22 octobre 2009

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TUNISNEWS

9 ème année, N° 3439 du 22.10.2009

 archives : www.tunisnews.net  


Organisation Internationale des Exilés Tunisiens: Appel au Rassemblement  – « Pour un retour digne des exilés tunisiens à leur pays »
Transferts des prisonniers grévistes – Appel urgent Procès de Z. Zouidi – Communiqé Commun Liberté et Equité: Lettre de la famille du prisonnier d’opinion Jamaleddine Mellakh Essabil On Line: Notre correspondant Zouhaïer Makhlouf a été écroué à Mornag Essabil On Line: Impressionnant déploiement sécuritaire à Maamoura, dans le gouvernorat de Nabeul, d’où est originaire Zouahaïer Essabil On Line: Les péripéties et les dessous de l’enquête de police concernant notre correspondant et militant des droits de l’homme, Zouhaïer Makhlouf AFP: Tunisie: critiqué pour les droits de l’homme, Ben Ali ménagé par l’0ccident AFP: Tunisie: mise en place d’une première banque islamique tunisienne AFP: La Tunisie résiste à la crise, veut s’arrimer davantage à l’Europe Le Monde: En Tunisie, « il y a ceux qui profitent du système et ceux qui enragent d’en être exclus » Taoufik Ben Brik: « A Daniel Mermet, mon frère blanc » Biju: CHEMISES MAUVES—- citizens Zinétron


 

Organisation Internationale des Exilés Tunisiens ————————————————————–

Appel au Rassemblement

« Pour un retour digne des exilés tunisiens à leur pays »

L’organisation Internationale des Exilés Tunisiens appelle tous ses adhérents et sympathisants en France ainsi que toutes les organisations et personnes soutenant le droit au retour à leur patrie des exilés tunisiens à un rassemblement pour se lever contre l’injustice de l’exil forcé subi depuis près de deux décennies par des centaines de tunisiens qui étaient obligés de fuir l’acharnement policier et judiciaire dénoncés par toutes les ONG locales et internationales des droits de l’Homme, et pour exiger des autorités tunisiennes de lever les nombreux blocages empêchant ces citoyens de retourner à leur patrie mère en toute dignité et sécurité. Samedi 24 octobre 2009 A PARTIR DE 15H00 Métro COURONNES (ligne 2)


Liberté pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté et Equité 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel:fax : 71 340 860 Liberté.equite@gmail.com Tunis, le 20 octobre 2009 Appel urgent

À toutes les organisations de droits de l’homme et humanitaires, locales et internationales

Nous, les mères des prisonniers d’opinion de Borj Er Roumi à Bizerte en grève de la faim depuis le 5/10/2009, informons l’opinion publique locale et internationale que nous n’avons pas pu rendre visite à nos fils le 15/10/2009, ce qui nous renforce dans notre conviction que ces derniers sont en danger et nous lançons un appel urgent à toutes les organisations de droits de l’homme et humanitaire en Tunisie et à l’étranger afin – d’intervenir auprès des autorités tunisiennes pour qu’elles mettent un terme aux dépassements inhumaines dont sont victimes nos fils – de diligenter des enquêtes sur toutes ces violations – nous exigeons leur libération et leur retour à la vie normale ainsi que des réparations pour toutes les atteintes qu’ils ont subies, lors de leur garde à vue ou lors de leur incarcération. Les mères des prisonniers d’opinion en grève de la faim à Borj Er Roumi L’organisation Liberté et Équité a appris que plusieurs mères et familles des prisonniers d’opinion s’étaient rassemblées devant la prison de Borj Er Roumi jeudi 15 et samedi 17 octobre, encerclées par un imposant cordon sécuritaire, pour exiger de pouvoir rendre visite à leurs fils ou d’être informées sur leur état de santé qui se serait dégradé du fait de leur grève de la faim ainsi que de leurs transferts puisque l’administration de la prison avait refusé les couffins vendredi 16 octobre au prétexte qu’ils avaient été ventilés vers d’autres prisons […] La mère du prisonnier Maher Beziouche nous a informés que son fils en grève de la faim avait décidé de ne plus manger de sucre depuis le 20 octobre si la prison d’El Haouareb continuait d’ignorer son cas. Il dort actuellement à même le sol. Voici la liste des prisonniers grévistes transférés vers d’autres prisons : Ghaith Ghazouani a été transféré à la prison de Jendouba Mohammed Ben Mohammed a été transféré à la prison de Saouaf dans le gouvernorat de Zaghouan Mohammed Trabelsi a été transféré à la prison de Saouaf dans le gouvernorat de Zaghouan. Mohammed Atoui a été transféré à la prison de Siliana Ramzi Ben Saïd a été transféré à la prison de Gafsa Maher Beziouche a été transféré à la prison d’El Haouareb dans le gouvernorat de Kairouan Karim Ayari a été transféré à la prison de Messaadine dans le gouvernorat de Sousse Slim Habib a été transféré à la prison de Kasserine Kaïs Khiari a été transféré à la prison de Sers dans le gouvernorat du Kef. Pour le bureau exécutif de l’Organisation Le Président Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Communiqué commun

Tunis, le 21/10/2009 Des forces de la police politique ont arrêté l’étudiant Zouhaïer Zouidi, militant de l’Union générale des Etudiants de Tunisie devant la cité universitaire de Mannouba et il a été déféré devant le Procureur de la République du Tribunal de Mannouba qui a ordonné sa détention en vertu d’un procès préfabriqué et monté reposant sur l’outrage aux bonnes mœurs et aux fonctionnaires. […] Organisation Liberté et Equité Association Tunisienne de Lutte contre la Torture Conseil National pour les Libertés en Tunisie Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques Observatoire Tunisien des Droits et Libertés syndicales Amicale Nationale des Anciens Combattants Observatoire de la Liberté de la Presse, de l’Edition et de la Création (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

Liberté pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté et Equité 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel/fax : 71340 860 Liberte.equite@gmail.com Tunis, le 20 octobre

Lettre de la famille du prisonnier d’opinion Jamaleddine Mellakh

Au nom de Dieu le tout miséricordieux, le très miséricordieux Nous, famille du prisonnier Jamaleddine Mellakh, incarcéré à la prison civile de Mornaguia dans le cadre de l’affaire de Slimane, condamné à 10 ans d’emprisonnement, nous avons commencé il y a deux ans après sa condamnation à agir tandis que l’administration atermoyait pour accorder au prisonnier Jamaleddine son droit à poursuivre ses études à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Sidi Thabet. Au début l’administration a prétexté qu’il n’avait pas le droit de sortir de prison pour les expériences pratiques, puis après avoir reçu l’accord de principe de la présidente de l’Université en personne pour que le prisonnier Jamaleddine Mellakh passe les examens s’il en avait l’autorisation de la prison, la réponse est arrivée le 20 octobre 2009, malheureusement il s’agissait d’un refus total sans explications. Nous vous demandons de contacter la presse écrite car le prisonnier a commencé une grève de la faim samedi 18 octobre. Enfin, recevez l’expression de mon respect et de ma considération et j’espère que vous ferez votre possible car la santé de mon fils est en danger. La mère du prisonnier Jamaleddine Mellakh Tijania Mezhoud Carte d’identité nationale n°01397362 Rue de la Liberté 7070 Ras Jbel Tel : 22 699 241 72 447 421


