30 avril 2010

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TUNISNEWS
9 ème année,N° 3629 du 30.04.2010
 archives :www.tunisnews.net 


FIDH-OMCT-REMDH: Lettre ouverte à l’occasion du  Conseil d’association UE-Tunisie Comité de soutien aux militants de l’uget: Tunisie : non à l’acharnement  pour la libération de tous les étudiants syndicalistes L’Immigration Tunisienne Solidaire des Luttes Sociales, Démocratiques et Anticoloniales AISPP: Procès du 29 avril

Reporters sans frontières: Taoufik Ben Brik à Paris : prêt à dialoguer et prêt à se remettre à écrire AP: Journaliste mort en prison au Cameroun: « préoccupation » de l’Unesco

U.S. State Department: Remarks With Tunisian Foreign Minister Kamel Morjane Before Their Meeting

ATS: Le journaliste Ben Brik veut se présenter aux prochaines élections

L´Humanité: Me Mokhtar Trifi « Le climat est lourd s’agissant des libertés »

Nouvelobs: Le site Internet du Nouvel Observateur censuré en Tunisie

Biju: A mort la mort et mort à B.. A..

AFP: La Belgique interdit le port du voile intégral musulman

AFP:  Amnesty International condamne l’interdiction par la Belgique du voile intégral

AFP: Voile intégral interdit: un acte liberticide (musulmans de Belgique)

AFP: France/interdiction du voile intégral: le loi prévoit amendes et prison

AFP: Interdiction du voile intégral: De Villepin évoque un « consensus national »

AP:Voile intégral : Dominique de Villepin prône la vigilance

AFP: De la burqa à la polygamie, les musulmans de France exaspérés

AFP: Turquie: le Parlement adopte en 1ère lecture un projet de révision de la constitution

AFP: Projet de complot contre le gouvernement turc: 7 suspects seront jugés

AFP: La mortalité adulte révèle des écarts en matière de santé dans le monde (étude)

AFP: Le Liban sous le choc après le lynchage d’un meurtrier présumé


Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) Organisation mondiale contre la torture (OMCT) Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) Lettre ouverte à l’occasion du  Conseil d’association UE-Tunisie

A l’attention: Des Ministres des Affaires étrangères des Etats Membres de l’Union européenne De la Haute Représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton Du Commissaire européen à l’Élargissement et à la Politique Européenne de Voisinage, Štefan Füle

Bruxelles, 29 Avril 2010

Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, Madame la Haute Représentante, Monsieur le Commissaire, A l’occasion du Conseil d’association UE-Tunisie, prévu le 11 mai à Luxembourg, le REMDH, la FIDH et l’OMCT appellent l’UE à affirmer expressément que toute discussion sur un éventuel renforcement des relations UE-Tunisie doit inclure de manière prioritaire la question des droits de l’Homme et des réformes démocratiques et rappeler que la Politique européenne de voisinage (PEV) est «basée sur un engagement mutuel en faveur de valeurs communes, incluant la démocratie, le respect des droits de l’Homme, l’État de droit et la bonne gouvernance »(1) qui sont également la base du renforcement de ces relations sous la forme d’un statut avancé. Cinq ans après son adoption, aucun des engagements relatifs aux réformes démocratiques et aux droits de l’Homme du Plan d’action conjointement adopté dans le cadre de la PEV par la Tunisie et l’UE, n’a été mis en œuvre. En particulier, la Commission européenne estimait en 2009 dans son rapport de suivi sur la Tunisie que « les objectifs fixés, notamment en matière des libertés d’association et d’expression, n’ont pas été atteints. » et constatait la persistance d’ «entraves au travail des défenseurs des droits de l’Homme ».(2) Outre le manquement aux engagements du Plan d’action, la situation des droits de l’Homme s’est dégradée de manière sensible ces derniers mois en Tunisie comme le constatent de manière unanime les ONG de défense des droits de l’Homme internationales et tunisiennes ainsi que des experts onusiens indépendants. De nombreux rapports ont fait état de la multiplication des violations graves et systématiques des droits de l’Homme et des libertés notamment les libertés d’expression et d’association. En contradiction avec les engagements internationaux de la Tunisie, la politique répressive menée par le pouvoir tunisien s’intensifie contre les défenseurs des droits de l’Homme, les associations autonomes tunisiennes et les journalistes indépendants. Les procès marqués de graves violations des standards internationaux du procès équitable, les arrestations arbitraires, les agressions physiques, les menaces, les confiscations de matériels, les campagnes diffamatoires se sont multipliées. Les rares ONG indépendantes en Tunisie sont toujours empêchées de fonctionner, à l’image de la Ligue Tunisienne de défense des Droits de l’Homme (LTDH) et l’Union Générale des Etudiants de Tunisie (UGET) qui sont empêchées de tenir leurs congrès. Le degré d’approfondissement des relations de l’UE avec ses pays partenaires a pour objectif, et condition, de promouvoir et de respecter les droits de l’Homme et les principes démocratiques. Si la Tunisie a exprimé dès 2008 à l’occasion de la 7ème session du Conseil d’association son intérêt à rehausser ses relations avec l’UE, nos organisations estiment que la détérioration de la situation des libertés et des droits fondamentaux ne permet pas le renforcement des relations UE-Tunisie au regard des principes fondateurs de la PEV. Lors du prochain Conseil d’association, le REMDH, la FIDH et l’OMCT appellent l’UE à exiger du gouvernement tunisien les mesures urgentes suivantes pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme:

  • la libération immédiate des défenseurs des droits de l’Homme, des syndicalistes et des étudiants de l’UGET  emprisonnés suite à des procès inéquitables, à l’image du militant syndical Hassan Benabdallah ;
  • le recouvrement intégral des droits de ces militants notamment ceux du bassin minier ;
  • la cessation du harcèlement des défenseurs de droits de l’Homme et notamment l’arrêt des menaces judiciaires, notamment contre le journaliste Fahem Boukadous ;
  • la garantie de la liberté d’association pour les ONG, les syndicats et les organisations professionnelles notamment les magistrats et les journalistes en permettant entre autres l’organisation des congrès de ces organisations, en levant le siège devant les locaux des organisations indépendantes de la société civile et en garantissant la liberté de réunion;
  • l’engagement d’un processus effectif de sortie de crise entre l’Etat et la LTDH qui paralyse l’activité de cette dernière depuis des années ;
  • la cessation de mesures arbitraires de gel et d’interdiction des virements au profit des ONG indépendantes dans le cadre de programmes d’appui légaux et transparents. Après la LTDH et l’AFTURD, l’ATFD a récemment et une fois de plus été la victime de cet arbitraire qui la prive notamment du bénéfice d’un appui par des fonds émanant de l’UE via une ONG euro-méditerranéenne ;
  • la garantie des libertés de mouvement et de communication de la société civile indépendante ;
  • la garantie des libertés d’information et des médias.

En vue de futures discussions sur un éventuel rapprochement entre l’UE et la Tunisie, nos organisations demandent à l’UE de poser les droits de l’Homme comme un élément essentiel d’un renforcement des relations UE-Tunisie. Dans ce contexte, nos organisations recommandent à l’UE de :

  • Conditionner tout renforcement des relations à un progrès notable en matière de respect des normes internationales des droits de l’Homme ;
  • Mettre enfin en œuvre les Lignes directrices de l’UE sur les défenseurs des droits de l’Homme, qui figure parmi les priorités de la Présidence espagnole et apporter un soutien urgent et visible aux défenseurs des droits de l’Homme en Tunisie ;
  • Mettre en œuvre les Lignes directrice de l’UE sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ;
  • Définir un calendrier précis de réformes relatives aux droits de l’Homme devant être engagées à court terme par la Tunisie, en particulier pour la réalisation des objectifs du Plan d’action PEV actuel ;
  • Engager prioritairement des réformes relatives aux garanties de l’indépendance du judiciaire et de la liberté de la presse comme exprimé par le Commission européenne(3) et d’entreprendre comme préalable à tout programme dans ces domaines, une évaluation du programme d’appui à la modernisation de la justice dont les conditions de mise en œuvre sont peu transparentes ;
  • Etablir des indicateurs clairs permettant une évaluation objective et régulière de la mise en œuvre des objectifs relatifs  aux droits de l’Homme et aux réformes démocratiques ;
  • Consulter régulièrement les ONG de défense des droits de l’Homme sur leur évaluation de la situation des droits de l’Homme en Tunisie.

