Le 7 Novembre 1987, Zine El Abidine Ben Ali, premier ministre de lâĂ©poque a opĂ©rĂ© un coup dâĂ©tat dit « mĂ©dical », proclamant :  « Dans l’exercice de nos responsabilitĂ©s, nous comptons sur la contribution de tous les enfants de notre chĂšre patrie, et ce dans un climat de confiance, de sĂ©curitĂ© et de sĂ©rĂ©nitĂ© d’oĂč seront bannies la haine et la rancĆur »(1)  Les tunisiens de tout bord, ont bien accueilli les propos du nouveau prĂ©sident autoproclamĂ©, les promesses faites Ă tous laissaient penser que la Tunisie avait ainsi fini avec lâexclusion systĂ©matique des opposants. La haine et la rancĆur, que la dĂ©claration du 7 novembre mentionne, vont commencer avec cette Ăšre dite nouvelle.  Quelques semaines aprĂšs son coup dâĂ©tat, le rĂ©gime tunisien dĂ©voile lâexistence de ce quâil a appelĂ© « le groupe sĂ©curitaire ». Un groupe que le nouveau rĂ©gime soupçonnait de prĂ©parer un coup dâEtat en parallĂšle avec le sien. LâĂ©minent Docteur Moncef Ben Salem, mathĂ©maticien de renommĂ©e internationale, est jugĂ© Ă la tĂȘte de ce groupe. Quelque temps aprĂšs, M. Mansouri, un cadre de lâarmĂ©e tunisienne, est mort sous la torture. Le Dr. Sahbi Amri, qui a dĂ©voilĂ© cette mort suspecte, a eu beaucoup dâennuis, tant sur le plan professionnel que familial, durant les annĂ©es qui ont suivies. DĂšs lors, la machine de la rĂ©pression, se composant des mĂȘmes personnes ayant semĂ© la terreur sous lâĂšre de Bourguiba et du mĂȘme Ben Ali comme Ministre de lâintĂ©rieur, sâest mise en marche malgrĂ© quelques mois de rĂ©pit pendant lesquels les tunisiens ont cru Ă la rĂ©alisation des promesses.  Quelques mois plus tard, en fĂ©vrier 1988, le nouveau prĂ©sident prend la tĂȘte du nouveau parti renaissant des cendres du parti unique de Bourguiba. LâEtat-parti renaissait de nouveau.  Lors de ce mĂȘme discours, Ben Ali dĂ©clarait :  « Notre peuple a atteint un tel niveau de responsabilitĂ© et de maturitĂ© que tous ses Ă©lĂ©ments et ses composantes sont Ă mĂȘme d’apporter leur contribution constructive Ă la gestion de ses affaires, conformĂ©ment Ă l’idĂ©e rĂ©publicaine qui confĂšre aux institutions toute leur plĂ©nitude et garantit les conditions d’une dĂ©mocratie responsable ainsi que dans le respect de la souverainetĂ© populaire telle qu’elle est inscrite dans la Constitution. Cette Constitution appelle une rĂ©vision devenue aujourd’hui impĂ©rative » (2)      MalgrĂ© le degrĂ© de responsabilitĂ© mentionnĂ© par la dĂ©claration, le peuple tunisien et ses composantes politiques et associatives nâont pas eu la chance de pouvoir apporter leur contribution constructive Ă la gestion du pays.  Quelques associations indĂ©pendantes ont certes eu le fameux visa du MinistĂšre de lâintĂ©rieur, mais cela nâa Ă©tĂ© que temporaire pour une partie dâentre elles telle lâUnion gĂ©nĂ©rale tunisienne des Ă©tudiants (UGTE) lĂ©galisĂ©e en 1988 et interdite en 1991 malgrĂ© quâelle Ă©tait le syndicat majoritaire des Ă©tudiants.  Des dizaines dâautres associations, plus particuliĂšrement celles de dĂ©fense des droits de lâhomme, nâont pas eu cette chance de travailler dans la lĂ©galitĂ© malgrĂ© le travail formidable quâelles fournissent au pays, pour ne citer que le Conseil national des libertĂ©s en Tunisie (CNLT), ATTAC, et lâAssociation internationale de soutien aux prisonniers politiques en Tunisie (AISPP).  La dĂ©mocratie responsable, que les tunisiens ignoraient sa vraie dĂ©finition Ă lâaube du 7 novembre 1987, nâa pas tardĂ© Ă divulguer son mystĂšre aux tunisiens qui souffrent toujours du fait quâelle nâest ni dĂ©mocratique ni responsable. Etre responsable selon le rĂ©gime tunisien, signifie renoncer Ă ses droits, ne pas rĂ©flĂ©chir et ne pas sâimpliquer dans la vie associative ou politique opposante au rĂ©gime, bref obĂ©ir et se taire.  La souverainetĂ© populaire a Ă©tĂ© bafouĂ©e dĂšs le premier test lors des Ă©lections prĂ©sidentielles et lĂ©gislatives de 1989. Le peuple a certes Ă©lu Ben Ali Ă la prĂ©sidence de la rĂ©publique vu quâil sâest prĂ©sentĂ© seul, mais aux lĂ©gislatives, bien quâentachĂ©es dâirrĂ©gularitĂ©s Ă©normes, le peuple a choisi le changement. De sources mĂ©diatiques concordantes et selon le tĂ©moignage de plusieurs observateurs, le RCD, parti au pouvoir est sorti battu des urnes, mais les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© falsifiĂ©s avant leur publication.  Quelques jours aprĂšs, une vague dâarrestations a commencĂ© contre des dizaines de candidats qui ont osĂ© croire au sĂ©rieux de lâenjeu Ă©lectoral en se prĂ©sentant contre le RCD sous diffĂ©rentes banniĂšres, notamment indĂ©pendantes.  Quant Ă la Constitution, elle a Ă©tĂ© rĂ©visĂ©e, Ă plusieurs reprises, mais seulement dans lâidĂ©e de donner plus de pouvoir au prĂ©sident de la rĂ©publique et dâanĂ©antir tout contrĂŽle sur le gouvernement.  La parole, qui suivra, restera lettre morte :  « L’Ă©poque que nous vivons ne peut plus souffrir ni prĂ©sidence Ă vie, ni succession automatique Ă la tĂȘte de l’Etat desquelles le peuple se trouve exclu. Notre peuple est digne d’une vie politique Ă©voluĂ©e et institutionnalisĂ©e, fondĂ©e rĂ©ellement sur le multipartisme et la pluralitĂ© des organisations de masse. » (3) Ainsi, avant les premiĂšres Ă©lections de 1989, Ben Ali sâest prĂ©sentĂ© seul, il a gagnĂ© avec plus de 99%. En 1994, il Ă©tait aussi le seul Ă se prĂ©senter aux Ă©lections, rĂ©alisant le mĂȘme score.  En 1999, Me Abderrahmane El-Hani et Dr. Moncef Marzouki, deux figures de la sociĂ©tĂ© civile tunisienne, se sont prĂ©sentĂ©es aux Ă©lections prĂ©sidentielles, ils ont fini en prison avant les Ă©lections. Une fois encore Ben Ali gagne avec un nouvel score Ă la soviĂ©tique.  Pour asseoir sa prĂ©sidence Ă vie sous une forme « rĂ©publicaine », la Constitution a Ă©tĂ© modifiĂ©e (4) deux fois, dont la derniĂšre pour permettre Ă Ben Ali de se prĂ©senter en 2004.  Face Ă deux adversaires choisis, il lâa gagnĂ© avec 94.5%. La prĂ©sidence Ă vie a certes Ă©tĂ© rayĂ©e de la constitution tunisienne (lâancienne constitution stipule que seule la personne de Bourguiba est dĂ©signĂ©e comme prĂ©sident Ă vie), mais en pratique, et en utilisant des moyens constitutionnels et frauduleux pour Ă©liminer ses adversaires, Ben Ali sâest proclamĂ© de fait comme prĂ©sident Ă vie.  Au niveau des lĂ©gislatives, aucun Ă©lu de lâopposition lĂ©gale nâa pu faire son entrĂ©e au parlement sans le systĂšme de quota qui donne Ă lâopposition une quarantaine de siĂšges distribuĂ©s aux plus fidĂšles des « opposants ».  Quant aux libertĂ©s individuelles et publiques, et contrairement Ă lâaffirmation de Ben Ali quâil veillera « Ă la bonne application de la loi de maniĂšre Ă bannir toute iniquitĂ© et injustice » (5), elles seront de plus en plus bafouĂ©es avec le dĂ©clenchement dans les annĂ©es 90 dâune dĂ©cennie dâenfer.  Câest ainsi que le pays fut mis sous siĂšge et une vraie chasse Ă la sorciĂšre a dĂ©ferlĂ© sur les tunisiens sous prĂ©texte annoncĂ© dâĂ©liminer le parti dâEnnahdha, mais avec lâintention reconnaissable de verrouiller le pays Ă toute vellĂ©itĂ© de changement.  Des dizaines de milliers de personnes ont connu les tristes et cĂ©lĂšbres prisons tunisiennes. Des dizaines de morts sous la torture.  Le rapport complet publiĂ© par le CNLT en 2002 concernant les jugements prononcĂ©s en 1992 par les tribunaux militaires fait Ă©tat de plus de 80 cas de morts sous la torture (6). A cette liste, il faut ajouter les noms de Lotfi Idoudi, Hachemi Mekki, Lazhar Noman et bien dâautres libĂ©rĂ©s en phase finale de maladies incurables.  Lâisolement (7) est appliquĂ© Ă ces prisonniers dits « de nature spĂ©ciale » (Sibgha Khassa en arabe), comme le cas de M. Ali Larayedh qui a passĂ© une dizaine dâannĂ©es en isolement complet.  Les prisonniers libĂ©rĂ©s aprĂšs la fin de leurs peines se trouvent encore accablĂ©s par un contrĂŽle administratif qui ne leur laisse mĂȘme pas la possibilitĂ© de travailler pour avoir quoi manger sachant que le rĂ©gime punit toute personne suspectĂ©e dâapporter de lâaide matĂ©rielle aux familles de prisonniers politiques.   Des dizaines de femmes ont Ă©tĂ© obligĂ©es de divorcer, sous la pression de la police et les menaces dâaffliger des punitions pouvant aller jusquâau viol. Des cas de viols ont Ă©tĂ© perpĂ©trĂ©s sur des proches de prisonniers politiques pour les faire passer aux aveux et parfois seulement dans lâintention de les humilier.  La libĂ©ration de dizaines de prisonniers politiques, surtout ceux aux peines les plus longues, a certes permis de regrouper des familles, mais nâa pourtant pas mis fin aux discriminations administratives qui les frappent (travail, santĂ©, scolarisation des enfants, etc.).   La Tunisie, signataire des conventions internationales contre la torture a connu durant ces vingt ans une application systĂ©matique de la torture. Les tortionnaires, dont les noms ont Ă©tĂ© divulguĂ©s par les victimes, nâont fait lâobjet dâaucune poursuite par les autoritĂ©s tunisiennes, malgrĂ© les demandes rĂ©pĂ©titives des organisations de dĂ©fense des droits de lâhomme, tunisiennes et internationales et malgrĂ© les interventions des instances onusiennes compĂ©tentes. (8)      Il est vrai, Ă cet Ă©gard, que les autoritĂ©s tunisiennes ont profitĂ© des circonstances internationales.  Des lois trĂšs controversĂ©es, dites anti-terroristes, ont Ă©tĂ© adoptĂ©es pour repartir dans une nouvelle vague de rĂ©pression touchant cette fois des centaines de jeunes gens arrĂȘtĂ©s et emprisonnĂ©s.  