 

Nous exigeons sa libération immédiate URGENT

Notre correspondant Zouhaïer Makhlouf a été écroué à Mornag

L’audience est fixée au 3 novembre prochain

Essabil On Line, Tunis Son épouse est joignable au 23 277 388 Le procureur de la République du Tribunal de Grombalia a fait écrouer le correspondant en Tunisie de Essabil On Line, le militant des droits de l’Homme Zouhaïer Makhlouf, à la prison de Mornag. Il est accusé d’avoir nui à autrui par le réseau de communications publiques dans l’affaire 96838. L’audience devant examiner l’affaire a été fixée au 3 novembre 2009. Un groupe d’avocats se sont portés volontaires pour prendre sa défense, notamment : Ahmed Néjib Chebbi Samir Dilou Najet Labidi Imène Triki Atef Ben Salah Rim Hermessi Saïfeddine Makhlouf Abdelbasset Mbarek Nabil Libassi Mohammed Abbou Mokhtar Trifi […] Source : Essabil On Line du 20 octobre 2009 (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


URGENT :

 

Impressionnant déploiement sécuritaire à Maamoura, dans le gouvernorat de Nabeul, d’où est originaire Zouahaïer

URGENT : notre correspondant, le militant des droits de l’homme Zouhaïer Makhlouf commence une grève de la faim à la prison de Mornaguia Essabil On Line, Tunis  

Maîtres Mohammed Nouri, Imène Triki et Saïfeddine Makhlouf ont rendu visite aujourd’hui, jeudi 22 octobre, au correspondant de Essabil On Line, le militant des droits de l’Homme emprisonné, Zouhaïer Makhlouf, à la prison de Mornaguia dans la banlieue de la capitale tunisienne. Makhlouf a informé ses avocats qu’il avait commencé hier, mercredi 21 octobre, une grève de la faim illimitée […] et affirmé que le pouvoir voulait à travers lui prendre sa revanche sur le parti démocratique progressiste dont il est un membre éminent, après le retrait du parti de la compétition électorale suite à la non validation de ses listes. La famille de Zouhaïer nous a informés que la délégation de Maamoura, dont il est originaire, était le théâtre d’un impressionnant déploiement sécuritaire, suite à la propagation de la nouvelle de sa grève de la faim, avec une patrouille d’une cinquantaine d’agents en civil et de nombreux véhicules de police.

Une voiture de police avec quatre agents à son bord est en faction devant son domicile de Maamoura, et une autre voiture avec quatre agents en civil est en faction devant son domicile de Borj Elouzir à l’Ariana, une manière de terroriser son épouse, sa fille et son fils. Les membres de la famille de Zouhaïer ont exprimé leur crainte qu’un sort funeste ne lui soit réservé face à ce déploiement sécuritaire impressionnant et sans précédent à Maamoura.

Maître Imène Triki nous affirmé qu’elle avait rencontré des difficultés pour rencontre son client en prison, le procureur de la République prétextant qu’il ne savait pas où était détenu Zouhaïer Makhlouf pour ne pas lui remettre le permis de visite, chose étonnante, puis après avoir su qu’il était à Mornaguia, il a atermoyé et maître Imène Triki a attendu encore un long moment avant de se le voir remettre. Pour exprimer votre solidarité à l’épouse de Zouhaïer : 23 277 388

En collaboration avec le militant des droits de l’homme Seyyid Mabrouk

(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Tunisie: critiqué pour les droits de l’homme, Ben Ali ménagé par l’0ccident

AFP : 22.10.2009 – 04:52:32 Régulièrement critiqué par les défenseurs des droits de l’Homme, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, assuré d’être réélu le 25 octobre, jouit d’une certaine bienveillance des Occidentaux pour ses succès économiques et pour son rôle de « rempart » contre l’islamisme. En Tunisie, « il y a une violation permanente des droits de l’Homme », mais « comme ce n’est pas un régime hyper-sanglant, tout le monde s’en accommode », estime Sophie Bessis, chercheuse à l’Institut des Relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris. Au pouvoir depuis 1987, date à laquelle il a écarté pour « sénilité » son illustre prédécesseur Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante, M. Ben Ali, libéral, 73 ans, a instauré un régime qui laisse peu de place à l’opposition face au Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD). Le mouvement islamiste Ennahda et le Parti des Ouvriers communistes de Tunisie (POCT), notamment, ne sont pas reconnus. Dès le début de la campagne électorale, le principal candidat d’opposition Ahmed Brahim (gauche) a vu le manifeste de son parti saisi par le ministère de l’Intérieur. « Théoriquement pluraliste, la Tunisie vit de fait sous un régime de parti unique où le pouvoir exécutif n’est tempéré par aucun contre-pouvoir », observe la présidente de la Fédération Internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), Souhayr Belhassen. « Les vrais partis d’opposition ont de très grosses difficultés à agir » quand les « partis-alibis » échappent à ces restrictions, confirme Sophie Bessis. En Tunisie, « la critique politique n’existe pas. Les journalistes de l’opposition et les militants des droits de l’Homme sont surveillés en permanence », note le président de Reporters sans frontières (RSF), Jean-François Julliard. Une journaliste française du quotidien Le Monde, arrivée en Tunisie pour couvrir les élections, a été refoulée. Malgré ces critiques récurrentes, M. Ben Ali échappe à l’image de dictateur aux yeux des démocraties occidentales: il donne de la Tunisie, proche de l’Europe, l’image d’un pays « stable » comparé à l’Algérie voisine où les islamistes continuent d’affronter l’armée. Pour Sophie Bessis, la Tunisie « est un régime considéré par les Occidentaux comme stable, comme un rempart contre l’extrémisme islamiste et comme un pays où les investissements sont relativement importants ». Si « la vie démocratique y est tout à fait inexistante » la Tunisie « n’est pas la Birmanie », tempère-t-elle aussi. « Nous sommes attachés à la consolidation de la démocratie en Tunisie et au bon déroulement des élections présidentielles et législatives du 25 octobre prochain », déclarait à l’AFP le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero. La Tunisie réalise 80% de ses échanges économiques avec l’Union européenne, la France en tête. Pour Mme Bessis, la vie dans ce pays s’articule autour d’un « contrat implicite » permettant au pouvoir d’offrir « du pouvoir d’achat à une population qui ne doit pas s’intéresser à la politique ». Depuis des années, la Tunisie affiche un important taux de croissance. Elle commence toutefois à ressentir la récession mondiale dans des secteurs clés de son économie. « Si le pays ne connaît plus le taux de croissance qu’il a connus, il est certain que ça peut avoir des conséquences politiques », présume Mme Bessis. Mme Belahssen ne croit pas au « pays du progrès économique vanté par Paris ». Pour elle, « la réalité c’est le bassin minier de Gafsa (une région du sud-ouest secouée par des mouvements sociaux en 2008), ce sont les gens qui partent en risquant leur vie par l’émigration, ce sont les diplômés au chômage », au taux de 14%.  