Nos organisations considèrent qu’une telle position s’inscrit dans le respect des obligations propres et internationales de l’UE et de la Tunisie en faveur de la démocratie et des droits de l’Homme, en particulier l’Article 2 de l’Accord d’Association ainsi que les principes fondateurs et objectifs de la PEV. Dans l’espoir que la présente lettre retiendra toute votre attention, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre haute considération.              Kamel Jendoubi Président du REMDH                   Eric Sottas Secrétaire Général, OMCT                                         Souhayr Belhassen Présidente de la FIDH Contacts : REMDH : Emilie Dromzée, +3225030686,edr@euromedrights.net FIDH : Grégoire Théry, +32 2 609 44 21gthery@fidh.org OMCT : Guro Nilsen, +32 2 218 3719gn@omct.org 

 

 

(1) Conseil de l’Union Européenne  « Affaires générales et relations extérieures »,  Conclusion, Bruxelles, 13-14 décembre 2004, p.9 (2) «  La réforme de la Justice reste un défi à relever pour asseoir durablement l’Etat de droit, élément essentiel d’un véritable rapprochement avec l’UE» Rapport de suivi Tunisie-mise en œuvre de la politique européenne de voisinage en 2008. (Commission des Communautés Européennes, « Document de Travail des services de la Commission accompagnant la Communication de la  Commission au Parlement Européenne et au Conseil », Bruxelles, le 23/04/2009) ; P.12 (3)  Ibidem.


 

 Comité de soutien aux militants de l’uget www.ueget-solidarite.net _______________________

Tunisie : non à l’acharnement pour la libération de tous les étudiants syndicalistes


le 1er  mai 2010 Après  4 mois d’attente, le procès en appel des étudiants syndicalistes de Manouba a eu lieu le 10 et le 17 avril. La sentence rendue le 24 avril 2010 était sans surprise ; 6 étudiants ont été condamnés à 16 mois ferme, 2 ont été condamnés à 12 mois de prison ferme, et les 9 restant, dont les quatre filles, ont été condamnés à 12 mois de prison avec sursis. Ces militants de la centrale syndicale estudiantine (UGET) n’ont eu d’autres torts que d’avoir soutenu la revendication de quelques 180 étudiantes privées de leur droit au logement étudiant. L’occupation pacifiste de la Résidence universitaire al-Bassatine entamée le 06 octobre 2009, s’est soldée par une descente policière le 1er novembre 2009 blessant et inculpant plusieurs étudiantes et étudiants. L’interrogatoire a été musclé et violent. Le procès n’était point équitable. Dès leur arrestation, les condamnés de Manouba ont été victimes de toute sorte de violation. A plusieurs reprises ils ont entamé des grèves de la faim pour réclamer leur droit à un procès équitable et à obtenir leurs droits les plus élémentaires. En vain ! Plusieurs organisations de droits de l’homme ont dénoncé leurs conditions de détention.   Ce procès n’est qu’un épisode du feuilleton de l’acharnement contre les étudiants syndicalistes. Le 27 mars Sabrine Khmiri, militante de l’UGET, de l’Association tunisienne des femmes démocrates et d’Amnesty internationale a été arrêtée, tabassée et inculpée pour « agression d’un policier » le soir de ces fiançailles!!! Son fiancé, un ancien membre du Bureau Exécutif de l’UGET et un ancien prisonnier politique condamné à 3 ans et 6 mois de prison ferme en 1999, était également visé par ce coup monté. Malgré ses blessures, les forces de l’ordre ont refusé le transfert de Sabrine à l’hôpital ou même de lui administrer des soins. Le 12 avril 2010 elle a été condamnée à 4 mois de prison ferme. Une dizaine de militants de l’Union Générale des Etudiants de Tunisie purgent des peines allant de 4 à 25 mois pour des soi-disant  crimes de droit commun (entrave à la liberté de travail ; agression d’un fonctionnaire ; vol…). Ces procès fomentés s’ajoutent à la longue liste d’étudiants poursuivis à cause de leurs activités syndicales et/ou politiques : 14 étudiants à Tunis, 14 étudiants à Sousse, 5 étudiants à Mahdiya, 5 étudiants à Kairouan, 2 à Bizerte (liste non définitive) sans oublier la liste des étudiants exclus des universités par des Conseils de discipline aux ordres…   L’Union Générale des Etudiants de Tunisie est un syndicat étudiant légal et reconnu mais qui est empêché depuis 7 ans de tenir son congrès. Son Secrétaire Général est condamné à 7 mois de prison ferme en 2eme instance. Ses adhérents et militants, quand ils ne sont pas emprisonnés ou exclus, sont systématiquement harcelés et agressés. L’UGET, coupable de crime de lèse-majesté ne cesse de subir les foudres des autorités pour délit d’indépendance. Sa situation reflète, en quelque sorte, la situation de l’ensemble de la jeunesse tunisienne.   A l’occasion du 1er mai, le Comité de Soutien aux Militants de l’UGET manifeste en solidarité avec tous les étudiants victimes de la privatisation, de la corruption et du népotisme partout dans le monde, renouvelle son soutien aux militants de la centrale syndicale estudiantine impitoyablement visés par l’acharnement les autorités tunisiennes et appelle à renforcer la campagne de solidarité pour : la libération de tous les militants emprisonnés, l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires engagées contre les militants de l’UGET, la réintégration dans leurs universités de tous les étudiants exclus, la satisfaction des revendications syndicales et pédagogiques des étudiants, l’arrêt de toute forme de répression contre l’UGET et lui permettre de tenir son congrès en toute liberté et de fonctionner en toute indépendance. Le comité de soutien aux militants de l’UGET reprend la pétition internationale en faveur des militants de l’UGET et appelle à la signer et la faire signer massivement avant sa clôture en envoyant un email à l’adresse suivante :uget.petition@gmail.com ou en signant directement sur ce lienwww.jesigne.fr/petitioninternationale __________________________ uget.solidarite@gmail.com

 


L’Immigration Tunisienne Solidaire des Luttes Sociales, Démocratiques et Anticoloniales

Les mouvements social et syndical en France et en Europe placent ce premier mai 2010, journée internationale des travailleurs, sous le signe des effets de « la crise » et des luttes en cours pour la préservation des acquis sociaux, de l’emploi stable et du pouvoir d’achat. Les associations et organisations politiques del’immigration tunisienne signataires sont partie prenante de ces luttes et solidaires des revendications qu’elles portent.
 

En Europe –  Les migrantes et les migrants sont touchés de plein fouet par la précarisation et la dégradation des conditions de vie que déterminent les politiques économiques néo-libérales en œuvre. Ils sont de surcroit les premières victimes de larépression sécuritaire et des politiques de contrôle et de gestion de l’immigration injustes qui en sont inséparables.

C’est à un alliage inséparable entre politiques économiques anti-populaires et politiques sécuritaires que les migrants doivent faire face au premier chef. Le ciment de cet alliage, ce qui le renforce et le légitime, se sont les discours et les pratiques aux relents racistes, xénophobes et néo-colonialistes à nouveau banalisés et institutionnalisés.

Cette double oppression se dissémine par ailleurs dans l’ensemble de la société sous des formes moins brutales à travers la répression des mouvements sociaux et la criminalisation de la pauvreté.

En Tunisie, notre pays d’origine, la situation continue d’être bloquée par la main mise d’un pouvoir antidémocratique et prédateur. Celui-ci perdure grâce à la répression violente de toute revendication sociale ou politique et de tout mouvement populaire ainsi qu’au soutien sans faille des gouvernements européens et états-unien. La politique économique et sociale qu’il met en œuvre se caractérise par la privatisation effrénée des ressources nationales au profit des cercles qui lui sont liés et des capitaux étrangers, par une politique d’investissement à but essentiellement spéculatif et par une généralisation de la corruption. Cela engendre un niveau de chômage alarmant, une aggravation des inégalités sociales et entre les régions, et une baisse sensible du niveau de vie de larges secteurs de la société. Ces derniers –les jeunes en particulier– chômeurs, étudiants ou travailleurs pauvres, se retrouvent devant le choix entre la révolte au risque d’une répression féroce, la soumission à des conditions de vie insupportables, ou l’émigration dans des conditions périlleuses et dégradantes.

Dans le monde –  La liaison intime entre dépossession des ressources et des conditions d’une vie digne d’une part et répression violente de l’autre se manifeste de la manière la plus meurtrière et barbare dans les occupations et les guerres coloniales anciennes et renouvelées que mènent ou soutiennent les grandes puissances. L’occupation et la colonisation de la Palestine, centrale du point de vue de notre rapport au monde, en est emblématique, de même que la destruction et l’occupation de l’Irak. Nous pouvons encore citer l’invasion de l’Afghanistan, les interventions en Colombie, au Honduras ou au Venezuela, le dépeçage de nombre de pays d’Afrique, etc.

Ces guerres contre les peuples et ces occupations sont une condition principale de la perpétuation de l’ordre injuste et inégalitaire qui nous empêche de vivre dignement  » chez soi  » , de nous déplacer librement, de vivre ensemble et de coopérer de manière conviviale et juste.
 

