28 avril 2011

TUNISNEWS
10 ème année, N°3992 du 28.04.2011


AFP: Libye-Tunisie: les insurgés ont repris le poste-frontière de Dehiba

Khaled MABROUK: REVOLUTION, à qui on la doit ?Conduira-t-elle à la démocratie ?


REVUE DE PRESSE

Libye-Tunisie: les insurgés ont repris le poste-frontière de Dehiba


 
AFP / 28 avril 2011 20h51
 
TUNIS – Les insurgés opposés au colonel Kadhafi ont repris jeudi en fin d’après-midi le poste-frontière tuniso-libyen de Dehiba lors de violents affrontements au cours duquel huit soldats loyalistes ont été tués, a-t-on appris de sources concordantes.
 
Quelques heures plus tôt, les forces fidèles au régime libyen avaient repris le contrôle du poste conquis par les insurgés le 21 avril à l’aube.
 
Dehiba est située à environ 200 kilomètres au sud de Ras Jdir, le principal point de passage entre la Libye et la Tunisie.
 
Du coté libyen du poste-frontière les deux camps rivaux ont échangé des tirs d’artillerie, provoquant des mouvements de paniques des civils dans la zone, selon un témoin interrogé par l’AFP.
 
Plusieurs ambulances sont passées de Tunisie en Libye pour évacuer des blessés, ont constaté des témoins.
 
Selon une source de sécurité, cinq loyalistes blessés ont été transférés à l’hôpital de Tataouine (Tunisie) où deux ont immédiatement été opérés.
 
Les combats se poursuivaient à 19H20 (18H20 GMT).
 
Un haut responsable militaire tunisien a qualifié la situation d’extrêmement tendue.
 
Les forces du colonel Kadhafi n’auront tenu le poste-frontière que quelques heures. Depuis plusieurs jours, des sources indépendantes avaient fait état de fortes concentrations de soldats loyalistes dans cette région, laissant augurer d’une contre-offensive imminente.
 
Parallèlement, des renforts insurgés avaient également fait mouvement depuis la région de Kabaou et Nalout vers la frontière tunisienne en prévision d’une attaque.
 
Jeudi après-midi, les affrontements ont eu lieu des deux côtés de la frontière, ont indiqué à l’AFP plusieurs témoins et une source militaire occidentale.
 
La première manche avait été remportée par les hommes du colonel Kadhafi, dont certains sont entrés en armes du côté tunisien pour pourchasser des insurgés. Selon un témoin sur la frontière interrogé par l’AFP, ils ont pénétré sur environ 1 km de profondeur.
 
D’après la même source, qui a requis l’anonymat, certains insurgés auraient réussi à repasser côté libyen, tandis que plusieurs autres ainsi que des soldats libyens armés auraient été arrêtés par les forces tunisiennes.
 
Cette dernière information était toutefois impossible à confirmer de source indépendante, ou officielle tunisienne.
 
Selon des sources militaires étrangères, l’armée tunisienne a dépêché des renforts dans la région de Dehiba. Un nombre non précisé de garde nationaux et de véhicules blindés ont convergé vers la zone dans l’après-midi.
 
On ignorait en revanche la situation à Wezen, première localité libyenne après Dehiba et qui avait été également reprise aux insurgés.
 
Depuis une semaine les combats entre insurgés et forces pro-Kadhafi ont redoublé d’intensité dans l’ouest du pays.
 
La rébellion contrôle Nalout, dernière grande ville avant le poste-frontière de Dehiba et une route menant de la frontière jusqu’à Zenten, près de 200 km plus à l’est, malgré les efforts des forces loyalistes pour couper les communications entre ces villes acquises à la rébellion.
 
Dimanche soir, les forces pro-Kadhafi avaient tiré des roquettes Grad sur Zenten, faisant quatre morts et neuf blessés, selon des habitants.
 
Mercredi, des milliers d’insurgés qui défendent cette ville avaient réussi à repousser de plusieurs kilomètres les forces du colonel Kadhafi après une journée entière de combats et de bombardements sur la ville.

REVOLUTION, à qui on la doit ?

Conduira-t-elle à la démocratie ?


 

 

Khaled MABROUK

 

Dans l’affaire de Mme Hamdi Fedya accusée d’avoir été à l’origine du suicide de Med Bouazizi, le tribunal a prononcé un non lieu. Le comportement du défunt n’était pas irréprochable et l’accusée ne l’aurait pas giflé.

Le procès s’était déroulé dans une ambiance houleuse. Les habitants de la ville avaient soutenu Fedya tout en manifestant une franche antipathie à l’adresse de la famille Bouazizi qu’on qualifie désormais de Trabelsi 2. On leur reproche d’avoir profité bassement du suicide de leur fils élevé au rang de martyr puis de symbole d’une révolution qui a fait des émules du moyen à l’extrême orient.

A Sidi Bouzid, les gens avaient parfaitement connaissance des dessous de cette affaire. Le scénario du diplômé au chômage acculé à se convertir en marchand de légume ambulant, harcelé et giflé par un commis de l’Etat, avait ses fins –dénoncer l’injustice et la répression érigés en système–, l’amalgame est politiquement légitime, mais ne devait en aucun cas conduire au sacrifice de l’agent municipal. Avec cet acquittement, on venait de jeter un pavé dans la marre car des voix avaient timidement contesté l’attribution du mérite de la révolution exclusivement aux insurgés du centre ouest !

Au-delà de la révolution, ce mélodrame a déchainé les passions. La symbolique de Bouazizi a engendré une fiction grisante pour une population avide de fantasmes et de héros. Ce phénomène a déclenché une vague médiatique sans précédent et qui n’avait d’yeux à travers les martyrs, que pour les protestations et les prétentions aussi bien légitimes que les plus extravagantes. Les médias de tout bord ont d’emblée mythifié et glorifié le peuple et notamment les jeunes pour leur spontanéité, leur courage et leur maturité. Cependant, on ne prononce que du bout des lèvres les sujets qui fâchent ; tels que la grande inquiétude de l’insécurité, l’escalade de la violence, les viols, les pillages, le vandalisme, les braquages, les règlements de compte, la spoliation, l’exclusion, l’extension effrénée de la précarité, l’instabilité politique…

Avec l’effondrement de l’ordre et de la sécurité, la population s’était prise d’une folie revendicatrice aggravée par une attitude délibérément réfractaire. L’insurrection est devenue le spectre et la hantise de toute initiative de rétablissement de l’ordre, de sécurisation de l’espace public et de reconstruction de l’économie. Les médias locaux ont versé dans la complaisance en caressant les masses bruyantes dans le sens du poil. Celles-ci s’étaient complu,avaient pris confiance et s’étaient faites de plus en plus menaçantes. L’espoir de démocratie était noyé par le rapport de force engagé entre ce qui restait de l’autorité et les forces anonymes qui jaillissaient sporadiquement de nulle part. Ces masses anonymes se sont accaparés le pouvoir durant de longues semaines. Les gouvernements provisoires successifs évoluaient sur un fil tendu. La dérive était la principale perspective d’avenir. L’espoir était l’unique projet crédible.

Les masses silencieuses étaient prises en otage. Le social a occulté la reconstruction, le sport et la culture suspendus, les loisirs relégués, les irrégularités devenaient la règle, les prisonniers libérés, les délits amnistiés, les violations accessibles, les escroqueries irrépréhensibles.

Les plus anxieux prirent peur pour la révolution. Les plus téméraires les rassurèrent. La situation empira et ne cessait de se dégrader. Cependant, trois mois après, des signes précurseurs laissent entrevoir une accalmie propice à une reprise progressive. Alors on prie, on se rappelle à la raison, on travaille quand il est possible de le faire et on attend.

Mais finalement, à qui et à quoi on la doit cette révolution ?

Dans quelques temps les passions se seront calmées, l’ordre rétabli et la nouvelle autorité constitutionnelle investie. Là, on devra évaluer notre niveau de réussite et la part d’échec de cette révolution. Que retiendra l’histoire ?

Cette page d’histoire immortelle, fait honneur à notre peuple qui a fini par relever la tête sur la seine internationale. On aime bien en ressasser le mérite. Mais de l’avoir écrite avec son propre sang et de lourds sacrifices durant une quinzaine d’années, nous impose tout de même à la réussir jusqu’au bout. Si on la ratait, que Dieu nous en prémunisse, une paix sans histoire aurait été préférable.

A ce jour, tout le monde s’accorde sur le fait que tout retour en arrière est invraisemblable voire exclu. N’empêche qu’il nous reste encore à franchir une étape cruciale et à risque.

Trois mois après, quelle appréciation porter:

Il est incontestable que l’immolation de Bouazizi soit le phénomène déclencheur de la phase finale. Et qu’est-ce qui a fragilisé le régime particulièrement répressif de Ben Ali au point de s’effondrer si rapidement (28 jours et environ 180 morts (hors prisonniers mutins) ?

Pour ce qui concerne notre mérite, comment reconsidérerait-on la situation ? Jugerait-on plus objectivement le sens de la citoyenneté et le niveau de maturité des Tunisiens pour leurs actions pendant et après l’insurrection ? Revaloriserait-on l’impact des actions d’opposition, de dénigrement et de revendication, antérieures à l’insurrection qui a emporté l’ex régime ?

Les sacrifices consentis par les opposants tout le long du règne de Ben Ali n’ont été portés à la connaissance du grand public ni avant ni après le 14 janvier. De rares privilégiés étaient au parfum de certaines actions de militants grâce à des réseaux secrets et interdits. Les versions officielles des autorités étaient fallacieuses et tronquées.