La Tunisie résiste à la crise, veut s’arrimer davantage à l’Europe

AFP : 22.10.2009 – 04:52:13  
La Tunisie qui a accusé les contre-coups de la crise économique mondiale fait face à une montée du chômage et se prépare à des négociations délicates avec son partenaire européen sur le commerce et l’économie mais aussi sur la démocratie et les droits de l’Homme. Habituée à des taux de croissance de 5 à 6% depuis deux décennies, la Tunisie s’en sort pas mal avec les 3% prévus en 2009, malgré la crise qui a frappé de plein fouet ses principaux clients européens (78% des échanges). Le pays a été surtout épargné au plan financier grâce à une politique prudente, accumulant du coup de bons classements en matière de compétitivité et de gouvernance, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) salue « des fondements économiques solides » et des « efforts réels de modernisation ». Malgré une nette baisse du nombre des visiteurs européens (-8,4% par rapport à 2008), le tourisme, premier pourvoyeur de devises du pays, a sauvé sa mise grâce aux voisins maghrébins. Manne du ciel, la Tunisie a connu une bonne campagne céréalière, tandis que les chiffres de la Banque Centrale affichent une inflation maîtrisé à 3,4 % en moyenne (5,4% en 2008). Les réformes économiques ont permis au pays de relever le revenu annuel moyen par tête à 4.000 dollars, un des plus élevés de la région pour un pays sans grandes ressources naturelles. Le président Zine El Abidine Ben Ali, grand favori de l’élection du 25 octobre, promet de le porter à plus de 5.500 dollars en 5 ans. Le gouvernement table toutefois sur une croissance du PIB de 4 à 5% en 2010, inférieure aux 6% nécessaires à une résorption du chômage (14%, officiel), qui sévit avec acuité dans certaines régions et parmi les diplômés de l’université (60.000/an actuellement, 100.000 en 2015). Le chômage a été, entre autres, à l’origine d’émeutes matées par l’armée en 2008 dans le bassin minier du sud-ouest, mis sous perfusion depuis à coup de projets. Sûr de sa réélection, M. Ben Ali fait de l’emploi sa « priorité » s’engageant à réduire le taux de chômage de 1,5 point en cinq ans. Pour y arriver, la Tunisie aspire à un soutien plus poussé de l’Union européenne à ses réformes et souhaite un « statut avancé » par rapport au cadre d’échanges défini par l’accord de partenariat de 1995, le premier du genre à lier un pays du sud de la Méditerranée à l’UE. Les relations ont été axées jusqu’ici sur la libéralisation progressive des échanges, les produits industriels européens pouvant accéder au pays à droits nuls depuis 2008. Deux-tiers des exportations sont aujourd’hui assurés par quelque 2.800 entreprises off-shore, européennes pour la plupart, tandis que le volume des échanges a doublé en dix ans passant à quelque 14,7 milliards d’euros. Mais pour obtenir un « statut avancé », la Tunisie va devoir avancer sur « un terrain difficile, là où la souveraineté peut être en jeu », estime un analyste. Des discussions préliminaires ont eu lieu en juin mais « aucun engagement écrit n’a été pris », selon le chef de la délégation européenne à Tunis Toma Dulpa del Moral. Au menu des négociations qui reprendront après les élections: des dossiers « délicats », tels que le processus démocratique, l’Etat de droit et la justice, la libéralisation des services et produits agricoles, outre l’immigration et la sécurité. La mise en oeuvre concomitante des volets politique, économique et social, pour une intégration économique et sociale poussée « ne sera pas facile! », avertit un diplomate européen sous couvert de l’anonymat.

Tunisie: mise en place d’une première banque islamique tunisienne

TUNIS, 22 oct 2009 (AFP 22/10/2009 18:41 Une première banque islamique tunisienne a été créée avec un capital initial de 25 millions de dollars, ont annoncé jeudi ses fondateurs, à l’issue d’une assemblée générale constitutive. Seule une banque saoudienne opère jusqu’à présent dans le secteur de la finance islamique en Tunisie. Le promoteur de la banque islamique tunisienne, l’homme d’affaires Mohamed Sakher El Materi et par ailleurs gendre du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, détient 51% du capital. La banque Zitouna (Olivier) réunit autour de son groupe « Princesse El Materai Holding » six des principaux groupes privés tunisiens (La Carte, Poulina, TTS, Bouchamaoui, Délice-Danone et Ulysse Trading & Industrial Companies). Les actionnaires ont adopté les statuts définitifs et désigné ses premiers administrateurs et commissaires aux comptes. Elle se veut « banque universelle, citoyenne, moderne et ouverte sur son environnement international », selon un communiqué. Ce projet vise à « offrir aux ménages tunisiens de nouvelles solutions bancaires innovantes et à appuyer les entreprises et les investisseurs tunisiens et internationaux », a indiqué M. Materi.

 

Reportage

En Tunisie, « il y a ceux qui profitent du système et ceux qui enragent d’en être exclus »

LE MONDE | 22.10.09 | 14h25  •  Mis à jour le 22.10.09 | 14h25
Tunis, Monastir Envoyée spéciale

 

Tous les cinq ans, ils se persuadent que « c’est la dernière fois ». La dernière fois qu’ils laissent « l’artisan du changement », selon la terminologie officielle, se maintenir au pouvoir, à coups d’amendements édictés à la veille des élections pour écarter tout rival sérieux. Mais voilà vingt-deux ans que cela dure. Autant les Tunisiens nourrissaient des illusions, au soir du 7 novembre 1987, après que M. Ben Ali, alors premier ministre, eut déposé Habib Bourguiba, devenu sénile, autant ils n’en ont plus aujourd’hui. Et, dimanche soir, ils le savent : quel que soit leur vote, Zine El-Abidine Ben Ali sera reconduit à la tête du pays pour un cinquième mandat, avec un score frôlant les 95 %.