Nous, associations et organisations de l’immigration tunisienne, sommes de manière inséparable solidaires des luttes sociales, des combats démocratiques et des résistances anticoloniales. C’est pourquoi nous plaçons ce premier mai sous le signe de Ferhat Hached, leader syndicaliste et de la lutte de libération nationale tunisien  assassiné par l’organisation de barbouzes colonialistes  » La Main Rouge  » en 1952. Il symbolise pour nous le lien entre lutte sociale, démocratique et anticoloniale.

Paris, le 1er mai 2010

SIGNATAIRES :Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des Tunisiens en France – Paris (ATF-Paris), Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), Union des Travailleurs Immigrés Tunisien – Ile de France (UTIT-IDF), Comité de Soutien aux Militants de l’UGET, Mouvement Ettajdid – France, Parti Démocrate Progressiste (PDP), Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie (PCOT).


Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques Aispp.free@gmail.com 43 rue Eldjazira, Tunis Tunis, le 29 avril 2010
·        Aujourd’hui, jeudi 29 avril 2010, la cinquième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Touhami Elhafi, a examiné l’affaire N°20049 dans laquelle est déféré en état d’arrestation l’étudiant Nourelhak Ben Noureddine Bencheikh, né le 30 septembre 1989, pour incitation à la commission d’infractions terroristes et à l’adhésion à une organisation terroriste. Après l’appel de l’affaire, il a été procédé à l’interrogatoire de l’accusé qui a nié ce qui lui était imputé. Puis ses avocats, Maîtres Samir Ben Amor et Imène Triki, ont plaidé l’absence de fondement de l’accusation portée contre leur client et demandé sa relaxe. A l’issue des délibérations, la commission du tribunal a prononcé son jugement établissant la culpabilité de Nourelhak Bencheikh et le condamnant à trois ans d’emprisonnement. Nourelhak Bencheikh est originaire de Bizerte et a été arrêté au début d’octobre 2009, pour avoir participé à des forums et des sites interdits sur Internet sous le nom de « Abou Elouafa le Tunisien » et pour avoir critiqué le régime en place. ·        La quatrième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Mehrez Hammami, a rendu tard dans la nuit du mercredi 28 avril 2010 son jugement dans l’affaire n°20169 dans laquelle sont déférés les étudiants Mohammed Lafi, Rafik Lafi, Marouane Bachtobji, Slim Terras et Mehrez Alaya. Les peines prononcées à leur encontre vont de cinq à six ans d’emprisonnement. Pour la commission de suivi des procès politiques Le secrétaire général Maître Samir Ben Amor (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

Reporters sans frontières

Taoufik Ben Brik à Paris : prêt à dialoguer et prêt à se remettre à écrire


Taoufik Ben Brik, libéré le 27 avril 2010, est arrivé cet après-midi à Paris, accompagné du secrétaire général de Reporters sans frontières, Jean-François Julliard. Il a tenu une conférence de presse à 15h, à son arrivée à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.

Au cours de la conférence, le journaliste a déclaré vouloir rencontrer le président français, Nicolas Sarkozy, afin de discuter avec lui de la politique française à l’égard de la Tunisie. Il s’est dit prêt également à entamer un dialogue avec le président Ben Ali. « Les autorités tunisiennes mènent actuellement une véritable guerre d’usure contre les rangs de la résistance. Il est temps qu’elles décrètent un cessez-le-feu, afin qu’existe un zest de liberté », a déclaré le journaliste à sa sortie de l’avion. Ses projets aujourd’hui ? « Me reposer, faire un check-up médical et me remettre à écrire le plus rapidement possible », a-t-il ajouté.

Répondant aux questions des journalistes sur le sens d’aller chercher Taoufik Ben Brik en Tunisie, Jean-François Julliard a déclaré : « Il était indispensable pour Reporters sans frontières de s’assurer que Taoufik pourrait sortir du pays sans problème. Mais nous n’oublions pas pour autant le harcèlement que subissent aujourd’hui les journalistes tunisiens indépendants. L’agression dont a été victimeZouhaïer Makhlouf le 24 avril dernier est tout simplement inacceptable. Et le procès de Fahem Boukadous est toujours en cours. Il risque jusqu’à quatre ans de prison ferme pour avoir voulu donner la parole aux ouvriers du bassin minier de Gafsa en 2008. »

Parallèlement, coïncidant avec la libération de Taoufik Ben Brik, Reporters sans frontières constate une augmentation du nombre de sites censurés dans le pays, traduisant un renforcement du contrôle d’Internet en Tunisie. Des sites de partages de fichiers photo et vidéo comme Blip.tv, Metacafe, Wat.tv, VidoEmo, Flickr ainsi que des sites d’informations français, dont Rue89, LeNouvelObs.com et Bakchich.info ont également été bloqués. Des articles de médias internationaux traitant de la libération du journaliste Taoufik Ben Brik sont aussi concernés, même si les sites qui les hébergent sont toujours consultables. Par exemple :http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/8647563.stm,http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/04/27/AR2010042701657.htmlhttp://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hj6QwL3gVV9LxpPNdHUaCBe5kroA

De nombreux blogs tels que amchafibled.blogspot.com, http://trapboy.blogspot.com,http://antikor.blogspot.com,http://arabasta1.blogspot.com,http://yatounes.blogspot.com,http://abidklifi.blogspot.com,http://ounormal.blogspot.com,http://carpediem-selim.blogspot.com,http://bent-3ayla.blogspot.com,http://artartticuler.blogspot.com,http://blog.kochlef.com ont été rendus inaccessibles. Des profils et groupes Facebook et Twitter ont été bloqués, notamment ceux de l’avocat Mohamed Abbou et du militant syndical Mohamed Ayadi.

La Tunisie est un des pays les plus restrictifs du monde concernant la surveillance d’Internet, le filtrage des sites et les poursuites contre les blogueurs et les journalistes en ligne critiques à l’égard du régime. Elle fait partie de la liste des Ennemis d’Internet publiée par Reporters sans frontières en mars dernier .

Pour en savoir plus sur l’agression de Zouhaïer Makhlouf, lire l’article suivant :http://fr.rsf.org/tunisie-un-nouveau-militant-des-droits-de-26-04-2010,37142.html

Pour en savoir plus sur le procès de Fahem Boukadous, lire l’article suivant : http://fr.rsf.org/tunisie-report-du-proces-de-fahem-28-04-2010,36071.html


   Les 2 poids … 2 mesures de l’UNESCO :
Journaliste mort en prison au Cameroun: « préoccupation » de l’Unesco

 


 

AFP, le 30 avril 2010 à 00h28

LIBREVILLE, 30 avr 2010 (AFP) – La directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, a exprimé jeudi « sa sérieuse préoccupation » à la suite du décès en prison au Cameroun du journaliste Bibi Ngota, et réclamé « une enquête approfondie » sur ses circonstances.

Dans un communiqué reçu par l’AFP à Libreville, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) affirme que Mme Bokova « a fait part de sa sérieuse préoccupation à la suite du décès en détention le 22 avril de Ngota Ngota Germain », dit Bibi Ngota, qui était incarcéré depuis le 10 mars à Yaoundé.

« Elle a demandé l’ouverture d’une enquête approfondie sur les circonstances de sa mort », ajoute le texte dans lequel Mme Bokova elle-même s’en déclare « attristée ».

Elle se dit « convaincue que les autorités feront tout ce qui est en leur pouvoir pour faire la lumière sur cette mort tragique et sur les conditions de la détention » du journaliste.

« La détention et le décès de journalistes constituent une perte pour toute société. Il s’agit de la perte d’un regard et d’une voix susceptibles d’informer le public sur des questions qui nous concernent tous », estime-t-elle.

Le 23 avril, Yaoundé a annoncé avoir ordonné une enquête judiciaire sur ce décès. La France a demandé que la « lumière soit faite », les Etats-Unis ont réclamé une enquête « effectuée de manière globale, transparente et sans délai ».

La famille de Bibi Ngota affirme qu’il souffrait d' »hypertension sévère » et de problèmes d’hernie nécessitant une « opération » mais n’a pas eu les soins appropriés.

Jeudi, le porte-parole du gouvernement camerounais, Issa Tchiroma Bakary, a attribué son décès à des « infections opportunistes » liées au VIH, le virus du sida, en assurant que M. Ngota a tardivement appris son statut.

La famille du défunt journaliste s’est déclarée « très indignée » par ces affirmations.

Bibi Ngota a été écroué en même temps que deux autres journalistes, Robert Mintsa et Serge Sabouang, toujours détenus, pour « faux et usage de faux ». Les autorités les accusent d’avoir imité « la signature du secrétaire général de la présidence de la

République sur des documents dont ils se servaient pour (lui) faire du chantage ».

