28 novembre 2011

 

11 Úme année, N°4169 du 28 .11.2011
archives : www.tunisnews.net

Noureddine Ferchichi: La Tunisie face aux forces de l’obscurantisme: un danger qui menace la paix sociale

Kamel Mahdhaoui: La révolution des saisons

Business News: Tunisie – Hachemi El Hamdi annonce la crĂ©ation d’un gouvernement de l’ombre

Oumma: Marzouki, le Président sans cravate

Business News: Mouvements de protestations des forces de sécurité intérieure prévus lundi

Le Post: Abdallah Kallel : Droit de réponse de sa famille aux déclarations de Mr Salah Kardoun

Abdalla –Kallel.com: Barraket Essahel : Interview de Maitre Karim Jouaihia, avocat de Abdallah Kallel

African Manager: Tunisie : Hassine Dimassi prĂ©conise « une rĂ©elle mise Ă  plat des finances publiques, aussi bien au niveau des recettes qu’à celui des dĂ©penses »

Gnet: Tunisie/Education et enseignement, la réforme indispensable


La Tunisie face aux forces de l’obscurantisme: un danger qui menace la paix sociale


Par Noureddine FERCHICHI

Depuis la rĂ©volution du 14 janvier , on ne compte plus les incidents qui suscitent en nous l’inquiĂ©tude , la honte , la tourmente et le dĂ©sarroi. Une dĂ©rive tant sur le plan Ă©conomique que social et culturel qui risquent de nous mener vers un naufrage dramatique pour nous engloutir dans le dĂ©sordre religieux, social, culturel et Ă©conomique. Ces incidents se sont multipliĂ©s aprĂšs les Ă©lections du 23 octobre. Des Ă©lections qui ont permis l’espoir et le soulagement : une transition rapide et sans dĂ©gĂąts vers la lĂ©gitimitĂ©, mais surtout vers la dĂ©mocratie sensĂ©e garantir l’Ă©galitĂ© des chances, le droit des femmes, les droits de Hommes d’une façon gĂ©nĂ©rale,, le droit Ă  la diffĂ©rence, la suprĂ©matie de la loi, la justice et la dignitĂ© pour tous, la protection des faibles et des minoritĂ©s,….pour nous donner enfin la joie de vivre et la fiertĂ© d’appartenir Ă  ce pays dont les traditions sĂ©culaires se caractĂ©risent par l’ouverture, la reconnaissance de l’autre, le respect de la singularitĂ©, la libertĂ© des pratiques religieuses, la considĂ©ration pour la femme en tant qu’ĂȘtre Ă©gal Ă  l’homme quant Ă  son rĂŽle social, politique et Ă©conomique.
Cependant on se retrouve aujourd’hui face Ă  des pratiques de certaines forces rĂȘvant de nous entrainer vers abĂźme de l’obscurantisme, du fondamentalisme et de la perte de notre identitĂ© tunisienne. Ces forces doivent savoir qu’ils risquent de compromettre la paix sociale et entrainer le pays vers la violence, car un jour ou l’autre d’autres forces, celles qui croient aux progrĂšs et Ă  la singularitĂ© de l’identitĂ© de notre pays, s’estimeraient dans l’obligation de se dĂ©fendre pour corriger la trajectoire!
En effet il y’a de quoi s’inquiĂ©ter aujourd’hui quand on observe et on dĂ©nombre les incidents survenus Ă  travers le pays et Ă  tous les niveaux :
-dans les lycĂ©es et dans les universitĂ©s, on considĂšre que l’enseignement du dessein, des arts et de la philosophie, constitue une atteinte Ă  la morale religieuse -dans les lieux de culte, les adeptes du wahhabisme, imposent aux croyants imprĂ©gnĂ©s par la pensĂ© et la tradition de l’imam Malek (la majoritĂ© des tunisiens sont malĂ©kites), des pratiques diffĂ©rentes Ă  celles qui ont toujours Ă©tĂ© les leurs.
-dans les lieux de travail, dans les moyens de transport, dans les quartiers, dans la rue et dans d’autres lieux, on harcelle les femmes et on les violente s’il en faut pour les obliger Ă  se conformer aux ” normes” de la morale religieuse ( le port du voile et du nikab).
-l’agression rĂ©pĂ©tĂ©e des journalistes indĂ©pendants et dĂ©fendant la libre expression -les menaces et les violences envers les crĂ©ateurs et les artistes et certains mĂ©dias
– on dĂ©couvre derniĂšrement une policiĂšre qui porte le voile avec la tenu officielle d’une police qu’on veut rĂ©publicaine et neutre (il ne manque que le policier barbu et portant la djellaba!) – on entend parler de la crĂ©ation d’une police religieuse et de bonnes mƓurs : on s’Ă©rige en casques bleues de la morale religieuse.
Par ailleurs, la simultanĂ©itĂ© de la rĂ©ussite des islamistes aux Ă©lections du 23 octobre et des premiĂšres rĂ©unions de l’assemblĂ©e constituante avec la montĂ©e de la violence Ă  l’encontre des institutions de l’enseignement, des journalistes, des artistes, des femmes etc., suscite plus d’une interrogation quant Ă  l’intention de ceux qui dĂ©tiennent aujourd’hui le pouvoir puisqu’ils ne dĂ©noncent pas vigoureusement ces pratiques et ne prennent aucune initiative pour faire taire les auteurs de ces violences et de ces pratiques d’un autre Ăąge . S’oriente-t-on vers une islamisation larvĂ©e de la sociĂ©tĂ© tunisienne.
Il est du devoir de tous et de intĂ©rĂȘt de ceux qui vont gouverner de prendre les dĂ©cisions qui s’imposent pour sauver le pays de l’abime de l’obscurentisme et de l’ignorance. Les femmes qui sont en premiĂšre ligne, doivent ĂȘtre protĂ©gĂ©es par l’Etat en donnant des consignes trĂšs claires en vue de punir le harcĂšlement, la violence verbale ou physique et toutes sortes de non respect des rĂšglements et des lois. La sociĂ©tĂ© civile qui dĂ©fend les libertĂ©s doit ne rien cĂ©der aux pratiques obscurantistes en soutenant toutes les victimes et en les incitant Ă  porter plainte devant les tribunaux. Cette sociĂ©tĂ© civile, notamment les associations qui dĂ©fendent les droits des hommes et les acquis de la femme, doit se dĂ©ployer autrement pour ĂȘtre sur le terrain et surtout Ă  l’intĂ©rieur du pays lĂ  oĂč les forces de l’archaĂŻsme et de l’obscurantisme agissent et terrifient les femmes en particulier.  

