29 décembre 2005

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TUNISNEWS
6 ème année, N° 2047 du 29.12.2005

 archives : www.tunisnews.net


CRLDHT: Fâcheuse infortune ou vandalisme intentionné ?! Luiza Toscane: Un opposant au régime tunisien a été arrêté à Paris AP: Le ministre tunisien des Affaires religieuses contre le voile « importé » AP: Report: Tunisian religious affairs minister criticizes practice of wearing Muslim hijab

ATS: Le CICR a visité « sans entraves » une dizaine de prisons en Tunisie

AFP: Le CICR a visité « sans entraves » une dizaine de prisons en Tunisie (délégué) Le Temps: Une délégation de la Croix Rouge visite neuf prisons tunisiennes depuis le 6 juin dernier

Le Temps : Négociations sociales: Aujourd’hui, signature des PV

Reuters: Alger demande à Paris de s’excuser pour les crimes coloniaux

Le Figaro: France-Mémoire : le débat consternant sur le passé colonial

Réalités: Et si la France se trompait de siècle : XIXème ou XXIème ?

Le Temps : Décembre 1774: La Tunisie province de l’empire Ottoman

Editorial du The New York Times: Hosni Mubarak’s Democracy

Une pétition de 86 prisonniers tunisiens (en arabe)

URL: http://www.reveiltunisien.org/article.php3?id_article=2036 La rédaction proposera à ses lecteurs très rapidement une traduction en français de cette lettre pétition. (Source : www.reveiltunisien.org , le 28 décembre 2005)

INFORMATION URGENTE

 

La punition s’abat sur le CRLDHT et son président Kamel JENDOUBI

Hier, mercredi 28 décembre, le président du CRLDHT et du REMDH, Kamel JENDOUBI a retrouvé, dans le parking de son travail, son véhicule privé entièrement et violemment saccagé. La sauvagerie et la méthodicité utilisée pour cet acte sont absolument déplorable et condamnable.

 

Ces lamentables agissements interviennent au lendemain de la tournée européenne réussie d’une délégation tunisienne de la société civile et de l’opposition politique, organisée par le CRLDHT.

 

Le CRLDHT appelle tous les militant-e-s, organisations et partis à exprimer leur solidarité devant de tels actes opérés sur le sol français à l’encontre d’un défenseur des droits de l’Homme.

 

Un communiqué suivra.

 

C.R.L.D.H. Tunisie Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie membre du Réseau Euro méditerranéen des Droits de l’Homme ________________________________________________________________ COMMUNIQUÉ

Fâcheuse infortune ou vandalisme intentionné ?!

Kamel Jendoubi, président du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) et du Réseau Euro-Méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH), serait-il à nouveau la cible de la police politique de Ben Ali, active sur le territoire français ?
Ces gens-là agissent dans le noir, dans les sous-sols…
Dans l’après-midi du mercredi 28 décembre 2005, le véhicule privé de notre ami et militant Kamel Jendoubi a été délibérément saccagé. Sans rien dérober, les casseurs ont agi avec haine et application. Vitres, rétroviseur, essuie-glace, phares, carrosserie …ont été détruits et endommagés. Ils n’ont quitté le parking souterrain de l’AEFTI, à Montreuil, (siège de l’organisme dont Kamel Jendoubi est le directeur) qu’après avoir méthodiquement et minutieusement accompli leur «boulot». Quelques jours avant, ce même véhicule avait été, comme par hasard, en pleine rue,l’objet d’un vol avec effraction dont le micro-ordinateur de Kamel Jendoubi a fait les frais.
S’agirait-il là d’une punition à l’encontre du président du CRLDHT qui s’exercerait sur une des figures pionnières de la solidarité internationale avec les luttes menées pour la démocratie et le respect des droits humains en Tunisie ? Privé arbitrairement depuis 2000 de son passeport et interdit, de fait, depuis 1994, de retourner en Tunisie, son pays natal, Kamel Jendoubi anime avec des militants et militantes tunisiens et ami(e)s de ce pays une organisation, le CRLDHT, qui joue un rôle de facilitateur de la convergence entre les différents courants de pensée tunisiens sans aucune exclusive et qui a contribué durant ces dix dernières années à mettre le pouvoir tunisien à nu, à dévoiler sa nature policière et ses dérives mafieuses. Le travail entrepris a marqué des points déterminants sur le plan médiatique et diplomatique, précisément là où le pouvoir tunisien jouissait de la complaisance des gouvernements occidentaux.
Ces déboires concernant son véhicule interviennent, comme par hasard, quelques jours seulement après la tournée en France et en Europe, organisée du 12 au 19 décembre 2005 par le CRLDHT, d’une importante délégation tunisienne composée des leaders de l’opposition et de la société civile autonome, parmi lesquels les grévistes de la faim et les animateurs du mouvement du 18 octobre 2005. Cette délégation a connu un écho certain auprès d’élus, de partis politiques de France, d’Allemagne, de Belgique… et a été reçue par de hauts représentants des institutions européennes.
Par ailleurs, comment ne pas supposer qu’il puisse exister un lien avec certains faits dont ont été récemment victimes d’autres défenseurs des libertés tunisiens vivant notamment en France ? Ainsi une campagne de diffamation, dénoncée par la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), le Réseau euroméditerranéen des droits de l’homme (REMDH) et le CRLDHT, le 21 décembre dernier, a été lancée contre Nejib Chebbi, Khemais Chammari et Khemais Ksila via la diffusion de tracts anonymes purement calomnieux. Le 13 décembre, également, des menaces de mort ont été proférées lors d’appels téléphoniques, anonymes bien sûr, à l’encontre du journaliste indépendant Tahar Labidi, résidant en France. Ce type d’intimidations a déjà été exercé, dans les années 90, par le régime tunisien, contre des défenseurs des libertés et des opposants, sur le territoire français et en toute connaissance de cause des autorités françaises. Le ministère tunisien de l’Intérieur, relayé par l’ambassade de Tunisie à Paris et sa police secrète a déjà, à cette époque, diffamé et agressé physiquement des militants et opposants démocrates en France.
Le CRLDHT fait part de sa totale indignation face à de tels agissements ; il exprime sa totale solidarité avec Kamel Jendoubi, militant de toujours en faveur de la lutte pour les libertés, et avec tous les opposants et démocrates victimes, ces derniers jours, d’actes inadmissibles de vandalisme, d’atteinte à leur dignité et à leur sécurité.. Le CRLDHT prend au sérieux tous ces agissements et appelle toutes les personnalités et les composantes de l’opposition tunisienne à l’étranger à être particulièrement vigilantes et attentives à leur sécurité.
Enfin, le CRLDHT demande aux autorités françaises l’ouverture d’une enquête, pour dévoiler les commanditaires et les exécutants de ces agissements afin qu’ils ne restent pas impunis ; il appelle tous ses partenaires nationaux et internationaux, amis, partis politiques, institutions, élus, médias, à se mobiliser pour obtenir des autorités françaises qu’elles assument leurs responsabilités
Paris, le 29 décembre 2005. CRLDHT 21ter rue Voltaire – F-75011 PARIS Tel/Fax : +33 (0)1.43.72.97.34 contact@crldht.org / www.crldht.org
 

 

2006 en France, pas au Maroc !

 

Un opposant au régime tunisien a été arrêté à Paris

 

Ali Naïtibourk a été arrêté sans papiers mardi 27 près du métro Stalingrad à Paris. Il a été aussitôt placé en garde à vue et au terme de celle-ci, mercredi 28, conduit au centre de rétention de Vincennes dans l’attente de son renvoi vers le Maroc, une issue contre laquelle l’intéressé et toutes les associations qui le soutiennent se sont battues pendant des années.