AFP

CETTE UNESCO « PREOCCUPEE » A JUSTE TITRE AUJOURD’HUI POUR CE CAS MALHEUREUX ETAIT BIEN AUX ABONNES ABSENTS TOUT AU LONG DE CES 20 DERNIERES ANNEES.. QUAND LE JOURNALISTESOHNOUN JOUHRI SUCCOMBA EN PRISON EN 1995… QUANDHAMADI JEBALI LE DIRECTEUR DE LA PUBLICATION « EL FAJR » ETAIT EN ISOLATION PENDANT PLUS D’UNE DECENNIE.. QUAND LE JOURNALISTE ECRIVAINABDALLAH ZOUARI ETAIT EN PRISON PLUS DE 10 ANS PUIS SEPARE DE SA FEMME ET SES ENFANTS DANS SON PROPRE PAYS PENDANT DE LONGUES ANNEES… ET ON PEUT CONTINUER A REMPLIR UNE LISTE DE CAS ET DE NOMS TRES … TRES LONGUE !!

 


Remarks With Tunisian Foreign Minister Kamel Morjane Before Their Meeting


 
Hillary Rodham Clinton Secretary of State Treaty Room Washington, DC April 28, 2010   SECRETARY CLINTON: Well, I am pleased to welcome to the State Department Tunisia’s foreign minister. Minister Morjane is an experienced diplomat. He has a great deal of knowledge about the relationship between our two countries and the work and the role that Tunisia is playing not only in the region but more broadly. So we have a lot to talk about, and I am looking forward to our conversation. FOREIGN MINISTER MORJANE: Thank you, Madam. Thank you, thank you. I must say that I am honored and pleased to be here, especially to meet with Her Excellency Mrs. Clinton. I think we all know the good relations which exist between our two countries for a long time. Some people are saying it go back to two centuries. SECRETARY CLINTON: That’s right. FOREIGN MINISTER MORJANE: And this is mainly for me a mission in order to see how we can reinforce this relation in all fields and in all domains, because we want this relation to be a strategic partnership between our two nations. I’m very pleased, Madam, and thank you for the invitation. SECRETARY CLINTON: Thank you. My pleasure, Minister. Thank you all very much.
 
(Source: « The U.S. State Department » le 28 avril 2010)

Le journaliste Ben Brik veut se présenter aux prochaines élections


ATS  / 28 avril 2010 23:33) Le journaliste et opposant tunisien Taoufik ben Brik, libéré mardi après six mois de détention, a dit souhaiter se présenter aux prochaines élections présidentielles en Tunisie, en 2014. Il a souligné que la constitution interdira alors à l’actuel président de se représenter. Le président Zine al Abidine Ben Ali « aura à cette date 78 ans et la constitution interdit que le candidat à la présidentielle soit âgé de plus de 75 ans », a-t-il ajouté. Ben Ali est au pouvoir depuis 23 ans. « Mon rêve est de me présenter en 2014 à l’élection présidentielle, sachant que le président Zine al Abidine Ben Ali devra quitter définitivement le pouvoir à cette date », a-t-il dit en arabe à France 24, dans une interview traduite par la chaîne. Taoufik ben Brik a été libéré mardi après six mois de détention pour avoir agressé une femme, fait qu’il a toujours contesté. Son procès avait été qualifié de politique, dans un pays où la presse est souvent muselée. Il a promis de continuer à critiquer le pouvoir.  

Me Mokhtar Trifi « Le climat est lourd s’agissant des libertés »


Me Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, avocat de Taoufik Ben Brik.

Comment Taoufik Ben Brik va-t-il après six mois de prison  ?

Me Mokhtar Trifi. Il va relativement bien. Aussi bien que l’on puisse aller après six mois de prison dans des conditions très difficiles, avec l’état de santé qui est le sien. Il est certain que l’effet de la liberté a été sur lui immédiat  : il a enfin repris des couleurs.

Comment jugez-vous les charges retenues contre lui  ?

Me Mokhtar Trifi. Nous l’avons dit devant le tribunal  : il s’agissait de charges fallacieuses. Ce procès a été fabriqué de toutes pièces, pour offrir au régime une vengeance contre Taoufik Ben Brik suite aux articles qu’il a consacrés aux élections présidentielle et législatives d’octobre 2009. Tous ceux qui ont eu accès au dossier ont compris qu’il s’agissait d’une manipulation sans rapport avec le droit et la justice.

Pourquoi le régime du président Benali s’acharne-t-il ainsi contre les journalistes, les démocrates, les défenseurs des droits humains  ?

Me Mokhtar Trifi. Ce n’est pas une nouveauté. À Taoufik Ben Brik, on reproche ses écrits sarcastiques, caustiques, très lus. Cette voix libre, le pouvoir ne l’accepte pas. L’espace d’expression des démocrates est aujourd’hui très réduit en Tunisie, le climat est lourd s’agissant des libertés. La liberté de la presse est muselée. Toutes les instances indépendantes le constatent. Ici, dans les postes de police ou dans les prisons, la torture est monnaie courante. Les tortionnaires, eux, ne sont jamais inquiétés en dépit des plaintes. Le comité des Nations unies contre la torture a lui-même tiré la sonné d’alarme.

Comment jugez-vous le silence de la communauté internationale  ?

Me Mokhtar Trifi. La communauté internationale, les dirigeants européens sont obnubilés par la «  lutte contre le terrorisme  » – qui sert souvent d’alibi, ici, à ceux qui veulent flétrir les libertés – et, surtout, par la lutte contre l’immigration clandestine. Au nom de ces objectifs, on absout volontiers le régime tunisien.

Quels sont, aujourd’hui, les projets de Taoufik Ben Brik  ?

Me Mokhtar Trifi. Il reste un écrivain, un journaliste. Il poursuivra donc ses activités.

(Source: « L´Humanité » (Quotidien – France) le 28 avril 2010)


  

 Le site Internet du Nouvel Observateur censuré en Tunisie


NouvelObs.com paye pour son traitement de l’information au sujet de l’emprisonnement du journaliste et opposant politique Taoufik Ben Brik.

« 404 Not Found, the request URL ‘tempsreel.nouvelobs.com’ was not found on this server » (« l’adresse URL demandée n’a pas été trouvée sur ce serveur »), voici le message que voient apparaître sur leurs écrans, depuis plusieurs jours-– plusieurs semaines selon certaines sources – les internautes qui cherchent à accéder ausite Internet du Nouvel Observateur depuis la Tunisie. Celui-ci a été censuré. NouvelObs.com paye son traitement de l’affaire « Ben Brik », du nom du journaliste tunisien et opposant politiqueTaoufik Ben Brik, libéré ce mardi 27 avril après six mois d’emprisonnement à l’issue d’une peine pour violence dans un procès hautement politique.  

« Ben Ali veut ma mort »

Auteur d’écrits satiriques ciblant le chef d’Etat tunisien Zine el-Abidine Ben Ali dans les médias français, notamment NouvelObs.com, Taoufik Ben Brik, 49 ans, avait été arrêté le 29 octobre. Accusé d’avoir agressé une automobiliste, il a toujours nié les faits, se disant victime d’une machination. Selon lui, l’automobiliste, une femme d’affaires, lui aurait volontairement rentré dedans alors qu’il circulait avec son véhicule, avant de l’agresser verbalement, de provoquer son arrestation et de porter plainte contre lui. Il a été condamné le 28 novembre 2009 pour « faits de violence, outrage public aux bonnes mœurs et dégradation volontaire des biens d’autrui » à six mois de prison ferme, une condamnation confirmée le 30 janvier en appel. A sa sortie de prison, son avocat Nejib Chebbi s’est élevé contre « des conditions de détention qui n’ont pas été décentes compte tenu de son état de santé et de sa condamnation ». En effet, Taoufik Ben Brik, atteint du syndrome de Cushing, une maladie dégénérative des défenses immunitaires qui nécessite un suivi régulier, « a été traité comme un détenu de droit commun », « son droit de visite a été violé de nombreuses fois, de même que son droit de rencontrer ses avocats », a indiqué son avocat à NouvelObs.com. Le dissident tunisien aura passé six mois en prison « pour s’être battu pour la liberté d’expression en Tunisie », estime l’avocat. « Mon mari est très affaibli. La semaine dernière, il tenait à peine debout. Il risque de mourir à tout instant », a indiqué de son côté son épouse Azza Zarrad. La femme du journaliste faisait régulièrement parvenirdes textes dans lesquels elle décrivait les conditions de détention du journaliste. Dans un message adressé à NouvelObs.com depuis sa cellule, Taoufik Ben Brik racontait à son tour… « Ben Ali veut ma mort » !  