La révolution des saisons


Dans l’hĂ©misphĂšre nord quelque part en zone tempĂ©rĂ©e Je me suispromenĂ© en amoureux dans ces contrĂ©es Les arbres sont nus et les feuilles jaunes sont par terre Les rouges chancellent et les bougeons pas encore trĂšs clairs Il n y a ni fleurs ni fruits en automne et encore doit-on passer l’hiver Si l’on espĂšre un printemps prospĂšre Il y a d’autres pays oĂč il n y a qu’une saison Les feuilles sont toujours vertes et les racines luxuriantes MĂȘme que la chaleur Ă©quatoriale est parfois Ă©touffante Les fruits toutes l’annĂ©e c’est la nature, le soleil et les marĂ©es Ce n’est pas mieux si cette nature n’est pas habitĂ©e Changeons de couleur et de continent, franchise et aisance comme Ă  la tĂ©lĂ© Dans quelle pensĂ©e la nature est exclue, le soleil banni et les marĂ©es sont figĂ©s Qui crĂ©e la rĂ©alitĂ© sinon l’imagination, le courage ou les idĂ©es D’un seul ou peu c’est dĂ©jĂ  vu, Ă  ne pas oublier De chacunc’est innĂ© mais c’est Ă  inventer Nul ne doute que les saisons reviendront indĂ©finiment Le bonheur, les excĂšs et les rĂ©volutions L’essentiel est peut ĂȘtre que nous les partagions Les lieux et les saisons Sans Ă©radicateurs ni exclusions.
Kamel Mahdhaoui 26 novembre 2011.  

Tunisie – Hachemi El Hamdi annonce la crĂ©ation d’un gouvernement de l’ombre


27/11/2011 21:05 « Le courant d’El Aridha a accompli largement sa mission et il vient d’ĂȘtre remplacĂ© par un nouveau courant politique, l’Alliance de Tunisie la belle, avant de mettre en place, trĂšs prochainement, un gouvernement de l’ombre », a annoncĂ© le chef de file de la PĂ©tition populaire, Hachemi El Hamdi lors de l’interview donnĂ©e, en date du samedi 26 novembre et diffusĂ©e, dimanche 27 novembre 2011 sur la chaĂźne satellitaire « Al Moustakella ».
Lors d’une interview transmise sur sa chaĂźne, une interview assimilable Ă  un monologue oĂč les questions avaient tout l’air d’avoir Ă©tĂ© concoctĂ©es sur mesure, Hachemi El Hamdi a « fustigĂ© l’attitude d’ignorance, de mĂ©pris et de dĂ©dain » adoptĂ©e, selon ses dires, par Ennahdha et le CPR et, Ă  un degrĂ© moindre, par Ettakatol.
« Pourtant, tous les leaders de ces trois formations politiques sont passĂ©s sur ma chaĂźne au cours de la pĂ©riode de rĂ©pression exercĂ©e par le rĂ©gime de Ben Ali », ajoute t-il avant de souligner « l’absence de morale politique en cette Ă©tape d’aprĂšs les Ă©lections du 23 octobre » rappelant les propos de Mohamed Abbou qui « n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  exprimer sa satisfaction et son incitation pour la scission au sein d’El Aridha », selon ses propres termes.
« Un homme politique qui se respecte peut-il tenir de pareils propos concernant d’autres adversaires politiques », s’est-il exclamĂ©, avant de reprocher Ă  Mustapha Ben JaĂąfar, patron d’Ettakatol, d’avoir dĂ©clarĂ© « refuser de traiter avec Hachemi El Hamdi parce qu’il a collaborĂ© avec Ben Ali. Et dire que M. Ben JaĂąfar est passĂ©, lui aussi, sur ma chaĂźne qu’il accuse, maintenant Ă  tort de collaboration avec l’ATCE ». « Et bien parlons-en de ce dossier, prĂ©cise t-il. Je n’ai fait que diffuser des spots publicitaires pour le tourisme tunisien en consentant des remises fort substantielles. Et je continue Ă  faire passer des spots pour la Tunisie aux frais de la chaĂźnes pour une valeur de deux millions de dollars ».
Revenant au nouveau courant politique qu’il vient de crĂ©er, il indique qu’il s’agit d’un prolongement et d’un remplacement d’El Aridha tout en prĂ©cisant qu’il est ouvert Ă  toutes les bonnes volontĂ©s quelque soient leurs tendances : nationaliste, islamiste, de gauche ou destourienne. « La mission d’El Aridha Ă©tant achevĂ©e avec le succĂšs remportĂ© lors du scrutin du 23 octobre, le nouveau courant de l’Alliance de Tunisie la belle aura pour tĂąche de prĂ©parer, d’ores et dĂ©jĂ , les prochaines Ă©lections dans un an.
« Cette formation politique sera aidĂ©e par la crĂ©ation prochaine d’un gouvernement de l’ombre qui sera composĂ© de hautes compĂ©tences nationales et qui sera prĂȘt Ă  prendre le flambeau pour gouverner Ă  tout moment », selon M. El Hamdi.
Abordant, enfin, la question du report de son retour en Tunisie, pourtant annoncĂ© en grandes pompes pour le 12 novembre dernier, Hachemi El Hamdi indique « qu’aprĂšs consultations avec ses partisans et aprĂšs avoir discutĂ© au tĂ©lĂ©phone avec le gouvernement tunisien conduit par BĂ©ji CaĂŻd Essebsi, on l’a conseillĂ© de ne pas rentrer dans l’état actuel des choses pour ne pas contribuer Ă  l’émergence d’éventuels troubles incontrĂŽlables puisque, selon ses dires encore, des « dizaines de milliers de sympathisants, voir cent mille personnes, Ă©taient attendus pour l’accueillir.
« C’est donc, pour l’intĂ©rĂȘt national, que j’ai dĂ©cidĂ© de ne pas rentrer en Tunisie, et non point par peur, assure t-il, avant de mentionner que les avocats, chargĂ©s de vĂ©rifier l’état de sa situation judiciaire, l’ont assurĂ© qu’aucune plainte ni affaire n’est en cours contre lui ». Noureddine HLAOUI (Source: Business News le 27 novembre 2011) Lien:http://www.businessnews.com.tn/Tunisie-%E2%80%93-Hachemi-El-Hamdi-annonce-la-cr%C3%A9ation-d%E2%80%99un-gouvernement-de-l%E2%80%99ombre,520,27874,3  

