30 novembre 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2383 du 30.11.2006

 archives : www.tunisnews.net


La famille Ghali en grève de la faim de 24h pour exiger la libération de leur fils AISPP: Trois Communiqués CCTE: L’opposant tunisien Mounir Silini a fui la Bosnie pour ne pas subir le sort de Badreddine Ferchichi Communiqué du secrétariat international du Parti socialiste français sur la Tunisie Omar Khayyam: Retour à l’amère patrie Elkhadra: les larmes des culturophobes Elkhadra: le voile et l’abjection

La famille Ghali en grève de la faim de 24h pour exiger la libération de leur fils

La mère du prisonnier politique Hédi Ghali, madame Badiâa Ghali âgée de 67 ans, ainsi que ses trois frères Fethi, Faouzi et Yasser ont entamé aujourd’hui, 30 novembre 2006 à 18h00, une grève de la faim de 24 heures en solidarité avec leur fils incarcéré depuis plus de 15 ans suite à un procès inique. La famille de Hédi Ghali demande l’amélioration de ses conditions carcérales et exige sa libération.

Il faut rappeler que Hédi Ghali vient de suspendre la semaine dernière la grève de la faim qu’il avait entamée le 5 novembre 2006 pour obtenir son élargissement.

Aujourd’hui, la famille de Hédi Ghali a reçu la visite et le soutien de la section de Sousse de ligue tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH), du parti démocratique progressiste et du journal Al mawquif.

Ci-dessous le communiqué de la famille de Hédi Ghali annonçant qu’il avait arrêté sa grève de la faim :

Hédi Ghali arrête sa grève de la faim

Le prisonnier politique Hédi Ghali, en grève de la faim depuis le 5 novembre 2006 pour l’amélioration de ses conditions de détention et principalement pour sa libération, a répondu favorablement aux souhaits de sa famille et des comités et organisations qui se sont intéressés à son cas ( la LTDH à travers son président Me Mokhtar Trifi, le PCOT à travers son porte parole Hamma Hammami et Adel Thabet, le CRLDHT à travers son président Kamel Jendoubi et Fatma Ksila, les sections de la LTDH de Sousse, Monastir et Mahdia et bien d’autres).

Il a suspendu sa grève de la faim, mais rien n’a changé quant à ses conditions. Il a suspendu son action et se dit prêt à la reprendre malgré les dangers que cela présente par rapport à sa santé.

SOYEZ AVEC HEDI GHALI, avec sa famille, avec les libertés, pour sauver une vie, des vies, exigez la libération de Hédi Ghali et de tous les prisonniers politiques.

Samedi 25 novembre 2006

Pour la famille de Hédi Ghali

Son frère Kamel Ghali

kamelghali@yahoo.fr

Envoyez vos soutiens au prisonnier :

Hédi Ghali

Prisonnier n°14717

Prison civile de Mahdia

Tunisie


Liberté pour Mohammed Abbou Liberté pour tous les prisonniers politiques Association Internationale de Soutien aux prisonniers politiques 33 rue Mokhtar Atya – 1001 Tunis Tél : 71 340 860, Fax : 71 354 984 29 novembre 2006  

 
Madame Monia Ibrahim, épouse du prisonnier politique Abdelhamid Jelassi incarcéré actuellement à la prison de Messaadine, et qui a passé plus de quinze années en prison pour son appartenance au mouvement de la Nahdha, nous a informés que l’état de santé de son mari s’était dégradé du fait de la grève de la faim illimitée qu’il a commencée le 5 novembre 2006 pour exiger sa libération et protester contre les exécrables conditions d’incarcération qui sont les siennes depuis longtemps. Ce prisonnier a été transféré de la prison de Mehdia à celle de Messaadine dès le début de la grève et on ignore ce qu’il est advenu de lui depuis le 11 novembre, date de la dernière visite. L’administration de la prison a refusé de fournir des explications à son épouse et ne lui a même pas fixé de jour de visite. Tout ce que sa famille sait, c’est qu’il continue sa grève. L’AISPP exige la libération de tous les prisonniers politiques encore incarcérés et que soit tournée la page du passé. Le Président de l’Association Maître Mohammed Nouri (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)  

Liberté pour Mohammed Abbou Liberté pour tous les prisonniers politiques Association Internationale de Soutien aux prisonniers politiques 33 rue Mokhtar Atya – 1001 Tunis Tél : 71 340 860, Fax : 71 354 984 29 novembre 2006  
 
Abdelhamid Sghaïer, étudiant en troisième cycle de mathématiques et membre de l’AISPP, poursuit sa seconde grève de la faim commencée le 18 novembre 2006 pour protester contre sa privation de passeport. Abdelhamid Sghaïer avait mené une grève de la faim du 13 octobre  au 2 novembre 2006 et l’avait suspendue suite à la promesse d’un responsable du ministère de l’Intérieur d’envoyer son passeport au poste de police de sa ville natale, Korba, dans le gouvernorat de Nabeul, sous trois jours. Accordant foi à cette promesse, il avait suspendu sa grève et s’y était rendu, en vain jusqu’à aujourd’hui. Le Président de l’Association Maître Mohammed Nouri (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

Liberté pour Mohammed Abbou Liberté pour tous les prisonniers politiques Association Internationale de Soutien aux prisonniers politiques 33 rue Mokhtar Atya – 1001 Tunis Tél : 71 340 860, Fax : 71 354 984 29 novembre 2006 Communiqué  
 