Avec la banalisation de la torture, dans plusieurs des grandes dĂ©mocraties, la torture pratiquĂ©e en Tunisie a connu un nouvel Ă©lan, relatĂ© par les dĂ©fenseurs des droits de lâhomme et les avocats de ces jeunes, mais sans que des mesures ne soient entreprises pour lâendiguer.  Des morts suspectes ont eu lieu Ă la fin de 2006 et au dĂ©but de 2007. Des jugements trĂšs sĂ©vĂšres ont Ă©tĂ© prononcĂ©s lors dâaudiences expĂ©ditives dont la maniĂšre de gĂ©rer oblige les avocats qui dĂ©fendent ces jeunes Ă se retirer tant que les juges totalement partiaux refusent de faire suite aux demandes des inculpĂ©s de faire des examens mĂ©dicaux suite Ă la torture subie, malgrĂ© les sĂ©quelles apparentes dans plusieurs cas, ou de respecter les droits et garanties donnĂ©es Ă ces prĂ©venus par le droit tant interne quâinternational.  La vie associative, riche et prometteuse aux annĂ©es 80, a beaucoup rĂ©gressĂ© durant les vingt derniĂšres annĂ©es.  Certes il y a une quantitĂ© Ă©norme dâassociations qui ont Ă©tĂ© créées, mais elles ne sont que des associations satellites. Toute demande qui nâa pas lâappui du pouvoir se voit refuser le visa pour ĂȘtre lĂ©gale. Tous les domaines sont touchĂ©s, de la culture Ă la dĂ©fense des droits de lâhomme, en passant par les anciens combattants, les syndicats et aux parties politiques.  Les journaux ont subi le mĂȘme sort. Dans les annĂ©es 80, on pouvait trouver en Tunisie un journal dissident tel quâAl-Raii (lâopinion), de nos jours, seul un journal, Al-Mawkif, organe du parti dĂ©mocratique progressiste, est autorisĂ©.  Ce dernier a, Ă son tour, subi une campagne de harcĂšlement et de dĂ©nigrement de ses dirigeants. Mme Maya Jribi, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du parti et Me Ahmed NĂ©jib Chebbi directeur du journal Al-Mawkif ont observĂ© une grĂšve de la faim de plus de vingt jours pour protester contre la fermeture des locaux du parti et du journal. Ils viennent de gagner leurs causes.  Câest pour dire que durant ces derniĂšres annĂ©es, la grĂšve de la faim est devenue le dernier recours des opprimĂ©s de la Tunisie.  Les prisonniers rĂ©clamant des conditions dâincarcĂ©ration plus humaines doivent passer par une grĂšve de la faim, les familles demandant la libĂ©ration de leurs proches aprĂšs une dizaine dâannĂ©es, doivent aussi passer par lĂ . Les ex prisonniers souhaitant la levĂ©e de garde rapprochĂ©e des policiers lâont aussi fait pour avoir gain de cause.  Cette semaine encore, Me Mohamed Nouri, ancien bĂątonnier et prĂ©sident de lâassociation « LibertĂ©-EquitĂ© » de dĂ©fense des droits de lâhomme et le journaliste Slim Boukhdir ont entamĂ© une grĂšve de la faim pour rĂ©clamer leurs droits Ă leurs passeports.                                  VĂ©ritĂ©-Action, en dressant ce bref comparatif entre les promesses du discours du 7 novembre1987 et le rĂ©sultat vingt ans aprĂšs constate que :  Les droits de lâhomme sont de plus en plus bafouĂ©s. Une trentaine de prisonniers politiques souffrent dans des conditions inhumaines depuis plus de seize ans, dâautres dizaines voire centaines de jeunes viennent de les rejoindre.  La torture reste systĂ©matique. Chaque personne a droit Ă ce plat de bienvenus dĂšs son arrivĂ©e. Les tĂ©moignages concordants des victimes et des observateurs affirment la continuitĂ© de cette pratique.  La libertĂ© dâexpression est battue en brĂšche par la multiplication des lois restrictives et de la mainmise policiĂšre sur toute activitĂ© non autorisĂ©e par les autoritĂ©s.  VĂ©ritĂ©-Action, considĂšre qu’aprĂšs 20 ans du rĂšgne de Ben Ali, les tunisiens ont droit Ă une bouffĂ©e d’oxygĂšne aprĂšs tant d’annĂ©es de rĂ©pression. Le peuple tunisien mĂ©rite une vie plus digne, plus respectueuse de la personne humaine et de lois Ă©quitables. Pour cela, VĂ©ritĂ©-Action appelle la sociĂ©tĂ© civile et les militants de droits de l’homme en Tunisie Ă rĂ©activer urgemment l’appel Ă la promulgation d’une loi d’amnistie gĂ©nĂ©rale, seule garante d’un vrai changement dans le pays.  Fribourg, le 07 novembre 2007  Pour VĂ©ritĂ©-Action Safwa AĂŻssa, prĂ©sidente   (1), (2), (3), (5) DĂ©claration du 07 novembre 1987, discours de Mr. Zine El Abidine Ben Ali (4) Voir le rapport intitulĂ© « Pour une gouvernance conforme Ă la charte fondamentale : Enjeux et perspectives de la rĂ©forme constitutionnelle en Tunisie-26 mai 2002 » publiĂ© par VĂ©ritĂ©-Action en 2002. (6) « Le jugement virage : le tribunal militaire de Bouchoucha et Bab Saadoun de lâĂ©tĂ© 1992 », rapport publiĂ© par le CNLT, Octobre 2002. (7) Voir le rapport intitulĂ© « les coulisses de la mort lente» publiĂ© par VĂ©ritĂ©-Action, dĂ©cembre 2000. (8) VĂ©ritĂ©-Action a Ă©tĂ© mandatĂ©e par 3 anciens prisonniers politiques tunisiens Ă©tablis en Suisse pour dĂ©poser une plainte contre le gouvernement tunisien auprĂšs du ComitĂ© contre la Torture de lâONU (CAT). La Tunisie refuse encore de donner suite aux recommandations du ComitĂ© pour mener des enquĂȘtes et apporter des renseignements sur ces cas. Â
The Fund for Global Human Rights invites you to a reception in honor of Tunisian human rights activists
Please join us on Wednesday, November 14th From 5:00pm to 7:00pm
At the Mott House 122 Maryland Avenue NE (between 1st and 2nd streets, across the street from the Supreme Court, closest Metro stops are Union Station and Capitol South) Washington, DC Â
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 Honored activists include:  Mohamed Abbou                                                 Khadija Cherif Human rights lawyer                                         Tunisian Association of Democratic Women Moncef Marzouki                                               Omar Mestiri Human rights activist                                        National Council for Liberties in Tunisia Radhia Nasraoui                                                 Ahmed Rahmouni Association Against Torture in Tunisia         Judge Mokhtar Trifi                                                     Naziha Rjiba Tunisian League for Human Rights                Observatory for the Freedom of the Press, Publishing and Creation  This reception is a part of a series of events to promote independent voices on human rights on Tunisia sponsored by Human Rights Watch, Amnesty International, Human Rights First, IFEX-Tunisia Monitoring Group, and the International Federation for Human Rights (FIDH)  Please RSVP by November 13 to cvillegas@globalhumanrights.org or 202-347-7488 (extension 201)
TUNISIA: A MODEL OF MIDDLE EAST STABILITY OR AN INCUBATOR OF EXTREMISM?
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Tuesday November 13, 2007
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Hart Auditorium, First Floor, McDonough Hall, Georgetown University Law Center  9:00 a.m. Registration 9:30 a.m. Welcome and Introduction Representative of the organizers 9:45 a.m. Panel I: Stifling One of the Most Open Civil Societies in the Middle East and North Africa Chaired by: Neil Hicks, Director of the Human Rights Defender Program at Human Rights First. Panelists: Clement Henry, Professor of Government at the University of Texas at Austin: An Overview of Tunisia under Presidents Habib Bourguiba (1956-1987) and Zine El-Abidine Ben Ali (1987- ?): Did the âArchitect of Changeâ Learn from the Mistakes of the âSupreme Combatantâ? Moncef Marzouki, former President of the Tunisian League for Human Rights (LTDH) and former Spokesperson of the National Council for Liberties in Tunisia(CNLT): Tunisian Civil Societyâs Achievements and Disappointments. 11:00 a.m.-11:15a.m.: Coffee Break Khadija Cherif, President of the Tunisian Association of Democratic Women (ATFD): Threats and Challenges to Women in a Country that Claims Gender Equality. Mokhtar Trifi, President of the Tunisian League for Human Rights (LTDH): What Future Role for the Crippled and Oldest Human Rights Group in the Arab World? -Representative of the Tunisia government (TBC) 12:30 p.m. Lunch Break 1:30 p.m. Panel II: A War on âIslamist Extremismâ or on Freedom of Association and Expression? Chaired by: Daniel   (Source : le site de lâong amĂ©ricaine « HumanrightsFirst », le 7 novembre 2007) Lien: http://www.humanrightsfirst.info/pdf/071105-hrd-tunisia-nov13-conf.pdf
Associated Press, le 6 novembre 2007 Ă 20h29
Il n’y a pas de prĂ©sidence Ă vie en Tunisie, selon les autoritĂ©s
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Les autoritĂ©s tunisiennes se sont inscrites en faux mardi contre les “allĂ©gations incorrectes” selon elles d’un des chefs de l’opposition, qui dĂ©nonçait “la restauration, Ă peine dĂ©guisĂ©e, de la prĂ©sidence Ă vie” en Tunisie, Ă l’occasion du 20e anniversaire de l’arrivĂ©e au pouvoir du prĂ©sident Zine el Abidine ben Ali.  Le chef du Forum dĂ©mocratique pour les libertĂ©s et le travail (FDLT), le Dr Mustapha Ben JaĂąfar, avait fait allusion Ă la rĂ©vision de la Constitution opĂ©rĂ©e en 2002 pour supprimer la limitation du nombre des mandats prĂ©sidentiels, que l’actuel chef de l’Etat avait initialement fixĂ©e Ă trois mandats.  “La prĂ©sidence Ă vie a Ă©tĂ© abrogĂ©e en Tunisie depuis 20 ans grĂące aux rĂ©formes introduites par le prĂ©sident Ben Ali”, dĂ©clare le gouvernement dans un communiquĂ© transmis Ă l’agence Associated Press. On y souligne que tous les cinq ans les Tunisiens Ă©lisent “au suffrage universel, direct et secret, le prĂ©sident de la RĂ©publique, parmi plusieurs candidats”.  Le communiquĂ© nie par ailleurs l’existence de prisonniers politiques car “nul ne peut ĂȘtre emprisonnĂ© en Tunisie pour ses opinions ou son appartenance politique”. “L’Etat de droit a Ă©tĂ© dotĂ© de tous les instruments juridiques pour garantir le respect des droits humains.” Les associations se sont multipliĂ©es et “huit partis d’opposition mĂšnent librement leurs activitĂ©s”, fait-on valoir.  La libertĂ© de la presse est aussi “une rĂ©alitĂ© en Tunisie”, insistent les autoritĂ©s. “Aucun journal n’a Ă©tĂ© saisi depuis 20 ans et aucun journaliste n’a Ă©tĂ© emprisonnĂ© pour ses Ă©crits durant cette pĂ©riode”, affirment-elles, ajoutant que de nombreuses revendications des journalistes ont Ă©tĂ© satisfaites.  Associated Press
