14 avril 2010

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TUNISNEWS
9 Úme année, N° 3613 du 14.04.2010
 archives : www.tunisnews.net 

 


AISPP: ProcĂšs du 14 avril AISPP: Houda Ouertani dĂ©fĂ©rĂ©e pour l’instruction – Son mari observe une grĂšve illimitĂ©e de la faim et des soins AISPP: Interpellation de Zyed Ferchichi AFP: Tunisie : la famille de Taoufik Ben Brik craint une prolongation de sa peine Slim Bagga: Les clans de ZABANOSTRA cĂšdent La Goulette Ă  Imed Trabelsi et tabassent la prĂ©sidente sortante de l’UNFT Babelmed: Zeyneb Farhat, maĂźtresse en sa demeure La LibertĂ©: Fribourg – Hommage Ă  la mĂšre de famille tunisienne assassinĂ©e AFP: L’UPM encore bien loin de son ambition d’ĂȘtre un moteur de paix AFP: Au Soudan, les islamistes au pouvoir ont sĂ©duit les confrĂ©ries soufies (REPORTAGE)


Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 43 rue Eldjazira, Tunis Aispp.free@gmail.com Tunis, le 13 avril 2010

Houda Ouertani dĂ©fĂ©rĂ©e pour l’instruction Son mari observe une grĂšve illimitĂ©e de la faim et des soins