 

En effet, Ali Naïtibourk est arrivé en France en 2001 pour y demander l’asile. Il venait de quitter la Tunisie, pays où il est né de parents marocains et où il a toujours vécu et travaillé. Son appartenance au parti de la Nahdha lui valut les persécutions du régime tunisien : interpellations, tortures, surveillance, pressions sur ses proches ayant pour objectif de disloquer sa famille, harcèlement. Même son passeport marocain lui sera un temps confisqué par les autorités tunisiennes. Quant à sa naturalisation, elle sera refusée.

 

L’Office Français pour la Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) rejette sa demande, rejet confirmé par la Commission des Recours des Réfugiés. Il dépose alors (le 30 avril 2003) une demande d’asile territorial, qui est à son tour refusée, au terme de deux années d’attente, le 29 mars 2005.

 

 La nationalité marocaine d’Ali Naïtibourk est devenue un argument : « il ne peut se prévaloir des stipulations (…) de la Convention de Genève, qui subordonnent la reconnaissance de la qualité de réfugié à l’existence de persécutions ou de craintes de persécutions de la part des autorités dont l’intéressé a la nationalité »[i] .

 

La procédure de reconduite à la frontière est alors rapidement enclenchée : « invitation à quitter le territoire », puis « arrêté préfectoral de reconduite à la frontière » (APRF). Ali Naïtibourk craint d’être renvoyé au Maroc, ce pays dont il a la nationalité, mais où il n’a jamais été, où il n’a ni famille, ni proches, ni la moindre connaissance.

 

Il dépose un recours demandant l’annulation de l’arrêté de reconduite à la frontière, essentiellement par deux moyens : « Me renvoyer au Maroc, pays que je ne connais pas et où je n’ai aucune famille alors qu’une partie de ma famille est en France porterait une atteinte à ma vie privée et familiale » et « je suis considéré par le pouvoir tunisien comme un islamiste et risque de l’être au Maroc (…) Ma liberté et mon intégrité physique risquent d’être menacées, directement ou indirectement en cas de renvoi forcé au Maroc [ii]» (…).

 

Ce recours est audiencé par le Tribunal Administratif de Paris le 15 novembre dernier. Le délibéré s’achève par une confirmation par le TA du renvoi au Maroc, mais cette décision n’est notifiée à l’intéressé que le 26 décembre. Or, il a été arrêté le 27, avant que la notification ne lui parvienne.

 

Reste que l’arrêté de reconduite à la Frontière est maintenant exécutoire, qu’un appel déposé devant la Cour administrative ne serait pas suspensif. Rien ne s’oppose donc à son renvoi, sinon notre solidarité active.

 

Luiza Toscane

Actions proposées

 

*Téléphoner à Ali Naïtibourk à la cabine mise à la disposition des personnes retenues : 01 45 18 12 40, 01 45 18 02 50, 01 45 18 59 70.

 

* Ecrire au Préfet de Police de Paris :

 

Proposition de courrier :

 

Monsieur le Préfet

 

C’est avec crainte que j’ai appris que monsieur Ali Naïtibourk, un ressortissant de nationalité marocaine, avait été interpellé sans papiers et emmené au centre de rétention de Vincennes dans l’attente de son renvoi au Maroc.

 

Monsieur Naïtibourk est venu en France pour fuir les persécutions que lui avait valu son engagement politique en Tunisie. Au terme de quatre années passées en France, pays où vivent des membres de sa famille, il n’a pu obtenir l’asile et est actuellement menacé de renvoi au Maroc, pays qu’il ne connaît pas, où il n’a ni famille, ni amis, ni la moindre connaissance, et où l’on peut craindre qu’il soit encore une fois persécuté.

 

Monsieur le Préfet, j’ai pris connaissance de l’immense détresse de monsieur Naïtibourk, je comprends son appréhension et ses craintes légitimes et vous demande de surseoir, pour des raisons humanitaires, à tout renvoi de ce dernier vers le Maroc.

 

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet….

 

Adresser à : cabcom.prefecturepoliceparis@interieur.gouv.fr

Copie au ministère de l’Intérieur : DLPAJ-secretariat-directeur@interieur.gouv.fr

——————————————————————————–

 

[i] Commission des Recours des Réfugiés, lu en séance publique, 6 février 2003

[ii] Tribunal Administratif de Paris, Requête à Monsieur le Président, 21 octobre 2005

 


CONDOLEANCES

 

Nous venons d’apprendre le décès, de suite d’une longue maladie,  du regretté  Ezzeddine  EZZAÏBI, Cousin et beau frère de notre Délégué Général Mohamed-Lakdhar  ELLALA.

Notre fédération exprime ses sincères condoléances au  camarade Mohamed-Lakdhar ELLALA.

Nous  présentons nos sincères condoléances à son épouse Chédia et à ses enfants Anis, Inès et Ouns  ainsi qu’à sa mère Saïda et à tous ses proches.

En ce moment difficile, nous partageons la douleur de la famille et des proches du regretté Ezzeddine EZZAÏBI  et souhaitons qu’ils puissent puiser en eux même la force de surmonter cette douloureuse épreuve.

Pour celles et ceux qui souhaitent partager la douleur de la famille EZZAÏBI et présenter leurs condoléances, prière de le faire aux

          Mr Anis EZZAÏBI, librairie Annassim, cité Ennour Gafsa 21 23

          Mail  mohamed-lakhdar.ellala@wanadoo.fr

Merci d’avance

Le Bureau National de l’ATF


 

Le ministre tunisien des Affaires religieuses contre le voile « importé »

 

Associated Press, le 29.12.2005 à 00h34

TUNIS (AP) — Le ministre tunisien des Affaires religieuses Aboubaker Akhzouri s’est déclaré hostile au port du hijab, le voile islamique venu des pays du Machrek et du Golfe, qu’il ne juge pas conforme à la tradition vestimentaire du pays.

 

« Nous refusons le hijab sectaire et l’habit de la horka blanche (la tunique que portent les habitants des pays du Golfe) et la barbe anormale qui dénote une appartenance bien déterminée », a déclaré le responsable tunisien du culte au journal « Assabah » de Tunis, en allusion aux longues barbes des intégristes.

 

M. Akhzouri considère le hijab comme un mode vestimentaire « intrus » et « étrange ». « Il est déplorable que nous ne respections pas nos spécificités », a-t-il martelé, plaidant plutôt pour le port de la « jebbah », la tunique traditionnelle tunisienne.

 

Ses propos font écho à une prise de position similaire prise récemment par le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali.

Le ministre des Affaires religieuses s’est inscrit en faux contre « l’accroissement relatif » du nombre de personnes qui portent le voile en Tunisie. « Au contraire, le phénomène est en régression », a-t-il avancé en se basant sur « des données objectives ».

 

Selon lui, « l’esprit éclairé » diffusé par les structures en charge des affaires du culte « est à même d’estomper progressivement ce phénomène ».

 

Il s’est targué, à cet égard, que la Tunisie ait pu réaliser « la difficile adéquation entre authenticité et modernité et entre patrimoine et interaction avec l’autre ».

 

En Tunisie, une circulaire datant de 1981 interdit le port du voile dans les administrations et les établissements scolaires.

Elle n’est cependant pas appliquée avec rigueur, les autorités faisant preuve tantôt de tolérance, tantôt de fermeté.

 

Plusieurs organisations non gouvernementales estiment quant à elles que cette interdiction porte atteinte aux libertés.

 


Report: Tunisian religious affairs minister criticizes practice of wearing Muslim hijab

Associated Press, le 29.12.2005 à 08h06

TUNIS (AP) _ Tunisia‘s religious affairs minister has criticized Muslim women’s practice of wearing the hijab head scarf, saying it does not fit with the North African country’s cultural heritage.

Aboubaker Akhzouri, in a newspaper interview, said the government of the mostly Muslim country also rejects Muslim tunics like those worn in Persian Gulf states and the practice of men wearing long beards like those often associated with some Islamic fundamentalists.

 

«It’s regrettable that we don’t respect our specificity,» he was quoted as saying in Assabah newspaper on Wednesday. He said the hijab is «foreign» and «an intrusion,» and recommended a traditional Tunisian Islamic tunic known as the jebbah.