N°3 Novembre-DĂ©cembre 2007 Â
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 EDITO Un bien amer anniversaire  Il est des anniversaires dont la cĂ©lĂ©bration a un goĂ»t amer. Vingt ans, câest lâaube de la vie pour un ĂȘtre humain, câest une Ă©ternitĂ© pour un rĂšgne. VoilĂ vingt ans dĂ©jĂ , que, le 7 novembre 1987, le gĂ©nĂ©ral Zine Ben Ali, a accĂ©dĂ© Ă la magistrature suprĂȘme par le coup dâEtat en destituant Habib Bourguiba. Câest en sâappuyant sur lâarticle 57 de la Constitution, qui stipule quâen cas de vacance du PrĂ©sident de la RĂ©publique, le premier ministre investit la prĂ©sidence pour le reste de la lĂ©gislature en cours, que Ben Ali, nommĂ© un mois plus tĂŽt chef du gouvernement, dĂ©posa Bourguiba pour sĂ©nilitĂ©. La nouvelle prĂ©sidence ne qualifiera jamais cette destitution comme un coup dâEtat, bien que dans la nuit du 6 au 7 novembre, les sept mĂ©decins (dont deux militaires) convoquĂ©s ont Ă©tĂ© contraints de signer un avis mĂ©dical dĂ©favorable au ministĂšre de lâIntĂ©rieur pour lâexercice de la fonction prĂ©sidentielle par Bourguiba et bien que des blindĂ©s de la gendarmerie prirent le contrĂŽle du siĂšge du gouvernement, du parti et de la tĂ©lĂ©vision.  Les illusions du « changement »  Le 7 novembre 1987, la Tunisie connaĂźt le « Changement », câest le dĂ©but de « lâEre Nouvelle », permise par la « rĂ©volution du jasmin », pour reprendre la sĂ©mantique propagandiste tant utilisĂ©e par le rĂ©gime de Ben Ali et qui servira Ă la réécriture de lâHistoire moderne du pays, laquelle commence depuis lors Ă cette date et non plus en 1956, date de lâIndependence. Une rĂ©volution qui nâen nâĂ©tait, par ailleurs, pas une, car le renversement de Bourguiba nâĂ©tait pas le fait dâune rĂ©volte ou dâun mouvement du peuple tunisien, mais bien de la volontĂ© dâun homme opportuniste appuyĂ© par quelques autres. Cette « Ere Nouvelle » dont lâomniprĂ©sence du chiffre 7 Ă travers tout le pays, symbole du changement de rĂ©gime et qui nâa dâĂ©gal que celle des portraits du prĂ©sident, a Ă©tĂ© inaugurĂ©e par un discours prĂ©sentant un ensemble de promesses, dont les premiĂšres furent lâabolition de la prĂ©sidence Ă vie et la rĂ©forme du code de la presse. Ces illusoires promesses sâinscrivaient dans une dĂ©marche visant Ă promouvoir une rupture avec les annĂ©es de fin de rĂšgne de Bourguiba qui Ă©taient caractĂ©risĂ©es par une augmentation de la contestation sociale, ce qui pouvait rassurer dans une certaine mesure le peuple quant Ă la destitution du « PĂšre de la Nation ».  Le marais tunisien  Les progrĂšs Ă©conomiques et sociaux accomplis aprĂšs un demi-siĂšcle dâindĂ©pendance et qui ont permis aux Tunisiens de jouir dâun ensemble dâacquis, sont principalement le fait de politiques actives de dĂ©veloppement mises en place dĂšs lâĂ©dification de la nation tunisienne. AprĂšs le coup dâEtat de Ben Ali, les rĂ©formes entreprises quelques annĂ©es plus tĂŽt ont poursuivies leurs dynamiques et aucunes entraves Ă leur accomplissement nâont Ă©tĂ© mises en place, mais aucune autre de mĂȘme envergure nâont Ă©tĂ© nĂ©anmoins entreprises. Aussi, dans la mesure oĂč la prioritĂ© du rĂ©gime de Ben Ali est dâordre sĂ©curitaire et vise la consolidation de sa prĂ©sidence, câest lâensemble des mĂ©canismes impĂ©tueux qui a connu un significatif dĂ©veloppement et qui a permis lâavĂšnement dâun systĂšme policier, au dĂ©triment du dĂ©veloppement Ă©conomique et social, qui demeure stagnant. Cette situation particuliĂšre amĂšne Ă ĂȘtre comparĂ©e Ă des eaux stagnantes qui sâaccumulent au fil des ans. LâĂ©dification et la consolidation de lâEtat policier a gĂ©nĂ©rĂ© ainsi une situation ressemblant Ă un marais. Et câest prĂ©cisĂ©ment lâaccumulation de telles eaux caractĂ©risant un marais, qui engendre de la dĂ©gĂ©nĂ©rescence et est propice Ă lâĂ©mergence et la prolifĂ©ration dâorganismes pathogĂšnes. Câest en jouissant dâune totale immunitĂ© que les familles proches de Ben Ali, particuliĂšrement sa belle-famille, les Trabelsi dont les membres sont nombreux, ont pu prolifĂ©rer au sein de lâĂ©conomie tunisienne, en y dĂ©veloppant les pratiques peu scrupuleuses, souvent mafieuses, mais surtout le tissage dâun systĂšme clientĂ©liste et corrompu. Ainsi, lâaffairisme obscur et dĂ©mesurĂ© des Trabelsi, pĂ©nalisent fortement lâĂ©conomie du pays par leur prĂ©sence et leur gestion irresponsable dans les diffĂ©rents secteurs. Lâexploitation outranciĂšre des richesses du pays ainsi que lâassociation systĂ©matique de ces familles proches de Ben Ali aux projets Ă©conomiques de grandes envergures et surtout rentables, constituent des freins au dĂ©veloppement du pays, par lâeffet dissuasifs aux investissements intĂ©rieurs et Ă©trangers qui en rĂ©sultent.                   Un danger se profile  Depuis deux dĂ©cennies, la transformation dâun Etat fort en un Etat policier par Ben Ali a gĂ©nĂ©rĂ© une dĂ©politisation massive des tunisiens par un conditionnement particulier, couplĂ© Ă une rĂ©pression systĂ©matique de lâintellect. LâillĂ©gitimitĂ© de son accession Ă la prĂ©sidence de la RĂ©publique par son coup dâEtat ainsi que son maintient Ă sa tĂȘte nâa pu naturellement converger que dans le dĂ©veloppement de mĂ©canismes coercitifs conduisant peu Ă peu Ă la privation de droits Ă lâexpression et Ă lâassociation. Ceci ne peut quâengendrer de la frustration auprĂšs du peuple tunisien, impuissant et dĂ©sabusĂ© devant lâenrichissement grossier des proches de Ben Ali, faisant face Ă un contexte Ă©conomique de plus en plus difficile et Ă une gouvernance obscure, douteuse et illĂ©gitime. La dilapidation en cours des acquis de la Tunisie, rendue possible par un espace politique clos et figĂ©, ainsi quâune dĂ©gradation sociale et Ă©conomique, favorisent le refuge de plus en plus affirmĂ© dans le radicalisme religieux. Lâabsence de perspectives et lâinĂ©galitĂ© devant le droit individuel de chaque tunisien favorise le terreau dâune rĂ©gression sociale dont lâextrĂ©misme pourrait paraĂźtre rĂ©pondre.  Dâune maniĂšre pacifique, responsable et surtout citoyenne, nous devons faire valoir les droits Ă©lĂ©mentaires en Tunisie, faire Ă©merger de nouveau lâesprit citoyen en Ă©crivant au Palais de Carthage pour faire part au PrĂ©sident Ben Ali des aspirations du peuple et de lâurgence de lâouverture du champ politico-mĂ©diatique. Il est impĂ©ratif, tant quâil en est encore temps, dâuser de rĂ©ponses rĂ©publicaines et laĂŻques, afin dâĂ©viter quâelles ne soient donnĂ©es par des mouvances obscures et effrayantes, et cela, Zine Ben Ali, aprĂšs vingt ans de prĂ©sidence, doit enfin le comprendre.  SYLLA Directeur et RĂ©dacteur en Chef  Illusoires promesses du 7 novembre  Câest dans son Ă©dition matinale de 6h du matin que Radio-Tunis transmet sur ses ondes le discours de Zine Ben Ali, quelques heures aprĂšs le coup dâEtat, le 7 novembre 1987, et qui allait dâabords apprendre au peuple que la Tunisie avait changĂ© de PrĂ©sident. Dans la dĂ©claration du 7 novembre 1987, les tunisiens ont alors pu prendre connaissance des futures rĂ©formes qui allaient engager le pays dans une « Ăšre nouvelle ». Surpris par la destitution du fondateur de la nation Tunisienne, Bourguiba, dont les politiques actives rĂ©pondaient Ă un souci de dĂ©veloppement du pays, les tunisiens dĂ©couvraient la ferme et honorable volontĂ© de Ben Ali Ă dĂ©mocratiser la Tunisie. Le durcissement du rĂ©gime de Bourguiba Ă la fin de son rĂšgne et la nĂ©cessitĂ© dĂ©mocratique pouvaient rendre « lĂ©gitime » le nouveau PrĂ©sident. Dans son premier discours « dâinvestiture suprĂȘme », Ben Ali Ă©voque le niveau de responsabilitĂ© et de maturitĂ© du peuple, qui ne peut ĂȘtre exclu de la dĂ©cision amenant au choix du chef de lâEtat. Il souligne par ailleurs, la dignitĂ© du peuple tunisien de pouvoir jouir dâune vie politique Ă©voluĂ©e, multipartite et plurielle. Ainsi, pour engager le pays dans la voie dĂ©mocratique, les premiĂšres rĂ©formes envisagĂ©es sont une rĂ©vision de la Constitution en vue dâabolir la prĂ©sidence Ă vie et un projet de loi sur la presse.  Abrogation de la prĂ©sidence Ă vie Une rĂ©vision de la Constitution en 1988 a certes bien permis lâabrogation de la prĂ©sidence Ă vie, en limitant Ă trois, le nombre de mandants prĂ©sidentiels et en fixant Ă 65 ans, la limite dâĂąge pour se porter candidat. Seulement une seconde modification par plusieurs amendements en 2002 et approuvĂ©e par rĂ©fĂ©rendum (nul ne pouvait en douter), a dâune part permis dâaccumuler un mandat supplĂ©mentaire (passant ainsi de trois Ă quatre) et dâautre part de repousser Ă 75 ans lâĂąge limite de candidature Ă la magistrature suprĂȘme. Ainsi, le prochain et cinquiĂšme mandant de Ben Ali dĂ©butera en 2009, Ă lâĂąge de 73 ans. La prĂ©sidence Ă vie a donc Ă©tĂ© rĂ©tablie en Tunisie, mĂȘme si elle nâen porte pas le titre, ce qui dĂ©note du caractĂšre encore plus hypocrite de cette dĂ©marche.   