice annule la convocation du congrès de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme
Tunisie: le président Ben Ali appelé à assurer un nouveau mandat
Les partis pris des juges en Tunisie
Yahyaoui Mokhtar
Le samedi 17 février, l’affaire de l’LTDH pendante devant les tribunaux depuis multi renvois qui ressemblaient plus à un déni de justice qu’elle ne répondait aux requêtes des parties a vu en fin son verdict prononcé. En fait ces renvois successifs auxquels le tribunal à procéder jusqu’à présent ne laissait aucun doute planer sur le sens du jugement. Tout le monde savait que l’affaire fait l’objet de tractation entre pouvoir et parties concernés, des tractations en marge desquels, des pressions étrangères sont exercés. La justice été ainsi l’otage du compromis auquel les parties ne sont pas parvenues. Une justice dont le rôle ici n’avait rien à voir avec les sens de justice laisser entendre sur le plan d’impartialité et de neutralité. Personne n’ignorait qu’elle ne fait dans cette affaire qu’un outil au mains du pouvoir pour obliger ses adversaires à accepter le compromis qu’il cherchait car l’objet même du contentieux visait à empêcher la ligue tunisienne des droits de l’homme de tenir le congrès extraordinaire qu’un jugement précèdent de ce tribunal le condamnait de l’organiser.
En l’an 2000 le congrès ordinaire tenu par la ligue tunisienne des droits de l’homme à été annulé en vertu d’une décision judiciaire à l’issu d’une longue crise entre la plus grande ONG indépendante du pays et première ligue des droits de l’homme d’Afrique. La décision prononcé par la justice à l’époque stipulé aussi que le comité directeur de la LTDH issue de ce congrès dont le jugement à prononcé l’annulation continue à diriger la ligue en vue de la préparation et la tenue d’un congrès extraordinaire dont l’objet sera l’élection d’une nouvelle direction. Cette anomalie contradictoire qu’aucun esprit juridique ne peut tolérer n’été pas du au faits des juges qui ont eu à juger la question. En réalité le jugement été le résultat d’un compromis entre le pouvoir et les barons de la célèbre organisation que les juges n’ont même pas eu à rédiger les énoncés. Cet arrangement que la justice a servi d’outil pour le parapher, n’été qu’un compromis de dupes comme il se révélera immédiatement après. Le pouvoir n’a jamais eu l’intension de laisser la ligue mener en toute liberté ses activités, comme la direction de la LTDH n’avait jamais songé vraiment à se consacrer à la mission transitoire de préparation du congrès extraordinaire dont elle est obligée par le jugement.
Depuis 2000 jusqu’à hier 17 02 2007 un bras de fer à l’usure à été mené, la ligue décrite officiellement comme « un acquis national qu’il faut préserver » n’a jamais été aussi amoindri et vidée de sa mission comme elle l’est aujourd’hui. Plus grave encore cette lutte acharnée entre pouvoir et opposition autour de la ligue s’est faite au détriment des principes et des nobles missions pour lesquels cette organisation à été créée. Aujourd’hui la ligue n’est plus qu’un temple hanté ou seul les plus folles « ambitions» politiques et les plus sordides luttes de clans peuvent cohabiter.
Dans ce combat le véritable perdant n’est ni le pouvoir ni la célèbre ONG, c’est la justice qui à tracé une des plus sombre page de son histoire de subordination et de manipulation et donnait à qui le cherchait un témoignage supplémentaire de sa situation d’appareil soumis aux grés des manipulation d’un pouvoir totalitaire ou se confondent toutes les institutions. Cette justice à partis pris n’est plus que le écho apparent de la situation de domination sans issue auquel est soumis tout un pays et qui la condamne à tourner en rond.
Le même jour deux autres affaires symptomatiques de cette situation sont examinées devant deux autres chambres du même tribunal. La première chambre civile est saisie du recours en annulation du derniers congrès de l’association des Magistrats Tunisiens. Une parodie manipulée par le ministère de la justice contre les élus représentatifs des magistrats après un complot digne de malfrats dirigés contre le bureau exécutif de leur association. Des membres du bureau légitime de l’association ont porté cette affaire devant la justice contre le bureau exécutif installé représenté par son nouveau président Tarak Braham. En même temps ce dernier, qui est normalement convoqué en tant que prévenu dans la précédente affaire, présidait quant à lui la quatrième chambre criminelle, chargée de juger en vertu d’une fameuse loi d’exception du 10 décembre 2003 concernant le lutte contre le terrorisme 14 jeunes d’une série de procès procédant d’une vague de répression aveugle et sans précédant dirigée contre la jeunesse tunisienne depuis quelque temps.
