8 juin 2011

TUNISNEWS
11 ème année, N°4033 du 08.06.2011


AFP: Tunisie: les premières élections post-Ben Ali reportées au 23 octobre

AFP:La Tunisie au défi d’organiser ses premières élections libres

Reuters:Les élections en Tunisie reportées au 23 octobre

Reuters:Tunisia election delayed until Oct. 23

AFP: Emirats: demande de gel des avoirs de Ben Ali et de 120 autres Tunisiens

AFP: 74 Tunisiens évacués à Paris

AFP: Tunisie: 6.850 nouveaux réfugiés arrivés de Libye en 24 heures

AFP:Tunisie: la Justice rejette les propos de l’avocat français de Ben Ali

L´Eexpress: Les élections en Tunisie fixées au 23 octobre

Gnet:Tunisie: Béji Caïd Essebsi tance « ceux qui mettent tout en doute »

Le Parisien:Tunisie: les partis politiques s’inclinent face au report des élections

Espace Manager: Béji Caid Essebsi : la légitimité de ce Gouvernement « est fonctionnelle à défaut d’être constitutionnelle »

Kapitalis: Il n’y a pas eu de révolution en Tunisie, affirme un chercheur français

La Tribune :Eric DenécéLes révolutions arabes ne sont que des coups d’Etat militaires masqués

Bruno Gollnisch:« Printemps arabe » : jusqu’où ? Jusqu’à quand ?

Donne Ton Avis: Tunisie : La révolution à la croisée des chemins

Courrier International: Dégage ! La B.O. des révolutions arabes

Football365: FIFA : La voix de la Tunisie achetée ?

Mahrez Chabbi: La réaction des faux-culs

AFP: Turquie: la crise israélienne, un plus pour Erdogan avant les élections

AFP, le 8 juin 2011 à 11h43 GMT

Tunisie: les premières élections post-Ben Ali reportées au 23 octobre


Par Mohamed HADDAD et Daphné BENOIT
 
TUNIS, 08 Jui 2011 (AFP) – Les premières élections de l’après-Ben Ali en Tunisie, initialement prévues le 24 juillet, sont reportées au 23 octobre, pour permettre au pays pionnier du « printemps arabe » d’organiser un scrutin libre et transparent, a tranché mercredi le gouvernement au terme d’un vif débat.
« Nous avons pris en compte tous les avis et nous avons décidé de tenir les élections le 23 octobre », a déclaré à la presse le Premier ministre tunisien de transition, Béji Caïd Essebsi, lors d’une réunion avec les partis politiques.
« Le plus important, c’est la transparence des élections », a-t-il insisté, en soulignant que « la révolution et la Tunisie ont une réputation que nous devons protéger ».
Cette élection cruciale, qui aura valeur de test pour la transition démocratique dans ce pays récemment sorti d’une dictature, promet d’être suivie attentivement par la communauté internationale.
L’élection d’une Assemblée constituante, qui dotera le pays d’un pouvoir légitime, était prévue le 24 juillet. Mais la commission électorale avait demandé un report au 16 octobre, contre l’avis initial du gouvernement et de certains partis, en affirmant avoir besoin de ce délai pour organiser une élection crédible et transparente.
« Nous avions un choix: dissoudre la commission (électorale), revenir à des élections organisées par le ministère de l’Intérieur et retomber dans les tares de l’ancien régime, ou garder la commission. Nous avons donc décidé de la garder », a ajouté le Premier ministre.
M. Essebsi a également demandé aux Tunisiens de « rompre définitivement avec toutes les formes de grèves et de protestations » pour tenir les élections dans de bonnes conditions, en avançant que le pays, en difficultés économiques, « ne tolère plus de telles perturbations ».
D’âpres négociations s’étaient tenues ces dernières semaines avec les formations politiques pour parvenir à un consensus sur la date de ces élections cruciales, qui seront les premières depuis la chute le 14 janvier du président Zine el Abidine Ben Ali.
L’influent mouvement islamiste Ennahda, crédité d’au moins 20% des intentions de vote par les experts, semble avoir finalement accepté ce report, après avoir longtemps insisté sur le respect de la date du 24 juillet.
Il n’existe « pas de polémique concernant la date, on est tous d’accord, attelons-nous à mettre en exécution cette échéance », a déclaré à l’AFP un cadre dirigeant du mouvement Ennahda, Abdelfattah Mourou.
Une autre grande formation politique tunisienne, le Parti démocratique progressiste (PDP), s’est également rangée à l’avis de la commission électorale.
La plupart des petits partis, créés dans la foulée de la chute du régime, étaient favorables à un report pour mieux se préparer aux élections.
Cette élection doit déboucher sur la mise en place d’une Assemblée constituante, chargée de rédiger une nouvelle Constitution en remplacement de celle de l’ancien régime.
L’Assemblée déterminera elle-même la durée de son mandat, selon le président de la commission électorale, Kamel Jendoubi.
Après 23 ans de pouvoir sans partage, Zine el Abidine Ben Ali a fui la Tunisie le 14 janvier pour l’Arabie Saoudite, sous la pression d’un puissant soulèvement populaire.
 

 
AFP, le 8 juin 2011 à 12h03 GMT

La Tunisie au défi d’organiser ses premières élections libres


TUNIS, 08 Jui 2011 (AFP) – La tenue le 23 octobre prochain des premières élections libres en Tunisie constitue un défi logistique et technique, dont le succès est impératif pour faire entrer le pays d’un bon pied dans l’ère post-Ben Ali.
Première mission pour la commission électorale chargée d’organiser ce scrutin-clé: dresser la liste des Tunisiens en âge de voter.
De l’avis général, les listes électorales héritées du régime du président déchu Zine el Abidine Ben Ali ne sont pas fiables.
« La commission électorale estime que les listes du ministère de l’Intérieur sont incomplètes, et constituées sur des critères non démocratiques », explique Slah Jourchi, politologue tunisien.
Les autorités doivent désormais inscrire 3 millions d’électeurs supplémentaires sur les listes électorales, selon le président de la Commission de réforme politique, Yadh Ben Achour.
Sur plus de 10 millions de Tunisiens, au moins 500.000 citoyens en âge de voter seraient dépourvus de carte d’identité.
Pour accomplir cette tâche, le pays doit se doter de 2.000 centres d’inscription et former 6.000 agents inscripteurs.
Il faudra également organiser l’inscription des Tunisiens de l’étranger, appelés à voter pour la première fois. Quelque 19 sièges sur 218 leur seront réservés au sein de l’Assemblée constituante.
La Tunisie doit également former 40.000 agents scrutateurs, qui seront répartis sur 8.000 bureaux de vote.
Autre difficulté technique, « il faut encore mettre le système électronique en réseau », selon Yadh Ben Achour.
Le coût de l’élection est « estimé entre 35 et 40 millions de dinars (18 à 20 millions d’euros) pour toute l’opération », d’après le président de la commission électorale, Kamel Jendoubi.
Le gouvernement a déjà débloqué 10 millions de dinars (5 millions d’euros) pour financer la préparation du scrutin.
Une fois devant les urnes, la tâche restera complexe pour l’électeur.
Après un demi-siècle de quasi parti unique sous Habib Bourguiba et Ben Ali et la dissolution de l’omnipotent Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), la Tunisie est brutalement passée en 2011 d’un système de parti-Etat au pluralisme avec plus de quatre-vingts formations politiques, majoritairement inconnues du grand public et qui disposent désormais de quatre mois pour faire campagne.

Reuters, le 8 juin 2011 à 11h05 GMT

Les élections en Tunisie reportées au 23 octobre


TUNIS, 8 juin (Reuters) – Les élections en Tunisie pour désigner une Assemblée constituante ont été reportées d’une semaine et fixées au 23 octobre afin de garantir leur « transparence », a annoncé mercredi le Premier ministre tunisien, Bedji Caïd Sebsi.
 
La question de la date de ce scrutin, qui doit désigner une assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution, demeure un sujet extrêmement sensible.
 
Les grands partis d’opposition souhaiteraient que l’élection se tienne plus tôt, redoutant que le gouvernement ne renonce à sa promesse de mener la Tunisie sur la voie de la démocratie après la chute de l’ancien président Zine ben Ali en janvier dernier, à la suite d’un soulèvement populaire.
 
« Tout bien considéré, nous avons décidé que les élections se tiendraient le 23 octobre », a dit Sebsi à la presse.
 
« Le plus important, c’est la transparence des élections. Certains partis sont en désaccord avec nous (…), cependant notre mission consiste à organiser des élections qui soient libres et transparentes. Nous devons préserver les acquis de la révolution », a-t-il expliqué.
 
Ces élections, qui seront les toutes premières après le soulèvement populaire de décembre et janvier, avaient été fixées à l’origine au 24 juillet.
 
Les responsables électoraux ont fait valoir par la suite des problèmes techniques, et notamment le fait que près de 400.000 Tunisiens n’ont toujours pas de carte électorale, pour motiver la nécessité d’un report. Ils ont alors proposé le 16 octobre comme nouvelle date.
 
Le projet de reporter ces élections a d’ores et déjà fait descendre dans la rue nombre de manifestants craignant que la révolution ne soit confisquée.
 
La Tunisie s’efforce de retrouver la stabilité et de remettre son économie sur les rails depuis la chute du régime Ben Ali. Le nombre de touristes a chuté et la Banque mondiale ne prévoit pour cette année qu’une croissance de 1,5%.

