29 mars 2011

TUNISNEWS
10 ème année,  N°3962 du 29.03.2011
archives : www.tunisnews.net 


Mouvement Ettajdid: Mouvement Ettajdid et le journal Attariq Al Jadid demandent la libération de l’équipe d’Al Jazeera

AFP: Tunisie: les juifs refusent de quitter le pays, selon un responsable juif

AFP: Un millier d’immigrés venant de Tunisie et Libye arrivent en Italie

Luiza Toscane: Exclu de l’amnistie, Belgacem Naouar se cache


REVUE DE PRESSE


Mouvement Ettajdid
Communiqué
 

Mouvement Ettajdid et le journal Attariq Al Jadid demandent la libération de l’équipe d’Al Jazeera


 
Le Mouvement Ettajdid et le journal Attariq Al Jadid viennent de publier le communiqué suivant :
 
Le Mouvement Ettajdid et le journal Attariq Al Jadid suivent, avec préoccupation, le maintien en détention depuis des semaines, de l’équipe des correspondants d’Al-Jazeera par les autorités libyennes et ce lors d’une mission journalistique dans l’Ouest Libyen.
 
Mouvement Ettajdid et Attariq Al Jadid exigent la libération des deux journalistes Ahmed Vall Ould el-Dine (mauritanien) et Lotfi Messaoudi (tunisien), ainsi que des deux caméramans Ammar Al-Hamdane (norvégien) et Kamel Ataloua (britannique) et réclament le respect de la liberté de presse.
 
Les signataires du communiqué demandent également l’intervention du gouvernement tunisien en particulier pour la libération du journaliste tunisien Lotfi Messaoudi.
 
Tunis le 28 mars 2011
 

 

Tunisie: les juifs refusent de quitter le pays, selon un responsable juif


TUNIS, 29 mars 2011 (AFP) –
29/03/2011 15:16       
 
Les juifs de Tunisie refusent de quitter leur pays et se disent mécontents des « encouragements » du gouvernement hébreu pour qu’ils émigrent vers Israël, a déclaré mardi à l’AFP Perez Trabelsi président de la communauté juive de Djerba.
 
Le gouvernement israélien a débloqué dimanche un budget majorant l’aide aux juifs tunisiens qui souhaiteraient émigrer en Israël.
 
« Nous sommes avant tout des Tunisiens et nous n’avons aucun problème, nous vivons comme tout le monde et aucun juif ne va quitter le pays », a-t-il ajouté soulignant le « mécontentement de la communauté juive contre les déclarations des responsables israéliens sur leur situation en Tunisie »
 
« Les responsables israéliens ont eu des informations fausses sur notre situation », a déclaré M. Trabelsi, également président de la Ghriba, la plus ancienne synagogue d’Afrique sur l’île de Djerba à 500 km au sud de Tunis.
 
« Nous savons qu’il y a une véritable détresse parmi les juifs de Tunisie, dont beaucoup voudraient émigrer en Israël. Nous allons augmenter l’allocation d’intégration pour leur permettre de le faire », avait déclaré le Premier israélien ministre Benjamin Netanyahu, cité dans un communiqué officiel.
 
Les autorités tunisiennes avaient « vivement » dénoncé une « ingérence » et « une tentative de nuire à l’image de la Tunisie après la révolution et de susciter la suspicion sur sa sécurité, son économie et sa stabilité ».
 
Le ministère israélien des Affaires étrangères s’est dit mardi « étonné » de l’émotion de Tunis.
 
« Nous sommes étonnés par le fait que des émigrants tunisiens se pressent par milliers aux portes de l’Europe et ne suscitent aucun commentaire du ministère tunisien des Affaires étrangères. En revanche, ce ministère bondit quand une vingtaine de juifs tunisiens immigrent en Israël », a affirmé à l’AFP Ygal Palmor, porte-parole du ministère.
 
La communauté juive tunisienne compte environ 1.500 membres, dont 1.200 à Djerba (sud) et le reste autour de la capitale, selon M. Trabelsi.

 

Un millier d’immigrés venant de Tunisie et Libye arrivent en Italie


AFP 29/03/11 15:54 GMT
 
Un millier d’immigrés provenant de Tunisie et de Libye sont arrivés dans le courant de la nuit de lundi à mardi en Sicile et à Lampedusa à bord de plusieurs embarcations, ont indiqué les gardes-côtes italiens.
 
La première embarcation, un grand bateau de pêche d’environ 35 mètres de long avec près de 500 personnes à bord dont des femmes et des enfants, est arrivée peu après minuit près des côtes de Raguse, dans le sud de la Sicile.
 
Le bateau s’est échoué sur des rochers près de la côte et les immigrés, essentiellement des Erythréens, des Somaliens et des Ethiopiens fuyant les combats en Libye, ont été transférés à terre à bord de canots des gardes-côtes, par petits groupes.
 
Environ 450 autres immigrés sont également arrivés à bord de trois embarcations dans la nuit à Lampedusa, la petite île italienne qui croule sous le poids des clandestins tunisiens dont près de 20.000 sont arrivés au cours des dernières semaines.
 
La première embarcation avait à bord 190 personnes, essentiellement des Erythréens, tandis que les deux autres transportaient des Tunisiens.
 
Face à la surpopulation des immigrés à Lampedusa, un navire italien a quitté l’île avec 827 personnes à bord qui sont arrivées mardi matin dans les ports de Taranto (Pouilles), dans le sud de l’Italie, d’où elles seront transférées dans un centre d’accueil provisoire créé dans cette région pour faire face à l’afflux des immigrés.
 
Selon les autorités siciliennes, dont dépend la petite île, environ 6.200 personnes s’y trouvaient mardi en milieu de journée.
 
« Si l’île ne se vide pas demain parce que nous n’avons pas les navires alors nous aurons à Lampedusa une bombe prête à exploser », a déclaré à la presse Massimo Russo, responsable pour le secteur de la santé de la région Sicile.
 
Le gouvernement italien a décidé lundi d’envoyer mercredi six navires d’une capacité d’environ 10.000 places pour évacuer l’île, mais le problème risque de ne pas être réglé pour autant car les débarquements pourraient continuer

Exclu de l’amnistie, Belgacem Naouar se cache


 

Le 19 février dernier, une loi d’amnistie générale était promulguée, permettant à des milliers de prisonniers et d’ex prisonniers politiques de sortir de prison et/ou de recouvrer leurs droits.

Pourtant un petit nombre d’entre eux en ont été exclus. C’est le cas de Belgacem Naouar. Ce dernier, originaire de l’île de Jerba, avait été arrêté au lendemain de l’attentat, le 11 avril 2002, devant la synagogue de la Ghriba et qui avait coûté la vie à 21 personnes, (14 Allemands, 5 Tunisiens et 2 Français)

Oncle de Nizar Naouar, considéré par la justice comme l’auteur de l’attentat et décédé dans l’explosion, Belgacem Naouar a été arrêté et écroué. Son procès, qui s’est tenu le 7 juin 2006, au terme de quatre ans de détention préventive et d’une procédure qui a bafoué ses droits élémentaires[1], a conclu à sa culpabilité en l’absence de la défense, et il a été condamné à vingt ans d’emprisonnement  et cinq ans de contrôle administratif, confirmés par la Cour d’Appel de Tunis en décembre de la même année, pour participation à une bande ayant pour objectif la préparation et la commission d’attentats sur les personnes et les biens, la participation à la destruction préméditée et la détérioration des biens d’autrui au moyen d’un explosif ayant entraîné la mort d’êtres humains, la participation préméditée au meurtre d’êtres humains, la participation à la fabrication et à la détention d’explosifs sans autorisation. Belgacem Naouar a clamé son innocence lors de son procès et depuis lors.

Le 15 janvier dernier, alors qu’il était incarcéré à la prison de Sfax, l’administration de la prison a ouvert les portes, permettant à Belgacem Naouar de sortir et de rentrer chez lui. La loi d’amnistie promulguée le 19 février ne le concernera pas, à sa grande déception.

Le 12 mars dernier, une escouade d’agents de la police politique se sont présentés à son domicile pour le ramener en prison. Belgacem Naouar les a persuadés momentanément que son affaire n’était pas totalement scellée puisqu’il faisait appel du fait qu’il n’avait pas été amnistié. Par prudence, il se cache depuis lors.

En effet, la loi du 19 février 2011 prévoit que l’amnistie peut englober des criminels de droit commun si leur affaire est liée à une activité politique.

Belgacem Naouar a été accusé de meurtre, mais son avocat, Maître Samir Ben Amor, considère que son affaire est politique et qu’il devrait à ce titre, bénéficier de la loi.

La loi d’amnistie permet, au titre de l’article 3, de faire appel. Luiza Toscane
 


 

[1] Se reporter au communiqué de l’Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques (AISPP) publié sur Tunisnews : www.tunisnews.net/8juin06f.htm

Consulter « les procès politiques inéquitables in « Tunisie, le cycle de l’injustice », Amnesty International,  http://www.amnesty.org/fr/library/asset/MDE30/001/2003/fr/3a63d962-d75f-11dd-b024-21932cd2170d/mde300012003fr.html


Le rêve achevé de Sofiane Belhaj, blogueur tunisien


En traduisant et en mettant sur Facebook les câbles de WikiLeaks, ce jeune Tunisien de 28 ans a contribué à la chute de l’ex-président Ben Ali.