RĂ©forme du code de la presse Trois amendements depuis le 7 novembre 1987 ont permis de modifier le code la presse qui prĂ©valait en Tunisie jusquâĂ cette fameuse date. Les principes de libertĂ© de la presse concernant lâĂ©dition, lâimpression et la distribution de diffĂ©rentes publications ont Ă©tĂ© confirmĂ©s et Ă©largies dans les versions de 1988 et 1993. Le troisiĂšme amendement de 2001 prĂ©sente un code de la presse qui semble connaĂźtre de significatives avancĂ©es pour la libertĂ© de la presse. Ainsi, le dĂ©pĂŽt lĂ©gal qui obligeait lâimprimeur Ă envoyer les copies dĂ©jĂ Â tirĂ©es au distributeur seulement aprĂšs avoir reçu lâaval du ministĂšre de lâintĂ©rieur, est abrogĂ© (paragraphe 2 de lâarticle 8). Lâautre apparent progrĂšs concerne la suppression du dĂ©lit de « diffamation de lâordre public » de lâarticle 51 du prĂ©cĂ©dent code. Par ailleurs, un certain nombre dâarticles du code de la presse sont transfĂ©rĂ©s au code pĂ©nal.  MalgrĂ© ces modifications du code de la presse, quelques articles ont Ă©tĂ© nĂ©anmoins conservĂ©s, rĂ©affirmĂ©s, soulignant le caractĂšre contraignant de lâexercice du mĂ©tier de journaliste en Tunisie. La presse Ă©crite est ainsi composĂ©e dâune dizaine de quotidiens et hebdomadaires progouvernementaux, dont le plus important est La Presse, journal officiel tirĂ© Ă 55000 exemplaires, et deux publications dâoppositions Attariq aljadid et Al-Maoukif (tirĂ©s respectivement Ă moins de 3000 et 5000 exemplaires). LâuniformitĂ© dĂ©routante des journaux tunisiens progouvernementaux, qui ne se distinguent dâailleurs que par les formules Ă©logieuses Ă lâĂ©gard du prĂ©sident Ben Ali, dĂ©note lâeffectif climat de censure de la presse et auquel lâarticle 14 du code de la presse a contribuĂ© Ă Ă©tablir. Alors que le dĂ©pĂŽt lĂ©gal avait Ă©tĂ© abrogĂ©, lâarticle 14 stipule « quâavant lâimpression de tout pĂ©riodique, lâimprimeur doit exiger le rĂ©cĂ©pissĂ© dĂ©livrĂ© par le ministĂšre de lâintĂ©rieur ». VoilĂ ce qui permet de filtrer les publications et de contrĂŽler les lignes Ă©ditoriales. Lâautre article qui contribue Ă la convergence vers cette censure est le numĂ©ro 48, qui permet dâinfliger une peine de trois Ă cinq ans de prison pour quiconque aurait le mauvais goĂ»t de faire « offense au PrĂ©sident de la RĂ©publique ». La suppression de lâarticle 51 relative Ă la diffamation de lâordre public nâest alors quâune forme supplĂ©mentaire dâillusion sur la libertĂ© dâexpression. Dâautant plus que les « diffusions de fausses informations » constituent depuis lors, un dĂ©lit dâordre pĂ©nal et qui a dĂ©jĂ permis de sanctionner de nombreux diffuseurs de nouvelles non officiellement approuvĂ©es par le rĂ©gime, comme Zouhair Yahyaoui en 2002 (condamnĂ© Ă plus de deux ans ferme, libĂ©rĂ© au bout dâun an et demi grĂące aux pressions internationales et victime dâune crise cardiaque Ă lâĂąge de 36 ans Ă cause des mauvais traitements subis lors de sa dĂ©tention). Concernant les pĂ©riodiques Ă©trangers, le mĂȘme arbitraire est laissĂ© au ministĂšre de lâintĂ©rieur, qui par lâarticle 25, dĂ©cide de lâintroduction et de la circulation des Ćuvres Ă©trangĂšres quand elles sont dĂ©nuĂ©es de critiques Ă lâencontre du rĂ©gime tunisien.  Il apparaĂźt donc que les tunisiens ne sont finalement pas aussi responsables, pas assez mĂ»rs et mĂȘme indignes « pour apporter leur contribution constructive Ă la gestion de ses affaires, conformĂ©ment Ă lâidĂ©e rĂ©publicaine » (dĂ©claration du 7 novembre 1987). Ce qui est certain, câest que le conditionnement du peuple tunisien par le rĂ©gime de Ben Ali a conduit Ă un dĂ©sintĂ©ressement de la gestion de la chose publique et gĂ©nĂ©rĂ© la remarquable lĂ©thargie quant aux questions liĂ©es Ă la gouvernance. Les promesses dĂ©mocratiques de la dĂ©claration du 7 novembre ne sont donc quâillusoires et peuvent Ă©clairer chacun de nous, sur le niveau dâaltruisme qui a conduit Zine Ben Ali Ă prendre le pouvoir.  Hamadi Ben Sliman                                                                                                                                                                                                                             Arnaques, crimes et politique  Pour son peuple, le prĂ©sident tunisien est seulement un visage placardĂ© jusque dans la moindre Ă©choppe » (Le Monde, 24/05/2002) avait Ă©crit Jean-Pierre Tuquoi, co-auteur de « Notre ami Ben Ali » (Ă©d. La DĂ©couverte , Paris, 1999). Cette phrase rĂ©vĂ©latrice, qui ne manquera pas de faire sourire les tunisiens, est cependant dĂ©suĂšte en cette fin de rĂšgne. En effet, bien que le portrait du dictateur soit le seul Ă orner lâiconostase de la vie publique tunisienne depuis maintenant 20 ans, son nom nâĂ©voque plus seulement ces posters de propagande omniprĂ©sents, Ă tel point quâon ne les remarque mĂȘme plus. Depuis quelques annĂ©es, le nom de Ben Ali est de plus en plus frĂ©quemment associĂ© Ă maints trafics et fourberies, jâoserai mĂȘme dire que le prĂ©sident fait figure de chef de la plus grande famille mafieuse du pays.  Cette vocation criminelle de la famille Ben Ali ne date pas dâaujourdâhui. En effet, tout a commencĂ© avec Habib Ben Ali, alias « Moncef », frĂšre dĂ©cĂ©dĂ© du GĂ©nĂ©ral-PrĂ©sident. Moncef a dĂ©frayĂ© la chronique dans les annĂ©es 1990, notamment dans lâaffaire dite de la « Couscous Connection ». A la tĂȘte dâun trafic international de stupĂ©fiants, il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă 10 ans de prison par contumace par le Tribunal Correctionnel de Paris en 1992. Mais la saga criminelle de la dynastie ne faisait que commencer.  Les pilleurs de lâĂ©conomie tunisienne Aujourdâhui, deux clans pillent lâĂ©conomie tunisienne et sâadonnent Ă des activitĂ©s illĂ©gales en toute impunitĂ©, la justice Ă©tant muselĂ©e, et la presse censurĂ©e.  Le Clan Ben Ali-Chiboub Il yâa dâabord, le Clan Ben Ali-Chiboub qui regroupe les filles du PrĂ©sident et de sa premiĂšre Ă©pouse NaĂŻma KĂ©fi et leurs maris. Cette branche est la plus ancienne et est sans doute la plus discrĂšte. En effet, le principal leader du clan, Slim Chiboub (mari de Dorsaf Ben Ali, fille du prĂ©sident) qui avant le coup dâEtat du 7 novembre 1987 devait se contenter de la gestion du « Sorriso », un petit cafĂ© en banlieue, brasse aujourdâhui des sommes astronomiques. Son mariage aidant, il sâest spĂ©cialisĂ© dans les commissions sur les marchĂ©s publics, comme celui de la tĂ©lĂ©phonie mobile estimĂ© Ă 480 millions dâeuros. Ce clan peu scrupuleux et faisant fi des lois nâhĂ©site pas Ă employer la violence, la corruption, la menace pour parvenir Ă ses fins.  Le Clan Trabelsi  Dâautre part, le Clan Trabelsi dirigĂ© par Leila Trabelsi, seconde Ă©pouse du dictateur et coiffeuse de formation, fait du tapage. Il est constituĂ© des dix frĂšres et sĆurs de la premiĂšre dame qui, il yâa de cela quelques annĂ©es, Ă©taient cordonnier, caĂŻd de quartier, vendeur Ă la sauvette et jâen passe. Cette famille devenue en peu de temps la plus puissante et la plus crainte du pays sâest illustrĂ©e par la crĂ©ation du groupe Karthago (compagnie aĂ©rienne, chaĂźne dâhĂŽtelsâŠ) par Belhassen (frĂšre de Leila) ainsi que par les activitĂ©s des jeunes Moez et Imed. Ce dernier a fait parler de lui, avec le vol du yacht de Bruno Roger (PDG de la banque dâaffaires Lazard FrĂšres) en juillet 2006, mais aussi par des activitĂ©s aussi diverses et illĂ©gales que le trafic de stupĂ©fiants, le racket et lâoctroi de passe-droits moyennant finances. Bien entendu, il ne faut pas oublier Sakhr Materi, lâĂ©poux de Nesrine (fille de Leila et Ben Ali) qui sâest empressĂ© de racheter la sociĂ©tĂ© Ă©tatique Ennakl (reprĂ©sentant exclusif de Volkswagen, Audi, Renault Trucks et dorĂ©navant fournisseur officiel de lâadministration), avec un chĂšque sans provision de 13 millions de dinars qui ne sera Ă©videmment pas encaissĂ©.  Un article ne saurait faire une liste exhaustive des activitĂ©s illicites de la famille du dictateur, mais il est certain que ces pratiques ralentissent les investissements (locaux et Ă©trangers), crĂ©ant une grande insĂ©curitĂ© juridique et se traduisant par un fort risque-pays. Et cet enfer, ce brasier crĂ©pite depuis 20 ans⊠et la RĂ©publique Française (par son soutien implicite de la dictature de Ben Ali), et mĂȘme certains de nos professeurs le ravivent, immolant ainsi le peuple tunisien condamnĂ© Ă supporter ce rĂ©gime mafieux jusquâen 2014⊠Voire plus, grĂące Ă la contribution dâHenry Roussillon (PrĂ©sident de lâUniversitĂ© Toulouse 1 et Professeur des UniversitĂ©s) et de certains de ses collĂšgues, devenus tortionnaires par destination, en fournissant les outils constitutionnels permettant la prĂ©sidence Ă vie de Ben Ali.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Mahmoud SaĂŻdi  Â
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Informations Rapides :
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- LâĂ©pouse du prĂ©sident Ben Ali et la veuve de Yasser Arafat ont créé pour la rentrĂ©e de septembre dernier, un Ă©tablissement privĂ©, lâEcole internationale de Carthage. AprĂšs lâĂ©viction de Mme Arafat du projet pour de troubles raisons financiĂšres, le lycĂ©e concurrent Louis-Pasteur de Tunis risque de fermer ses portes, car il est susceptible de faire de lâombre au lycĂ©e de Mme Ben Ali.
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- Yves Steiner, membre du comitĂ© exĂ©cutif de la section suisse dâAmnesty International, a Ă©tĂ© rĂ©cemment arrĂȘtĂ© et expulsĂ© par la police politique tunisienne pour avoir critiquĂ© le rĂ©gime dans un discours prononcĂ© devant les membres de la section tunisienne dâAI.
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- Hamadi Jebali, directeur de lâhebdomadaire Al Fajr est dĂ©tenu depuis 1991 pour « diffamation » et « appartenance Ă une organisation illĂ©gale » et purgera sa peine jusquâen 2008.