Un pays de la censure

Qu’ils s’opposent au pouvoir en place ou non, de nombreux sites Internet font l’objet de censure en Tunisie. Les internautes tunisiens n’ont par exemple pas accès aux sites de partage de vidéos en ligne Youtube et Dailymotion, ni aux sites d’informations tunisiens commeTunisNews, hébergé en Suède, ouTunisOnline, hébergé en Allemagne, ni le site de la chaîneAl-Jazeera en arabe (la version anglaise est accessible), ni, encore, les sites de partis d’opposition politique comme par exemple le site du Parti démocrate progressiste tunisien. Facebook est accessible en Tunisie, leprésident Ben Ali compte lui-même plus de 130.000 fans sursa page. En revanche, des piratages fréquents de pages de dissidents ont été constatés, ainsi que des blocages de groupes spécifiques. Ce fut le cas pour un groupe créé par des militants tunisiens pour demander la libération de Taoufik Ben Brik. Le site deReporters sans Frontières est également censuré en Tunisie. Dans un rapport intitulé « les ennemis d’Internet », l’organisme a par ailleurs consacré unchapitre entier au pays. Des outils de contournement de la censure sont accessibles sur Internet, mais beaucoup de ces sites de « proxys » sont inaccessibles depuis le pays. Pour l’instant, mis à part NouvelObs.com, cette censure ne concerne également les sites d’information Rue89, Bakchich.info, et 20minutes.fr. Les autres sites restant à ce jour accessibles depuis la Tunisie. (Tristan Berteloot, Nouvelobs.com) (Source: Nouvelobs.com le 28 avril 2010)  


A mort la mort et mort à B.. A..

Par : BIJU

Il fait bon résister et je résiste et je résisterais jusqu’à la fin de ma mort. MOI le tunisien errant.

Fût-ce à l’encontre de toute rationalité, toute logique, toute raison ! Je ne crois pas à la valeur de l’ordre qui règne, régit et déchaîne le monde.

Moi, j’adore la vie sur toutes ses coutures malgré tout, l’odeur de la grande bleue, toute puante, quand elle pousse à tailler la route vers cet ailleurs qui dans le fond n’existe pas….pour les cons ! Oui seulement pour eux, ils ont toujours le chic de prendre racine dans les longueurs passéistes.

J’aime la pluie d’été ,les paumés , les cocus , les perdants et les perdus , le RAP et la morue la salée de Madère , et même celle qui fait le pied de grue ,qui fait le parcmètre sous un lampadaire pour un ruffian tatoué qui sait que l’aventure n’existe plus .

J’aime aussi certains tunisiens sans savoir vraiment pourquoi , d’ailleurs rien ne sert de connaître la plus part du temps le pourquoi et le comment des choses et des sentiments , autant imaginer et rester assoiffé et affamé dans l’inconnu où tout est possible , tout , même l’impossible amour qui tue , qu’être déçu par la réalité concomitante de notre folie et notre rage diffuse , muette , lâche et refoulée qui nous sape la vue et nous prend à la gorge par défaut , plutôt que par animosité.

Et je n’en ai rien à cirer si tu ne me crois pas , moi j’aime le douceur de leur regard et les plis de leurs caresses ,surtout les tunisiennes qui sont l’avenir du monde , maman chérie , petites sœurs mon cœur bat en vous , de l’air au nom de dieu , de l’air ! Pourquoi Ben Ali existe ? Oui pour aimer les tunisiens, on doit avant toutes choses aimer les tunisiennes, avec leur force , leur douceur , leur courage et leurs reins serrées au plus bas, à la fièvre et l’espérance , et leur chevelure qui font le tour de la mappemonde , et leurs mots si fins qu’on dirait ciselés par les diamantaires du temps , et leurs rires lancinants posés comme des modèles à l’innocence des yeux chérubins , de qui je cause ? Des tunisiennes et de ces vieilles amazones de ce Djérid éternel qui passent en riant sur l’horizon des solitudes inquiètes et juvéniles .Le croiras-tu ? Le bonheur animal dans sa frénésie me prend à la vue des actes de courage et d’héroïsme humains des tunisiennes auxquels j’ai pourtant cessé de croire depuis longtemps, je continue à les vénérer par la force d’une droiture qui m’est chère, parce qu’héritée de millions d’années de solitude.

Elles m’ont tout donné et appris.

Aimer la Tunisie , c’est aimer tout simplement la vie , sans soucis de logique. C’est ainsi et seulement , mon cœur , mes tripes ,mon sexe, mon âme et mon esprit , qu’on finit par en découvrir le sens. Nous tunisiens, nous tenons la moitié de la vérité puisque nous voulons vivre , même en survivant par simples attouchements .Il ne nous reste plus qu’à conquérir l’autre moitié et nous serons sauvé pour l’éternité de l’infamie.

Nous ne pouvons exister , nous constituer , grandir , rêver , s’épanouir et dépasser que dans le souffle commun de notre liberté admise , entre nous et avec les autres hommes, pour nous et dans notre futur commencement , moi BIJU je vous le dis, le mystère de la relation dépasse de beaucoup celui de l’être. Il ne suffit pas d’aimer et de vouloir la vie et la liberté pour découvrir leurs sens. Ce sens ne se révèle pas par l’opération du saint esprit ou la filouterie des charlatans et des imposteurs. Le sens véritable , celui qui déplace les montagnes se produit , se crée , se prend et se donne. Il naît du don de l’exigence , dans la relation libre avec soi-même et autrui. Or un ordre maffieux et dictatorial , népotique qui n’est fondé que sur la force et la violence , sur les rapports d’exploitation , de domination et de mort , ou ordre nécrophage et morbide ,comme celui de Carthage est un ordre condamné.

Et de l’autre côté de la chaîne.

Pourquoi cette aliénation ?

Pourquoi cette occultation néfaste et volontaire des fantastiques richesses de création que possède, que nous possédons, que possède chacun de nous ? Chaque tunisien.

Pourquoi en ce siècle de tous les savoirs , nous , tunisiens qui sommes plus que d’autres le produit de l’Histoire , cette histoire humaine irrespectueuse des gènes , des races , des origines et des affirmations , nous, qui avons survécu à tant d’arbitraire , qui avons survécu à tant de massacres , de génocides et d’ethnocides programmés par des génies du mal , nous qui avons vaincu tant d’épidémies , de pénuries , percé tant de mystères , fait reculer de tout temps le désastre et la mort , nous sommes un miracle du genre et de l’espèce , sommes nous incapables de briser le carcan de nos rôles dans leur funèbre théâtre d’ombres, d’accueillir dans la démocratie , la liberté , la joie , la fraternité et l’amour , l’incroyable et imprévisible rencontre avec notre destin choisi , de donner , enfin , un sens à notre vie et à notre mort aussi ?

Mort à la mort, et mort à B.. A…

 


La Belgique interdit le port du voile intégral musulman


 
 
AFP, le 29 avril 2010 à 20h35 Par Alain JEAN-ROBERT BRUXELLES — Sans gouvernement et plongée dans une grave crise politique, la Belgique est néanmoins devenue jeudi le premier pays occidental à interdire le port du voile islamique intégral dans tout l’espace public, avant la France qui prévoit de présenter un texte en mai. Pour une fois unanimes, quelle que soit leur couleur politique ou leur appartenance linguistique, les députés belges ont voté par 136 voix sur 138 députés présents un texte interdisant le port du voile, non seulement dans tous les services publics, mais aussi dans l’intégralité de l’espace public y compris la rue. Il y a eu deux abstentions. « L’image de notre pays à l’étranger est de plus en plus incompréhensible mais, au moins, par rapport à l’unanimité qui va s’exprimer au sein de ce Parlement sur ce vote interdisant la burqa et le niqab dans notre pays, il y a un élément de fierté à être Belge », s’était félicité avant le vote le député libéral Denis Ducarme. « Nous sommes le premier pays à faire sauter le verrou qui a mis bon nombre de femmes en esclavage et nous espérons être suivis par la France, la Suisse, l’Italie, les Pays-Bas, les pays qui réfléchissent », a-t-il ajouté. « Qu’un pays, un tout petit pays, un peu difficile à gérer, ait pris une initiative comme celle-là, les aidera peut-être à aller plus loin », a-t-il dit. Seule une toute petite partie de la communauté musulmane est concernée, le port du voile intégral étant un phénomène marginal en Belgique. Le texte ne parle pas explicitement de burqa ou de niqab; il prévoit que les personnes qui « se présenteront dans l’espace public le visage masqué ou dissimulé, en tout ou en partie, par un vêtement de manière telle qu’ils ne soient plus identifiables » seront punis d’une amende et/ou d’une peine de prison de un à sept jours. L’espace public désigne l’ensemble des rues, chemins, jardins publics, terrains de sports ou « bâtiments destinés à l’usage du public où des services peuvent lui être rendus ». Des exceptions sont toutefois prévues pour les événements festifs comme les carnavals, s’ils ont été autorisés par décision municipale. Certains experts ont émis des doutes sur l’utilité de cette loi. Ils ont fait remarquer que des règlements de police interdisant de cacher son visage sont déjà en vigueur dans la plupart des communes belges concernées. Depuis un an et demi, des femmes portant un voile intégral sont régulièrement verbalisées. En 2009, 29 procès-verbaux ont été dressés par la police sur l?ensemble de la région de Bruxelles-Capitale pour port de la burqa dans un lieu public. Selon les députés, les textes jusqu’à présent en vigueur, remontaient à l?entre-deux-guerres; ils visaient à l?origine à lutter contre les gangs pratiquant des braquages et n’étaient plus adaptés à la situation. Deux arguments principaux ont été avancés par les législateurs: la question de la sécurité – il faut que chacun soit identifiable en tous lieux – et celle de la « dignité de la femme » et du respect des « principes démocratiques fondamentaux ». Le voile intégral est « une prison mobile » relevant d’une « pratique moyenâgeuse », a estimé le libéral flamand Bart Somers. « C’est la manifestation la plus visible d’autres atteintes aux droits humains », a renchéri son collègue démocrate-chrétien Georges Dallemagne. La chambre haute du Parlement belge, le Sénat, devra également se prononcer sur le texte. Ce qui, compte tenu de la crise politique, pourrait prendre du temps. En France, le gouvernement va aussi présenter à l’assemblée nationale début juillet un projet de loi visant à l’interdiction générale du port du voile islamique intégral dans tout l’espace public.  

