4 novembre 2009

Home – Accueil

ŰŽŰŽ

TUNISNEWS

9 Úme année, N° 3452 du 04.11.2009

 archives :www.tunisnews.net  


Abdel Wahab Hani: Appel pour le retour des exilĂ©s tunisiens LibertĂ© et EquitĂ©: Nouvelles des libertĂ©s en Tunisie L’Observatoire: Tunisie : Poursuite du harcĂšlement Ă  l’encontre de journalistes dĂ©fenseurs indĂ©pendants Committee to Protect Journalists: In Tunisia, government harassment of journalists on the rise Amnesty International : Student activist held in Tunisia at risk of torture Infosud: Journalistes tunisiens sauvagement brutalisĂ©s Loumamba MOHSNI: Urgent : Jalel Ben Brik Zoghlami empĂȘchĂ© de quitter le territoire ATS: Tunisie : Des journalistes et Ă©tudiants arrĂȘtĂ©s depuis la prĂ©sidentielle AFP: Tunis s’insurge des propos du maire de Paris sur les droits de l’homme Pierre Puchot: Taoufik Ben Brik, une affaire française Pierre Puchot: Et ce mois-ci, le prix de la dĂ©sinformation est attribuĂ© à
 Jean-Marcel Bouguereau: Tunisie : Mais pourquoi ce silence ? Pourquoi cette indiffĂ©rence hypocrite ? Hatem KRICHEN: Elections prĂ©sidentielles et lĂ©gislatives en Tunisie : Verdict sans appel ! AFP: ONU: IsraĂ«l se mobilise pour faire enterrer le rapport Goldstone sur Gaza Agenda Interculturel: Al-Jazeera Documentary aime les contenus ficelĂ©s d’avance ? SaĂąd LounĂšs: Le clan d’Oujda a perdu la bataille du Sahara Occidental

Invitation pour voter pour le prophĂšte MOHAMMAD SBSL

Different candidates for ‘The Best Man’ vote onwww.bestofmen.org  are:

Abraham Lincoln

Albert Einstein

Buddha

Jesus Christ

Karl Marx

Mahatma Gandhi

Martin Luther

Muhammed

Saint Paul

William Shakespeare

Please visit www.bestofmen.organd cast your vote.


Appel pour le retour des exilés tunisiens

En ce début du mandat présidentiel et de la nouvelle législature

 

   

«Tout Tunisien qui se sera expatriĂ©, pour quelque motif que ce soit, quelle qu’ait Ă©tĂ©, du reste, la durĂ©e de son absence, qu’il se soit fait naturaliser Ă  l’étranger ou non, redeviendra, comme auparavant, sujet tunisien, dĂšs qu’il rentrera dans le royaume de Tunisie»

Article 92 de la PremiĂšre Constitution tunisienne moderne de 1861, premiĂšre des mondes arabe et musulman

 

«Aucun citoyen ne peut ĂȘtre banni du territoire national ni empĂȘchĂ© d’y retourner»

Article 11 de la Constitution de la République tunisienne, 1959

 

«Nul ne peut ĂȘtre arbitrairement privĂ© du droit d’entrer dans son propre pays»

Article 12-4 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, 1966

 

Préambule :

 

La Tunisie s’apprĂȘte Ă  entamer un nouveau mandat prĂ©sidentiel et une nouvelle lĂ©gislature, aprĂšs la validation, par le Conseil constitutionnel, des rĂ©sultats des Ă©lections du 25 octobre.  

 

En ce dĂ©but de ces deux mandats, de nombreuses voix se sont Ă©levĂ©es, au sein de la sociĂ©tĂ© tunisienne, y compris une partie de l’Ă©lite dirigeante, pour que des RĂ©formes politiques, audacieuses, soient entreprises durant ce mandat prĂ©sidentiel et cette lĂ©gislature. Des avancĂ©es, significatives et irrĂ©versibles, en matiĂšre de DĂ©mocratie, de respect des droits humains, de la libertĂ© de la presse et de la lutte contre la corruption, sont aujourd’hui, de l’aveu de toute la classe politique, des nĂ©cessitĂ©s et des prioritĂ©s nationales d’une extrĂȘme urgence.  

 

Dans cet élan de réformes et de mesures démocratiques, appelées de tous les voeux, la question du retour des exilés tunisiens et leur réintégration dans la société prend une importance particuliÚre.

 

Si la majoritĂ© des exilĂ©s ont quittĂ© le pays au dĂ©but des annĂ©es 1990, certainsse sont exilĂ©s en 1981, voir 1978, ou mĂȘme 1962 pour les plus anciens. Le poids humain de cette souffrance est Ă©norme et le poids politique devient de plus en plus lourd Ă  supporter pour le pays.

 

La question des exilĂ©s ne relĂšve pas des doctrines et ne supporte pas les luttes de chapelle. Il s’agit d’un malheur que l’on ne souhaite mĂȘme pas Ă  son ennemi, moins Ă  son adversaire. Les droits humains sont sacrĂ©s et ne doivent faire l’objet d’aucun commerce et ne souffrir aucune discrimination idĂ©ologique. 

 

Il est grand temps que ce dossier trouve un dénouement rapide, garantissant la dignité et la sécurité des exilés et de leurs familles, dans le cadre de la Loi. Ce qui sera de nature à permettre à la Nation de tourner la page des affrontements politiques du passé.

 

Le rÚglement digne de la question des exilés repose sur les principes fondateurs de la République: Liberté, Ordre et Justice ; ainsi que du droit de la société à la Paix, édictés dans la Constitution et dans les lois de la République.

 

Pour sortir ce dossier de l’impasse, pour surmonter les divergences et dans le but d’aboutir Ă  un dĂ©nouement rapide et digne de cette souffrance, nous proposons cette perspective rĂ©aliste. AnimĂ©s par cet esprit patriotique et par le sens des responsabilitĂ©s, nous lançons cet APPEL :

1- Au niveau des ExilĂ©s tunisiens Ă  l’Ă©tranger qui souhaitent mettre fin Ă  l’asile:

 

Prendre attache, sans dĂ©lai, avec nos reprĂ©sentations diplomatiques et consulaires, afin d’introduire des demandes, individuelles, d’Ă©tablissement des documents nationaux tunisiens, notamment la carte d’identitĂ© nationale, le passeport et la carte d’électeur, symboles de la CitoyennetĂ© et de la Protection de la NationalitĂ©. Cette dĂ©marche doit s’accompagner de l’engagement de rendre les documents de voyage octroyĂ©s, par les pays d’accueil, au titre de l’asile, conformĂ©ment aux dispositions de la Convention de GenĂšve de 1951;

 

2- Au niveau des Chefs de nos missions diplomatiques et consulaires :  

 

AllĂ©ger les procĂ©dures consulaires et rĂ©duire les dĂ©lais d’attente, pour Ă©viter les dĂ©couragements et couper court aux pressions de tout ordre et et de toutes les parties;  

 

3- Au niveau des autorités judiciaires et administratives:

 

a-                    Mettre en oeuvre les garanties légales annoncées par Monsieur le Ministre de la Justice et des Droits humains, devant la presse nationale et devant Messieurs et Mesdames les représentants du Peuple, sous la coupole de la Chambre des Députés, en mai et en juillet dernier;

 

b-                  S’abstenir de toute action administrative ou judiciaire Ă  l’encontre les exilĂ©s non condamnĂ©s ;

 

c-                 Respecter les principes de prescription des poursuites et l’extinction de l’action publique, aprĂšs observation des dĂ©lais lĂ©gaux ;

 

d-                Faciliter l’octroi des attestations de prescription des peines corporelles ;

 

e-                 Alléger les délais de recouvrement des droits civiques et politiques ;  

 

4- Au niveau du Parquet et des magistrats du siĂšge:

 

a-                    Traiter en priorité les demandes en Opposition des peines prononcées par contumace et qui ne tombent pas, encore, sous le coup de la prescription ;  

 

b-                  ReconnaĂźtre les affres et les souffrances de l’asile comme circonstances attĂ©nuantes et s’abstenir de prononcer des peines de privation de libertĂ© ;

 

c-                 Observer l’extinction de l’action publique et prononcer la prescription des peines prononcĂ©es il y a longtemps, mĂȘme si le dĂ©lai formel n’est pas encore atteint, en accĂ©dant au droit de la sociĂ©tĂ© Ă  l’oubli. Le lĂ©gislateur ayant cherchĂ© Ă  garantir ce droit fondamental de la sociĂ©té et non de calculer un strict quantum d’annĂ©es; c’est l’esprit des textes qui compte et non leur lecture formelle ;

 

5- Au niveau des médias, des journalistes et des chroniqueurs:

 

Aider la Nation Ă  refermer ses plaies et favoriser la rĂ©conciliation nationale, en propageant une culture de la tolĂ©rance et en s’abstenant de raviver les discours de la haine et de la vengeance;

 

6- Au niveau des acteurs politiques et associatifs et des leaders d’opinion:

 

Oeuvrer Ă  faciliter le retour digne des exilĂ©s et leur rĂ©intĂ©gration dans la sociĂ©tĂ© et s’abstenir de s’en servir et d’instrumentaliser leurs souffrances;

 

7- Au niveau des membres des Chambres des Députés et des Conseillers:

 

Proposer et Adopter des textes facilitant le retour et la rĂ©intĂ©gration des exilĂ©s, la rĂ©paration de toutes les victimes et favoriser la rĂ©conciliation nationale, par la promulgation d’une Loi d’Amnistie gĂ©nĂ©rale. Tous les reprĂ©sentant du peuple, de toute obĂ©dience et appartenance politique ou rĂ©gionale qu’ils soient, doivent s’y engager, en vertu de l’article 25 de la Constitution, stipulant que «Chaque dĂ©putĂ© est le reprĂ©sentant de la Nation tout entiĂšre»;  

 

8- Au niveau du Premier Ministre:

 

