27 novembre 2011

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11 ème année, N°4168 du 27.11.2011
archives : www.tunisnews.net

Tunisie secret: Tunisie Exclusif Mezri Haddad parle de ses relations avec Rached Ghannouchi, Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaffar…

Kamel Mahdhaoui: La révolution des saisons

Kapitalis: Tunisie. L’agence Tap pourrait-elle changer?

Investir en Tunisie: Tunisie-Tourisme : Mehdi Houas rassure les professionnels

WMC: Tunisie: Ennahdha, CPR et Ettakatol… Hégémonie, hégémonie,…quand tu nous prends!

WMC: Tunisie: La Constituante est-elle anti-démocratique?

Kapitalis: Tunisie. Monsieur Hédi Jilani, par décence, taisez-vous !

Le Temps: Pour qui roulent certains Imams prédicateurs ?

Gulf News: Tunisia’s new challenges


Samedi 26 novembre 2011626/11/Nov/201113:17 Tunisie Exclusif Mezri Haddad parle de ses relations avec Rached Ghannouchi, Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaffar…


Nous avons trouvé sur le net des photos rares de Mezri Haddad avec des personnalités tunisiennes et étrangères très célèbres.Nous en avons été très surpris, mais nous n’avons pas voulu les reprendre et les publier ici avant d’entrer en contact avec Mezri Haddad pour lui demander de commenter en exclusivité 6 photos. Il nous a fallu beaucoup de temps pour entrer en contact avec lui . le convaincre de la bonne foi de notre démarche et de l’importance de son témoignage par rapport à ces personnalités. Il a enfin accepté de parler et nous voulons le remercier pour cela. Nous ne sommes ni ses avocats ni ses juges. Et voila la premiere partie de l’interview : Question 1: Mezri Haddad avec Rached Ghannouchi. C’était où, à quelle époque et que pensez-vous de lui? Mezri Haddad : C’était à Londres, chez lui, tout au début des années 1990. C’était ma seconde rencontre avec Rached Ghannouchi. J’étais ravis de faire sa connaissance et lui aussi par reconnaissance parce que j’étais le seul non islamiste à ce moment là à défendre les islamistes dont les arrestations et les tortures venaient de commencer en Tunisie. Personne, je dis bien personne, ni des compatriotes ni des étrangers, n’ont osé les défendre à ce moment-là. Bien au contraire, la gauche,les progressistes, les libéraux et même certains de la LTDH trouvaient normal que Ben Ali les éradique impitoyablement. C’était leur choix « moral » pour participer au pouvoir. J’ai fait le choix inverse d’attaquer le pouvoir car je considérais qu’on n’a pas le droit de traiter ses adversaires politiques de cette manière violente. C’est à partir de ce moment-là que mes problèmes ont commencé avec le régime qui m’a fiché comme étant un sympathisant islamiste. Beaucoup plus tard, j’ai pris mes distances avec les islamistes pour des raisons multiples, notamment l’ingratitude et l’hypocrisie. Rached Ghannouchi était avec moi un homme sincère, fraternel et fidèle. Ce n’est pas avec lui que j’ai eu des surprises mais avec certains de ses représentants en France, qui l’ont d’ailleurs par la suite quitté. Il n’y a jamais eu un mot de trop entre Rached Ghannouchi et moi. Bien au contraire. Sachez qu’avant d’être politiques, mes critiques de l’islamisme sont nettement philosophiques et théologiques. Ce n’est pas en fréquentant les islamistes que j’ai découvert l’islamisme, mais en fréquentant les livres. En fréquentant les islamistes, j’ai par contre découvert des hommes patriotes, honnêtes et cultivés. Mais j’ai aussi rencontré quelques renégats, malhonnêtes et incultes. Question 2: Moncef Marzouki . il était votre meilleur ami. C’était où, à quelle époque et que s’est-il passé entre vous? Mezri Haddad : C’était en 1994, à Gif sur Yvette où j’habitais à l’époque, dans la forêt juste derrière chez