 

Under a 1981 government order, Muslim headscarves are banned in Tunisian government offices and public schools, though the rule is not always applied rigorously. Some non-governmental groups have criticized the rule as a violation of Tunisians’ civil rights.

 

Akhzouri denied that more and more Muslim women are turning to the hijab. «On the contrary, the phenomenon is in decline … progressively fading away,» he said.

 


Le CICR a visité « sans entraves » une dizaine de prisons en Tunisie

ATS, le 29 décembre 2005 à 18h16

TUNIS – Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) a pu visiter « sans entraves » une dizaine de prisons et rencontrer des détenus en Tunisie. C’est ce qu’a affirmé Bernard Pfefferlé, délégué régional pour la Tunisie/Afrique du Nord.

« Nous avons trouvé du respect pour notre mission de la part des autorités pénitentiaires qui nous ont permis de rencontrer des détenus sans entraves, ni obstacles », a affirmé M. Pfefferlé dans un entretien avec le journal de langue arabe « Assabah ».

M. Pfefferlé a indiqué que depuis le début de la mission, en juin dernier, une équipe du CICR s’était rendue dans neuf prisons, à deux reprises pour deux d’entre elles, et avait rencontré la moitié du nombre de détenus programmé pour une visite.

Se refusant à plus d’indications « en raison de la nature de nos accords », il a néanmoins précisé que ces accords autorisaient le CICR à visiter l’ensemble des prisons et à rencontrer les détenus « en toute liberté et selon notre libre choix ».

Le CICR a signé le 26 avril dernier un accord avec les autorités tunisiennes pour visiter les prisons et évaluer les conditions carcérales, une demande insistante ces dernières années des organisations locales et internationales de défense des droits de l’homme.

« Nous nous occupons seulement des conditions dans lesquelles se trouvent les détenus et les causes pour lesquelles ils le sont ne nous concernent pas », a dit M. Pfefferlé, affirmant que son équipe a pu rencontrer « tous les types de détenus, y compris ceux qui sont emprisonnés pour des affaires de sécurité ».

(Source : www.tsr.ch, le 29 décembre 2005)


Le CICR a visité « sans entraves » une dizaine de prisons en Tunisie (délégué)

AFP, le 29.12.05 à 17h43

Le Comité international de la Croix Rouge a pu visiter « sans entraves » une dizaine de prisons et rencontré des détenus en Tunisie, a déclaré Bernard Pfefferlé, délégué régional pour la Tunisie/Afrique du Nord. « Nous avons trouvé du respect pour notre mission de la part des autorités pénitentiaires qui nous ont permis de rencontrer des détenus sans entraves, ni obstacles », a affirmé M. Pfefferlé dans un entretien avec le journal de langue arabe Assabah.

M. Pfefferlé a indiqué que depuis le début de la mission, en juin dernier, une équipe du CICR s’était rendue dans neuf prisons, à deux reprises pour deux d’entre elles, et avait rencontré la moitié du nombre de détenus programmé pour une visite. Se refusant à plus d’indications « en raison de la nature de nos accords », il a néanmoins précisé que ces accords autorisaient le CICR à visiter l’ensemble des prisons et à rencontrer les détenus « en toute liberté et selon notre libre choix ».

Le CICR a signé le 26 avril 2005 un accord avec les autorités tunisiennes pour visiter les prisons et évaluer les conditions carcérales, une demande insistante ces dernières années des organisations locales et internationales de défense des droits de l’homme. L’accord était intervenu un an après la décision des autorités de laisser visiter les prisons par le seul CICR, organisation qualifiée de « strictement humanitaire », tenue par le secret sur l’accomplissement de ses missions.

« Nous nous occupons seulement des conditions dans lesquelles se trouvent les détenus et les causes pour lesquelles ils le sont ne nous concernent pas », a dit le délégué régional, affirmant que son équipe a pu rencontrer « tous les types de détenus, y compris ceux qui sont emprisonnés pour des affaires de sécurité ».

M. Pfefferlé était interrogé sur les détenus condamnés pour terrorisme et tentatives de rejoindre les insurgés en Irak, parmi lesquels treize ont écopé de lourdes peines en juillet dernier, et d’autres en attente de leur jugement. L’accord entre le gouvernement tunisien et le CICR concerne tous les établissements pénitentiaires en Tunisie, « y compris les unités de détention provisoire et les lieux de garde à vue », avait-t-on indiqué à sa signature.

En avril, le gouvernement s’était engagé à mettre fin à la pratique de l’isolement cellulaire prolongé pour des dizaines de détenus « politiques », selon l’organisation américaine Human Rights Watch. Ces détenus sont pour la plupart des islamistes condamnés dans les années 1990 pour appartenance au parti islamiste Ennhada, démantelé et interdit.


Droits de l’Homme: Une délégation de la Croix Rouge visite neuf prisons tunisiennes depuis le 6 juin dernier

 

« Ce qui nous intéresse ce sont les conditions de détention ; le pourquoi de la détention n’est pas de notre ressort »

 

« La Tunisie est un pays de paix et de sécurité car il n’y a pas d’affrontements armés , ni de problèmes de terrorisme »

 

 

Tunis – Le Temps: Dans une interview accordée à notre consœur Assabah le délégué de la Croix Rouge en Tunisie et en Afrique du Nord parle des conditions dans lesquelles se sont déroulées ces visites et salue l’institution d’un Comité National de Droit International Humanitaire M. Bernard Pfefferte, ambassadeur et chef de mission au Comité International de la Croix Rouge salue la décision prise par le Président Zine El Abidine Ben Ali de décréter l’institution d’un Comité national de droit international humanitaire.

 

Par ailleurs, les membres de cette organisation déclarent que les visites se sont déroulées dans de bonnes conditions, selon un accord préalable avec le ministre de la Justice et des droits de l’Homme. Voici leurs impressions.

 

Le Temps : Quel était le résultat de vos précédentes visites qui ont été annoncées dans une conférence  de presse par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme ?

 

M. Pfefferte : En effet on s’est mis d’accord avec les autorités tunisiennes pour avoir une autorisation spéciale pour visiter les prisons et prendre connaissance des conditions  dans lesquelles se trouvent tous ceux qui sont privés de liberté… c’est –à-dire  les détenus, et ce tant sur le plan matériel que sur le plan humain.

 

Nos visites ont commencé depuis le 6 juin dernier ; l’équipe de la Croix Rouge a visité jusque-là neuf prisons et revisité deux d’entre elles.

 

Nous avons donc rendu visite à la moitié des détenus que nous avons programmé de voir.

 

•Avez-vous une idée sur le nombre de détenus que vous avez visités jusque-là ?

 

– Etant donné la spécificité de notre mission et la nature de nos accords, nous ne pouvons déclarer le nombre de détenus, toutefois notre mission humanitaire nous confère le droit de visiter toutes les prisons et  tous les détenus  et de rencontrer  ces derniers  en toute liberté selon notre libre choix de la prison et des détenus, sans aucune contrainte .

 

Et sur ce point nous avons trouvé tout le respect dû à notre mission de la part des responsables pénitentiaires, qui nous ont accordé toutes les facilités afin de rencontrer  les détenus sans aucune difficulté.

 

•Avez-vous rencontré des détenus  d’une catégorie déterminée ?

 

– Nous nous occupons seulement des conditions dans lesquelles se trouvent les détenus et les causes pour lesquels ils le sont nous importent peu.

 

Nous avons ainsi rencontré plusieurs catégories de détenus, y compris ceux qui s’y trouvent pour des « affaires de sécurité ».

 

•Avez-vous rencontré ceux qui ont été jugés dernièrement pour des actes de terrorisme et de tentative de s’introduire en Irak pour  rejoindre des groupes terroristes ?

 

– Nous avons rencontré des détenus  dans ces affaires et plusieurs autres affaires que nous avons pu visiter sans obstacles.