Mettre en place une structure interministĂ©rielle, chargĂ©e d’aider les exilĂ©s Ă  surmonter les difficultĂ©s qui peuvent compromettre leur retour, le recouvrement de leurs droits et leur intĂ©gration dans la sociĂ©tĂ© ; Monsieur «Le Premier Ministre dirige et coordonne l’action du gouvernement» selon les dispositions de l’article 60 de la Constitution;

 

9- Au niveau du Chef de l’Etat, PrĂ©sident de tous les tunisiens et garant des Institutions :

 

a-                    Utiliser vos prĂ©rogatives constitutionnelles de Droit de GrĂące, pour mettre fin aux souffrances de nos compatriotes exilĂ©s, en vertu de l’article 48-3 de la Constitution, qui stipule, en votre faveur et Ă  votre entiĂšre discrĂ©tion, que «Le Chef de l’Etat dispose du droit de grĂące», repris de l’article 15 de notre premiĂšre Constitution de 1861; ainsi que les dispositions du Code de ProcĂ©dure pĂ©nale ; Ă©tant entendu que les faits remontent Ă  loin et que tous les co-accusĂ©s, des exilĂ©s condamnĂ©s, ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s au bĂ©nĂ©ficiĂ© de grĂąces prĂ©sidentielles successives;

 

b-                  Saisir la nouvelle Chambre des DĂ©putĂ©s, au courant de cette 12iĂšme lĂ©gislature, d’un projet de loi d’Amnistie, en conformitĂ© avec l’article 34-6 de la Constitution, stipulant que «Sont pris sous forme de Lois les textes relatifs Ă  l’Amnistie» ; et ce, en consultation avec toutes les parties prenantes, pour permettre Ă  la Tunisie de panser toutes ses plaies et d’utiliser toutes ses compĂ©tences ;

 

 

Une telle dĂ©marche, collective, permettra d’assurer les droits et la quiĂ©tude de tout tunisien et de consacrer la SĂ©curitĂ© humaine, dans le sens de l’article 1er de Ahd-Al-Amane, du 10 septembre 1857:

 

«Une complĂšte sĂ©curitĂ© est garantie Ă  tous nos sujets et Ă  tous les habitants de nos États, quelles que soient leur religion, leur nationalitĂ© et leur race. Cette sĂ©curitĂ© s’étendra Ă  leur personne respectĂ©e, Ă  leurs biens sacrĂ©s et Ă  leur rĂ©putation honorĂ©e »;

  

Mardi, le 3 novembre 2009 G, correspondant au 15 Dhou Al-Qi’idah 1430 H

 

Premiers signataires :

 

Abdel Wahab Hani, Paris, GenĂšve

Abdel Jelil SaĂŻdi, Paris

Moncef Boushaki, Paris

Belgacem Labidi, Paris

 

 

Cet Appel est ouvert aux signatures, Ă  tous nos copmatriotes exilĂ©s, rĂ©fugiĂ©s statutaires ou exilĂ©s de fait, partageant la dĂ©marche et l’esprit, ainsi qu’à toutes celles et tous ceux, de nos compatriotes, qui le soutiennent;

 

Contact: Abdel WahabHaniMél:awhani@yahoo.fr, Tél. : +33 (0)6 17 96 00 37


 

LibertĂ© pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux dĂ©cennies LibertĂ© pour tous les prisonniers politiques LibertĂ© et EquitĂ© Organisation de Droits de l’Homme indĂ©pendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel/Fax : 71 340 860 Adresse Ă©lectronique : liberte.equite@gmail.com Tunis, le 4 novembre 2009  

Nouvelles des libertés en Tunisie

1) le calvaire de Mohammed Ali Abdellaoui, prisonnier d’opinion Mohammed Ali Abdellaoui, prisonnier d’opinion actuellement incarcĂ©rĂ© Ă  la prison de Monastir, est affectĂ© par diverses pathologies et n’a pas Ă©tĂ© conduit chez le mĂ©decin de la prison. Il a une vie difficile dans une cellule surpeuplĂ©e par des droits communs qui manque du minimum vital : Ă©clairage, aĂ©ration, sans parler du nombre de fumeurs, ce qui a des rĂ©percussions nĂ©gative sur sa santĂ©. Le prisonnier d’opinion Mohammed Ali Abdellaoui, originaire de la citĂ© de l’Aouina Ă  Sousse, a dĂ©jĂ  effectuĂ© trois annĂ©es sur sa peine de cinq annĂ©es. Sa famille, qui lui a rendu le matin du mercredi 4 novembre, demande Ă  ce qu’il soit transfĂ©rĂ© Ă  la prison de Messaadine, plus proche du domicile familial. 2) Abdessalam Trabelsi, ex prisonnier d’opinion, est en butte au harcĂšlement L’ex prisonnier d’opinion Abdessalam Trabelsi, est en butte depuis sa libĂ©ration Ă  des brimades rĂ©pĂ©tĂ©es des agents de la police politique qui le convoquent au siĂšge du district de police d’El Omrane supĂ©rieur, alors qu’il n’a pas Ă©tĂ© prononcĂ© de peine complĂ©mentaire de contrĂŽle administratif Ă  son encontre. Les agents de la police politique le convoquent verbalement en violation flagrante de la loi et le menacent de le renvoyer en prison s’il ne coopĂšre pas avec eux. Abdessalam Trabelsi est Ă©tudiant en deuxiĂšme annĂ©e d’informatique Ă  l’Institut SupĂ©rieur d’Informatique de l’Ariana. Il vit Ă  El Omrane supĂ©rieur. Il a effectuĂ© une peine de quatre mois d’emprisonnement pour tenue de rĂ©union sans autorisation. Pour le bureau exĂ©cutif de l’Organisation Le PrĂ©sident MaĂźtre Mohammed Nouri (traduction ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

Tunisie : Poursuite du harcĂšlement Ă  l’encontre de journalistes dĂ©fenseurs indĂ©pendants

 

Paris-GenĂšve-Copenhague, le 3 novembre 2009. L’Observatoire pour la protection des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), et le RĂ©seau euro-mĂ©diterranĂ©en des droits de l’Homme (REMDH) expriment leur plus vive inquiĂ©tude quant Ă  la poursuite des actes de violence et de harcĂšlement Ă  l’encontre des journalistes tunisiens Taoufik Ben Brik, Zouhair Makhlouf et Sihem Bensedrine.

Ces journalistes se sont particuliĂšrement mobilisĂ©s ces derniĂšres semaines afin de dĂ©noncer les pratiques et actes contraires aux normes internationales qui se sont multipliĂ©s dans le contexte Ă©lectoral. M. Taoufik Ben Brik est par ailleurs membre fondateur du Conseil national pour les libertĂ©s en Tunisie (CNLT) et M. Zouhair Makhlouf est membre de l’association “LibertĂ© et Ă©quitĂ©”, membre dirigeant du Parti dĂ©mocrate progressiste (PDP) et ancien candidat aux Ă©lections lĂ©gislatives du 25 octobre 2009. Mme Sihem Bensedrine est quant Ă  elle porte-parole du CNLT, journaliste et secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de l’Observatoire pour la libertĂ© de presse, d’édition et de crĂ©ation (OLPEC).

Le 3 novembre, alors que M. Makhlouf devait comparaĂźtre devant le Tribunal de premiĂšre instance de Grombalia, Mme Bensedrine s’est vu refuser l’accĂšs Ă  la salle d’audience, qui Ă©tait entourĂ©e d’un important dispositif policier. Les autoritĂ©s ont arguĂ© que le procureur avait Ă©mis une dĂ©cision selon laquelle seuls les avocats Ă©taient autorisĂ©s Ă  pĂ©nĂ©trer Ă  l’intĂ©rieur du tribunal. Me Mohamed Abbou, qui accompagnait Mme Bensedrine, est immĂ©diatement allĂ© vĂ©rifier cet Ă©lĂ©ment auprĂšs du substitut du procureur, qui a rĂ©futĂ© l’existence d’une telle dĂ©cision. Mme Bensedrine, restĂ©e en dehors de la salle d’audience, a alors Ă©tĂ© bousculĂ©e puis sĂ©rieusement frappĂ©e par des policiers. L’audience dans l’affaire Zouhair Makhlouf a Ă©tĂ© reportĂ©e Ă  une date ultĂ©rieure.

Le 2 novembre 2009, Me Chouki Tebib, Ayachi Hammami et Nejib Chebbi, avocats de MM. Ben Brik et Makhlouf, s’étaient par ailleurs vus refuser l’accĂšs Ă  M. Ben Brik par le directeur et le sous-directeur de la prison de Mornaguia, prĂšs de Tunis, en dĂ©pit d’un bulletin de visite signĂ© par le substitut du Procureur M. Mohamed Amira. M. Ben Brik doit comparaĂźtre le 19 novembre devant le Tribunal de premiĂšre instance de Tunis pour “agression”, dans une affaire manifestement montĂ©e de toutes piĂšces.

Le mĂȘme jour, les trois avocats avaient toutefois pu rendre visite Ă  M. Makhlouf, en grĂšve de la faim depuis plusieurs jours, et pu constater un Ă©tat de santĂ© alarmant. Ils ont notamment Ă©tĂ© informĂ©s que leur client avait Ă©tĂ© victime d’un malaise vagal le 1er novembre, et n’avait eu accĂšs Ă  un mĂ©decin qu’en fin de journĂ©e. M. Maklouf est incarcĂ©rĂ© depuis le 21 octobre.

L’Observatoire et le REMDH dĂ©noncent les actes de violence Ă  l’encontre de Mme Sihem Bensedrine ainsi que la poursuite de la dĂ©tention arbitraire et du harcĂšlement judiciaire contre MM. Taoufik Ben Brik et Zouhair Makhlouf. Nos organisations appellent la DĂ©lĂ©gation de la Commission europĂ©enne Ă  Tunis ainsi que les ambassades des Etats-membres de l’Union europĂ©enne (UE) en Tunisie Ă  prendre publiquement position en faveur de ces trois dĂ©fenseurs, Ă  rendre visite Ă  MM. Ben Brik et Makhlouf en dĂ©tention, et Ă  observer les audiences Ă  leur encontre, conformĂ©ment aux Lignes directrices de l’UE relatives aux dĂ©fenseurs des droits de l’Homme.