Messieurs Kamel Ben Belqacem Ben Ammar Amroussia, Anis Ben Mansour Ben Abdallah Ben Frej, Mohammed Khames Ben Salah Ben Mohammed Lakhdhar Amroussia, Bouali Ben Tahar Ben Mohammed Tababi alias Abidi Khelifi, Ghanem Ben Boujemaa Bennaoui Chriti, Taya Ben Aounallah Ben Ammar Bouchakra, Mohammed Ben Taïeb Ben Belqacem Azdini, Taha Ben Amor Ben Mohammed Sassi et Belqacem Ben Abdallah ont comparu aujourd’hui 28 octobre devant le tribunal cantonal de Gafsa dans trois affaires pendantes devant cette juridiction afin d’y être jugés pour tenue de réunions non autorisées, atteinte aux bonnes mœurs, troubles, jet de matières solides sur véhicules appartenant à autrui. Ils ont été déclarés coupables et condamnés à des amendes et à des peines d’emprisonnement s’échelonnant de deux à cinq mois avec sursis. Les accusés sont membres de la Commission administrative de l’UGET, organisation syndicale dont l’histoire remonte aux années cinquante du siècle dernier, reconnue, et dont l’activité s’effectue dans la légalité. Les faits reprochés relèvent de la solidarité avec l’étudiant Sami Amroussia, qui est en grève de la faim depuis le début du mois de novembre 2006 et qui poursuit son mouvement à son domicile de Gafsa, dans un état très dégradé. Il proteste contre son exclusion de tous les instituts et facultés. Les accusés ont dit avoir été soumis à la torture et à la violence verbale et physique lors de leur garde à vue à la brigade des investigations de la Garde nationale de Gafsa. Ils ont assuré que les propos qui leur sont attribués dans les procès verbaux n’avaient pas été tenus par eux, et qu’on ne leur avait pas soumis ces derniers pour signature, et qu’ils ne les avaient pas signés. Huit avocats sont venus de Tunis à Gafsa pour assister aux séances du procès. L’AISPP fait part de sa désolation face aux méthodes utilisées par les autorités à l’égard de responsable syndicaux, visant à restreindre les activités syndicales et de solidarité dans les institutions, les facultés et les instituts supérieurs. Elle dénonce l’intervention des forces de la Sûreté qui contribue à créer un climat de tension. Le Président de l’Association Maître Mohammed Nouri (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 

COLLECTIF DE LA COMMUNAUTE TUNISIENNE EN EUROPE

1, rue Cassini, 75014 Paris ; Tél. : 01 43 29 68 98 ;

e-mail: mondher.sfar@club-internet.fr

 

 

Urgent :

 

L’opposant tunisien Mounir Silini a fui la Bosnie pour ne pas subir le sort de Badreddine Ferchichi

 

– Il a tenté de rejoindre l’Angleterre pour y demande l’asile politique, mais la police des frontières l’a arrêté à Paris à la Gare du Nord et un arrêté de reconduite à la frontière a été pris à son encontre par le Préfet de Paris.

 

 

Mounir Silini est une des victimes de l’Accord de Dayton qui vise l’expulsion de la Bosnie des résistants d’origine afro-asiatique. Le Consulat tunisien en Bosnie lui a refusé le renouvellement de son passeport. De plus M. Silini a appris qu’il est sous le coup d’un jugement en Tunisie de quatre ans de prison au titre de la loi antiterroriste.

 

Mounir Silini, Sergent Chef dans l’Armée tunisienne, a démissionné en 1989, lors de la vague répressive contre Ennahda. Il est parti en Italie où il a participé à des manifestations contre le régime tunisien, ce qui a valu l’expulsion de Abdennacer Nait Liman par les autorités italiennes, avec son cortège de tortures et de simulacres de jugements. Silini a alors dû partir en Bosnie, et c’était vers la fin de la guerre où il s’est activé dans des associations humanitaires. Il s’est marié à une Bosniaque et il a eu cinq enfants. Après l’expulsion de Badreddine Ferchichi en Tunisie, il est devenu clair que si Silini se présentait aux autorités bosniaques, il subirait le même sort que celui-ci. C’est alors qu’il a quitté clandestinement la Bosnie pour chercher l’asile en Angleterre, mais il a été arrêté à Paris au moment où il prenait le train pour Londres. Il a été conduit au Centre de rétention de Vincennes avec un ARF préfectoral.

 

Aujourd’hui même, le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande faite par M. Silini pour annuler l’arrêté de reconduite à la frontière en ce qui concerne le pays de destination et pour l’annulation de la mention abusive du Préfet prétendant que « l’intéressé n’allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l’homme en cas de retour dans son pays d’origine (ou dans son pays de résidence habituelle où il est effectivement réadmissible) ».

 

M. Mounir Silini lance un appel urgent aux personnes de bonne volonté et surtout aux associations humanitaires pour l’aider dans ses démarches visant à annuler la décision préfectorale de reconduite à la frontière et à s’opposer à son expulsion en Tunisie.

 

Vous pouvez joindre M. Silini aux cabines téléphoniques suivantes :

– 01 45 18 59 70

– 01 45 18 12 40

– 01 45 18 02 50

et préciser chambre 44.

 

 

Paris, le jeudi 30 novembre 2006

 

Le Président

Mondher Sfar

0660065998

 

Communiqué du secrétariat international du Parti socialiste français sur la Tunisie

 

Parti Socialiste

10 rue de Solférino

75333 Paris Cedex 07

Tél : 01 45 56 77 26

Fax : 01 45 56 78 74

www.parti-socialiste.fr

Presse

presse@parti-socialiste.fr

 

Paris, le 29 novembre 2006

 

Communiqué du Secrétariat International

Tunisie

 

La situation des droits de l’Homme en Tunisie se dégrade de jour en jour.

 

Depuis plusieurs années, les harcèlements policiers et judicaire exercés par le pouvoir tunisien à l’encontre de l’opposition démocratique et des membres de la société civile se multiplient. Des élus

européens, participant à des rencontres avec les défenseurs des droits de l’Homme en Tunisie, n’ont pas été épargnés par ces exactions.