Aujourd’hui mardi 13 avril 2010, Houda Bent Mohammed Ben Mustapha Ouertani, nĂ©e le 26/10/1985, Ă©tudiante en troisiĂšme cycle Ă  la facultĂ© des sciences de Tunis, a Ă©tĂ© dĂ©fĂ©rĂ©e en Ă©tat d’arrestation et en prĂ©sence de son avocat devant le premier juge d’instruction du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis, monsieur SaĂŻd Ben Romdhane, pour fourniture d’armes, d’explosifs, de produits et de matĂ©riel Ă  une organisation terroriste, de participation Ă  une agression violente sur un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions et de menaces avec arme. Elle a niĂ© les accusations portĂ©es contre elle et la commission des infractions pour lesquelles elle Ă©tait dĂ©fĂ©rĂ©e et elle a dĂ©crit au juge d’instruction les circonstances qui l’avaient poussĂ©e ainsi que son mari Ă  quitter la Tunisie clandestinement aprĂšs des brimades et des descentes chez elle et sa famille. La dĂ©fense a plaidĂ© et a fait part de son Ă©tonnement que sa cliente soit dĂ©fĂ©rĂ©e en Ă©tat d’arrestation car le dossier Ă©tait vide de toute preuve Ă©tablissant qu’elle ait commis les infractions pour lesquelles elle Ă©tait dĂ©fĂ©rĂ©e. La dĂ©fense a demandĂ© un non-lieu et Ă  titre conservatoire sa libĂ©ration de prison. L’étudiante Houda Ouertani avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e avec son mari Zyed Labidi, un ancien prisonnier politique rĂ©cemment diplĂŽmĂ© de la facultĂ© de sciences, par des agents de la garde nationale dans l’aprĂšs midi du 28/02/2010 dans la rĂ©gion de Babouche, dĂ©lĂ©gation d’AĂŻn Draham alors qu’ils tentaient de passer en AlgĂ©rie pour fuir l’enfer du contrĂŽle administratif imposĂ© au mari et de se dĂ©barrasser des brimades et du harcĂšlement incessant qui la visait elle. Les agents de la Garde nationale avaient ouvert le feu et les avaient atteints lors de leur arrestation. Houda Ouertani avait Ă©tĂ© conduite Ă  l’hĂŽpital des forces de la SuretĂ© IntĂ©rieure de La Marsa oĂč elle avait Ă©tĂ© soignĂ©e pendant plus d’un mois. AprĂšs sa guĂ©rison, le juge d’instruction avait Ă©mis un mandat de dĂ©pĂŽt Ă  son encontre Ă  la prison pour femmes de Mannouba. Lors de son hospitalisation, il lui avait Ă©tĂ© interdit de rencontrer qui que ce soit, parents ou avocat. L’association a reçu un appel au secours de la famille de son Ă©poux, Zyed Labidi, qui a rendu visite Ă  ce dernier hier et l’a trouvĂ© dans un Ă©tat critique. Il les a informĂ©s qu’il faisait une grĂšve sauvage de la faim et des soins. Il refuse les soins dans une dĂ©marche suicidaire de protestation contre l’arrestation injustifiĂ©e de sa femme. Sa famille nous a fait part de son inquiĂ©tude pour sa vie. Pour la commission de suivi des procĂšs politiques Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral MaĂźtre Samir Ben Amor (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 43 Rue Eldjazira, Tunis Aispp.free@gmail.com
[
]   En dĂ©pit d’une dĂ©cision de justice de non-lieu prononcĂ©e en faveur de l’ex prisonnier politique Zyed Ferchichi, la police politique de Bizerte l’a arrĂȘtĂ© mardi 13 avril 2010 pour ne le relĂącher qu’au terme de 7 heures de garde Ă  vue arbitraire. L’association a appris qu’il avait Ă©tĂ© soumis Ă  des menaces et d’intenses pressions visant Ă  le contraindre Ă  Ă©marger quotidiennement. Zyed Ferchichi avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© le 25 mars en guise de reprĂ©sailles parce qu’il ne s’était pas soumis Ă  un Ă©margement quotidien.. .aprĂšs avoir rencontrĂ© une dĂ©lĂ©gation de l’Organisation Human Rights Watch
. [
] Pour la commission de suivi des prisonniers libĂ©rĂ©s Le vice PrĂ©sident de l’Association MaĂźtre Abdelwahab Maatar (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 43 rue Eldjazira, Tunis Aispp.free@gmail.com Tunis, le 14 avril 2010
  •    Aujourd’hui, 14 avril 2010, la quatriĂšme chambre criminelle du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis, prĂ©sidĂ©e par le juge Mehrez Hammami, a examinĂ© l’affaire n°20101, dans laquelle sont dĂ©fĂ©rĂ©s Hamza Ben Hichem Ben Mohammed Sadok Sadkaoui, nĂ© le 1/12/1982 et Ouahid Ben Mohammed Ben Mohammed Ben Othman, nĂ© le 26/03/1981, dĂ©fĂ©rĂ©s en Ă©tat d’arrestation pour adhĂ©sion Ă  une organisation et Ă  une entente ayant fait du terrorisme un moyen de rĂ©aliser ses objectifs, d’incitation Ă  commettre des infractions terroristes et Ă  adhĂ©rer Ă  une organisation terroriste. AprĂšs l’appel de l’affaire, les accusĂ©s ont niĂ© lors de leur interrogatoire ce qui leur Ă©tait imputĂ© et ont affirmĂ© que les dĂ©clarations qui leur Ă©taient attribuĂ©e dans le procĂšs verbal de l’enquĂȘteur prĂ©liminaire leur avaient Ă©tĂ© arrachĂ©es sous la torture. Puis ce fut le tour des plaidoiries de la commission de la dĂ©fense, composĂ©e de maĂźtres Charfeddine Dhrif, Haddhami Bousserra et Samir Ben Amor. La dĂ©fense a demandĂ© Ă  ce que le jugement innocente leurs clients pour absence de preuves matĂ©rielles Ă©tablissant leur culpabilitĂ© et parce qu’ils avaient Ă©tĂ© dĂ©fĂ©rĂ©s sur la foi de procĂšs verbaux non dignes de foi dans la mesure oĂč ils Ă©tablissent que leurs clients auraient tenu pendant l’annĂ©e 2004 des rĂ©unions dans une mosquĂ©e de Zarzouna et dĂ©cidĂ© de voyager en Syrie pour affermir leurs convictions et pour passer en Irak afin de rejoindre la rĂ©sistance, et qu’ils Ă©taient partis dans ce but, mais la commission de la dĂ©fense a prĂ©sentĂ© Ă  la commission du tribunal des documents officiels des autoritĂ©s syriennes prouvant que l’un des accusĂ©s Ă©tait en Syrie depuis aoĂ»t 2003 !!! Tandis que le second accusĂ© Ă©tait arrivĂ© en Syrie en septembre 2004. La dĂ©fense a Ă©galement prĂ©sentĂ© des documents officiels Ă©tablissant qu’ils faisaient des Ă©tudes de façon assidue et avec succĂšs, que tous les deux s’étaient mariĂ©s avec des Syriennes et avaient eu des enfants, infirmant les procĂšs verbaux de la police quant au but de leur voyage en Syrie. Puis la sĂ©ance a Ă©tĂ© levĂ©e pour les dĂ©libĂ©rations et le prononcĂ© du jugement. Les autoritĂ©s tunisiennes ont refusĂ© d’accorder des visas aux Ă©pouses des accusĂ©s afin qu’elles leur rendent visite avec leurs enfants.  
  •  Aujourd’hui 14 avril 2010, la treiziĂšme chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, prĂ©sidĂ©e par le juge Tahar Yafreni, a examinĂ© l’affaire n°14380 dans laquelle sont dĂ©fĂ©rĂ©s en Ă©tat d’arrestation Nader Ferchichi, nĂ© le 5/12/1980, Hamdi Kasri, nĂ© le 15/10/1985, Issam Mezzi, nĂ© le 18/08/1985, Houssem Rihane, nĂ© le16/01/1983, Nizar Jmi’i, nĂ© le 18/06/1982, Mohammed Boujemaa, nĂ© le 30/10/1981, Hassen Bahri, nĂ© le 11/06/1983, BĂ©chir Cherni, nĂ© le 4/9/1981, Farid Loussif, nĂ© le 26/2/1961 et Mohammed Gharsalli, nĂ© le 9/4/1986, pour adhĂ©sion Ă  une organisation ayant fait du terrorisme un moyen de rĂ©aliser ses objectifs, d’incitation Ă  commettre des infractions terroristes et Ă  adhĂ©rer Ă  une organisation terroriste, de fournitures d’armes et de munitions Ă  une organisation en relation avec les infractions terroristes, de tenue de rĂ©unions sans autorisation, de vol simple, de non rĂ©vĂ©lation aux autoritĂ©s concernĂ©es les informations qui leur Ă©taient parvenues sur la commission d’infractions terroristes. AprĂšs l’appel de l’affaire, les accusĂ©s ont niĂ© ce qui leur Ă©tait imputĂ© lors de leur interrogatoire, puis vint le tour de la plaidoirie de la commission de la dĂ©fense composĂ©e de MaĂźtres Anouar Kousri et ImĂšne Triki qui ont demandĂ© l’annulation du jugement en premiĂšre instance et l’acquittement des accusĂ©s. Puis la sĂ©ance a Ă©tĂ© levĂ©e pour le dĂ©libĂ©rĂ© et le prononcĂ© du jugement : En ce qui concerne la culpabilitĂ©, le jugement en premiĂšre instance a Ă©tĂ© confirmĂ©, mais les peines de Nader Ferchichi, Houssem Rihane et Nizar Jmi’i ont Ă©tĂ© ramenĂ©es de dix ans Ă  huit ans, celles de Hamdi Kasri, Issam Mezzi et Mohammed Boujemaa ont Ă©tĂ© ramenĂ©es de huit ans Ă  trois ans. Les peines de trois ans pour les autres accusĂ©s ont Ă©tĂ© ramenĂ©es Ă  un an. Les jeunes dĂ©fĂ©rĂ©s dans cette affaire sont originaires de la rĂ©gion de Bizerte. Pour la commission de suivi des procĂšs politiques Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral MaĂźtre Samir Ben Amor (traduction ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)