De nombreux opposants avaient combattu le régime sans vergogne, avec une foi et uneténacité inébranlables ? Toutes les actions avaient été très sévèrement sanctionnées par une répression aveugle. Que d’individus humiliés, emprisonnés, exilés, torturés, spoliés de leurs biens, privés de leurs droits. Que de familles aient été ébranlées. Que d’espoirs anéantis. Que de volontés cassées, que de raisons perdues, que de moral sapé. Que d’ambition rompue. Que d’enfants déstabilisés dans leurs études, privés de leur enfance…

De nombreux opposants ont troqué leur tranquillité contre le haut risque et la précarité. N’est-ce pas leur militantisme qui a décrédibilisé le régime ? Leur persévérance n’avait-elle pas fini par l’élimer ? L’avalanche de leurs attaques répétées à tous les niveaux et sur tous les fronts durant deux décades n’avaient-elles pas transformé Ben Ali en une bête féroce vieillie, fatiguée et édentée ?

Je me souviens encore et toujours de ceux qui ont choisi d’élever la voix et de s’attaquer au monstre en prenant tous les risques (surtout parmi les électrons libres). Je ne citerais que les cas que j’ai eu l’intérêt de connaître :

·M A, ce jeune avocat, père de 2 enfants de 5 – 7 ans qu’il a exposées à tous les dangers et en tous cas à la privation de leur père jeté en prison ; Sa carrière qu’il a compromise pourtant vouée à une réussite sans ambages (fortune et prestige). Son crime était de dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas.

·N R-J alias Om-Z, une professeure de langue, mère de famille, grande dame intellectuelle et de haute culture. Elle a attaqué sans relâche la famille régnante avec sa plume acerbe qui laissait les oppresseurs pantois. Elle avait le génie de mettre à nu leurs méfaits dans un langage châtier mais acéré et particulièrement vexant. Elle ne demandait rien d’autre que la dignité. Rien dans son propre intérêt. Elle fut harcelée, menacée, traînée devant les tribunaux, sanctionnée mais à aucun moment on n’a réussi à sécher sa plume ni confisquer sa pensée.

·Y M, un juge à qui on enviait le confort de sa situation. Mais son intégrité, sa morale et sa fierté n’étaient pas monnayables. Il a élevé la voix pour dénigrer Ben Ali en affirmant la servilité des instances judiciaires au régime ; Les ondes de choc de sa lettre ouverte ont été ressenties à travers tous les pays environnants et au-delà. Il a été congédié et mis à l’index. Et de son neveu Z. l’informaticien créateur du site Tunézine. Il a payé trop cher son sursaut d’honneur. Il n’a pas survécu à la prison et à la maltraitance.

·O M et l’infatigable S Ben S que l’on reconnait plus facilement avec un visage tuméfié ; Jamais le pouvoir n’a pas réussi à la museler, elle s’est accordée une énergie et des moyens tentaculaires (médias, web, actions internationales…)

·M M, Professeur en médecine particulièrement actif contre les deux systèmes totalitaires que nous avions connus. Il n’à point connu de répit jusqu’à son exil en France. Il a toujours donné du fil à retordre au pourvoir.

·L’ardent B B à l’expression et au franc-parler virulents voire répulsifs. Il ne sortait de prison que pour y retourner jusqu’à son exil,

·Les partis politiques et associations qui ont multiplié les actions militantes et d’opposition en subissant toutes les formes de répression revanchardes du régime. PDP, FDTL, ETTAJDID, POCT, LTDH, CNLT, Ass. C la Torture, Ass. pr la Libération des Prisonniers…

·Et surtout et particulièrement le mouvement d’insurrection du bassin minier de Gafsa qui a été réprimé dans le sang. Cette action nous a très vraisemblablement fait gagner beaucoup de victimes lors de l’insurrection ultime de janvier 2011.

Si l’élan de citoyenneté à haute valeur morale de ces femmes et ces hommes n’est pas de l’altruisme, ce serait quoi alors ? Ils n’étaient ni chômeurs ni nécessiteux. Ils n’avaient aucune revendication matérielle ni prétention à partager le pouvoir (à l’exception des partis). Leur rébellion n’avait pour objectif que de faire accéder le peuple à la dignité humaine.

Ceci dit, il est incontestable que le peuple soit reconnaissant envers toutes les forces vives qui ont milité d’une façon ou d’une autre, à un moment ou à un autre, contre le régime de Ben Ali. Or, justement j’ai regretté qu’à l’euphorie du 14 janvier l’on ait pu oublier ou reléguer au second plan, le rôle des chevilles ouvrières qui demeure à ce jour méconnu du grand public.

Alors, saluons en particulier les militants de fond, qui se sont sacrifiés pour l’intérêt commun au prix de leurs propres intérêts. Saluons en second lieu les foules qui se sont insurgées à partir de la fin décembre 2010 pour crier leur désarroi, leur précarité et leur désespoir ; Il n’y a aucune honte que des fois, le pain soit prioritaire à la dignité. Les ventres qui crient famine font élever la voix. A force de nous faire croire que notre révolution avait pour unique but la dignité, on finit par nier que certaines couches sociales vivaient en dessous du seuil de pauvreté. Et puis, la dignité nous manquait depuis le début de l’ère Ben Ali mais après 23 de règne, l’extrême précarité s’y est greffée et ce fut fatal.

Quant aux masses populaires qui ont rejoint le mouvement de contestation le 14 janvier… il était grand temps, ils ne pouvaient pas prendre davantage de temps à la réflexion. Ce jour là, l’ambiance avait déjà un parfum de victoire et les participants ne risquaient que de… gagner.

Finalement : A l’issue de la révolution, notre peuple a eu droit à tous les égards, Il a été couvert de louanges. Qu’à cela ne tienne, mais aujourd’hui avec le recul, ne devrions-nous pas porter une appréciation plus objective ? Pour progresser ne devrions-nous pas être conscients de nos faiblesses ? On ne peut ignorer les attitudes plus que regrettables de tout un pan de la société et dormir satisfait. Si on ne se remettait pas en question, on n’identifiait pas et on n’admettait pas nos faiblesses, comment pourrait-on y pallier et évoluer.

Alors, reconnaissons que l’après révolution nous a rendus conscients de deux impératifs :

·La sécurité : On est d’accord ? Alors, quand les services d’ordre essayent de renaître de leur cendre, cessons de les accuser de « revenir à leurs vieux démons ».

·Humilité : Très rapidement, nous avons pris conscience des limites de notre maturité et de notre culture civique. Nous manquons de tous les rudiments des valeurs et des vertus de l’autodétermination. Notre mentalité et nos reflexes n’y avaient pas été habitués : Liberté – Démocratie – Economie – Politique – Constitution – Forum – Respect de l’autre.

De nouvelles notions ; Même si on en connaît le sens théorique, nous n’en avons pas le sens de la pratique. Ainsi, nous apprécions les rencontres de football mais notre pratique de la liberté –en envahissant les terrains– nous empêche de jouir de leur spectacle. Nous voulons de l’emploi mais notre liberté enraye la croissance.

Je veux m’exprimer démocratiquement et je fais tout afin que ce ne soit pas le cas pour l’autre. Parce que je suis noble, ma spécificité doit être reconnue et garantie par la constitution et je fais d’emblée obstruction pour que ce ne soit pas le cas de celle de l’autre qui est moins illustre ou minoritaire.

Devant chez moi, il faut que ça reste propre alors je dépose mon sac poubelle un peu plus loin en faisant abstraction du respect de l’autre. Je veux voter mais je préfère la distraction aux forums politiques. Nous manquons de tout.

En outre, notre enseignement pouvait s’enorgueillir de tout mais certainement pas des langues et des connaissances générales. Et si les livres coutent cher, tant pis, on ne s’en inspire que très exceptionnellement. C’était comme ça dans l’ancien régime, les cinéclubs faisaient peur. Notre enseignement n’encourageait ni à la documentation ni à l’élargissement du savoir.

Aujourd’hui, soyons-en conscients et faisons preuve de modestie. Que chaque individu cesse de se prendre pour un leader et encore moins pour le peuple. On gagnerait à moins parler et à écouter davantage, on a les idées des autres en plus de nos propres idées.

 

La liberté est trop précieuse, respectons-là sinon elle nous trahit ; Ne dit-on pas : « Trop de liberté tue la liberté ». Que l’encadrement médiatique se regroupe et se concerte en vue de mettre à niveau le secteur. De la qualité de l’information dépendra la réussite de notre démocratie. Au lieu de chercher à plaire et à se complaire, plutôt que de pratiquer le clientélisme, les médias doivent se mettre prioritairement au service de la démocratie. Il leur revient de nous donner le sens de la mesure et de calmer les ardeurs notamment des politiques peu scrupuleux qui alimentent les foules en polémiques passion.

Khaled MABROUK : mabrouk_kh@yahoo.fr

 


Les arrestations de migrants tunisiens se multiplient


 

Paris, Nice et Marseille, des dizaines de migrants tunisiens ont été interpellés et placés en garde à vue.

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«Ni l’Italie, ni la France n’ont vocation à accueillir les migrants tunisiens.» Le message du ministre de l’Intérieur Claude Guéant début avril à l’intention des 20.000 Tunisiens ayant quitté leur pays depuis le début de la révolution avait le mérite d’être clair. Depuis plusieurs jours, les autorités procèdent donc à de nombreuses arrestations de migrants en situation illégale.

À Paris, plusieurs dizaines d’immigrés, pour la plupart venus d’Italie, ont ainsi été interpellés mercredi soir. L’opération s’est déroulée vers 21h porte de la Villette alors que la Croix-Rouge procédait à une distribution de repas chaud. D’après Omeyya Seddik, administrateur de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), sur les 100 ou 200 «jeunes migrants» présents, «presque tout le monde» a été embarqué après avoir fini de manger.

À Marseille, une quinzaine de migrants qui s’était réfugiés dans un square près de la gare ont été interpellés mercredi soir et placés en garde à vue pour «infraction à la législation sur les étrangers». L’opération s’est encore une fois déroulée en présence d’associations qui tentaient de trouver des hébergements aux 100 à 200 migrants réunis dans le petit parc. «On avait pu (trouver des solutions) pour vingt-cinq migrants et on essayait (d’en trouver) pour les autres, lorsque des CRS et des policiers de la police des frontières sont arrivés pour les contrôler», a expliqué Bernard Eynaud de la Fédération de la Ligue des droits de l’homme. «D’un point de vue symbolique, ça me paraît très fort. On nous tient un double discours: la préfecture annonce qu’un école publique va être ouverte ce matin pour (les loger) et en même temps, les forces de l’ordre interviennent», a-t-il ajouté.

