28 janvier 2007

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2442 du 28.01.2007

 archives : www.tunisnews.net


Luiza Toscane: Le mois le plus long Hommage à Ahmed Othmani Le Temps: Cessons de glorifier le martyre !
Le Temps: Cours particuliers – Le phénomène devenu incontrôlable La Presse: Faire preuve d’un surcroît de vigilance face au phénomène de l’extrémisme et des agissements suspects La Presse: La Tunisie, un pays de tolérance et de modération qui rejette l’extrémisme Taïeb Moalla: Le policier dans l’eau chaude


Le mois le plus long

 

 

Il y a maintenant un mois révolu que Mohammed Amine Jaziri a littéralement disparu. En effet, c’est le 24 décembre 2006 que les siens l’ont vu pour la dernière fois alors qu’il se rendait à Tunis pour y passer un concours. Depuis tout a été mis en œuvre pour le retrouver, en vain. Son père, Mohamed Moncef Jaziri et sa mère, Marzouka Mliki, reviennent sur cette attente interminable et ces espoirs déçus.

 

 

 * Monsieur, madame, comment vous êtes vous aperçus que votre fils avait disparu ?

 

– On s’est aperçu de la disparition de Mohamed Amine d’abord par des rumeurs selon lesquelles il  était arrêté par la police ; son téléphone ne répondait plus dès 12h.00 le 24 décembre 2006, puis des témoins oculaires de l’enlèvement ont confirmé son arrestation.

 

* Il avait fait des études de droit, que comptait-il faire par la suite ? Avait-il déjà exercé ? Comment s’est passée sa scolarité ? Quelles ambitions avait-il ?

                                 

– Oui, Mohamed Amine est licencié en droit, il comptait devenir un huissier notaire et avoir un bureau à Sidi Bouzid auprès de sa famille. C’est juste au moment où il commençait la réalisation de ses projets que la police l’arrête, juste avant son départ pour Tunis pour passer le concours le 25/12/2006.

D’autre part, il a passé une scolarité normale à Sidi Bouzid, il était un brillant élève en primaire et en secondaire, il était aussi dans l’équipe de foot, avait de nombreux amis ; il est très populaire dans la ville et il rêvait d’être un grand nom dans le domaine juridique.

 

*  Subissait-il déjà des pressions policières avant cet enlèvement ?

 

– Oui, depuis un an déjà avant son enlèvement il subissait régulièrement et systématiquement des contrôles de police, des harcèlements, des intimidations et même des brèves arrestations (de une, deux ou trois heures). Et après son arrestation, c’est moi-même et d’autres membres de la famille qui subissons ces pressions.

 

* Votre fils venait de se marier. Sa femme a-t-elle subi le contrecoup de ce kidnapping ? A-t-elle subi des pressions ?

 

– Oui, elle souffre énormément puisqu’elle est enceinte et désespère d’avoir une vie de famille normale comme tout le monde. Et sans parler bien sûr de l’intimidation policière.

 

* Vous avez tenté des recherches à tous les niveaux. Quelles ont été les réponses officielles ? Y a-t-il des contradictions, des incohérences dans ces discours ?

 

– Toutes les réponses officielles étés ambiguës ; les autorités d’une part nient catégoriquement et officiellement l’avoir arrêté, mais d’autre part ces mêmes responsables admettent officieusement l’avoir arrêté.

 

* La disparition de votre fils a été médiatisée. Elle a eu un écho, y compris au niveau international. Des associations en Tunisie se sont mobilisées également. Quel appel souhaitez-vous lancer à tous ceux et celles qui luttent contre la torture, l’impunité, pour un Etat de droit ?

 

– Je voudrais d’abord remercier toutes les personnes, organisations et associations qui ont évoqué le kidnapping de mon fils. Et j’adresse un appel à tous les hommes et femmes dans le monde qui croient en la dignité de l’être humain et au respect des Droits de l’Homme pour lutter avec nous pour libérer notre fils.

 

Propos recueillis par Luiza Toscane le 28 janvier 2007

 

 

 

A  tous   ses camarades,militants pour le changement et la démocratie .A tous ceux qui ont  été victimes des affres

De la torture en Tunisie et ailleurs,nous présentons

 En souvenir de notre camarade AHMED BEN OTHMENE

Mort il y a deux ans  au Maroc,ces  mémoires de prison

Relatant en détail ce qu’il a vecu dans les locaux de

La police et en prison….ces pages datent de longtemps

Mais il fallait les sortir au public ,au grand public

Qui ne connaît pas Ben Othmene.

 

Hommage à Ahmed Othmani

 

En hommage à Ahmed Othmani, décédé mercredi, 8 décembre, dans un accident de voiture au Maroc, nous reproduisons son témoignage de prisonnier d’opinion (précédé de l’introduction de la Revue). Ce témoignage a été envoyé de sa cellule et publié en avril 1979 dans la revue Les Temps Modernes !

Grande figure du mouvement des droits de l’homme, Ahmed Othmani fut entre autres président de Réforme Pénale Internationale.                   

 

 

                      [Introduction des Temps Modernes :]

                      Nous avons décidé de rendre public le témoignage d’Ahmed Ben Othman (Trente-six ans, Secrétaire général de la Section de Lettres du Syndicat Etudiant (UGET) en 1968) pour que cessent l’oubli et l’indifférence qui entourent son cas et le cas de ses camarades. Puisse ce texte alerter l’opinion internationale et la mobiliser afin de remédier à une situation intolérable. Bien que les faits ici. rapportés soient relativement anciens, bien que Ben Othman et ses camarades aient eu recours à tous les moyens légaux nationaux et internationaux, bien que ces détenus aient été adoptés depuis 1968 par Amnesty International, l’étau ne s’est pas desserré et les portes de leur bagne ne se sont pas ouvertes. Les’ horribles traitements dont fut victime Ahmed Ben Othman ne sont, hélas ! pas exceptionnels. A travers son témoignage, tout un système répressif est dénoncé. Tout prisonnier politique (catégorie « ignorée » par les autorités tunisiennes), et en dernière instance tout opposant, se trouve virtuellement menacé par de telles pratiques. L’année dernière encore, après le 26 janvier, de nombreux syndicalistes furent soumis à des tortures. Des syndicats français (CGT, CFDT, FEN) viennent de demander la reprise de l’enquête à propos de la mort du syndicaliste Houcine el-Kouki. A présent quarante-quatre prisonniers politiques (dont les syndicalistes Habib Achour et Ghorbal) partagent un sort incertain à la prison du Nador.

                      Ce témoignage a déjà été envoyé à M. Kurt Waldheim, à la Commission internationale des droits de l’homme de l’ONU, à Amnesty international, à la Fédération internationale des droits de l’homme et à de hautes personnalités politiques du monde entier.

                     

                     

                      TEMOIGNAGE

                      d’Ahmed Ben Othman

                     

                       l. — Ma première arrestation remonte à décembre 1966, à

la suite d’une manifestation estudiantine. J’étais alors responsable syndical. On me garda dans les locaux de la police pendant une semaine, sans contact avec ma famille, sans soins médicaux, et soumis, avec d’autres étudiants, à toutes sortes de brimades.

                       2. — En mars 1968, il y eut à l’université un mouvement de grève pour demander la libération d’un étudiant condamné à une lourde peine de travaux forcés. Je fus arrêté ainsi que tous les opposants au sein du syndicat étudiant, l’Union générale des Etudiants de Tunisie (UGET).

                       L’enquête policière fut très dure et les tortures atroces. On créa pour nous juger une juridiction d’exception : la Cour de Sûreté de l’Etat, en flagrante contradiction avec la Constitution tunisienne et avec la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, dont la Tunisie est signataire. Cette Cour de Sûreté de l’Etat continue depuis à condamner plusieurs fois chaque année des dizaines d’opposants au régime, et à distribuer les condamnations dans des procès d’opinion montés de toutes pièces contre tous ceux qui pensent différemment et qui s’accrochent à leurs droits que garantissent explicitement et la Constitution du pays, et les accords internationaux.

