28 février 2007

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2473 du 28.02.2007

 archives : www.tunisnews.net


Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme: Communiqué
L’Audace: Quatorze années d’ Audace– La rage d’informer

AFP: Plusieurs médias français censurés en Tunisie selon RSF, Tunis dément
Censure en Tunisie –  LeblogMédias bloqué {28/02-11h30}

Taoufik Ben Brik: Basta !

AFP: La Tunisie soutient l’organisation d’un sommet UE-Afrique en 2007 Le Temps : M. Serge Degallaix, ambassadeur de France en Tunisie:Paris-Tunis: vers un partenariat rénové

HRW: Etats-Unis: Des prisonniers secrets de la CIA toujours portés disparus Reuters: La torture systématique en Tchétchénie – Responsable européen

ATS: Tariq Ramadan interdit de parole à l’Université Libre de Bruxelles


Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme     Tunis le, 26 février 2007    Communiqué (traduit de l’arabe)
Maître Jalel Zoghlami est privé de son droit au travail en tant qu’avocat depuis plus d’une année. Après avoir été inscrit au tableau des avocats par le Conseil National de l’Ordre des avocats, le Procureur Général auprès de la Cour d’Appel de Tunis, adoptant une procédure sans précédent, a fait appel de cette décision empêchant ainsi Maître Zoghlami d’exercer son métier et depuis, la date du procès n’a toujours pas été fixée,  contrairement au reste des affaires concernant les décisions du Conseil de l’Ordre. Cette procédure fait suite à de nombreux procès entamés au cours de ces dernières années à l’encontre de Monsieur Jalel Zoghlami afin de le sanctionner pour ses opinions et ses activités politiques. La ligue a déjà dénoncé cet acharnement judiciaire . La LTDH condamne de nouveau la privation de Monsieur Jalel Zoghlami de son droit au travail, appelle à mettre fin à cette injustice et à octroyer à l’intéressé  tous ses droits. La ligue exprime toute sa solidarité avec Monsieur Zoghlami et sa famille face à tout ce qu’ils subissent.                                                                                                            Pour le Comité Directeur                                                                                                                           Le Président                                                                                                                         Mokhtar TRIFI  

QUATORZE ANNEES D’ AUDACE

La rage d’informer

Par Slim Bagga

 

 

A une radio parisienne qui m’interrogeait récemment sur le secret de la longévité de « L’Audace », un journal sans moyens et sans soutiens, je dus répondre sans hésitation: « La rage ». Il me semblait que ce terme était absolument adéquat car lorsque d’autres « confrères » profitaient des lots de terrain attribués par l’Etat à la Cité Ghazala de Tunis pour mieux servir la tyrannie, avec une poignée de Tunisiens exilés, j’ai fondé « L’Audace » voilà 14 ans pour permettre à la parole libre de s’exprimer et à l’information de transpercer les murs du silence érigés par la dictature.

 

Il serait inutile de rappeler encore une fois ici la lâcheté et la traîtrise de certains compagnons de la première heure qui se reconnaîtront, qui ont fait vivre le journal dans la menace permanente du coup d’Etat et du coup d’éclat. Leurs manoeuvres ayant fait pschitt, ils ne tarderont pas à se jeter dans les bras du pouvoir commanditaire en contre partie de billets Tunis Air en première classe, de crédits bancaires sans garantie et d’emplois fictifs à l’Université de Tunis.

 

En revanche, je m’enorgueillirais d’avoir fait pour le journal le seul choix possible et emprunté la seule voie honorable possible consistant dans le refus de toute compromission et même de tout compromis avec un régime policier, aux moyens faramineux et qui considère que chaque homme a un prix.

 

A l’époque (début des années 90), lorsque nous contactions des journalistes français ou occidentaux pour les sensibiliser sur ce qui se passait en Tunisie, ils levaient les bras au ciel et répondaient: « Mais que pourrions-nous écrire sur la Tunisie? Dans votre pays, il ne se passe rien ». Et pourtant, entre 7000 et 8000 prisonniers politiques et d’opinion peuplaient les geoles sombres et froides de Ben Ali dans des conditions plus qu’inhumaines. Certains y croupissent encore à ce jour depuis plus de 16 ans…Mais la guerre civile en Algérie et l’instabilité du bouillonnant Gueddafi en Libye laissaient apparaître la Tunisie du Général-policier Ben Ali comme un havre de paix.

 

Que de chemin parcouru depuis!!!

 

En effet, à présent, le régime tunisien fait régulièrement l’objet de manchettes sur la presse internationale rapportant des scandales politico-financiers, des détentions arbitraires ou des faits de torture. Le Parlement européen et le Département d’Etat ont, pour leur part, épinglé à de nombreuses reprises ce régime pour atteintes aux droits de l’homme notamment.

 

La naissance de « L’Audace » dans ce contexte était donc loin de plaire à ce régime censeur qui, dès le numéro 2, fit tout pour censurer une interview du docteur Mustapha Ben Jaafar. Eh oui, l’écoute téléphonique lui permettait – et lui permet toujours – d’être régulièrement informé sur les intentions du journal. Sa volonté de le voir disparaître se manifestera au numéro 4 lorsque nous publiions une interview de l’ex-dirigeant islamiste Salah Karker.