Marzouki, le Président sans cravate


par Hedy Belhassine – publiĂ© le samedi 26 novembre 2011
Ils ont d’abord Ă©tĂ© dirigĂ©s par un grand cerveau malade, puis par une petite cervelle nĂ©vropathe ; c’est sans doute pourquoi, dans leur grande sagesse, aprĂšs des dĂ©cennies de migraines, les Tunisiens ont choisi de dĂ©signer Ă  la tĂȘte du pays un neurologue.L’élection du Docteur indignĂ© Marzouki est une revanche sur ses confrĂšres qui en 1987 avaient dĂ©clarĂ© Bourguiba sĂ©nile et le satrape digne de lui succĂ©der. Le personnage est Ă  l’image de ses lunettes : immenses et carrĂ©es. Posture Ă©lancĂ©e, look pressĂ©, col ouvert sans cravate. Le PrĂ©sident Moncef fils de Mohamed El BĂ©doui Marzouki est un authentiquement bĂ©douin tĂȘtu et sans concession ; noblesse qu’il n’a jamais cherchĂ© Ă  travestir. En arabe comme en français il parle tranchant avec force et conviction. Auditeur des souffrances et des humiliations, lui-mĂȘme victime de la terreur, il sera audible et probablement suivi largement par le peuple tunisien. Les pouvoirs de sa fonction ont Ă©tĂ© sĂ©rieusement amputĂ©s, mais il portera haut la voix de la Tunisie, pays connu dĂ©sormais du monde entier comme le symbole de la colĂšre.
Son arrivĂ©e au palais de Carthage ne sera pas sans Ă©cho ni consĂ©quence car c’est la premiĂšre fois –aprĂšs Mandela – qu’un militant actif des droits de l’homme est Ă©lu Ă  la tĂȘte d’une nation. En terre arabe, c’est du jamais vu, c’est rĂ©volutionnaire ! Auparavant, nul cauchemar semblable n’avait hantĂ© les dix mille et une nuits des autocrates de la Ligue arabe ! Comment sera-t-il reçu dans cette assemblĂ©e ? Qui osera lui donner l’accolade ? Qui osera ne pas la lui donner ?
Le nouveau PrĂ©sident est inclassable, il n’est pas du sĂ©rail, pas fils de, il est l’obligĂ© de personne. A leurs yeux il cumule les tares : de gauche, droits-de-l’hommiste, savant, Ă©crivain, orateur, monogame, et surtout, musulman-arabe-tunisien dans l’ordre et le dĂ©sordre.
Si les inĂ©galitĂ©s et les bakchichs reculent en Tunisie, si la peine de mort est abolie, si la femme reste l’égale de l’homme, si l’exĂ©cutif, le lĂ©gislatif et le judiciaire deviennent indĂ©pendants, si la dĂ©mocratie de l’alternance s’impose, alors le monde arabo islamique connaĂźtra une formidable renaissance. Marzouki et ses anciens compagnons de prison ont un an pour rĂ©ussir la dĂ©sincarcĂ©ration des Tunisiens et leur insertion dans un modĂšle de gouvernance au parfum de pain et de jasmin.
Les premiers gestes du PrĂ©sident seront Ă©piĂ©s car lourds de symboles. DĂ©jĂ , alors qu’il n’est pas encore intronisĂ©, il vient de faire preuve d’audace (peut-ĂȘtre suicidaire) en refusant de recevoir une dĂ©lĂ©gation du lobbying juif amĂ©ricain. Ceci augure de l’indĂ©pendance et de la libertĂ© que chaque Tunisien attend. On dit que le pouvoir transforme l’homme, mais il est peu probable qu’à 67 ans le militant entame une carriĂšre de parvenu. Chacun spĂ©cule Ă  sa maniĂšre sur l’avenir des relations carthago-Ă©lysĂ©ennes. Elles nous rĂ©serveront des surprises ! C’est une certitude. A une seule lettre prĂšs, l’anagramme de Marzouki le rapproche de son homologue français. Mais il s’agit d’un « S » : majuscule, tortueux, serpentin sans trait d’union. L’accroche sera difficile, la poignĂ©e de main molle. Le PrĂ©sident français ira-t-il Ă  Carthage aprĂšs avoir fait Ă©tape Ă  Canossa ?
Une rumeur circule au Bistro de la Muette.
La cellule loisir du ChĂąteau planche sur les vacances prĂ©sidentielles hivernales. L’affaire n’est pas simple. Le yacht de l’ami dĂ©sintĂ©ressĂ© est au carĂ©nage, le Maroc est squattĂ© par le retraitĂ© du FMI, l’AlgĂ©rie est cinquantenaire, la Libye inconfortable, Assouan est assiĂ©gĂ©, Petra emmurĂ©, le Golfe est dangereusement persique, il n’y a bien IsraĂ«l mais
 Plus Ă©loignĂ©es du champ de bataille annoncĂ©, il y a l’Italie pluvieuse, Malte l’ennuyeuse, la GrĂšce dĂ©gage
Reste la perfide Turquie qui propose un laissez-passer incognito pour quinze jours tout compris Ă  Finike. C’est une gentille station balnĂ©aire prĂšs d’Antalya. Mais un attachĂ© que la gĂ©nĂ©reuse hospitalitĂ© ottomane intriguait a dĂ©couvert que c’est lĂ  que se dĂ©roula la fameuse bataille de Sawari ! Finalement, aprĂšs dix huit rĂ©unions fĂ©briles trois options ont Ă©tĂ© retenues : Disney, BrĂ©gançon et La Lanterne. Le PrĂ©sident, s’est emportĂ© : il veut passer NoĂ«l Ă  Tabarka !
(Source: Oumma.com le 26 novembre 2011) Lien: http://oumma.com/Marzouki-le-President-sans-cravate  