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- Le 1e Novembre 2007, MaĂźtre Raouf Ayadi (avocat du journaliste dissident Slim Boughdir) a Ă©tĂ© violemment agressĂ© par la police politique en pleine rue Ă Â Tunis.   Â
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3 questions Ă : Radhia Nasraoui, de lâAssociation contre la torture en Tunisie. «Au nom de lâantiterrorisme, Ben Ali renforce en rĂ©alitĂ© lâarbitraire»
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Recueilli par MARIA MALAGARDIS  VoilĂ vingt ans jour pour jour, quâil rĂšgne en maĂźtre absolu sur la Tunisie : le 7 novembre 1987, Zine el-Abidine ben Ali destituait son prĂ©dĂ©cesseur Habib Bourguiba, le PĂšre de lâIndĂ©pendance, pour cause de «sĂ©nilité». Depuis ce «coup dâĂ©tat mĂ©dical», lâhomme fort du pays est rĂ©guliĂšrement réélu avec des scores soviĂ©tiques frĂŽlant les 99,9 %. Mais il peut se targuer dâun taux de croissance de 6 % et de lâabsence dâopposition islamiste officielle. De quoi justifier le silence des dĂ©mocraties occidentales qui passent par perte et profit les tortures systĂ©matiques, les agressions et intimidations contre toute voix critique. Radhia Nasraoui, prĂ©sidente de lâAssociation contre la torture en Tunisie, interdite par les autoritĂ©s, en a fait plusieurs fois lâexpĂ©rience. Cette avocate courageuse sâest souvent mise en danger pour dĂ©noncer la chape de plomb qui pĂšse sur son pays. De passage Ă Paris, elle dresse aujourdâhui un bilan accablant.  Comment vit-on en Tunisie aujourdâhui ?  Dans la peur ou la soumission. Ben Ali sâautorise des choses quâil nâaurait jamais osĂ© faire il y a quelques annĂ©es. Des gens sont agressĂ©s en pleine rue. Cela mâest dâailleurs arrivĂ© il y a deux ans. Mais le procureur a refusĂ© de prendre ma plainte. La torture sâest Ă©galement intensifiĂ©e. Elle est devenue systĂ©matique. DĂšs quâon arrĂȘte quelquâun, prisonnier politique ou prĂ©venu de droit commun, on le tabasse, on le fait passer «à la baignoire». On lui impose «le poulet rĂŽti» : pieds et mains liĂ©s autour dâun bĂąton fixĂ© Ă lâhorizontal, et rouĂ© de coups. Jâai beaucoup de clients en prison et je suis inquiĂšte pour certains, privĂ©s dâaccĂšs Ă leur avocat et Ă leur famille. Nous allons prochainement publier un rapport sur ces cas de tortures. Ce sera notre maniĂšre de marquer les vingt ans de Ben Ali au pouvoir.  Comment expliquer que Ben Ali ne soit jamais critiquĂ© par les dĂ©mocraties ?  En France, il faut noter les liens dâamitiĂ© entre Sarkozy et Ben Ali. Mais dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, il profite du contexte mondial de lutte contre lâintĂ©grisme. Il a ainsi promulguĂ© une nouvelle loi en 2003 au nom de lâantiterrorisme, qui renforce en rĂ©alitĂ© lâarbitraire. Il y a aujourdâhui plus dâun millier de prisonniers politiques en Tunisie, victimes de tortures. Pourtant, les plaintes dĂ©posĂ©es sont toujours ignorĂ©es par les parquets. Il nây a jamais dâenquĂȘtes. Quand jâĂ©voque la torture pendant un procĂšs, le magistrat stoppe souvent net ma plaidoirie ! Mon cabinet est toujours sous surveillance et sous les fenĂȘtres de ma maison, un groupe mâattend pour me suivre. Le frĂšre dâun de mes clients sâest fait tabasser devant mon bureau.  Quels sont les gens ciblĂ©s par la rĂ©pression ?  Ce sont principalement les jeunes accusĂ©s dâintĂ©grisme islamiste. En rĂ©alitĂ©, câest en prison quâils se mettent Ă faire leurs priĂšres cinq fois par jour ! AprĂšs tout, ce sont les enfants de Ben Ali : ils ont 20 ans eux aussi.  (Source : « LibĂ©ration » (Quotidien â France), le 7 novembre 2007)
ATS, le 7 novembre 2007 à 15h40 Ben Ali rÚgne depuis 20 ans sur la Tunisie Le Forum des Tunisiens de GenÚve dénonce le régime
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GenĂšve (ats) Le Forum des Tunisiens de GenĂšve et VĂ©ritĂ©-Action ont dĂ©noncĂ© mercredi la politique menĂ©e depuis vingt ans en Tunisie par Zine El Abidine Ben Ali. Les deux associations dĂ©crivent le rĂ©gime comme “totalitaire et oppressif”.  Les deux organisations ont demandĂ© Ă la sociĂ©tĂ© civile tunisienne “de poursuivre le combat pour faire de la Tunisie un pays libre et dĂ©mocratique”. Selon elles, Zine El Abidine Ben Ali a mis en place “un systĂšme d’anĂ©antissement de tout souffle de libertĂ© et de toute voix discordante”.  Le Forum des Tunisiens de GenĂšve et VĂ©ritĂ©-Action ont aussi rappelĂ© que la torture dans le pays “est devenue systĂ©matique et est pratiquĂ©e Ă grande Ă©chelle dans l’impunitĂ© la plus totale”. Selon les deux associations, depuis l’arrivĂ©e au pouvoir de Ben Ali, une centaine de personnes sont mortes sous les sĂ©vices.  (Source : www.romandie.com , le 7 novembre 2007)
Le «sauveur» Ben Ali tient depuis vingt ans TUNISIE – Câest un bien Ă©trange cocktail. Entre rĂ©pression politique et croissance Ă©conomique,
le rĂ©gime autoritaire parvient Ă se maintenir au pouvoir. Et Ă sĂ©duire lâUnion europĂ©enne.
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ANDRĂS ALLEMAND  Ce coup dâEtat «mĂ©dical», les Tunisiens ne sont pas prĂšs de lâoublier. Il y a vingt ans jour pour jour, le 7 novembre 1987, le premier ministre Zine El Abidine Ben[100] Ali[100] Ă©cartait le premier prĂ©sident de la RĂ©publique tunisienne, Habib Bourguiba, pour cause de⊠sĂ©nilitĂ©. Un formidable espoir sâemparait dâun pays lassĂ©, trente ans aprĂšs lâindĂ©pendance, par les dĂ©rives autoritaires du chef de lâEtat. Une Ăšre nouvelle sâouvrait enfin, avec la suppression de la prĂ©sidence Ă vie et la promesse dâune «vie politique Ă©voluĂ©e». HĂ©las, trĂšs vite, il a fallu dĂ©chanter. Arrestation dâislamistes, musellement de la gauche, puis de tous les dĂ©mocrates⊠Le ton Ă©tait donnĂ©. Vingt ans plus tard, le rĂ©gime nâa pas changĂ©. Toute dissidence est dĂ©couragĂ©e. Ou, au besoin, rĂ©primĂ©e. Surveillance de tous les instants, dĂ©tentions rĂ©pĂ©tĂ©es, passages Ă tabac, torture⊠Les rapports des dĂ©fenseurs des droits de lâhomme sont accablants.  Episode ubuesque, câest avec 99,91% des voix que Ben[100] Ali[100] a Ă©tĂ© réélu en 2004 pour un quatriĂšme mandat prĂ©sidentiel, lui qui en avait limitĂ© le nombre Ă trois en 1988. Son parti, le Rassemblement constitutionnel dĂ©mocratique, lâimplore de se porter candidat Ă nouveau en 2009. Ce nâest pourtant pas ce visage-lĂ de la Tunisie que dĂ©couvrent chaque annĂ©e quelque 115 000 touristes suisses. Car le pays de Ben[100] Ali[100], câest aussi un taux de croissance Ă©conomique de prĂšs de 5% par an. Un revenu par tĂȘte dâhabitant passĂ© de 800 Ă 5800 francs en vingt ans. Et un taux de pauvretĂ© ramenĂ© Ă 3,8%.  Champion arabe  Les autoritĂ©s affirment que 80% des Tunisiens sont propriĂ©taires de leur logement. En fait, les sujets de fiertĂ© sont trĂšs nombreux: sĂ©curitĂ©, routes asphaltĂ©es, eau, Ă©lectricitĂ©, accĂšs Ă internet⊠et droit de vote accordĂ© aux femmes en 1957 dĂ©jĂ ! Ce palmarĂšs rendrait jaloux pas mal de voisins arabes. Et lâavenir est encore plus prometteur. Le pays se pose en champion africain de la compĂ©titivitĂ© et revendique le 32e rang mondial. DĂ©but 2008 entre en vigueur un accord de libre-Ă©change, conclu avec lâUnion europĂ©enne, sur tous les produits manufacturĂ©s. Reste une question: la croissance et la rĂ©pression suffiront-elles Ă faire taire toute contestation? Pas sĂ»r. Le chĂŽmage et la chertĂ© de la vie font aujourdâhui rĂ©sonner des critiques que personne nâosait Ă©mettre il y a quelques annĂ©es Ă peine.  (Source : « 24 heures » (Quotidien â Suisse), le 7 novembre 2007)
ĂDITORIAL Ben Ali ou lâimposture tunisienne
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«LĂ vous exagĂ©rez! La Tunisie, ce nâest quand mĂȘme pas si terrible!» Evoquer vingt ans de rĂ©pression politique au pays du prĂ©sident Ben Ali, câest se confronter Ă coup sĂ»r aux souvenirs ensoleillĂ©s de vacances Ă Djerba, Kairouan ou encore Carthage. Des hĂŽtes souriants, des femmes dĂ©complexĂ©es, des routes asphaltĂ©es⊠Tout semble indiquer quâun miracle arabe est en cours au bord de la MĂ©diterranĂ©e. Que demander de mieux!  Câest curieux, cette tendance des Occidentaux Ă confondre libertĂ© dâexpression et niveau de vie. Pour rappel, au Chili câest le dictateur Augusto Pinochet qui imposa le modĂšle dâĂ©conomie libĂ©rale Ă lâorigine du formidable boom de croissance qui sâest poursuivi bien des annĂ©es aprĂšs le retour de la dĂ©mocratie. Cela ne justifie en rien la rĂ©pression.  Certes, Ben Ali nâest pas Pinochet. Mais dans un cas comme dans lâautre, lâopposition politique a Ă©tĂ© rĂ©duite au silence. Ou du moins, Ă lâinsignifiance. Par la force. Le Chili a ainsi fait barrage Ă la gauche rĂ©volutionnaire. La Tunisie, elle, se pose en rempart contre lâislamisme. Pas question de prendre le risque de voir la dĂ©mocratie profiter aux fondamentalistes religieux, comme cela se produisit en AlgĂ©rie! Un discours qui plaĂźt bien sĂ»r en Europe et aux Etats-Unis.  Mais nâest-ce pas justement lâabsence dâalternative politique qui jette tant de jeunes Arabes dans les bras des islamistes? Une transition dĂ©mocratique, cela se cultive. Ben Ali, lui, en arrache les pousses.  (Source : « Tribune de GenĂšve » (Quotidien â Suisse), le 7 novembre 2007)
Vingt ans de souffrances