 

Mohamed Ali Ganzoui, à l’époque patron des Services, protestera énergiquement et en vain au téléphone. 15 jours plus tard, il déposera une demande de mon extradition via Interpol (c’est dire à quelle vitesse un dossier a été monté de toutes pièces pour m’incriminer), et ma photo est publiée à ce jour sur le site consacré aux personnes recherchées par la police internationale. La machine à casser « L’Audace » est donc en marche. Elle ne s’arrêtera plus.

 

La dénonciation des clans mafieux au coeur de l’information

 

Dès fin 1994, une multitude de feuilles de chou ont vu leur apparition en France avec pour unique but de jeter le discrédit sur « L’Audace » et son fondateur.

 

« La Vérité », « Les Masques », « Les feuilles d’automne » ainsi que de nombreux tracts courageusement anonymes, financés par les officines du régime, étaient régulièrement publiés et postés à des centaines d’adresses. On pouvait y lire toutes sortes de calomnies et d’insultes. On y apprenait par exemple que nous étions homosexuels, violeurs, alcooliques ou encore intégristes, islamistes, ghannouchistes, mzalistes, bennouristes etc selon l’air du temps et le contenu de l’aberration.

 

Quelques années plus tard, je devins même en 2002 membre d’El Qaïda avant de me retrouver comme par enchantement sur une plage d’Eilat en Israël, récompensé par le Mossad pour services rendus (voir le torchon quotidien « Echourouk » du 7 février 2006).

 

A en croire les désinformateurs et les manipulateurs de ce régime à bout de souffle, même les véritables caméléons ne feraient pas mieux…

 

Il y a deux explications essentielles à cet acharnement. La première tient au fait que « L’Audace » n’a exclu aucune composante de la société civile tunisienne ni aucune personnalité fût-elle islamiste à l’instar de certains éradicateurs de la trempe de Salah Zeghidi, par exemple (mais il n’est pas le seul, admettons-le). Ainsi, tous ceux qui ont été bannis par le pouvoir et censurés par des patrons de presse devenus à l’avènement de l’ère meurtrière des commerçants soucieux avant tout de leurs intérêts et de leurs comptes bancaires, ont pu librement s’exprimer sur les colonnes de « L’Audace ».

 

La seconde explication a trait aux informations précises régulièrement publiées par le journal concernant la corruption au plus haut sommet de l’Etat. L’entourage présidentiel (la famille Trabelsi, les propres frères, soeurs, neveux, filles et gendres de Ben Ali) a fait main basse sur des pans entiers de l’économie tunisienne, les Domaines de l’Etat ont été bradés à leur profit, les entreprises publiques saignées par eux, le tout sur fond de malaise et d’exaspération populaires.

 

Depuis des années, une enquête est ouverte pour identifier nos sources, en vain. Le ministre du Commerce Mondher Zenaidi, lui-même, ne s’est-il pas confié avec exaspération à un ami en lui disant: « Mais ce type semble parmi nous; il sait tout ». C’était suite à la publication de l’affaire des salles de bains dans les hôtels dont son propre frère a obtenu le monopole d’un marché auprès des hotels.

 

C’est aussi dans ce contexte que je fais avec assiduité l’objet de filatures par les agents de la police politique à l’ambassade de Tunisie. Pour l’anecdote, un simple déménégagement les irrite au plus haut point puisqu’ils mettent en branle la machine des informateurs et des indicateurs pour localiser au plus vite la nouvelle adresse.

 

Cette frilosité et cette schyzophrénie se manifestent y compris par la mise sur écoute de mon père à Tunis, un retraité octogénaire suspecté de diffuser « L’Audace » et/ou de servir de relais à la collecte des informations. Fadaises que cela…!

 

Toutes les tentatives de faire taire « L’Audace » ont ainsi échoué: interventions à l’échelle diplomatique, procès intentés par des affidés du régime (tous perdus par des plaignants bien complaisants voire complices d’une part et, d’autre part, ces procès se sont retournés contre le régime lui-même puisqu’on y a vu l’ombre de Ben Ali sur le banc des accusés au cours des plaidoiries), menaces à travers des lettres anonymes postées dans des capitales arabes et en région parisienne, coups de fil à des heures indues, pressions sur certains revendeurs auxquels on a eu l’outrecuidance de proposer des vacances au soleil en Tunisie en contre partie de leur refus de vente etc.

 

Et aujourd’hui?

 

« L’Audace » est devenu incontournable et a pris sa place dans le paysage médiatique. Le développement d’internet ne le gêne guère, et nous considérons qu’il est un instrument de travail indispensable et non un frein à la prospérité de la presse écrite.

 

Les amis du journal comme ses détracteurs – et en premier lieu le pouvoir – le lisent et le scrutent avec attention. Les hommes d’affaires et les entrepreneurs l’acquièrent à chacun de leurs déplacements à Paris. Les moins audacieux le laissent dans leurs chambres d’hôtel à leur départ. Les décideurs européens, quant à eux, le consultent avec intérêt.

 

Quatorze ans après le début de cette aventure exaltante, la foi reste inébranlée et la rage de voir s’éclore une presse tunisienne vraiment libre est plus forte que jamais.

 

Même si de nombreuses fois, le doute a pu traverser l’esprit à cause des médisances des uns, de la démission et de la vénalité d’autres, le journal est demeuré debout dans l’intransigeance sur les valeurs de liberté et de démocratie et a honoré son contrat avec ses lecteurs et abonnés qui sont son unique soutien.