Des interpellations «qui n’honorent pas la France»

Vingt huit ressortissants tunisiens ont été également placés en garde à vue après avoir manifesté mercredi à Nice pour réclamer des papiers. Leur situation sera examinée au cas par cas. Ceux qui répondent aux critères d’admission en France seront relâchés, les autres seront reconduits en Italie s’ils en proviennent, ou en Tunisie.

La veille, mardi, quelque 70 personnes, à majorité tunisiennes, avaient également été arrêtées et une soixantaine d’entre elles placées en garde à vue à Paris. D’après les autorités, l’opération a permis d’établir que toutes ces personnes ne sont «pas sédentarisées» puisqu’«aucun campement n’a pu être identifié». «La majorité d’entre eux ont ou vont faire l’objet d’arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière», a annoncé mercredi soir la préfecture de police, sans donner de chiffre précis ni de détails.

Me Samia Maktouf, qui défend plusieurs migrants tunisiens, a dénoncé ces interpellations, qui «n’honorent pas la France». «Ils n’étaient pas en train de commettre un délit ni de troubler l’ordre public. Leur seule faute, c’est qu’on ait pu localiser l’endroit où ils dorment» après une petite manifestation mardi, pour demander à «être accueillis dans la dignité», a-t-elle expliqué.

Le même jour, le maire de Paris invitait l’Europe, et la France en particulier, à traiter avec «humanité et dignité» ces Tunisiens qui ont fui leur pays. Il a par la suite dénoncé les opérations de polices qu’il a qualifiées de «choquantes». «Elles interviennent quelques heures après que la ville de Paris a décide de missionner les associations France Terre d’asile et Emmaüs pour évaluer la situation de chaque personne migrante et proposer des solutions adaptées», a-t-il expliqué dans un communiqué.

Si quelques migrants disposent d’un permis de séjour de six mois délivré par l’Italie, Claude Guéant, a indiqué pour sa part que ce n’était «pas à l’Etat» de pourvoir au séjour de ces Tunisiens, qui devaient «en vertu des accords internationaux et de la loi (…) disposer de ressources suffisantes pour assumer leurs frais de séjour».

Source : « Le Figaro » Le 28-04-2011

Protestations en France contre les arrestations de migrants


 

Des associations et syndicats s’élèvent contre les arrestations de migrants, en majorité tunisiens, qui se multiplient en France.

Des dizaines d’immigrés, pour la plupart arrivés récemment d’Italie, ont été interpellés au cours des dernières 48 heures à Paris, Pantin (Seine-Saint-Denis) et à Marseille.

Ces opérations ont eu lieu alors que les associations caritatives tentaient de trouver dans la capitale des solutions d’hébergement pour les clandestins, en majorité tunisiens mais également égyptiens ou libyens.

Les préfectures concernées soulignent que l’objectif est de contrôler les personnes « arrivées en masse » et d’établir un « diagnostic » de la situation de chacun avant d’envisager un traitement au cas par cas.

Pour les associations, il ne fait guère de doute qu’une partie des migrants interpellés seront expulsés.

Pour pouvoir rester en France, les migrants tunisiens doivent être détenteurs d’un permis de séjour en zone Schengen octroyé par Rome et posséder 31 euros par jour pour justifier leur présence sur le territoire français.

A Paris, où plusieurs centaines de migrants dorment en plein air dans des squares, le maire socialiste, Bertrand Delanoë, s’est élevé mercredi contre l’interpellation d’une soixantaine de migrants. Mais les opérations ont repris le soir même.

Pour France Terre d’Asile, la réponse policière apportée à la situation des jeunes Tunisiens arrivés en France « est inacceptable parce que disproportionnée ».

« REPLI FRILEUX »

Les interpellations ont eu lieu à proximité des lieux de distribution alimentaire par la Croix Rouge, « sur des personnes en grande précarité », souligne-t-elle dans un communiqué.

« Les droits de l’homme et le droit d’asile sont bafoués par ce gouvernement. Ce dernier n’a de cesse de mener une politique anti-immigrés », estime de son côté l’Union syndicale solidaire.

Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) souligne que des mineurs figurent parmi les migrants et qu’ils devraient être spécialement protégés au titre des lois sur la protection de l’enfance.

Les 25.000 Tunisiens débarqués dans l’île italienne de Lampedusa depuis le début de l’année constituent un « bien modeste mouvement migratoire » au regard de « l’exode biblique » prophétisé par le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, écrit-il dans un communiqué.

« A l’heure où la Tunisie accueille elle-même plus de 200.000 personnes ayant fui la Libye voisine, la France, comme l’Union européenne, devrait arrêter de se couvrir de honte en pratiquant le repli frileux », ajoute le Mrap.

A Marseille, la préfecture des Bouches-du-Rhône a annoncé la mise en place d’un dispositif de retour volontaire et un renforcement des forces de l’ordre pour éviter que la ville ne devienne une « destination privilégiée » des immigrés clandestins.

Une centaine de migrants tunisiens arrivés d’Italie ont trouvé refuge sur un square proche du quartier de la gare Saint-Charles avant de disparaître dans les rues de la ville avec l’apparition des forces de police.

Une quinzaine d’entre eux ont été interpellés mercredi.

« Nous avons constaté ces derniers jours l’arrivée de ressortissants tunisiens. Nous avons pris les mesures pour tarir ce flux et faire en sorte que les personnes soient reconduites soit en Italie, soit fassent l’objet d’un retour volontaire vers la Tunisie », a dit jeudi à la presse le préfet délégué pour l’égalité des chances, Raphaël Le Méhauté.

« On ne s’attend pas à un afflux massif », a-t-il ajouté, annonçant toutefois l’installation d’un dispositif renforcé aux endroits stratégiques de Marseille.

En collaboration avec le consulat de Tunisie et l’Office français de l’immigration et de l’intégration, la préfecture a mis en place une aide au retour pour les migrants qui se sont déclarés « spontanément volontaires » pour rentrer dans leur pays.

Source : « Le Point » Le 28-04-2011

Tunisie : le gouvernement gère l’urgence


 

Mercredi 27 avril, Medef International avait convié quatre ministres du gouvernement provisoire en Tunisie, tous anciens chefs d’entreprises appelés aux lendemains de « la révolution du jasmin » pour servir leur pays jusqu’à l’établissement d’un nouveau régime. Très à l’aise pour présenter les aides d’urgence en faveur des populations et des régions défavorisées, des jeunes diplômés au chômage et des entreprises que les évènements ont lourdement frappées, leurs réponses étaient plus évasives lorsqu’il s’agissait de dresser des perspectives à moyen et long terme.

Les quatre ministres – Jalloul Ayed (Finances), Mehdi Houas (Commerce, tourisme et artisanat), Saïd Aïdi (Formation professionnelle et emploi) et Yassine Ibrahim (Transports et équipement) – ont cherché à rassurer leurs interlocuteurs. Il n’est pas certain qu’ils y aient totalement réussi. Leurs compétences et leur volonté de relancer la machine économique ne sauraient être mises en doute. Le fait qu’ils appartiennent à un gouvernement provisoire n’y est certainement pas étranger. Les quatre ministres se sont en effet engagés, comme les autres membres du gouvernement de transition, à quitter le pouvoir après l’établissement d’une nouvelle Constitution nationale. Le 24 juillet prochain, une Assemblée constituante sera élue.

De fait, « la révolution du 14 janvier » a affecté l’activité du pays. « L’économie s’essouffle », reconnaît Jalloud Ayed, 60 ans, ancien vice-président de BMCE Bank, filiale de la Banque marocaine du commerce extérieur à Londres. La croissance de l’économie, qui devait s’élever à 5,5 % cette année, sera finalement inférieure à 1 % et le nombre d’emplois créé (85 000 prévus pour 2011) tomberait à 20 000 environ. Or, le taux de chômage est déjà élevé, de l’ordre de 20 %. Et sur les 500 000 demandeurs d’emploi recensés en janvier, 160 000 étaient des diplômés de l’enseignement supérieur.

Alors que le patronat et les syndicats tunisiens entament un dialogue social tout neuf, les grands projets sont relégués à l’arrière plan. Directeur Moyen Orient-Afrique d’Alstom, Paul Moneyron a fait part de « son inquiétude » aux quatre ministres tunisiens. A l’instar de l’autoroute Sfax-Gabes, qui concerne 2 000 emplois directs et 5 000 indirects, « les grands projets en cours ne sont pas stoppés », a répondu Yassine Ibrahim, qui a aussi cité d’autres pistes, comme le creusement d’un tunnel à Bizerte pour remplacer le pont mobile défectueux et des études pour un train à grande vitesse.

Selon le ministre des Transports et de l’équipement, le projet de réseau ferroviaire rapide (RFR), équivalent du RER parisien pour le Grand Tunis, « avance toujours ». Mais, reconnaît-il dans le même temps, « le pays n’a pas la capacité de relancer des grands travaux », ce qui va amener le gouvernement à organiser une conférence sur la logistique pour exposer les différents thèmes, comme le rail et les autoroutes. Les conclusions pourraient servir de base de décision « aux futurs gouvernements », estime Yassine Ibrahim.

Qu’en sera-t-il du grand port dont l’ancien régime voulait doter le pays à Enfidha, près de Sousse ? Yassine Ibrahim a instillé le doute en déclarant qu’il faut « mieux utiliser les ports existants avant d’aller vers un port en eau profonde ». Autre incertitude : Jalloud Ayed promet une restructuration profonde du secteur bancaire et l’établissement d’un marché financier « pour lever des fonds pour des projets à moyen et long terme », mais l’Etat n’est toujours pas parvenu à donner un nouveau patron à la Société tunisienne d’assurances et de réassurances (Star). L’ancien président de la Star, dont Groupama détient 35 %, a été expulsé fin janvier.