 

La communauté internationale, notamment l’Union européenne, a exprimé son inquiétude face à cette situation. Le Parti socialiste s’est adressé à de nombreuses reprises aux dirigeants du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), parti au pouvoir en Tunisie et membre de l’Internationale Socialiste, pour lui demander de faire respecter les valeurs de liberté et des droits de l’homme qui constituent le fondement du mouvement socialiste international. Sans résultat tangible.

 

La politique d’intimidation et de harcèlement touche particulièrement le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL), principal parti de l’opposition démocratique et également membre de l’Internationale Socialiste. Le FDTL est sous surveillance policière constante, ses militants sont harcelés, ses téléphones sont sous écoute, son site Web est inaccessible et toute réunion dans des espaces publics, et même privés, est systématiquement refusée. On lui refuse également la possibilité de faire enregistrer un avis légal concernant la publication du futur journal du FDTL, qui est le droit

le plus élémentaire d’un parti légal et le fondement de la liberté d’expression.

 

Le Parti socialiste dénonce avec la plus grande fermeté ces pratiques anti-démocratiques en Tunisie. Il exprime sa solidarité avec le FDTL et tous les démocrates tunisiens et demandera à l’Internationale Socialiste de se saisir des violations des droits de l’homme en Tunisie commises par l’un de ses membres.

 


 

Retour à l’amère patrie

Omar Khayyam

 

Avant de rentrer en Tunisie en juillet dernier, j’ai pris toutes les précautions nécessaires avant de prononcer la fameuse formule du  » Conquistador » Tarek Ibn Zied après son débarquement en Andalousie : « Derrière vous la mer, devant vous l’ennemi ! ».

 

J’ai constitué à Montréal le comité international pour la libération d’Omar Khayyâm, présidé par une grande amie de la Tunisie, Mme Lise Garon, et choisi sept avocats tunisiens pour assurer ma défense après ma future arrestation: Maîtres Samir Dilou, Samir Ben Amor, Abdelwahab Maatar, Radhia Nasraoui, Abderraouf Ayyadi, Ayachi Hammami et Saida Akremi.

 

Lors de mon escale à Francfort j’ai appelé un ami allemand, avocat à Munich. Je l’ai prié de communiquer la nouvelle de ma prochaine arrestation à Amnesty Allemagne. Lorsque l’avion de la Lufthansa a atterri à Tunis avec un retard d’un dixième de seconde, j’ai enlevé ma montre pour qu’elle n’entrave pas le « travail » des menottes zabatiennes.

 

A l’intérieur de l’aéroport Tunis-Carthage la file d’attente devant les guichets de la police des frontières était interminable. Après une attente d’à peu près une heure, le moment que j’attendais depuis ma descente d’avion est venu. Lorsque j’ai présenté mon passeport et ma fiche de débarquement à l’agente de la police des frontières, elle m’a accueilli avec une mine d’enterrement. Les battements de mon coeur se sont accélérés dès qu’elle a commencé à taper mon nom et le numéro de mon passeport.

 

Quelques secondes après, elle fixait l’écran comme une envoûtée. Elle me regarde intensément puis me dit: « Vous n’avez pas remis les pieds en Tunisie depuis six ans! « . J’ai dit sans montrer la peur qui me serrait l’estomac:

– Oui, j’attendais un changement politique qui n’est jamais arrivé. Malheureusement ! – S’il vous plaît ! Pas de politique ici ! – Je peux faire de la politique en dehors de l’aéroport? – Je n’ai pas de temps à perdre, me dit-elle en donnant des coups de tampon violents à la fiche de débarquement et au passeport qu’elle me remet d’un geste brusque. – Je peux m’en aller? – Oui, au suivant ! – Attendez, s’il vous plaît ! Vérifiez bien votre écran. Je m’appelle Omar Khayyâm, j’écrivais pour TUNeZINE et maintenant j’écris pour mon propre compte. Je milite pour la chute du régime de Ben Ali et des familles mafieuses qui l’entourent. – Mon écran ne me dit rien. Vous pouvez circuler. – Appelez votre chef, s’il vous plaît! – Pourquoi? Qu’est-ce qu’il y a? – Je crois qu’il y a une erreur qui s’est glissée dans votre fichier central.

Heureusement le chef n’était pas loin. Elle l’a appelé et il m’a prié de l’accompagner à son bureau.

– Quel est votre problème? – Je m’appelle Omar Khayyâm. J’ai écrit plein de texte contre Ben Ali, j’ai participé à des manifs et des réunions contre son régime. Pourtant, Madame la policière des frontières me dit que je peux circuler librement !

 

Il prend mon passeport, allume son ordinateur et tape mon nom et le numéro de mon passeport puis il me dit:

– Tu n’es pas recherché – Impossible ! Il doit s’agir d’une erreur. Pouvez-vous appeler votre chef?

 

Il hésite quelques secondes, puis il prend le téléphone et appelle le chef de la Direction des Frontières et des Étrangers. Ce dernier lui dit qu’il rappellera dans 15 minutes. Il voulait vérifier mon cas avec la Sûreté de l’État. Finalement, le téléphone sonne. La communication n’a pas duré plus d’une minute.

 

– Mon chef a vérifié avec la Sûreté de l’Etat. Ils disent que tu n’es pas recherché. – Est-ce que je peux avoir un rendez-vous avec la Sûreté de l’Etat pour clarifier les choses? – C’est pas mon problème. Tiens, voilà ton passeport et bon séjour !

J’étais un peu déçu mais j’avais déjà preparé un plan B: mes valises étaient pleines de livres strictement interdits en Tunisie. Après avoir récuperé mes bagages, je me suis présenté à un douanier:

– Bonjour, j’ai des choses à déclarer? – Vous voulez déclarer quoi?

En guise de réponse j’ouvre la valise pleine à craquer de Notre Ami Ben Ali. Il prend une copie, la feuillette, puis il me dit: « Notre ami Ben Ali, c’est vieux ça ! Ça date de 1999 ! » Alors, j’ouvre une autre valise contenant des livres d’Ahmed Mannai, Sadri Khiari, Olfa Lamloum, Tawfiq Ben Brik, Sihem Bensedrine et Moncef Marzouki.