 

Maison de Quartier de Bagatelle

11 impasse Bachaga Boualem – 31100 Toulouse (mĂ©tro Bagatelle)

soirée ciné-club et débat

vendredi 23 avril Ă  20 h

TUNISIE

mouvement social et répression

avec le documentaire

« Redeyef : le combat pour la dignité »

En 2008, un important mouvement social contre la corruption a été violemment réprimé dans le bassin minier deGAFSA (sud tunisien),

les femmes y ont tenu un rĂŽle important.

débat avec

Mouhieddine Cherbib

militant du ComitĂ© pour le respect des libertĂ©s etdes droits de l’Homme en Tunisie.

entrée libre et gratuite


Tunisie : la famille de Taoufik Ben Brik craint une prolongation de sa peine


AFP, le 14 avril 2010

PARIS — La famille de Taoufik Ben Brik, journaliste et opposant tunisien dĂ©tenu depuis fin octobre 2009, redoute que sa peine de prison ne soit prolongĂ©e au-delĂ  du 26 avril, son terme thĂ©orique, a-t-elle indiquĂ© Ă  l’AFP. “Depuis deux semaines, il est soumis aux provocations et menaces de certains dĂ©tenus Ă  la solde du pouvoir. Ils veulent le pousser Ă  commettre une faute qui entraĂźnera une prolongation de son incarcĂ©ration”, a dĂ©clarĂ© sa soeur, Najet Zoghlami. Taoufik Ben Brik a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© fin octobre, puis condamnĂ© le 26 novembre 2009 Ă  6 mois de prison pour l’agression d’une femme d’affaires, mais ses proches dĂ©noncent une manipulation destinĂ©e Ă  le faire taire, aprĂšs des Ă©crits trĂšs critiques dans la presse française contre le prĂ©sident Zine El Abidine Ben Ali. De santĂ© fragile, Taoufik Ben Brik souffre d’une maladie dĂ©gĂ©nĂ©rative des dĂ©fenses immunitaires. Son Ă©tat de santĂ© “reste instable, alarmant”, a prĂ©cisĂ© son avocat français, William Bourdon, confirmant que la peine de prison du journaliste devrait d’achever en principe le 26 avril. “La logique d’acharnement reste de mise, c’est absolument insupportable”, a-t-il ajoutĂ©. Le cas de Taoufik Ben Brik pourrait ĂȘtre Ă©voquĂ© jeudi et vendredi, lors d’une visite Ă  Tunis du ministre français des Affaires Ă©trangĂšres, Bernard Kouchner, Ă  l’occasion d’une rĂ©union des pays du pourtour mĂ©diterranĂ©en. “Nous suivons attentivement la situation de M. Ben Brik et nous nous sommes exprimĂ©s Ă  ce sujet Ă  plusieurs reprises”, a dĂ©clarĂ© mercredi le porte-parole du ministĂšre, Bernard Valero. “Nous entretenons avec les autoritĂ©s tunisiennes un dialogue Ă©troit, qui nous permet d?aborder tous les sujets, y compris naturellement celui des droits de l?Homme”, a-t-il ajoutĂ©. En novembre dernier, Bernard Kouchner s’Ă©tait dĂ©clarĂ© “déçu” par les condamnations de journalistes, mais la Tunisie avait rejetĂ© “toute ingĂ©rence Ă©trangĂšre dans ses affaires intĂ©rieures”. Opposant de longue date au prĂ©sident Ben Ali, Taoufik Ben Brik, 49 ans, est dĂ©tenu dans une prison situĂ©e Ă  130 km de Tunis. Il avait dĂ©jĂ , en 2000, observĂ© une grĂšve de la faim de 42 jours pour protester contre la situation des droits de l’Homme dans son pays.

Les clans de ZABANOSTRA cĂšdent La Goulette Ă  Imed Trabelsi et tabassent la prĂ©sidente sortante de l’UNFT

 

par Slim BAGGA Qui peut encore douter un instant que ce pays va de catastrophe en calamitĂ©? Que les clans ne s’embarrassent plus de prendre les initiatives et les dĂ©cisions les plus choquantes? Imed Trabelsi, trafiquant international notoire se prĂ©sente aux Municipales en tant que tĂȘte de liste Ă  La Goulette. La nouvelle a provoquĂ© une onde de choc dans la ville, mais personne ne se hasarde encore Ă  la dĂ©noncer. Dans les cafĂ©s et en privĂ©, l’on soutient Ă  juste titre qu’en mettant la main sur La Goulette, les clans Trabelsi-Materi auront parachevĂ© leur main mise sur toute la banlieue nord de La Goulette Ă  La Marsa.