Amnesty International condamne l’interdiction par la Belgique du voile intégral


AFP, le 29 avril 2010 à 22h19 LONDRES, 29 avr 2010 (AFP) – L’organisation Amnesty International a condamné jeudi la décision des députés belges d’interdire le port du voile islamique intégral dans l’espace public, qui constitue selon elle « un dangereux précédent ». « Une interdiction totale de se couvrir le visage violerait les droits à la liberté d’expression et de religion des femmes qui portent la burqa ou le niqab », a déclaré John Dalhuisen, l’expert de l’organisation de défense des droits de l’homme sur la discrimanation en Europe. Selon lui, « la décision de la Belgique d’interdire le voile intégral, la première en Europe, constitue un dangereux précédent ». Les députés belges ont voté, à l’unanimité moins deux abstentions, un texte interdisant le port du voile islamique intégral dans tout l’espace public, y compris dans la rue, faisant de leur pays le premier en Europe à franchir ce pas. « Nous sommes le premier pays à faire sauter le verrou qui a mis bon nombre de femmes en esclavage et nous espérons être suivis par la France, la Suisse, l’Italie, les Pays-Bas, les pays qui réfléchissent », s’est félicité le député libéral Denis Ducarme. Amnesty a appelé de son côté la chambre haute de Belgique, le Sénat, qui doit à présent se prononcer, à revenir sur cette décision. Selon M. Dalhuisen, il ne peut en effet « y avoir de justification à la restriction de la liberté d’expression et de religion ». AFP

Voile intégral interdit: un acte liberticide (musulmans de Belgique)


AFP, le 30 avril 2010 à 11h57     BRUXELLES, 30 avr 2010 (AFP) – L’interdiction du voile intégral  jeudi soir par les députés belges est un acte « liberticide et  idéologique », a dénoncé vendredi l’Exécutif des musulmans de  Belgique, appelant les femmes concernées à réfléchir à tous les  recours possibles pour contester le texte.     « Dans un contexte de crise aigüe de notre gouvernement, cette  démarche liberticide et idéologique qui vise à priver quelques  dizaines de femmes en Belgique de leurs droits fondamentaux est  totalement démesurée », a estimé Isabelle Praile, vice-présidente de l’Exécutif des musulmans de Belgique, l’organisme officiel belge  représentant la communauté musulmane.     L’Exécutif « invite toutes les femmes brimées à explorer tous les  recours légaux possibles » pour contester le texte voté jeudi soir  par les députés belges.     Sans gouvernement et plongée dans une grave crise politique, la  Belgique est néanmoins devenue jeudi le premier pays occidental à  interdire le port du voile islamique intégral dans tout l’espace  public, avant la France qui prévoit de présenter un texte en mai.     Pour une fois unanimes, quelle que soit leur couleur politique  ou leur appartenance linguistique, les députés belges ont voté par  136 voix sur 138 députés présents un texte interdisant le port du  voile intégral, non seulement dans tous les services publics, mais  aussi dans l’intégralité de l’espace public y compris la rue. Il y a  eu deux abstentions.     Seules quelques dizaines de femmes, sur une communauté qui  compte des centaines de milliers de musulmans en Belgique, sont  concernées par cette interdiction, dénonce l’Exécutif des musulmans  de Belgique.     Et si certaines femmes ont fait le choix de porter le voile  intégral, d’autres auxquelles il a été imposé risquent de se  retrouver confinées chez elles, avait déjà dénoncé l’Exécutif avant  le vote du texte.  

France/interdiction du voile intégral: le loi prévoit amendes et prison


AFP, le 30 avril 2010 à 13h30     PARIS, 30 avr 2010 (AFP) – PARIS – Le projet de loi sur l’interdiction totale du voile islamique intégral en France prévoit une amende de 150 euros pour toute personne portant « une tenue destinée à dissimuler son visage » et une peine de prison contre ceux qui l’imposeraient à une femme. Selon le journal Le Figaro, qui publie vendredi des extraits du projet, le texte ne mentionne pas spécifiquement le voile intégral, mais stipule dans son article 1 que « nul ne peut dans l’espace public porter une tenue destinée à dissimuler son visage », sous peine d’encourir une amende de 150 euros ou « à titre de peine alternative ou complémentaire, un stage de citoyenneté ». L’article 2 crée un nouveau délit, relatif aux atteintes à la dignité de la personne, d' »instigation à dissimuler son visage en raison de son sexe ». Imposer une telle tenue par « la violence, la menace, l’abus de pouvoir ou d’autorité sera puni d’un an de prison et de 15.000 euros d’amende ». Ce projet de loi, porté par la ministre française de la Justice Michèle Alliot-Marie, doit être transmis au Conseil d’Etat, plus haute juridiction administrative française, pour avis avant son examen en Conseil des ministres le 19 mai, puis à l’Assemblée nationale en juillet. Le port du voile islamique intégral — burqa ou niqab — concerne moins de 2.000 femmes en France, selon les autorités. Son interdiction a fait l’objet d’un vif débat dans le pays depuis des mois, suscitant un sentiment d’exaspération chez certains musulmans et les critiques de l’opposition, qui a dénoncé un risque de stigmatisation des 5 à 6 millions de musulmans vivant en France. « La rédaction du texte n’est pas complètement terminée, il y encore des ajustements à faire et la Garde des Sceaux (ministre de la Justice) y travaille », a indiqué à l’AFP le ministère. Cherchant à obtenir le plus large consensus possible, le gouvernement a indiqué qu’il souhaitait avant la mise en application du texte « une phase » de pédagogie, afin d’essayer de faire en sorte que les femmes concernées « renoncent d’elles-mêmes à porter le voile intégral ». Le bannissement total du voile intégral de l’espace public a été décidé par le président Nicolas Sarkozy, alors même que fin mars, le Conseil d’Etat avait prévenu qu’une interdiction générale pourrait être contestée, jugeant qu’elle « ne pourrait trouver aucun fondement juridique incontestable ». En début de semaine, la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, avait déclaré que les socialistes ne seraient favorables à une loi que si elle reprenait l’avis du Conseil d’Etat et à condition qu’elle soit « efficace, non stigmatisante et constitutionnelle ». Cette question ne fait pas l’unanimité au sein de l’opposition socialiste, certains appelant à voter contre loi jugée « inapplicable », tandis que d’autres, minoritaires, sont pour et prêts à voter le projet de loi du gouvernement.  