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MOHAMED ABBOU  Comme il est affligeant de vivre dans une sociĂ©tĂ© dirigĂ©e par un Etat qui ne garantit ni les droits de la personne, ni sa dignitĂ©, ni sa libertĂ©, et qui mobilise ses institutions pour rĂ©primer les citoyens, sans rendre compte de ses actes Ă personne.  Et comme il est pĂ©nible pour un intellectuel de constater que la majoritĂ© des enfants de son pays sont sous lâempire de la peur, prĂ©occupĂ©s Ă assurer la subsistance de leur famille, en quĂȘte de sĂ©curitĂ© personnelle et de salut individuel. Comme il est triste de constater que lâopposition nâa pas rĂ©ussi Ă mettre en Ă©chec le despotisme, malgrĂ© les sacrifices consentis.  Un Etat de non droit, un peuple sous lâemprise de la peur, une opposition faible; voilĂ la moisson de 20 ans de mandat du 2e prĂ©sident de la «RĂ©publique» de Tunisie. Les institutions tunisiennes fonctionnent plus ou moins normalement. Si lâappareil sĂ©curitaire poursuit parfois les criminels et les sanctionne, il agit Ă dâautres reprises comme un gang qui menace, frappe et torture, sans aucun respect des lois quâil est censĂ© appliquer. Il place au-dessus des lois les puissants. Il nâest permis ni de les critiquer, ni de les dĂ©noncer, ni dâĂ©voquer leur corruption sous peine dâĂȘtre jetĂ© en prison.  Ces mĂȘmes institutions sont parfois utilisĂ©es pour persĂ©cuter les adversaires du pouvoir en place qui osent le critiquer. Leurs ressources sont coupĂ©es. Ils sont affamĂ©s et humiliĂ©s. Ils sont agressĂ©s dans la rue. Leurs enfants sont harcelĂ©s. Tout cela afin de garantir la pĂ©rennitĂ© du rĂ©gime et dâasseoir son pouvoir absolu. Un pouvoir qui appuie sa lĂ©gitimitĂ© sur des Ă©lections qui se dĂ©roulent dans un climat de peur oĂč une minoritĂ© dâĂ©lecteurs est contrainte de voter en sa faveur, alors que les chefs de bureau de vote votent pour les absents et que certains partenaires occidentaux font reluire lâimage de la Tunisie Ă lâĂ©tranger.  Lorsque jâai osĂ© dĂ©noncer la rĂ©alitĂ© de la situation en Tunisie, jâai transgressĂ© lâinterdit en dĂ©nonçant les scandales et en Ă©voquant la corruption. Le rĂ©gime a alors dĂ©cidĂ© de frapper les intĂ©rĂȘts de ma famille et de la persĂ©cuter, puis mâa jetĂ© en prison en cherchant Ă mâhumilier.  MalgrĂ© les nombreuses pressions quâil a subies, il a prolongĂ© ma dĂ©tention au maximum. Pourtant, je ne disputais pas au potentat son trĂŽne. Simplement, je reprĂ©sentais dĂ©sormais Ă ses yeux un modĂšle de contestation qui risquait de contaminer dâautres franges de la sociĂ©tĂ©. Cette politique de la peur, qui existait sous lâancien prĂ©sident, sâest renforcĂ©e sous le prĂ©sident actuel. Le pouvoir va jusquâĂ diffuser ses faits dâarmes pour que le citoyen comprenne bien quâil nâa aucune pitiĂ© envers ceux qui le dĂ©fient.  Au-delĂ de lâemprisonnement et de la torture, les reprĂ©sailles sont Ă©galement collectives afin que celui qui Ă©prouve une disposition Ă sacrifier sa libertĂ©, sa santĂ© et sa vie pour une cause, comprenne bien quâil expose Ă©galement sa famille et ses enfants Ă la faim, Ă la terreur et Ă la dĂ©solation.  Le pouvoir a admirablement rĂ©ussi dans cette politique. JusquâĂ prĂ©sent, la majoritĂ© des citoyens tunisiens est terrorisĂ©e Ă lâidĂ©e mĂȘme de parler politique.  La Tunisie dispose de nombreux atouts la prĂ©disposant Ă devenir une dĂ©mocratie oĂč prĂ©vaut un Etat de droit apte Ă assurer la dignitĂ©, la libertĂ© et le progrĂšs Ă tout citoyen, sans crainte de scissions ou de chaos. Lâopposition tunisienne en est consciente, mais elle nâa pas encore trouvĂ© la voie pour devenir une vraie force politique. Oscillant entre la peur de la rĂ©pression et ses divisions idĂ©ologiques â parfois entretenues par le pouvoir – elle a Ă©chouĂ© jusquâĂ prĂ©sent Ă attirer vers elle un nombre significatif de citoyens en les libĂ©rant de la peur.  Mais la conscience du caractĂšre critique de la situation et les timides rapprochements en cours entre les diffĂ©rents courants politiques dâune part; et les prĂ©mices du rejet de ce rĂ©gime dâautre part, font que nous ne renoncerons pas Ă notre rĂȘve, quand bien mĂȘme la rĂ©pression se resserre et les voix semant le doute se font pressantes.                      (Source : Opinion publiĂ©e par « Tribune de GenĂšve » (Quotidien â Suisse), le 7 novembre 2007)
Tunisie : Ubu roi a 20 ans
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Driss El-Yazami secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de lâhomme (FIDH), Jean-Pierre Dubois prĂ©sident de la Ligue des droits de lâhomme et du citoyen (LDH)et Kamel Jendoubi prĂ©sident du ComitĂ© pour le respect des libertĂ©s et des droits de lâhomme en Tunisie (CRLDHT).  Le 7 novembre 1987, Zine el-Abidine ben Ali prenait le pouvoir Ă la faveur de ce que lâon appellera trĂšs vite un «coup dâEtat mĂ©dical». Il y a vingt ans donc que la vie politique tunisienne vit sous la coupe du Rassemblement constitutionnel dĂ©mocratique (RCD), parti prĂ©sidentiel omnipotent. Vingt ans que le pays se fige dans une dictature qui ne veut pas dire son nom, en totale contradiction avec lâimage que souhaite se donner ce prĂ©sident hors normes, celle de «chantre de la dĂ©mocratisation du pays». Dâaucuns objecteront que le pays connaĂźt une croissance Ă©conomique continue et rayonne aujourdâhui sur tout le Maghreb. Ils Ă©voqueront enfin la nĂ©cessaire efficacitĂ© de la lutte antiterroriste pour justifier lâampleur de la rĂ©pression Ă lâencontre de toutes les voix dissidentes. Les arguments de ces dĂ©fenseurs dâun «rĂ©formisme Ă la tunisienne» sont connus, jusquâau sein mĂȘme des instances internationales, oĂč des associations créées de toutes piĂšces par le rĂ©gime sâacharnent Ă empĂȘcher les organisations indĂ©pendantes de sâexprimer. Nous pourrions ĂȘtre fatiguĂ©s de devoir sans cesse rĂ©tablir certains faits indĂ©niables. Ainsi, si le statut des Tunisiennes a effectivement pu ĂȘtre considĂ©rĂ© comme le plus progressiste de la rĂ©gion dans les annĂ©es 80, force est de constater quâil nâa guĂšre Ă©voluĂ© depuis. Par ailleurs, toujours citĂ©e en exemple en matiĂšre de rĂ©formes Ă©conomiques, la Tunisie ignore encore lâimpact du dĂ©mantĂšlement des accords textile sur les droits Ă©conomiques et sociaux des ouvriĂšres de ce secteur. Quant aux investissements effectuĂ©s dans le domaine des nouvelles technologies de lâinformation, ils ne peuvent guĂšre se concrĂ©tiser dans les faits, au regard des graves atteintes aux libertĂ©s dâexpression et dâinformation constatĂ©es chaque jour dans le pays. Lâautocensure est pratiquĂ©e Ă outrance. Par ailleurs, si des rĂ©formes politiques ont pu voir le jour durant les quelque temps qui ont suivi lâaccession au pouvoir de Ben Ali, il ne sâagit bien souvent que de rĂ©formettes. La dĂ©cision prise en 2002 dâĂ©tendre le nombre de mandats prĂ©sidentiels, pourtant limitĂ©s Ă trois en 1988, en constitue Ă ce titre lâun des exemples les plus Ă©difiants. Réélu en 2004 pour un quatriĂšme mandat (avec 99,91 % des voix), le prĂ©sident Ben Ali pourra briguer un cinquiĂšme mandat. Depuis vingt ans, le verrouillage de la sociĂ©tĂ© tunisienne est tel que plus aucun corps nâose ou ne peut dĂ©sormais contester le rĂ©gime. De lâUnion gĂ©nĂ©rale des travailleurs tunisiens Ă la vĂ©nĂ©rable Association des magistrats tunisiens, on ne compte plus les tentatives rĂ©ussies de mainmise du pouvoir sur les principaux leviers de la sociĂ©tĂ© civile tunisienne. Quant Ă ceux qui osent encore rĂ©sister Ă cette emprise, ils tombent immĂ©diatement sous le coup dâune rĂ©pression implacable, moderne et multiforme. De lâarrestation de cyberdissidents Ă la surveillance plus classique de dĂ©fenseurs des droits de lâhomme, jusquâau tabassage en rĂšgle de militants ou de leurs familles, lâimagination du pouvoir semble sans limites. JusquâĂ la torture systĂ©matique de tous les islamistes emprisonnĂ©s. HarcelĂ©e judiciairement, la Ligue tunisienne de dĂ©fense des droits de lâhomme (LTDH) ne peut quant Ă elle toujours pas aujourdâhui tenir son congrĂšs, et nombre de ses sections ont Ă©tĂ© officiellement interdites dâactivitĂ©s. La rĂ©ouverture rĂ©cente du siĂšge du Parti dĂ©mocrate progressiste tunisien (PDP), un des derniers espaces libres de rĂ©union en Tunisie avec le local de la LTDH, aurait pu ĂȘtre une source de satisfaction. Mais le prix Ă payer â une grĂšve de la faim de prĂšs de trente jours â montre bien le degrĂ© extrĂȘme de dĂ©termination quâil faut aux militants tunisiens pour se faire entendre. Ces faits sont largement connus sur le plan international. Mais les soutiens extĂ©rieurs de la Tunisie sont nombreux qui continuent de voir dans ce pays un alliĂ© de poids face Ă la montĂ©e de «la menace intĂ©griste» ou un partenaire Ă©conomique fiable. Le climat sĂ©curitaire qui y rĂšgne est en effet prĂ©sentĂ© comme une preuve de stabilitĂ©. A tort dâailleurs, si lâon se rĂ©fĂšre aux derniers affrontements qui ont eu lieu au dĂ©but de lâannĂ©e entre groupes salafistes et forces de lâordre. Absurde, brutale, paradoxale, la Tunisie dâaujourdâhui prĂ©sente bien des traits communs avec la «Pologne» mythique dâAlfred Jarry. Malheureusement, il sâagit bien ici dâun pays rĂ©el oĂč les acteurs paient au quotidien le dĂ©lire paranoĂŻaque dâun pouvoir absolu. Autrefois proposĂ©e comme modĂšle progressiste dans le monde arabo-musulman, la Tunisie est devenue un pays monolithique et corrompu. En 2009, M. Ben Ali se reprĂ©sentera donc probablement pour briguer un cinquiĂšme mandat prĂ©sidentiel, et nul ne doute quâil y parviendra sans difficultĂ© si les dĂ©fenseurs des droits de lâhomme ne reçoivent pas le soutien quâils sont en droit dâattendre de la part des dĂ©mocraties partenaires de la Tunisie. Ainsi, en juin prochain, M. Ben Ali sera probablement lâun des invitĂ©s de marque du sommet des chefs dâEtat de lâUnion mĂ©diterranĂ©enne, qui constitue lâun des grands objectifs de la prĂ©sidence de M. Nicolas Sarkozy. Verra-t-on alors la question des libertĂ©s, en Tunisie en particulier et dans dâautres pays de la rĂ©gion en gĂ©nĂ©ral, inscrite Ă lâordre du jour ?  (Source : « LibĂ©ration » (Quotidien â France), le 6 novembre 2007)
DE LA MAUVAISE GESTION DU DANGER ISLAMISTE PAR LE REGIME DU 7 NOVEMBRE
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Me kamel Chaabouni
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Depuis vingt ans le rĂ©gime du 7/11 gĂšre mal, trĂšs mal, le dossier islamiste. Il lutte contre le phĂ©nomĂšne islamiste avec les mĂ©thodes que lâon sait, des mĂ©thodes non productives, qui paradoxalement serviront le courant islamiste en faisant de ses militants des victimes, des hĂ©ros, voir des martyres. Ces mĂ©thodes dâun autre Ăąge, indigne dâune Tunisie moderne ont salit le rĂ©gime du 7/11 depuis 1990. Elles lui ont collĂ© la rĂ©putation dâun rĂ©gime despotique, tyrannique, oppressif, violant les droits humains. Torture systĂ©matique, aveux arrachĂ©s par la bastonnade, les charges Ă©lectriques et autres brĂ»lures aux mĂ©gots de cigarettes. Jugements expĂ©ditifs, sans garantie de dĂ©fense rĂ©elle offertes aux prĂ©venus, avocats empĂȘchĂ©s de faire leur devoir de dĂ©fendre leurs clients, jugement rendus par des juges peu regardant quant Ă la procĂ©dure judiciaire. ExĂ©cution des jugements dans des conditions dĂ©plorables, dĂ©tention violant la dignitĂ© humaine, maltraitance de la part des matĂŽns, punition diverses, entraves diverses aux visites familiales, conditions dâhygiĂšne laissant Ă dĂ©sirer, isolement dans des cellules de quelques m2, etc. LâachĂšvement de la peine nâest pas placĂ© sous de meilleures auspices : contrĂŽle policier, manque de libertĂ©, interdiction de voyager, rĂ©tention de passeport et de la carte dâidentitĂ©, empĂȘchement de travailler mettant Ă la misĂšre et Ă la mendicitĂ© les anciens prisonniers dâobĂ©dience islamiste.