 

•En tant  qu’organisation internationale de la Croix Rouge, vous vous intéressez bien sûr au droit international humanitaire et des accords de Genève. Que pensez-vous donc des dernières décisions du Président Zine El Abidine Ben Ali  à ce sujet ?

 

– Nous avons appris avec beaucoup d’intérêt la décision prise dernièrement par le Président de la République  tunisienne à l’effet d’instituer  un comité national de droit international humanitaire,  d’autant plus que la date du 10 décembre, date de cette décision correspond à celle de la journée internationale des droits de l’Homme.

 

La Tunisie est un pays qui vit une période de paix et de sécurité, car il n’y a pas d’affrontements armés ni de problèmes de  terrorisme. Et il  serait intéressant que tous les pays vivant dans un  contexte de paix, puissent entreprendre de telles résolutions à l’exemple de la Tunisie, car cela est de nature à mieux  garantir le suivi de l’application du droit international humanitaire en cas de différends.

 

Nous  apprécions également le fait que les textes du droit international humanitaire aient été communiqués avec les accords   de Genève à tous les magistrats et les  intervenants en tout domaine juridique, militaire, estudiantins et écoliers, de nature à diffuser une culture du droit humanitaire à travers toutes les institutions en Tunisie  et à mieux coordonner la législation nationale avec le droit international  humanitaire.

 

Nous nous réjouissons  en tout cas d’avoir établi un dialogue positif avec le ministère des Droits de l’Homme.

 

•Qu’en est-il des prisonniers au Sahara marocain ?

 

– Comme vous le savez, un dernier groupe de prisonniers du Polisario a été libéré l’été dernier et nous sommes actuellement préoccupés par le dossier de ceux qui ont été déclarés disparus afin de connaître leur sort, ainsi que par le rapatriement de ceux parmi les décédés réclamés par leurs familles.

 

Toutefois, nous n’intervenons  pas sur le plan politique  mais nous suivons de près en tant qu’organisation de la Croix Rouge l’évolution des conditions politiques régionales et internationales, notamment, en rapport avec les problèmes humanitaires dans le dossier  du Sahara en général.

 

(Source : « Le Temps » du 29 décembre 2005)

 


Négociations sociales: Aujourd’hui, signature des PV

Un nouvel élan pour le monde du travail?

46 conventions concernées, plus d’un million deux cent mille employés touchés.

 

Le VIème round des négociations sociales connaît aujourd’hui son dénouement. Après plus de six mois de négociations, les partenaires sociaux (L’UGTT et l’UTICA) procèderont aujourd’hui, au premier ministère, à la signature de 46 PV de révisions des conventions collectives.

 

Cette cérémonie  ouvre la porte à l’application des augmentations des salaires convenues lors des signatures de ces divers accords.

 

Dès le début de 2005, le monde du travail ressentait que les négociations sociales ne seraient pas de tout repos. En effet, l’année 2005 correspond à l’expiration des accords multifibres. Ils touchent le textile qui est un secteur stratégique pour l’économie tunisienne.

 

Ce domaine emploie près de 250.000 ouvriers et représente plus de 40% des exportations. Il fallait cravacher dur pour faire face à l’invasion des produits chinois. Ceci ne pouvait qu’avoir des incidences sur les négociations sociales. D’autre part, et depuis 2004, les prix des carburants ont connu une envolée spectaculaire.

 

Le baril du pétrole se négociait autour de 65$. L’industrie est généralement énergifore. Les équilibres financiers des entreprises ont été bousculés, malgré l’intervention de l’Etat pour temporiser l’ardeur de cette augmentation. L’ouverture de l’Union Européenne aux pays de l’Est a eu des effets sur certaines de nos exportations.

 

Toutes ces données conjoncturelles et structurelles ont pesé sur le déroulement des négociations et ont sérieusement freiné son développement. Ainsi, le VIème round, entamé en mai dernier, ne connaîtra son épilogue qu’aujourd’hui, avec la signature des 46 PV, déjà conclus.

 

Quelques secteurs traînent encore. Le Temps a cherché à connaître les points de vues des représentants des partenaires sociaux sur ce long processus.

 

Mourad SELLAMi

 

 

Sons de cloche

 

Hamadi Ben Sedrine (UTICA):

« Stabiliser la législation du travail »

 

Représentant l’UTICA au haut comité des négociations, il a assisté à des dizaines de réunions de travail lors de ce VIème round. Son constat est:

 » Ce fut un round long, pénible et chargé de pressions. Les négociations sociales manquent encore de repères objectifs. L’impératif de tous les partenaires sociaux étant la pérennité des entreprises. Donc, les législations de travail sont appelées à être stabilisées. Les programmes des entreprises sont établis suivant de longues projections. Nous proposons donc que, seules les révisions des salaires se feront d’une façon triennale. Les mises à jour des législations devraient se faire tous les six ans.Nous avons subi aussi beaucoup de pressions. Trente menaces de mouvement ont été lancées. Cette tension ne permet pas des résolutions équilibrées, surtout que nous ressentons des craintes à l’approche des échéances politiques et des grands événements. Ce n’est pas normal que les syndicats du tourisme nous menacent de brassard rouge pour le 24 décembre et de grève pour le 31 décembre. C’est une pression insoutenable. Les négociations sociales sont donc appelées à plus de rationnalité et à respecter une certaine harmonie. »

 

M.S.

 

Ali Ben Romdhane (UGTT):

 

« La masse des travailleurs ne saurait subir de fragmentations »

 

L’un des représentants de l’UGTT au haut comité des négociations a soulevé tout au long des négociations le manque de sérieux chez certains représentants du patronat. Il réplique:

  » Ce n’est pas de gaieté de coeur que les syndicalistes appellent à des grèves. Nous sommes conscients que les entreprises doivent réaliser des bénéfices et être performantes pour que les employés puissent tirer profit de cet essor. Seulement, nous constatons parfois que les patrons omettent de se rappeler des employés lors de la répartition du gâteau. Nous sommes alors dans l’obligation de faire pression pour avoir gain de cause. C’est ce qui explique notre démarche dans le tourisme. Pour le processus des négociations, l’union fait la force. Certains secteurs passent par des difficultés passagères, d’autres ne sont pas très bien structurées, la globalisation des négociations aide à réaliser des augmentations similaires pour tous les travailleurs, tout en respectant les spécificités de chaque secteur. Je ne peux finir sans remercier tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce processus, et notamment les structures de l’UGTT, qui ont fait preuve de sérieux et d’abnégation pour parvenir à leurs objectifs. Je remercie aussi les représentants  de l’UTICA et les structures du gouvernement. »

 

M.S.

 

(Source : « Le Temps » du 29 décembre 2005)


 

Alger demande à Paris de s’excuser pour les crimes coloniaux

Reuters, le 28.12.2005 à 18h07     ALGER, 28 décembre (Reuters) – L’Algérie a demandé mercredi à la France de présenter ses excuses pour les crimes commis pendant la période coloniale, afin de favoriser l’amélioration des relations entre les deux pays.  Les deux pays tentent de normaliser leurs relations. Ils devraient prochainement signer un traité d’amitié sur le modèle du traité de réconciliation franco-allemand de 1963.  Mais l’Assemblée nationale française a voté en février une loi évoquant « le rôle positif » de la colonisation, texte qu’Alger considère comme un obstacle à la normalisation des relations entre les deux pays.  « Nous sommes favorables à l’établissement de relations privilégiées entre les Algériens et les Français. Mais ces relations ne doivent pas se construire au détriment de la mémoire algérienne », a déclaré à la radio Abdelaziz Belkhadem, un conseiller du président Abdelaziz Bouteflika.  « On ne doit pas falsifier l’histoire en disant que le colonialisme a eu des côtés positifs. Le colonialisme, c’est la destruction. »  « La France, avec laquelle nous souhaitons établir de bonnes relations, doit présenter ses excuses pour les crimes commis contre les Algériens. »  L’Algérie affirme que les autorités françaises ont tué 45.000 Algériens descendus dans les rues pour demander l’indépendance le 8 mai 1945, tandis que l’Europe fêtait la capitulation nazie.  De nombreux hommes politiques algériens ont employé le terme de génocide pour caractériser les événements du 8 mai 1945 et demandent à ce titre des compensations.  Les forces françaises avaient lancé des raids aériens et terrestres contre plusieurs villes de l’est de l’Algérie en réponse à des manifestations qui avaient fait une centaine de morts côté européen.  Les historiens européens chiffrent le nombre de victimes de ces opérations à 15.000 ou 20.000 morts. REUTERS