Interdiction du voile intégral: De Villepin évoque un « consensus national »


AFP, le 29 avril 2010 à 20h48 YASMINE HAMMAMET (Tunisie), 29 avr 2010 (AFP) – L’ancien premier ministre français Dominique de Villepin, en visite jeudi en Tunisie, a affirmé que le projet de loi prohibant le voile islamique intégral dans l’espace public était l’objet d’un « consensus national ». Il a cependant mis en garde contre le « piège d’une instrumentalisation ». « Il y a aujourd’hui un consensus sur l’ensemble des Français pour qu’une loi ou une réglementation soit adoptée dans les services publics », a-t-il plaidé en réponse à une question sur le risque de stigmatisation pour les musulmans. « Je suis heureux de voir que la décision a été prise de donner du temps au débat au sein des assemblées, nous avons besoin de temps pour trouver la solution qui permettra de rassembler très largement la place politique et les Français », a poursuivi M. De Villepin. Il a cependant mis en garde contre le risque de dérapage et évoqué « en exemple » la loi adoptée sous Jacques Chirac sur l’interdiction du voile et des signes religieux distinctifs à l’école. Selon lui, le défi à travers le débat actuel en France sur le voile intégral est d' »arriver à une sortie du piège de l’instrumentalisation et de l’interprétation religieuse et confessionnelle ». « Evitons d’en faire un débat autour de la religion, évitons de se donner le sentiment de l’instrumentalisation! », a-t-il lancé, soulignant « l’exigence de temps et de consensus sur des questions, qui sont d’intérêt national mais qui dépassent de loin, de par l’écho qu’elles ont, le seul cadre national ». « Plus nous sommes dans une situation difficile, plus il y a la méconnaissance de l’autre, de l’étranger, de l’immigré, plus le risque de dérapage est susceptible de s’accroître », a-t-il averti. Le président Nicolas Sarkozy s’est prononcé pour un projet de loi interdisant le voile intégral qui sera examiné en Conseil des ministres le 19 mai avant d’être renvoyé à l’Assemblée nationale en juillet. M. De Villepin, qui s’apprête à lancer un parti politique en juin, était jeudi l’invité d’un forum international sur le partenariat entre l’Europe, le Maghreb et l’Afrique, à l’initiative du magazine francophone tunisois Réalités. AFP  


Voile intégral : Dominique de Villepin prône la vigilance


Associated Press, le 30 avril 2010 à 01h35 HAMMAMET, Tunisie (AP) –En visite en Tunisie, l’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin, a prôné jeudi la vigilance au sujet du débat sur le voile intégral islamique, en mettant en garde contre « le piège de l’instrumentalisation » et le « risque de dérapage ». Interrogé à ce sujet lors d’un forum international organisé à Hammamet, une station balnéaire à 70 km de Tunis, par l’hebdomadaire tunisien « Réalités » sur le thème « l’Europe, le Maghreb et l’Afrique: pour un nouveau partenariat global », il a mis l’accent sur le « besoin de temps pour trouver la solution qui permettra de rassembler la classe politique et les Français ». « Plus nous sommes dans une situation difficile, plus il y a la méconnaissance de l’autre, de l’étranger, de l’immigré, plus le risque de dérapage, le risque de dérive, est susceptible de s’accroître », a-t-il analysé en soulignant l’impératif d’être « encore plus vigilants ». Tout en notant que le projet de loi interdisant le voile islamique intégral dans les espaces publics faisait l’objet d’un « consensus national », il s’est dit « heureux de voir que la décision a été prise de donner du temps au débat au sein des assemblées ». Le défi, selon lui, est « d’arriver à une sortie du piège de l’instrumentalisation et de l’interprétation religieuse et confessionnelle ». Il suggère, à cet effet, « d’éviter d’en faire un débat autour de la religion », en insistant sur « l’exigence de temps et de consensus » sur des questions qui « dépassent de loin, de par les échos qu’elles ont, le seul cadre national ». AP  

De la burqa à la polygamie, les musulmans de France exaspérés


AFP, le 30 avril 2010 à 10h06 Par Gaël COGNE PARIS, 30 avr 2010 (AFP) – Débat sur l’identité nationale et l’immigration, interdiction de la burqa et désormais polygamie: l’islam est depuis six mois au coeur du débat public en France, suscitant chez les musulmans un sentiment d’être stigmatisés et même leur exaspération. « C’est de plus en plus dur. C’est comme si les gens avaient quelque chose dans le coeur contre nous depuis longtemps et maintenant que les hommes politiques le disent, ils se lâchent », regrette Mamadou Alpha Diallo, 73 ans, devant une mosquée parisienne. Le gouvernement de droite du président Nicolas Sarkozy présentera d’ici juillet au Parlement une loi pour interdire dans l’espace public le voile islamique intégral, burqa et niqab. Et il saisit chaque occasion pour exprimer son opposition à toute manifestation d’un islam radical, qu’il juge contraire au principe de laïcité. Le voile intégral « c’est très marginal », affirme Amar Lasfar, recteur d’une mosquée de Lille (nord), « et pourtant, on focalise, ici en France, là-dessus comme si c’était le problème numéro un des musulmans et de la société ». Selon des statistiques officielles, il concerne moins de 2.000 femmes environ en France. « On a l’impression que l’on trouve des personnes qui portent la burqa à tous les coins de rue. Les gens en parlent beaucoup. Il y a un sentiment d’exaspération parmi les musulmans. Il y a un cri: +laissez-nous en paix!+. » Le débat s’est encore envenimé le week-end dernier après qu’une femme eut été verbalisée à Nantes (ouest) car elle portait un niqab au volant. L’affaire, très médiatisée, s’est ensuite focalisée sur son mari, présumé polygame et membre d’un groupe radical musulman, selon le ministère de l’Intérieur qui a menacé de lui retirer sa nationalité française. « Des épiphénomènes deviennent des faits de société. (…) La recherche de bouc émissaire n’est bonne pour personne », déplore le politologue Rachid Benzine. Les responsables de la communauté musulmane -5 à 6 millions de personnes en France- craignent les conséquences de cette surmédiatisation. Ils remarquent par exemple qu’une mosquée d’Istres (sud-est) a été visée par un mitraillage, dans la nuit de samedi à dimanche. « Les gens sont inquiets par rapport à ce traitement politique et médiatique des choses. Il y a (…) une certaine peur de réactions disproportionnées dans un climat où l’on sent une certaine hostilité », indique Ahmed Jaballah, directeur d’un institut qui forme des cadres de l’islam en région parisienne. Ce risque de stigmatisation des musulmans a été dénoncé par des responsables de l’opposition et par certains dirigeants de la majorité de droite. Ils ont estimé en particulier que le large débat sur l’identité nationale –le sentiment d’appartenance à la nation– lancé en novembre par le gouvernement était porteur de dérapages et de frictions entre les communautés. « Des gens qui n’ont pas beaucoup de rapport avec la pratique du culte musulman se sentent (…) pointés du doigt et vivent très très mal ces débats sur l’islam », regrette Azzedine Gaci, recteur à Villeurbanne (centre-est). Des intellectuels musulmans dénoncent une perception qui assimilerait l’islam de France à une approche radicale de la religion et à de petits groupes plus ou moins extrémistes. Dounia Bouzar, anthropologue, affirme que les discours politiques valident cette vision. « Comme si l’Islam correspondait à ces groupuscules », dit-elle. Elle estime que la communauté a le « sentiment qu’on fait le procès de l’islam ». « C’est ce que les groupuscules voulaient (…): créer une séparation entre les citoyens français autour de la question de l’islam. Les politiques sont tombés dans le piège », déplore-t-elle.  

Turquie: le Parlement adopte en 1ère lecture un projet de révision de la constitution


AFP, le 29 avril 2010 à 08h45 Ankara (afp) Le Parlement turc a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi en première lecture un projet de révision constitutionnelle déposé par l’AKP, le parti au pouvoir issu de la mouvance islamiste. Cette révision vise à réduire les pouvoirs des hautes instances judiciaires, hostiles au gouvernement. Après dix jours de débats-marathon sous haute tension, le paquet d’amendements dont l’article clé réduit les prérogatives de la haute magistrature, bastion de la laïcité, n’a toutefois pas reçu le soutien de 367 députés, soit la majorité des deux-tiers requise pour l’adoption définitive d’une modification constitutionnelle sans référendum. Le Parlement compte 550 députés dont 336 de l’AKP (Parti de la justice et du développement). En revanche, tous les 27 articles ont obtenu au moins 330 voix, ce qui leur permet de prétendre à être confirmés par un référendum. Un deuxième tour de vote est prévu à partir de dimanche, qui devrait durer trois à quatre jours. Puis la loi sera soumise au président de la République Abdullah Gül qui devrait l’approuver puis convoquer un référendum. Vives critiques La hiérarchie judiciaire et l’opposition ont violemment critiqué le projet et dénoncé une volonté de l’AKP de mettre la main sur le pouvoir judiciaire. Le principal parti d’opposition s’est dit prêt à déposer un recours devant la Cour constitutionnelle pour réclamer l’annulation du projet, une fois qu’il aura été approuvé par le chef de l’Etat. Le texte prévoit aussi de ne plus laisser à la seule initiative de la justice la dissolution des partis, dont l’AKP a failli être victime en 2008 pour « activités anti-laïques ». L’AKP assure que cette révision doit aligner la Constitution sur les normes européennes et améliorer ainsi les chances du pays dans sa volonté de candidature à l’Union européenne. L’UE a d’ailleurs salué la décision du parti gouvernemental turc de présenter un projet de révision de la Constitution. D’autres dispositions secondaires du projet concernent les droits des femmes et des enfants et le renforcement des garanties syndicales. AFP  