Mme Majda Kharroubi qui présidait la première chambre civile est devant une affaire en stade préliminaire ou des avocats sont venue se constituer au nom des demandeurs alors que personne n’a assisté au nom de l’autre partie. Normalement l’audience est purement formelle et préparatoire dans le cycle d’un procès si nous étions devant une justice sereine et sans partis pris. Mais les instructions qu’elle semble avoir reçu voulaient que l’affaire s’arrête là et que le procès prend fin n’importe comment. Les avocat qui venaient de se constituer demandaient le report de l’affaire pour présenter leurs conclusions, la partie adverse non représenté à cette audience ne pouvait pas s’opposer à leur requête et même si elle l’été l’affaire est encore en stade préliminaire et ce droit leurs est garantie par les règles de procédures. Contre toute logique et au mépris des règles les plus élémentaires de procédure la demande de report est rejetée et l’affaire est retenue pour délibération et prononcé du jugement le 3 mars 2007. Les avocats surpris, font remarquer à la présidente qu’elle ne leur avait pas donner le droit à la parole pour plaider avant de décider de juger, la dame inflexible voulait justement censurer leurs plaidoiries. Des avocats dont elle venait juste d’enregistrer leur constitution aux noms de leurs clients leur font remarquer qu’ils n’ont pas encore eu le temps pour présenter leurs conclusions pour leurs clients et au mépris des règles de procédure elle leur dit qu’ils peuvent les joindre entre temps. Ce n’est certes pas facile de devenir par ces temps président de chambre au tribunal de première instance de Tunis, ses collègues demandeurs dans cette affaire ont été tous mutés dans de lointains tribunaux d’intérieur, mais indépendamment du prix à payer dans une justice aux ordre pour sa promotion le comportement de Mme Majda Kharroubi trahi un partis pris délibéré qui vide la justice de tout son sens.
De son coté le juge Tarak brahem préside une séance d’un procès criminel ou les accusés exclusivement jeunes sont en face d’une grave accusation de terrorisme en vertu d’une loi qui n’a prévu aucun respect pour leurs droits. La séance réservé aux interrogatoires, c’est en général la première occasion qu’ils ont pour pouvoir parler à un tribunal avec l’assistance de leurs avocats et en présence de leurs parents et des représentants de la presse et même d’observateurs étrangers et certains indépendamment du résultat la saisissent pour se défendre farouchement et parler des conditions de leurs arrestations et de leurs instructions. Des révélations que ni les juges d’instructions ni ceux des chambres d’accusation n’ont jamais pris en considération. Grâce à la publicité du procès les accusés comme les magistrats sont conforté par la présence et la solennité de l’audience pour pouvoir jouer chacun le rôle qui est le sien dans l’éclaircissement de l’affaire et l’application transparente et impartiale de la loi. Mais pour cela il faut que le magistrat n’a pas pris déjà partis, un état qui n’est pas difficile à deviner par sa façon de conduire la tenue du Procès. En général c’est à des magistrats qui ont perdu irrémédiablement l’âme du juste auxquels on confie ce genre de procès en Tunisie. Taek Brahem est de ceux là, le seul honneur auquel il crois est celui qui lui garantie dans l’immédiat les qualités et les fonctions dont il est doté maintenant.
La première précaution qu’il a prise est de couper le circuit audio de la salle du procès. En général les magistrats dans des procès ordinaires n’acceptent pas de mener une leurs audiences dans des salles ou l’installation audio est défectueuse car eux même n’arrivent pas à entendre ni à se faire entendre dans ces conditions. Pour cette fois c’est une pratique pour ne pas laisser la voie des prévenus la possibilité d’être entendue correctement. Les minutes d’audiences enregistrées par le greffier lui sont dictées par le président du tribunal et c’est dans la façon de ce dernier de rendre compte des déclarations des accusés que se manifeste réellement son impartialité. Et c’est précisément là que le scandale à éclater dans ce procès. Le président d’un tribunal par ses question et par sa façon de traiter les avocats et les accusés de forge son statut d’adversaire ou de juge digne de respect. Mais quand en vient avec l’esprit d’accusateur pour se départir d’une mission la parole peut rester libre et indompté malgré lui mais la plume reste serve et c’est lui qui lui fait écrire le scénario assorti au verdict qu’il a déjà reçu l’ordre de prononcer.