France-Mémoire : le débat consternant sur le passé colonial

par Alfred Grosser Il ne faudrait pas que l’enseignement de l’Histoire soit sinusoïdal. Qu’il s’agisse de la Résistance et de Vichy, de l’Afrique sous possession française, tantôt on glorifie un aspect, tantôt l’opposé. Il s’agit sans doute d’une spécificité française : en pleine crise économique et sociale, on s’enflamme, on s’affronte avec virulence à propos d’un passé plus ou moins lointain (1). Trop rarement on s’accorde pour assumer ensemble. Qui donc a reproché à François Mitterrand d’avoir glorifié d’un même élan oratoire Hugues Capet, fondateur de la grande dynastie royale, et la Révolution qui a coupé le cou non à Louis XVI et à Marie-Antoinette, mais à Louis Capet et à la veuve Capet ? En ce moment, les vagues du passé colonial déferlent avec une force sans cesse accrue. Sur un premier point, mes collègues historiens, signataires d’un beau texte collectif, ont raison : jamais le législateur ne devrait intervenir pour établir une vérité historique ! Le Parlement ne devrait pas aller au-delà d’un souhait exprimé dans une motion. Mais nous n’avons pas été nombreux à protester contre la loi Gayssot qui punissait la négation du seul génocide hitlérien, puis contre l’absurde formulation « La France reconnaît le génocide arménien. Cette loi sera exécutée comme loi de l’État.» En revanche, il faudrait nuancer leur affirmation : « L’histoire n’est pas la morale. L’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner, il explique. » D’abord, le choix du sujet d’étude est rarement neutre et l’établissement d’une vérité nouvelle aux dépens de la précédente est souvent chargé d’une vision morale. Ensuite et surtout, la formulation est difficilement applicable à l’enseignement secondaire. Le professeur d’histoire doit maîtriser un programme chargé. Il choisit les points forts. Certes, il explique, mais les questions que les élèves lui posent sont lourdes de « mémoires », c’est-à-dire de préjugés transmis par la famille, par les médias, par le milieu social. Comment les dissiper, sinon en mettant l’accent sur tels faits plutôt que sur tels autres ? La sérénité, la visée de l’objectivité, le sens de la justice face au passé relèvent déjà d’une morale. Qu’il s’agisse de livres ou d’articles, mes analyses historiques ont presque toujours tendu à établir des faits favorables aux victimes. Ainsi, en 1961, dans La Quatrième République et sa politique extérieure, je parlais abondamment des répressions de Sétif, de Madagascar et de l’horrible répression en Algérie. En mars 2001, dans ce journal, une de mes chroniques était intitulée « Notre oubli de la souffrance noire ». Je n’ai donc pas à me repentir de coupables silences, ce qui me permet de protester contre les excès actuels. Il faudrait voir Napoléon à travers le rétablissement de l’esclavage. Il faut alors voir de Gaulle à travers le maintien, au profit de la France libre, du travail forcé en Afrique noire. Félix Houphouët-Boigny, à l’époque simple député à l’Assemblée nationale, n’a obtenu la loi l’interdisant qu’en avril 1946, après avoir présenté à ses collègues les terribles souffrances infligées aux Africains. L’article 4 de la loi votée le 10 février 2005 ne devrait pas exister, mais son contenu lui-même ne me choque que modérément. Je n’en changerais qu’un seul mot. « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord. » J’aurais écrit, comme recommandation, « reconnaissent aussi ». Un jour, l’ambassadeur de France à Tunis se vit assaillir de critiques par Habib Bourguiba, président de la République tunisienne. Excédé, il demanda : « La France n’a donc jamais rien fait de bien en Tunisie ? » Réponse : « Si, elle a fait Bourguiba ! » Il en est de même pour la plupart des dirigeants africains qui ont conquis l’indépendance. La Belgique, elle, avait cru échapper à la décolonisation en ne formant pas de cadres africains. En Algérie, l’injustice régnait assurément. Mais il n’en existait pas moins des mélanges fraternels dont témoigne par exemple le livre de Jean Pélégri, Ma mère l’Algérie. Ami d’Albert Camus, auteur antérieurement du roman au titre significatif Les Oliviers de Justice, il a eu la joie, peu avant sa mort récente, de se voir fêté à l’Institut culturel algérien. Aucune action positive, vraiment, de la part de tous ces enseignants, laïcs ou prêtres, de tous ces médecins, de tous ces administrateurs ? Il ne faudrait pas que l’enseignement de l’Histoire soit sinusoïdal. Qu’il s’agisse de la Résistance et de Vichy, de l’Afrique sous possession française, tantôt on glorifie un aspect, tantôt l’opposé. On peut espérer qu’à l’abri des murs du lycée, les élèves pourront apprendre que la réalité est contradictoire, et que, par exemple, un historien sérieux de l’esclavage n’est pas « révisionniste » parce qu’il parle aussi de la traite des Noirs par des Arabes ou par d’autres Noirs. Pas plus qu’un critique de l’insensibilité israélienne aux souffrances des Palestiniens n’est par là même antisémite. Et quand les élèves auront découvert les nécessités et les joies de la recherche objective, de la mise en question, des réponses difficiles, ils auront accompli un énorme progrès moral. (1) Voir le chapitre « Présence des passés » de mon livre La France, semblable et différente (Éd. Alvik, 2005). (Source : « Le Figaro », mardi 20 décembre 2005)

Et si la France se trompait de siècle : XIXème ou XXIème ?