 

 

 

 

Pourtant, l’impopularité de cet homme de 73 ans est frappante. Des trois pays du Maghreb, le régime tunisien est sans doute celui qui est le plus mal aimé de sa population. Même en Algérie, le pouvoir n’a pas droit à un tel mépris… Pour le touriste de passage, c’est à n’y rien comprendre. A première vue, la Tunisie est propre et belle. Routes, aéroports, services, tout fonctionne plutôt vite et bien. Tous les foyers tunisiens ou presque sont raccordés à l’eau et à l’électricité ; 80 % de la population est propriétaire de son logement (au prix d’un lourd endettement) ; il y a peu de bidonvilles. La scolarisation et les soins, même imparfaits, sont accessibles à tous. Les femmes bénéficient des mêmes droits que les hommes (sauf en matière d’héritage).

Le pays, géré par une équipe de bons technocrates, affiche également chaque année des taux de croissance honorables, de l’ordre de 5 %. Et pourtant, il est difficile de rencontrer des Tunisiens qui se disent heureux…

Dimanche 25 octobre, Rachid ira voter. Mais « pas pour « lui » », dit-il sèchement. Autrement dit, pas pour le candidat Ben Ali. Plutôt que de boycotter les urnes, ce père de deux enfants, 55 ans, fonctionnaire dans les chemins de fer, ira faire un tour dans l’isoloir, pour « ne pas se faire remarquer ». Mais à l’abri des regards, il votera blanc. Ce qui l’exaspère ? Pêle-mêle, le chômage (14 %), en particulier celui des jeunes diplômés. Les salaires trop bas (le salaire minimum est de 250 dinars, soit 130 euros). Les passe-droits. Le racket des petits fonctionnaires, des policiers notamment. L’obligation d’adhérer au parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), pour bénéficier d’aides telles qu’un emploi, une bourse, un permis de construire, etc.

Ce maillage étouffant de la société par le RCD et ses affidés – comités de quartier et indicateurs -, Rachid et sa femme le vivent de plus en plus mal. Tous deux s’inquiètent pour leurs enfants. « Qu’est-ce que nous allons leur léguer ? Un pays où l’Etat de droit n’est qu’un mot en l’air ? », s’interrogent-ils avec anxiété et colère.

Mais un autre sujet domine toutes les conversations et alimente la frustration générale : la main-mise de « la famille » sur le pays. Comme le dit Rachid,« après un petit verre – car le vin ça dégage tout ! -, on vous avouera la vérité : on en a marre ! ». Marre, précise-t-il, des frères, des gendres, des neveux, des Trabelsi, Chiboub, Ben Ali, El-Materi, « de tout ce clan familial qui ne cesse de grossir et de s’accaparer les richesses du pays ».

« La Tunisie connaît une croissance indiscutable depuis vingt ans, mais qui profite de façon très inégalitaire à la population. D’où la rancoeur que vous constatez. Nous sommes aujourd’hui dans une société duale, ce qui est nouveau. Il y a ceux qui profitent du système et en vivent extrêmement bien, et ceux qui enragent d’en être exclus « , analyse Tarek, un homme d’affaires prospère. Pour lui, le président Ben Ali excelle « à prendre le pouls du petit peuple » et à réagir au moment adéquat. Il lâche du lest quand monte la pression et décrète, par exemple, des hausses de salaire, pour éviter tout dérapage social sérieux ou prolongé. C’est cette capacité à deviner « jusqu’où il peut aller » qui, conjuguée au clientélisme et au maillage policier de la société, expliquent, en bonne partie, son maintien à la tête du pays.

Voilà longtemps, en tout cas, que le chef de l’Etat a compris que ses partenaires européens se contenteraient d’une démocratie en trompe-l’oeil en Tunisie. « Les droits de l’homme ? Après vingt-deux ans de bénalisme, la jeunesse s’en fiche ! A la limite, elle nous donne tort de continuer à mener cecombat. Elle estime que nous sommes bien bêtes de ne pas profiter du système « , se désole la sociologue Khadija Chérif, membre de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), découragée comme beaucoup d’autres de sa génération. « Les étudiants sont totalement dépolitisés. Pour eux, la réussite passe par l’argent, non par l’effort ou les études », confirme l’universitaire Larbi Chouikha.

Résignés, indifférents, mais par-dessus tout tenaillés par la peur, les Tunisiens attendent. Quoi ? Ils ne le savent pas très bien. Que « la mort », « un coup d’Etat« , voire « un attentat », disent-ils un peu gênés, presque honteux, viennent les délivrer de cette soumission à un régime qui leur pèse, mais pas au point de se révolter. Grâce à la chaîne d’information qatarie Al-Jazira – « notre oxygène », disent-ils -, ils n’ignorent rien de ce qui se passe chez eux, en dépit du muselage de la presse nationale. « Tout a une fin », disent-ils de temps à autre, comme pour se rassurer.

Imperturbable, le pouvoir, lui, peaufine son langage à destination de l’Occident. « Nous souffrons d’un déficit d’image, par manque de savoir-faire en communication. C’est cela, notre principale faiblesse », soupire ainsi Zouhair Mdhaffar, ministre délégué auprès du premier ministre, chargé de la fonction publique, avant de poursuivre benoîtement : « Nous sommes une démocratie émergente. Nous savons que nous avons encore des progrès à faire dans ce domaine. Mais pourquoi donc êtes-vous si sévères avec la Tunisie ? Vous feriez mieux d’apprécier notre bilan global au lieu de vous attacher à des petits détails ! »

Dehors, pendant ce temps, les défenseurs des droits de l’homme subissent un harcèlement quotidien, rendu possible par une administration et une justice aux ordres. « Petits détails », sans doute, que les tabassages en règle, et en pleine rue. Les filatures vingt-quatre heures sur vingt-quatre (y compris pour les journalistes étrangers). Les interdictions arbitraires de sortie du territoire. Les détournements de courrier, en particulier électronique. La surveillance des lignes téléphoniques. Le filtrage policier à l’entrée des domiciles privés. On n’en finirait pas de dresser la liste des méthodes employées par le régime…

« Détails » aussi, ces campagnes de diffamation, menées semaine après semaine par une presse de caniveau, contre toute voix discordante. Exemples choisis. Selon Kol El Nass et Al Hadath, deux journaux arabophones proches du pouvoir, Khemaïs Chammari, ancien député, est « un vendu et un corrompu ». Hamma Hammami, porte-parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (POCT, interdit), est « un salaud fanfaron ». Le docteur Moncef Marzouki, ex-secrétaire général de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, est « un drogué ». Quant à Maya Jribi, secrétaire générale du Parti démocratique progressiste, (PDP, légal), l’une des très rares femmes à avoir eu l’audace de se lancer en politique, elle n’est rien d’autre qu’une lamboua (« putain »).