Ainsi la pagaille s’installe, la salle est évacuée, le président du tribunal va se charger des nouvelles instructions et en général le procès ne reprend que tard dans l’après midi à huit clos et accusés et avocats sont dorénavant certain d’être devant un juge qui a pris partie dans son procès, la justice est piétinée et les justiciables humiliés et cela se répète maintenant depuis des dizaines d’années au point que tout un Etat est entrain de perdre toute crédibilité.
En vertu de la constitution « les magistrats ne sont soumis dans l’exercice de leurs fonctions qu’à l’autorité de la loi. » et le pouvoir lui-même ne cesse de le répéter chaque fois qu’il est confondu avec les scandales à répétition qui sont entrain d’offrir ces parodies de procès ces dernier temps. Cela n’a pas empêché d’augmenter la cote de ce genre de magistrats qui semblent tellement assurés d’une impunité infinie qu’ils ne trouvent plus de limites à leur mépris de notre droit à une justice digne de notre temps.
Les partis pris des juges en Tunisie ne sont que l’aspect concret d’une justice politisée, courroie d’un pouvoir totalitaire ou le juge devient la personnification de l’arbitraire et la loi n’a plus que le respect de ceux qui sont incapable de l’enfreindre à volonté. Une situation qui ne peut qu’aggraver la crise que connaît notre pays et faire perdre les derniers repères tellement le domaine de l’arbitraire s’étend avec désinvolture et provocation.
Yahyaoui Mokhtar – Tunis, le 19 février 2007
(Source : le blog « TunisiaWatch », le 19 février 2007)
Lien :
http://tunisiawatch.rsfblog.org/archive/2007/02/19/les-partis-pris-des-juges-en-tunisie.html
Un air de liberté souffle-t-il sur les médias tunisiens?
Fait inédit, InfoTunisie.com (officiel) cite les interventions et les noms de 3 universitaires indépendants! Certes, c’est en bas de page en marge de la couverture des activités d’un parti devenu satellitaire (le MDS), composant avec le PSL, l’UDU et le PUP le Quatuor de l’AD (l’Allégeance -dite Alliance- ‘démcoratique’) au pouvoir en place. Mais tout de même! c’est une première ! Quel sens donner à cette nano-‘ouverture’?
On assiste, ces jours-ci, au retour de certaines plumes critiques vis-à-vis du régime en place et de ses atteintes aux libertés fondamentales et surtout au baillonnement de la presse, mais aussi d’autres noms qui ne plaisent pas.
Ainsi, les lecteurs de la Presse de Tunisie (gouvernemental) savourent le retour de l’enfant terrible de la presse culturelle tunisienne, le Grand Khaled Tebourbi qui a repris son billet hebdomadaire Contrepoint. Une écriture d’une rare qualité et d’une profondeur exceptionnelle, mêlant connaisssances érudites, lucidité sur le présent et vision prospective de l’avenir (“Le malouf, demain”…, Contrepoint, La Presse de Tunisie, 11 février 2007, au sujet de la nomination de Zied Gharsa à la tête de la Rachidia). Cette chronique est révélatrice de l’éveil national face à la sous-culture de bas niveau érigée en modèle culturel par la dictature. L’éveil de la Nation n’est pas seulement politique, il est aussi culturel, l’oeuvre de Khaled Tebourbi et de ses disciples est d’une grande importance dans le sursaut national et la préparation “de demain”..
Le Grand historien Hichem Jaït est à la “Une” du grand quotidien arabophone Assabah. Le même quotidien publie des Billets assez critiques de Assia Atrous et Amel Moussa pour ne citer que les courageuses journalistes tunisiennes. Le journaliste Salah Atiya s’est fait remarquer par ses reportages dignes d’un Grand journaliste et par une liberté de ton inhabituelle durant les années de plomb. Assabah est aussi le seul journal à couvrir d’une manière de plus en plus crédible et détaillée, tant soit peu, les procès des groupes accusés de terrorisme.