moi. C’était au moment des élections présidentielles en Tunisie. Moncef Marzouki s’était porté candidat contre Ben Ali, tout comme Ahmed Manaï. Ma maison était son quartier général. Je l’avais activement soutenu en mettant à sa disposition mes relations avec les médias, les ONG et un certain nombre d’hommes politiques français. J’avais signé à l’époque un article dans Libération titré « L’élection du roi de Tunisie » qui a excité Ben Ali. Dès son retour en Tunisie, Moncef a été arrêté et mis en prison. L’un de ses proches compagnons au sein de la LTDH avait déclaré « Il est bien là où il est ». Je me suis mobilisé en France pour le défendre et pour faire pression sur le gouvernement tunisien. Il a été rapidement relâché. Depuis, nous sommes devenus des inséparables. Je relayais en France tout ce qu’il faisait en Tunisie. J’ai fait publier chez un ami éditeur libanais son livre « Al Istiqlâl al-thâni », comme d’ailleurs à la même époque le livre de mon ami Ahmed Talib Ibrahimi, « La crise algérienne » (en arabe). Je suis à l’origine du rapprochement entre Moncef Marzouki, Mohamed Mzali et Rached Ghannouchi. A cette époque, l’ensemble des opposants en Tunisie refusaient tout contacts et toutes collaborations avec ces deux derniers. Les choses ont changé à partir de 1997 lorsque les anciens collabos du régime, les progressistes et les droit-de-l’hommistes, ont rejoints l’opposition. Pour plusieurs raisons, leur arrivée a provoqué mon retrait de l’opposition. Je n’ai gardé de relations qu’avec Marzouki, Ben Jaffar, Manaï et Mzali, que Dieu ait son âme. Il y avait un projet en élaboration et j’ai décidé d’attendre sa naissance pour reprendre du service dans la lutte contre Ben Ali. C’était le CNLT, un projet de Moncef Lui-même. Il m’avait promis que j’en serais le représentant en France. Lorsqu’on a annoncé la naissance du CNLT en 1998, c’est Kamel Jendoubi qui a été choisi! Ce fut un choc pour moi, une grande blessure morale. Je m’en souviens encore, j’avais appris la nouvelle à mon retour de Bagdad. C’est à partir de cette trahison que j’ai décidé de rompre l’exil, ce que j’ai fait deux ans plus tard, en 2000. Sur les raisons de leur décision, je préfère encore me taire. C’est pas très beau ! Question 3: Mustapha Ben Jaffar . il était aussi votre ami. C’était où, à quelle époque et quelles ont été vos relations avec lui ? Mezri Haddad : Ce devait être en 1996, chez moi à Gif sur Yvette. Mes relations avec Mustapha Ben Jaffar étaient et sont restées d’ailleurs même après mon retour en Tunisie, amicales et sincères.C’est un homme fin, loyal et modéré. C’est aussi un homme fidèle en amitié.Je n’ai jamais oubliél’attention affectueuse dont il avait fait preuve auprès de ma mère malade, à l’époque où j’étais en exil et où il exerçait encore à l’hôpital. Il ne s’est jamais rien passé entre nous. Chaque fois que j’ai rencontré Ben Ali, j’ai défendu Mustapha et pas seulement lui d’ailleurs. Cela avait sans doute un peu servis dans la légalisation de son parti. A l’exception d’Abdelaziz Ben Diah, beaucoup au palais était contre la reconnaissance du « Congrès pour la République ». Un dernier mot sur lui, lorsque je suis rentré pour la première fois en Tunisie, en avril 2000, je lui ai posé la question au sujet du CNLT, en présence d’un ami, T.Z. Il m’a répondu qu’il n’a jamais été question de moi au sein du CNLT et qu’il n’était pas du tout au courant de ma candidature! La suite dans quelques jours ….. 2 eme Partie : Tarek Aziz, Danièle Mitterrand et Mahmoud Darwich…. (Source: Le blog “Tunisie secret” le 26 novembre 2011) Lien:http://tunisie-secret.over-blog.com/article-tunisie-exclusif-mezri-haddad-parle-de-ses-relations-avec-rached-ghannouchi-moncef-marzouki-et-must-90009112.html