Projet de complot contre le gouvernement turc: 7 suspects seront jugés


AFP, le 29 avril 2010 à 19h16 ISTANBUL, 29 avr 2010 (AFP) – ISTANBUL – Sept suspects, dont un ancien maire d’Istanbul et un colonel d’active, seront jugés à partir de juin pour répondre d’un projet de conspiration contre le gouvernement turc, parmi plusieurs autres complots déjà devant la justice, selon des documents judiciaires rendus publics jeudi. Le tribunal chargé de cette affaire a en outre émis un mandat d’arrêt contre l’un des principaux suspects, le colonel de marine Dursun Ciçek, accusé d’avoir préparé l’an dernier un document secret détaillant ce plan de déstabilisation du gouvernement islamo-conservateur. Le projet baptisé « plan d’action contre les forces réactionnaires » aurait été rédigé par cet officier travaillant alors à l’état-major et prévoyait de lancer de fausses accusations contre le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, pour le discréditer aux yeux de l’opinion et entraîner la chute du gouvernement. Le même officier de marine avait déjà été arrêté une première fois l’été dernier avant d’être rapidement remis en liberté. L’acte d’accusation présente comme le cerveau du plan Bedrettin Dalan, un ancien maire d’Istanbul et fondateur d’un établissement universitaire respecté dans cette métropole, actuellement en fuite à l’étranger. Il aurait, selon l’accusation, cherché à diriger un nouveau gouvernement, une fois l’AKP éloigné du pouvoir. Le procès s’ouvrira le 28 juin à Istanbul. Le parquet réclame la prison à vie pour MM. Dalan et Ciçek et jusqu’à près de 60 ans d’emprisonnement pour les cinq autres suspects accusés de « tentative de renversement du gouvernement » notamment, précise l’agence de presse Anatolie. Cette affaire fait suite à près d’une dizaine d’autres concernant des projets de conspiration dans les milieux militaires ou civils, visant, à terme, à renverser le gouvernement AKP. Les juges décideront ultérieurement s’il convient de lier ce complot présumé aux autres, en particulier à l’affaire Ergenekon, une nébuleuse politico-mafieuse dont près de 200 suspects sont jugés depuis 2008. Ces multiples enquêtes ont suscité de vives tensions politiques et nombreux sont ceux qui affirment que le gouvernement, au pouvoir depuis 2002, en profite pour réduire au silence l’opposition laïque, avec un projet à plus long terme d’islamisation politique du pays.  


La mortalité adulte révèle des écarts en matière de santé dans le monde (étude)


AFP, le 30 avril 2010 à 01h01 PARIS, 30 avr 2010 (AFP) – L’écart en matière de santé entre pays, ainsi qu’entre hommes et femmes, se creuse dans le monde, selon une étude sur la mortalité prématurée adulte dans 187 pays,publiée vendredi par la revue médicale britannique, The Lancet. L’étude américaine, originale, estime la probabilité qu’a unindividu qui vient d’avoir 15 ans de mourir avant d’atteindre 60 ans. Les risques de décès prématurés les plus bas dans cette tranche d’âge sont relevés en Islande (pour les hommes) et à Chypre (pour les femmes). Dans l’ensemble, les progrès sont surtout enregistrés chez les femmes. En 40 ans, entre 1970 et 2010, la mortalité prématurée adulte a diminué globalement de 34% chez les femmes et de 19% chez les hommes. L’écart entre les deux sexes s’est creusé de 27% durant cette période. La France, qui se rangeait en 1990 parmi les meilleurs au monde pour son faible taux de mortalité féminine pour les 15-59 ans, à la 12e place, a reculé à la 23e place en 2010. La mortalité prématurée masculine y reste parmi les plus élevées d’Europe (34e place actuellement). Pour les deux sexes, elle fait moins bien que l’Italie et l’Espagne. Le score des Etats-Unis n’est pas brillant : 34e en 1990 pour la mortalité féminine et 41e pour la mortalité masculine, le pays passe 20 ans plus tard au 49e rang (femmes) et au 45e (hommes), derrière l’Europe de l’Ouest et des pays comme le Chili, la Tunisie et l’Albanie, et bien sûr loin derrière le Canada. La Russie a dégringolé de la 43e place en 1970 pour la mortalité féminine prématurée à la 121e. La Chine se range désormais au 72e rang (femmes) et au 59e (hommes). L’Afrique australe a maintenant des taux de mortalité dépassant ceux de la de la Suède en 1751. Seuls trois pays, la Suède, les Pays-bas et la Norvège, ont maintenu leur rang dans le « top ten » des meilleurs pour leur faible mortalité masculine entre 1970 et 2010. Divers facteurs expliquent ces disparités dont le tabac et la progression de l’hypertension et de l’obésité dans les pays qui s’enrichissent, ou encore le sida. Ce travail décisif, conduit par Christopher Murray (Seattle, IHME-Institut for Health Metrics and Evaluation), repose sur des indicateurs plus variés que ceux habituellement utilisés. « Seulement 26% de la population mondiale vit dans des pays possédant un état civil complet » (naissances, décès) et jusqu’à présent la mortalité adulte n’est souvent qu’une forme d’extrapolation à partir de chiffres de la mortalité infantile, relèvent des chercheurs japonais dans la revue. AFP


Le Liban sous le choc après le lynchage d’un meurtrier présumé


AFP, le 30 avril 2010 à 16h16 Par Natacha YAZBECK     KETERMAYA (Liban), 30 avr 2010 (AFP) – Le lynchage au Liban d’un homme soupçonné du meurtre d’un couple âgé et de deux enfants par une foule déchaînée qui l’a tué avec une violence extrême sous les yeux des policiers a soulevé une vague de condamnations dans le pays. Mohammad Moslem, un Egyptien de 38 ans, a été tué jeudi alors qu’il arrivait sur les lieux de la reconstitution du meurtre du couple et de leurs deux petites-filles, âgées de sept et neuf ans, retrouvés poignardés à leur domicile mercredi à Ketermaya (25 km au sud-est de Beyrouth). Des centaines de personnes ont traîné le suspect hors de la voiture de police qui l’avait transporté sur place, selon des images vidéo diffuséespar les télévisions locales.Ils l’ont ensuite dénudé, ne lui laissant que son slip et ses chaussettes, puis se sont acharnés sur lui, le poignardant et le frappant à mort dans la place publique, en présence de policiers impuissants. Des images crues montrent également comment la foule a ensuite pendu son corps sanguinolent à un poteau électrique à l’aide d’une corde et d’un crochet de boucher, pendant près d’une demi-heure, au milieu des acclamations et des youyous des femmes. Beaucoup de badauds prenaient des photos avec leurs téléphones portables. « Le temps de la barbarie », titrait vendredi le quotidien francophone  L’Orient-Le Jour. Le chef d’Etat Michel Sleimane a condamné vendredi le lynchage, estimant que de tels actes « ternissaient l’image du Liban ». « Nous avons les noms d’au moins dix personnes ayant participé à ce crime horrible », a indiqué de son côté le ministre de la Justice Ibrahim Najjar. L’Egyptien, arrêté jeudi, était déjà soupçonné du viol d’une fille de 13 ans dans cette même localité, selon un responsable des services de sécurité qui a requis l’anonymat. Mercredi, « il s’est rendu chez Youssef Abou Merhi (75 ans) pour lui demander d’intervenir auprès de la famille de la fille en vue de l’épouser », a indiqué cette source à l’AFP. Selon la loi libanaise, les poursuites contre un violeur cessent s’il épouse sa victime. Le septuagénaire a refusé, ce qui a poussé Mohammad Moslem à le tuer ainsi que les trois autres membres de la famille. Les tests ADN ont prouvé vendredi que le sang sur la chemise du meurtrier présumé et sur l’arme du crime correspondait bien à celui de deux victimes. »On referait la même chose », assure un habitant de Ketermaya à l’AFP. »A quoi vous attendez-vous lorsque la police amène le suspect au moment où les habitants attendaient le cortège funèbre et bouillonnaient de rage? », demande un autre villageois sous couvert de l’anonymat. Des mesures disciplinaires ont été prises à l’encontre d’officiers en raison de « leur mauvaise évaluation » de la situation sur le terrain. »Cet acte barbare et sans précédent n’est possible que dans des paysrégis par la loi de la jungle », commente quotidien Al-Akhbar. « La foule a tué  Mohammad Moslem et avec lui la justice, en pensant que justice est faite ». « Imaginez qu’un autre crime se produise dans un autre village, les habitants vont-ils à nouveau rendre justice eux-mêmes? », s’interroge le  responsable de sécurité sous couvert de l’anonymat. « La vendetta est déjà ancrée dans les milieux ruraux au Liban », affirme à l’AFP Melhem Chaoul, professeur de sociologie. « Mais ce qui s’est passé est une vengeance dans une situation de dissolution de l’Etat de droit » avec plusieurs crimes restés impunis depuis quelques années. « Les gens se disent +si l’Etat ne peut pas châtier les coupables, nous ferons justice nous-mêmes+ », ajoute-t-il. « Le problème est qu’avec ça,  beaucoup d’interdits tombent ».

 

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