L’édition francophone de la maison Assabah, le quotidien Le Temps, s’est illustrée par la publication de tribunes assez courageuses.
L’hebdomadaire francophone Tunis Hebdo observe une attitude plus réservée vis-à-vis des derniers affrontements, mais publie des billets critiques sur la réalité sociale et des papiers économiques de valeur. C’est la même attitude du magazine Réalités.
Les titres de Hédi Mechri n’ont jamais exprimé si justement et à lettre le nom de leur directeur, un vendu, qui ne se soucie que de ses interets et des trésors de sa cave à vins et autres ‘biens’. Quant au magazine ‘sportif’ de la famille présidentiel, Univers Sport, il a tout simplement disparu !
Quant au seul hebdomadaire privé, non partisan, privé de publicité, Akhbar Al-Jomhouriyya, sa rédaction multiplie les reportages et les prises de position, d’un courage exceptionnel, depuis l’Edito sur la “Crise de confiance “ qui secoue “les milieux d’affaires qui ne sentent plus protégés par la Loi”, en marge de l’affaire des Pick-up Isuzu engendrée par les extravagances maffieuses des membres de la ‘belle famille’ présidentielle, jusqu’au fameux titre: “Nous voulons la vérité”
Ceci sans parler du courage et des qualités hors-pair des journalistes de Al-Mawqif (organe du PDP) et du nouveau né Mouwatinoun (organe du FDTL) et des journalistes de Kalima, de Al-Hiwar, Al-Badil Express , Le Maghrebin, des écrits quotidiens sur les liste de diffusion Tunis News , Maghreb DDH (Des Droits de l’Homme) … ou les correspondances courageuses (pour des médias étrangers) de Rachid Khéchana pour Al-Hayat, de Slaheddine Jourchi pour SwissInfo International, de Lotfi Hajji pour Al-Jazeera, de Mohamed Fourati pour Islam-on-Line, de Slim Boukhdhir pour Al-Misri-al-Youm.
Mais le plus étonnant vient de la mythique rue de Rome, siège du quotidien arabophone Al-Âmal, transformé en Al-Hurria -lors de la débourguibisation par la bénalisation engendrée par le coup d’Etat de 1987 et planifiée par Monser Rouissi, actuel Monsieur Droits de l’Homme du Palais!-. Après s’être débarrassés de leur dictateur local, le stalinien Moncef Gouja, les journalistes de ce quotidien (du parti) semblent vouloir respirer et étonnent par une relative liberté de ton dans les pages culturelles, sociétales et même économiques parfois, sans parler des dessins et commentaires humoristiques moqueurs.
Et, fait rare, une tribune quotidienne Minbar Al-Hurria est ouverte depuis peu aux intellectuels. L’univresitaire Kamel Omrane vient de signer une tribune remarquable sur le rôle de l’intellectuel. On pouvait y lire: “l’intellectuel doit assumer son rôle au sein de la société et s’imposer aux médias, malgré la persistance de certaines mauvaises pratiques (..) dues à des interprétations et initiatives personnelles arriérées (..) du rôle des médias”.
Certes Al-Hurria fait dans la langue de bois et ouvre ses colonnes à des incultes, tel le nouveau idéologue Baâs arabe de l’Académie politique (!) du parti au pouvoir, le “Dr” Mohamed Néjib Boutaleb, qui trône sur l’Institut supérieur des Sciences Humaines Ibn Charaf de Tunis, sans avoir les qualificatifs de l’excellence et du rayonnement scientifiques exigés pour pareille responsabilité. Mais le même Al-Hurria ose publier, en pleine période des affrontements armés de Hammam-Lif / Soliman, des articles exigeants, tel cette revendication d’un avocat “destourien” de la place pour: “une Information crédible comme seul remède à la rumeur”!
Est-ce l’apparition d’une différenciation des multiples centres de pouvoir, en matière des médias, entre le Palais, le Ministère des Communications et le Parti? Du point de la Sociologie politique, des intérets contradictoires portés par différents secteurs du régime peuvent engendrer des conflits, lequels pourront aboutir à des ouvertures contrôlées ou à l’apparition de différents centres décisionnels en concurrence. Nous reviendrons avec plus de détails et avec suffisament de recul sur cette perspective.