C’est qu’il se faut l’imaginer le gros nounours, fils de sa mĂšre, drapĂ© de l’Ă©charpe de maire… DĂ©jĂ  qu’entrepreneurs et chefs d’entreprises le fuyaient comme la peste chaque matin, Ă©vitaient de le prendre au tĂ©lĂ©phone, laissant leurs secrĂ©taires Ă©couter ses menaces et enregistrer son racket. -“Bonjour, je suis Imed Tabelsi, le neveu du PrĂ©sident. J’organise une une soirĂ©e avec telle vedette libanaise, je vous rĂ©serve 10 places Ă  300DT l’unitĂ©. Je vous envoie quelqu’un ce matin pour le chĂšque”. Et paf, 3000 DT dans les poches…

Ou encore: -“Bonjour, je suis Imed Trabelsi, le neveu de Tartempion. Nous organisons au Palais des Expositions d’El Kram la semaine du persil (pardon des matĂ©riaux de construction). Notre parrain Ben AlĂ©one de ZABANOSTRA inaugurera lui-mĂȘme l’Ă©vĂ©nement. J’ai pensĂ© Ă  vous pour la participation aux frais (prĂ©paration, banderoles, tee-shirts et mĂȘme l’achat des youyous des veuves dĂ©sargentĂ©es). Je vous envoie quelqu’un pour le chĂšque”. Et paf, 2000 DT dans les poches! “Elire” maire celui dont la place est dans une prison avec le reste de son clan, c’est comme dirait Ben Ali “Takris Daoulet El Qanoun”, la consolidation de l’Etat de droit. Agressions Dans cette atmosphĂšre dĂ©lĂ©tĂšre caractĂ©risĂ©e par la mainmise sur toutes les structures et sur la Communication, gare Ă  celui ou celle qui relĂšve la tĂȘte. La prĂ©sidente de l’Union des femmes tunisiennes, Aziza Htira, a Ă©tĂ© sauvagement agressĂ©e et limogĂ©e lors de la tenue du dernier CongrĂšs de l’UNFT.

Abdalwaheb Mazarini Abdallah l’avait, en effet, reçue Ă  Carthage et lui avait dictĂ© le contenu de son intervention dans une Ă©mission de Hannibal TV, intervention axĂ©e sur le rĂŽle “clĂ©opĂątrien” de LeĂŻla Trabelsi dans le rayonnement de la Femme tunisienne. Aziza Htira outrepassa les consignes strictes, les barbouzes s’en occupĂšrent illico. Cela s’est bien passĂ© en Tunisie, au pays oĂč le double langage prĂ©sente la Femme comme la plus avancĂ©e, la plus libĂ©rĂ©e, la plus libre et la plus responsable. Mais on ne joue pas avec l’Histoire ni avec le rĂŽle de Zinochette dans l’Histoire de la Femme. LimogĂ©e, Aziza Htira servira d’exemple Ă  d’autres qui oseraient ne pas falsifier les faits. Et fait unique, la nouvelle composition du Bureau exĂ©cutif de cette Organisation aura une proche des Materi comme prĂ©sidente, Saloua Terzi Ben Attia et en tant que vice-prĂ©sidente…Naima Boutiba Materi, mĂšre du pieux gominĂ© Sakhr.

On est rassurĂ©s: la Femme tunisienne libre et responsable est dĂ©sormais entre de bonnes mains… Slim BAGGA


Zeyneb Farhat, maĂźtresse en sa demeure

Nathalie Galesne

Rencontre avec Zeyneb Farhat, femme de théùtre, féministe, militante de la cause palestinienne, responsable avec son mari, le metteur en scÚne Taoufic Jebali, de El Teatro, un des rares lieux de création indépendants en Tunisie.

Il y a des pĂ©tulances qui cachent des enfances singuliĂšres et des parcours d’exception. De ses premiĂšres annĂ©es, Zeyneb Farhat pourrait aisĂ©ment concocter un best-seller.

Zeyneb appartient a une fratrie de 7 enfants, tous de la mĂȘme “mĂšre biologique”, comme elle dĂ©signe la femme qui l’a engendrĂ©e et Ă©levĂ©e pour la distinguer de son autre mĂšre, la premiĂšre Ă©pouse de son pĂšre, avec qui elle a Ă©galement vĂ©cu. “la premiĂšre femme de mon pĂšre avait une adoration pour lui tandis que ma mĂšre, qui avait dĂ» l’épouser de force, le haĂŻssait. Les deux femmes avaient une vraie complicitĂ© et moi j’avais deux mĂšres. Cela peut sembler aujourd’hui trĂšs pittoresque, mais Ă  l’époque nous Ă©tions une famille relativement traditionnelle puisqu’en Tunisie la polygamie n’a Ă©tĂ© abolie que le 13 aoĂ»t 1956”.

La deux Ă©pouses dirigent ensemble la maisonnĂ©e. En fait de maisonnĂ©e, Zeyneb a grandi dans une immense demeure tapissĂ©e de livres. Son pĂšre, directeur d’école et syndicaliste, professeur d’histoire de la pensĂ©e musulmane au prestigieux collĂšge Sadiki, deviendra une sorte de figure mythique pour la petite Zeyneb qui en sera sĂ©parĂ©e prĂ©maturĂ©ment. “Il Ă©tait Ă  fond pour la scolarisation des filles, mes deux soeurs aĂźnĂ©es Ă©taient d’ailleurs scolarisĂ©es dans les annĂ©es 40-50, une raretĂ© en ce temps-lĂ . Et puis, la grande bibliothĂšque familiale regorgeait d’imaginaires Ă  notre portĂ©e. Je me souviens encore de la lecture d’Antigone Ă  13 ans, cette rencontre inoubliable avec une femme qui dit non par amour”.

Blessure

La vie de la famille change du tout au tout Ă  la disparition du patriarche, en 1963, dans les geĂŽles de Bourguiba. “Quelques annĂ©es aprĂšs l’indĂ©pendance, il y eut un projet de complot contre Bourguiba”, explique Zeyneb, “ce projet regroupait tous les frustrĂ©s de l’indĂ©pendance, mon pĂšre a Ă©tĂ© sollicitĂ©. Bien qu’il n’ait pas pris part au complot, il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  5 ans de travaux forcĂ©s pour ne pas avoir dĂ©noncĂ© les coupables. Il est mort au bout de 10 mois, Ă  58 ans, dans un fort espagnol au nord de la Tunisie.”