La révolution des saisons


Dans l’hémisphère nord quelque part en zone tempérée Je me suis promené en amoureux dans ces contrées Les arbres sont nus et les feuilles jaunes sont par terre Les rouges chancellent et les bougeons pas encore très clairs Il n y a ni fleurs ni fruits en automne et encore doit-on passer l’hiver Si l’on espère un printemps prospère Il y a d’autres pays où il n y a qu’une saison Les feuilles sont toujours vertes et les racines luxuriantes Même que la chaleur équatoriale est parfois étouffante Les fruits toutes l’année c’est la nature, le soleil et les marées Ce n’est pas mieux si cette nature n’est pas habitée Changeons de couleur et de continent, franchise et aisance comme à la télé Dans quelle pensée la nature est exclue, le soleil banni et les marées sont figés Qui crée la réalité sinon l’imagination, le courage ou les idées D’un seul ou peu c’est déjà vu, à ne pas oublier De chacun c’est inné mais c’est à inventer Nul ne doute que les saisons reviendront indéfiniment Le bonheur, les excès et les révolutions L’essentiel est peut être que nous les partagions Les lieux et les saisons Sans éradicateurs ni exclusions. Kamel Mahdhaoui 26 novembre 2011.  

Tunisie. L’agence Tap pourrait-elle changer?


Comment transformer le statut de l’agence Tunis-Afrique-Presse (Tap) d’un service gouvernemental en un service public, indépendant du gouvernement et au service des citoyen? Pour répondre à cette question, l’Instance nationale de réforme de l’information et de la communication (Inric) a organisé, vendredi à Tunis, une réunion, en présence de plusieurs journalistes et fonctionnaires de l’agence. La nécessité d’affranchir les établissements médiatiques publics de la tutelle de l’Etat et de les délier de toute appartenance politique a été abondamment soulignée après la révolution. L’Inric y a aussi beaucoup œuvré depuis sa création en février, en étudiant les expériences menées par plusieurs pays ayant vécu le même processus transitoire que la Tunisie en matière d’organisation des agences de presse, notamment en Pologne, en Tchéquie et en Afrique du Sud. Elaborer un nouveau statut C’est aux employés de l’agence Tap, qui fut longtemps un instrument de propagande au service des dictatures de Bourguiba et de Ben Ali, de faire un état des lieux et d’étudier les moyens à mettre en place pour assurer à leur agence l’autonomie financière et de gestion et l’indépendance administrative vis-à-vis du gouvernement. Un nouveau statut devrait être élaboré, qui assure cette mutation profonde. Selon les journalistes et les fonctionnaires de la Tap présents à cette rencontre, l’agence a besoin d’une nouvelle organisation structurelle, administrative et rédactionnelle qui tient compte des enjeux de la compétitivité médiatique imposée par la révolution du 14 janvier. Ils ont, également, plaidé en faveur de la séparation entre l’administration et la rédaction au sein de l’agence, du perfectionnement de ses ressources humaines et de son renforcement par de jeunes compétences. Certains intervenants ont estimé que le problème qui se pose au sein de l’agence n’est pas à caractère journalistique mais il est étroitement lié à la politique médiatique imposée à l’agence des décennies durant. Néjib Ouerghi toujours en poste Il faut rappeler, à ce propos, que le Pdg de l’agence, Néjib Ouerghi, un élément issu du système médiatique mis en place par Abdelwahab Abdallah, sous Ben Ali, et qui a dirigé ‘‘Le Renouveau’’, organe de l’ex-parti au pouvoir, aujourd’hui disparu, continue inexplicablement de sévir à la tête de la Tap. Parmi ses grands coups d’éclat journalistique : un article intitulé ‘‘Pourquoi voter Ben Ali’’ appelant le dictateur à se présenter aux élections de 2014. N’a-t-on pas trouvé un autre professionnel pour le remplacer ou le gouvernement provisoire a-t-il encore besoin de ses talents de propagandiste en chef? La question mérite d’être posée aussi au gouvernement qui va se mettre en place dans les deux prochaines semaines. Le maintien ou non de certains patrons à la tête des médias publics sera l’un des signes de la volonté de ce gouvernement à rompre avec les pratiques du passé.