A propos de soutiens et de moyens financiers du journal, je ne finirais pas cet article sans dénoncer pour l’occasion certains revendeurs indélicats qui ont escroqué « L’Audace » pour des sommes importantes. Tel cet assistant d’arabe à l’Université du Mirail à Toulouse qui a acquis pendant des années plus de 20 exemplaires de « L’Audace » et d’ « El Jour’a », pour près de 5000 euros et qui a pris la poudre d’escampette. Ou tel autre libraire à Montréal qui en a fait autant pour 1500 euros environ;  tel encore cet autre kiosquier à Hambourg en Allemagne et j’en passe. Toutes les tentatives de trouver un règlement à l’amiable avec ces personnes ayant été vouées à l’échec, leur mauvaise foi me dicte de publier dans un proche avenir leurs noms, qualités et leurs dettes. Pour que tout le monde sache…

 

Par conséquent, et malgré ces obstacles dressés sur le parcours de « L’Audace », ce journal n’abandonnera pas ni ne déviera jamais de la mission qu’il s’est assignée dès le départ: accompagner le mouvement démocratique jusqu’à la chute de la dictature et dénoncer sans modération les clans mafieux qui ont laissé la Tunisie exsangue.

 

A l’année prochaine…

 

(Source : L’Audace (Mensuel tunisien d’opposition – Paris), numéro 145, mars 2007, Rubrique Politique, pages 8 et 9)


Plusieurs médias français censurés en Tunisie selon RSF, Tunis dément

AFP, le 28 février 2007 Le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik avec son livre « Une si douce dictature, Chronique tunisienne 1991-2000 » à Genève le 14 juin 2000.(AFP/Archives)Les autorités tunisiennes ont démenti mercredi avoir interdit la diffusion de certains numéros de médias français, dénonçant des « allégations fallacieuses » de Reporters sans frontières (RSF). RSF avait indiqué mardi qu’une édition du quotidien français Le Monde et deux numéros de l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur contenant des articles du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, très critiques envers le président Zine El Abidine Ben Ali, ont été interdits de diffusion en Tunisie. Aucune édition de ces deux journaux « n’a été interdite de diffusion », a déclaré une source officielle, assurant que « ces faits peuvent être vérifiés aisément auprès des kiosques qui les distribuent en Tunisie, pays où près de 900 titres et publications étrangères sont en vente libre ». La même source a accusé RSF de diffuser « des allégations fallacieuses », affirmant que cette association « est totalement disqualifiée pour fournir une quelconque information objective sur la Tunisie, en raison de ses partis-pris flagrants et répétés » contre ce pays. Selon RSF, les éditions des 8 et 21 février 2007 du Nouvel Observateur, qui publiaient des articles de Taoufik Ben Brik, ne sont jamais arrivées dans les kiosques tunisiens. L’organisation a rappelé que plusieurs titres de la presse française sont toujours interdits en Tunisie, dont les hebdomadaires Charlie Hebdo et Le Canard enchaîné. Elle a accusé les autorités d' »autoriser la distribution d’un nombre très faible d’exemplaires d’un journal pour se prémunir de toute accusation de censure ». (Source : www.edicom.ch , le 28 février 2007) Lien : http://www.edicom.ch/fr/news/media/315_3320253.html


Censure en Tunisie : LeblogMédias bloqué {28/02-11h30}

LeblogMédias est censuré en Tunisie depuis que Taoufik Ben Brik, très critique à l’égard des autorités tunisiennes, y tient une chronique régulière, selon Reporters sans frontières (RSF). Une édition du Monde et deux numéros du Nouvel Observateur ont été récemment interdits de diffusion et le site de Libération bloqué pour avoir publié des articles du journaliste. Selon Reporters sans frontières, douze éditions du Monde ont été censurées en 2006, la plupart du temps parce qu’elles contenaient des articles sur la Tunisie. Depuis début 2007, sa distribution est très irrégulière. (Source : « LeblogMédias », le 28 février 2007 à 11h30) Lien : http://breves.rsfblog.org/archive/2007/02/28/censure-en-tunisie-leblogmédias-bloqué-28-02-11h30.html

 