Sofiane Belhaj est aujourd’hui membre de la « commission tunisienne pour la préservation des principes de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique » (Photo DR).

La première rencontre avec le blogueur tunisien Sofiane Belhaj avait eu lieu fin janvier 2011, dans le hall d’un hôtel à Tunis sur l’avenue Bourguiba, emblématique de la « révolution du jasmin ».

Le jeune homme était arrivé discrètement, silhouette fluette, le visage caché par une casquette à la française, blouson noir et pantalon noir. Un besoin de discrétion déjà pour cet homme de 28 ans, qui menait sa révolution à travers le média qu’il connaissait le mieux : Internet.

Sofiane Belhaj est belgo-tunisien. Il a étudié les sciences politiques à Bruxelles pendant trois ans, formation complétée par deux années de marketing. C’est en 2005 qu’il commence à s’intéresser à Facebook et aux blogs sur les traces de Zouhair Yahyaoui et de son site Tunezine.

Ce cyberdissident tunisien dénonçait la censure et le non-respect des droits de l’homme en Tunisie. Arrêté le 4 juin 2002, il avait été condamné à deux ans de prison pour « propagation de fausses nouvelles ».

Un modèle : le cyberdissident Zouhair Yahyaoui

Emprisonné et torturé, il avait été libéré en 2003, grâce aux pressions internationales. Il est décédé d’une crise cardiaque en 2005, à 37 ans, devenant un symbole de la résistance pour les jeunes en Tunisie.

« Dans ma tête, j’étais décidé à continuer ce que Zouhair Yahyaoui avait commencé. Mais ça n’était pas facile de trouver les blogs. Je suis allé sur Facebook pour suivre le mouvement de grève dans les mines de phosphates de Gafsa (sud de la Tunisie), en 2008, où déjà plus de 1 500 personnes s’étaient mobilisées sur Facebook. Puis, j’ai suivi un groupe qui s’intéressait à l’histoire de l’entrepreneur tunisien Mahbouli, lésé par Bricorama. La famille Ben Ali lui avait tout pris. Il avait monté sur Facebook un groupe “Tunis real news”, en opposition à “Tunisiens de France news” qui refusait de publier ses infos. »

Sofiane Belhaj, qui est un idéaliste, lance alors son propre blog : « I have a dream : Tunisie démocratique ». Hamadi Kaloutcha est son nom d’emprunt sur la Toile.

« J’ai la double nationalité, belge (par ma mère) et tunisienne (par mon père). Je ne voulais pas qu’on utilise cela contre moi et que l’on me dise : “Retourne dans ton pays.” J’ai baigné dans les récits de mon grand-père qui était un militant anticolonialiste. Quand je suis allé vivre en Belgique, j’ai connu le racisme, et j’ai reçu une grande claque. Et puis, tout le monde disait : “Si Ben Ali part, ce sera la pagaille.” Je voulais leur montrer qu’ils avaient tort. »

Son blog veut « démolir » les arguments contre la démocratie

Sur son blog, il affirme vouloir « démolir » tous les arguments contre la démocratie.

« Dans nos discussions sur Internet, on allait au bout des choses. J’ai eu jusqu’à 3 500 membres, beaucoup venaient sur mon blog sans en être membres. Il y avait des personnes de tous bords, du RCD (parti de l’ex-président Ben Ali), des extrémistes religieux. Jusqu’à ce qu’un membre du RCD, furieux des propos que l’on pouvait y tenir, ait fait pirater le contenu de mon groupe de discussion. »

Sofiane reste persuadé que l’histoire est en marche et que rien ne peut plus l’arrêter. « On était tous convaincus qu’il existait des gens mieux que Ben Ali pour gouverner la Tunisie. » Facebook attire alors dans le pays des gens très divers, des Tunisiens des villes, des régions défavorisées, des chômeurs.

L’accès à Internet était déjà très développé parce que l’ancien président Ben Ali avait fait distribuer des ordinateurs à des prix imbattables dans toute la Tunisie. « Toutes les opinions mises en ligne étaient débattues, et notamment des sujets portant sur l’envers économique de la Tunisie. » Autrement dit, les scandales dans lesquels sont impliquées la famille Ben Ali et celle de sa femme, les Trabelsi.

 

« On avait des grands débats, sur Facebook, sur le fait de faire partir ou non le RCD, on incitait aussi les gens à aller prendre leur carte d’électeur, en fait, on a contribué à faire de l’éducation civique, ce qui n’a jamais été enseigné dans les écoles en Tunisie. Beaucoup voudraient qu’aujourd’hui, on forme un parti. Mais si ces discussions ont été possibles, c’est parce qu’on n’imposait rien », raconte-t-il.

Le 6 janvier 2011, Sofiane Belhaj est arrêté par la police

Et d’ajouter : « Le système dictatorial de Ben Ali a lancé les débats sur la toile. Dans un pays hypersurveillé comme la Tunisie de cette période, on pouvait aller sur Internet, sans se montrer, sans avoir à descendre dans la rue, sans prendre trop de risques. Au début, les caciques de la politique étaient dépassés, puis ils ont créé eux aussi leurs pages sur Facebook »

L’implication de Sofiane va crescendo au point qu’il en néglige son couple. « Je passais des heures sur mon écran, du matin tôt, jusque tard dans la nuit. » Fin 2010, il a l’idée de traduire en arabe et en français les câbles de WikiLeaks qui ont trait à la Tunisie. Il les poste sur une page spéciale créée à cet effet sur Facebook, sa page est lue par 170 000 personnes !

Puis, les événements se précipitent. Le 6 janvier 2011, Sofiane est arrêté par la police à son domicile. « Ils sont arrivés à 5 heures du matin, mais heureusement j’avais caché mon ordinateur sous le lit. Par contre, ils ont pris celui de ma femme. »

Il est conduit au très redouté ministère de l’intérieur, et contrairement à l’usage il n’est pas maltraité. « Il y avait déjà une certaine fébrilité, comme si c’était un peu la fin du régime. J’ai été libéré le 9 au soir et j’ai eu droit à une visite médicale. »

« Nous, les blogueurs, on a déposé les armes »

Rivé à son ordinateur, Sofiane a beaucoup médité sur ces années de résistance. Il s’est grisé de cette aventure : « j’ai eu l’impression de faire trembler un régime et j’ai pensé que ce que je faisais aurait un impact. Tous les signaux le montraient. Internet a été un outil d’information pendant la dictature, on cherchait à comprendre, on analysait. On vivait dans un pays où il y avait une chape de plomb. »

Aujourd’hui, Sofiane fait partie d’un comité créé par une ONG tunisienne pour combattre la corruption. Et surtout, il fait partie de la « commission pour la préservation des principes de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique ».« Pour résumer, on travaille à la rédaction d’un code électoral pour l’élection de juillet prochain, à l’Assemblée constituante, précise-t-il. Une mission difficile tant les avis divergent, mais une vraie expérience de la démocratie au quotidien. »

Il n’a pas abandonné pour autant son rêve de créer un journal papier satirique, « quand la législation le permettra ». Si la révolution a déjà bouleversé les comportements, la presse écrite et audiovisuelle n’a guère évolué, les mêmes journalistes sont en poste et le ton est toujours aussi révérencieux envers les autorités.

« Je me suis battu pour une cause. Maintenant, Internet comme en Europe va devenir un tout à l’égout. Et la presse va redevenir intéressante, parce qu’elle est libre. Maintenant, c’est aux journaux de travailler ! Nous, les blogueurs, on a déposé les armes, Facebook va redevenir un outil ludique. Voir les Tunisiens s’arrêter devant des librairies où sont exposés des livres qui avant étaient censurés, cela dépasse mon rêve », confie-t-il. Quel est ce rêve ? « Une société civile pour que le cauchemar que l’on a vécu ne revienne pas. »

Source: “La Croix” Le 29-03-2011

La réponse des Juifs tunisiens aux responsables israéliens: «Nous ne quitterons pas notre pays »


 

«Nous savons qu’il y a un vent de détresse parmi les juifs de Tunisie dont beaucoup voudraient émigrer en Israël».  Non seulement les Tunisiens juifs n’ont pas cédé à cette invite de la ministre israélienne de l’immigration bien qu’appuyée par des incitations financières alléchantes, mais ils l’ont vivement dénoncée par la voix de M. Pérez Trabelsi,  président de la communauté juive de Djerba où réside le gros de cette communauté (1200 personnes sur un total de 1600). Celui-ci a déclaré à l’AFP que ses coreligionnaires  sont attachés à leur pays et n’ont nullement l’intention de le quitter : «Nous sommes avant tout des Tunisiens et nous n’avons aucun problème, nous vivons comme tout le monde et aucun juif ne va quitter le pays », a-t-il affirmé soulignant le « mécontentement de la communauté juive contre les déclarations des responsables israéliens sur leur situation en Tunisie »

Il abonde ainsi dans le même sens que M. Jacques Bismuth, président de la communauté juive tunisienne. Dans une interview (au fait, on s’explique mal l’obstination de la journaliste à s’exprimer en arabe littéral alors qu’il aurait été plus commode de mener l’entretien en tunisien où l’invité est plus à l’aise) au journal de 20H de la Chaîne nationale, le lundi 28 mars, M. Bismuth, un homme d’affaires bien connu de la place et l’un des doyens d’âge de cette communauté s’est inscrit en faux contre les allégations de  la ministre israélienne.