Ce reportage a été réalisé au début du mois d’octobre, avant que l’envoyée spéciale du Monde, de retour en Tunisie, ne soit refoulée à l’aéroport de Tunis, le 21 octobre.

 

 

Florence Beaugé

Des présidentielles en forme de plébiscite Depuis l’indépendance (1956), une caractéristique des élections présidentielles est que le vainqueur l’a toujours emporté avec plus de 90 % des suffrages exprimés. Habib Bourguiba a obtenu 99,67 % en 1959 ; 99,78 % en 1964 ; 99,75 % en 1969 et 99,85 % en 1974. De 1975 à 1987, ce fut « la présidence à vie » de Bourguiba. Son successeur, le président Ben Ali, a suivi la même voie. Arrivé au pouvoir en 1987, il a recueilli 99,27 % des suffrages en 1989 ; 99,91 % en 1994 ; 99,44 % en 1999. Mais « seulement » 94,48 % des suffrages en 2004.  

Article paru dans l’édition du 23.10.09
(Source: « Le Monde » (Quotidien – Francais) le 23 octobre 2009)

PRESIDENTIELLE EN TUNISIE (SUITE ET FIN)

 « A Daniel Mermet, mon frère blanc »

par Taoufik Ben Brik

Le troubadour plie bagage. Sale temps pour les gens du voyage. Au prochain passage du cirque Ammar.

A Daniel Mermet, mon frère blanc, au cœur d’Arabe. L’Arabe de Gabriel Garcia Marquez dans cent ans de solitude : « Les arabes de troisième génération restaient assis à la même et dans la même position que leurs parents et grands-parents, taciturnes, impavides, sans être atteints ni par le temps, ni par le désastre, tout aussi vivants et tout aussi morts qu’ils l’avaient été par la peste de l’insomnie. Ils faisaient preuve d’une force d’âme si étonnante devant ces décombres des tables de jeu, des voitures de marchands de friture, de stands de tir à blanc, à la petite ruelle où l’on interprétait les rêves et prédisait l’avenir. » C’est ton identité à partir d’aujourd’hui. Comme, hier, toi, tu m’as identifié : « Taoufik, citoyen de là-bas si j’y suis, venu avec sa grève de la faim sous le bras comme Don quichotte portait sa lance en bois. »

Daniel, mon frangin blanc, tu m’as fait entendre, de ne pas imposer mon bleu et de l’exposer aux rires des dieux. Tu m’as appris que toute parole n’est que grain à moudre. Tu m’as sermonné : « Fais que ce grain soit le meilleur possible. Si tu es celui qui dit bleu, que ce bleu soit la poignante légèreté du ciel, alors que je verrais rouge, mais ce rouge, mon rouge sera pivoine, désir, fanal. Plus fervent sera ton bleu, plus tu révéleras en chacun sa couleur unique. Alors soigne ton bleu, frère, creuse ton bleu, danse ton bleu, affûte ton bleu et parle-moi ».

Daniel, mon frère, mon bleu n’est pas aussi bleu que ça. Un bleu ciel. Ciel local. De braise. Exilé, mon azur sera plus blanc que rouge. Il perdra toute sa flamboyance. Laissez-moi chez moi. Jean Valjean n’est pas Tunisien.

Des gens de Paris me disent : ta place est parmi nous. A Paris, il y a tout ce qu’il te faut. Des journaux, des radios, des maisons d’édition. Il y a le cinéma, le théâtre, les cafés, la paix. A Paris, il y a le Seuil, La Découverte, Exils… Viens, tu ne le regretteras pas. Qu’est-ce que tu fous là-bas à Tunis ? C’est vrai, j’ai la trouille chez Ben Ali. Mais, c’est moins mortel qu’à Paris. Dès que je débarque à Orly, j’ai envie de chialer. Je cherche ma mère, mon père, mes frères, mon épicier, mon coiffeur, mon cordonnier, mon couturier, mon boulanger. Les gens sont blancs, parlent blanc. Je les évite. J’ai peur qu’ils me tabassent. Je les sens forts, féroces. Je me sens poursuivi, pris en chasse. Ils sont chez eux. Ils ont des cousins, des voisins et des chiens, pas mes chiens à moi de mon roman « Les Chiens », qui peuvent se liguer contre moi. A Paris, je ne suis qu’un réfugié, quelqu’un n’ayant qu’une connaissance rudimentaire du français, qui essaye désespérément d’exprimer un besoin sans connaître la phrase adéquate. Ils sont entre eux en famille. Tu ne seras jamais, dans leurs secrets, dans la confrérie, même si tu te déguises en Jean Valjean. Tu n’entres jamais dans leur loge même si tu portes la toge. Tu restes l’Arabe de service. Un Irlandais en Sicile. Ils ne te nient pas, ne te bâclent pas. Pis. Tu ne leur dis rien. Tu n’es pas. Ils ne savent rien de toi. D’où tu viens ? Comment tu vis ? Où tu vas ? Comment tu vas ? Et si tu les perds ou ils te perdent, ce n’est pas une grande perte. Dès que tu rentres à Tunis, ils coupent les ponts, ils lèvent le camp. Le 00331… ne répond plus. C’est toujours moi qui invite et s’invite. Jamais personne n’est venu me voir à Tunis pour boire un café. C’est toujours moi qui monte à Paris. Ils m’offrent un semblant d’existence. Ils me publient mes livres, mes articles. Parlent de moi à la radio et à la télé. Je gagne chez eux le peu d’argent nécessaire pour me maintenir à flot.

Le peu queces relations ma rapportent, se dilapide en un clin d’œil. Je crois avoir mis en place un dispositif qui fonctionne à merveille, c’est faux. C’est une cheminée insatiable. Il lui faut les gisements de la Ruhr pour qu’elle continue à crépiter. Mon bouclier médiatique marche à la manivelle. Il est manuel. Il faut que je sois toujours derrière pour qu’il ronronne. Un moment d’inattention et je dois tout recommencer. PANNE. Depuis le début. Leur téléphoner, les rencontrer, dîner avec eux… Ca rapporte quoi tout ce tralala ? – Tu te demandes. La sécurité ? Je ne l’ai pas. Je suis comme un parrain dans une prison sicilienne. Les services Spéciaux de mon pays peuvent faire de moi tout ce qu’ils veulent : me surveiller, m’emprisonner, me liquider, si ça leur chante. S’ils ne l’ont pas fait, c’est que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Je suis prisonnier de leur bon gré. Ils ont tout le temps pour me faire payer mes forfaits. Je suis à leur disposition. La notoriété? Je m’en fous. Et puis, c’est Ben Ali qui me l’a décernée, le jour où il a parlé de moi. Si les Tunisiens entendent mon nom et causent encore de moi, c’est parce que un jour leur Chef m’a désigné. C’est le secret de mon audience. Je lui dois ça. Un accident de l’histoire. Ça ne se renouvellera guère.

