7 juin 2011

TUNISNEWS
11 ème année, N°4032 du 07.06.2011


AFP: La Tunisie nouvelle recherche date d’élection

Reuters: Tunisian party fears violence if election delayed

AFP: Tunisie: la date des élections sera annoncée mercredi (gouvernement)

AP: Tunisie: meeting très attendu mercredi sur la date des élections

Reuters: Ennahda met en garde contre un report du scrutin en Tunisie

AFP: Egypte, Tunisie: l’heure est à la reconquête des touristes

AFP: Sur l’île de Djerba, les réfugiés libyens ont remplacé les touristes

Reuters: La Turquie montre la voie au « printemps arabe »

AFP: Le retour de la BAD en Côte d’Ivoire est « imminent », selon son président

Parti du Peuple pour la Patrie et la Démocratie: Communiqué

FTCR: La police attaque le 36 rue Botzaris ou se trouve les jeunes migrants tunisiens

Leaders: Répartition des sièges au sein de l’assemblée constituante selon les régions

Jeune Afrique: Constituante tunisienne : à la poursuite d’un scrutin clair…

Lemonde.fr: Tunisie, une révolution sans jasmin

Espace Manager: Tunisie : un militant PDP répond aux détracteurs de son Parti

Le Temps: Moncef Marzouki «Le financement des partis doit être transparent, équitable et honnête»

Le Temps: Parti Al Majd – Adel Zarrouk explique les raisons de sa démission


AFP, le 6 juin 2011 à 17h25 GMT

La Tunisie nouvelle recherche date d’élection désespérément


Par Daphné BENOIT
TUNIS, 06 Jui 2011 (AFP) – Moins de deux mois avant la date initialement prévue des premières élections libres en Tunisie, la classe politique reste divisée sur leur possible report, suscitant l’impatience d’un pays en mal de pouvoir légitime depuis la révolte populaire de janvier.
Le gouvernement de transition devait se réunir mercredi avec les partis politiques pour tenter d’atteindre un consensus autour de la date de l’élection d’un Assemblée constituante.
« On va probablement s’entendre sur une date », a assuré lundi à l’AFP un membre de la commission électorale.
Un point de vue optimisme au vu de la cacophonie qui règne sur cette question depuis quelques semaines en Tunisie.
La commission électorale a exigé un report de ce scrutin du 24 juillet au 16 octobre, contre l’avis initial du gouvernement et de certains partis, en affirmant ne pas pouvoir organiser d’élection crédibles et transparentes avant cette date.
Le président de la commission, Kamel Jendoubi, n’a toutefois pas exclu la semaine dernière de fixer « une nouvelle date » en guise de compromis, ouvrant la voie à un vote possible en septembre.
Le gouvernement tunisien, partisan à l’origine d’un scrutin en juillet, insiste désormais sur la nécessité d’atteindre un consensus avec les formations politiques.
Mais la dissension règne encore entre les partis, devenus pléthore depuis la chute en janvier du régime autoritaire de Zine El Abidine Ben Ali.
Certains, comme Ettajdid (ex-parti communiste), se sont rangés à l’idée d’un report, pour obtenir des résultats incontestables.
De son côté, le Parti démocratique progressiste (PDP) n’exclut pas d’accepter un scrutin en octobre mais rejette une date en septembre, trop proche selon lui de la rentrée et de la fin du ramadan.
Certains suggèrent enfin d’organiser directement une élection présidentielle ou de soumettre des projets de Constitution à un référendum, au lieu d’élire une Constituante.
L’influent mouvement islamiste Ennahda (Renaissance), crédité du meilleur score aux prochaines élections, insiste lui sur le respect de la date de 24 juillet au nom de la stabilité du pays, dépourvu d’institutions légitimes depuis près de cinq mois.
Le président d’Ennahda, Rached Ghannouchi, a dénoncé lundi la volonté de la commission de reporter les élections « d’une manière unilatérale », et n’a pas exclu l’existence d’un « complot visant à empêcher les Tunisiens d’aller aux urnes ».
« Nous entendons de plus en plus parler de l’idée d’exclure l’élection d’une Assemblée constituante, et nous n’excluons pas que d’autres scénarios alternatifs poussent à abandonner les prochaines élections », a-t-il ajouté, à l’occasion du 30ème anniversaire de son mouvement.
De l’avis de nombreux observateurs, il devient urgent de sortir de l’impasse pour mener la transition démocratique tunisienne à bon port.
« Personne ne parle des jeunes chômeurs, des démunis, du désespoir, de la pauvreté. A l’inverse, tous les débats se concentrent sur les dates du 24 juillet et du 16 octobre », s’agace l’universitaire Sonia El Kadhi dans la presse tunisienne, en dénonçant « un sentiment largement partagé que tout bouge pour que rien ne bouge ».
« La date du 24 juillet n’est pas tenable, l’élection sera repoussée », pronostique un diplomate occidental à Tunis. Mais « si un parti important comme Ennahda ou le PDP expriment une opinion négative sur le report, cela risque de provoquer des troubles », prévient-il.

 
 
Reuters, le 6 juin 2011 à 17h17 GMT

Tunisian party fears violence if election delayed


TUNIS, June 6 (Reuters) – Tunisia’s main Islamist party said on Monday delays to a scheduled election date or changes to other plans for a new political order could « drag the country into a spiral of violence ».
The country that served as springboard for a wave of Arab citizen revolts had been due to hold its first ballot since the overthrow of President Zine al-Abidine Ben Ali on July 24. But electoral monitors postponed it to Oct. 16, citing technical hold-ups.
Larger opposition parties are demanding an early poll, saying they fear the interim government may renege on its promise to lead Tunisia towards democracy.
Rached Ghannouchi, leader of the Islamist Ennahda movement, said his party had heard of possible plans to delay or cancel the election for an assembly that would draw up a constitution.
« We have real misgivings that those who have decided to postpone the date of the first election can do it for a second time, » Ghannouchi told reporters at an event to mark the 30th anniversary of his party.
« Now we hear talk about abandoning the constituent assembly elections … we believe it is possible to go ahead (and) prepare for other options, » he said.
Some politicians have recently proposed replacing the assembly election with parliamentary and presidential elections.
Ghannouchi, who had been in exile for 20 years before Ben Ali’s fall, warned that the postponement or cancellation of such elections « may drag the country into a spiral of violence »
A widely-respected religious scholar, Ghannouchi has long preached that Islam is compatible with modernity and multi-party democracy. He compares Ennahda with Turkey’s moderate ruling AK Party, rather than Egypt’s harder line Muslim Brotherhood.
Yet Ghannouchi’s return from exile has alarmed some Tunisians who want to keep Islam separate from the state.
Ghannouchi said Ennahda believed in individual freedoms, in women’s rights and their equality with men.
 

AFP, le 7 juin 2011 à 16h19 GMT

Tunisie: la date des élections sera annoncée mercredi (gouvernement)


TUNIS, 07 Jui 2011 (AFP) – La date de l’élection en Tunisie d’une Assemblée constituante, initialement fixée au 24 juillet et dont le possible report divisait jusqu’ici la classe politique, sera annoncée mercredi, a affirmé le porte-parole du gouvernement tunisien, Taieb Baccouche.
« La date de l’élection de la Constituante sera annoncée demain après la réunion (du gouvernement) avec toutes les parties concernées », a-t-il déclaré à la presse à l’issue d’un Conseil des ministres.
Il a refusé de dire si ces élections, les premières depuis la chute du régime Ben Ali en janvier, allaient être reportées, comme s’y attendent une majorité d’observateurs.
La commission électorale avait demandé un report de ce scrutin du 24 juillet au 16 octobre, contre l’avis initial du gouvernement et de certains partis, en affirmant avoir besoin de ce délai pour organiser une élection crédible et transparente.
Le président de la commission, Kamel Jendoubi, n’a toutefois pas exclu la semaine dernière de fixer « une nouvelle date » en guise de compromis, ouvrant la voie à un vote possible en septembre.
Des nombreuses négociations se sont tenues ces dernières semaines avec les formations politiques pour tenter de parvenir à un consensus sur cette date.

 

Tunisie: meeting très attendu mercredi sur la date des élections


 
De The Associated Press – Le 7 juin 2011
 
TUNISIA, Tunisia — Au coeur d’un vif débat depuis plusieurs semaines, la date de la première élection de la Tunisie de l’après-Ben Ali devrait être tranchée mercredi à la suite d’un rassemblement qui sera présidé par le premier ministre Béji Caïd Essebsi, a annoncé mardi le porte-parole du conseil des ministres Taïeb Baccouche.
 