Un  communiqué du ministère des Affaires étrangères avait réaffirmé lundi l’étonnement de la Tunisie face aux « déclarations d’une responsable gouvernementale d’un pays qui a, de tout temps, dénié le droit du peuple palestinien au retour à la terre de ses ancêtres, défiant honteusement la légalité internationale

Le ministère a  rappelé que les juifs tunisiens « ont constitué, tout au long de l’histoire de la Tunisie, une partie intégrante de la société tunisienne, vivant en parfaite harmonie avec ses différentes composantes et dans le cadre du respect de leurs droits et de leurs libertés, en tant que communauté religieuse indépendante ».

Source: ”Leaders” Le 29-03-2011

Les 10 mots de la révolution tunisienne


 

6. « Braquage »

Aujourd’hui en Tunisie, et dans tous les autres pays arabes, il n’y a pas de pénurie d’experts en démocratie. En effet, vous trouverez ceux qui se concentrent sur le sens fondamental de la démocratie et les notions qui lui sont liées comme la liberté, la participation et l’égalité des droits de chacun. Vous trouverez aussi ceux qui se focalisent sur les changements institutionnels nécessaires à mettre en place pour devenir une véritable démocratie, comme une justice indépendante, une nouvelle constitution et un parlement fonctionnel. Enfin, il y a ceux qui appellent au changement par la société civile comme l’expression d’une démocratie citoyenne. Ces discussions, saines et nécessaires, nous aident à comprendre les enjeux liés à l’établissement d’une véritable démocratie et à en comprendre les différentes significations. Cependant, elles nous informent peu sur les facteurs qui contribuent à la création, l’épanouissement et le développement de la démocratie. Elles ne peuvent, en tout cas, donner des réponses pour la région toute entière, de par la spécificité des expériences culturelles, religieuses et économiques et la complexité du contexte historique de chaque pays arabe. Je voudrais contribuer ici à expliquer le déficit de démocratie dans les pays arabes et analyser certains mythes et démythifier certaines hypothèses. De 1990 à 1995, le monde a été témoin de la naissance d’une quarantaine de nouvelles démocraties, ce qui porte le total des pays démocratiques à près de 117, soit 60% du total des pays indépendants. En 2010, ce nombre a atteint les 200, soit près de 88% du total des pays souverains. Chaque région du monde, chaque continent, ou ethnie sont représentés dans ce groupe, sauf les pays arabes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Cette absence est une flagrante anomalie dans le phénomène de globalisation démocratique. Existe-t-il donc une exception arabe dans le domaine de l’expression démocratique et pourquoi les pays arabes ne connaissent-ils toujours pas de véritable démocratie à part le cas spécifique du Liban ? Le principal dénominateur commun des pays arabes est qu’ils sont majoritairement habités par des arabes musulmans. Leurs habitants partagent donc des valeurs communes et un socle culturel et religieux homogène, celui de la culture arabo-musulmane. Se peut-il alors que cette culture soit la raison du déficit démocratique des pays arabes ? Un autre facteur commun qui prédomine dans les pays arabes est le sous-développement économique. Ainsi, des pays comme l’Egypte, la Jordanie, la Maroc ou le Yémen ne seraient pas démocratiques parce qu’ils ne sont pas économiquement développés ? Peut-être aussi que le fait d’être inondé de pétro-dollars soit aussi la cause de l’absence d’innovation technologique et de leadership économique dans les monarchies du Golfe. Je vais tenter de démontrer que le déficit de démocratie dans le monde arabe peut s’expliquer tout d’abord et principalement par les politiques et les choix économiques défaillants effectués par ces pays et non par leur culture ou leur religion. Afin de rejoindre le rang des pays démocratiques, les pays arabes n’ont d’autre choix que de travailler sur les modèles économiques qu’ils devront privilégier. Culture et religion Lorsque nous comparons les 16 pays arabo-musulmans avec les 29 autres pays musulmans mais non arabes (comme le Bengladesh, le Sénégal, la Turquie, l’Indonésie ou la Malaisie), nous trouvons que le deuxième groupe a pu assurer des droits démocratiques raisonnables à ses populations. Parmi les 16 pays du premier groupe, seul le Liban peut avoir une telle prétention. En outre, concernant les élections politiques, huit pays musulmans, là aussi non arabes, ont conduit des élections libres (mises à part celles menées en Algérie en 1991). Ces constats nous permettent donc d’affirmer, même si ce n’est pas d’une manière scientifique, que la religion musulmane n’est pas la cause du déficit démocratique des pays où elle prédomine. D’autres études, comme celle de l’ONG Freedom House ont, elles aussi, conclu que l’islam et la démocratie ne sont pas mutuellement exclusifs. Qu’en est-il de la culture ? Dans notre histoire de peuple arabe et musulman, l’idée de communautés organisées autour de gouvernements représentatifs est pratiquement inconnue alors que les pays musulmans non arabes ont, eux, vécu de multiples expériences de groupes politiques organisés et représentatifs de la population. Pouvons-nous alors dire que les arabes se sont habitués à l’autocratie et à l’obéissance passive de leurs gouvernants, comme cela a été le cas en Tunisie durant les 55 dernières années? Pourquoi cette obéissance passive a pu rester aussi forte jusqu’à constituer un obstacle insurmontable à la démocratie dans le monde arabe, contrairement aux autres pays non arabes qui ont pu la dépasser et adopter des principes démocratiques ? Serait-il possible d’imaginer que les Arabes en général n’accordent pas d’importance aux élections démocratiques comme une forme de gouvernance autonome ? Cette hypothèse ne tient pas si l’on se remémore les élections en Cisjordanie, en Algérie et au Koweit. Près de 80% des citoyens en âge d’élire dans ces pays-là approuvent les principes démocratiques. En outre, selon des études du Baromètre arabe, conduites entre 2005 et 2008, les Arabes ne participeraient à un grand nombre d’élections que s’ils croient que leurs votes seraient pris en compte. En 2008, ils ont ignoré les élections en Egypte. Le même scénario s’est reproduit au Maroc et en Tunisie, lorsque les citoyens ont eu la conviction que les résultats des élections politiques étaient déterminés à l’avance. Politiques économiques et sociales Peut-on lier le bien-être d’un pays à sa capacité à s’engager et à réussir un processus démocratique ? Les niveaux du revenu par habitant de 2009 montrent les résultats suivants. Le Koweit est pratiquement aussi riche que la Norvège, le Bahrein est sur le même pied d’égalité que la France, l’Arabie Saoudite avec la Corée du Sud, Oman avec le Portugal et le Liban avec le Costa Rica. Seuls l’Egypte, la Jordanie, le Maroc, la Syrie et le Yemen sont loin derrière mais ne sont pas plus pauvres en termes de revenu par habitant que des pays comme l’Inde ou l’Indonésie, où la démocratie fonctionne malgré un déficit de prospérité générale. Et même lorsque l’on étudie la distribution du revenu par habitant selon les différentes classes sociales ou les régions, l’on observe les mêmes résultats, c’est-à-dire que les indicateurs économiques ne sont pas pires dans les pays arabes pauvres par rapport aux pays non arabes pauvres. Qu’en est-il du développement humain (éducation et santé) ? Le rang de la plupart des pays arabes est encore plus bas en termes de développement humain qu’il ne l’est au niveau du revenu par habitant. L’Arabie saoudite est rangée 31 places plus bas et l’Algérie 19. En outre, lorsque l’on compare les niveaux de développement humain, on trouve par exemple que ceux des riches Etats du Golfe sont au mieux équivalents à ceux du Portugal et de la Hongrie, alors que l’Arabie saoudite a le même rang que la Bulgarie et le Panama. Si l’on se tourne vers les Etats arabes peu ou pas exportateurs de pétrole, nous pouvons constater par exemple que l’Egypte a le même rang que l’Indonésie et le Maroc le même rang que l’Afrique du Sud. En d’autres termes,  on peut trouver, à tous les niveaux de développement, et en utilisant des critères différents, un grand nombre de démocraties qui sont sur le même plan que des pays arabes non démocratiques avec lesquels, elles partagent les mêmes indicateurs économiques. Alors, si le problème d’absence démocratique n’est pas lié au niveau du développement économique et social, serait-il imputable au modèle économique privilégié par les pays arabes en question ? Dans la plupart des pays arabes, les plus grands employeurs sont les institutions publiques elles-mêmes. Les gouvernements peuvent supporter un sur-effectif colossal dans leurs bureaucraties publiques en utilisant les recrutements en masse comme un chèque avec lequel ils achètent la paix sociale. La société civile est faible et cooptée par des organismes contrôlés par l’Etat. Quant aux règles de fonctionnement du secteur privé, elles sont faussées. Il n’existe pas un réel entrepreneuriat car la plupart des personnes qui font du « business » le font pour le secteur public, se nourrissent de contrats publics ou représentent des entreprises étrangères. Avec de telles structures, il y a peu d’incitations pour investir et créer des entreprises avec une vraie prise de risque. En effet, pourquoi prendre des risques alors des salaires stables sont disponibles et que l’on peut se garantir des profits sans prendre de risques. La majorité des emplois reposant sur le gouvernement, la participation des individus en tant que membres de larges communautés partageant des valeurs est découragée. De même, la dynamique de l’innovation, d’une économie indépendante, de la concurrence, de la propriété individuelle ainsi qu’une forte éthique du travail n’existent pas.Pourtant, à une autre époque, le monde occidental est parvenu, lui, à récupérer, améliorer et transmettre le savoir construit par la civilisation arabo-musulmane qui détenait, alors, le leadership dans les sciences, la médecine, l’astronomie et les sciences humaines et sociales. Mais de nos jours, dans les pays arabes, l’esprit entrepreneurial n’est pas encouragé, conduisant à un tissu économique constitué de petites et moyennes entreprises et un fort taux de chômage et de sous-emploi. L’Egypte et la Tunisie offrent d’excellents exemples de pays où il est extrêmement difficile de créer des entreprises. Combinées ensemble, ces forces créent une structure économique qui décourage la création de libertés politiques et économiques, qui conduisent généralement à la pleine adoption des idéaux démocratiques. Pour parler le langage du monde de l’informatique, nous pouvons dire que tous ces concepts sont des applications que le monde arabe n’arrive pas à télécharger sur ses iphones et ses ordinateurs. Il y a donc un déficit dans la conception et la mise en place des politiques économiques qui expliquerait l’absence de démocratie dans le monde arabe et qui est lié à la manière dont le gouvernement crée des distorsions dans les marchés, les mesures d’incitation, les classes sociales ainsi que dans l’ensemble du fonctionnement de la société.