Tunisie-Tourisme : Mehdi Houas rassure les professionnels


Malgré la baisse enregistrée au niveau du flux des touristes, le secteur touristique peut reprendre son envolée. Le produit tunisien peut être beaucoup plus compétitif, en garantissant sa diversification. C’est ce qu’a affirmé M. Mehdi Houas, ministre du Tourisme et du Commerce, en marge de la clôture de la session de formation internationale sur «les politiques d’appui au secteur touristique : « La Tunisie compte sept sites inscrits sur la liste du patrimoine culturel mondial de l’Unesco (Organisation des nations unies pour la science, l’éducation et la culture). Elle va présenter une demande pour inscrire 45 nouveaux sites. Ce projet sera présenté la semaine prochaine, au cours d’une conférence de presse ». Sur un autre plan, M. Houas a souligné que sa mission à la tête du département du tourisme qui a duré dix mois, a été principalement axée sur le sauvetage du secteur et des emplois : « Le secteur touristique souffre de plusieurs problèmes structurels. Enregistrer un afflux de quatre millions de touristes après la Révolution du 14 janvier 2011, est un bon indice qui reflète la solidité de la destination touristique tunisienne ». Et le ministre d’ajouter : «La reprise de l’activité touristique et le développement du secteur nécessitent un surcroît d’efforts pour résoudre un certain nombre de problèmes, lesquels ont été « inscrits dans une feuille de route qui sera mise à la disposition du prochain gouvernement». Source : « Investir en Tunisie » Le 25-11-2011 Lien :http://www.investir-en-tunisie.net/index.php?option=com_content&view=article&id=12261

Tunisie: Ennahdha, CPR et Ettakatol… Hégémonie, hégémonie,…quand tu nous prends!