Les deux veuves forment alors un couple. Elles sont soudĂ©es, solidaires, ne tolĂšrent aucune ingĂ©rence des autres membres de la famille dans leur foyer. Personne ne doit entraver leur existence. La premiĂšre prend la place du pĂšre, “un trĂšs beau visage fĂ©minin de l’autoritĂ© masculine, la raison pour laquelle j’ai toujours Ă©tĂ© indiffĂ©rente Ă  toute tentative de domination mĂąle sur ma personne.” souligne Zeyneb. L’autre, la mĂšre biologique, se mĂ©tamorphose totalement Ă  la mort de son mari. Elle veut coĂ»te que coĂ»te que ses filles travaillent, gagnent leur vie, connaissent l’autonomie qui lui a Ă©tĂ© refusĂ©e.

Naissance d’un lieu

“Quand tu grandis sans pĂšre, tu grandis anarchiste”, lance Zeyneb avec ce regard qui lui est propre, un oeil noir oĂč se mĂȘle une provocation rieuse Ă  une insaisissable gravitĂ©. Rebelle, elle l’est sans nulle doute quand elle participe aux cĂŽtĂ©s de son compagnon, Taoufic Jebali, Ă  la fondation en 1987 de El Teatro. “C’était dans l’euphorie du changement qui a suivi la disparition de Bourguiba et 31 ans de pouvoir absolu”, explique Zeyneb. “Nous avons connu 5 annĂ©es faites d’attente, de souffle et d’espoir oĂč nous avons Ă©tĂ© exonĂ©rĂ©s de persĂ©cution et d’oppression. On a eu la chance de commencer El Teatro Ă  ce moment lĂ . Jusqu’en 1993 on a pu positionner ce lieu comme un espace innovant ouvert Ă  la sociĂ©tĂ© civile. On y organisait des rencontres, des rĂ©unions, des dĂ©bats d’idĂ©es. Aujourd’hui, cela ne nous est plus possible. Il faut rester circonscrits Ă  l’art et Ă  la culture, ne surtout pas dĂ©passer ce pĂ©rimĂštre. Le pouvoir c’est le pouvoir et quand la machine opprime, elle est impitoyable. Taoufic Jebali est sans doute un des metteurs en scĂšne les plus censurĂ©s de Tunisie, avec cinq de ses piĂšces interdites au public.”

Et pourtant El Teatro affiche imperturbable des spectacles de qualitĂ©, tout aussi dĂ©rangeants qu’actuels. C’est aussi un lieu ouvert aux artistes de la rĂ©gion et aux grandes questions qui la travaillent. “El Teatro s’est fait avec un budget dĂ©risoire mais le rĂȘve d’un espace alternatif s’installait. Nous avons ouvert avec MĂ©moires d’un dinosaure d’aprĂšs Dialogues d’exilĂ©s de Brecht. Le choix d’un texte de Brecht et non d’un Marivaux donnait dĂ©jĂ  le ton. J’étais enceinte au 7Ăšme mois, lĂ©gĂšre, coquette, accompagnant avec amour et conviction la construction de ce lieu”, se remĂ©more Zeyneb, la voix teintĂ©e d’émoi.

Depuis le spectacle se joue tous les 10 ans, en partie par fidĂ©litĂ© Ă  la mĂ©moire du metteur en scĂšne Rached Manai, en partie pour remettre au goĂ»t du jour ce superbe texte qui traite des fondements mĂȘmes de l’identitĂ© du citoyen. “C’est toujours avec Ă©motion que je vois les mĂȘmes acteurs – Taoufik Jebali et Raouf Ben Amor-, jouer et jouer encore ce spectacle en Tunisie, Allemagne, France, Syrie, Egypte, Jordanie, au Liban”, prĂ©cise Zeyneb.

Depuis El Teatro n’a cessĂ© de programmer des rencontres particuliĂšrement significatives, comme ce rendez-vous prĂ©texte, il y a cinq ans, autour du Cheikh Imam. Cet Imam Ă©gyptien, excellent compositeur, joueur du Oud et interprĂšte de son alter ego le poĂšte Ahmed Fouad Najm, chantre des espoirs d’une gauche dĂ©mocratique du monde arabe. “Nous l’avons exhumĂ© des mĂ©moires, 10 ans aprĂšs sa mort” s’anime Zeyneb. “On se disait on va Ă©couter de la bonne musique, on va lire de la bonne poĂ©sie, on va rĂ©veiller les excellents ensembles musicaux des annĂ©es 80 en Tunisie et demander Ă  d’autres, plus jeunes, de chanter Ă  nouveau Cheikh Imam. Eh bien El Teatro a failli tomber en morceaux car des vagues hurlantes, vocifĂ©rantes de jeunes sont venues rĂ©clamer le droit Ă  participer Ă  ces soirĂ©es affichĂ©es complet ! Nous avons dĂ» installer en toute hĂąte une camĂ©ra et un grand Ă©cran, et les jeunes ont ainsi pu assister au concert en direct. MĂ©morable!”.

Paradoxes tunisiens

Pour Zeyneb Farhat, la culture revĂȘt toujours une forme d’engagement, y compris dans un pays comme la Tunisie oĂč il n’est pas toujours aisĂ© vivre ses convictions. “La Tunisie est la terre de toutes les contradictions. Ce pays magnifique dotĂ© d’une lĂ©gislation extraordinaire, d’une diversitĂ© humaine et climatique fabuleuse, qui compte 10 millions d’habitants seulement, pourrait ĂȘtre un vĂ©ritable Ă©den, et les Tunisiens le peuple le plus heureux du monde. Mais la Tunisie a deux visages”, s’agace Zeyneb, “elle s’autoviole constamment, alors qu’elle est compĂ©tente et moderne, elle continue de se rĂ©primer et de s’amenuiser”.