Tahar Mansouri (*)  Au moment où la colonisation quitte le domaine des querelles politiques du passé pour s’installer comme objet d’histoire traité dans la froideur archivistique et la sérénité académique, et malgré l’image que la France a réussi à donner d’elle-même en tant que pays des Droits de l’Homme, de la démocratie et des libertés, une certaine France se révèle encore coloniale en faisant voter une loi qui reconnaît “le rôle positif de la colonisation ”. C’est au bénéficiaire, si bénéficiaire il y a, de reconnaître un tel rôle. Cependant une telle loi, si elle révèle des tendances actuelles, réveille des démons à moitié assoupis, ravive des blessures à peine asséchées et jette un voile sur le passé. La France se disculpe, par ses propres législateurs, des méfaits de la colonisation, et enterre tous ceux qui se sont opposés à sa politique parmi les Français et parmi ceux des nations qui ont construit l’empire colonial. Elle se disculpe des “crimes” contre l’humanité commis par ses soldats et ses hommes de main qui se sont livrés aux pires exactions. Elle blanchit les tortionnaires et assimilés. Elle évalue le sang versé par des nationaux libres comme un sang versé pour rien. Et de ce fait toute résistance nationale à un occupant ne doit pas l’être, dans la mesure où la colonisation est un bien, et s’opposer au bien mériterait châtiment. Elle justifie les actions coloniales du passé et encourage celles en cours en Orient et ailleurs. Elle s’arroge le droit de juger sa propre “ œuvre ” et perpétue le sentiment de “la supériorité ” française, et pourquoi pas ne justifierait- elle pas des intentions dix-neuviémistes endormies et prêtes à se mobiliser. Elle se serait trompée de siècle. Par une inversion du chiffre I dans les manières d’écrire les XXIème et XIXème siècle nous nous trouvons dix ans avant 1815 (date du Congrès de Vienne, congrès qui désormais doit être perçu comme le congrès qui a réparti les tâches pour chacun des Etats européens pour prendre ses responsabilités à éduquer et à civiliser le monde “barbare” et vingt-cinq ans avant la prise d’Alger (1830) dont on doit dire désormais que son Dey était “ insolent ” et qu’il a fallu lui infliger la correction méritée (…) Quant aux nationalistes emprisonnés, torturés et dont certains ont été exécutés, cela s’est fait non pas dans l’intention de faire taire à jamais des hommes dignes et libres mais “pour débarrasser les colonies des mauvaises graines” . La France généreuse s’est portée au secours du peuple “en l’aidant à faire le tri entre le bon gain et l’ivraie” . C’est ainsi que désormais le jeune Français doit lire l’histoire de l’Empire ou plutôt de la République. Le professeur doit se soumettre, car s’écarter d’une telle ligne serait une transgression à la loi, dans le pays de la loi. Ne faut-il pas respecter les lois de la République et celle sur “les bienfaits de la colonisation” en est une ? Quant à nous, “ citoyens ” des ex-colonies et surtout historiens, même si certains ne comprennent pas le danger d’une telle loi puisqu’ils considèrent qu’il s’agit d’une affaire interne, nous devons suivre la mode voulue par le législateur français et nous soumettre aux lois de la République. J’ai oublié : la Tunisie et le Maroc fêteront le cinquantenaire de leur indépendance sous peu, l’Algérie suivra. Il va sans dire que toutes les luttes nationales doivent aussi se soumettre à la nouvelle lecture prévue par une nouvelle loi, l’histoire de la colonisation et de la décolonisation est une histoire commune et ce qui les régirait en France doit, désormais les régir “outre mer” . Sans vouloir entrer dans des détails qui ne peuvent que raviver les souffrances des peuples et redorer le blason d’une frange de ceux qui ont servi “la mère patrie” “la bouche ouverte et la main tendue””, en tant qu’historien, et en tant que Tunisien dont le père fut soldat du 4e RTT, comme beaucoup de Tunisiens de mon âge et plus, je pense que la France oublie les bienfaits des colonies, bienfaits économiques toujours d’actualité, bienfaits politiques toujours en vigueur. La France doit énormément aux anciennes colonies. Elle leur doit une partie de son histoire, elle leur doit une part de sa personnalité, elle leur doit une part de son indépendance. Pendant la première guerre mondiale, ainsi que la deuxième, pour ne citer que peu d’exemples, les tirailleurs sénégalais, malgaches, marocains et tunisiens et tant d’autres ont pu sauver la France et même l’Europe d’une part d’elle- même. Je suis certain que les acteurs actuels de la politique française, avec à leur tête le député UMP Christian Vanneste, ne connaissent pas et sans doute n’ont jamais entendu parler du cimetière de Tarf al-Shna où dorment dans une désolation apparente tant de soldats maghrébins portant une épitaphe bilingue et en caractères gras “mort pour la France”(…). Leur mort, celle de leurs semblables, n’a servi à rien. Elle fut l’impôt de la civilisation apportée et le sang versé le fut en reconnaissance à “la mère patrie”. Comment doit-on lire leur mort ? Comment doit-on lire l’oubli “républicain ” de ces hommes morts pour sauver son honneur, morts pour la liberté et qui ont contribué, qu’on le veuille ou pas, à écrire une page de l’histoire de la France, du Maghreb et de l’Europe et contribuer à sauver, tant soit peu, l’honneur de l’humanité. Mais il me semble que la France d’une certaine politique veut faire des enseignants et chercheurs en la matière “des fonctionnaires” de l’histoire ! Qu’on se le dise : aux historiens d’écrire l’Histoire, aux politiques, s’ils le veulent, d’en faire usage. (*) Professeur d’Histoire (Université de Manouba-Tunis) (Source : « Réalités » N° 1044 du 29 décembre 2005)
 

REACTIONS A L’EDITO DE TUNIS HEBDO DU 19 Décembre 2005

LETTRES DE LA SEMAINE

On n’enterre pas la «colo» avec le bout d’un stylo

Faire l’apologie du colonialisme, le considérer par les textes de loi comme un acte «bienfaiteur», cela constitue un dérapage grave que l’édition de notre précédente livraison n’a pas manqué de dénoncer pour que l’on n’étouffe pas en catimini les souffrances endurées pendant plus d’un siècle par les peuples soumis au joug de l’occupation.

La chose avait été soulevée, à bon escient, par M. Rachid Sfar, dans une intervention à la Chambre des Conseillers. Le fait ne devait pas passer sous silence.

Notre édito a rafraîchi la mémoire à plus d’un concernant la nature même du colonialisme et appelé à abroger une loi qui fait fi de l’histoire des peuples et du sang de leurs martyrs. L’appel a trouvé un écho favorable dans plusieurs composantes de la société civile et bon nombre de nos lecteurs ont réagi pour joindre leur indignation à la nôtre.

D’accord, mais aussi…

Auteur : Fathi

22/Dec/2005

Le colonialisme est un mal c’est déjà un pléonasme.

Je ne veux pas polémiquer, ni abaisser la qualité’ de votre article, que j’estime par ailleurs juste et rigourux..Mais..mais

Mais comment expliquer le dilemme, la contradiction, le fait suivant ?

Il y a plus de Nord africains en France qu’avant.

1-/Quasiment tous nos jeunes veulent griller pour aller de l’autre coté de la mediterrannée

Soit en traversant la mer a leurs risques et surtout..peril?

Soit en faisant la queue devant l’ambassade de Madame El Akri entre autres, avec des humiliations plus grandes que celles endurées 50 ans plus tot?

2-/ Comment expliquer la forte demande de nationalité francaise, surtout par les maghrebins, en particulier de ceux issus du pays d’un million -et meme plus- de martyrs ?

Nos martyrs d’El Jellaz et d’ailleurs doivent se retourner dans leurs tombes

3-/ Comment expliquer a Mr. Sfar entre autre, la faible fierte nationale de nos pays, je veut parler de la reciprocite’ un francais meme smicard peut venir avec une carte d’identité , alors que Mr. Mohamed ou madame Fatma doit faire la queue, demander un visa qui n’est pas ..garantie..meme s’il a paye’ les frais pour..

Ou est la réciprocité’???

Est ce que certains sont plus égaux que d’autres???

4-/ -mon e-mail est deja assez long , je ne veut pas parler de qui aide qui, est ce que c’est le Nord qui aide le Sud ou est ce le contraire ?? qui subventionnes ses produits agricoles et suffoque les paysans du Sud??

Qui détermine le prix du cacao, du ble’, etc..?

qui impose sa culture a l’autre?

qui fourgue sa camelote querriere a l’autre ? qui pollue le plus?

Les reponses sont connues

Note : Saluons au passage le courage de Mr. Sfar.

Gros bisous à toute la Tunisie

L’impact de cette approche!!

Auteur : Riadh Bounatirou

22/Dec/2005

Je voulais vous remercier pour avoir abordé un sujet très important. Votre analyse me semble très intéressante. Ainsi, je voulais juste souligner quelques aspects… et qui sait, ils vous inspireront peut être, en attendant votre prochain article.

En fait je crois que l’approche française que vous avez si bien décrite est le fruit d’un travail de fond que la loi du 23 Février a mis en exergue. Cette loi n’est au fait que le sommet visible de l’iceberg. Ainsi, je pense que plusieurs choix du gouvernement français peuvent être perçu comme parallèles a cette loi et ont pour but de consolider une nation au dépend de ces colonies, comme toujours. C’est une tentative acharnée de garder ce que leurs pères les Gaulois leurs ont laissé.