 
 
 
Reuters, le 8 juin 2011 à 11h49 GMT

Tunisia election delayed until Oct. 23


* Delay will ensure poll is « free and transparent »- PM
* Opposition parties want earlier date
 
By Tarek Amara
 
TUNIS, June 8 (Reuters) – Tunisia’s election will be delayed until October 23, a week later than the date suggested by electoral officials, to ensure it can be « free and transparent », Prime Minister Beji Caid Sebsi said on Wednesday.
 
The date was originally set for July 24, but poll officials said that was impractical because of technical hitches such as nearly 400,000 Tunisians lacking voter cards.
 
They had suggested Oct. 16 as a new date, but timing of the vote has been highly sensitive, and protesters took to the streets earlier this year at suggestions of a delay.
 
Large opposition parties have demanded an earlier poll, saying they fear the government may renege on its promise to lead Tunisia towards democracy after the overthrow of former president Zine al-Abidine Ben Ali this year.
 
« All things considered, we decided to hold the elections on October 23, » Sebsi told reporters after meeting government officials in the capital of the North African country.
 
« The most important thing is the transparency of the elections. There are parties who disagreed with this … but our mission is to hold elections that are free and transparent. We must protect the good name of the revolution. »
 
In a sign the main opposition party Ennhada may be softening its stance, spokesman Ali Larayd said his moderate Islamist party would respect the date.
 
« We fear a delay in the elections could lead to violence and disorder, » he said. « But if all the different parties are agreed on this date, then we shall respect it. »
 
The vote will pick an assembly to rewrite the country’s constitution, a clean break with the 23-year autocratic rule of Ben Ali, who was toppled by protests on January 14.
 
Tunisia has been struggling to restore stability and rebuild its economy since Ben Ali’s ouster, with tourist numbers sharply down and the World Bank forecasting just 1.5 percent economic growth this year.
 
Central bank chief Mustapha Kamel Nabli told journalists at the World Economic Forum in Vienna on Wednesday that growth would be much weaker than usual in 2011 and that Tunisia needed an extra $1 billion in funding this year.
 
 

AFP, le 8 juin 2011 à 07h22 GMT

Emirats: demande de gel des avoirs de Ben Ali et de 120 autres Tunisiens


DUBAI, 08 Jui 2011 (AFP) – La Banque centrale des Emirats arabes unis a demandé aux banques travaillant dans le pays de geler les avoirs du président tunisien déchu, Zine El Abidine Ben Ali, et de 120 autres Tunisiens, rapporte mercredi le quotidien économique alrroya al-Iqtissadia.
Le journal, citant une note de la Banque centrale, précise qu’il avait été demandé aux banques locales et internationales installées dans le pays ainsi qu’aux firmes d’investissement de vérifier l’existence d’avoirs revenant à Ben Ali, sa femme Leila Trabelsi, et 120 autres Tunisiens et de les geler.
Les autorités tunisiennes ont demandé à de nombreux pays de geler les avoirs du président déchu soupçonné d’avoir amassé en 23 ans de pouvoir une véritable fortune et d’avoir, avec les membres de sa famille et celle de sa femme, fait de nombreux placements à l’étranger.
Tunis a annoncé le 3 juin que Ben Ali et son épouse, en fuite en Arabie saoudite, seront jugés par contumace prochainement pour deux premières affaires concernant la découverte d’armes et, drogue et d’importantes sommes d’argent dans la palais présidentiel.
Au total, 88 enquêtes sont en cours concernant le couple Ben Ali, sa famille et d’anciens ministres et responsables du régime déchu, selon le ministère tunisien de la Justice.

 
AFP, le 8 juin 2011 à 10h04 GMT

Tunisie: la Justice rejette les propos de l’avocat français de Ben Ali


TUNIS, 08 Jui 2011 (AFP) – Le ministère tunisien de la Justice a rejeté les accusations de l’avocat français du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, qui avait qualifié lundi de « mascarade » les procès et perquisitions menés en Tunisie contre son client, a rapporté l’agence officielle TAP.
Selon l’avocat français de l’ex-président tunisien, Jean-Yves Le Borgne, « les perquisitions effectuées dans ses bureaux officiels et personnels ne sont que des mises en scène destinées à le discréditer » et « le procès que la Tunisie instruit à son encontre n’est qu’une mascarade dont le seul sens est d’illustrer une rupture symbolique avec le passé ».
« Nous sommes étonnés de ces déclarations, d’autant que nous n’avons pas la preuve que cet avocat ou autre ait eu connaissance ou demandé à prendre connaissance du dossier des deux procès intentés contre le président déchu », a réagi mardi un représentant du ministère de la Justice, Kadhem Zine El Abidine, selon des propos rapportés par la TAP.
Le juge d’instruction s’est basé sur un ensemble de preuves pour étayer ses accusations, a-t-il fait valoir, notamment la saisie d’armes à feu et de stupéfiants au palais présidentiel de Carthage, ainsi que 27 millions de dollars en liquide découverts en février dans un palais de Ben Ali à Sidi Bou Saïd, dans la banlieue nord de Tunis.
Zine el Abidine Ben Ali et son épouse Leila Trabelsi doivent être jugés par contumace dans les semaines à venir pour ces deux premières affaires.
Au total, 88 enquêtes sont en cours concernant le couple Ben Ali, sa famille et d’anciens ministres et responsables du régime tombé le 14 janvier, à la suite d’un soulèvement populaire.
Le représentant du ministère a en outre rappelé que selon la législation tunisienne, un avocat français ne peut pas assurer la défense d’un Tunisien, à moins d’en obtenir l’autorisation officielle et d’être accompagné d’un avocat tunisien.
Enfin, un avocat étranger ne peut plaider en Tunisie qu’en présence de son client au procès, alors même que le président déchu est en fuite en Arabie Saoudite depuis le 14 janvier, a-t-il souligné.


74 Tunisiens évacués à Paris


AFP07/06/2011 |
Soixante-quatorze Tunisiens qui occupaient, pour certains depuis une semaine, le Centre culturel tunisien de Paris ont été évacués ce soir par la police et interpellés sans incident notable. Une trentaine de personnes, se présentant comme des Tunisiens sans papiers, avaient envahi le 31 mai le bâtiment, situé rue Botzaris à Paris (XIXe arrondissement), près du parc des Buttes-Chaumont. « Nous en avons marre de dormir dans la rue ou dans des parcs », avait alors déclaré un occupant, « nous demandons juste un lieu pour dormir et un coup de main de notre ambassade ». Depuis, l’ambassade de Tunisie a saisi la préfecture de police de Paris, demandant l’évacuation du bâtiment parce qu’un « certain nombre d’individus supplémentaires se sont joints aux occupants et ont commis un certain nombre de dégradations », a expliqué une source policière. Appuyée par des CRS venus en renfort, l’évacuation a eu lieu vers 19H00, « sans incident », et ce sont finalement 74 personnes, « tous des Tunisiens » selon la même source, qui ont été interpellées. Les policiers de la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), chargés du dossier, vont maintenant traiter l’affaire sous deux angles, enquêtant d’un côté sur les dégradations présumées, « a priori légères » d’après la source policière, et vérifiant par ailleurs la situation administrative des interpellés, pour savoir s’ils disposent ou non d’un titre de séjour

AFP, le 7 juin 2011 à 16h48 GMT

Tunisie: 6.850 nouveaux réfugiés arrivés de Libye en 24 heures


TUNIS, 07 Jui 2011 (AFP) – Quelque 6.850 réfugiés fuyant les violences en Libye ont franchi la frontière tunisienne entre lundi et mardi matin, dont plus de 6.000 Libyens, selon des chiffres du ministère tunisien de la Défense, alors que l’Otan a intensifié ces derniers jours ses raids aériens sur Tripoli.
Parmi les 6.011 Libyens arrivés ces dernières 24 heures sur le sol tunisien, « 500 familles libyennes ont été logées dans le camp qatari de Tatatouine (sud) », a précisé lors d’un point de presse le colonel tunisien Mokhtar Ben Nasser.
L’Otan a récemment intensifié ses raids sur Tripoli et ses banlieues.
Une vingtaine de puissantes explosions ont secoué mardi le centre de la capitale libyenne Tripoli, où plusieurs bâtiments ont été touchés au sein de la résidence du dirigeant contesté Mouammar Kadhafi, a constaté un journaliste de l’AFP.
Selon un militaire tunisien interrogé lundi par l’AFP au poste-frontière de Ras Jedir, cette soudaine affluence de réfugiés est « due à l’intensification des bombardements de l’Otan et à l’avancée des rebelles vers Tripoli, qui fait craindre des représailles aux partisans de (Mouammar) Kadhafi ».
Un policier libyen avait quant à lui expliqué cette affluence par « le début des vacances scolaires en Libye ».
« A Tripoli, les bombardements ne discontinuent pas et des milices pro-Kadhafi patrouillent dans les quartiers soupçonnés d’abriter des opposants », avait témoigné lundi à Ras Jedir un Libyen ayant fui la capitale libyenne, en refusant de donner son nom.
D’après le ministère de l’Intérieur, plus de 70.000 Libyens ont trouvé refuge en Tunisie depuis le début de la révolte contre le régime du colonel Kadhafi en février.