                       Il faut savoir, en effet, que la Tunisie, indépendante depuis 1956, est devenue un an après une République, avec une Constitution, un Parlement élu et un Président de la République élu au suffrage universel. La Constitution de la Tunisie, promulguée en 1959, stipule dans son article 8 que :

                       « Les libertés d’opinion, de presse, de publication, de réunion et d’association sont garanties »

                       De plus, la Tunisie, membre de l’ONU depuis son indépendance, a contresigné la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, et est, par là, tenue de respecter ses engagements qui ont la prééminence sur les lois mêmes du pays, et qui garantis-

sent ces mêmes liberté fondamentales.

                       Or, les procès d’opinions qui, périodiquement, frappent les opposants au régime sont en flagrante opposition et à la Constitution tunisienne, et à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

                       Cette cour nous jugea en août 1968 pour les chefs d’inculpation suivants :

                       1°—« Complot contre la sûreté intérieure de l’Etat » ;

                       2° — « Appartenance à une organisation non autorisée » ;

                       5° — « Diffusion de fausses nouvelles » ;

                       4° — « Insultes contre des personnalités du régime et contre les envoyés des Etats-Unis et du Viêt-nam du Sud ».

                       Je fus condamné par cette cour à douze ans de prison ; et ma femme (qui fut expulsée auparavant) à cinq ans de prison par contumace.

                       La veille de mon arrestation par la police politique (Direction de la Sûreté du territoire, DST), la police parallèle du parti unique (le Parti socialiste destourien, PSD) m’a enlevé des locaux mêmes de l’Université avec d’autres dirigeants étudiants ; je fus sauvagement battu par eux et ils me jetèrent, évanoui, dans une ruelle sombre de la vieille ville.

                       Quant à la police politique, la DST, elle me soumit à toute sorte de tortures, physiques et morales. Tout d’abord, on me mit dans une chambre vide, on me dépouilla de mes vêtements et, nu, on m’obligea à me mettre à genoux et à tenir à bout de bras une lourde chaise ; chaque fois que, faiblissant, mes bras se baissaient, on me donnait des coups de cravache sur tout le corps. Ceci dura pendant des heures jusqu’à évanouissement. On me jetait alors de pleins seaux d’eau sur la tête et tout recommençait. Au bout de trois jours et trois nuits de ce traitement sans sommeil et sans nourriture, le rythme de ces évanouissements devenait plus rapide. Alors, on changea de méthodes. On me fit asseoir sur une chaise et on braqua sur mes yeux une forte lampe électrique, m’empêchant par des coups de chercher à me soustraire les yeux à son intensité aveuglante. Et cela, pendant plus de vingt-quatre heures sans interruption. Ce qui finit par provoquer chez moi des crises de nerfs de plus en plus fréquentes ; et je n’arrivais plus à ouvrir les yeux malgré les coups qui pleuvaient de toute part. A la suite de ce traitement, je suis resté plus d’un mois ne pouvant supporter la moindre clarté, et je fus atteint de myopie qui va en s’aggravant.

                       Puis, on me tortura avec des cigarettes qu’on éteignait sur tout mon corps, surtout les parties sensibles.

                       Les policiers me posaient constamment des questions sur mes opinions, l’organisation à laquelle j’appartenais, le nom des autres membres de ladite organisation, le matériel d’imprimerie (des ronéos artisanales et des machines à écrire). Cela continua pendant un mois et demi où alternaient les tortures physiques, les insultes et injures, les harcèlements continus, les pressions sur les amis et les parents restés en liberté, la privation de nourriture ou, quand j’ai déclaré une grève de la faim, la nourriture artificielle qu’on introduisait soit par le nez soit par l’anus.

                       Durant toute l’enquête, seule la police politique opérait, sans la moindre retenue, ni le moindre contrôle de la part des juges. Elle arrêtait les gens par centaines, fouillait, saisissait les biens, torturait nuit et jour. On ne recevait ni l’assistance d’un avocat, ni la visite des parents. On ne pouvait ni écrire ni recevoir de courrier et toute lecture était interdite. L’isolement total. Et aux souffrances physiques s’ajoutaient des souffrances morales plus accablantes encore.

                       Et, ce n’est que trois mois après, une fois l’enquête policière terminée, que nous fûmes déférés devant un juge d’instruction et transférés à la prison civile. Des pressions de toute sorte ont été exercées sur nos avocats, pour les empêcher d’accepter de nous défendre : filatures par la police politique, lettres de menaces, et il y eut même des cas d’enlèvements par la police parallèle.

                       Le procès fut tout simplement une parodie de justice. Et lorsque, personnellement, répondant à l’accusation de complot, j’ai dit au Président de la Cour que loin d’être un adepte de la violence, c’était moi qui avais été victime de violence d’abord de la part de la police parallèle du Parti unique, ensuite de la police politique, il me répondit cyniquement que c’était normal et que le régime se défendait. Il passa à autre chose quand je lui dis que le régime doit se défendre selon la loi uniquement et dans le respect de la personne humaine.

                       Une semaine après ce lourd verdict (douze ans de prison pour moi), on nous transféra à Bizerte, à la prison où je suis actuellement. Le personnel de la prison, gardiens et administrateurs, nous accueillit avec une brutalité inouïe. On nous fit descendre directement des cellulaires dans une cave à une trentaine de mètres sous terre. On nous enleva nos affaires civiles, on nous fit endosser la tenue de bagnards (une chemise en haillons, et une veste et un pantalon, restes d’uniformes de l’armée américaine) ; puis on nous fit tondre le crâne à ras et on procéda sur nous à une séance de tabassage : c’était, nous expliqua-t-on par la suite, « l’accueil » pour nous faire sentir la discipline du bagne et aussi nous punir de réclamer un statut de détenus politiques.

                       Quinze jours dans cette cave humide qui suinte de toute part et dont le sol est couvert d’eau stagnante, avec juste une paillasse à même ce sol mouillé. Puis on nous remonta dans des cellules qui manquent du minimum des conditions d’hygiène, où nous restâmes deux ans.

                       Durant ces deux ans, on nous soumit à des brimades incessantes qui, durant les affrontements, se changeaient en séances de tabassage. On était constamment harcelés par les autorités qui voulaient nous faire écrire des lettres de reniement et des demandes de pardon. Les neuf premiers mois, on nous priva complètement de tout. Pas de visites des parents, pas de colis de nourriture de la part des parents, pas de correspondance ; on nous interdisait d’acheter quoi que ce soit à la cantine de la prison ; privation de cigarettes, de café, de thé, de supplément de nourriture. On nous donnait à manger deux fois par jour une sorte de lavasse incolore où nageaient quelques racines de légumes pourris et 550 grammes de pain noir.

                       Les plus résistants d’entre nous avaient, au bout de ces neuf mois, des étourdissements chaque fois qu’ils se levaient, et la plupart d’entre nous contractèrent diverses maladies, surtout d’estomac.

                       Puis, après plusieurs grèves de la faim qui duraient jusqu’à dix jours et plus, et après qu’un courant d’opinion en France où nous avions quelques amis, et en Tunisie surtout à l’Université, se soit fait sentir en notre faveur, on nous libéra tous, en janvier 1970 et en mars de la même année.

                       Je fus donc libéré le 20 mars 1970 ; mais c’était pour me voir assigné à résidence dans une ville du sud du pays, Sfax. Ce fut toutefois une liberté de courte durée.

                       5. — Je fus, en effet, arrêté de nouveau le 21 avril 1971, en même temps que ma femme, quelques amis personnels et des ouvriers. Et, toujours par la police politique, perquisitions illégales, saisie de machines à écrire, de documents (brouillons d’articles pour des journaux d’opposition et textes théoriques). Tous les autres furent libérés au bout de quelque temps, sauf moi. On me déféra seul devant le juge d’instruction auprès de la Cour de Sûreté de l’Etat, et cela seulement deux mois après mon arrestation. Le juge d’instruction me fit inculper tout seul de « complot contre la Sûreté de l’Etat ». Je restai vingt mois totalement isolé dans un cachot qui manquait des moindres commodités. Je fus privé de la visite de ma femme et de la correspondance.