Source : « lemoci » Le 28-04-2011

La révolution tunisienne et son histoire


 

Comment écrire un livre sur un phénomène qui ne semble pas encore achevé, la « révolution » tunisienne, qui plus est quand on est journaliste français ? Pierre Puchot, Grand Reporter spécialiste du Maghreb, répond à ces questions en offrant un recueil de ses articles écrits pour Mediapart de 2008 à 2011. Prenant ainsi de la distance avec les évènements, le journaliste parvient à rétablir une chronologie des évènements, une « genèse de cette révolution populaire tunisienne » pour tout lecteur non averti et un document riche d’enquêtes et de reportages.

 

Trop tôt ? Trop rapide ? Trop risqué de faire un livre sur un phénomène dont on ne connaît toujours pas aujourd’hui les débouchés ? Non, car l’ouvrage constitue avant tout un document journalistique, un recueil d’informations qui peuvent aider à comprendre les enjeux de la Tunisie actuelle. Le livre prend pour titre « une révolution arabe », soulignant l’ampleur d’un mouvement qui rythme encore l’actualité médiatique comme on peut le voir dans les récentes répressions de la révolte syrienne. « Une » révolution, car il y en a eu une autre avant, celle du bassin minier de Gafsa longtemps taboue et sans images, dont le livre a le mérite de retracer l’histoire. Lancée par les manifestations du 5 janvier 2008 à Redeyef suite à un concours d’embaûche complètement faussé, cette révolte était l’une des premières à remettre en cause l’autorité et la corruption du système Ben Ali. Le livre pose ainsi un problème : Où commence la révolution tunisienne ? A Gafsa il y a trois ans malgré la répression sanglante ou le 17 décembre 2011 lorsque Mohamed Bouazizi s’immole en pleine rue ? Ou encore lorsque des milliers de manifestants crient le fameux « Dégage ! » à Tunis qui entraînera le départ le 14 janvier de Ben Ali ? Face à la précipitation et à la rapidité du mouvement, retracer une ligne chronologique via différentes informations fait sens.

 

Le livre n’est pourtant pas qu’un catalogue d’articles mis les uns à la suite des autres. Les photos qui séparent les chapitres, les mots de Moncef Marzouki (opposant au régime Ben Ali), Radhia Nasroui (avocate et présidente de la ligue tunisienne des droits de l’homme), Saber Mansouri (historien tunisien) sont aussi là présents pour faire prendre la parole à ceux qui ont été longtemps mis de côté. Mêlant ainsi le travail de plusieurs années et des articles récents sur les évènements en Tunisie, le journaliste offre un double regard : celui qui pointe l’aveuglement total des gouvernements français de Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy face au mythe du « miracle tunisien » et celui qui analyse année par année le système politique et social de la Tunisie laissant place aux témoignages des opposants politiques comme Moncef Marzouki le 24 octobre 2009, Taoufik Ben Brik journaliste harcelé par le régime ou encore Fahem Boukadous, rescapé des geôles de Ben Ali. Parmi ces figures connues, des portraits ou des citations de tunisiens ordinaires comme un Gafsien, mécanicien au chômage qui passe ses journée à chatter sur Internet, rêvant d’une vie meilleure viennent compléter les récits.

Source : « nonfiction » Le 29-04-2011

Tunisie : aucun parti politique n’est apprécié


 

Aucun des partis politiques (ils sont plus de 50 actuellement) n’est apprécié par les Tunisiens. C’est ce qui ressort du rapport établi par l’Institut de sondage et de traitement de l’information statistique (ISTIS). Selon l’enquête, 59,6% des personnes interrogées n’ont apprécié aucun parti politique.

Les résultats du sondage ont révélé également qu’aucun des partis politiques actuels ne représente ou reflète l’avis des Tunisiens. A la question : « comment considérez-vous la Tunisie actuellement ? », 55,2% des sondés ont déclaré que le pays est proche de la société occidentale tandis que 44,8% ont indiqué que le gouvernement est proche de la société arabo-musulmane. En revanche, seulement 19,8% préfèrent que la Tunisie devienne proche de la société occidentale. Cependant, la majorité, soit 80,2% la préfèrent proche de la société arabo-musulmane. Le sondage a été réalisé au cours de la période du 4 au 11 avril 2011 sur un échantillon de 1 828 personnes. L’échantillon a été sélectionné selon la méthode des quotas par région, milieu, genre et âge

Source : « Investir en Tunisie » Le 28-04-2011

Le système libéral a la faveur des Tunisiens, selon un sondage d’ISTIS


Alors que les sondages d’opinion réalisés après la révolution par plusieurs bureaux spécialisés dans les enquêtes statistiques ont porté principalement sur la notoriété des personnalités et partis politiques, celui réalisé par l’Institut de sondage et de traitement de l’information statistique (ISTIS), en partenariat avec Mayadine, plateforme de Market Research, ambitionne d’apporter des réponses à certains interrogations, entre autres sur la perception de la situation actuelle du pays au niveau de la sécurité, des médias et des performances du gouvernement provisoire, les risques perçus par les Tunisiens sur l’avenir du pays ainsi que leur opinion sur les revendications sociales et leur impact.

 

«L’objectif de l’enquête est d’apporter un éclairage sur l’état d’esprit actuel et la perception du Tunisien concernant ces questions actuellement sujets à débat et polémique», a expliqué Hosni Nemsia, DG d’ISTIS, lors d’une conférence organisée mercredi 27 avril 2011 à Tunis.

Un échantillon de 1.828 personnes a été sélectionné selon la méthode des quotas par région, milieu, genre et âge. L’enquête a été administrée en face à face en arabe sur la base d’un questionnaire préétabli.

Situation actuelle de la Tunisie

Globalement, la situation a été jugée incompréhensible par 52,6% des personnes interrogées, 22,7% jugent qu’elle est normale après une révolution, 13,7% ne ressentent aucun changement et 11% la trouvent inquiétante.

Dans un futur proche, l’évolution de la situation du pays ne semble pas claire pour 66,1%; elle se complique davantage pour 19,9% et uniquement 14% déclarent que la Tunisie est sur la bonne voie.

Les revendications sociales (55,4%) et la faible performance de l’UGTT (55,2%) et des partis politiques (68,2%) représentent des facteurs d’insatisfaction de la population tunisienne.

Malgré cette situation, deux tiers (66,3%) des Tunisiens restent moyennement ou totalement confiants dans l’avenir du pays vis-à-vis de l’ordre, la liberté et la justice.

La révolution et les médias-presse

Le sondage a révélé qu’avant la révolution, 42,5% des Tunisiens s’intéressaient aux informations, cette proportion s’élève actuellement à 91,4%. Cette tendance concerne notamment l’ensemble de la population toutes catégories confondues.

Ainsi, les supports médiatiques les plus souvent utilisés sont :

 

– Les chaînes de TV tunisiennes : 74,2%

– Les chaînes de TV étrangères : 67,4%

– Les chaînes de radio : 45,5%

– Les journaux et magasines tunisiens : 30,8%

– Les journaux et magasines étrangers : 15,4%

– Internet (facebook, tweeter, …) : 36,9%

– Journaux électroniques et sites d’actualité : 25,9%

Au niveau régional, les résultats indiquent que l’usage d’Internet est moins fréquent dans les régions de l’ouest, le pourcentage de personnes qui n’utilisent jamais ou qui utilisent rarement l’Internet pour s’informer dépasse 67% dans le Nord-est et 78% dans le Centre-ouest.

Les tendances politiques

Plus de 55% de la population s’intéressent à la politique, et les sceptiques ne représentent que 20%. Les franges de la population les plus concernées sont constituées de ceux qui ont un niveau d’instruction supérieur au primaire, toute activité confondue sauf les femmes au foyer. Au niveau régional et par rapport à ce niveau global, la région Nord-ouest est en décalage avec près de 35% alors que la région de la capitale présente un intérêt prononcé avec près de 75%.

La connaissance du paysage politique actuel est à 62% faible et 27% moyenne. Une personne sur dix déclare en avoir une bonne connaissance. Le taux de méconnaissance est assez homogène entre les diverses régions et milieux, dégressif avec le niveau d’instruction.

Au niveau du système économique, une personne sur trois déclare ne pas avoir de sensibilité précise. Pour ceux qui ont un choix, un tiers opte pour un système libéral avec intervention de l’Etat. Le système socialiste n’a pas la faveur et ne récolte pas plus de 4%. Un sondé sur 10 est favorable à un système économique à consonance islamique, et un sondé sur cinq préfère le système libéral.

Source : « wmc » Le 28-04-2011

La Tunisie cherche sa justice post-révolutionnaire


 

Ils étaient plus de 300, le 15 avril, devant l’ambassade d’Arabie saoudite à Tunis, pays où Zine El Abidine Ben Ali s’est réfugié le 14 janvier avec plusieurs membres de sa famille. Leurs pancartes réclamaient le retour du président déchu et sa traduction devant un tribunal.

L’annonce, le jour précédent, de l’arrestation de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak avait renforcé l’exigence de justice des Tunisiens.

Face à la pression, les autorités de transition mettent en avant les démarches entreprises. Dans un entretien télévisé, le 13 avril, le ministre de la justice, Lazhar Karoui Chebbi, a indiqué que 18 actions en justice étaient intentées contre l’ancien président, pour « homicides volontaires, complot contre la sûreté de l’État et usage et trafic de drogues ».

Il a assuré faire le maximum pour obtenir l’exécution du mandat d’arrêt international émis le 26 janvier contre lui et son épouse, Leïla Trabelsi, et leur extradition.

Ces dernières semaines, les mesures prises à l’encontre des cadres du régime se sont aussi multipliées. Le 8 avril, les anciens ministres et conseillers de Ben Ali, et les personnes soupçonnées de corruption, ont été interdits de quitter le pays. Privés d’activité politique depuis le 11 avril, les responsables du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), l’ancien parti au pouvoir dissous en mars, sont de plus en plus nombreux à avoir affaire à la justice.