Fixée initialement au 24 juillet prochain, la date de la consultation a été remise en question par la haute instance en charge de l’élection, qui a proposé son report au 16 octobre pour « des raisons techniques et logistiques ».
 
Le maintien de la date initiale, « impossible » à réaliser pour cause de calendrier, reviendrait à « bâcler » l’élection, estime le président de cette instance, Kamel Jendoubi, figure connue pour son long militantisme en faveur des libertés et des droits de l’Homme.
 
Le scrutin appelé à être « le premier réellement libre, honnête et démocratique » dans l’histoire de la Tunisie, doit déboucher sur la mise en place d’une assemblée constituante, dont la principale tâche sera d’élaborer une nouvelle Constitution en remplacement de la loi fondamentale en vigueur sous le régime du président déchu.
 
Après un règne sans partage de 23 ans, Zine el Abidine Ben Ali a été contraint de fuir le 14 janvier dernier pour l’Arabie Saoudite à la suite d’un soulèvement populaire.
 
Le meeting de mercredi, très attendu, réunira les membres du gouvernement, de la haute instance pour la réalisation de la réforme politique et de la transition démocratique et ceux de la commission indépendante chargée des élections.
 
Les représentants de tous les partis politiques reconnus légalement au nombre de 81, ainsi que de personnalités nationales et des représentants des médias nationaux et internationaux y seront présents.
 
Selon M. Baccouche, le chef du gouvernement doit annoncer à cette occasion « de nouvelles mesures relatives à l’élection de la Constituante ».
 
Une source au sein des services du Premier ministre a déclaré à l’Associated Press que la date retenue serait annoncée « ultérieurement », après le meeting, sans plus de précisions.
 
La « décision » de la haute instance électorale a suscité une vive polémique dans les milieux politiques. La plupart des nouveaux partis fraîchement reconnus sont favorables au report, tandis que deux « poids lourds » de la scène politique tunisienne, le mouvement islamiste Ennahdha et, dans une moindre mesure, le parti démocratique progressiste (PDP) y étaient opposés, se considérant pour leur part prêts à « l’échéance vitale ». AP


 
 
Reuters, le 6 juin 2011 à 21h09 GMT

Ennahda met en garde contre un report du scrutin en Tunisie


TUNIS, 6 juin (Reuters) – Ennahda, principal parti islamiste de Tunisie, a déclaré lundi qu’un report de la date des élections ou une modification du programme de démocratisation risquaient « d’entraîner le pays dans une spirale de violence ».
Les premières élections depuis le renversement, le 11 janvier, du président Zine Ben Ali, auraient dû se tenir le 24 juillet, mais la commission électorale les a reportées au 16 octobre en invoquant des problèmes techniques.
Les grands partis d’opposition ont souhaité que le scrutin soit organisé au plus tôt en disant redouter que le gouvernement intérimaire revienne sur ses promesses de démocratisation du pays.
Les petits partis, peu connus, plaidaient au contraire pour un scrutin tardif.
« Nous redoutons vraiment que ceux qui ont décidé de reporter la date des premières élections puissent les reporter à nouveau », a déclaré à des journalistes Rached Ghannouchi, dirigeant d’Ennahda, lors d’une réunion marquant le 30e anniversaire de son parti.
« Maintenant nous entendons parler d’abandonner l’élection de l’assemblée constituante », a-t-il dit en disant craindre que l’étape suivante soit de « préparer d’autres options ».
Certains hommes politiques ont récemment proposé de remplacer l’élection de l’assemblée constituante par des élections législatives et présidentielle.
Ghannouchi, rentré en Tunisie à la chute de Ben Ali, après vingt ans d’exil, a averti que le report ou l’annulation de ce scrutin risquait « d’entraîner le pays dans une spirale de violence ».

AFP, le 7 juin 2011 à 14h42 GMT

Egypte, Tunisie: l’heure est à la reconquête des touristes


Par Dominique AGEORGES
PARIS, 07 Jui 2011 (AFP) – Campagnes de promotion, bonne parole prêchée à l’étranger: l’Egypte et la Tunisie déploient des efforts sans précédent pour redonner des couleurs à leur tourisme plombé par le printemps arabe, promettant aux vacanciers une sécurité « totale et entière ».
Les chiffres sont éloquents pour ces deux pays dont les dirigeants ont fui en début d’année et où le tourisme constitue une source importante de richesse (près de 7% du PIB tunisien, 11,5% du PIB égyptien).
Sur les quatre premiers mois de l’année, la fréquentation touristique a chuté à chaque fois de plus de 40% et les recettes ont suivi: -41% pour la Tunisie et un peu plus de 2 milliards de dollars pour l’Egypte, au lieu des près de 13 milliards engrangés en 2010.
Le ministre tunisien du Tourisme, Mehdi Houas, déclarait récemment à l’AFP que l’année 2011 serait « la pire de toute l’histoire de l’industrie touristique du pays », jugeant que si le résultat représentait « 50% de ce qu’on a fait l’an dernier, ce ne serait pas si mal ».
Son homologue égyptien, Mounir Fakhry Abdel Nour, présent mardi à Paris, évite le mot « catastrophe » mais parle de « crise probablement la plus grave pour le secteur ».
Tout en s’affirmant « plein d’espoir et d’optimisme » grâce à des chiffres de fréquentation en amélioration en avril par rapport à février, il table sur 11 millions de touristes cette année, soit un repli d’un peu plus d’un quart par rapport à 2010.
Depuis leur entrée en fonction, les deux ministres ont fait la tournée des salons professionnels à l’étranger, rencontré les voyagistes pour convaincre les touristes de revenir.
La sécurité est un des axes prioritaires de leur communication: « il faut rassurer sans cesse et répéter que la sécurité est totale et entière surtout dans les zones touristiques », a martelé Mounir Fakhry Abdel Nour.
Interrogé sur des risques d’attentat, le ministre a assuré que le dialogue noué « avec toutes les factions politiques du pays, a atténué les tensions ».
La Tunisie s’est offert une campagne de promotion touristique en France jouant avec humour sur la peur suscitée par la révolution du Jasmin.
L’Egypte prépare une nouvelle campagne, diffusée au gré des calendriers d’arrivée des touristes. Les Russes, premier contingent, 2,8 millions de touristes en 2010, aiment passer l’été dans les stations de la Mer Rouge alors que les Français, 600.000 touristes annuels, évitent les grosses chaleurs et préfèrent les sites uniques de la Haute Egypte.
Outre des garanties apportées par les gouvernements pour maintenir les vols charter, des fonds sont mis en place pour soutenir les salaires dans l’hôtellerie et la restauration par exemple, « tant que la crise est là », souligne le ministre égyptien, pour sauver des emplois dans une activité qui fait vivre « directement ou indirectement un travailleur sur 7 », selon lui.
Pour cette raison, plutôt que des prix cassés pour attirer les touristes, Egypte et Tunisie prônent plus de service ainsi qu’une diversification du produit touristique.
Lundi, par exemple, une réunion des professionnels tunisiens du secteur a étudier le développement du tourisme alternatif (maisons d’hôte, hôtels de charme, etc) qui constitue selon eux « une chance pour le secteur ».
Autre potentiel, l’élargissement de la clientèle aux pays émergents comme l’Inde et la Chine, des marchés potentiellement « immenses » qui redonnent le sourire au ministre égyptien.
D’autres pays souffrent par ricochet du printemps arabe comme la Jordanie qui affiche un recul de fréquentation de 5,5% au premier trimestre et des recettes en retrait de 6,5%.
A l’inverse, certains voisins en profitent comme Chypre, au large des côtes syriennes, dont les recettes ont grimpé de plus de 50% en avril.