Source: “Le Nouvel Observateur” Le 29-03-2011

Rumeurs et chuchotements sur la démission de Farhat Rajhi


 

La démission (ou le limogeage) du très populaire Monsieur Propre, alias le Ministre de l’Intérieur, n’en finit pas de soulever la controverse. Les internautes s’interrogent sur les causes qui ont entraînées le premier responsable de la Dakhilia vers la porte de sortie. Alors même que Farhat Rajhi, par ses interventions télévisées, a su donner une nouvelle image sympathique à une institution qui inspirait jusqu’ici plutôt la terreur. On aura également noté que la nouvelle a coïncidé avec la dissolution du RCD, que le ministère a souhaitée. Les rumeurs évoquent un tract particulièrement virulent que des fonctionnaires du ministère auraient fait circuler pour viser personnellement M. Rajhi. Or à l’heure actuelle, alors même que les Tunisiens haussent le ton (notamment sur le web) pour connaître la vérité, les autorités ne daignent se prononcer.

Source : « Tekiano » Le 29-03-2011

Tunisie : les raisons du limogeage de M. Farhat Rajhi ?


 

Le 14 janvier 2011, ils étaient des milliers de jeunes et de moins jeunes, devant le ministère de l’Intérieur à réclamer le départ  de Ben Ali. Une foule compacte où se mêlaient chômeurs, ouvriers, syndicalistes, avocats en robe, médecins et infirmiers en blouse, etc. Tout le monde criait «ministère de l’Intérieur, ministère de la terreur» en pointant du doigt le bâtiment sombre qui symbolise dans l’esprit des Tunisiens, les arrestations arbitraires, la torture et les exactions. Comme par enchantement l’image que l’on avait de ce ministère a radicalement changé en un temps record et ce depuis la nomination de M. Farhat Rajhi, ministre de l’intérieur. Seulement voilà, deux mois après son arrivée au ministère de l’intérieur,  il a été décidé de démettre M. Rajhi de ses fonctions et son remplacement  par M. Habib Essid. Cette décision est pour le moins inattendue en raison de la popularité d’un ministre qui a eu le courage de réaliser une opération de nettoyage au sein d’une institution que certains qualifiaient de « mafieuse ». Bien que nous n’ayons pas encore obtenu la version officielle de ce qui est reproché à M. Farhat Rajhi, nous avons émis quelques hypothèses sur les raisons qui auraient pu amener le Président par intérim, sur proposition du premier ministre M. Béji caid Essebsi, à limoger M. Rajhi. Certaines personnes ont tendance à penser qu’il ne s’agirait pas d’une sanction de son action au ministère, mais une  conséquence de la nomination de Béji Caïd Essebi au poste de Premier ministre. Ce dernier serait ainsi en train de reconstituer progressivement sa propre équipe. Une hypothèse peu probable pour un homme cartésien qui ne jure que pas les résultats. D’autres évoquent le « laxisme » de M. Rajhi vis-à-vis de la situation sécuritaire. En effet, les sit-in et les manifestations ne se sont jamais arrêtés à Tunis comme dans les autres régions malgré l’état d’urgence toujours en vigueur. La goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase, pourrait être l’attaque à Souk Lahad du convoi du ministre du tourisme accompagné d’une quarantaine d’ambassadeurs. Ce voyage dans le sud tunisien visait à encourager les pays de ces diplomates à lever les restrictions de voyage vers la Tunisie. Pour couronner le tout,  lundi 28 mars 2011, en plein jour (vers 12h20), un braquage de l’agence Amen Bank aux Berges du Lac exécuté par deux individus armés, aurait précipité la décision d’opérer un remaniement partiel du gouvernement. Bref, en dépit des décisions populaires prises par M. Rajhi et sa volonté affichée de restaurer la sécurité, il faut reconnaître que les résultats se font toujours attendre !  Chaque nouveau jour apporte son lot d’agressions et d’incidents regrettables qui montrent davantage que l’insécurité est le principal chantier sur lequel doivent se pencher les responsables dans notre pays. Ainsi,  le climat sécuritaire qui prévaut en ce moment en Tunisie aurait vraisemblablement dicté la décision de son éviction au profit d’Habib Essid. Ce dernier  aura pour tâche de reprendre en main une situation qui sans être délétère reste préoccupante. Le retour de la sécurité ne pourrait qu’être bénéfique pour la relance de l’économie ce qui permettra de passer  à un autre chantier tout aussi urgent, celui de l’emploi. Nous attendons dans tous les cas, des explications de la part du chef du Gouvernement.

Source : « Espace Manager » Le 29-03-2011

Tunisie: Le ministre de l’Intérieur Farhat Rajhi a-t-il été limogé?


 

Les deux présentateurs du journal de 20 heures d’Al Wattanya 1 auront tout essayé, le chargé de la presse au ministère de l’Intérieur, Naji Zaïri n’a pas pipé mot, lundi 28 mars 2011, au sujet du remplacement de Farhat Rajhi par M. Habib Essid.

S’agit-il d’un limogeage? Certains observateurs ne sont pas loin de le penser. Pourquoi? Parce que le Premier ministre du gouvernement de transition, Béji Caïd Essebsi, serait, depuis quelques temps déjà, mécontent de la gestion du ministère de l’Intérieur par M. Rajhi. Certes, nous dit-on, les deux hommes s’apprécient, mais la politique a ses règles de fonctionnement.

Mais qu’est-ce qui a fait précisément décider le Premier ministre du gouvernement de transition, qui n’a pas manqué de signifier qui est l’origine de la décision, à faire remplacer M. Rajhi et le lundi 28 mars 2011? La goute qui a fait déborder le vase est l’incident qui s’est déroulé dans le sud tunisien, dans le gouvernorat de Kébili. Quand pas moins de 37 ambassadeurs, invités par le ministre du Tourisme dans cette partie du pays pour doper l’activité touristique, ont été agressés le week-end des 26 et 27 mars 2011.

Pour Béji Caïd Essebsi, cet incident nécessitait une réaction forte pour rassurer l’opinion publique. Ayant dirigé le ministère de l’Intérieur, il a certainement pensé que les choses auraient pu être autres si ce département était dirigé avec plus de fermeté. M. Rajhi, qui a bonne presse pour avoir toujours défendu la rigueur dans la gestion de son département, n’est pas toujours perçu également comme un homme de poigne. La fonction est ainsi faite!

M. Essid est-il l’homme de la situation?Certains observateurs le pensent. Le choix serait ainsi adéquat tant l’homme a beaucoup de «qualité». D’abord, il connaît bien la maison pour avoir été un haut responsable du ministère de l’Intérieur. Et pendant trois années. Où il a gardé des amis, mais aussi la réputation d’un grand travailleur et d’un homme rigoureux.

Ensuite, une connaissance des questions du développement régional. Outre le fait d’avoir occupé des responsabilités au sein du monde agricole, il maîtrise le terrain pour avoir dirigé des entreprises opérant notamment dans le sud tunisien.

Enfin, il a une expérience à l’international qui ne pourrait que l’aider dans un domaine où tout se mondialise, notamment en matière de crimes et délits.