Est-ce une tentative de ré-éditer le compromis (de l’élite) de 1991 autour du régime?
Une mini-ouverture contrôlée s’était opérée, entre 1987 et 1991, vers des franges de l’élite tunisienne, animées plus par un combat idéologique (anti-islamiste) que par un idéal démocratique. 7 (sept) ministres de ‘gauche’ ou plutôt de ce que nous pouvons appeler “la droite et l’extrème droite marxiste” ou ce que les politologues contemporains appellent “Les fascistes de gauche” avaient alors été cooptés par le régime, à des postes clefs, pendant des périodes plus au moins conséquentes.
Des centaines de commissaires de police et des dizaines de Hauts fonctionnaires ont été sélectionnés parmi les groupuscules “gauches”. D’autres cooptations ont été opérées dans les milieux “islamistes” et du “nationalisme arabe”, mais aussi du Baâs.
C’est ainsi que ces “intellos” de service se retrouvent aujourd’hui à des postes clefs de Ministres (Fonction publique), d’Ambassadeurs (Genève, Islamabad, Khartoum), de Consuls (Paris), de Haut fonctionnaires de la police, de PDG d’entreprises nationales (ex pdg de Tunis Air), de Directeurs de médias (La Presse, ex directeur de Al-Hurria, ..), de Porte parole officieux de la Nation, sans aucun mondat d’aucune autorité quelle qu’elle soit (l’Enfant chéri bébé -BB- du Ministre de la Propagande) …
Mais les deux cas les plus parlants sont Ben Dhia, “intello” coopté en 1977 sous feu Hédi Nouira et le Baâs arabe Ouederni, “intello” coopté sous Ben Ali en 1987. A une décennie près, durant 30 et 20 ans, ces deux “intellos” de service ont fait pire que les technocrates et autres cadres de l’Etat, issus du parti et de ses organisations de masse.
Outre la conception de la vraie fausse Démcoratie, le vrai faux pluralisme, le vrai faux débat, les vraies fausses associations, la langue de bois, le mensonge érigé en système de gouvernement, ces deux ‘losqa’ (scotch) éternels d'”intellos” ont laissé libre court à leurs vices les plus extravagants. Nous reviendrons avec plus de détails sur les ravages du cas n° 2, une vraie catastrophe nationale.
Est-ce des pressions étrangères, amricaines et européennes, devant lesquelles nos gouvernants ont l’habitude de s’incliner?
Est-ce le début de la fin de la terreur exercée sur les médias tunisiens par le Ministre de la Propagande (bien qu’il soit Ministrou Mta Lafariyet Elbarraniya -appelation officielle en maltais des Affaires étragères, vu que nos dirigeants l’apprennent ces jours-ci!, qu’il a réussi à transformer en officine de propagande et de répression) Abdelwahab Abdallah (AbAb, Stayyech, Ettabbbou de ses multiples dimunitifs)?
Est-ce un changement de tactique de son alter-ego le Baas arabe, le DirCab présidentiel Yadh Ouederni, le manitou discret de la dictature et vrai patron du Palais de Carthage?
Est-ce le viellissement du plus ancien ministre de la planète, le Ministre d’Etat sans poretfeuille ministériel précis, Ministre Conseiller principal de l’actuel Président de la République et Porte-parole officiel de la Présidence, membre du Politburo, le septuagénaire Abdelaziz Ben Dhia, qui n’arrive plus à se tenir debout sans s’appuyer sur le dossier d’une chaise, ni à maintenir sa lourde tête dans un état décent lors de ses rares apparitions publiques?
Une chose est sûre, quelque chose se passe dans les médias. Il faut en prendre note. Il faut surtout comprendre ce qui se trame. Mais une chose est aussi sûre que cela: le patriotisme et la très grande compétence de nos valeureux journalistes tunisiens, dans tous les médias nationaux et internationaux, qui sauront le moment venu occuper l’espace de liberté que la dictature concèdera, qu’elle le veuille ou pas.