Mouvements de protestations des forces de sécurité intérieure prévus lundi


L’Association Tunisienne pour une Police Citoyenne (ATPC) et le syndicat des forces de sĂ©curitĂ© nationale, ont lancĂ©, dimanche, un appel Ă  toutes les forces de sĂ©curitĂ©, pour participer au sit-in qui sera organisĂ©, lundi 28 novembre 2011. Dans un communiquĂ©, dont une copie est parvenue Ă  l’agence TAP, l’ATPC a exprimĂ© « son engagement Ă  dĂ©fendre l’intĂ©gritĂ© de l’institution sĂ©curitaire et de tous ses hommes», tout en dĂ©nonçant la lĂ©gĂšretĂ© avec laquelle sont traitĂ©s les procĂšs intentĂ©s par cette institution. Elle a, aussi, revendiquĂ© des procĂšs Ă©quitables et transparents pour les agents arrĂȘtĂ©s. L’association a, par ailleurs, rĂ©itĂ©rĂ© sa demande relative Ă  l’ouverture du dossier des snipers et des martyrs parmi les forces de sĂ©curitĂ©, mettant, notamment, l’accent sur «son engagement Ă  respecter la primautĂ© de la loi et la lĂ©galitĂ© ». La mĂȘme source a affirmĂ© que “l’appareil sĂ©curitaire ne doit ĂȘtre loyal qu’Ă  la nation et n’ĂȘtre au service que de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, loin de toute manipulation Ă  des fins personnelles ou politiques, afin de garantir sa neutralitĂ© absolue». Le syndicat des forces de sĂ©curitĂ© nationale, a aussi, appelĂ© dans un communiquĂ©, tous les agents et cadres des forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure “Ă  ne pas assurer la sĂ©curitĂ© des audiences dans les tribunaux, dans toutes les rĂ©gions du pays”. Il s’agit, selon le syndicat, d’une action de protestation « contre toutes les formes de marginalisation et le traitement nĂ©gatif rĂ©servĂ© aux dossiers de l’institution sĂ©curitaire, par toutes les parties influentes dans le pays et Ă  leur tĂȘte, le prĂ©sident et les membres de l’AssemblĂ©e constituante et le pouvoir lĂ©gislatif”. Le syndicat a appelĂ©, en mĂȘme temps, tous les agents et cadres sĂ©curitaires, Ă  garantir “une marche normale de leur travail”. Source : « Business News » Le 27-11-2011 Lien :http://www.businessnews.com.tn/Tunisie-%E2%80%93-Mouvements-de-protestations-des-forces-de-s%C3%A9curit%C3%A9-int%C3%A9rieure-pr%C3%A9vus-lundi-(Mise-%C3%A0-jour),520,27867,3

Abdallah Kallel : Droit de réponse de sa famille aux déclarations de Mr Salah Kardoun


La famille de Abdallah Kallel a pris acte d’une dĂ©claration de M. Salah Kardoun, un des plaignants de Barraket Essahel faite dans un enregistrement vidĂ©o qui circule sur le web : En rĂ©ponse Ă  la question de l’activiste Lilia Weslaty (connue sous le pseudo Liliopatra), sur la prĂ©sence de Abdallah Kallel lors de ses interrogatoires, M. Salah Kardoun, Ă©vasif, a laissĂ© entendre que oui en changeant de sujet sur le champ. La famille Kallel rappelle que M. Salah Kardoun a affirmĂ© l’inverse pendant l’audience publique, devant le juge, le 23 novembre : Abdallah Kallel n’est pas prĂ©sent lors de ces interrogatoires. De mĂȘme, dans les PVs de l’instruction de M. Salah Kardoun, il n’est pas non plus question de la prĂ©sence ou quelconque implication de M. Kallel.
La famille Kallel constate par ailleurs que la blogueuse qui a interviewĂ© des officiers impliquĂ©s dans Barrakit Essahil s’est contentĂ©e d’interviewer M. Kardoun et de diffuser ces graves accusations, dans une vidĂ©o intitulĂ©e : « message aux enfant de M.Kallel », sans prendre la peine de les comparer avec les dĂ©clarations de l’audience ni de donner la parole, au titre de droit de rĂ©ponse, aux enfants de M.Kallel. Enfin, la famille Kallel respecte la souffrance de M. Kardoun ainsi que tous les autres plaignants et dĂ©plore les injustices dont ils ont Ă©tĂ© victimes, comme ils le signalent eux mĂȘme, pendant 20 ans et jusqu’Ă  fin 2010. Cependant, la famille Kallel tient Ă  prĂ©ciser que ces persĂ©cutions n’ont pas cessĂ© sous les diffĂ©rents ministres qui se sont succĂ©dĂ©s depuis 20 ans. Et que l’affaire de Barrakit Essahil met en cause plusieurs autres intervenants et hauts responsables (Premier ministre, Ministre de la Justice, Ministre de la dĂ©fense 
 etc) ainsi que plusieurs cadres militaires, prĂ©sents selon les procĂ©dures et les tĂ©moignages, Ă  toutes les Ă©tapes des interrogatoires des plaignants.
Pourtant, seul Abdallah Kallel est jugĂ© en sa qualitĂ© de Ministre de l’IntĂ©rieur en 1991.
La famille Kallel dĂ©nonce cette connivence entre plusieurs mĂ©dias et des milieux de l’ombre qui s’acharnent Ă  faire de Abdallah Kallel le bouc Ă©missaire de l’affaire Barrakit Essahil. Ceci, alors mĂȘme que Abdallah Kallel, lors de l’audience, a rappelĂ© que ce dossier Ă©tait directement gĂ©rĂ© par la prĂ©sidence de la rĂ©publique , en lien direct avec les cadres de la sĂ©curitĂ© sans passer par le ministre ; et que son pouvoir en tant que Ministre de l’IntĂ©rieur Ă©tait tronquĂ© Ă  la demande explicite de Ben Ali de ne pas se mĂȘler des sujets sĂ©curitaires. Un constat repris par d’autres Ministres de l’IntĂ©rieur sous Ben Ali qui n’ont pas Ă©tĂ© interrogĂ©s.
Un rĂ©sumĂ© des dĂ©clarations de Abdallah Kallel Ă  l’audience seront bientĂŽt disponibles sur www.abdallah-kallel.com, pour Ă©viter qu’elles ne soient dĂ©formĂ©es et instrumentalisĂ©es par certains.
Source : « Le Post » Le 27-11-2011