Source: “wmc” Le 29-03-2011

13,76% des Tunisiens veulent adhérer à Ennahdha, selon un sondage GMS


 

Une conférence de presse s’est tenue, lundi 28 mars 2011pour révéler les résultats d’un sondage politique réalisé par Global Management Service (GMS), un bureau spécialisé en études de marché et sondage d’opinion, menée d’une manière indépendante, et est exclusivement financée sur fonds propres. Ce sondage d’opinions politiques a touché un échantillon de 1.060 personnes et a couvert toutes les régions, toutes les strates sociales, toutes les tranches d’âges et tous les niveaux d’instruction. Une équipe d’enquêteurs formés en étude de marché a été chargée de faire des entretiens en face à face aux lieux de travail et à domicile. Cette forme d’administration a permis de sonder en profondeur les opinions des interviewés de toutes les strates sociales et d’aborder des thématiques complexes comme les attentes en matière de changements dans la constitution ou les motivations des choix en matière de régime politique. Salah Attia, l’universitaire qui a orchestré le sondage, a indiqué que les principaux objectifs recherchés par ce sondage sont de mesurer le degré d’intéressement des Tunisiens à la politique après le 14 janvier, de cerner les principales préoccupations des Tunisiens, de mesurer la notoriété spontanée des partis et identifier les principales sources d’informations ainsi que des personnalités politiques et identifier celles qui inspirent confiance aux interrogés, etc. Concernant les résultats obtenus, il en ressort que 40% des participants s’intéressent beaucoup à la politique (dont la majorité ont un âge compris entre 36 et 55 ans et qui sont issus de professions libérales ou sont des cadres supérieurs) alors que 48% s’y intéressent uniquement lors des grandes occasions (élections, remaniement…). Les Tunisiens se préoccupent en premier lieu de la sécurité (70,10%), puis de la résorption du chômage (50,50%) suivie de la mise en place de la démocratie (40,20%). 61% pensent qu’utiliser votre droit de vote serait le plus appropriée pour permettre des changements positifs en Tunisie. Selon ce sondage, 30,46% des Tunisiens ne connaissent aucun parti. Pour ceux qui en connaissent, après le RCD (20,04%), ce qu’ils citent spontanément est Ennahdha avec 17,91%, suivi du PDP 12,20%. 1,36 des questionnés pensent que l’UGTT est un parti ! Le parti le plus cité par les sondés est également Ennahdha avec 46,76%, suivi du RCD (28,75%) puis du PDP (28,07%). Seulement 4% des sondés appartiennent à des partis. Concernant l’adhésion des autres à un parti, 50,72% restent indécis alors que 13,76% comptent adhérer à Ennahdha et 12,31% au PDP. Concernant les personnalités politiques les plus connues, les participants ont répondu spontanément Beji Caïd Essebsi (17%), suivi de Rached Ghannouchi (13,24%), puis de Nejib Chebbi (10,83%). Pour ceux qui sont jugés les plus honnêtes, on retrouve en tête du cortège Beji Caïd Essebsi (34,39%), Farhat Rajhi (12,07%) et Mohamed Ghannouchi (10,15%). Les personnalités politiques dont les questionnés se sentent le plus éloignés sont Rached Ghannouchi (23,6%), Hamma Hammami (18,4%) et Foued Mebazaâ (8,3%).

Source: “Business News” Le 29-03-2011

Tunisie : Une révolution sociale pour la liberté… d’entreprendre ?


 

Les voix particulièrement audibles de la gauche tunisienne, sous les slogans en faveur de la redistribution des richesses, ne pourraient-elles nous faire oublier le sens profond du point de départ de la révolution tunisienne ?

« Laissez faire, laissez passer »

Mohamed Bouazizi, jeune de 26 ans dans une région dévastée par le chômage n’avait trouvé d’autre solution pour survivre et nourrir les siens que de créer sa propre petite entreprise : un stand ambulant de fruits et légumes. Maltraité et insulté par la Police et les agents de l’Etat qui ont confisqué sa marchandise sous prétexte qu’il n’avait pas acheté de licence pour vendre sur la voie publique, Bouazizi s’est immolé par le feu le 17 décembre 2010. Son acte a été récupéré par la gauche et les syndicats qui ont voulu en faire un Che Guevara tunisien.Mais ce jeune n’avait demandé ni allocation ni emploi subventionné. Il ne croyait pas en l’État-providence, simplement en lui-même, et, muni de son chariot de légumes, il avait tenté de s’en sortir par ses propres moyens sans rien demander à personne : Bouazizi était un entrepreneur. Son immolation est un symbole de la bataille du « laissez faire, laissez passer ».

Une confusion entre l’entreprise et le big business

La gauche tunisienne véhicule un stéréotype de l’entreprise fondé sur l’image arrogante d’un patron d’usine ou d’hôtel, réel ou fantasmé. Certes, des pratiques odieuses ont été mises en œuvre dans le silence de Ben Ali par une frange du patronat, mais on semble oublier que l’essence de l’entreprise tunisienne se trouve dans la petite entreprise, familiale ou individuelle : pizzerias de quartier, cybercafés, taxis, épiciers, plombiers etc. Sur les 525 960 entreprises répertoriées en Tunisie 503 636 employaient moins de 6 personnes en 2007 (1). La micro-entreprise représente donc plus de 95% des entreprises formant le tissu économique tunisien. On est loin du cliché de l’exploitation, avec cette multitude de petites entreprises dont 50% sont formées d’entrepreneurs indépendants, libérés du salariat et n’exploitant pas de main-d’œuvre.

Loin des clichés, la libre-entreprise est ancrée dans les aspirations des Tunisiens

En se libérant de la confusion orchestrée par l’extrême-gauche entre l’entreprise et le big business, on peut aisément voir la place prépondérante de la petite entreprise et de la démarche entrepreneuriale dans la société tunisienne. Et de l’importance de ce secteur découlent les valeurs des Tunisiens favorables à l’économie de marché. A regarder les aspirations des Tunisiens, nous sommes loin du modèle des coopératives, inspiré des kolkhozes soviétiques et basé sur l’expropriation, qui fut massivement rejeté dans les années 1960, après avoir été initié par Ahmed Ben Salah , ancien Ministre des Finances de Bourguiba, à qui les Tunisiens ont répondu « dégage ! » il y a déjà 40 ans.

Une partie de la gauche a quand même compris que la liberté économique figurait parmi les valeurs auxquelles est attachée la société tunisienne, engagée dans le processus révolutionnaire. Dans son dernier meeting, Ahmed Nejib Chebbi, leader du Parti Démocrate Progressiste, s’est lancé dans une vive défense de l’économie de marché. Ancienne figure du mouvement d’extrême gauche « Perspectives », Gilbert Naccache s’adressant à la gauche tunisienne a récemment déclaré « La Révolution ne veut pas du socialisme, ne veut pas la chute du capitalisme. C’est une révolution qui va libérer les forces productives de la société, qui les a déjà débarrassées des parasites qui les bloquent. ». Mais son discours fut accueilli par l’indignation…

Un parfum de lutte des classes

Prisonniers du dogme de « l’indépassable marxisme », les « ennemis du capitalisme », s’appuyant sur la puissante centrale syndicale UGTT, ont endossé le rôle d’artificiers en remettant au goût du jour la lutte des classes afin de donner a posteriori à cette révolution de la liberté et de la dignité une coloration marxiste. Le blocage des entreprises orchestré par l’UGTT a déjà conduit à la fermeture de 33 entreprises industrielles, détruisant 2400 emplois.

L’UGTT mène ses troupes vers un combat contre l’entreprise à l’issue duquel patrons et salariés sortiront perdants. Cette lutte se situe à un moment où l’économie tunisienne n’a jamais été aussi fragile et où tout prolongement du ralentissement de l’activité risque de mettre en péril la reprise économique, sans oublier les effets néfastes d’un climat social tendu sur les investissements étrangers qui commencent déjà à se rediriger vers des pays comme le Maroc ou les Etats asiatiques.

La démocratie ne doit pas être un outil de lutte contre entrepreneuriat

Déjà souffrant des réglementations dirigistes qui bridaient les élans entrepreneuriaux, l’économie tunisienne subissait une politique défavorable à la petite entreprise qui plus est ne réussissait pas à obtenir les financements nécessaires à son développement, tandis que l’Etat de Ben Ali encourageait l’octroi massif de crédits à la consommation pour les salariés, un citoyen repu n’étant pas un révolutionnaire…

La liberté d’entreprendre, levier de la prospérité économique, est la source de création d’emplois qui permettra de résorber le chômage. La problématique qui doit nous préoccuper n’est donc pas tant l’emploi, mais l’activité. La libre entreprise, solution crédible au chômage, doit être rendue possible à travers la suppression des contraintes administratives. A cet effet, les micro-entrepreneurs doivent prendre dans l’UTICA, la fédération des entrepreneurs, la place qui leur revient, représentant leur position prépondérante dans le tissu économique tunisien, afin de peser de tout leur poids dans les choix politiques auxquels nous devrons faire face.

Le défi est d’éviter les dérives démagogiques défavorables aux entreprises, qui ne feront que creuser le sillon de la pauvreté en Tunisie. Au lieu de cela, il est impératif de concentrer nos efforts sur les réformes nécessaires à la libération de l’économie tunisienne qui a trop longtemps souffert du dirigisme et du népotisme. A quelques jours du centenaire de Hédi Nouira, Premier Ministre libéral dont la politique économique a permis une décennie de prospérité, c’est dans la consécration des droits de propriété, dans l’efficience d’une justice commerciale équitable et libérée de la corruption, et dans la suppression des entraves à la création d’entreprises, que nous trouverons la voie du développement, à l’opposé de la voie de la servitude que nous indiquent les tenants du marxisme.

Source: “ Afrik.com” Le 29-03-2011

Comment les Franco-Arabes voient les revolutions


 

Après la Tunisie et l’Egypte, la Libye, la Syrie ou encore le Yémen se soulèvent. Des familles d’origine arabe, habitant la banlieue parisienne, livrent leurs impressions sur ces changements historiques. 

Jamais, en France, des événements n’ont suscité une telle attention auprès des familles arabes qui suivent au jour le jour l’actualité à la télévision, sur les chaînes françaises ou sur Al Jazeera. Des discussions naissent au coeur des familles, toutes générations confondues.  