A force d’avoir Ă  se frotter aux paradoxes de son pays, Zeyneb Farhat a appris Ă  rĂ©sister Ă  sa maniĂšre, Ă  traiter avec le pouvoir. C’est pourquoi elle s’est vue parfois reprocher une certaine ambiguitĂ©. “Avec l’expĂ©rience tu apprends Ă  te mouvoir dans les eaux troubles du pouvoir sans perdre ni ton Ăąme, ni ton pantalon”, retorque-t-elle. “Quand tu as l’estime de toi-mĂȘme, tu peux affronter le pouvoir politique. AprĂšs tout l’Etat c’est moi, je pars du principe que tout ce qui est au gouvernement, tout ce qui est public, jusqu’au dernier grain de sable tunisien, nous appartient, m’appartient. C’est pourquoi je n’ai pas de mal Ă  travailler avec les structures de l’Etat. Je veux faire en sorte que ce pays soit le nĂŽtre en y construisant une culture citoyenne grĂące aux arts et aux lettres”.

Palestine mon amour

Comme tous les Arabes, Zeyneb a grandi dans le culte de la Palestine, mais elle Ă©prouve pour cette terre et cette culture un attachement incommensurable: “L’idĂ©ologie arabe en exercice a portĂ© beaucoup de torts aux peuples arabes, y compris Ă  la Palestine. Or, la cause palestinienne n’appartient pas seulement aux Arabes, elle fait partie des grandes causes justes du 20Ăšme siĂšcle. Nous nous sommes battus contre l’apertheid en Afrique du sud, contre les dictatures en AmĂ©rique latine, nous nous devons de nous battre pour la Palestine qui vit un drame d’occupation et de violations des rĂ©solutions. Les autres allĂ©gations sont nulles et non avenues: la race, la religion
Je ne peux qu’ĂȘtre solidaire avec un pays colonisĂ© et victime des calculs de l’histoire de l’aprĂšs- guerre et de l’Europe !”

Zeyneb a souvent sĂ©journĂ© en Palestine. Lorsqu’elle Ă©voque cette forme de rĂ©sistance quotidienne qu’exercent les Palestiniens, la figure de Georgina lui apparaĂźt immĂ©diatement : “C’est est une artiste palestinienne d’El Qods, coquette et si belle! Tous les matins, elle se pomponne mĂȘme si le cƓur n’y est pas. Mais elle le fait rien qu’Ă  l’idĂ©e de tous les check points israĂ©liens qu’elle aura Ă  traverser et du nombre de fois qu’elle aura Ă  montrer son laisser-passer pour circuler chez elle, dans son pays. Elle se doit de montrer aux soldats qu’elle est fiĂšre et debout, en regard et en port. N’est ce pas une des plus belles cultures de rĂ©sistance que l’on connaisse?”

Place aux femmes

“Ma conscience citoyenne se marie avec ma conscience de femme” insiste encore Zeyneb lorsqu’il s’agit de son engagement politique. C’est sans doute pourquoi elle milite Ă  l’association tunisienne des femmes dĂ©mocrates depuis 1989. Celle-ci vient de fĂȘter ses 20 ans. Une belle tranche de vie et quelques beaux acquis, comme cette loi qui accorde la nationalitĂ© aux enfants de Tunisiennes mariĂ©es avec un non tunisien, ou encore celle qui condamne le harcĂšlement sexuel, ou celle sur l’égalitĂ© successorale qui donne Ă  la femme les mĂȘmes droits que l’homme en matiĂšre d’hĂ©ritage.

Les femmes, c’est aussi un investissement que l’on retrouve dans la programmation d’El Teatro. Leurs voix dans les diffĂ©rents domaines de la crĂ©ation (littĂ©rature, théùtre, danse, arts visuels
) y ont depuis toujours une place de choix : de la rĂ©sidence « Femmes, guerres et crĂ©ations
” ouverte aux crĂ©atrices vivant dans les pays arabes en conflit armĂ©, Ă  l’implication aujourd’hui de El Teatro dans “Fa Na Nat”, projet soutenu par la Fondation Anna Lindh.

“Fa Na Nat est une plateforme euromed que nous avons fondĂ©e en novembre dernier Ă  Bruxelles et qui comprend 6 partenaires: Voix de Femmes, Siwa, Mediana, Cultures plurielles, Tamlalt et El Teatro. Le festival que j’organise dans ce cadre du 16 septembre au 16 octobre Ă  Tunis : “La rencontre des Libres Penseuses laĂŻques en art et Lettres dans le monde arabe. Ces F
Respectueuses» relĂšve justement le dĂ©fi de mettre en avant, et sous toutes les lumiĂšres mĂ©diatiques, l’apport des femmes de ma rĂ©gion, femmes porteuses de projets, femmes artistes, femmes leaders 
”

Un pari courageux et un clin d’oeil Ă  la cĂ©lĂšbre piĂšce de Jean-Paul Sartre La putain respectueuse qui portent le sceau de la vivifiante insolence de Zeyneb Farhat.