                       Entre-temps, ma femme qui faisait des démarches pour obtenir soit mon jugement, soit ma libération, et qui voulait bénéficier de ses droits d’épouse à la visite et à la correspondance, a été menacée de prison si elle n’arrêtait pas ses démarches. Et début janvier 1972, elle fut effectivement mise en prison à son tour. Pour cela, on se souvint tout à coup, après un an et demi de séjour en Tunisie dûment autorisé par le ministre de l’Intérieur lui-même, on se souvint hypocritement qu’elle était condamnée en 1968 par contumace et qu’elle devait comparaître devant la même juridiction qui l’avait condamnée la première fois, en l’occurrence la Cour de Sûreté de l’Etat. Près d’un mois après son arrestation, elle fut traduite devant cette cour, et condamnée à deux ans de prison avec sursis. Mais son procès donna lieu à des grèves de l’Université et des lycées, ainsi qu’à des manifestations de rue. On l’expulsa de nouveau, le 5 février 1972, par simple arrêté du ministre de l’Intérieur.

                       Ces troubles de l’Université de février 1972, qui s’étaient transformés en Congrès extraordinaire du syndicat étudiant (l’UGET), se sont heurtés à une répression sauvage. Ils s’éten dirent à toutes les villes du pays où les lycéens prirent la relève, pour demander la démocratie politique dans le pays et des syndicats étudiants et lycéens autonomes et démocratiques. Le bilan de la répression fut très lourd. Des centaines d’arrestations eurent lieu. On torturait dans tous les commissariats de police ; des atrocités furent commises par la police, l’armée et la police parallèle.

                       Et, de nouveau, ce furent les groupuscules d’opposants au régime qui se virent décapiter, et leurs quelques dizaines de cadres furent maintenus pendant quelques mois en prison. En décembre de la même année tous furent libérés. Moi seul, je restais dans mon cachot.

                       Je dus alors entamer une grève de la faim indéfinie qui provoqua la tenue à l’Université de meetings de soutien et un commencement d’agitation. Ce qui obligea les autorités à me libérer alors que j’étais au deuxième jour de ma grève de la faim.

                       Sorti malade, je dus être hospitalisé pendant cinq mois ; puis on décida de m’assigner à résidence dans un tout petit village. Mais quelques mois après, je fus encore une fois arrêté.

                     

                      4. — Ce fut le 19 décembre 1975, exactement un an après ma libération, un an durant lequel je n’avais même pas pu voir ma femme, ne serait-ce qu’une seule fois — elle continuait en effet à être interdite de séjour en Tunisie.

                       Cette fois, ce fut encore plus dur. Des centaines de jeunes furent arrêtés avant moi ; des étudiants, lycéens, ouvriers, enseignants, fonctionnaires, des filles, des garçons, des familles entières parfois sur trois générations (les enfants, les parents et les grands-parents). On leur reprochait uniquement de confectionner des tracts qui critiquaient le régime et appelaient au respect de la démocratie.

                       Je fus obligé de me cacher pendant des semaines, mais on finit par m’arrêter. Ce fut en pleine nuit, par un grand déploiement de forces, une soixantaine de policiers armés jusqu’aux dents. Dans la voiture du chef de la DST (police politique), ce dernier me mit son revolver contre la tempe et menaça de tirer, disant que tout le monde me croyant en fuite à l’étranger, il allait impunément me tuer et enfouir mon cadavre dans un coin perdu, que personne ne risquerait de s’inquiéter de mon sort. Dans les locaux de la police, ce fut un accueil exceptionnel. Un cordon d’une centaine de policiers, de l’entrée de l’immeuble de la DST jusqu’au deuxième étage, m’accueillirent haineusement par des coups de pied, de poing, m’insultant, me crachant au visage, puis on leur distribua du vin pour fêter cette prise et aussi pour remonter les tortionnaires qui allaient me prendre immédiatement en main.

                       Tout de suite, on me traîna à la salle d’opération. On mit mes vêtements en lambeaux et, nu, on me lia les mains, on passa mes genoux entre mes mains liées et on introduisit une longue barre de fer ronde et lisse entre genoux et bras ; puis on me suspendit entre deux tables, tête en bas. Et les coups de pleuvoir, coups de cravache, de nerfs de bœuf, de gourdins, de tuyaux d’arrosage, sur tout le corps mais le plus gros sur la plante des pieds. De temps en temps, on mouillait les blessures, l’un versant de l’eau goutte à goutte, les autres frappant à tour de rôle, un troisième comptant les coups à haute voix. Une vieille connaissance, une crapule de flic, Hédi Kassem, s’exclamait auprès de ses collègues en disant : « Je lui ai donné cinq cents coups d’affilée et il n’a pas crié une seule fois. »

                       Une fois évanoui et les plantes des pieds insensibles, on me faisait descendre du perchoir, on me déliait et on m’obligeait à me traîner sur les pieds ; pour cela on m’attrapait le sexe et on me faisait courir en tirant dessus de toutes leurs forces ; puis, une fois debout, on recommençait les mêmes opérations : perchoir, coups, de l’eau goutte à goutte sur les plantes de pieds, sur les blessures saignantes, sur les paupières et sur le nez pour m’empêcher et de respirer et de me concentrer sur la souffrance. Ré-évanouissements, seaux d’eau glacée sur le visage, éther pour me réveiller… Puis le chef d’équipe des tortionnaires qui s’occupaient de moi, Abdeikader Tabka, envoya chercher une petite pince et se mit à arracher des lambeaux de chair saignante, d’entre les doigts de pieds, les ongles des pieds, les bouts tendres des doigts des pieds ; le sang coulait, et il versait sur les blessures de l’éther et de l’alcool à brûler, pour essayer de me faire hurler. Un autre versa de l’alcool sur les poils du pubis et sur les testicules et y mit le feu. Les brûlures mirent des mois à guérir et des traces très nettes en subsistent encore, et pour toute la vie… Huit heures de cet enfer, sans discontinuer. A la fin, il leur fut impossible de me réveiller. Alors ils me traînèrent par les pieds jusqu’à une pièce nue et m’attachèrent par de lourdes chaînes à des anneaux encastrés aux murs. Ils m’y laissèrent deux jours pendant lesquels je refusai de manger ou de leur adresser la parole.

                       Constamment gardé par quatre policiers qui, en plus, se surveillaient entre eux. Au bout de ces deux jours, une fois légèrement remis, la même équipe de tortionnaires composée de Abdeikader Tabka, Abdesslem Darghouth, un certain Mohsen et trois autres dont j’ai oublié les noms, me mirent une couverture sur la tête pour m’empêcher de voir, et me traînèrent jusqu’à une voiture.