 
AFP, le 7 juin 2011 à 12h07 GMT

Sur l’île de Djerba, les réfugiés libyens ont remplacé les touristes


Par Mohamed HADDAD
DJERBA, 07 Jui 2011 (AFP) – Hôtels fermés, terrasses désertées: en ce début de haute saison, l’ambiance est morose à Djerba, où les réfugiés libyens ont remplacé l’habituelle déferlante de touristes européens, privant de gagne-pain des habitants de l’île aux maisons blanches et volets bleus.
Au café Havana, sur la marina, quelques visiteurs étrangers occupent une poignée de tables à l’abri du vent et des gouttes de pluie. Avec en guise de fond sonore, Al-Jazeera, la chaîne d’information panarabe.
« Ce sont nos clients libyens qui la réclament » explique le serveur, Tarek Frigui.
Destination touristique tunisienne par excellence, Djerba compte 125.000 habitants dont 80% vivent directement ou indirectement du tourisme.
Mais les troubles que connaît la Tunisie depuis le 14 janvier, date de la fuite de l’ex-président Ben Ali, et la proximité de la Libye en guerre ont fait chuter la demande.
Plus de 70.000 Libyens ont trouvé refuge en Tunisie depuis le début de la crise en février, selon le ministère de l’Intérieur, dont probablement quelques milliers à Djerba.
La fréquentation touristique, elle, a chuté de plus de moitié sur l’île méditerranéenne.
Les tours opérateurs « craignent » pour leurs touristes, se désole Tarek, alors que la ville est sûre. « Des bus sont affrétés pour transporter directement les Européens de l’hôtel au bateau » pour les balades en mer, sans passer par les cafés, se plaint-il.
L’année dernière, « nous faisions parfois 1.000 dinars (environ 500 euros) de recette le matin. Cette année, on atteint difficilement les 200 dinars (100 euros) », regrette-t-il. « Dire que j’en avais parfois autant en pourboire… »
Les taux d’occupation et de réservations dans les hôtels n’augurent rien de bon. Sur les 67 établissements de l’île, « vingt-six auraient dû rouvrir en avril, début de la saison estivale, et sont restés fermés » selon Jalel Bouricha, président de la Fédération régionale d’hôtellerie.
Et ce n’est pas vraiment la présence des Libyens qui va compenser ce manque à gagner. Ceux qui résident actuellement dans l’île sont bien des « réfugiés » à la recherche de sécurité, pas des touristes en quête de distraction.
« Les Libyens demandent toujours si leur voiture sera cambriolée, si les enfants risquent d’être agressés, s’ils peuvent sortir tranquillement », raconte Makram Diri, qui co-gère une trentaine d’appartements à louer dans la Marina.
« Les Libyens s’installent ici pour le long terme », explique-t-il. Une école a ouvert, le marché des marchandises importées de Libye a repris vie et certains meublent leur maison.
Le prix des locations de Makram reste élevé, entre 1.200 et 2.000 dinars par mois (600 à 1000 euros). Mais il louait plus cher aux touristes l’an dernier.
« Humainement, je ne pouvais pas louer des appartements aux tarifs habituels à des familles fuyant la guerre, » affirme-t-il.
Dans le cinq étoiles Royal Garden, les touristes européens vont et viennent. L’hôtel a sauvé la mise en cassant ses prix.
« Mais à cause des clients +promotionnels+, nous nous retrouvons avec des niveaux sociaux différents », au grand dam de l’image de marque du palace, soupire un employé.
Le mois dernier, le ministre libyen du pétrole qui a fait défection à Mouammar Kadhafi est passé par là. Aujourd’hui, une vingtaine de Libyens résident dans l’hôtel. L’employé fait semblant d’ignorer s’il s’agit de pro-Kadhafi réfugiés à Djerba en attendant la fin de la tempête.

 
 
AFP, le 6 juin 2011 à 16h21 GMT

INTERVIEW-La Turquie montre la voie au « printemps arabe »


par Simon Cameron-Moore
ISTANBUL, 6 juin (Reuters) – L’évolution de la Turquie a valeur d’exemple pour les pays des Balkans et d’Asie centrale ainsi que pour le monde arabo-musulman, estime le ministre turc des Affaires européennes, Egemen Bagis, à l’approche des élections législatives de dimanche. A l’image des dictatures militaires au pouvoir jadis en Grèce, en Espagne et au Portugal, le pays façonné par Atatürk sur les cendres de l’Empire ottoman cherche à faire son entrée dans le club Europe en se débarrassant des derniers vestiges du régime militaire des années 1980.
« En Syrie, en Tunisie et en Egypte, les citoyens risquent leur vie pour réclamer la démocratie, des réformes et le respect des droits de l’homme, voulant ainsi d’une certaine manière copier la Turquie », explique le ministre turc dans un entretien accordé à l’agence Reuters dans une marina huppée d’Atakoy, dans la banlieue ouest d’Istanbul.
Le rôle de modèle joué par la Turquie pendant l’actuel « printemps arabe » est devenu une sorte de cliché mais dans ce pays, le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) au pouvoir est la cible d’attaques de l’opposition pour ses performances démocratiques.
PIQUÉ AU VIF PAR L’ECONOMIST
Les dirigeants de l’AKP ont ainsi peu goûté cette semaine un éditorial du très respecté The Economist intitulé: « La meilleure façon pour les Turcs de promouvoir la démocratie serait de voter contre le parti au pouvoir ».
Grâce, en grande partie, à une économie florissante et à la personnalité du Premier ministre issu de ses rangs, Recep Tayyip Erdogan, l’AKP est certaine de remporter le scrutin législatif.
Mais, désireux de faire adopter une nouvelle Constitution pour remplacer celle datant du régime des généraux dans les années 1980, Erdogan aura la tâche plus aisée si son parti obtenait plus des deux tiers des sièges dans la nouvelle assemblée.
Pour l’Economist, accorder un troisième mandat consécutif au Premier ministre risquerait de renforcer ses tendances autoritaires.
« La véritable inquiétude par rapport au régime sans entrave de l’AKP concerne la démocratie, pas la religion », écrit-il.
« Depuis que M. Erdogan a remporté ses combats contre l’armée et l’appareil judiciaire, son régime a été confronté à un nombre faible de contre-pouvoirs, ce qui lui a permis de donner libre cours à son intolérance naturelle à toute critique et a alimenté ses instincts autocratiques ».
« L’Economist a tort », rétorque le ministre des Affaires européennes.
« Comme le Portugal, l’Espagne et la Grèce, qui ont fait acte de candidature à l’Union européenne tout en étant régis par des Constitutions d’inspiration militaire et qui ont par la suite accéléré leur processus d’accession en adoptant une Loi fondamentale civile, nous adopterons après le mois de juin 2011 une Constitution rédigée par des civils et nous ferons un grand pas en direction du processus d’accession », poursuit-il.
RÉGIME PRÉSIDENTIEL
Ses détracteurs redoutent qu’Erdogan n’instaure un régime présidentiel en Turquie et cherche in fine à accéder à la magistrature suprême.
Pour son ministre des Affaires européennes, les électeurs devraient résister à ceux qui répandent des rumeurs alarmistes sur l’AKP en se souvenant de la cascade de coups d’Etat et de violations des droits de l’homme qui ont caractérisé les années qui précédèrent l’arrivée au pouvoir de l’AKP.
« Veut-on que la Turquie revienne aux jours sombres des assassinats non élucidés, des meurtres, de la torture et d’une économie catastrophique (…) ou veut-on un régime où c’est la volonté du peuple qui prime ? », demande Egemen Bagis.
En raison de ses racines islamistes, l’AKP est attaquée par ceux qui craignent que ce parti ne revienne sur les acquis de la République laïque forgée par Atatürk en 1923.
Se servant des réformes exigées par les Vingt-sept pour rapprocher la Turquie des normes européennes, Erdogan a réussi à faire en sorte que l’armée, institution clé du kémalisme historique, réponde de ses actes devant un gouvernement civil. Paradoxalement, la question de la candidature turque à l’UE n’a été qu’effleurée par l’ensemble des partis lors de la campagne électorale.

 
AFP, le 7 juin 2011 à 11h58 GMT

Le retour de la BAD en Côte d’Ivoire est « imminent », selon son président


LISBONNE, 07 Jui 2011 (AFP) – Le retour du siège de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan « est imminent », a déclaré mardi son président Donald Kaberuka, qui se trouve à Lisbonne afin de participer à partir de jeudi aux assemblées annuelles de la BAD.
Le siège de la BAD avait été transféré, provisoirement, d’Abidjan à Tunis en 2003 en raison de l’instabilité politico-militaire en Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire, premier exportateur mondial de cacao, est le pays le plus riche de l’Afrique de l’Ouest francophone.
« Je peux vous assurer que le retour de la BAD à Abidjan est imminent », a affirmé M. Kaberuka, lors d’un point de presse, précisant que les gouverneurs régionaux de la BAD doivent évoquer cette question jeudi.
Les gouverneurs « vont prendre en considération le fait que la Côte d’Ivoire se stabilise avec Alassane Ouattara et que le pays se normalise », a-t-il indiqué.
« Nous devons réhabiliter avant nos bâtiments, a expliqué par ailleurs l’ancien ministre des Finances du Rwanda. Ce sont des travaux assez complexes. Mais aussitôt les bâtiments prêts et la sécurité assurée sur place, on va retourner à Abidjan ».
M. Kaberuka s’exprimait avant la 46e réunion du conseil des gouverneurs de la BAD qui se tiendra jeudi et vendredi sous le thème d' »une croissance inclusive en Afrique ».
La ministre française des Finances Christine Lagarde y est attendue vendredi, jour de la clôture des candidatures pour la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), dans le cadre de sa campagne pour prendre la tête du FMI.
Interrogé sur la succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, M. Kaberuka a estimé qu’il n’était « pas important de savoir si c’est un Africain ou pas ».
« L’important est que ce choix soit fait avec rigueur et transparence », a-t-il souligné regrettant en outre que la voix de l’Afrique « se fasse si peu entendre au sein des organisations économiques et financières internationales ».