Et pour reprendre le Grand Maître Khaled Tebourbi: “Jubilation n’est cependant pas raison. Il faut que par-delà la satisfaction générale (somme toute ponctuelle), on sache aussi faire une bonne lecture du «terrain».“
Cet article dessiné à main levée est une invitation à cette lecture du terrain..
Colloque du Mouvement des démocrates socialistes sur ”Les jeunes et la violence”
InfoTunisie.com, Dimanche, 18 février 2007
Le Mouvement des démocrates socialistes (MDS) a organisé samedi, à son siège à Tunis, un colloque sur le thème ”les jeunes et la violence”, avec la participation des militants du mouvement et de plusieurs universitaires et journalistes.
Présidant l’ouverture des travaux, M. Ismail Boulahya, Secrétaire général du mouvement, a souligné la volonté de tout mettre en oeuvre, conformément au pacte du MDS, pour que la démocratie demeure le fondement de la vie publique.
Il a, par ailleurs, mis l’accent sur l’impératif de combattre le phénomène de la violence, indiquant que les récents affrontements armés, survenus en Tunisie, ont surpris tous les Tunisiens et suscité des réactions de dénonciation de ces actes que ni la religion, ni la loi, ne tolèrent, et soulignant l’importance de protéger la sécurité des citoyens et de défendre les acquis de la Tunisie et sa stabilité.
Le terrorisme, a noté M. Boulahya, étant devenu, au cours des dernières années, une question de portée internationale, les sociétés démocratiques s’emploient, sans discontinuer, à combattre ce phénomène, sur deux fronts complémentaires.
Il, s’agit, d’abord, de circonscrire ces groupes terroristes grâce aux dispositifs de sécurité de manière à les éliminer, a indiqué le secrétaire général du MDS, rappelant, dans ce contexte, que la Tunisie est parvenue à neutraliser tous les éléments du groupe armé qui a attenté à la sécurité du pays, ce qui confirme, a-t-il fait remarquer, l’importance de l’intervention résolue des forces de sécurité et le rôle de la justice dans l’organisation de procès transparents et juste pour punir ceux dont la culpabilité aura été prouvée.
Il s’agit, ensuite, a ajouté M. Boulahya, de l’action curative qui est plus étendue dans le temps et plus globale, dans la mesure où elle requiert la contribution de l’Etat, des partis et de la société civile.
Il a souligné, dans le même ordre d’idée, le rôle majeur imparti aux médias dans l’action de sensibilisation et la responsabilité majeure des intellectuels et des experts dans l’analyse de ce phénomène et la recherche de ses racines profondes et des facteurs qui l’alimentent.
Le secrétaire général du MDS a fait remarquer que le choix du thème de la rencontre qui s’inscrit dans le cadre de la célébration, par le mouvement, du 18ème anniversaire de la fondation de l’Union du Magreb Arabe (UMA), vient réaffirmer la volonté de mettre ce rêve, qui engage le destin des peuples maghrébins, au diapason des événements et des mutations survenus dans la région, s’agissant, notamment, de l’évolution du taux des jeunes dans la structure démographique des pays maghrébins et de l’apparition des manipulateurs qui cherchent à corrompre les jeunes, à les attirer dans les méandres de la pensée salafiste extrémiste et à les amener, une fois bien embrigadés, à commettre des actes de violence dans la région.
Ce qui est en contradiction avec le principe même d’édification d’un Maghreb arabe uni, démocratique et moderniste, en parfaite symbiose avec son temps. Trois communications ont été données au cours de la rencontre.
Dans la première, qui a eu pour thème ”les jeunes Maghrébins et les racines de la violence”, le professeur Moncef Ouanès a traité des divers facteurs pouvant pousser les jeunes à la violence sous ses diverses formes.
La deuxième communication a été présentée par le professeur Sami Braham sur le thème ”les racines intellectuelles de la violence politique, modèle du salafisme jihadiste”.
L’universitaire Salwa Charfi s’est intéressée, dans la troisième, au ”rôle des moyens médias et des chaînes satellitaires dans la diffusion de la culture de la violence”.
L’invité du lundi: Le bâtonnier Me Abdessatar Ben Moussa
Vers la constitution d’un parti démocratique, progressiste, pluriel et élargi
« Nous sommes contre toute tendance fondamentaliste et religieuse »
La politique, et non la religion, à l’origine des tensions Islam/Occident (sondage)