                       Ils m’emmenèrent jusqu’à une ferme à douze kilomètres de Tunis, une ancienne ferme de colon français complètement isolée, et équipée par la DST pour les séances de torture. Là, on m’arracha les loques qui me restaient sur le corps, on me lia les poignets à une barre de fer, et me voilà de nouveau tout nu, suspendu entre deux tables, la tête en bas. Et de nouveau les coups avec le tuyau d’arrosage qui laisse moins de trace que les autres instruments, le goutte à goutte d’eau puante sur les paupières et le nez, pendant que le Tabka introduisait dans les orifices de mes oreilles des cure-dents et autres morceaux de bois qu’il faisait tourner et gratter, et le sang s’égouttait de mes deux oreilles. Puis, après une pause, on me mit à genoux et on m’introduisit un long tuyau de caoutchouc dans l’anus — sang et évanouissement. Nouvelle séance de perchoir et coups sur les plantes des pieds, cigarettes incandescentes sur les paupières, les lèvres, sur les testicules ; des cloques saignant partout. Ré-évanouissement et nouvelle pause — puis tout recommence. Pour rendre leur sensibilité aux plantes de mes pieds, on me f~ sait descendre dans les caves de la ferme et on m’y traînait avec de l’eau stagnante jusqu’aux genoux, toujours nu, en plein mois de décembre. Les tortionnaires se relayaient à la tâche ; pendant que les uns opéraient, les autres se reposaient, se saoulaient avec du gros rouge, téléphonaient à leurs petites amies, mangeaient et dormaient. A tour de rôle, vers la fin de la nuit, avec le même Tabka on mit par terre une bouteille de verre, un litre et on m’obligea à m’asseoir dessus. Tabka maintenait la bouteille et deux autres pesaient de toutes leurs forces sur mes épaules. Après les premiers déchirements, je m’évanouis et ne repris connaissance que couché, enchaîné dans ma cellule nue, à même le ciment. On dût me laisser me reposer pendant quelques jours, puis on revenait à la charge, avec, toutefois, plus de prudence, car j’étais très mal en point, très affaibli par mes blessures, et par la faim aussi puisque je refusais de rien manger depuis mon arrestation.

                       On venait me harceler à n’importe quelle heure du Jour et de la nuit, brûlures de cigarettes incandescentes, coups de poing et de cravache, bâtonnets introduits dans les tubes des oreilles, lavages forcés d’estomac… ; et bien sûr insultes, crachats au visage, et pendant que quelqu’un me maintenait la bouche ouverte à l’aide d’un crochet de fer, un autre ouvrait sa braguette en s’esclaffant et urinait dans ma bouche. Je me souviens surtout de Abdesslem Darghouth.

                       Après près d’un mois de ce régime de torture de leur part, et, de ma part, le refus de leur adresser la parole ni même de crier et encore moins de manger, le ministre de l’Intérieur envoya son chef de cabinet se rendre compte de mon état de santé, et tout de suite il ordonne d’arrêter les tortures, ne voulant pas de cadavre sur les bras.

                       Ce fut le chef de la DST qui vint me le signifier. Changeant complètement de ton, il me pria d’arrêter ma grève de la faim. Il accepta mes conditions : de ne plus être torturé, et de ne plus voir autour de moi tous ceux qui m’avaient torturé. Le 6 février 1974, on me transféra, encore affaibli, à la prison civile de Tunis, et on me mit dans un isoloir très malsain, le pire des cachots de la prison, toujours seul pendant quatre mois. Privé de visites, de livres, de papier, de stylo ; et on ne me donnait de quoi écrire qu’une fois par semaine, le temps d’écrire une lettre à ma femme.

                       Et parce que j’avais écrit au procureur pour protester contre les tabassages que des gardiens faisaient subir à un camarade devenu fou par suite des tortures, le surveillant-chef de la prison, Jelloul, et son gardien de service, Ahmed Abdeltif, me tabassèrent puis on me rasa le crâne et on me fit descendre à la cave de la prison, ne portant qu’un pantalon et une veste en loques et pleins de poux, à même la peau. On m’attacha à des chaînes de cinquante centimètres de long et on m’y laissa quatre jours, dans l’obscurité totale, couché à même le ciment, faisant mes besoins par terre juste à côté de moi, les chaînes m’empêchant d’aller plus loin. l’avais droit à deux cents grammes de pain noir et à un litre d’eau par vingt-quatre heures. Au bout de ces quatre jours, une fois dans mon cachot, j’ai écrit au juge d’instruction et au procureur pour porter plainte, mais on ne donna aucune suite à mes plaintes.

                       Le 20 avril 1974, alors que j’attendais d’être présenté au juge d’instruction, on me signifia que le président de la République avait promulgué un décret stipulant qu’en raison des nouvelles poursuites judiciaires dont j’étais l’objet, il annulait la grâce présidentielle par laquelle on m’avait libéré en mars 1970, et qu’en conséquence de quoi je devais subir les dix années de prison qui me restaient de la condamnation de septembre 1968. On appliqua ce décret à quatre autres de mes compagnons de détention ; et un autre décret fut promulgué le 31 mai de la même année contre un autre qui était en liberté et qu’aucune poursuite judiciaire ne touchait. Trois d’entre eux ont été par la suite reconnus non coupables et ne passèrent même pas en jugement. Ils sont toujours en prison avec moi.

                       Ce sont : Noureddine BEN KADHER, retenu pour 12 ans,

                       Gilbert NACCACHE, 12 ans également,

                       Rachid BELLALOUNA, 8 ans et demi.

                       Ces décrets prétendaient que la grâce dont nous avions bénéficié en 1970 était conditionnelle. Ce qui est complètement faux, pour les raisons suivantes :

                       — D’abord parce que dans la législation tunisienne, il existe bien des libérations conditionnelles qui sont appliquées à des détenus qui le demandent uniquement ; ces libérations conditionnelles ne font pas partie des attributions du président de la République, mais d’une commission ad hoc présidée par le ministre de la Justice. Elles n’effacent pas le verdict, mais mettent seulement fin à la contrainte par corps (suspendent la peine et mettent fin à la détention). Et, en cas de récidive, le sujet peut être tenu, sur décision du tribunal, de subir la peine qui lui reste.

                       Il existe aussi la grâce amnistiante et l’amnistie générale sont votées par l’Assemblée nationale (le Parlement). Non seulement, elles mettent fin définitivement à la contrainte par corps, mais elles effacent aussi le verdict ainsi que les antécédents. Il existe enfin la grâce présidentielle promulguée uniquement par le président de la République lui-même, qui arrête la contrainte par corps (met fin à la détention), mais n’efface pas les antécédents. Cette grâce ne peut toutefois pas être remise en cause ni par le président de la République, ni par aucun tribunal. Et les décrets par lesquels on nous libéra en 1970 font partie de cette catégorie de grâce présidentielle.

                       Il n’existe, par contre, dans la législation tunisienne aucune grâce présidentielle conditionnelle qui permettrait au président de la République de jeter en prison des citoyens par simples décrets.

                       C’est pour cela que ces nouveaux décrets de 1974 n’ont aucun fondement juridique, ni même aucun antécédent, sauf dans le Moyen Age et les lettres de cachets de triste mémoire qui, par simple décision du prince, décidaient de la vie et de la mort des sujets.

                       — Plus encore, on ne pouvait même pas prétendre que les décrets de grâce de mars 1970 étaient « conditionnels ». D’une part, parce qu’aucun de nous n’a jamais demandé de grâce, conditionnelle ou pas conditionnelle. Et, d’autre part, parce que, à aucun moment, ni lors de notre libération, ni après, on ne nous a signifié ni par écrit ni oralement que notre libération était conditionnée par quoi que ce soit. Et, enfin, à aucun moment nous ne nous sommes engagés à quoi que ce soit, en échange de notre libération, ni par écrit, ni oralement.

                       — Enfin, le prétexte invoqué pour la révocation des décrets de 1970 prétendument conditionnels, de poursuites judiciaires intentées contre nous n’est pas valable non plus ; et cela pour deux raisons :

                       D’abord parce que selon la Constitution même de la Tunisie, dans son article 12, « tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie à la suite d’une procédure lui offrant les garanties indispensables à sa défense ». II est donc clair que de simples poursuites judiciaires ne constituent nullement une preuve de culpabilité ; et par là même, les décrets publiés avant les conclusions du procès sont sans aucun

doute possible un déni de justice flagrant.

                       Plus grave encore, ces décrets de retrait de grâce ont été appliqués à trois personnes qui ont été reconnues par le juge qui instruisait l’affaire comme non coupables et qui n’ont pas comparu, de ce fait, devant le tribunal. Par conséquent, la prétendue condition, si elle existait, ne pouvait pas s’appliquer à eux.

                       Il s’agit des susnommés Noureddine Ben Kadher, Gilbert Naccache, et Rachid Bellallouna. L’aberration est donc, pour ce qui les concerne, encore plus évidente, et d’autant plus flagrante l’injustice.