 
Parti du Peuple pour la Patrie et la Démocratie
COMMUNIQUE

 
Caïd Sebsi, partisan nostalgique de Bourguiba et du parti unique, avec son paternalisme obsolète, tente de détourner la révolution de ses buts légitimes au profit de la pérennisation du système libéral de domination et d’exploitation contre lequel la jeunesse tunisienne s’est révoltée.
 
Invité au G8 à Deauville, pour endetter encore plus des générations de tunisiens et de tunisiennes, il n’a même pas réussi à décrocher un prix de figuration. Ses gesticulations n’arrivent pas à masquer ses manipulations et sa mal-gestion des affaires courantes du pays.
 
Par sa bienveillance, les caciques de Bourguiba et du RCD et les lobbyistes de tous horizons ont investi directement les institutions et administrations du futur Etat. D’autre part, aucune épuration ni assainissement, pourtant nécessaires, n’ont été entrepris dans la haute administration publique, les ministères, les régions et les entreprises.
 
Des chefs d’entreprise sont ainsi loués et encouragés « à investir dans les régions pour lutter contre le chômage », ceux-là même qui ont profité pendant des dizaines d’années des sollicitudes de Bourguiba et de Ben Ali et mené l’économie du pays dans la situation de dépendance et d’assistance actuelle.
 
Les spoliations de droits et de biens et les crimes économiques et de sang demeurent impunis. Les tortionnaires sont encore en fonction dans la police politique et les services de sécurité. Le corps des magistrats n’est toujours pas autonome et indépendant et encore moins au service de la révolution.
 
Les tergiversations des uns et des autres pour décider de l’élection de l’assemblée constituante continuent de jeter le discrédit sur une classe politique héritée de 56 ans de dictature. Dans les circonstances actuelles, même si le colonialisme culturel, économique et politique français perdure, la date du 15 Octobre semble la mieux appropriée pour l’élection parce qu’elle représente la fin officielle de la présence militaire française à Bizerte.
 
Le Parti du Peuple pour la Patrie et la Démocratie, HOUCHOUD, condamne toutes les tentatives de confiscation de la révolution du peuple, des jeunes et des défavorisés.
 
Il appelle toutes celles et tous ceux qui veulent construire le nouvel Etat, instaurer la nouvelle République dotée d’un régime parlementaire, d’une représentation proportionnelle locale, régionale et nationale, d’une nouvelle constitution bâtie sur la liberté, la justice sociale, la dignité nationale, la fraternité et la solidarité, à poursuivre le processus révolutionnaire.
 
Pour le Parti du Peuple HOUCHOUD, le mouvement révolutionnaire doit se démarquer des placages de modèles étrangers et construire son propre système de référence en puisant dans le fonds socioculturel et civilisationnel du peuple tunisien, et se décider enfin à diriger la Tunisie et non pas être une force d’opposition ou d’appoint pour un aménagement du système capitaliste.
 
Le peuple tunisien est le seul dépositaire et le seul garant de la légitimité politique et de la souveraineté économique, industrielle et financière.
 
Houchoud France

Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux RivesF.T.C.R.

DUPLICITÉ ET COMPLICITÉ ?

 

ARRÊT DE LA RÉPRESSION CONTRE LES JEUNES MIGRANTS TUNISIENS


 
 
ALORS QU’ILS DEMANDAIENT LE DIALOGUE AVEC LE PREMIER MINISTRE, LA POLICE ATTAQUE LE BÂTIMENT TUNISIEN DU 36 RUE BOTZARIS OU SE SONT RÉFUGIÉS LES JEUNES MIGRANTS TUNISIENS, LES EXPULSE, LES ARRÊTE ET LES RELÂCHE.
 
 
Au moment où les jeunes migrants tunisiens et les associations syndicats et organisations politiques étaient rassemblés au métro Varennes pour demander à rencontrer le premier ministère afin de débattre de la situation intenable des jeunes migrants, rencontre encore une fois refusée, la police a attaqué le bâtiment vacant appartenant à l’Etat tunisien sis au 36 rue de Botzaris à Paris 19ème anciennement occupé par la milice de l’ancien dictateur enfui Ben ALI et où s’étaient réfugiés les jeunes migrants partis de Tunisie après la révolution et récemment arrivés de l’ile italienne de Lampedusa sans toit et sans ressources.
 
S’agissant d’un bâtiment appartenant à l’Etat tunisien la F.T.C.R. se demande comment la police a pu entrer dans le bâtiment et à la demande de qui ?
 
La F.T.C.R. rappelle que la force et la brutalité ne peuvent rien résoudre. Ce ne sont pas les solutions que les jeunes migrants de la révolution attendent.
 
La F.T.C.R. appellent les forces démocratiques et humanistes à se mobiliser contre la répression du gouvernement contre les migrants tunisiens dont la majorité possède des documents officiels d’un état européen.
 
Paris le 7 juin 2011
 
Pour la F.T.C.R. le président Tarek BEN HIBA

 
Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives – FTCR
Mardi 7 juin 2011
 
Madame, Monsieur,
 
Vous êtes cordialement convié au point de discussion avec la presse qui se tiendra le mercredi 8 juin 2011 à 11h30 au Bar de la Presse du Parlement Européen à Strasbourg avec la délégation des « migrants tunisiens de Lampedusa », avec les associations qui les soutiennent et les parlementaires européens.
 
Ce point-presse et les différentes rencontres prévues au Parlement de Strasbourg le 8 juin, pendant la session plénière, se tiendront à l’invitation de Mme Hélène Flautre (Groupe des Verts/Alliance libre européenne), de Mme Marie-Christine Vergiat ( Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique) et de Mme Sylvie Guillaume (Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates).
 
La délégation sera composée de migrants arrivés en Europe par l’île de Lampedusa, de représentants de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), de l’Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF ex ATF-Paris), de l’Association des Travailleurs Maghrébins en France (ATMF), de l’Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT-IDF), du Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés (GISTI).
 
Il sera question de la revendication d’une protection temporaire européenne, des conditions que vivent les migrants, des politiques européennes des migrations au regard des évolutions en Tunisie et au sud de la Méditerranée.
 
Vous trouverez en pièce jointe : 1/ Le communiqué de presse en français et en arabe 2/ L’argumentaire pour l’octroi de la mesure européenne de protection temporaire en français et en arabe.
Pour contacts ou informations supplémentaires vous pouvez joindre Omeyya Seddik (avec la délégation à Strasbourg) ou Mouhieddine Cherbib (à Paris), ou par courriel ftcr.etudes@no-log..org .
Cordialement, la coordination de la délégation.
Omeyya Naoufel Seddik
zonegrise@yahoo.fr
Tél. Tunisie : +216 20 53 77 13
Tél. France : +33 (0)6 87 75 74 84
ou +33 (0)66 99 87 56 23
Tél. Italie : +39 349 674 10 14

 
L’Association des Tunisiens de l’Ile-de-France
A.T.I.F.
 