Les élections en Tunisie fixées au 23 octobre


La question de la date du scrutin tunisien était extrêmement sensible. Les responsables électoraux faisaient valoir des problèmes techniques pour motiver la nécessité d’un report. Les élections en Tunisie pour désigner une Assemblée constituanteauront finalement lieu le 23 octobre, a annoncé mercredi le Premier ministre tunisien, Beji Caid Essebsi. Ces élections, qui doivent désigner une assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution, seront les premières après le soulèvement populaire de décembre et janvier. La question de la date du scrutin, fixé à l’origine le 24 juillet, demeure un sujet extrêmement sensible. Les responsables électoraux avaient fait valoir des problèmes techniques pour motiver la nécessité d’un report. Ils avaient proposé le 16 octobre comme nouvelle date. Les élections en Tunisie pour désigner une Assemblée constituante ont fixées au dimanche 23 octobre afin de garantir leur « transparence et leur libre déroulement », a annoncé le Premier ministre tunisien, Beji Caid Essebsi, ce mercredi.)
Reuters/Jean-Paul Pélissier
Des listes électorales incomplètes et peu fiables
En effet, les autorités doivent notamment inscrire 3 millions d’électeurs supplémentaires sur les listes électorales; et plus de 400.000 Tunisiens n’ont toujours pas de carte électorale. En outre, « La commission électorale estime que les listes du ministère de l’Intérieur sont incomplètes, et constituées sur des critères non démocratiques », explique Slah Jourchi, politologue tunisien.
Il faudra également organiser l’inscription des Tunisiens de l’étranger, appelés à voter pour la première fois. Quelque 19 sièges sur 218 leur seront réservés au sein de l’Assemblée constituante. Puis, le jour de l’élection, 8.000 bureaux de vote et 40.000 agents scrutateurs devront être prêts, et « il faut encore mettre le système électronique en réseau », explique le président de la Commission de réforme politique, Yadh Ben Achour, qui juge la tâche simplement « inconcevable » en deux mois.
« Le plus important, c’est la transparence des élections (…) notre mission consiste à organiser des élections qui soient libres et transparentes. Nous devons préserver les acquis de la révolution » a estimé le Premier ministre, qui dans un premier temps était favorable au maintien du scrutin en juillet. La peur de voir la révolution confisquée
Mais en face, les grands partis d’opposition souhaitaient que l’élection se tienne plus tôt, redoutant que le gouvernement ne renonce à sa promesse de mener la Tunisie sur la voie de la démocratie. Le projet de reporter ces élections a d’ores et déjà fait descendre dans la rue nombre de manifestants qui craignent que la révolution ne soit confisquée.
La majorité des partis politiques tunisiens se sont finalement inclinés, ce mercredi face à la décision du gouvernement de repousser les élections au 23 octobre, tandis que la commission électorale se félicitait d’avoir obtenu ce report. Yadh Ben Achour espère de son côté que la fixation de la date du 23 octobre « rétablira la sécurité dans le pays ».
 
(Source: “lexpress.fr” le 8 juin 2011)

Tunisie : Béji Caïd Essebsi tance « ceux qui mettent tout en doute »


Publié le Mercredi 08 Juin 2011 à 13:25
Au milieu d’un dispositif sécuritaire impressionnant, le Palais des congrès a reçu ce matin (mercredi) le ban et l’arrière-ban de la scène politique, civile et médiatique. L’occasion était l’annonce de la date du scrutin, pour mettre fin à la discorde entre le clan du 24 juillet et celui du 16 octobre. « Ni l’une, ni l’autre n’est sacrée », dira le Premier ministre Béji Caïd Essebsi, qui annonce ce matin, un nouveau rendez-vous, le dimanche 23 octobre, pour organiser les premières élections libres, transparentes et démocratiques de la Tunisie. Cette annonce cruciale pour la Tunisie, à ce stade délicat de son processus de transition démocratique, a été faite devant les membres de la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, les représentants de la société civile, et ceux des partis politiques, avec bien entendu une forte présence des médias. Fidèle à son style, émaillant son discours de versets coraniques, d’adages populaires et autres citations, le Premier ministre Béji Caïd Essebsi tente tantôt de rassurer, tantôt d’attirer l’attention sur les dangers. La Tunisie a tous les attributs pour réussir, mais elle a besoin d’une économie debout, or, en l’état actuel, le pays est au plus bas, prévient-il. Le Premier ministre rappelle d’emblée que son gouvernement n’a à peine que trois mois d’existence, mais en cette période transitoire des plus difficiles, le temps gouvernemental est lent, « on dirait qu’il s’agissait de trois ans ». En amoureux des citations, il évoque une récente faite par Mustapha Filali : « la préservation de la liberté est plus dure que sa confiscation, car il faut la protéger de la démesure de ses partisans, plus que de la résistance de ses détracteurs ». La Tunisie vit entre deux époques
« La Tunisie vit aujourd’hui entre deux époques, celle des chaînes, et celle qui consiste à les briser, » souligne Béji Caïd essebsi, qui fait un clin d’œil à son prédécesseur Mohamed Ghannouchi. « On reproche au gouvernement de ne pas juger les symboles de la corruption et de l’ancien régime, mais nous avons donné la responsabilité en la matière aux commissions qui ont accompli un grand travail ». La commission d’établissement des faits sur les affaires de corruption a reçu jusque-là 7700 dossiers, dont 2000 ont été tranchés, fait-il savoir. « Le gouvernement ne s’est immiscé en rien dans l’indépendance de la justice, nous sommes nullement intervenus pour dire qu’il faut arrêter Untel ou libérer l’autre. Nous œuvrons pour que quiconque impliqué dans les affaires de corruption soit jugé, personne n’est au dessus de la loi », affirme-t-il. La commission d’établissement des faits sur les abus et des dépassements survenus lors des derniers événements de Taoufik Bouderbela s’est rendue dans les régions concernées, quartier par quartier, a établi des vérités et ses travaux arriveront à leur terme en juin, relève-t-il. Le gouvernement a une légitimité fonctionnelle
Les prologues étant faits, entrée dans le vif du sujet. Le Premier ministre rappelle que le gouvernement a une feuille de route, veille à l’organisation de l’élection d’une assemblée nationale constituante, et s’est engagé à respecter la date du 24 juillet pour la tenue du scrutin, date à laquelle il s’apprêtait à tirer sa révérence pour céder la place à une instance élue. « On nous dit que ce gouvernement n’a pas de légitimité, mais personne n’a de légitimité ». Et de renchérir : « même s’il n’a pas une légitimité électorale, le gouvernement a une légitimité fonctionnelle et une légitimité consensuelle ». Béji Caïd Essebsi rappelle le temps perdu pour parvenir à un consensus entre le gouvernement et la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, autour de la loi électorale, notamment pour ce qui est de l’inéligibilité des symboles de l’ancien régime, et du RCD dissous. Ce différend étant dépassé, un autre a surgi celui de la date des élections, avec l’intransigeance de l’instance supérieure indépendante des élections quant à l’impossibilité de la tenue du scrutin à la date du 24 juillet, pour des raisons techniques et logistiques. Le Premier ministre a dit ses moult tentatives de convaincre l’instance électorale de respecter la date du 24 juillet, conformément aux engagements du gouvernement, mais elle a persisté à attester de l’impossibilité de le faire, étant donné qu’elle a beaucoup « de tâches à accomplir de la préparation des listes électorales, au dépôt du bulletin dans l’urne ». « On était devant un dilemme : soit se passer de l’instance et revenir aux vieilles habitudes avec des élections organisées par le ministère de l’Intérieur ; soit la préserver. On a opté pour le deuxième choix, même si certains partis politiques, et le gouvernement n’étaient pas d’accord pour le report des élections. Nous avons contacté les partis hostiles au report, ils avaient des raisons acceptables. Finalement, nous avons convenu de la date du 23 octobre, dans le cadre du consensus, avec un engagement de l’instance d’organiser des élections crédibles et transparentes à cette date, et l’engagement du gouvernement de coopérer à cette opération » souligne-t-il, estimant que « les dates du 24 juillet et du 16 octobre n’étaient pas sacrées. » « Islam et démocratie ne sont pas aux antipodes »
Le Premier ministre déplore la propension de certains partis « à tout mettre en doute », se félicitant de la bonne image dont jouit la Tunisie à l’étranger, et affirmant notre détermination à réussir à instaurer un régime démocratique. « C’est ce qu’on a dit au sommet du G8, on leur a expliqué que vous êtes devant une opportunité historique pour avoir des relations avec les peuples et non avec ceux qui exploitent les peuples. Nous leur avons dit que l’Islam et la démocratie ne sont pas aux antipodes, et que la Tunisie est un Etat arabe, musulman et démocratique ». « Mais d’ici le 23 octobre, il faut arrêter les grèves, et les sit-in. Le pays est au plus bas et les revendications ne sont plus possibles ». Et de rappeler à qui a tendance de l’oublier : « nous avons une guerre à nos frontières, la Tunisie a accueilli jusque-là 471 mille réfugiés libyens, nous avons montré que nous sommes un peuple solidaire » . « Un représentant du PNUD m’a dit que les Tunisiens sont des héros, mais j’ai répondu que les héros sont fatigués », indique-t-il, taclant au passage l’Europe qui a eu maille à partir avec quelque 9800 immigrés. « On n’a pas de baguette magique pour régler les conflits tribaux » « La situation sécuritaire s’est améliorée, mais la sécurité n’est pas totalement instaurée », dit-il. Et là une voix dans la salle l’interpelle de ne pas évoquer Metlaoui, le Premier ministre le tance et lui demande patience : « j’en reviens à Metlaoui : le gouvernement n’a pas de baguette magique pour résoudre ces anciens problèmes tribaux, mais on est en train de chercher de solutions, et on en trouvera si Dieu le veut ». En guise d’épilogue à son discours, entrecoupé par des applaudissements, Béji Caïd Essebsi sollicite les responsables des partis et leur rappelle leur mission : « les partis, ce n’est pas uniquement les élections, mais c’est aussi la gestion de la chose publique, il faut que vous nous aidiez à accomplir cette tâche ». « Nous devons être solidaires et mettre la main dans la main pour construire », recommande le Premier ministre, en n’omettant pas de rappeler la devise du gouvernement, devenu son leitmotiv, « la franchise de la parole et la loyauté de l’action ».
H.J.
(Source: “gnet.tn” le 3 juin 2011)