Le système judiciaire fait aussi l’objet de purges

Le dernier secrétaire général du RCD, Mohamed Ghariani, a été arrêté le 11 avril et l’un de ses prédécesseurs, Abderrahim Zouari, le 13. L’ancien premier ministre Hamed Karoui a aussi été entendu par la justice.

« Ces arrestations sont de bon augure, estime Abderrazak Kilani, bâtonnier de l’Ordre des avocats. Mais elles surviennent très tardivement. » Les semaines écoulées depuis le 14 janvier « ont donné le temps aux responsables de cacher les traces de leurs crimes », s’inquiète-t-il.

Une critique rejetée par le premier ministre de transition, Béji Caïd Essebsi : « Je ne crois pas à la justice expéditive et collective », a-t-il récemment déclaré. Les procédures ne vont « pas aussi vite que nous l’aurions souhaité, mais je préfère cela à l’injustice », a-t-il encore expliqué.

Le gouvernement s’empresse d’autant moins que le système judiciaire, hérité de l’ancien régime, fait lui-même l’objet de purges. Selon le ministre de la justice, une dizaine de magistrats connus pour leur « allégeance » au système Ben Ali ont récemment été démis.

Entre chasse aux sorcières et complaisance

Après vingt-trois ans d’un régime basé sur la surveillance policière et la torture, les autorités de transition cherchent le juste milieu entre une chasse aux sorcières et une modération perçue comme complaisante.

Deux commissions indépendantes ont été créées pour enquêter sur les exactions commises pendant les semaines de révolte et sur la corruption qui gangrenait le système, mais leur légitimité est contestée. Le conseil de l’Ordre des avocats a dénoncé la proximité de certains membres avec l’ancien régime et l’empiétement sur le travail de la justice.

La commission d’enquête sur les exactions « ne peut aucunement remplacer l’institution judiciaire », a expliqué son président, Taoufik Bouderbala, lors d’une conférence sur la « justice transitionnelle » qui s’est tenue à Tunis du 14 au 16 avril.

Son principal objectif est « la recherche de la vérité ». « Nous allons prononcer des condamnations politiques, indique Bochra Belhajmida, avocate et membre de la commission. Les cadres du régime vont être reconnus responsables devant les Tunisiens. » Une démarche essentielle, souligne-t-elle, pour « éviter les haines et permettre à la société d’accéder à la sérénité ».

Source : « La Croix » Le 28-04-2011

 

Jalloul Ayed, ministre tunisien des Finances :

« La Tunisie démocratique peut gagner deux points de croissance »


 

Dans un entretien à La Tribune, le grand banquier devenu ministre dans le gouvernement de transition démocratique explique comment le pays créera « des centaines de milliers d’emplois » d’ici cinq ans. Il revient également sur les conséquences économiques de la révolution de jasmin et s’exprime sur les autres révoltes arabes.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance d’à peine 1,3% cette année après 3,7% en 2010, le dernier exercice du régime Ben Ali. Pour l’économie, mieux vaut donc une dictature qu’une jeune démocratie ? Non, c’est un passage démocratique. Les révolutions, c’est comme une naissance : c’est très beau mais cela fait mal. Cette transition difficile donne des opportunités pour une croissance beaucoup plus intéressante que par le passé. Aujourd’hui les Tunisiens, surtout les investisseurs, peuvent se lancer dans les projets qui les intéressent, sans retenue aucune. La Tunisie démocratique peut gagner deux points de croissance supplémentaires en libérant les énergies qui vont permettre de développer son immense potentiel. La baisse de la croissance cette année est exceptionnelle et surtout due aux troubles et aux mouvements sociaux, ce qui est tout à fait normal après une révolution, quand le peuple réclame qu’une justice lui soit rendue

La révolution tunisienne est partie du mal-être de jeunes diplômés au chômage. Comment leur donner du travail ? Pour cette génération frustrée, le gouvernement prépare un vrai plan Marshall pour la Tunisie. D’ici aux élections d’une assemblée constituante le 24 juillet, nous mettrons en place deux structures pour relancer l’économie : une Caisse de dépôt et de consignation (CDC), fondée sur le modèle français ou même marocain, autonome mais sous supervision du ministère des Finances, et dotée à terme de 3 à 4 milliards de dinars. Elle servira à financer de grands projets d’infrastructures publics, comme le réseau ferré tunisien par exemple, qui est le même que celui laissé par les Français lors de la décolonisation ! L’autre structure est un «Fonds générationnel» en grande partie financé par les recettes de la privatisation. Ainsi nous pourrons créer dans les cinq années à venir des centaines de milliers d’emplois pérennes en Tunisie à partir de notre main d’œuvre qualifiée. Ces deux fonds pourront s’associer aux capitaux étrangers, notamment français.

Vous nationalisez des entreprises détenues jusqu’ici par le clan Ben Ali, à l’instar d’Orange Tunisie. Qu’en ferez-vous ? Notre objectif est de préserver les acquis et les intérêts des investisseurs étrangers qui ont cru en notre pays. La confiscation -il ne s’agit pas de nationalisation- concerne une multitude d’entreprises, dont quatre ou cinq très grandes entreprises pour lesquelles nous élaborons une stratégie rapide vu leur importance dans leur secteur. Les autres, petites, vont des concessions automobiles à la distribution en passant par les services. Mais l’Etat n’a pas du tout l’intention de garder ces actifs dans son portefeuille. Il y a trois solutions : une vente industrielle, une vente par appel d’offre, ou l’introduction éventuelle en Bourse. L’Etat n’a pas à se mêler de leur gestion mais il a la responsabilité de préserver leur rentabilité pendant la période transitoire.

La saison touristique est en grand danger pour 2011… Même si nous perdons 40% de l’activité cette année, la situation n’est pas catastrophique. L’essentiel est de revenir à un rythme normal d’ici l’automne prochain. Sur le court terme, les dégâts économiques sont importants, mais au final le tourisme va être beaucoup plus porteur dans les années qui viennent. La transformation de la Tunisie en démocratie suscite beaucoup d’admiration dans le monde, notamment en Europe, et va attirer du monde, en plus de ceux qui viennent pour le climat et la richesse du patrimoine historique et archéologique.

Comment jugez-vous l’aide internationale ? L’enveloppe de 350 millions d’euros promise par Alain Juppé est la plus importante que nous ayons reçu sur une base bilatérale. Cela montre l’engagement de la France, premier investisseur, premier client et fournisseur de la Tunisie, et la qualité de nos rapports. Les institutions internationales comme la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement, plutôt connues pour leur difficulté à réagir vite, ont répondu à la situation avec une rapidité remarquable. Cela montre que la Tunisie a une excellente réputation vis-à-vis de la communauté internationale, y compris les Etats-Unis. Les Américains se sont montrés tout à fait disposer à nous aider.

Quelle est votre position vis-à-vis de l’immigration massive de jeunes Tunisiens en Europe ? Le problème, c’est cette immigration illégale, informelle. Les polémiques qu’elle suscite en Europe ne concernent pas la Tunisie. Le peuple tunisien s’est senti bafoué pendant longtemps, il faut que les jeunes s’arment de patience et prennent confiance dans leur avenir et dans celui de leur pays. Il faut leur redonner une lueur d’espoir, leur faire comprendre qu’ils ont leur place au soleil.

Etes-vous fier que d’autres pays s’inspirent de la révolution tunisienne ? Fier n’est pas le mot, car nous ne sommes pas des exportateurs de révolutions. Ce qui se passe en Libye, au Maroc ou en Algérie, on le vit très fortement. Je ressens de la sympathie pour ces mouvements mais aussi beaucoup d’anxiété, notamment pour la souffrance du peuple libyen. L’impact de la révolution en Libye sur notre économie est très négatif : la Libye représente plus d’un milliard de dollars pour nos exportations, et 1,5 million de libyens venaient faire du tourisme en Tunisie les poches pleines. Par contre, je suis fier que cette révolution ait eu lieu en Tunisie. Fier que le peuple tunisien ait encore une fois tracé une ligne glorieuse dans son histoire.

Source : « Tribune de Geneve » Le 28-04-2011

Tunisie: Néjib Chebbi fait sa campagne au Maroc


 

Ahmed Nejib Chebbi, leader du parti démocratique progressiste, s’est déplacé Mardi 26 Avril au Maroc pour une visite de travail sur invitation de la fondation Bouabid. Ce voyage intervient dans un contexte de pré-campagne électorale où les partis cherchent par tous les moyens à se donner une stature politique et un poids nécessaires pour la direction des affaires du pays. M. Chebbi, un avocat de 67 ans, est un candidat possible à l’élection présidentielle qui interviendra après la constituante. Lors de ce voyage, M. Nejib Chebbi a rencontré les ministres marocains des Finances et de l’Industrie, MM. Salahedine Mezouar et Reda Chemmi, ainsi qu’un parterre d’acteurs économiques intéressés par le développement et la consolidation des liens économiques et financiers des deux pays. Les discussions ont tourné autour des possibilités de renforcer les relations entre la Tunisie et le Maroc avec comme finalité la promotion des échanges commerciaux, du savoir faire et de l’expertise, ainsi que la création d’une plate-forme de coopération entre non seulement les deux pays frères. Un échange fructueux sur des questions stratégiques d’avenir pour les deux pays a eu lieu avec M. Mohamed Kettani (Ettijari wafa Bank), et Karim Hajji (Directeur de la Bourse de Casa), ainsi que d’autres leaders d’opinion marocains. Ces échanges ont porté sur les secteurs bancaires, industriels et touristiques. De nombreuses propositions pour entamer un avenir économique commun au niveau du Maghreb ont été discutées lors de ces débats. Confortés par des sondages favorables, le PDP et Ahmed NEjib Chebbi s’annoncent comme des challengers sérieux pour les élections de la constituante. Plusieurs meetings du parti ont connu un franc succés comme celui récemment de Mahdia. Mais gare à l’excés de confiance, les adversaires à gauche sont plus que sérieux et une majorité de tunisiens n’ont pas toujours pas choisi pour qui voter le 24 Juillet.