Nos organisations appellent également la Délégation et les ambassades mentionnées ci-dessus à faire un rapport public, et si possible conjoint, sur les violations des rÚgles relatives à un procÚs équitable et sur tout autre sujet de préoccupation constatés lors des audiences.

L’Observatoire et le REMDH appellent par ailleurs la PrĂ©sidence de l’Union europĂ©enne et la TroĂŻka Ă  entreprendre toute action de protection Ă  l’égard des dĂ©fenseurs et militants des droits de l’Homme, sanctionnĂ©s pour avoir exercĂ© dĂ©fendu les libertĂ©s fondamentales.

L’Observatoire et le REMDH demandent par ailleurs aux autoritĂ©s tunisiennes de :

· Garantir en toutes circonstances l’intĂ©gritĂ© physique et psychologique de Mme Bensedrine et de MM. Taoufik Ben Brik et Zouhair Makhlouf, ainsi que de l’ensemble des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme tunisiens ;

· Procéder à la libération immédiate et inconditionnelle de MM. Taoufik Ben Brik et Zouhair Makhlouf, arbitrairement détenus ;

· Veiller Ă  ce qu’un terme soit mis Ă  toute forme de menaces et de harcĂšlement – y compris judiciaire – Ă  l’encontre de Mme Bensedrine et MM. Taoufik Ben Brik et Zouhair Makhlouf, et de l’ensemble des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme tunisiens ;

Plus gĂ©nĂ©ralement, nos organisations appellent la Tunisie Ă  se conformer aux dispositions de la DĂ©claration universelle des droits de l’Homme et aux instruments rĂ©gionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme et particuliĂšrement l’article 1 de la DĂ©claration sur les dĂ©fenseurs des droits de l’Homme, adoptĂ©e par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies le 9 dĂ©cembre 1998, “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la rĂ©alisation des droits de l’Homme et des libertĂ©s fondamentales aux niveaux national et international”.

http://www.fidh.org/Poursuite-du-harcelement-a-l-encontre-de mardi 3 novembre 2009


In Tunisia, government harassment of journalists on the rise

 
New York, November 4, 2009—The Committee to Protect Journalists is outraged that Tunisian police stripped and mistreated journalist Taoufik ben Brik, a well-known contributor to French newspapers and one of the top critics of President Zine El Abidine Ben Ali, during his arrest on October 29. CPJ urges Ben Ali to order Ben Brik’s immediate release and to end the intensifying campaign of intimidation and assaults against critical reporters, and censorship. Ben Brik, will appear in court on November 19 for “damaging other people’s property,” “violation of public morality standards,” defamation, and “extreme aggression,” one of his lawyers told CPJ. Under the penal code, these charges could bring up to five years in prison. His arrest occurred a few days after Ben Ali threatened on October 24, on the eve of his reelection for a fifth term in office, to prosecute a “tiny minority” of Tunisians for cooperating with foreign journalists to cast doubt on the results of the presidential and legislative elections before the results were made public. Assaults on critical journalists by plainclothes police and campaigns of intimidation, including by high-ranking officials, have increased since then.   Ben Brik’s lawyers told CPJ that the journalist had been ill-treated, insulted, and stripped of all his clothes at the police station before he was taken to jail. His wife, Azza Zarrad, expressed deep concern about the impact of the imprisonment of her husband on his “serious health problems” and told CPJ that she believed this was “part of a vengeful campaign to humiliate and punish Ben Ali’s critics.”   Five of Ben Brik’s lawyers were prevented on Tuesday from visiting the journalist at the Al-Mornaguia prison in the Southern outskirts of Tunis. “This is a flagrant violation of Tunisian law,” Ayachi Hammami, one of the lawyers, told CPJ.   Also on Tuesday, a minor court in Grombalia, nearly 30 miles (48 kilometers) South of Tunis, postponed the hearing in the case filed against Zuhair Makhlouf, a political activist and contributor to Assabil Online, a Tunisian news Web site, to November 24, for “harming and disturbing others through the public communication network.” Makhlouf was arrested on October 20. He had taken pictures and published an article about pollution in the industrial areas in Nabeul, according to a statement by local human rights organizations. Like Ben Brik, he is currently being held in Al-Mornaguia prison, in the southern suburbs of Tunis. Under the Telecommunications Code, he could be sentenced to up to one year in prison.   “We are outraged at the treatment of our colleague Taoufik Ben Brik,” said CPJ Middle East and North Africa Program coordinator Mohamed Abdel Dayem. “We call on President Ben Ali to ensure his release and the release of Zuhair Makhlouf, and to end this degrading assault on independent journalism.”   Lawyers told CPJ that Sihem Bensedrine, one of the country’s most prominent journalists and human rights defenders, was arbitrarily prevented from entering the Grombalia court and beaten and insulted by plainclothes police. Bensedrine has been repeatedly assaulted and prevented from accessing public places over the past weeks, according to CPJ research.   On October 28, Slim Boukdhir, a journalist jailed in 2007 who has often been assaulted for his criticism of Ben Ali’s autocratic rule and the rising influence of his wife and in-laws over the country’s politics and economy, was kidnapped near his home in Tunis by four men and forced into a car before being beaten and stripped of his clothes and wallet and cell phone. His kidnappers left him in the capital’s largest park, the Belvedere, covered in bruises, Boukhdhir told CPJ. He added that the attack occurred nearly two hours after he gave an interview to the BBC about the reelection of Ben Ali and a new critical book by two French journalists about the president’s wife. Boukkhdhir was kidnapped in September 2008 after writing about then-U.S. Secretary of State Condoleezza Rice’s brief visit to Tunis and her critical remarks about the declining human rights situation in Tunisia.   Lotfi Hajji, an Al-Jazeera correspondent, was verbally assaulted on arriving at Tunis Carthage International Airport from Qatar late last week, and then before traveling to Beirut, by plainclothes police and warned against the dangerous consequences of “talking about Tunisia,” he told CPJ. Other journalists have been recently harassed or assaulted, such as Lotfi Hidouri and Mouldi Zouabi of Kalima, Ismail Dbara of Radio Netherlands and the Web site Elaph, and Neji Bghouri and Zied el Heni of the ousted board of the National Syndicate of Journalists, lawyers and journalists told CPJ   Restrictions on opposition newspapers have also increased. Authorities prevented the distribution of the October 31 issue of the weekly Attariq al-Jadid of the opposition Attajdid Movement, according to a statement issued by this opposition party. November 4, 2009 2:57 PM ET


Amnesty International

Student activist held in Tunisia at risk of torture

3 November 2009   A Tunisian student activist, detained incommunicado since his arrest on 22 October, is at risk of torture and ill-treatment, Amnesty International said. Mohammed Soudani was arrested on the same day that he met with two French radio journalists who were covering the presidential and legislative elections that took place on 25 October. Amnesty International said that it believes that they were interviewing Mohammed Soudani because he is an active member within the student movement, the General Union of Tunisian Students (UGET). His family and lawyer have been unable to obtain any information about him since he disappeared. He is believed to be held at the State Security Department of the Ministry of Interior in Tunis, where torture is common. On the evening that he was arrested, Mohammed Soudani phoned his lawyers and friends and told them that there were a number of security officers outside the Africa Hotel in Tunis where he had met the journalists. He said that if they didn’t hear from him after 10pm then he had very likely been arrested. His mobile phone has since remained switched off. On 23 October, unable to find out any information on the whereabouts of his client, Mohammed Soudani’s lawyer filed a complaint with the Public Prosecutor in Tunis about the enforced disappearance of Mohammed Soudani. Mohammed Soudani’s family has not been informed of his arrest or whereabouts as required under Tunisian law and his father was unable to obtain any information on him from police in the city of Mehdia, 200km south of Tunis, where Mohammed Soudani lives. Mohammed Soudani was expelled from university in 2007 because of his activities within the UGET. He told Amnesty International during a meeting in October 2009 that he was previously arrested on 29 June 2007 and detained for 12 days, during which he said he was tortured, and then sentenced to a six month suspended prison sentence. He also said he was again detained for another six days in October 2008, stripped of his clothes and beaten. Mohammed Soudani has been prosecuted several times, and has also served a two-month prison term. He believes that the charges brought against him are related to his activism for the UGET. On 11 February 2009 he and four other students went on hunger strike for 58 days, to demand their right to education and reintegration into university. They also demanded that judicial proceedings against them be dropped. Amnesty International has urged the Tunisian authorities to disclose Mohammed Soudani’s whereabouts immediately, give him access to a lawyer of his choice, his family and any medical attention he may require and to ensure that he is not tortured or otherwise ill-treated. The organization has also called for his immediate and unconditional release, unless he is promptly charged with a recognizably criminal offence. ———————————————————————- Annabelle Regal Campaigner / ChargĂ©e de campagnes North Africa team / Ă©quipe Afrique du Nord Amnesty International – International Secretariat 1 Easton Street London WC1X 0DW United Kingdom Working to protect human rights worldwide DISCLAIMER Internet communications are not secure and therefore Amnesty International Ltd does not accept legal responsibility for the contents of this message. If you are not the intended recipient you must not disclose or rely on the information in this e-mail. Any views or opinions presented are solely those of the author and do not necessarily represent those of Amnesty International Ltd unless specifically stated. Electronic communications including email might be monitored by Amnesty International Ltd. for operational or business reasons. This message has been scanned for viruses by Postini. www.postini.com


Urgent : Jalel Ben Brik Zoghlami empĂȘchĂ© de quitter le territoire

 

“InvitĂ© par le RSF pour intervenir dans la confĂ©rence de presse qu’il organise sur (la libertĂ© de l’expression et de la presse ?), jeudi 5 novembre 2009, Monsieur Jalel Ben Brik Zoghlami, militant de la gauche  radicale tunisienne et frĂšre du journaliste T. B.B, s’est prĂ©sentĂ© aujourd’hui, mercredi 4 novembre 2009, Ă  l’aĂ©roport pour prendre un vol en direction de Paris. ArrivĂ© au guichet pour l’enregistrement, on lui opposa que « son passeport ne s’affiche pas sur l’ordinateur» !!! Monsieur J. Zoghlami a essayĂ© d’avoir des explications ; il a eu droit  Ă  des propos pour le moins provocateurs et Ă  des bousculades. Craignant que cette mise en scĂšne ne soit une ultime provocation pour une Ă©ventuelle nouvelle arrestation, Jalel Zoghlami n’a pas rĂ©pondu Ă  ces provocations. Il a Ă©tĂ©, de fait, empĂȘchĂ© de quitter le territoire mĂȘme si son passeport est bien en rĂšgle.” 
Loumamba MOHSNI


 

Journalistes tunisiens sauvagement brutalisés

31 octobre 09 – Réélu le 25 octobre dernier pour un cinquiĂšme mandat, le prĂ©sident Zine el-Abidine Ben Ali poursuit la rĂ©pression contre les opposants.