                       Nous avons protesté contre cette injustice, écrit des lettres au ministre de la Justice, au procureur général de la République, au Tribunal administratif pour demander qu’on nous donne au moins les moyens légaux, nous permettant d’introduire une action en justice contre ces décrets scélérats. Mais on continue, depuis cinq ans, à nous opposer un profond silence, nous laissant moisir en prison sans le moindre recours.

                       Il y a un an une plainte a été déposée auprès de la Commission internationale des Droits de l’Homme auprès des Nations unies, avec l’appui d’Amnesty International. Cette plainte a été acceptée et enregistrée par ladite commission, qui a fait savoir qu’elle allait présenter le cas aux autorités tunisiennes pour demander des explications. Et depuis, aucune nouvelle, ni dans un sens, ni dans l’autre.

                       Pour revenir à mon récit, je ne dus comparaître devant le juge d’instruction que quatre mois après mon arrestation. Et quand j’ai voulu parler au juge d’instruction des tortures que j’avais subies chez les flics, il tenta de m’arrêter en disant que ça ne l’intéressait pas, et en brandissant la feuille transmise par les flics (et où je disais que je refusais de parler devant la police, exigeant un juge et la présence de mon avocat comme le garantit le Code de procédure pénale) ; le juge ajouta : « D’ailleurs, la preuve que tu n’as pas été torturé, c’est que tu n’as rien avoué aux policiers. Si tu avais été torturé, tu aurais parlé. » A cela, je répondis que les preuves de tortures subsistent encore sur mon corps, et que je demandais une expertise médicale, pour établir le fait. Mais il refusa cette requête, l’ai dû alors dire que s’il n’inscrivait pas sur le procès verbal que j’ai été torturé, et s’il n’y mettait pas les noms de mes tortionnaires, je ne signerais rien ; que je connaissais parfaitement mes droits. Il a fini par mettre ce que je voulais.

                       Le procès fut ouvert le 5 août 1974 par la Cour de Sûreté de l’Etat. Quand ce fut mon tour d’être interrogé, le président de la cour a voulu lui aussi m’empêcher de parler de la torture. Là aussi, j’ai dû menacer de ne rien dire s’il ne me laissait pas décrire les tortures qu’on m’avait fait subir. Finalement, il me laissa parler et j’ai pu décrire dans le détail toutes les tortures qu’on m’avait fait subir, les sévices corporels et moraux.

                       J’ai donné les noms de mes tortionnaires et j’ai même montré à la cour certains d’entre eux qui étaient présents dans la salle d’audience, disséminés dans le public. Evidemment, ils se sont vite éclipsés, de peur d’être pris à partie par les familles et le public présents dans la salle.

                       De cela, étaient donc témoins non seulement la Cour de Sûreté de l’Etat (composée d’un président, Hedi Sâaied, de deux juges, Mohsen El Mây et un autre, de deux députés, El Ayadi et Ben Amor, et de l’avocat général, Saâdaoui), mais aussi une centaine d’avocats, des représentants de la presse nationale et internationale, des observateurs étrangers envoyés par certains organismes humanitaires et un large public de quelques centaines de personnes. De plus, ça doit se trouver inscrit dans le procès verbal du tribunal.

                       Là encore, comme en 1968, face à mon attachement à mes droits élémentaires de pensée, de presse et d’association, garantis à la fois par les conventions internationales auxquelles la Tunisie était liée en les contresignant, et par la Constitution propre de la Tunisie que le régime en place lui-même avait promulguée, la Cour de Sûreté de l’Etat m’a condamné à dix ans de prison ferme ; pour les mêmes chefs d’accusation qu’en 1968 (« atteinte à la sûreté de l’Etat », « appartenance à une organisation non autorisée », et « diffusion de fausses nouvelles »…). Pourtant, et pas plus qu’en 1968, la cour n’apporta la moindre preuve ni de violences commises par nous, ni même de projets de violence. Se basant uniquement, et comme toujours, sur des articles de presse et des tracts qui parlaient de grèves et de mécontentement populaires, et qui critiquaient certains aspects de la politique du régime et de ses pratiques antidémocratiques, la cour nous condamna à des lourdes peines sans avoir apporté la moindre preuve de la prétendue fausseté des informations incriminées.

                       Les avocats eux-mêmes ont prouvé que le procès n’est autre qu’un procès d’opinion, sans plus, monté de toutes pièces contre des jeunes qui ont des options différentes de celles des hommes du régime, et qui s’opposaient intellectuellement et moralement au régime et à son parti unique, appelant au respect des libertés fondamentales et des Droits de l’Homme.

                       Je me retrouvais donc, aux termes de ce procès d’opinion, avec vingt ans de prison ferme. Et le jour même du verdict, je fus ramené à la prison du Nador de Bizerte, toujours seul, dans une cellule complètement isolée.

                       Ce ne fut qu’en février 1975, après plus d’une année de total isolement, et à la suite d’une grève de la faim entreprise par tous les détenus politiques de la prison qu’on me mit avec mes autres codétenus, et que mon long isolement prît fin.

                     

                      AHMED BEN OTHMAN

                      Détenu politique à la prison du Nador.

                                           

(Source: Alerte electronique le 28 janvier 2007)

 
Les mots et les choses

Cessons de glorifier le martyre !

Par : Ridha KEFI   »Intifada » (insurrection),  »mouqawama » (résistance),  »jihad » (guerre sainte) et  »chahada » (martyre)… Ces mots, qui polluent nos médias audiovisuels et écrits, ont, chez beaucoup d’entre nous, une connotation positive, chevaleresque, héroïque voire mythique. Dans l’ambiance mortifère qui est la nôtre dans le monde arabo-islamique, entretenue par la violence subie et infligée et les flots de sang déversé quotidiennement, ces mots évoquent généralement des actes sacrificiels visant un objectif national, le plus noble de tous : se libérer d’une occupation étrangère. Ces mots sont souvent utilisés aussi pour parler de conflits (et de jougs) purement internes. Ainsi, pour qualifier le soulèvement de l’opposition contre le gouvernement au Liban, certains tabloïds n’ont pas hésité à parler d »’intifada », poussant ainsi le ridicule jusqu’à faire un parallèle entre les Palestiniens soumis au joug israélien et les chiites libanais opposés au cabinet de Fouad Siniora, mais aussi entre les gouvernements libanais et israélien. Or, à y voir de plus près, ni l »’intifada » (en Palestine), ni la  »mouqawama » (en Palestine, en Tchétchénie, en Irak et ailleurs) ni le  »jihad » (de Grozny à Bagdad, de Gaza à Kaboul…), ni la  »chahada » (un peu partout dans le monde) n’ont fait avancer la cause de ces peuples opprimés. Au contraire, depuis que ces peuples, par désespoir ou par impuissance, ont recouru à ces méthodes de lutte, aussi extrémistes qu’improductives, la Palestine est «plus» occupée chaque jour, l’Irak est livré aux pilleurs et aux tueurs, la Tchétchénie écrasée sous la botte du Kremlin et le monde arabo-islamique relégué au rang d’une «zone grise», en marge du monde moderne, où se côtoient – et s’entretuent – des autocrates, des chefs de guerre, des apprentis terroristes et des trafiquants de tous genres. Une «zone grise» aussi où la richesse la plus insolente côtoie l’extrême pauvreté et où les dangers ne viennent plus seulement des menées extérieures – même si ces menées sont réelles et incessantes -, mais des injustices, divisions et rancoeurs qui couvent à l’intérieur du grand homme malade qu’est aujourd’hui le Grand Moyen Orient. Et si le salut du monde arabo-islamique viendrait de l’abandon de l »’intifada », de la   »mouqawama », du  »jihad » et de la  »chahada », ces formes de lutte réactives qui ont démontré, outre leur inhumanité, leur limite et leur inefficacité, en donnant notamment des Arabes et des Musulmans une image négative de barbarie ? Et s’il résidait plutôt dans une révolution culturelle, qui affranchirait l’esprit (des vieux réflexes conservateurs et rétrogrades), restaurerait les lumières de la raison (face aux ténèbres de la passion), libèrerait les énergies vitales (tapies sous le poids de l’oppression) et accélèrerait ainsi le développement des sociétés, dont les ressources – quelles qu’elles soient – devraient être mieux exploitées, en vue de réaliser le bien-être sur terre et non dans une quelconque sphère céleste. Pensons à tous ces jeunes hommes – et jeunes filles – que l’on pousse au désespoir et embrigade, avant de les envoyer au sacrifice suprême, le corps enserré dans une ceinture d’explosifs… Pensons aussi à toutes les personnes innocentes que ces kamikazes – autant victimes que criminelles – emportent dans leur dérive suicidaire… Pensons enfin à toutes les souffrances qui perdureront dans les corps et dans les cœurs, lorsque toutes les rancœurs se seront tues – se tairont-elles d’ailleurs jamais ?… Nous prendrons alors conscience de l’inanité des sacrifices consentis, de l’inutilité du martyre et du gâchis de toutes ces vies sacrifiées sur l’autel de la haine et du ressentiment. Nous comprendrons peut-être aussi qu’il n’y a pas que la force pour faire entendre raison, même face à ceux, Israéliens, Américains et autres, qui usent de la force pour nous soumettre davantage à leur joug. Et admettrons enfin qu’on ne triomphe pas de la violence par une violence encore plus grande, surtout lorsque l’ennemi dispose de moyens de destruction autrement plus redoutables. Que nos médias cessent donc de glorifier les  »intifada »,  »mouqawama »,  »jihad » et  »chahada » et essayent de réconcilier nos jeunes avec les valeurs humanistes, notamment le respect de la vie en général, qui est le bien le plus précieux que Dieu nous ait donné, et le respect de la vie des autres en particulier ! C’est là, à bien y réfléchir, l’une des conditions fondamentales pour que la  »nahdha » (renaissance), dont nous autres Arabes et Musulmans parlons depuis le milieu du 19ème siècle, pourra enfin réellement commencer : la renaissance de l’esprit par la transmutation des valeurs étant le préalable de toute autre renaissance, à commencer par celle de l’individu, de la société et de la nation. 
 