Barraket Essahel : Interview de Maitre Karim Jouaihia, avocat de Abdallah Kallel


– Il y a une campagne diffamatoire dans les mĂ©dias contre abdallah kallel. La prise en main de Ben Ali sur les services de sĂ©curitĂ©, dans le contexte des annĂ©es 1990 (tentative de coup d’Ă©tat et confrontation avec les islamistes) a gĂ©nĂ©rĂ© des abus, ce qui a fait que l’image de Abdallah Kallel y a Ă©tĂ© associĂ©e.
– Lors de l’audience du 23 novembre, Abdallah Kallel a rĂ©vĂ©lĂ© que Ben Ali avait deux services de renseignements parallĂšles qui lui reportent directement, tout comme le font des directeurs de sĂ©curitĂ© au ministĂšre de l’intĂ©rieur. – Il y a la responsabilitĂ© politique, que tous les ministres doivent assumer. – Et il y a la responsabilitĂ© juridique ou pĂ©nale, celle de commettre un crime, qui doit ĂȘtre prouvĂ©e et ne peut ĂȘtre prĂ©sumĂ©e, tout comme le fait de donner des ordres. Il faut le prouver. – Concernant Barraket Essahel, Abdallah Kallel est prĂ©sent dans ce dossier, car il est supposĂ© qu’il aurait donnĂ© des ordres, ce qui est absent de son dossier. – Condamner quelqu’un pour une responsabilitĂ© prĂ©sumĂ©e est trĂšs dangereux et conduit Ă  des injustices. On demande Ă  la justice d’appliquer la loi. Extraits traduits et rĂ©sumĂ©s en Français. 5:00 Radhia Nasraoui : … Les mauvais traitements et torture continuent notamment selon des tĂ©moignages datant d’il y a quelques jours mĂȘme. Les autoritĂ©s n’ont fait aucune mesure concrete pour arrĂȘter tout cela, malgrĂ© un RV avec le ministre de l’intĂ©rieur actuel, et le ministre de la justice (cas flagrant de Samir Elmetoui)… 23:36 Karim Jouaihia, avocat de Abdallah Kallel : Il y a une campagne diffamatoire dans les mĂ©dias contre abdallah kallel, et mon espoir est que les mĂ©dias se retrouvent et retrouvent leur voie. Abdallah Kallel est homme d’Ă©tat spĂ©cialisĂ© dans les affaires Ă©conomiques. Il est nommĂ© en 1991 ministre de l’intĂ©rieur, sans passĂ© sĂ©curitaire, dans un contexte de confrontation avec les islamistes. La prise en main de Ben Ali sur les services de sĂ©curitĂ©, dans ce contexte a gĂ©nĂ©rĂ© des abus, ce qui a fait que l’image de Abdallah Kallel y a Ă©tĂ© associĂ©e. Aujourd’hui, nous essayons de rĂ©tablir la vĂ©ritĂ© sur sa personne et image. Il est important de dissocier la responsabilitĂ© politique et celle juridique. Abdallah Kallel, comme beaucoup d’autres ministres, a fait partie de ce systĂšme, donc il a une responsabilitĂ© politique qu’il reconnait, mais il ne faut pas la confondre avec la responsabilitĂ© juridique, celle de commettre des crimes qu’il faut prouver. Mon client est soumis Ă  deux mandats de dĂ©pĂŽt. Un premier liĂ© Ă  des questions liĂ©es aux finances du parti RCD qui sera traitĂ© en son temps. Un second est celui de Barraket Essahel. 28:14 Journaliste Comment Abdallah Kallel justifie ces abus, a-t-il donnĂ© des ordres ? Maitre Karim Jouaihia, avocat de Abdallah Kallel : Abdallah Kallel n’a pas donnĂ©e des ordres, c’est Ben Ali qui commandait les services de sĂ©curitĂ©. Abdallah Kallel ne justifie ces abus d’aucune maniĂšre. Le poste de ministre de l’intĂ©rieur est un poste politique. Pour preuve, les ministres changent, pas les pratiques. Lors de l’audience du 23 novembre, Abdallah Kallel a rĂ©vĂ©lĂ© que Ben Ali avait deux services de renseignements parallĂšles qui lui reportent directement, tout comme le font des directeurs de sĂ©curitĂ© au ministĂšre de l’intĂ©rieur. Dans les annĂ©es 1990, marquĂ©e par une seconde tentative de coup d’Ă©tat islamiste, la sĂ©curitĂ© est pilotĂ©e par Ben Ali directement. Le ministre avait 24 maires, 300 municipalitĂ©s Ă  coordonner … Concernant Barraket Essahel, il faut la remettre dans son contexte : en 1991, le rĂ©gime est encore fragile et il y avait une tentative de coup d’Ă©tat : Des militaires ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par le ministĂšre de la dĂ©fense et livrĂ©s au ministĂšre de l’intĂ©rieur. Or dans ce grand dossier, on ne trouve que 4 accusĂ©s 
 33:20 Radhia Nasraoui Ce qui m’Ă©tonne c’est que tout le monde rejette la responsabilitĂ© aujourd’hui. Tout ce qui s’est passĂ© est la responsabilitĂ© de Ben Ali seul ? Il n’avait pas de relais pour passer ses ordres ? Le ministre de l’intĂ©rieur ne peut pas dire qu’il n’est pas responsable de ce qui se passe dans son ministĂšre. Comme il n’a rien fait pour empĂȘcher cela. Karim Jouaihia, avocat de Abdallah Kallel : Il y a la responsabilitĂ© politique, que tous les ministres assument. Mais la responsabilitĂ© juridique est toute autre et il faut la prouver. Il y a 40 000 Ă  50 000 membres au ministĂšre de l’intĂ©rieur, si le ministre en est responsable par dĂ©faut, il lui faudrait 2000 ans de prison. La responsabilitĂ© pĂ©nale doit ĂȘtre prouvĂ©e et ne peut ĂȘtre prĂ©sumĂ©e, ni le fait de donner des ordres. Il faut le prouver. Concernant Barraket Essahel, AK est prĂ©sent dans ce dossier car il est supposĂ© qu’il aurait donnĂ© des ordres, ce qui est absent de son dossier. A noter qu’il y a peu d’accusĂ©s dans une affaire qui est de cette taille et importance. Maitre Radhia Nasraoui : S’il y a crime, il faut trouver qui l’a fait, qui a donnĂ© l’ordre, les mĂ©decins qui y ont pris part, et mĂȘme le juge qui n’a pas fait son travail. Une instruction sĂ©rieuse et neutre, pour faire lumiĂšre sur la vĂ©ritĂ©, n’a pas Ă©tĂ© faite. Maitre Karim Jouaihia : Dans une affaire pĂ©nale, il faut prouver la responsabilitĂ© pĂ©nale. Le ministĂšre est responsable, mais pas seulement une personne en particulier. Cette blessure de la torture, il faut certainement l’expliquer et en comprendre tout le circuit. A mon sens, la solution est politique. Car faire des investigations sur ce qui s’est passĂ© il y a 20 ans est difficile, et il y a une forte probabilitĂ© que il y ai des condamnations Ă  tort et que cela gĂ©nĂšre des injustices. Il faut une solution politique : il faut reconnaĂźtre cela, par les politiques et donner une reconnaissance et compensations aux victimes de ces abus. Condamner quelqu’un pour une responsabilitĂ© prĂ©sumĂ©e est trĂšs dangereux et conduit Ă  des injustices. Et la justice actuelle est en plein dans le sujet. Journaliste : Pensez-vous que la justice soit sous pression et pourrait faire un jugement sous cette pression ? Maitre Karim Jouaihia : On demande Ă  la justice aujourd’hui d’appliquer la loi. Il ne faut pas qu’il y ai une pression de la rue ou des mĂ©dias. La rue a du mal Ă  comprendre cela, car dans certains cas rĂ©cents, elle a dĂ©jĂ  Ă©mis son jugement avant la justice. Source : « Abdalla –Kallel.com » Le 25-11-2011 Lien :http://www.abdallah-kallel.com/actualite/pages/P120_Interview_Maitre_Karim_Jouaihia_avocat_Abdallah_Kallel_Barraket_Essahel.php