Carole Vann/InfoSud – Comment un pays capable de tant de raffinement en matiĂšre d’hospitalitĂ© et de culture peut-il se reconnaitre dans un Etat qui se comporte avec une telle grossiĂšretĂ© envers ses citoyens ? C’est le paradoxe de la Tunisie qui a Ă©lu le 25 octobre Ă  quasi 90% Zin El-Abidine Ben Ali pour son cinquiĂšme mandat prĂ©sidentiel. Un prĂ©sident qui a mis en garde Ă  plusieurs reprises quiconque contesterait le dĂ©roulement ou le rĂ©sultat des Ă©lections.

Ces menaces sans dĂ©tour n’ont pas empĂȘchĂ© des journalistes et opposants de s’exprimer dans les mĂ©dias internationaux. La vague de violence ne s’est pas faite attendre. Taoufik Ben Brik, correspondant du Nouvel Observateur, a Ă©tĂ© Ă©crouĂ© le 29 octobre. AccusĂ© d’actes de violences et d’insultes Ă  l’encontre d’une femme, il passera le 19 novembre devant le tribunal premiĂšre instance de Tunis. Il risque plusieurs annĂ©es d’emprisonnement, selon son avocate Radhia Nasraoui, jointe par tĂ©lĂ©phone.

InterviewĂ© la semaine derniĂšre par Rue89, Taoufik Ben Brik avait racontĂ© le traquenard qui lui a Ă©tĂ© tendu par la police tunisienne et qui lui vaut aujourd’hui son arrestation. Le 22 octobre, sa voiture a Ă©tĂ© emboutie par un autre vĂ©hicule, dont la conductrice a cherchĂ© Ă  le provoquer. Selon le journaliste, la conductrice Ă©tait de la police et voulait l’amener Ă  user de la violence pour pouvoir l’inculper d’agression.

Pour Reporters Sans FrontiĂšres, l’arrestation de Taoufik Ben Brik serait liĂ©e Ă  ses dĂ©clarations tenues sur Rue89.

L’Observatoire pour la protection des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme, la FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) dĂ©noncent les actes de harcĂšlement Ă  l’encontre des journalistes tunisiens et demandent aux ambassades d’Etats membres de l’Union europĂ©enne en Tunisie de rendre visite Ă  Ben Brik et Ă  Zouhair Makhlouf, un autre journaliste en dĂ©tention, et de suivre leur audiences devant la justice.

Déshabillé et passé à tabac

IncarcĂ©rĂ© depuis le 21 octobre, Zouhair Makhlouf sera jugĂ© le 3 novembre pour avoir filmĂ© sans autorisation dans un quartier populaire trĂšs pauvre et avoir diffusĂ© les images sur internet. En rĂ©alitĂ©, le pouvoir n’aurait pas supportĂ© que Makhlouf diffuse sur la toile des interviews d’ex-prisonniers politiques victimes de torture.

Mais si ces deux arrestations respectent un semblant de procĂ©dure, d’autres cas, trĂšs graves, s’en passent. Le 28 octobre, le journaliste Slim Boukhdir a Ă©tĂ© enlevĂ© devant chez lui par des inconnus en civil, qui lui ont bandĂ© les yeux, l’ont forcĂ© Ă  monter Ă  bord d’un vĂ©hicule puis l’ont conduit sur la colline du BelvĂ©dĂšre (hauteurs de Tunis) oĂč ils l’ont dĂ©shabillĂ© et passĂ© Ă  tabac. Les agresseurs ont menacĂ© de le tuer avec un couteau, puis l’ont laissĂ© sur les lieux, avec une fracture au nez et plusieurs hĂ©matomes. Le mĂȘme aprĂšs-midi, le journaliste avait, dans une interview Ă  la BBC, formulĂ© des critiques contre l’épouse du prĂ©sident, Leila Traboulsi.

Quant Ă  Mohamed Soudani, de l’Union gĂ©nĂ©rale des Ă©tudiants de Tunisie (UGET), il a disparu depuis le 22 octobre dernier. « Il avait Ă©tĂ© interviewĂ© par deux journalistes françaises Ă  l’hĂŽtel Africa Ă  Tunis, raconte Radhia Nassraoui. Quand il a voulu sortir, il a vu qu’une dizaine d’agents l’attendaient dehors. Il m’a appelĂ©e. Je lui ai conseillĂ© de se faire accompagner. Une des journalistes a fait un bout de chemin avec lui. A peine l’a-t-elle quittĂ©, que les policiers ont rĂ©apparu. Il a juste eu le temps de m’envoyer un message, mais depuis plus aucun signe de vie. Nous savons qu’il est aux mains de la police et qu’ils sont en train de le torturer. »

Sihem, Radhia, Hamma aussi brutalisés

Sihem Ben Sedrime, porte parole du Conseil national pour les LibertĂ©s en Tunisie et directrice de radio Kalima, a Ă©tĂ© agressĂ©e et violentĂ©e alors qu’elle rentrait au local des femmes dĂ©mocrates Ă  Tunis. Hamma Hamami, porte parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie et Ă©poux de Radhia Nasraoui, a Ă©tĂ© sauvagement tabassĂ© Ă  l’aĂ©roport de Tunis par une dizaine de policiers. Il revenait de l’étranger oĂč, dans des interviews Ă  Al-Jazeera et France 24, il avait parlĂ© de la corruption et de la rĂ©pression. Il avait appelĂ© au boycott des Ă©lections qu’il avait qualifiĂ©es de mascarade.

Le 4 octobre, Ă  son retour de Suisse oĂč elle a donnĂ© plusieurs interviews, Radhia Nasraoui n’a pas retrouvĂ© ses bagages. Un produit explosif a Ă©tĂ© retrouvĂ© dans la voiture de son confrĂšre Raouf Ayyadi, ancien membre du Conseil de l’ordre. Ce dernier Ă©tait venu la chercher Ă  l’aĂ©roport. InfoSud / CV

(Source: le portail « Droits Humains » d’aprĂšs l’agence « Infosud » (Suisse), le 30 octobre 2009)

Lien :http://www.droitshumains-geneve.info/Journalistes-tunisiens-sauvagement,6832


 

Tunisie : Des journalistes et Ă©tudiants arrĂȘtĂ©s depuis la prĂ©sidentielle

ATS, le 4 novembre 2009 Ă  06h12

Par Annegret Mathari, ATS

Tunis/GenĂšve (ats) Plusieurs journalistes et Ă©tudiants ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s ou maltraitĂ©s en Tunisie depuis la réélection de Zine El Abidine Ben Ali. Le prĂ©sident avait annoncĂ© des mesures contre les personnes qui ont critiquĂ© le dĂ©roulement du scrutin. Des organisations de dĂ©fense des droits de l’homme dĂ©noncent cette rĂ©pression.

Le journaliste tunisien Taoufik Ben Brick, correspondant de l’hebdomadaire français “Nouvel Observateur” et critique virulent du rĂ©gime du prĂ©sident Zine El Abidine Ben Ali, a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ© jeudi.

Il a Ă©tĂ© inculpĂ© aprĂšs une “plainte pour agression, atteintes aux bonnes mƓurs et dĂ©gradation de biens, dĂ©posĂ©e par une femme avec laquelle il a eu une altercation”, selon la justice tunisienne.

Plusieurs années de prison

La seule explication pour ces reproches rĂ©side dans la sĂ©rie d’articles que le journaliste a publiĂ©s rĂ©cemment dans la presse française, a indiquĂ© Ă  l’ATS l’un de ses avocats, Nejib Chebbi.

Selon ses défenseurs, Taoufik Ben Brick risque plusieurs années de prison. Son procÚs se tiendra le 19 novembre.

Dans ses articles, le journaliste avait critiqué les élections du 25 octobre. Lors de ce scrutin, Zine El Abidine Ben Ali, qui se présentait pour son cinquiÚme mandat depuis 1987, a été réélu avec prÚs de 90% des voix.

Provocation

Le 22 octobre, une voiture a percutĂ© celle du reporter. Selon ce dernier, la conductrice faisait partie de la police et a tentĂ© de l’inciter Ă  faire preuve de violence afin de l’inculper. L’homme n’a toutefois pas rĂ©agi Ă  cette provocation.

En attendant, la situation du journaliste a Ă©tĂ© discutĂ©e dans plusieurs pays, indique un porte-parole du ministĂšre français des affaires Ă©trangĂšres. “Sa situation est suivie avec beaucoup d’attention”.

Appel Ă  l’UE

La FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et le RĂ©seau euro-mĂ©diterranĂ©en des droits de l’Homme (REMDH) ont appelĂ© les ambassadeurs des pays de l’Union europĂ©enne (UE) en Tunisie Ă  rendre visite Ă  Taoufik Ben Brick et Ă  Zuhair Makhlouf, un autre journaliste en dĂ©tention. Ils leur ont aussi demandĂ© de surveiller leurs procĂšs.

Zuhair Makhlouf a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© le 21 octobre et devait comparaĂźtre en justice cette semaine. Il est accusĂ© d’avoir filmĂ© sans autorisation dans un quartier pauvre.