Par Mohamed Farouk

Ennahdha et ses alliés (le CPR et Ettakatol) semblent vouloir truster ce qui compte comme fonctions et institutions. A commencer par les trois plus importantes fonctions (la présidence de la République, la présidence de la Constituante et la présidence du gouvernement) en passant par les deux vice-présidences de la Constituante et la majorité écrasante des deux commissions qui seront chargées de la rédaction, au niveau de la Constituante, du règlement intérieur de l’Assemblée et de la préparation du texte final relatif à l’organisation provisoire des pouvoirs publics. S’arrêteront-t-ils là? Analyses.
Un ancien secrétaire général du Parti Communiste Français (PCF), Georges Marchais (1920-1997), pour ne pas le nommer, ancien ouvrier mécanicien, avait souvent cette phrase à la bouche pour signifier qu’il ne faut pas être bradé de diplômes et très intelligent pour deviner ce qui se faisait à son époque: «Il ne faut pas sortir de l’ENA (Ecole Nationale d’Administration), une grande école française formant l’essentiel des cadres de l’Etat français, pour comprendre que…»
On pourrait, en paraphrasant Georges Marchais, dire autant lorsqu’il s’agit de comprendre les desseins d’Ennahdha et de ses alliés (le CPR et Ettakatol), depuis l’élection du 23 octobre 2011, qui se résument à ceci: assurer une réelle hégémonie au niveau la scène politique. Ces trois mouvements le font au vu et su de tous. Doucement, mais sûrement.
Ennahdha, le CPR et Ettakatol ont donné, à ce propos, des signes qui ne trompent pas. En effet, après s’être emparés, avec l’accord de ces deux alliés, dont l’un aurait bénéficié, le 23 octobre 2011, des votes de certains sympathisants d’Ennahdha pour occuper la positions qu’il tient, des trois fonctions qui comptent: la présidence de la République, la présidence de la Constituante et la présidence du gouvernement, de loin la plus importante, voilà qu’ils s’octroient les deux vice-présidences de la Constituante.
Truster les institutions
Bien plus: les trois partis majoritaires ont décidé de s’accaparer deux commissions qui seront chargées de la rédaction du règlement intérieur de l’Assemblée et de la préparation du texte final relatif à l’organisation provisoire des pouvoirs publics. Les calculs sont, à ce propos, très vite faits. Les trois partis majoritaires composent l’essentiel de ces deux commissions: 14 (dont 9 pour Ennahdha) sur 22 pour aussi bien la première que la deuxième commission. Une répartition qui respecterait la représentation des différentes familles politiques au sein de la Constituante.
Ce qui veut dire que nous sommes là aussi en présence d’un gâteau qu’il faut savoir partager équitablement. Comme quoi, et en poussant la réflexion dans cette direction, les politiques se doivent d’avoir une calculatrice dans la tête et non des choix, dont celui d’accepter le partage.
Commentaire: ces agissements ne sont pas, le moins qu’on puisse dire, de nature à arracher la confiance d’une opinion publique à laquelle Ennahdha n’a cessé de répéter, depuis sa victoire à l’élection du 23 octobre 2011, que ce mouvement n’entend pas agir comme le défunt RCD (Rassemblement Constitutionnel Démocratique). C’est-à-dire refuser de truster les institutions par l’exclusion et œuvrer, donc, au rassemblement en faisant participer le plus grand nombre aux affaires du pays. Vu sous cet angle, les partis majoritaires ne semblent pas, pour l’heure, avoir respecté leur contrat. Et sont même très mal partis. Ennahdha, le CPR et Ettakatol, qui donnent, depuis le 23 octobre 2011, l’impression d’être plus intéressés à occuper des positions et des maroquins que par autre chose, comptent-ils adopter la même politique concernant la constitution du gouvernement?
Tout porte à le croire, aux dires de certains «scoops», qui nous disent qu’Ennahdha va s’emparer, selon le schéma adopté par les trois partis majoritaires, des ministères dits de souveraineté, exception faite de celui de la défense. A ce niveau, Ennahdha aurait accepté de garder le même titulaire du portefeuille après des conseils, sinon des pressions, de la part de nombreuses parties.
Un des responsables d’Ennahdha, Abdellatif Mekki, a affirmé, en effet, le lundi 22 novembre 2011, sur Al Watanya 1, qu’Ennahdha va détenir les portefeuilles de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice. Franchir le Rubicon
Certes, Ennahdha a pris attache avec des partis politiques autres que ses alliés du CPR et d’Ettakatol, pour constituer le gouvernement. Mais ceux-ci ne se seraient vu offrir que des postes «subalternes», «des strapontins», selon l’expression d’un observateur de la scène politique tunisienne, qui ajoute que de «toute manière, de nombreux partis ne pouvaient accepter l’offre d’Ennahdha: le modèle de société défendu par ce denier mouvement ne pouvait les inciter à faire un bout de chemin avec lui». «Cela sans oublier que ces partis avaient une peur bleue de perdre une partie, du moins, de leur base», conclut-t-il. Notre interlocuteur insiste du reste sur le fait qu’Ennahdha veut occuper certains maroquins ministériels «par ce qu’il entend apporter des changements profonds à la société tunisienne». D’autant plus qu’à ce stade, le temps lui est compté: un an au plus pour mettre en place des réformes qui lui semblent fondamentales… pour réaliser tous ses vœux ou presque. Rien d’étonnant, dans ce même ordre d’idées, estiment certains analystes, qu’Ennahdha veuille changer très vite des têtes au niveau de l’administration dont il devine les pesanteurs, notamment lorsqu’elles sont, à ses yeux, «voulues». Ce qui fera grincer certes des dents.
Le fera-t-il? Pour certains, Ennahdha et ses alliés, et au vu de certaines déclarations et empressements à diriger des départements ministériels, pourraient franchir le Rubicon. Tant pis, l’exercice hégémonique est, peut-être, à ce prix!