Tunisie : Hassine Dimassi préconise « une réelle mise à plat des finances

publiques, aussi bien au niveau des recettes qu’à celui des dĂ©penses »


Par Wiem Thebti
Dans une interview accordĂ©e Ă  Africanmanager, Hassine Dimassi, professeur universitaire d’Ă©conomie et conseiller de l’Union gĂ©nĂ©rale tunisienne du travail (UGTT), dit ce qu’il pense de la composition de l’AssemblĂ©e constituante et du gouvernement et de leurs engagements, brossant , dans la foulĂ©e, le tableau de la situation au lendemain de ces Ă©chĂ©ances politiques. Interview : AprĂšs la publication des rĂ©sultats dĂ©finitifs des Ă©lections de l’assemblĂ©e constituante, plusieurs interrogations se posent quant Ă  l’avenir d’un pays qui doit dĂ©sormais construire et consolider sa dĂ©mocratie naissante. Comment verrez-vous la composition du futur gouvernement ? Quel est le chantier devra-t-il travailler en prioritĂ© ?
La composition du futur gouvernement risque d’obĂ©ir beaucoup plus aux rĂ©sultats Ă©lectoraux et qu’aux graves problĂšmes socio-Ă©conomiques auxquels s’expose le pays. D’ailleurs, le piĂ©tinement des nĂ©gociations pour former ce gouvernement n’inspire ni confiance ni quiĂ©tude.
Pour ce gouvernement, la prioritĂ© des prioritĂ©s est de rĂ©tablir l’ordre dans le pays, car sans cela, rien ne pourra tenir. Ensuite, ce gouvernement est tenu d’ouvrir de vrais dĂ©bats nationaux sur des chantiers terriblement complexes et brĂ»lants, tels que ceux du chĂŽmage, de l’éducation, des finances publiques, de la caisse de compensation, de la sĂ©curitĂ© sociale, etc. Cependant, je crains que ce gouvernement n’ait pas l’audace d’entamer ces dĂ©bats ; car, pour des soucis Ă©lectoraux, il a peur de mettre en cause d’énormes d’intĂ©rĂȘts.
Quelle est la position de l’UGTT aujourd’hui concernant l’AssemblĂ©e constituante ?
Lors des Ă©lections de la Constituante, l’UGTT a pris une position neutre. Et je pense qu’aprĂšs ces Ă©lections, cette position de l’UGTT n’a pas changĂ©. Certains accusent l’UGTT de fomenter les diverses perturbations sociales en cours. En rĂ©alitĂ©, ces perturbations Ă©chappent en majoritĂ© Ă  l’UGTT. De toutes les façons, actuellement, cette organisation est surtout prĂ©occupĂ©e par son prochain congrĂšs qui se tiendra, fin dĂ©cembre 2011.
La souverainetĂ© nationale est au rang des questions qui sont le plus souvent soulevĂ©e , et d’aucuns soutiennent que le pays a , pendant plusieurs annĂ©es, soumis son Ă©conomie sous la tutelle de l’Union europĂ©enne. Serait-il concevable que se rĂ©unisse une AssemblĂ©e constituante qui a comme fondement de rĂ©tablir la souverainetĂ© de la nation sans nuire aux les liens Ă©tablis avec notre partenaire stratĂ©gique « l’Europe » ? D’aprĂšs vous, cette question sera-t-elle prise en considĂ©ration par l’UGTT dans son prochaine orientation par rapport Ă  l’AssemblĂ©e constituante ?
C’est une question Ă©minemment grave que vous posez lĂ , car qu’est-ce que cela signifie : « rompre les liens de dĂ©pendance Ă©tablis avec l’accord d’association signĂ© avec l’Union europĂ©enne » ? Je suis d’avis qu’il faudra renĂ©gocier cet accord, afin d’y inclure des Ă©lĂ©ments concernant la mobilitĂ© de la main d’Ɠuvre (Ă©migration lĂ©gale et organisĂ©e). Cependant, je suis tout Ă  fait opposĂ© Ă  la rupture avec cet accord. N’oublions surtout pas qu’actuellement, nos Ă©changes extĂ©rieurs se font essentiellement avec l’Union EuropĂ©enne : 69% du mouvement des marchandises ; 74% du mouvement des services (y compris tourisme) ; 70% du mouvement des revenus (capital et travail) ; 38% du mouvement des capitaux. Ces donnĂ©es prouvent que, mĂȘme Ă  long terme, aucune autre rĂ©gion du monde ne pourrait se substituer Ă  l’Union EuropĂ©enne dans nos Ă©changes extĂ©rieurs.