Tunisie: les partis politiques s’inclinent face au report des élections


La majorité des partis politiques tunisiens se sont inclinés mercredi face à la décision du gouvernement de repousser les élections au 23 octobre, tandis que la commission électorale se félicitait d’avoir obtenu ce report, selon des commentaires recueillis par l’AFP. L’influent mouvement islamiste Ennahda (Renaissance), violemment combattu sous le régime Ben Ali, a finalement approuvé ce report mercredi, après avoir longtemps insisté sur le respect de la date initiale du 24 juillet pour élire l’Assemblée constituante. Ce grand parti, légalisé le 1er mars dernier et crédité de fortes intentions de vote par les experts, est « d’accord avec la date annoncée par le Premier ministre » Béji Caïd Essebsi, a déclaré à l’AFP un de ses membres fondateurs, Nourredine Bhiri, en qualifiant toutefois ce report de « décision politique, et non technique ou logistique ». « Le plus important est de redonner une légitimité populaire au pouvoir », aux mains d’un gouvernement provisoire depuis la chute du régime Ben Ali le 14 janvier, a-t-il précisé. D’autres grandes formations politiques, le Parti démocratique progressiste (PDP) et le parti Ettajdid (ex-communiste), avaient déjà consenti avant mercredi à un report en octobre. Pour Kamel Morjane, ancien ministre des affaires étrangères sous Ben Ali et président fondateur du parti Al-Moubadara (L’Initiative), « l’essentiel, c’est que les élections se déroulent dans les meilleures conditions possibles ».
« Nous allons essayer de gagner des sièges, c’est évident », a-t-il ajouté.
Mohamed Kilani, secrétaire général du Parti socialiste de gauche, a quant à lui critiqué la méthode d’annonce, la comparant aux habitudes de l’ancien régime. « Ils nous invitent pour nous dire que l’élection est reportée. Toutefois, nous acceptons malgré nous », a-t-il affirmé, en rappelant avoir proposé la date du 14 janvier 2012, premier anniversaire de la révolution tunisienne.
Côté syndicats, la puissante Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) n’était pas immédiatement joignable.
Son secrétaire général Abdessalem Jrad avait toutefois souligné début juin que « l’Union accorde plus d’importance aux conditions de succès des élections qu’à leur date, l’objectif étant de permettre au peuple tunisien d’exercer, pour la première fois, son droit électoral dans la transparence et l’intégrité ».
La commission électorale indépendante, qui avait réclamé le report du scrutin au 16 octobre pour des raisons logistiques, s’est montrée satisfaite de cet arbitrage. La date du 23 octobre « donnera un peu plus de temps pour mieux préparer les élections », a affirmé à l’AFP Kamel Jendoubi, son président.
Yadh Ben Achour, président de la commission chargée de la transition démocratique, espère de son côté que la fixation de la date du 23 octobre « rétablira la sécurité dans le pays ».  
(Source: “leparisien.fr” le 8 juin 2011)  

Béji Caid Essebsi : la légitimité de ce Gouvernement « est fonctionnelle à défaut d’être constitutionnelle »


S’exprimant lors d’un meeting qui a eu lieu, mercredi, à Tunis, le premier Ministre, M. Béji Caid Essebsi, a dressé le tableau de la situation actuelle du pays dans son style habituel fait d’humour et de gravité en même temps. « Si le gouvernement n’a que 3 mois, il a cependant eu à affronter une tache ardue, à cause des problèmes socio-économiques, mais aussi sécuritaires » indique M. Caid Essebsi. Le passage vers la liberté et la démocratie constitue également un écueil pour le pays, où les partis n’ont cessé de surenchérir sur la légitimité du gouvernement. « Cette légitimité est fonctionnelle, à défaut d’être constitutionnelle. L’engagement du gouvernement est avant tout patriotique » selon le premier ministre. Béji Caid Essebsi a répondu aux critiques visant le gouvernement au sujet de la lenteur des commissions créées au lendemain de la révolution. Les dites commissions sont indépendantes et le gouvernement n’interfère pas dans leurs travaux. De plus, la quantité de dossiers à traiter est colossale : 7500 dossiers pour les affaires de corruption, 1500 pour les affaires de meurtres et de crimes au cours de la révolution. « Nul n’est au dessus de la loi » a-t-il martelé. Dans un souci de transparence, le gouvernement a procédé à la création de l’Instance Supérieure Indépendante des Elections. Après avoir déploré la lenteur de sa mise en place, Béji Caid Essebsi a mis en exergue son rôle dans la fixation de la date des élections. La date du 24/07 ayant été reportée sur recommandation de l’ISIE, une date devait être retenue dans le consensus le plus large possible. M. Caid Essebsi, très à l’aise face à son auditoire, a même pris le temps de répondre quand il a été interrompu pour n’avoir pas évoqué les événements de Metlaoui. « La situation économique actuelle ne permet pas de donner un travail à chacun tout de suite. Mais la Tunisie a les moyens de réussir et va réussir » a-t-il répété. Pour cela, la Tunisie a besoin d’une aide extérieure qui lui permettra de relancer son économie et de réussir sa transition vers la démocratie. M. Béji Caid Essebsi a, pour terminer, remercié les forces de sécurité pour leur mobilisation et leur travail au cours des dernières semaines. Les problèmes de sécurité persistent dans le pays cependant. Le cas le plus poignant, est celui des récents troubles à Metlaoui, où des confrontations ont eu lieu entre des tribus. Le premier ministre n’a pas hésité à qualifier les personnes impliquées dans ces événements d’ « arriérés ». Wassim B. Naoua
 

 
 

Il n’y a pas eu de révolution en Tunisie, affirme un chercheur français


Selon Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, il n’y a pas eu de révolution en Tunisie et en Egypte, mais des putschs militaires… initiées par Washington. Raisonnement par l’absurde…
Par Ridha Kéfi
Difficile de donner crédit aux analyses trop schématiques et simplistes de cet expert du renseignement, mais sa lecture de ce qui s’est passée en Tunisie et en Egypte, mérite d’être connue. Et, surtout, discutée et, si possible, réfutée.
«Il y a dans ces pays une réelle aspiration à plus de liberté, mais pas nécessairement à plus de démocratie», affirme d’emblée M. Denécé dans un entretien à nos confrères de ‘‘La Tribune’’, qui refuse de croire à «la spontanéité» des ‘‘révolutions’’ tunisienne et égyptienne. Selon lui, ces «révolutions», mot qu’il met d’ailleurs entre guillemets, étaient en préparation depuis… plusieurs années, qui plus est, à Washington.
«Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l’égide d’Ong américaines, comme Freedom House, l’International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions», explique M. Denécé.
 
Une «révolution» sérieusement encadrée?
Pour le chercheur français, les Tunisiens et les Egyptiens ne sont pas assez mûrs pour exiger plus de démocratie. Ces idées, qui leur sont étrangères, leur ont été «instillées» (et c’est son mot) par des faiseurs de révolutions… dans des laboratoires américains.
M. Denécé pousse le cynisme jusqu’à faire une comparaison entre ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte et le processus qui a provoqué «le démantèlement de l’Urss, la révolution serbe, la révolution orange en Ukraine ou encore celle des roses en Géorgie». Soit, un changement prévu et programmé, jusqu’au moindre détail, qui plus est, à Washington.
On voit là dans quel mépris le chercheur français tient les Tunisiens et les Egyptiens…
Quels sont les arguments avancés par M. Denécé à l’appui de cette thèse pour le moins saugrenue?
«Des contestations populaires ou étudiantes dans les pays arabes se produisent régulièrement, mais elles sont à chaque fois réprimées par l’armée et la police», explique-t-il. Or, cette fois, ajoute-t-il, «pour la première fois, l’armée s’est désolidarisée de la police, en refusant de réprimer les soulèvements en Tunisie comme en Égypte, et les mouvements ont été observés par la presse internationale.»
Pourquoi l’armée, dans les deux pays, a-t-elle refusé, cette fois, de tirer sur les manifestants? Là-aussi, M. Denécé a sa réponse. A l’en croire, «dans la semaine précédant les événements, les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d’Égypte se sont rendus à Washington, qui assure l’essentiel du financement de l’armée, pour obtenir le feu vert des États-Unis à un renversement des dirigeants.»
Les Américains, qui «ne supportaient plus la prédation des clans au pouvoir» dans ces deux pays, auraient donc donné le feu vert aux armées des deux pays pour destituer Ben Ali et Moubarak.
Et si les révoltes populaires étaient, elles aussi, fomentées par l’armée pour justifier, à postériori, un coup d’État militaire déguisé en mouvement de rébellion spontané? Et si les manifestants – à commencer par Mohamed Bouazizi qui s’est immolé par le feu – étaient manipulés? Et si…
En réponse à ces interrogations, qui mettent à mal sa thèse et en démontrent l’absurdité, M. Denécé oppose d’autres interrogations tout aussi absurdes: «Il est tout de même étonnant que dans ce pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations», répond-t-il. Et d’ajouter cette bien curieuse déduction: «C’est bien l’indice d’une ‘‘révolution’’ sérieusement encadrée.»
 