– Et que pensez-vous de ça? – Ce sont toutes de vieilles chansons, mon vieux ! – J’ai une surprise pour vous ! Ouvrez mon sac à dos, s’il vous plaît !

Le douanier ouvre le sac, puis éclate de rire en lisant le titre du livre: La force de l’obéissance. Économie politique de la répression en Tunisie, Béatrice Hibou. Il me dit: « Mais qui lit encore des livres en Tunisie? Et surtout en français ! »

– Pas de saisie ni procès-verbal? – Non. Vous pouvez refermer vos sacs et valises. – Mais ces livres sont explosifs ! Avec tous ces livres je peux déclencher La Grande Révolution Démocratique Tunisienne ! – Oui, certainement. Bonne chance!

 

(Source: le blog de O. Khayyam, le 30 novembre 2006)

Lien : http://omarkhayyam.blogsome.com/2006/11/30/lamere-patrie/

 

 

Sommaire du N° 66 d’ELKHADRA www.elkhadra.org

  LES LARMES DES CULTUROPHOBES Par BIJU http://elkhadra.org/larmedes.htm Ben Ali 1er Par ABDOU http://elkhadra.org/benaliun.htm LE VOILE ET L’ABJECTION Par Fadila http://elkhadra.org/voileabjection.htm Bande de cons Par Naoufel http://elkhadra.org/bandde.htm l’ISLAM POLITIQUE TUNISIEN Par Fadila http://elkhadra.org/islampotu.htm  

JUBA MON FRANGIN Par BIJU http://elkhadra.org/juba.htm

 

CHRONIQUES ARABO-MUSULMANES http://elkhadra.org/croniar.htm LES PIEDS-BLANCS Par Marc-Édouard Nabe http://elkhadra.org/piedblanc.htm L’ISLAM ET LE SEXE Par Yacoub Mahi. http://elkhadra.org/islams.htm TOURISME ET SEXUALITÉ EN TUNISIE Par Mansour El Feki http://elkhadra.org/tunitour.htm  