Etre publié ? J’écris pour qui ? Pour les gens du Nord ? Le lecteur que je veux agresser, avec qui je veux partager mes trouvailles ? Je ne m’adresse pas à lui. Je ne le connais pas. Il m’empêche de vivre sur son dos. Sans le Tunisien, je resterais fauché. Les gens de Bouaarada, de Médenine ne sauront jamais que mon chagrin est réel. Mes lèvres ne passeront pas la Méditerranée. Je continue sans raison à écrire dans une langue répudiée. Je croyais comme Kateb Yassine que le Français est un butin de guerre. Elle s’est avérée une langue d’occupation. Je ferai mieux, d’arrêter ou d’écrire si l’envie me prend, dans la langue des sourds et muets. Je vadrouille. La grande Farce. La mascarade. J’écrirai dans les dazibaos, sur les murs, je ferai des photocopies dégueulasses, mais plus jamais dans la langue des paters. Et je tiendrai promesse. Il faut que je m’allège. Pas de harnais. Pas de carriole. Que les sabots de la crinière.

(Source : le site de Nouvel Observateur (France), le 22 octobre 2009)

Lien : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/20091022.OBS5416/a_daniel_mermet_mon_frere_blanc_par_taoufik_ben_brik.html


 

LE COMBAT CONTRE LA CENSURE S’AMPLIFIE…

« La régente de Carthage » diffusé partout sur la toile et lu par

les internautes tunisiens à l’intérieur de leur pays.

Un petit exemple :

Le mardi 6 octobre 2009, Taïeb Moalla, journaliste au Québec a proposé le dimanche 4 octobre 2009 l’article suivant :

La régente de Carthage : Un portrait assassin de Leila Trabelsi

Dans un livre paru le 1er octobre, les journalistes Nicolas Beau et Catherine Graciet dressent un portrait assassin de la « régente de Carthage », Leila Trabelsi, laquelle, avancent les auteurs, se positionne pour l’après Ben Ali. Il y a quelques jours, la « présidente » s’est elle-même chargée de la promotion de ce court et peu flatteur portrait de 180 pages.

Invoquant « des passages diffamatoires et d’autres injurieux », la première dame s’est adressée – en vain – à la justice française…..pour en interdire la publication et retirer les exemplaires déjà en circulation.

Pourtant, l’ouvrage n’est pas tout à fait une biographie non autorisée de Leila Trabelsi, 52 ans. Il s’agit plutôt, pour Beau et Graciet, de dresser un état des lieux de la dérive mafieuse de clans qui s’agitent sur fond de rumeurs persistantes de vacillement de la santé présidentielle. Mettre la lumière sur Leila devient ainsi un prétexte tout trouvé (et probablement vendeur) pour parler des familles, dont les Trabelsi et les Materi, qui agissent en maîtres absolus d’un pays qu’ils pillent allégrement.

Une cohabitation à la tunisienne Le livre décrit avec minutie les contours d’une « cohabitation » à la sauce tunisienne laissant à Ben Ali les clés de l’appareil sécuritaire, des grands dossiers diplomatiques et des arbitrages ultimes et accordant aux Trabelsi le mainmise sur tout le reste. Le bouquin contient peu de révélations.

Après tout, les frasques réelles, exagérées ou inventées des Trabelsi sont sur toutes les lèvres, en Tunisie. Mais c’est leur regroupement dans un livre bien construit qui indispose un régime peu habitué à des critiques aussi acerbes. Deux constats contenus dans le bouquin peuvent légitimement inquiéter le pouvoir.

D’abord, plusieurs indices laissent croire que la bourgeoisie tunisienne (jusque-là complice, lâche ou profiteuse) ne se laissera pas imposer un suppôt des Trabelsi (les noms de Hédi Jilani et du gendre « bigot » Sakhr Materi circulent avec insistance) comme successeur à Ben Ali. Encore plus alarmant pour la voyoucratie tunisienne, les auteurs rappellent que Washington commence à hausser le ton envers ce régime qui se spécialise dans la désinformation.

À trois semaines d’un scrutin présidentiel et législatif dont les résultats sont d’ores et déjà connus, ce livre va donner des raisons supplémentaires de déprime aux démocrates. Beau et Graciet suggèrent que les Tunisiens pourraient bien finir par regretter l’ère musclée de Ben Ali devant la dérive mafieuse de ses probables successeurs. « La Tunisie ne mérite pas cela ! », concluent-ils leur ouvrage. On ne saurait mieux dire…

La régente de Carthage. Main basse sur la Tunisie. Nicolas Beau et Catherine Graciet. La Découverte, 2009, 180 pages.

 

(Source : http://www.kalima-tunisie.info/fr/News-file-article-sid-105.html)

 

 

Le 9 octobre 2009 à 03h30, « HRW » a publié le commentaire suivant :

Je vous encourage pour votre engagement .

Voila ,c’est pas de mon habitude de contribuer activement mais là je veut mettre en pratique un programme que j’ai découvert sur le blog de l’activiste Tunisien Ali Ramzi Bettibi ex prisonnier d’internet ( qui mène actuellement une bataille indirecte contre le clan Trabelsi et ses ramifications et qui est en ce moment en grève de faim )

http://anticensure.mynewblog.com/

Supportez le ,il en a besoin ,je crois qu’il est même en péril de vie !

Le programme est Stegoshare ,un magnifique outil Open Source anticensure que je connaissait pas avant de l’avoir noté sur le blog de Bettibi !

http://stegoshare.sourceforge.net

Le principe est simple et efficace ,le fichier censuré est divisé en morceaux qui sont distribués et cachés à la volée dans des images !

puis ces innocentes images sont publiées !

Ceux qui veulent profiter du fichier et le télécharger n’ont qu’a rassembler ces images dans un dossier ensuite via stegoshare on reconstitue le fameux fichier !

Une idée de génie qui fait aussi gagner en bande passante et qui fait profiter ceux qui téléchargent le fichier de la « plausible deniability » ,la possibilité de nier qu’ils ont téléchargé un fichier illégal dans leur pays !