Une reprise en main par l’ancien régime?
Mais que viendrait faire Israël dans un mouvement porté par des revendications nationales? Que viendrait faire l’Etat hébreu dans des révoltes contre des dictatures nationales? Le chercheur, qui mélange tout, et ne se s’encombre guère de détails, se ravise aussitôt, face à l’impossibilité de plaquer cet «argument» israélien à la situation tunisienne. Mais comment explique-t-il ce qui s’est passé dans notre pays?
«Le ras-le-bol face à l’avidité du clan Trabelsi était profond et touchait l’ensemble de la population confrontée à des difficultés économiques croissantes jusqu’aux entrepreneurs, dont beaucoup devaient ‘‘céder’’ des parts entières de leur business pour ne pas être inquiétés. C’est pour cela que des manifestations se sont produites dans toutes les villes du pays», note M. Denécé. Exit donc Israël et les Etats-Unis? Soit, mais s’il nuance, à contre cœur, son analyse en ce qui concerne la Tunisie, M. Denécé trouve néanmoins le moyen de vider la révolution tunisienne de toute sa spécificité et de tout son… mérite. Ce n’était d’ailleurs pas, à ses yeux, une révolution, mais une simple révolte suivie par une reprise en main par l’ancien régime, qui se serait donc succédé à lui-même.
«La révolte a été [en Tunisie] plus populaire et plus profonde qu’en Égypte, où les événements se sont, pour l’essentiel, limités à la place Tahrir. Mais comme au Caire, le nouveau gouvernement de Tunis comprend en majorité des collaborateurs de l’ex-président Ben Ali. Dans les deux cas, tout s’est passé comme si les jeunes générations avaient décidé de ‘‘faire sauter le bouchon’’ qui empêchait leur accès au pouvoir, sans changer fondamentalement le système ou le régime. L’imminence d’un coup d’État militaire était évoquée depuis dix-huit mois en Tunisie. Aussi n’est-il pas approprié de parler de ‘‘révolution’’. L’Iran, en 1979, et l’Urss, en 1991, ont connu de vraies révolutions. Tout y a changé: les hommes, les institutions, les rapports internes, les relations internationales, etc. Rien de tel dans les événements récents.»
 
L’armée vers un rôle ‘‘à la turque’’?
M. Denécé, qui n’a pas abandonné pour autant – ou pas totalement – la piste du scénario américain, ne tarde pas à y revenir, à la faveur d’un nouvel effet de manche. «Il s’agit d’un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l’accord de Washington, organisé des coups d’État ‘‘en douceur’’, en profitant d’une vague de contestation populaire qu’elles ont intelligemment exploitée.
Ainsi, leur arrivée aux affaires bénéficie extérieurement d’une grande légitimité et donne le sentiment d’une rupture profonde avec le régime précédent. La situation est en réalité bien différente. D’ailleurs, pour Washington, c’est un ‘‘changement dans la continuité’’ modifiant peu l’équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions. Washington encourage et appuie les armées d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour qu’elles évoluent vers un rôle ‘‘à la turque’’: c’est-à-dire qu’elles n’occupent pas le pouvoir – sauf cas de force majeure – mais soient les garantes de la stabilité du pays contre l’islamisme, qu’elles contribuent à la stabilité régionale et qu’elles ne manifestent pas d’hostilité réelle à l’égard d’Israël.»
On remarquera ici, aisément, que le chercheur français évacue tous les faits qui mettent à mal la thèse d’une manipulation américaine des révolutions en Tunisie et en Egypte. La réaction très tardive et a minima de Washingtion à la révolution tunisienne ne lui inspire aucun commentaire. Pas plus que le soutien de Washington à Moubarak jusqu’à la dernière minute. L’ouverture du passage de Rafah entre l’Egypte et la bande de Gaza ordonnée par le nouveau pouvoir égyptien traduit-il une soumission au dictat américain? Et que dire de la remise en cause, par la même Egypte, de certains termes de l’accord gazier avec Israël passé par Moubarak? Et du rôle du Caire dans le rapprochement entre Ramallah et Gaza et la réunification des Palestiniens?
Si certains faits évoqués par M. Denécé sont souvent vérifiés, comme l’absence de grands changements en Tunisie et la persistance de l’ancien système à travers l’administration publique, la magistrature, la police, les médias et le monde des affaires, l’analyse qu’il en fait est souvent outrancière. Les ambiguïtés que présente aujourd’hui la situation tunisienne n’ont rien à voir avec d’hypothétiques manœuvres américaines: elles sont les résultats de la formation même de la société et du pouvoir en Tunisie et de leurs contradictions internes.
(Source : « Kapitalis », le 8 juin 2011)

 
Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement

Les révolutions arabes ne sont que des coups d’Etat militaires masqués


De retour d’une mission d’étude en Tunisie, en Egypte et en Libye, Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (Cf2R), ancien du renseignement livre une lecture nuancée des événements du début d’année. Sans nier les aspirations des populations, il relativise l’ampleur du changement des équipes dirigeantes. Un prélude à de grandes déceptions. Quelle lecture faites-vous du « printemps arabe » ?
Il y a dans ces pays une réelle aspiration à plus de liberté, mais pas nécessairement à plus de démocratie. Par ailleurs, je ne crois pas à la spontanéité de ces « révolutions », qui étaient en préparation depuis plusieurs années. Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l’égide d’ONG américaines, comme Freedom House, l’International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l’URSS, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie.
Mais pourquoi ont-elles éclaté en 2011 ?
Des contestations populaires ou étudiantes dans les pays arabes se produisent régulièrement, mais elles sont à chaque fois réprimées par l’armée et la police. Pour la première fois, l’armée s’est désolidarisée de la police, en refusant de réprimer les soulèvements en Tunisie comme en Égypte, et les mouvements ont été observés par la presse internationale. Mais surtout, dans la semaine précédant les événements, les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d’Égypte se sont rendus à Washington, qui assure l’essentiel du financement de l’armée, pour obtenir le feu vert des États-Unis à un renversement des dirigeants. Ils ne supportaient plus la prédation des clans au pouvoir.
Ces révoltes seraient donc des coups d’État militaires prenant le visage de mouvements démocratiques spontanés ? Les manifestants de la place Tahrir n’avaient pourtant pas l’air manipulés ?
En êtes-vous si sûre ? Il est tout de même étonnant que dans ce pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations. C’est bien l’indice d’une « révolution » sérieusement encadrée. Quant à la « nouvelle équipe » au Caire, elle comprend le chef d’état-major de l’armée ainsi que l’ancien chef du service des renseignements, et s’est immédiatement engagée à respecter les accords internationaux signés, notamment les accords de Camp David auxquels est hostile une large partie de la population.
Et en Tunisie ?
Le ras-le-bol face face à l’avidité du clan Trabelsi était profond et touchait l’ensemble de la population confrontée à des difficultés économiques croissantes jusqu’aux entrepreneurs, dont beaucoup devaient « céder » des parts entières de leur business pour ne pas être inquiétés. C’est pour cela que des manifestations se sont produites dans toutes les villes du pays. La révolte y a été plus populaire et plus profonde qu’en Égypte, où les événements se sont, pour l’essentiel, limités à la place Tahrir. Mais comme au Caire, le nouveau gouvernement de Tunis comprend en majorité des collaborateurs de l’ex-président Ben Ali. Dans les deux cas, tout s’est passé comme si les jeunes générations avaient décidé de « faire sauter le bouchon » qui empêchait leur accès au pouvoir, sans changer fondamentalement le système ou le régime.
 
L’imminence d’un coup d’État militaire était évoquée depuis dix-huit mois en Tunisie. Aussi n’est-il pas approprié de parler de « révolution ». L’Iran, en 1979, et l’URSS, en 1991, ont connu de vraies révolutions. Tout y a changé : les hommes, les institutions, les rapports internes, les relations internationales, etc.
Rien de tel dans les événements récents. Il s’agit d’un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l’accord de Washington, organisé des coups d’État « en douceur », en profitant d’une vague de contestation populaire qu’elles ont intelligemment exploitée. Ainsi, leur arrivée aux affaires bénéficie extérieurement d’une grande légitimité et donne le sentiment d’une rupture profonde avec le régime précédent. La situation est en réalité bien différente. D’ailleurs, pour Washington, c’est un « changement dans la continuité » modifiant peu l’équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions. Washington encourage et appuie les armées d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour qu’elles évoluent vers un rôle « à la turque » : c’est-à-dire qu’elles n’occupent pas le pouvoir – sauf cas de force majeure – mais soient les garantes de la stabilité du pays contre l’islamisme, qu’elles contribuent à la stabilité régionale et qu’elles ne manifestent pas d’hostilité réelle à l’égard d’Israël.
Comment lisez-vous la situation actuelle ?
Beaucoup de problèmes risquent de surgir : dans les deux pays, un fossé inédit est apparu entre l’armée, qui sort grandie des événements, et la police, qui a longtemps assumé la répression des manifestants. Les forces de l’ordre – surtout en Tunisie – en sont sorties profondément désorganisées. On pourrait voir une recrudescence de la criminalité nuisant à l’équilibre intérieur. Enfin, très vite, une partie de la population va réaliser qu’elle a été flouée. D’où de possibles chocs en retour et une reprise des émeutes. Nous en voyons peut-être déjà quelques signes avant-coureurs à travers les manifestations populaires qui semblent reprendre ici et là. Enfin, les islamistes se sont pour l’instant montrés plutôt discrets. Mais jusqu’à quand ?
 