C /o M M’SALLEM Béchir
8 rue de Lisbonne
91300 Massy
Tél : 06 66 17 77 44
 
VOUS INVITE
A UNE REUNION PUBLIQUE
SUIVIE D’UN DEBAT
 

Les IMMIGRES TUNISIENS ET LES ELECTIONS DE L’ASSEMBLEE CONSTITUANTE

 
AVEC
Mohamed Lakhdar ELLALA
&
Tarek BEN HIBA
Membres de la La haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique
 
Et le CHANTEUR MOHAMED BHAR
Le samedi 11 juin 2011 de 19 H à 23 H
 
Salle Lavoisier
Maison de l’emploi et de la formation
Rue du Noyer Lambert
91300 Massy

Répartition des sièges au sein de l’assemblée constituante selon les régions


 
 
Il est prévu que le nombre d’élus dans la prochaine assemblée nationale constituante variera entre 215 et 219 selon que le nombre des représentants de nos expatriés sera de 16 ou 20. Quant au nombre d’habitants par siège, il variera entre 26015 pour Tozeur et 62934 pour l’Ariana, selon le journal « Kol Ennas ».
Avec 1001677 habitants, Tunis comptera le plus grand nombre de sièges (17). Elle est talonnée par Sfax avec 16 sièges pour une population de 936627 habitants. Nabeul occupe la 3ème place avec 13 sièges, suivie de Ben Arous et Sousse avec 10 sièges, puis Bizerte, Kairouan, Monastir et Médenine avec 9 sièges. Tozeur ferme la marche avec 4 sièges pour 104061 habitants. Seuls les gouvernorats de Tunis, Sfax et Nabeul comptent chacune deux circonscriptions.
On remarquera quelques bizarreries comme le fait que le gouvernorat de l’Ariana compte moins de sièges que Médenine (8 contre 9) alors que la population du premier est supérieure au deuxième (503475 contre 457258)
Classement
Gouvernorat
Nombre de sièges dans l’assemblée constituante
Nombre d’habitants
Nombre d’habitants par siège
01
Tozeur
4
104061
26015
02
Kébili
5
151554
30311
03
Zagouan
5
171046
34209
04
Tataouine
4
146959
36740
05
Séliana
6
234586
39098
06
Le Kef
6
257093
42849
07
Gafsa
7
339612
48516
08
Gabès
7
346465
49495
09
Mahdia
8
397882
49735
10
Médnine
9
457258
50806
11
Béjà
6
306827
51138
12
Sidi Bouzid
8
413870
51734
13
Manouba
7
371474
53068
14
Jendouba
8
424565
53071
15
Kasserine
8
434265
54283
16
Monastir
9
519602
57734
17
Nabeul
13*
756381
58183
18
Ben Arous
10
582160
58216
19
Sfax
16**
936627
58539
20
Tunis
17***
1001677
58922
21
Bizerte
9
548432
60937
22
Sousse
10
615236
61524
23
Kairouan
9
562265
62475
24
Ariana
8
503475
62934
Total
 
199
10610383
30311
* Répartis sur deux circonscriptions : la première 7 sièges et la deuxième 6 sièges. ** Répartis sur deux circonscriptions : la première 7 sièges et la deuxième 9 sièges. *** Répartis sur deux arrondissements : la première 9 sièges et la deuxième 8 sièges.
 
(Source : « Leaders.com.tn », le 6 juin 2011)
 

Constituante tunisienne : à la poursuite d’un scrutin clair…


 

 
La plus grande confusion règne en Tunisie au sujet de l’élection de l’Assemblée constituante, prévue pour le 24 juillet. Si la plupart des partis se disent prêts à un report – sauf les islamistes d’Ennahdha -, tout le monde se divise sur la nouvelle date à retenir. Le gouvernement doit tenir une réunion cruciale à ce sujet mercredi.  
À moins de deux mois de la date prévue pour le scrutin, toujours pas de certitude quant à ce premier grand rendez-vous démocratique de la Tunisie post-Ben Ali. Report ou pas report ? La classe politique est plus divisée que jamais sur la date de l’élection de la Constituante, fixée au 24 juillet. D’où une certaine inquiétude de la population sur la capacité de ses dirigeants à mettre un pied devant l’autre. Mercredi 8 juin, le gouvernement de transition doit tenir une réunion avec les partis politiques pour tenter d’établir un compromis sur la date du scrutin. « On va probablement s’entendre », a assuré un membre de la commission électorale. À condition que chacun y mette du sien, bien-sûr…
Cacophonie
Car le débat sur la date de la Constituante donne lieu à une véritable cacophonie depuis quelques semaines en Tunisie. Contre l’avis initial du gouvernement et de certains partis, la commission électorale a exigé un report du 24 juillet au 16 octobre, mettant en avant des questions techniques et logistiques qui ne lui permettraient pas d’assurer un scrutin crédible et transparent avant cette date.
Mais le président de la commission, Kamel Jendoubi, a semblé revenir sur sa position, en reconnaissant la semaine dernière qu’il devrait être possible de fixer « une nouvelle date » en guise de compromis. Peut-être en septembre ? Le gouvernement tunisien, d’abord hostile à un refus, insiste désormais sur la nécessité d’atteindre un consensus avec les formations politiques. Mais c’est là que le bât blesse.
Devenus pléthoriques depuis la révolution, les partis politiques ont plus que du mal à s’entendre. Certains, comme Ettajdid (ex-parti communiste), se sont rangés à l’idée d’un report, pour obtenir des résultats incontestables. Mais le Parti démocratique progressiste (PDP), s’il n’exclut pas d’accepter un scrutin en octobre, rejette une date en septembre, trop proche selon lui de la rentrée et de la fin du ramadan. D’autres suggèrent enfin de sauter l’étape de la Constituante afin d’organiser directement une élection présidentielle ou de soumettre des projets de Constitution à un référendum. Soupçons de complot
Viennent ensuite les soupçons de complot, qui ne facilitent pas le travail ni la confiance entre les partis. L’influent mouvement islamiste Ennahdha (Renaissance) insiste sur la date du 24 juillet car il craint que sa popularité ne s’effrite ou que des manœuvres des autres formations politiques ne lui fassent perdre des voix. Le président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a encore une fois dénoncé lundi la volonté de la commission de reporter les élections « d’une manière unilatérale », et n’exclut pas l’existence d’un « complot visant à empêcher les Tunisiens d’aller aux urnes ».
« Nous entendons de plus en plus parler de l’idée d’exclure l’élection d’une Assemblée constituante, et nous n’excluons pas que d’autres scénarios alternatifs poussent à abandonner les prochaines élections », a-t-il ajouté, à l’occasion du 30e anniversaire de son mouvement.
Chômage et désespoir
De l’avis de nombreux observateurs, le sort de la transition démocratique tunisienne est en jeu. « La date du 24 juillet n’est pas tenable, l’élection sera repoussée », pronostique un diplomate occidental à Tunis. Mais « si un parti important comme Ennahdha ou le PDP expriment une opinion négative sur le report, cela risque de provoquer des troubles », prévient-il. Autre problème : la cocotte minute sociale. « Personne ne parle des jeunes chômeurs, des démunis, du désespoir, de la pauvreté. À l’inverse, tous les débats se concentrent sur les dates du 24 juillet et du 16 octobre », se désole l’universitaire Sonia el-Kadhi dans la presse tunisienne, en dénonçant « un sentiment largement partagé que tout bouge pour que rien ne bouge ». (avec AFP)  


Point de vue Tunisie, une révolution sans jasmin


 