(Source: « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 27 janvier 2007)


 

Cours particuliers – Le phénomène devenu incontrôlable

* Des annexes de garderies scolaires et de jardins d’enfants ont été transformées en des espaces pour cours particuliers  * C’est dans le milieu universitaire qu’on enregistre actuellement ce phénomène qui risque de s’élargir dans les prochaines années de manière plus accrue Étudiants et élèves ont repris le rythme des études après un long marathon des examens ainsi que la pause des vacances. Ils doivent actuellement ajuster leurs programmes et leurs emplois de temps afin de renouer sérieusement avec les classes. Car, la cadence va crescendo. Soucieux de la réussite de leur progéniture, les parents portent la main au portefeuille pour payer les cours particuliers, ou le marché parallèle des études. Cette pratique qui gagne de plus en plus de terrain demeure l’une des meilleures solutions aussi bien pour les élèves que pour les parents. Ils considèrent, en fait, qu’il s’agit de l’unique issue dans de situations pareilles, tout en oubliant qu’il faut mettre les bouchées doubles pour rattraper le retard enregistré lors du premier trimestre. Le travail sérieux a commencé également pour les enseignants qui sont trop occupés pour le moment. Et pour cause concilier le devoir envers l’établissement scolaire et la chasse aux gains. La bourse des cours particuliers, ce mal nécessaire, est actuellement à son plus haut niveau. Juste après la remise des bulletins, des élèves et des parents sont secoués par les résultats non concluants pour certains et insuffisants pour les autres. L’état des lieux est évalué de manière différente. Il faut se rattraper avant que les choses prennent une autre tournure et deviennent difficiles à maîtriser. Mais, comment ? Il ne reste donc plus que de suivre des cours particuliers dans les matières  de base, ou là où on enregistre des lacunes et des faiblesses. Tout dépend, en fait, du budget des parents et du nombre d’enfants par famille qui poursuivent cette « formation complémentaire » devenue indispensable. Les tarifs sont aussi fixés selon le milieu social et l’environnement où se réalise cette activité économique. Certes, les prix affichés dans les quartiers chics et branchés ne sont pas les mêmes que ceux qui sont pratiqués dans les quartiers populaires. Ils sont plus chers car, le confort, ça se paye à tous les niveaux. Chanceux sont donc les enseignants affectés dans ces zones car ils font même la fine bouche aux parents et imposent les règles du marché.   Activité dans les quartiers populaires Toutefois, les enseignants qui pratiquent cette activité dans des quartiers populaires jouent sur le facteur quantité. Plus on compte le nombre d’élèves plus que le revenu mensuel est alléchant. Cela peut même dépasser la rémunération mensuelle. D’ailleurs, plusieurs enseignants investissent pour offrir un milieu adéquat aux élèves. Beaucoup de « petites entreprises » ont été créées avec l’émergence grandissante des cours particuliers. En effet, des annexes de garderies scolaires et de jardins d’enfants ont été transformées en des espaces de  cours particuliers. Ce phénomène est enregistré, de manière accrue, dans les quartiers populaires qui échappent au contrôle des autorités de tutelle. Très souvent, les espaces réservés aux enfants ne respectent pas les cahiers des charges régissant le secteur. Toujours dans le même contexte, beaucoup de professeurs préfèrent réduire le nombre d’élèves mais ils misent sur les tarifs lourds. Ils se contentent de trois ou quatre élèves au maximum jugés « rentables ». La recette mensuelle est beaucoup plus importante que celle réalisée par d’autres confrères exerçant dans les quartiers populaires. Chacun a sa vision des choses.   Milieu universitaire La fièvre des cours particuliers se propage. C’est dans le milieu universitaire qu’on enregistre actuellement, l’intrusion de ce phénomène qui risque de s’élargir dans les prochaines années. Assurés au début par les enseignants du secondaire, les diplômés du supérieur et ceux ayant obtenu des masters, les cours particuliers sont pour le moment offerts par des professeurs universitaires. Dépenses supplémentaires et accélération du rythme de vie exigent. Au lieu de se vouer à la recherche scientifique, certains enseignants du supérieur optent pour cette pratique. Ils trouvent, en fait, des difficultés à résister aux demandes des étudiants prêts à payer des factures lourdes afin de réussir. Mais, le diplôme obtenu mérite-t-il vraiment tous ces sacrifices économiques, sachant que dénicher un emploi fixe ou avoir une embauche est l’une des principales difficultés auxquelles font face les jeunes diplômés ? En dépit des initiatives prises par les autorités de tutelle pour démotiver les enseignants à pratiquer cette activité de manière illégale, les cours particuliers continuent à avoir un grand succès. Il s’est avéré que les cours particuliers assurés de manière organisée dans les enceintes des établissements scolaires sont insuffisants pour les élèves qui se sont habitués à poursuivre en dehors de l’établissement scolaire cette forme d’étude. Sensibiliser les parents et les élèves paraît être la meilleure solution pour réduire ce phénomène. Ils doivent s’habituer à se prendre en charge en investissant lourd dans leurs études et en multipliant les efforts lors de la révision. Ces jeunes doivent, également, savoir être à jour et s’entreaider afin d’alléger les dépenses des parents toujours soucieux d’offrir à leurs enfants les meilleures conditions de vie. Sana FARHAT   (Source: « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 27 janvier 2007)


 

 

Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Considération pour l’action de la Tunisie en faveur de la diffusion des principes humanitaires

 

M. Mohamed Ridha Kechrid, ministre de la Santé publique, a reçu, hier après-midi, au siège du département, une délégation de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, en visite en Tunisie, à l’occasion de la célébration du cinquantième anniversaire du Croissant-Rouge tunisien.