Un grand grand merci a Ali Ramzi Bettibi et aux développeurs de Stegoshare !

voilà La régente de Carthage :

Telechargez ces images et placez les dans un dossier ,ensuite extaire avec StegoShare  ,mot de passe : humanrightswatch

http://ups.imagup.com/04/1255076802_1.png

http://ups.imagup.com/04/1255077199_2.png

http://uploads.imagup.com/10/1255077789_3.png

http://ups.imagup.com/04/1255078182_4.png

Et voilà “Ben Ali L’envers du miracle tunisien”

Téléchargez ces images et placez les dans un dossier ,ensuite extraire avec StegoShare  ,mot de passe : humanrightswatch

http://ups.imagup.com/04/1255078421_1.png

http://uploads.imagup.com/10/1255079108_2.png

http://www.wikifortio.com/747694/3.png

Republiez ces images par exemple sur flickr et A BAS LA CENSURE.

http://espace.tunisie.over-blog.com/article-37088085-6.html#c

 


 

CHEMISES MAUVES—- citizens Zinétron

Par Biju  

Tunisie: une journaliste du « Monde » refoulée à l’aéroport de Tunis De ASSOCIATED PRESS (CP) – TUNIS — Accusée de « partis pris systématiquement hostiles », une journaliste du quotidien français « Le Monde », Florence Beaugé, a été refoulée à son arrivée à l’aéroport de Tunis alors qu’elle venait couvrir les élections présidentielle et législatives du 25 octobre en Tunisie, a-t-on appris mercredi auprès des autorités tunisiennes. Selon un communiqué gouvernemental transmis à l’Associated Press, Florence Beaugé, considérée comme la spécialiste des affaires tunisiennes au quotidien, « avait été avisée au préalable qu’elle ne serait pas admise sur le territoire tunisien », mais « a préféré se rendre » mardi soir en Tunisie. « Elle a été de ce fait refoulée à son arrivée à l’aéroport ». Le communiqué qualifie la mesure de refoulement de « décision souveraine ». Outre les « activités douteuses » dont elles taxent la journaliste française, les autorités lui font grief d’avoir « toujours fait preuve de malveillance patente à l’égard de la Tunisie et de partis pris systématiquement hostiles ». La journaliste française était venue une semaine auparavant en Tunisie et avait publié une série d’articles après des entretiens avec des opposants et activistes qui s’en sont pris sans ménagement au pouvoir, ainsi qu’avec le ministre de la Justice et des droits de l’Homme. « Le régime tunisien ne supporte pas une seule voix discordante », a déclaré Florence Beaugé, interrogée par téléphone par l’Associated Press. « J’ai toujours considéré que je cherchais à avoir une couverture équilibrée », a-t-elle assuré, « même si c’est difficile parfois parce que les officiels tunisiens n’accordent presque pas d’interview ». Mardi soir, « les policiers et les officiels de Tunisair qui me surveillaient paraissaient même un peu gênés », a-t-elle ajouté, disant craindre ne plus pouvoir se rendre dans le pays tant que le président Zine el-Abidine Ben Ali serait au pouvoir. Copyright © 2009 The Canadian Press. ************************** *** Les petits pas politiques du dragon tunisien Il y a eu une augmentation progressive du budget alloué à la culture, à la jeunesse et aux loisirs 450.000 nouveaux électeurs, tous des jeunes, participeront pour la première fois à l’élection présidentielle. Des accommodements et des liftings avec des petites touches, la consultation électorale du 25 novembre prochain annonce une mutation politique du dragon tunisien qui avance à petits pas dans un environnement régional hostile et parsemé d’embûches. Cette mutation est essentiellement orientée vers la jeunesse qui représente 50% de la population tunisienne. Pour élargir le champ de la participation aux élections, le gouvernement s’ouvre à cette frange juvénile, en prenant l’initiative d’abaisser, de 20 à 18 ans, l’âge de vote, par le biais d’un amendement constitutionnel approuvé en juillet 2008. Avec cette décision, les projections démographiques indiquent que plus de 450.000 nouveaux électeurs, tous des jeunes, participeront pour la première fois à l’élection présidentielle. Pour amener les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales, une campagne a été menée depuis quelques semaines sur les médias tunisiens notamment la télévision qui diffuse le spot en boucle. De même que l’âge d’éligibilité à la Chambre des députés a été abaissé de 28 à 25 ans. Mais en dépit de son importance, cet abaissement n’a pas été à la mesure de la place qu’occupe la jeunesse dans la société tunisienne. C’est ce qui a amené le président Ben Ali à prendre l’initiative d’un amendement de la Constitution, le 27 octobre 1997, et de ramener l’âge de candidature de 25 à 23 ans. Le président Ben Ali a fait du dialogue avec les jeunes l’un des attributs essentiels de la politique de l’ère nouvelle concernant la jeunesse, en tant que voie offrant aux jeunes des opportunités pour exprimer leurs préoccupations en toute liberté et responsabilité. Outre l’instauration de la périodicité des consultations des jeunes, le chef de l’Etat a ordonné, à l’occasion du 20e anniversaire du Changement, d’organiser, au cours de l’année 2008, un dialogue global avec les jeunes dont il a donné le coup d’envoi en mars 2008. Ce dialogue a conduit à l’élaboration d’un Pacte national de la jeunesse, qui a été signé le 7 novembre 2008. Mais cette démarche purement politique a été appuyée par des mesures concrètes sur le terrain. Cet intérêt s’est traduit par la réalisation de plusieurs projets. Ainsi, il y a eu une augmentation progressive du budget alloué à la culture, à la jeunesse et aux loisirs pour atteindre 1,5% du budget de l’Etat en 2009. Près de 50% de cette augmentation sont consacrés au financement des projets d’infrastructures réservées aux activités de la jeunesse. D’ici à la fin de l’année 2009, seront créés 200 espaces de loisirs destinés aux enfants et aux jeunes, de même que 200 terrains de sport de proximité seront implantés aux alentours des établissements scolaires et universitaires et ce, en consécration du principe «Sport pour tous». Une autre avancée tout aussi importante, tient à la consolidation de l’égalité politique entre la femme et l’homme. En effet, l’amendement constitutionnel de 1997 a permis à tout électeur né de mère tunisienne de se porter candidat à la Chambre des députés. Auparavant, ce droit n’était reconnu qu’à l’électeur né de père tunisien. Une décision qui allait dans le sens de l’orientation prise par le pays depuis la promulgation du Code du statut personnel en août 1956 et de la détermination réaffirmée par l’Etat tunisien de promouvoir le statut de la femme à celui de «partenaire agissant aux côtés de l’homme, dans la vie politique». En somme, il y a un élargissement du champ de participation lié à l’abaissement de l’âge de vote De par le monde, les diverses législations ne fixent pas un âge maximum pour l’exercice du droit de vote. En revanche, elles fixent un âge minimum. Cet âge varie entre 16 ans (Brésil et Autriche) et 21 ans (Malaisie), mais dans la plupart des pays démocratiques ou qui se revendiquent comme tels, l’âge minimum du vote est fixé à 18 ans. Sur un autre plan, pour