LES LARMES DES CULTUROPHOBES  

Par BIJU Making Of de Nouri Bouzid remporte le Tanit d’Or , c’est encore une histoire décalé , une usurpation flagrante de toute réalité propre à valoriser l’art tunisien et à prouver son essence sociale et démocratique, cette célébration négationniste ,est indifférente à tout ce qui spolie vraiment la nation tunisienne de son âme et de son histoire ,participe à la destruction morale et intellectuelle du peuple tunisien , un film creux qui révèle seulement par sa puérilité , sa cécité calculée , son discours propagandiste et mensonger et sa soumission à un ordre artophobe , criminel et liberticide, l’étendue du désastre de la pensée tunisienne libre , responsable et surtout courageuse l’écrivain et critique libanais Elias Khoury a, dans une ambiance sous contrôle comme d’habitude en Tunisie où « l’art » est chapeauté par le ministère de l’intérieur, avant de proclamer le palmarès, fait trois recommandations : une meilleure sélection des films en compétition car ,il faut le dire, ne sont produit et projeté dans notre pays que les films qui font dans le politiquement correct et qui se soumettent aux directives des censeurs , comme en toute chose, les tunisiens sont tenus à l’écart de toute forme de pensée et de réflexions , les films comme celui de BOUZID sont là pour occuper le vide par encore plus de vide et l’atermoiement, et ne sont autorisés qu’à véhiculer le mensonge érigés en système de pouvoir à tous les niveaux de la société tunisienne .KHOURY a insisté le pauvre sur la nécessité pour les œuvres cinématographiques d’aller à la rencontre du public sans l’intervention de la censure , il doit pourtant comprendre tout seul que la censure tunisienne ne se fatigue plus à être visible , les pseudos réalisateurs de petites œuvres insipides et grotesques comme BOUZIRI se chargent très bien d’habiller cette censure d’une toge respectabilité dans leur petites cuisine des opportunismes et des arrangements. «L’artiste, estime KHOURY, est la conscience de sa société et devrait de ce fait créer librement, l’art étant un autre nom de la liberté, voire son nom le plus noble». C’est parfait comme réflexion ,qui des démocrates n’adhère pas à ce discours ?Et pourtant le prix est allé à un « artiste » tunisien qui n’a aucune conscience de sa condition , ni de celle des tunisiens , ni des libertés , ni celle de l’art et encore moins de la simple dignité et de la fierté d’avoir l’occasion de représenter la Tunisie , lui il choisit d’être un vulgaire vecteur de la propagande de la dictature de ben Ali.Voilà tout est dit et défini pour dénoncer la lâcheté des artistes arabes en général et tunisiens en particulier , pratiquement aucun artiste tunisien n’assume la noblesse de cette fonction , presque tous sont dans l’artistiquement correct et pratiquent dans une imposture sans nom , ce ne sont pas des artistes mais des fonctionnaires d’état à la soviétique.Ils produisent d’une façon industrielles des spots de propagande qui reflètent intimement l’idéologie extrémiste et sectaire d’une maffia qui domine tous les espaces de vie de la société tunisienne , des œuvres surréalistes soutenues par des discours éhontés et mensongers qui servent de réquisitoire à une pensée unique qui terrorise et conditionne par la terreur tout un pays de dix millions d’âme , un discours mortifère qui est la seule philosophie identifiée d’ un régime assassin de la vie et de l’art.Les jurés de Carthage n’ont pas fait honneur à l’art en l’abaissant de la sorte et qui dans un élan mesquin empruntent le pas à une dictature comme la dictature tunisienne , sous prétexte que la petite entreprise de BOUZID est dans l’air du temps et qu’elle est en totale osmose avec le discours officiel , sans cela Bouzid crèvera de faim , mais s’il était honnête et courageux il aurait choisi justement pour l’honneur de l’art de crever de faim que de vivre à genoux et de servir de mercenaire à un régime grand pourvoyeur de pré pendes ,servir la soupe à des flingueurs de toute sorte d’art est depuis toujours l’unique façon d’être de ces « artistes » tunisiens sans honneurs. Le cinéma tunisien ne marche pas, encore moins que les autres cinémas arabes par ce qu’il ne reflète pas la société tunisienne, par ce qu’il a renoncé à la vérité c’est-à-dire à l’art au profit du profit, ce qui revient à dire du courage pour les bassesses de la lâcheté et l’ignominie des consciences. Et il veulent faire croire à un peuple cloué dans le mutisme et le renoncement par la violence policière , la torture et le crime sur toutes ses formes qu’en octroyant le Tanit d’or à Making Of de Nouri Bouzid, le jury a affiché la volonté de récompenser en quelque sorte une œuvre qui traite d’un sujet, voire d’un problème évoqué frontalement et dont souffre tout le monde arabo-islamique : l’extrémisme, l’obscurantisme religieux, la manipulation des esprits, l’assassinat de la réflexion, des arts et de la spiritualité, à des fins purement politiques. Que c’est en hommage à la liberté de création et de pensée et contre la peur et le terrorisme intellectuel qui règne sur le pays ? Qui le menace ce doux pays , notre Tunisie ?La seule menace sur la Tunisie c’est bel et bien la dictature , le courage serait de s’attaquer à ses rouages et non pas de lui servir la soupe, oui tout cela est bien beau de se pavaner dans ces fausses messes de glorification de septième art à l’instar des démocraties , mais l’essentiel dans ces journées cinématographiques occidentales , c’est le florilège des singularités , des libertés de création , de la liberté d’expression ect…qui forcément font le talent ,tendis qu’à Carthage ce n’est que l’étalage de la lâcheté , de l’imposture et de la misère humaine.Ces manipulations sont le quotidien de la nation tunisienne, et en attendant ceux qui assassinent tuent , violent ect… dans notre pays , qui apparemment ne semble pas être celui de BOUZID et ses semblables, ce sont bien les tenants de la dictature , le courage pour BOUZID aurait été de cracher dans le court-bouillon benaliste et chercher à aller au fond des choses , de dévoiler la cause des malheurs de la Tunisie , pas de rouler dans la farine toute une partie de la population tunisienne stigmatisée et massacrée par la dictature , en quoi les islamistes et les prisonniers politiques tunisiens répondent –ils au stéréotypes vomis par ce petit bras de Bouzid ? son film est tout juste la preuve par la démonstration de la pauvreté de l’art tunisien qui phantasme ses modèles , alors que la matière noble qui doit faire sa splendeur et son honneur survit tout autour de lui , des gens comme Bouzid ,des fonctionnaires de l’art officiel font dans le conformisme le plus abject et le plus criminel , ils préfèrent détourner les yeux sur cette réalité là car elle est révélatrice de leur propre vérité , celle des médiocres et des lâches. En recevant son deuxième Tanit d’or 20 ans après L’homme de cendres, dans une ambiance organisée selon les grandes messes habituels d’un ministère de la culture chapeauté par les oligarches du parti unique, le RCD, Nouri Bouzid sans aucune pudeur a dédié ce prix au public , quel public ? celui qui croupit dans la misère de l’endettement et de la prostitution , celui qui meure dans les mouroirs de ben Ali , celui qui est payé pour applaudir et même voir gratuitement ce genre de navet d’une production tunisienne déshonorante: «C’est une victoire contre la peur» a éructé BOUZIDI le marchand de soporifiques.voilà l’exemple type de la langue de bois et de la suffisance , pauvre artiste de pacotille , pauvre voix de son maître , les mots et plus les œuvres ont un sens , la sienne est une petite