 

M. Juan Manuel Suarez Del Toro, président de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a fait part de sa considération pour l’action de la Tunisie en faveur de la diffusion des principes humanitaires et de l’établissement d’un partenariat solidaire entre les pays du Nord et ceux de la rive sud de la Méditerranée pour la prise en charge des populations vulnérables et l’optimisation du potentiel de volontariat dans le monde dont dispose le mouvement.

 

M. Del Toro s’est félicité également du soutien apporté par les instances officielles tunisiennes à l’action du Croissant-Rouge Tunisien et aux programmes menés par le bureau régional de la Fédération pour l’Afrique du Nord, qui a fait de Tunis son siège permanent, pour la promotion d’une culture mondiale de solidarité et de mobilisation planétaire du secours.

 

M. Mohamed El Hadid, président de la Commission permanente des Croix-Rouge et Croissant-Rouge de la fédération, a salué, pour sa part, le bond qualitatif réalisé par la Tunisie en matière de développement humain et a rendu hommage à la vision universelle du Président Zine El Abidine Ben Ali pour la sauvegarde du bien-être partout dans le monde.

 

M. Mohamed Ridha Kechrid a noté, pour sa part, la convergence des actions de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge avec la dimension humaniste de la politique de développement global prônée en Tunisie depuis l’avènement de l’ère nouvelle, en insistant sur la nécessité de privilégier la coopération pour développer des synergies entre les professionnels de la santé, le Croissant-Rouge Tunisien et la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

 

La rencontre s’est déroulée en présence, notamment, du Dr Brahim Gharbi, président du Croissant-Rouge Tunisien et du Dr Mamdouh Gabr, secrétaire général du Croissant-Rouge Egyptien.

 

(Source : « La Presse » (Quotidien gouvernemental-Tunis), le 28 janvier 2007)


Meeting populaire à Sidi Bouzid

La Tunisie, un pays de tolérance et de modération qui rejette l’extrémisme

 

• Toutes les composantes de la société tunisienne ont condamné les actes du groupe intégriste terroriste

• Les appels lancés, dans toutes les régions, à la candidature de Ben Ali pour la présidentielle de 2009 se justifient par les acquis accomplis sous l’ère nouvelle

 

M. Ahmed Iyadh Ouederni, membre du Bureau politique du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) et ministre directeur du cabinet présidentiel, a présidé, hier, un meeting dans le gouvernorat de Sidi Bouzid au début duquel il a transmis aux participants les salutations du Président Zine El Abidine Ben Ali.

 

M. Ouederni a mis l’accent sur le suivi constant porté par le Chef de l’Etat à la marche de développement dans le gouvernorat de Sidi Bouzid et ses sentiments de considération aux habitants de la région pour leur esprit militant et leur cohésion autour de l’artisan du Changement.

 

Il a indiqué que le pays entame cette année un nouveau plan de développement après l’achèvement de l’exécution du Xe Plan qui a été marqué par la poursuite de la marche de progrès et de prospérité, sous la conduite du Président Zine El Abidine Ben Ali, en dépit d’une conjoncture difficile et des mutations que le monde a connues au cours de la dernière décennie et de leur impact négatif sur le rythme de croissance, partout dans le monde.

 

Il a ajouté que grâce à la sagesse de la direction du pays et à la cohésion du peuple tunisien autour du Chef de l’Etat, à l’esprit de solidarité qui distingue les Tunisiens et à leur confiance en leurs dirigeants, la Tunisie est parvenue à faire face à cette conjoncture difficile et à réaliser des résultats remarquables en termes de croissance.

 

Il a fait remarquer que le citoyen perçoit aujourd’hui ces résultats dans sa vie de tous les jours et apprécie particulièrement et à sa juste valeur la sollicitude dont bénéficient les catégories sociales à besoins spécifiques. Il a souligné qu’il n’existe plus désormais en Tunisie de régions exclues ne bénéficiant pas des fruits du développement.

 

M. Ahmed Iyadh Ouederni a indiqué que les réalisations et les acquis accomplis et le climat de solidarité et de concorde qui règne en Tunisie justifient les appels lancés dans toutes les régions de la République et par tous les citoyens au premier rang desquels les militants du Rassemblement au Président Zine El Abidine Ben Ali à se porter candidat à l’élection présidentielle de 2009.

 

Evoquant les derniers événements survenus dans le pays, M. Ouederni a précisé qu’il s’agit d’un groupe d’égarés appartenant à une organisation terroriste salafiste dont les membres étaient surveillés et faisaient l’objet d’une filature par les services de sécurité depuis leur entrée sur le territoire tunisien. Il a expliqué que les services de sécurité et les unités de l’armée nationale sont parvenus à neutraliser ce groupe terroriste qui s’apprêtait à commettre des actes criminels et des attentats.

 

Le ministre-directeur du cabinet présidentiel a souligné que toutes les composantes de la société tunisienne ont dénoncé et condamné les actes de ce groupe intégriste terroriste, insistant sur la nécessité de redoubler de vigilance pour protéger la société de ces éléments qui font partie d’un réseau terroriste mondial dont aucune société au monde n’est aujourd’hui à l’abri.

 

Le membre du Bureau politique du RCD a relevé que les spécificités de la société tunisienne, fondée sur les valeurs de solidarité, de concorde et de cohésion autour de la direction politique, font que cette société bannit spontanément tous les comportements marginaux alimentés par les réseaux terroristes mondiaux.

 

Il a fait observer que la Tunisie a été, tout au long de son histoire, un pays de tolérance et de modération qui rejette l’extrémisme, accueillant bon nombre d’étudiants en quête de savoir d’Afrique et d’autres pays.

 

M. Ouederni a mis l’accent sur l’attention particulière et l’intérêt constant accordés à la religion islamique en Tunisie sous la conduite du Président Zine El Abidine Ben Ali, mettant en exergue l’enracinement dans la culture tunisienne de l’esprit réformiste fondé sur les valeurs de tolérance et de modération.

M. Ouederni a, ensuite, présidé une réunion du Comité de coordination élargi du Rassemblement de Sidi Bouzid.

 

(Source : « La Presse » (Quotidien gouvernemental-Tunis), le 28 janvier 2007)

 


Conférence régionale des cadres constitutionnels à Kasserine

Faire preuve d’un surcroît de vigilance face au phénomène de l’extrémisme et des agissements suspects

 

• Appel à Ben Ali à présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2009

 

M. Hédi M’henni, secrétaire général du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), a effectué, hier, une visite de travail dans le gouvernorat de Kasserine où il a rencontré les militants et les militantes du RCD et pris connaissance de différents projets de développement dans la région. Il a, par ailleurs, présidé la conférence régionale des cadres constitutionnels démocrates au complexe culturel de Kasserine.

 

M. Hédi M’henni a mis en exergue le militantisme qui anime les citoyens de ce gouvernorat. Il a expliqué que cette région continue à donner l’image la plus rayonnante de la cohésion politique et de la fidélité au Président Zine El Abidine Ben Ali. A ce propos, il a appelé le Chef de l’Etat, au nom de tous les participants, à être le candidat du RCD à la prochaine élection présidentielle de 2009.

 

Il a ensuite indiqué que le Chef de l’Etat suit de près les efforts soutenus des cadres du Rassemblement de Kasserine visant à sensibiliser et à encadrer les militants et les citoyens en général, et à réaliser tous les objectifs nationaux, notamment ceux du programme présidentiel «Pour la Tunisie de demain». Il a souligné la volonté du Président de la République de renforcer la présence du RCD sur le terrain, pour qu’il soit à l’écoute du citoyen, de ses attentes et de ses opinions et afin que le Rassemblement soit toujours à l’avant-garde.

 

Le secrétaire général du RCD a rappelé les décisions présidentielles successives et, notamment, celles annoncées par le Président Zine El Abidine Ben Ali à l’occasion du 58e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il a cité, dans ce contexte, les décisions recommandant d’accorder davantage d’intérêt aux cités populaires, dans la capitale et dans les grandes villes, et de créer un programme national garantissant un emploi à un enfant, au moins, des familles les plus démunies. Il a souligné, à cet égard, la profonde dimension humanitaire de ces décisions.