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Personnellement, je nâai jamais sĂ©journĂ© en tĂŽle, en Tunisie, pour mes idĂ©es et mon humble activitĂ© politique, Ă part une nuit passĂ©e au ministĂšre de lâintĂ©rieur Ă la fin des annĂ©es 70, pour vĂ©rifier de visu la vĂ©racitĂ© de ces accusations, je ne peux que faire confiance aux ONG qui lâont affirmĂ©. Jâaurai peut-ĂȘtre le loisir de vĂ©rifier les assertions, que je viens dâavancer ci-dessus, en rentrant prochainement dans mon pays, aprĂšs 5 ans dâexil volontaire en France et dont lâunique but Ă©tait de jouir dâune vie dĂ©mocratique et dâĂ©crire librement, sans user dâun pseudonyme, comme le font, malheureusement, beaucoup dâintervenants sur les sites de lâopposition tunisienne.
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Jâai Ă©crit ce que je pense sans autocensure et sans peur en France, jâai mĂȘme Ă©crit au quotidien La Presse de Tunisie qui, bien entendu, nâa jamais publiĂ© un mot de mes articles ! Je ne peux cacher Ă mes compatriotes, que si jâai vĂ©cu cinq ans de bonheur dĂ©mocratique et de libertĂ© totale dans la France de la glorieuse dĂ©claration de 1789, jâai vĂ©cu, par contre, 5 ans de ” dĂšche “, 5 longues annĂ©es de misĂšre matĂ©rielle et financiĂšre survivant en bas de lâĂ©chelle sociale française. Je ne vous dirai pas plus, par humilitĂ© et dignité ! En Ă©voquant ça, il me vient Ă lâesprit les divagations ridicules dâun islamiste notoire, qui mâaccusait, sur ” Tunisnews.com “, dâarrondir mes fins de mois, par des subsides que me jetterai les amĂ©ricains, en raison de mes positions en faveur de leur invasion de lâIrak et de leur lutte contre al-QaĂŻda.
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Revenons Ă nos islamistes. Il est hors de question que les islamistes arrivent au pouvoir en Tunisie, mĂȘme pas la voie dĂ©mocratique, pour se rendre maĂźtre dâun bien spirituel et mette la main sur un patrimoine spirituel qui est la religion islamique, trĂ©sor commun de tous les tunisiens et non des seuls ” barbus “. Je refuse que lâhĂ©ritage de nos grands-parents soit le bien exclusif des islamistes, leur fonds de commerce idĂ©ologique servant leurs fins politiques. Je refuse que les islamistes dĂ©tiendraient le monopole exclusif de lâinterprĂ©tation du Coran et de la Sunna. Je nâaccepterai pas quâils nous imposent leur fantasmagorique ” chariâa ” renvoyant la Tunisie au XĂšme siĂšcle, privant le citoyen de ses libertĂ©s fondamentales, coupant la main du voleur, lapidant la femme adultĂšre, relĂ©guant son statut Ă celui dâune servante Ă domicile. Le citoyen doit avoir le droit de croire, de ne pas croire, de critiquer la religion, dâexaminer de maniĂšre critique le Coran et la Sunna, de ne pas faire les priĂšres, de ne pas faire Ramadan, de boire une biĂšre ou un verre de vin sur la terrasse dâun cafĂ© comme dans les annĂ©es 60, de faire lâamour hors mariage, dâĂȘtre homosexuel dâavoir une sexualitĂ© diffĂ©rente ! Son corps lui appartient, câest son seul bien quand il nâa plus rien ! En somme de faire tout ce qui lui plaĂźt dans le respect du droit positif, du code pĂ©nal laĂŻque et bien sĂ»r de la libertĂ© dâautrui !
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En raison de lâĂ©ducation scolaire de base, reçue de maniĂšre semblablement dogmatique dans les pays arabo-islamiques ; dĂ©nuĂ©s dâune solide formation historique, philosophique et thĂ©ologique, les islamistes sont des attardĂ©s intellectuels. Ils sont formatĂ©s pour ĂȘtre les ennemis de la libertĂ©, les pires ennemis de la dĂ©mocratie. La dĂ©mocratie nâa pas Ă©tĂ© inventĂ© par lâIslam, câest un produit de la philosphie grecque. Ce systĂšme politico-philosophique et son corollaire le suffrage universel. La dĂ©mocratie, nâest pour les islamistes, quâun moyen pour arriver au pouvoir sans plus. Ce qui anime les islamistes, câest leur foi que le Saint Coran, doit et peut ĂȘtre appliquĂ©, intĂ©gralement, sâil le faut par la violence et la contrainte, Ă la maniĂšre des Talibans. Pour eux, Dieu est avant tout, le Coran doit sâappliquer Ă tout le monde y compris aux non-croyants, aux juifs et aux chrĂ©tiens. On a vu comment les islamistes irakiens imposent le port du voile et Ă des chrĂ©tiennes irakiennes et ont liquidĂ© tous les commerçants chrĂ©tiens de vins en Irak ! ! ! Pour nous, dĂ©mocrates et laĂŻques, la libertĂ© et le respect de la foi dâautrui passe avant lâIslam comme le dit Dieu lui-mĂȘme, ” la ikraha fi-ddin ”  ! Nous ne pouvons cohabiter avec une idĂ©ologie qui veut, elle-mĂȘme nous Ă©liminer.
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La laĂŻcitĂ© est, en revanche, une idĂ©ologie qui peut contenir toutes les religions, les races et les cultures en son sein et les fait coexister. LâIslam, quant Ă lui, comme la majoritĂ© des religions, exclut tout ceux qui ne sont pas musulmans, Ă moins de les rĂ©duire Ă lâĂ©tat de soumis ” ahl dhimma, wa hom saghiroun ” et ce uniquement pour les chrĂ©tiens et les juifs ! Quant aux adeptes des autres religions, leur sort câest, non seulement lâexclusion de la citĂ© musulmane, mais la condamnation Ă mort ! Non, lâIslam, ne peut ĂȘtre une idĂ©ologie politique pacificatrice pour un Etat. Câest une religion, une foi, une soumission spirituelle et affective Ă Dieu sans plus ! Certains versets, lus hors de leur contexte historique, appelleraient Ă la violence contre les ” infidĂšles “, contre les juifs et les chrĂ©tiens, ils appellent Ă les faire soumettre et ne leurs accordent pas des droits Ă©gaux, comme dans un rĂ©gime laĂŻque et dĂ©mocratique.
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Comment comprenons-nous sinon, le dĂ©chirement du Soudan pendant des dĂ©cennies, dont les autoritĂ©s islamo-fascistes de Khartoum, voulaient imposer la ” chariâa ” aux chrĂ©tiens et aux animistes du sud. Ce rĂ©gime de fanatiques a fait disparaĂźtre les Noubas, un peuple libre qui vivait nu dans sa brousse. Câest son droit câest sa culture millĂ©naires, sa façon de vivre, ĂȘtre libre, ĂȘtre nu ! ! ! De quel droit leur imposer de porter des soutien-gorges, et de cacher, dâavoir honte de leur belle nuditĂ©, par des vĂȘtements importĂ©s du surplus occidental. La ” chariâa ” nâĆuvre pas Ă la paix civile entre les citoyens dâun pays, elle les opposent les uns contre les autres, dressent les communautĂ©s les unes contre les autres. Les musulmans contre les chrĂ©tiens, les juifs, les yazidites, comme on la vu en Irak avec lâattentat criminel qui a visĂ© leur pacifique communautĂ© et en a assassinĂ© des centaines. LâIslam nâest quâune religion, une foi, un bel hĂ©ritage de nos grands-pĂšres dont nous sommes fiers et que nous aimons. Nous, les laĂŻques et dĂ©mocrates occidentalisĂ©s, ne sommes pas des mĂ©crĂ©ants, des ” kuffars “, nous avons la foi ” man lahou dharraton min al-iman dakhala al-jannah ” ( toue personne ayant un brin de foi ira au paradis) (hadidh). Ce nâest pas aux islamistes de juger de notre foi. Seul Dieu, le tout puissant, en jugera le jour du jugement dernier. En attendant, toute personne, toute religion a droit Ă lâexistence, Ă droit Ă la paix, a droit Ă un m2 sur terre et a droit Ă la parole ! Ce nâest pas aux hommes, fussent-ils islamistes, de juger du degrĂ© de notre foi ! La religion est un bien spirituel commun, personne nâa droit dâen user en dehors des mosquĂ©es ou des cimetiĂšres ! Et surtout pas dâen abuser, sur le plan politique, pour arriver au palais de Carthage ! ArrivĂ©s Ă ce palais,
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Dans ces conditions, il faudrait empĂȘcher les islamistes dâarriver au pouvoir en Tunisie et de la transformer le pays dâHannibaal et de Saint Augustin en petit Iran ou en une base dâal-Qaiâda. Tous les moyens lĂ©gaux, respectueux des droits humains et de la dĂ©claration universelle des droits de lâHomme, sont bons pour mettre fin Ă cette idĂ©ologique dĂ©magogique. Cela est possible par le renforcement de lâarsenal juridique rĂ©pressif, en termes de peines privatives de libertĂ© uniquement dans des conditions respectant la dignitĂ© humaine. Je suis convaincu que les autoritĂ©s peuvent lutter efficacement contre le phĂ©nomĂšne de ” mode ” islamiste par des moyens lĂ©gaux, dans le parfait respect des droits humains, sans torture, sans violence ! La Tunisie dispose dâun policier pour 70 habitants, plus quâaucun autre pays au monde. Pourquoi pas ? Sâils Ă©taient mieux formĂ©s et sâils recevaient des instructions pour respecter le citoyen et ses libertĂ©s fondamentales ! Sâils sont lĂ pour dĂ©fendre la dĂ©mocratie et veiller Ă son application, rassurer le citoyen et non pour le tabasser dans les commissariats ? Pourquoi ne pas porter le nombre des flics Ă 1.000.000 ! Un flic pour 10 habitant ! Mais Ă condition que la Tunisie se transforme en pays dĂ©mocratique, un pays oĂč le citoyen jouit dâune totale libertĂ© dâexpression et dâaction politique, et oĂč ses droits humains sont parfaitement respectĂ©s, comme en Islande !
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On ne peut quâĂȘtre totalement hostile aux mĂ©thodes utilisĂ©es actuellement par le rĂ©gime du 7/11. Ces mĂ©thodes brutales en violation des droits humains sâinscrivent paradoxalement dans le crĂ©dit du mouvement islamiste tunisien. Ces pratiques et leurs effets sur les militants islamistes seront, demain, des titres de gloire pour un hypothĂ©tique rĂ©gime islamiste ; ses trophĂ©es de guerre. En appliquant ces mĂ©thodes, le rĂ©gime du 7/11 ne fait que leurs donner les moyens de lĂ©gitimer leur pouvoir politique le jour oĂč ils y arriveront. Les Ayatoollahs, nâont-ils pas utilisĂ© les mĂȘmes mĂ©thodes, les mĂȘmes techniques de tortures et les mĂȘmes prisons et les mĂȘmes geĂŽliers que le dĂ©funt rĂ©gime du Chah dâIran ! La police tunisienne ne devrait pas les initier Ă ces mĂ©thodes, ils pourraient les utiliser, contre nous tous, si par malheur, ils arriveraient au pouvoir.