 

Tunisie : La révolution à la croisée des chemins


Ceux qui font dans la «symbolique» suggèrent au gouvernement de prendre suffisamment de recul et de faire coïncider ce scrutin au 13 janvier prochain avec le premier anniversaire de la révolution. Le premier grand rendez-vous démocratique de la Tunisie post-Ben Ali sera donné, aujourd’hui, par M. Béji Caid Essebsi, le Premier ministre du gouvernement de transition, à l’issue d’une réunion présentée comme «cruciale» au palais des congrès avec les représentants des partis politiques. Mettra-t-il fin à la confusion politique ? De l’avis de nombreux observateurs, le sort de la révolution du Jasmin est en jeu. La plupart des partis (81 dont 6 sont le produit de scission du RCD de Ben Ali) ont souhaité le report de scrutin au 16 octobre comme l’a suggéré la commission électorale qui a mis en avant des questions techniques et logistiques qui ne lui permettraient pas d’assurer un scrutin crédible et transparent le 24 juillet prochain comme annoncé. Certains estiment que même cette date serait difficile à respecter. Comme «aléas» possibles, ils citent la liste des interdits de candidature à arrêter et le temps que pourraient prendre les recours de ceux qui pourraient contester la décision de l’instance pour la réalisation des objectifs de la révolution. Ceux qui font dans la «symbolique» suggèrent au gouvernement de prendre suffisamment de recul et de faire coïncider, ce scrutin avec le 13 janvier prochain, premier anniversaire de la révolution. D’autres suggèrent d’aller, en premier, vers une élection présidentielle et de soumettre ensuite des projets de constitution à un référendum. Ennahda, le mouvement islamiste, qui a gelé ses activités à l’instance, crie au complot. Rached Ghannouchi, son président, qui redoute que sa popularité ne s’effrite, voit dans le report des élections «d’une manière unilatérale», l’existence d’un «complot visant à empêcher les Tunisiens d’aller aux urnes». «Nous entendons de plus en plus parler de l’idée d’exclure l’élection d’une Assemblée constituante, et nous n’excluons pas que d’autres scénarios alternatifs poussent à abandonner les prochaines élections» dit-il. D’où l’inquiétude de la population sur la capacité du gouvernement et des partis à fixer «une nouvelle date» pour obtenir des résultats incontestables et trancher avec des institutions provisoires qui durent depuis six mois. Autre casse-tête pour le gouvernement en mal de légitimité : le front social qui bouillonne, le retour des différends tribaux et l’arrivée massive des réfugiés libyens et la chute d’au moins 50% des recettes touristiques cette année.
 
 
(Source: “donne ton avis” le 8 juin 2011)
 

« Printemps arabe » : jusqu’où ? Jusqu’à quand ?


8 juin 2011 Le « printemps arabe » tant salué par les « progressistes » semble plus que jamais lourd d’incertitudes. Bien malin qui pourra prédire de quoi il accouchera au final, notamment dans des pays aussi importants pour la stabilité de la région, et partant de celle de l’Europe, que sont la Syrie, l’Egypte et la Libye . Dans ce dernier pays, alors que les frappes de l’Otan s’intensifient, Mouammar Kadhafi est intervenu ces dernières heures à la télévision pour jurer de résister jusqu’au bout et pour appeler son peuple à ne pas plier devant la coalition occidentale. Le journaliste et historien américain Webster G. Tapley (article traduit sur le sulfureux site du Réseau Voltaire), affirme que les membres du Conseil national de transition libyen (CNT), appuyé par Washington et la plupart des chancelleries européennes et qui regroupe les clans tribaux hostiles à Kadhafi, sont largement issus de la nébuleuse terroriste d’Al Qaïda. Une analyse qu’il étaye en se référant à l’étude réalisée par l’académie militaire de West Point sur les archives de l’ « Emirat islamique d’Irak » récupérés par les services et les militaires américains.
Le vicaire apostolique de Tripoli, Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, a relevé de son côté, « l’incapacité de la diplomatie internationale » à « entamer le dialogue avec les dirigeants de Tripoli ». S’inquiétant tout particulièrement du sort des communautés chrétiennes de Libye, Il a déploré que la médiation de l’Union africaine conduite par le Président sud-africain Zuma n’ait pas été soutenue.
« Il me semble a-t-il déclaré, que nous nous trouvons face à des préjudices de fonds qui minent les tentatives de médiation et celles visant à parvenir à une trêve. Je suis frappé par le fait que l’OTAN ait renouvelé pour trois mois l’opération militaire en Libye sans tenir compte d’aucune possibilité de dialogue comme cela est demandé par l’ONU et par le Saint-Père. »« Vouloir diviser la Libye signifie créer également le terrain fertile pour des actes terroristes » a-t-il également relevé.
En Syrie, la situation n’est pas plus claire. Si Alain Juppé a proposé au Conseil de sécurité de l’ONU, un projet de résolution condamnant les violences et les autorités syriennes, cosigné par ses homologues allemand, britannique et portugais, la Russie a indiqué hier qu’elle ne soutiendra pas ladite résolution analogue à celle qui a été adoptée sur la Libye.
Vladimir Tchijov, délégué permanent russe auprès de l’Union européenne a estimé qu’au-delà de la répression sanglante de l’opposition par Kadhafi, « la situation en Libye a montré que l’usage de la force ne donnait pas de réponses. »
Le 18 mai dernier, Le président russe Dmitri Medvedev avait déclaré qu’il n’approuverait pas une résolution de l’Onu autorisant le recours à la force en Syrie (sur les conséquences de laquelle Bruno Gollnisch s’est interrogé dans un communiqué publié sur ce blog). M. Medvedev affirmait que la coalition occidentale manipule la résolution 1973 du Conseil de sécurité au sujet de la Libye, utilisée par l’Otan pour intervenir du côté des insurgés.
La Chine pourrait elle aussi opposer son véto à cette résolution, ne partageant peut être pas elle non plus le point de vue de M. Juppé qui a expliqué qu’ « en Syrie, le processus de réformes est mort, et (que) que Bachar-el-Assad a perdu sa légitimité à la tête du pays » …
Pourtant, dirigeant jusqu’alors un pays très stable eu égard à son environnement, Bachar el-Assad a multiplié ces dernières semaines les promesses de réformes, annonçant la création d’une commission chargée d’instaurer le multipartisme, une amnistie générale pour 450 prisonniers politiques et de conscience; cela n’a pas permis à l’évidence d’enrayer les troubles.
Selon les ONG de défense des droits de l’homme présentes sur place, la répression des manifestations aurait causé la mort de plus de 1 200 personnes en Syrie. Le gouvernement de Bachar-el-Assad réplique en affirmant que le pays est confronté à une vaste entreprise de déstabilisation menée notamment par des extrémistes islamistes.
Une grille de lecture de la révolte actuelle que la télévision d’Etat a voulu conforter hier en rapportant que près de 120 policiers auraient été tués lundi dans l’attaque d’un poste de sécurité à Jisr Al-Choughour (nord ouest). Le porte-parole du gouvernement a indiqué que des « groupes armés commettent un véritable massacre. Ils ont mutilé les cadavres et jeté d’autres dans l’Oronte. Ils ont incendié des édifices gouvernementaux »… Dans un article publié le 3 juin dans La Tribune, Eric Denécé, ancien du renseignement, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (Cf2R), de retour d’un voyage d’étude en Tunisie, en Egypte et en Libye, invitait les commentateurs et les opinions publiques à la prudence dans leur lecture du « printemps arabe ».
« Il y a dans ces pays explique-t-il une réelle aspiration à plus de liberté, mais pas nécessairement à plus de démocratie. Par ailleurs, je ne crois pas à la spontanéité de ces révolutions , qui étaient en préparation depuis plusieurs années. Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l’égide d’ONG américaines, comme Freedom House, l’International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l’URSS, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie. »
« Dans la semaine précédant les événements indique-il encore, , les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d’Égypte se sont rendus à Washington, qui assure l’essentiel du financement de l’armée, pour obtenir le feu vert des États-Unis à un renversement des dirigeants. Ils ne supportaient plus la prédation des clans au pouvoir. » Evoquant plus précisément le cas de l’ Egypte il indique : « Il est tout de même étonnant que dans ce pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations. C’est bien l’indice d’une révolution sérieusement encadrée. Quant à la nouvelle équipe au Caire, elle comprend le chef d’état-major de l’armée ainsi que l’ancien chef du service des renseignements, et s’est immédiatement engagée à respecter les accords internationaux signés, notamment les accords de Camp David auxquels est hostile une large partie de la population. » Les bouleversements en Egypte et en Tunisie s’apparentent donc à « un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l’accord de Washington, organisé des coups d’État en douceur , en profitant d’une vague de contestation populaire qu’elles ont intelligemment exploitée (…). D’ailleurs, pour Washington, c’est un changement dans la continuité modifiant peu l’équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions. » « Beaucoup de problèmes risquent de surgir » prévient-il encore, « une partie de la population va réaliser qu’elle a été flouée. D’où de possibles chocs en retour et une reprise des émeutes (…). Enfin, les islamistes se sont pour l’instant montrés plutôt discrets. Mais jusqu’à quand ? »
 