 

Il a, d’autre part, fait remarquer que les indicateurs de développement qui progressent en permanence, depuis le Changement, dans toutes les zones du gouvernorat de Kasserine, reflètent l’importance des projets réalisés et leur impact sur la vie du citoyen.

 

L’Islam, religion d’ouverture et de tolérance

 

Il a fait remarquer, dans ce sens, que le XIe Plan de développement consolidera ces projets et consacrera, davantage, le processus de développement, de bien-être et de prospérité.

 

M. M’henni a ensuite mis l’accent sur la nécessité de préserver ces acquis et de faire preuve d’un surcroît de vigilance face au phénomène de l’extrémisme et des agissements suspects. Il a insisté sur la nécessité de rester attaché aux spécificités de l’identité nationale, aux attributs civilisationnels de la Tunisie, pays arabo-musulman, et aux principes de l’Islam, religion d’ouverture, de tolérance, de modération et du juste milieu, qui rejette l’extrémisme, appelle au dialogue et accepte le droit à la différence.

 

Le secrétaire général du RCD a expliqué que les militants du Rassemblement doivent rester vigilants afin de préserver le pays de toute forme de criminalité et d’extrémisme. Il a ajouté que les derniers événements, œuvre d’une minorité terroriste, ont démontré l’unité indéfectible avec laquelle le peuple tunisien a fait face à cette vaine tentative terroriste, réaffirmant ainsi son attachement aux valeurs de liberté, de justice, de démocratie et de solidarité, son patriotisme et sa cohésion autour du Président Zine El Abidine Ben Ali.

 

Il a, dans le même contexte, salué les succès des forces de sécurité nationale et de l’armée qui ont fait échec à cette opération criminelle et ont préservé le climat de stabilité et de sécurité qui prévaut dans le pays, depuis le Changement, climat qui a fait de la Tunisie un modèle et lui a valu le respect et la considération de toutes les organisations internationales.

 

Il a expliqué que ces témoignages de considération ne sont pas des marques de complaisance mais le résultat logique de la bonne gouvernance d’un pays conduit, avec modération et clairvoyance, par le Président Zine El Abidine Ben Ali, sur la voie de l’édification civilisationnelle, dans la liberté, la démocratie et le respect des droits de l’homme.

  

Adhésion aux choix de Ben Ali

 

M. M’henni a recommandé de renforcer l’encadrement des résistants, des militants et des membres de leurs familles, et d’accorder davantage d’intérêt à la jeunesse et à la femme.

 

Dans leurs interventions, les participants ont exprimé leur considération et leurs remerciements au Président Zine El Abidine Ben Ali pour sa sollicitude envers le RCD, ses cadres, ses structures et ses militants, mettant l’accent sur leur totale adhésion à ses choix et leur attachement à sa personne, en tant qu’unique guide, pour le présent et l’avenir de la Tunisie. Ils ont appelé le Chef de l’Etat à présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2009.

 

Les intervenants ont aussi fait part de leur détermination à défendre la patrie, son intégrité et sa sécurité, rendant un vibrant hommage aux forces de sécurité et à l’armée nationale pour avoir fait échec aux agissements criminels.

 

Au début de sa visite, M. Hédi M’henni a eu une rencontre avec la base du RCD dans la région de Garat Ennaâm (délégation de Fériana).

 

Il a rendu hommage, à cette occasion, aux habitants de cette région frontalière pour leur esprit de militantisme les appelant à redoubler de vigilance pour que la Tunisie demeure un havre de sécurité et de stabilité.

 

Il a eu d’autre part, une rencontre avec les cadres et les militants de la fédération du RCD de Fériana qui ont réaffirmé leur fidélité et leur attachement au Chef de l’Etat, à ses choix avant-gardistes et à ses orientations judicieuses et l’ont appelé à présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2009.

 

Dans l’allocution qu’il a prononcée à cette occasion, le secrétaire général du RCD a indiqué que le Chef de l’Etat a placé la Tunisie sur la voie du progrès et de la modernité dans un cadre de sécurité, de liberté, de solidarité, de stabilité et de développement global, ce qui a permis de consolider son rayonnement à l’échelle régionale et internationale.

 

Il a appelé les citoyens de la région à redoubler de vigilance et de prudence pour sauvegarder les acquis du pays et faire face à tous ceux qui tentent de porter atteinte à l’intégrité de la patrie.

 

Il a relevé la lourde responsabilité qui incombe au Rassemblement en tant que parti garant du processus du Changement, de la réforme et de la consolidation des fondements de la République de demain.

 

Il a par ailleurs inauguré, à Kasserine, un atelier de confection de prêt-à-porter destiné à l’exportation, qui assure 105 emplois permanents et 150 occasionnels.

Il a, également, inauguré un réseau d’éclairage public en faveur de 42 familles dans la localité de Dlahmia (délégation de Kasserine-Sud) avant de se rendre dans la localité d’El Erg où il a inauguré des installations d’irrigation sur 280 hectares au profit de 350 agriculteurs, projet dont le coût est estimé à 693.000 dinars. Il a, d’autre part, inspecté les travaux de réalisation d’un stade à Fériana.

 

(Source : « La Presse » (Quotidien gouvernemental-Tunis), le 28 janvier 2007)


 

Accomodements raisonnables

Le policier dans l’eau chaude

Taïeb Moalla Journal de Québec 28/01/2007 Un policier-patrouilleur de Montréal, qui a composé une chanson fort critique envers les accommodements raisonnables, risque de passer devant le conseil de discipline du Service de police de la ville de Montréal (SPVM). «La chanson ne véhicule pas les valeurs du service, soit l’intégrité et le respect», a estimé le sergent Ian Lafrenière du SPVM. Comme la situation est totalement inédite, ce dernier s’est déclaré incapable de dire si l’agent pouvait être renvoyé du Service. «Nous avons un code de discipline interne. Une fois l’enquête terminée, il pourrait passer devant un conseil de discipline», a-t-il indiqué.
Succès immédiat
Dès qu’il s’est rendu compte du succès immédiat de sa composition — largement propagée par courriel –, le policier de 37 ans a prévenu ses supérieurs. «Une enquête interne a été immédiatement ouverte», a ajouté M. Lafrenière. Par ailleurs, le responsable des communications a assuré que «la composition de la chanson ne s’est pas faite sur le temps de travail de l’agent et les équipements de la police n’ont pas été utilisés. Il l’a fait sur une base personnelle». L’agent, qui compte 15 ans de service au sein du SPVM, n’a pas été suspendu pendant la durée de l’enquête.
Ça commence à faire là
La pièce musicale, qui dure une min 26 secondes, a fait apparemment son apparition sur le site Humour Québec (www.humourqc.com), il y a dix jours. Intitulée Ça commence à faire là, elle est chantée sur l’air du Moustique de Joe Dassin. «Les accommodements raisonnables, on n’est plus capables», soutient avec beaucoup d’humour le compositeur. «On veut bien accepter des ethnies, mais non pas à n’importe quel prix», ajoute-t-il.
Prônant la défense de «notre culture (qui) se fait cracher dessus», le chansonnier se pose des questions. «Nous sommes-nous fracturés la raison pour les caprices de chaque religion?», s’interroge-t-il.
Pris au premier degré, certains passages peuvent choquer. «Si tu n’es pas content de ton sort, il existe un endroit qui est l’aéroport», chante-t-il. «Ce qui préoccupe notre service, c’est de connaître l’intention qu’il y a derrière ces paroles», a admis Ian Lafrenière. D’autre part, des sources policières ayant requis l’anonymat ont indiqué au Journal que l’agent a été le premier surpris du succès de son morceau. Ce dernier aurait assuré qu’il n’avait aucune «intention malicieuse» en le composant.
Le Journal a tenté en vain de joindre le policier-chanteur.
http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2007/01/20070128-083701.html


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