Pour en savoir plus sur El Teatro, ouvrir le document joint ou naviguer sur: www.elteatro.net

(Source : « Babelmed » (Le site des cultures mĂ©diterranĂ©ennes – France), le 13 avril 2010)

Lien:http://www.babelmed.net/Pais/M%C3%A9diterran%C3%A9e/zeyneb_farhat.php?c=5494&m=34&l=fr


Fribourg (Suisse)
Hommage à la mÚre de famille tunisienne assassinée


Un dernier hommage sera rendu aujourd’hui Ă  la mĂšre de famille d’origine tunisienne tuĂ©e la semaine derniĂšre par son mari («La Liberté» du 8 avril).

La cĂ©rĂ©monie se dĂ©roulera dans les locaux de l’Association des musulmans de Fribourg (AMF), Ă  la route de la GlĂąne Ă  Fribourg, entre 12 h 30 et 13 h.

La dĂ©pouille de la malheureuse sera ensuite rapatriĂ©e en Tunisie pour y ĂȘtre inhumĂ©e. «La communautĂ© tunisienne est trĂšs affectĂ©e par ce drame», explique Mohamed Ali Batbout, prĂ©sident de l’AMF.

Une sƓur de la dĂ©funte a rejoint Fribourg en catastrophe pour veiller le corps. «Tout le monde est trĂšs chamboulé», poursuit le prĂ©sident, qui ajoute que la victime Ă©tait bien connue au sein de la communautĂ©, de mĂȘme que son mari, actuellement incarcĂ©rĂ©.

Les deux enfants du couple, ùgés de 9 et 11 ans, ont été pris en charge par les services sociaux.

(Source : « La Liberté » (Quotidien – Suisse), le 14 avril 2010)


L’UPM encore bien loin de son ambition d’ĂȘtre un moteur de paix

AFP, le 14 avril 2010 Ă  12h59

    Par Jean-Louis DE LA VAISSIERE

 

    PARIS, 14 avr 2010 (AFP) – L’Union pour la MĂ©diterranĂ©e (UPM) a  subi un  revers cuisant mardi, avec l’Ă©chec Ă  Barcelone d’une confĂ©rence sur l’eau en raison du diffĂ©rend israĂ©lo-arabe, laissant mal augurer de ses ambitions Ă  ĂȘtre, deux ans aprĂšs son lancement, un moteur de paix.

    Une simple rĂ©fĂ©rence aux “territoires occupĂ©s”, demandĂ©e par les pays arabes et rejetĂ©e par IsraĂ«l, a fait capoter l’Ă©laboration d’une stratĂ©gie pour l’eau en MĂ©diterranĂ©e.

    Ce fiasco “fait planer des doutes sur l’avenir de l’UPM”, a constatĂ© son nouveau secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, le Jordanien Ahmad Massa’deh.

    Le succĂšs du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement le 7 juin Ă  Barcelone, qui devait ĂȘtre l’occasion d’une relance politique, est incertain, Ă  un moment oĂč les tensions s’accumulent entre Palestiniens et IsraĂ©liens, observent les analystes.

    LancĂ©e tambour battant en 2008 sur initiative du prĂ©sident Nicolas Sarkozy, et regroupant 43 pays (les 27 de l’UE, Turquie, IsraĂ«l, les pays arabes riverains de la MĂ©diterranĂ©e), l’UPM ambitionnait prĂ©cisĂ©ment de surmonter les crises politiques Ă  travers des projets concrets de coopĂ©ration sur l’eau, la dĂ©pollution ou l’Ă©nergie.

    Mais elle reste plombĂ©e par les discordes, entre l’AlgĂ©rie et la Maroc sur le Sahara occidental, entre Grecs et Turcs sur Chypre, mais surtout par le conflit palestino-israĂ©lien.

    L’Ă©tĂ© dernier, le prĂ©sident Sarkozy avait souhaitĂ© un sommet de l’UPM qui “accompagnerait la reprise des nĂ©gociations de paix dans leurs trois volets”, palestinien, syrien et libanais. Voeu jamais exaucĂ©.

    Lors d’un colloque samedi Ă  Paris, le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos a Ă©voquĂ© un lancement possible Ă  Barcelone avec la France et l’Egypte d'”une initiative politique”, pour faire redĂ©marrer le processus de paix.

    Tout en rĂ©affirmant que l’UPM ne progresserait “que si on arrive Ă  prendre une initiative forte sur le plan politique”, le conseiller du prĂ©sident Sarkozy, Henri Guaino, concepteur du projet en 2007, s’est montrĂ© plus sceptique: “jamais la situation au Proche-Orient n’a Ă©tĂ© aussi bloquĂ©e, jamais le dialogue n’a autant Ă©tĂ© un dialogue de sourds”.

    Pour Denis Bauchard, expert sur le Moyen-Orient auprĂšs de l’IFRI (Institut français des relations internationales), l’UPM est “loin du projet initial inspirĂ© par Guaino, qui voulait crĂ©er une nouvelle union analogue Ă  l’UE et un ensemble trĂšs intĂ©grĂ©”.

    “Elle s’est rĂ©duite Ă  un Barcelone plus”, dit-il, faisant allusion au processus de Barcelone lancĂ©e en 1995, engluĂ© dans les diffĂ©rends israĂ©lo-arabes mais qui a permis Ă  l’Union europĂ©enne de financer des projets  dans le sud de la MĂ©diterranĂ©e. C’est Ă  ce processus “Euromed” que l’UPM avait succĂ©dĂ© avec un objectif bien plus ambitieux.

    L’ancien ministre français des Affaires Ă©trangĂšres, Hubert VĂ©drine, qui voit dans l’UPM “un projet bien intentionnĂ© et mal conçu”, pense qu’il n’a pas la vocation et la capacitĂ© Ă  rĂ©gler un problĂšme aussi complexe que celui du Proche-Orient.