Le dazibao de Taoufik Ben Brik Basta !
Adresse à Zapata Plus qu’un frère, Jalel est mon frère d’armes. Chaque fois que j’ai eu besoin de lui, il a toujours été là. Sans que je lui demande rien, il se pointe, comme ces chevaliers arabes qui accourent à l’appel du clan. Je suis de quatre ans son aîné. On le dit beau. On dit même qu’il ressemble à Marlon Brando dans un tramway nommé désir. Mais son véritable atout, c’est sa bonté. Il aime partager avec les autres ses passions et son repas. Condamné à vingt mois de prison, au début des années quatre-vingt-dix du siècle dernier, pour avoir suivi les traces de Trotski, ce chef fluet de l’armée rouge et néanmoins lecteur possédé de Dostoïevski, Jalel a choisi d’être plutôt hors-la-loi que prisonnier, avec la bénédiction de sa mère, Chouikha, cette apache de la table de Jugurtha. Pendant huit ans, il a vécu dans la clandestinité, il a brûlé les frontières algériennes et lybiennes, ce qui ne l’a pas empêché de se marier et d’avoir deux enfants, Youssef et Meriam. Tout ce qu’il sait faire, c’est se battre. – Comment était-il son grand-père ? – Comme Jamel, me répondit ma mère, en plus noir. – Qu’est-ce qu’il faisait ? – Fellag. – Et quand ce n’était pas la guérilla ? – Il fumait et déprimait en regardant la montagne noire.
Lorsqu’il y a une bataille, il me serre contre lui et me chuchote : « Offrons-nous un jour de gloire. » Et c’est l’explosion des sens. Il n’est plus Jalel, mais le prince Koutouzof face à son destin. Le poète arabe Abou Tayeb El Moutanabi, qui crie dans le désert son infinie solitude. Un loup ensanglanté qui arrache sa patte de ses crocs pour se libérer du piège. Un guerrier qui va à la mort.
En février 2001, Jalel a été pris en chasse comme un gibier, en plein centre ville, et en plein jour, par un escadron de l’ombre, armé de barres de fer et de poignards. Ca te fout une peur animale qui ne te quittera plus, même si tu t’en sors. Pourquoi Jalel a-t-il eu droit à ce régime de punition sans visage ? C’est bien simple : il s’est cru apte à proférer une attaque en règle à l’encontre de Ben Ali, au pouvoir depuis 1987. « Ben Ali, treize ans, basta », titrait-il en « une » de son samizdat Kaws El Karama (l’Arc de la Dignité).
Sommer Ben Ali de partir est la ligne rouge à ne pas franchir. Faut pas rêver ! On se rappelle le sort qui a été réservé à l’ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique version arabe. Riadh Ben Fadhel, lorsque dans une tribune du Monde de mai 2000, il a conseillé à Ben Ali de préparer l’alternance : deux balles dans le thorax !! « l’assassinat manqué, vendredi 2 février, à Tunis, contre Jalel Zoghlami sonne comme une dernière sommation à agir efficacement », dénoncent vingt-cinq députés européens.
Une dernière sommation pour qui ? Certains militants, toute leur vie, ont droit, à la prison, aux coups, à la prison. A la veille des élections présidentielles, un mercredi 22 septembre 2004, Jalel, mon frère Néjib et notre ami Lumumba El Mohsni ont été arrêtés par la police présidentielle, les services spéciaux, les célèbres « S.S » : suite à un scénario monté de toutes pièces. Les SS ont accablé Jalel, Néjib et Lumumba d’un certain nombre de charges comme « dégradation de bien d’autrui ; port d’armes blanches ; vol ; etc. ». Sentence : huit mois de prison ferme pour mes deux frères. Lumumba est en fuite.
Combien faut-il pousser la brouette pour que le jour se lève ? Jalel a-t-il eu le temps ? Cinq minutes, une heure, ou plusieurs années ? Avec lui, il fallait recommencer par l’essentiel. De s’y maintenir. Sur la ligne de crête. Une façon de dire, il n’aura pas son « repos de guerrier », ni de repas. Jalel qui a été inscrit au tableau des avocats depuis un an, ne plaide « aucune cause ». Le procureur de la république a fait opposition à la décision du barreau, sans toutefois fixer une date pour l’examen de l’affaire devant la cour d’appel de Tunis. Des poètes, des philosophes, des artistes peintres, des penseurs, des avocats, des journalistes, des écrivains, des syndicalistes ont constitué le 18 février 2007 un « Comité pour le droit de Jalel Ben Brik à exercer sa profession d’avocat. »
Voilà Jalel : une figue de barbarie, un emmerdeur, un réfractaire. Le rebelle à qui ça tombe toujours sur la tête. Avocat ? Peut-être. Mais il pourrait être un formidable braqueur, le chef d’une bande. Un bandit qui vole aux riches pour donner aux pauvres. Celui qui organise l’évasion. Tout prévu, tout planifié, on creuse le tunnel, mais pour tout le monde, pour que tout le monde se libère. Liberté. La belle pour tous, sinon rien ! (Source: le blog medias, le 28.02.2007 à 15h10) Lien : http://www.leblogmedias.com/archive/2007/02/28/basta.html


La Tunisie soutient l’organisation d’un sommet UE-Afrique en 2007

AFP, le 27 février 2007 à 17h43 LISBONNE, 27 fév 2007 (AFP) – La Tunisie soutient les efforts du Portugal en vue de l’organisation d’un sommet Europe-Afrique au deuxième semestre 2007 et souhaite que « tous les pays africains sans exception y participent », a affirmé mardi le ministre tunisien des Affaires étrangères, Abdelwahab Abdallah. Dans des déclarations à l’AFP au terme d’une visite officielle à Lisbonne, M. Abdallah a rendu hommage aux autorités portugaises pour leur intérêt à l’égard des relations avec la Tunisie « mais également à celui porté aux relations entre l’Afrique et l’Europe ». Se référant au sommet Europe-Afrique que le Portugal souhaite organiser pendant sa présidence de l’Union européenne (UE) au deuxième semestre 2007, le ministre a affirmé que la Tunisie « souhaite vivement que tous les pays africains, sans exception, y participent afin de donner à ce rendez-vous important l’éclat qu’il mérite ». La Tunisie est chargée des secteurs des technologies de l’information et de la communication ainsi que de la sécurité alimentaire dans la préparation du futur sommet. Lundi le ministre portugais des Affaires étrangères, M. Luis Amado, avait indiqué que le Portugal continue à travailler pour lever les obstacles à la réalisation de ce deuxième sommet Europe-Afrique. Après un premier sommet entre l’Union européenne et l’Afrique, tenu sous la présidence portugaise au Caire en avril 2000, une deuxième rencontre prévue en avril 2003 à Lisbonne avait été reportée sine die du fait de divergences avec certains pays africains et européens, notamment le Royaume Uni, sur la participation du président du Zimbabwe, Robert Mugabe. AFP  