Source : « Espace Manager » Le 28-04-2011

Tunisie. Les journalistes de Dar Al Anwar mettent le brassard rouge


 

Face au mépris de leur direction qui, des années durant, fait la sourde oreille à leurs demandes, les salariés n’ont pas trouvé d’autres moyens que d’observer, jeudi, un jour de protestation.

Selon les membres du syndicat du groupe de presse privé Dar Al Anwar, Saïda Amri, la Pdg de l’entreprise, refuse toute négociation. Face aux menaces de sanctions administratives qui pèsent sur les salariés, ces derniers affirment n’avoir pas trouvé aucun terrain d’entente. Seul moyen pour faire pression sur l’administration et l’obliger à écouter leurs doléances, avant de passer à d’autres actions dans le cadre de la loi : porter le brassard rouge. C’est ce qu’ils ont fait aujourd’hui. Action suivie par 90% du personnel, affirme un membre du syndicat. Seuls les contractuels n’ont pas pu mettre le brassard de peur de perdre leur travail. Par ailleurs, le bureau consultatif de Dar Anwar, constitué de journalistes de la maison, a présenté depuis mardi sa démission. «Impossible de continuer à travailler dans un climat pareil», a déclaré l’un des membres à Kapitalis. Un climat pesant qui a provoqué la démission de plusieurs journalistes, au cours de ces derniers mois, notamment du journal ‘‘Le Quotidien’’, dirigé par Abdelajélil Messaoudi, le second époux de Mme Amri.

Source : « Kapitalis » Le 28-04-2011

Tunisie. La fuite de Imed Trabelsi: info ou intox?


 

Hier soir, les habitants du Grand Tunis ont été surpris par un important mouvement des forces de sécurité. Des rumeurs parlent de la fuite d’Imed Trabelsi. Que s’est-il réellement passé?

Les habitants de Carthage, La Marsa, Gammarth, Boumhel, Cité Ezzouhour et autres quartiers du Grand Tunis ont observé, jusqu’à une heure tardive de la nuit du mercredi à jeudi, un important mouvement des forces de l’ordre, appuyées par des hélicoptères survolant les maisons à basse altitude.

Aussitôt, les internautes ont échangé sur Facebook des informations non vérifiées sur une improbable fuite de Imed Trabelsi, le neveu de Leïla Ben Ali, accusé dans plusieurs affaires et détenu à la prison de Mornaguia, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Tunis.

Facebook, on le sait, n’est une source fiable d’information. La rumeur reste, donc, à vérifier. Ou à démentir par les autorités.

Contactée par Kapitalis, une source du ministère de l’Intérieur a affirmé qu’un démenti va être rendu public incessamment par… le ministère de la Défense!

Hier, les avocats du barreau de Tunis ont fait une marche à la rue Bab Benat, devant le Palais de Justice de Tunis, accompagnés de certains membres des familles des martyrs, pour protester contre les lenteurs de la justice dans l’instruction des procès des anciens collaborateurs de Ben Ali. Les hommes en noir ont brandi des slogans avertissant l’opinion publique ce ce qu’ils appellent les manœuvres de la contre-révolution.

Source : « Kapitalis » Le 28-04-2011

Le ministère de la justice a démenti la fuite d’Imed Trabelsi


 

Le ministère de la justice a démenti aujourd’hui les rumeurs selon lesquelles Imed Trabelsi se serait enfui, et ce dans un communiqué, relayé par l’agence TAP.

 

Le ministère de la justice a démenti aujourd’hui les rumeurs selon lesquelles Imed Trabelsi se serait enfui, et ce dans un communiqué, relayé par l’agence TAP. Selon la même source, Imed Trabelsi est toujours en état d’arrestation et à la disposition de la justice.

Source : « Tuniscope » Le 28-04-2011

74% des Tunisiens préfèrent le régime parlementaire


 

Les résultats d’un sondage d’opinion annoncés, mercredi, à Tunis révèlent que l’intérêt des Tunisiens, aujourd’hui, pour la vie politique reflète leur volonté de mieux participer aux affaires publiques. Ils révèlent, d’autre part, les attentes de la société tunisienne de plus de transparence et de démocratie concernant la gestion des affaires du pays, à travers l’appel massif à un régime parlementaire. Ce sondage, réalisé par l’Institut de sondage et de traitement de l’information statistique (ISTIS) en partenariat avec « Mayadine, plateforme de market research », a concerné un échantillon représentatif de 1828 personnes réparties sur l’ensemble du territoire. Il relève que 62 pc des personnes interrogées ont une faible connaissance du paysage politique et que 27 pc en ont une connaissance moyenne. 36,5 pc indiquent qu’ils ne connaissent aucun parti, en Tunisie, ni même leur noms, alors que 30,3 pc connaissent un à trois partis, contre 11,3 pc qui ont des connaissances sur moins de dix partis. Le mouvement Ennahdha arrive au premier rang des partis les plus renommés chez les Tunisiens, avec 54 pc, suivi par le mouvement Ettajdid avec 35 pc, le Mouvement des démocrates socialistes (MDS) avec 23 pc, le Parti démocratique progressiste (PDP, avec 18 pc, le Parti de l’unité populaire (PUP) avec 18 pc et le Front démocratique pour le travail et les libertés (FDTL) avec 14 pc. Sur l’ensemble de l’échantillon interrogé, 68,2 pc ont souligné qu’ils ne sont pas satisfaits du nombre des partis politiques en Tunisie, aujourd’hui, alors que 64,6 pc ne le sont pas en ce qui concerne l’efficacité de ces partis. Les résultats du sondage ont été répartis sur trois axes principaux qui sont « La situation actuelle dans le pays », « La Révolution et sa relation avec la presse et les médias » et « La perception des tendances politiques des Tunisiens ». 41,4 pc des personnes interrogées estiment comme moyen le rendement du gouvernement provisoire, 28,8 pc le jugent limité, alors que 46,2 pc jugent très performant le Premier ministre du gouvernement provisoire. En outre, le sondage qui a été réalisé entre le 4 et le 11 avril 2011 montre que 43,7 pc des personnes interrogées jugent « faible » la performance du président de la République par intérim, contre 36,2 pc qui le considèrent « moyen’ et 20,1 pc « très efficace ». Concernant le volet de « la perception des tendances politiques », les résultats du sondage montrent que 56 pc de l’échantillon distinguent entre le régime présidentiel et le régime parlementaire, contre 44 pc qui ne connaissent pas la différence entre les deux. 74 pc font part de leur préférence pour le régime parlementaire, contre 26 pc pour le régime présidentiel. La chute de la dictature de Ben Ali semble avoir réconcilié les Tunisiens avec la politique. Avant la révolution, plus de 76 pc de la population, en étaient totalement désintéressés. Ce taux a changé, aujourd’hui, avec 55 pc qui s’intéresse à la politique, après la révolution du 14 janvier 2011. Au volet de « la Révolution et sa relation avec la presse et les médias », les données montrent que 91,4 pc des Tunisiens suivent les informations, contre 42,5 pc seulement, avant la révolution. Les événements ont nettement amélioré l’opinion du public sur la crédibilité et la qualité des journaux tunisiens. Les résultats du sondage montrent que 83,2 pc de l’échantillon jugent non crédibles les journaux, avant la Révolution, alors que 41,3 pc estiment que les informations véhiculées par les journaux sont, aujourd’hui, bonnes ou excellentes, 35 pc qu’elles sont moyennes et 23,3 pc pensent qu’elles sont faibles. D’autre part, 46,4 pc des Tunisiens estiment que les programmes de débats télévisés sont encore en-deçà des attentes des téléspectateurs, contre 29,2 pc les jugeant sans apport, à l’heure actuelle, alors que 24,4 pc en sont satisfaits. En outre, 13,7 des personnes sondées ne ressentent aucun changement dans la situation actuelle du pays, alors que 66,1 pc pensent que l’évolution de la situation dans le pays n’est pas claire concernant le proche avenir. Pour 55,2 pc de ces personnes, la Tunisie est proche, aujourd’hui, des sociétés occidentales, contre 44,8 pc qui considèrent qu’elle l’est plutôt des sociétés arabo-islamiques.

Source : « Leaders » Le 28-04-2011

Le Tunisien et le pouvoir, un rêve ou un cauchemar ?


 

Les travaux de la 14ème édition du Forum international de Réalités se sont poursuivis jeudi 28 avril 2011 à l’Hôtel Alhambra à Yasmine Hammamet. Intervenant lors du premier panel intitulé « Le réveil des peuples et des sociétés sud-méditerranéennes : Le cas de la Tunisie et les enseignements à tirer de cette première révolution dans la région », l’avocate et militante Bochra Belhadj Hamida a indiqué que Ben Ali a régné 23 ans grâce à la maîtrise de la sécurité. Il est parti « grâce » aux problèmes socio-économiques. Or aujourd’hui, souligne-t-elle on n’a pas de sécurité et les problèmes socio-économiques sont encore de mise. Elle invite, par ailleurs, à ce que les jeunes prennent part aux activités politiques du pays et constate, avec regret, l’absence de jeunes dans la Ligue des Droits de l’Homme ou de l’Association tunisienne des magistrats. L’écrivaine et philosophe Hélé Béji a, pour sa part, constaté que le Tunisien refuse aujourd’hui toute domination du pouvoir tout en étant attiré par ce pouvoir. « Ce que l’on redoutait le plus est aujourd’hui ce qui attire le plus ! », souligne-t-elle avant de s’élever contre les progressistes tunisiens qui mènent un discours violent à l’encontre des partis religieux. « Je crains fort que les progressistes deviennent plus intégristes que les intégristes », dit-elle refusant catégoriquement que le modernisme se transforme en intégrisme. Natalie Tocci, directrice adjointe de l’Institut des affaires internationales d’Italie, a signalé en toute franchise qu’en dépit des évènements actuels, forçant les politiques à repenser aux pays arabes dont la Tunisie, l’Europe ne s’engagera pas avec ces pays comme elle l’a fait avec l’Europe de l’Est. Détaillant sa déclaration, Mme Tocci a précisé que cela s’explique par des raisons identitaires. La directrice adjointe de l’institut des affaires internationales d’Italie se reprend un peu plus tard pour annoncer que l’Europe ne peut pas, malgré ce fait, éviter de jouer un rôle dans le processus de transition tunisienne.