contribution au système d’abrutissement prôné par la dictature et qui a un sens aussi comme l’art authentique ,mais ce n’est pas une victoire contre la peur , c’est une déroute en plus devant la dictature et la barbarie. L’art tunisien en général , le théâtre et le cinéma en particulier ,dans son environnement social et culturel , dans l’aphasie où le dictature tient le pays doit être contestataire , de combat , responsable, engagé , ludique , ou n’est pas , aujourd’hui il n’est qu’un instrument manipulé par le pouvoir , un outil de conditionnement et d’abrutissement des masses , c’est trop facile et même des fois criminel de se projeter dans le phantasme ,c’est la raison d’être de ces pseudos artistes sans âme ni conscience , ces pseudos artistes alimentaires , les chimères,l’esquisse flagornante et zélé d’un système , l’éloge des icônes et des princes , les sublimations des lieux communs d’une propagande grossières, c’est la sécurité physique et matérielle, mais c’est trahir l’art.Plus clairement et prenant l’exemple des cinéastes et hommes de théâtre turcs , palestiniens , égyptiens ,en prenant l’exemple aussi de la pointure Y.CHAHINE, tous ces Hommes , ces Humains , ces Artistes libres critiquent la violence politique , le fanatisme , l’extrémisme ect ..mais il n’oublient jamais de nommer un chat un chat ,d’essayer d’analyser le pourquoi et le comment de ces imperfections qui dégénèrent leurs sociétés ou le monde , pourquoi la violence terroriste , pour quoi la misère , pour quoi les manque de libertés , l’injustice ect…et ils désignent les coupables , les généraux , les despotes ect…Ils ne s’acharnent pas sur les victimes comme BOUZID sait si bien le faire , le faire c’est accepter les « vérités » de la dictature et justifier plus que son existence, sa prétendue légitimité La pièce théâtrale « KHAMSOUN » (« CORPS OTAGES ») de Jalila BACCAR et Fadhel JAÏBI produit par FAMILIA Productions – Tunis, censurée en Tunisie. Merci de faire circuler et/ou signer le texte ci-joint. Cliquez sur http://www.familiaprod.com/The theatre play « KHAMSOUN » / « CORPS OTAGES » from Jalila BACCAR and Fadhel JAÏBI (Familia Productions – Tunis) censured in Tunisia. Thanks to send and/or sign the following text. Just click http://www.familiaprod.com J’ai vu cette pièce à Paris , c’est bien dans l’ordre de la démagogie habituelle et ses géniteurs sont dans le même état d’esprit que BOUZID , mais BACCAR et JAÏBI sont encore allés plus loin dans la prétention du faux et l’usage du faux, pour eux ce n’est pas la dictature qui est un problème grave pour la Tunisie et qui bloque toute évolution sociale , mais bel et bien l’islam , il ne donnent aucun solution à ce « drame » inexistant ,mais papotent démagogique ment sur une situation vécu par procuration , comme si les musulmans tunisiens étaient des talibans ,et comme si ces derniers ,par ce qu’ils revendiquent leur islam et leur citoyenneté se sont mis en dehors de la société tunisienne qui aspire à la démocratie et à la liberté, et que leur intime conviction est la preuve de toute incompatibilité avec l’exercice de la démocratie ,ce genre de discours creux et sans queue ni tête ma foi est un peu l’état d’esprit des tenants bellicistes du choc des civilisations , des néocons et des sionistes , c’est totalement , parce que cela l’absout de tous ses crimes à moindre frais, le point de vue de ben Ali pour faire passer la pilule de son pouvoir criminel , le gauchisme c’est vraiment une maladie infantile , et le gauchisme tunisien , pire encore , c’est de la pire débilité et l’éloge de l’ordure et des bas instincts .Ce genre de discours aliénés est en osmose totale avec ce qui arrive aux femmes tunisiennes voilés et l’éradication des islamistes tunisiens en marche depuis plus de vingt ans.Voilà encore un exemple de mensonges que ce couple débite « Faut-il rappeler que les auteurs de cette pièce, Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi, ont été au coeur du renouvellement théâtral en Tunisie et dans le monde arabe? »Et quoi encore ? Ceux qui signent cette pétition cautionnent ce genre d’aberration et de mensonge éhontés, ce couple n’a rien à voir avec le théâtre de combat ,leur théâtre est sans aucune authenticité , sans adresse , c’est un théâtre frileux et souvent creux ,alors prétendre qu’il a joué un quelconque rôle dans l’essor et le renouveau du théâtre arabe , c’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles ; le théâtre arabe honorable , celui des palestiniens , des égyptiens ect…porte la société arabe , définit ses complexités et pousse le citoyen arabe à l’autocritique et au progrès , pas à la consommation du superflu et du sensationnel qui font les peuples aliénés et honteux d’eux même, des peuples qui au lieu de chercher à se corriger se résignent au prêt à penser , comme au prêt-à-porter de n’importe quel souk tunisien où fleurit et prospérer la CONTREFACON, le théâtre arabe authentique et qui bouleverse vraiment les esprits ,par ses tenants et ses aboutissants ,n’a rien à voir avec ce genre de bricolage pompés dans ses textures dans les pensées uniques débilitantes des marigots idéologiques liberticides.Pour moi comme pour plusieurs tunisiens j’espère , signer cette pétition revient à cautionner la médiocrité , le mensonge et même signer un chèque en blanc à des individus qui participent à la chasse aux sorcières qui sévit depuis vingt ans en Tunisie, la dictature par la répression physique , eux par la diffamation des écritures et l’acide des plumes , la haine du mensonge et de la diabolisation .Alors c’est simple je ne la signe pas , je refuse la résignation et plus que tout le matraquage. L’artiste tunisien au jour d’aujourd’hui est à la Tunisie réelle et profonde un boulet et pour la dictature un outil de propagande très performant et docile , il est l’expression totale d’un comportement conformiste dans lequel il adhère honteusement aux « valeurs » et à l’ordre établi par la dictature qui le méprise, sans se soucier aucunement de les interroger dans une telle posture,une posture infamante et honteuse qui est somme toute commode et confortable,l’artiste tunisien dans le cirque ben Ali , il faut le reconnaître, accepte que l’échec de son art est inscrit bien avant sa conception.Et dans cet état de médiocrité totale , Bouzid, BACCAR , JAÏBI et leurs semblables ont un comportement distant d’avec la matière , la société tunisienne ,son quotidien , sa condition , son vécu , ses rêves , ses espoirs , sa vie , ce drame visible et même palpable qui est aussi le reflet de leur seule vérité,et eux ces sicaires d’un ordre vampire bricolent dans le faux slogan dans lequel il veulent donner l’impression d’être comme mal à l’aise ,mais ils y sont comme des poissons dans l’eau,ils semblent vouloir inciter les rares compatissants à les lire entre les lignes , le problème c’est que même entre les lignes il n’y’a rien , que dalle, ces artistes en toc n’ont pas encore compris que quand on se soumet au diable , on ne passe pas à travers les mailles de son filet et de ses fourches caudines , oui les artistes tunisiens sortis du moule de la dictature font honte à l’art , ils sont mal aussi bien dans leur propre peau que dans la peau des valeurs civilisés et humanistes de notre temps, mais une telle imposture expose celui qui s’y risque à une gymnastique diabolique , de vivre dangereusement, sans la sécurité du groupe, ici le groupe c’est le public et les artistes libres et universels qui ne sont qu’au service de l’art, et ce n’est pas étonnant que les tunisiens méprisent ces gens là. ********************************************************** LE VOILE ET L’ABJECTION  