 

Dégage ! La B.O. des révolutions arabes


 
En Tunisie et en Egypte, la contestation a été portée et amplifiée par un mix sulfureux de rap, de rock, d’électro et de chanson traditionnelle. En ce vendredi 11 février au matin, les rues du Caire carburent à l’adrénaline et à la peur. Mark LeVine, un prof américain chevelu, et Shung, le fondateur du groupe de heavy metal égyptien Beyond East, sont pris dans le flot de manifestants en colère qui déferlent sur la place Tahrir en passant devant des chars, des bâtiments incendiés, des soldats au visage tendu et les détritus accumulés en deux semaines de révolution. La veille, à la surprise générale, le président Moubarak a annoncé qu’il restait au pouvoir et la foule redoute qu’il ne prenne des mesures extrêmes. Emerveillés par l’humeur ambiante, LeVine et Shung se regardent et s’exclament à l’unisson : “Ça, c’est du metal !” Avant la révolution, les fans de heavy metal égyptiens vivaient dans la crainte d’être arrêtés. Il fallait du courage pour arborer des ceintures-cartouchières, des tee-shirts à l’effigie d’Iron Maiden, et danser le headbanging. Des groupes comme Bliss, Wyvern, Hate Suffocation, Scarab, Brutus et Massive Scar Era étaient comme les prêtres d’une secte persécutée vivant sous la menace constante des redoutables Moukhabarat, la police secrète de Moubarak. Depuis qu’en 1997 la presse avait dénoncé le heavy metal comme un cloaque de satanisme et de décadence occidental, il fallait du cran pour pratiquer cette “religion”. “Ici, en Egypte, tout ce qui est inconnu est forcément satanique”, soupire Slacker, batteur de Beyond East. “Exprimer son opinion pouvait avoir des conséquences terribles”, rappelle Mark LeVine, auteur de Heavy Metal Islam, un ouvrage surprenant consacré aux fans de metal, de hip-hop et autres genres marginaux dans le monde arabe. “Et tout ça pour quoi ? Qu’est-ce qu’on y gagnait ?” La prison ? La sodomie ? Le fouet ? Tous les musiciens qui ont songé à se révolter ouvertement contre l’un ou l’autre des vieux autocrates du monde arabe ont été confrontés à des choix difficiles. C’était “tais-­toi ou meurs”, du moins en terme de ­carrière. “Nous étions comme dans un cocon”, explique Skander Besbes, alias SKNDR, icône de la scène électro-dance en Tunisie. “On vivait repliés sur nous-mêmes, en feignant d’ignorer le régime et les autorités. On est en colère, mais on va de l’avant parce qu’on ne sait pas quoi faire. J’ai décidé de faire des compromis parce que je voulais participer à la scène musicale tunisienne.” Sous le pseudonyme de Hextradecimal, SKNDR a organisé des fêtes et des raves avec ses amis au bar-restaurant Le Bœuf sur le toit, dans la ville de La Soukra, au nord de Tunis. L’endroit était la Mecque des teufeurs tunisiens et programmait régulièrement des soirées dubstep, ­électro et rave. Les fêtards tunisiens y côtoyaient des musiciens, des artistes ou des cyberactivistes comme Slim Amamou, alias @Slim404, nommé secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports dans le nouveau gouvernement provisoire. Le niveau élevé de décibels permettait aux critiques du régime de s’exprimer sans craindre les oreilles indiscrètes. “C’était l’un des rares endroits où les gens pouvaient se rencontrer sans se sentir surveillés par la police et sans se préoccuper des barrières sociales”, explique SKNDR. Cela dit, l’électro étant un genre instrumental, c’était un choix relativement peu risqué. Les groupes de metal et de rock étaient, eux, en partie protégés par leurs textes en anglais, incompréhensibles pour la police. Mais si l’on voulait chanter en arabe, il fallait soit faire de la “grande musique” inoffensive, soit opter pour la banalité de la pop locale et se vendre à des conglomérats comme Rotana, le géant des médias et du divertissement qui contrôle presque toute l’industrie musicale dans le monde arabe. On pouvait aussi choisir de protéger la flamme vacillante de l’intégrité et livrer un combat solitaire. Certains chanteurs populaires tunisiens comme Badiaa Bouhrizi, alias Neyssatou, ont eu le cran de s’exprimer. Après avoir dénoncé la répression brutale des premières manifestations anticorruption à Redeyef, en 2008, Badiaa Bouhrizi s’est réfugiée au Royaume-Uni où on l’a vue chanter seule devant le consulat de ­Tunisie durant la “révolution de jasmin”. D’autres, comme Emel Mathlouthi et Bendir Man, Bayram Kirani de son vrai nom, méritent d’être ­mentionnés. Il aura toutefois fallu un rappeur pour galvaniser la jeunesse tunisienne. Il y a encore quelques mois, Hamada Ben Amor, alias El Général, n’était qu’un jeune aspirant rappeur de 21 ans en sweat à capuche, veste en cuir et casquette de baseball. Il vivait avec ses parents et son frère aîné dans un modeste appartement de Sfax, morne ville balnéaire au sud de Tunis, où sa mère tient une librairie et son père travaille à l’hôpital. El Général n’avait même pas été repéré sur la scène du rap tunisien, dominée par des artistes comme Balti, Lak3y, Armada Bizerta ou Psyco M. Une scène en proie aux habituelles rivalités internes et éclipsée par celles, bien plus prolifiques, des raps marocain et français. Le 7 novembre, El Général met en ligne sur Facebook un morceau de rage brute intitulé Raïs Lebled (Président du pays) : “Président, ton peuple est mort/Les gens se nourrissent dans les poubelles/Regarde ce qui se passe/Partout des soucis misère/ Nulle part où dormir/Je parle au nom du peuple/Ecrasé par le poids de l’injustice.” En quelques heures, la chanson illumine l’horizon bouché des jeunes Tunisiens à la manière d’une bombe incendiaire. Avant d’être interdite, elle sera relayée par la chaîne de télévision locale Tunivision, ainsi que par la chaîne panarabe Al-Jazira. La page MySpace d’El Général est fermée et son numéro de téléphone portable suspendu. Mais c’est déjà trop tard. L’onde de choc a été ressentie dans tout le pays et à travers tout le monde arabe. Voilà ce que cela fait de protester en arabe (même dialectal). L’intrépide invective d’El Général a dépassé les frontières et s’est répandue comme une traînée de poudre de Casablanca jusqu’au Caire et au-delà. Quelques semaines plus tard, El Général lance un autre bâton de dynamite politique, Tounes Bledna (La Tunisie, notre pays), alors que la contestation gagne de l’ampleur. Pour les autorités, c’en est trop. Le 6 janvier à 5 heures du matin, 30 policiers et agents des forces de sécurité débarquent dans l’appartement familial d’El Général, à Sfax, “sur ordre du président Ben Ali en personne”. Lorsque son frère s’enquiert des raisons, on lui répond : “Il sait pourquoi.” Conduit au ministère de l’Intérieur, à Tunis, El Général sera menotté à une chaise et interrogé pendant trois jours.
 
(Source: “courrierinternational” le 8 juin 2011)

 

FIFA : La voix de la Tunisie achetée ?


Sur la chaîne tunisienne de Hannibal TV, le président de la Fédération Tunisienne de Football, Anouar Haddad, a avoué qu’il a voté pour Joseph Blatter lors des dernières élections de la FIFA pour éviter les problèmes. De son côté, le président de la FIFA s’apprête à verser à la FTF 700 000 dinars (350 000 euros) en guise d’aide. Interrogé par les journalistes de la chaîne tunisienne Hannibal TV, le président de la Fédération Tunisienne de Football, Anouar Haddad, s’est laissé aller à des déclarations assez surprenantes. Le président de la FTF, qui a succédé sans élection à la démission d’Ali Hafsi, sur qui pèse plusieurs de soupçons en terme de gestion, a affirmé , à demi-mot, avoir voté pour Joseph Blatter lors de la dernière élection de la FIFA par peur d’avoir des problèmes. De son côté, le président de la FIFA versera 700 000 dinars (350 000 euros) à la FTF en guise d’aide. Une somme dont se réjouit le président de la FTF, qui affirme en avoir grandement besoin.  
 