Source : « Business News » Le 28-04-2011

Tunisie. Ben Brik règle leurs comptes à Mebazaa, Caïd Essebsi et Ben Achour


 

 

L’auteur du ‘‘Rire de la baleine’’, qui s’est taillé une notoriété en observant une grève de la faim très médiatisée en 2001 et en s’opposant jusqu’au bout à Ben Ali, était l’invité de Noureddine Chaouch.

A la surprise de l’animateur, largement dépassé, le journaliste rebelle, très en verve voire excité et en colère, s’en est pris notamment à Foued Mbazaâ, président de la république par intérim, Caïd Essebsi, Premier ministre par intérim et, surtout, à Yadh Ben Achour, le président de la Haute commission pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique.

 

Selon l’invité de Rtci, l’homme à qui on a confié l’élaboration de la nouvelle constituante est un illustre inconnu. «Mais d’où ils l’ont tiré ce monsieur?», s’est-il demandé.

 

«Mais pour qui se prend M. Ben Brik qui, dans un chapelet de mots d’un niveau très bas, a dénigré notre éminent juriste?», a déclaré à Kapitalis un journaliste de la maison, non encore revenu de sa surprise.

«Comment ça se fait! Mais c’est horrible d’écouter Ben Brik insulter en direct sur les ondes tout le monde et s’en prendre nommément à l’intelligentsia du pays», s’indigne encore le confrère. Qui ajoute: «Sous prétexte qu’il a souffert un quart de siècle sous le régime de Ben Ali, il se permet d’insulter tout le monde, qui plus est, en direct à la radio, avec des mots à la limite de la grossièreté, et à une heure de grande écoute. C’est inadmissible. Ce sont des propos diffamatoires qui pourraient conduire leur auteur devant les tribunaux».

Ce qui nous étonne, nous, c’est l’étonnement des confrères de Rtci. Quand on invite un personnage aussi original et aussi acide que Taoufik Ben Brik, qui n’épargne personne par ses piques assassines, à commencer par lui-même, on doit savoir les risques encourus.

Source : « Kapitalis » Le 28-04-2011

Tunisie: vive les snipers !


 

Par Zied Boumaiza

Je me suis rendu à l’Avenue Habib Bourguiba pour y rencontrer un ami. Il vient de débarquer de France empreint d’une fierté émouvante et voulait à tout prix se rendre à l’endroit emblématique du 14 janvier pour se recueillir. Vu de Paris, notre révolution n’a pas encore pris une ride.

Nous nous rendons compte très vite que cette avenue a sombré dans le chaos et est aujourd’hui très loin de renvoyer cette image vivifiante imprégnée dans l’imaginaire des gens. Squattée par des énergumènes et des réactionnaires de tout bord, elle s’est transformée en base avancée de la médiocrité et du populisme de basse échelle.

La place longeant le théâtre municipal est réduite à un Hyde-ParK de la démagogie et du parjure. Des discours diffamatoires, des allégations mensongères, des insultes et des injures y sont proférées en abondance. S’ensuit logiquement des menaces à peine voilées et des appels à une désobéissance civile avec un autre round de violence en point de mire.

Les prenant aux mots, les délinquants attroupés en meute autour de ces orateurs d’infortune s’en sont pris à un remorqueur municipal (Chenguel) qui a eu le malheur de faire dégager une voiture obstruant le passage. Le chauffeur excédé et la trouille au ventre, lâche prise et remet la voiture là ou elle était, c’est-à-dire au milieu de la chaussée. Enorgueillis par ce fait d’arme, la meute s’est retirée sur le pavé satisfaite mais aux aguets, veillant à préserver l’anarchie ambiante.

 

Est-il utile de rappeler que cette scène s’est déroulée comme une routine qui s’installe sous les yeux hagards des agents de maintien de l’ordre et à quelques mètres à peine du ministère de l’intérieur.

Une envie de meurtre m’envahit alors, une kalachnikov à la main j’aurais arrosé tout ce beau monde. Mais attendez, j’ai peut être mieux : un ordi, une connexion internet qui tient la route, 250 amis sur facebook et un blog qui monte. Plutôt que de tirer sur le tas, je vise :

Je tire d’abord sur ces vauriens aux visages grimaçants ayant la parole facile et la main lourde, Nonchalants depuis toujours et très récemment contestataires. Je tire sur ces envahisseurs des stades, d’usines, des routes, d’écoles et de tout endroit ou grouillent la vie et la gaieté. Je tire sur ces casseurs d’espoirs, ces rabat-joies dans un jour de fête. Je tire sur ces mendiants des temps nouveaux qui tendent la main tout haut alors qu’ils devraient la baisser tout bas et au lieu d’implorer osent commander.

Je tire sur ces vermines qui bâtissent la nuit et s’emparent des espaces publics et des terrains d’autrui. Je tire sur ces lâches qui braquent les filles et volent les vieux. Je tire sur ces voyous qui pillent notre pays voyant qu’il a un genou à terre.

Je tire sur tous ceux qui font régner le désordre et clament l’Etat de droit. Je tire sur ces théoriciens du chaos, ces justificateurs du pire, ces manipulateurs des masses. Je tire sur ces endoctrineurs ayant la parole glissante et le verbe équivoque, maniant mensonges et vérités, mélangeant réalité et fantasmes et changeant de discours au gré des auditoires. Je tire sur ces tunisiens qui n’ont que faire de la Tunisie et n’y voient qu’un terrain de chasse au pouvoir, propice à leur gloire personnel.

Je tire sur ces frustes sans talent bloqués par l’ascenseur du mérite et qui veulent s’infiltrer par l’ascenseur de la révolte. Je tire sur ces tireurs vers le bas, ces boules accrochées aux chevets de la Tunisie, ces prisonniers du passé et avorteurs d’avenir.

Soyons tous des snipers…mais cette fois, visons juste et au lieu des balles crachons des mots et au lieu d’abattre des vies combattons pour la vie.

Source. « Espace Manager » Le 28-04-2011

Tunisie : Fhimt.com nous a compris


 

Né au lendemain de la révolution tunisienne Fhimt.com est un nouveau média qui se définit comme étant « une plateforme communautaire ouverte à tous pour le partage et l’analyse de l’information ».

Inspiré de la célèbre phrase que zaba prononça juste avant de sa fuite « Ena fhmemtkom» (je vous ai compris), ce portail collaboratif est destiné à tout tunisien et tunisienne désirant exprimer sa fibre patriotique.

 

On y découvre des publications assez originales comme un diagramme général des partis politiques tunisiens ou encore la courbe de la révolution sur Facebook etc.

Source : « Tekiano » Le 28-04-2011

Tunisie/FDTL : « Nous jugerons Ennahdha s’il mélange politique et religion »


 

 

Dr Abdellatif Abid, fondateur et membre du bureau politique du Forum démocratique pour le travail et les libertés, FDTL, a été l’invité ce matin (jeudi) des rencontres politiques de Gnet. Dr Abid a répondu aux à nos questions sur la participation du Forum dirigé par Dr Mustapha Ben Jâafar au processus de transition démocratique, la position du forum envers le projet d’amendement du gouvernement de la loi électorale, les rapports entre le FDTL et le mouvement Ennadha, la préparation du forum aux élections de l’assemblée constituante du 24 juillet prochain, etc.

 

Fondé en 1994, le FDTL a été légalisé en octobre 2002, mais il est demeuré non reconnu, selon notre interlocuteur, « et privé de toute subvention publique pendant 17 ans de militantisme et de résistance ». Selon Dr Abid, « la révolution tunisienne du 14 janvier n’est pas née ex nihilo ; le FDTL est parmi les partis sérieux qui ont balisé le terrain à ce soulèvement populaire qui a évincé la dictature et les symboles de corruption et de despotisme, et a permis la dissolution du RCD qui n’est pas un parti politique mais un groupe de milices ».

 

D’après ce membre-fondateur du FDTL, « les principales revendications de la révolution ne sont pas encore satisfaites, soit la démocratie, la justice sociale et la réconciliation du peuple tunisien avec son identité arabo-musulmane ». « L’élection d’une assemblée constituante sera le premier jalon sur la voie de la démocratie, dans la mesure où on passera de la légitimité révolutionnaire à la légitimé constitutionnelle », indique-t-il.

 

Concernant la justice sociale, elle signifie à ses yeux, la justice et l’équité entre toutes les régions de la Tunisie, les catégories socio-économiques, les hommes et les femmes, la lutte contre le chômage et le développement des régions intérieures qui vivent la privation et le dénuement.

 

Au sujet de la réconciliation avec l’identité arabo-musulmane, Dr Abid considère que « le peuple tunisien a été touché dans son identité, dans sa langue arabe qui constitue un attribut de sa culture ». Selon son analyse, « le peuple tunisien est musulman et cela ne nécessite pas une idéologie, on ne peut imposer à la femme ni de mettre le foulard, ni de l’enlever ». Par ailleurs, « la gestion des mosquées et du fait religieux doivent être du ressort de l’Etat, la religion doit être loin de l’arène politique et ne doit être instrumentalisée par aucun parti politique ». Il a exprimé ses appréhensions envers l »es partis salafistes, wahhabites, chiites, qu’ils considèrent comme étant des partis extrémistes dont les principes sont contradictoires avec la nature des Tunisiens, qui forment un peuple musulman, sunnite, appartenant à l’école malékite ».