Par Fadila Le Hijab. C’est une prescription coranique, la discuter c’est remettre en cause l’immuabilité du livre saint.J’estime que sa remise en cause tient de l’intime conviction de tout un chacun et que tout un chacun doit assumer ses choix, ses actes et ses pensées Ceci dit. Tout un chacun doit assumer ses actes, mettre le hijab ou pas, c’est donc un acte qui tient de l’intime conviction, que l’état ou certains individus oppriment celles qui le portent tient de l’acte liberticide. Le hijab étant une ordonnance coranique , le désigner comme une visibilité sectaire , c’est dans l’esprit et la lettre désigner le Coran et par voie de conséquence l’islam comme sectaire .pourquoi pas?Mais là aussi il faut assumer la contradiction de se dire musulmane et de renier certains commandements du livre saint , l’avantage des idées agnostiques ou athées c’es qu’elles assument honnêtement et d’une façon transparente leurs idées dans l’espace du débat démocratique , contrairement aux mises en scènes des ignorants et des faibles qui brandissent leurs islam en croyants faire des courses dans un supermarché et de choisir des marchandises consommables à leur guise , voire des marchandises biodégradables selon les humeurs , l’air du temps et l’opportunismes des situations et des alliances, sans parler tellement c’est évident et criard de banalisme des mises en scène opportunistes de la dictature qui instrumentalise idéologiquement et à tout va les sentiments culturels , religieux ou historiques des tunisiens pour tout simplement une question stratégique de survie.Je souris aux idioties de certaines paumés qui remplissent le vide par le vide et qui veulent donner l’impression du débat et d’une certaine forme de progressisme qui ne résiste pas à l’analyse honnête , leurs contradictions tiennent d’un népotisme atavique , le même que celui des ignares de la dictature tunisienne , faire le bonheur du peuple tunisien malgré lui , jusqu’à présent cela n’a donné comme résultat , qu’un prétendu « miracle tunisien » qui mène la Tunisie FISITTIN DAHIA.Aussi cette façon méprisante de prendre les tunisiens pour des retardés mentaux , des tubes digestifs ,leur brandir les épouvantails du G.I.A ou des TALIBANS ces deux forces islamophobes par excellence, c’est les vouer aux gémonies de l’arbitraire et de la résignation , que ce soit du côté de la dictature ou de ces aliénés aux normes de leur impuissance .Les tunisiennes se voilent en masse? l’explication standard de la part de la dictature ou de ces sectaires qui jouent aux modernistes et qui sont des réactionnaires de la pire espèce , est que la masse est stupide et bête , elle est conditionnée par les chaînes satellitaires , des chaînes intégristes comme ALDJAZIRRA ,pour eux les tunisiens seraient des citoyens évolués s’ils regardaient CNN , la BBC , A2 , TV7ect…ce genre d’emphase tient de la diabolisation et du fascisme le plus pervers , la majorité des jeunes tunisiennes voilées qui peuplent les universités sont performantes dans leur domaine choisi, elles choisissent de réussir leur vie professionnelle sans renier leurs intimes convictions qui tiennent ,elles, des droits civiques , et qui en rien ne remettent en cause leurs aspirations à des institutions démocratiques et à la démocratie qui sera la garante justement de leurs choix libres, bien au contraire elles réclament d’une façon responsable l’application de la constitution tunisienne face à la dictature avec un courage extraordinaire et exemplaire.Soumettre le voile à des juridictions politiques et extrajudiciaire joue contre la démocratie , car elle fait rentrer l’intime conviction dans le jeu normal des rapports de forces sortis des urnes et leur application législative .Cette diabolisation par des forces conformistes et soumises au penser correct , c’est accepter demain ,par un retour de bâton naturel et catastrophique l’aberration ,que si par les urnes les islamistes tunisiens arrivent au pouvoir sous leur bannière ou celle d’un autre parti , ils exigent l’application d’un ordre moral qui met la minijupe , la cigarette , l’alcool ect.. sous les fourches caudines d’un pouvoir législatif qui fait force de loi .Dans la démocratie française les démocrates et les parlementaires ont pris à leur aise ce risque parce qu’à l’évidence les musulmans seront et pour très longtemps pour ne pas dire pour toujours en France une minorité , pourtant un jour peut-être , qui peut assurer l’avenir, sinon la force des institutions et des convictions ?dans ce pays les rigoristes de tous les ordres moraux et de toutes les religions pourront s’entendre sur un programme politique commun , en 2002 qui aurait parié sur LEPEN au deuxième tour?Je viens à cela pour dire que ce scénario est plus que possible en Tunisie , se battre pour la séparation de l’état démocratique futur de la Tunisie et de la religion est une chose essentielle , mais cela ne veut pas dire marginaliser les individus par la coercition et le chantage à la misère et à la marginalisation dans leur propre pays arabo-musulman et leur interdire la fonction publique parce qu’ils portent la barbe ou le voile , et de quel droit?, tripoter les règles de vie , tailler une constitution pour une certaine catégorie de tunisiens aux dépends d’autres ,c’est ouvrir la boîte de pandores des frustrations , de l’arbitraire , c’est diviser les citoyens en différentes catégorie les unes ayant plus de droits que d’autres, Ces faussaires tunisiens de toutes tendances sont dans l’addiction et ne seront jamais dans ‘argumentaire qui milite à libérer la Tunisie de tous ses démons. Qui a dit que le hijab est une obligation ? Allah dit: « Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles, elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Al-‘Ahzâb ‘Les Coalisés’ : 59). Cet ordre est adressé à toutes les femmes et pas uniquement aux femmes du prophète comme certains le prétendent cela signifie que si la femme porte son hijab, tout le monde se rendra compte que c’est une femme respectable et honorable et personne n’osera l’offenser , bien entendu cela , la moralité , la norme ect peut être discuté philosophiquement , le voile n’est pas un gage de moralité , tout tient de la conscience et de l’intime conviction , celle qui porte le voile et qui est immorale ne combat en rien les institutions