    “La dimension institutionnelle et politique de l’UPM me paraĂźt prĂ©maturĂ©e, hyper-fragile, bancale”, dit-il Ă  l’AFP.

    “Je propose, ajoute-t-il, pour sauver l’UPM d’en faire un parapluie sous lequel toutes sortes de projets se dĂ©veloppent”. “On ne peut avancer que si on n’oblige pas tout le monde Ă  faire la mĂȘme chose en mĂȘme temps. Il faut faire de grands projets Ă  gĂ©omĂ©trie variable”.

    “Si la MĂ©diterranĂ©e n’est pas sĂ©rieusement dĂ©polluĂ©e, dans 10-15 ans, ce sera une poubelle. C’est un enjeu beaucoup plus intĂ©ressant qu’un projet politique ambigu qui n’avance pas”, soutient l’ancien ministre socialiste.

 


Au Soudan, les islamistes au pouvoir ont séduit les confréries soufies (REPORTAGE)

AFP, le 14 avril 2010 Ă  11h49

Par Guillaume LAVALLEE

UM DUBBAN (Soudan), 14 avr 2010 (AFP) – Dans une cour ensablĂ©e, Ă  l’ombre d’une mosquĂ©e, des enfants rĂ©citent des versets du Coran calligraphiĂ©s sur d’Ă©tranges tablettes de bois. Les mystiques s’opposaient jadis aux islamistes, mais les temps ont changĂ© dans le Soudan du prĂ©sident Omar el-BĂ©chir.

Le pays vit actuellement ses premiÚres élections depuis 1986, et le président Béchir a multiplié pendant la campagne les discours dans les zones soufies et les éloges des confréries, une recette qui a porté ses fruits.

“Maintenant, nous sommes tous ensemble, il n’y a pas de diffĂ©rences” entre soufis et islamistes, assure Hafez Awad Allah, assis sous un arbre devant le bureau de scrutin d’Um Duban.

Plus grand pays d’Afrique, le Soudan est aussi le paradis des confrĂ©ries soufies, des ordres religieux populaires qui prĂȘchent la contemplation, s’Ă©cartent des affaires de la CitĂ© et pratiquent des rituels jugĂ©s impies par les islamistes.

“Les soufis ne s’intĂ©ressent pas beaucoup Ă  la politique, mais plus Ă  la religion, alors que les islamistes s’intĂ©ressent davantage Ă  la politique”, rĂ©sume Ahmed Charif, un habitant d’Um Badda.

A Um Dubban, centre de la branche Badriyya de la confrérie Qadariyya, les minarets effilés de la mosquée et le mausolée vert au toit conique argenté biseautent le ciel bleu, loin à la ronde.

Dans la “khalwa” -une Ă©cole coranique-, des enfants vĂȘtus de tuniques maculĂ©es rĂ©citent des versets coraniques Ă©crits sur des tablettes de bois sculptĂ©es. “Il y a ici des enfants du Cameroun, du Tchad, du Niger, du Congo, du Darfour”, dit Karar, un des aides du cheikh, voulant ainsi montrer la renommĂ©e de ce centre religieux situĂ© Ă  une trentaine de kilomĂštres de Khartoum.

Au Nord-Soudan, les cheikh soufis sont parfois vĂ©nĂ©rĂ©s comme des demi-saints rĂ©gulant la vie traditionnelle de la communautĂ© et dotĂ©s du pouvoir d’influencer les dĂ©cisions de leurs disciples. Les villageois d’Um Dubban se bousculent au portillon pour demander conseil.

“Depuis que je me suis mariĂ©, j’ai peur de tout, j’espĂšre que le cheikh pourra me guĂ©rir ou faire quelque chose pour moi”, souffle d’une voix posĂ©e, un homme dans la vingtaine, bien rasĂ©.

Quatre grandes confrĂ©ries -Qadariyya, Tijaniyya, Semaniyya, Khatmiyya- y sont implantĂ©es depuis des lustres. “L’adoption de l’islam au Soudan s’est faite via les soufis”, relĂšve pour sa part Mohammed Osmane al-Mirghani, chef de la Khatmiyya et du Parti unioniste dĂ©mocrate (DUP).

Cette formation politique -comme le parti Umma- a certes une base religieuse, mais elle ne dĂ©fend pas l’application de la loi islamique et ne prĂŽne pas une main-mise de la religion sur les affaires de l’Etat.

La Umma et le DUP avaient terminĂ© en premiĂšre et deuxiĂšme positions lors des derniĂšres Ă©lections multipartites en 1986, devant les islamistes, mais ces derniers ont pris le pouvoir trois ans plus tard Ă  la faveur d’un coup d’Etat d’Omar el-BĂ©chir.

“Dans les premiĂšres annĂ©es de l'”Inqaz” (Salut), -nom donnĂ© Ă  la pĂ©riode initiĂ©e par ce coup d’Etat-, plusieurs confrĂ©ries Ă©prouvaient un malaise. Elles ne se sont pas rebellĂ©es, mais ont gardĂ© de la distance”, souligne Idriss al-Hassan, professeur de sociologie Ă  l’universitĂ© de Khartoum.

Les dirigeants du DUP avaient eux quittĂ© le pays Ă  la suite du coup d’Etat, avant de rentrer au milieu des annĂ©es 2000.

“Les islamistes ne partagent pas les mĂȘmes conceptions que les soufis, mais ont une relation utilitariste avec eux”, conclut Hassan Idriss, rappelant que l’ex-prĂ©sident Nimeiri (au pouvoir de 1969 Ă  1985) avait, pour asseoir son pouvoir, offert des avantages matĂ©riels Ă  des cheikhs en Ă©change d’une visibilitĂ© auprĂšs d’eux.

 

 

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