N.H (Rédaction Football365.fr)
 

La réaction des faux-culs


par Mahrez Chabbi,
 
La réaction arabe, et les saoudiens en tête comme de bien entendu, déploie toute sa puissante, une puissance financière et un lobbyisme monstrueux pour défaire les révolutions démocratiques arabes, notamment tunisienne, la TUNISIE, ce tout petit pays qui a déclenché une prise de conscience universelle sur la condition terrifiante de nos peuples soumis par la force archaïque et ténébreuse des dictateurs de la ligue arabe, ligue à la botte et au service de l’impérialisme international, ce terrorisme des temps modernes qui se drape des vertus universelles.
BUSCH, SARKOSY, GUADDAFFI, les sionistes, AL ASSAD, BERLESCONI et beaucoup d’autres même combat, un panier à crabes qui ne cesse de vouloir mettre le monde à genoux , il est évident aussi que la conspiration sioniste par l’intermédiaire des aliénés locaux qui sont nombreux, sert de liant à tout ce beau monde maffieux, la crème des crèmes . Ne soyons pas étonné des derniers événements tunisiens et de la forfaiture de ce gouvernement de transition, de ces commissions déroutantes et déroutées dans leur fonctionnement par l’interventionnisme parasitaire de certains clans constitués qui se sont organisés, véritablement, à dévoyer cette révolution , à leurs profits claniques et idéologiques; je suis sidéré, par exemple, par composition familiale et idéologique de la plus importante de ces commissions, et je suis sidéré que le questionnement légitime à son sujet provoque la levée de boucliers de certains qui se drapent du modernisme et du progressisme de bon aloi et de circonstance, leurs actes et leurs déclarations sont d’une autre réalité. Oui aujourd’hui les mots n’ont plus de sens, des commissions sans aucun équilibre, despotiques, où la dictature de certaines minorités agissantes veut nous faire prendre les vessies pour des lanternes, ce genre de terrorisme qui fait dans le prêt à penser, et il n’est vraiment pas différent de la folie liberticide de l’ancien régime, d’ailleurs ces minorités ont en leur sein , beaucoup d’anciens collaborateurs directs ou indirects de l’ancien régime dictatorial, c’est se moquer des tunisiens que d’essayer de leur faire avaler les couleuvres de cet abrutissement programmé, réagir contre ce genre d’aberration est un acte civique, citoyen, moderniste et progressiste, car il coupe le cordon ombilical avec l’attentisme des tunisiens d’autrefois, naguère par la violence, nous étions noyés dans le mutisme et la lâcheté, quoiqu’il ne faut jamais oublier, et ils sont connus, que certains tunisiens se battaient aussi courageusement contre la dictature, et contre ces minorités des compromissions, c’était terrible, et cette époque qui semblait révolue avec la révolution du 14 janvier, semble de plus en plus, aujourd’hui par la filouterie et les tours de passe-passe, par la délinquance politique, vouloir s’imposer aux tunisiens à travers ces commissions, dont la plus part , la très grande majorité des membres décideurs n’ont rien à voir de prés ou de loin avec le dégagement de la dictature mauve.
Oui les saoudiens, du moins le pouvoir monarchique qui spolie l’Arabie heureuse, terre de l’islam et du prophète Mohammed SAW emploie toutes ses forces et des forces occultes pour contenir la marée du changement, et essayer de remettre en place dans les pays arabes libérés et qui se libèrent de plus en plus, des ordres anciens, à leur ordre et par voie de conséquence sous contrôle et sous influences de leurs maîtres à penser, sans qui ils seront lamentablement balayés, voilà notre ennemi le plus coriace, une monarchie rétrograde saoudienne, 5000 princes fainéants, et la cinquième colonne aliénée qui pousse la TUNISIE à l’anarchie, les caciques du RCD et les Hommes de main de BOURGUIBA et de BEN ALI. Les bourguibistes réformistes sont aussi vulgaire et crapuleux, aussi réactionnaires et passéistes que les sicaires mauves de BEN ALI, nous devons, nous peuple tunisien libre, réécrire notre histoire sans aucune opacité et donner à une justice indépendante et autonome toutes les certitudes pour qu’elle se prononce, même à titre posthume, et qu’elle s’applique en toute sérénité sans peur et sans reproche, nous devons le faire avant toute chose, pour exister sur des bases solides, claires et transparentes, pour l’avenir de notre pays et celui de notre patrie, pour réveiller le monde des opprimés et le monde arabe en particulier, pour laver notre subconscient collectif, qui désormais ne peut plus être qu’universel, comme notre humanité retrouvée, de sa déchéance et de l’arbitraire qui pendant des dizaines d’années l’a maintenue dans une dégénérescence sans nom.
Les réactionnaires tunisiens, sont dans une alliance naturelle de la bourgeoisie nationale, une bourgeoisie dans son sens affairiste matériellement et idéologiquement, où on trouve des anciens staliniens, des idolâtres des dictateurs, des spéculateurs et des idéologues aliénés à la pensée cosmopolite dans ce qu’elle a de pire, ce cosmopolitisme agraire et belliciste dans sa démarche d’éradication des singularités culturelles des peuples et des rapports de force néo-coloniaux, sans canonnières, mais pire , celle du peuple tunisien, l’éradication de la civilisation arabo-musulman en la circonstance, celle qui pour les aliénés et les alimentaires tunisiens ne veut rien dire ou ne représente rien. Dans ce marigot le stalinien collaborateur est allié avec l’affairiste véreux puisque l’objectif est le même, la fin aussi dramatique et dégénérée soit-elle, justifie tous les sales moyens qu’ils emploient. L’islamophobe primaire est allié avec le sioniste militant, c’est dans l’ordre des choses et de leur nature commune . Cette réaction chapeaute ces commissions, et avec des puissances impérialistes prépare, en Tunisie, la contre-révolution, il est plus que jamais urgent pour les partis démocratiques et les tunisiens de bon sens, d’ici à la nouvelle date d’octobre, de veiller au grain et si possible de s’ériger en contrôleur et en contre pouvoir face à ce bloc de conspirateurs illégitimes et défaitistes. Nous devons exiger la dissolution de ces commissions et la formation d’un gouvernement provisoire de confiance, constitué de membres de l’opposition et de la société civile, pour préparer des élections transparentes et sereines, et renforcer, surtout, des institutions qui limiteront toute déformation du pouvoir politique.

 
AFP, le 8 juin 2011 à 08h28 GMT

Turquie: la crise israélienne, un plus pour Erdogan avant les élections


Par Michel SAILHAN
ISTANBUL, 08 Jui 2011 (AFP) – Grave crise avec l’ancien allié israélien, soutien au Hamas, rapprochement avec l’Iran: les choix de la Turquie inquiètent ses alliés de l’Otan mais servent, au moins en partie, la popularité du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan qui brigue dimanche un troisième mandat.
C’était il y a juste un an: des dizaines de milliers de personnes manifestaient devant les mosquées d’Istanbul, aux cris de « A bas Israël ! » et « Nous sommes les soldats du Hamas ! », le mouvement islamiste palestinien qui contrôle la Bande de Gaza.
Des manifestations presque quotidiennes qui réagissaient à l’assaut par un commando israélien, en pleine mer le 31 mai 2010, du ferry turc Mavi Marmara affrêté vers Gaza par une ONG islamiste, qui avait tué neuf Turcs.
Commentant ces manifestations, l’universitaire Ahmet Insel avait alors jugé: « C’est bon pour Erdogan, politiquement, et il va engranger pour 2011 ».
« C’est le cas en effet », estime à la veille des élections législatives du 12 juin l’éditorialiste Hasan Cemal, du quotidien Milliyet.
S’ils n’avaient pas utilisé les mêmes termes que les manifestants, les dirigeants islamo-conservateurs turcs avaient très violemment réagi contre Israël, rappelé leur ambassadeur, le président Abdullah Gül affirmant que les relations entre les deux anciens alliés ne seraient « plus jamais les mêmes ». Une crise à ce jour sans issue.
« Les attaques contre Israël sont une bonne chose pour l’image d’Erdogan dans l’opinion. Car il y a toujours des sentiments anti-israéliens dans la politique turque. Et pas seulement dans les cercles islamistes, on trouve aussi ce sentiment dans les milieux kémalistes et nationalistes », explique Hasan Cemal.
Précisément là où M. Erdogan tente de rafler des voix, avec l’espoir de remporter une victoire électorale sans partage.
Curieusement, note le commentateur politique Sami Kohen, du même journal, Israël ou le soutien régulièrement réitéré du régime turc au Hamas ont été presque totalement absents de la campagne électorale.
« Le mot Mavi Marmara n’a pas été prononcé pendant la campagne, mais cette crise a certainement renforcé l’image d’Erdogan », devenu dans et hors des frontières turques un champion de la cause palestinienne, ajoute Sami Kohen.
Pays membre de l’Otan, candidat à l’Union européenne, république laïque mais dirigée par un gouvernement issu de la mouvance islamiste, la Turquie a inquiété ses partenaires traditionnels du fait de cette crise avec Israël et des attaques contre ses dirigeants, lancées dès 2009 pendant l’offensive israélienne sur Gaza.
Et le sentiment que la Turquie d’Erdogan tourne le dos au monde occidental n’a fait que croître du fait de son rapprochement, ces dernières années, avec ses voisins arabes et l’Iran.
Ankara a en particulier voté contre les dernières sanctions de l’Onu contre Téhéran, qui est accusé de vouloir se doter de l’arme nucléaire.
La Turquie « n’a pas simplement méprisé les intérêts occidentaux mais elle est allée à leur encontre, signe d’une dégradation de la place de l’Occident dans ce voisinage », accuse l’analyste Kemal Koprulu, éditeur de la revue Turkish Policy Quarterly.
Au delà de l’affaire israélienne, cette diplomatie tournée vers l’est, notamment l’Iran, a-t-elle bénéficié à l’image d’Erdogan ?
Oui, explique Sami Kohen. La Turquie montre son indépendance vis-à-vis des Occidentaux, des Etats-Unis, développe son influence régionale, et M. Erdogan y trouve une stature « gaullienne » dont il peut tirer un bénéfice électoral.

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