 
Certains milieux diplomatiques ont collé à la révolution tunisienne le nom de « révolution du jasmin ». Et cela ressemble à un nom de code d’une mission secrète ou à un slogan de compagne touristique. Un nom de code rappelle les services secrets et, par là même, le dictateur tunisien déchu qui, semble-t-il, avait des relations étroites avec plusieurs services de renseignements étrangers qui lui ont permis, notamment, d’accéder à la magistrature suprême. Le tourisme renvoie à l’image folklorique qu’ont certains occidentaux des pays du sud de la Méditerranée dont les peuples sont perçus comme un mélange d’une élite éduquée restreinte, une petite caste de riches corrompus et une masse formée de citadins ignares et soumis et de bédouins perdus dans le désert et vivant dans des conditions moyenâgeuses. La réalité est toute différente. La Tunisie dispose d’une classe moyenne très étendue et d’un bon niveau de formation. Poursuivant l’élan que lui a donné Bourguiba, le premier président tunisien, et grâce à l’attachement des familles tunisiennes à l’éducation de leurs enfants, notre pays compte le quart de sa population dans les écoles et lycées. Il compte 360 000 étudiants dont 60 % de jeunes filles. Le nombre d’abonnés à Facebook qui était de un million et demi avant la révolution atteint maintenant les deux millions et demi, soit un Tunisien sur quatre. La femme, depuis la promulgation du statut personnel, tout de suite après l’indépendance du pays en 1965, a un statut avancé par rapport au reste du monde arabe. L’ensemble de ces éléments ont constitué le ferment de la révolution contre le dictateur qui a pris en otage la Tunisie pendant de longues années. Toutefois, alors que notre peuple souffrait de la tyrannie d’un dictateur inculte et corrompu, notre pays était considéré par les élites politiques et financières de certains pays occidentaux comme un paradis où il faisait bon faire des affaires ou profiter de l’odeur du jasmin, et! autres plaisirs divers, dans les stations balnéaires, sous la protection de l’ami Ben Ali qui recevait tout ce beau monde avec les honneurs. Certes, la révolution tunisienne a été plus pacifique que d’autres. Mais le sang des Tunisiens a coulé sous les balles d’autres Tunisiens. Et, l’une des principales leçons de notre révolution est que le sang d’un Tunisien, un seul, doit maintenant coûter très cher. La dignité d’un Tunisien, un seul, ne doit plus être piétinée. La liberté. La justice. Ce sont là, les ressorts de la révolution tunisienne, voulue par la jeunesse, réalisée par la jeunesse, avec la technologie de la jeunesse. La révolution tunisienne a été rapide. Elle déferla tel un tsunami après de longues années de souffrance vécues dans l’omerta exercée par la dictature et derrière le mur de la peur qu’elle a élevé. Toutefois, la chute rapide du sommet d’un régime qui a vidé toutes les institutions de l’Etat de leur substance et injecté le virus de la corruption dans tous les secteurs de la vie politique, économique et sociale, cette chute a engendré une situation chaotique. Ceci, d’autant plus, que le corps de la sécurité intérieure du pays a été parmi les plus touchés par le dérèglement organisé par la dictature mafieuse. Le constat est que la vraie révolution reste à faire pour réconcilier le pays avec ses institutions politiques, sa police, sa justice, sa jeunesse, ses élites, ses hommes d’affaire, sa société civile, etc. Et les jours de souffrance, de dérèglement, de chaos, et autres valses de la reconstruction politique, économique et sociale se suivent et font planer sur tout un peuple, en même temps qu’un immense espoir, le climat pesant d’un avenir incertain. La Tunisie, se réveille d’un cauchemar qui a duré vingt-trois années. Elle attend plus des peuples et des organismes internationaux qui croient en la dignité humaine, s’il en reste encore sur la planète, un soutien pour réussir sa transition démocratique qu’un regard condescendant qui la renvoie à l’image de carte postale, même en temps de révolution, en lui promettant dons et aides. La révolution tunisienne est l’œuvre d’une jeunesse éduquée et connectée, ouverte sur le monde, qui réclame son droit à une vie digne dans un pays démocratique qui respecte les droits fondamentaux et universels de l’homme. Plus qu’une aide économique suspecte que l’on fait miroiter par-ci et par-là, la jeunesse tunisienne veut une reconnaissance et une coopération sans arrière-pensées pour que naisse dans le pays une démocratie moderne et pérenne. Une démocratie qui permet au jeune Tunisien de libérer son énergie créatrice et de reconstruire son pays en comptant sur son propre génie et sa propre force de travail. Sans l’aboutissement de cette transition vers la démocratie tant espérée, il y aura certainement, dans quelques années, encore du jasmin en Tunisie, mais point de trace de la révolution !

Raouf Laroussi , universitaire, Ecole nationale d’ingénieurs de Tunis (ENIT)
 
(Source: “lemonde.fr” le 7 juin 2011)
 
 


Tunisie : un militant PDP répond aux détracteurs de son Parti


 
Confronté à de nombreuses critiques sur le fond comme sur la forme, le Parti Démocratique Progressiste (PDP) est peut être victime de son succès. Il s’agirait, selon certains « d’une campagne de dénigrement contre un parti qui prend de l’ampleur. » Certaines personnes en sont même arrivées aux mains à en croire une militante du PDP qui était présente à Sfax dans le cadre d’une campagne de propreté initiée par son parti. Selon sa version, elle aurait été agressée par des sympathisants du parti Ennahdha ! Dans la tribune qui suit, un militant de ce parti, M. Sadri Sancho, répond aux « actions de diffamation et de désinformation à l’encontre du PDP » et explique la démarche du PDP en vue des élections de la Constituante dans un article intitulé « Le PDP a choisi la voie pour l’union. D’autres partis préfèrent l’union pour les voix » « Nombreux sont les tunisiens qui considèrent ou qui sont conduits à considérer que le PDP veut faire cavalier seul. La question est posée et mérite d’être examinée et tirée au clair. Tout d’abord, il est impératif de connaître le PDP pour mieux aborder le sujet. Fondé en décembre 1983 et légalisé en 1988, le PDP est un parti ayant une histoire, des racines, des militants, des valeurs et des principes, un parti ayant lutté sans plier pour le droit à l’existence et à la participation à la vie politique, un parti ayant milité sans concession pour les droits fondamentaux du citoyen que sont la dignité, la liberté, l’égalité, la solidarité, la citoyenneté et la justice, un parti ayant sans cesse revendiqué l’obligation du pluralisme politique, de la séparation des pouvoirs et de l’alternance au pouvoir. De sa création au 13 janvier 2011, ce parti et ses dirigeants, ont été opprimés et persécutés par les régimes qui gouvernaient, qui ont fait usage de tous les moyens afin de neutraliser et de dissuader toute action d’opposition politique. Ces pratiques communes à tous les régimes dictatoriaux, n’ont fait que renforcer la motivation du PDP à agir et à militer pour mettre fin à la dictature. Le PDP a été le premier parti à avoir activement milité dans les régions qui se sont soulevées, et à avoir participé aux manifestations et aux sit-in à travers le pays, qui ont abouti à la libération le 14 janvier 2011. Certains de ses membres ont payé de leurs personnes après avoir été emprisonnés. Faut-il rappeler, à juste titre d’ailleurs, qu’au moment où les émeutes sociales atteignaient leur paroxysme, et où des tunisiens tombaient sous les balles réelles, Ahmed Néjib Chebbi était le seul à avoir appelé, le 9 janvier 2011, à un gouvernement de salut national, à des élections générales et à une transition démocratique. Fidèle à ses prises de position, le PDP a décidé de participer au premier gouvernement de transition qui se voulait d’union nationale et de réunification. C’était à mon sens une décision courageuse malgré tous les risques que cela comprenait. Participer, même dans l’adversité, permettait de mieux se rendre compte de ce qui se passait et de jouer le cas échant son rôle d’opposition à toute tentative de détournement ou d’avortement de la révolution. Fini le rôle de parti d’opposition, le PDP s’est rapidement muté en parti de proposition : proposition d’un projet de société pour la nation. Pour ce faire, il s’est doté en parallèle au bureau politique existant, d’un think-tank (ou groupe d’experts et de conseillers couvrant tous les domaines : social, économie, développement régional, finances, santé, culture, enseignement, justice, sécurité, …), pour élaborer un projet de société à travers un programme réformateur, ambitieux et réaliste. De part sa présence et son activité sur le terrain dans l’ensemble des régions du pays, depuis plus de vingt ans, le PDP a conçu son programme autour des axes suivants : 1. La résolution des problèmes au quotidien du citoyen à savoir : le pouvoir d’achat, l’emploi, la santé, les loisirs et la culture, l’enseignement, le transport, la justice sociale, etc… 2. La réforme en profondeur des structures de l’Etat, de manière à ce que ce dernier soit au service du citoyen et de la communauté d’une part, et de sorte à rétablir et pérenniser les valeurs fondamentales que sont la dignité, la liberté, l’égalité, la solidarité et la citoyenneté. 3. La décentralisation par la participation et la responsabilisation des régions quant aux programmes de développement régionaux et nationaux. 4. L’ouverture sur l’étranger et le libéralisme socio-économique par la dynamisation et la favorisation de l’investissement privé tunisien et étranger. 5. La séparation des pouvoirs. 6. L’alternance au pouvoir. Ambitieux et pour se donner les moyens de son ambition, le PDP a mis en place sa stratégie pour mieux se faire connaître des Tunisiens et rétablir la confiance perdue en les politiciens et la politique d’une manière générale, et pour faire revivre l’espoir en un lendemain meilleur. Cette stratégie, qui d’ailleurs a été pratiquée par des partis politiques ambitieux, dans d’autres pays au lendemain de révolutions ayant abouti à la chute de dictatures, consiste en : 1. La tenue de meetings politiques dans toutes les régions du pays, 2. L’ouverture de bureaux de représentation dans les gouvernorats, dans les villes, dans les villages et dans les quartiers, pour une présence de proximité, 3. La présence dans les médias audiovisuels et sur les ondes radios, le web et les réseaux internet sociaux, 4. Les campagnes d’affichages publicitaires qui permettent d’associer le parti à ses principaux dirigeants. Pour réaliser son ambition et les actions prévues à cet effet, des ressources financières importantes sont nécessaires. De ressources financières, le PDP n’en disposait point avant le 14 janvier 2011 mis à part les revenus modestes de la vente de son hebdomadaire « El Mawquif ». Fallait-il attendre une subvention de l’Etat. Sûrement pas. La seule solution était le recours aux contributions et dons des personnes physiques et morales et aux cotisations des adhérents (symboliquement fixé à 5 Dinars). Cependant, il a été décidé de n’accepter aucun financement provenant de l’étranger, ou émanant de personnes physiques ou morales suspectées d’avoir appartenu ou soutenu l’ancien pouvoir, ou soupçonnées de corruption ou de blanchiment d’argent. Tout don et toute contribution doivent se faire par d’un chèque et la comptabilité du PDP est mise à disposition de la cour des comptes et de tout autre organisme de contrôle et de surveillance des partis politiques. Le PDP ainsi que les autres partis d’opposition, qui ont milité sans courber l’échine aux régimes dictatoriaux, se sont très vite organisés pour recouvrer leur rôle politique, asseoir leur crédibilité, convaincre, rassembler et fédérer. Toutefois, le paysage politique tunisien a été totalement bouleversé après le 14 janvier 2011 par l’autorisation de plus de 80 nouveaux partis politiques. Ceci est l’expression de la démocratie et de la liberté d’expression et de la revendication dans sa forme la plus simple. Seulement, le tunisien qui vient de conquérir la liberté d’expression et de revendication, n’en connaît pas forcément ni n’en mesure les limites et les dangers. Et là, je reviens à mon point de départ à savoir si le PDP veut faire cavalier seul comme certains le prétendent. Lors du congrès national du PDP en date du 9 avril 2011, M. Ahmed Nejib Chebbi a appelé les partis nouvellement créés, qui partagent les mêmes valeurs et qui ont la même approche politique, à se fédérer autour du PDP et éventuellement à une coalition. La raison était toute simple, en agissant seuls ces partis n’ont ni le savoir faire, ni les moyens humains et matériels pour réaliser leurs ambitions. Certains de ces partis ont, dans un premiers temps, répondu à cet appel pour ensuite se rétracter. Se découvrant des ambitions sans limites, peut être légitimes, leurs dirigeants, aux egos parfois surdimensionnés, ont préféré faire cavalier seul. Cependant, ces partis se sont aperçus récemment que leur jeunesse, leur inexpérience, leur manque de moyens humains et matériels, ne leur permettaient pas de réaliser leurs ambitions et encore moins de se faire entendre et de se faire valoir à large échelle. Leur ambition était, sans se voiler la face, un siège à la constituante. Alors que reprochent-ils au PDP, de vouloir faire cavalier seul ? Si c’était vraiment le cas, il en a le droit et pleinement le droit. La démocratie exige que l’on respecte avant tout la volonté des autres. Au PDP, les valeurs on y tient et fermement. Parmi ces valeurs, le respect. Le respect oblige à ne pas diffamer, à ne pas désinformer, et à ne pas s’attaquer aux personnes et aux institutions. Le PDP a un programme, un planning et une ligne de conduite à laquelle il tient fermement. Le PDP ne s’intéresse pas à ce que font les autres partis politiques ; il focalise sur son programme et sur son planning. Le PDP dérange, à l’évidence. Certains partis politiques, dépourvus de toute notion d’éthique, ayant des définitions de la démocratie, du respect et de la liberté, autres que celles universelles, se sont rendus compte qu’ils ne pourront atteindre leurs objectifs en demeurant seuls. Certains dirigeants de ces partis ont appelé puis ont formé une coalition. Qui de mieux que le PDP pour donner à cette coalition toute sa crédibilité et la certitude de réussir à atteindre les objectifs fixés. Seulement, le mode de scrutin électoral choisi pour l’élection de la constituante va à l’encontre des intérêts des grands partis, et donc à fortiori des coalitions. C’est principalement pour cette raison que le PDP est contre la coalition avant la constituante. Après élection, le PDP est d’avis que la coalition se fera naturellement. Voulant à tous prix compter le PDP dans leur coalition, certains dirigeants et membres de ces partis se sont transformés en donneurs de leçons. Œuvrant à des fins purement personnelles, et sous couverture de l’intérêt national suprême et du front contre l’intégrisme religieux, ils manœuvrent et incitent à toutes publications et à toutes actions de diffamation, de désinformation à l’encontre du PDP, et notamment à porter atteinte à ses valeurs, à sa crédibilité, et à la dignité de ses dirigeants. Seulement, le tunisien n’est pas dupe. Il saura faire la différence entre la voie pour l’union choisie par le PDP, et l’union pour les voix que préfèrent certains de ces partis nouvellement créés. La manière de voir et de concevoir à des fins personnelles, le PDP n’en veut pas. Il demeure et demeurera ouvert à tous les autres partis, à la seule condition de laisser les ambitions personnelles de côté et d’œuvrer réellement et véritablement pour l’intérêt suprême de la nation ». Par Sadri Sancho Militant PDP
 