Tabassé

Quant au journaliste Slim Boukhedir, il a osé critiqué la femme du président dans une interview à la chaßne de télévision britannique BBC. Mercredi dernier, il a été enlevé devant sa maison, vraisemblablement par des policiers en civil, et conduit sur une colline.

LĂ , il a Ă©tĂ© battu et abandonnĂ© sur place, le nez cassĂ©. Ses vĂȘtements et son porte-monnaie lui ont Ă©tĂ© dĂ©robĂ©s. Depuis, des policiers surveillent son domicile et demandent aux invitĂ©s de prĂ©senter leurs cartes d’identitĂ©, selon les dĂ©fenseurs des droits de l’homme.

Etudiant aussi

L’Ă©tudiant Mohamed Soudani a lui disparu le 22 octobre. Deux journalistes français l’ont interviewĂ© dans un hĂŽtel Ă  Tunis, raconte son avocate. Une douzaine de policiers l’attendaient Ă  sa sortie. L’Ă©tudiant a laissĂ© un message sur le rĂ©pondeur de l’avocate, qui n’a depuis plus reçu aucune trace de vie.

“J’espĂšre qu’il vit encore”, dit-elle inquiĂšte. “C’est clair

qu’il sera torturĂ©”.

(Source: www.tsr.ch  (Suisse), le 4 novembre 2009)


Tunis s’insurge des propos du maire de Paris sur les droits de l’homme

AFP  le 4 novembre 2009 TUNIS — Les autoritĂ©s tunisiennes se sont insurgĂ©es mercredi contre des dĂ©clarations “intempestives et incongrues” du maire de Paris, le socialiste Bertrand DelanoĂ«, qui a appelĂ© “au respect strict des droits de l’Homme en Tunisie”. Les propos de M. DelanoĂ« ont Ă©galement provoquĂ© le retrait de cinq villes de l’Association internationale des maires francophones (Aimf), qu’il dirige. Le maire de Paris a appelĂ© mardi “au respect strict des droits de l’Homme en Tunisie”, en pleine polĂ©mique sur l’incarcĂ©ration du journaliste Taoufik Ben Brik, et s’est inquiĂ©tĂ© d’une “dĂ©rive prĂ©occupante”. “Ces propos ne concernent nullement la Tunisie, qui ne se reconnaĂźt pas dans sa description alarmiste et totalement erronĂ©e”, ont rĂ©agi les autoritĂ©s dans un communiquĂ© transmis mercredi Ă  l’AFP. Estimant “bien difficile de comprendre ce qui justifie les dĂ©clarations intempestives et incongrues” du maire de Paris, les autoritĂ©s tunisiennes ont Ă©voquĂ© un souci de” pure politique intĂ©rieure française”. “On comprend difficilement qu?il s?agisse de la Tunisie, pays que M. le maire est prĂ©sumĂ© connaĂźtre et qu?il visite rĂ©guliĂšrement”, ont-elles affirmĂ©. “En quelle qualitĂ© intervient-il? Se serait-il Ă©rigĂ© en censeur ou en tuteur de la Tunisie pour s?inquiĂ©ter de la sorte?”, s’insurgent-elles, assurant que “la Tunisie est un Etat de droit oĂč le respect des droits de l?Homme est une rĂ©alitĂ© tangible”. Selon Tunis, le maire de Paris “semble ĂȘtre abusĂ© par l?une des versions prĂ©sentĂ©e par certains spĂ©cialistes de la manipulation mĂ©diatique Ă  propos d?un banal fait divers (…)”. Le communiquĂ© ne mentionne nullement le nom de Taoufik Ben Brik, critique virulent du rĂ©gime, incarcĂ©rĂ© pour agression contre une automobiliste. Par ailleurs, les maires de Tunis et de 4 autres villes dont Bizerte (ville natale de M. DelanoĂ«) ont qualifiĂ© d'”injustifiĂ©es” et “inadmissibles” les dĂ©clarations du maire de Paris. Dans un communiquĂ©, ils dĂ©clarent “dĂ©sormais impossible de continuer Ă  faire partie” de l’Aimf, association prĂ©sidĂ©e par M. DelanoĂ« et dont le maire de Tunis, AbbĂšs Mohsen, est le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral.

 

La comparaison entre La Tunisie et les anciennes dictatures militaires d’AmĂ©rique latine

“george orwell”

Au cours d’une discussion avec un ami on a conclu que la comparaison entre le monde arabe et l’AmĂ©rique latine dans la pĂ©riode des dictatures militaires mĂ©ritait une Ă©tude approfondie, il existe plusieurs Ă©tudes scientifiques sur l’effondrement des rĂ©gimes militaires en AmĂ©rique latine, par exemple :

The Third Wave of Democratization in Latin America: Advances and Setbacks The Transition to Democracy in Latin America: The Role of the Military Incomplete Democracy: Political Democratization in Chile and Latin America Latin American Social Movements: Globalization, Democratization, and Transnational Networks (pour pouvoir les tĂ©lĂ©charger il faut juste s’inscrire sur : gigapedia)  

Ce qui est sur c’est que jusqu’a l’instant il n’ya aucune Ă©tude qui prouve la possibilitĂ© d’appliquer au monde arabe les stratĂ©gies employĂ©es en AmĂ©rique latine pour le changement dĂ©mocratique !

(Source : le blog « La Tunisie de Ben Ali », le 4 novembre 2009)

Lien :http://1984tunisie.blogs.courrierinternational.com/


 

Taoufik Ben Brik, une affaire française

Par Pierre Puchot

Il nous faut un soutien de la France, des Français, sans quoi c’en sera fini de nous», confiait Ă  Mediapart le journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Birk, la veille de son arrestation, jeudi 29 novembre. Du fond de sa geĂŽle, Ben Brik peut toujours attendre : Sarkozy n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  transmettre ses «fĂ©licitations» Ă  Ben Ali pour sa réélection, au mĂ©pris des rapports alarmistes des ONG et de Reporters sans frontiĂšres. L’UMP reste muet, le PS trĂšs discret, et les Français continuent de se rĂ©pandre par centaines de milliers sur les plages tunisiennes. La France doit pourtant rapidement changer d’azimut, sous peine cautionner la nouvelle grande ambition des autoritĂ©s tunisienne : Ă©radiquer l’embryon d’opposition qui subsiste encore Ă  Tunis. L’affaire Taoufik Ben Brik, c’est le climax d’un mois d’octobre qui a durement malmenĂ© l’opposition tunisienne. La semaine passĂ©, Slim Boukhdir, journaliste et membre fondateur de l’association de dĂ©fense des libertĂ©s LibertĂ© et Ă©quitĂ©, a Ă©tĂ© victime d’un enlĂšvement devant chez lui par des inconnus en civil, qui lui ont bandĂ© les yeux, l’ont forcĂ© Ă  monter Ă  bord d’un vĂ©hicule puis l’ont conduit sur la colline du BelvĂ©dĂšre oĂč ils l’ont passĂ© Ă  tabac. Le mĂȘme jour, des inconnus ont tentĂ© Ă  trois reprises de forcer la porte du domicile de Mouldi Zouabi, correspondant de l’influent quotidien panarabe basĂ© Ă  Londres, Al Quds Al Arabi. Lire l’article complet sur Mediapart.fr (sur abonnement)  

(Source : mediapart.fr, le 3 novembre 2009)


 

Et ce mois-ci, le prix de la dĂ©sinformation est attribuĂ© à


Pierre Puchot

«Servir la soupe» tunisienne, les mĂ©dias français ont toujours su faire. La palme de la servilitĂ© journalistique et de la dĂ©sinformation revient ce mois-ci au mensuel Afrique Asie, qui tire Ă  43.000 exemplaires, et propose, avec son numĂ©ro du mois d’octobre, un hors sĂ©rie sobrement titrĂ©: «Tunisie: Pourquoi ça marche».

À la veille des Ă©lections prĂ©sidentielles et lĂ©gislatives, qui auront lieu dimanche 25 octobre, l’Ă©quipe a mis le paquet, et le sommaire se passerait presque de commentaire :

Éditorial : Pourquoi ça marche

Diagnostic: Les recettes d’un pays qui avance

Prospective: Les défis des prochaines années

Vie politique: En pleine mutation

Analyse: Une démocratie responsable et graduelle

Campagne: Un leader et trois challengers

Processus électoral: En toute transparence

Politique Ă©trangĂšre: Une diplomatie tranquille…

A mi-numĂ©ro, un petit «bonus», le «tĂ©moignage» d’Éric Fottorino: «Je suis un pont sur la MĂ©diterranĂ©e.» En fait, un petit entretien rĂ©alisĂ© avec le directeur de la rĂ©daction du journal Le Monde, Ă  l’occasion d’un dĂźner avec l’ambassadeur de la Tunisie en France.

Au final, 106 pages de pure intĂ©gritĂ© journalistique, dont le site officiel de Ben Ali n’a pas manquĂ© de se faire l’Ă©cho. De quoi devancer haut la main Jeune Afrique et Afrique magazine qui propose pourtant ce mois-ci, outre un «entretien exclusif» avec Ben Ali, un dossier de 15 pages sur «ce pays jeune et complexe».

Parmi les papiers qui donnent la nausĂ©e, on retiendra cette «analyse» (anonyme, la plupart des articles du numĂ©ro Ă©tant Ă©crits par les six journalistes employĂ©s par le journal) dont le subtil intertitre vente «la stabilitĂ© politique et la paix sociale qui y rĂšgne»… en Tunisie. Un point de vue particuliĂšrement audacieux pour un pays oĂč la torture est quotidienne, oĂč la rĂ©pression du mouvement du bassin minier de Gafsa, en grĂšve depuis la fin 2007, a conduit l’armĂ©e et la police tunisienne dĂ©ployĂ©e en masse Ă  tuer un manifestant par balle….