garantir la transparence des élections, des amendements ont été apportés au Code électoral tunisien. Ils ont pour but de garantir la participation au vote, l’égalité entre les candidats, le remplacement du système d’inscription annuelle sur les listes électorales par le système d’inscription permanente et la distribution des cartes électorales à partir du cinquième mois précédant le mois du scrutin. Le Code électoral, dans son texte original, n’avait pas précisé la date de promulgation du décret portant convocation du corps électoral pour les élections générales ordinaires. Ce qui n’est pas conforme au principe d’égalité des chances entre les candidats des partis de la majorité, des partis de l’opposition et des listes indépendantes. Et pour parer à cette «inégalité» l’amendement, apporté en 2003 au Code électoral prévoit la convocation, par décret, des électeurs pour les élections générales ordinaires trois mois, au moins, avant le jour du scrutin. Un délai jugé suffisant pour permettre aux candidats de prendre leurs dispositions et de se préparer. Enfin, pour garantir la transparence du vote, le Code électoral interdit désormais le vote par procuration et impose l’obligation pour l’électeur d’entrer dans l’isoloir et d’apposer sa signature devant son nom après l’accomplissement de son devoir électoral. De notre envoyé spécial à Tunis Brahim TAKHEROUBT.DZ..Journal gouvernemental algérien. **************************************************** *********** Commentaires : Par Biju Voilà deux articles, sur deux formes de journalisme différents, et la différence à ce niveau est civilisationnelle, une journaliste occidentale, travaillant dans un grand quotidien Français, dans l’obligation et le devoir de respecter l’éthique journalistique, une journaliste, Florence Beaugé, qui est toujours dans le fait et rien que le fait, non dans la prébende et la propagande qui sont du domaine de la désinformation. Les reportages de Florence Beaugé sur la TUNISIE, ils sont sur le net, tout un chacun peut les consulter, ne font que dépeindre une situation politique et sociale en Tunisie dans leur réalité propre, ce journaliste donne la parole aussi à des opposants et des démocrates tunisiens opprimés par la dictature de BEN ALI et ses norias de CHEMISES MAUVES, quoi de plus naturel, dans tout pays qui se respecte, il n’existe pas un seul son de cloche, malheureusement en Tunisie et cela , tous mes respects pour son courage, Florence Beaugé le savait depuis toujours, il n’existe que le bruit des bottes et les cris des suppliciés. Ces centaines d’opposants et cette TUNISIE silencieuse que BEN ALI et ses bras armées ne considèrent pas, méprisent et veulent marginaliser par tous les moyens, Florence Beaugé et tout humain digne et respectable, devraient-ils les ignorer pour faire plaisir à cette dictature mauve? Le refoulement à l’aéroport de Florence Beaugé est assez révélateur du caractère débile et criminel de cette dictature, mais que font le quai d’Orsay et KOUCHNER? Que font les autorités occidentales, qui blanchissent bien plus souvent qu’à son tour un vieux dictateur stupide, débile, fou et criminel, dangereux depuis toujours pour la Tunisie et les tunisiens, et pis, à terme pour toute la région, et cela ne sera que justice, quand on constate aussi le délabrement total des états voisins de la TUNISIE, notre pays, qui malgré tout et surtout cette horrible dictature qui la défigure et la pille sur tous les plans, grâce surtout à son Histoire, ses potentialités et son peuple, réussit à exister et à survivre d’une façon honorable, c’est ce qui sort de la lecture de la célèbre journaliste du monde et sur tout ce qu’elle a constaté et écris sur mon pays, les tunisiens sont incroyables, sans leurs esclavagistes mauves, ils seront tout simplement géniaux. La malveillance Florence Beaugé à l’égard de la TUNISIE ? Accusation arbitraire et mensongère? Que lui reprochent donc les chemises mauves de BEN ALI? Pour la dictature tunisienne, les mots n’ont jamais eu de sens, tout coule de mensonge et de falsifications, la ridicule et supposée malveillance à l’égard de notre pays spolié de Florence Beaugé que lui jette à la figure BEN ALI, n’est en fait et en vérité que sa qualité professionnelle, le sens et l’abnégation de ses convictions, sa liberté de ton, sa lucidité, son honnêteté, voilà le danger que redoute ces criminels; et Florence Beaugé dans l’exercice de son travail participe à l’éveil des consciences universelles et tunisiennes, danger mortel pour Zinétron et sa clique. Cette journaliste, comme la plus part des journalistes vertueux, est redoutée par BEN ALI et ses sbires, parce que porteuse d’une « maladie » grave et contagieuse, une véritable pandémie, qui à terme finira par réduire la dictature tunisienne à sa plus simple expression, et la détruira complètement, l' »horreur » de la vérité et de la liberté a toujours fait trembler les tyrans, la plume contre le « poulet rôti », la matraque et les balles, à ce niveau, nos chemises mauves n’ont aucune chance .Cette « maladie » est la propagation de la vérité, la liberté, la dignité, l’honneur, et tout ce que cela comporte d’évidences politiques, sur la vie sociale et politique en TUNISIE qui sont inexistantes, toutes les libertés sont bafouées, le pays est pillé, endetté et au bord de l’explosion, toutes les expulsions d’observateurs neutres, de contradicteurs, toutes les haines contre les tunisiens révoltés et libres, tous les trucages, les tripotages, la désinformation et les mensonges ne changeront rien au problème, attendons nous à des jours dramatiques.Quand au pauvre journaliste algérien Brahim TAKHEROUBT.DZ..du Journal gouvernemental algérien, la plus part des algériens sont conscients et intelligents savent ce que vit vraiment le peuple tunisien, frère, ne le croiront pas, ce plumitif, c’est la voix de son maître, à l’image des scribes des torchons tunisiens, il est poncif, indigeste, il ne s’est jamais posé la question des opposants tunisiens muselés, expulsés du cirque électoral tunisien, ni de la réalité des pseudos réformes qu’il flagorne pathétiquement…les milliers de jeunes et autres « subtilités » n’ont aucun sens, plongés dans cette mascarade électorale de ces élections truquées, ils ne viendront que grossir les statistiques mensongères de la dictature tunisienne et sa propagande, qui ne convainc plus personne, ce journaliste ne s’est jamais posé la seule et unique question pourtant évidente, un jeune tunisien aujourd’hui, ne pourra voter, et dans la plus part des cas les légions de CHEMISES MAUVES se chargeront de voter à sa place, il ne pourra voter que pour un dictateur crédule et intouchable, le tyran Zinétron, les techniques de bourrage des urnes, des menaces et de la désinformation ont atteints des sommets en TUNISIE, elles font l’admiration des généraux félons algériens, les véritables BOSS de l’Algérie et qui dominent ce pays en parfaite coordination affairiste avec les familles régnantes en TUNISIE.

 

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