Tunisie: La Constituante est-elle anti-démocratique?


Par Maryam OMAR Bien sûr, nous savons pertinemment que la Constituante a la légitimité incontestable des urnes. Mais n’empêche, nous allons revenir sur un tout petit incident survenu le second jour de l’Assemblée, c’est-à-dire le 23 novembre, et dont la signification pourrait nous faire réfléchir.
Le 23 novembre, donc, en pleine session, il était question de former les deux Commissions chargées, l’une du règlement intérieur, l’autre de l’organisation provisoire des pouvoirs publics. Et voilà que Mustapha Ben Jaafar, président de l’Assemblée, parle de 22 sièges à pourvoir, pour chacune des deux Commissions, sur la base de la représentativité. L’un des élus de l’Assemblée le coupe alors en pleine phrase pour lui demander comment a été décidé ce nombre  »22 » et pourquoi pas plus ou moins. Et Ben Jaafar de répondre, comme s’il s’agissait d’une évidence indiscutable, que la chose a été disposée par l’un des comités tripartites des 3 majors! Suit alors une large exclamation montant du côté qui se trouve à la droite du président de l’Assemblée pour faire taire l’opportun!
Qu’est-ce que cela veut dire? En vérité, les 3 majors qui ont la majorité des voix au sein de l’Assemblée prennent beaucoup de leurs décisions au sein de ces fameux comités tripartites créés avant l’ouverture des travaux de la Constituante, précisément dès le lendemain de la sortie des premiers résultats des élections du 23 octobre. Il faut dire que cela revient à peu près au même: qu’ils en décident en aparté ou en public au sein de la Constituante, leur majorité les laisse entièrement libres!
Mais ce n’est pas fini. Et c’est encore la même chose au sein des deux Commissions du règlement intérieur et de l’organisation provisoire des pouvoirs publics où les 3 majors détiennent ensemble 14 sièges sur ces 22! Et deux interrogations viennent à l’esprit: Si tel est le double cas, à quoi serviraient les autres membres de la Constituante? Ils devraient peut-être rester chez eux. Et puis, n’est-ce pas là une situation bizarrement anti-démocratique? Ceux qui se donnent le nom d’opposition devraient peut-être s’auto-dissoudre.

Tunisie. Monsieur Hédi Jilani, par décence, taisez-vous !