Il faut dire qu’Afrique Asie n’en est pas Ă  son coup d’essai:

Commentaire du directeur de la rĂ©daction d’Afrique Asie, Majed NehmĂ©, joint par tĂ©lĂ©phone, et qui a eu la gentillesse de nous offrir un exemplaire de son journal : «La Tunisie est un pays qui avance, et c’est ce que nous voulons montrer. Si, de votre cĂŽtĂ©, vous voulez Ă©crire des articles avec vos prĂ©jugĂ©s, c’est votre problĂšme…On ne peut pas non plus importer dans les pays arabes le mĂȘme modĂšle dĂ©mocratique que celui qui existe dans les pays occidentaux. La dĂ©mocratie, si, et d’ailleurs la Tunisie est une dĂ©mocratie, avec des Ă©lections. Mais le mĂȘme modĂšle, non.»

(Source : le blog de Pierre Puchot sur Mediapart (France), le 22 octobre 2009)

Lien :http://www.mediapart.fr/club/blog/pierre-puchot/221009/et-ce-mois-ci-le-prix-de-la-desinformation-est-attribue


Tunisie : Mais pourquoi ce silence ? Pourquoi cette indifférence hypocrite ?

 
04.11.2009 InvitĂ© samedi 31 octobre 2009 de l’Ă©mission Enjeux 2010 sur BerbĂšre TĂ©lĂ©vision, le dĂ©putĂ© UMP en Seine Saint Denis Eric Raoult s’en est pris Ă  la journaliste du Monde, Florence BeaugĂ©. L’ancien ministre l’a accusĂ© d’avoir insultĂ© le prĂ©sident tunisien Ben Ali justifiant ainsi son expulsion du pays dans lequel elle se rendait pour couvrir la campagne prĂ©sidentielle. Mais pourquoi ce silence ? Pourquoi cette indiffĂ©rence hypocrite ? Le 30 octobre, cinq jours seulement aprĂšs la réélection de Bel Ali, avec 89, 62 % des voix, on apprenait que l’arrestation du journaliste tunisien Taoufik Ben Brick, intervenant aprĂšs bien d’autres mesures de rĂ©torsion contre ceux qu’il faut dĂ©sormais qualifier de « dissidents », suscitait “la concertation des capitales europĂ©ennes”. Depuis, plus rien. Est-ce Ă  dire que depuis une semaine, on se concerte toujours ? Ben Brick – Polanski : deux poids, deux mesures En fait, on ne fait rien comme l’ont soulignĂ© les eurodĂ©putĂ©s d’Europe-Ecologie Daniel Cohn-Bendit, JosĂ© BovĂ©, Eva Joly et HĂ©lĂšne Flautre, mettant en parallĂšle l'”indiffĂ©rence” de Bernard Kouchner et FrĂ©dĂ©ric Mitterrand envers ces “dĂ©tentions arbitraires en Tunisie” avec l’empressement de leur indignation lors de l’arrestation en Suisse de Roman Polanski. Car dans le cas tunisien, c’est une vraie vague de rĂ©pression : enlĂšvements de Slim Boukhdhir, correspondant de Al-arabya, de Mohamed Soudani, Ă©tudiant syndicaliste, le harcĂšlement et les actes de violence Ă  l’encontre de Sihem Bensedrine, rĂ©dactrice en chef de Kalima, sans compter les dĂ©tentions arbitraires de 38 manifestants du bassin minier de Gafsa, de Zouhair Maklouf, journaliste et reporter et celle Taoufik Ben Brik, accusĂ©, en fait, d’avoir publiĂ© des articles hostiles au rĂ©gime dans la presse française. La dynastie au pouvoir ne peut se suffire de son simulacre Ă©lectoral, de cette campagne en trompe-l’Ɠil ? Sans compter l’ignoble campagne qui salit Florence BeaugĂ©, envoyĂ©e spĂ©ciale du quotidien français « Le Monde » refoulĂ©e de Tunisie et accusĂ©e « d’incitation Ă  la haine, Ă  la mort et Ă  l’attentat contre la Tunisie » ! Est-ce que la dynastie au pouvoir en Tunisie ne peut se suffire de son simulacre Ă©lectoral, de cette campagne en trompe-l’Ɠil ? Une remarquable enquĂȘte de suivi de la couverture par les mĂ©dias nationaux prĂ©sentĂ©e par la porte parole du Conseil national pour les libertĂ©s en Tunisie , Sihem Ben Sedrine confirme que 97% de cette couverture a concernĂ© le PrĂ©sident-candidat Ben Ali et le parti gouvernemental RCD et que l’Ă©pouse du chef de l’Etat – nommĂ©e « la rĂ©gente de Carthage » – a bĂ©nĂ©ficiĂ© de 14% de la couverture mĂ©diatique de la campagne. Alors qu’Obama marque sa rĂ©serve, Sarkozy s’empresse d’apporter son soutien inconditionnel C’est à  ce systĂšme politique, fondé  sur la « force de l’obĂ©issance », la peur et l’impunité  et qui ne tolĂšre plus de voix discordantes, que Nicolas Sarkozy s’est, tout de mĂȘme, empressĂ© d’apporter son inconditionnelle caution dans les heures qui ont suivi le sacre de Ben Ali. Seule la nouvelle administration amĂ©ricaine du prĂ©sident Obama a marquĂ© une certaine rĂ©serve en faisant part de ses « prĂ©occupations » prĂ©cisant qu’Ă  sa connaissance « aucun observateur crĂ©dible n’a obtenu l’autorisation de contrĂŽler le vote ». Pour Eric Raoult, la dĂ©mocratie pour les Tunisiens c’est, Ă  quelques nuances prĂšs, comme donner de la confiture aux cochons ! Le pire est encore les prises de position d’Eric Raoult, prĂ©sident du groupe d’amitiĂ© parlementaire franco-tunisien qui dans une tĂ©lĂ©vision est allĂ© dĂ©fendre ce « sacre » en attaquant la journaliste du Monde, se rĂ©jouissant de ce score Ă©crasant, notant qu’«incontestablement en Tunisie, beaucoup de gens aiment le prĂ©sident Ben Ali», tout en concĂ©dant que «la Tunisie n’a pas les mĂȘme critĂšres dĂ©mocratiques que nous» !  Que faisons-nous, nous la presse française pour contrer cette nouvelle forme de nĂ©o-colonialisme pour lesquels que parler de dĂ©mocratie pour les Tunisiens, c’est, Ă  quelques nuances prĂšs, comme donner de la confiture aux cochons !  Or, comment pensez-vous qu’ils s’informent les dĂ©mocrates tunisiens ? Par nos radios, nos tĂ©lĂ©s et nos journaux lorsqu’ils ne sont pas censurĂ©s.
 
(Source: Le blog de de Jean-Marcel Bouguereau le 4 septembre 2009)


Elections présidentielles et législatives en Tunisie : Verdict sans appel !

Hatem KRICHEN
La maturitĂ© dĂ©mocratique qu’a conquise le peuple tunisien est sans aucun doute une des forces de progrĂšs de notre pays. Encore une fois, les tunisiens n’ont pas failli Ă  leur devoir de citoyen et ont rĂ©pondu massivement Ă  l’appel Ă©lectoral malgrĂ© les attaques de tous genres restĂ©s sans voix aprĂšs l’annonce des taux de participations, de la victoire de Zine El Abidine Ben Ali Ă  la prĂ©sidentielle  et du RCD aux lĂ©gislatives. Ce rĂ©sultat est encore plus pertinent que certaines rĂšgles ont Ă©tĂ© respectĂ©es et particuliĂšrement attentionnĂ©es. Citons par exemple la prĂ©sence d’observateurs de façon systĂ©matique dans tous les bureaux de vote. Des observateurs Ă©trangers ont assistĂ© Ă  tout le processus Ă©lectoral : le vote, la vĂ©rification de l’identitĂ©, l’isolation, le comptage des voix, le dĂ©pouillement et la proclamation des rĂ©sultats. Comme dans tout pays moderne, le taux de participation a Ă©tĂ© Ă©levĂ© dĂšs les premiĂšres heures : 30% Ă  midi et presque 90% Ă  la clĂŽture. Ce chiffre est d’autant plus important qu’en Tunisie le vote est nominatif et ne peut se faire avec procuration. Si les jeunes se sont particuliĂšrement mobilisĂ©s, c’est qu’ils sont considĂ©rĂ©s, Ă  juste titre, comme une composante incontournable de la sociĂ©tĂ© tunisienne. Il est important de signaler que l’ñge de vote est abaissĂ© de 20 Ă  18 ans afin de renforcer le large spectre de l’échantillonnage Ă©lectoral et appuyer la lĂ©gitimitĂ© du rĂ©sultat. Un des points d’unanimitĂ© des observateurs nationaux et internationaux, et non la moindre, c’est le calme et la sĂ©rĂ©nitĂ© dans lesquels se sont dĂ©roulĂ©s ces Ă©lections. Encore une preuve de l’attachement de notre peuple aux valeurs patriotiques, mais aussi Ă  sa comprĂ©hension de l’enjeu d’une telle manifestation sur l’avenir du pays et des gĂ©nĂ©rations futures. Une question se pose : pourquoi un tel succĂšs pour Ben Ali ? des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse sont dans son programme Ă©lectoral, mais ce n’est pas tout. Les tunisiens ont trouvĂ© le leader qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit. Ils ont rĂ©pondu prĂ©sents Ă  l’appel Ă©lectoral de façon massive pour lui exprimer leur soutien infaillible. Encore une fois le verdict des urnes est sans appel et la lĂ©gitimitĂ© de notre prĂ©sident est confirmĂ©e. Rien de surprenant : ceci n’est qu’un aboutissement naturel de la politique de progrĂšs continue suivie par Zine el Abidine Ben Ali et Ă  laquelle adhĂšrent toutes les composantes du peuple. La volontĂ© du peuple tunisien a Ă©tĂ© au dessus de toutes les autres; notamment ceux et celles qui voulaient ou ont voulu faire de ces Ă©lections une lutte contre la Tunisie, ceux et celles qui ont souhaitĂ© instrumentaliser les tunisiens en lançant des propagandes et en manipulant l’information, et enfin ceux et celles qui souhaitent porter atteintes aux acquis de notre peuple. A ces gens lĂ  on dit : « les tunisiens ont fait front contre vos attaques » : ils ont votĂ©, et ils ne se sont pas trompĂ©s. Finalement, on peut citer la place qu’a occupĂ©e la femme tunisienne dans ces Ă©lections lĂ©gislatives, plus de 30% des candidats sont des candidates ; un fait remarquable montrant le rĂ©sultat des avancĂ©es sociales et culturelles de notre pays. La Tunisie restera pour longtemps un modĂšle exemplaire d’un pays musulmans ayant rĂ©ussi Ă  allier Ă©volution culturelle dĂ©mocratique tout en respectant ses racines et ses origines.
 