(Source: “:espacemanager” le 7 juin 2011)

PCOT – Hamma Hammami se veut en «rassembleur» à Hammam Lif «Dès le début, nous étions contre la date du 24 juillet»


Le Parti ouvrier communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) a tenu pour la première fois un meeting populaire dans la banlieue sud de la capitale qui a eu lieu le samedi 04 juin vers 17h à Hammam-Lif. Des militants et des sympathisants, constitués en grande partie de jeunes, étaient venus nombreux pour assister à cette rencontre où Hamma Hammami, porte-parole officiel du parti, a soulevé de nombreuses questions ayant trait à la situation politique, économique et sociale qui prévaut dans le pays. Ont précédé son discours des chansons patriotiques et révolutionnaires assurées par la jeune Troupe « Jadal » Dans la salle des banderoles étaient accrochées où l’on pouvait lire entre autres : « Pour la protection et la consolidation des acquis des travailleurs et la sauvegarde du secteur public » ou « Le pouvoir au peuple » ou encore « Non à la privatisation des secteurs vitaux (santé, éducation, transport, eau et électricité ». Par la même occasion, un hommage a été rendu aux deux martyrs d’Hammam-Lif tombés lors de la Révolution en présence de membres de leurs familles…
Mieux se préparer
Hamma Hammami a d’abord parlé du grand dossier de l’heure qui a trait au choix de la date de l’élection de la prochaine constituante. Il a rappelé que son parti était depuis le départ contre la date du 24 juillet décidée par le gouvernement provisoire et « malgré les attaques tous azimuts que nous avons subies à cause de notre position, a-t-il affirmé, nous nous sommes attaché à notre refus de cette date pour les raisons que nous avons expliquées dans tous les médias. Et voilà que dernièrement la Haute instance indépendante pour les élections a confirmé notre thèse en reportant les élections au 16 octobre 2011 » Ensuite, le porte-parole du PCOT a cité les occasions où son parti a pris des positions fermes, claires et précises en fonction des principes démocratiques adoptés par le parti, comme par exemple son indignation manifestée contre le coup d’Etat du 7 novembre 1987 ou son refus de signer le Pacte national de 1988 et son opposition au gouvernement Ghannouchi de l’après-révolution. Il a enfin exprimé sa satisfaction quant au report des prochaines élections de la Constituante, ce qui, selon lui, permettra aux différents partis de mieux se préparer à ces élections qui devraient être libres, transparentes et démocratiques, en vue de construire une nouvelle ère démocratique et progressiste en Tunisie de l’après-révolution, « c’est pourquoi toute précipitation pourrait mener à l’échec, a-t-il conclu, mais il semble que ce report ne plaît pas à certains ! » Pour ce qui est du régime politique à choisir pour la Tunisie, il a appelé à « l’instauration d’un système républicain parlementaire garantissant les droits de l’ensemble des Tunisiens, ainsi que leur liberté d’expression et d’organisation, tout en consacrant le choix de la justice sociale et de l’égalité entre les genres, et en inscrivant les droits à l’enseignement, à la santé et au logement dans le texte de la Constitution. ».
Injustice fiscale
Evoquant le volet économique, H.Hammami a réitéré son attachement au développement régional qui devrait avoir la priorité des plans économiques et du budget de l’Etat. De même, il a préconisé une nouvelle répartition des richesses, basée sur l’égalité et la justice entre les régions et les citoyens. « Il est inconcevable, a-t-il fait remarquer, que plus de 80% des impôts sont payés par les employés de l’Etat et les travailleurs alors que les riches n’en payent qu’une petite part ! » Il a par ailleurs souligné la nécessité de nationaliser tous les secteurs économiques vitaux tels que l’eau et l’électricité, la santé et l’éducation et d’autres secteurs qui devraient être gérés par l’Etat. Il s’est également déclaré favorable au maintien des petites et moyennes entreprises en favorisant davantage la participation des ouvriers dans la gérance des affaires de ces entreprises. Il a ensuite soulevé plusieurs questions relatives à la vie sociale, culturelle et religieuse dans le pays en exposant le programme électoral de son parti sur toutes ces questions. Il a ainsi souligné l’attachement du parti à la liberté du culte et d’expression et à l’égalité entre les sexes en droits comme en devoirs. « La religion reste pour nous une affaire personnelle et ne doit en aucune manière être manipulée pour des objectifs politiques, a-t-il précisé, nous sommes pour la séparation entre la religion et l’Etat. ». Concernant la politique étrangère du pays, il a rappelé l’opposition de son parti à toutes les politiques hégémoniques et impérialistes et à toute normalisation avec l’Etat sioniste en appelant à une consolidation des liens entre les pays arabes et à un soutien inconditionnel à la cause palestinienne. Parlant de la banlieue sud, il a insisté sur l’importance de cette région, connue historiquement par son environnement et la beauté de ses lieux où il faisait bon vivre, mais qui a été délaissée et négligée sous l’ancien régime : « Il est grand temps que cette région retrouve sa splendeur et son rayonnement d’antan, dans tous les domaines, social, culturel, économique et politique » a-t-il conclu. Hechmi KHALLADI
(Source: “Le Temps” (Quotidien – Tunisie) le 7 juin 2011) http://www.letemps.com.tn/article-56503.html  