« Pour moi, cette révolution est une bonne chose. Les gens revendiquent la démocratie », déclare Samia, 44 ans, Tunisienne, et originaire de Champs-sur-Marne dans le département de la Seine-et-Marne. Son mari, Amar, 48 ans, fait état de la répression qui régnait au sein de son pays: « Si tu ouvrais la bouche, tu allais en prison ». Leur fille Sarah, 18 ans, en terminale STG au lycée, se souvient d’une anecdote: « Quand je disais à mes cousines qu’elles avaient un dictateur, elles me réprimandaient en me demandant de ne pas en parler ».  

Oum Khoulthoum, 77 ans, Marocaine, et originaire de Noisiel (Seine-et-Marne) souligne la volonté d’émancipation des peuples arabes que traduisent ces soulèvements: « Ces manifestations ont montré que les peuples arabes avaient besoin de s’exprimer ».  

Une offensive contestée en Libye

Hanène a vécu en Algérie durant toute sa jeunesse. Aujourd’hui, cette femme de 35 ans s’interroge sur tous ces morts dans le monde arabe, et pense que le dialogue reste la meilleure solution: « Il faut dialoguer, il faut parler. Des innocents meurent chaque jour ». Néanmoins, elle réclame que l’Algérie opère « d’urgence » de profonds changements, notamment en faveur des jeunes « Il n’y a pas de travail pour eux. Pas d’avenir. Il est là, le vrai problème ».  

 

Oum Khoulthoum, elle, souhaiterait que le dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, quitte le pays: « Cela fait plus de quarante ans, et il est toujours au pouvoir ». Cependant, elle émet des réserves quant à l’offensive de la coalition lancée par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, le 18 mars dernier: « Cette révolution est celle des Arabes. C’est à eux de trouver une solution à la corruption, au chômage et à la misère. »  

« Tout le monde réclame ses droits »

Samia ne mâche pas ses mots: « Ce sont tous des dictateurs. Bachar el Assad (NDLR: le président de la Syrie) aussi. » Amar, lui, espère qu’il y aura une renaissance politique au sein de l’Etat tunisien et de tous les pays arabes: « Il faut un autre esprit, une autre mentalité ». De retour de Tunisie, il y a quelques jours, le couple a déjà constaté le changement: « Tout le monde réclame ses droits: les commerces, les sociétés, les journalistes aussi! Les jeunes, maintenant, veulent travailler mais tant qu’un nouveau gouvernement ne sera pas en place, la situation restera difficile ».  

Pour Samia et sa fille, « ces manifestations doivent continuer ». Jusqu’à un certain point tempère Oum Koulthoum: « Au Maroc, on ne peut pas virer le roi ».

Source: “L’express” Le 29-03-2011

Tunisie. Ennahdha acceptera-il une constitution laïque?


 

Les leaders du mouvement islamiste Ennahdha ne cessent d’invoquer l’Akp, le parti islamiste modéré de Turquie, comme un modèle pour la Tunisie. Simple effet d’annonce, en perspective des élections du 24 juillet, ou mutation politique profonde?

Le parti islamiste tunisien a été légalisé au début de ce mois, après trois décennies d’interdiction et de répression. Longtemps muselés, emprisonnés ou contraints à l’exil, ses dirigeants sont enfin libres et participent au processus de transition démocratique en cours dans le pays. Fortement présents dans les enceintes de débat qui se sont multipliées dans la Tunisie post-Ben Ali, ils reprennent donc naturellement leur place dans les espaces médiatiques où ils font entendre un discours d’ouverture, appelant au dialogue et à la recherche du consensus pour construire la démocratie tunisienne.

 

Un discours de conciliation

Ayant longtemps souffert de l’exclusion et de l’ostracisme d’un système politique qui les a diabolisés, les dirigeants islamistes tunisiens cherchent visiblement à rassurer leurs compatriotes et à se replacer sur la scène tunisienne en tenant un discours de conciliation. Dans leurs interviews et/ou participations aux talk-shows politiques, nouveau sport national, ils défendent souvent des thèses consensuelles et centristes.

On ne touche pas au Code du statut personnel, à la monogamie et aux acquis des femmes en général, mais on n’interdit pas non plus le port du voile à celles d’entre elles qui le désirent, la liberté n’étant pas divisible, disent-ils.

S’ils admettent du bout des lèvres la nécessaire séparation de l’Etat et de la religion, sans laquelle la démocratie n’est pas concevable, ils s’empressent cependant d’expliquer que la laïcité veut dire aussi que l’Etat n’intervient pas dans les affaires religieuses et s’engage à respecter le culte.

 

La «turquisation» du système politique tunisien

A ceux qui les accusent de vouloir instaurer une dictature religieuse, ils répondent que leur projet est d’abord culturel, social et politique. Et appellent à la rescousse, comme une promesse de bonne conduite, le modèle de l’Akp, le Parti pour la justice et le développement de tendance islamiste au pouvoir à Ankara depuis 2002, et qui a réussi à assurer le décollage économique de la Turquie.

Parmi les chantres de cette «turquisation» du système politique tunisien, on citera, notamment, Rached Ghannouchi, le n° un d’Ennahdha, qui a confié récemment au journal en ligne ‘‘Zaman’’, proche de l’Akp, que les Tunisiens considèrent la Turquie comme un exemple dans sa reconstruction démocratique.

Le leader du parti islamiste tunisien a en effet déclaré: «Pour nous, l’Akp est un modèle». L’ancien professeur de philosophie âgé de 69 ans, qui n’hésite pas à comparer l’idéologie de son parti avec celle de l’Akp, ajoute: «Depuis qu’il est au pouvoir, l’Akp a réconcilié l’islam et la démocratie». «Nous voulons bénéficier de l’expérience turque», conclut-il en annonçant son projet de voyage en Turquie en avril.

 

Un islam en harmonie avec l’époque contemporaine

Même son de cloche chez Abdelfettah Mourou, qui considère, lui aussi, l’expérience turque en matière de transition démocratique et de modernisation de l’islam comme un modèle. Cheikh Mourou, l’un des leaders historiques d’Ennahdha et ex-numéro 2 du mouvement Ennahdha dont il a démissionné en 1991, précise au même journal en ligne qu’il s’est rendu plusieurs fois en Turquie dans sa jeunesse et qu’il est même retourné à Istanbul pour étudier les œuvres de Said Noursi et Moustafa Sabri Efendi.

D’après lui, la philosophie de Said Noursi a permis aux musulmans de Turquie de se développer dans les secteurs économique, social et éducatif. «La Tunisie a besoin d’une pensée islamiste en harmonie avec l’époque contemporaine. Par exemple, il est inacceptable de défendre aujourd’hui la polygamie qui fut pratiquée autrefois sous certaines conditions», a-t-il affirmé.

 

L’islam dans un pays laïc

Hamadi Jebali, premier secrétaire général d’Ennahdha, qui a été emprisonné pendant 13 ans sous le régime de Ben Ali, va plus loin en récusant la dénomination d’«islamiste» pour désigner son parti et accepte le modèle d’une

société laïque à la turque. Cet ingénieur spécialisé en énergie, qui représente le segment modéré du mouvement islamiste tunisien affirme dans une interview à ‘‘Zaman’’: «Nous revendiquons une Tunisie laïque. L’islam peut parfaitement être vécu dans un pays laïc». Il s’empresse cependant de nuancer: «La laïcité ne comporte pas qu’une seule définition. Nous n’approuvons pas le modèle français de la laïcité où l’Etat exerce son autorité sur la religion. C’est plutôt un respect de la religion que nous recherchons. Une laïcité qui serait respectueuse des rassemblements de fidèles, des minorités et de la liberté de culte. Cela correspondrait plus particulièrement au modèle anglo-saxon».

Mais s’il récuse les modèles laïques de la France et de la Turquie d’avant l’arrivée de la l’Akp, M. Jebali ne cache pas sa préférence pour le modèle laïque de la Turquie actuelle: «Les réformes démocratiques apportées dernièrement ont permis à la Turquie de bâtir une laïcité plus modérée.» Et de préciser: «Le régime laïc tunisien, que nous venons de quitter était semblable à l’ancien modèle turc. Nous voulons réaliser le même changement que la Turquie a connu avec l’Akp».

Peut-on inscrire la laïcité dans la constitution?

Autant les Tunisiens se félicitent de cette évolution idéologique des dirigeants historiques d’Ennahdha, qui promettent de ne pas toucher aux acquis de la modernité tunisienne, fruits de deux siècles de réformisme, autant ils se demandent si Ennahdha, avec son ancienne garde et ses nouveaux loups, va accepter d’aller jusqu’au bout de cette mutation.

La question qui se pose, à cet égard, est la suivante: les leaders d’Ennahdha, qui seront élus à l’Assemblée constituante, accepteraient-ils, par exemple, que la laïcité – c’est-à-dire la séparation de l’Etat et de la religion – soit inscrite dans la nouvelle constitution tunisienne, à l’instar de l’Akp, qui s’est engagé à respecter la laïcité inscrite dans la constitution turque? L’article 2 de la constitution turque de 1982 stipule en effet que «la République de Turquie est un État de droit démocratique, laïque et social, respectueux des droits de l’homme dans un esprit de paix sociale, de solidarité nationale et de justice…».

Les Tunisiens, qui ont appris à ne méfier des discours soporifiques et qui ne font plus confiance à leurs élites, islamistes y compris, ne jugeront pas Ennahdha et les autres partis islamistes autorisés sur leurs déclarations mais sur leurs actes.