 

Al-Jazeera Documentary aime les contenus ficelĂ©s d’avance ?

Dans un article Ă©crit pour la revue belge Agenda Interculturel, le rĂ©alisateur tunisien Fathi Doghri relate son expĂ©rience avec Al-Jazeera. Selon Fathi Doghri, la chaĂźne satellitaire arabe, comme d’ailleurs de nombreuses chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision Ă  travers le monde, dĂ©cide d’avance ce qu’elle veut montrer et les messages qu’elle veut transmettre. 

“J’ai rencontrĂ© les responsables de la sociĂ©tĂ© Dimentios films qui m’ont proposĂ© de rĂ©aliser, en 2006, un documentaire en trois volets de 52 minutes sur l’islamophobie en Europe. Mon idĂ©e n’Ă©tait pas de faire un documentaire de dĂ©nonciation ou de victimisation mais plutĂŽt de mettre en perspective historique les difficiles relations de l’islam avec les mondes de l’Occident. Et surtout je voulais Ă©viter le traitement du reportage qui dĂ©livre des vĂ©ritĂ©s arrĂȘtĂ©es. A travers des expĂ©riences de vie, je voulais montrer qu’il s’agit d’humains qui subissent des stigmatisations mais qui continuent Ă  vivre dignement en revendiquant leur citoyennetĂ© europĂ©enne.

Ce n’est qu’aprĂšs le travail de prĂ©paration de conceptualisation que j’ai appris que le documentaire Ă©tait destinĂ© Ă  Al-Jazeera Documentary, puisque le producteur m’a soumis une charte technique Ă©manant de cette chaĂźne, charte que la production devait respecter absolument. En lisant le pavĂ©, j’ai dĂ©couvert en fait que le contenu mĂȘme du film Ă©tait clĂŽturĂ© d’avance. J’ai Ă©mis mes rĂ©serves au producteur et mon intention de me retirer du projet. Mais il a insistĂ© pour que je reste dans le projet en me garantissant de me laisser carte blanche dans la rĂ©alisation.

J’ai acceptĂ© en imposant moi aussi un cahier de charges stipulant un droit de regard sur les pays europĂ©ens Ă  couvrir, sur les personnes qui devaient ĂȘtre le fil rouge des documentaires, sur les questions soulevĂ©es… En cours de route, je suis rentrĂ© Ă  Tunis pour finir un documentaire qui Ă©tait en production, et j’ai demandĂ© au producteur d’attendre mon retour pour continuer la prĂ©paration du tournage.

Mais Ă  mon retour, Ă  ma grande surprise, le producteur m’a annoncĂ© qu’il fallait partir en Hollande pour commencer Ă  filmer, puis tout de suite aprĂšs en Italie car tout Ă©tait prĂȘt : logistique, contacts sur place, personnalitĂ©s Ă  filmer… AprĂšs rĂ©flexion et discussion avec l’Ă©quipe technique que je connaissais bien, je suis quand mĂȘme parti pour assurer le tournage. Et mal m’en a pris car, sur place, et ne connaissant pas la langue, je me suis retrouvĂ© piĂ©gĂ© par le traducteur qui se trouvait ĂȘtre le coordinateur et qui menait son plan, parfois sans nous consulter. Nous n’avons fait que courir derriĂšre les interviews sans une vraie connaissance des personnages ni mĂȘme le contexte de l’islam en Hollande. Et j’ai vite saisi que le producteur, peut-ĂȘtre Ă  l’instigation d’Al-Jazeera, cherchait le sensationnalisme. Je l’ai surtout senti Ă  travers l’importance accordĂ©e au cas du dĂ©putĂ© d’extrĂȘme droite Welders. En Italie pareil : le fil conducteur et les personnalitĂ©s Ă©taient dĂ©jĂ  choisis.

Une fois rentrĂ© Ă  Paris, j’ai encadrĂ© le montage des documentaires mais j’ai refusĂ© de rĂ©aliser le troisiĂšme volet en France. J’ai mĂȘme demandĂ© de ne pas associer mon nom au projet puisque tout m’a Ă©chappĂ©. Pour la premiĂšre fois, j’ai travaillĂ© sur une commande sans m’en mĂ©fier suffisamment. Al- Jazeera, comme toutes les chaĂźnes, a une ligne Ă©ditoriale trĂšs stricte et accepte mal d’en dĂ©vier, ce qui est contraire au principe mĂȘme du documentaire : le point de vue singulier du rĂ©alisateur.”

Fathi Doghri, producteur

(Source : « Agenda Interculturel » (Revue – Belgique), N° 276, octobre 2009, page 23)


 

ONU: Israël se mobilise pour faire enterrer le rapport Goldstone sur Gaza

AFP, le 4 novembre 2009 Ă  15h07

Par Charly WEGMAN

JERUSALEM, 4 nov 2009 (AFP) – Sur la sellette, IsraĂ«l se  mobilise pour faire enterrer le rapport Goldstone l’accusant de “crimes de guerre” Ă  Gaza, qui est examinĂ© mercredi par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU.

“Il n’y a pas plus cynique que ce rapport Ă©manant de pays connus pour leurs violations des droits de l’Homme”, s’est encore indignĂ© mercredi Ă  la radio le vice-ministre israĂ©lien de la DĂ©fense Matan VilnaĂŻ.

Depuis sa publication Ă  la mi-septembre, les dirigeants israĂ©liens mĂšnent une active campagne de lobbying diplomatique pour rallier les pays amis et convaincre la communautĂ© internationale d’enterrer le rapport Goldstone.

Lors d’une rĂ©union mardi avec les ambassadeurs Ă©trangers Ă  JĂ©rusalem, le numĂ©ro deux de la diplomatie israĂ©lienne, Danny Ayalon, a estimĂ© que le rapport Goldstone “porte atteinte non seulement Ă  IsraĂ«l, mais aussi Ă  tout Etat dĂ©mocratique et pacifique qui doit faire face au terrorisme”.

Ce document, adoptĂ© en octobre par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU Ă  GenĂšve, embarrasse considĂ©rablement IsraĂ«l qui se voit reprocher des “crimes de guerre” et des “possibles crimes contre l’humanitĂ©” lors de son offensive contre la bande de Gaza en dĂ©cembre 2008-janvier 2009.

L’Etat hĂ©breu craint par dessus tout que ses chefs militaires et ses dirigeants politiques soient jugĂ©s et condamnĂ©s un jour devant la Cour pĂ©nale internationale (CPI) de La Haye.

“Notre armĂ©e est la plus morale au monde”, a plaidĂ© M. VilnaĂŻ, en faisant rĂ©fĂ©rence au “code Ă©thique” de Tsahal, “et continuera d’appliquer ses propres critĂšres, indĂ©pendamment de tout rapport”.

InterrogĂ© par l’AFP, un officiel israĂ©lien souligne que “les Etats-Unis, la France ou l’Allemagne font aussi des victimes collatĂ©rales quand ils luttent contre le terrorisme, la piraterie ou des Ă©lĂ©ments non Ă©tatiques, notamment en Irak ou en Afghanistan”.

Le chef d’Ă©tat major israĂ©lien, le gĂ©nĂ©ral Gaby Ashkenazi, a mis en garde contre une “nouvelle bataille dans la bande de Gaza” entre ses forces et celles du mouvement islamiste Hamas, comme l’hiver dernier.

“Nous serons Ă  nouveau confrontĂ©s aux lance-roquettes dissimulĂ©s dans des zones parmi les plus densĂ©ment peuplĂ©es au monde. Nous combattrons dans les villages, les villes, les mosquĂ©es, les hĂŽpitaux, les jardins d’enfants et les Ă©coles car c’est une guerre que nos ennemis nous imposent”, a averti le gĂ©nĂ©ral.

IsraĂ«l ne cesse d’accuser la Syrie et l’Iran de fournir des armements au Hamas et au mouvement chiite libanais Hezbollah, que les pays occidentaux considĂšrent comme des “organisations terroristes”.

A l’Ă©tĂ© 2006, durant la Seconde guerre du Liban, le Hezbollah a lancĂ© plus de 4.000 roquettes contre le nord d’IsraĂ«l. Et pendant le rĂ©cent conflit Ă  Gaza, le Hamas a tirĂ© prĂšs d’un millier de roquettes sur le sud du pays.

Hasard du calendrier ? La marine israĂ©lienne a interceptĂ© dans la nuit de mardi Ă  mercredi en MĂ©diterranĂ©e un cargo transportant des armes en provenance d’Iran selon les mĂ©dias israĂ©liens. Le

Premier ministre Benjamin Netanyahu a estimĂ© qu’un tel arsenal Ă©tait susceptible de “menacer les villes israĂ©liennes”.

Mardi, le gĂ©nĂ©ral Amos Yadlin, chef des renseignement militaires israĂ©liens, a rĂ©vĂ©lĂ© que le Hamas a rĂ©cemment testĂ© une roquette de fabrication iranienne d’une portĂ©e de 60 km, c’est-Ă -dire capable

d’atteindre Tel-Aviv.

Le Hamas a dĂ©menti et dĂ©noncĂ© une “invention (israĂ©lienne) visant Ă  influencer l’opinion mondiale avant l’examen du rapport Goldstone”.