Congrès pour la République – Moncef Marzouki à un meeting à Nabeul «Le financement des partis doit être transparent, équitable et honnête»


Le Congrès pour la République (Cpr) a tenu dimanche à Nabeul un grand meeting sous la férule du Dr Moncef Marzouki qui aspire à un rôle politique de premier plan dans la nouvelle Tunisie en construction. Inflexible sur les principes mais ouvert au dialogue, le président du Congrès pour la République et ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme est docteur spécialiste en médecine interne, en neurologie et en santé publique. Ecrivain bilingue, il a publié douze livres en Arabe et trois en Français, traitant de médecine communautaire, d’éthique médicale et surtout de ses préoccupations majeures : les droits de l’Homme et le problème de la démocratisation dans les pays arabo-musulmans. Entretien avec un homme d’expérience sur certaines questions essentielles de l’heure et qui se définit aussi comme l’un des principaux «bâtisseurs» de la Tunisie nouvelle et démocratique et qui impressionne le plus par son verbe facile et percutant. Comment jugez-vous le paysage politique actuel en Tunisie ? C’est un paysage mouvant instable, dynamique, créatif et créateur. Je me réjouis de ce dynamisme comme en témoignent ces partis et ces associations qui se créent et un débat politique permanent. C’est vraiment l’effervescence après le calme. C’est positif pour la Tunisie nouvelle. Que pensez-vous de cette inflation de partis ? Ce n’est pas une inflation. C’est une étape intermédiaire et d’enthousiasme politique. Tous les pays qui ont connu des révolutions sont passés par cette étape. On l’a vu au moment de la révolution des œillets au Portugal par exemple. Il y a ensuite un phénomène de sélection naturelle. Les choses vont se calmer par la suite Où se situe votre parti dans cette mouvance politique ? Pour nous, cette distinction franco-française n’a aucun sens. Nous sommes un parti qui a un encrage arabo-musulman du fait de notre identité nationale, un parti démocrate et nous sommes extrêmement intéressés par toutes les questions de développement local et régional. . Nous avons quelque chose de la gauche, du centre et d’universel. Je pense qu’il est difficile de la caser centriste, droite ou gauche Comment voyez-vous le financement des partis ? Ce financement doit être transparent, équitable et honnête. Nous, en tant que CPR, nous n’avons que notre financement interne et nous allons publier sur la toile, au moment où nous allons tenir notre congrès, les origines de notre budget et nous espérons que tous les partis feront de même. Que pensez-vous du report des élections de la Constituante ? Ce n’est pas une bonne idée. Le pays a besoin le plutôt possible d’être stabilisé et tout report prolonge la situation intermédiaire et ceci n’est pas acceptable. Quelle est votre alternative ? Les élections doivent se tenir le plus rapidement possible avant le 16 octobre On reproche à votre parti de flirter avec les Islamistes ? Je n’ai pas arrêté de dire que nous allons nous présenter aux prochaines élections avec nos propres listes. Certains évoquant à tort un projet d’alliance entre le CPR et Ennahdha. Ce qui est totalement faux. Nous allons nous présenter seuls lors des prochaines élections et nous n’avons d’alliance avec aucun parti Comptez-vous adhérer au Pôle démocratique qui vient d’être créé par plusieurs partis ? Nous sommes pour que chaque parti aille aux élections avec ses propres couleurs et son propre programme pour que les choses soient claires et que le peuple tunisien sache choisir en toute connaissance de cause. Je le répète nous n’avons pas l’intention de nous allier à aucun parti politique. Quel régime politique prônez-vous ? Nous sommes pour un régime qui obéit à trois conditions : démocratie, stabilité et efficacité. C’est-à-dire une séparation des pouvoirs et une justice indépendante. Le Président de la République ne nomme pas le haut conseil de la magistrature. Nous pensons que le pouvoir législatif doit revenir au Parlement au sein duquel il doit y avoir une majorité mais que les représentants des petits partis soient là également et que le pouvoir exécutif ne doit pas être accaparé par une seule main. Etes-vous tenté par la Présidence ? Le jour où il y aura des élections présidentielles, on en parlera !  
Propos recueillis parKamel Bouaouina (Source: “Le Temps” (Quotidien – Tunisie) le 7 juin 2011)

Parti Al Majd

Adel Zarrouk explique les raisons de sa démission


Pourquoi une démission d’un parti qui vient tout juste d’être créé pourtant je suis un membre fondateur et tout a été discuté lors des assises de la constitution. En fait il ne s’agit pas des choix identitaires du Parti Al Majd mais plutôt de certaines pratiques que je juge émanant de l’ère avant révolutionnaire, le premier point de discordance est sur ce que devrait être un parti politique après une révolution sur un système édifié autour de la notion du leadership qui accapare les institutions et ou tout doit converger vers son éloge. Il n’est plus question après la révolution et tous ces martyrs qu’on se permette d’édifier un système bâti sur le même concept où tout gravite autour d’une personne et que toute l’action se résume à œuvrer pour un agenda personnel prioritairement. Le deuxième point de discordance c’est l’absence d’un climat de démocratie au sein même du parti, tout de suite on observe deux niveaux dans l’action, un niveau relatif à l’administration et la gestion du processus de construction du parti lui-même dans lequel on assiste à un brin de travail collectif et un niveau relatif à l’action politique qui est la chasse gardée de Abdelwaheb El Hani. 3ème point les manœuvres de Abdelwaheb El Hani de faire du parti Al Majd un fief des bourguibistes et du bourguibisme, sous l’influence de son père ( farouche défenseur de Bourguiba et nostalgique d’une ère où il a été sur l’échiquier) ou par calcul cherchant à tout prix la popularité auprès d’une région qui ne trouve pas un repère dans l’élan post révolutionnaire. Après le meeting du 8 mai à Sousse j’ai eu un certain recul pour observer plus en détail l’action au sein du parti et après mûre réflexion sur les points énumérés ci-dessus et d’autres points que je me préserve d’en parler publiquement et suite à des discussions avec d’autres membres fondateurs au sujet d’une éventuelle action correctrice, je me suis rendu compte que le parti Al Majd à son état actuel se positionne dans le prolongement des 50 années passées de l’histoire de la Tunisie et je ne me vois en aucun cas associé à une politique qui trahit mes convictions et ceux d’une révolution sur tout un système. J’ai décidé de m’expliquer publiquement au sujet de ma démission pour lancer un débat politique national et appeler les jeunes et les membres de tous les partis à être vigilant et se demander si notre révolution est contre un système de gouvernance ou sur les concepts qui ont abouti à ce système. Pour l’instant ma priorité est d’œuvrer avec ceux qui ont pour souci majeur la réussite de la révolution pour faire obstacle à toute régression qu’ils soient des personnes ou des partis.  
(Source: “Le Temps” (Quotidien – Tunisie) le 7 juin 2011) http://www.letemps.com.tn/article-56504.html

 

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