 

M. Serge Degallaix, ambassadeur de France en Tunisie:

Paris-Tunis: vers un partenariat rénové

Par : Ridha KEFI  «Les relations franco-tunisiennes sont fortes, denses, variées, de confiance et, surtout, bénéfiques pour les deux pays», a déclaré le chef de la représentation diplomatique française en Tunisie, en introduction de la conférence de presse donnée, hier matin, au siège de son ambassade, à Tunis. M. Serge Degallaix, qui était entouré de ses principaux collaborateurs (*), a qualifié aussi le partenariat entre Paris et Tunis de «stratégique, résultat de l’histoire et de la géographie, mais aussi de la volonté des hommes». L’évolution des échanges politiques, commerciaux, culturels et humains entre les deux pays est d’ailleurs suffisamment éloquente à cet égard. Depuis sa première visite en Tunisie en tant que chef d’Etat, les 5 et 6 octobre 1995, le président Jacques Chirac s’était rendu dans notre pays à quatre autres reprises, la dernière entre les 3 et 5 décembre 2003. Les échanges de visites entre les plus hauts responsables des gouvernements français et tunisien ont été aussi intenses. A preuve: depuis la visite à Tunis du ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, les 1er et 2 octobre 2005, pas moins de onze ministres français ont effectué des visites de travail dans notre pays, la dernière en date a été celle de Christian Jacob, ministre de la Fonction publique, les 15 et 16 février courant. Toutes ces visites, comme celles effectuées par les hauts responsables tunisiens en France, ont abouti à la signature de nouveaux accords de coopération dans pratiquement tous les domaines, la Tunisie étant éligible, en vertu de l’Accord-cadre de partenariat 2004-2007, à l’ensemble des instruments de coopération français existants. La visite officielle à Paris, la première du genre, du Premier ministre Mohamed Ghannouchi, les 3 et 4 mai dernier, a été l’occasion d’évaluer cette coopération et de la relancer avec la signature d’un «document cadre de partenariat» tenant  compte des évolutions enregistrées dans notre pays dans tous les domaines. La nouvelle approche de la coopération bilatérale est fondée sur «la concentration des moyens sur les secteurs prioritaires», notamment l’enseignement supérieur et la recherche et la modernisation de l’appareil administratif, «l’évaluation systématique des projets en cours ou achevés», ainsi que sur «l’inscription de cette coopération dans le dialogue euro-méditerranéen».  «Entre amis, nous n’éludons aucune question» «Entre la France et la Tunisie, il existe une grande proximité de vues sur les grandes questions régionales et internationales que nous devons préserver», a expliqué M. Degallaix. Qui a ajouté : «La France et la Tunisie ont une proximité de vues sur le processus Euromed, un cercle important qu’il faut préserver. Ils sont aussi des moteurs du cercle des 5+5 qui regroupe les pays de la Méditerranée occidentale. Ils sont également convaincus de la nécessité de faire avancer la construction maghrébine. Sur les problèmes du Moyen-Orient ou de l’environnement, nos positions sont très proches et se fondent sur le dialogue et le respect de la souveraineté des Etats. Nos motivations relèvent du même esprit de solidarité et de responsabilité». En réponse à une question sur la place des droits de l’homme dans le dialogue entre Paris et Tunis, le diplomate français a souligné que «le dialogue franco-tunisiens est amical» et qu’«entre amis, nous n’éludons aucune question. Quand les Tunisiens nous interpellent sur le cas d’un citoyen tunisien maltraité en France, nous ne le prenons pas mal. Et vice versa.» Dans le domaine de la lutte antiterrorisme, les deux pays ont une coopération tout aussi étroite. Invité à donner son sentiment à propos des fusillades au sud de Tunis entre les forces de l’ordre et un groupe terroriste, les 23 et 24 décembre et le 5 janvier, M. Degallaix a déclaré: «Sans entrer dans les détails des choses sensibles, il existe bien une coopération sécuritaire entre la France et la Tunisie. Car nous devons prendre au sérieux toutes les menaces, notamment celle que représente pour nos deux pays le GSPC (Groupe salafiste pour la prédiction et le combat) qui s’appelle désormais « Al-Qaïda au Maghreb». A propos de la coopération régionale, devenue un vecteur de développement de synergies dans l’espace euroméditerranéen, M. Degallaix a estimé que la connaissance qu’ont les opérateurs tunisiens du «monde complexe des affaires en Libye» pourrait profiter à leurs homologues français qui cherchent à faire du business dans ce pays, qui s’ouvre progressivement aux flux des échanges internationaux. «Nous pouvons conjuguer la demande libyenne aux savoir-faire français et tunisien dans certains domaines, notamment celui du tourisme», a expliqué le diplomate. Des opportunités de coopération trilatérale dans ce domaine ont d’ailleurs été discutées entre M. Dominique Perben, ministre français du Transport, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer, et notre ministre du Tourisme et de l’Artisanat, M. Tijani Haddad, au cours de la visite du responsable français en Tunisie, les 14 et 15 février courant. Les retraités français ne mangeront pas le pain des actifs tunisiens. En réponse à une question relative à l’éventuel recours à des professeurs universitaires français à la retraite, sérieusement envisagé par le ministère tunisien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour combler le manque d’enseignants dans certaines disciplines, l’ambassadeur a tenu à situer cette nouvelle filière de coopération dans son cadre sociologique. «Il existe un décalage démographique entre nos deux pays. La Tunisie passe