 

Le FDTL entretient, selon Dr Abid, de bonnes relations avec Ennahdha, qui se dit comme étant un parti civil et non religieux, dont les dirigeants ont affirmé leur engagement en faveur des acquis de la femme, de l’interdiction de la polygamie, etc. « L’interdiction de la polygamie est un acquis irréversible dont personne ne conteste, excepté quelques marginaux qui appellent à son abrogation », précise-t-il.

 

Il fait part de la crainte de certains tunisiens « d’un éventuel double-langage d’Ennahdha, dans la mesure où ils estiment qu’il y a l’apparent et le caché, mais au FDTL, nous ne jugeons pas les partis sur leurs intentions, mais nous les jugeons s’ils dévient par rapport à leurs engagements, et nous serons contre eux, s’ils mélangent politique et religion ». « Le référentiel religieux d’Ennahdha pourrait revêtir un caractère moral, c’est-à-dire rappeler les valeurs de l’islam en termes de justice, d’égalité, de tolérance, voire une religion qui n’impose rien à personne. Il n’y a donc aucune raison pour empêcher Ennahdha d’être présent sur la scène politique ».

 

Le FDTL a contribué à la rédaction du pacte républicain au sein de la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de réforme politique et de transition démocratique. La première mouture sera présentée aujourd’hui, mais le FDTL n’est pas pour conférer un caractère contraignant à ce pacte, ni de le soumettre à un référendum. Le pacte républicain doit avoir un caractère moral, affirme-t-il.

 

Au sujet de l’amendement du projet de la loi électorale qui limite l’inéligibilité aux prochaines élections du 24 juillet à ceux qui ont occupé des responsabilités au sein du RCD au cours des dix dernières années, Dr Abid laisse entendre que « le forum aurait préféré que la période de 23 ans soit maintenue, mais il ne va pas provoquer une crise avec le gouvernement à ce sujet ». Pour lui, « le RCD dissous a fait beaucoup de mal au pays, et ses membres se sont rendus responsables de nombreuses dérives ». Et de renchérir : « l’amendement du gouvernement a provoqué l’irritation des membres de la haute instance, et la polémique autour de cet article s’annonce vive ; l’instance pourrait se diriger vers le refus de cet amendement. Le cas échéant, le gouvernement et le président par intérim doit trancher », selon Dr Abid qui rappelle que le FDTL est représenté au sein de la haute instance par trois membres.

 

Sur la possibilité que le FDTL ait recours à des alliances avec d’autres formations politiques présentes sur la scène, Dr Abid affirme que « le Forum est en mesure de se représenter seul dans toutes les circonscriptions, même s’il n’est pas contre le principe des alliances ». Dans ce cas de figure, « il s’alliera avec les partis partageant ses orientations et ses principes. Si alliance il y a, elle sera annoncée publiquement », souligne-t-il, car au sein du forum, « nous sommes des démocrates jusqu’à la moelle ».

Source : « GlobalNet » Le 28-04-2011

Faut-il avoir peur d’Ennahdha ?


 

 

Raouf KHALSI

La question religieuse passionne les Tunisiens (les Tunisiennes, aussi) et elle suscite, surtout, un débat passionné. La question essentielle se présente en ces termes : doit-on avoir peur d’Ennahdha ? Et là, il y a deux camps : les maximalistes qui attisent les appréhensions et les minimalistes qui affirment qu’il n’y a pas le feu.

Il est vrai que le mouvement Ennahdha fera tout pour ne pas perdre le premier grand examen à l’épreuve de la démocratie.

Comme l’affirment ses responsables, son idéologie identitaire arabo-musulmane est, justement, taillée pour. Ils rejettent toute présomption de radicalisme religieux et sont tout disposés à se plier à la loi des urnes. Ce qui veut dire, par ricochet, qu’il n’est guère dans leurs stratégies ou dans leurs scenarii de reproduire un scénario à la « FIS algérien »… Pourquoi les Tunisiens nourrissent-ils des appréhensions, donc ?

Il y a ce qu’on appelle « syndrome ». La montée, partout, de l’islamophobie en Europe, et en Amérique – qui nous mentaient et brandissaient la menace intégriste pour légitimer Ben Ali ! – a quelque part exercé une espèce de conditionnement, au point que la religion n’est plus perçue que dans l’exégèse de la Chariaâ, tandis que la laïcité va verser dans le sens opposé, allant jusqu’au libertinage. Une espèce de schizophrénie entretenue par un discours officiel ambivalent avec l’instrumentalisation du « concept d’un Islam tolérant »…

Un « Islam tolérant », justement, cheval de bataille d’un régime qui ne l’était pas !

Maintenant il est normal que, dans cette problématique équation démocratique à plusieurs inconnues, Ennahdha paraisse encore suspecte aux yeux des Tunisiens, malgré toutes les garanties avancées. Il est pareillement logique que, dans cette anarchique profusion de partis, les Tunisiens aient de moins en moins de visibilité. Or, l’inconnue majeure, à notre sens, ce n’est pas Ennahdha ; ce ne sont pas non plus les partis réels de l’opposition contre Ben Ali, qui finiront, sans doute, par faire alliance…

L’inconnue c’est la surenchère… Elle est, peut-être, entre les mains de ceux qui vendront leurs voix au plus offrant.

Et qui sont capables de s’allier à Dieu, sinon avec son Diable… Est-on sûr de tout savoir sur le jeu de toile des obscurs « dignitaires » rcédistes ?

 

Commentaires des lecteurs :

 

dubitatif alinoure@yahoo.fr

Des faux-jetons Le: 28/04/2011

 

Comment faire confiance à ce parti qui nous tient tous les jours des discours différents; ses ledarers nous font entendre des sons de cloche différents. Sur les questions fondamentales (polygamie, code du statut personnel, libertés individuels) ils louvoient. ?on monsieur ce ne sont pas les tunisiens des quartiers aisés qui ne font pas confiance à Ennahdha; ce sont qui sont attachés à la liberté, à la tolérance. Après la révolution et avant sont retour en Tunisie Ghanouchi disait que Ennahdha ne présenterait pas de candidats au présientielles. Et voilà qu’elle choisit Mourou

madzotto@gmail.com madzotto@gmail.com

controsions Le: 28/04/2011

 

Elles tres nombreuses les contorsions qui pretendent concilier religion et democratie, ennahda et democratie. L’echec de ces tentatives est fatal! Ces gens sont les ennemies declares de la democratie. Comme le premier souci d’un bonne democratie est de se proteger elle meme, elle a pour premiere obligation de ne pas s’offrir a ses ennemies comme moyen de sa propre mort. C’est tres simple, si ennahda gagne en influence demain, ce sera la fin fin de cette belle revolution ….

Laamari mohammedlamari@yahoo.fr

IL FAUT TERMINER LA PHRASE POUR QUE SOYEZ VRAIMENT HONNETE Le: 28/04/2011

 

« Il faut vous dire monsieur, que quiconque mélange politique et religion, n’est pas apte à diriger un pays, qu’il soit musulman ou chrétien » OU JUIFS

 

IL FAUT TERMINER LA PHRASE POUR QUE SOYEZ VRAIMENT HONNETE

daassi mich-el@hispeed.ch

A QUI LE DITES-VOUS Le: 28/04/2011

J’aime bien, l’Occident et l’Amérique qui nous mentaient et l’islamophobie à titre gratuit, comme vous semblez le croire. Sinon, nous n’aurions ni yeux ni oreilles, pour constater de nous-même, tous les dégâts causés partout dans le monde musulmans, par les extrémistes, quel que soit leur grade ! A vous croire, ce seraient les occidentaux et les américains qui auraient posé des bombes pour tuer des innocents, empruntant leur train ou leur route pour aller travailler. Ce sont aussi eux qui égorgent nos frères algériens. Ce sont eux qui incitent au djihad et à la haine contre le mécréant. Eux aussi qui réduisent les femmes musulmanes en esclaves et à moins que rien, eux qui tuent parents devant leurs enfants et enfants devant leurs parents, eux qui interdisent aux femmes l’accès au travail, eux qui interdisent aux enfants l’accès à l’école et au savoir, eux qui font recours aux menaces et au terrorisme, pour obtenir quoi que ce soit etc… On va vous croire, parce que nous ne sortons pas de la même marmite que ces fous d’extrémistes musulmans, pour mieux connaître leur khobth (méchanceté) que les blancs, à qui il eut fallut du temps et des preuves, pour comprendre leur douleur. On va vous croire, parce que nos aînés n’auraient pas combattu l’obscurantisme dans lequel ils vivaient pendant des siècles, à titre d’expérience et de vécu !

 

Il faut vous dire monsieur, que quiconque mélange politique et religion, n’est pas apte à diriger un pays, qu’il soit musulman ou chrétien.

Marseillais malekbs@hotmail.com

Compagne éléectorale Le: 28/04/2011

 

Votre interrogation est, à juste titre, très pertinente!

En revanche, la question que nous nous devons de se poser : est-il juste et/ou tolérable qu’un parti politique puisse utiliser des lieux saints, en loccurence les mosquées, pour des fins politiques?

Je ne pense pas qu’un autre parti politique, autre que celui d’Ennahdha, puisse « utiliser » les mosquées pour faire compagne!

Alors pour l’équité des partis, posons-nous la question sérieusement et ne laissons pas place aux futures éventuelles querelles « politiques ».

Vive la révolution et vive la Tunisie.

 

Tunisien lotjaff@yahoo.com

Malhonnêteté intellectuelle, manipulation, ou … Le: 28/04/2011

 

Raouf Khalsi analyse: »…Ennahdha paraisse encore suspecte aux yeux des Tunisiens… ». Quels tunisiens? Du Menzeh et de la Marsa? ou de Mellassine et de cité Intilaka?

Il faut arrêter vos approximations et aller au fond pour informer vos lecteurs démocratiquement et non par la manipulation. Je peux concevoir qua la maison Assabah/Letemps soit contre les parties à consonance réligieuse et c’est légitime. Néanmoins, rédiger un article de la manière faite par R. Khalsi fait flop! C’est tellement médiocre que cela frise le ridicule!

Source : « Le Temps » Le 28-04-2011

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