IsraĂ«l a marquĂ© un point mardi lorsque la Chambre des reprĂ©sentants amĂ©ricaine a adoptĂ© une rĂ©solution appelant “Ă  rejeter sans Ă©quivoque tout soutien ou tout examen futur” du rapport.

Mais les IsraĂ©liens sont sans illusion, conscients qu’une majoritĂ© devrait se dĂ©gager Ă  l’ONU pour les exhorter Ă  ouvrir une enquĂȘte “crĂ©dible” sur les violations du droit international commises Ă  Gaza.


 

 Le clan d’Oujda a perdu la bataille du SaharaOccidental

Le dernier refoulement d’un avocat et de journalistes marocains Ă  l’aĂ©roport d’Alger est une grave erreur diplomatique. Il ne reste plus Ă  Bouteflika et au clan d’Oujda que des bavures policiĂšres pour exprimer leur vision autoritariste sur la question du Sahara Occidental.

Ce conflit inutile engagĂ© Ă  la hussarde par Boumediene, aprĂšs le coup d’Etat manquĂ© et la mort de son ami le gĂ©nĂ©ral Mohamed Oufkir en aoĂ»t 1972, n’a en fait Ă©tĂ© qu’un prĂ©texte de dĂ©stabilisation de la monarchie alaouite. (1)

Face Ă  l’adversitĂ© du pouvoir socialiste algĂ©rien et ses alliĂ©s de l’opposition marocaine, Hassan II avait rĂ©ussi Ă  consolider son trĂŽne. AprĂšs 10 ans de rĂšgne, Mohamed VI a fait du Maroc un «modĂšle Ă  suivre pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient» selon les termes de la secrĂ©taire d’Etat Hillary Clinton au Forum de l’Avenir Ă  Marrakech devant un parterre de diplomates du monde entier.

Le Maroc n’en finit plus d’engranger les bĂ©nĂ©fices d’une nouvelle stratĂ©gie pragmatique et conquĂ©rante initiĂ©e depuis le lancement des nĂ©gociations directes avec le Front Polisario sous l’égide de l’ONU en juin 2007.

Paradoxalement, c’est en utilisant les mĂ©thodes algĂ©riennes que le Maroc a pu avancer de maniĂšre spectaculaire dans la rĂ©solution du conflit Ă  son avantage par une gestion efficace du renseignement et l’intĂ©gration des clientĂšles sahraouies dans le jeu politique national.

La bataille du renseignement

En nommant son camarade de classe et ami d’enfance Mohamed Yassine Mansouri Ă  la tĂȘte de la DGED, le roi a changĂ© la donne qui prĂ©sidait jusqu’alors au sein des services secrets marocains. Civil et technocrate, Mansouri suit une feuille de route stratĂ©gique d’action en avançant une Ă  une ses piĂšces sur l’échiquier sahraoui pour mettre en Ă©chec la partie algĂ©rienne, la seule qui s’oppose Ă  un rĂšglement dĂ©finitif du conflit.

Mansouri agit sur plusieurs cibles pour dĂ©sosser le Polisario et retourner contre l’AlgĂ©rie ses principaux atouts qu’étaient le Front et les camps de Tindouf. En participant Ă  toutes les phases de nĂ©gociation de Manhasset, Mansouri effectue un travail de sape pour retourner les dirigeants sahraouis.

Il a Ă©galement rĂ©ussi un coup de maĂźtre surprenant en envoyant pour la premiĂšre fois dans les camps de Tindouf une mission d’information et de renseignement sous couverture de presse. Un journaliste et un photographe d’un hebdomadaire marocain ont pĂ©nĂ©trĂ© dans les camps de Tindouf et publiĂ© un reportage en Ă©tĂ© 2008. (2)

Ils y ont aussi recueilli une somme de renseignements et de photos trÚs utiles pour dénoncer auprÚs des instances onusiennes les conditions de «séquestration» des sahraouis par les autorités algériennes.

ConfortĂ© par le soutien de tous les pays arabes, parachevĂ© derniĂšrement par la reconnaissance libyenne de la marocanitĂ© du Sahara, Mansouri utilise Ă  fond la carte maĂźtresse mauritanienne. OutrĂ© par le mĂ©pris que lui a manifestĂ© Bouteflika, le nouveau prĂ©sident mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz se dĂ©voue pour la cause marocaine et Ɠuvre Ă  la reddition des chefs du Polisario en recevant trĂšs souvent le patron de la DGED.

Sur le plan intérieur, de plus en plus de sahraouis sont intégrés sur la scÚne politique nationale. Les stratÚges marocains ont derniÚrement réussi un coup de maßtre en portant à la présidence de la Chambre des Conseillers, un médecin sahraoui Mohamed Cheikh Biadillah, dont le propre frÚre est Brahim Ahmed Mahmoud Biadillah, dit «Gregou», responsable de la 2Úme région militaire et ancien chef de la sécurité militaire du Polisario, qui figure en bonne place sur une liste de tortionnaires du Polisario. (3)

C’est un signal trĂšs fort auquel ne sont pas insensibles les notables sahraouis qui y voient un appel Ă  une course Ă  toutes les investitures dans le train du dynamisme politico-Ă©conomique marocain. Entre la prospĂ©ritĂ© du destin national de Mohamed Cheikh, et l’éternelle attente l’arme au pied du «DĂ©sert des Tartares» de Gregou, le choix est vite fait.

D’autant que le projet royal d’Autonomie prĂ©voit une amnistie pour les combattants sahraouis. Une autre façon d’imiter les algĂ©riens en laissant indĂ©finiment ouvertes les portes de la rĂ©conciliation.

Le désastre diplomatique de Bouteflika

Face Ă  cette cascade de succĂšs marocains, on ne peut que s’interroger sur l’anesthĂ©sie qui frappe le pouvoir algĂ©rien. L’explication est double.

Tout d’abord ce conflit n’a jamais reçu d’adhĂ©sion populaire, les algĂ©riens se contrefichent de cette histoire de Sahara. Hormis un FLN moribond qui ne s’exprime sur ce lourd hĂ©ritage que du bout des lĂšvres, les partis politiques ont ouvertement dĂ©clarĂ© leur dĂ©saccord sur la position algĂ©rienne et n’ont aucun contact avec le Polisario. C’est ce qui a encouragĂ© la tĂ©mĂ©ritĂ© de l’Association du Sahara Marocain Ă  venir en AlgĂ©rie mĂȘme faire du lobbying pour la rĂ©solution du conflit.

Ensuite, la gestion du Polisario a toujours Ă©tĂ© une chasse gardĂ©e du clan d’Oujda dirigĂ© par le couple Boumediene-Bouteflika et les chefs de la SĂ©curitĂ© Militaire. AprĂšs la mort de Boumediene et la mise Ă  l’écart de Bouteflika et Kasdi Merbah, patron de la SM, c’est le gĂ©nĂ©ral Larbi Belkheir qui s’est accaparĂ© de ce dossier stratĂ©gique et lucratif oĂč s’entremĂȘlent diplomatie parallĂšle, fonds secrets et commerce d’armes.

Depuis la disparition mystĂ©rieuse de Belkheir, trĂšs malade selon sa famille ou dĂ©cĂ©dĂ© selon d’autres sources, on ne sait plus qui est vraiment en charge de ce dossier. Le trĂšs efficace chef du contre-espionnage, le gĂ©nĂ©ral SmaĂŻn Lamari qui gĂ©rait le Polisario sous les ordres de Belkheir, est dĂ©cĂ©dĂ© en Ă©tĂ© 2007 sans qu’on sache vraiment qui l’a remplacĂ©.

De plus en plus isolĂ©s Ă  l’intĂ©rieur comme Ă  l’extĂ©rieur du pays, Bouteflika et son clan d’Oujda ont dĂ©finitivement perdu la bataille du Sahara Occidental. La derniĂšre gifle retentissante qu’a reçu Bouteflika vient de son ami Khaled qui, aprĂšs avoir exprimĂ© publiquement ses griefs contre l’anti-marocanisme du gouvernement algĂ©rien, a entĂ©rinĂ© la marocanitĂ© du Sahara en allant chanter au dernier festival du dromadaire à LaĂąyoune.

PlacĂ© en situation d’échec et mat par la maĂźtrise d’Ɠuvre marocaine et la pĂ©remption politique de Bouteflika, il ne reste au pouvoir algĂ©rien qu’une porte de sortie dans ce conflit. Abandonner son intransigeance, laisser le Polisario nĂ©gocier librement, seul et sans aucune contrainte, fermer les camps de Tindouf et ouvrir les frontiĂšres avec le Maroc.

SaĂąd LounĂšs

(1) http://saadlounes.unblog.fr/la-vengeance-des-amis-doufkir/

(2) http://reflexionsetautresidees.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/06/30/telquel-a-tindouf.html

(3)http://www.saharamarocain.net/modules/smartsection/item.php?itemid=43

 

 

 

Home – Accueil Ű§Ù„Ű±ŰŠÙŠŰłÙŠŰ©

Lire aussi ces articles

19 juillet 2009

Home – Accueil TUNISNEWS 9 Úme annĂ©e, N° 3344 du 19.07.2009  archives : www.tunisnews.net   TTU Monde Arabe: Tunisie : une

En savoir plus +

1 octobre 2010

Home – Accueil TUNISNEWS 10 Ăšme annĂ©e, N° 3783 du 01.10.2010 archives : www.tunisnews.net Le gouvernement français prĂȘte-t-il

En savoir plus +

Langue / لŰșŰ©

Sélectionnez la langue dans laquelle vous souhaitez lire les articles du site.

Ű­ŰŻŰŻ Ű§Ù„Ù„ŰșŰ© Ű§Ù„ŰȘي ŰȘŰ±ÙŠŰŻ Ù‚Ű±Ű§ŰĄŰ© Ű§Ù„Ù…Ù†ŰŽÙˆŰ±Ű§ŰȘ ŰšÙ‡Ű§ Űčلى موقŰč Ű§Ù„ÙˆÙŠŰš.