Monsieur Hédi Jilani a parlé. Mais Hédi Jilani aurait mieux fait de se taire ; Hédi Jilani devrait se faire oublier par la Tunisie car le mot «Samahni» (« Pardonnez-moi ») ne peut faire oublier tout le mal que cet individu a fait, à l’insu de son plein gré, à la Tunisie. Par Jilani Jeddi* Ce personnage, inébranlable patron de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) pendant 23 ans, député et membre du sinistre Rassemblement constitutionnel démocratique (Rcd, ex-parti au pouvoir dissous) pendant plus de 20 ans, ose, aujourd’hui, parler d’un concept qui lui est totalement étranger. Quel rapport, donc, a ce monsieur avec la démocratie ? Intrusion incongrue dans le débat politique Monsieur Jilani ose discourir sur la démocratie, lui qui, écharpe mauve au cou, a supplié Ben Ali de se représenter pour un sixième mandat. Lui, l’éternel élu au cours d’innombrables élections truquées, lui que la révolution a privé du droit de se porter candidat aux dernières élections, ose aujourd’hui critiquer le courant qui, à très juste titre, a fait part de son inquiétude à la suite des déclarations de Hamadi Jebali sur le califat. Et le voilà qui donne des leçons de démocratie à ceux qui ont passé leur vie à lutter pour la démocratie et à lutter contre les ennemis de la démocratie c’est-à-dire les Abdelaziz Ben Dhia, Abdelwaheb Abdallah, Abdallah Kallel et leur chef le caporal Ben Ali, qui, n’eut été un mariage avec la fille du colonel, n’aurait jamais atteint le grade d’officier supérieur. Monsieur Hédi Jilani, thuriféraire du régime dictatorial, que dis-je plutôt porte-coton de Ben Ali, ne peut-il pas comprendre que son intrusion dans le champ du débat politique est incongrue ? Quelle leçon ce monsieur, qui a baigné dans la culture de la dictature et du népotisme, peut-il donner aux citoyens de ce pays, lui qui n’a jamais compris ce que le mot citoyen veut dire ? Un délai de décence Ce monsieur devrait avoir la décence de se taire, de se faire oublier. Au moins pendant un certain temps que l’on pourrait appeler un délai de décence. Qu’il prenne exemple sur ses comparses : les Sadok Chaâbane et autres Abdelaziz Ben Dhia, Abdelwahab Abdallah, Hédi M’henni, Moncer Rouissi, Zouheir M’dhaffar et consorts. En un mot, Monsieur Jilani : lorsque vous vous regardez dans le miroir en vous rasant chaque matin, ne pensez-vous pas à tous ceux qui ont subi la torture, ceux qui ont subi la prison, ceux qui ont subi l’exil… pas à cause du seul Zaba, mais de votre fait ? Du fait de M. Tekkari, du fait de ces juges d’instruction qui ont obéi aux ordres, du fait de ces magistrats qui refusaient d’ordonner l’examen médical des inculpés qui défilaient devant eux, démolis par la torture. Vous êtes autant responsable de tout cela autant que ces centaines d’avocats de la sinistre «khalia» (cellule) des avocats Rcédistes dont les chefs ont fait le tour du monde des conférences et autres colloques relatifs aux droits de l’homme, aux frais du contribuable tunisien, pour faire accroire que la Tunisie était le paradis des droits de l’homme. Alors de grâce M. Jilani, taisez-vous pendant quelque temps. Vos propos sont indécents. C’est même obscène, de votre part, de donner des leçons sur les élections, la liberté ou la démocratie. * Avocat. Source: ”Kapitalis” Le 25-11-2011 Lien:http://www.kapitalis.com/afkar/68-tribune/7002-tunisie-monsieur-hedi-jilani-par-decence-taisez-vous.html

Pour qui roulent certains Imams prédicateurs ?


Par Raouf KHALSI
La prêche du vendredi a tendance à se transformer en pamphlets et en logorrhées de l’inquisition. On passe de l’extrême à l’autre : jadis espace où l’on invoque Dieu sans rythmer le final par l’allégeance à « Monsieur le Président », aujourd’hui, dans bien des mosquées, s’installent les tribunes de l’inquisition fustigeant la modernité, remettant tout en cause au nom de la parole d’un Dieu dont tous ceux qui ne partagent pas leurs convictions, seraient indignes. Il y a à se poser des questions : et Ennahdha dans tout cela ? En est-il l’instigateur ? Désapprouve-t-il les attitudes des Imams plus hérétiques qu’autre chose, ou attend-il que les choses se mettent en place pour remettre de l’ordre dans les mosquées ? Ennahdha veut gagner la confiance des Tunisiens et celle des pays étrangers (arabes et occidentaux confondus) qui ne cachent pas leurs appréhensions et leur méfiance. On dit qu’Ennahdha tient un langage double : à savoir utiliser l’appareil démocratique pour ensuite le retourner contre la démocratie elle-même. Trop simplistes comme présomptions. Car si l’on ne croit pas en la mission éthique et réformiste qu’assumera Ennahdha – il n’y échappera pas – par le biais d’un Islam éclairé, tolérant, on jouera le jeu des maximalistes de tous bords et nous aurons vite fait de développer, intra-muros, une paranoïa islamophobe. Nous aurons ainsi joué le jeu de l’Occident qui a fait le lit de l’intégrisme et qui a fait croire au président déchu (et à nous tous) que lui seul était un rempart contre. Cet Occident aura précisément diabolisé l’Islam. Et c’est impardonnable. Maintenant, de gros chantiers attendent Ennahdha. Entre autres faire entendre raison à ces électrons libres qu’on envoie prêcher dans les mosquées dans des accents rédempteurs. Alors qu’Ennahdha parle de réhabilitation de la dimension arabo-musulmane de la Tunisie et de l’inviolabilité du Code du Statut Personnel, quelques barbus du vendredi rejettent le principe de séparation entre la religion et la politique, prônent l’application de la chariâa et tout cela pour « chuter » avec la polygamie. Et ils rassemblent toujours et toujours encore plus de « fidèles » autour d’eux, dont beaucoup restent entassés dans les rues. Il est vrai que c’est lorsque les mosquées sont pleines, qu’il faut s’interroger sur le dogme. Source : « Le Temps » Le 26-11-2011 Lien : http://www.letemps.com.tn/article-61073.html