Source : « Kapitalis » Le 29-03-2011

Instance Yadh Ben Achour : la dernière liste actualisée des membres du Conseil


 

De 71 membres, ils sont désormais au nombre de 145 à siéger au Conseil de l’instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, présidée par M. Yadh Ben Achour. Cette liste n’est pas encore définitive et serait appelée à s’élargir davantage pour accueillir notamment les représentants des régions. L’UGTT, la LTDH, le Conseil de l’Ordre des Avocats et d’autres formations de la société civiles ont été invités à proposer ces représentants.

Lors de 4ème séance plénière,tenue mardi 29 mars après-midi, pour la première fois au siège de la Chambre des Conseillers, au Bardo, la liste actualisée a été établie par ordre alphabétique en langue arabe, ordre respecté pour l’attribution des sièges. Elle se présente comme suit :

  1. Ibrahim Bouderbala
  2. Abou Yaareb Merzougui
  3. Ahmed Khaskhoussi
  4. Ahmed Rahmouni
  5. Ahmed Seddiq
  6. Ahmed Kahlaoui
  7. H’mida Naifar
  8. Ahlem Belhaj
  9. Adib Soudana Ktar
  10. Assia Haj Salem
  11. Amine Sami Ben Sassi
  12. Anouar Ben Kaddour
  13. Imane Khemis
  14. Béchir Béjaoui
  15. Bilal Falhi
  16. Belgacem Abbassi
  17. Beyram Belaifa
  18. Taoufik Jeridi
  19. Gilbert Naccache
  20. Jalila Baccar
  21. Habib Ghalleb
  22. Hassine Dimassi
  23. Hassine Abbasi
  24. Hayet Hamdi
  25. Khedija Cherif
  26. Khalil Zaouia
  27. Kheireddine Souabni
  28. Dorra Mahfoudh
  29. Radhia Belhaj Zekri
  30. Rabiaa Ben Taarit Abid
  31. Rachid Guermazi
  32. Ridha Bouzriba
  33. Zouhour Kourda
  34. Zouheir Makhlouf
  35. Zeineb Farhat
  36. Salem Ayari
  37. Semia Elbekri
  38. Sami Jerbi
  39. Saida El Akremi
  40. Saida Guerrache
  41. Sofiane Belhaj Mohamed
  42. Sofiane Chourabi
  43. Samir Ben Amor
  44. Samir Dilou
  45. Samir Rabhi
  46. Samir Taieb
  47. Samir Annabi
  48. Saida Harrathi
  49. Saida Aouatef Zarrouk
  50. Sophie Bessis
  51. Chokri Belaid
  52. Sahbi Atig
  53. Sofia Hammami
  54. Tarek Ben Hiba
  55. Tarek Saidi
  56. Aida khemiri
  57. Abdelbasset Ben hassen
  58. Abdeljabbar Bssaies
  59. Abdeljelil Bouraoui
  60. Abdelhamid Largueche
  61. Abderraouf Laabidi
  62. Abderraouf Ayadi
  63. Abdessettar Ben Moussa
  64. Andelaziz El Ayeb
  65. Abdelaziz Mezoughi
  66. Abdelkader Zitouni
  67. Abdellatif Haddad
  68. Abdelmajid Charfi
  69. Abib Briki
  70. Adnane Hajji
  71. Issam Chebbi
  72. Afef Boughrara
  73. Alia Cherif
  74. Ali Ben salem
  75. Ali Bouazizi
  76. Ali Mahjoubi
  77. Imed Hidouri
  78. Imed Amira
  79. Omar Mestiri
  80. Ayachi Hammami
  81. Ghezala Kasmi
  82. Elfadhel Bettaher
  83. Farhat Gammarti
  84. Ferida Laabidi
  85. Faouzi Sedkaoui
  86. Faouzi Charfi
  87. Faouzi Hadhbaoui
  88. Kais Sellami
  89. Karima Derouiche
  90. Karim Ketib
  91. Kelthoum Kennou
  92. Kamel Jendoubi
  93. Lazhar Akremi
  94. Latifa Lakhdhar
  95. Lotfi Yaacoubi
  96. Lamia Ferhani
  97. Maher Hnine
  98. Mabrouk Harrabi
  99. Marouane Cherif
  100. Mohsen Marzouk
  101. Mohamed Boussairi El Abdelli
  102. Mohamed Bouzghiba
  103. Mohamed Jmour
  104. Mohamed Habib Mestiri
  105. Mohamed Seghaier Ouled Ahmed
  106. Mohamed Talbi
  107. Mohamed Ali El hani Bouargoub
  108. Mohamed Koumani
  109. Mohamed Kilani
  110. Mohamad Lakhdhar Lala
  111. Mohamed Nejib Chaabouni
  112. Mohamed Ennouri
  113. Mohamed Hedi Kahouli
  114. Mahmoud Dhaouadi
  115. Mokhtar Trifi
  116. Mokhtar Yahyaoui
  117. Messoud Romdhani
  118. Mustapha Ben Ahmed Tlili
  119. Mustapha Tlili
  120. Mustapha Filali
  121. Mouna Oueslati
  122. Mongi Ben Othmane
  123. Mongi Bouazizi
  124. Mongi Ellouze
  125. Mongi Miled
  126. Moncef Yaacoubi
  127. Moncef Ouannes
  128. Mounir Graja
  129. Mehdi Mabrouk
  130. Nejiba Hamrouni
  131. Nessim El Kefi
  132. Nidhal Slimani
  133. Noomane Mezid
  134. Naima Guiza
  135. Naima Hammami
  136. Noureddine Behiri
  137. Noura Borsali
  138. Hédi Ben Romdhane
  139. Hedia Jerad
  140. Hela Abdeljaoued
  141. Hichem Djaiet
  142. Youssef Salhi
  143. Anouar Koussari
  144. Fathi El Ayouni
  145. Rached Barguèche.

Source: “Leaders” Le 29-03-2011

La toile

Les imposteurs dévoilés

 


 

La toile, après s’être révoltée, s’agite ces derniers temps. Il devient dur de suivre les actualités qui sont postées toutes les deux minutes et l’internaute tunisien ne sait plus où donner de la tête.

Des rumeurs, des secrets dévoilés, des analyses politiques, des informations, des appels aux sit-in, des appels au retour à la vie normale, des condamnations, des blanchissements de personnes… les milliers de Tunisiens adhérents au réseau social Facebook sont entre récepteurs et participants à la riche matière existante sur le réseau.

 

Ce qui se passe dans la rue est immédiatement transmis sur le net et aussitôt l’information diffusée, les réactions ne tardent point. Ainsi, la Kasbah 3 par exemple n’a point laissé les internautes indifférents…

La Kasbah 3

Non seulement cet évènement a suscité différentes réactions entre ceux qui la soutiennent et ceux qui la refusent, mais a également mis le ministère de l’Intérieur et le gouvernement dans une situation délicate face au peuple.

Un appel au sit-in a parcouru le net bien avant l’évènement en soi. Quelques milliers y ont adhéré appelant justice pour le sang des martyrs, clamant la consolidation des réformes en Tunisie et exigeant l’arrestation de ce qui reste des agents de l’ancien système, policiers, politiciens ou autres… D’autres groupes, toujours comptant des milliers de personnes ont refusé le sit-in prétextant que la Tunisie s’écroule et rappelant ce qui s’est passé le vendredi de la colère à l’Avenue Habib Bourguiba.

L’arrestation de certains organisateurs de la Kasbah 3 et la décision du ministère d’arrêter certains activistes de Facebook a augmenté l’intensité du débat portant sur le sit-in. La majorité a refusé ce « retour à la représsion » et cette interdiction de la liberté d’expression. Parmi elle, on y trouve même ceux qui refusaient l’organisation de Kasbah 3. Pourquoi laisser en liberté ceux qui ont volé, torturé, réprimé le peuple tunisien et arrêté quelques jeunes pour avoir tenté de s’exprimer et est-ce là le gouvernement de Qaïd Essebsi ? Que de questions parcourent le net depuis la fin de la semaine. Quelques vidéos ont été postées pour démentir la version officielle qui dit que les organisateurs des sit-in ont fait preuve de violence. Le ministre de l’Intérieur et le Premier ministre ont vu alors leur cote baisser…

C’est peut-être pour cela qu’à l’instant même que le gouvernement a annoncé la destitution de Farhat Rajhi et son remplacement par Habib Essib, l’information a circulé comme une traîné de poudre.

Cet évènement a également suscité une réaction par rapport aux administrateurs des principales pages mobilisant les jeunes dans la « lutte ». Quelques milliers ont respiré, considérant que ces administrateurs sont coupables d’incitation à la haine et à la violence et qui sont peut-être plus enclins à détruire la Tunisie plutôt qu’à la construire. D’autres milliers de facebookers voient en ces administrateurs des héros et des braves et qu’il ne faut point emprisonner quelqu’un car il tente de « mettre à nu les crimes du régime ». Néanmoins, les internautes ont pris l’initiative de dévoiler les noms de certaines personnalités « nuisibles » et activistes sur le net. Ainsi, ils ont monté et partagé une vidéo présentant un administrateur qui a fait circuler plusieurs vidéos insultant des personnes publiques et attaquants les pros-laïcs. On le voit alors sur la vidéo menant sa vie à l’étranger et appelant les jeunes ici à sortir manifester. Sur les passages où il défend l’Islam et attaque la laïcité sur la vidéo, on le voit en parallèle dansant avec des jeunes filles étrangères ou buvant de l’alcool. Cette initiative avait pour but de mettre fin à l’influence qu’il avait en présentant « son côté hypocrite ».