par une période de forte croissance des effectifs estudiantins. Alors qu’en France, le marché de l’emploi compte des universitaires à la retraite, qui sont en très bonne santé et peuvent faire profiter l’université tunisienne de leur savoir faire». Et de relativiser aussitôt la coopération envisagée dans ce domaine, «qui ne portera pas sur de gros effectifs, mais sur des apports utiles dans certaines disciplines où un besoin se fera sentir». Traduire: les retraités français ne mangeront pas le pain des actifs tunisiens. Pour le reste, on l’a compris, tout va bien, comme toujours, entre la Tunisie et la France (voir encadré). La coopération bilatérale ira de mieux en mieux, quel que soit le nouveau président de la république qui sortira des urnes en France, en mai prochain. Il suffira de rénover le partenariat entre les deux pays en valorisant les nouveaux atouts de la Tunisie, notamment l’ouverture totale de son marché, à partir de janvier 2008, aux produits européens, et les progrès que notre pays a enregistrés dans le domaine des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication), qui ne sont pas encore suffisamment perçus en France.    De même, de plus en plus de Tunisiens – qui se verront «généreusement» accorder des visas Schengen – iront faire du tourisme, travailler ou faire des études dans l’Hexagone. Dans le sens inverse, de plus en plus de Français viendront faire des affaires en Tunisie, y séjourner pendant leurs vacances ou y passer une retraite dorée, sous le soleil exactement. La communauté linguistique, les affinités culturelles et les similitudes des tempéraments feront le reste… (*) Notamment MM Christian Berlinet, Consul général, Thierry Vielle, Conseiller de coopération et d’action culturelle et Bruno Caron, Chef de la Mission économique. Encadré La coopération franco-tunisienne en chiffres – 6,1 milliards d’euros est le montant des échanges commerciaux bilatéraux en 2006, avec un léger déficit pour la France (78 millions d’euros). Soit une croissance de 14% par rapport à 2005. La Tunisie occupe ainsi la 23ème place dans le commerce extérieur de la France, devant le Maroc, un pays trois fois plus peuplé. La France est le premier partenaire commercial de la Tunisie : premier fournisseur avec 23% de parts de marché et premier client avec 32% des exportations tunisiennes (essentiellement des composants électriques et électroniques et des produits textiles). Le maintien des flux d’échanges bilatéraux est étroitement lié à la forte présence en Tunisie d’entreprises françaises ou liées à la France ; – 80 millions d’euros est le montant des investissements directs français en Tunisie en 2006, en hausse de 33%, hors énergie ; –  169 nouveaux projets français ont vu le jour en Tunisie en 2006 (contre 130 en 2005), qui ont généré plus de 4 600 nouveaux emplois ; – 1 150 est le nombre d’entreprises à participation française en Tunisie, qui emploient près de 98 000 personnes. La France est traditionnellement le premier investisseur dans notre pays ; – 149 millions d’euros est le montant record de l’aide publique française à la Tunisie en 2005, qui représente 68% de l’aide bilatérale nette reçue par notre pays, qui reste le  premier pays bénéficiaire de l’aide française au développement par tête d’habitant ; – 8 millions d’euros est le montant alloué à la construction d’une enceinte de confinement des déchets dans le cadre du financement du projet d’assainissement du site de Taparura, à Sfax (octobre 2006); – 23 millions d’euros alloués au financement par la France de l’achat de neuf rames de tramway pour le métro léger de Tunis (février 2007) ; – 147 millions d’euros est le montant de l’aide bilatérale nette allouée par la France à notre pays, en 2005, dans le cadre de l’aide publique au développement (PDP) ; – 1,2 million est le nombre de touristes français entrés dans notre pays (18% du total des entrées touristiques), qui permet à la France de rester le premier marché touristique tunisien ; – 1182 millions d’euros est le montant des engagements de l’Agence française de développement (AFD, 948 ME) et de PROPARCO (234 ME) depuis leur implantation dans notre pays en 1992. En 2006, les engagements de ces deux institutions se sont établis à, respectivement, 142 ME et 32 ME ; – 2 600 enfants tunisiens effectuent leur scolarité au sein d’établissements français en Tunisie ; – 12,7 millions d’euros est le budget alloué au service de coopération et d’action culturelle ; – 290 étudiants tunisiens sont boursiers du gouvernement tunisien (3ème cycle et grandes écoles) ; – 9 000 étudiants tunisiens poursuivent leurs études supérieures en France, dont la moitié sont issus de familles résidant en France ; – 20 000 Français vivent en Tunisie dont 16 000 inscrits au consulat de France (+60% depuis 2001), 70 % d’entre eux sont des binationaux et près de 13 000 inscrits sur les listes électorales qui pourront participer à l’élection présidentielle du 22 avril et 6 mai prochains; – 73 800 visas ont été délivrés en 2006 aux Tunisiens (contre 69 500 en 2005), avec un taux d’acceptation supérieur à 87% (contre 84% en 2005 et 81% en 2004) ; – 1 361 familles tunisiennes – soit 2311 personnes – ont été introduites en France dans le cadre du regroupement familial (avec une baisse de 1% par rapport à 2005) ; – 8 500 est le nombre de ressortissant(e)s  bénéficiant des activités du service des anciens combattants attaché à l’ambassade de France en Tunisie ; – Les anciens soldats (tunisiens) de l’armée française ont vu leurs pensions tripler depuis 2005; – 10 000 ressortissants tunisiens bénéficient de ces pensions. (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 28 février 2007)