Je commencerai par la commission « stasie » et son impacte non seulement agressif, mais assimilationniste. Je ne parle pas de l’aspect religieux mais plutôt de l’aspect social touché par la loi. Patrick Veil, l’un des membres de cette commission, la décrit comme étant une solution qui portera quiétude aux familles Maghrébine en France. Cette approche en réalité n’est qu’une tentative d’assimilation forcée qui vise à effacer tout trait de caractère des groupes sociaux à l’origine des derniers incidents. Il ne faut pas se méprendre, une fois que la fille ne porte pas le voile durant les années de lycée, il lui sera difficile de le porter plus tard. Par ailleurs, la modification des critères de nationalités mettent bien en évidence les intentions Française. D’autre part, la résidence en France pour les jeunes durant les années du secondaire est désormais obligatoire pour obtenir la nationalité. Ainsi, après le jus sanguini, le jus soli n’est plus assez, mais il faut une résidence en France pendant les années de lycée. Ces années sont donc regardées comme la clef à l’assimilation voulue par le gouvernement Français. La solution qui réglera leurs erreurs commises sous les plus injustes lois d’immigrations.

Une fois sure d’avoir tous ces Maghrébins cloitrés dans une école française, il faut commencer le processus d’effacement de leurs traits afin d’en faire des modèles hybrides certes, mais au moins francisés.

Ici rentre l’importance de la famille est le rôle des parents immigrés, mais hélas, ce rôle est rarement mené à bon termes, surtout que la majorité d’entre ces parents ne sont pas assez éduqués pour mener à bien une telle mission.

Le fait que l’école est regardée par le gouvernent français comme un moule cela ne semble pas échapper à la majorité, mais le problème transcende l’école quand il s’agit de réécrire l’institution de colonialisme. En effet, une telle approche peut être comprise à court terme comme étant une amélioration de l’image de la France coloniale, mais le problème réside à long terme et il me semble très improbable que le gouvernement français ait omis d’aborder l’impacte de cette approche de ce point de vue. En effet, en polissant l’image de la France coloniale, il y a un risque de distorsion qui peut même légitimiser des pratiques coloniales modernes qui font rage au moyen orient (Palestine, Iraq). Ainsi, la pratique coloniale sera regardée comme étant une solution logique pour apporter modernisme et démocratie. Cette approche n’est donc pas une approche qui portera ses fruits sur quelques années mais sur quelques générations.

Pour conclure, il me semble important de regarder la loi du 23 février dans un contexte général qui voit la montée d’une vision assimilationniste et donc essentialiste par excellence. Cette montée a été eu comme point de départ une force intellectuelle importante. Ainsi, l’exemple de Benjamin Stora me semble bon. En effet, son livre La gangrène et l’oubli qui fait le point sur la guerre d’Algérie après cinquante ans, peut être regardé comme une autorisation implicite ou une sorte de feu vert au gouvernement de procéder à une écriture nouvelle de ses propres réalités.

Pour finir je voudrais dire que le problème soulevé est seulement en partie créé par la France. L’autre partie étant le nombre limité de livres émanant de ces pays du Maghreb et qui mettent le point sur les atrocités commises par le régime colonial français (en langue française ou Anglaise). Ainsi la voix du subalterne sera peut être écoutée.

Mon dieu ce que j’ois est triste

Auteur : Rachid BEN RAYANA

22/Dec/2005

Ce sujet a largement alimenté la vie politique, ces derniers jours en France: je ne sais pas combien de débats ont-ils été présentés à ce sujet, et combien d’hommes politiques, en allant du premier ministre à quelques intellectuels de l’hexagones se sont-ils exprimés à ce sujet.

Dans tout le magma des paroles, qui, pour le positif, qui, pour le négatif, il y a eu une phrase prononcée par je ne me rappelle plus quelle personne a particulièrement retenu mon attention, et qui disait en substance: l’un des aspects positifs de la colonisation et non des moindres, c’est que le colonisateur a doté « sic » le colonisé de l’arme qui lui a permis de le combattre d’abord d’égal à égal,et ensuite, de le mettre dehors: à savoir sa culture, et le langage qui lui a permit de se faire comprendre clairement par lui.

Je ne sais pas depuis quand, un être humain d’un pays « A », se serait mis comme ça, par philanthropie, ou, je ne sais quel dévouement désintéressé, à s’offrir au service d’un autre être humain, d’un pays « B », afin que celui-ci s’épanouisse, et peut être par la suite devenir un redoutable concurrent, ou tout au moins, quelqu’un susceptible de réclamer séance tenante, et toute affaire cessante, sa part du gâteau, et toute sa part.

Il n’y a qu’à lire le bouquin de notre compatriote Albert Memmi, « portrait d’un colonisé », pour se convaincre du contraire de ce que prétendent, ceux qui veulent mettre dans les manuels scolaires, le rôle positif de la colonisation en Afrique du nord; ont-il pensé un seul instant au regard fier, qu’un écolier français, aurait jeté à la face de son collègue originaire de pays colonisé, et la réplique pâle d’un regard en dehors des yeux de celui-ci qui tomberait comme un crachat dans un seau d’eau.

Il est difficile de cerner, vu ces considérations à quel point peut aller le sentiment dépourvu d’humanité, de ces intello qui veulent régir à bâton rompu, le courant de l’histoire en allant jusqu’à le falsifier.

Sans aller jusqu’à parler des manifestations d’exclusion à l’intérieur de nos frontières, et les brimades que nos parents subissaient, en se faisant traiter comme des citoyens de second ordre chez eux, leurs droits copieusement bafoués et ramassant quand cela est possible, les miettes de ce gros gâteau qu’était la richesse du pays, partagé copieusement et généreusement entre les colonisateurs et leurs alliés.

Certes, il serait injuste de dire, que nous n’avons rien tiré comme profit, de nos colonisateurs d’hier, mais il est certainement plus exact de dire qu’ils ne nous ont rien offert comme ça pour nos beaux yeux, et que ce que nous avions glané ce fut au prix de sacrifice et de travail, disons pour nous résumer que nous avions arraché ces petits avantages dont nous avons tiré profit; et par conséquent on peut l’affirmer la tête haute, qu’on ne doit rien à ces gens là, et peut être que eux nous doivent sinon tout, du moins beaucoup. et leur sagesse aurait été de mettre leur arrogance, inversement proportionnelle à notre humilité, de ne rien leur demander en reconnaissance.

Je crois, et suis même convaincu qu’en la matière, la bienséance est dans notre camp, est notre force demeure, en cette dualité, qui fait de nous des gens attachés à nos racines, et imbus de cette deuxième culture dont on a su tirer la substantifique moelle comme disait Rabelais, en l’utilisant le cas échéant à bon escient, comme vecteur pour accéder à une vie meilleure, sans plus.

et je finirais par ce petit poème que j’ai modestement écrit pour la circonstance:

De mes propres mains, g construit ton bonheur

Pour toi, je me suis consumé d’heur en heure

J’ai tant peiné, pour monter les murs de ta demeure

Et sué à flots, pressé par un dur labeur,

Que g fait, pour que tu en dégustes le beurre

Il est vrai que chez moi, je vivais de misère

Une misère équitablement répartie

D’un bout à l’autre de notre lisière

De sorte que personne, pauvre ou nantie,

Ne puisse émerger de cette douce rivière,

Pour gausser les siens, dans la pauvreté meurtris.

Outrant ma sagesse, j’ai troqué mon monde

Contre un lucre trompeur, matière immonde

Illusion sans nom, et amertume profonde.

Depuis, je me débats dans cette mare

Hantée par ces gens, me poussant au départ

Subissant leur haine et traînant le cafard

Pensant à mes horizons perdus dans le brouillard

N’espérant rien de mon hôte, avéré avare

Qu’un peu de compassion, est-ce une tare?

Mais ce que je reçois, pour toute réponse,

Me refroidit le coeur, et dans l’enfer l’enfonce

Me poussant au désespoir et la défonce.