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Le rĂ©gime du 7/11 avait depuis ses dĂ©buts lĂ©gifĂ©rĂ© afin dâinterdire la constitution de partis politiques sur des bases religieuses, ethniques ou linguistiques. Ceci est Ă son crĂ©dit. Il a vu juste. Il s’est opposĂ© Ă l’accession des islamistes à un certain pouvoir politique en faveur des Ă©lections de 1991, il a bien fait ! A son passif, le rĂ©gime du 7/11, ne sâest pas engagĂ© dans une rĂ©forme totale du rĂ©gime bourguibien afin de faire accĂ©der la Tunisie dans la modernitĂ© politique dĂ©mocratique comme le prĂ©voyait sa dĂ©claration initiale. Jâai dĂ©jĂ suggĂ©rĂ© au rĂ©gime du 7/11, dans un article prĂ©cĂ©dent sur ” Tunisnews.com “, de lĂ©gifĂ©rer afin de prĂ©voir des peines privatives de libertĂ©s pour toute personne qui utiliserait les concepts religieux, coraniques et de la Sunna dans des discours ou un programme politiques. Il faudrait prĂ©voir une chambre spĂ©ciale qui sâappellerait ” chambre des libertĂ©s publiques ” relevant de chaque Tribunal de grande Instance du pays, qui soit seule compĂ©tente pour apprĂ©cier la portĂ©e et lâinterprĂ©tation des concepts religieux litigieux et du sort rĂ©servĂ©s Ă ceux qui les manipulent.
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Toutefois, en raison de la nature des dĂ©lits en question, qui sont finalement des dĂ©lits dâopinion, il faudrait que les personnes condamnĂ©es Ă des peines privatives de libertĂ©s passent celles-ci dans des lieux adĂ©quats Ă©quipĂ©s dâun confort hĂŽtelier et oĂč seront dispensĂ©s des cours acadĂ©miques de philosophie et dâĂ©tudes religieuses de toute sorte afin de mettre Ă niveau le cerveau ” moyenĂągeux ” des barbus !
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Le danger islamiste ne menace pas uniquement le rĂ©gime du 7/11, il menace toute la sociĂ©tĂ© tunisienne et les acquis depuis 2000 ans de la Tunisie. Ce sont nos libertĂ©s, notre conception de la religion, notre idĂ©e que lâinterprĂ©tation des textes sacrĂ©s nâest pas le propre des islamaistes, que lâIslam est le patrimoine spirituel commun de tous les tunisiens et non exclusif des seuls ” barbus “, notre philosophie basĂ©e sur la tolĂ©rance, le droit Ă la diffĂ©rence, le droit laĂŻque qui sont en danger de disparition.
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M. Ben Ali va, sans aucun doute, se porter candidat Ă sa propre succession en 2009 puis en 2014, mais aprĂšs ? Sa femme, peut-ĂȘtre, mais aura-t-elle sa poigne et sa dĂ©termination Ă lutter contre les intĂ©gristes ? En quittant le pouvoir Ben Ali ne doit pas livrer la Tunisie mains et pieds liĂ©s aux islamistes et livrer son docile peuple, et surtout ses dĂ©mocrates laĂŻques, en pĂąture aux fous de Dieu. En les traitants, comme la police nationale le fait, il leur tend la courte Ă©chelle, il finira par lĂ©gitimer leur accession au pouvoir. La lutte contre lâintĂ©grisme islamiste est un combat commun, de longue haleine, qui doit se faire sur le plan politique mais aussi idĂ©ologique. Il doit ĂȘtre trĂšs ferme et sans merci contre les ennemis de la libertĂ©, pour qui nous sommes les ennemis de Dieu, alors que nous sommes musulmans et nous avons la foi. Aucune concession ne doit leur ĂȘtre accordĂ©e, mais les mĂ©thodes doivent ĂȘtre radicalement rĂ©visĂ©es Ă la lumiĂšre du total respect des droits humains sans aucune concession aussi !
Me Kamel ben Tahar CHAABOUNI
Kamelchaabouni@yahoo.fr
Paris, 6 novembre 2007
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 Tunis le 07 Novembre 2007
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ETAT DE LA CRISE SYNDICALE
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ESCALADE FORT POSSIBLE AVEC LA TRADUCTION DEMAIN DâUN PREMIER GROUPE DEVANT LE COMITE DâODRE NATIONAL
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Par : Ouertatani Noureddine SG du SB des Enseignants Chercheurs Universitaires
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I°) DĂ©termination de la part de Ali Romdhane et de Abdessalem Jrad Ă aller jusquâau bout dans leur basse besogne de destitution des syndicalistes dĂ©mocrates et militants :
   MalgrĂ© les efforts fournis par les syndicalistes Ă©lus Ă diffĂ©rents Ă©chelons et ceux de plusieurs structures syndicales rĂ©gionales pour convaincre le SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral de lâUGTT (Abdessalem Jrad ) et le SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral Adjoint ChargĂ© du DĂ©partement des Affaires Internes ou ComitĂ© dâOrdre Nationale (Ali Romdhane) de lâimpopularitĂ© et de lâirrationalitĂ© des mesures quâils sont entrain de prendre, ces derniers persistent et nâont pas lâair de vouloir cĂ©der et leurs acolytes vont jusquâĂ employer les mĂȘmes termes que ceux du pouvoir : « âŠil nâest pas question de cĂ©der devant lâanarchie (pour dĂ©crire la protestation !!) âŠles tentatives de dĂ©stabilisation de lâorganisation (pour parler des tentatives de ramener lâUGTT Ă des politiques plus favorables aux travailleurs !!) âŠ, la diffamation ( pour parler des dĂ©nonciations des pratiques douteuses de certains membres du Bureau ExĂ©cutif !!)âŠ, il faut extirper (ۧ۳ŰȘۊ۔ۧÙ) les responsables de ces pratiques (comparer ça avec les mots employĂ©s par le Directeur RĂ©gional de lâEducation du Kasserine :Â
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    Et  comme pour marquer le coup, la centrale syndicale, aprĂšs avoir gelĂ© les activitĂ©s des syndicats et aprĂšs avoir obligé la FĂ©dĂ©ration GĂ©nĂ©rale de lâEnseignement SupĂ©rieur et de la Recherche Scientifique Ă repousser les grĂšves que son Conseil des Cadres a dĂ©cidĂ© pour la fin du mois dâoctobre pour permettre au RĂ©gime en place de fĂȘter paisiblement ses 20 ans de pouvoir, la coalition formĂ©e autour dâAli Romdhane et dâAbdessalem Jrad sâapprĂȘte demain Ă traduire le premier groupe des syndicalistes dĂ©mocrates et militants devant le ComitĂ© dâOrdre National en vue de les destituer en bonne et dĂ» forme. Ce groupe est le suivant :
1)Â Â Â Â Â Â Â Â Naoufel Maayoufa (Ù
ŰčÙÙÙŰ©) : SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat rĂ©gional du pĂ©trochimie Ă Gafsa,
 2) Chayicheaa Jamel (ŰŽŰčÙŰŽŰč) : Membre du syndicat de base de l’enseignement de base Ă Elktaar,
3) Laroussi Elawali  (ۧÙŰčÙۧÙÙ) : SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat de base de l’enseignement de base Ă Erdaif,
4) Mokhtar El Abbassi : Membre du syndicat de base de l’enseignement de base Ă Metlaoui,
5) Ibrahim Essa i (ۧÙ۳ۧŰčÙ) : SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat de base de l’enseignement de base Ă Ksar Gafsa,
    Les intentions de la Centrale Syndicale ne sont pas encore claires. En effet, tout ce que les Ă©missaires de cette derniĂšre ont trouvĂ© Ă dire face Ă la contestation des syndicalistes dans les rĂ©gions câest : « que les syndicalistes traduits devant les comitĂ©s dâordre prĂ©sentent leurs excuses par Ă©crit et en verra ce quâon pourraient faireâŠÂ !! ». la mĂȘme rengaine a Ă©tĂ© servie aux dĂ©lĂ©gations de syndicalistes qui sont allĂ©es rencontrer Ali Romdhane en personne pour trouver une issue favorable Ă la crise syndicale qui sĂ©vit au sein de lâorganisation depuis le milieu du mois de juillet.
   Du cĂŽtĂ© des syndicalistes dĂ©mocrates les dĂ©cisions qui pourraient ĂȘtre prises demain vont dĂ©terminer la suite quâils vont donner Ă leur mouvement. Si les dĂ©cisions prises demain par le ComitĂ© dâOrdre National sont la destitution nous allons instantanĂ©ment vers une escalade de grande envergure qui pourrait condamner lâUGTT Ă lâĂ©clatement.
Et voici un rappel de la liste des syndicalistes qui vont ĂȘtre traduits devant le ComitĂ© dâOrdre National Ă partir de demain et tout au long de ce mois :
II°) Liste des derniĂšres destitutions (ArrĂȘts provisoire de toute activitĂ© syndicale) des responsabilitĂ©s syndicales dans l’Enseignement de Base :
·        Le premier groupe destitué le 13/09/07 :
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1) Med Amer Baccar : Membre du syndicat rĂ©gional de l’enseignement de base Ă l’Ariana,
2) Med Lahbib Belhaj : SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat de base de l’enseignement de base Ă Â Elkram,
3) Chayicheaa Jamel (ŰŽŰčÙŰŽŰč) : Membre du syndicat de base de l’enseignement de base Ă Elktaar,
4) Laroussi Elawali  (ۧÙŰčÙۧÙÙ) : SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat de base de l’enseignement de base Ă Erdaif,
·        Le deuxiÚme groupe destitué le 23/09/07 :
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1) Lamine Elhaamdi : SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat de base de l’enseignement de base Ă Sidi Hsine,
2) Souad El Inoubli : ex Membre du syndicat de base de l’enseignement de base Ă Sidi Elbachir, 3) Mokhtar El Abbassi : Membre du syndicat de base de l’enseignement de base Ă Metlaoui, 4) Ibrahim Essa i (ۧÙ۳ۧŰčÙ) : SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat de base de l’enseignement de base Ă Ksar Gafsa,
·        Le troisiÚme groupe destitué ces derniers temps :
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2)        Mohammed Erridha Elbarhoumi : Membre du syndicat de base de lâenseignement de base de Sbitla et Membre du syndicat rĂ©gional de lâenseignement de base de Kasserine,
3)Â Â Â Â Â Â Â Â Naoufel Maayoufa (Ù
ŰčÙÙÙŰ©) : SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat rĂ©gional du pĂ©trochimie Ă Gafsa,
4)        Abdelaziz DĂ©bib (ŰŻŰšÙŰš) : SĂ©crĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat rĂ©gional des eaux Ă Tunis,
   Sans compter la destitution de lâensemble du syndicat rĂ©gional de lâenseignement secondaire de Bizerte (9) et les deux membres du syndicat de base de la santĂ© de BĂ©ja (2) destituĂ©s juste avant lâĂ©clatement de cette crise
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 III°)  Liste des retraits des mises en disponibilité :
1)      Hfaidh Hfaidh : Membre du syndicat gĂ©nĂ©ral de l’enseignement de base,
2)      Taib Bouaicha : Membre du syndicat gĂ©nĂ©ral de lâenseignement secondaire,
3)      Fraj Chabbaah : Membre du syndicat gĂ©nĂ©ral de lâenseignement secondaire,
4)    Fethi Ben Ali (Plus connu sous le nom de Edbek) : Membre du comité des affaires financiÚres du Syndicat Régional de Tunis
Remarque : Mohammed Halim : SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat gĂ©nĂ©ral de lâenseignement de base depuis fĂ©vrier 2007 est privĂ© de son droit lĂ©gitime Ă la mise en disponibilitĂ© pour expĂ©dier les affaires syndicales courantes dans son secteur.
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Ouertatani Noureddine SG du SB des Enseignants Chercheurs Universitaires à Nabeul
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    Source : Bulletin de « DĂ©mocratie Syndicale et Politique » N° 28 du 07 Novembre 2007  Â
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