Tunisia’s new challenges


The opening of the country’s first elected assembly is just part of the work needed to truly entrench democracy This is the first time the Arab world has witnessed such a broad coalition government There is much to be done to entrench democracy in Tunisia — and each of us must be ready to face the challenge Just over 10 months after the extraordinary day they toppled their dictator, the Tunisian people finally have their first democratically elected representative body. The constituent assembly, inaugurated on November 22, is not just a reflection of the people’s will but a result of decades of sacrifices and struggle. For more than 50 years, Tunisians have lived under brutal one-party rule. The party whose electoral list I headed in Tunis, the Al Nahda Party, was among those most brutally persecuted, with more than 30,000 members imprisoned, hundreds killed and thousands driven into exile. Recently we remembered this terrible legacy that was, just last year, our daily reality. But we also look to the future — one full of possibilities. The assembly, which has the task of writing our new constitution, reflects the diverse spectrum of society and can lay the foundations for a new democratic Tunisia based on the rule of law, political pluralism and respect for dignity and human rights. The elections showed Tunisians put their trust in parties like Al Nahda with a long history of struggling for democracy. The fact that Al Nahda contributed 42 of the 49 female candidates elected speaks for itself. But we are not content with equal representation. Our candidates toured remote villages and saw how far the daily reality of women is from state propaganda of equality and progress. Al Nahda is committed to enabling women to enjoy real freedom of choice by promoting participation in public life, improving education, securing equal pay, and strengthening maternity entitlement and childcare provision. There is much to be done to truly entrench democracy in Tunisia. We believe a clear separation of powers between executive, legislature and judiciary must be instituted to prevent any individual or party monopolising the political sphere, as happened under former president Zine Al Abidine Bin Ali. We believe the UK parliamentary system can provide a useful model in moving away from our previous ‘presidential monarchy’. Judicial reform is also crucial — the torture and abuse of the last six decades passed through the hands of judges. Reform of the police and security forces is also needed to make sure no Tunisian will ever again be subjected to the humiliation and indignity that many of our members experienced as political prisoners. The culture of impunity must be ended and perpetrators brought to justice within a process of reconciliation that avoids collective punishment. Independent media will also be essential to transparency and accountability. Democratic mechanisms are not, in themselves, sufficient. Our focus during this coming year will be on implementing an economic and social plan aimed at providing jobs for all Tunisian men and women. The opening of the constituent assembly opened a new chapter in Tunisian history based on citizen-centred governance that respects the individual, protects freedoms and promotes human dignity. This is the first time the Arab world has witnessed such a broad coalition government, bringing together Islamist, liberal and left-wing parties. It is a historic moment, too, for the region, an opportunity to construct a genuinely open and inclusive political dialogue. It is crucial to be frank — the challenges are significant and require the concerted efforts of every Tunisian if we are to develop a shared democratic culture based on dialogue, acceptance of difference and equal participation. Tunisia has already led the way in the region in showing how brutal dictatorship can be brought to an end through peaceful means. We hope we can now lead the way in building a genuine democratic, pluralistic and fair society. Source: “Gulf News” Le 25-11-2011 Lien:http://gulfnews.com/opinions/columnists/tunisia-s-new-challenges-1.937495

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