HUMAN RIGHTS WATCH Communiqué

Etats-Unis: Des prisonniers secrets de la CIA toujours portés disparus

(New York, le 27 février 2007) – Le gouvernement américain devrait révéler le sort de tous les prisonniers portés disparus alors qu’ils étaient aux mains de l’Agence centrale de renseignements (CIA), a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Le rapportde 50 pages, intitulé Ghost Prisoner: Two Years in Secret CIA Detention (Prisonnier fantôme : Deux ans de détention secrète aux mains de la CIA), contient la description détaillée d’une prison secrète de la CIA, émanant d’un ex-détenu palestinien libéré l’année dernière. Human Rights Watch a par ailleurs adressé une lettre publique au Président américain George W. Bush, réclamant des informations sur le sort et la localisation des détenus portés disparus. « Le Président Bush nous a dit que les 14 derniers prisonniers de la CIA avaient été envoyés à Guantanamo, mais il reste de nombreux autres prisonniers qui ont ‘disparu’ aux mains de la CIA et dont le sort demeure inconnu », a déclaré Joanne Mariner, directrice de la division terrorisme et contre-terrorisme de Human Rights Watch. « La question qui se pose est la suivante : qu’est-il advenu de ces personnes et où se trouvent-elles aujourd’hui ? » Début septembre, 14 détenus ont été transférés des prisons secrètes de la CIA et remis aux mains de l’armée à Guantanamo Bay. A l’occasion d’un discours télévisé prononcé le 6 septembre, le Président Bush a annoncé que suite à ces 14 transferts, plus aucun prisonnier n’était détenu par la CIA. Un ex-détenu de la CIA, Marwan Jabour, a dévoilé à Human Rights Watch la présence d’un certain nombre d’autres personnes aussi détenues par la CIA mais dont on ignore encore la localisation actuelle. Pas plus tard qu’en juillet 2006, Jabour aperçu l’un de ces hommes, un Algérien soupçonné de terrorisme du nom de Yassir al-Jazeeri, aux mains de la CIA. « L’administration Bush se doit de fournir des informations circonstanciées sur toutes les personnes ‘disparues’ dans les prisons de la CIA, notamment leur nom, le lieu où elles se trouvent, et le moment où a pris fin leur détention aux mains des Etats-Unis », a déclaré Mariner. La lettre que Human Rights Watch a adressée à Bush contient deux listes de détenus disparus. La première nomme 16 personnes qui selon Human Rights Watch ont été détenues dans des prisons de la CIA et dont on ignore aujourd’hui le sort. La seconde nomme 22 personnes qui en toute probabilité de cause ont été détenues et se trouvent dans une situation similaire. Human Rights Watch a exprimé son inquiétude sur ce qui aurait pu arriver aux prisonniers disparus. L’une des possibilités est que les Etats-Unis en aient transféré certains vers des prisons à l’étranger où ils demeurent néanmoins sous le contrôle effectif de la CIA. Autre possibilité préoccupante: que ces prisonniers ne se trouveraient plus aux mains de la CIA et qu’ils auraient plutôt été transférés vers des lieux où ils risquent d’être torturés. Il est fort à craindre que certains prisonniers disparus aient été renvoyés dans leur pays d’origine, dont l’Algérie, l’Egypte, la Libye et la Syrie, où la torture des terroristes présumés est monnaie courante. Le nouveau rapport fournit la description la plus complète à ce jour de la vie dans une prison secrète de la CIA, ainsi que de nouvelles informations sur 38 détenus potentiels. Le rapport explique que le traitement infligé à ces prisonniers par la CIA constitue une disparition forcée, pratique absolument interdite aux termes du droit international. Marwan Jabour a été arrêté par les autorités pakistanaises en mai 2004 au Pakistan et incarcéré pendant plus d’un mois à Islamabad, dans un lieu de détention clandestin administré par un personnel joint américain et pakistanais. Durant cette période, il a subi de graves sévices. En juin, un avion l’a transféré vers une autre prison secrète qui, selon lui, se trouvait en Afghanistan et dont tous ou presque tous les membres du personnel étaient américains. A son arrivée, ses vêtements ont été confisqués et il été forcé de demeurer complètement nu pendant un mois et demi, même lorsqu’il était interrogé par des femmes et lorsqu’il était filmé. Il était solidement enchaîné au mur de sa petite cellule, de façon telle qu’il ne pouvait se lever, mis dans des positions douloureuses de stress rendant sa respiration difficile, et informé que s’il ne coopérait pas, il serait placé dans une « niche pour chien » étouffante. Durant la période de plus de deux années passée dans cette prison secrète, Jabour était presque toujours seul, dans une cellule sans fenêtre, avec peu de contacts humains en dehors de ses geôliers. Alors qu’il ne cessait de s’inquiéter à propos de sa femme et de ses trois jeunes fillettes, il n’était pas été autorisé à leur envoyer une lettre pour les rassurer sur le fait qu’il était en vie. « C’était une tombe », a par la suite déclaré Jabour à Human Rights Watch. « J’avais l’impression que ma vie était terminée. » L’épouse d’un autre ex-détenu de la CIA, dont on ignore toujours le sort, a révélé à Human Rights Watch qu’elle a dû mentir à ses quatre enfants au sujet de la « disparition » de son mari. Elle a expliqué qu’elle ne pouvait supporter l’idée de leur dire qu’elle ignorait où il se trouvait. « Ce que j’espère », a-t-elle confié, « c’est que s’ils découvrent que leur père a été arrêté, que je sois au moins en mesure de leur dire dans quel pays il est détenu et dans quelles conditions. » Toute disparition forcée entraîne une détention arbitraire, clandestine et sans possibilité de communication. Elle met sérieusement en péril le droit à la vie et à la protection contre la torture et autres mauvais traitements. Comme le démontrent les cas susmentionnés, la disparition forcée inflige également de graves douleurs psychiques et souffrances à la famille de la personne « disparue ». Human Rights Watch a exprimé une profonde inquiétude au sujet du point de vue exprimé par le Président Bush, selon lequel la loi de 2006 relative aux commissions militaires (Military Commissions Act) autorise le gouvernement à relancer le programme des prisons secrètes de la CIA. Human Rights Watch a appelé l’administration Bush à rejeter le recours à la détention secrète et aux interrogatoires coercitifs comme stratégie pour combattre le terrorisme, et à annoncer l’abandon définitif du programme de détentions et d’interrogatoires de la CIA. « Le programme de la CIA – et les responsables civils qui l’ont conçu – ont causé un tort immense à la réputation, aux principes moraux et à l’intégrité des Etats-Unis », a déploré Mariner. « Il est temps que le Président Bush renonce à ce programme et prenne des mesures visant à réparer les préjudices occasionnés ».  