démocratiques , elle se parjure et commet »un crime » contre la foi et la religion , son jugement , le jugement qu’elle aura à subir ne regarde en rien les juridictions humaines , elle assument ses choix religieux et ses pratiques et elle n’a en rendre compte qu’à son créateur , les oulémas , les instances religieuses ou politiques n’ont aucune compétence pour la juger , idem pour les femmes qui se prostituent , les nymphomanes , les homosexuels et toute la société en générale qui est dans la relativité de la « perversion » , c’est la séparation de l’état et des religieux , c’est aussi la pratique des libertés individuelles.. Allah dit : « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît – des savants précisent qu’il s’agit du visage et des mains- et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes « Et repentez-vous tous devant Allah, Ô croyants, afin que vous récoltiez le succès. » (An-Noûr ‘La Lumière’ : 31) , Allah le dit , le Coran nous oblige à cela , celles qui n’appliqueront pas ces ordonnances ne sont pas des criminelles sur cette vie terrestre , car ignorer ces ordonnances tient de la liberté de choix , de penser et de faire qui ne porte pas atteinte à la société en général , c’est une vie terrestre assumée librement , pour le reste tout se passe entre le créateur et sa création et les hommes n’ont pas à se prononcer sur la justice divine , ni à être son bras vengeur , à mon humble avis les Torquemada et les fanatiques de l’inquisition commettent le pêché du « chirk », l’association,et comme les dictateurs n’ont aucune légitimité sur la marche de la cité. Ces versets sont destinés à ceux qui prétendent que les versets du hijab ne sont pas clairs dans le Coran , mais aussi à ceux qui veulent l’imposer contre l’intime conviction des uns et des autres , cela s’appelle la séparation entre la foi qui tient de la loi divine et qui n’est pas du domaine Humain ,et l’état démocratique qui est la loi institutionnel qui permet l’harmonie et la sauvegarde des droits entre les hommes libres , ce qui revient à dire que ceux qui veulent imposer le hijab comme ceux qui veulent l ‘interdire , ou le désigner comme sectaire et applaudissent aux atteintes contre les droits humains commettent le pêché et l’acte liberticide qui ébranle toute forme d’harmonie sociétale . Il est de notre devoir à tous, de sauvegarder la pudeur et la bonne morale dans nos sociétés non pas par la contrainte mais par l’exemple , et ça pour les délurées et les apprentis sorciers qui dressent des bûchers, c’est le fondement même de l’acte citoyen et démocratique ,il ne s »agit pas de procéder par l’interdit et les violations des droits humains , dans tous les cas de figure , la république et ses institutions doivent veiller aux respects des droits des citoyens , de tous les citoyens les filles voilées comme les autres , tant que d’un côté comme d’un autre nous n’aurions pas compris cela , nous restons dans notre confusion et notre misère humaine et je dirais même plus , nous justifions la dictature et nous la méritons, aussi je comprends que l’exemplarité humaine et intellectuelle , courageuse et citoyenne de la majorité des filles voilées tunisiennes puissent faire peur à la confusion où se débattent les atermoiements tyranniques des clans de la dictatures et des minorités insidieuses ,des sectarismes masqués de la société tunisienne qui sous le masque de la lutte contre le régime de ben Ali sont des dictateurs en herbe. Il n’est pas nécessaire encore une fois d’évoquer les hadiths qui insistent sur le port obligatoire du voile car le Coran l’emporte sur les hadiths. Ceci est connu dans la théologie islamique : on se réfère en premier lieu au Coran, en second lieu aux hadiths et enfin à « El ijmaa » (l’unanimité). Et vous pouvez vous référer à l’histoire de l’islam pour constater que depuis Mohamed et tout au long de l’époque de l’empire musulman, la femme libre portait le voile dans les pays musulmans. Les femmes n’ont commencé à enlever le voile qu’après la chute de l’empire ottoman et l’apparition de la laïcité en Turquie, et on sait comment elles l’ont enlevé sous le dictateur ATATURK qui n’était pas un laïque mais tout simplement un tyran. Nous sommes aujourd’hui, comme le prophétisait déjà en son temps le génie IBN KHALDOUN, dans un monde où les conséquences de la modernité sont devenues, pour tous, plus radicales et plus universalisées qu’auparavant: l’espace et le temps se sont dissociés lors même que le local et le global sont connectés à travers des modes impensables par le passé. Nous vivons, en islam aussi, dans un monde, de fait, multiculturel, multilingue, multiethnique; intellectuellement, nous sommes à la fois, utopistes, relativistes et rationalistes, tout comme nos frères humains, mais à l’intérieur de la grande tradition monothéiste; nous avons aussi des identités multiples et métissées; et nous nous mouvons dans plus d’un monde, parfois incommensurables. Cette perspective, rompt souverainement le cercle vicieux des dualismes. Elle nous libère, à la fois, du retour impossible à une tradition impériale déformatrice du message divin, et d’une synthèse dialectique velléitaire censée dépasser les pôles qui déchirent la pensée, l’islam et l’Occident, la tradition et la modernité. Nous devons nous résoudre à cela nous autres musulmans pour défaire nos archaïsmes et nous défaire de ces ignobles tyrannies qui nous épuisent, nous défigurent et défigurent notre foi. L’occident et l’islam sont des sites aux multiples habitants. Et il existe autant de traditions que de modernités, même si la grande modernité a été un projet musulman à la base. Mais les limites au multiculturalisme conquérant par la contrainte , celui qui projette notre dissolution en tant qu’entité culturelle, est la libération totale de notre espace juridico-politique par rapport à toutes les visions compréhensives du monde, extérieures au politique. Et un cran d’arrêt , le partage du monde avec autrui pour nous , a une limite infranchissable , ne jamais tolérer l’intolérable, celui de se résoudre à renoncer à nos singularités mais aussi à l’autocritique , à l’exigence de la transparence , de la liberté , de la pratique citoyenne dans nos espaces de vie pour les musulmans comme pour les autres

 

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