Comment Ă©valuez-vous la situation actuelle de la Tunisie? Plus particuliĂšrement, quelle est votre position par rapport Ă  la dette extĂ©rieur de la Tunisie sachant que tout recours Ă  un nouvel endettement risque de compromettre la rĂ©alisation des objectifs pour lesquels la rĂ©volution tunisienne a Ă©tĂ© faite et de soumette, encore une fois, la Tunisie au diktat de l’ultralibĂ©ralisme du marchĂ© financier international ? L’encours de la dette extĂ©rieure du pays pourrait passer de 15 550 millions de dinars en 2010 Ă  17 593 millions de dinars en 2011, soit respectivement 24.5% et 26.3% du PIB. Bien qu’il se soit accentuĂ© en 2011, l’endettement extĂ©rieur de la Tunisie demeure encore non catastrophique, du moins en apparence. Car, le vrai endettement extĂ©rieur du pays est camouflĂ© par le recours croissant aux dangereux et pernicieux mĂ©canismes de « concessions », et ce depuis au moins deux dĂ©cennies (les cas typiques Ă©tant par exemple la centrale Ă©lectrique RadĂšs II et l’aĂ©roport d’Enfidha). Cela veut dire que notre pays a besoin d’une rĂ©elle mise Ă  plat de ses finances publiques, et ce aussi bien au niveau des recettes qu’au niveau des dĂ©penses.
Les dirigeants du parti islamiste insistent sur leur option pour «l’économie libĂ©rale, l’économie du marchĂ©, une Ă©conomie qui donnerait Ă  l’Etat un rĂŽle pour orienter l’économie, tout en permettant d’adopter des lois afin de faciliter l’acte d’investissement». D’ailleurs, .Rached Ghannouchi, prĂ©sident du parti Ennahdha, a dĂ©clarĂ© que son mouvement va s’employer Ă  instituer, dans les meilleurs dĂ©lais, la convertibilitĂ© du Dinar. Qu’en pensez-vous, surtout que projet, Ă©rigĂ© en objectif stratĂ©gique par le prĂ©sident dĂ©chu, ne manque pas d’enjeux pour la Tunisie et risque, pour peu que certaines conditions-garanties ne soient pas rĂ©unies, de dĂ©stabiliser le pays ?
L’option pour l’économie libĂ©rale n’a rien d’original par rapport au passĂ©. En effet, depuis le milieu des annĂ©es 80, un peu partout dans le monde, y compris la Tunisie, l’on a optĂ© pour une stratĂ©gie ultra libĂ©rale. Cette stratĂ©gie s’est inspirĂ©e de ce qu’on a appelĂ© Ă  l’époque « programme d’ajustement structurel » (PAS), concoctĂ© par une poignĂ©e de capitalistes dominants Ă  l’échelle mondiale, des plus rĂ©trogrades. On connaĂźt aujourd’hui la suite. Le monde est au bout du gouffre, Ă  cause d’une crise Ă©conomique ayant pour principale cause l’ultra libĂ©ralisme, c’est-Ă -dire l’anarchie du marchĂ©. Selon vous, quelles sont les solutions urgentes capables de rĂ©duire, de maniĂšre significative, le chĂŽmage des diplĂŽmĂ©s du supĂ©rieur dont le nombre ne cesse de croĂźtre depuis quelques annĂ©es pour atteindre, d’ici la fin 2011 pas moins de 1 million de chĂŽmeurs, d’aprĂšs la prĂ©sidente de l’UTICA, Ă  cause de la rĂ©gression de la croissance Ă©conomique et la baisse des investissements Ă©trangers, outre la crise du secteur touristique ?
Dans notre pays, le chĂŽmage des sortants du supĂ©rieur, Ă©valuĂ© actuellement Ă  environ 250 000 (et non 1 million !), rĂ©sulte beaucoup plus d’erreurs catastrophiques commises au niveau du systĂšme Ă©ducatif que du ralentissement de l’économie. L’effrayant laxisme ayant imprĂ©gnĂ© notre systĂšme Ă©ducatif durant des dĂ©cennies a gĂ©nĂ©rĂ© d’énormes masses de diplĂŽmĂ©s du supĂ©rieur de mauvaise qualitĂ©, en disproportion navrante avec les besoins du marchĂ© de l’emploi.
Je n’ai pas Ă  donner des solutions urgentes capables de rĂ©duire, de maniĂšre significative, les chĂŽmeurs des diplĂŽmĂ©s du supĂ©rieur. Ma tĂąche en tant que chercheur est de faire le diagnostic. Et c’est Ă  ceux qui gouvernent de trouver des solutions. Source : « African Manager » Le 27-11-2011 Lien : http://www.africanmanager.com/articles/136737.html