Tariq Ramadan interdit de parole à l’Université Libre de Bruxelles

ATS, le 27 février 2007 à 17h55 Bruxelles (ats) Tariq Ramadan est « persona non grata » à l’Université Libre de Bruxelles. L’intellectuel musulman y a été interdit de parole. Le Genevois devait participer le 22 mars à un débat organisé par le Cercle des étudiants arabo-européens. L’information révélée par le journal belge « Le Soir » a été confirmée mardi à l’ATS par le Mouvement contre le racisme, l’antisémistisme et la xénophobie. Cette association a organisé la « Semaine d’action contre le racisme », dont le programme prévoit le débat auquel devait prendre part Tariq Ramadan. Dans le quotidien belge, le recteur de l’université Philippe Vincke invoque la réaffirmation des « valeurs » de l’institution pour justifier sa décision. « Au nom de la tolérance, l’Université Libre de Bruxelles a trop souvent été prise en otage par des groupes qui nous ont peu à peu éloignés de l’esprit du libre examen. Nous nous sommes laissé faire. Nous nous sommes assis sur nos valeurs. » Cités par « Le Soir », les collaborateurs du bureau parisien de l’intellectuel musulman s’interrogent sur « la cohérence d’une université ‘libre’ qui bannit Tariq Ramadan tout en ouvrant largement sa tribune à des polémistes » français dont Philippe Val. Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo est´incriminé pour son rôle dans la publication des caricatures de Mahomet. Professeur à Oxford et Rotterdam En décembre dernier, Tariq Ramadan a été désigné professeur invité à l’Université Erasme de Rotterdam. Il y enseignera pendant deux ans. En 2005 et 2006, il a été chargé de cours à l’Université d’Oxford. A la demande du premier ministre britannique Tony Blair, le Genevois a participé il y a deux ans à un groupe de réflexion sur l’extrémisme islamiste violent. Les Etats-Unis lui ont en revanche définitivement refusé l’an dernier un visa d’entrée. En 2004, a dû renoncer à un poste de professeur à l’Université catholique de Notre Dame, dans l’Indiana, suite à un premier refus. Des associations américaines ont relancé début février leur plainte contre le gouvernement pour cette décision. (Source : www.romandie.com (Suisse), le 27 février 2007)  

La torture systématique en Tchétchénie – Responsable européen

Reuters, le 27 février 2007 à 23h07 GUDERMES, Russie, 27 février (Reuters) – L’usage de la torture est systématique en Tchétchénie, a déclaré mardi le commissaire du Conseil de l’Europe chargé des droits de l’homme, Thomas Hammarberg, après avoir visité une prison à Grozny, la capitale de la région russe sécessionniste. « J’ai rencontré aujourd’hui des gens qui m’ont persuadé que ce n’était pas seulement une question de mauvais traitements mais bien de tortures », a-t-il dit au président tchétchène Ramzan Kadirov, un allié de Moscou, qu’il rencontrait dans sa résidence de Gudermes, dans le centre de la Tchétchénie. « Il ne s’agit pas d’un ou deux cas mais de tout un système », a-t-il ajouté. Kadirov, assis en face de lui, a répondu qu’il n’était pas chargé de la protection des droits de l’homme lorsqu’il était Premier ministre, son emploi précédent, mais il a promis d’ordonner une enquête. Le président tchétchène présidera cette semaine à Grozny une conférence sur les droits de l’homme, que plusieurs groupes humanitaires engagés dans ce combat ont décidé de boycotter afin de ne pas légitimer son pouvoir. REUTERS


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