Laïcité, Islam

Et justement, cette vidéo entre dans le cadre de la prévention contre ceux qui incitent à la haine certes, mais également pour démontrer que ceux qui attaquent les laïcs ne sont pas forcément les plus pieux ! Et le débat laïcité/ Islam continue à faire rage sur la toile.

On note par ailleurs, un amalgame – et l’on ne sait point si c’est conscient ou pas – entre laïcité et athéisme et les antis laïc choisissent justement cette argumentation pour contrer ceux qui appellent à la laïcité. Les internautes remarqueront alors des mises en garde telle que « Ils veulent détruire l’identité arabo-musulmane de la Tunisie », « c’est le combat contre l’Islam » et d’autres slogans de la sorte. Le discours revêt alors un caractère sacré et une guerre sainte s’annonce de la sorte sur le net. De l’autre côté, les laïcs, alliés aux personnes qui refusent la présence de partis islamistes au pouvoir, partagent des vidéos rappelant les évènements de Bab Souika ou alors des scènes de flagellations et de lapidation en demandant « voulez-vous de cela en Tunisie ? ».

Entre argumentation, passion, « Takfir » ou appel à découvrir l’Islam, la toile tunisienne dévoile des courants qu’on croyait jusque là inexistants en Tunisie. La peur augmente face à quelques discours parfois violents et extrémistes et cette peur fait que l’on imagine déjà les Islamistes au pouvoir. Les sympathisants des Islamistes partagent quant à eux des informations et des vidéos visant à rassurer les Tunisiens par rapport au model musulman dans le gouvernement.

Partis politiques et économie

Et ils restent curieux et vigilants les internautes tunisiens suivent les différents partis politiques naissants. On partage alors la liste des partis avec leurs orientations, chef et positionnement et l’on ne rate aucun discours d’un chef d’un parti naissant. Les articles publiés présentant chaque parti sont aussitôt partagés et critiqués. Non seulement les Tunisiens veulent apprendre à mieux choisir, mais ils veulent également passer l’information pour être aidé les autres à apprendre et à bien choisir…

Dans ses débats politiques, les Tunisiens n’oublient nullement l’économie du pays. Ainsi, on retrouve sur Facebook les informations relatives à la bourse, aux évènements économiques, aux achats et ventes des entreprises, mais aussi des vidéos postées dans le but de promouvoir le tourisme en Tunisie. Ils lancent un appel aux touristes de choisir notre pays comme destination de leur voyage et argumente leur appel en diffusant les atouts de la Tunisie.

Divertissement voyeuriste ?

Malgré le côté intellectuel et le profil politisé de la toile en Tunisie, les Tunisiens qui s’intéressent aujourd’hui à la politique et à l’économie, continuent à ressentir de la curiosité en tout ce qui concerne l’ancienne famille présidentielle. Ainsi, les vidéos des Trabelsi au pèlerinage, de Belhassan Trabelsi en vacances, de Leila aux Seychelles, et – la cerise sur le gâteau, de toute la famille quelque part dans le monde – sont aussitôt partagées et commentées. C’est là un divertissement qui amusent les Tunisiens et qui alimentent leur curiosité face à une famille qui a été présente mais distante pendant 23 ans. Bien évidement, les appels continuent à être lancés pour que la famille soit jugée et leurs fortunes restituées au peuple…

Source: ”Le Temps” Le 29-03-2011

Portrait – Abdelfattah Mourou

La nouvelle coqueluche


 

«Certains utilisent les mosquées pour des objectifs bassement politiques. D’autres n’ont aucun sens du patriotisme et s’entêtent à faire ancrer dans notre pays une approche de la religion importée des pays d’Orient ».

Fondateur du mouvement « Ennahdha », il faisait depuis le début figure d’out-sider-trop modéré pour les ténors de l’islamisme tunisien purs et durs de l’époque ?

Il n’en demeurait pas moins dangereux pour autant, le pouvoir de Bourguiba se méfiait viscéralement de tout ce qui avait trait au religieux

Epargné par la grande répression qui a frappé les militants de « En-Nahdha » pendant les dernières années du règne du plus laïc des chefs arabes dans un premier temps  et, quelques années plus tard, par les sbires de l’ultra-tortionnaire Ben Ali qui avait fait de sa lutte contre les islamistes son atout le plus puissant, Mourou avait fait carrière dans des instances extraterritoriales.

Depuis l’avènement de la Révolution en Tunisie, il n’a manqué aucune occasion pour se montrer au public et s’adresser à lui. Première apparition, à l’aéroport, venu accueillir parmi d’autres chefs historiques du mouvement celui qu’on présentait comme son chef incontournable et effectif : Rached Ghannouchi. Depuis on l’a revu comme invité d’honneur sur Nessma puis plus récemment sur Hannibal.

Séducteur hors pair

Et ces deux apparitions provoquèrent un véritable branle-bas de combat. L’homme s’avère être un séducteur hors pair. Tout d’abord l’habit qui –même s’il ne fait pas le moine- fait l’imam. Tout en soie brodée, chemise blanche immaculée. Ensuite cette élégance on ne peut plus tunisienne (on ira jusqu’à dire tunisoise) est accompagnée par une éloquence digne des grands maîtres de la rhétorique teintée par ce trait d’humour improvisé nécessaire à tout séducteur qui se respecte. Ajoutons à cela un patriotisme tunisien tout en dentelles et savamment distillé, une lucidité d’analyse et un courage qui font généralement défaut à ceux qui parmi les chefs  se réfèrent à l’islam comme force de fonctionnement majeure du genre de sociétés qui est la notre

Tout le monde est sous le charme. Surtout les femmes! A tel point que Salma Baccar, présente sur le plateau de Hannibal, lui demandera avec les cils battants d’une toute jeune groupie : Oh, je voudrais tellement en tant que cinéaste filmer tous vos prêches du vendredi tellement je les trouve géniaux.

Et puis plus tard, après qu’il eut déclaré qu’il était, avec tous les membres de sa famille, un grand fan du quatrième Art et qu’il va souvent au cinéma : « oh..! espérons que vous apprendriez à ceux qui viennent vous écouter à la mosquée d’aimer les arts et de les encourager! ». Grand seigneur, il la rassure avec un petit zeste d’humour, « dernièrement, je suis allé voir un film à la salle de l’Africa. Tous les présents me regardaient au lieu de regarder l’écran ». Tout comme le premier ministre, cet homme est indélébilement imbibé du savoir-faire bourguibien. Parler juste. Parler simplement. Faire rire pour ensuite attaquer les choses ou les êtres qui ne lui plaisent pas

«Certains utilisent les mosquées pour des objectifs bassement politiques. D’autres n’ont aucun sens du patriotisme et s’entêtent à faire ancrer dans notre pays une approche de la religion importée des pays d’Orient.

 Il faut séparer religion et politique. La fonction du savant religieux est de dire ce qui est permis et ce qui  ne l’est pas. C’est tout ! Il ne doit en aucun cas dépasser ces prérogatives. Si quelqu’un me demande ce que dit la religion à propos du vin, je lui dirais que c’est péché. Libre à lui ensuite de boire ou de ne pas boire. Je dois respecter ses choix et ne pas le diaboliser ni le haïr dans le cas où il choisirait un acte jugé mauvais. Chacun est libre et doit assumer en toute responsabilité les résultantes de ses actions.

L’homme politique doit avoir en main la machine qui lui permet de régner et de réprimer s’il le faut. L’homme de religion ne doit jamais en être le maître. Il doit demeurer démuni de l’outil d’exercer le pouvoir ».

Non…mais je rêve!

Cet homme est une source intarissable de modernité !

Si c’est ça l’islamisme, tout le monde va se ruer pour en faire partie. Donc nous aurions eu peur d’un mouvement diabolisé ?

Et même si certains l’ont surnommé à tort « le renard », cet homme est rassurant à force de tendresse, de modération et d’ouverture d’esprit. En un mot, c’est un champion ès démocratie.

Quant à l’éventualité de fonder ou pas un parti, la question demeure posée.

Je me permets de prendre cette décision à sa place : puisque vous ne cherchez pas le pouvoir, ne fondez pas de parti. Demeurez libre tel que l’on vient de vous connaître. Sinon, nous serions quelques-uns à être déçus. Car ne vous y trompez pas. Il y a encore en Tunisie une poignée de tordus qui ne voient aucune utilité à ce que peut amener de bon, le cultuel, dans une société postrévolutionnaire. Ceux qui sont morts l’ont été pour la liberté, la dignité et le droit à un travail honorable. On n’a jamais entendu ni vu, pendant le déclenchement de cette révolution, un slogan ou un mot d’ordre appelant à plus de foi, à plus de lieux de culte mais à l’ouverture des horizons devant les générations à venir et à plus d’espoir. Sur terre et non dans les cieux.

 

Aujourd’hui alors que nous sommes encore vivants et nullement demain après que nous serions bel et bien morts.

Source: “Le Temps” Le 29-03-2011

Lien:http://www.letemps.com.tn/article-54501.html

 

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