Tunisie/Education et enseignement, la réforme indispensable


Par Chiraz Kefi En Tunisie, l’éducation et l’enseignement n’ont fait que rĂ©gresser de qualitĂ©, durant ces quinze derniĂšres annĂ©es. Jusqu’à perdre de leur substance. Ces mĂȘmes valeurs qui, jadis faisaient la fiertĂ© du peuple tunisien, sont devenus un fardeau tant pour les enseignants eux-mĂȘmes, que pour les Ă©tudiants et Ă©coliers qui les subissaient plus qu’ils n’en profitaient. Pourtant la Tunisie, a su mettre en place, au lendemain de son indĂ©pendance, un systĂšme social qui lui aurait permis de dĂ©passer ses semblables sur l’échiquier du dĂ©veloppement, mais aussi de rattraper les pays les plus avancĂ©s sur le plan social, s’il n’y avait pas eu des interfĂ©rences idĂ©ologiques et dĂ©magogiques qui ont altĂ©rĂ© le contenu et la maniĂšre d’enseigner. MalgrĂ© l’obligation, la gĂ©nĂ©ralisation, la gratuitĂ© de l’enseignement et les efforts de l’Etat Ă  Ă©radiquer l’illettrisme, la qualitĂ© ne s’en est pas suivie. Au contraire, la maitrise des langues s’est affaiblie, la francophonie menace de disparaitre, la formation des enseignants et leur recyclage dĂ©phasĂ© par rapport aux avancĂ©es scientifiques et l’école n’est plus synonyme de construction pĂ©renne mais d’apprentissage alĂ©atoire, oĂč les Ă©tudiants et Ă©lĂšves sont rĂ©duits Ă  reproduire des exercices ressassĂ©s en classe. Pire encore, « les disciplines et filiĂšres sont en majoritĂ© sans lien avec les besoins de l’économie et les exigences du marchĂ© de travail », comme en fait le constat, Radhi Meddeb, auteur de l’ouvrage « Ensemble construisons la Tunisie de demain, modernitĂ©, solidaritĂ© et performance ». Sans compter la culture des cours particulier rĂ©pandue Ă  tous les niveaux de l’enseignement. « L’étudiant est moins autonome. Il n’est intĂ©ressĂ© que par la performance ponctuelle et la bonne note. Les Ă©tudiants ne sont pas capables de produire, de crĂ©er et de prendre de l’initiative
 », Évoquera le texte de Radhi Meddeb. Dans son programme socio-Ă©conomique, qu’il prĂ©sente comme une solution viable pour rĂ©former quasiment tous les secteurs, l’auteur dĂ©plore le manque d’efficience et d’efficacitĂ© de l’éducation et de l’enseignement et la dĂ©motivation gĂ©nĂ©rale des Ă©tudiants et enseignants que cela a engendrĂ©.
MalgrĂ© qu’en matiĂšre d’enseignement la Tunisie prĂ©sente des volumes d’horaires comparables Ă  ce qui se pratique en occident, le systĂšme Ă©ducatif est Ă  la traĂźne. D’aprĂšs le Trends in International Mathematics and Science study, la Tunisie a Ă©tĂ© classĂ©e, en 2009, 29Ăšme sur 38 en mathĂ©matiques, et 34Ăšme sur 38 en sciences. Par ailleurs, le Programme international pour le suivi des acquis des Ă©lĂšves(PISA) organisĂ© par l’OCDE, classe en 2009, la Tunisie 60Ăšme sur 65 pays. Un classement qui traduit la crise par laquelle passe le systĂšme Ă©ducatif, et qui par ricochet, touche le monde du travail. L’auteur accuse entre-autres maux, l’arabisation « menĂ©e sans discernement, ni adaptation des programmes, ni formation prĂ©alable des formateurs », causant ainsi une rupture avec la modernitĂ© et ses avancĂ©es scientifiques. Dans son ouvrage, Radhi Meddeb prĂ©conise que l’éducation soit repensĂ©e, rĂ©formĂ©e, voire entiĂšrement chamboulĂ©e Ă  certains Ă©gards. Notamment encourager les Ă©coles Ă  une plus grande interaction avec leur environnement pour faire acquĂ©rir aux enfants, dĂšs leur plus jeune Ăąge les attributs de la citoyennetĂ©, la fiertĂ© d’appartenir Ă  une mĂȘme nation mais en mĂȘme temps les principes d’ouverture, de tolĂ©rance, de dialogue et de respect des diffĂ©rences et de la diversitĂ©. Apprendre aux enfants Ă  raisonner, Ă  analyser et Ă  synthĂ©tiser. La nĂ©cessitĂ© Ă©galement d’assurer un bon niveau au plus grand nombre et pas seulement Ă  une Ă©lite pour aborder les problĂ©matiques complexes auxquels seront confrontĂ©s les enfants Ă  l’ñge adulte. ConcrĂštement, l’auteur propose un nombre de mesures Ă  prendre sans attendre. Parmi elles, redonner de l’importance aux examens nationaux comme le bac et la sixiĂšme et supprimer la pondĂ©ration de 25% au BaccalaurĂ©at. Il rappelle que suite Ă  la rĂ©volution, il est devenu nĂ©cessaire de rĂ©nover les contenus des manuels d’histoire « mais cette rĂ©novation ne doit pas se faire Ă  la hĂąte ».
Supprimer l’enseignement de base et revenir Ă  l’ancien systĂšme Ă©ducatif, ramener le parcours secondaire Ă  6 ans. Mettre en place une coordination forte entre les services de l’Education nationale et ceux de l’Enseignement supĂ©rieur, car il n’est pas possible d’avoir de bons Ă©tudiants (voire de futurs chercheurs) si l’on part de mauvais Ă©lĂšves. Mettre en place des structures d’accueil et des mĂ©thodes pĂ©dagogiques adaptĂ©es aux Ă©lĂšves handicapĂ©s afin de favoriser leur intĂ©gration. Renforcer l’apprentissage de la langue anglaise, et mettre en place des cours de soutien gratuits pour les Ă©lĂšves qui en ont besoin et y affecter des enseignants de qualitĂ©. Pour le cas de l’enseignement supĂ©rieur, il prĂ©conise de crĂ©er une commission multidisciplinaire pour chaque filiĂšre dont le rĂŽle consiste Ă  adapter les contenus Ă  la discipline dominante et veiller Ă  leur cohĂ©rence. Interdire la pratique des cours particulier dans l’enseignement supĂ©rieur et faire Ă©voluer la relation d’encadrement professeur-Ă©tudiant vers une relation de coaching afin de dĂ©velopper l’autonomie et l’esprit d’initiative.
Il a suggĂšre aussi de garantir des logements Ă  prix convenable aux Ă©tudiants moins aisĂ©s, puisque les Ă©lĂšves venant des rĂ©gions dĂ©favorisĂ©es ne peuvent supporter le niveau de vie Ă©levĂ© des grandes villes. Il prĂ©conise ainsi de construire sans attendre 100 000 lits pour Ă©tudiants en partenariat public/privĂ©. Dans l’optique de rĂ©habiliter l’enseignement et de lui rendre ses lettres de noblesses, Radhi Meddeb, s’intĂ©resse dans son exposĂ© Ă  la recherche scientifique. Un volet marginalisĂ©, qui n’a pas pu prendre son envol. Pour y remĂ©dier le programme parle d’élever le nombre des membres des jurys de recrutement, en y ajoutant des membres Ă©trangers, afin de veiller sur l’égalitĂ© des chances. Exiger des candidats aux concours de recrutement, un nombre minimum de publications avec facteurs d’impact. Par ailleurs, il faut crĂ©er un centre National de recherche scientifique, ce qui pourrait Ă  terme, faire la diffĂ©rence entre les enseignants et les chercheurs. Ainsi que de crĂ©er le statut d’ingĂ©nieur-chercheur.
Mais aussi, accorder une indemnitĂ© de recherche aux Ă©tudiants de master et aux doctorants. Une indemnitĂ© servie sous rĂ©serve de disponibilitĂ© totale. Elle cessera de l’ĂȘtre en cas d’embauche ou de dĂ©passement d’un dĂ©lai de quatre ans pour la prĂ©sentation de la thĂšse. Les laboratoires seront quant Ă  eux, dotĂ©s des Ă©quipements et consommables de bureautique nĂ©cessaire Ă  leur fonctionnement. L’auteur insiste dans sa vision de la rĂ©forme de l’éducation et de la formation, sur le cadre consultatif que doit prendre cette initiative. « Nous pensons que pour aborder ces sujets, le consensus est nĂ©cessaire. Une consultation large avec un focus particulier sur l’enseignement de base (toutes les Ă©tudes tendent Ă  prouver que c’est lĂ  que tout se joue), mais aussi le secondaire, devrait ĂȘtre la base de prise de dĂ©cision de toute rĂ©forme en profondeur touchant Ă  l’éducation », explique Radhi Meddeb dans son livre.
Source : « GlobalNet » Le 27-11-2011

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