Commentaire de votre éditorial

Auteur : akram

26/Dec/2005

Cher monsieur , je voulais vous remercier tout d abord pour votre article qui est excellent car vous relatez dans votre article sur des faits historiques concernant les actes horribles des français durant la colonisation n ayons pas peur de les appeler par leur nom ,qui m ont touchés énormément, oui car je sui un tunisien né en France de la deuxième génération , et qui cherche continuellement à connaitre son pays , son histoire et la période de la colonisation , je suis moi même un passionné d histoire.

Monsieur vous faites éveiller les consciences , et faites même aux jeunes générations tunisiennes, les événement tragiques de la colonisation ;ceux qui pensent sans réfléchir que les français ou les européens sont les bienfaiteurs de l humanité. ils faut leur rappeler qu ils se sont enrichis grâce à ce que nous possédons dans nos terres. j ai un amour profond pour mon pays d origine; je vous dis cela car malheureusement, les tunisiens que je côtoie chaque été n ont pas cette amour réciproque , et ils ne désirent qu une seule chose s est partir en Europe, d autres oui sont des nostalgiques de la colonisation!!alors qu ils ne l ont même pas connu! Pourquoi en sont ils arrivaient là ?si seulement ils savaient ce que nos ancêtres ont pu vivres en cette période oppression, comme par exemple les faits que vous écrivez dans votre éditorial ; peut être auraient ils un peu de regret sur leur parole. Mais comment expliquer qu une jeunesse entière veulent quitter un pays calme et serein.

Comment expliquer l estime qu ils sont des français et de la sous-estime qu il ont d eux mêmes et de leur patrie. Mais je sui fier qu il existe des gens comme vous monsieur qui n a pas peur de dire la vérité .il n y a pas deux catégories d humains, d autre plus évolués que d autres , non il y a l humanité voila tout. c est la première fois que je vous écris , et je voulais vous dire que j admire toujours vos éditoriaux.

(Source : le site de Tunis Hebdo visité le 27 décembre 2005)

URL :

http://www.tunishebdo.com.tn/article.php?rid=8&id=21915


 

UN PEU D’HISTOIRE…

 

Décembre 1774

La Tunisie province de l’empire Ottoman

 

Au 18e siècle l’Empire Ottoman gouvernait des provinces hétéroclites éparpillées un peu partout dans le monde, depuis l’Anatolie jusqu’à la Mésopotamie et le Moyen-Orient et depuis l’Europe jusqu’en Afrique du Nord.

 

Il étendait ainsi sa souveraineté sur cet immense espace au nom de l’unité islamique ou la notion de « Ummah » et non au nom de l’ethnie ou la race arabe tel que ce fut le cas durant l’ère abasside.

 

La notion de Millah avait été adoptée par l’Empire Ottoman, par la suite en 1839 afin de désigner les multiples confessions reconnues, ce mot d’origine persane signifiant le peuple.

 

D’ailleurs, le mot Millah est utilisé dans le Coran pour désigner le groupe confessionnel de Ibrahim (Millata Ibrahim), tandis que le mot Ummah peut désigner une seule personne, tel que c’est le cas dans le Coran pour le même prophète Abrahim, qui est Ummah en lui-même.

 

C’est par cette notion de Millah que les communautés religieuses non-musulmanes avaient pu avoir leur autonomie et que put s’installer une coexistence pacifique entre musulmans et non musulmans.

Mais au départ et avant cette évolution le sultan ottoman agissait en tant que Khalife religieux et Imam des croyants.

 

Le sultan Abdulhamid était appelé par l’impératrice Catherine de Russie, lors du traité signé avec elle en 1774, le « Souverain Khalife de la religion mahometane ».

 

Ce fut à cette époque que l’Empire Ottoman gouvernait les Wilaya ou provinces turques en tant que le chef suprême des musulmans.

 

La Tunisie avait ainsi le même sort depuis que la flotte ottomane libéra le pays de la domination espagnole et ce en 1572.

 

Le gouverneur, dey ou bey de Tunis était considéré comme le représentant du sultan dans la province.

 

Aussi n’avait-il au départ aucune initiative et il gouvernait selon les directives envoyées par le chef de l’Empire Ottoman.

 

Mais comment pouvait-il faire exécuter ces directives et de quelle façon il pouvait matériellement exercer son pouvoir, quand bien même il le détenait de la porte sublime ?

 

Ce fut essentiellement par l’armée qui lui servait de soutien, et qui lui était envoyée directement par l’empire ottoman.

 

Les janissaires composaient l’essentiel de cette armée, à côté des « Mkhaznyah » qui était une sorte de milice locale.

 

En décembre 1774, le sultan Abdulhamid envoya un contingent de janissaires à titre de soutien pour la province de Tunis. Ainsi, et afin de maintenir la cohésion de toutes les provinces y compris celle de Tunisie, la force militaire s’avérait indispensable.

 

Ce qui fait que l’allégeance des provinces à l’empire Ottoman était fondée sur deux éléments : militaire et religieux.

 

Ce fut la raison pour laquelle le pouvoir ottoman fut petit à petit monopolisé par les militaires (Aâskar) qui avaient pour tâche sinon d’embrigader le peuple du moins de l’encadrer.

 

Ainsi les responsables administratifs étaient des militaires qui avaient à lutter pour l’allégeance religieuse. Mais ce n’était pas une allégeance pour n’importe quel rite musulman. C’était une allégeance « sunnite » (Ottoman vient d’ailleurs du Othman qui est le troisième khalife religieux sunnite, parmi les quatre khalifes qui étaient les fidèles compagnons du Prophète, appelés les khalifes « Arrachidun », vénérés pour leur sagesse). L’empire Ottoman avait à combattre les musulmans de rite Chiîte, se trouvant notamment en Irak.

 

En Tunisie, l’allégeance était totale, puisqu’il n’y avait que des sunnites comme de nos jours.

Les bey husseinites allaient petit à petit se démarquer de l’ascendant turc, pour être des régents d’une province déclarée privilégiée avec l’Egypte, dès 1876 par la constitution ottomane.

 

Toutefois, la Tunisie ne fut jamais complètement libérée du joug de l’Empire Ottoman qui avait un ascendant moral en tant que représentant de la plus haute autorité religieuse musulmane et ce pratiquement jusqu’à l’occupation française en 1881.

 

Ahmed YOUNES

 

(Source : « Le Temps » du 29 décembre 2005)

 

Editorial du The New York Times

Hosni Mubarak’s Democracy

 

So much for holding Egypt up as a beacon of burgeoning democracy in the Middle East. Last Saturday an Egyptian court, in a move worthy of Zimbabwe‘s Robert Mugabe, sentenced Ayman Nour, the prominent liberal opposition leader, to five years at hard labor for supposedly forging signatures on petitions used to create his political party.

 

Calling this a kangaroo court case would be an understatement. President Hosni Mubarak’s security troops packed the courtroom in a show of force before Mr. Nour was brought in and locked in a foul-smelling, filthy cage to hear his fate. The charges on which the panel has convicted him are ridiculous: why would Mr. Nour forge the signatures of his own wife and father on his nomination form? Mr. Nour’s second-place showing in the presidential election, collecting 7 percent of the vote, gives lie to any claim that he couldn’t muster up the 50 signatures needed on the nomination papers.

 

The Egyptian president was hailed far and wide when he surprised the world with the announcement earlier this year that the Arab world’s most populous country planned to hold at least nominally competitive elections. But clearly Mr. Mubarak doesn’t have the stomach for it. In parliamentary elections this fall, the government reverted to bullying tactics, as security forces shot tear gas, rubber bullets and even live ammunition into crowds that wanted only to vote. More than a dozen people were killed.

 

The Bush administration has been right to pressure Mr. Mubarak to support some semblance of a democratic process in Egypt, and the White House was correct to call for Mr. Nour’s release, as it did within hours of the verdict. If Mr. Mubarak doesn’t take heed, then it might be time to start thinking about the $2 billion a year in financial and military aid that American taxpayers have spent bankrolling Mr. Mubarak’s despotic rule.

 

(Source: The New York Times, le 29 Décembre 2005)


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